On célèbre aujourd'hui la mémoire du pape Marcel Ier (IVe siècle) mais, - comme nous le fait remarquer le commentaire ci-dessous -, ce fut le pape Marcel II qui inspira à Palestrina (XVIe s.) une très belle messe polyphonique dont voici le Kyrie :
Au rythme de l'année liturgique - Page 233
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La messe du pape Marcel
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Le pape, le baptême et l’allaitement à la Chapelle Sixtine
Lu dans le « Figaro » du 12 janvier 2013 :
« Le pape François a baptisé aujourd'hui 32 nourrissons dans la chapelle Sixtine en déclarant aux mères présentes qu'elles ne devaient pas hésiter à les allaiter dans ce haut lieu de l'art et de la religion. A la différence de certains de ses prédécesseurs adeptes de sermons longs et riches en références théologiques, le chef de l'Eglise catholique a prononcé une homélie brève consacrée principalement aux enfants. "Aujourd'hui, le choeur va chanter mais le plus beau des choeurs, ce sera le choeur des enfants qui feront du bruit. Certains vont pleurer parce qu'ils ne se sentent pas bien ou parce qu'ils ont faim", a-t-il dit en s'adressant aux parents présents. "S'ils ont faim, mères, nourrissez les, sans hésiter. Parce que ce sont eux les plus importants ici", a-t-il ajouté. Dans un entretien le mois dernier, le pape avait déjà déclaré que les mères ne devaient pas se sentir gênées si elles devaient donner le sein au cours d'une cérémonie. Ces baptêmes sont une tradition au Vatican et ils sont organisés dans la chapelle Sixtine, généralement pour les enfants des employés locaux, mais cette année le pape François a fait venir également d'autres bébés, dont la fille d'un couple marié civilement seulement. »
…et, selon la RTBF, une « famille » monoparentale. Espérons que ces parents de divers genres donneront aussi le lait de la foi à leurs progénitures. JPSC.
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Dieu nous précède toujours
Du pape François lors de l’angélus du jour de l'Epiphanie (source)
Chers frères et sœurs, bonjour !
Aujourd’hui, nous célébrons l’Épiphanie, c’est-à-dire la « manifestation » du Seigneur. Cette solennité est liée au récit biblique de la venue des rois mages d’Orient à Bethléem pour rendre hommage au roi des juifs ; c’est un épisode que le pape Benoît a magnifiquement commenté dans son livre sur l’enfance de Jésus. Cela a été précisément la première « manifestation » du Christ aux peuples. C’est pourquoi l’Épiphanie met en relief l’ouverture universelle du salut apporté par Jésus. La liturgie de ce jour proclame : « Tous les peuples de la terre viendront t’adorer, Seigneur » parce que Jésus est venu pour chacun de nous, pour tous les peuples, pour tous !
En effet, cette fête nous montre un double mouvement : d’un côté, le mouvement de Dieu vers le monde, vers l’humanité – toute l’histoire du salut, qui culmine en Jésus – et, de l’autre, le mouvement des hommes vers Dieu – pensons aux religions, à la recherche de la vérité, au cheminement des peuples vers la paix, la paix intérieure, la justice, la liberté. Et ce double mouvement est porté par une attraction mutuelle. Du côté de Dieu, qu’est-ce qui l’attire ? C’est son amour pour nous : nous sommes ses enfants, il nous aime et veut nous libérer du mal, des maladies, de la mort et nous emporter dans sa maison, dans son Royaume. « Dieu, par pure grâce, nous attire pour nous unir à lui » (exhort. apost. Evangelii gaudium, 112). Et de notre côté aussi, il y a un amour, un désir : le bien nous attire toujours, la vérité nous attire, la vie, le bonheur, la beauté nous attirent… Jésus est le point de rencontre de cette attraction mutuelle, de ce double mouvement. Il est Dieu et homme : Jésus, Dieu et homme. Mais qui prend l’initiative ? C’est toujours Dieu ! L’amour de Dieu précède toujours le nôtre ! C’est toujours lui qui prend l’initiative. Il nous attend, il nous invite, l’initiative vient toujours de lui. Jésus est Dieu qui s’est fait homme, qui s’est incarné, qui est né pour nous. La nouvelle étoile qui est apparue aux mages était le signe de la naissance du Christ. S’ils n’avaient pas vu l’étoile, ces hommes ne seraient pas partis. La lumière nous précède, la vérité nous
précède, la beauté nous précède. Dieu nous précède. Le prophète Isaïe disait que Dieu est comme la fleur d’amandier. Pourquoi ? Parce que sur cette terre, là-bas, l’amandier fleurit le premier. Et Dieu précède toujours, il est toujours le premier à nous chercher. C’est lui qui fait le premier pas. Dieu nous précède toujours. Sa grâce nous précède et cette grâce est apparue en Jésus. Il est l’épiphanie. Lui, Jésus-Christ, est la manifestation de l’amour de Dieu. Il est avec nous.L’Église est tout entière dans ce mouvement de Dieu vers le monde : sa joie est l’Évangile, elle est de refléter la lumière du Christ. L’Église est le peuple de ceux qui ont fait l’expérience de cette attraction et qui la portent en eux, dans leur cœur et dans leur vie. « Je voudrais dire - sincèrement - je voudrais dire à ceux qui se sentent loin de Dieu et de l’Église, à ceux qui sont craintifs et indifférents : Le Seigneur t’appelle toi aussi à faire partie de son peuple et il le fait avec grand respect et amour ! » (ibid., 113). Le Seigneur t’appelle. Le Seigneur te cherche. Le Seigneur t’attend. Le Seigneur ne fait pas de prosélytisme, il donne de l’amour, et cet amour te cherche, t’attend, toi qui, en ce moment, ne crois pas ou qui es loin. Et c’est cela l’amour de Dieu.
Demandons à Dieu, pour toute l’Église, demandons la joie d’évangéliser, parce qu’elle a été « envoyée par le Christ pour manifester et communiquer la charité de Dieu à toutes les nations » (Ad gentes, 10). Que la Vierge Marie nous aide tous à être des disciples-missionnaires, de petites étoiles qui reflètent sa lumière. Et prions pour que les cœurs s’ouvrent à l’accueil de l’annonce et que tous les hommes parviennent à être « bénéficiaires de la même promesse par le moyen de l’Évangile » (Eph 3,6).
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Abbaye du Barroux : un nouveau missel pour la forme extraordinaire
Les Éditions Sainte-Madeleine de l'abbaye du Barroux viennent de publier un nouveau missel quotidien pour la forme extraordinaire. Ce missel, qui existe en plusieurs coloris (noir, brun, bordeaux, bleu foncé), comprend 2640 pages et il est disponibile au prix de 49 €. Il a reçu l'imprimatur de l’archevêque d’Avignon, Mgr Jean-Pierre Cattenoz. Une très belle réussite éditoriale. Philippe Maxence, rédacteur en chef du bimensuel « L’Homme Nouveau » a interrogé à ce sujet le Père Hubert, cellérier de l'abbaye. Extraits.« Vous venez de publier un nouveau missel pour la forme extraordinaire alors que vous en éditiez un depuis de longues années. Pourquoi ? Et combien d'années de travail celui-ci a-t-il demandé ?
Le missel des années 50 que nous avions réédité en 1990 – le seul dont nous ayons pu alors et jusqu’à présent obtenir les droits – présentait bien des imperfections. Nous n'avions pu y apporter que de minimes corrections, faute de posséder le texte sous format numérisé. Nous en avons vendu 40.000 tout de même !
Début 2011, après la réimpression du Missel vespéral grégorien, nous avons donc décidé de nous lancer dans la création de notre propre missel et avons établi la « feuille de route » des tâches à prévoir : texte latin à vérifier, traductions à revoir, introductions et commentaires divers à élaborer, notices du sanctoral à réviser, recueil de prières à élaborer, illustrations à réaliser… Chacun s'est ensuite mis au travail pendant un peu moins de trois ans. Près d’une quinzaine de personnes ont ainsi œuvré à la rédaction, aux relectures et aux corrections : Pères et Frères de l’Abbaye, Moniales de Notre-Dame de l’Annonciation, et mères de famille (la collaboration de laïcs garantissait que le missel serait bien adapté à son usage par tous)



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Le message de Noël du patriarche de Moscou : "le Christ est parmi nous"
Message de Noël du patriarche Cyrille de Moscou et de toute la Russie (source)

Éminences, bien-aimés dans le Seigneur archipasteurs, révérends prêtres et diacres, moines et moniales aimant Dieu, chers frères et sœurs !
Aujourd’hui nos églises sont pleines de ceux qui viennent rendre gloire à l’Enfant-Dieu nouveau-né, le Christ Sauveur, et à Sa Mère Très-pure, la Vierge Marie.
La Nativité du Christ est l’évènement central de toute l’histoire humaine. L’homme a toujours cherché Dieu, mais Dieu Lui-même ne s’est manifesté à l’humanité que dans l’incarnation de Son Fils unique. Avec l’avènement du Fils de Dieu et Fils de l’homme, le monde apprend que Dieu est Amour, et non pas seulement Puissance suprême, qu’Il est miséricorde, et non pas seulement justicier, qu’Il est source de vie et de joie, et non seulement un Juge menaçant, qu’Il est Trinité sainte régie par l’amour, et nullement un Maître du monde solitaire.
Aujourd’hui, nous fêtons l’évènement qui a radicalement changé le cours de l’histoire humaine. Dieu entre au cœur même de la vie humaine, il devient l’un de nous, il prend sur lui tout le poids de nos péchés, de nos infirmités et de nos faiblesses humaines qu’Il porte au Golgotha pour libérer les hommes d’un fardeau intolérable. Désormais, Dieu n’est plus quelque part au fond de cieux inaccessibles, il est ici, au milieu de nous. Chaque fois que nous célébrons la Divine liturgie, nous disons : « Le Christ est parmi nous » ! La réponse étant : « Il l’est et le demeurera », témoignage éclatant de la présence du Dieu incarné, du Christ Sauveur parmi Ses fidèles. En communiant régulièrement à Son Corps et à Son Sang, en nous efforçant d’observer Ses commandements, nous entrons dans une communion réelle avec Lui, avec notre Sauveur, et nous acquérons le pardon des péchés.
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La bienheureuse Jeanne Haze, fondatrice des Filles de la Croix (7 janvier)
Jeanne Haze - 1782-1876 - sourceJeanne était la fille du secrétaire du dernier prince-évêque de Liège, et naquit à Liège (Belgique) le 17 février 1782 (1), avant-dernière de six enfants.
La France révolutionnaire occupa la Belgique jusqu’en 1815. La famille Haze dut fuir, et le père mourut dans ces circonstances à Düsseldorf. Les deux sœurs, Fernande et Jeanne, seraient volontiers entrées en religion, mais les lois antireligieuses interdisaient encore les congrégations religieuses et les deux sœurs s’organisèrent à domicile, discrètement, en groupe de piété. Elles vivaient de leçons privées à domicile.
La mère mourut à son tour en 1820.
Les deux demoiselles s’occupèrent à Liège des pauvres et des enfants abandonnés de la ville, au lendemain des ravages causés par l’esprit révolutionnaire français.
En 1824, on leur demanda de prendre en charge une école paroissiale, privée et très discrète, officiellement interdite par le pouvoir hollandais. Mais quand la Belgique acquit son indépendance (1830), Jeanne put faire reconnaître son établissement. Puis, avec quelques compagnes, elle donna naissance à la Congrégation des Filles de la Croix.
Dès 1833 elles prononcèrent leurs premiers vœux. Jeanne prit le nom religieux de Marie-Thérèse du Sacré-Cœur de Jésus. En 1845 l’archevêque les reconnut officiellement, et approuva les constitutions en 1851.
Le mot d’ordre de Jeanne était : Aller aux pauvres avec un cœur de pauvre.
La priorité des nouvelles Religieuses allait à l’éducation des jeunes filles, mais aussi aux malades à domicile, aux femmes incarcérées, à la catéchèse, aux personnes âgées et handicapées, à la broderie, pour occuper les enfants durant la journée et les adultes dans les soirées. On commençait à les connaître dans la ville : elles avaient la charge de la prison des femmes, d’une maison pour réhabiliter les prostituées, d’une maison d’accueil pour les mendiants.
Bien vite s’ouvrirent d’autres maisons en Allemagne (1849), en Inde (1861), en Angleterre (1863) et particulièrement dans le monde anglophone… jusqu’à cinquante communautés et près d’un millier de Religieuses, lorsque la Fondatrice s’éteignit.
Jeanne Haze mourut à Liège le 7 janvier 1876, à l’âge vénérable de quatre-vingt quatorze ans. Cinquante ans plus tard, le corps exhumé apparaissait intact.
Elle a été béatifiée en 1991.
Outre les pays mentionnés plus haut, les Filles de la Croix de Liège sont actuellement environ un millier, présentes dans cent treize maisons en Italie, au Congo belge, au Pakistan et au Brésil. En Inde, elles ont d’importants centres en pleine expansion. (2)
Elles ont donné naissance à trois congrégations indigènes devenues autonomes, les Sœurs du Cœur Immaculé de Marie, en Inde et au Congo-Kinshasa.
(1) On trouve aussi 27 février 1777, ce qui ferait mourir la Bienheureuse à quatre-vingt dix-neuf ans. Mais cette date semble moins officielle que celle qu’on a choisie ci-dessus.
(2) De wikipedia : La maison généralice a quitté la rue Hors-Château de Liège (Belgique) pour s'installer en Angleterre en septembre 2012. Une communauté restant présente à Liège à quelques pas de l'ancienne maison généralice, celle-ci étant reprise par la Haute École HELMo pour y construire des classes afin de former de futurs enseignants.
La chapelle de la rue Hors-Château reste propriété de la Congrégation des Filles de la Croix.
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Le peuple qui habitait dans les ténèbres a vu paraître une grande lumière
Pape François, Encyclique « Lumen fidei / La Lumière de la foi », §35 (trad. © Libreria Editrice Vaticana) (via EAQ)« Le peuple qui habitait dans les ténèbres a vu paraître une grande lumière »
La lumière de la foi en Jésus éclaire aussi le chemin de tous ceux qui cherchent Dieu, et offre la contribution spécifique du christianisme dans le dialogue avec les adeptes des diverses religions… L’image de cette recherche se trouve dans les mages, guidés par l’étoile jusqu’à Bethléem (Mt 2,1s). Pour eux, la lumière de Dieu s’est montrée comme chemin, comme étoile qui guide le long d’une route de découvertes. L’étoile évoque ainsi la patience de Dieu envers nos yeux, qui doivent s’habituer à sa splendeur.
L’homme religieux est en chemin et doit être prêt à se laisser guider, à sortir de soi pour trouver le Dieu qui surprend toujours. Ce respect de Dieu pour les yeux de l’homme nous montre que, quand l’homme s’approche de lui, la lumière humaine ne se dissout pas dans l’immensité lumineuse de Dieu, comme si elle était une étoile engloutie par l’aube, mais elle devient plus brillante d’autant plus qu’elle est plus proche du feu des origines, comme le miroir qui reflète la splendeur
La confession chrétienne de Jésus, unique sauveur, affirme que toute la lumière de Dieu s’est concentrée en lui, dans sa « vie lumineuse », où se révèlent l’origine et la consommation de l’histoire (Décl. Dominus Jesus). Il n’y a aucune expérience humaine, aucun itinéraire de l’homme vers Dieu, qui ne puisse être accueilli, éclairé et purifié par cette lumière. Plus le chrétien s’immerge dans le cercle ouvert par la lumière du Christ, plus il est capable de comprendre et d’accompagner la route de tout homme vers Dieu.
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Le saint nom de Jésus (3 janvier)
Hymnus Hymne Iesu, dulcis memória,
Dans vera cordis gáudia :
Sed super mel, et ómnia,
Eius dulcis præséntia.Jésus ! Nom de douce souvenance,
qui donne au cœur les joies véritables ;
mais plus suave que le miel et toutes les douceurs,
est la présence de Celui qui le porte.Nil cánitur suávius,
Nil audítur iucúndius,
Nil cogitátur dúlcius,
Quam Iesus Dei Fílius.Nul chant plus mélodieux,
nulle parole plus agréable,
nulle pensée plus douce,
que Jésus, le Fils de Dieu.Iesu, spes pœniténtibus,
Quam pius es peténtibus !
Quam bonus te quæréntibus !
Sed quid inveniéntibus ?Jésus ! espoir des pénitents,
que vous êtes bon pour ceux qui vous implorent !
bon pour ceux qui vous cherchent !
Mais que n’êtes-vous pas pour ceux qui vous ont trouvé !Nec lingua valet dícere,
Nec líttera exprímere :
Expértus potest crédere,
Quid sit Iesum dilígere.Ni la langue ne saurait dire,
ni l’écriture ne saurait exprimer
ce que c’est qu’aimer Jésus ;
celui qui l’éprouve peut seul le croire.Sis, Iesu, nostrum gáudium,
Qui es futúrus præmium :
Sit nostra in te glória,
Per cuncta semper sǽcula. Amen.Soyez notre joie, ô Jésus,
vous qui serez notre récompense :
que notre gloire soit en vous,
durant tous les siècles, à jamais. Amen.Hymne attribué à saint Bernard de Clairvaux (XIIe siècle)
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L’enfant de la crèche : « pauvre et réfugié » ?
Le site « Benoît et moi » publie la traduction d’un article paru ici www.fidesetforma.com/2013/12/30/il-cristo-povero-e-profugo/, à propos de l’« herméneutique » les récits de l’enfance du Seigneur transformant ceux-ci en fables sociales contemporaines. On se souvient de l’image du Christ travailleur, avec sa varlope de menuisier, popularisée dans les années 1950, du temps des "prêtres-ouvriers". L’enfant « pauvre et réfugié » en est une autre, tout aussi discutable. Extrait :
« Le premier pas dans cette direction a été accompli la veille de Noël, quand les bergers ont été qualifiés de «marginaux» et de «pauvres» à l'époque du Christ. Une définition totalement inappropriée - pour rhétoriquement efficace qu'elle soit. Les bergers, dans la Palestine de l'époque, avaient en effet une ample reconnaissance sociale. Ils fournissaient la matière première pour le sacrifice de la Pâque (et avaient donc un lien évident avec le culte, devant fournir chaque année, quelque 30 000 agneaux pour le sacrifice). Même si leur activité n'était pas au sommet de l'échelle sociale, dans le symbolisme juif, le berger a toujours constitué un exemple positif, un symbole efficace pour indiquer le rôle de guide charismatique pour le peuple d'Israël. Enfin, il convient de noter que non seulement l'annonce de la naissance du Christ est également reçue par les Mages - qui ne sont certainement ni pauvres ou marginalisés - mais que cette herméneutique sociale de Noël "décolore" (édulcore) la dimension transcendante de l'Evangile. Les bergers veillent la nuit, ils sont à l'extérieur, ils ne se verrouillent pas dans leurs maisons de ville, autrement dit, ils ne ferment pas leur cœur à l'annonce du Seigneur, ils sont libres comme leurs troupeaux, ils n'appartiennent à personne, ils ne sont pas esclaves de choses ou de personnes, ils sont simples. A cette herméneutique des bergers s'est ajoutée hier celle du Christ «réfugié», on devrait dire «immigré» en Egypte (…).
Réduire le christianisme à une simple fable d'intégration sociale, culturelle et religieuse, signifie évidemment répondre aux attentes mondialistes d'une certaine politique qui utilise l'immigration comme "pied de biche" pour démolir la base culturelle et de valeurs des pays européens, afin de transformer l'État en simple garant de la «laïcité», dans les pays avec des valeurs, des religions et des cultures de plus en plus diverses. Une méthode très efficace pour éliminer les résidus des valeurs chrétiennes encore présentes dans la société (le modèle français). Cela signifie également diluer le mystère, transformer le sacré en morale sociale, transférer la foi dans le seul domaine de l'activisme social. En somme, une fois de plus, voir dans le ciel un simple reflet de la terre, sans issue, sans aucun moyen de sortir; et substituer à un peu de sain réalisme l'idéologie buoniste qui récolte un consensus sans discernement.
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Fêtez les Rois à l'église du Saint-Sacrement à Liège
EGLISE DU SAINT-SACREMENT

Boulevard d’Avroy, 132 à Liège
SAMEDI 4 JANVIER 2013 A 17 HEURES
MESSE SOLENNELLE DE L’ÉPIPHANIE

avec le concours de la
CHORALE SAINTE-JULIENNE
et ses petits chanteurs verviétois


Direction : Margaret Scott-Todd
Orgue : Patrick Wilwerth
MISSA BREVIS À QUATRE VOIX MIXTES
DE WOLFGANG AMADEUS MOZART (1756-1791)
MOTETS POPULAIRES, ANCIENS ET CLASSIQUES POUR LE TEMPS DE NOËL
(XIIIe – XXe siècles)
PROPRE GRÉGORIEN DE LA FÊTE

FÊTEZ LES ROIS
le samedi 4 janvier 2014 à 17 heures
à l’église du Saint-Sacrement, au boulevard d’Avroy, 132 à Liège:
La procession des rois mages à la crèche suivie de la solennité de l’Épiphanie célèbre la manifestation du Christ comme Lumière du monde, attirant à Elle tous les peuples de la terre.
Le programme des chants liturgiques alternera la polyphonie de la Missa Brevis K 192 à quatre voix mixtes de Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791), le propre grégorien de la fête et sept chorals ou motets anciens pour le temps de noël : Adeste fideles (dont les origines remontent au XIIIe s.), In dulci jubilo (XIVe s., arr. Réginald Jacques), Cantate Domino (Giuseppe Ottavio Pitoni 1657-1743), Hodie Christus natus est et O Magnum Mysterium (Francis Poulenc, 1899-1963). A la sortie : The three kings (Peter Cornelius, 1824-1874)
La Chorale Sainte-Julienne de Verviers est un ensemble vocal de jeunes musiciens verviétois dirigé par l’écossaise Margaret Scott-Todd, professeur de musique et pianiste formée à Londres, Paris et Budapest. Au cours de sa carrière de concertiste européenne, Margaret Scott a notamment obtenu un prestigieux prix Mozart avec le concerto K 488 diffusé sur les ondes de la BBC. Patrick Wilwerth est professeur d’orgue au conservatoire de Verviers.
Après la messe, célébrée selon le missel romain de 1962, l’assistance est invitée à partager la galette des rois et ses vœux pour l’année nouvelle dans la salle de musique attenante au sanctuaire.

Renseignements : tél.04.344.10.89
ou http://eglisedusaintsacrementliege.hautetfort.com
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Marie, source d'espérance et de vraie joie. L'homélie du pape pour le 1er janvier
Homélie du pape François lors de la messe du 1er janvier 2014 à Saint-Pierre :
La première lecture nous a proposé à nouveau l’ancienne prière de bénédiction que Dieu avait suggérée à Moïse pour qu’il l’enseigne à Aaron et à ses fils: «Que le Seigneur te bénisse et te garde! Que le Seigneur fasse briller sur toi son visage, qu’il se penche vers toi! Que le Seigneur tourne vers toi son visage, qu’il t’apporte la paix!»(Nb 6, 24-25). Il est ô combien significatif de réécouter ces paroles de bénédiction au début d’une année nouvelle: elles accompagneront notre chemin pour le temps qui s’ouvre devant nous. Ce sont des paroles de force, de courage, d’espérance. Non pas une espérance illusoire, basée sur de fragiles promesses humaines; ni une espérance naïve qui imagine un avenir meilleur seulement parce qu’il est l’avenir. Cette espérance a sa raison dans la bénédiction de Dieu, une bénédiction qui contient le souhait le plus grand, le souhait de l’Église pour chacun de nous, souhait rempli de toute la protection affectueuse du Seigneur, de son aide providentielle.
Le souhait contenu dans cette bénédiction s’est réalisé pleinement en une femme, Marie, en tant que destinée à devenir la Mère de Dieu; et il s’est réalisé en elle avant toute créature.
Mère de Dieu! C’est le titre principal et essentiel de la Vierge. Il s’agit d’une qualité, d’un rôle que la foi du peuple chrétien, dans sa tendre et naïve dévotion pour la maman du ciel, a perçu depuis toujours.
Rappelons-nous ce grand moment de l’histoire de l’Église antique, le Concile d’Éphèse, au cours duquel fut définie avec autorité la maternité divine de la Vierge. La vérité sur la maternité divine de Marie trouva écho à Rome où, peu de temps après, fut construite la Basilique de Sainte Marie Majeure, premier sanctuaire marial de Rome et de tout l’Occident, où on vénère l’image de la Mère de Dieu – la Theotokos – sous le titre de Salus populi romani. On raconte que, pendant le Concile, les habitants d’Éphèse se rassemblèrent devant la porte de la Basilique où se réunissaient les Évêques et crièrent: «Mère de Dieu!» Les fidèles, demandant de définir officiellement ce titre de la Vierge, montraient en reconnaître la divine maternité. C’est l’attitude spontanée et sincère des enfants qui connaissent bien leur Mère, parce qu’ils l’aiment d’une immense tendresse. Mais il y a plus: c’est le sensus fidei du saint peuple fidèle de Dieu, qui jamais, dans son unité, jamais ne se trompe.
Marie est depuis toujours présente dans le cœur, dans la dévotion et surtout sur le chemin de foi du peuple chrétien. «L’Eglise marche au cours du temps… et sur ce chemin elle progresse en suivant l’itinéraire accompli par la Vierge Marie» (Jean Paul II, Enc. Redemptoris Mater, n. 2). Notre itinéraire de foi est le même que celui de Marie, c’est pourquoi nous la sentons particulièrement proche de nous! Concernant la foi, qui est le pivot de la vie chrétienne, la Mère de Dieu a partagé notre condition, elle a dû marcher sur les mêmes routes que nous parcourons, parfois difficiles et obscures, elle a du avancer dans le «pèlerinage de la foi» (Conc. Œcum. Vat. II, Const. Lumen gentium, n. 58).
Notre chemin de foi est lié de manière indissoluble à Marie depuis que Jésus, mourant sur la croix, nous l’a donnée pour Mère en disant:«Voici ta mère!» (Jn 19, 27). Ces paroles ont la valeur d’un testament et donnent au monde une Mère. Depuis ce moment, la Mère de Dieu est devenue aussi notre Mère! Au moment où la foi des disciples était fissurée par tant de difficultés et d’incertitudes, Jésus les confiait à Celle qui avait été la première à croire, et en qui la foi n’a jamais faibli. Et la «femme» devient notre Mère au moment où elle perd son divin Fils. Son cœur blessé se dilate pour faire place à tous les hommes, bons et mauvais, tous, et elle les aime comme elle aimait Jésus. La femme qui, aux noces de Cana en Galilée, avait coopéré par la foi à la manifestation des merveilles de Dieu dans le monde, au calvaire tient allumée la flamme de la foi en la résurrection du Fils, et elle la communique aux autres avec une affection maternelle. Marie devient ainsi source d’espérance et de vraie joie!
La Mère du Rédempteur nous précède et sans cesse nous confirme dans la foi, dans la vocation et dans la mission. Par son exemple d’humilité et de disponibilité à la volonté de Dieu elle nous aide à traduire notre foi en annonce joyeuse et sans frontières de l’Évangile. Ainsi notre mission sera féconde, parce que modelée sur la maternité de Marie. Confions lui notre itinéraire de foi, les désirs de notre cœur, nos nécessités, les besoins du monde entier, spécialement la faim et la soif de justice et de paixet de Dieu ; et invoquons-la tous ensemble,et je vous invite à l’invoquer par trois fois, en imitant ces frères d’Éphèse, lui disant : Mère de Dieu! Mère de Dieu! Mère de Dieu! Amen.
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Quand Sartre méditait sur Noël…
L’âme humaine est fragile et ouverte sur le mystère de sa propre liberté (sauf si elle se caparaçonne dans l’idéologie).A preuve ce texte, a priori étonnant, du père de l’existentialisme athée :
« Nous sommes en 1940, en Allemagne, dans un camp de prisonniers français. Des prêtres prisonniers demandent à Jean-Paul Sartre, prisonnier depuis quelques mois avec eux, de rédiger une petite méditation pour la veillée de Noël. Sartre, l’athée, accepte. Et offre à ses condisciples ces quelques lignes magnifiques. Comment douter que la grâce soit venu le visiter à ce moment là, même si le philosophe s’en défend ?
« Vous avez le droit d’exiger qu’on vous montre la Crèche. La voici. Voici la Vierge, voici Joseph et voici l’Enfant Jésus. L’artiste a mis tout son amour dans ce dessin, vous le trouverez peut-être naïf, mais écoutez. Vous n’avez qu’à fermer les yeux pour m’entendre et je vous dirai comment je les vois au-dedans de moi.
La Vierge est pâle et elle regarde l’enfant. Ce qu’il faudrait peindre sur son visage, c’est un émerveillement anxieux, qui n’apparut qu’une seule fois sur une figure humaine, car le Christ est son enfant, la chair de sa chair et le fruit de ses entrailles. Elle l’a porté neuf mois. Elle lui donna le sein et son lait deviendra le sang de Dieu. Elle le serre dans ses bras et elle dit : « mon petit » !
Mais à d’autres moments, elle demeure toute interdite et elle pense : « Dieu est là », et elle se sent prise d’une crainte religieuse pour ce Dieu muet, pour cet enfant, parce que toutes les mères sont ainsi arrêtées par moment, par ce fragment de leur chair qu’est leur enfant, et elles se sentent en exil devant cette vie neuve qu’on a faite avec leur vie et qu’habitent les pensées étrangères.
Mais aucun n’a été plus cruellement et plus rapidement arraché à sa mère, car Il est Dieu et Il dépasse de tous côtés ce qu’elle peut imaginer. Et c’est une rude épreuve pour une mère d’avoir crainte de soi et de sa condition humaine devant son fils. Mais je pense qu’il y a aussi d’autres moments rapides et glissants où elle sent à la fois que le Christ est son fils, son petit à elle et qu’il est Dieu. Elle le regarde et elle pense : « ce Dieu est mon enfant ! Cette chair divine est ma chair, Il est fait de moi, Il a mes yeux et cette forme de bouche, c’est la forme de la mienne. Il me ressemble, Il est Dieu et Il me ressemble ».
Et aucune femme n’a eu de la sorte son Dieu pour elle seule. Un Dieu tout petit qu’on peut prendre dans ses bras et couvrir de baisers, un Dieu tout chaud qui sourit et qui respire, un Dieu qu’on peut toucher et qui vit, et c’est dans ces moments là que je peindrais Marie si j’étais peintre, et j’essayerais de rendre l’air de hardiesse tendre et de timidité avec lequel elle avance le doigt pour toucher la douce petite peau de cet enfant Dieu dont elle sent sur les genoux le poids tiède, et qui lui sourit. Et voilà pour Jésus et pour la Vierge Marie.
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