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C’est face à une foule enthousiaste et fortement recueillie que le pape François a célébré la béatification du laïc Paul Yun Ji-chung et de ses 123 compagnons, des Coréens tués en “haine de la foi“ entre 1791 et 1888, premiers évangélisateurs de la péninsule. A l’exception d’un prêtre chinois venu évangéliser la Corée, tous étaient des laïcs coréens.
Depuis l’autel installé sur podium blanc au pied de la Porte de Gwanghwamun, le pape a prononcé en latin la formule de béatification saluée par les cris et les applaudissements des fidèles installés entre les hauts immeubles du centre de la capitale sud-coréenne.
Premiers apôtres de la Corée
Dans son homélie, le pape François a d’abord souligné que, “dans la mystérieuse providence de Dieu“, la foi chrétienne n’était pas parvenue sur les rivages de Corée par des missionnaires mais y était entrée “par les cœurs et les esprits des Coréens eux-mêmes“. Soulignant l’importance de la vocation des laïcs, le pape a quitté son texte des yeux pour assurer que ceux-ci avaient été “les premiers apôtres de la Corée“. Puis il a assuré que les martyrs et les premiers chrétiens du pays avaient dû choisir entre “suivre Jésus ou le monde“.
“Ils avaient entendu l’avertissement du Seigneur, que le monde les haïrait à cause de lui, ils savaient le prix d’être disciples“, a relevé le pape. “Pour beaucoup, cela a signifié la persécution et, plus tard, la fuite dans les montagnes, où ils formèrent des villages catholiques“, a poursuivi le pape avant d’assurer que les premiers chrétiens “étaient prêts à de grands sacrifices et à se laisser dépouiller de tout ce qui pouvait les éloigner du Christ : les biens et la terre, le prestige et l’honneur, puisqu’ils savaient que seul le Christ était leur vrai trésor“.
Et le pape de lancer une mise en garde aux fidèles : “Aujourd’hui, très souvent, nous faisons l’expérience que notre foi est mise à l’épreuve du monde, et, de multiples manières, il nous est demandé de faire des compromis sur la foi, de diluer les exigences radicales de l’Evangile et de nous conformer à l’esprit du temps“. Au contraire, a expliqué le pontife, “les martyrs nous rappellent de mettre le Christ au dessus de tout, et de voir tout le reste en ce monde en relation avec lui et avec son Royaume éternel. Ils nous provoquent à nous demander s’il y a une chose pour laquelle nous serions prêts à mourir“.
L’exemple des martyrs, a poursuivi le pape, “a beaucoup à nous dire, à nous qui vivons dans des sociétés où, à côté d’immenses richesses, grandit silencieusement la plus abjecte pauvreté; où le cri des pauvres est rarement écouté; et où le Christ continue à appeler, nous demandant de l’aimer et de le servir en tendant la main à nos frères et sœurs dans le besoin“.
Liesse et recueillement
Sous un ciel bas, dans une atmosphère particulièrement lourde lorsque le soleil venait à apparaître de temps à autre, des centaines de milliers de fidèles étaient alignés sur la très longue place Gwanghwamun, entre la porte du même nom et l'ancienne municipalité de Séoul. Une même casquette orange ou violette vissée sur la tête, ils ont attentivement suivi la longue messe de béatification tout près du site où, par le passé, furent condamnés, torturés puis conduits vers le martyre nombre de chrétiens.
Si la messe a été suivie dans un recueillement particulièrement impressionnant, l’arrivée du pape au centre de Séoul a donné lieu à des scènes de liesse, à des cris de joie lorsqu’il prenait dans ses bras un bébé pour l’embrasser. Dans la foule, les religieuses n’étaient pas les dernières à monter sur leurs chaises pour mieux apercevoir le chef de l’Eglise catholique. A son arrivée à bord d’un pick-up, le pape François portait sur sa pèlerine blanche un ruban jaune, symbole du combat pour la justice des familles de victimes du naufrage meurtrier du ferry Sewol en avril dernier. Le pape s’est d’ailleurs arrêté pour saluer certains proches, dont le père d’une jeune victime qui fait une grève de la faim, accusant le gouvernement de laxisme après ce drame et réclamant une enquête transparente et indépendante.
JPSC
Homélie du Père Joseph-Marie Verlinde fsJ - 
« Nous affirmons, Nous déclarons et Nous définissons comme un dogme divinement révélé que l'Immaculée Mère de Dieu, Marie toujours vierge, après avoir achevé le cours de sa vie terrestre, a été élevée en corps et en âme à la vie céleste.». C'est par ces mots que, le 1er novembre 1950, Pie XII proclamait le dogme de l'Assomption par la constitution apostolique Munificentissimus Deus. Un événement qui prend sa source dans la tradition de l'Église, longuement mûrie par des siècles de théologie mariale.
grand courant de dévotion mariale du XIXe siècle, que des pétitions commencent à affluer à Rome pour que soit officiellement défini le dogme de l'Assomption. De 1854 à 1945, huit millions de fidèles écriront à Rome en ce sens ! Chiffre auquel il faut ajouter les pétitions de 1 332 évêques (représentant 80 % des sièges épiscopaux) et 83 000 prêtres, religieux et religieuses. Face à ces demandes répétées, Pie XII, par l'encyclique Deiparae Virginis, publiée en mai 1946, demande à tous les évêques du monde de se prononcer. La réponse est quasi unanime : 90 % des évêques y sont favorables. La plupart des 10 % restant s'interrogent sur l'opportunité d'une telle déclaration, seulement six évêques émettant des doutes sur le caractère "révélé" de l'Assomption de Marie.
Se posant à Séoul à près de douze heures de vol et sept heures de décalage horaire de l’affligeante actualité de l’Irak, François - à 77 ans, il a seulement ralenti ses activités cet été sans prendre de vraies vacances - arrive donc sur une tout autre planète. Dans le « Figaro » de ce jour, Jean-Marie Guénois commente (extrait) :