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  • Monseigneur, redonnez-nous la messe !

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    Nous relayons bien volontiers cette initiative :

    Monseigneur, redonnez-nous la messe!

    Face aux mesures interdisant à nouveau toute pratique du culte public à cause de la crise sanitaire actuelle, une initiative a été lancée invitant tous les catholiques du pays à se tourner vers leurs évêques pour leur demander d'agir en faveur d'une plus grande souplesse dans les restrictions faites à la liberté de culte.
    Les églises ne sont pas autorisées à accueillir leurs fidèles pour les cérémonies de culte alors que dans le même temps les commerces d'alimentation et même animaliers fonctionnent. Une inversion de valeurs flagrante qui nous heurte.

    Le fait d'avoir été privés de célébrations liturgiques et des sacrements pour la fête de Pâques et tout le printemps dernier avait déjà causé une grande douleur chez nombre de croyants, situation qui se profile à nouveau la fête de Noël approchant.
    Les moyens d'action juridiques étant réduits pour le moment, il nous reste à solliciter nos évêques qui sont seuls à pouvoir débloquer cette situation. Écrivons leur pour leur demander d'intercéder en faveur de nos âmes et surtout les encourager par nos mots et nos prières dans la tâche qui leur a été confiée de guider, enseigner et sanctifier le peuple de Dieu, tâche qui prend un sens tout particulier dans la situation que nous vivons.

    Rejoignez l'initiative, soutenez ce projet par la prière et par l'action, écrivons à nos évêques! Un modèle de lettre a été rédigé et vous est proposé, à celui-ci vous pouvez ajouter les intentions propres qui vous animent et les arguments motivant votre démarche. Une liste de contact de tous les évêchés du pays est également fournie.

    Ceci est une démarche animée toute de foi et du respect filial le plus profond envers nos évêques, loin de tout esprit mutin ou purement contestataire. Nul ne peut nier que nous vivons une situation grave et que chacun doive y mettre du sien. En ces temps de crise, les corps sont évidemment à protéger mais pas au détriment de nos âmes. Les catholiques belges sont parfaitement capables de rendre leur culte à Dieu tout en respectant les mesures sanitaires nécessaires au bien de tous et cela doit se savoir. Il n'est pas envisageable de se résigner silencieusement davantage.

    Des fils s'adressent simplement et avec confiance à leurs pères dans la foi leur demandant le secours spirituel dont leurs âmes ont tant besoin.
     
    Monseigneur, redonnez-nous la messe!
     
    Plus d'informations via annesibadji@gmail.com
     
    Modèle de lettre et adresses des destinataires dans le pdf ci-joint
  • Messes suspendues : le christianisme n’est pas une religion de la conviction privée

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    D'Arnaud Bouthéon sur le site du Figaro (Figaro Vox) :

    Suspension des messes: «Le christianisme n’est pas une religion de la conviction privée»

    FIGAROVOX/TRIBUNE - L’essayiste chrétien Arnaud Bouthéon espère que la liberté d’assister au culte sera rendue au plus vite aux fidèles, arguant de l’importance du lien communautaire et des sacrements dans la vie chrétienne.

    Arnaud Bouthéon est l’auteur de Comme un athlète de Dieu, manifeste sportif et chrétien, aux éditions Salvator, et cofondateur du Congrès Mission.


    L’état d’urgence sécuritaire et sanitaire éprouve nos concitoyens, mais aussi nos dirigeants. Alors que le Conseil d’État vient de confirmer l’interdiction de la célébration publique du culte dans les édifices religieux, le premier ministre a récemment offert, par la grâce d’un tweet, quelques mots pour présenter sa définition de la religion. Il évoque ainsi «l’expression d’une conviction intime qu’une République laïque respecte comme l’exercice d’une liberté fondamentale».

    Cette conviction intime tolérée par la République laïque, n’est-il pas ce christianisme loué par René Rémond, qui «a imprimé sa marque sur le continent qui s’est couvert d’un grand manteau blanc d’églises» et dont l’anthropologie fonde l’universalité de la déclaration des droits de l’homme?

    Les chrétiens ne sont pas là pour convaincre ou se convaincre intimement mais pour être, pour annoncer et pour faire.

    Dans la préface d’un récent et très utile ouvrage consacré au millier d’ «incroyables chrétiens» qui ont façonné l’histoire de France, Patrick Poivre d’Arvor paraphrasait le poète René Char, affirmant qu’un religieux est comme un poète: il doit laisser «des traces de son passages, non des preuves». Puis, il évoquait le souvenir de ses rencontres avec Jean-Paul II, Mère Teresa, Sœur Emmanuelle, le Père Pedro. Ces témoins du geste et de la grâce n’ont rien prouvé ; mais ils ont agi, parce qu’ils puisaient.

    Oui, ils sont inspirants parce qu’ils puisaient la force de leur passage à l’acte mais aussi le pardon, la consolation et la charité dans cette pratique des sacrements, en ces écrins que sont les églises. Ils ont consolé, ils ont touché, parce qu’ils étaient eux-mêmes touchés et consolés.

    Les chrétiens ne sont pas là pour convaincre ou se convaincre intimement mais pour être, pour annoncer et pour faire.

    Le christianisme n’est pas une gnose intimiste ; il est une affaire de lien, de relation, de corps et même de chair. De tout temps, il est la religion de l’incarnation, du lien et du risque ; il n’a jamais été la religion de la conviction privée, ni une philosophie du «care» hygiéniste. À la communication de crise par écrans interposés, les chrétiens préfèreront toujours la communion du geste humain offert et exposé.

    Pour cimenter l’unité d’un pays tétanisé par le confinement et la barbarie islamiste, dans ces moments de crise, en particulier face au surgissement de la mort, le besoin de consolation humaine et spirituelle semble immense. Ce besoin convoque des ressources que la République laïque ne peut offrir. Peut-elle humblement le reconnaître? Peut-elle admettre qu’en ces temps difficiles, des corps intermédiaires comme les paroisses peuvent offrir en leurs murs, ce supplément d’âme et d’espérance, qu’une société aseptisée lui refuse?

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  • RDC : tour de piste dans le marécage congolais

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    Une analyse sans trop d'illusions de la journaliste du « Soir » Colette Braeckman :

    Mukwege-Denis.jpg" Reçu par Tshisekedi dans le cadre des concertations, le Docteur Mukwege s’élève au dessus du marécage politique

    Reçu en audience par le président Tshisekedi dans de cadre des consultations nationales, le Docteur Mukwege, s’est élevé bien au dessus des manœuvres qui ont pour but de contourner la majorité dont, avec 300 députés, disposent les partisans du Front commun pour le Congo de Joseph Kabila face au chef de l’Etat Félix Tshisekedi. Rappelons que ce dernier, au vu des nombreux blocages qui paralysent la coalition en place se cherche de nouveaux alliés au sein de la classe politique afin d’éviter de devoir recourir à la solution à la fois la plus simple, mais aussi la plus coûteuse et la plus hasardeuse, de nouvelles élections.

    La consultation engagée dépassant largement le cadre du vivier (sinon du marécage…) politique, le prix Nobel de la Paix n’a pas hésité à rappeler l’essentiel : rappelant que la misère de la population était insupportable et la crise sociale pire que jamais, il a insisté sur la nécessité de lutter contre l’impunité et d’ériger la justice comme pilier majeur d’un Etat de droit. Soulignant la gravité des crimes commis en RDC depuis le début des années 90 il a souhaité, une fois encore, la mise en place d’un Tribunal International pour la RDC afin que soient jugés les auteurs étatiques ou non, nationaux et étrangers, des innombrables atrocités dont les Congolais ont été victimes. Il a plaidé aussi en faveur de réformes institutionnelles profondes, qu’il s’agisse des secteurs de la sécurité, de la justice, de la commission électorale indépendante.

    Les temps à venir diront si ce plaidoyer a une chance d’être entendu à deux niveaux : celui d’une classe politique invitée à se livrer à son jeu favori, celui du « dialogue » et de la « concertation », exercice qui se traduit trop souvent par le débauchage et par la recomposition des alliances, ce que la population appelle plus simplement « partage du gâteau ». Et celui aussi de la « communauté internationale » à l’heure où l’on s’interroge sur les éventuels changements de la politique américaine.

    Sur ce plan, le plaidoyer du Prix Nobel de la Paix risque de trouver ses limites : la politique américaine à l’égard de Kinshasa demeurera sans doute, demain comme aujourd’hui, inspirée davantage par le « principe de réalité », à savoir tenter de limiter voire de supplanter la Chine dans un pays détenteur de matières premières aussi essentielles que le cobalt, le lithium et autres minerais stratégiques. Ces impératifs de base s’agrémenteront sans doute d’éléments plus moraux comme la lutte contre la corruption, contre l’impunité dont ont longtemps bénéficié des acteurs locaux, piliers du régime Kabila, en particulier au sein de l’armée et de la sécurité. Mais nul n’a oublié que la première et la deuxième guerre du Congo, de 1998 jusque 2002, furent aussi des guerres inspirées par l’avidité que suscitaient les ressources minières du pays et par le choix de nouveaux alliés régionaux comme le Rwanda et l’Ouganda, fortement soutenus par les Etats Unis. S’il est probable que des membres éminents des administrations démocrates de l’époque Clinton reprennent du service aux côtés de Joe Biden, on peut se demander s’ils iront jusqu’à soutenir une justice internationale qui pourrait embarrasser leurs alliés de l’époque…

    En attendant, sur le terrain strictement congolais, les consultations initiées par le président Tshisekedi ont libéré la parole : les militants de la campagne anti corruption « le Congo n’est pas à vendre » dénoncent les activités du fonds spéculatif américain Och Ziff et la responsabilité de Dan Gertler, le mouvement citoyen Filimbi exige « le démantèlement d’un système prédateur et criminel » tandis que la Lucha a déposé un mémorandum très complet rappelant entre autres qu’à Beni, 659 Congolais ont été massacrés au cours de l’année écoulée sans que le pouvoir ait semblé s’en émouvoir…

    Les consultations initiées par le président Tshisekedi semblent aussi libérer l’imagination des journalistes : plusieurs de nos confrères travaillant pour des medias en ligne nous ont prêté des propos selon lesquels « défier le FCC serait tout simplement du suicide pour Tshisekedi ». Une prévision qui n’a jamais été exprimée, ni verbalement ni par écrit !" 

    Ref.Le docteur Mukwege reçu par Felix Tshisekedi

    La gabegie anarchique dans la gestion de l’Etat congolais post-colonial n’est pas un fait nouveau. L’actuel gouvernement - issu, comme la plupart depuis l’indépendance, d’élections truquées et de coups d’état- n’est pas en reste à cet égard. Les comptes de 2019 enregistrent des dépassements budgétaires vertigineux (on parle de 1.000% pour certains), tous ministères « kabilistes » et « tshisekedistes » confondus. Où sont les heureux temps où, quoi qu’en disent les idéologues ignorants ou de mauvaise foi, la Belgique dominait pour servir…  

     (Re) lire aussi à ce propos:

    60ème anniversaire de l'indépendance du Congo : quand le cardinal Ambongo dit tout haut ce qu'aucun citoyen n'oserait dire tout bas

    JPSC

  • En l'honneur de saint Martin de Tours (feuillet pour le temps du confinement)

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  • Haut-Karabakh : un nouveau succès pour la Turquie sous l'oeil indifférent des Occidentaux

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    De Philippe Oswald sur la Sélection du Jour :

    VICTOIRE TURQUE AU HAUT-KARABAKH

    L’accord de cessez-le-feu au Haut-Karabakh signé hier soir, 9 novembre, entre l’Azerbaïdjan et l'Arménie sous l'égide de la Russie, est un nouveau succès pour la Turquie lancée dans un expansionnisme néo-ottoman. Erdogan l’avait annoncé : l’Arménie devait se retirer du « territoire azerbaïdjanais occupé ». La victoire militaire azerbaïdjanaise doit beaucoup à l’aide massive en armes et en mercenaires (dont des djihadistes syriens) de la Turquie. C’est une lourde défaite pour les Arméniens qui, après six semaines de combats meurtriers, perdent leur pari de défendre ce territoire peuplé presqu’exclusivement de compatriotes et de coreligionnaires, puisque le cessez-le-feu fixe les belligérants dans « les positions qu’ils occupent ». C’est aussi un sérieux revers et un avertissement pour les Occidentaux qui ont préféré regarder ailleurs, encouragés dans ce qu’il faut bien appeler une lâcheté, par la focalisation médiatique sur l’épidémie et sur l’élection présidentielle américaine.

    Les Russes dont la « realpolitik » pourrait bien masquer une certaine faiblesse, restent néanmoins les maîtres du jeu. Cosignataire du cessez-le-feu avec le président de l’Azerbaïdjan et le premier ministre de l’Arménie, Poutine a souhaité que cet accord puisse mener « à la création des conditions nécessaires pour un règlement durable » du conflit. Le président russe a déployé deux mille soldats et une centaine de blindés pour le faire respecter et maintenir un corridor terrestre entre l'Arménie et les territoires encore sous contrôle séparatiste.

    Avec au moins 1300 morts arméniens (on ne connaît pas le nombre de morts azerbaïdjanais), les combats qui ont opposé depuis la fin septembre les séparatistes arméniens et l’armée azerbaïdjanaise dans le Haut-Karabakh ont été les plus sanglants en près de trente ans. L’Azerbaïdjan a entrepris le 27 septembre de récupérer cette province qui avait fait sécession pour devenir de facto indépendante au début des années 1990, à l’issue d’une guerre qui fit plus de 30 000 morts. Ce conflit est un héritage de l’époque soviétique : c’est Staline qui avait machiavéliquement rattaché le Haut-Karabakh, peuplé d’Arméniens chrétiens, à l’Azerbaïdjan musulman.

    Les Arméniens constatent avec amertume leur échec. À Erevan, capitale de l’Arménie, le siège du gouvernement et le Parlement ont été envahis par des émeutiers en colère après que le premier ministre arménien, Nikol Pachinian, eut annoncé la signature « incroyablement douloureuse pour moi et pour notre peuple » du cessez-le-feu. Il avait toutefois ajouté : « Nous ne nous reconnaîtrons jamais comme des perdants, et cela devrait être le début de notre ère d’unification nationale et de renaissance. » La haine qui oppose de longue date les Arméniens et les Azerbaïdjanais s’affiche clairement dans la déclaration de victoire du président azerbaïdjanais, Ilham Aliev, à la télévision : « Nous avons forcé [le premier ministre arménien] à signer le document, cela revient à une capitulation. J’avais dit qu’on chasserait [les Arméniens] de nos terres comme des chiens, et nous l’avons fait ». « L’Azerbaïdjan a remporté des gains importants sur le terrain et à la table des négociations. Je le félicite chaleureusement pour ce succès », a déclaré sur Twitter, ce mardi 10 novembre, le chef de la diplomatie turque, Mevlüt Çavusoglu.

    Si la Turquie a marqué un nouveau point (après ses interventions en Syrie et en Libye) en aidant ouvertement un allié musulman, la Russie reste la puissance régionale dans le Caucase du Sud. À son habitude, Poutine adopte un froid réalisme pour ne rompre avec aucune des deux ex-républiques soviétiques. Allié militaire de l’Arménie, il veut garder de bonnes relations avec l’Azerbaïdjan pour que le pays ne tombe pas dans le giron turc, avec un effet domino sur les autres nations ou populations musulmanes de l’ancien empire russe (l’islam est la deuxième religion au sein de la Fédération de Russie). Il a sifflé la fin de la partie après avoir constaté que l’Azerbaïdjan était proche de la victoire totale après la chute de Chouchi, ville stratégique à 15 kilomètres de Stepanakert, la capitale du Haut-Karabakh, située sur l’artère vitale la reliant à l’Arménie. Quant à la France et aux Etats-Unis, qui co-président avec la Russie le « groupe de Minsk » constitué depuis plus de vingt-cinq ans par la Conférence sur la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) pour mettre un terme au conflit, ils seront restés aux abonnés absents au cours de cet épisode crucial.