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  • Quand l'embryon avorté devient un "échantillon" pour la recherche

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    De Gènéthique magazine :

    L’embryon : de l’avortement au matériau de laboratoire

    23 Nov, 2021

    Des chercheurs de l’université d’Oxford, de Cambridge et du German Research Center for Environmental Health ont observé le développement d’un embryon à un stade encore jamais étudié de la sorte : « un embryon humain entier en cours de gastrulation, dont l’âge se situe entre 16 et 19 jours après la fécondation ». Des recherches publiées dans le journal Nature le 17 novembre[1], suscitant de nombreuses retombées enthousiastes : une étude « historique », une « pierre de Rosette » …mais qui soulève de nombreux problèmes éthiques

    Lors de la gastrulation, qui se produit la troisième semaine après la fécondation, les cellules de l’embryon commencent à se différencier. A ce stade, certains gènes sont activés. « Vous avez une sorte d’explosion de la diversité cellulaire »[2], explique Shankar Srinivas, chercheur à l’université d’Oxford et auteur de l’étude. Un processus « magnifique », s’émerveille-t-il.

    « La souris est en fait un très bon modèle de l’homme »

    Son équipe « a disséqué l’échantillon d’un embryon humain » avant d’utiliser le séquençage de l’ARN en cellule unique pour déterminer quels gènes étaient actifs dans chacune des plus de 1 000 cellules dissociées. Ils ont ensuite identifié « quelles cellules ont été activées pour jouer certains rôles, et où elles se trouvent dans l’embryon âgé de plusieurs semaines ». Et en comparant leurs résultats avec les observations d’embryons de souris, les chercheurs ont trouvé plus de similitudes que de différences. Ce que résume Shankar Srinivas : « La souris est en fait un très bon modèle de l’homme ».

    Les chercheurs ont toutefois noté des différences : « la présence de protocellules sanguines chez l’homme beaucoup plus tôt que chez la souris » et « l’absence de système nerveux » chez l’embryon humain à ce stade. Un argument que voudraient utiliser les chercheurs pour promouvoir la culture d’embryons au-delà de 14 jours (cf. Recherche sur l’embryon : plus aucune limite ?).

    De l’avortement au matériau de laboratoire

    La gastrulation est impossible à observer pendant une grossesse. Alors comment les scientifiques ont-ils pu effectuer cette recherche ? En utilisant un « échantillon » d’une « rareté exceptionnelle » provenant du Human Developmental Biology Resource. Cet « échantillon » est en fait un embryon avorté, avant d’être donné à la recherche. Shankar Srinivas a expliqué avoir passé cinq ans sur liste d’attente pour l’obtenir. Et que « l’idéal serait de disposer d’un plus grand nombre d’échantillons de ce type à comparer ».

    Dans leur article, à la rubrique « déclarations éthiques », les auteurs rassurent sur leur absence de conflit d’intérêts. Apparemment leur seule préoccupation éthique.

     

    [1] Richard C. V. Tyser et al, Single-cell transcriptomic characterization of a gastrulating human embryo, Nature (2021). DOI: 10.1038/s41586-021-04158-y

    [2] Phys.org, ‘Landmark’ study probes crucial phase of embryo development, Natalie Handel (17/11/2021)

  • Le procès pour malversation au Vatican a un invité de marque : le cardinal Pell

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    Un article de Sandro Magister sur Settimo Cielo :

    Le procès pour malversation au Vatican a un invité de marque : le cardinal Pell
    Journal de prison

    *

    Alors qu'au Vatican, le procès du cardinal Giovanni Angelo Becciu et d'autres accusés approche de sa cinquième audience sans jamais vraiment commencer, aux États-Unis, le troisième et dernier volume du "Journal de prison", le journal intime du cardinal George Pell, a été publié.

    En substance, Pell désigne celui qui fut secrétaire d'État adjoint de 2011 à 2018 comme l'opposant le plus tenace à l'action de nettoyage et de mise en ordre des comptes du Vatican confiée en 2014 par le pape François à Pell lui-même, en tant que préfet du tout nouveau secrétariat à l'économie.

    On trouvera plus loin les pages du journal dans lesquelles Pell fait référence à cette résistance, qui avait son bastion dans la Secrétairerie d'Etat.

    Mgr Pell ne s'étend pas sur le fond du procès en cours au Vatican, qui concerne principalement l'achat malencontreux d'un palais à Londres par la Secrétairerie d'État. Il note simplement qu'il a senti dès le départ que l'opération était mauvaise et ne devait pas être faite, et qu'il l'a dit, malheureusement sans être écouté, et en étant lui-même rapidement déchu de ses pouvoirs.

    Il est donc compréhensible que, dans son journal, Pell se réjouisse du fait que cette malfaisance ait fini par être jugée, grâce aussi à l'"insistance" personnelle du pape François.

    Mais lorsque Pell écrivait son journal en prison, il ne pouvait certainement pas connaître ce procès, (qui en est à sa quatrième audience le 17 novembre), ni la structure décousue du système judiciaire, ni la violation flagrante des droits de la défense, ni les développements possibles, qui risquent d'impliquer et d'accabler la personne même du pape François.

    Car c'est précisément ce que l'audition du 17 novembre a fait ressortir.

    Lorsque le président du tribunal du Vatican, Giuseppe Pignatone, a commencé l'audience, les inconnues étaient déjà très nombreuses, comme le reconstitue point par point ce billet de la Catholic News Agency publié le matin même :

    > Procès des finances du Vatican : Que s'est-il passé jusqu'à présent et où va-t-il ?

    Mais voilà que Luigi Panella, avocat de la défense d'un des accusés, a extrait du témoignage rageur du principal accusateur du cardinal Becciu et des autres accusés, le prélat Alberto Perlasca, la phrase suivante du promoteur de justice Alessandro Diddi qui l'interrogeait : " Monseigneur, ce que vous dites n'a rien à voir. Nous sommes allés voir le Saint-Père et lui avons demandé ce qui s'était passé, et je peux douter de tout le monde sauf du Saint-Père". L'avocat Panella a toutefois objecté que "nous n'avons aucune trace de cet appel à témoin par le pape François", ce qui empêcherait la poursuite du procès.

    Après une suspension d'audience, Diddi a nié que le pape ait été "entendu sur procès-verbal" par les promoteurs de la justice, car ce qu'il avait dit lors de la conférence de presse dans l'avion le 26 novembre 2019 "sur le vol de la Thaïlande au Japon" (en réalité de Tokyo à Rome) leur suffisait déjà.

    Mais il est bien connu que François avait non seulement été tenu au courant de chaque étape de l'opération de Londres, l'approuvant même, mais qu'il était intervenu en personne au moins dans l'un des centres névralgiques de l'affaire, celui des négociations de la Secrétairerie d'État pour reprendre les parts du palace londonien encore en possession du courtier Gianluigi Torzi, finalement payé 15 millions d'euros. Et c'est précisément de cette négociation que parlait Perlasca, interrogé par Diddi, au moment de sa déposition rappelé par l'avocat Panella.

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  • 40è anniversaire des apparitions de la Mère du Verbe à Kibeho au Rwanda

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    Communiqué de presse

    40è anniversaire des apparitions de la Mère du Verbe à Kibeho au Rwanda

    Liège, dimanche 5 décembre

    Dès 16h30, conférence, chapelet

    18h00, messe présidée par Mgr Jean-Pierre Delville, évêque de Liège

    Inscriptions obligatoires, !! places limitées, masque etc. : https://bit.ly/40anskibeho-liege

    Evènement sur Facebook : https://fb.me/e/1HRbI3gFV

    La Vierge Marie est apparue à trois jeunes filles à Kibeho, petit village du sud du Rwanda, du 28 novembre 1981 au 28 novembre 1989. Le message de ces apparitions porte sur la prière, la conversion des cœurs et sur le risque que le monde tombe dans un gouffre si les chrétiens ne se convertissent pas.

    En 2001, mgr Augustin Misago, évêque du diocèse de Gikongoro, prononce la reconnaissance officielle de ces apparitions. Kibeho devient un centre de pèlerinage connu même à l’extérieur du pays. L’année passée, le Vatican a également reconnu ces apparitions. Plus d’informations : https://www.materdolorosakibeho.com/

     

    Au Sanctuaire de sainte Julienne de Cornillon

    Rue de Robermont 2 à 4020 Liège

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  • Gand : un médecin suspendu après une euthanasie illégale

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    De 7sur7.be :

    Un médecin gantois arrêté après l'euthanasie injustifiée d'un patient âgé

    Un médecin d’un hôpital de Gand a été arrêté ce week-end après avoir pratiqué une euthanasie injustifiée sur un patient très âgé. L’hôpital a immédiatement suspendu l’homme pour une durée indéterminée.

    Le médecin en question aurait pratiqué une euthanasie illégale sur un patient très âgé. Illégale parce qu’il n’a pas respecté toutes les conditions prévues par la loi, comme “consulter un autre médecin sur le caractère grave et incurable de la maladie et l’informer des raisons de cette consultation” ou faire écrire et signer par le patient lui-même son souhait d’euthanasie.

  • Succès du festival d’adoration Venite Adoremus  en Belgique

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    Succès du festival d’adoration Venite Adoremus  en Belgique

    Ce dimanche, en la fête du Christ -Roi, Mgr Delville a clôturé le festival Venite Adoremus pour le diocèse de Liège. Créé en 2006 dans le cadre de Toussaint 2006, le festival  organisait  sa 14ème édition dans toute la Belgique pendant onze jours et onze nuits. Trois cents communautés au moins ont participé au festival en organisant des moments d’adoration, de jour, de nuit, parfois plusieurs jours d’affilée. Les organisateurs ont voulu mettre l’accent sur les jeunes : un peu partout des enfants ont été invités devant le Saint-Sacrement pour louer, chanter et adorer.  Des groupes d’enfants adorateurs existaient déjà et se sont manifestés à l’occasion du festival. Des ados et des jeunes ont passé la nuit en se relayant devant l’ostensoir et des petits-déjeuners festifs clôturaient les longues nuits de veille. De multiples conférences ont été organisées, des Eucharisties festives avec ou sans musique.

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    Pourtant la plupart des adorations se sont faites dans le silence, un silence habité bien entendu, un silence où la créature se laisse nourrir par l’amour de son Créateur… Des adorations humbles aussi et souvent fidèles et méconnues. Dans de nombreux lieux, cette prière existe depuis des années, sans faire de bruit. L’équipe de Venite adoremus en recensant avec joie tous ces lieux qui ont accepté de s’associer au Festival, veut aussi donner cette assurance que tous ces groupes font partie d’un vaste mouvement d’Eglise.

     «Nous ne sommes pas nombreux habituellement dans notre chapelle, nous dit une paroissienne. Savoir que nous sommes des milliers en Belgique est vraiment réconfortant ».  

    D’ailleurs le nombre de lieux est en forte augmentation. Voyez l’image de cette carte proposée sur le site veniteadoremus.be : elle montre une Belgique toute illuminée par la prière. Et cela va grandir encore !

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    Chose assez originale, Venite adoremus est suscitée majoritairement par des laïcs. Evidemment nous ne pouvons pas nous passer de nos frères prêtres, - ce sont nos prêtres et nos évêques qui nous envoient en mission. Mais organiser un temps d’adoration est vraiment facile. Chacun peut y arriver. Nous vous y invitons. Il y a peut-être des combats, des réticences, des découragements, mais justement c’est un signe que c’est important : l’Eucharistie sauve le monde. Elle nous remplit d’une espérance confiante. L’Eglise en vit et sans elle, l’Eglise se fane. Comme l’a déclaré récemment Mgr de Kesel : «  Si on perd l’Eucharistie, on perd l’Eglise ».

    Pour Venite Adoremus, Liège

    Stéphan Junker

  • Saint Clément, troisième successeur de Pierre (23 novembre)

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    414.jpgLors de l'audience générale du mercredi 7 mars 2007, le pape Benoît XVI consacrait son enseignement à la belle figure du troisième successeur de saint Pierre, saint Clément, évêque de Rome à la fin du premier siècle :

    Chers frères et soeurs,

    Nous avons médité au cours des derniers mois sur les figures de chaque Apôtre et sur les premiers témoins de la foi chrétienne, que les écrits du Nouveau Testament mentionnent. A présent, nous consacrons notre attention aux Pères apostoliques, c'est-à-dire à la première et à la deuxième génération dans l'Eglise après les Apôtres. Et nous pouvons ainsi voir comment débute le chemin de l'Eglise dans l'histoire.

    Saint Clément, Evêque de Rome au cours des dernières années du premier siècle, est le troisième Successeur de Pierre, après Lin et Anaclet. Sur sa vie, le témoignage le plus important est celui de saint Irénée, Evêque de Lyon jusqu'en 202. Il atteste que Clément "avait vu les Apôtres", "les avait rencontrés", et avait "encore dans les oreilles leur prédication, et devant les yeux leur tradition" (Adv. haer. 3, 3, 3). Des témoignages tardifs, entre le quatrième et le sixième siècle, attribuent à Clément le titre de martyr.

    L'autorité et le prestige de cet Evêque de Rome étaient tels que divers écrits lui furent attribués, mais son unique œuvre certaine est la Lettre aux Corinthiens. Eusèbe de Césarée, le grand "archiviste" des origines chrétiennes, la présente en ces termes:  "Une lettre de Clément reconnue comme authentique, grande et admirable nous a été transmise. Elle fut écrite par lui, de la part de l'Eglise de Rome, à l'Eglise de Corinthe... Nous savons que depuis longtemps, et encore de nos jours, celle-ci est lue publiquement au cours de la réunion des fidèles" (Hist. Eccl. 3, 16). On attribuait à cette lettre un caractère presque canonique. Au début de ce texte - écrit en grec - Clément regrette que "les adversités imprévues, qui ont eu lieu l'une après l'autre" (1, 1), ne lui aient pas permis une intervention plus prompte. Ces "adversités" doivent être comprises comme la persécution de Domitien:  c'est pourquoi la date de la rédaction de la lettre doit remonter à l'époque qui suivit immédiatement la mort de l'empereur et la fin de la persécution, c'est-à-dire tout de suite après 96. 
    L'intervention de Clément - nous sommes encore au I siècle - était rendue nécessaire par les graves problèmes que traversait l'Eglise de Corinthe:  en effet, les prêtres des communautés avaient été déposés par plusieurs jeunes contestataires. Cet événement douloureux est rappelé, encore une fois, par saint Irénée, qui écrit:  "Sous Clément, un conflit important étant apparu parmi les frères de Corinthe, l'Eglise de Rome envoya aux Corinthiens une lettre très importante pour qu'ils se réconcilient dans la paix, qu'ils renouvellent leur foi et annoncent la tradition, qu'ils avaient reçue des Apôtres depuis peu de temps" (Adv. haer. 3, 3, 3). Nous pourrions donc dire que cette lettre constitue un premier exercice du Primat romain après la mort de saint Pierre. La lettre de Clément reprend des thèmes chers à saint Paul, qui avait écrit deux longues lettres aux Corinthiens, en particulier la dialectique théologique, éternellement actuelle, entre l'indicatif du salut et l'impératif de l'engagement moral. Il y a avant tout l'heureuse annonce de la grâce qui sauve. Le Seigneur nous prévient et nous donne le pardon, il nous donne son amour, la grâce d'être chrétiens, ses frères et soeurs. C'est une annonce qui remplit notre vie de joie et qui donne de l'assurance à notre action:  le Seigneur nous prévient toujours avec sa bonté et la bonté du Seigneur est toujours plus grande que tous nos péchés. Il faut cependant que nous nous engagions de manière cohérente avec le don reçu et que nous répondions à l'annonce de salut par un chemin généreux et courageux de conversion. Par rapport au modèle paulinien, la nouveauté est que Clément fait suivre la partie doctrinale et la partie  pratique, qui étaient constitutives de toutes les lettres pauliniennes, par une "grande prière" qui conclut pratiquement la lettre.

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  • Rendre les cours de religion optionnels ?

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    De sur le site de La Libre :

    Nouvelle étape vers des cours de religion et de morale en option dans l'enseignement officiel

    Six députés de la majorité ont déposé une proposition de résolution dans ce sens. Déjà, Défi et le CDH exprime des regrets. Le texte sera prochainement discuté, éventuellement amendé puis soumis au vote au Parlement. Le gouvernement en étudiera ensuite les conséquences et le calendrier.

     
    Le groupe parlementaire chargé de travailler sur l’opportunité de faire passer d’une à deux heures par semaine les cours de philosophie et de citoyenneté a fini son travail. C’était un des engagements figurant dans la déclaration de politique gouvernementale.

    Après plus d’un an d’auditions et de discussions à huis-clos, six parlementaires de la majorité PS-MR-Ecolo (1) ont présenté, ce lundi, une proposition de résolution. Elle sera discutée dans quinze jours en commission Education puis soumise au vote en séance plénière, dans la foulée.

    Première recommandation: deux heures pour tous dans l'officiel

    Aujourd’hui, la philosophie et la citoyenneté font l’objet d’une heure de cours obligatoire par semaine dans l’enseignement officiel, où la deuxième heure de cours dits philosophiques peut être consacrée, au choix, soit à la philo et citoyenneté, soit à un des cours de religion ou à la morale. La première recommandation vise à passer à deux heures obligatoires d'éducation à la philosophie et à la citoyenneté (EPC) pour tous les élèves de l’officiel.

    Dans l’enseignement libre confessionnel, le texte suggère aussi d’améliorer les conditions de l’organisation de l’EPC qui ne fait pas l’objet d’un cours spécifique à ce stade. Il est suggéré d’y examiner la piste d’une heure de cours proprement dit. Dans le non confessionnel, l’extension à deux heures de philo et citoyenneté par semaine pourrait être soutenue.

    Deux: respecter le droit de chacun à une éducation morale ou religieuse en proposant des cours à option

    Que deviendront les cours de religion dans l’enseignement officiel? Les signataires recommandent qu’on continue à les proposer de manière optionnelle, sur base volontaire. Les conditions doivent être suffisamment confortables pour que le droit de chaque élève à une éducation morale ou religieuse, prévue par la Constitution, soit respecté. Les six députés recommandent aussi d’étudier toute autre modalité d’organisation, par exemple dans le cadre de la réforme des rythmes scolaires.

    Trois: faire les comptes

    Très important: avant la mise en oeuvre d’un quelconque changement, il faudra en estimer le coût budgétaire.

    Quatre: soutenir les enseignants

    Autre précaution: il faudra également assurer la soutenabilité du cadre humain, budgétaire, statutaire et organisationnel. En clair, cette réforme concernera de nombreux enseignants. L’idée est de leur permettre aux professeurs de religion ou de morale qui souhaitent enseigner la philo et citoyenneté de suivre une formation à la neutralité. Les informations et l'offre devront être suffisantes.

    Mais que fera-t-on de ceux qui ne veulent pas? Les signataires bottent en touche et renvoient la balle au gouvernement.

    Cinq: inspecter

    Enfin, une inspection spécifique devra être organisée pour ces importants contenus.

    Concertation et entrée en vigueur progressive

    Les six députés insistent sur la concertation préalable au choix qui sera finalement opéré. Au gouvernement d’anticiper ses conséquences et d’imposer le timing. On sait déjà que l’idée n’est pas de s’enfermer dans un calendrier, d’autant que d’autres importantes réformes sont sur la table. L’option d’une entrée en vigueur progressive, comme l’entrée dans le tronc commun du Pacte d’excellence, est évoquée.

    Dans l'opposition, Défi exprime ses regrets

    Conformément à la méthode de travail choisie, les députés de l’opposition auront le loisir de faire des propositions d’amendements.

    Chez Défi, Joëlle Maison et Michaël Vossaert déplorent que des recommandations communes n’aient pas pu être dégagées et jugent la proposition incomplète. Très impliqué dans le débat, le parti revendique depuis toujours un cours d’Éducation à la philosophie et à la citoyenneté de deux heures hebdomadaires et le passage des cours de religion en cours facultatifs, hors de la grille horaire des élèves.

    Pour Défi, le fait religieux, l'histoire des religions et le dialogue interconvictionnel ne doivent pas disparaître de l'école. "La connaissance des différentes religions et grands courants de pensée, de leurs origines, pratiques, rites, ainsi qu'un dialogue et des échanges encadrés pédagogiquement entre élèves, constituent un socle indispensable à la connaissance de l'autre mais aussi un préalable indispensable à la cohésion sociale", estime Joëlle Maison.

    Ce dialogue figurait d’ailleurs dans les recommandations du rapport du groupe de travail Philosophie et citoyenneté présentées, en juin 2018, par les trois mêmes formations politiques (PS, MR et Ecolo) mais en a totalement disparu aujourd’hui. C’est le principal regret de Défi qui demande aussi l’extension, dans le réseau libre également, à un référentiel de deux heures de cours hebdomadaires.

    Le CDH déplore que le PS se soit une nouvelle fois "enfermé dans ses dogmes"

    Même position au CDH. "Nous regrettons que le PS se soit une nouvelle fois enfermé dans ses dogmes", réagit Alda Greoli, "et que ni le MR ni Ecolo ne soient sensibles au dialogue interconvictionnel et à la pluriculturalité de notre société." Et de critiquer le renvoi des questions religieuses dans la sphère privée sous couvert d'une pseudo option. "On parle beaucoup de citoyenneté mais très peu de questionnement philosophique. C'est pourtant fondamental."

    Réaction forte des évêques de Belgique

    Enfin, le porte-parole francophone de la conférence des évêques, Tommy Scholtes, critique fortement l'idée de rendre les cours de religion optionnels. "

    Cela me paraît une grave erreur", dit-il. "Si la constitution en son article 24 demande qu’on organise un cours, ce n’est pas pour le sortir de la grille. C’est dans l’intention du constituant de le faire dans le cadre scolaire, et non pas le mercredi après-midi ni le vendredi après 16h ou encore le samedi matin. C’est oublier que le religion et la morale font partie de manière constitutive de la vie sociale et culturelle des jeunes citoyens que sont les élèves. Transférer de manière facultative le cours en le rendant à option, c’est laisser place à toutes sortes d’initiatives qui seront organisées en dehors du contrôle d’une inspection scolaire. Ce type d’orientation ne respecte pas le citoyen, qui est aussi un être qui a une culture spirituelle. L’enseignement public se doit de contribuer à cette dimension de sa formation."

    --> (1) Les signataires de la proposition de résolution sont Latifa Gahouchi, Stéphanie Cortisse, Jean-Philippe Florent, Laurent Léonard, Hervé Cornillie et Kalvin Soiresse-Njall.