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  • La messe : un sacrifice sinon rien

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    De l'abbé Guillaume de Tanoüarn sur Metablog :

    Un sacrifice sinon rien

    La dernière prière du prêtre, au cours de la messe, est résolument sacrificielle, comme pour montrer que le sacrifice est l'essentiel de la liturgie. Cette prière se récite au moment où le prêtre baise l'autel une dernière fois,  manifestant par ce geste combien ce rite qu'il vient de célébrer ne provient pas de lui, de sa foi personnelle ou de sa spiritualité propre, mais s'identifie à l'autel, qui porte, nous l'avons vu au début de ce travail, le sens divin du sacrifice. Voici une traduction de cette prière :

    Que vous plaise, ô sainte Trinité, l'hommage que je vous rends de mon service. Faites que ce sacrifice que j'ai porté aux yeux de votre majesté, malgré mon indignité, vous soit agréable (acceptabile) à vous et qu'à moi ainsi qu'à tous ceux pour lesquels j'ai porté cette offrande, elle soit propitiatoire (propitiabile) autant que vous êtes miséricordieux, par le Christ notre Seigneur

    J'aurais aimé pouvoir faire rimer les traductions des deux adjectifs latins : acceptabile et propitiabile. Difficile de trouver, en français, deux adjectifs assonnants, en des sens si précis et si voisins ! Mais qui a dit que le latin liturgique est un latin de cuisine ? L'homéotéleute aide à articuler la pensée.

    Nous avons vu que la messe comportait toutes les formes de sacrifices. La forme la plus durable est certainement le sacrifice de louange, puisqu'il occupera toute notre éternité, en manifestant notre joie d'être à Dieu. Mais la forme la plus immédiatement importante des quatre genres de sacrifice n'est ni le sacrifice de louange, ni le sacrifice d'action de grâce, ni le sacrifice de demande (appelé aussi impétratoire). C'est le sacrifice qui nous rend Dieu propice, qui nous permet d'être comme d'égal à égal face à son éternité,  Il y a entre Dieu et nous le mur de la finitude et du péché. Dieu lui-même a voulu casser ce mur et nous permettre de vivre de plain pied avec son éternité en devenant ses fils et ses filles. La messe, pour qui la vit, réalise cette transformation. C'est en ce sens d' abord qu'elle est un sacrifice. Par la transformation de notre prière dans la prière du Christ, par la transmutation de notre inefficacité dans l'efficience du Fils de Dieu, elle est le signe décisif du changement de notre condition et de l'arrivée, à la fin des fins, du Royaume de Dieu, éternelle communion qui abolit toute finitude, parce qu'elle nous divinise.

    C'est le cas de l'écrire : un sacrifice sinon rien, sinon le monde ne changera pas et restera toujours dans cet état d'inachèvement désespérant dans lequel nous le voyons tous les jours. La réponse au problème du mal n'est pas à chercher  en arrière, dans le passé de l'humanité ou dans je ne sais quel état parfait de l'humanité adamique. Elle s'écrit, cette réponse, dans le sacrifice de la croix, où le Fils de Dieu affronte par le miracle de son incarnation la Puissance du mal et la fatalité de la mort, en y répondant par l'amour surnaturalisant. A chaque messe, cette réponse se rend tangible pour que le plus d'hommes et de femmes y participent, en s'incluant, par la médiation du rite sacré, dans la prière du Christ, dont ils sont, ces hommes et ces femmes, à la fois la matière première (si j'ose dire) et, encore aujourd'hui, l'enjeu ultime, mais aussi, dans la communion des saints, les agents communicateurs et les imitateurs indignes.

    Ce Mystère ecclésiologique, le pape François, dans son Motu proprio Traditionis custodes, a décidé de le marquer du sceau d'infamie que reçoit, dans sa pensée, tout ce qui est préconciliaire A-t-il décidé de changer de religion, non pas de foi, je le précise : de religion c'est-à-dire de relation à Dieu ? A-t-il décrété que la messe sacrificielle avait fait son temps et qu'elle était le signe d'un autre visage de l'Eglise que le visage qui a triomphé à Vatican II ? Si cette interprétation radicale se révélait juste, ce que l'avenir proche nous dira, ce serait au mépris de ce que voulaient la grande majorité des Pères conciliaires, au mépris de l'Eglise et au mépris du plan divin. 

    Pourquoi au mépris du Plan divin ? Parce que le problème du mal dans cette perspective conciliaire n'aurait pas d'autre solution que les bricolages sans cesse recommencés de notre bonne volonté toujours balbutiante depuis que le monde est monde et qu'Eve a croqué dans la pomme. Le monde redeviendrait incompréhensible, livré à un progressisme, que l'on doit dire à bon droit "imbécile", parce que l'on voit bien que, du problème du mal, il n'a qu'un simulacre de réponse. N'en déplaise aux progressistes d'aujourd'hui, la réponse à donner au terrible problème du mal n'est pas le Parc humain avec contrôle obligatoire, crédit social à la chinoise, et passe sanitaire à la française, pour accéder aux vespasiennes et faire régner une morale publique dominatrice, imposée à force de traçabilité des personnes, par des caméras de surveillance et des logiciels de reconnaissance faciale. Ce monde du Panoptikon que Michel Foucault a seul vu venir, est un terrible simulacre de réponse, parce que, progrès technique aidant, ce monde du contrôle est pire que le problème du mal tel qu'il se donne à voir dans les sociétés ordinairement humaines. Terrible ironie de l'histoire ! Les membres du Club de Davos, Klaus Schwaab en tête, fascinés par les modalités nouvelles de la survie du communisme chinois, entendent solutionner par le contrôle le monde archipelisé qui est le nôtre. Mais leur remède, indéniablement progressiste pourtant par les techniques qu'il met en jeu, s'avèrera pire que le mal, anéantissant chez les hommes l'idée même de liberté.

    Historiquement, la seule réponse au mal est spirituelle, c'est la mort de Jésus sur la Croix et le sacrifice de la messe qui nous permet de nous inclure dans ce mystère. La croix où meurt l'Innocent par excellence semblait pourtant participer du Mystère d'iniquité. Par un retournement sans exemple, elle devient le signe du Mystère de la piété, par lequel nous sommes tous prêtres (c'est-à-dire offrants), et nous devenons les rois de notre propre destinée, en en maîtrisant l'horizon éternel. "Il a fait de nous un royaume et des prêtres" comme dit l'Apocalypse (I, 9). C'est à cette réalité eschatologique que la messe traditionnelle nous permet d'assister et même de participer. Son interdiction par le Motu proprio du pape François a elle aussi un sens eschatologique.

  • RDC : quand exactions et profanations à l'égard de l'Eglise se multiplient

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    De Christian Okende sur politico.cd :

    Attaque de la résidence du Cardinal Ambongo : “un grand recul sur le chemin de l’État de droit” (CENCO)

    2 août 2021

    Au cours d’un point de presse tenu au Centre Interdiocésain situé dans la commune de la Gombe, le Secrétaire général de la CENCO, l’abbé Donatien Nshole a fait savoir l’indignation des prélats catholique face aux attaques orchestrées contre l’église catholique.

    «Nous, Cardinal, Archevêques et Évêques membres du Comité Permanent de la CENCO, avons été peinés de lire la lettre de Mgr Emmanuel-Bernard Kasanda, Évêque de Mbujimayi, datée le 26 juillet 2021, faisant état, depuis le mois d’avril 2021, des actes abominables de profanation sur les lieux de cultes: paroisses, grottes mariales, autels, sanctuaires…, actes allant jusqu’à désacraliser nos tabernacles où repose le très saint sacrement», indique la CENCO.

    Qui plus est, les princes de l’église catholique se disent consternés de voir , le samedi 31 juillet, sur la toile une vidéo montrant Augustin Kabuya, Secrétaire Général de l’UDPS, tenir des propos “désobligeants à l’endroit de son Éminence le Cardinal Archevêque de Kinshasa et du Secrétaire Général les accusant entre autre de politiser l’Église”.

    A cela, dit la CENCO, s’ajoute des actes de vandalisme, accompagnés des injures macabres, posés à l’archevêché de Kinshasa et à la résidence du Cardinal Ambongo par un groupe des jeunes non autrement identifiés qui, d’après les évêques catholiques, dans leur discours ont repris certains propos du Secrétaire général de l’UDPS.

    A cet effet, elle condamne fermement ces actes de violence qui, à l’en croire, sont une grave atteinte à la liberté religieuse et d’expression, mais aussi une entorse à la démocratie. « C’est un grand recul sur le chemin de l’État de droit auquel aspire le peuple congolais », lâche-t-elle.

    Par ailleurs, elle demande aux commanditaires de ces actes d’arrêter et au Gouvernement de la République de prendre cette situation en main en identifiant ces inciviques qui ont opéré à visage afin qu’ils soient sanctionnés. En même temps, elle en appelle aux fidèles chertiens et aux défenseurs de la démocratie au calme, de ne pas réagir violemment.

  • L'Eglise vers laquelle on va

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    On peut être reconnaissant au Père Tihon (sur la Libre) d'indiquer aussi clairement dans quelle direction d'aucuns s'emploient à faire évoluer l'Eglise, de transgression en transgression. Mais il est clair que ces transgressions-là ne devraient pas être sanctionnées par Rome comme l'est le recours à l'ancien missel considéré comme une transgression inadmissible aux yeux du Souverain Pontife. Cela met clairement en évidence la dérive à babord de la barque de Pierre, laquelle peut aller dans n'importe quelle direction pourvu que ce ne soit pas dans celle de la Tradition dont les tenants, qualifiés de "rigides" par le pape régnant, sont condamnés à se taire sinon à quitter l'embarcation.

    Pour faire évoluer l'Église, des transgressions s'imposent

    L’appareil ecclésiastique romain était à ce point enserré dans des règles sacralisées que c’est souvent de façon conflictuelle que les changements nécessaires finissaient par s’imposer. Voici ce que pourraient être de légitimes transgressions.

    Hors d’Allemagne, nous mesurons mal le degré d’organisation du ‘laïcat’ catholique allemand, le poids du « Zentralkomittee der deutschen Katholiken », l’impact sur l’opinion publique des Katholikentage. Les catholiques engagés ont pris acte du travail de sape de la Curie vaticane pour neutraliser le concile Vatican II, en particulier sur la collégialité. Ils constatent la difficulté de faire passer des réformes devenues urgentes. Ils voient avec plaisir le pape François aller dans le sens du Concile sous l’étiquette synodalité, objet du prochain synode. François a moins de liberté de manœuvre que le ZDK, mais il avance ses pions, avec prudence et discernement (un de ses mots-clés). 

    Par rapport à la discipline officielle, les catholiques allemands ne se contentent pas d’intégrer certaines pratiques devenues courantes : - ne plus refuser l’eucharistie aux croyants de bonne volonté, qu’ils soient divorcés remariés ou qu’ils appartiennent à d’autres églises chrétiennes ; - ne plus tenir compte de l’interdiction de prêcher fait aux laïcs formés et aux professeures de religion ; - s’exprimer publiquement en faveur de l’ordination à la prêtrise de femmes et d’hommes mariés. Pour les acteurs de terrain, ces points n’ont rien de surprenant. Les commentateurs ne manquent pas de souligner qu’ils jouissent d’un « large soutien dans l’opinion », en tout cas dans nos pays. Mais la mobilisation des catholiques allemands s’inspire d’une perspective plus radicale. La synodalité signifie un fonctionnement d’Église très différent de l’actuelle concentration du pouvoir entre les mains du pape et de ses collaborateurs. Il est question d’une Église où tous les baptisés participeraient, de près ou de loin, au fonctionnement de la communauté, selon le vieux principe du droit romain : « Ce qui concerne tout le monde doit être traité par tout le monde », « quod omnes tangit ab omnibus tractari debet ».

    Pas d’évolution sans transgressions

    C’est l’occasion de remettre en lumière la dynamique concrète qui sous-tend l’évolution d’une énorme institution comme l’Église catholique romaine, comme de toute institution. En deux mots, il n’y a pas d’évolution sans transgressions.

    Peu de commentateurs prennent la peine de s’interroger sur l’opportunité de ce type de transgressions et sa légitimité en perspective chrétienne. Pour l’opportunité, on peut juger que, vu les solides freins qui ont conditionné le fonctionnement du Vatican lors des précédents pontificats, il est bon de se rappeler que l’Esprit souffle où il veut et pas seulement sur les membres de l’appareil ecclésiastique. Et donc, de ne pas automatiquement considérer une entorse à la règle comme l’œuvre du mauvais esprit.

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  • « Annus horribilis » pour l’Église en Allemagne. Mais aussi en Italie et au Vatican

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    Mais où va donc le gouvernement actuel de l’Eglise ? Un article du vaticaniste Sandro Magister publié en traduction sur le site web diakonos.be :

    « Les statistiques désastreuses relatives à 2020 publiées mi-juillet par la conférence épiscopale de l’Église catholique d’Allemagne ont fait beaucoup de bruit, elles marquent un net effondrement par rapport à l’année précédente, surtout en ce qui concerne la participation aux sacrements.

    Fin juillet, dans une interview autobiographique à « Herder Korrespondenz », le Pape émérite Benoît XVI est allé à la racine du désastre, pointant du doigt la réduction de l’Église à une « Amstkirche », faite uniquement de bureaux et de documents institutionnels, mais toujours plus vide « de cœur et d’esprit » avec pour conséquence un « exode du monde de la foi ».

    *

    Mais si l’Allemagne pleure, l’Italie non plus n’est pas à la fête. Ici, les chiffres circulent discrètement, sans faire de bruit, mais ils témoignent eux aussi, en 2020, d’une nette baisse de certains indicateurs importants par rapport à 2019.

    On peut le déduire du sondage effectué par CENSIS à l’été 2020 sur un échantillon représentatif des italiens, dévoilé dans le livre « Il gregge smarrito », publié fin juin avec une préface du doyen des sociologues, Giuseppe De Rita.

    Ce sondage révèle par exemple qu’à peine 8% des italiens et 11% des catholiques ont reconnu à l’Église la capacité de « donner un sens » à la difficile situation produite par la pandémie de Covid 19.

    Une Église perçue comme absente et éloignée de la très grande majorité de la population, qui plus est dans un moment particulièrement critique, ne constitue clairement pas un signe de vitalité dans un pays tel que l’Italie qui, au début des années 2000, était vue par le Pape Jean-Paul II comme un bastion chrétien « exceptionnel », capable de résister à la vague de sécularisation qui balayait l’Occident.

    Mais il faut également prendre en compte une statistique d’un autre genre. Celle qui concerne ce que l’on appelle le « 8 per mille ».

    En pratique, chaque année, l’État italien reverse 8 pour mille de ses propres rentrées fiscales aux confessions religieuses qui ont conclu un accord avec l’État.

    Ce sont les contribuables qui décident librement de la répartition de cette somme entre l’une et l’autre confession religieuse, en apposant leur signature à côté du nom de celle à laquelle ils souhaitent en attribuer le bénéfice.

    Depuis 1985, date à laquelle ce mécanisme est entré en vigueur en Italie, les signatures en faveur de l’Église catholique ont depuis longtemps constitué une majorité écrasante qui, en 2005, année record, a même frôlé les 90% des signataires, 89,2% pour être précis.

    En 2005, Benoît XVI a succédé à Jean-Paul II. Pendant le pontificat de Joseph Ratzinger, le pourcentage des signatures en faveur de l’Église catholique a diminué de quelques points, mais pas le nombre absolu des signataires, qui a continué à augmenter en 2011 pour atteindre le montant record de 15 604 034.

    En 2013, après la démission de Benoît XVI et l’élection de Jorge Mario Bergoglio comme pape, l’Église catholique italienne pouvait encore s’enorgueillir de 15 226 291 signatures en sa faveur, soit 80.91% du total.

    Mais ensuite, le nombre des signatures en faveur de l’Église n’a cessé de chuter inexorablement, année après année.

    En 2017, elles ne s’élevaient déjà plus qu’à 13 774 382, soit 75,36% du total des signataires.

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  • Motu Proprio Traditionis Custodes : pas de pass liturgique dans l’Eglise Catholique

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    C'est le titre du dernier billet de l'abbé Viot (*) sur son blog. Son analyse mesurée ne suffit pas à masquer que la mercuriale fulminée par le pape François est excessive, tant sur la forme que sur le fond: elle n’appelle aucunement au dialogue et conduit objectivement à une impasse. Le mieux sera (ou serait), pour les évêque chargés de sa mise en œuvre, de donner un peu de temps au temps et passer par pertes et profits, sans autre commentaire, les dispositions inutilement outrancières et humiliantes : à suivre...

    ________

    (*) Michel Viot, né le 25 mai 1944 dans le XVIIe arrondissement de Paris, est un prêtre catholique français. Dignitaire franc-maçon et « évêque » luthérien de Paris de 1996 à 2001, il quitte ses fonctions pour rejoindre la pleine communion avec l'Église catholique. Ordonné prêtre en 2003, il est d'abord incardiné dans le diocèse de Blois où il exerce notamment la charge d'aumônier de prison, puis rejoint le diocèse de Versailles en 2014 et se voit incardiné au sein du diocèse aux Armées françaises en tant qu'aumônier national des anciens combattants jusqu'en 2018.

    JPSC

  • Où s’arrêtera la spirale infernale du « non-art » ?

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    De Jean Staune sur "La Sélection du Jour" :

    La douteuse alchimie de l’art contemporain

    Salvatore Garau est un artiste. Du moins c’est ainsi que les médias le présentent. Récemment, il a vendu pour 15.000 € une « sculpture invisible ». En quoi consiste cette œuvre ? C’est très simple : pour l’installer chez l’heureux propriétaire, « l’artiste » viendra avec un rouleau de sparadrap qu’il découpera et collera au sol pour former un carré d’1m50 sur 1m50.

    La fameuse « œuvre invisible » trônera au centre de ce carré. Certains trouveront qu’il s’agit d’une façon un peu trop facile de faire de l’art, et accessoirement, de gagner de l’argent. A cela, Salvatore Garau répond que : « Ne rien voir rend fou. S’il est mal interprété, le vide crée des angoisses », sous entendant que la béance de son œuvre crée des angoisses auprès de ceux qui n’ont pas assez d’imagination pour se représenter au centre de son carré une œuvre qui n’existe pas. Après tout, Saint Exupéry, faute de pouvoir représenter correctement le mouton demandé par le petit prince, n’avait-il pas dessiné une boite en lui expliquant que le mouton était dans la boite ? Mais lui au moins n’avait pas eu l’outrecuidance d’essayer de vendre son mouton en boite aux enchères… 

    Salvatore Garau est le lointain continuateur d’un autre artiste italien, Piero Manzoni, qui voulait concevoir des peintures invisibles. L’œuvre la plus connue de celui-ci est intitulée Merda d'artista, ce qui ne nécessite pas de traduction. Elle est composée de 90 petits pots de 30 grammes, soigneusement remplis par l’auteur, avec une signature qui garantit l’authenticité de la provenance des 30 grammes d’excréments que contient chaque boite. Manzoni voulant probablement imiter les opérations alchimiques qui transforment ou qui prétendaient transformer le plomb en or, expliquait que le prix de vente de chacune de ces boites devait correspondre au prix de 30 grammes d’or au jour de la vente.

    Le 16 octobre 2015, l’une de ces boites a été adjugée pour 203.000 € lors d’une vente aux enchères chez Christie’s et comme le cours de l’or, ce jour-là, était de 33,4 €/gramme, cela représentait 203 fois le prix de 30 grammes d’or. Piero Manzoni n’était pas là pour assister à ce grand moment, il est mort à 30 ans de la suite de ses excès et de ses débauches, ayant écrit qu’il voulait faire de sa mort elle-même une œuvre d’art. Mais ses boites sont désormais exposées dans les plus grands musées du monde dont le Centre Beaubourg

    Certes, la critique de l’art est un domaine difficile. Cézanne, Van Gogh, Picasso et tant d’autres ont été vilipendés et humiliés pour des œuvres dont tout le monde reconnaît aujourd’hui le génie. Mais ce n’est pas pour cela que toute œuvre critiquée aujourd’hui devrait être considérée comme potentiellement géniale. Une des façons les plus faciles de réussir à faire parler de soi est de produire une œuvre blasphématoire, telle que le « Piss Christ » par exemple, où Andres Serrano exposait la photo d’un crucifix immergé dans son urine. Notons au passage que n’étant pas suicidaire, il n’aurait jamais osé faire la même chose avec un Coran. C’est en général toujours la religion chrétienne qui fait les frais de ce genre de démarche.

    Parfois on assiste néanmoins à des situations intéressantes : Cy Twombly est un artiste connu pour exposer, entre autres, des toiles entièrement blanches. C’est également une façon assez simple de faire fortune. Un jour, une jeune cambodgienne aspirant à devenir elle aussi une artiste, Rindy Sam, déposa lors d’une exposition à Avignon un bisou au cœur de l’une de ces toiles entièrement blanches, avec des lèvres bien chargées en rouge à lèvres.

    Le propriétaire de l’œuvre comme l’artiste crièrent à la destruction d’ouvrage et affirmèrent être horrifiés. La pauvre femme, qui vivait du RMI fut condamnée non seulement à 1.500 € d’amende, mais pire encore, à 18.800 € pour rembourser les frais de restauration de la toile. Oui, vous avez bien lu, une restauratrice d’art a fait payer 18.800 € le fait d’enlever des traces de rouges à lèvres sur une toile entièrement blanche ! Comme l’ont fait remarquer certains commentateurs, il ne serait pas exagéré de dire ici que c’est Rindy Sam qui est l’auteure d’une véritable performance artistique, et non pas Cy Twombly.

    Enfin, on peut détester le positionnement politique du mystérieux Bansky, mais l’on doit reconnaître que c’est un des rares artistes contemporains à exprimer une pensée cohérente à travers son œuvre. Voulant prendre les marchés de l’art à leur propre jeu, il avait caché au cœur de l’une de ses toiles un système d’autodestruction qui fut activé à distance juste après que l’œuvre ait été adjugé 1,185 M€. Eh bien, c’est raté, la propriétaire est ravie de recevoir une œuvre déchirée en morceaux, et l’œuvre détruite se vendra demain encore plus chère que l’œuvre originale ! 

    Où s’arrêtera la spirale infernale du « non-art » et qui osera dire un jour que le roi est nu ? Quand certaines personnes, même du niveau de Luc Ferry, veulent dénoncer ce type excès, ils se font quasiment insulter…

    Jean Staune

    Pour aller plus loin : En Italie, une sculpture invisible achetée près de 15.000 euros >>> Lire l'article sur : Le Monde

  • Internats pour enfants autochtones au Canada : l'histoire falsifiée et 52 églises incendiées

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    Un entretien avec Pablo Munoz Iturrieta sur Kath.Net/news :

    Corps retrouvés au Canada : un publiciste parle de " falsification de l'histoire " !

    29 juillet 2021

    L'auteur et humaniste Pablo Munoz Iturrieta contredit la description par l'Église catholique d'un "génocide" des Indiens du Canada dans une interview accordée à Kathpress - 52 incendies d'église à ce jour

    Il n'y a pas eu de "génocide" des enfants autochtones dans les écoles confessionnelles du Canada au début du 20e siècle, qui ont été systématiquement spoliés de leur culture, maltraités, tués par des mauvais traitements et enterrés dans des fosses communes par les religieux : Avec cette critique des récents reportages des médias, le publiciste et scientifique canadien Pablo Munoz Iturrieta attire l'attention. Comme l'a expliqué l'Argentin d'origine dans une interview accordée à Kathpress jeudi, les faits historiques s'y opposent clairement. Une "falsification de l'histoire" aux conséquences déjà dévastatrices est pratiquée, a-t-il déclaré.

    Depuis la fin du mois de mai, des informations sur la découverte de plus d'un millier de cadavres d'enfants à proximité de ce que l'on appelle les "pensionnats" - principalement des internats pour autochtones gérés par l'Église catholique, qui ont existé de la fin du XIXe siècle jusqu'aux années 1980 - ont provoqué un tollé dans le monde de l'information. On savait depuis longtemps que ces tombes, qui n'étaient pas marquées par leur nom, existaient : une commission gouvernementale au Canada s'était chargée d'une réévaluation, qui a rédigé son rapport final en 2015, a souligné M. Munoz. Toutes les trouvailles actuelles y avaient déjà été répertoriées.

    Justin Trudeau a maintenant ramené ces découvertes de corps dans la discussion afin de donner du poids à sa politique indigène. Le Premier ministre canadien avait également demandé au Pape François de venir au Canada et, au nom de l'Église, de demander aux parents du peuple indigène connu sous le nom de "Premières Nations" le pardon des souffrances infligées au cours de l'histoire. Le philosophe et théologien a fait remarquer qu'il ne fallait pas oublier que l'État canadien était responsable de l'éducation et qu'il commandait les écoles confessionnelles.

    Pas de "rééducation" forcée

    Ce dont l'Église est accusée est largement indéfendable, a souligné M. Munoz. Il n'y a certainement pas eu d'"imposition" de la culture chrétienne, puisque les indigènes étaient chrétiens depuis longtemps, avec leur propre clergé indigène depuis le milieu du 17e siècle. "Les missionnaires étaient extrêmement prudents avec la culture des indigènes. Le fait qu'ils parlent encore leur langue aujourd'hui est principalement dû aux prêtres catholiques", dit-il. De même, l'enseignement dans les pensionnats catholiques se faisait principalement dans les langues indigènes.

    Au début des écoles indigènes, les familles y envoyaient volontairement leurs enfants, ce qui permettait une meilleure alimentation, une protection contre le froid en hiver et l'apprentissage d'un métier. En 1920, le Canada a introduit l'enseignement obligatoire. Même après cela, l'Eglise n'a pas eu recours à la force de la police pour emmener les enfants, comme certains le prétendent, a déclaré M. Munoz. "Mais il y a des rapports selon lesquels certains élèves sont tombés malades de la tuberculose et les tribus ne voulaient plus envoyer leurs enfants à l'école par peur de l'infection." Un examen médical d'entrée pour les nouveaux élèves a été introduit en conséquence, a-t-il dit.

    Cause de mortalité : principalement des infections

    En tout état de cause, la tuberculose - pour laquelle la vaccination n'a été introduite au Canada que vers 1950 - et surtout la pandémie de grippe espagnole de 1918 à 1920 ont également été la principale cause de décès des enfants dont les corps sont aujourd'hui en cause, a souligné le publiciste canadien. Au lieu d'être enterrés dans des "fosses communes", les morts étaient enterrés dans leurs propres tombes, chacune avec sa propre croix. Le fait que les noms n'aient pas été écrits dessus était un respect pour une tradition indigène correspondante, a déclaré Muñoz. Cependant, les noms des personnes décédées ont été enregistrés dans les dossiers - "ce qui ne serait jamais arrivé dans le cas d'un véritable génocide".

    M. Munoz n'a pas nié qu'il y ait eu des cas d'abus sexuels sur des enfants dans les pensionnats, en plus d'une violence dans l'éducation très discutable du point de vue actuel - qui était autrefois répandue dans toutes les écoles. Une réévaluation est importante ici, mais il faut aussi faire la différence : "Les cas d'abus connus aujourd'hui dans l'Église catholique du Canada concernent principalement les années 1970 et 1980, alors que les écoles indigènes étaient déjà en voie de disparition." Établir un lien direct avec les cadavres des enfants n'est pas approprié, a-t-il dit.

    Déjà 52 incendies d'église

    Le scientifique, blogueur et auteur catholique, qui enseigne dans plusieurs universités au Canada, aux États-Unis et en Argentine, est très préoccupé par les conséquences du récit sur le corps des enfants, qui repose sur des exagérations. Par exemple, a-t-il dit, 52 églises ont déjà été incendiées et, dans certains cas, réduites en cendres au Canada au cours des deux derniers mois, y compris des églises historiques dans des réserves autochtones et des lieux de culte appartenant à des communautés de migrants de diverses confessions. "Le gouvernement n'a rien fait jusqu'à présent pour mettre un terme à cette situation ou pour enquêter sur ce qui se passe et découvrir qui sont les auteurs de ces actes", s'est plaint M. Muñoz.

  • 17 chrétiens tués chaque jour au Nigeria au cours des six premiers mois de 2021

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    De Catholic News Agency :

    Rapport : 17 chrétiens tués chaque jour au Nigeria au cours de la première moitié de 2021
     
    31 juillet 2021

    On estime que 3 462 chrétiens ont été tués au Nigeria au cours des 200 premiers jours de 2021, selon une nouvelle étude. Cela équivaut à 17 chrétiens assassinés chaque jour dans le pays le plus peuplé d'Afrique, a rapporté ACI Afrique, le partenaire d'information africain de CNA.

    L'étude réalisée par la Société internationale pour les libertés civiles et l'État de droit (Intersociety) à Onitsha, dans l'est du Nigeria, précise que ce chiffre inclut 10 prêtres et pasteurs qui ont été assassinés entre le 1er janvier et le 18 juillet. "Le nombre de chrétiens sans défense tués à l'arme blanche par les djihadistes islamiques nigérians et leurs collaborateurs au sein des forces de sécurité au cours des 200 derniers jours [...] s'élève à pas moins de 3 462, ce qui représente seulement 68 décès de moins que le nombre total de décès de chrétiens nigérians en 2020, que la liste de surveillance mondiale des chrétiens persécutés d'Open Doors estime à 3 530", a déclaré Intersociety. Ce chiffre est le deuxième plus élevé depuis 2014, année où plus de 5 000 décès de chrétiens ont été enregistrés aux mains de Boko Haram et des bergers fulanis, note l'étude d'Intersociety.

    Le rapport indique que Boko Haram, l'un des plus grands groupes islamistes d'Afrique, était responsable de la mort de plus de 4 000 chrétiens en 2014. Les bergers fulanis, qui se sont fréquemment affrontés aux agriculteurs chrétiens pour les pâturages, ont été responsables de 1 229 décès supplémentaires cette année-là. "Dans notre dernier rapport publié le 11 mai 2021, couvrant la période de janvier à avril 2021, nous avons constaté que pas moins de 1 470 chrétiens ont été tués à l'arme blanche et au cours des 80 derniers jours -- ou du 1er mai au 18 juillet 2021 -- pas moins de 1 992 vies chrétiennes ont été perdues", indique le rapport publié le 18 juillet.

    Intersociety est un groupe de recherche et d'investigation sur les droits qui surveille les persécutions religieuses au Nigeria depuis 2010. Le groupe de défense des droits de l'homme recueille des informations en contactant les victimes et les témoins oculaires, en suivant les médias et en menant des entretiens, entre autres méthodes. Intersociety a constaté que 2 200 chrétiens ont été enlevés entre le 1er janvier et le 30 avril de cette année, et 780 autres entre le 1er mai et le 18 juillet, soit un total de 3 000 personnes enlevées depuis le début de l'année 2020.

    Les enquêteurs ont déclaré qu'au moins trois chrétiens enlevés sur 30 étaient susceptibles d'être morts en captivité, ce qui suggère que quelque 300 chrétiens enlevés sont morts au cours du premier semestre de cette année. Les décès supplémentaires de 150 personnes ont également été ajoutés pour représenter ce que les chercheurs ont appelé les "chiffres sombres", c'est-à-dire les décès qui se sont produits mais n'ont pas été signalés.

    Environ 300 églises ont été visées depuis janvier 2021, ont indiqué les enquêteurs. Ils ont noté que l'État de Taraba, dans le nord-est du Nigeria, était la région la plus touchée, avec au moins 70 églises menacées ou attaquées.

    Les auteurs du rapport ont déclaré qu'il était "profondément attristant" que les responsables des attaques antichrétiennes aient continué à échapper à la justice, créant un sentiment d'impunité et conduisant à des atrocités répétées. Selon l'organisation, les victimes survivantes et les familles des victimes de meurtres ont été totalement abandonnées par le gouvernement nigérian. "Les forces de sécurité du pays ont tellement tâtonné et se sont compromises qu'elles interviennent à peine lorsque les chrétiens vulnérables risquent d'être menacés ou attaqués, mais n'apparaissent qu'après ces attaques pour arrêter et piéger la même population menacée ou attaquée", indique le rapport. Il ajoute : "Dans le nord, les djihadistes opèrent librement sous la couverture et la protection des forces de sécurité ; ils enlèvent, tuent, pillent, détruisent ou brûlent et convertissent de force leurs chrétiens captifs et non protégés, ainsi que leurs maisons et leurs lieux sacrés de culte et d'apprentissage." "Mais les mêmes forces de sécurité réagissent avec une férocité totale et haineuse contre les chrétiens du sud et du nord accusés d'infraction ou d'offense à la loi."

    Selon le rapport, les bergers fulanis sont responsables du plus grand nombre de meurtres, ayant assassiné environ 1 909 chrétiens au cours des 200 premiers jours de cette année. Ils sont suivis par Boko Haram, l'État islamique dans la province d'Afrique de l'Ouest (ISWAP) et les bandits peuls musulmans qui ont tué conjointement 1 063 chrétiens. Le rapport précise que l'armée nigériane, aux côtés de la police nigériane et d'autres branches des forces armées, a été responsable de 490 décès de chrétiens. "Les bandits peuls musulmans, formés à l'origine dans l'État de Zamfara (nord-ouest) en 2011, sont conjointement responsables des terreurs qui sévissent dans les régions chrétiennes des États de Kaduna Sud, du Niger, du FCT (territoire de la capitale fédérale), de Nasarawa et de Kogi", indique le rapport. Les bandits fulanis sont également responsables d'attaques contre les musulmans haoussas autochtones à Zamfara, Katsina, Sokoto et Kebbi. Dans l'État de Kebbi, dans le nord-ouest du Nigeria, les bandits peuls musulmans ciblent et tuent ou enlèvent à la fois des chrétiens et des musulmans, alléguant que les "Hausa musulmans indigènes ne sont pas de purs musulmans", selon le rapport. Les bandits organisent également ce qu'Intersociety appelle des "attaques djihadistes féroces" contre leurs compatriotes musulmans à Zamfara, Katsina, Sokoto et dans les zones musulmanes des États de Kaduna et du Niger.

  • Le "wokisme", le nouvel opium des intellectuels

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    Du site "Pour une école libre au Québec" :

    « Le wokisme, un opium des intellectuels »

     Illustration pour ordination d’un évêque luthérien transgenre 
    Le chapeau est celui du chapelier fou
    d’Alice au pays des merveilles

    Dans deux notes pour le réseau pensant Fondapol, Pierre Valentin, étudiant en maîtrise ès sciences politiques à l’université Paris-2 Panthéon-Assas, diplômé en philosophie et politique de l’université d’Exeter, trace les contours du nouveau militantisme de gauche aux États-Unis comme en France. Rencontre.

    Mouvement idéologique venu des campus états-uniens, le « wokisme » est au centre des débats médiatiques et intellectuels. Pourtant, une majorité de Français n’en a jamais entendu parler et peu de gens qui emploient le mot sont capables de le définir précisément. De quoi faire dire à certains que le woke n’existe pas, si ce n’est dans les fantasmes de la droite et de la gauche républicaine.

    Deux notes publiées par Fondapol, intitulées « L’idéologie woke. Anatomie du wokisme » et « L’idéologie woke. Face au wokisme », réussissent à tracer les contours de ce mouvement qui tend à prendre de l’ampleur. L’auteur, Pierre Valentin, étudiant en master science politique à l’université Paris-II Panthéon-Assas, diplômé en philosophie et politique de l’université d’Exeter au Royaume-Uni, revient avec nous sur le contenu de son étude.

     — Comment définiriez-vous « l’idéologie woke » ?

    Pierre Valentin — La traduction littérale « stay woke » signifie en anglais « restez éveillés ». Cette expression s’est d’abord popularisée aux États-Unis dans la communauté afro-américaine, où elle fait des apparitions sporadiques tout au long du XXe siècle. Elle ne devient un slogan politique à grande échelle que lorsque le groupe Black Lives Matter s’en revendique en 2013 et 2014.

    Deux critiques sont régulièrement formulées à l’encontre de ceux qui analysent le « wokisme ». La première est de critiquer la rigueur de ce terme, qui serait « fourre-tout » et « flou ». Chacun serait le woke de quelqu’un d’autre. La seconde — dans la même veine — est de dire que ce terme est une création inventée post-hoc par des gens de droite et les détracteurs de ce mouvement.

    Prenons ces critiques dans l’ordre. La définition donnée par Radio-Canada, citée Mathieu Bock-Côté (La Révolution racialiste et autres virus idéologiques, Presses de la Cité, 2021, p. 72.), est la suivante : « Dans un contexte de combat en matière de justice sociale, cette expression définit quelqu’un qui est sensibilisé aux injustices qui peuvent avoir lieu autour de lui. »

    Source : « Notoriété et adhésion aux thèses de la pensée “woke” parmi les Français », sondage Ifop pour L’Express, février 2021, p. 36.

    Ce terme renvoie à l’imaginaire de la gnose, hérésie chrétienne qui conceptualise une petite élite qui posséderait un savoir qualitativement supérieur ; une paire de lunettes qui permettrait de voir comment la réalité quotidienne est en réalité entachée par la trace du mal partout présent. Ailleurs, la notion de wokisme a été traduite sous le nom de « vigilitantisme ».

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  • La rupture ?

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    De Pierre Nespoulos sur la Semaine de Castres et du Tarn :

    La rupture ? 

    Le « motu proprio » (décret pris par le pape François) « Traditionis custodes » soit « Les gardiens de la tradition » (!) secoue ces temps derniers les milieux catholiques, voire au-delà. La possibilité ouverte par Jean-Paul II et libéralisée par Benoît XVI en 2007 de célébrer la messe communément appelée « messe en latin » est désormais abrogée, du moins soumise à de multiples autorisations, doublées de vexations. Le 7 juillet 2007 en effet, Benoît XVI avait ouvert un nouvel horizon à la liturgie traditionnelle et son « Introibo ad altare dei » (je m’approcherai de l’autel de Dieu). Dans un décret devenu célèbre, le motu proprio « Summorum pontificum », il accordait une place nouvelle à l’« ancienne messe » qui avait été marginalisée par le Concile Vatican II, avec l’argument : « Ce qui était sacré pour les générations précédentes reste grand et sacré pour nous ». D’ailleurs, n’est-il pas paradoxal que ce qui était le rite millénaire soit désormais appelé « extraordinaire » ?

    La stupéfaction, l’indignation et la colère ont envahi une partie de l’Eglise pour qui cette remise en cause est pour le moins déconcertante, outre le fait qu’elle est une insulte à la face du prélat en retraite. Elle semble ajouter du sel sur des plaies dont on avait l’impression qu’elles étaient cicatrisées. Le compromis de Benoît XVI visant à apaiser le débat entre les diverses sensibilités catholiques est remis en cause de manière absurde, bien plus menée par une volonté disciplinaire que doctrinale. Le message de François est inacceptable tel qu’il est formulé. L’unité de l’Eglise ne peut être visée par des oukases mais par le dialogue fraternel. Je pensais naïvement que l’épithète « conciliant » dérivait de « concile ». L’interprétation (jésuistique?) me semble ici éloignée. Les tenants du courant moderniste imposent leur ligne, pourtant dénoncée par les critiques comme responsable de l’effondrement de la pratique religieuse, car cela ne répond pas à leurs attentes de transcendance, de sacralité, de recueillement, de mystère…

    Il faut que ce soit l’écrivain et philosophe Michel Onfray qui, bien que se revendiquant athée, explique pourquoi la décision du pape François de porter atteinte à la messe en latin dans le patrimoine liturgique le consterne : « La vie de l’Eglise catholique m’intéresse parce qu’elle donne le pouls de notre civilisation judéo-chrétienne bien mal en point. Le christianisme a façonné une civilisation qui est la mienne et dont j’estime que je peux l’aimer et la défendre ». Avant lui, Georges Brassens avait donné son avis de manière plus triviale dans une chanson célèbre « Sans le latin, la messe nous em…, à la grande fête liturgique plus de pompes soudain, plus de mystère magique et les fidèles s’en f… »

    Du passé faisons table rase. Offrons à l’avenir un monde banalisé à coup de cantiques débiles. Quand on pense au sublime héritage de la musique liturgique en latin, Mozart, Haydn, Haendel, Bach ! Est-il urgent de les remplacer par du moderne consensuel bâclé, voire du rap ? Est-ce l’Eglise de la synodalité, du décolonialisme et du paupérisme face à l’Eglise du sacré, de l’identité chrétienne assumée et de l’évangélisation ? La théologie de la Libération était une façon de comprendre le catholicisme fortement coloré de communisme : cela pouvait s’expliquer à défaut de se justifier au regard des régimes très durs d’Amérique latine dont Bergoglio eut à souffrir, mais on ne peut de notre côté ignorer les bases du christianisme qui ont façonné l’Europe. Peu concerné par le destin de l’Europe, le sud-américain François est très préoccupé par les questions sociales et peu par les questions liturgiques. Mais le pape n’est pas le président d’une ONG écolo-humanitaire !

    Je me garderai bien de décerner des brevets de catholicité en fonction d’une pratique liturgique, vivant en outre dans un diocèse où il n’y a pas de guerre ni ouverte ni larvée entre les rites. Mais je trouve excessif d’imputer aux tenants d’une fidélité à l’Histoire du catholicisme des velléités séparatistes en filigrane, comme, récemment, l’évêque de Dijon ou le Conférence des évêques de France, dans son retour sur expérience du « Summorum pontificum ».

    Si j’étais athée, il me semble qu’un appel vers le catholicisme ne viendrait certainement pas de son modernisme (pour cela j’ai Netflix!) mais par un besoin de sublime, de transcendance et de l’exemple de ceux qui s’agenouillent plus devant la croix que devant l’esprit du temps. Ce « motu proprio » liquidant l’héritage de saint Jean-Paul II et de Benoît XVI  (du vivant de celui-ci, dernier irrespect) réveille les consciences endormies, devant un fallacieux progressisme dont le cheminement suicidaire n’est plus à démontrer : les églises se vident. Dans ces conditions, pousser quelques brebis vers la sortie n’est guère ni habile ni miséricordieux. L’Eglise doit-elle être « dans le vent » de l’évolution sociétale ?  Dans le vent, c’est le destin des feuilles mortes…

  • Quand les jeunes s'essaient aux pratiques divinatoires

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    Un entretien réalisé par Manuella Affejee sur Vatican News :

    Ésotérisme 2.0: quand les jeunes s'essaient aux pratiques divinatoires

    L’ésotérisme est à la mode, surtout chez les jeunes. Les rituels de magie et initiation aux arts divinatoires fourmillent sur le réseaux sociaux. Mais ces pratiques sont loin d'être anodines. Éclairage.

    Astrologie, divination, cartomancie, médiumnité: ces pratiques ésotériques ont le vent en poupe depuis quelques années et suscitent de plus en plus l’engouement des jeunes, notamment via les réseaux sociaux. Cet ésotérisme 2.0 se pare d’une couleur pop, presque glamour qui le ferait presque paraître inoffensif, alors qu’il recèle des dangers spirituels.

    Le père Jean-Christophe Thibaut est prêtre du diocèse de Metz où il exerce un ministère de délivrance depuis une vingtaine d’années. Il est également l’auteur, sous le pseudonyme de Michaël Dor, de la tétralogie de La Porte des Anges (Éditions Médiaspaul) et des enquêtes de l’Abbé Nicolas Stock (Éditions Salvator). Il décrypte ce phénomène:

    Entretien avec le père Jean-Christophe Thibaut
    Le phénomène n’est pas très nouveau. Il a commencé dans les années 1980, qui correspond à la fin du «Nouvel Âge», cette période marquée par de nouvelles spiritualités. Ce regain d’ésotérisme qu’on voit aujourd’hui est lié au fait que tout passe par l’individu. Nous sommes dans un monde très individualiste, chacun peut devenir une sorcière ou pratiquer tel ou tel art divinatoire, sans passer par un groupe, une structure ou un mouvement, comme autrefois.

    Il faut reconnaître aussi que, depuis la crise du Covid, l’on note un développement énorme de tout ce qui touche à l’ésotérisme et je pense que cela est lié au fait que la science a montré ses limites. On peut y voir aussi une peur de l’avenir. Aux États-Unis par exemple, les consultations des voyants ont été multipliées par dix depuis le début de la crise.

    Internet et les réseaux sociaux jouent-ils un rôle particulier dans cet ésotérisme personnalisé et à la carte?

    Effectivement, cela passe par Instagram, Tik Tok, etc. C’est une sorte de «cocktail» avec de nouvelles spiritualités -issues pour beaucoup de thérapies alternatives ou des recherches de bien-être-, un peu de féminisme et d’écologie. L’on voit un retour en grâce de la figure de la sorcière, considérée à la fois comme l’ancêtre des féministes et des écologistes. C’est très «tendance» et l’on constate ce phénomène surtout en milieu urbain, chez des jeunes filles qui proposent des rituels magiques de sorcellerie pour s’attirer de bonnes grâces, se sentir bien, etc.

    L’on valorise le côté ludique, esthétique voire «glamour» de certaines pratiques. Mais n’est-ce pas mésestimer le danger qu’elles peuvent receler?

    Si, complètement. C’est présenté comme quelque chose d’anodin. Il ne faut pas oublier aussi que tous ces jeunes gens ont été baignés par Harry Potter lorsqu’ils étaient adolescents. C’est donc la continuité de ce phénomène où la magie était présentée comme quelque chose de plutôt positif et esthétisant.

    Bien sûr, il y a toujours une méfiance envers la magie qu’on dirait «noire», encore que, aujourd’hui, les repères entre magie blanche et magie noire tendent à s’effacer. À la limite, peu importe ce que l’on cherche, même l’utilisation d’une certaine magie noire peut être considérée comme un acte de justice. Si quelqu’un vous veut du mal ou si vous avez des problèmes avec votre patron, il est légitime de pouvoir proposer un rituel.

    Aujourd’hui, dans les grandes villes comme Paris, c’est très «tendance», d’inviter une cartomancienne, un médium ou une voyante lors de diners mondains. On retrouve un peu ce qui se faisait au XIXe siècle, lorsque le spiritisme était à la mode. (…)

    Quel est le danger que vous percevez dans cet engouement?

    La magie n’est pas anodine, la distinction entre blanche ou noire n’existe pas. D’ailleurs, dans la Bible, on met toujours en garde contre la magie. Il n’y a qu’à lire les Actes des apôtres pour voir que l’évangélisation s’est heurtée aux magiciens -l’exemple le plus connu est Simon le magicien- qui s’opposaient à elle.

    Je vois beaucoup de gens marqués par l’ésotérisme qui veulent s’en sortir, parce qu’il y a toujours un moment où cela se retourne contre les personnes. Très clairement, avec la magie, on touche au monde démoniaque. Vous pouvez demander à tous les exorcistes ou ceux qui pratiquent un service de délivrance : la première porte de tout problème spirituel d’ordre démoniaque, c’est le fait de s’adonner à la magie, l’ésotérisme ou l’occultisme.

    Cette soif de spiritualité des jeunes est quand même à exploiter. Ne pensez-vous pas qu’il existe là un terrain de mission spécifique qui s’ouvre pour l’Église?

    Je pense qu’il ne faut pas en avoir peur. Au contraire, derrière ces recherches d’ésotérisme, se cache une soif du sens de la vie, une soif spirituelle.

    La difficulté est que, généralement, la religion est considérée par la plupart de nos jeunes contemporains comme très contraignante, comme un ensemble de dogmes auxquels croire, sans réfléchir, pensent-ils. Or il faut les conduire vers le Dieu vivant en leur montrant qu’il y a des réponses, qu’ils pensent connaitre, mais qu’ils ne connaissent pas en réalité; il faut orienter cette recherche qu’ils portent vers un sens plus positif que celui qu’ils sont en train de prendre, et cela, sans savoir qu’ils sont sur un chemin de ténèbres.

    Actuellement, j’ai environ une vingtaine de demandes par semaine émanant de personnes voulant me rencontrer car elles ont fait une mauvaise expérience d’ésotérisme ou d’occultisme.

  • Saint Pierre Favre, premier prêtre jésuite (2 août)

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    Saint Pierre Favre sj (site des jésuites d'Europe occidentale francophone)

    saint pierre favre

    Ignace de Loyola disait de Pierre Favre qu’il était celui qui donnait le mieux les Exercices spirituels. C’était un homme de Dieu, passionné de la conversation pour “aider les âmes” et favoriser la conversion des cœurs. Pierre Favre est le patron de la Province d’Europe Occidentale Francophone.

    Pierre Favre naît en Savoie en 1506, au village du Villaret ; c’est là qu’il grandit gardant les troupeaux de ses parents. A partir de 1525, il vient étudier à Paris où il a comme compagnons de chambre François-Xavier et Ignace de Loyola ; celui-ci se l’adjoint comme le premier de tous ses compagnons.

    Ordonné prêtre en 1534, il est le premier prêtre de la Compagnie et est l’un des théologiens envoyés par Ignace au Concile de Trente. Sur l’ordre du Souverain Pontife, il parcourt à pieds la France, l’Italie et l’Allemagne, et travaille efficacement à la restauration catholique.

    Il meurt épuisé à Rome le 1er août 1546 et est béatifié par Pie IX en 1872. Il est canonisé en décembre 2013 par le pape François.

    saint pierre favre
    saint pierre favre
    pierre favre