Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Au rythme de l'année liturgique

  • Les lettres de Catherine de Sienne, la "psychologue" de Dieu

    IMPRIMER

    D'Antonio Tarallo sur la Nuova Bussola Quotidiana :

    Les lettres de Catherine, la "psychologue" de Dieu

    29-04-2022

    Les épîtres de Sainte Catherine de Sienne représentent l'un des documents les plus importants de l'histoire de l'Église au Moyen Âge. Les destinataires sont des pontifes, des rois, de simples religieux ou des hommes de pouvoir. Mais comme "plus petit dénominateur commun", ils ont Dieu et la manière de le servir dans la justice et la sagesse. Le lecteur d'aujourd'hui ne peut qu'être stupéfait par une telle profondeur psychologique, mystique et spirituelle.

    La poétesse américaine Emily Dickinson a écrit : "Une lettre m'a toujours semblé refléter l'immortalité". Et, certainement, Sainte Catherine et ses lettres, au nombre de plus de trois cents, resteront immortelles. L'ensemble des lettres de la sainte dominicaine constitue en effet un véritable trésor de pierres précieuses, une "carte topographique" de sentiments, d'avertissements et d'appels du cœur. Sur ces épîtres, plusieurs livres ont été écrits, plusieurs débats intellectuels et religieux. En bref, il n'est pas faux - certainement - de dire que les pages rédigées par Sainte Catherine de Sienne représentent l'un des documents les plus importants de l'histoire de l'Église au Moyen Âge. Les destinataires ? Faire défiler leurs noms nous donne une idée de l'ampleur de l'épistolaire de Catherine : papes et souverains ; simples religieux ou grands pontifes ; hommes de bureau ou de pouvoir ; et, dans toute cette liste, il y a - sans aucun doute - un "plus petit dénominateur commun" : Dieu. Comment le servir dans la justice et la sagesse. Chaque ponctuation, chaque caractère imprimé dans ces pages respire la présence du Christ : Il dicte, Sainte Catherine transcrit.

    Sainte Catherine parvient à composer la richesse de ces milliers et milliers de pages grâce aussi à l'aide des membres de la "Bella brigata" : c'est le nom donné au groupe de personnes prêtes à l'aider dans toutes ses activités caritatives, le groupe de collaborateurs le plus important de la sainte siennoise.

    Ses paroles et ses sentiments, ses réflexions claires sur les thèmes les plus disparates : de la vie religieuse à la vie sociale de l'époque ; des problèmes moraux aux problèmes politiques qui concernaient toute l'Église, l'empire, les royaumes et les États de l'Europe du XIVe siècle. Et à tant de thèmes différents correspondent de multiples clés d'interprétation. Parmi ces clés, celle qui ouvre des réflexions diverses sur le caractère littéraire de l'œuvre mérite une attention particulière. Dans son Étude sur Catherine de Sienne (publiée en 1941 par la revue Letteratura), le linguiste Giacomo Devoto souligne les variations de style présentes dans l'épistolaire : celles-ci se manifestent surtout dans les différences de périodicité ou de rythme de l'écriture par rapport à la nécessité d'exhorter, d'expliquer ou d'affirmer. Les lettres, en fait, pourraient même être considérées comme un véritable vade-mecum du parfait prédicateur.

    Les lettres suivent - généralement - un schéma très précis : le "souhait" du saint, exprimé dans la formule fixe de l'incipit de la lettre, est suivi d'une partie d'exposition et de méditation morale ou spirituelle. Ensuite, nous sommes catapultés dans une narration de "faits", d'événements historiques liés à l'exposition précédente. Dans ce schéma libre et - en même temps - rigoureux, il est tout à fait significatif que l'exhortation ne soit jamais omise. Il faut noter, en effet, que les verbes "je veux" et "je prie" sont les verbes les plus répétés dans les lettres. Un exemple ? La lettre au Pape Grégoire XI : "Je veux que vous soyez un lever de soleil de l'amour, dans le verbe amour, le Christ crucifié (...) Je vous prie pour l'amour du Christ crucifié, que, le plus vite possible, vous alliez à la place des glorieux Pierre et Paul. Et toujours de votre côté, essayez d'aller avec certitude ; et Dieu, de son côté, vous fournira toutes les choses qui seront nécessaires pour vous et pour le bien de votre épouse (l'Eglise)".

    Les lettres de la sainte surprennent, impliquent et captivent : le lecteur d'aujourd'hui ne peut qu'être stupéfait par une telle profondeur psychologique. Pourtant, les études de psychologie étaient très éloignées de l'Europe du XIVe siècle où vivait la sainte. Par exemple, dans la Lettre à trois femmes de Florence, nous trouvons écrit :
    "Chères filles dans le Christ doux Jésus, parce que la bonté divine vous a tirées du monde, ne regardez pas en arrière pour contempler le champ labouré, mais visez toujours ce que vous devez faire pour conserver en vous le principe et l'intention sainte que vous avez faite vôtre. Quelle est cette chose qu'il nous convient de voir et de faire pour conserver notre bonne volonté ? Que vous soyez toujours dans la cellule de la connaissance de vous ; et de la connaissance de votre non-être et de votre possession de Dieu ; et de la connaissance de vos fautes, et de la brièveté du temps".

    Catherine demande aux trois femmes d'entrer dans ce qu'elle appelle la cellule de la cognition ; d'enquêter sur leurs propres âmes, en essayant de déplorerleurs défauts. C'est donc une action d'introspection que la sainte désire. Mais la deuxième partie devient encore plus intéressante : dans la connaissance de son propre être, mettre de côté son "je" pour faire place à Dieu.

    Mais Catherine est aussi et avant tout un guide spirituel. Elle exhorte les religieux à guider la vie spirituelle des gens de manière à ce que leurs actions puissent changer l'histoire. Elle demande à l'Eglise de faire son chemin vers Dieu, mais aussi dans l'histoire où le protagoniste incontesté doit être la vérité : une "vérité en fonction de la charité et de la dignité de l'homme parfait dans la charité". C'est ainsi que le résume l'historienne Giuliana Cavallini (1908-2004), spécialiste éclairée et éclairante de l'œuvre du saint.

    Catherine est une "écrivaine mystique" qui ne fait jamais abstraction du contexte humain, même dans son langage. Catherine "parlait au Seigneur avec son esprit, et avec le langage de son corps elle parlait aux hommes". Ce sont les mots de quelqu'un qui a bien connu sainte Catherine de Sienne : le frère dominicain Raymond de Capoue (vers 1330-1399), confesseur et premier biographe de la sainte.

  • Sainte Catherine de Sienne, co-patronne de l'Europe (29 avril) (catéchèse de Benoît XVI)

    IMPRIMER

    Sainte-Catherine-de-Sienne_theme_image.jpgLors de l'audience générale du 24 novembre 2010, le pape Benoît XVI a consacré sa catéchèse à sainte Catherine de Sienne que l'on fête aujourd'hui :

    Chers frères et sœurs,

    Je voudrais aujourd’hui vous parler d’une femme qui a eu un rôle éminent dans l’histoire de l’Eglise. Il s’agit de sainte Catherine de Sienne. Le siècle auquel elle vécut — le XIVe — fut une époque tourmentée pour la vie de l’Eglise et de tout le tissu social en Italie et en Europe. Toutefois, même dans les moments de grandes difficultés, le Seigneur ne cesse de bénir son peuple, suscitant des saints et des saintes qui secouent les esprits et les cœurs provoquant la conversion et le renouveau. Catherine est l’une de celles-ci et, aujourd’hui encore, elle nous parle et nous incite à marcher avec courage vers la sainteté pour être toujours plus pleinement disciples du Seigneur.

    Née à Sienne, en 1347, au sein d’une famille très nombreuse, elle mourut dans sa ville natale en 1380. A l’âge de 16 ans, poussée par une vision de saint Dominique, elle entra dans le Tiers Ordre dominicain, dans la branche féminine dite des Mantellate. En demeurant dans sa famille, elle confirma le vœu de virginité qu’elle avait fait en privé alors qu’elle était encore adolescente, et se consacra à la prière, à la pénitence et aux œuvres de charité, surtout au bénéfice des malades.

    Lire la suite

  • Sainte Catherine de Sienne; foi et audace

    IMPRIMER

    D'

    Sainte Catherine de Sienne. Foi et audace

    8.9 Brides, mothers and teachers - Terre di Siena

    A occasion de sa fête, le 29 avril, nous publions un portrait de cette grande sainte.

    Catherine Benincasa est née à Sienne en 1347, au sein d’une famille nombreuse. Très jeune, elle entend l’appel à se consacrer à Dieu, malgré l’incompréhension de sa famille. Dès son plus jeune âge, elle fait preuve d’une dévotion particulièrement forte.

    A seize ans, elle devient tertiaire dominicaine, tout en menant une vie d’austérité et de prière au sein de sa famille. Elle fait vœu de virginité. Ascèse et oraison la font vivre en étroite union avec le Christ, tout en se préoccupant des réalités de la vie.

    Rien ne destinait cette jeune fille d’un milieu simple à se trouver en position d’exhorter les uns et les autres à la paix. Rien, si ce n’est une foi lumineuse, nourrie par des visions mystiques dès son plus jeune âge.

    Bien que quasi-analphabète, elle n’en dicte pas moins de longues missives aux grands de son temps, et devient la conseillère spirituelle d’une foule de personnes, puissants et artistes, gens du peuple et ecclésiastiques.

    Les temps étaient mouvementés. L’Europe du 14e siècle ne cesse de se diviser. La France et l’Angleterre sont engluées en pleine guerre de Cent Ans. A cela s’ajoute la peste noire qui décima une grande partie de la population européenne, plus d’un tiers selon certaines sources. Comme si cela ne suffisait pas, en Italie, les villes s’opposent les unes aux autres. La papauté elle-même se trouve installée en Avignon. La république de Sienne, où grandit Catherine, n’est pas épargnée, du fait des familles dirigeantes qui s’entre-déchirent.

    Pour comprendre pourquoi plusieurs papes ne se trouvent plus à Rome, il faut remonter au début du siècle, au règne de Philippe IV le Bel, le premier roi à se faire appeler officiellement « très chrétien ». Cette notion religieuse tend alors à devenir juridique et autorise le souverain à intervenir dans les affaires de l’Église. De fait, son règne est marqué par ses différends avec Boniface VIII. En 1302, par la bulle Unam Sanctam, celui-ci déclare la supériorité du pouvoir spirituel sur le pouvoir temporel, et par ce biais la supériorité du pape sur les rois, ces derniers étant responsables devant le chef de l’Église. Philippe le Bel envoya des troupes pour arrêter le pape, qui fut fait prisonnier et mourut peu après.

    Son successeur, Benoît XI (1303-1304) dénonça les actions du roi de France. En 1305, pour l’apaiser, les cardinaux élurent un de ses amis, le Français Clément V qui ne mit jamais les pieds à Rome et s’établit en Avignon, cité culturellement française, et dépendante du royaume d’Anjou. Les papes y restèrent pendant près de septante ans. Sainte Brigitte de Suède avait déjà tenté de faire revenir la papauté à Rome, mais sans succès.

    Pour Catherine, cette situation est intolérable. Son principal souci est l’unité de l’Église. Sa grande crainte est le schisme, qu’elle appelle « l’hérésie ». Sans complexe, elle écrit au pape d’alors, encore en Avignon, une lettre brûlante où elle le presse de revenir à Rome. Elle ira même l’y chercher. Par la suite, elle déploiera des trésors d’activité et de diplomatie pour rassembler l’Église autour de Grégoire XI.

    Elle passera à Rome les derniers mois de sa vie (1378-1380). Elle y était venue à la demande d’Urbain VI, qui avait besoin de sa prière et de son conseil pour résoudre la crise qu’affrontait l’Eglise.

    Alors que la chrétienté se disloque notamment en raison des intérêts politiques contradictoires des monarques, Catherine va interpeller les uns et les autres. Elle envoie de nombreuses lettres aux princes et cardinaux, pour promouvoir l’obéissance au souverain pontife et défendre ce qu’elle appelle le « vaisseau de l’Église ». Elle a l’habitude d’appeler le successeur de Pierre il dolce Cristo in terra.

    Quoiqu’incisives et vigoureuses, ses exhortations sont prises en considération. Elle les adresse principalement aux pasteurs auxquels elle reproche de laisser, par apathie, s’égarer le troupeau qui leur est confié : Hélas, ne plus se taire ! Criez avec cent mille voix. Je vois que, parce qu’on se tait, le monde est détraqué, l’Épouse du Christ est pâle, on lui a enlevé sa couleur parce qu’on lui suce le sang hypocritement, le sang même du Christ » (Lettre au cardinal Pierre d’Ostie).

    Elle voulait la fin des divisions, car elles nuisent à la chrétienté, et à ses yeux, au bien supérieur de l’Église et des âmes.

    Si je meurs, c’est de passion pour l’Église, confie-t-elle, agonisante. A 33 ans, le 29 avril 1380, elle rend son âme à Dieu.

    Outre ses nombreuses lettres, on doit à Catherine, qui apprit à lire au prix de nombreuses difficultés et à écrire à l’âge adulte, un livre intitulé Dialogue de la Divine Providence. Elle nous y apprend « la science la plus sublime : aimer avec courage intensément et sincèrement Jésus-Christ et aimer l’Eglise ! » (Benoît XVI).

    Elle sera canonisée en 1461. En 1970, Paul VI la proclame docteur de l’Église. Trois autres femmes se sont vues attribuer ce titre : Thérèse d’Avila, Thérèse de Lisieux et, plus récemment, Hildegarde von Bingen.

    Outre qu’elle ait déjà été proclamée patronne de l’Italie en 1939, Jean-Paul II la nommera « co-patronne de l’Europe », aux côtés de Brigitte de Suède et d’Édith Stein. Un choix, expliquera Benoît XVI dix ans plus tard « pour que le Vieux continent n’oublie jamais les racines chrétiennes qui sont à la base de son chemin et continue de puiser à l’Évangile les valeurs fondamentales qui assurent la justice et la concorde ».

    En raison de son œuvre épistolaire en faveur de la papauté, Catherine est aussi la sainte protectrice des journalistes, des médias, et de tous les métiers de la communication. Celle qui a su témoigner avec audace de sa Foi, peut être une source d’inspiration pour nous, chrétiens du XXIe siècle. Elle n’a pas hésité à secouer les gouvernants et princes de son temps pour leur rappeler leurs responsabilités.

    La fête liturgique de sainte Catherine de Sienne a été fixée au 29 avril, anniversaire de son départ pour le Ciel.

    Albert-Pierre Van Gulck est marié, père de famille, ancien cadre dans le monde de l’assurance.

  • Sainte Catherine de Sienne

    IMPRIMER

    1650767280.jpgSur ce blog, nous avons consacré plusieurs notes à cette grande sainte, docteur de l'Eglise et patronne de l'Italie :

    On accèdera ici :  http://jesusmarie.free.fr/catherine_de_sienne.html aux oeuvres de sainte Catherine.

    Prière faite par sainte Catherine, après le terrible accident qu’elle éprouva dans la nuit du lundi de la Septuagésime (1378), lorsque sa famille la pleura comme morte.

    1.- Dieu éternel, mon bon Maître, qui avez formé le vaisseau du corps de votre créature avec le limon de la terre ; ô très doux Amour, vous l’avez formé d’une chose si vile, et vous y avez mis un si grand trésor, l’âme faite à votre image et ressemblance, ô Dieu éternel! Oui, mon bon Maître, mon doux Amour, vous êtes le maître de faire et de refaire, de briser et de refondre ce vase fragile comme le voudra votre Bonté.

    2.- O Père, moi votre misérable servante, je vous offre de nouveau ma vie pour votre douce Epouse. Vous pouvez, toutes les fois que le voudra votre Bonté, me séparer de mes sens et m’y ramener toujours d’une manière de plus en plus douloureuse, pourvu que je voie la réformation de votre douce Épouse, la sainte Église.

  • Sainte Catherine de Sienne, docteur de l'Eglise (29 avril) (Arnaud Dumouch)

    IMPRIMER

  • Gianna et Pietro Molla, une vie d'amour et de sacrifice

    IMPRIMER

    De Maria Bigazzi sur la NBQ :

    Jeanne (Gianna) et Pierre (Pietro) Molla, une vie d'amour et de sacrifice

    À l’occasion de la mémoire liturgique de sainte Jeanne Beretta Molla, nous méditons sur quelques passages de sa magnifique correspondance avec son époux Pietro. Témoignage de leur amour, fondé sur le roc inébranlable de Jésus.

    28/04/2026

    Gianna et Pietro fiancés à Sestrières, avril 1955

    Le 28 avril 1962, à seulement trente-neuf ans, Jeanne Beretta Molla, femme, épouse et mère exemplaire, s'est éteinte. Aujourd'hui, l'Église commémore sa vie donnée et sacrifiée par amour. En ces moments difficiles pour sa famille, nous souhaitons revenir sur quelques instants marquants de ses fiançailles et de son mariage avec Pietro Molla.

    « Qui trouvera une femme forte ? […] Le cœur de son mari aura confiance en elle… elle ne lui fera que du bien et ne lui fera jamais de mal, durant toute sa vie » (Proverbes 31, 10-12). C’est avec cette phrase du Livre des Proverbes que Gianna (1922-1962) écrivit à Pietro (1912-2010) après avoir reçu sa bague de fiançailles. Elle lui confiait son désir de le voir et de savoir qu’il était toujours heureux, et prenait la résolution d’être pour lui la femme forte de l’Évangile (9 avril 1955, dans Gianna Beretta/Pietro Molla, LettresUne histoire d’amour et d’espoir, édité par Elio Guerriero, Ed. Cantagalli Srl – Sienne, 2023). Pietro ne tarde pas à répondre tendrement à sa future épouse : « Le don de ton cœur et de ton amour ont conquis mon cœur tout entier pour toi, et mon amour pour toi seul et toujours, ma très chère Gianna » (15 avril 1955). Ces premiers mots révèlent déjà la délicatesse et le respect qui ont toujours caractérisé leur relation, nous offrant un exemple d’amour conjugal et d’un don de soi total et édifiant.

    On ne peut parler de Pietro Molla sans parler de Gianna, et inversement, on ne peut parler d'elle sans mentionner son époux : unis par le sacrement du mariage, leurs vies s'entremêlent avec une sainteté extraordinaire au sein du quotidien du travail, du mariage et de la famille. La correspondance entre les deux époux, que nous avons la grâce de lire aujourd'hui, témoigne non seulement de leur amour, mais aussi de la manière dont cet amour repose sur un roc inébranlable : Jésus. Pietro écrivait à sa bien-aimée Gianna lors d'un voyage d'affaires à l'étranger : « Je reçois [...] Jésus [...] Je te vois dans une attitude de profonde dévotion, avec Jésus lui-même dans mon cœur. » Dans la communion sacramentelle, Pietro et Gianna ont vécu l'union profonde en Christ que donnent l'Eucharistie et le mariage.

    C’est avec cet amour qu’ils se préparent tous deux au sacrement tant attendu. Pietro écrivait à Gianna en septembre 1955 : « Maintenant, notre compréhension est parfaite, car le Ciel est notre lumière et la Loi divine notre guide ; car le Ciel et la Loi divine trouvent en toi les plus belles vertus et la plus grande bonté, et en moi le désir le plus ardent et l’immense joie de toujours te rendre heureuse. » « Maintenant, poursuivait-il, notre affection est complète car nous ne faisons qu’un cœur et une seule âme, un seul sentiment et une seule affection, car notre amour sait attendre, fort et pur, la bénédiction du Ciel » (10 septembre 1955). Gianna répondit avec la même précision exemplaire : « Avec l’aide et la bénédiction de Dieu, nous ferons tout notre possible pour que notre nouvelle famille devienne un petit sanctuaire où Jésus règne sur tous nos cœurs, nos désirs et nos actions. […] Nous devenons les collaborateurs de Dieu dans la création, et ainsi nous pouvons lui donner des enfants qui l’aiment et le servent » (13 septembre 1955).

    Deux époux qui savaient vivre leur mission dans le monde, le regard tourné vers le Ciel , et qui, par le mariage, se sanctifiaient mutuellement pour glorifier Celui qui, dans le sacrement de l'Amour, devient une présence vivante et vivifiante. Il est donc clair que l'amour de l'Eucharistie était un élément commun aux deux époux. Gianna, lors d'une conférence aux Jeunes Filles de l'Action Catholique, déclara : « La pensée qui doit nous accompagner cette semaine est celle-ci : pour être apôtre, […] mon âme doit toujours être dans la Grâce, c'est-à-dire qu'elle doit être le Temple, le Tabernacle vivant ; je dois avoir la vie divine en moi, pour pouvoir la communiquer aux âmes qui m'entourent. » Et c'est alors que « nous apporterons partout la joie, le parfum du Christ » (Conférence aux Jeunes Filles de l'Action Catholique, 28 octobre 1946). Sainte Gianna sut véritablement porter ce parfum du Christ, jusqu'au sacrifice de sa vie. Dans ses notes pour une autre conférence à ses jeunes femmes en 1946, il écrivait : « L’amour et le sacrifice sont aussi intimement liés que le soleil et la lumière. On ne peut aimer sans souffrir, ni souffrir sans aimer. »

    Et c’est cette conscience que Pietro lui-même a clairement éprouvée au moment de sa plus grande épreuve. « Quand, à la mort de Gianna, le mystère du deuil s’est abattu sur moi et mes enfants et que j’ai senti l’effondrement m’envahir, je me suis accroché à Jésus crucifié, à la certitude que Gianna vivait auprès de Dieu au Ciel. […] J’ai alors compris que la vie de Gianna, son témoignage, son sacrifice font partie du plan de Dieu. […] C’est Jésus qui m’a donné cette certitude, et je me suis accroché à lui de toutes mes forces » (Gianna – Sainte Gianna Beretta Molla à la mémoire de son époux, par Pietro Molla, Elio Guerriero, Ed. Cantagalli Srl – Sienne, 2024).

    Unis dans le Seigneur, Pietro et Gianna se confiaient chaque jour, par la récitation du Saint Rosaire et la prière commune, à la protection de Marie, à qui ils vouaient une profonde dévotion. Ils lui consacrèrent chacun de leurs enfants. Pietro attribuait la grâce d'avoir rencontré Gianna à la Vierge Marie. « Ma Mère céleste, la Vierge du Bon Conseil invoquée dans ma petite église dévouée de Ponte Nuovo, n'aurait pu m'accorder une grâce plus grande et plus désirée », lui écrivait-il dans une lettre datée du 22 février 1955. Et Gianna, après leur mariage, se rendait chaque jour prier dans cette petite église près de chez eux.

    Le Seigneur a préparé le cœur de son élue au sacrifice suprême et, avec elle, celui de son époux et de ses enfants, les appelant à embrasser le plan mystérieux et pourtant immense qu'il avait pour leur famille. Sainte Gianna savait véritablement transformer son cœur en ce qu'elle considérait comme un « ostensoir à travers le cristal duquel le monde verrait le Christ » (Conférence aux Jeunes Filles de l'Action Catholique, 28 octobre 1946).

  • La vie de saint Louis-Marie Grignon de Montfort, le docteur de la Vierge Marie (1673-1716)

    IMPRIMER

  • Saint Louis-Marie Grignion de Monfort (28 avril)

    IMPRIMER

    http://www.youtube.com/watch?v=9NKIP2dtKyk

    "Saint Louis-Marie Grignion de Montfort avait un caractère difficile qui irrita certains de ses contemporains, lesquels conçurent à son encontre une profonde inimitié et l'accablèrent d'opprobres sa vie durant. Bien au-delà de cette rigueur qui lui interdisait toute compromission, il ne respirait que dans les églises et croyait de toute son âme à l'amour de Dieu pour l'homme, ne pouvant pas de ce fait ne pas croire en l'homme. Ce programme nous conduit à marcher sur les pas d'un saint non conformiste qui choisit le chemin de la confiance en la Providence. Aussi inclassable après sa mort qu'il le fût de son vivant. Un intrépide missionnaire pour qui l'amour de Marie tenait lieu de passion dominante. L'apôtre infatigable de Jésus crucifié. Un film réalisé par Armand Isnard. Une coproduction CAT Productions et KTO - 2011. / Émission du 27/04/2011."

     
  • « Je suis la porte des brebis »

    IMPRIMER

    Du sur The Catholic Thing :

    Aujourd'hui, nous célébrons la Fête du Bon Pasteur. Cette fête nous rappelle l'une des plus belles et des plus familières descriptions de Dieu. Les prières de la messe le présentent comme le pasteur courageux et bienveillant. C'est pourquoi aujourd'hui est aussi la Journée mondiale de prière pour les vocations. En entendant parler de l'unique Bon Pasteur, nous devrions être incités à prier pour que davantage de pasteurs se conforment à son Cœur.

    Le problème, c'est que le Bon Pasteur n'est pas présent dans la messe d'aujourd'hui. Dans l'Évangile (Jean 10, 1-10), Jésus ne dit pas : « Je suis le Bon Pasteur », mais : « Je suis la porte des brebis ». Une image moins chaleureuse et accueillante. L'art chrétien abonde en représentations du Bon Pasteur, mais qu'en est-il de la Porte ? Et « Dimanche de la Porte » sonne moins bien que « Dimanche du Bon Pasteur ». Pourtant, cette image de la porte (et plus encore) saisit non seulement ce que le Christ est pour nous, mais aussi ce pour quoi nous devrions prier, ce que nous devrions cultiver et ce que nous devrions exiger des pasteurs de l'Église. 

    « Amen, amen, je vous le dis, je suis la porte des brebis. » Ce verset est l'une des plus grandes déclarations « Je suis » du Christ dans l'Évangile de Jean. Jésus la prononce pour la première fois lorsqu'il marche sur l'eau : « N'ayez pas peur. Je suis. » (Jn 6,20) Suit une série d'affirmations : Je suis… le pain de vie… la lumière du monde… le bon berger… le chemin, la vérité et la vie… le vrai cep . À chaque affirmation, Jésus révèle plus pleinement ce qui fut proclamé pour la première fois à Moïse sur le mont Sinaï : « Tu diras aux Israélites : “Celui qui est m'a envoyé vers vous.” » (Ex 3,14) Il révèle davantage ce que le Seigneur est pour son peuple. 

    « Amen, amen, je vous le dis, je suis la porte des brebis. » Il est essentiel de bien saisir l’analogie, car, comme les autres, il ne s’agit pas d’une simple image. Jésus n’est pas comme le pain ; le pain est à son image. Il n’est pas comme la lumière ; la lumière est à son image. De même, il n’est pas comme une porte ; une porte est à son image – et cela nous révèle la réalité de ce qu’il est pour nous. 

    Un détail éloquent du métier de berger au temps de Jésus est celui du berger qui rassemblait son troupeau dans la bergerie puis s'allongeait lui-même à l'entrée, devenant ainsi, en un sens, la porte des brebis. Jésus n'est pas seulement une porte ; il est la Porte que tous ces autres bergers ont montrée du doigt.

    Une porte protège. Un berger peut s'allonger, le corps appuyé contre un mur ou une clôture, pour empêcher d'entrer ce qui n'est pas du troupeau ou destiné à lui. De même que Jésus est la porte, il est le gardien et le garant des bons bergers. Il repousse les voleurs et les brigands. Cela nous rappelle qu'à travers l'histoire de l'Église, il y a toujours eu ces prétendus bergers qui ne souhaitent pas que le troupeau « ait la vie et qu'elle l'ait en abondance », mais qui ne sont venus que pour « voler, massacrer et détruire ». À chaque époque de l'Église, il y a eu des loups déguisés en bergers.

    Le Bon Pasteur , fresque du IIIe siècle [Nécropole d'Hisardere, Iznik, Turquie]

    Mais une porte s'ouvre aussi, donnant ainsi accès au troupeau à l'intérieur de la bergerie. C'est ainsi que les vrais bergers entrent : « Celui qui entre par la porte est le berger des brebis. » La porte est ouverte, mais comme un chemin que seuls ceux qui conduisent le troupeau avec sagesse peuvent emprunter.

    Un berger authentique et digne de confiance est celui qui franchit la porte, qui s'approche du troupeau – non selon ses propres conditions, sa propre sagesse ou pour sa propre gloire – mais par le Christ lui-même. Un vrai berger se met à la hauteur de la porte.

    En effet, ce passage s'adresse davantage aux aspirants bergers qu'aux brebis. Jean remarque : « Bien que Jésus ait employé cette figure de style, les pharisiens n'ont pas compris ce qu'il voulait leur dire. » Autrement dit, Jésus ne parle pas tant à la foule – au troupeau – qu'à ceux qui prétendent guider le troupeau. 

    Bien évidemment, cela constitue aussi un examen de conscience pour nous, prêtres (ou peut-être suis-je simplement trop sensible). La tentation d'instrumentaliser les fidèles à des fins égoïstes – pour le gain matériel, le réconfort émotionnel ou la reconnaissance – peut s'insinuer lentement et imperceptiblement dans le cœur d'un prêtre. La question purificatrice pour un prêtre est la suivante : est-ce que j'entre dans la bergerie selon mes propres conditions et pour mon propre profit… ou par le Christ, la Porte ?

    Paître le troupeau du Christ, c'est entrer dans la bergerie par lui – c'est-à-dire le connaître, ne faire qu'un avec lui, revêtir son image. Ceux qui franchissent la porte sont disposés à connaître, à embrasser et à imiter l'humilité du Christ. Le véritable berger est celui « qui entre par le Christ, qui imite les souffrances du Christ, qui connaît l'humilité du Christ » (Saint Augustin). 

    « Amen, amen, je vous le dis, je suis la porte des brebis. » Notre Seigneur prononce ces paroles dans le Temple de Jérusalem. Il est intéressant de noter que l'une des principales entrées du Temple s'appelait la Porte des Brebis. C'est par cette porte que les brebis étaient amenées au Temple pour les sacrifices et le culte. Le Christ est la véritable Porte des Brebis. C'est par lui que nous passons pour offrir nos sacrifices au Père.  

  • Misericordia Domini plena est terra (Introit du 4ème dimanche de Pâques)

    IMPRIMER

    2023_04_30_09_07_51_Greenshot.png

    2023_04_30_09_07_51_2.Greenshot.png

  • La vraie liberté qui nous est donnée (4e dimanche de Pâques)

    IMPRIMER

    Du frère Jean-Philippe Revel de la paroisse Saint-Jean de Malte à Aix-en-Provence (archive 2014) :

    homélie pour le 4e dimanche de Pâques (Jean, chap. 10, vv. 1-10)

    Dimanche, Jésus nous disait : "Je suis le Bon Pasteur" et Il définissait le bon pasteur comme celui"qui connaît ses brebis et que ses brebis connaissent", et plus encore comme celui "qui donne sa vie pour ses brebis, afin qu'elles aient la vie en abondance." Aujourd'hui, ce thème du bon pasteur est repris. Jésus parle de "ceux qui entrent par la porte et ceux qui sautent par-dessus la clôture et qui ne sont que des pillards et des brigands". Il définit le bon pasteur comme celui"qui appelle ses brebis une à une, chacune par son nom", comme celui "qui conduit les brebis et qu'elles suivent parce qu'elles connaissent la voix." 

           Mais en même temps, Jésus introduit une autre image, contradictoire ou complémentaire Il n'est pas seulement le berger, le bon berger, Il est aussi "la porte, la porte des brebis". La porte par où entre le vrai berger, la porte aussi par laquelle les brebis peuvent entrer et sortir. "Si quelqu'un entre par moi, il sera sauvé, il entrera et sortira et trouvera sa pâture." Et un peu avant il disait que le berger conduisait ses brebis et les emmenait dehors. 

           Je pense que ces harmoniques de ce thème du berger ou de la porte nous invitent à comprendre que Jésus est celui qui nous donne notre liberté. Il est la porte par laquelle on peut entrer et aussi sortir."Je suis la porte, celui qui entre par moi pourra entrer et il pourra sortir et trouver son pâturage." Dans ce va-et-vient des brebis, c'est-à-dire de nous-mêmes à travers le cœur du Christ qui est la porte d'entrée du Père, il y a l'image de cette liberté des enfants de Dieu qui nous est acquise par le Christ. 

           Sainte Catherine de Sienne disait de saint Dominique, son père, "sa religion est une religion parfumée." Je crois que la religion du Christ est une religion parfumée, c'est-à-dire que ce n'est pas une religion de contrainte. Ce que le Christ nous a apporté, ce ne sont pas directives, ce ne sont pas des obligations à remplir, ce n'est pas une religion du "devoir". Le Christ n'est pas venu pour nous rogner les ailes, pour nous contraindre à passer par un chemin obligatoire. Le Christ est venu pour nous donner la liberté, c'est-à-dire pour réveiller au plus profond de nous cette capacité d'être véritablement le maître de notre vie, de nos démarches. Non pas une fausse liberté comme celle à laquelle aspirent les hommes et qui serait la liberté de faire n'importe quoi. Ce n'est pas la liberté, cela, c'est du désordre, c'est du hasard, c'est du laisser-aller, c'est une sorte de décomposition de l'être qui s'éparpille, qui se distend. La vraie liberté c'est au contraire de pouvoir prendre en main tout son être pour en faire comme un bouquet, de pouvoir en faire quelque chose de beau, de grand, de vrai. C'est de pouvoir aller dans le chemin de la lumière, de la vie, c'est de pouvoir réaliser tout ce que Dieu a semé de grandeur, de beauté, au fond de notre être, de l'amener à sa vérité à travers des échecs, des grandeurs, des souffrances des nuits, mais pour aller à la lumière. Car le but de la vie ce n'est pas la nuit, c'est la lumière ; le but de notre vie ce n'est pas de souffrir, c'est de nous accomplir. Et si le chemin de l'accomplissement est un chemin exigeant, un chemin qui nous oblige à prendre sur nous-même, c'est pour plus de liberté, c'est pour plus de vie, c'est pour plus de lumière, c'est pour plus de joie. La religion du Christ est une religion de liberté, c'est une religion de beauté, c'est une religion de lumière, c'est une religion positive, c'est une religion parfumée. 

           Etre chrétien c'est être des témoins de la vraie liberté, des hommes et des femmes qui ne sont pas assujettis, non seulement aux contraintes extérieures de je ne sais quelle discipline, mais même nos contraintes intérieures, nos passions qui nous tiraillent dans un sens ou dans un autre, des hasards qui nous guident un peu à vau l'eau. C'est être témoin d'une liberté véritable c'est-à-dire d'une vraie grandeur intérieure qui n'est pas conquise par nos propres forces mais parce qu'elle est le fruit de l'unique force qui est cet amour du Christ qui remplit notre cœur à ras bord, cet amour du Christ qui veut nous investir de fond en comble et nous rendre, par le fait même, libres de toutes les autres contraintes, quelles qu'elles soient, même celles qui s'imposeront à nous du dehors, les contraintes des événements, de la santé, peut-être de la persécution. Rien ne peut entamer la vraie liberté de celui qui aime, s'il est véritablement rempli et investi par cet amour. 

           C'est pourquoi saint Paul pouvait nous dire : "Qui pourra nous séparer de l'amour du Christ ? Rien, ni le présent, ni l'avenir, ni les anges, ni les principautés, ni la vie, ni la mort, ni les abîmes, ni aucune créature. Rien ne peut nous arracher à l'amour de Dieu qui s'est manifesté pour nous en Jésus-Christ." Nous sommes vainqueurs par l'amour de Dieu qui nous est donné et qui nous rend libres à l'égard de tout. Laissons-nous aimer. Laissons-nous habiter par cet amour. Laissons-nous libérer par cet amour. Soyons des chrétiens debout, des chrétiens joyeux. 

           AMEN

  • Saint Marc, le plus grand reporter de l'Antiquité ?

    IMPRIMER

    On le fête aujourd'hui : saint Marc, « l’évangéliste reporter »

    Image

    source : http://rouen.catholique.fr/IMG/pdf/Saint_Marc_l_evangeliste_reporter.pdf

    Saint-Marc-l-evangeliste-reporter_article_popin.jpgAu cours de cette année liturgique, qui a débuté le 27 novembre 2011, les catholiques peuvent découvrir Marc, dont l’Évangile est lu chaque dimanche. Un Évangile de plus en plus apprécié par les fidèles d’aujourd’hui et qui incite à réfléchir sur l’identité de Jésus.

    Lire la suite