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Au rythme de l'année liturgique

  • Saint Matthieu, apôtre, évangéliste et martyr (+61)

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    D'Olivier Bonnassies sur 1000 Raisons de Croire :

    Saint Matthieu, apôtre, évangéliste et martyr (+61)

    Matthieu, aussi appelé Lévi dans l’Évangile ( Mt 9,9  10,3 ), a été appelé par Jésus alors qu’il était assis à son bureau de collecteur d’impôt, et il a fait partie de la deuxième fournée de six apôtres « choisis » ( Jn 6,70 ), « institués » ( Mc 3,14 ) et « établis » ( Mc 3,16 ) par le Christ Jésus « pour être avec lui » ( Mc 3,14 ) et le connaître au long de ses trois années de vie publique, afin qu’ils puissent être ses fiables « témoins » ( Lc 24,48 ) et le fondement de l’Église. On dit même qu’il a été appelé le dernier, et que tous les autres étaient relativement choqués de devoir accueillir parmi eux un collecteur d’impôts qui avait une si mauvaise réputation, mais Matthieu avait pris la décision de quitter sa vie passée et de s’ouvrir totalement au Christ.

    Ensuite, après la Pentecôte, étant parmi les plus lettrés des apôtres, il sera, selon saint Irénée et Eusèbe de Césarée, missionné par les Douze pour fixer par écrit, « dans la langue des Hébreux », c’est-à-dire dans sa langue maternelle, l'araméen , l’enseignement oral que les apôtres ont donné publiquement en Israël pour attester que Jésus est bien le Messie attendu, annoncé par l’Écriture et les prophètes. Plus tard, sur les traces de la tribu de Lévi, il partira évangéliser sur la route de l’encens, vers l’Arabie et l’Éthiopie, avant d’être martyrisé, selon la tradition, en 61, à Naddarer, dans le sud de l’Égypte, non loin de la frontière, dans ce qui est aujourd’hui le nord du Soudan.


    Les raisons d'y croire

    • Le processus de composition, d’écriture et de publication de l’Évangile de Matthieu est de mieux en mieux connu aujourd’hui, de même que le contexte culturel, économique, linguistique, intellectuel, matériel et liturgique d’Israël au 1er siècle, et tout cela conduit à confirmer la rapidité et la fiabilité de la genèse des textes du Nouveau Testament.
    • Comme pour tous les apôtres, le changement de comportement de Matthieu entre le moment de la Passion, où tous sauf Jean ont abandonné le Christ, et le moment de l’évangélisation où ils ont tout donné pour lui, qui ne peut s’expliquer que par les « nombreuses preuves » ( Ac 1,3 ) données par Jésus de sa Résurrection et par le don de l'Esprit Saint à la Pentecôte ( Ac 2,1-47 ), est une grande raison de croire.
    • Matthieu est ainsi devenu comme tous les autres un témoin intrépide du Christ, que rien ni personne n’a pu faire renier, et il a, lui aussi, scellé son témoignage par le martyre.
    • Son Évangile est un témoignage crédible, remarquable et véridique du Christ, rédigé à l'attention des juifs, qui montre tout particulièrement à quel point Jésus accomplit les prophéties et l’attente d’Israël.
    • Les restes et reliques de saint Matthieu sont aujourd’hui dans la basilique qui porte son nom, à Salerne, en Italie, et de nombreux miracles et guérisons sont attestés en ce lieu.

    En savoir plus

    Les Évangiles sont nés dans le contexte de la naissance de l’Église après la Pentecôte, c’est-à-dire dans le monde juif du 1er siècle. À l’époque, la culture mésopotamienne, la plus ancienne du monde, domine la région : c’est dans cette culture que sont nés l’écriture, le commerce et les premiers savoirs scientifiques (cf. numéro n° 99 de L’Histoire). La langue parlée en Israël au temps du Christ est l’araméen de l’empire parthe, la grande langue commerciale d’échange utilisée dans tout l’Orient, des bords de la Méditerranée à l’Inde, et sur toutes les routescommerciales de l’Antiquité.L’hébreu n’est qu’une langue liturgique (un peu comme le latin pour nous), et le grec est une langue internationale, mais surtout en Méditerranée, de même que le latin et le phénicien, même si les conquêtes d’Alexandre l’ont fait connaître aussi en Orient.

    La vie de en Israël au temps du Christ est structurée autour de trois niveaux de la Torah : une pratique domestique quotidienne, comprenant des lectures et des prières ; la pratique à la synagogue où l’on se réunit surtout le jour du shabbat pour la prière, la lecture et les commentaires des Écritures (la Torah, divisée en 52 parties, permet une lecture continue tout le long des shabbat, de la Genèse au Deutéronome, en intégrant toutes les fêtes liturgiques juives) ; et une pratique liée au Temple, avec les six fêtes qui y sont célébrées sur le cycle d’hiver, d’octobre à juin, avec Rosh Hoshana, Yom Kippour, la fête des Tentes, la Dédicace du Temple, Pâques (Pessah) et Pentecôte (Shavouot), toutes liées aussi à des textes précis. Le cycle d’été, sans fête, est un peu l’équivalent de notre « temps ordinaire ». Chaque semaine, et pour chaque fête, une section de la Torah et un texte des prophètes sont proclamés. Il n’y a pas d’autres Écritures canoniques que la Torah, les prophètes et les psaumes.

    La prédication du Christ s’appuie sur la vie liturgique d’Israël parcourant la Torah. Il se positionne par rapport à ces textes de la Torah et des prophètes lus dans les synagogues ( Lc 4,15 ) et au Temple. Il les commente et leur donne un développement messianique, qui se met en place en lien avec des dates, des lieux et des événements significatifs et bien précis. Par exemple, le dernier jour de la fête des Tentes ( Jn 7,2 ), quand le Christ parle au Temple des « fleuves d’eau vive » qui couleront de son sein ( Jn 7,37-38 ), c’est un commentaire direct des textes de Zacharie ( Za 14,8 ) et Ezéchiel ( Ez 47,1-12 ) qui sont lus ce jour-là. Ou encore, à la Synagogue de Nazareth, « selon son habitude » Jésus fait la lecture du prophète Isaïe, et il commente avec un développement messianique : « Aujourd’hui s’accomplit ce passage de l’Écriture que vous venez d’entendre » ( Lc 4,16-21 ).

    Après Jésus, les apôtres prêchent la Nouvelle Alliance dans un contexte juif.Tous les protagonistes sont israélites : les apôtres, les disciples, les convertis, les opposants, et tous vont à la synagogue en semaine et au Temple pour les fêtes, en participant aux mêmes offices. Les apôtres sont interrogés au tribunal suprême, le Sanhédrin, où Pierre et Jean donnent un témoignage juridiquement valable, et ils prêchent également sous la colonnade de Salomon, au Temple, ou en privé, oralement, de maître à disciple, selon l’exemple du Christ. Ils se concentrent sur cette prédication, comme « témoins » ( Ac 1,8 ) de tout ce qu’ils ont vu et entendu « depuis le baptême de Jean jusqu’au jour où Jésus a été enlevé » ( Ac 1,22 ). En fonction des temps liturgiques, ils sont amenés naturellement à rappeler les enseignements du Christ qui correspondent, et c’est ainsi que se fixe très rapidement une catéchèse naturelle, orale, adossée aux lectures des Écritures saintes d’Israël, qui demeurent les seuls « écrits ».

    L’enseignement des apôtres se met donc naturellement en place sur le rythme du calendrier synagogal pour, chaque dimanche, après chaque shabbat, rappeler les faits et gestes que le Christ avait posés en correspondances avec les lectures sabbatiques. Récemment, des chercheurs ont dit avoir montré que les Évangiles de Matthieu et de Luc sont en correspondance avec les textes synagogaux des huit mois du cycle d’hiver – l’Évangile de Marc pouvant, semble-t-il, être mis en correspondance avec les textes des quatre mois du cycle d’été –, ce qui induirait que les Évangiles synoptiques se sont constitués à partir des lectionnaires de la première Église – l’Évangile de Jean, structuré sur les fêtes du Temple, étant un enseignement complémentaire, destiné aux auditeurs déjà initiés. Ainsi, de même que Jésus enseignait aux foules en paraboles et expliquait tout en particulier à ses disciples ( Mt 4,34 ), et que Paul distingue les commençants à qui il faut donner « du lait » et ceux qui sont plus avancés, qui peuvent prendre « de la nourriture solide » ( 1Co 3,1-2 ), il y avait aussi naturellement de la part des apôtres un enseignement public général et un enseignement plus approfondi coordonné avec celui-ci (beaucoup ont bien noté qu’il y a clairement une répartition des récits : les Évangiles synoptiques ne parlent par exemple pas de la résurrection de Lazare, qui était un événement majeur, et l’Évangile de Jean ne dit rien de l’institution de l’Eucharistie, pourtant au cœur des événements de la Cène, rapportée par Jean avec de nombreux détails, ce qui montre que les deux enseignements sont bien coordonnés).

    C’est ainsi que, selon le témoignage de saint Irénée, vers 180, « Matthieu publia chez les Hébreux, dans leur propre langue, une forme écrite d’Évangile à l’époque où Pierre et Paul évangélisaient Rome et fondaient l’Église » (Contre les hérésies, III, 1,1). Eusèbe de Césarée (265 – 340) dans son Histoire ecclésiastique le confirme, ajoutant que, parmi les apôtres, « seuls Matthieu et Jean ont laissé des mémoires des enseignements du Seigneur. Et la tradition rapporte qu’ils en vinrent à écrire par nécessité » (HE 3,24,5), c’est-à-dire que les apôtres privilégiaient l’enseignement oral, qui était la norme, mais que l’écrit pouvait suppléer en cas de nécessité (dispersion, départ en mission, persécution, etc.). « La Tradition rapporte qu’ils en vinrent à écrire par nécessité. Matthieu, en effet, prêcha d’abord aux Hébreux. Comme il devait aussi aller vers d’autres, il livra à l’écriture, dans sa langue maternelle, son Évangile, suppléant du reste à sa présence par le moyen de l’écriture, pour ceux dont il s’éloignait . Alors qu’après cela Luc et Marc éditaient un Évangile par écrit pour les causes que nous avons dites précédemment (ils s’éloignaient de leur communauté), Jean, à ce que l’on dit, continuait sa prédication tout le temps sans mise par écrit. Finalement, il en vint aussi à écrire, pour la raison suivante. Alors que les trois Évangiles écrits précédemment avaient déjà été transmis chez tous (les fidèles) et chez lui aussi, il les reçut, dit-on en rendant témoignage de leur vérité. Mais il manquait à leurs écrits le seul récit des choses faites par le Christ dans les premiers temps et au début de sa prédication » (HE 3,24,8). Eusèbe de Césarée rapporte aussi qu’on dit qu’un certain Panthène, « allé jusqu’en Inde […] trouva sa venue devancée par l’Évangile de Matthieu chez certains indigènes du pays qui connaissaient le Christ. À ces gens-là, Barthélémy, l’un des apôtres, aurait prêché et il leur aurait laissé l’ouvrage de Matthieu écrit en lettres hébraïques, qu’eux auraient conservé jusqu’au temps où nous parlons » (HE 10,2) et il y a plusieurs autres témoignages comparables.

    L’Évangile de Matthieu qui s’adresse aux juifs est donc certainement le premier Évangile composé et diffusé, comme l’enseignait déjà, en 1911, la Commission biblique du Vatican, en se prononçant sur des questions liées à ce sujet : « Faut-il considérer comme suffisamment fondée par la voie de la tradition l’opinion selon laquelle Mathieu a précédé dans sa rédaction les autres évangélistes et qu’il a composé le premier Évangile dans la langue maternelle alors utilisée par les juifs de Palestine ? Réponse : "oui", pour les deux parties » (Denzinger n°3562) ; et « s’agissant de l’ordre chronologique des Évangiles, est-il permis de s’éloigner de l’opinion corroborée par le témoignage à la fois très ancien et constant de la Tradition et qui atteste qu’après Mathieu qui, le premier de tous, composa son Évangile dans la langue maternelle, Marc a écrit le deuxième, et Luc le troisième. Ou faut-il d’un autre côté considérer comme contraire à cette conception l’opinion qui affirme que le deuxième et le troisième Évangile ont été composés avant la traduction grecque du premier Évangile ? Réponse : " non ", pour les deux parties ». La Commission précise aussi que l’Évangile de Matthieu « ne suit pas toujours l’ordre chronologique » (Denzinger n°3566), ce qui est logique caril est calé sur une seule année liturgique. Comme l’ont remarqué aussi plusieurs Pères de l’Église, il n’y a qu’une seule montée du Christ vers Pâques, alors qu’il y est allé bien sûr chaque année au cours des trois années de sa vie publique. Matthieu est aussi, naturellement l’Évangile qui s’adresse le plus aux juifs car, dans les premières années de la prédication, tous les protagonistes, apôtres, disciples, opposants, enseignants et auditeurs, sont tous juifs. Les apôtres suivent le commandement du Christ qui leur avait demandé d’être d’abord ses témoins « à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie » avant de l’être « jusqu’aux extrémités de la Terre » ( Ac 1,8 ).

    La meilleure compréhension que nous avons aujourd’hui du processus de composition, d’écriture et de publication de l’Évangile de Matthieu donne de nouveaux arguments sur la fiabilité et la rapidité de la genèse de ces textes. Il est clair qu’à chaque fois qu’un miracle ou un événement marquant se produisait, les disciples et les témoins le racontaient des dizaines de fois : « Alors, il a pris cinq pains et deux poissons et… » et tous ceux qui ont fait l’expérience de ce genre de transmission savent que, dans ces conditions, les récits se précisent et se fixent très vite. C’est encore plus vrai dans une culture orale, qui est celle du monde juif après l’Exil, bénéficiant des techniques mésopotamiennes de composition et de mémorisation des textes. Et le Christ lui-même veillait avec toute l’attention, le savoir-faire d’organisation, et la méthode du peuple juif (cf. tout l’Ancien Testament) à ce que la prédication soit précise. Ensuite, les apôtres ont répété cent fois tous les faits et gestes de Jésus dont ils avaient été témoins, « depuis le commencement, lors du baptême donné par Jean, jusqu’au jour où il fut enlevé » ( Ac 1,21-22 ), et tous ces enseignements ont donc été naturellement et définitivement fixés très tôt, dès les premières années de prédication, à Jérusalem et en Israël, dans les années 30. Il s’agissait au début de commenter les Écritures tout au long de l’année liturgique, et ces récits n’ont été écrits et diffusés sous forme d’Évangile que plus tard, en fonction des besoins et des nécessités, quand les persécutions et les missions ont conduit les apôtres à se disperser et s’éloigner.

    De son côté, Matthieu, qui était probablement de la tribu de Lévi, est, selon la tradition, parti prêcher sur la route de l’encens, vers l’Arabie et l’Éthiopie. Au temps du Christ, le peuple juif comptait, selon les estimations, entre 4 et 8 millions de personnes, qui se répartissaient en gros pour moitié en Israël et pour moitié dans une diaspora gigantesque et unique au monde, présente dans toutes les régions du monde antique, de la Chine à l’Angleterre, avec des communautés particulièrement importantes à Rome, en Égypte et en Mésopotamie. On estime que les Juifs représentaient entre 5 à 10 % de l’Empire romain, ce qui en faisait une communauté importante et influente. De grandes routes commerciales traversaient le monde antiqueautour d’Israël, qui occupe une position centrale sur les « routes de la soie » notamment, de la Méditerranée à la Chine, mais aussi sur les « routes de l’encens » vers la péninsule Arabique et l’Afrique, et sur la « route de l’étain » vers l’Espagne, l’Europe occidentale et l’Angleterre. Les Juifs en sont les principaux organisateurs : ils font fonctionner le commerce de la Chine à l’Espagne en s’appuyant sur leur diaspora. Leurs circuits commerciaux antiques étaient très organisés et permettaient l’échange et le commerce d’épices, de textiles, de pierres précieuses, de métaux précieux, de technologies et le partage d’idées religieuses et philosophiques, et les apôtres se servent de ces connexions pour la diffusion de l’Évangile.

    Finalement Matthieu donnera le témoignage du martyr, en 61, à Naddarer, au sud de l’Égypte. Selon la vénérable tradition que rapporte le martyrologe romain, les Virtutes Apostolorum (VIe siècle) et La Légende dorée (XIIIe siècle), il fut secondé en Éthiopie par l’eunuque de Candace, la reine d’Éthiopie, dont parlent les Actes des Apôtres ( Ac 8,26-39 ). Deux sorciers, Zaroès et Arfaxar, annoncèrent au roi qu’ils ne pouvaient sauver son fils Euphranor, mourant, mais l’eunuque amena à la cour Matthieu, qui parvint à le sauver. Le roi et sa famille se convertirent, favorisant la christianisation du pays. Le roi suivant, Hyrtaque, voulut se marier à Iphigénie, vierge consacrée au Christ, mais Matthieu refusa. Après 23 ans de mission en Éthiopie, il mourut martyr à Naddarer, en 61, après que le roi eut envoyé un de ses soldats passer l’apôtre au fil de l’épée. Son corps fut transféré à Salerne, en Italie, où une basilique qui porte son nom fut érigée autour de ses reliques : c’est aujourd’hui un important lieu de pèlerinage, et de nombreux miracles et guérisons y sont recensés. En 2014, le pape François a ordonné une étude scientifique des reliques pour confirmer leur authenticité. Les résultats de l’étude n’ont pas été rendus publics, mais le pape François a confirmé que les reliques étaient bien authentiques.

    Matthieu a été célébré par le Caravage qui, dans son tableau très connu (cf. notre illustration), fait bien comprendre à quel point est surprenant le choix de Matthieu, le publicain, par le Christ pour être un de ses plus proches – un des Douze –, et c’est pourquoi le thème de la miséricorde est aussi si fort et si présent dans tout l’Évangile de Matthieu : « Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin du médecin, mais les malades. Allez apprendre ce que signifie : "Je veux la miséricorde, non le sacrifice." En effet, je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs » (cf. Mt 9,9-13 ).

    Olivier Bonnassies


    Au delà

    L’Évangile de Matthieu est, comme tous les Évangiles, à lire et à méditer car la parole de Dieu parle d’elle-même. Comme le dit le Christ, ses brebis « reconnaissent sa voix » ( Jn 10,26-27 ).


    Aller plus loin

    Le film Jésus de Nazareth de Franco Zeffirelli, qui retrace magnifiquement le parcours du Christ à partir de l’Évangile de Matthieu notamment.


    En complément

  • "Le publicain Matthieu qui, devenu Apôtre, continue à nous annoncer la miséricorde salvatrice de Dieu"

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    Saint Matthieu du Caravage... - Secret World

    Benoît XVI, lors de l'audience générale du mercredi 30 août 2006, a consacré sa catéchèse à l'apôtre et évangéliste Matthieu (source):

    Chers frères et soeurs,

    En poursuivant la série de portraits des douze Apôtres, que nous avons commencée il y a quelques semaines, nous nous arrêtons aujourd'hui sur Matthieu. En vérité, décrire entièrement sa figure est presque impossible, car les informations qui le concernent sont peu nombreuses et fragmentaires. Cependant, ce que nous pouvons faire n'est pas tant de retracer sa biographie, mais plutôt d'en établir le profil que l'Evangile nous transmet.

    Pour commencer, il est toujours présent dans les listes des Douze choisis par Jésus (cf. Mt 10, 3; Mc 3, 18; Lc 6, 15; Ac 1, 13). Son nom juif signifie "don de Dieu". Le premier Evangile canonique, qui porte son nom, nous le présente dans la liste des Douze avec une qualification bien précise:  "le publicain" (Mt 10, 3). De cette façon, il est identifié avec l'homme assis à son bureau de publicain, que Jésus appelle à sa suite:  "Jésus, sortant de Capharnaüm, vit un homme, du nom de Matthieu, assis à son bureau de publicain. Il lui dit:  "Suis-moi". L'homme se leva et le suivit" (Mt 9, 9). Marc (cf. 2, 13-17) et Luc (cf. 5, 27-30) racontent eux aussi l'appel de l'homme assis à son bureau de publicain, mais ils l'appellent "Levi". Pour imaginer la scène décrite dans Mt 9, 9, il suffit de se rappeler le magnifique tableau du Caravage, conservé ici, à Rome, dans l'église Saint-Louis-des-Français. Dans les Evangiles, un détail biographique supplémentaire apparaît:  dans le passage qui précède immédiatement le récit de l'appel, nous est rapporté un miracle accompli par Jésus à Capharnaüm (cf. Mt 9, 1-8; Mc 2, 1-12) et l'on mentionne la proximité de la mer de Galilée, c'est-à-dire du Lac de Tibériade (cf. Mc 2, 13-14). On peut déduire de cela que Matthieu exerçait la fonction de percepteur à Capharnaüm, ville située précisément "au bord du lac" (Mt 4, 13), où Jésus était un hôte permanent dans la maison de Pierre.

    Sur la base de ces simples constatations, qui apparaissent dans l'Evangile, nous pouvons effectuer deux réflexions. La première est que Jésus accueille dans le groupe de ses proches un homme qui, selon les conceptions en vigueur à l'époque en Israël, était considéré comme un pécheur public. En effet, Matthieu manipulait non seulement de l'argent considéré impur en raison de sa provenance de personnes étrangères au peuple de Dieu, mais il collaborait également avec une autorité étrangère odieusement avide, dont les impôts pouvaient également être déterminés de manière arbitraire. C'est pour ces motifs que, plus d'une fois, les Evangiles parlent à la fois de "publicains et pécheurs" (Mt 9, 10; Lc 15, 1), de "publicains et de prostituées" (Mt 21, 31). En outre, ils voient chez les publicains un exemple de mesquinerie (cf. Mt 5, 46:  ils aiment seulement ceux qui les aiment) et ils mentionnent l'un d'eux, Zachée, comme le "chef des collecteurs d'impôts et [...] quelqu'un de riche" (Lc 19, 2), alors que l'opinion populaire les associait aux "voleurs, injustes, adultères" (Lc 18, 11). Sur la base de ces éléments, un premier fait saute aux yeux:  Jésus n'exclut personne de son amitié. Au contraire, alors qu'il se trouve à table dans la maison de Matthieu-Levi, en réponse à ceux qui trouvaient scandaleux le fait qu'il fréquentât des compagnies peu recommandables, il prononce cette déclaration importante:  "Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin du médecin, mais les malades. Je suis venu appeler non pas les justes, mais les pécheurs" (Mc 2, 17).

    La bonne annonce de l'Evangile consiste précisément en cela:  dans l'offrande de la grâce de Dieu au pécheur! Ailleurs, dans la célèbre parabole du pharisien et du publicain montés au Temple pour prier, Jésus indique même un publicain anonyme comme exemple appréciable d'humble confiance dans la miséricorde divine:  alors que le pharisien se vante de sa propre perfection morale, "le publicain... n'osait même pas lever les yeux vers le ciel, mais il se frappait la poitrine en disant:  "Mon Dieu, prends pitié du pécheur que je suis!"". Et Jésus commente:  "Quand ce dernier rentra chez lui, c'est lui, je vous le déclare, qui était devenu juste. Qui s'élève sera abaissé; qui s'abaisse sera élevé" (Lc 18, 13-14). Dans la figure de Matthieu, les Evangiles nous proposent donc un véritable paradoxe:  celui qui est apparemment le plus éloigné de la sainteté peut même devenir un modèle d'accueil de la miséricorde de Dieu et en laisser entrevoir les merveilleux effets dans sa propre existence. A ce propos, saint Jean Chrysostome formule une remarque significative:  il observe que c'est seulement dans le récit de certains appels qu'est mentionné le travail que les appelés effectuaient. Pierre, André, Jacques et Jean sont appelés alors qu'ils pêchent, Matthieu précisément alors qu'il lève l'impôt. Il s'agit de fonctions peu importantes - commente Jean Chrysostome - "car il n'y a rien de plus détestable que le percepteur d'impôt et rien de plus commun que la pêche" (In Matth. Hom.:  PL 57, 363). L'appel de Jésus parvient donc également à des personnes de basse extraction sociale, alors qu'elles effectuent un travail ordinaire.

    Une autre réflexion, qui apparaît dans le récit évangélique, est que Matthieu répond immédiatement à l'appel de Jésus:  "il se leva et le suivit". La concision de la phrase met clairement en évidence la rapidité de Matthieu à répondre à l'appel. Cela signifiait pour lui l'abandon de toute chose, en particulier de ce qui lui garantissait une source de revenus sûrs, même si souvent injuste et peu honorable. De toute évidence, Matthieu comprit qu'être proche de Jésus ne lui permettait pas de poursuivre des activités désapprouvées par Dieu. On peut facilement appliquer cela au présent:  aujourd'hui aussi, il n'est pas admissible de rester attachés à des choses incompatibles avec la "sequela" de Jésus, comme c'est le cas des richesses malhonnêtes. A un moment, Il dit sans détour:  "Si tu veux être parfait, va, vends ce que tu possèdes, donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans les cieux. Puis viens, suis-moi" (Mt 19, 21). C'est précisément ce que fit Matthieu:  il se leva et le suivit! Dans cette action de "se lever", il est légitime de lire le détachement d'une situation de péché et, en même temps, l'adhésion consciente à une nouvelle existence, honnête, dans la communion avec Jésus.

    Rappelons enfin que la tradition de l'Eglise antique s'accorde de façon unanime à attribuer à Matthieu la paternité du premier Evangile. Cela est déjà le cas à partir de Papia, Evêque de Hiérapolis en Phrygie, autour de l'an 130. Il écrit:  "Matthieu recueillit les paroles (du Seigneur) en langue hébraïque, et chacun les interpréta comme il le pouvait" (in Eusèbe de Césarée, Hist. eccl. III, 39, 16). L'historien Eusèbe ajoute cette information:  "Matthieu, qui avait tout  d'abord prêché parmi les juifs, lorsqu'il décida de se rendre également auprès d'autres peuples, écrivit dans sa langue maternelle l'Evangile qu'il avait annoncé; il chercha ainsi à remplacer par un écrit, auprès de ceux dont il se séparait, ce que ces derniers perdaient avec son départ" (Ibid., III, 24, 6). Nous ne possédons plus l'Evangile écrit par Matthieu en hébreu ou en araméen, mais, dans l'Evangile grec que nous possédons, nous continuons à entendre encore, d'une certaine façon, la voix persuasive du publicain Matthieu qui, devenu Apôtre, continue à nous annoncer la miséricorde salvatrice de Dieu et écoutons ce message de saint Matthieu, méditons-le toujours à nouveau pour apprendre nous aussi à nous lever et à suivre Jésus de façon décidée.

  • 25e dimanche "ordinaire" : les travailleurs de la onzième heure

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    A5558.jpgRembrandt : les travailleurs de le onzième heure

    http://www.homelies.fr/homelie,ferie,2880.html

    Le maître du domaine sort au petit jour pour embaucher des ouvriers à sa vigne. Il propose un salaire, généreux pour l’époque, de un denier d’argent pour la journée. Voilà pour la mise en situation. Viennent ensuite deux mouvements dans le récit, d’ampleurs égales. Tout d’abord l’embauche successive d’autres ouvriers. L’information pourrait n’être qu’une anecdote, mais un suspens est créé à cause de la négociation du salaire. Nous ne savons pas combien ils seront payés : « je vous donnerai ce qui est juste » dit seulement le maître. Quel est le salaire juste ?

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  • Salus populi ego sum (introit du 25e dimanche du temps ordinaire)

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    Introitus Introït
    Ps 30,7-8  
    SALUS pópuli ego sum, dicit Dóminus: de quacúmque tribulatióne clamáverint ad me, exáudiam eos: et ero illórum Dóminus in perpétuum. Ps. 77, 1 Atténdite, pópule meus, legem meam: inclináte aurem vestram in verba oris mei. V/. Glória Patri. Moi Je suis le salut du peuple, dit le Seigneur ; en quelque tribulation qu’ils crient vers Moi, Je les exaucerai, et Je serai leur Seigneur pour toujours. Ps.Mon peuple, soyez attentif à ma loi, prêtez l’oreille aux paroles de ma bouche. V/. Gloire au Père.
  • Allez vous aussi à ma vigne (25e dimanche du T.O.)

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    Lors de l'Angelus du dimanche 21 septembre 2008, à Castelgandolfo, Benoît XVI a commenté l'évangile de ce jour sur les ouvriers de la dernière heure :

    ... dans l'Evangile d'aujourd'hui (cf. Mt 20, 1-16a), Jésus raconte précisément la parabole du patron de la vigne qui appelle des ouvriers à travailler dans sa vigne, à différentes heures du jour. Le soir venu, il donne à tous le même salaire, une pièce d'argent, suscitant les protestations des ouvriers de la première heure. Il est clair que cette pièce d'argent représente la vie éternelle, don que Dieu réserve à tous. Et ceux qui sont considérés les "derniers", s'ils l'acceptent, deviennent même les "premiers", alors que les "premiers" peuvent risquer de devenir les "derniers". Un premier message de cette parabole est que le patron ne tolère pas, d'une certaine manière, l'inactivité:  il veut que tous soient engagés dans sa vigne. Et, en réalité, le fait d'être appelés est déjà la première récompense:  pouvoir travailler dans la vigne du Seigneur, se mettre à son service, collaborer à son œuvre, constitue en soi une récompense inestimable, qui compense toutes les peines. Mais seul celui qui aime le Seigneur et son Royaume le comprend; celui qui travaille en revanche uniquement pour son salaire, ne comprendra jamais la valeur de ce trésor inestimable.

    C'est saint Matthieu, apôtre et évangéliste - dont c'est d'ailleurs aujourd'hui la fête liturgique -, qui raconte la parabole. Il me plaît de souligner que Matthieu a personnellement fait cette expérience (cf. Mt 9, 9). Avant que Jésus l'appelle, il exerçait en effet le métier de publicain et était par conséquent considéré comme un pécheur, exclu de la "vigne du Seigneur". Mais tout change quand Jésus, en passant près de sa table des impôts, le regarde et lui dit:  "Suis-moi". Matthieu se leva et le suivit. Le publicain se transforma immédiatement en disciple du Christ. Il était le "dernier" et se retrouva le "premier", grâce à la logique de Dieu qui, - heureusement pour nous! - est différente de celle du monde. "Vos pensées ne sont pas mes pensées - dit le Seigneur par la bouche du prophète Isaïe - et mes voies ne sont pas vos voies" (Is 55, 8). Saint Paul, dont nous célébrons une année jubilaire particulière, a lui aussi connu la joie de se sentir appeler par le Seigneur à travailler dans sa vigne. Et quel travail il a accompli! Mais, comme il le confesse lui-même, c'est la grâce de Dieu qui a agi en lui, cette grâce qui a transformé le persécuteur de l'Eglise en apôtre des nations. Au point de lui faire dire:  "Pour moi, certes, la Vie, c'est le Christ, et mourir représente un gain". Mais il ajoute immédiatement:  "Cependant, si la vie dans cette chair doit me permettre encore un fructueux travail, j'hésite à faire un choix" (Ph 1, 21-22). Paul a bien compris que travailler pour le Seigneur est déjà sur cette terre, une récompense.

    La Vierge Marie, que j'ai eu la joie de vénérer à Lourdes il y a une semaine, est le sarment parfait de la vigne du Seigneur. En Elle a germé le fruit béni de l'amour divin:  Jésus, notre Sauveur. Qu'Elle nous aide à toujours répondre avec joie à l'appel du Seigneur, et à trouver notre bonheur dans le fait de pouvoir travailler généreusement pour le Royaume des cieux.

  • Les ouvriers de la onzième heure (25e dimanche du temps ordinaire)

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    Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 20,1-16a.

    En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples cette parabole : « En effet, le royaume des Cieux est comparable au maître d’un domaine qui sortit dès le matin afin d’embaucher des ouvriers pour sa vigne. 
    Il se mit d’accord avec eux sur le salaire de la journée : un denier, c’est-à-dire une pièce d’argent, et il les envoya à sa vigne. 
    Sorti vers neuf heures, il en vit d’autres qui étaient là, sur la place, sans rien faire. 
    Et à ceux-là, il dit : “Allez à ma vigne, vous aussi, et je vous donnerai ce qui est juste.” 
    Ils y allèrent. Il sortit de nouveau vers midi, puis vers trois heures, et fit de même. 
    Vers cinq heures, il sortit encore, en trouva d’autres qui étaient là et leur dit : “Pourquoi êtes-vous restés là, toute la journée, sans rien faire ?” 
    Ils lui répondirent : “Parce que personne ne nous a embauchés.” Il leur dit : “Allez à ma vigne, vous aussi.” 
    Le soir venu, le maître de la vigne dit à son intendant : “Appelle les ouvriers et distribue le salaire, en commençant par les derniers pour finir par les premiers.” 
    Ceux qui avaient commencé à cinq heures s’avancèrent et reçurent chacun une pièce d’un denier. 
    Quand vint le tour des premiers, ils pensaient recevoir davantage, mais ils reçurent, eux aussi, chacun une pièce d’un denier. 
    En la recevant, ils récriminaient contre le maître du domaine : 
    “Ceux-là, les derniers venus, n’ont fait qu’une heure, et tu les traites à l’égal de nous, qui avons enduré le poids du jour et la chaleur !” 
    Mais le maître répondit à l’un d’entre eux : “Mon ami, je ne suis pas injuste envers toi. N’as-tu pas été d’accord avec moi pour un denier ? 
    Prends ce qui te revient, et va-t’en. Je veux donner au dernier venu autant qu’à toi : 
    n’ai-je pas le droit de faire ce que je veux de mes biens ? Ou alors ton regard est-il mauvais parce que moi, je suis bon ?” 
    C’est ainsi que les derniers seront premiers, et les premiers seront derniers. » 

    Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris 

    Les ouvriers de la onzième heure, homélie du Père Simon Noël osb (source)

    Lambert Jacobsz, mort en 1637

    La parabole que nous venons d'entendre est une parabole plutôt déroutante, car le Seigneur nous semble ne pas être juste selon nos catégories humaines habituelles. Si un ouvrier travaille pour moi deux heures et un autre seulement une heure, je paierai le premier deux fois plus que le second.

    Il est évident que cette parabole n'est pas à prendre au pied de la lettre et cela nous invite à en rechercher le sens spirituel.

    Les différentes heures du jour dont on nous parle représentent les âges de la vie ou les différentes périodes de l'histoire religieuse de l'humanité. Certains sont chrétiens et servent Dieu depuis leur plus tendre enfance. D'autres se convertissent dans leur jeunesse, ou leur âge mûr ou enfin sur le tard. Certains même ne se convertissent qu'au moment de la mort. Tous recevront la même récompense. Le denier que le maître de la vigne paie à tous ceux qui ont travaillé pour lui symbolise la récompense éternelle du paradis, accordée à tous ceux qui meurent en état de grâce, quel que soit le moment où ils se sont convertis. Le paradis est un don de la miséricorde divine. Personne de toute manière n'y a droit et Dieu n'est pas injuste en traitant tous les sauvés avec une identique miséricorde. Mais la justice de Dieu sera quand même satisfaite. Car Dieu donnera un degré de bonheur éternel en proportion de nos mérites. Prenons une comparaison. Si on demande à des gens de venir avec un verre, pour qu'on le remplisse d'eau fraîche, ceux qui viennent avec de grands verres recevront plus d'eau que ceux qui viennent avec des verres de moindre contenance. Il en sera de même, quand nous entrerons dans la vie éternelle et que le Seigneur nous dira : Entre dans la joie de ton maître. Selon la grandeur de notre cœur, ou de notre capacité d'amour, nous recevrons une vie et une joie plus ou moins grandes. Voici ce que disait à ce sujet le curé d'Ars : Il faut bien savoir et se persuader que Dieu n'opère dans nos âmes que selon le degré de nos opérations, de nos désirs, de nos actes intérieurs produits à cette fin. Un vase prend de l'eau à une fontaine selon sa capacité.

    Par contre tous les saints, les petits comme les grands, connaîtront un bonheur parfait, à la mesure de leur degré d'amour et de sainteté. Cela doit donc nous inciter à nous sanctifier de plus en plus tout au long de notre vie, à croître sans cesse dans l'amour. Et cela n'a rien à voir avec le moment de notre conversion. Un âme qui se convertit à la dernière heure peut mourir avec une telle perfection de contrition et d'amour qu'elle aura un ciel plus beau que celle qui aura servi Dieu toute se vie mais dans la tiédeur et la médiocrité.

    Il y a donc le mérite de l'homme. Certes personne ne mérite le ciel. Je le rappelle c'est un don gratuit de la divine miséricorde. Ce qui est premier c'est toujours la grâce de Dieu. Mais il y faut la collaboration libre de l'homme et c'est en cela que consiste le mérite. Une préface que l'on dit à la messe des saints le dit à merveille : Lorsque tu couronnes les mérites, tu couronnes tes propres dons.
     
    Les premiers seront les derniers et les derniers premiers. Un autre sens de la parabole, c'est que à tous les âges de l'histoire le salut et la conversion sont possibles. Dieu veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité, nous dit saint Paul. Divers peuples sont entrés les uns après les autres dans le salut de Dieu. Le peuple juif a été le premier appelé, mais, selon beaucoup de commentateurs, il sera finalement le dernier à reconnaître en Jésus, le Messie de Dieu et le seul Sauveur. Et lorsqu'il le fera en tant que peuple, alors le monde sera prêt pour le retour en gloire de Notre-Seigneur, qui viendra rendre à chacun le salaire promis. 
  • Un protecteur pour ceux qui présentent des examens

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    Saint Joseph de Cupertino, céleste protecteur de ceux qui passent des examens.(18 septembre) (blogue du Mesnil-Marie)

    La vie de Saint Joseph de Cupertino est assurément l’une des plus extraordinaires et des plus déroutantes de l’hagiographie, mais le fait que son procès de canonisation se soit déroulé en plein « siècle des lumières« , sous les yeux – peut-on dire – des hyper-critiques qui cherchaient à discréditer le catholicisme par tous les moyens, est déjà une garantie : l’Eglise en face de tant de contradicteurs s’est posé toutes les questions qu’on était en droit d’attendre en pareil cas et a fait preuve de circonspection, accumulant les plus certains des témoignages sur ce « phénomène » vraiment déconcertant pour les esprits rationalistes.
    Joseph Désa naquit dans une famille pauvre de biens matériels mais riche de foi et de vertus chrétiennes, le 17 juin 1603. C’était à Cupertino, dans le diocèse de Nardo, au Royaume de Naples.Joseph passa toute son enfance dans cette petite ville, auprès de son père, menuisier, et  de sa mère, Françoise Zanara, femme laborieuse et énergique… La famille était profondément chrétienne et on raconte que dès l’âge de cinq ans le petit Joseph donna des signes de grande piété et vertu…Néanmoins, s’il était précoce en vertu, il était naturellement maladroit – c’est un euphémisme! – d’une maladresse aussi bien manuelle qu’intellectuelle, au point qu’on le considéra bien vite comme le « simplet » du village… Atteint d’une étrange maladie, dont il fut guéri en recourant avec ferveur à la Très Sainte Vierge, il résolut de consacrer sa vie à Dieu et s’imposa dès lors de grandes mortifications comme on en pratique dans les ordres religieux les plus austères.A dix-sept ans, comme deux de ses oncles étaient franciscains conventuels, il se présenta dans leur Ordre où il fut refusé pour insuffisance intellectuelle.

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  • Saint Lambert, patron du diocèse de Liège (17 septembre)

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    Buste-saint-Lambert.pngSa biographie par Godefroid Kurth (Biographie nationale T. IX pp. 143 et suiv., publiée par l'Académie royale des sciences, des lettres et des Beaux-arts de Belgique, Bruxelles, 1897). (source)

    LAMBERT (Saint), LANDBERTUS, LANTPERTUS, LANDEBERTUS, naquit à Maestricht pendant le second quart du VIIe siècle. Ses parents, qui étaient riches et chrétiens de longue date, semblent avoir fait partie de l'aristocratie de cette ville. Un remaniement de sa première biographie donne à son père le nom d'Aper, et à sa mère celui de Herisplendis ; mais le texte primitif de ce document ne nous a pas conservé leurs noms.

       Lorsqu'il eut atteint l'âge des études, son père le confia aux soins de saint Théodard, alors évêque de Maestricht, qui, comme tous les prélats de l'époque, dirigeait l'éducation des jeunes clercs de son diocèse. La cour royale siégeait parfois à Maestricht. Lambert eut l'occasion d'y vivre dans l'entourage du roi et d'y être remarqué de lui. On ne sait ce qu'il faut croire de l'assertion d'un écrivain du Xe siècle, d'après lequel son premier maître aurait été un prêtre romain du nom de Landoald (voir ce nom), qui aurait vécu quelque temps avec son disciple à Wintershoven, dans une ferme de ses parents, où des miracles auraient fait éclater les vertus de l'enfant. Ce qui est certain, c'est que, de bonne heure, Lambert paraît avoir eu un rang élevé dans le clergé de Maestricht, et y avoir rallié, grâce à sa famille et à ses qualités personnelles, un grand nombre, de sympathies. Lorsque, en 668 ou 669, saint Théodard périt assassiné dans le pays de Spire, ce fut Lambert qui, au dire de la Vita Theodardi, alla redemander ses ossements aux habitants de cette contrée.

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  • Hildegarde de Bingen, prophétesse et docteur de l'Eglise (17 septembre)

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    HILDEGARDE DE BINGEN, PROPHÉTESSE ET DOCTEUR DE L’ÉGLISE

    Hildegarde de Bingen, prophétesse et docteur de l’Église

    Sainte Hildegarde de Bingen (1098-1179) est une religieuse bénédictine allemande du Moyen Âge devenue Docteur de l’Église en 2012, notamment grâce à ses écrits dans lesquels elle raconte ses visions. Elle est aujourd’hui très connue pour ses connaissances exceptionnelles en matière d’alimentation et de médecine naturelle notamment.

    Sainte Hildegarde, sous la plume d’Emmanuelle Martin, responsable de l’école Sainte-Hildegarde à Fallais (Belgique) (source) :
     
    Une enfant extraordinaire. Je m’appelle Hildegarde. Je suis née à Bermersheim, en Rhénanie (Allemagne), le 16 septembre 1098 sous le Saint Empire romain germanique. Mes parents s’appelaient Hildebert et Mechtilde et j’étais leur dixième enfant. Ils me vouèrent à Dieu dès ma naissance, comme on offre la dîme à l’Église. Ils étaient nobles et ne manquaient pas de richesses, mais ce sont de richesses spirituelles que Dieu, à qui je fus vouée, me combla dès mon plus jeune âge. « Depuis mon enfance, lorsque mes os, mes nerfs et mes veines n’étaient pas encore développés (…) j’ai toujours dans mon âme le don de voir. Dans la vision, mon esprit, selon la volonté de Dieu, s’élève dans les hauteurs célestes porté par les différents courants… tout ce que j’ai vu ou appris dans ces visions, j’en garde le souvenir. Je vois, j’entends et je connais et j’apprends ce que je connais en un même instant. »[i] « Dans la 3e année de mon jeune âge, je vis une lumière tellement grande que mon âme en fut effrayée, mais à cause de mon jeune âge, je n’ai rien pu expliquer. » [ii] Mes parents se rendirent compte très tôt de ce que leur dernière petite fille avait des dons extraordinaires. Ainsi, lorsque j’avais 5 ans, je dis un jour à ma nourrice devant une vache prête à mettre bas : « Regarde, comme il est joli le petit veau, blanc et marqué de nombreuses taches sur le front, les pattes et le dos. »[iii] Le veau naquit comme je l’avais décrit. Je compris un jour que j’étais seule à voir tout cela après avoir posé des questions à ma nourrice qui me dit ne rien voir de ce que je voyais. Alors, je fus saisie d’une grande frayeur et je n’osais plus en parler à personne. Pendant longtemps, très longtemps, « jusqu’au moment où Dieu a voulu que par sa grâce cela fut manifesté, j’ai caché tout cela sous un paisible silence »[iv]. Ma santé était très fragile, j’étais une enfant chétive et je le restai toute ma vie. Dieu m’a expliqué plus tard qu’il voulait m’abaisser afin que je ne m’enorgueillisse pas de tous ces dons.

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  • Sainte Hildegarde de Bingen, une grande prophétesse (17 septembre)

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    Benoît XVI, lors des audiences générales des mercredis 1er et 8 septembre 2010, a consacré deux catéchèses à l'évocation de sainte Hildegarde de Bingen :

    Chers frères et sœurs,

    En 1988, à l’occasion de l’Année mariale, le vénérable Jean-Paul II a écrit une Lettre apostolique intitulée Mulieris dignitatem, traitant du rôle précieux que les femmes ont accompli et accomplissent dans la vie de l’Eglise. «L'Eglise — y lit-on — rend grâce pour toutes les manifestations du génie féminin apparues au cours de l'histoire, dans tous les peuples et dans toutes les nations; elle rend grâce pour tous les charismes dont l'Esprit Saint a doté les femmes dans l'histoire du Peuple de Dieu, pour toutes les victoires remportées grâce à leur foi, à leur espérance et à leur amour: elle rend grâce pour tous les fruits de la sainteté féminine» (n. 31).

    Egalement, au cours des siècles de l’histoire que nous appelons habituellement Moyen Age, diverses figures de femmes se distinguent par la sainteté de leur vie et la richesse de leur enseignement. Aujourd’hui, je voudrais commencer à vous présenter l’une d’entre elles: sainte Hildegarde de Bingen, qui a vécu en Allemagne au XIIe siècle. Elle naquit en 1098 en Rhénanie, probablement à Bermersheim, près d’Alzey, et mourut en 1179, à l’âge de 81 ans, en dépit de ses conditions de santé depuis toujours fragiles. Hildegarde appartenait à une famille noble et nombreuse, et dès sa naissance, elle fut vouée par ses parents au service à Dieu. A l’âge de huit ans, elle fut offerte à l’état religieux (selon la Règle de saint Benoît, chap. 59) et, afin de recevoir une formation humaine et chrétienne appropriée, elle fut confiée aux soins de la veuve consacrée Uda de Göllheim puis de Judith de Spanheim, qui s’était retirée en clôture dans le monastère bénédictin Saint-Disibod. C’est ainsi que se forma un petit monastère féminin de clôture, qui suivait la Règle de saint Benoît. Hildegarde reçut le voile des mains de l’évêque Othon de Bamberg et en 1136, à la mort de mère Judith, devenuemagistra (Prieure) de la communauté, ses concours l’appelèrent à lui succéder. Elle accomplit cette charge en mettant à profit ses dons de femme cultivée, spirituellement élevée et capable d’affronter avec compétence les aspects liés à l’organisation de la vie de clôture. Quelques années plus tard, notamment en raison du nombre croissant de jeunes femmes qui frappaient à la porte du monastère, Hildegarde se sépara du monastère masculin dominant de Saint-Disibod avec la communauté à Bingen, dédiée à saint Rupert, où elle passa le reste de sa vie. Le style avec lequel elle exerçait le ministère de l’autorité est exemplaire pour toute communauté religieuse: celui-ci suscitait une sainte émulation dans la pratique du bien, au point que, comme il ressort des témoignages de l’époque, la mère et les filles rivalisaient de zèle dans l’estime et le service réciproque.

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  • Robert Bellarmin (fêté aujourd'hui) affirmait déjà le droit de résister à une loi injuste

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    Le droit de résistance passive et active à une loi injuste (source : missel.free.fr)

    L’encyclique Evangelium vitæ (25 mars 1995) relance le débat sur la résistance passive aux lois injustes (prudemment appelée objection de conscience) et la race des journalistes mondains qui parlent de tout sans en rien connaître, ont cru y découvrir une nouveauté. Il m’a semblé intéressant, puisque nous célébrons la fête de saint Robert Bellarmin[1], de nous rappeler ce qu’il enseignait du droit de résistance passive et active à une loi injuste.

    C’est la révolte des Vénitiens contre Paul V (1606)[2] qui força Robert Bellarmin à exposer ses idées sur la légitimité de la résistance à une loi injuste, quand les théologiens de la Sérénissime République qui affirmaient que L’homme n’est pas tenu d’obéir au pape quand ce que celui-ci commande est contraire à la loi de Dieu, et même dans quelques autres cas, et qui déclaraient coupables de péché mortel ceux qui avaient obéi à Paul V. Certes, Bellarmin souligne que lorsque le commandement d’un homme est manifestement contraire à la loi de Dieu, c’est un devoir de lui désobéir ; ainsi en va-t-il pour les princes séculiers qui commandent à tous leurs sujets de renier le Christ ou de sacrifier aux idoles, ainsi en va-t-il pour un pape, homme de mauvaise vie, comme l’ont été quelques-uns au temps passé (si les récits qui nous sont parvenus sont véridiques), et voulant user de fait d’une injuste violence (...) si, par exemple, un pape voulait ruiner l’église de Saint-Pierre, pour en bâtir un palais à ses parents, ou s’il voulait déposer tous les évêques, et par ce moyen mettre l’Eglise en trouble, ou s’il voulait faire la guerre sans occasion ni sujet, pour ôter les Élats à leurs vrais possesseurs, ou en gratifier ses proches, les docteurs indiquent les remèdes suivants : avoir recours à Dieu par l’oraison, admonester ledit pape avec tout respect et révérence, n’obéir point à ses commandements notoirement injustes, et enfin lui résister, et empêcher qu’il ne fasse le mal projeté. A Paolo Sarpi[3] qui objectait : Si le prince me commande quelque chose qui soit au détriment des biens temporels, je lui dois obéir, d’autant que le bien particulier doit céder au bien commun, Bellarmin répondait : Je dis que cette raison n’est de mise, d’autant qu’il peut arriver que le prince commande injustement la perte de biens temporels ; et si cette injustice est évidente, je ne lui dois pas obéir ; l’exemple de Naboth est trop clair qui refusa d’obéir au roi Achaz[4].

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  • Saint Robert Bellarmin (17 septembre) : l'illustration claire et efficace de la doctrine catholique

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    De BENOÎT XVI, lors de l'AUDIENCE GÉNÉRALE du Mercredi 23 février 2011 (source) :

    Saint Robert Bellarmin

    Chers frères et sœurs,

    Saint Robert Bellarmin, dont je désire vous parler aujourd’hui, nous ramène en esprit à l’époque de la douloureuse scission de la chrétienté occidentale, lorsqu’une grave crise politique et religieuse provoqua l’éloignement de nations entières du Siège apostolique.

    Né le 4 octobre 1542 à Montepulciano, près de Sienne, il est le neveu, du côté de sa mère, du Pape Marcel II. Il reçut une excellente formation humaniste avant d’entrer dans la compagnie de Jésus le 20 septembre 1560. Les études de philosophie et de théologie, qu’il accomplit au Collège romain, à Padoue et à Louvain, centrées sur saint Thomas et les Pères de l’Eglise, furent décisives pour son orientation théologique. Ordonné prêtre le 25 mars 1570, il fut pendant quelques années professeur de théologie à Louvain. Appelé par la suite à Rome comme professeur au Collège romain, il lui fut confiée la chaire d’«Apologétique »; au cours de la décennie où il occupa cette fonction (1576-1586), il prépara une série de leçons qui aboutirent ensuite aux « Controverses », œuvre devenue immédiatement célèbre en raison de la clarté et de la richesse de son contenu et de son ton essentiellement historique. Le Concile de Trente s’était conclu depuis peu et pour l’Eglise catholique, il était nécessaire de renforcer et de confirmer son identité notamment face à la Réforme protestante. L’action de Robert Bellarmin s’inscrit dans ce contexte. De 1588 à 1594, il fut d’abord père spirituel des étudiants jésuites du Collège romain, parmi lesquels il rencontra et dirigea saint Louis Gonzague, puis supérieur religieux. Le Pape Clément VIII le nomma théologien pontifical, consulteur du Saint-Office et recteur du Collège des pénitenciers de la Basilique Saint-Pierre. C’est à la période 1597-1598 que remonte son catéchisme, Doctrine chrétienne abrégée, qui fut son œuvre la plus populaire.

    Le 3 mars 1599, il fut créé cardinal par le Pape Clément VIII et, le 18 mars 1602, il fut nommé archevêque de Capoue. Il reçut l’ordination épiscopale le 21 avril de la même année. Au cours des trois années où il fut évêque diocésain, il se distingua par son zèle de prédicateur dans sa cathédrale, par la visite qu’il accomplissait chaque semaine dans les paroisses, par les trois synodes diocésains et le Concile provincial auquel il donna vie. Après avoir participé aux conclaves qui élurent les Papes Léon XI et Paul V, il fut rappelé à Rome, où il devint membre des Congrégations du Saint-Office, de l’Index, des rites, des évêques et de la propagation de la foi. Il reçut également des charges diplomatiques, auprès de la République de Venise et de l’Angleterre, pour défendre les droits du Siège apostolique. Dans ses dernières années, il rédigea divers livres de spiritualité, dans lesquels il résuma le fruit de ses exercices spirituels annuels. Le peuple chrétien tire aujourd’hui encore une profonde édification de leur lecture. Il mourut à Rome le 17 septembre 1621. Le Pape Pie XI le béatifia en 1923, le canonisa en 1930 et le proclama docteur de l’Eglise en 1931.

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