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Au rythme de l'année liturgique

  • L'évangile d'aujourd'hui : la Cananéenne ou la force de la demande

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    De  sur aleteia.org (archive du 6 mars 2019) :

    La Cananéenne, la force de la demande

    L’épisode de la Cananéenne dans l’Évangile est aussi bref qu’intense. Il exprime avec fulgurance la force de la demande de cette païenne qui sera exaucée après une brève mise à l’épreuve par Jésus. Osons-nous encore suffisamment demander dans notre foi ? Ce passage manifeste la force de la demande confiante et non point plaintive comme cela est trop souvent le cas.

    L’épisode de la Cananéenne dans l’Évangile est aussi bref qu’intense. Il exprime avec fulgurance la force de la demande de cette païenne qui sera exaucée après une brève mise à l’épreuve par Jésus. Osons-nous encore suffisamment demander dans notre foi ? Ce passage manifeste la force de la demande confiante et non point plaintive comme cela est trop souvent le cas.

    Une rencontre surprenante

    Le récit de la Cananéenne relaté par les Évangiles de Matthieu et de Marc surprend toujours à sa lecture. Alors que Jésus se rend vers Tyr et Sidon, au nord-ouest de la Galilée, il fait la rencontre d’une femme venue d’un pays bien connu de la Bible —  Canaan — puisque ce dernier correspond à la Terre promise aux Hébreux. Nous ne connaîtrons jamais son nom, seule la région dont elle est issue l’identifie à un statut d’étrangère. Elle n’est pas juive et pourtant elle n’hésite pas à apostropher Jésus en compagnie de ses disciples : « Prends pitié de moi, Seigneur, fils de David ! Ma fille est tourmentée par un démon ». Curieusement, Jésus ne lui répond pas et la femme a certainement renouvelé à plusieurs reprises sa demande, car les textes rapportent que les disciples demandèrent à Jésus : « Renvoie-la, car elle nous poursuit de ses cris ! » Voici une étrange entrée en matière, mais Jésus devant l’insistance de la femme se décide finalement à lui répondre :  « Je n’ai été envoyé qu’aux brebis perdues de la maison d’Israël ». L’épisode aurait dû en rester là, mais la Cananéenne insiste encore et se prosterne devant Jésus : « Seigneur, viens à mon secours ! ».

    Une démonstration éclatante de foi

    Rares sont les épisodes où Jésus reste aussi sourd à une demande d’aide adressée par une personne désemparée, et c’est de nouveau par une réponse déroutante par laquelle Jésus va poursuivre son dialogue singulier avec la Cananéenne : « Il n’est pas bien de prendre le pain des enfants et de le jeter aux petits chiens ». Comment comprendre une telle réponse énigmatique ? Jésus met à l’évidence à l’épreuve la foi de la femme qui lui fait face, ce que confirme saint Augustin commentant cette rencontre : « Le Seigneur feignait de ne pas l’entendre, mais ce n’était point pour lui refuser sa miséricorde, c’était pour enflammer encore son désir », ce que ne manque pas de faire, en effet, la Cananéenne qui ose soutenir, une nouvelle fois, l’argumentation de Jésus : « Oui, Seigneur ; mais justement, les petits chiens mangent les miettes qui tombent de la table de leurs maîtres ». Le credo est manifeste, Jésus prend acte de la grande foi de cette femme et lui intime : « Que tout se passe pour toi comme tu le veux ! » Et, à l’instant même, l’Évangile rapporte que sa fille fut guérie…

    Une rencontre à valeur de parabole

    La progression du texte souligne le chemin de foi entrepris par la jeune femme : elle, étrangère, ose une demande à un groupe d’hommes qu’elle ne connaît pas, mais dont elle a entendu et connaît certainement la réputation de thaumaturges. Face au silence, elle persévère encore et encore et argumente après chaque refus ; une mise à l’épreuve souhaitée par Jésus, non point par indifférence à sa douleur, mais à valeur d’enseignement pour cette femme comme pour tous les témoins de cette scène forte et puissante. Le désir de la conversion est aiguisé à un point tel qu’il abat toutes les barrières des convenances et des usages de son temps, une leçon qui peut être méditée pour chacun d’entre nous, à toutes les époques. Jésus souligne combien la Cananéenne a osé demander, avec bruits et cris, une insistance qui doit briser notre orgueil du silence et de la réserve, « Nous pouvons demander et nous devons demander » a rappelé Benoît XVI. L’épisode de la Cananéenne nous rappelle ainsi que le Salut est apporté à tous, étrangers et païens compris,  et ce miracle est là, présent, pour que nous puissions nous en souvenir chaque jour au quotidien.

  • 5 août : fête de la dédicace de la basilique Sainte-Marie-Majeure

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    banner_storia.jpgPrésentation sur le site de la Basilique :

    "La Basilique Patriarcale de Ste Marie Majeure est un authentique bijou riche en beautés d'une valeur inestimable. Elle domine la ville de Rome depuis prés de seize siècles: temple marial par excellence et berceau de la civilisation artistique, elle représente une référence pour les "civites mundi" qui arrivent de toute les parties du globe dans la Ville Eternelle pour y apprécier ce que la Basilique offre à travers sa monumentale grandeur.

    Elle est la seule, parmi les basiliques majeures de Rome, à avoir conservé les structures originales de son temps. A l'intérieur, certaines particularités la rendent unique: les mosaïques de la nef centrale et l'Arc de triomphe qui remonte au Vème siècle, réalisé durant le pontificat de Sixte III (432-440), et celles de l'Abside dont l'exécution fut confiée au moine Fransiscain Jacopo Torriti sur ordre de Pape Nicolas IV (1288-1292); le pavement cosmatesque offert par les cavaliers Scoto Paparone et leurs fils, dans les années 1288; le plafond à caissons en bois doré dessiné par Giuliano San Gallo (1450); la Crèche du XIII siècle de Arnolfo di Cambio; les nombreuses chapelles (Borghèse, Sixtine,  Sforza, Cesi, "du Crucifix", de Saint Michel); le Maître-autel, œuvre de Ferdinando Fuga et successivement enrichi par le génie de Valadier; et finalement, la Relique de la Crèche et le Baptistère. Chaque colonne, chaque cadre, chaque sculpture, chaque tasseau de cette Basilique récapitulent l'histoire et les sentiments religieux.

    Du pèlerin fidèle en prière au simple passioné d'art, ému par les œuvres des génies artistiques, tous pourront goûter les émotions que des lieux aussi sacrés leur offriront. La rencontre avec la Basilique Libérienne, nom du Pape Liberio, est une expérience qui enrichit humainement et spirituellement: il n'est pas rare, en effet, de surprendre les visiteurs en attitude d'admiration devant l'imposante beauté de ses œuvres, d'autre part de constater la dévotion de toutes ces personnes devant l'image de Marie, ici vénérée avec le doux nom de "Salus Populi Romani", cherchant du réconfort et du soulagement. Le 5 août de chaque année est évoqué, à travers une célébration solennelle, le "Miracle de la Neige" face aux participants émus une pluie de pétales blancs tombe du plafond recouvrant l'hypogée en créant presque une union idéale entre l'assemblée et la Mère de Dieu." ..."

  • La dédicace de la Basilique Sainte Marie Majeure (5 août)

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    NPOyHwoJlrCvLDbPjEAI4tlpe80@401x299.jpgDe missel.free.fr :

    Depuis sa fondation, « Santa Maria Maggiore » est la principale basilique de Rome et de toute la Chrétienté consacrée au culte de la Vierge Marie. Si l'image de la Vierge qu'on y vénère et que la légende attribue au saint évangéliste Luc, est dite « Salus Populi Romani » (Salut du Peuple Romain), le pape Eugène III (1145-1153), dans une inscription qu'il fit mettre au-dessus du portail de l'église, invoquait Marie « comme via, vita, salus, totius gloria mundi » (voie, vie, salut, gloire du monde entier).

    Une très belle légende médiévale raconte que le saint pape Libère (352-366) construisit une église au sommet de l'Esquilin, sur le lieu où la neige était tombée, dans la nuit du 4 au 5 Août, pour indiquer au patricien Giovanni, à son épouse et au Pontife lui-même l'emplacement sur lequel devait s'élever une basilique dédiée à la Vierge. La basilique actuelle fut, en réalité, construite au cinquième siècle par le pape Sixte III (432-440), au lendemain de la définition dogmatique de la maternité divine de Marie par le concile d'Ephèse (431) contre l'hérésie nestorienne qui admettait qu'on appelât Marie « Mère du Christ-homme », mais non pas « Mère de Dieu. »

    Les pèlerins peuvent encore admirer les magnifiques mosaïques commandées par Sixte III pour illustrer la très haute dignité de Marie Mère de Dieu : celles qui se trouvent de chaque côté de la nef centrale, au-dessus des colonnes, représentent des scènes de l'Ancien Testament, tandis que celles de l'arc triomphal montrent certains épisodes de l'Enfance du Christ, représenté comme Dieu aux côtés de sa Mère ; au centre, on voit l'inscription apposée par Sixte III : « Xystus episcopus plebi Dei » (Sixte, évêque, au peuple de Dieu). Dès cette époque, l'église fut appelée basilique de Santa Maria et aussi dite, à partir du sixième siècle, ad Præsepe (de la Crèche), puis ad Nives (des Neiges) ou Liberiana, à partir du douzième siècle où l'on commença de l'intituler Santa Maria Maggiore, pour indiquer qu'il s'agit de la plus vénérable et de la plus précieuse des églises consacrées à la Sainte Vierge.

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  • Le saint curé d'Ars (4 août)

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    Vianney-St-Jean-Marie.jpgLors de l'audience générale du mercredi 5 août 2009, Benoît XVI a consacré sa catéchèse au saint curé d'Ars :

    Chers frères et sœurs,

    Dans la catéchèse d'aujourd'hui, je voudrais reparcourir brièvement l'existence du saint curé d'Ars en soulignant certains traits de celle-ci, qui peuvent servir d'exemple aux prêtres de notre époque, assurément différente de celle où il vécut, mais marquée, sous de nombreux aspects, par les mêmes défis humains et spirituels fondamentaux. C'est précisément hier que l'on fêtait les cent cinquante ans de sa naissance au ciel: il était en effet deux heures du matin le 4 août 1859, lorsque saint Jean Baptiste Marie Vianney, au terme de son existence terrestre, alla à la rencontre du Père céleste pour recevoir en héritage le royaume préparé depuis la création du monde pour ceux qui suivent fidèlement ses enseignements (cf. Mt 25, 34). Quelle grande fête il dut y avoir au Paradis pour l'arrivée d'un pasteur si zélé! Quel accueil doit lui avoir réservé la multitude des fils réconciliés avec le Père, grâce à son œuvre de curé et de confesseur! J'ai voulu saisir l'occasion de cet anniversaire pour proclamer l'Année sacerdotale qui, comme on le sait, a pour thème: Fidélité du Christ, fidélité du prêtre. C'est de la sainteté que dépend la crédibilité du témoignage et, en définitive, l'efficacité même de la mission de chaque prêtre.

    Jean-Marie Vianney naquit dans le petit village de Dardilly le 8 mai 1786, dans une famille de paysans, pauvre en biens matériels, mais riche d'humanité et de foi. Baptisé, comme le voulait le bon usage à l'époque, le jour même de sa naissance, il consacra les années de l'enfance et de l'adolescence aux travaux dans les champs et à paître les animaux, si bien qu'à l'âge de dix-sept ans, il était encore analphabète. Mais il connaissait par cœur les prières que lui avait enseignées sa pieuse mère et il se nourrissait du sentiment religieux que l'on respirait chez lui. Les biographes racontent que, dès sa prime jeunesse, il essaya de se conformer à la divine volonté même dans les tâches les plus humbles. Il nourrissait dans son âme le désir de devenir prêtre, mais il ne lui fut pas facile de le satisfaire. Il parvint en effet à l'ordination sacerdotale après de nombreuses adversités et incompréhensions, grâce à l'aide de sages prêtres, qui ne s'arrêtèrent pas à considérer ses limites humaines, mais surent regarder au-delà, devinant l'horizon de sainteté qui se profilait chez ce jeune homme véritablement singulier. Ainsi, le 23 juin 1815, il fut ordonné diacre et le 13 août suivant, prêtre. Enfin, à l'âge de 29 ans, après de nombreuses incertitudes, un certain nombre d'échecs et beaucoup de larmes, il put monter sur l'autel du Seigneur et réaliser le rêve de sa vie.

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  • Fête de saint Jean-Marie Vianney, Curé d'Ars

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    Deux très belles notices consacrées au saint Curé d'Ars figurent sur missel.free :

    ainsi que cette prière de saint Jean-Marie Vianney : 

    Je vous aime, ô mon Dieu,
    et mon seul désir est de vous aimer jusqu'au dernier soupir de ma vie.

    Je vous aime, ô mon Dieu infiniment aimable,
    et j'aime mieux mourir en vous aimant que de vivre un seul instant sans vous aimer.

    Je vous aime, ô mon Dieu,
    et je ne désire le ciel que pour avoir le bonheur de vous aimer parfaitement.

    Je vous aime, ô mon Dieu,
    et je n'appréhende l'enfer que parce qu'on y aura jamais la douce consolation de vous aimer.

    O mon Dieu, si ma langue ne peut dire à tout moment que je vous aime,
    du moins je veux que mon coeur vous le répète autant de fois que je respire.

    Ah ! Faites-moi la grâce de souffrir en vous aimant,
    de vous aimer en souffrant
    et d'expirer un jour en vous aimant
    et en sentant que je vous aime.

    Et plus j'approche de ma fin,
    plus je vous conjure d'accroître mon amour et de le perfectionner.

    Amen.

  • Saint Pierre Favre, premier prêtre jésuite (2 août)

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    Saint Pierre Favre sj (site des jésuites d'Europe occidentale francophone)


    Ignace de Loyola disait de Pierre Favre qu’il était celui qui donnait le mieux les Exercices spirituels. C’était un homme de Dieu, passionné de la conversation pour “aider les âmes” et favoriser la conversion des cœurs. Pierre Favre est le patron de la Province d’Europe Occidentale Francophone.

    Pierre Favre naît en Savoie en 1506, au village du Villaret ; c’est là qu’il grandit gardant les troupeaux de ses parents. A partir de 1525, il vient étudier à Paris où il a comme compagnons de chambre François-Xavier et Ignace de Loyola ; celui-ci se l’adjoint comme le premier de tous ses compagnons.

    Ordonné prêtre en 1534, il est le premier prêtre de la Compagnie et est l’un des théologiens envoyés par Ignace au Concile de Trente. Sur l’ordre du Souverain Pontife, il parcourt à pieds la France, l’Italie et l’Allemagne, et travaille efficacement à la restauration catholique.

    Il meurt épuisé à Rome le 1er août 1546 et est béatifié par Pie IX en 1872. Il est canonisé en décembre 2013 par le pape François.

    saint pierre favre
    Saint Pierre Favre (1506-1546)
  • Seul l'amour est digne de foi (18e dimanche du temps ordinaire)

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    Homélie du Père Joseph-Marie Verlinde (fsJ) (homelies.fr)

    Jésus vient d’apprendre l’exécution de Jean le Baptiste. Cette mort dramatique le bouleverse : Jean était son cousin ; il lui était attaché par de profonds liens d’affection. De plus, Notre-Seigneur pressent que cette mort annonce la sienne. Aussi cherche-t-il la solitude, le silence. Jésus est certes le Fils unique de Dieu, mais il est aussi pleinement homme, partageant nos interrogations devant le grand mystère de la mort - surtout lorsque celle-ci apparaît comme le triomphe insolent du mal. N’est-il pas légitime que Notre-Seigneur veuille s’abstraire quelques instants de son ministère surchargé pour se retrouver seul ?

    Pourtant tout se passe comme si Dieu son Père ne le lui permettait pas : les foules ont deviné l’intention du Rabbi, et le précèdent sur le lieu qu’il a choisi pour s’y retirer « à l’écart ». S’oubliant lui-même, Jésus ne voit plus que la détresse de ces hommes et de ces femmes qui affluent de toute part vers lui : « saisi de pitié envers eux, il guérit les infirmes ». Matthieu ne le précise pas, mais il ne fait pas de doute que Notre-Seigneur « se mit à les enseigner longuement » (Mc 6, 34).

    Comme le jour baisse, les disciples réagissent avec bon sens et exhortent leur Maître à renvoyer la foule. Mais Jésus ne l’entend pas ainsi ; croisant tous ces regards posés sur lui, il se souvient du Psaume 144 : « Les yeux sur toi, tous ils espèrent : tu leur donnes la nourriture au temps voulu ; tu ouvres ta main : tu rassasies avec bonté tout ce qui vit ». Renonçant encore à son désir si légitime de solitude, Jésus, dans un geste anticipant l’institution de l’Eucharistie, offre le pain du ciel à cette foule nombreuse qui erre au désert, prémisse du nouveau peuple de Dieu marchant à la suite du nouveau Moïse. Le Verbe se donne en nourriture dans la Parole et dans le Pain : « Ecoutez-moi donc : mangez de bonnes choses ! Prêtez l’oreille ! Venez à moi ! Ecoutez, et vous vivrez » (1ère lect.).

    Etonnant contraste entre le banquet célébré dans le palais luxueux d’Hérode, qui coûtât la vie au Baptiste, et la simplicité de ce repas pris au désert, un soir de printemps peu avant la Pâque, et qui donne la vie à la multitude. La réponse que Jésus cherchait aux questions qui se bousculaient en lui suite au décès de son ami, lui est donnée dans l’obéissance aux événements : c’est en allant toujours plus loin sur le chemin du don désintéressé de soi, qu’il sera vainqueur de la mort, car l’amour ne peut mourir ; en lui, la vie triomphe toujours.

    Notre-Seigneur aura le courage d’aller jusqu’au bout de cette voie apparemment sans issue et de livrer sa vie par amour pour nous, afin que toutes les générations puissent partager la certitude de Saint Paul : « ni la mort, ni la vie (…) rien ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu qui est en Jésus-Christ notre Seigneur » (2nd lect.). Telle est notre confiance et notre espérance : la Croix est l’Arbre de vie divine dont la sève est le Pur Amour, et dont le fruit eucharistique nous donne part à la vie filiale de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ.

    Dès lors, si « le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir et donner sa vie en rançon pour la multitude » (Mt 20, 28), nous devons nous aussi faire comme lui. « Donnez-leur vous-mêmes à manger » : Jésus invite ses disciples à le suivre sur le chemin déconcertant du « davantage » de l’amour. La charité s’oublie ; elle ne se décharge pas sur les autres pour servir : elle se met en peine, même lorsque la tâche semble impossible, dans la certitude que Dieu fera sa part. Le seul pouvoir que Jésus transmet à son Eglise, est celui de se livrer à sa suite pour la vie du monde. « Vous êtes mes amis si vous faites ce que je vous commande : aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis » (Jn 15, 12-13).

    Nous n’avons rien de plus à proposer que « cinq pains et deux poissons » : le don dérisoire de nos pauvres humanités marquées par le péché ; mais si dans la foi nous les « apportons à Jésus » pour qu’il en dispose selon son bon plaisir, il en fera un pain rompu pour la vie du monde. C’est en suivant notre Maître sur ce chemin du don total de soi, que nous le rejoindrons là où il nous précède : dans le Royaume de Dieu son Père ; mais en passant par le même porche : celui de la Croix. « Nous les vivants, écrit Saint Paul, nous sommes continuellement livrés à la mort à cause de Jésus, afin que la vie de Jésus, elle aussi, soit manifestée dans notre existence mortelle » (2 Co 4, 10). Tel est le mystérieux échange auquel il nous faut consentir dans la foi, car l’amour vrai ne se purifie des scories de l’égoïsme qu’au creuset de la souffrance librement consentie.

    Pourquoi donc venons-nous nous rassasier à la Table du Corps et du Sang de Notre-Seigneur, sinon pour pouvoir vivre à notre tour notre Pâques d’amour au cœur de notre existence quotidienne ? Si nous croyons qu’en toutes choses « nous sommes les grands vainqueurs grâce à celui qui nous a aimés » (1ère lect.), alors ne renvoyons plus notre prochain qui nous sollicite, mais prenons autorité au nom de Jésus-Christ sur nos égoïsmes et sur nos peurs, et mettons-nous généreusement au service de ceux qui ont faim : « Ils n’ont pas besoin de s’en aller. Donnez-leur vous-mêmes à manger ».

    « “Il est temps que tous reconnaissent le christianisme comme la religion de l’amour” : Seigneur, donne-nous de ne pas faire mentir cette parole de Jean-Paul II, qui résonne comme un testament confié en ton Nom à l’Eglise du troisième millénaire. Car “seul l’amour est digne de foi” (Saint Augustin) ; à condition que ce soit un amour vrai, un amour fort, un amour grand, qui se donne sans compter ; un amour qui puise sa générosité dans l’Esprit de charité que tu répands en abondance, Père, sur tous ceux qui invoquent avec foi le Nom de ton Fils bien-aimé, Jésus-Christ notre Seigneur. »

    Père Joseph-Marie

  • Cinq pains et deux poissons : Evangile et homélie du dimanche 2 août

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    avgat5.jpgÉvangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 14,13-21.

    Jésus partit en barque pour un endroit désert, à l'écart. Les foules l'apprirent et, quittant leurs villes, elles suivirent à pied.
    En débarquant, il vit une grande foule de gens ; il fut saisi de pitié envers eux et guérit les infirmes.
    Le soir venu, les disciples s'approchèrent et lui dirent : « L'endroit est désert et il se fait tard. Renvoie donc la foule : qu'ils aillent dans les villages s'acheter à manger ! »

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  • Alphonse de Liguori : la sainteté est accessible à chaque chrétien (1/8)

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    Lors de l'Audience générale du 30 mars 2011, le pape Benoît XVI a consacré sa catéchèse à saint Alphonse de Liguori (source : vatican.va) :

    Chers frères et sœurs,

    Je voudrais aujourd’hui vous présenter la figure d’un saint docteur de l’Eglise à qui nous devons beaucoup, car ce fut un éminent théologien moraliste et un maître de vie spirituelle pour tous, en particulier pour les personnes simples. Il est l’auteur des paroles et de la musique de l’un des chants de Noël les plus populaires en Italie et pas seulement: Tu descends des étoiles.

    Appartenant à une noble et riche famille napolitaine, Alphonse Marie de Liguori naquit en 1696. Doté de nombreuses qualités intellectuelles, il obtint à seulement 16 ans une maîtrise de droit civil et canonique. Il était l’avocat le plus brillant du barreau de Naples: pendant huit ans il gagna toutes les causes qu’il défendit. Toutefois, dans son âme assoiffée de Dieu et désireuse de perfection, le Seigneur le conduisait à comprendre que la vocation à laquelle il l’appelait était une autre. En effet, en 1723, indigné par la corruption et l’injustice qui viciaient le milieu juridique, il abandonna sa profession — et avec elle la richesse et le succès — et il décida de devenir prêtre, malgré l’opposition de son père. Il eut d’excellents maîtres, qui l’initièrent à l’étude de l’Ecriture Sainte, de l’histoire de l’Eglise et de la mystique. Il acquit une vaste culture théologique, qu’il mit à profit quand, quelques années plus tard, il entreprit son œuvre d’écrivain. Il fut ordonné prêtre en 1726 et il se lia, pour l’exercice de son ministère, à la Congrégation diocésaine des Missions apostoliques. Alphonse commença une action d’évangélisation et de catéchèse dans les couches les plus humbles de la société napolitaine, auxquelles il aimait prêcher, et qu’il instruisait sur les vérités fondamentales de la foi. Un grand nombre de ces personnes, pauvres et modestes, auxquelles il s’adressait, s’adonnaient souvent aux vices et accomplissaient des actes criminels. Il leur enseignait avec patience à prier, les encourageant à améliorer leur façon de vivre. Alphonse obtint d’excellents résultats: dans les quartiers les plus misérables de la ville se multipliaient les groupes de personnes qui, le soir, se réunissaient dans les maisons privées et dans les échoppes, pour prier et pour méditer la Parole de Dieu, sous la direction de plusieurs catéchistes formés par Alphonse et par d’autres prêtres, qui rendaient visite régulièrement à ces groupes de fidèles. Quand, suivant le désir de l’archevêque de Naples, ces réunions furent tenues dans les chapelles de la ville, elles prirent le nom de «chapelles du soir». Elles furent de véritables sources d’éducation morale, d’assainissement social, d’aide réciproque entre les pauvres: les vols, les duels, la prostitution finirent presque par disparaître.

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  • Saint Ignace, le récit d'un pèlerin

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    D'Antonio Tarallo sur la NBQ :

    Saint Ignace, le récit d'un pèlerin

    « Jusqu’à l’âge de vingt-six ans, il était un homme voué aux vanités du monde », ainsi commence l’autobiographie du fondateur des Jésuites, qui parle de lui à la troisième personne. Un ouvrage également connu sous le titre de « Conte du pèlerin » , un titre qui englobe toute la vie du saint : un pèlerinage vers le Ciel.

    31 juillet 2026

    Une histoire, une vie, des mots agencés en phrases qui resteront à jamais gravées dans l'histoire de l'Église. Il s'agit de l'autobiographie de saint Ignace de Loyola (1491-1556), écrite durant ses dernières années terrestres : le récit de sa vie aventureuse, recueilli par le père Gonçalves da Câmara, jésuite influent qui fut confesseur et précepteur de Dom Sebastião Ier, seizième roi du Portugal et de l'Algarve. Dans cet ouvrage, le saint parle toujours de lui à la troisième personne, se définissant simplement comme « le pèlerin ». Et ce terme, « pèlerin », est particulièrement significatif. Il permet en effet de résumer toute l'existence du saint espagnol : un pèlerinage vers le Ciel, vers l'union parfaite avec Dieu. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si cette autobiographie est également connue sous le titre de « Récit d'un pèlerin ».

    « Jusqu’à l’âge de vingt-six ans, il était un homme adonné aux vanités du monde ; et surtout, il prenait plaisir à l’exercice des armes, animé d’un grand et vain désir de s’attirer les honneurs », ainsi commence cette histoire fascinante. Et si le mot pèlerin englobe, comme mentionné, l’existence spirituelle du saint, l’expression « homme adonné aux vanités du monde » parvient plutôt à personnifier Ignace avant sa conversion. Une conversion qui s’est opérée après un événement désormais célèbre. Nous sommes en mai 1521, lors de la défense de la forteresse de Pampelune contre les troupes françaises : un boulet de canon blesse grièvement Ignace. Le guerrier tombe, touché à la jambe. Il tombe comme un homme adonné aux vanités du monde pour se relever, plus tard, comme un pèlerin . C’est durant cette période de convalescence – comme le relate son autobiographie – que le guerrier Ignace découvre « une Vita Christi et un livre de vies de saints en langue vernaculaire. À force de tourner les pages, il est captivé par les récits. Mais lorsqu’il cesse de lire, il s’arrête parfois pour méditer sur ce qu’il a lu, parfois il retombe dans ses pensées profanes habituelles. Un flux dialectique de l’âme toujours présent. Toujours en quête de la rencontre avec le Seigneur, Ignace comprend que les pensées terrestres laissent l’âme vide, tandis que les pensées divines apportent une paix durable. « Ce fut sa première réflexion sur les choses de Dieu », une illumination qui le pousse à tourner définitivement le dos au passé et à entreprendre un voyage, non plus comme chevalier du roi, mais comme soldat du Christ.

    En 1522, Ignace quitta la maison paternelle . Une étape cruciale de son nouveau voyage fut le sanctuaire de Montserrat : c'est là qu'il déposa son épée devant l'autel de la Vierge Marie. Il se dirigea ensuite vers la ville de Manresa, où il prévoyait de séjourner quelques jours. Au lieu de cela, il y demeura près d'un an : une période de profond rapprochement avec les choses de Dieu. Mais un autre tournant marqua sa vie : « Tandis qu'il était assis là, les yeux de son esprit commencèrent à s'ouvrir ; non qu'il ait eu une vision, mais il comprit et apprit beaucoup de choses, tant spirituelles, religieuses que littéraires ; et ce, avec une telle illumination que tout lui semblait nouveau. » Tout cela se déroula sur les rives du Cardoner. De ce travail intérieur intense et profond naquit le noyau des célèbres Exercices spirituels , un recueil pratique destiné à aider l'homme à purifier son cœur et à « chercher et trouver la volonté divine dans l'organisation de sa propre vie ». Enfin, en 1523, il parvint à Jérusalem à pied, en mendiant. Mais Ignace nota dans son autobiographie qu'il devrait plus tard quitter cette terre : pour lui, « c'était la volonté de Dieu qu'il ne demeure pas dans ces lieux saints ». De retour en Europe, il comprit qu'il devait consacrer son temps à l'étude, à l'intellect, sa nouvelle « arme » pour aider le monde : son nouveau combat. À trente-trois ans, à Barcelone, il commença à étudier la grammaire latine. Il poursuivit ensuite ses études aux universités d'Alcalá, de Salamanque, et enfin de Paris. C'est dans cette dernière ville française qu'entre 1528 et 1535, il acheva ses études de philosophie et de théologie, obtenant le titre de Magister.

    Un autre événement majeur de sa vie et de l'Église universelle fut sa rencontre avec certains de ses condisciples (dont les futurs saints François Xavier et Pierre Favre). Fascinés par la vie droite et intransigeante d'Ignace et conquis par l'expérience des Exercices spirituels , ils décidèrent de s'unir par un vœu. Le 15 août 1534, dans la petite église Saint-Denis à Montmartre, naquit officiellement le premier noyau de ce qui allait devenir la Compagnie de Jésus, l'institution religieuse qui lierait à jamais son nom à celui du saint espagnol. Le premier rêve de la Compagnie était Jérusalem, destination qui les mena d'abord à Venise, puis à Rome : « Ses neuf compagnons arrivèrent à Venise au début de 1537. Ils se dispersèrent aussitôt pour servir dans les différents hôpitaux. Après deux ou trois mois, ils se rendirent tous à Rome pour recevoir la bénédiction du pape avant de partir pour Jérusalem. » Ce rêve, celui de prêcher en Terre sainte, ne se réalisa jamais. La Compagnie obtint l'approbation officielle du Siège de Pierre en 1540.

    Même lorsqu'il célébrait la messe, il avait de nombreuses visions ; et au moment où il composait les Constitutions, elles étaient particulièrement fréquentes. À ce moment-là, il pouvait l'affirmer avec plus de certitude, car chaque jour il notait ce qu'il ressentait au fond de son âme, et il conservait encore ces notes. (...) Tantôt il voyait Dieu le Père, tantôt les trois Personnes de la Trinité, tantôt la Vierge Marie qui intercédait ou approuvait. Ces mots, toujours présents dans son autobiographie, définissent le profil spirituel de saint Ignace de Loyola, un homme qui a légué à l'Église l'une des plus importantes méthodes de discernement spirituel de tous les temps : les Exercices spirituels . Ce soldat mourut le 31 juillet 1556. Son combat, assurément, n'était plus sur le champ de bataille, mais dans la foi. La fin d'une existence qui fait écho aux paroles de saint Paul : « J'ai combattu le bon combat, j'ai achevé ma course, j'ai gardé la foi. »

  • Choisir et désirer ce qui nous conduit à ce pourquoi nous existons...

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    En ce 31 juillet, fête de saint Ignace, c'est l'occasion de rappeler le "principe et fondement" inaugurant les fameux "exercices spirituels" proposés par le fondateur de la Compagnie de Jésus :

    L'homme est créé pour louer, honorer et servir Dieu, notre Seigneur, et, par ce moyen, sauver son âme. Et les autres choses qui sont sur la terre sont créées à cause de l'homme et pour l'aider dans la poursuite de la fin que Dieu lui a marquée en le créant. D'où il suit qu'il doit en faire usage autant qu'elles le conduisent vers sa fin, et qu'il doit s'en dégager autant qu'elles l'en détournent. Pour cela, il est nécessaire de nous rendre indifférents à l'égard de tous les objets créés, en tout ce qui est laissé au choix de notre libre arbitre et ne lui est pas défendu; en sorte que, de notre côté, nous ne voulions pas plus la santé que la maladie, les richesses que la pauvreté, l'honneur que le mépris, une longue vie qu'une vie courte, et ainsi de tout le reste; désirant et choisissant uniquement ce qui nous conduit plus sûrement à la fin pour laquelle nous sommes créés.

  • 31 juillet : saint Ignace de Loyola, fondateur de la Compagnie de Jésus

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    Sur Radio Vatican :

    Jour de fête pour la communauté jésuite aujourd’hui, en ce jour où l’Eglise fait mémoire de Saint Ignace de Loyola (1491-1556), fondateur de la Compagnie de Jésus, une fête que le pape François a décidé de passer avec ses frères jésuites.

    Il a célébré ce matin une messe privée en l’église du Gesù, église-mère de la compagnie, située en plein cœur de Rome, entouré d'environ 800 personnes, dont quelque 250 prêtres.

    Du site des jésuites du Quebec et de Haïti :

    Vie d'Ignace de Loyola

    I. Entre les murs d'un château

    En 1491, au château de Loyola en Espagne, naît un enfant qu'on prénomme Inigo. Quelque trente ans plus tard, au début de ses études à Paris, Inigo changera son nom en celui d'Ignacio (Ignace, en français).

    En 1506-1507, Inigo, encore adolescent, se rend à Arévalo et devient page à la cour espagnole. Le jeune noble de Loyola s'initie alors à la vie de cour et au métier des armes.

    En 1521, engagé dans la défense de la forteresse de Pampelune, Inigo est blessé. Un boulet de canon lui brise la jambe droite et endommage sérieusement l'autre jambe.

    Premier bouleversement

    Celui qui, hier encore, rêvait d'exploits militaires et de vie chevaleresque se retrouve blessé, cloué à un lit, incapable de se déplacer seul. Un boulet de canon a soudainement bouleversé sa vie.

    Opéré une première fois à Pampelune, Inigo est ramené à Loyola. On doit se rendre à l'évidence, des os mal repris ou déplacés forment une saillie qui rend la jambe difforme. Parce qu'il veut retrouver son élégante démarche d'autrefois, par deux fois et à froid Inigo accepte de se faire briser la jambe et scier les os qui dépassent. Commence une longue convalescence Ignace souffre physiquement et moralement; il s'ennuie.

    Pour tuer le temps et se redonner un peu de courage, il aimerait bien lire quelques romans de chevalerie. Dans tout le château, malheureusement, on ne lui trouvera que deux livres: l'un portant sur la vie des saints et l'autre sur la vie de Jésus. Faute de mieux, le malade entreprend la lecture de ces ouvrages.

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