Le 3 octobre 2026 marque bien le 800e anniversaire de la mort de saint François d’Assise, mort le soir du 3 octobre 1226 à la Portioncule, près d’Assise. Sa fête liturgique est célébrée le 4 octobre.
Mais il ne s’agit pas seulement d’une commémoration de deux jours : l’Église catholique a fait de toute l’année 2026 une Année jubilaire franciscaine, ouverte le 10 janvier 2026 et qui se prolongera jusqu’au 10 janvier 2027. Léon XIV a voulu que ce centenaire soit placé notamment sous le signe de la paix, de la fraternité et du témoignage évangélique.
Assise, épicentre des célébrations
C'est naturellement à Assise que les manifestations prennent leur dimension la plus spectaculaire. Les 3 et 4 octobre, des milliers de pèlerins sont attendus dans la cité ombrienne.
Ce samedi 3 octobre, la commémoration proprement dite du Transitus — le « passage » de François de cette vie à l'autre — aura lieu à Sainte-Marie-des-Anges, autour de la Portioncule où il mourut. Les premières vêpres seront présidées par Mgr Giuseppe Baturi, avec la présence notamment du cardinal Ángel Fernández Artime, légat pontifical pour les basiliques d'Assise, et des responsables des différentes familles franciscaines.
Un geste particulièrement symbolique a été proposé aux communautés chrétiennes du monde entier : faire sonner les cloches des églises simultanément, afin que la mort du Poverello soit commémorée non seulement à Assise mais dans une véritable communion mondiale.
Une année qui dépasse largement l'Italie
L'événement est véritablement mondial. Les familles franciscaines — franciscains, franciscaines, clarisses, capucins et autres communautés issues du mouvement franciscain — organisent des célébrations, pèlerinages, conférences, veillées et initiatives pastorales dans de nombreux pays.
L'un des aspects importants du jubilé est d'ailleurs l'indulgence plénière accordée aux fidèles qui accomplissent les conditions habituelles et visitent en pèlerinage une église ou un lieu franciscain.
La célébration prend donc des formes très diverses : liturgie, pèlerinage, catéchèse, culture, œuvres de charité et initiatives en faveur de la paix.
Les reliques de François : un moment exceptionnel
L'un des grands moments de l'année a déjà eu lieu en février-mars : les restes de saint François ont été exposés à la vénération des fidèles dans la basilique d'Assise, du 22 février au 22 mars. Il s'agissait d'une exposition exceptionnelle, permettant aux pèlerins de se recueillir directement devant les reliques du saint.
Cet aspect est important : le jubilé n'est pas conçu uniquement comme un anniversaire historique ou culturel. Il entend renouer avec une mémoire spirituelle et corporelle du saint, en invitant les fidèles à « marcher » à sa suite.
De la création à la paix
Le centenaire est aussi l'occasion de remettre en lumière les grands thèmes associés à François : la pauvreté évangélique, la fraternité, la paix, la réconciliation et la sauvegarde de la création.
À Assise, le Temps de la Création, du 1er septembre au 4 octobre, a ainsi été placé cette année sous le signe de « l'eau vive ».
Mais il serait réducteur de faire de François uniquement le « saint de l'écologie ». Dans son message d'ouverture du jubilé, Léon XIV insiste surtout sur le Christ, l'Évangile et la paix. Le pape rappelle notamment le salut franciscain : « Le Seigneur te donne la paix », et souhaite que le message de paix de François résonne dans l'Église et dans la société contemporaine.
Même à Liège…
Le 800e anniversaire est d'ailleurs célébré très concrètement en Belgique. À Liège, le sanctuaire Sainte-Julienne de Cornillon organise du 2 au 4 octobre un véritable week-end franciscain : projection du film de Zeffirelli, spectacle de marionnettes pour enfants, exposition autour du Cantique des créatures, messe solennelle, repas préparé par les clarisses et promenade historique sur les traces des franciscains dans la ville.
Et l'on retrouve cette diversité ailleurs : à Padoue, par exemple, la basilique Saint-Antoine organise le Transitus le 3 octobre, une messe solennelle le 4 et une « Nuit de saint François » destinée particulièrement aux jeunes.
Un anniversaire qui pose une question beaucoup plus actuelle
Au fond, le 800e anniversaire pose une question assez saisissante : qu'est-ce que saint François peut encore dire au christianisme et au monde huit siècles après sa mort ?
L'Église semble répondre en mettant moins l'accent sur une simple célébration patrimoniale que sur un retour aux sources : un homme qui a pris l'Évangile au sérieux, jusqu'à la pauvreté, la fraternité, la rencontre de l'autre, la paix et finalement l'accueil de la mort comme une « sœur ».
C'est précisément ce que souligne Léon XIV dans son message : François a « écrit le mot du salut du Christ » dans le cœur de ses contemporains et son message de paix doit encore trouver un écho dans l'Église et la société.
Ainsi, le 3 octobre n'est pas seulement la date anniversaire de la mort d'un grand saint médiéval : il constitue le sommet d'une année entière durant laquelle l'Église cherche à faire de François d'Assise une figure vivante de l'Évangile.
Et le choix du terme « Transitus », plutôt que simplement « mort », est particulièrement significatif : le 3 octobre rappelle non seulement que François est mort en 1226, mais qu'il a voulu faire de sa mort elle-même un dernier acte de confiance en Dieu.
(avec l'IA)








