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Au rythme de l'année liturgique

  • José Aparicio Sanz et ses 232 compagnons, martyrs victimes des "Rouges" espagnols (11 mars)

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    D'Evangile au Quotidien :

    José Aparicio Sanz et ses 232 compagnons
    Martyrs de la Guerre Civile Espagnole (1936-1939)
    Béatification record du 11 mars 2001 par saint Jean-Paul II
    Mémoire commune : 11 mars
    Mémoire individuelle : ‘dies natalis’ de chacun

    Fruit du grand Jubilé de l'An 2000, cette béatification du 11 mars 2001 est la première du nouveau siècle et du nouveau millénaire. Jamais autant de serviteurs de Dieu n'ont été béatifiés à la fois. (Il faut remonter au Bx Pie IX - Giovanni Maria Mastai Ferretti, 1846-1878, en 1867, pour avoir la béatification de 205 martyrs du Japon.) Chaque cause a été étudiée individuellement. Chacun de ces martyrs avait déjà mené une vie sainte digne de béatification avant que le martyr ne vienne couronner leur carrière. L'Église de Valence, suivie par celles de Barcelone et de Lérida, a commencé à instruire les procès de béatification depuis 50 ans déjà. Une masse de documents a été recueillie.
    Avant cette béatification, saint Jean Paul II avait déjà célébré 10 béatifications pour des martyrs de la guerre civile espagnole, soit, avec ceux de ce jour, 471 martyrs. A savoir: 4 évêques, 43 prêtres séculiers, 379 religieux, 45 laïcs.

    La seconde République instaurée en 1931 amène le "Frente popular" (Front populaire) au pouvoir. Composée de communistes, socialistes et anarchistes, elle est essentiellement anticléricale. Pourtant les évêques ont reconnu au début sa légitimité. Si les violences ne se déclenchent pas tout de suite, néanmoins ce gouvernement révolutionnaire entame d'emblée une persécution juridique : dissolution des ordres religieux et nationalisation de tous leurs biens, approbation du divorce, crucifix retirés des classes.

    Après les lois restrictives vient la persécution sanglante avec la "Révolution des Asturies" en 1934 et les martyrs de Turon.
    En l'été 1936, les "Rouges", comme on les appelle, (à juste titre car leur but est de faire de l'Espagne un état satellite de la Russie), déclenchent la plus grande persécution religieuse qu'ait jamais connu l'Espagne. Sur la liste noire des personnes à abattre figurent en premier lieu tous les prêtres. A cause de sa brièveté dans le temps et de son intensité, c'est un ouragan révolutionnaire comparable à celui de la Révolution française qui s'abat sur toutes les régions où domine leur influence : incendie de couvents, d'évêchés, d'églises, destruction du patrimoine artistique sacré, bref, de tout ce qui rappelle la religion catholique. Mais les révolutionnaires ne sont pas suivis par tout le peuple ; au contraire, il se produit un sursaut de la conscience nationale.

    Une partie de l'armée avec le général Francisco Franco se révolte et crée le "Mouvement national". C'est alors la guerre civile entre "Rouges" et "Nationaux" qui dure de 1936 à 1938. Les révolutionnaires ont vraiment l'intention d'éradiquer l'Église et ils procèdent à des exécutions massives, accompagnées d'une férocité inouïe.
    Sont victimes: 13 évêques, 4184 prêtres, 2365 religieux, 283 religieuses, des milliers et des milliers de laïcs. Ils sont vraiment martyrs car ils ont été tués "en haine de la foi", ce ne sont pas des "victimes de guerre", car ils sont pacifiques et ne prennent pas part aux événements, ni des "victimes politiques ", car ils n'ont pas pris partie. (Notons à ce propos que le parti qui soutenait Franco, la "Phalange", influente surtout au début, avait certaines accointances avec les Nazis.). Conscients de mourir pour leur foi, beaucoup criaient « Vive le Christ-Roi! », ce qui n'est pas sans rappeler la guerre des "Cristeros" au Mexique (1926-1929), et tous, avant de mourir, pardonnaient de tout cœur à leurs bourreaux.

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  • Quand Françoise Romaine (9/3) sauve l’une de ses amies du suicide

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    D'Anne Bernet sur 1000 raisons de croire :

    Françoise Romaine sauve l’une de ses amies du suicide

    En 1436, devenue veuve et sa famille n’ayant plus besoin d’elle, Françoise peut enfin réaliser ce qu’elle a toujours désiré : mener une vie religieuse. Elle fonde alors une communauté d’oblates qui, par la suite, prendra son nom : les « Oblates de Sainte-Françoise Romaine ». De nombreuses femmes et jeunes filles de son entourage choisissent de la rejoindre. Parmi elles se trouve la fille unique de l’une de ses amies. Si celle-ci accepte d’abord ce sacrifice, les jours passant, la séparation d’avec son enfant devient pour elle de plus en plus insupportable. Persuadée qu’elle ne pourra pas vivre sans sa fille, la malheureuse finit par décider d’en finir avec l’existence…


    Les raisons d'y croire

    • La signora Perna Colluzzi appartient, comme sainte Françoise Romaine, à l’aristocratie romaine du XVe siècle. Cela n’est pas nécessairement un gage de bonheur. Les vies de ces femmes se ressemblent souvent : mariage précoce avec un homme qu’elles n’ont pas choisi, déboires conjugaux, naissances nombreuses et rapprochées, souvent suivies de la mort prématurée des enfants… Françoise Romaine a elle-même traversé ces épreuves. Elle en connaît le poids et ne le sous-estime pas, mais, aidée par la grâce divine, elle ne s’est jamais laissée abattre.
    • Françoise Romaine est également connue pour vivre dans la présence constante des anges. Bien que ses proches n’aient pas, comme elle, la faculté de les voir, plusieurs d’entre eux – dont son confesseur, qui s’en porte garant – ont été témoins de leurs interventions. Ils constatent la présence d’un interlocuteur invisible qui agit auprès d’elle et opère des prodiges. Les récits attestés sont suffisamment nombreux pour qu’il soit difficile d’y voir de simples inventions pieuses.
    • Notre première source est la biographie que don Mattiotti écrivit d’elle. Les autorités ecclésiastiques n’ont jamais mis en cause l’authenticité de ce texte ni celle des miracles nombreux qui y sont rapportés. Cette biographie servira d’ailleurs lors de son procès de canonisation. On peut donc tenir pour authentique le fait que Françoise Romaine vit en présence des anges et que ceux-ci interviennent fréquemment dans son quotidien, soit pour l’aider et la secourir, soit pour venir en aide à ses proches.
    • C’est à cette présence angélique qu’il faut attribuer le miracle qui sauve la vie de Perna Colluzzi. Alors qu’elle est en oraison dans la chapelle du couvent, Françoise Romaine voit, « avec les yeux de l’âme », comme si elle se trouvait auprès d’elle, son amie Perna seule dans sa grande maison. Elle la voit pleurer à chaudes larmes sur la séparation d’avec sa fille, sur sa solitude et sa tristesse. Son désarroi est tel qu’il la rend réceptive aux suggestions des esprits mauvais. Françoise se souvient qu’ils ont déjà tenté à plusieurs reprises d’attenter à la vie de ses proches, notamment à celle de sa belle-sœur, avec laquelle elle était très liée, afin de « la pousser au désespoir ». Elle connaît donc bien leur tactique et sait combien elle peut être redoutable chez des personnes fragilisées par l’épreuve.
    • Françoise Romaine voit alors son amie s’emparer d’une dague pour la retourner contre elle-même, persuadée que sa vie n’a plus aucun sens et décidée à se donner la mort – acte tenu pour un grave péché. Françoise comprend en même temps que Perna n’est pas dans son état normal. Dans la vision qui lui est donnée pendant sa prière, elle distingue clairement, aux côtés de son amie, un démon qui lui inspire ces pensées de désespoir. L’esprit mauvais « ricane ouvertement », persuadé d’avoir déjà gagné et de pouvoir bientôt s’emparer de l’âme de la malheureuse.
    • Il ne s’agit pas ici d’un cas de bilocation, comme on en rencontre par exemple dans la vie de Padre Pio lorsqu’il se manifeste, pendant la guerre de 1914, auprès du général Cadorna, qui s’apprête à se suicider, afin de l’en empêcher. L’intervention qui sauve la vie de Perna est d’une autre nature et relève d’une action directe du monde invisible.

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  • Dominique Savio (9 mars)

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    Nous empruntons à l'excellent Evangile au Quotidien cette évocation de saint Dominique Savio :

    Saint Dominique Savio 
    Disciple de saint Jean Bosco

    Domenico Savio naquit le 2 avril 1842 à Riva di Chieri, à une vingtaine de kilomètres de Turin, dans une famille humble, mais très pieuse. 

    Dès son plus jeune âge, il décida d’imiter fidèlement Jésus Christ, en évitant tout ce qui pouvait l’éloigner de Lui. À 7 ans, il fit sa première communion, et à 12 ans il entra à l’Oratoire de saint Jean Bosco. Sous la direction personnelle du grand saint salésien, il se transforma en tabernacle du Seigneur et en modèle et exemple d’amour de Dieu pour les autres. Uniquement pour sa manière de vivre il fut un vrai apôtre et missionnaire de Jésus.

    Ceux qui l’ont rencontré pendant sa vie disent qu’il n’était pas petit de stature, mais qu’il était très mince et très fragile. Il préférait écouter que parler. Humble et respectueux avec tous, il avait un don naturel pour apaiser les discussions et les disputes qui, à cet âge, surgissaient parfois presque spontanément entre ses compagnons.

    Son seul intérêt était Dieu et comment faire pour que les autres concentrent leurs énergies pour mieux le servir. Ce qui lui manquait en force physique, il le récupérait en stature morale, en courage et en acceptation de la volonté de Dieu, quelle qu’elle soit.

    De santé fragile, Dominique tombe malade en juin 1856. Don Bosco, inquiet, l'envoie respirer l'air natal à Mondonio pour qu'il se repose. Il y reste deux mois et revient à Turin fin août. Il entre en seconde, mais il tombe de nouveau malade. Don Bosco l'envoie à l'infirmerie puis, espérant que l'air du pays lui rendra de nouveau la santé, demande à Carlo Savio de venir rechercher son fils. Dominique retourne à Mondonio le 1er mars.

    Il y meurt de la tuberculose le 9 mars 1857, vers 22 heures, à l’âge de 15 ans. Juste avant de s'éteindre, il dit à ses parents avec un air d'extase : «Oh ! Comme c'est beau ce que je vois ! ».

    La première biographie de Dominique fut écrite par son maître saint Jean Bosco, et ces pages sont à l’origine de nombreuses vocations, parmi lesquelles celle du futur pape Benoît XVI qui a veillé avec tant de sollicitude sur l’Œuvre de l’Enfance Missionnaire.

    Domenico Savio a été béatifié à Rome le 5 mars 1950 par le Vénérable Pie XII (Eugenio Pacelli, 1939-1958) et canonisé le 12 juin 1954 par le même pape.

    Pour un approfondissement biographique : Biographie de Dominique Savio

  • Prière à saint Dominique Savio (9 mars)

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    Saint Dominique (*), saint_dominique.jpg
    tu as réalisé à 15 ans le rêve qui m'attire : 
    être un homme et être un saint !
    Sur les routes du monde qui s'ouvrent devant moi,
    sois mon fidèle compagnon. 
    Apprends-moi que la grande aventure à courir 
    est d'abord celle de mon âme 
    à rendre chaque jour plus claire ; 
    et que l'héroïsme le plus vrai 
    est de préférer au péché, la mort.
    Rends-moi attentif à la souffrance des autres, 
    à la détresse du monde qui attend mes bras. 
    Donne-moi ton élan pour travailler à construire, 
    dans le règne du Christ, 
    une cité enfin fraternelle. 
    Et qu'aux sources vives de la prière et des sacrements,                                                mon amour pour Dieu notre Père,
    pour Notre-Dame, Marie, 
    s'accroisse et embrase ma vie entière.

    Ainsi soit-il

    (*)  Saint Dominique Savio (1842-1857).

    Il a vécu à Turin, dans le nord de l’Italie. Deuxième d’une famille de dix enfants, il a très tôt une grande confi ance en Jésus. Il prie et sert la messe souvent.

    A douze ans, il fait la connaissance de Don Bosco, un prêtre qui s’occupe de nombreux jeunes de quartiers défavorisés, leur permettant de faire des études et apprendre un métier.

    Dominique demandera à Don Bosco d’être admis dans son établissement. Très vite il aidera Don Bosco, à sa manière, en entraînant les jeunes du Valdocco [1] à se comporter en véritables jeunes chrétiens, attentifs les uns aux autres, et appliqués dans leurs études.

    L’enthousiasme et l’exemple de Dominique toucheront ceux qui le connaissent. Son amitié avec Jésus qu’il recevait souvent dans l’eucharistie portera en lui et autour de lui beaucoup de fruits. Il était un garçon joyeux, courageux, et artisan de paix au milieu de ses camarades.

    De santé fragile, il mourra à 15 ans d’une maladie des poumons. En peu de temps pourtant Dominique a parcouru un très beau chemin de vie, une vie exemplaire de rayonnement. donne aux hommes.

    Pour cette raison, en 1954, le Pape Pie XII le déclara saint ! Un jeune et joyeux saint de 15 ans !

  • Dum sanctificatus fuero (Introit du 3ème dimanche du Carême)

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  • 3e dimanche de carême : la rencontre de deux soifs

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    samaritaine.jpgCarême : la rencontre de deux soifs

    archive 2014

    Mgr Francesco Follo (Zenit.org)

    1) Un pauvre qui demande pour pouvoir donner

    Dans son exode, Jésus passe par la Samarie et s’arrête au puits de Jacob dans les environs de la ville de Sichar. Il s’assied sur le petit mur qui entoure le puits parce qu’il est fatigué de marcher, il a soif, mais il est pauvre et n’a pas de quoi puiser l’eau. Il attend que quelqu’un vienne puiser l’eau pour lui et le désaltérer, mais son humble requête est un « prétexte » pour pouvoir se donner lui-même.

    Le Christ est tellement assoiffé de nous qu’il n’hésite pas à demander de l’eau pour son corps et pour pouvoir ainsi s’offrir lui-même comme la source d’eau qui désaltère à jamais, parce qu’il sait que ceux qui viennent chercher de l’eau au puits ont soif d’une autre eau, même s’ils croient qu’ils n’en ont pas besoin.

    Le Christ a soif, pas seulement une soif physique mais une soif spirituelle : il a soif de nous qui sommes représentés, aujourd’hui, par la Samaritaine. Jésus se fait bon Samaritain pour la Samaritaine et, en lui proposant une soif qui désaltère aussi le cœur, il l’invite à la conversion…

    Au fond, que signifie « conversion » ? Ce n’est pas seulement un acte de la volonté, mais c’est une réponse à l’amour de Dieu qui s’est fait la voie dans notre mode de vie souvent compliqué, confus ou désordonné, qui nous rend assoiffés de tout. Demandons au Christ de verser aussi dans nos cœurs le véritable amour pour que nous ayons un désir constant de lui, et de notre désert fleurira la vie et nous serons toujours dans ses mains amoureuses et fermes.

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  • Dieu a soif de nous (3ème dimanche du carême)

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    Voilà la réalité que nous montre aujourd’hui l’évangile  : Jésus vient s’asseoir à côté de vous et vous dit  : j’ai soif ! Vous êtes tout étonné, étonnée, car vous vous demandez ce que le Fils de Dieu peut bien attendre de vous. Et pourtant, il faut que nous le sachions tous, le Christ a besoin de nous, il a besoin de notre amour. Sa soif, c’est que nous l’aimions en retour de ce qu’il nous aime. Et même, pour découvrir combien il nous aime il nous faut entrer dans ce choix de l’amour envers lui. Le Christ nous dit  : donne-moi ton cœur car j’ai tant à te donner. J’ai à te donner l’eau vive, qui jaillira en toi comme une source de joie et de paix, pour la vie éternelle.

    Vous me direz  : mais comment aimer le Christ et le Père que nous ne voyons pas. La Samaritaine au bord du puits se demandait la même chose. Jésus lui a répondu que c’était maintenant l’heure des adorateurs en esprit et en vérité. Dire à Dieu de tout son esprit et de tout son cœur  : je t’adore, je t’aime tellement ! « Prier, c’est penser à Dieu en l’aimant » disait sainte Thérèse d’Avila, que Jean-Paul II aimait répéter. Alors nous savons comment aimer, adorer Dieu, car nous savons bien comment penser à quelqu’un en l’aimant. Il ne nous reste plus qu’à le faire, à prendre 10 minutes ou plus pour nous arrêter et penser à Dieu en l’aimant, lui donnant ainsi l’occasion de remplir notre cœur, d’une façon secrète que lui seul connaît, d’une façon pourtant efficace, durable et profonde.

    Le Christ a soif de nous, soif de nous combler si nous lui ouvrons notre cœur, si nous lui permettons d’entrer par la porte de notre cœur. Cela nécessite de faire la vérité sur nous-mêmes. Mais vous avez vu avec quelle délicatesse Jésus faisait la vérité dans la vie de la Samaritaine. Nous pouvons accepter qu’il fasse de même pour nous, car son amour libère en nous mettant face à nos limites et en nous révélant que nous sommes aimés par-delà ou indépendamment de cela. Un chemin d’intimité et de joie s’ouvre devant nous, dans lequel une fois que nous avons commencé de le parcourir nous pourrons entraîner d’autres qui ont soif de la vraie vie.

  • Dieu a soif de notre foi et il veut que nous trouvions en Lui la source de notre bonheur authentique

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    (en visite à la paroisse romaine Sainte Marie Libératrice (quartier du Testaccio), le dimanche 24 février 2008)

    Chers frères et sœurs,

    (...) Dans les textes bibliques d'aujourd'hui, troisième Dimanche de Carême, les éléments de méditation plus que jamais indiqués pour cette circonstance significative nous sont utiles. A travers le symbole de l'eau, que nous retrouvons dans la première lecture et dans le passage évangélique de la Samaritaine, la Parole de Dieu nous transmet un message toujours vivant et toujours actuel: Dieu a soif de notre foi et il veut que nous trouvions en Lui la source de notre bonheur authentique. Le risque de chaque croyant est celui de pratiquer une religiosité non authentique, de ne pas chercher la réponse aux attentes les plus profondes du cœur en Dieu, d'utiliser au contraire Dieu comme s'il était au service de nos désirs et de nos projets.

    Dans la première lecture, nous voyons le peuple juif qui souffre du manque d'eau dans le désert et, pris par le découragement, comme en d'autres circonstances, il se plaint et réagit de manière violente. Il en arrive à se rebeller contre Moïse, il en arrive presque à se rebeller contre Dieu. L'auteur saint rapporte ce qui suit: "Ils mirent Yahvé à l'épreuve en disant: "Yahvé est-il au milieu de nous, ou non?"" (Ex 17, 7).

    Le peuple exige de Dieu qu'il aille à la rencontre de ses attentes et de ses exigences, plutôt que de s'abandonner avec confiance entre ses mains, et dans l'épreuve il perd confiance en Lui. Combien de fois cela arrive-t-il également dans notre vie; dans combien de circonstances, au lieu de nous conformer docilement à la volonté divine, nous voudrions que Dieu réalise nos desseins et exauce chacune de nos attentes; dans combien d'occasions notre foi manifeste-t-elle sa fragilité, notre confiance sa faiblesse, notre religiosité sa contamination par des éléments magiques et purement terrestres. En ce temps quadragésimal, alors que l'Eglise nous invite à parcourir un itinéraire de conversion véritable, accueillons avec une humble docilité l'avertissement du Psaume responsorial: "Aujourd'hui si vous écoutiez sa voix! N'endurcissez pas vos cœurs comme à Meriba, comme au jour de Massa dans le désert, où vos pères m'éprouvaient, me tentaient, alors qu'ils me voyaient agir" (Ps 94, 7-9).

    Le symbolisme de l'eau revient avec une grande éloquence dans la célèbre page évangélique qui raconte la rencontre de Jésus avec la samaritaine à Sicar, près du puits de Jacob. Nous saisissons immédiatement un lien entre le puits construit par le grand patriarche d'Israël pour assurer l'eau à sa famille et l'histoire du salut dans laquelle Dieu donne à l'humanité l'eau qui jaillit pour la vie éternelle. S'il existe une soif physique indispensable pour vivre sur cette terre, existe également chez l'homme une soif spirituelle que seul Dieu peut combler. Cela transparaît clairement du dialogue entre Jésus et la femme venue puiser de l'eau au puits de Jacob. Tout commence par la question de Jésus: "Donne-moi à boire" (cf. Jn 4, 5-7). Cela semble à première vue la requête d'un peu d'eau, sous le soleil de midi. En réalité, avec cette question, qui s'adresse qui plus est à une femme samaritaine - les relations entre les juifs et les samaritains n'étaient pas bonnes - Jésus ouvre chez son interlocutrice un chemin intérieur qui fait apparaître en elle le désir de quelque chose de plus profond. Saint Augustin commente: "Celui qui demandait à boire, avait soif de la foi de cette femme" (In Io ev. Tract. XV, 11: PL 35, 1514). En effet, à un certain point, c'est la femme elle-même qui demande de l'eau à Jésus (cf. Jn 4, 15), manifestant ainsi que dans chaque personne il y a un besoin inné de Dieu et du salut que Lui seul peut combler. Une soif d'infini qui ne peut être étanchée que par l'eau que Jésus offre, l'eau vive de l'Esprit. Dans quelques instants, nous écouterons ces paroles dans la préface: Jésus "demanda à la femme de Samarie de l'eau à boire, pour lui faire le grand don de la foi, et de cette foi il eut une soif si ardente qu'il alluma en elle la flamme de l'amour de Dieu".

    Chers frères et sœurs, dans le dialogue entre Jésus et la samaritaine nous voyons tracé l'itinéraire spirituel que chacun de nous, que chaque communauté chrétienne est appelée à redécouvrir et à parcourir constamment. Proclamée en ce temps quadragésimal, cette page évangélique prend une valeur particulièrement importante pour les catéchumènes déjà proches du Baptême. Ce troisième dimanche de Carême est en effet lié à ce qu'on appelle le "premier scrutin", qui est un rite sacramentel de purification et de grâce. La samaritaine devient ainsi la figure du catéchumène illuminé et converti par la foi, qui aspire à l'eau vive et qui est purifié par la parole et par l'action du Seigneur. Mais nous aussi, qui sommes déjà baptisés mais toujours en chemin pour devenir de véritables chrétiens, nous trouvons dans cet épisode évangélique un encouragement à redécouvrir l'importance et le sens de notre vie chrétienne, le véritable désir de Dieu qui vit en nous. Jésus veut nous conduire, comme la samaritaine, à professer notre foi en Lui avec force, afin que nous puissions annoncer et témoigner à nos frères la joie de la rencontre avec Lui et les merveilles que son amour accomplit dans notre existence. La foi naît de la rencontre avec Jésus, reconnu et écouté comme le Révélateur définitif et le Sauveur, dans lequel se révèle le visage de Dieu. Une fois que le Seigneur a conquis le cœur de la samaritaine, son existence est transformée et elle court sans attendre pour transmettre la bonne nouvelle à son peuple (cf. Jn 4, 29). (...)

    Et, dans un discours improvisé au même endroit le même jour :

    Aujourd'hui nous avons lu un passage de l'Evangile très actuel. La femme samaritaine dont il parle peut apparaître comme une représentante de l'homme moderne, de la vie moderne. Elle a eu cinq maris et vit avec un autre homme. Elle faisait un large usage de sa liberté, mais cependant elle ne devenait pas plus libre, elle devenait même plus vide. Mais nous voyons aussi que cette femme avait le vif désir de trouver le véritable bonheur, la véritable joie. C'est pourquoi elle était toujours inquiète et s'éloignait toujours plus du véritable bonheur.

    Mais cette femme, qui vivait une vie apparemment si superficielle, également éloignée de Dieu, au moment où le Christ lui parle, révèle qu'au plus profond de son cœur elle conservait cette question sur Dieu:  qui est Dieu? Où pouvons-nous le trouver? Comment pouvons-nous l'adorer? Dans cette femme, nous pouvons voir tout le reflet de notre vie d'aujourd'hui, avec tous les problèmes qui la concernent; mais nous voyons également que dans la profondeur du cœur se trouve toujours la question de Dieu et l'attente qu'Il se montre d'une autre façon.

    Notre activité est réellement l'attente; nous répondons à l'attente de ceux qui attendent la lumière du Seigneur, et en donnant la réponse à cette attente nous aussi nous grandissons dans la foi et pouvons comprendre que cette foi est l'eau qui étanchera notre soif.

  • Félicité et Perpétue... (7 mars)

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    Des martyrs qui ont été semence d'évangélisation, dont on se souvenait avec reconnaissance à chaque messe, aujourd'hui passés sous silence...

    Source : missel.free

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    Saintes Félicité & Perpétue

    Lors de la persécution ordonnée par Septime‑Sévère[1], Perpétue et Félicité furent arrêtée à Thuburbo, ville épiscopale de la Proconsulaire (aujourd’hui Tebourba, en Tunisie). Perpétue, âgée de vingt‑deux ans, était patricienne ; elle était encore catéchumène et mère d’un tout jeune enfant. Félicité qui était esclave, était enceinte et elle accoucha d’une fille dans la maison. Malgré les supplications de son père qui l’implore de se soumettrez et malgré son angoisse d’avoir à priver son enfant de sa mère, Perpétue demeure ferme jusqu’au bout. Perpétue et Félicité sont martyrisées dans l’amphithéatrum Castrense de Carthage, le 7 mars 303, avec Saturus, Satuminus, Revocatus et Secundulus.

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  • Sainte Colette de Corbie (6 mars)

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    D'Anne Bernet sur 1000 raisons de croire :

    Les visions qui ont sorti sœur Colette de sa réclusion

    En 1405 vit à Corbie, en Picardie, une jeune fille d’une vingtaine d’années, Nicolette Boëllet. À la mort de ses parents, pour répondre à sa soif d’absolu et à ses grandes exigences de pénitence, elle choisit de devenir recluse, c’est-à-dire de s’emmurer volontairement dans une étroite cellule contre le mur de l’église Notre-Dame, et d’y vivre le reste de ses jours dans la prière et l’enfermement. Pourtant, cette année-là, celle que l’on appelle sœur Colette, car elle appartient au tiers ordre franciscain, commence à être obsédée par des visions : celles de saint François et de sainte Claire, qui lui demandent de revenir dans le monde pour s’y consacrer entièrement à réformer les ordres qu’ils ont fondés afin qu’ils ne cèdent pas au relâchement et à la facilité.


    Les raisons d'y croire

    • Sainte Colette de Corbie est une personnalité majeure de l’Église du XVe siècle. Elle a tenu un rôle décisif, en son genre aussi improbable que celui de Jeanne d’Arc, dont elle est contemporaine. À ce titre, sa vie et son comportement ont été examinés et scrutés par les autorités ecclésiastiques avec le même degré de sérieux et de rigueur. Si la papauté lui a accordé son entière confiance, c’est seulement après s’être assurée qu’ellen’avait pas affaire à une folle, une illuminée, une mythomane.
    • Sa biographie a été rédigée en 1450 – quelques mois seulement après sa mort, en 1447, à Gand – par un religieux de son entourage, Pierre de Vaux. Là encore, nous sommes assurés du sérieux et du bien-fondé de ces écrits, qui rapportent des faits véridiques et vérifiés.
    • La vie de recluse implique de ne plus jamais quitter la petite pièce où l’on a demandé à être emmurée, de ne plus jamais voir le monde extérieur, le ciel, le soleil, de n’avoir de contact qu’avec son confesseur et avec ceux qui lui apportent de quoi vivre et la communion, ou qui réclament ses prières. Il faut un équilibre psychologique énorme pour y résister. Les évêques n’accordent cette permission qu’à des personnes très solides, ce qui est gage du sérieux de Colette.
    • Ce choix mûrement réfléchi implique aussi une grande humilité et un absolu désir d’effacement ; on peut donc exclure que la jeune fille ait voulu attirer l’attention.
    • Pendant les quatre années qu’elle passe emmurée, Colette a la révélation des souffrances du Christ durant la Passion, du peu de cas qu’en font les hommes et du fait que ces derniers se damnent, tombant en enfer comme flocons de neige en tempête hivernale ; c’est exactement ce que verront les enfants de Fatima, qui n’ont jamais entendu parler de sainte Colette, en 1917.
    • En 1405, cependant, ces visions changent et Colette voit François et Claire d’Assise qui la réclament à Dieu afin qu’elle aille réformer les franciscains et les clarisses qui ne répondent plus à leur vocation ; or, le monde a besoin d’eux pour se sauver. L’ange gardien de Colette demande à Dieu de la laisser à sa solitude, conformément à ses souhaits. Notre Dame apparaît alors pour servir d’arbitre, et elle demande à la recluse d’obéir et de réclamer sa libération. Colette n’a pu inventer cela car elle ignore l’état des fondations franciscaines.
    • Ayant reçu une excellente formation chrétienne, Colette a été souvent prévenue par ses confesseurs contre les pièges démoniaques et les prétendues visions que le diable peut susciter pour tenter et égarer les mystiques. Elle sait donc qu’il faut avant toute autre chose discerner pour savoir, comme dit saint Paul, si elles viennent vraiment de Dieu.
    • Le fait qu’il existait des moyens plus simples d’être relevée de sa réclusion montre qu’elle n’a pas inventé ces visions pour s’y soustraire. D’ailleurs, la première réaction de Colette est de rejeter ce programme, qui lui semble invraisemblable. Comme elle refuse de demander à sortir, elle est soudain frappée de cécité et de mutisme, état dont elle ne sortira qu’en obéissant ; il ne s’agit pas là de phénomènes d’ordre « psychosomatique », ni « d’hystérie ».
    • Colette, d’humble naissance, sans fortune ni appui, se sent incapable de remplir une pareille mission ; qu’elle le comprenne prouve sa parfaite lucidité. Tout comme Jeanne d’Arc, elle est alors miraculeusement instruite de ce qu’elle va devoir faire, des personnes qu’elle devra rencontrer, et elle est avertie qu’elle recevra l’aide nécessaire. Elle ne peut rien imaginer de semblable.
    • Deux religieux, miraculeusement instruits de son existence et de sa mission, vont être prévenus de se rendre à Corbie, d’obtenir de l’évêque sa libération et de la conduire au pape Benoît XIII à Avignon, ce qui a lieu en 1406, de manière humainement inexplicable.
    • Lui aussi convaincu par divers signes, le pape l’autorise alors à entreprendre sa mission de réformatrice et à prendre le voile des Pauvres Dames de Sainte-Claire.
    • Colette a des extases et des lévitations publiques dont des centaines de gens sont témoins et qui accréditent sa mission, tout comme ses prophéties. Il ne s’agit pas de « contes à dormir debout », mais de réalités confirmées par exemple par l’amitié de saint Vincent Ferrier, ou encore par le rôle de conseillère qu’elle tient lors des conciles de Constance et de Bâle, ainsi qu’auprès du duc de Bourgogne ou du roi de France…
    • Pendant les quarante ans qui lui restent à vivre, Colette parcourt la France en guerre pour réformer les deux ordres. Elle obtient le soutien et l’amitié de princes et de seigneurs. Elle va fonder ou relever dix-sept couvents en France, en Italie, en Espagne, aux Pays-Bas. Des milliers de vocations affluent quand ils retrouvent toute la rigueur de leur règle primitive. À sa mort, le 6 mars 1447, l’ordre des Franciscains compte près de 35 000 membres. Une pareille réussite dans un tel contexte ne s’explique pas sans l’intervention divine.

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  • Guides et Scouts d'Europe (Belgique) : week-end missionnaire exceptionnel (28-29 mars) à Namur et Malonne

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    Guides et Scouts d'Europe - Belgique

    COMMUNIQUÉ DE PRESSE - 04/03/26

    WEEK-END MISSIONNAIRE EXCEPTIONNEL 28-29 mars 2026 - Namur/Malonne

    Une procession des Rameaux inédite et la fabrication d'un chemin de croix monumental marqueront le dimanche des Rameaux à Malonne

    Les 28 et 29 mars prochains, le village de Malonne accueillera le WIM (Week-end Inter Maîtrise), le grand rassemblement annuel des chefs des Guides et Scouts d'Europe de toute la Belgique. Entre tradition liturgique et engagement missionnaire, cet événement d'ampleur nationale promet deux journées riches en spiritualité et en créativité, dont plusieurs moments ouverts au grand public.

    UNE MESSE PRÉSIDÉE PAR L'ÉVÊQUE DE NAMUR

    Le samedi 28 mars à 10h, en l’église St-Loup, Monseigneur Fabien Lejeusne, nouvel évêque de Namur, présidera la messe rassemblant l'ensemble des participants. Cette célébration marquera le coup d'envoi spirituel du week-end.

    L'après-midi sera consacré à des ateliers mêlant préparation liturgique et dimension missionnaire : confection de rameaux et de palmes, iconographie, fabrication d'objets liturgiques, mais aussi rencontres avec des catéchumènes et évangélisation de rue dans les villages entre Namur et Malonne.

    UN DIMANCHE DES RAMEAUX HORS DU COMMUN

    Le point d'orgue de ce week-end sera sans conteste la grande procession des Rameaux du dimanche 29 mars au matin. Plusieurs centaines de participants chemineront du Sanctuaire Saint-Mutien-Marie jusqu'à la Chapelle Saint-Berthuin, rameaux à la main, portant en tête de cortège une croix processionnelle monumentale confectionnée la veille.

    Cette procession, organisée en collaboration avec les paroissiens de Malonne et avec le soutien de son curé, l'abbé Christophe Rouard, s'inscrit pleinement dans la tradition de la Semaine Sainte. Elle sera suivie d'une messe solennelle dans la magnifique chapelle et d’un temps de convivialité auquel les locaux seront invités.

    « TOUS MISSIONNAIRES, SUR LES TRACES DE SAINT MUTIEN-MARIE »

    Le thème choisi cette année n'est pas un hasard : « Le choix de Malonne et de son sanctuaire reflète notre volonté d'ancrer ce rassemblement dans le patrimoine religieux local », précise l'organisateur. « Saint Mutien-Marie incarne cette mission discrète mais profonde que nous voulons vivre avec nos chefs venus de toute la Belgique. »

    Le WIM est devenu, depuis une dizaine d'années, un rendez-vous incontournable pour les responsables scouts. Un moment de ressourcement, de formation et de fraternité, avant les derniers mois intenses de l'année scoute. 

    INFORMATIONS PRATIQUES

    Événements ouverts au public :

    • Samedi 28 mars, 10h : Messe présidée par Mgr Lejeusne (Eglise St Loup)
    • Dimanche 29 mars, matin : Procession des Rameaux du Sanctuaire Saint-Mutien à la Chapelle Saint-Berthuin (rue Fond de Malonne), suivie de la messe

    Organisateur : Guides et Scouts d'Europe - Belgique - https://www.scouts-europe.be/ 

    CONTACT PRESSE

    Maxime de la Vallée

    Adjoint Commissaire National Route

    Guides et Scouts d'Europe Belgique

    Tél. : +32 471 24 23 84

    Email : maxime.delavallee@scouts-europe.be

    À PROPOS DES GUIDES ET SCOUTS D'EUROPE BELGIQUE

    Mouvement de scoutisme catholique reconnu par le Saint-Siège, les Guides et Scouts d'Europe comptent plusieurs milliers de membres en Belgique. Le WIM (Week-end Inter Maîtrise) rassemble chaque année l'ensemble des chefs d'unité actifs pour un temps de formation, de détente et de ressourcement spirituel.

  • La Transfiguration : réponse lumineuse de Dieu à l’athéisme et l’agnosticisme (Léon XIV)

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    PAPE LÉON XIV

    ANGÉLUS

    Place Saint-Pierre
    IIe dimanche de Carême, 1er mars 2026

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    Chers frères et sœurs, bon dimanche !

    Aujourd'hui, l'Évangile de la liturgie compose pour nous tous une icône pleine de lumière, racontant la Transfiguration du Seigneur (cf. Mt 17, 1-9). Pour la représenter, l'évangéliste puise dans la mémoire des Apôtres, peignant le Christ entre Moïse et Élie. Le Verbe fait homme se tient entre la Loi et la Prophétie : il est la Sagesse vivante, qui accomplit toute parole divine. Tout ce que Dieu a commandé et inspiré aux hommes trouve en Jésus sa manifestation pleine et définitive.

    Comme au jour du baptême au Jourdain, aujourd'hui encore, sur la montagne, nous entendons la voix du Père qui proclame : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé », tandis que le Saint-Esprit enveloppe Jésus d'une « nuée lumineuse » (Mt 17, 5). Par cette expression vraiment singulière, l'Évangile décrit le style de la révélation de Dieu. Quand il se montre, le Seigneur révèle sa surabondance à notre regard : devant Jésus, dont le visage brille « comme le soleil » et dont les vêtements deviennent « blancs comme la lumière » (cf. v. 2), les disciples admirent la splendeur humaine de Dieu. Pierre, Jacques et Jean contemplent une gloire humble, qui ne s'exhibe pas comme un spectacle pour les foules, mais comme une confiance solennelle.

    La Transfiguration anticipe la lumière de Pâques, événement de mort et de résurrection, de ténèbres et de lumière nouvelle que le Christ fait rayonner sur tous les corps flagellés par la violence, sur les corps crucifiés par la douleur, sur les corps abandonnés dans la misère. En effet, alors que le mal réduit notre chair à une marchandise d'échange ou à une masse anonyme, cette même chair resplendit de la gloire de Dieu. Le Rédempteur transfigure ainsi les plaies de l'histoire, illuminant notre esprit et notre cœur : sa révélation est une surprise de salut ! En sommes-nous fascinés ? Le vrai visage de Dieu trouve-t-il en nous un regard d'émerveillement et d'amour ?

    Au désespoir de l'athéisme, le Père répond par le don de son Fils Sauveur ; de la solitude agnostique, le Saint-Esprit nous rachète en nous offrant une communion éternelle de vie et de grâce ; face à notre faible foi, se tient l'annonce de la résurrection future : voilà ce que les disciples ont vu dans la splendeur du Christ, mais pour le comprendre, il faut du temps (cf. Mt 17, 9). Un temps de silence pour écouter la Parole, un temps de conversion pour goûter la compagnie du Seigneur.

    Alors que nous faisons l'expérience de tout cela pendant le Carême, demandons à Marie, Maîtresse de prière et Étoile du matin, de garder nos pas dans la foi.

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    À l'issue de l'Angélus

    Chers frères et soeurs,

    Je suis avec une profonde inquiétude ce qui se passe actuellement au Moyen-Orient et en Iran, en ces heures dramatiques. La stabilité et la paix ne se construisent pas par des menaces réciproques, ni par les armes, qui sèment la destruction, la douleur et la mort, mais uniquement par un dialogue raisonnable, authentique et responsable.

    Face à la possibilité d’une tragédie d'une ampleur incommensurable, j'adresse un appel pressant aux parties prenantes pour qu'elles assument leur responsabilité morale et qu'elles mettent fin à la spirale de la violence avant qu'elle ne devienne un gouffre irréparable ! Que la diplomatie retrouve son rôle et que soit promu le bien des peuples qui aspirent à une coexistence pacifique fondée sur la justice. Continuons à prier pour la paix.

    Ces derniers jours, des nouvelles inquiétantes concernant des affrontements entre le Pakistan et l'Afghanistan nous parviennent également. J’élève ma supplique pour un retour urgent au dialogue. Prions ensemble pour que la concorde l’emporte dans tous les conflits du monde. Seule la paix, don de Dieu, peut guérir les blessures entre les peuples.

    Je suis proche des populations de l'État brésilien du Minas Gerais, touchées par de violentes inondations. Je prie pour les victimes, pour les familles qui ont perdu leur maison et pour tous ceux qui participent aux opérations de secours.