Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Au rythme de l'année liturgique - Page 2

  • Contempler la Croix pour éviter d'endurcir nos cœurs : la proposition de Carême d'Erik Varden

    IMPRIMER

    D'InfoVaticana :

    Contempler la Croix pour éviter d'endurcir nos cœurs : la proposition de Carême d'Erik Varden

    Contempler la Croix pour éviter d'endurcir nos cœurs : la proposition de Carême d'Erik Varden

    L’évêque trappiste norvégien Erik Varden, qui a commencé ce dimanche la prédication des Exercices spirituels au Pape et à la Curie romaine, a souligné le rôle central de la liturgie pour comprendre le Carême et se préparer dignement à Pâques. Dans un entretien accordé à la revue Ecclesia, Varden a averti : « Si nous laissons la liturgie s’exprimer et que nous ne la réduisons pas à une banalité ennuyeuse, le mystère du Carême nous sera révélé. »

    À l’occasion de la parution en Espagne de son livre « Des blessures qui guérissent » (Encounter), l’évêque propose de méditer sur les plaies du Christ dans la Passion comme moyen de comprendre et de guérir les blessures de l’homme contemporain.

    Les blessures de l'homme et les blessures du Christ

    Dans son nouvel ouvrage, Varden prend pour point de départ un poème cistercien médiéval, la Rythmica Oratio , attribuée à Arnulf de Louvain, pour explorer les plaies du Christ crucifié. De là, il propose une réflexion pour ce temps de Carême : les plaies existent, elles sont réelles, mais elles n’ont pas le dernier mot.

    L’évêque souligne que la société contemporaine oscille entre dissimuler ses blessures et les ériger en caractéristique déterminante. Face à cette double tentation, le christianisme propose un autre réalisme : reconnaître que l’humanité est blessée, mais affirmer qu’elle est plus que ses blessures et que ces blessures peuvent devenir des occasions de grâce.

    Contempler les plaies du Christ, explique-t-il, c’est aussi contempler les ravages du péché sur l’humanité. « Les plaies du Christ crucifié sont des plaies que j’ai infligées », nous rappelle-t-il, évoquant l’intensité spirituelle de la Semaine sainte. Cependant, la Croix n’est pas une fin. Pâques est un passage. Le Ressuscité apparaît dans la gloire, mais il conserve les plaies : la plaie n’est pas niée, elle est transformée.

    Carême : Un examen de conscience devant la Croix

    Pour Varden, le Carême est un moment privilégié pour se demander si le cœur reste sensible au mystère de la Croix ou s'il s'est endurci à cause de la routine et de la surexposition aux images et aux informations.

    Dans un monde saturé d'informations et de tragédies, le risque est l'insensibilité de la conscience. L'évêque nous rappelle qu'il ne s'agit pas de supporter un fardeau insupportable à chaque épreuve, mais plutôt d'empêcher que nos cœurs ne deviennent insensibles à la souffrance d'autrui et à l'amour désintéressé du Christ.

    Le Carême, insiste-t-il, nous invite à contempler la Croix d'un œil nouveau : à prendre conscience que Dieu Tout-Puissant a accepté la fragilité et s'est laissé blesser par amour. L'art, la musique et la littérature peuvent nous aider à retrouver ce regard contemplatif qui transcende l'indifférence.

    La liturgie, la pédagogie de l'Église

    Interrogé sur la manière de vivre plus intensément cette période, Varden répond sans hésiter : « En approfondissant la liturgie de l’Église. » La liturgie, affirme-t-il, est une formidable pédagogie. Ses signes, ses silences, ses textes et ses gestes guident notre attention et éduquent notre conscience.

    C’est pourquoi il met en garde contre le risque de la banaliser. Si elle devient routinière ou superficielle, elle perd sa force formatrice. En revanche, si on y participe avec docilité, elle conduit au mystère et prépare véritablement à Pâques.

    En ce sens, il considère la liturgie comme une clé essentielle de l'évangélisation. Non pas la seule, mais assurément la plus importante, car c'est là que l'Église proclame et rend présent le mystère du Christ.

    Proclamez le Christ ressuscité

    À l'aube du Carême, les paroles de Varden nous rappellent que ce temps de prière n'est ni un exercice d'introspection ni un simple ajustement moral. C'est une école de contemplation, une purification du cœur et une véritable préparation à Pâques.

    Si la liturgie parle et que le chrétien écoute, le mystère se dévoile. Le Carême cesse alors d'être une simple coutume et devient un chemin de conversion.

  • L'homélie du Pape lors de la messe avec le rite des Cendres

    IMPRIMER

    MESSE AVEC LE RITE DES CENDRES

    HOMÉLIE DU PAPE LÉON XIV

    Basilique Sainte-Sabine en l’Aventin
    Mercredi 18 février 2026

    Chers frères et sœurs,

    au début de chaque Temps liturgique, nous redécouvrons avec une joie toujours nouvelle la grâce d’être l’Église, c’est-à-dire la communauté convoquée pour écouter la Parole de Dieu. Le prophète Joël nous a rejoints par sa voix qui conduit chacun à sortir de son isolement et fait de la conversion une urgence indissociablement personnelle et publique : « Réunissez le peuple, tenez une assemblée sainte, rassemblez les anciens, réunissez petits enfants et nourrissons ! » (Jl 2, 16). Il mentionne les personnes dont l’absence serait facile à justifier : les plus fragiles et les moins aptes à se rassembler en grand nombre. Puis le prophète nomme l’époux et l’épouse : il semble les appeler hors de leur intimité afin qu’ils se sentent partie intégrante d’une communauté plus large. Viennent ensuite à leur tour les prêtres qui se trouvent déjà, presque par devoir, « entre le portail et l’autel » (v. 17) ; ils sont invités à pleurer et à trouver les mots justes pour tous : « Pitié, Seigneur, pour ton peuple ! » (v. 17).

    Le Carême, aujourd’hui encore, est un temps fort de communauté : « Réunissez le peuple, tenez une assemblée sainte » (Jl 2, 16). Nous savons combien il est de plus en plus difficile de rassembler les gens et de se sentir comme un peuple, non pas de manière nationaliste et agressive, mais dans une communion où chacun trouve sa place. C’est même ici que prend forme un peuple qui reconnaît ses propres péchés, à savoir que le mal ne vient pas de prétendus ennemis, mais qu’il a atteint les cœurs, qu’il est présent dans la vie de chacun et qu’il doit être affronté en assumant courageusement ses responsabilités. Nous devons admettre qu’il s’agit d’une attitude à contre-courant mais qui, alors qu’il est si naturel de se déclarer impuissant face à un monde en feu, constitue une véritable alternative, honnête et attirante. Oui, l’Église existe aussi comme prophétie pour des communautés qui reconnaissent leurs propres péchés.

    Certes, le péché est personnel, mais il prend forme dans les milieux réels et virtuels que nous fréquentons, dans les attitudes avec lesquelles nous nous conditionnons mutuellement, souvent au sein de véritables “structures de péché” d’ordre économique, culturel, politique et même religieux. Opposer le Dieu vivant à l’idolâtrie – nous enseigne l’Écriture – c’est oser la liberté et la retrouver à travers un exode, un cheminement. Ne plus être paralysés, rigides, sûrs de nos positions, mais rassemblés pour bouger et changer. Comme il est rare de trouver des adultes qui se repentent, des personnes, des entreprises et des institutions qui admettent avoir commis des erreurs !

    Aujourd’hui, il s’agit précisément de cette possibilité pour nous. Et ce n’est pas un hasard si de nombreux jeunes, même dans des contextes sécularisés, ressentent plus que par le passé l’appel de ce jour, le Mercredi des Cendres. Ce sont eux, en effet, les jeunes, qui saisissent distinctement qu’un mode de vie plus juste est possible et qu’il existe des responsabilités quant à ce qui ne va pas dans l’Église et dans le monde. Il convient donc de commencer là où l’on peut et avec ceux qui sont là. « Voici maintenant le moment favorable, voici maintenant le jour du salut ! » (2 Co 6, 2). Nous sentons donc la portée missionnaire du Carême, non pas pour nous détourner du travail sur nous-mêmes, mais pour l’ouvrir à nombre de personnes inquiètes et de bonne volonté qui cherchent les voies d’un authentique renouveau de la vie, à l’horizon du Royaume de Dieu et de sa justice.

    « Pourquoi les peuples diraient-ils : « Où donc est leur Dieu ? » » (Jl 2, 17). La question du prophète est comme un aiguillon. Elle nous rappelle aussi ces pensées qui nous concernent et qui surgissent chez ceux qui observent le peuple de Dieu de l’extérieur. Le Carême nous incite en effet à ces revirements – ces conversions – dont dépend la crédibilité de notre annonce.

    Il y a soixante ans, quelques semaines après la fin du Concile Vatican IIsaint Paul VI voulut célébrer publiquement le rite des cendres, rendant visible à tout le monde, lors d’une Audience générale dans la Basilique Saint-Pierre, le geste que nous sommes sur le point d’accomplir aujourd’hui. Il en parla comme d’une « cérémonie pénitentielle sévère et impressionnante » (Paul VI, Audience générale, 23 février 1966), qui heurte le sens commun et en même temps rejoint les questions de la culture. Il disait : « Nous, les modernes, nous pouvons nous demander si cette pédagogie est encore compréhensible. Nous répondons par l’affirmative. Parce qu’il s’agit d’une pédagogie réaliste. Elle est un rappel sévère à la vérité. Elle nous ramène à la vision juste de notre existence et de notre destin ».

    Cette « pédagogie pénitentielle » – disait Paul VI – « surprend l’homme moderne sous deux aspects » : le premier est « celui de son immense capacité d’illusion, d’autosuggestion, de tromperie systématique de lui-même sur la réalité de la vie et ses valeurs ». Le second aspect est « le pessimisme fondamental » que le Pape Montini constatait partout : « La plupart des témoignages humains que nous offrent aujourd’hui la philosophie, la littérature, le spectacle – disait-il – concluent en proclamant la vanité inéluctable de toute chose, l’immense tristesse de la vie, la métaphysique de l’absurde et du néant. Ces témoignages sont une apologie des cendres ».

    Nous pouvons aujourd’hui reconnaître la prophétie que contenaient ces paroles et sentir dans les cendres qui nous sont imposées le poids d’un monde en feu, de villes entières détruites par la guerre : les cendres du droit international et de la justice entre les peuples, les cendres d’écosystèmes entiers et de la concorde entre les personnes, les cendres de la pensée critique et des anciennes sagesses locales, les cendres de ce sens du sacré qui habite toute créature.

    « Où donc est leur Dieu ? », se demandent les peuples. Oui, très chers amis, l’histoire nous le demande, et avant cela, notre conscience : appeler la mort par son nom, en porter les signes, mais témoigner de la résurrection. Reconnaître nos péchés pour nous convertir est déjà un présage et un témoignage de résurrection : cela signifie en effet ne pas s’arrêter dans les cendres, mais se relever et reconstruire. Alors, le Triduum pascal, que nous célébrerons au sommet du cheminement du Carême, libérera toute sa beauté et sa signification. Il le fera en nous ayant engagés, par la pénitence, dans le passage de la mort à la vie, de l’impuissance aux possibilités de Dieu.

    C’est pourquoi les martyrs d’hier et d’aujourd’hui brillent comme des pionniers de notre chemin vers Pâques. L’ancienne tradition romaine des stations de Carême – dont celle d’aujourd’hui est la première – est instructive : elle renvoie autant au mouvement, en tant que pèlerins, qu’à la pause – statio – auprès des “mémoires” des martyrs sur lesquelles s’élèvent les basiliques de Rome. N’est-ce pas une invitation à nous mettre sur les traces des témoignages admirables dont le monde entier est désormais parsemé ? Reconnaître les lieux, les histoires et les noms de ceux qui ont choisi la voie des Béatitudes et en ont assumé les conséquences jusqu’au bout. Une myriade de semences qui, alors qu’elles semblaient perdues, ensevelies dans la terre, ont préparé la moisson abondante qu’il nous appartient de récolter. Le Carême, comme nous le suggère l’Évangile, en nous libérant du désir d’être vus à tout prix (cf. Mt 6, 2.5.16), nous apprend plutôt à voir ce qui naît, ce qui grandit, et nous pousse à le servir. C’est l’harmonie profonde qui s’établit dans le secret de celui qui jeûne, prie et aime avec le Dieu de la vie, notre Père et celui de tous. C’est vers Lui que nous réorientons, avec sobriété et joie, tout notre être, tout notre cœur.

  • Le carême, temps de conversion

    IMPRIMER

    Un emprunt à nos frères orthodoxes sur le site sagesse-orthodoxe.fr :

    LE CARÊME, TEMPS DE LA CONVERSION

    On emploie l’expression « se convertir », mais, en fait, c’est le Seigneur qui nous rappelle. Il ramène son peuple de la captivité spirituelle, comme Il l’a, autrefois, ramené de la captivité de Babylone ou de l’esclavage d’Égypte. Le Seigneur attire l’homme à lui, Il l’appelle, Il le cherche et Il cherche à susciter en lui la nostalgie de son amour et de sa familiarité.  L’exemple du Fils débauché est très parlant : l’Esprit saint agit dans le cœur de l’homme et lui donne le désir de retourner vers le Père. Un théotokion du jeudi de la 4ème semaine de Carême (Cathisme III, t.7) exprime ce mystère en une prière : « Seigneur, nous sommes ton peuple, les brebis de ton bercail : vers toi ramène tes enfants dispersés ; sous ta houlette rassemble les brebis égarées, de ton troupeau aie pitié, bon Pasteur, par les prières de la Mère de Dieu, seul Ami des hommes et Seigneur sans péché. » Le psaume 50 l’annonce : « les impies reviendront à toi ».

    Dieu agit

    La conversion n’est pas un phénomène moral ; elle correspond à une action de Dieu. Cet appel adressé par Dieu à son peuple, et à chaque membre de ce peuple, était très fort chez les anciens, exprimé par la bouche des grands prophètes ; il est devenu encore plus profond depuis l’Incarnation, la Résurrection et la Pentecôte. Plus que jamais, le Seigneur agit de l’intérieur de l’homme pour l’appeler à la communion avec lui-même : « suis-moi ! ». Nous pouvons donc prier ainsi : Convertis-nous, ô Dieu de miséricorde ! « Convertis-moi, que je revienne ! », dit le prophète Jérémie (31, 18).

    Description

    Le désir d’être sauvé est une des façons dont le Seigneur nous appelle. « Lorsque je vois l’océan de cette vie soulevé par la tempête des tentations, j’accours à ton havre de paix et je te prie, ô Dieu de bonté : À la fosse rachète ma vie ! » (hirmos de la 6ème ode en ton 6). La pensée de la mort et de la brièveté de la vie nous réveille du sommeil de l’inconscience et de l’oubli qui nous tuent. Mais surtout le désir des biens à venir, la promesse d’une jouissance indéfinie auprès à l’ombre de l’amour, stimulent la conversion : Dieu « a promis, dans l’observance de ses commandements, immortalité de vie et jouissance des biens éternels » (anaphore de saint Basile)

    La conversion sera un véritable retour de l’esprit vers Dieu, un changement de la pensée, une révolution de la mentalité.  « Vos pensées ne sont pas mes pensées, dit le Seigneur » (Isaïe 55, 8). La conversion est un retournement dont l’enjeu est d’acquérir la pensée divine. Cherchons, dit saint Paul, à avoir la pensée du Christ (1 Co 2, 16).

    Méthode

    Comment le faire ? Il s’agit de changer nos habitudes. Nous sommes habitués au péché, à vivre loin de Dieu et de son Église. Nous sommes gagnés par les pensées et la mentalité du monde. Pour retrouver la mentalité du Christ et de ses disciples, il nous est proposé une période de recyclage, en quelque sorte, de remise à niveau, comme on le fait dans le monde professionnel, de rééducation volontaire. Saint Silouane le dit : nous pouvons remplacer des habitudes par d’autres habitudes, étant entendu que l’homme est un animal d’habitude. Nous devons nous habituer ou nous réhabituer à Dieu, à sa familiarité, à sa douceur, au bien-être qu’il y a à se trouver dans sa maison, chez lui, c’est-à-dire chez nous, puisque nous sommes ses fils et ses filles.

    Exerçons-nous ainsi au pardon, au non jugement, à la sobriété pour changer l’habitude de la gourmandise, à la fidélité aux offices et aux prières communautaires, à nous confesser plus fréquemment afin de communier plus souvent. Entraînons-nous à lire la parole de Dieu, à nous montrer aimables et prévenants avec notre prochain ; habituons-nous à un rythme régulier de prière quotidienne. Ces nouvelles habitudes vont véritablement changer notre vie quotidienne et toute notre mentalité, notre regard sur autrui et sur l’actualité.

    Le repentir

    La conversion n’est pas encore le repentir. Elle est une subversion dans nos habitudes mentales, alimentaires, affectives, voire sexuelles. Mais elle n’a rien à voir avec le repentir, parce qu’elle n’est qu’un changement – révolutionnaire, certes – dans l’organisation de la vie, une discipline de vie en quelque sorte. Mais le repentir est autre chose : c’est un sentiment douloureux de deuil ; un regret douloureux de ses fautes, du temps perdu dans le péché ; une vraie amertume de s’être si longtemps, et stupidement, privé de l’amour de Dieu. Le repentir est un passage de la « mortelle tristesse », ou de la tristesse morbide et mortifère, qui est celle du monde, à ce qu’on appelle la « componction » (Jeudi de la 4ème semaine de Carême, ode 9, théotokion). Celle-ci signifie un cœur blessé par la nostalgie de la familiarité de Dieu. « Pourquoi m’as-Tu repoussé loin de ta face, Lumière inaccessible ? Malheureux que je suis,  les ténèbres extérieures m’ont enveloppé ; fais-moi revenir je t’en supplie, et dirige mes pas vers la lumière de ta loi » (hirmos en ton 8 de la 5ème ode). Pour se muer en repentir, la conversion doit être animée par un cri douloureux, une lamentation, une supplication qui peut aller jusqu’aux larmes. La lecture des écrits de saint Silouane nous instruit beaucoup sur cela.

  • Une homélie de Benoît XVI pour la messe des Cendres

    IMPRIMER

    Du site du journal la Croix :

    Homélie de Benoît XVI pour la messe des Cendres

    13/02/2013

    « Frères vénérés,

    Chers frères et sœurs,

    Aujourd’hui, Mercredi des Cendres, nous entamons un nouveau chemin de Carême, chemin qui se déroule sur quarante jours et nous conduit à la joie de la Pâque du Seigneur, à la victoire de la Vie sur la mort. Selon la très ancienne tradition romaine des “stations” de Carême, nous sommes rassemblés pour la célébration de l’Eucharistie. Cette tradition prévoit que la première “station” ait lieu dans la basilique de Sainte-Sabine, sur la colline de l’Aventin. Les circonstances ont suggéré de se rassembler dans la Basilique Vaticane. Ce soir, nous sommes nombreux autour de la tombe de l’apôtre Pierre afin, aussi, de lui demander son intercession pour le chemin de l’Église en ce moment particulier, renouvelant notre foi dans le pasteur suprême de l’Église, le Christ Seigneur. Pour moi, c’est un moment approprié pour remercier chacun, spécialement les fidèles du diocèse de Rome, alors que j’apprête à conclure mon ministère pétrinien et pour demander un soutien particulier dans la prière.

    Les lectures qui ont été proclamées nous offrent des éléments qu’avec la grâce de Dieu, nous sommes appelés à transformer en attitudes et en comportements concrets au cours de ce Carême. L’Église nous propose tout d’abord l’appel très fort que le prophète Joël adresse au peuple d’Israël : « Parole du Seigneur : revenez à moi de tout votre cœur, dans le jeûne, les larmes et le deuil » (2, 12). Il faut souligner l’expression « de tout votre cœur » qui signifie : du centre de nos pensées et de nos sentiments, des racines de nos décisions, de nos choix, de nos actions, dans un geste de liberté totale et radicale. Mais ce retour à Dieu est-il possible ? Oui, parce que c’est une force qui ne vient pas de notre cœur mais qui se libère du cœur même de Dieu. C’est la force de sa miséricorde. Le prophète dit encore : « Revenez au Seigneur votre Dieu, car il est tendre et miséricordieux, lent à la colère et plein d’amour, renonçant au châtiment » (2, 13). Revenir au seigneur est possible comme “grâce” parce qu’elle est œuvre de Dieu et fruit de la foi que nous confions à sa miséricorde. Mais ce retour à Dieu devient une réalité concrète dans notre vie seulement lorsque la grâce du Seigneur pénètre dans l’intime et le secoue, nous donnant la force de « déchirer nos cœurs ». C’est encore le prophète qui fait résonner ces mots de la part de Dieu : « Déchirez vos cœurs et non pas vos vêtements » (2, 13). De fait, y compris de nos jours, nombreux sont ceux qui sont prêts à « déchirer leurs vêtements » en face de scandales et d’injustices – naturellement commises par d’autres – mais peu nombreux semblent être ceux qui sont prêts à agir sur leur propre ‘’cœur», sur leur propre conscience et leurs intentions pour laisser le Seigneur les transformer, les renouveler et les convertir.

    Ce « revenez à moi de tout votre cœur » est ensuite un appel qui s’adresse non seulement à l’individu mais à la communauté. Nous avons entendu dans la première lecture : « Sonnez de la trompette dans Jérusalem : prescrivez un jeûne sacré, annoncez une solennité, réunissez le peuple, tenez une assemblée sainte, rassemblez les anciens, réunissez petits enfants et nourrissons ! Que le jeune époux sorte de sa maison, que la jeune mariée quitte sa chambre ! » (2, 15-16). La dimension communautaire est un élément essentiel de la foi et de la vie chrétienne. Le Christ est venu « afin de rassembler dans l’unité les enfants de Dieu dispersés » (cf Jn 11, 52). Le « nous » de l’Église est la communauté dans laquelle Jésus nous réunit tous ensemble (cf Jn 12, 32) : la foi est nécessairement ecclésiale. Il est important de s’en souvenir et de le vivre en ce temps de Carême : que chacun d’entre nous sache que le chemin pénitentiel ne doit pas être vécu dans la solitude mais avec tant de frères et sœurs, dans l’Église.

    Le prophète, pour finir, s’arrête sur la prière des prêtres, lesquels, les larmes aux yeux, s’adressent à Dieu pour lui dire : : « N’expose pas ceux qui t’appartiennent à l’insulte et aux moqueries des païens ! Faudra-t-il qu’on dise : ‘Où donc est leur Dieu ?’ » (2, 17). Cette prière nous fait réfléchir sur l’importance du témoignage de foi et de vie chrétienne de chacun d’entre nous et de nos communautés pour exprimer le visage de l’Église et comment ce visage peut être parfois défiguré. Je pense en particulier aux fautes contre l’unité, aux divisions dans le corps ecclésial. Vivre le Carême dans une communion ecclésiale plus intense et plus évidente, en surmontant les individualismes et les rivalités, est un signe humble et précieux en direction de ceux qui loin de la foi ou indifférents.

    « Voici maintenant le moment favorable, voici maintenant le jour du salut ! » (2 Co 6, 2). Les paroles de l’apôtre Paul aux chrétiens de Corinthe résonnent encore pour nous avec une urgence qui n’admet ni absence ou inertie. Le mot « maintenant » répété plusieurs fois dit qu’on ne peut laisser fuir ce moment, que ce moment nous est offert comme une occasion unique et irremplaçable. Et le regard de l’Apôtre se concentre sur le partage par lequel le Christ a voulu caractériser son existence, assumant l’humanité jusqu’à prendre sur lui le péché des hommes. La phrase de saint Paul est très forte : Dieu « l’a fait péché pour nous ». Jésus, l’innocent, le Saint, « celui qui n’avait pas connu le péché » (2 Co 5, 21), prend sur lui le poids du péché, partageant avec l’humanité le résultat de la mort, et de la mort sur la croix. La réconciliation qui nous est offerte s’est faite au prix le plus fort, celui de la croix dressée sur le Golgotha, sur laquelle a été suspendu le Fils de Dieu fait homme. Dans cette plongée de Dieu au cœur de la souffrance humaine et dans l’abîme du mal se trouve la racine de notre justification. Le « revenez à Dieu de tout votre cœur » de notre chemin de Carême passe par la Croix, à la suite du Christ sur la route qui conduit au Calvaire, au don total de soi. C’est un chemin sur lequel il faut apprendre chaque jour à sortir toujours plus de notre égoïsme et de nos fermetures, pour faire place à Dieu qui ouvre et transforme le cœur. Et saint Paul rappelle comment l’annonce de la Croix résonne pour nous grâce à la prédication de la Parole, dont l’Apôtre lui-même est l’ambassadeur ; c’est un appel qui nous est lancé pour que ce chemin de Carême soit marqué par une écoute plus attentive et assidue de la Parole de Dieu, lumière qui illumine nos pas.

    Dans la page de l’Évangile de Matthieu, qui appartient à ce qu’on appelle le Sermon sur la montagne, Jésus se réfère à trois pratiques fondamentales prévues par la Loi de Moïse : l’aumône, la prière et le jeune. ; ce sont encore des indications traditionnelles de la démarche de Carême pour répondre à l’invitation qui nous est faite de « revenir à Dieu de tout son cœur ». Mais Jésus souligne que c’est la qualité et la vérité de la relation à Dieu qui qualifie l’authenticité de tout geste religieux. C’est ainsi qu’il dénonce l’hypocrisie religieuse, le comportement de ceux qui se veulent se montrer en spectacle, les attitudes de ceux qui cherchent les applaudissements et les approbations. Le vrai disciple ne sert ni lui-même, ni le « public », mais son Seigneur, dans la simplicité et la générosité : « Ton Père, qui voit dans le secret, te le revaudra » (Mt 6 4.6.18). Notre témoignage sera d’autant plus incisif que nous chercherons moins notre propre gloire et que nous aurons conscience que la récompense du juste, c’est Dieu lui-même, c’est d’être uni à Lui, ici, sur le chemin de la foi et au terme de la vie, dans la paix et la lumière du face-à-face avec Lui pour toujours (cf. 1 Co 13, 12).

    Chers frères et sœurs, commençons l’itinéraire du Carême, confiants et joyeux. Que l’invitation à la conversion, à « retourner à Dieu de tout notre cœur » résonne fortement en nous, dans l’accueil de sa grâce qui fait de nous des hommes nouveaux, l’accueil de cette surprenante nouveauté qui est la participation à la vie même de Jésus. Que personne d’entre nous ne reste sourd à cet appel qui nous est encore adressé à travers l’austère rite des cendres qui vont nous être imposées dans quelques instants. Que la Vierge Marie, Mère de l’Église et modèle de tout disciple authentique du Seigneur, nous accompagne dans cette démarche. Amen ! »

  • Carême 2026 : plusieurs plateformes proposent des parcours spirituels numériques

    IMPRIMER
    Plusieurs plateformes proposent des parcours spirituels numériques pour vous accompagner quotidiennement :
    • Hozana : Propose des communautés de prière et des méditations quotidiennes envoyées par email.
    • Prions en Église : Avec Prions en Eglise, “Le Seigneur est mon bonheur, chemin vers Pâques”. Chaque jour, recevez dans votre boîte mail la méditation du jour. C’est ainsi que Prions en Église vous accompagne sur le chemin vers Pâques et vous aide à ne pas abandonner. Ensemble, avançons pas à pas, à l’écoute de la Parole tout au long du Carême.

      Chaque jour, écoutez l’évangile et la méditation du père Sébastien Antoni et prenez le temps de lire le texte proposé. Par l’écoute et la lecture, la Parole s’installe dans votre quotidien, fortifie votre fidélité et prépare votre cœur à célébrer Pâques dans la joie. Découvrir et s’inscrire

    • Le Coach Carême (Chemin Neuf) : Un parcours de 40 jours avec saint Jean de la Croix particulièrement adapté à ceux qui découvrent ou redécouvrent la foi.
    • KTO TV : Retransmet en direct les grandes célébrations (comme les offices du Mercredi des Cendres à Notre-Dame de Paris) et propose des enseignements vidéo.
    • Hallow : Application de méditation chrétienne proposant des défis de prière et de jeûne structurés.
    • Carême 2026 avec Misericordia : Miséricordia, et si vous viviez un Carême missionnaire ? Misericordia vous invite cette année à vivre un carême différent, exigeant, authentique et… missionnaire ! Découvrez ce parcours de 40 jours qui vous invitera à revisiter les fondamentaux du Carême tout en vous permettant d’avancer de manière concrète dans votre vie de foi, dans votre relation au Seigneur et de vivre une expérience missionnaire impactante et concrète. Découvrir et s’inscrire
    • (Re)viens à la source du baptême : la proposition du Jour du Seigneur. Le Jour du Seigneur invite à vivre le temps de carême avec un nouveau parcours inspiré des trésors spirituels et liturgiques de l’Église. Inscrivez-vous ! Pour ce carême 2026, Le Jour du Seigneur vous propose de (re)venir à la source vivante du baptême. En communion avec toutes celles et ceux qui se préparent à recevoir ce sacrement dans la nuit de Pâques, et guidés par un des premiers prédicateurs de l’Église, Saint Cyrille de Jérusalem (IVè s), nous revisiterons pendant 7 semaines les grands signes du baptême, leur enracinement et leur sens profond. (Voir le parcours)
    • Avec Prie en Chemin, animerez-vous un petit groupe de partage ? Avec Prie en Chemin, vivez un carême de consolation et de conversion. Prie en Chemin s’associe au Secours Catholique et au CCFD pour vous proposer un parcours de Carême intitulé « Je serai avec toi ». À l’écoute de la Parole de Dieu et du partage de foi de frères et sœurs chrétiens ayant vécu la précarité, se dessinera un chemin de conversion à ce Dieu qui porte toujours secours. Il sera possible de cheminer avec d’autres au sein d’équipes fraternelles tout au long de ce temps de préparation à Pâques. Découvrir et s’inscrire en vidéo
    • Avec Retraites dans la ville des Dominicains : « Revenez à moi de tout votre cœur ». Vous vous sentez parfois déboussolés ? Votre vie spirituelle est au ralenti ? Vous avez la flemme de vous lancer dans un nouveau carême Carême dans la ville est fait pour vous ! « Revenez à moi de tout votre coeur » : cette parole du prophète Joël résonne avec force aujourd’hui. Un vibrant appel à la conversion pour un chemin de repentance authentique. Reprenons confiance dans la miséricorde du Seigneur ! Découvrir et s’inscrire
    • Avec Prier aujourd’hui, au fil des jours. Plongez dans le silence, à la rencontre de Dieu qui vous parle dans sa Parole ! Pour ce Carême 2026 : six semaines, six textes de la Bible et un podcast quotidien pour vous guider dans votre découverte de la Parole. Alors prenez une Bible, de quoi écrire, asseyez-vous tranquillement et… chut, écoutez-le ! Découvrir et s’inscrire
    • Carême 40 pour mieux aimer la Bible avec Fraternité Saint-Vincent-Ferrier Programme et inscriptions
    • Et aussi sur RCF Radio Notre-Dame
    • Et encore : Vivre le Carême autrement avec l’application YouPray https://youpray.fr/
  • Mercredi des Cendres : jeûne et abstinence

    IMPRIMER

    Le jeûne consiste à faire un seul repas pendant la journée, avec une alimentation frugale le matin et le soir. On ne doit rien manger entre les repas. Si on prend un repas à midi, on ne prend qu'une légère collation le soir.

    L'abstinence (s'abstenir de viande) s'impose, le mercredi des cendres, le vendredi saint et tous les vendredis de ce temps. D'ailleurs elle est demandée par l’Église, chaque vendredi de l’année en souvenir de la mort du Seigneur

    Notre ami Pierre Libert, nous adresse ce matin une petite recette mortifiante, qui vous plaira sûrement:

    « Alors que de nombreux chrétiens tiennent pour méprisables les mortifications corporelles, écoutons un Liégeois d’un autre temps, Guillaume de Saint-Thierry (1075-1148), ami de saint Bernard de Clairvaux, nous livrer une excellente recette pour le temps du Carême : « Pain noir et eau claire, choux et légumes sans apprêt, rien là pour flatter notre goût. Mais l’amour du Christ aidant, joint à l’appétit des joies intérieures, pouvoir, avec semblable chère, donner à un estomac bien dressé sa suffisance et son plaisir, quel délice »* Bon appétit à tous !

    * (Lettre aux Chartreux du Mont-Dieu, Paris, Cerf, collection Sources Chrétiennes, 1975, p. 213). »

    JPSC (archive 2014)

  • Homélie pour le Mercredi des Cendres

    IMPRIMER

    Du Père Joseph-Marie Verlinde sur homélies.fr (Archive 2004) :

    « Revenez à moi » : le Seigneur nous invite lui-même à cet acte d’audace inouïe qui consiste à revenir à lui, alors que dans notre folie, nous nous étions éloignés de la Source de tout bien. Et comme pour nous rassurer et vaincre nos ultimes résistances, il proteste de ses bonnes intentions : « Le Seigneur votre Dieu est tendre et miséricordieux, lent à la colère et plein d’amour, renonçant au châtiment » (1ère lect.) ; bien plus : « Il désire vous combler de ses bienfaits ».

    En ce jour où nous commençons par un saint jeûne le temps de pénitence du Carême, il est bon de nous imprégner de ces paroles pleines d’espérance, qui doivent orienter tout notre cheminement vers Pâques.

    Lire la suite

  • "Je ne vivrai pas un instant que je ne le passe en aimant" (Bernadette Soubirous)

    IMPRIMER

    Bernadette3.jpgC'est aujourd'hui la fête de sainte Bernadette Soubirous (1844-1879), elle qui déclarait : "C'est parce que j'étais la plus pauvre et la plus ignorante que la Sainte Vierge m'a choisie ".

    "Cette date à été choisie car c’est un 18 février que la Vierge Marie lui dit : « Je ne vous promets de vous rendre heureuse en ce monde, mais dans l’autre. » Bernadette avait 14 ans lorsqu’elle vit pour la première fois la Vierge. Fille aînée d’une famille de meunier que l’arrivée des moulins à vapeur jettera dans une extrême pauvreté, Bernadette SOUBIROUS est accueillie en janvier 1858 à l’Hospice de Lourdes dirigé par les Sœurs de la Charité de Nevers, pour y apprendre à lire et à écrire afin de préparer sa première communion. En février 1858, alors qu’elle ramassait du bois avec deux autres petites filles, la Vierge Marie lui apparaît au creux du rocher de Massabielle, près de Lourdes. Dix huit Apparitions auront ainsi lieu entre février et juillet 1858. Chargée de transmettre le message de la Vierge Marie, et non de le faire croire, Bernadette résistera aux accusations multiples de ses contemporains. En juillet 1866, voulant réaliser son désir de vie religieuse, elle entre chez les Sœurs de la Charité de Nevers à Saint-Gildard, Maison-Mère de la Congrégation. Elle y mène une vie humble et cachée. Bien que de plus en plus malade, elle remplit avec amour les tâches qui lui sont confiées. Elle meurt le 16 avril 1879 à 35 ans.

    Elle est béatifiée le 14 juin 1925 puis canonisée le 8 décembre 1933. Son corps retrouvé intact, repose depuis 1925, dans une châsse en verre dans la Chapelle. Chaque année, venant du monde entier, des milliers de pèlerins et de visiteurs, se rendent à Nevers pour accueillir le message de Bernadette." catholique.org

  • Sainte Bernadette Soubirous (18.2); "Je ne vous promets pas de vous rendre heureuse en ce monde mais dans l'autre."

    IMPRIMER

    bernadette.jpg

    Sainte Bernadette Soubirous[1]
    Décret de la S. Congrégation des Rites[2] sur l'héroïcité de ses vertus

    source : missel.free

    Le 18 novembre 1923 eut lieu dans la salle ducale au Palais du Vatican la cérémonie de lecture solennelle du Décret sur l'héroïcité des verus de la Vénérable Bernadette Soubirous. Cette Cause « intéresse l'univers catholique tout entier » à cause des rapports qui la rattachent au grand fait de Lourdes, et dans une lettre à ses diocésains Mgr. Chatelus, évêque de Nevers, déclare qu'elle est « particulièrement chère au Pape [ancien pélerin de Lourdes], qui en possède tous les détails et en désire le succès ».

    Sur cette question : « Est-il bien établi, dans le cas et pour l'effet dont il s'agit, que les vertus théologales de Foi, d'Espérance et de Charité envers Dieu et le prochain, ainsi que les vertus cardinales de Prudence, de Justice, de Force et de Tempérance et leurs annexes, ont été pratiquées à un degré héroïque ? »

    Lire la suite

  • Fra Angelico : quand la sainteté habite l'art

    IMPRIMER

    unnamed.jpg

    Fra Angelico est fêté le 18 février.

    De Vincent-Marie Thomas est prêtre et docteur en philosophie sur le site de "1000 raisons de croire" :

    Fra Angelico : un art habité par la sainteté

    Fait unique, c’est essentiellement pour ses œuvres que celui que l’histoire a retenu sous le nom de Fra Angelico a été déclaré bienheureux. Né Guido di Pietro, devenu en religion frère Jean de Fiesole (Giovanni da Fiesole), il reçoit de Vasari, dans sa célèbre biographie, ce surnom d’« Angelico » qui finira par éclipser ses autres noms. Aucun peintre n’a sans doute rendu aussi perceptibles, dans la matière même de ses œuvres, les vertus surnaturelles de foi, d’espérance et de charité que tout chrétien reçoit au baptême et est appelé à faire croître par des actes répétés et approfondis.


    Les raisons d'y croire

    • La famille du futur Fra Angelico est prospère ; ce dernier pourrait ne vivre que de son talent, car il se révèle habile peintre dès sa jeunesse. Il choisit pourtant d’entrer dans l’ordre dominicain, c’est-à-dire de faire vœu de pauvreté. Il renonce aussi, par le vœu religieux de chasteté, à l’affection d’une épouse et à fonder une famille, et à son indépendance en se mettant sous l’obéissance de son prieur. Ainsi, après ses vœux, n’accepte-t-il jamais aucune commande sans avoir obtenu d’abord l’accord de son prieur.
    • Le dominicain se distingue aussi par son humilité. Constatant sa vertu et sa réputation de sainteté, le pape Nicolas V envisage de le nommer archevêque de Florence. Fra Angelico supplie alors le souverain pontife d’y renoncer et lui propose un autre frère, Antonin, qu’il estime plus apte à cette charge. L’avenir confirmera ce discernement : frère Antonin gouvernera le diocèse avec sagesse et charité, et sera plus tard canonisé. En s’effaçant ainsi pour mettre en avant celui qu’il juge plus digne que lui, Fra Angelico manifeste un désintéressement et une droiture de cœur qui éclairent toute sa vie.
    • Fra Angelico est d’abord miniaturiste, c’est-à-dire qu’il illustre les grands livres liturgiques utilisés en commun à l’office divin. Il laisse ainsi pour la postérité aux couvents San Marco de Florence et San Domenico de Fiesole « plusieurs livres d’église, ornés de miniatures d’une beauté merveilleuse, exécutées avec un soin incroyable » (Vasari). Plus tard, Fra Angelico ornera à la demande de Nicolas V des livres du palais apostolique. Cette habileté se retrouve dans ses grandes compositions. Commentant les visages du tableau du maître-autel du couvent Saint-Marc, Vasari note : « On ne saurait rien imaginer de plus soigné, de plus fin et de mieux entendu que ces ravissantes figurines. »
    • Au travail du miniaturiste succèdent les commandes de fresques. C’est là que le génie de Fra Angelico se révèle vraiment. Il parvient à exprimer visiblement la vie spirituelle intense, toute tournée vers Dieu, de ses sujets. Touchant le même tableau, on lit dans Le Vite de’ più eccellenti Pittori (de Vasari) : « On ne peut se défendre d’un sentiment profond de dévotion en voyant cette Vierge et ces saints qui respirent la candeur et la bonté. »
    • Ainsi, à propos du tabernacle peint de l’église San Domenico de Fiesole : « La multitude de figurines que l’on y voit au milieu d’une gloire céleste sont si belles qu’elles paraissent tombées du paradis. On ne peut se rassasier de les contempler. » Et concernant l’Annonciation d’une chapelle de la même église : « Les attitudes et les physionomies de tous ces personnages sont si habilement variées que l’on éprouve un plaisir incroyable à les regarder. Il semble que ces bienheureux esprits ne pourraient être autrement dans le Ciel, s’ils avaient un corps. »
    • L’Annonciation, du Prado, introduit pour la première fois l’utilisation d’une lumière diaphane, qui, en enveloppant la composition et en rehaussant ainsi les couleurs et les volumes des figures, l’unifie. Une loggia ouverte enchâsse la scène. Du jardin fleuri, sur lequel donne la loggia, un ange chasse Adam et Ève. Cette dernière regarde vers Marie, qui, par son oui, efface par avance la faute originelle. À Ève (Eva en latin) répond la salutation angélique (Ave) qui apporte le salut aux hommes. Un long faisceau de rayons dorés s’échappe d’un soleil d’or où l’on voit les mains du Père. Parvenue au terme de ce rayon, une colombe blanche figure le Saint-Esprit qui vient accomplir son œuvre en Marie.
    • Le Jugement dernier (entre 1431 et 1433), destiné à orner le chœur du couvent camaldule de Santa Maria degli Angeli, à Florence, représente les morts sortis de leur tombeau, au son de la trompette des anges : les réprouvés sont emmenés par les démons en enfer, où l’on voit d’autres personnes souffrir de leurs propres vices, tandis que les bons sont conduits en liesse vers le paradis, vers lequel ils dansent en décrivant une ronde. Au sommet du panneau se trouve le Christ, au centre d’un nimbe en amande où volent des chérubins aux ailes rouges dans une lumière dorée. La Vierge Marie à sa droite, saint Jean-Baptiste à sa gauche et de nombreux saints l’entourent.
    • La Déposition (exécutée entre 1432 et 1434 pour la sacristie de la basilique florentine Santa Trinita) présente la scène sacrée dans des couleurs claires, lumineuses et brillantes, agencées dans une délicate harmonie tonale : la lumière terrestre est le reflet de l’ordre divin, qui n’est que lumière. La mort du Christ sur la croix rétablit en l’effet l’ordre originel, brisé par le péché d’Adam.
    • « Les saints qu’il peignit, écrit Vasari, se distinguent par un aspect divin que l’on ne rencontre chez aucun autre artiste. » Ce don semble bien provenir de sa vie de prière intense : « Il ne représenta jamais le Sauveur sur la Croix sans que ses joues fussent baignées de larmes ; aussi les visages et les attitudes de ses personnages laissent-ils deviner toute la sincérité de sa foi. »
    • Il ne retouche jamais ses peintures (excepté les fresques, qui sont peintes sur un support humide). Il croit en effet que Dieu veut les premiers traits esquissés, qui sont donc seuls justes. N’est-ce pas là insinuer une inspiration divine ?
    • Vasari conclut, en publiant le surnom du frère Jean de Fiesole, qui éclipsera son nom : « On croit voir l’œuvre, non d’un homme, mais d’un ange : aussi notre bon religieux fut-il toujours bien justement appelé Fra Giovanni " Angelico ". »
    • Fra Angelico a su mettre en œuvre, avec un réel talent, les recherches nouvelles de son temps, la composition en perspective et une attention plus soutenue à la figure humaine, sans rien abandonner des valeurs reçues de l’art médiéval : la fonction d’enseignement propre à l’art sacré et le sens mystique de la lumière. Lorsque Côme de Médicis lui confie la décoration du couvent Saint-Marc, qu’il vient d’offrir aux dominicains, Fra Angelico peint dans la salle du chapitre une Crucifixion entourée de saints ; au-dessous, autour de saint Dominique, il fait figurer les papes, cardinaux, évêques, saints et maîtres en théologie de son ordre. Vasari remarque que « grâce à l’aide que Fra Giovanni trouva chez les moines de son couvent qui firent des recherches en divers lieux, il introduisit dans cet ouvrage des portraits d’une authenticité incontestable ». Ainsi l’exigence historique se joint à la dévotion, et la nouveauté formelle ne rompt en rien avec la fidélité à la tradition.
    • Fra Angelico sait donc combiner en son art la dévotion à Dieu et aux saints (c’est ce qu’on appelle la vertu de religion) et les principes nouveaux de la Renaissance italienne en peinture. Son œuvre peinte prouve qu’opposer modernité et religion est un faux problème. Dieu n’est-il pas l’auteur de tout ce qui existe ? Comment Dieu pourrait-il mésestimer l’art, entendu comme la capacité à rendre sensible à l’œil la beauté qui est partout présente dans la nature – l’homme faisant partie de la nature ? Seul un art visant à abîmer la nature et à la salir (et donc aussi à blesser l’homme) peut lutter contre Dieu.
    • C’est pourquoi Vasari porte ce jugement : « Un talent comme celui de Fra Angelico ne pouvait et ne devait appartenir qu’à un homme de sainte vie. Les peintres qui traitent de sujets pieux doivent être pieux eux-mêmes. »

    En savoir plus

    Vers 1395, au hameau de Rupecanina, dans la vallée du Mugello (dans la périphérie nord de Florence) naît Guido di Pietro. On ne sait pas grand-chose de sa famille, si ce n’est que son père s’appelait Pietro. Le cadet de Guido, Benedetto, deviendra aussi dominicain. Guido suit d’abord un apprentissage dans le Mugello, puis dans les ateliers de Lorenzo Monaco, auprès duquel il apprend l’art de l’enluminure, et du peintre Gherardo Starnina, à Florence.

    Les novices n’étaient pas autorisés à peindre durant la première année qui suivait leurs vœux ; or Guido exécute pourtant, dès 1418, sous la direction d’un maître florentin, un retable aujourd’hui disparu pour une chapelle de l’église Santo Stefano al Ponte. D’autre part, une croix peinte pour l’hospice Santa Maria Nuova par « le frère Giovanni » du couvent San Domenico de Fiesole est attestée quelques années plus tard. On en déduit que ses vœux religieux ont probablement été prononcés au début des années 1420, dans ce couvent de stricte observance.

    Fra Giovanni peint ensuite un saint Jérôme dans la manière de Masaccio, puis le retable dit de Fiesole (la Vierge assise, tenant l’Enfant debout sur ses genoux, entourée d’anges en adoration), ainsi qu’une Annonciation aujourd’hui conservée au musée du Prado. Deux autres Annonciations suivront, visibles à San Giovanni Valdarno et à Cortone. Il réalise aussi plusieurs grandes compositions mariales, dont deux Couronnements de la Vierge conservés respectivement à Florence et à Paris, ainsi qu’un triptyque de saint Pierre martyr commandé par les dominicaines observantes du monastère San Pietro Martire, rattaché aux dominicains de Fiesole.

    L’art de Fra Giovanni hérite du gothique tardif (ornementation soignée, détails précieux, figures élancées), mais il donne à ses personnages un volume plus solide, en les inscrivant dans un espace réaliste régi par les lois de la perspective. Plusieurs Vierges à l’Enfant, conservées notamment à San Marco et à Francfort, témoignent de cette synthèse et comptent parmi les œuvres majeures de sa maturité.

    En 1438, une partie des dominicains de Fiesole s’installe au couvent Saint-Marc de Florence, que Côme de Médicis vient de leur offrir. Fra Angelico participe au transfert, tout en conservant sans doute encore quelque temps son atelier à Fiesole, avant de s’établir définitivement à Saint-Marc. La décoration du couvent devient alors un vaste chantier : retable peint a tempera, cloître, réfectoire, salle capitulaire, couloirs et cellules ornées d’épisodes de la vie du Christ. Aujourd’hui encore, ces fresques conduisent à l’admiration et à la contemplation.

    Quelques années plus tard, Fra Angelico séjourne à Rome, au couvent de la Minerve, pour répondre aux commandes pontificales. Les travaux confiés par Eugène IV ont disparu, mais son successeur lui demande de décorer la chapelle dite Niccoline, consacrée aux saints Étienne et Laurent ; il intervient également à la cathédrale d’Orvieto.

    Revenu en Toscane, il est nommé prieur de San Domenico. De cette période datent notamment le Retable de Bosco ai Frati (Retable du bosquet des frères) et les panneaux de l’Armadio degli Argenti (Armoire aux argents), conservés à Saint-Marc, ainsi qu’un tondo de l’Adoration des Mages, où la foule se presse sous une arche de pierre pour venir, au premier plan, s’agenouiller devant l’Enfant.

    Il retourne ensuite à Rome pour achever un retable dont ne subsistent que des fragments. Il y meurt en 1455 et est enseveli à la Minerve. Jean-Paul II le béatifie en 1982.

    Vasari a écrit, à propos de ses œuvres : « On ne peut se rassasier de les contempler. » Ce jugement vaut sans doute pour toutes. Fra Angelico ne se contente pas de peindre des scènes sacrées : il ouvre une fenêtre sur le Ciel. Ses images réveillent, au cœur de l’homme d’aujourd’hui, le désir de la Patrie perdue, trop souvent étouffé par le « divertissement » dont parle Pascal ou par cette « région de la dissemblance » évoquée par saint Augustin. En montrant la lumière du Christ, elles rappellent silencieusement le but véritable de la vie humaine.

    Docteur en philosophie, Vincent-Marie Thomas est prêtre.


    Aller plus loin

    Giorgio Vasari, Le Vite de’ più eccellenti Pittori, Scultori, e Architettori, Scritte, e di nuovo Ampliate da M. Giorgio Vasari Pit. e Archit. Aretino, Firenze, Giunti, 1568. Il s’agit de la deuxième édition, augmentée. La notice sur Fra Angelico se trouve au volume II, p. 358-365. Disponible en ligne (en italien). Une traduction française est disponible.


    En complément

    • Michel Feuillet, Fra Angelico : l’invisible dans le visible, Paris, Mame, 2017, 220 pages ; L’Enfance de Jésus selon Fra Angelico, Paris, Desclée de Brouwer, 2017, 148 pages.
    • Stephan Beissel, Fra Angelico : Painter of Heavenly Grace, Parkstone International, 2019, 256 pages.
    • Giorgio Bonsanti, Beato Angelico. Catalogo completo, Firenze, Octavo-Franco Cantini, « Biblioteca d’Arte », 1998, 173 pages.
    • John W. Pope-Hennessy, Angelico, New-York, Harper and Row, 1981, 79 pages.
    • Nathaniel Silver (ed.), Fra Angelico : Heaven on earth, Boston, Musée Isabella Stewart Gardner, 2018, 250 pages.
  • Mardi gras et Mercredi des Cendres

    IMPRIMER

    Du Père Roch Valentin sur le site du diocèse de Belley-Ars :

    Mardi gras et mercredi des cendres

    Après le carnaval et ses festivités, nous entrons dans le temps du carême. Pour tout savoir sur le sens du mardi gras et du mercredi des cendres, début du temps liturgique du carême.

    Le Carnaval et mardi gras

    La semaine précédant le mercredi des Cendres, c'est le carnaval, temps de fantaisie avant l'austérité. Et le dernier jour du carnaval, c'est le mardi gras. Ce sont les dernières réjouissances avant de se lancer résolument dans le temps de la pénitence. C'est le dernier moment pour consommer les provisions d'aliments « gras » dont on se passera en carême. Il est de tradition de faire des crêpes ou des bugnes (appelées merveilles ou oreilles suivant les régions). Cela nous rappelle le temps où, pour écouler les oeufs avant de n'en plus manger pendant le carême, on les consommait dans la pâte à crêpe, à beignet... Mais les oeufs sans réfrigérateurs ne se conservent pas six semaine, et les poules ne cessent pas de pondre parce qu'on ne mange pas leurs oeufs, alors, à la mi-Carême (4e dimanche dit de Laetare), on recommencera, avant de se replonger avec sérieux dans nos efforts. Et enfin, à Pâques, on les décorera avant de les cacher dans le jardin.

    Le mercredi des Cendres

    La Bible

    Dans la Bible, les cendres sont la manière de confesser publiquement sa faute et d'exprimer sa volonté de changer de vie. Pensons à la grande ville de Ninive dont le roi, en entendant la prédication de Jonas annonçant la destruction dans quarante jours, ordonne à tous les habitants, hommes et animaux, de jeûner et de faire pénitence avec un sac comme habit et dans la cendre. Se couvrir la tête de cendre, c'est aussi dans l'Ancien Testament, la manière de se préparer à prier le Seigneur de façon à être entendu. Nous voyons cela par exemple avec la reine Esther qui quitte tous ses atours et se couvre de cendre pour prier avant de se parer à nouveau pour se présenter devant le roi et intercéder en faveur du peuple juif. Les livres de Sagesse, eux, montre par cette réalité poussiéreuse la fugacité de la vie, la pauvreté de l'existence, invitant à ce confier davantage au Seigneur.

    L'origine

    Dans l'Antiquité chrétienne, le carême était la période de préparation à la réintégration des pénitents. Les pénitents étaient des chrétiens ayant commis des fautes graves et désirant retrouver la communion avec Dieu dans l'Eglise. Pour cela, ils confessaient en secret à l'évêque leurs péchés et étaient admis ensuite publiquement dans l'ordre des pénitents en recevant les cendres sur la tête. A la fin de la période de pénitence faite de renoncements, de charité et de prière intense, ils recevaient l'absolution de l'évêque le Jeudi Saint et retrouvaient leur place parmi les fidèles pour célébrer Pâques. Jusqu'au VIe siècle, cette cérémonie avait lieu le 6e dimanche avant Pâques, mais avec Grégoire le Grand, elle a été avancée au mercredi précédant pour totaliser 40 jours de pénitence, car les dimanches n'en sont pas. Mais dès cette époque, le Pape lui-même se faisait imposer les cendres en signe de pénitence et de préparation à Pâques. Cela se faisait à la basilique Sainte-Anastasie au Palatin, avant de monter pieds nus à Sainte-Sabine sur l'Aventin pour la première prédication de carême. Elle lui rappelait que, tout pape qu'il était, il était poussière et y retournerai. Ce signe de la pénitence est désormais reçu par tous les fidèles catholiques. Mais se souvenir de son origine doit nous inciter à bien nous confesser avant la grande fête, même si nous ne faisons plus publiquement notre pénitence, à entrer véritablement dans une logique de conversion et d'intensification de la vie chrétienne.

    Aujourd'hui

    La liturgie du mercredi des cendres, de nos jours, peut être célébrée soit au cours d'une célébration de la Parole, soit au cours de la messe. On entend toujours l'évangile selon saint Matthieu (chapitre 6) dans lequel le Christ nous apprend à faire l'aumône, à prier et à jeûner dans le secret, sous le seul regard de notre Père. Ça sera notre feuille de route pour le carême. Après l'homélie, le prêtre bénit les cendres, produites en principe par l'incinération des rameaux de l'année précédente. Puis il s'impose à lui-même la cendre, s'il n'y a pas d'autre prêtre pouvant le lui faire, et ensuite il l'impose à chaque fidèle, soit en en répandant un peu sur la tête, soit en marquant le front en signe de croix. Il joint à ce geste ces mots : « Convertissez-vous et croyez à l'Evangile. » C'est l'exhortation à entrer en vérité dans le carême. Ou encore : « Souviens-toi que tu es poussière et que tu retourneras en poussière. » C'est l'invitation à accepter notre condition mortelle du fait du péché, dans la confiance que Dieu peut nous pardonner et nous ressusciter.

    Jour de jeûne et d'abstinence

    Ce jour est l'un des deux seuls jours de jeûne et d'abstinence de l'année (avec le Vendredi Saint), ne passons pas à coté. Pour mémoire, tous les vendredis de l'année, c'est abstinence. C'est-à-dire qu'on s'abstient de viande, d'alcool, de tabac... et on prend plus de temps pour la prière et le partage. Les vendredis de carême, en France, c'est spécifiquement de viande que l'on s'abstient. Les jours de jeûne, on s'abstient de viande et se prive substantiellement de nourriture selon son âge et ses forces.

  • Le Mardi Gras est aussi le jour où l'on célèbre la fête de la Sainte Face

    IMPRIMER

    Au XIX° siècle, Marie de Saint-Pierre et de la Sainte Famille est connue pour avoir initié la dévotion à la Sainte Face de Jésus et Maria Pierina De Micheli réputée pour avoir été une « apôtre de la Sainte Face ». Ce siècle ouvre en effet la voie à l'ensemble de la dévotion romaine des reliques, des corps saints et images miraculeuses, dans un processus de « recharge sacrale » ou de relance dévotionnelle des sanctuaires de pèlerinage, ébranlées par la contestation interne du XVIII° siècle, appelé le « siècle des Lumières. »

    La dévotion à la Sainte-Face de Jésus a été approuvée par le Pape Léon XIII en 1885

    La première médaille de la Sainte-Face a été offerte au Pape Pie XII qui a approuvé la dévotion et la médaille. En 1958, le pape a officiellement déclaré que la fête de la Sainte-Face de Jésus, serait le mardi précédant le mercredi des Cendres (mardi gras) pour tous les catholiques romains. La Sainte Face, manifestée dans le voile de Manoppello en Italie, miraculeusement apparu, attire de nombreux pèlerins qui viennent adorer la Sainte Face de Jésus. (source)

    D'Ermes Dovico sur le site de la Nuova Bussola Quotidiana :

    Le visage de Jésus, la lumière pour notre millénaire

    21-02-2023

    Ce mardi, c'est la fête de la Sainte Face, souhaitée par Jésus et encore peu répandue, mais qui a une base solide dans les Écritures et dans les enseignements des saints. Parmi eux, le pape Jean-Paul II, qui, dans Novo millennio ineunte, a indiqué la "contemplation du visage du Christ" comme la voie à suivre pour l'Église et le monde.

    "Ta face, Seigneur, je la cherche" [Ps 27 (26), 8]. Les paroles du psalmiste résonnent avec une intensité particulière en ce mardi précédant le mercredi des Cendres et coïncident donc avec le jour indiqué par Jésus, dans ses révélations à la bienheureuse Maria Pierina de Micheli, pour célébrer la fête de sa Sainte Face. Cette fête n'est pas encore très répandue dans l'Église (comme l'a rapporté à plusieurs reprises la Nuova Bussola) et se limite surtout à l'initiative de prêtres dévots et de quelques instituts religieux ayant le charisme spécifique de l'adoration de la Sainte Face.

    Lire la suite