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Au rythme de l'année liturgique - Page 2

  • La famille, cellule de base de la société (homélie pour le dimanche de la Sainte famille)

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    La famille, cellule de base de la société

    homélie de l'abbé Christophe Cossement pour la fête de la Sainte Famille (archive 2013):

    Dans l’exhortation apostolique du pape François, Evangelium gaudium, on lit que la famille est importante pour l’Église car « il s’agit de la cellule fondamentale de la société, du lieu où l’on apprend à vivre ensemble dans la différence et à appartenir aux autres et où les parents transmettent la foi aux enfants ».

    En cette fête de la Sainte Famille nous voulons fêter toutes les familles, avec une tendresse particulière pour celles qui vivent des épreuves, en les regardant comme les cellules fondamentales nécessaires à la société. Il y a une forme de famille qui a été avalisée par le parlement mais à laquelle les Églises s’opposent, c’est la famille fondée sur le mariage homosexuel. Cette opposition ne vient pas d’une attitude rigide tournée vers le passé, mais de cette constatation toute simple  : pour donner la vie à un enfant il faut d’une façon ou d’une autre toujours un homme et une femme. La stérilité de la relation homosexuelle n’est pas une maladie, elle est dans l’ordre des choses, elle est normale, et il ne faut pas nier la réalité en imaginant des stratagèmes pour imiter la famille fondée sur l’union de l’homme et de la femme. Ce qui ne veut pas dire que nous les chrétiens devons approuver le fait qu’une société rendrait difficile la vie des personnes homosexuelles. Au contraire, c’est aussi avec amitié que nous devons entourer les familles qui existent déjà, quelles que soient leurs blessures.

    La famille est le lieu où l’on apprend « à appartenir aux autres ». Ce point me semble fondamental dans la société d’aujourd’hui toujours tentée par plus d’individualisme et donc de repli sur soi. Cette appartenance mutuelle se réalise en vivant dans le don de soi aux autres. La maman, le papa se donnent pour leur enfant, et qui pourra rendre à ses parents tout ce qu’ils lui ont donné, à commencer par le précieux don de la vie — qui n’appartient à personne ? À leur tour les enfants sont invités à se donner eux-mêmes dans la famille, par toutes sortes de services rendus gratuitement. Heureuses les familles où l’on entretient cette dimension du don gratuit en résistant à la marchandisation des tâches ! C’est le seul moyen de préparer l’avenir que d’apprendre aux jeunes à vivre comme des êtres capables de se donner eux-mêmes et de le faire dans la fidélité, durablement, au-delà de ce qui peut rapporter quelque chose.

    Ce que vit la Sainte Famille dans l’évangile de ce jour (Mt 2,13) nous fait accueillir dans cette célébration la situation de tant de familles qui vivent dans des camps de réfugiés, au Sud-Soudan, en Centrafrique, au Liban et dans les pays voisins de la Syrie, à l’est du Congo, aux Philippines, et encore maintenant en Haïti ou en Inde. Et la situation de ces familles chrétiennes qui vivent dans la menace perpétuelle d’un attentat. Nous pensons aussi à toutes les familles éprouvées parce qu’un des membres est gravement malade ou disparu trop tôt, et à toutes les familles blessées parce qu’on ne sait pas s’y aimer ou parce qu’il y a de la méchanceté, de la perversité ou de l’esprit de vengeance. Tant de famille que Dieu nous invite à porter dans notre cœur, pour que par la rencontre entre ces situations et l’Esprit Saint dans notre cœur puisse naître l’ébauche d’un monde nouveau, d’un geste, d’une prière qui commence à changer le monde.

    Comment surmonter tout ce qui blesse les personnes et les familles ? Le pape propose dans sa lettre de tisser à nouveau des liens, d’intensifier la proximité avec ceux qui nous entourent et qui nous sont présentés par le Seigneur. C’est le sens des lectures que nous avons entendues  : honorer son père, glorifier sa mère (Si 3), non pas qu’ils soient irréprochables mais parce que ce qui est digne de l’homme, ce qui le fait grandir et qui peut guérir même les péchés c’est l’amour, c’est la main tendue, c’est le cœur ouvert, c’est la présence affectueuse — et ils sont rares les cas où il faut se protéger en coupant les ponts, cela doit rester l’exception des exceptions. Intensifier les liens, nous devons le faire aussi avec ceux qui sont dans notre quartier, avec ceux qui arrivent de loin et qui sont éprouvés par une vie difficile — ceux que l’on appelle les sans-papiers. C’est à une nouvelle communion de la famille humaine que nous sommes appelés.

    Que le Seigneur nous aide à construire le monde de demain, par notre vigilance au service du renouveau des familles, cellules de base de la société !

  • Comment fut ce premier Noël du point de vue de saint Joseph et que peut nous apprendre son attitude ?

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    De Luke Coppen sur le Pillar :

    L'évêque Varden : « Saint Joseph est le saint patron de l'altruisme »

    Comment fut ce premier Noël du point de vue de saint Joseph et que peut nous apprendre son attitude ?

    Regardez les cartes de Noël que vous avez reçues jusqu'à présent en décembre. Pouvez-vous voir la figure de saint Joseph ?

    Détail de « Saint Joseph avec un plan et une équerre », par Jusepe de Ribera (1591-1652). Crédit : Domaine public.

    Il est fort probable qu'il soit présent quelque part, mais sans doute pas au premier plan. Malgré son rôle essentiel dans la Nativité du Christ, saint Joseph est généralement un personnage secondaire, une présence douce et attentive en marge.

    Mais comment saint Joseph a-t-il vécu ce premier Noël ? Comment a-t-il réagi face à l’Incarnation ? Que peuvent nous apprendre son attitude et ses actions ?

    Le magazine The Pillar a posé ces questions à Mgr Erik Varden, moine trappiste et auteur spirituel qui dirige la prélature territoriale de Trondheim (Norvège) depuis 2020.

    Peu après avoir reçu les questions, l'évêque s'est rendu à la prélature territoriale voisine de Tromsø, où il exerce les fonctions d'administrateur apostolique depuis 2023. La ville insulaire de Tromsø est en pleine nuit polaire, période durant laquelle le soleil reste sous l'horizon toute la journée. Cependant, la ville n'est pas plongée dans une obscurité perpétuelle. En début d'après-midi, la lumière est suffisante pour baigner les fjords et les montagnes environnants d'un bleu profond .

    Coïncidence ou non, le dernier livre de l'évêque Varden, un recueil d'essais sur l'espoir, s'intitule « Vers l'aube ». Son prochain ouvrage, dont la publication est prévue en 2026, sera basé sur sa série « Pères du désert en un an » .

    Serait-il juste de dire que le premier Noël — la naissance du Sauveur — survint à une période de profonds bouleversements dans la vie de saint Joseph ?

    C’est ce que nous disent les Écritures. Dans l’Évangile selon Matthieu, nous lisons que Joseph, apprenant la grossesse de Marie, résolut de la répudier. Il le ferait « discrètement », par bonté, mais romprait tout de même les liens du mariage. Cette grossesse lui faisait penser que celle qui devait être son épouse l’avait soit trahi, soit était compromise au point de ne pouvoir en parler ; dans les deux cas, la perspective d’un avenir commun lui paraissait impossible.

    C’est alors que l’ange intervient et révèle à Joseph la situation : la vie conçue en Marie vient du Saint-Esprit ; le Fils qu’elle portera est l’accomplissement d’une prophétie ; il sauvera son peuple de ses péchés ; c’est pourquoi Joseph ne doit pas avoir peur. Cette exhortation à l’absence de crainte, qui traverse tout le Nouveau Testament, est présente dès le début : dans l’Annonciation à Marie, puis dans les paroles rassurantes de l’ange à Joseph.

    Face à l'intervention divine dans l'histoire, les êtres humains, même les plus vertueux, réagissent avec trouble et angoisse. Il est déstabilisant de voir sa vie bouleversée par la grâce ; il faut du temps pour adopter une perspective divine sur les affaires humaines.

    En iconographie, certaines représentations de la Nativité du Christ intègrent un détail facile à négliger : la tentation de saint Joseph. Assis légèrement à l’écart de la grotte où se trouvent la Vierge et l’Enfant, et ressemblant étrangement au Penseur de Rodin , Joseph est approché par un démon (rappelons que le mot grec diabolos signifie « celui qui déchire ») déguisé en berger inoffensif.

    On peut imaginer le genre de choses que cet homme aurait chuchotées à l'oreille de Joseph : « Tu ne crois pas sérieusement à ce rêve absurde ? Tu penses que Dieu intervient comme ça ? Fuis tant que tu le peux ! »

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  • L'Apôtre saint Jean est saint Jean l'Evangéliste

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    Du Forum Catholique (Jean-Paul Parfu) :

    L'Apôtre saint Jean est saint Jean l'Evangéliste

    St Jean l'Apôtre était originaire de Galilée. Il était, avec St Jacques le Majeur, l'un des Fils de Zébédée et de Marie Salomé. Comme St Paul un peu plus tard, qui était originaire de Tarse dans l'actuelle Turquie, le futur St Jean devait faire des études à Jérusalem et avait dû être repéré par le Grand-Prêtre, en raison de son intelligence et de sa spiritualité.

    Jean Ferrand a écrit un magnifique post sur le sujet, que je reproduis intégralement ci-dessous, et auquel je renvoie en bas de page. St Jean l'Apôtre et St Jean l'Evangéliste sont une seule et même personne, conformément à la Tradition. (...)

    "Le roman du prêtre Jean", par Jean Ferrand

    "Plus qu’une nouvelle biographie de Jésus, le livre de Petitfils est un roman, je n’ose pas dire un roman-feuilleton, qui entend montrer qu’en réalité l’apôtre Jean n’était pas l’apôtre Jean mais un disciple secret, un prêtre du Temple de Jérusalem, portant le même nom de Jean (puisque les écrits qu’il nous a laissés sont placés sous ce vocable).

    Ce prêtre se serait trouvé par hasard au Jourdain, au moment du baptême de Jésus. Ou plutôt, il aurait fait partie de la délégation « des prêtres et des lévites » (Jn 1,19), descendue de Jérusalem pour interroger Jean-Baptiste, et il se serait secrètement rallié à sa cause ainsi que, subséquemment, à celle de Jésus.

    Il devient disciple de Jésus dès le Jourdain et le suit à Cana, où il rencontre pour la première fois Marie. Il assiste au miracle, descend à Capharnaüm, puis remonte presque aussitôt à Jérusalem pour la première Pâque du ministère public. Il approuve l’action de Jésus qui purifie le Temple de ses marchands. Naturellement, il est sur place pour l’entretien de Jésus avec Nicodème. Mais il ne le suit plus dans le reste du ministère judéen puis galiléen. Il aura en permanence ses antennes auprès de lui pour le renseigner sur les faits et sur son enseignement. Quels furent ses informateurs, toujours placés aux premières loges ? Les apôtres sans doute.

    Quand Jésus monte à Jérusalem pour les fêtes juives, naturellement Jean, le prêtre de Jérusalem, redevient un témoin visuel.

    La dernière Cène se déroulera dans sa maison, à Jérusalem. Car, sans aucune preuve, l’auteur admet que le jeune homme portant une cruche, le soir de Pâque, et suivi par les apôtres Pierre et Jean, fut Jean, le futur évangéliste, et la maison où il les conduisit celle de son père. En tant qu’hôte, et disciple préféré, ce Jean aurait assisté au dernier repas à la droite de Jésus. Treizième apôtre, si l’on peut dire, au milieu des apôtres. Mais curieusement, le même évangéliste Jean ne reproduira pas le récit de l’institution de l’eucharistie.

    Enfin, il sera un témoin direct de la Passion, bénéficiant par son état d’entrées chez les grands prêtres. Avec les saintes femmes, il soutiendra Marie au pied de la croix, alors qu’aucun des Douze ne sera présent. Et de la bouche même de Jésus, il la recevra en héritage. Alors que Jean, fils de Zébédée, mourra peu après la persécution d’Agrippa, comme le veulent certaines traditions, Jean l’évangéliste, lui, s’expatriera à Ephèse, Eglise fondée par Paul, et y mourra très âgé du temps de Trajan, non sans nous avoir donné l’Apocalypse, l’Evangile et trois épîtres.

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  • Saint Jean, apôtre et évangéliste (27 décembre)

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    Saint-Jean-lévangéliste-300x246.jpgNous publions ci-dessous le texte intégral de la catéchèse que le pape Benoît XVI a prononcée au cours de l’audience générale du mercredi 5 juillet 2006. (source)

    Chers frères et sœurs,

    Nous consacrons notre rencontre d’aujourd’hui au souvenir d’un autre membre très important du collège apostolique: Jean, fils de Zébédée et frère de Jacques. Son nom, typiquement juif, signifie «le Seigneur a fait grâce ». Il était en train de réparer les filets sur la rive du lac de Tibériade, quand Jésus l’appela avec son frère (cf. Mt 4, 21; Mc 1, 19). Jean appartient lui aussi au petit groupe que Jésus emmène avec lui en des occasions particulières. Il se trouve avec Pierre et Jacques quand Jésus, à Capharnaüm, entre dans la maison de Pierre pour guérir sa belle-mère (cf. Mc 1, 29); avec les deux autres, il suit le Maître dans la maison du chef de la synagogue Jaïre, dont la fille sera rendue à la vie (cf. Mc 5, 37); il le suit lorsqu’il gravit la montagne pour être transfiguré (cf. Mc 9, 2); il est à ses côtés sur le Mont des Oliviers lorsque, devant l’aspect imposant du Temple de Jérusalem, Jésus prononce le discours sur la fin de la ville et du monde (cf. Mc 13, 3); et, enfin, il est proche de lui quand, dans le jardin de Gethsémani, il s’isole pour prier le Père avant la Passion (cf. Mc 14, 33). Peu avant Pâques, lorsque Jésus choisit deux disciples pour les envoyer préparer la salle pour la Cène, c’est à lui et à Pierre qu’il confie cette tâche (cf. 22, 8).

    Cette position importante dans le groupe des Douze rend d’une certaine façon compréhensible l’initiative prise un jour par sa mère: elle s’approcha de Jésus pour lui demander que ses deux fils, Jean précisément et Jacques, puissent s’asseoir l’un à sa droite et l’autre à sa gauche dans le Royaume (cf. Mt 20, 20-21). Comme nous le savons, Jésus répondit en posant à son tour une question: il demanda s’ils étaient disposés à boire la coupe qu’il allait lui-même boire (cf. Mt 20, 22). L’intention qui se trouvait derrière ces paroles était d’ouvrir les yeux des deux disciples, les introduire à la connaissance du mystère de sa personne et leur laisser entrevoir l’appel futur à être ses témoins jusqu’à l’épreuve suprême du sang. Peu après, en effet, Jésus précisa qu’il n’était pas venu pour être servi, mais pour servir et donner sa propre vie en rançon pour une multitude (cf. Mt 20, 28). Les jours qui suivent la résurrection, nous retrouvons « les fils de Zébédée » travaillant avec Pierre et plusieurs autres disciples au cours d’une nuit infructueuse, qui sera suivie, grâce à l’intervention du Ressuscité, de la pêche miraculeuse: c’est « le disciple que Jésus aimait » qui reconnaîtra en premier « le Seigneur » et l’indiquera à Pierre (cf. Jn 21, 1-13).

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  • Intende qui regis Israël : le plus ancien hymne de Noël attribué à saint Ambroise de Milan

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    « Intende, qui regis Israel ». Bien que cet hymne ne soit pas attribué à Ambroise lorsqu'Augustin le cite, des sources du Ve siècle nous apprennent que cet hymne est de l'évêque de Milan. Walsh confirme la probabilité qu'Ambroise ait institué le 25 décembre la fête de la Nativité à Milan, une pratique déjà en vigueur à Rome à cette époque.

    Prête l'oreille, ô roi d'Israël, toi
    qui sièges au-dessus des Chérubins,
    présente-toi devant Éphraïm,
    déploie ta puissance et viens.

    Rédempteur des Gentils, viens ;
    manifeste la naissance issue du sein de la vierge ;
    que chaque génération soit émerveillée ;
    une telle naissance est digne de notre Dieu.

    Non pas issue de la semence de l'époux,
    mais du souffle mystique de l'Esprit,
    la Parole de Dieu s'est faite chair
    et a prospéré comme fruit du sein de Marie.

    Le ventre de la vierge commence à se gonfler ;
    sa virginité reste intacte :
    l'étendard de ses vertus brille ;
    Dieu, dans son temple, vit et s'anime.

    Qu'il sorte de sa chambre,
    cour royale de chasteté,
    tel un géant de sa double nature,
    impatient de se hâter en chemin.

    Il part d'abord du Père,
    puis retourne à son Père ;
    il descend dans les royaumes d'en bas,
    puis remonte vers la demeure de Dieu.

    Tu es l'égal du Père éternel ;
    revêts-toi de ton trophée de chair
    et fortifie par ta puissance constante
    les faiblesses de notre corps.

    Ta crèche resplendit désormais,
    la nuit exhale une lumière inconnue ;
    une lumière que jamais la nuit ne pourra obscurcir,
    et qui brillera d'une foi inébranlable.

    Pour en savoir plus sur Ambroise, l'auteur de cantiques, consultez les articles ici et ici

  • Le pape Léon XIV renoue avec la tradition lors du premier Noël de son pontificat

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    De Victoria Cardiel sur CNA :

    Le pape Léon XIV renoue avec la tradition lors du premier Noël de son pontificatemail sharing buttonsharethis sharing button

    24 décembre 2025

    Le pape Léon XIV a célébré son premier Noël au Vatican en renouant avec la tradition de la messe de Noël célébrée le 25 décembre en la basilique Saint-Pierre, une tradition qu'aucun pape n'a perpétuée depuis 1994.

    Les célébrations de Noël — qui seront marquées par la fermeture des Portes Saintes — ont débuté le soir du 24 décembre, lorsque le pape a célébré la messe de la veille de Noël à 22 heures, heure locale, en la basilique Saint-Pierre.

    Cet horaire marque un changement par rapport aux dernières années, où, pendant la pandémie de COVID-19, la messe de la veillée de Noël avait été déplacée à 19 heures. Avant 2009, elle avait lieu à minuit, jusqu'à ce que Benoît XVI décide de l'avancer.

    La tradition de la messe de Noël rétablie

    Le 25 décembre à 10 heures, Léon XIV a célébré également la messe de Noël dans la basilique Saint-Pierre, une coutume qui n'a pas été observée depuis le pontificat de saint Jean-Paul II. Ensuite, à midi, il a donné la traditionnelle bénédiction « urbi et orbi » (« à la ville et au monde ») depuis le balcon central.

    Le 31 décembre, le pape présidera à 17 h, en la basilique Saint-Pierre, les premières vêpres et le Te Deum en action de grâce pour l'année qui s'achève. Le 1er janvier 2026, solennité de Marie, Mère de Dieu, et 59e Journée mondiale de la paix, il célébrera la messe à 10 h.

    Le message de cette Journée mondiale de la paix, intitulé « Que la paix soit avec vous tous : vers une paix désarmée et désarmante », propose une vision qui rejette la peur, les menaces, la violence et les armes, et plaide pour une paix capable de générer la confiance, l'empathie et l'espoir.

    L'un des moments les plus importants du temps de Noël aura lieu le 6 janvier, jour de la solennité de l'Épiphanie. À 9 h 30, le pape Léon XIV fermera la Porte Sainte de la basilique Saint-Pierre et célébrera la messe de clôture du Jubilé ordinaire de 2025. Les jours précédents, les Portes Saintes des autres basiliques papales – Sainte-Marie-Majeure, Saint-Jean-de-Latran et Saint-Paul-hors-les-Murs – auront également été fermées.

    Ce sera la deuxième fois dans l'histoire qu'une année jubilaire est clôturée par un pape différent de celui qui l'a inaugurée, comme ce fut le cas en 1700, lorsque Innocent XII a ouvert l'année sainte et Clément XI l'a clôturée.

    Les célébrations de Noël s'achèveront liturgiquement le 11 janvier, fête du Baptême du Seigneur. Ce jour-là, le pape célébrera la messe et baptisera plusieurs enfants d'employés du Vatican dans la chapelle Sixtine à 9 h 30, perpétuant ainsi une tradition instituée par saint Jean-Paul II.

    Une crèche pro-vie

    L'esprit de Noël est déjà palpable au Vatican depuis l'illumination du sapin et l'inauguration de la crèche place Saint-Pierre le 15 décembre, événements présidés par sœur Raffaella Petrini, présidente du Gouvernorat de l'État de la Cité du Vatican. Le même jour, Léon XIII a reçu les donateurs du sapin et des crèches, également installées dans la salle d'audience Paul VI.

    La crèche installée dans cet espace, intitulée « Nacimiento Gaudium » (« La naissance qui apporte la joie ») et provenant du Costa Rica, a suscité un intérêt particulier. Jusqu’au 25 décembre, elle représente la Vierge Marie enceinte, symbolisant l’attente et l’espoir.

    Les figurines reposent sur 28 000 rubans blancs portant les noms ou pseudonymes d'enfants sauvés de l'avortement, tandis que dans la crèche, 420 rubans jaunes affichent des messages d'enfants malades hospitalisés.

    Pause à Castel Gandolfo

    Après Noël, le pape se rendra à Castel Gandolfo le 26 décembre pour quelques jours de repos, sans pour autant renoncer à présider les principaux événements liturgiques ni à rencontrer les fidèles lors des grandes fêtes. Par ailleurs, les 7 et 8 janvier, il réunira à Rome tous les cardinaux du monde pour son premier consistoire ordinaire depuis le conclave qui l'a élu.

  • Homélie du pape Léon XIV pour la messe du jour de Noël

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    SOLENNITÉ DU NOËL DU SEIGNEUR
    MESSE DU JOUR

    HOMÉLIE DU PAPE LÉON XIV

    Basilique Saint-Pierre
    Jeudi 25 décembre 2025

    Chères sœurs et chers frères !

    « Éclatez en cris de joie » (Is 52, 9), crie le messager de paix à ceux qui se trouvent parmi les ruines d’une ville à reconstruire entièrement. Même s’ils sont poussiéreux et blessés, ses pieds sont beaux – écrit le prophète (cf. Is 52, 7) – car, à travers des routes longues et accidentées, ils ont apporté une joyeuse nouvelle, dans laquelle tout renaît désormais. C’est un jour nouveau ! Nous participons nous aussi à ce tournant, auquel personne ne semble encore croire : la paix existe et elle est déjà parmi nous.

    « Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix ; ce n’est pas à la manière du monde que je vous la donne » (Jn 14, 27). C’est ce que Jésus a dit à ses disciples, auxquels il venait de laver les pieds, messagers de paix qui, à partir de ce moment-là, devraient courir de par le monde, sans se lasser, pour révéler à tous « de pouvoir devenir enfants de Dieu » (Jn 1, 12). Aujourd’hui, donc, non seulement nous sommes surpris par la paix qui est déjà là, mais nous célébrons comment ce don nous a été fait. En effet, c’est dans le comment que brille la différence divine qui nous fait éclater en chants de joie. Ainsi, dans le monde entier, Noël est par excellence une fête de musique et de chants.

    Le prologue du quatrième Évangile est également un hymne qui a pour protagoniste le Verbe de Dieu. Le “verbe” est un mot qui agit. C’est une caractéristique de la Parole de Dieu : elle n’est jamais sans effet. À bien y regarder, beaucoup de nos paroles produisent elles aussi des effets, parfois indésirables. Oui, les mots agissent. Mais voici la surprise que nous réserve la liturgie de Noël : le Verbe de Dieu apparaît et ne sait pas parler, il vient à nous comme un nouveau-né qui ne fait que pleurer et vagir. Il « s’est fait chair » (Jn 1, 14) et, même s'il grandira et apprendra un jour la langue de son peuple, pour l'instant, seule sa présence simple et fragile parle. La « chair », c’est la nudité radicale qui, à Bethléem et au Calvaire, manque aussi de mots ; tout comme n’ont pas non plus de paroles beaucoup de nos frères et sœurs dépouillés de leur dignité et réduits au silence. La chair humaine demande des soins, invoque l’accueil et la reconnaissance, recherche des mains capables de tendresse et des esprits disposés à l’écoute, désire de bonnes paroles.

    « Il est venu chez lui, et les siens ne l’ont pas reçu. Mais à tous ceux qui l’ont reçu, il a donné de pouvoir devenir enfants de Dieu » (Jn 1, 11). Voici la manière paradoxale dont la paix est déjà parmi nous : le don de Dieu nous engage, il cherche à être accueilli et suscite le dévouement. Il nous surprend parce qu’il s’expose au rejet, il nous enchante parce qu’il nous arrache à l’indifférence. Devenir enfants de Dieu est un véritable pouvoir : un pouvoir qui reste enfoui tant que nous restons détachés des pleurs des enfants et de la fragilité des personnes âgées, du silence impuissant des victimes et de la mélancolie résignée de ceux qui font le mal qu’ils ne veulent pas.

    Comme l’a écrit le bien-aimé Pape François, pour nous ramener à la joie de l’Évangile : « Parfois, nous sommes tentés d’être des chrétiens qui se maintiennent à une prudente distance des plaies du Seigneur. Pourtant, Jésus veut que nous touchions la misère humaine, la chair souffrante des autres. Il attend que nous renoncions à chercher ces abris personnels ou communautaires qui nous permettent de nous garder distants du cœur des drames humains, afin d’accepter vraiment d’entrer en contact avec l’existence concrète des autres et de connaître la force de la tendresse » (Exhort. ap. Evangelii gaudium, n. 270).

    Chers frères et sœurs, puisque le Verbe s’est fait chair, c’est désormais la chair qui parle, qui crie le désir divin de nous rencontrer. Le Verbe a établi parmi nous sa fragile tente. Et comment ne pas penser aux tentes de Gaza, exposées depuis des semaines à la pluie, au vent et au froid, et à celles de tant d’autres réfugiés et déplacés sur chaque continent, ou aux abris de fortune de milliers de personnes sans-abri dans nos villes ? Fragile est la chair des populations vulnérables, éprouvées par tant de guerres en cours ou terminées, laissant derrière elles des ruines et des blessures ouvertes. Fragiles sont les esprits et les vies des jeunes contraints de prendre les armes, qui, sur le front, ressentent l’absurdité de ce qui leur est demandé et le mensonge dont sont imprégnés les discours grandiloquents de ceux qui les envoient mourir.

    Lorsque la fragilité d’autrui pénètre notre cœur, lorsque la douleur d’autrui brise nos certitudes granitiques, alors la paix commence déjà. La paix de Dieu naît d’un vagissement accueilli, d’un pleur entendu : elle naît parmi les ruines qui appellent une nouvelle solidarité, elle naît de rêves et de visions qui, comme des prophéties, inversent le cours de l’histoire. Oui, tout cela existe, car Jésus est le Logos, le sens à partir duquel tout a pris forme. « C’est par lui que tout est venu à l’existence, et rien de ce qui s’est fait ne s’est fait sans lui » (Jn 1, 3). Ce mystère nous interpelle depuis les crèches que nous avons construites, il nous ouvre les yeux sur un monde où la Parole résonne encore, “à maintes reprises et de bien des manières” (cf. He 1, 1), et nous appelle encore à la conversion.

    Certes, l’Évangile ne cache pas la résistance des ténèbres à la lumière, il décrit le chemin de la Parole de Dieu comme une route impraticable, semée d’embûches. Jusqu’à aujourd’hui, les authentiques messagers de paix suivent le Verbe sur cette voie, qui finit par atteindre les cœurs : des cœurs inquiets, qui désirent souvent précisément ce à quoi ils résistent. Ainsi, Noël motive de nouveau une Église missionnaire, la poussant sur les chemins que la Parole de Dieu lui a tracés. Nous ne servons pas une parole autoritaire – elles résonnent déjà partout – mais une présence qui suscite le bien, en connaît l’efficacité, n’en revendique pas le monopole.

    Voici le chemin de la mission : un chemin vers l’autre. En Dieu, chaque parole est une parole adressée, une invitation à la conversation, une parole qui n’est jamais la même. C’est le renouveau que le Concile Vatican II a promu et que nous ne verrons fleurir qu’en marchant ensemble avec l’humanité tout entière, sans jamais nous en séparer. Le contraire est mondain : avoir soi-même pour centre. Le mouvement de l’Incarnation est un dynamisme de conversation. Il y aura la paix lorsque nos monologues s’interrompront et que, fécondés par l’écoute, nous tomberons à genoux devant la chair nue de l’autre. La Vierge Marie est précisément en cela la Mère de l’Église, l’Étoile de l’évangélisation, la Reine de la paix. En elle, nous comprenons que rien ne naît de la démonstration de la force et que tout renaît de la puissance silencieuse de la vie accueillie.

  • Et déjà le premier martyr

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    Saint Etienne, le premier martyr, est fêté le 26 décembre. L'évangile du jour nous invite à "nous méfier des hommes"; l'homélie du Père Joseph-Marie Verlinde nous aide à comprendre ce texte qui peut surprendre au lendemain de Noël.

    Mt. , 10, 17-22

    Jésus disait à ses disciples : « Méfiez-vous des hommes : ils vous livreront aux tribunaux et vous flagelleront dans leurs synagogues. Vous serez traînés devant des gouverneurs et des rois à cause de moi : il y aura là un témoignage pour eux et pour les païens. 
    « Quand on vous livrera, ne vous tourmentez pas pour savoir ce que vous direz ni comment vous le direz : ce que vous aurez à dire vous sera donné à cette heure-là. Car ce n'est pas vous qui parlerez, c'est l'Esprit de votre Père qui parlera en vous. 

    « Le frère livrera son frère à la mort, et le père, son enfant ; les enfants se dresseront contre leurs parents et les feront mettre à mort. Vous serez détestés de tous à cause de mon nom ; mais celui qui aura persévéré jusqu'à la fin, celui-là sera sauvé. » 

    Homélie (Archive 2008) (homelies.fr)

    « Méfiez-vous des hommes » : venant de la part de Jésus, cette injonction peut surprendre. L’Evangile ne nous exhorte-t-il pas tout au contraire à la charité qui « excuse tout, croit tout, espère tout, supporte tout » (1 Co 13, 7) ? En compulsant les travaux des exégètes, on trouve cependant qu’une traduction plus littérale - et plus proche de l’intention du Seigneur - pourrait être : « Prenez de la distance dans vos relations aux hommes ». En clair : Jésus ne nous invite pas à nous replier frileusement dans un ghetto ecclésial, mais il nous recommande de garder un espace de discernement dans nos relations humaines.

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  • Saint Etienne, le premier martyr (26 décembre)

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    le martyre de saint Etienne par Fra Angelico (Vatican)

    Lors de l'audience générale du mercredi 2 mai 2012, Benoît XVI évoquait la figure du premier martyr :

    Chers frères et sœurs,

    Dans les dernières catéchèses, nous avons vu comment, dans la prière personnelle et communautaire, la lecture et la méditation de l’Écriture Sainte peuvent ouvrir à l’écoute de Dieu qui nous parle et nous éclaire pour comprendre le présent. Aujourd’hui, je voudrais parler du témoignage et de la prière du premier martyr de l’Église, saint Étienne, l’un des sept choisis pour le service de la charité auprès des personnes dans le besoin. Au moment de son martyre, rapporté dans les Actes des Apôtres, se manifeste, encore une fois, le rapport fécond entre la Parole de Dieu et la prière.

    Étienne est conduit au tribunal, devant le Sanhédrin, où il est accusé d’avoir déclaré que « Jésus... détruira ce lieu-ci [le temple] et changera les usages que Moïse nous a légués » (Ac 6, 14). Au cours de sa vie publique, Jésus avait en effet annoncé la destruction du temple de Jérusalem : « Détruisez ce sanctuaire et en trois jours je le relèverai » (Jn 2, 19). Toutefois, comme le note l’évangéliste Jean, « lui parlait du sanctuaire de son corps. Aussi, quand il ressuscita d’entre les morts, ses disciples se rappelèrent qu’il avait dit cela, et ils crurent à l’Écriture et à la parole qu’il avait dite » (Jn 2, 21-22).

    Le discours d’Étienne devant le tribunal, le plus long des Actes des Apôtres, se développe sur cette prophétie de Jésus, qui est le nouveau temple, inaugure un nouveau culte, et remplace, avec l’offrande qu’il fait de lui-même sur la croix, les sacrifices anciens. Étienne veut démontrer que l’accusation qui lui est adressée de subvertir la loi de Moïse est infondée et il illustre sa vision de l’histoire du salut, de l’alliance entre Dieu et l’homme. Il relit ainsi toute la narration biblique, itinéraire contenu dans l’Écriture sainte, pour montrer qu’il conduit au « lieu » de la présence définitive de Dieu, qui est Jésus Christ, en particulier sa passion, sa mort et sa résurrection. C’est dans cette perspective aussi qu’Étienne lit son existence comme disciple de Jésus, en le suivant jusqu’au martyre. La méditation sur l’Écriture Sainte lui permet ainsi de comprendre sa mission, sa vie, son présent. En cela, il est guidé par la lumière de l’Esprit Saint, par son rapport intime avec le Seigneur, au point que les membres du Sanhédrin virent son visage « comme celui d’un ange » (Ac6, 15). Ce signe d’assistance divine rappelle le visage rayonnant de Moïse descendant du mont Sinaï après avoir rencontré Dieu (cf. Ex 34, 29-35 ; 2 Co 3, 7-8).

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  • "Ces pauvres gens sur la dure à minuit ont couché Dieu"; les voeux de Noël de belgicatho

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    15623714_1428858277158991_8186643098550403072_n.jpgCrèche du palais royal de Bruxelles

    Marie Noël : Au bout des faubourgs

    Au bout des faubourgs là-bas,
    Hors de ville est la chaumine
    A tout le monde. Un bœuf las
    Y dort - ou bien il rumine -
     
    Entre là qui veut. Les fous,
    Les rôdeurs, les rien qui vaille,
    Les faiseurs de mauvais coups
    Par terre ont usé la paille
    Et laissé dedans leurs poux.

    Le vent de la nuit déserte
    Y pénètre tout transi.
    La porte en est grande ouverte,
    Les murs et le toit aussi.
     
    Mais qui donc s'arrête ici,
    Ce soir ? ... Une femme lasse,
    Un vieux, un âne peureux...
    Il ne reste pas de place
    Sous les autres toits pour eux.

    Pour loger à la froidure
    Ils ne sont guère exigeants.
    Ils n'ont pas belle figure,
    Ils n'ont pas beaucoup d'argent ;
    Ils n'ont pas grand'couverture.
     
    Mais ô ciel, quelle aventure !
    Voici qu'en ce pauvre lieu,
    Ces pauvres gens sur la dure
    A minuit ont couché Dieu,

    Dieu, le Roi des Cieux, qui passe
    Sa nuit sur la terre basse.

    Marie Noël, extrait de "Noël et morale aux maisons sur la prudence", Le Rosaire des joies, Stock, 1930.

    Belgicatho souhaite à tous ses amis, fidèles ou occasionnels, une très belle fête de Noël, toute d'intériorité et de recueillement. Qu'en ces temps troublés, la venue de l'Enfant-Dieu soit pour tous source de confiance et d'espérance.

  • Le cantique du pain de Marie Noël

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    On sait que "bethleem" signifie "maison du pain"; l'occasion de relire ce superbe poème de l'inoubliable Marie Noël.

    Cantique du pain 

    La Boulangère en son logis pieux,
    Avril venant, reçut le grain de Dieu.
    L’a mis à l’ombre en son humble grenier.
    L’a serré là, pendant neuf mois entiers

    LE CHOEUR

    " Faites-nous le Pain,
    Marie, ô Marie !
    Faites-nous le Pain,
    Car nous avons faim. "

    La Boulangère a pris un long chemin
    pour s’en aller à la Maison du Pain,
    Pour le pétrir elle a peiné la nuit. 
    L’a mis au monde, environ la minuit.

    LE CHOEUR

    " Cuisez-nous le Pain,
    Marie, ô Marie !
    Cuisez-nous le Pain,
    Car nous avons faim. "

    L’a cuit trente ans au feu de sa maison, 
    A la chaleur de sa belle saison,
    A la douceur de son coeur le plus doux,
    Le tendre Pain, le Pain blond, le Pain roux.

    LE CHOEUR

    " Portez-nous le Pain,
    Marie, ô Marie !
    Portez-nous le Pain,
    Car nous avons faim. "

    Après trente ans, l’ayant du four ôté,
    Son fils unique, en ville, l’a porté
    A tous les gens affamés d’alentour,
    Le Pain nouveau, le Pain tout chaud d’Amour.

    LE CHOEUR

    " Servez-nous le Pain,
    Marie, ô Marie !
    Servez-nous le Pain,
    Car nous avons faim. "

    Pour trente sols, le marchand l’a vendu.
    Pour trente sols, mille dents l’ont mordu
    Au grand repas qui fut un vendredi
    Servi pour l’homme à l’heure de midi

    LE CHOEUR

    " Livrez-nous le Pain,
    Marie, ô Marie !
    Livrez-nous le Pain,
    Car nous avons faim. "

    Mais quand l’a vu meurtri, rompu, détruit
    Le Pain vivant qu’elle avait fait de nuit, 
    Comme un agneau par les loups dévoré,
    La Boulangère en grand deuil a pleuré.

    LE CHOEUR

    " Pleurez sur le Pain,
    Marie, ô Marie !
    Pleurez sur le Pain,
    Car nous avons faim. "

    interparole-catholique

  • L'Enfant dans la crèche est vraiment le Fils de Dieu

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    MESSE DE MINUIT

    SOLENNITÉ DE LA NATIVITÉ DU SEIGNEUR

    HOMÉLIE DU PAPE BENOÎT XVI

    Basilique Vaticane
    Samedi 24 décembre 2005

    «Le Seigneur m’a dit: “Tu es mon fils; moi, aujourd’hui, je t’ai engendré”». Par ces paroles du psaume 2, l’Église commence la Messe de la veillée de Noël, dans laquelle nous célébrons la naissance de notre Rédempteur Jésus Christ, dans l’étable de Bethléem. Autrefois, ce psaume appartenait au rituel du couronnement du roi de Juda. Le peuple d’Israël, en raison de son élection, se sentait de façon particulière fils de Dieu, adopté par Dieu. Comme le roi était la personnification de ce peuple, son intronisation était vécue comme un acte solennel d’adoption de la part de Dieu, dans lequel le roi était, en quelque sorte, introduit dans le mystère même de Dieu. Dans la nuit de Bethléem, ces paroles, qui étaient en fait plutôt l’expression d’une espérance qu’une réalité présente, ont pris un sens nouveau et inattendu. L’Enfant dans la crèche est vraiment le Fils de Dieu. Dieu n’est pas solitude éternelle, mais cercle d’amour où il se donne et se redonne dans la réciprocité. Il est Père, Fils et Esprit Saint.

    Plus encore: en Jésus Christ, le Fils de Dieu, Dieu lui-même s’est fait homme. C’est à Lui que le Père dit: «Tu es mon fils». L’aujourd’hui éternel de Dieu est descendu dans l’aujourd’hui éphémère du monde et il entraîne notre aujourd’hui passager dans l’aujourd’hui éternel de Dieu. Dieu est si grand qu’il peut se faire petit. Dieu est si puissant qu’il peut se faire faible et venir à notre rencontre comme un enfant sans défense, afin que nous puissions l’aimer. Dieu est bon au point de renoncer à sa splendeur divine et descendre dans l’étable, afin que nous puissions le trouver et pour que, ainsi, sa bonté nous touche aussi, qu’elle se communique à nous et continue à agir par notre intermédiaire. C’est cela Noël: «Tu es mon fils; moi, aujourd’hui, je t’ai engendré». Dieu est devenu l’un de nous, afin que nous puissions être avec Lui, devenir semblables à Lui. Il a choisi comme signe l’Enfant dans la crèche: Il est ainsi. De cette façon nous apprenons à le connaître. Et sur chaque enfant resplendit quelque chose du rayon de cet aujourd’hui, de la proximité de Dieu que nous devons aimer et à laquelle nous devons nous soumettre – sur chaque enfant, même sur celui qui n’est pas encore né.

    Écoutons une deuxième parole de la liturgie de cette sainte Nuit, cette fois tirée du Livre du prophète Isaïe: «Sur ceux qui habitaient le pays de l’ombre, une lumière a resplendi» (9, 1). Le mot «lumière» pénètre toute la liturgie de cette Messe. Elle est mentionnée de nouveau dans le passage tiré de la lettre de saint Paul à Tite: «La grâce de Dieu est apparue» (2, 11). L’expression «est apparue» (est manifestée) appartient au langage grec et, dans ce contexte, dit la même chose que ce que l’hébreu exprime par les mots «une lumière resplendit»: l’«apparition» – l’«épiphanie» – est l’irruption de la lumière divine dans le monde plein d’obscurité et plein de problèmes irrésolus. Enfin, l’Évangile nous rapporte que la gloire de Dieu apparut aux bergers et «les enveloppa de lumière» (Lc 2, 9). Là où paraît la gloire de Dieu, là se répand, dans le monde, la lumière. «Dieu est lumière, il n’y a pas de ténèbres en lui», dit saint Jean (1 Jn 1, 5). La lumière est source de vie. 

    Mais lumière signifie surtout connaissance, vérité en opposition à l’obscurité du mensonge et de l’ignorance. Ainsi, la lumière nous fait vivre, nous indique la route. Mais ensuite, la lumière, parce qu’elle donne de la chaleur, signifie aussi amour. Là où il y a de l’amour, apparaît une lumière dans le monde; là où il y a de la haine le monde est dans l’obscurité. Oui, dans l’étable de Bethléem est apparue la grande lumière que le monde attend. Dans cet Enfant couché dans l’étable, Dieu montre sa gloire – la gloire de l’amour, qui se fait don lui-même et qui se prive de toute grandeur pour nous conduire sur le chemin de l’amour. La lumière de Bethléem ne s’est plus jamais éteinte. Tout au long des siècles, elle a touché des hommes et des femmes, «elle les a enveloppés de lumière». Là où a surgi la foi en cet Enfant, là aussi a jailli la charité – la bonté envers les autres, l’attention empressée pour ceux qui sont faibles et pour ceux qui souffrent, la grâce du pardon. À partir de Bethléem, un sillage de lumière, d’amour, de vérité, envahit les siècles. Si nous regardons les saints – de Paul et Augustin, jusqu’à saint François et saint Dominique, de François-Xavier et Thérèse d’Avila à Mère Teresa de Calcutta – nous voyons ce courant de bonté, ce chemin de lumière qui, toujours de nouveau, s’enflamme au mystère de Bethléem, à ce Dieu qui s’est fait Enfant. Dans cet Enfant, Dieu oppose sa bonté à la violence de ce monde et il nous appelle à suivre l’Enfant. 

    Avec l’arbre de Noël, nos amis autrichiens nous ont apporté aussi une petite flamme qu’ils avaient allumée à Bethléem, pour nous dire: le vrai mystère de Noël est la splendeur intérieure qui vient de cet Enfant. Laissons cette splendeur intérieure se communiquer à nous, allumer dans notre cœur la petite flamme de la bonté de Dieu; par notre amour, portons tous la lumière dans le monde! Ne permettons pas que cette flamme de lumière soit éteinte par les courants froids de notre temps! Gardons-la fidèlement et faisons-en don aux autres! En cette nuit, dans laquelle nous regardons vers Bethléem, nous voulons aussi prier de façon spéciale pour le lieu de la naissance de notre Rédempteur et pour les hommes qui y vivent et qui y souffrent. Nous voulons prier pour la paix en Terre Sainte: Regarde, Seigneur, cette région de la terre qui, étant ta patrie, t’est si chère! Fais que ta lumière y brille! Fais que la paix y advienne!

    Avec le terme «paix», nous sommes arrivés à la troisième parole-guide de la liturgie de cette sainte Nuit. L’Enfant qu’Isaïe annonce est appelé par lui «Prince de la paix». On dit de son règne: «La paix n’aura pas de fin». Aux bergers sont annoncées dans l’Évangile la «gloire de Dieu au plus haut des cieux» et «la paix sur terre...». Autrefois on lisait: «...aux hommes de bonne volonté»; dans la nouvelle traduction, on dit: «...aux hommes, qu’il aime». Que signifie ce changement? La bonne volonté ne compte-t-elle plus? Posons mieux la question: qui sont les hommes que Dieu aime et pourquoi les aime-t-il? Dieu est-il partial? Aime-t-il seulement des personnes déterminées et abandonne-t-il les autres à elles-mêmes? L’Évangile répond à ces questions en nous présentant quelques personnes particulières aimées de Dieu. Ce sont des personnes précises – Marie, Joseph, Élisabeth, Zacharie, Siméon, Anne, etc. Mais il y a aussi deux groupes de personnes: les bergers et les sages de l’Orient, ceux qu’on appelle les rois mages. Arrêtons-nous en cette nuit sur les bergers. Quelle sorte d’hommes sont-ils? Dans leurs milieux, les bergers étaient méprisés; ils étaient considérés comme peu fiables et, au tribunal, ils n’étaient pas admis comme témoins. Mais qui étaient-ils en réalité? Ils n’étaient certainement pas de grands saints, si par ce terme nous entendons des personnes de vertu héroïque. C’étaient des âmes simples. L’Évangile met en lumière une caractéristique qui, par la suite, dans les paroles de Jésus, aura un rôle important: c’étaient des veilleurs. Cela vaut avant tout dans le sens extérieur: de nuit, ils veillaient auprès de leurs moutons. Mais cela vaut aussi dans un sens plus profond: ils étaient disponibles à la parole de Dieu. Leur vie n’était pas fermée sur elle-même; leur cœur était ouvert. D’une certaine façon, au plus profond, ils L’attendaient. Leur vigilance était disponibilité – disponibilité à écouter, disponibilité à se mettre en route; elle était une attente de la lumière qui leur indiquerait le chemin. C’est cela qui intéresse Dieu. Dieu aime tous les hommes parce que tous sont ses créatures. Mais certaines personnes ont fermé leur âme; son amour ne trouve aucun accès auprès d’eux. Ils croient qu’ils n’ont pas besoin de Dieu; ils ne le veulent pas. D’autres, qui peut-être moralement sont aussi pauvres et pécheurs, souffrent au moins de cela. Ils attendent Dieu. Ils savent qu’ils ont besoin de sa bonté, même s’ils n’en ont pas une idée précise. Dans leur cœur ouvert à l’attente, la lumière de Dieu peut entrer et, avec elle, sa paix. Dieu cherche des personnes qui apportent sa paix et qui la communiquent. Demandons-lui de faire en sorte qu’il ne trouve pas notre cœur fermé. Faisons en sorte de pouvoir devenir des porteurs actifs de sa paix – précisément dans notre temps.

    Chez les chrétiens, le mot paix a pris ensuite une signification toute spéciale: elle est devenue un nom pour désigner l’Eucharistie. En elle, la paix du Christ est présente. Grâce à tous les lieux où se célèbre l’Eucharistie, un réseau de paix s’étend sur le monde entier. Les communautés rassemblées autour de l’Eucharistie constituent un règne de paix, vaste comme le monde. Quand nous célébrons l’Eucharistie, nous nous trouvons à Bethléem, dans la «maison du pain». Le Christ se donne à nous et nous donne avec cela sa paix. Il nous la donne pour que nous portions la lumière de la paix au plus profond de nous-mêmes et que nous la communiquions aux autres; pour que nous devenions des artisans de paix et que nous contribuions ainsi à la paix dans le monde. Prions donc: Seigneur, réalise ta promesse! Fais que là où se trouve la discorde naisse la paix! Fais que là où règne la haine jaillisse l’amour! Fais que là où dominent les ténèbres surgisse la lumière! Fais-nous devenir des porteurs de ta paix! Amen.