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De bon matin, J'ai rencontré le train De trois grands Rois qui allaient en voyage, De bon matin, J'ai rencontré le train De trois grands Rois dessus le grand chemin.
Venaient d'abord les gardes du corps, Des gens armés avec trente petits pages, Venaient d'abord les gardes du corps Des gens armés dessus leurs just'au corps.
Puis sur un char, Doré de toute part, On voit trois rois modestes comme d'anges Puis sur un char, Doré de toute part Trois rois debout parmi les étendards.
L'étoile luit Et les Rois conduit, Par longs chemins, Devant une pauvre étable, L'étoile luit Et les Rois conduit, Par longs chemins devant l'humble réduit.
Au fils de Dieu Qui naquit en ce lieu Ils viennent tous présenter leurs hommages, Au fils de Dieu Qui naquit en ce lieu Ils viennent tous présenter leurs doux vœux.
De beaux présents, Or, myrrhe et encens Ils vont offrir au maître tant admirable De beaux présents, Or, myrrhe et encens Ils vont offrir au bienheureux enfant.
«Comme les Mages, n'éteignons pas le désir de chercher Dieu pour l'adorer»
« Les trois mages se mirent en route, ils n'éteignirent pas en eux-mêmes leur désir. L'homme est appelé par son désir de devenir chercheur de Dieu. Mais il peut rencontrer Hérode, les faux enseignants qui tentent d'empêcher l'homme d'accéder à la Présence de Dieu et de réduire Jésus-Christ au grand maître de la solidarité où il est expulsé de l'histoire. la présence de Dieu". Extrait d'une homélie du cardinal Caffarra.
06_01_2025
A l'occasion de la Solennité de l'Epiphanie de Notre Seigneur Jésus Christ, nous publions une homélie prononcée par le Cardinal Carlo Caffarra en 1996.
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1. « Quand Jésus est né... des mages sont venus de l'est à Jérusalem» . Ainsi commence aujourd'hui la Parole qui nous révèle le mystère que nous célébrons. En effet, le Pape saint Léon le Grand nous dit: «Nous reconnaissons... dans les sages qui ont adoré le Christ, les prémices de notre vocation et de notre foi, et avec des âmes exultantes nous célébrons les débuts d'une bienheureuse espérance». Oui : aujourd'hui nous célébrons le début, la naissance de notre espérance.
Écoutons encore ce que nous dit l'apôtre en deuxième lecture : « Les païens... sont appelés, en Jésus-Christ, à partager le même héritage, à former un même corps, à participer à la promesse par l'Évangile. " . Et tout cela n’arrive pas par hasard. Il s'agit d'un "mystère", c'est-à-dire d'une décision, d'un projet conçu par Dieu lui-même, "non révélé aux hommes des générations précédentes comme il l'est aujourd'hui". Plan et décision divins qui trouvent leur première manifestation-réalisation dans le fait que "Jésus est né à Bethléem...". Il s'agit du fait que Dieu « veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité ». Il ne ferme son cœur à personne puisque « sa miséricorde s'étend de génération en génération ».
Il s'est allié au peuple d'Israël et Israël a droit à l'héritage comme à son fils premier-né, puisque la promesse a été faite à Abraham et à ses descendants. Mais (et c'est précisément le Mystère de Miséricorde que nous célébrons aujourd'hui) nous aussi, chacun de nous aujourd'hui est appelé à posséder le même héritage que nos enfants, nous qui étions morts pour nos fautes et nos péchés. Chacun de nous aujourd’hui est également appelé à participer à la même promesse. De quel droit avions-nous ? De quel droit pourriez-vous vous vanter devant Dieu, de quel titre être appelé « à former un même corps » ? Personne : c'était juste sa miséricorde.
Écoutez la voix de l'Apôtre : «Je dis... que le Christ s'est fait serviteur des circoncis en faveur de la véracité de Dieu, pour accomplir les promesses des pères; mais les nations païennes glorifient Dieu pour sa miséricorde" (Rm 15,8,9a). Autrement dit : Dieu sauve les enfants d'Israël à cause de sa fidélité à une promesse par laquelle il s'est lié à eux ; Dieu nous sauve à cause de sa seule miséricorde, car il n'a contracté aucune obligation de fidélité envers nous. C'est le Mystère qui a commencé aujourd'hui : le Mystère de la miséricorde de Dieu qui offre son salut à chacun, sans aucune discrimination. Il offre son pardon à tous ceux qui le recherchent d'un cœur sincère.
2. «Là où est le roi des Juifs... nous sommes venus l'adorer». Ces paroles des Mages indiquent précisément le désir et la recherche de l'homme. Et en effet, la page de l'Évangile est une merveilleuse description de l'homme qui cherche et trouve le salut de Dieu. Si Dieu nous offre son salut par pure miséricorde, l'homme est appelé à s'ouvrir à ce don, à correspondre à cet Amour. Comme? L'Évangile d'aujourd'hui décrit précisément le chemin de l'homme vers la rencontre avec Dieu lui-même.
Comment commence ce voyage ou cet appel de Dieu au salut ? Dieu appelle par des « signes », la lumière d'une « étoile ». Dans la personne humaine, en chaque personne humaine, il y a une lumière intérieure, une « étoile » qui signifie et indique une Présence, une Réalité qui transcende l'homme : « Seigneur, tu nous as faits pour toi, et notre cœur est inquiet jusqu'à ce que cela ne le fasse pas. repose en Toi." Il y a chez la personne un désir profond et inextinguible de vérité, de bonté, de beauté, en un mot, de béatitude, qu'aucune vérité créée, aucun bien limité, aucune beauté finie ne pourra satisfaire. Tout le bien qu’est l’univers créé est incapable de satisfaire le désir humain. C'est « l'étoile » qui signifie-indique le chemin : « Cherchez au-dessus de nous », nous dit chaque créature.
Les trois mages se mirent en route : ils n'éteignirent pas en eux-mêmes leur désir. L'homme est appelé par son désir de devenir un chercheur de Dieu. Les Mages ont pris la décision de satisfaire leur recherche ; l'homme ne doit pas décapiter, limiter l'extension de son désir selon la mesure des créatures. Et c'est à ce moment-là que l'homme peut croiser Hérode « qui tente de tuer l'Enfant ». Il peut rencontrer de faux enseignants qui tentent d'empêcher l'homme d'atteindre la Présence de Dieu. Qui sont les faux enseignants aujourd'hui ? Ce sont eux qui réduisent Jésus-Christ au grand maître de la solidarité en niant qu’il soit Dieu venu dans la chair à la rencontre de l’homme. Ce sont eux qui réduisent la personne humaine à un ensemble impersonnel de besoins psycho-physiques à satisfaire. Dans cette situation, l'homme ne sait plus où chercher Dieu : il s'est limité à sa mesure infinie ; la présence de Dieu a été expulsée de l'histoire. Les mages peuvent encore continuer leur recherche ; l'homme qui cherche sincèrement la vérité, qui est fidèle à sa conscience ne pourra jamais être tué par notre culture de mort. Dieu lui-même protège toujours ceux qui le cherchent avec humilité.
Où ont-ils trouvé Dieu ? «Ils virent l'enfant avec Marie sa Mère». La présence de Dieu, c'est Jésus-Christ : Il est précisément Dieu fait chair pour pouvoir être trouvé par l'homme. En dehors de Lui, l’homme ne peut chercher Dieu que comme s’il tâtonnait dans l’obscurité. « La grâce de la vérité – écrit saint Jean – se produit par Jésus-Christ » (Jn 1, 17b). La grâce de la vérité, la rencontre avec Dieu est un événement qui se produit dans la vie de l'homme : elle n'est pas d'abord l'apprentissage d'une doctrine ou le résultat d'une ascétisme. C'est la rencontre avec Dieu fait homme.
CONCLUSION Frères et sœurs, tout ce que j'ai dit, ou plutôt : ce que l'Esprit vous a fait comprendre, n'est que la description de ce qui va se passer maintenant et ici maintenant. La célébration des mystères divins est l'événement de la grâce de la vérité, qui se produit dans notre vie, puisque l'Eucharistie est la rencontre réelle avec le Christ et en Lui avec le Père qui aujourd'hui nous a appelés « dans le Christ Jésus à participer à sa promesse ». ".
En alternance avec Triors ou encore la Schola Cantorum de Cologne, je vous ai fait parfois écouter les chants de l’Épiphanie par les moines de l’abbaye Saint-Pierre de Solesmes. C’était dans une interprétation en date de l’année 1969, rééditée en CD par Universal Classics en 2002. Nos amis de l’excellent site Musicologie médiévale m’ont fait découvrir un microsillon plus ancien de 1958 des mêmes moines de Solesmes... (la suite sur le site d'Una Voce)
« C’est parce que vous avez abandonné le Seigneur que tout va mal »
À l'occasion de l'Épiphanie, Dom Samuel nous livre une réflexion sur la signification des trois offrandes faites au Christ.
Des intellectuels et des politiques, même chrétiens, prétendent que nous pourrons sortir de la crise que traverse la société contemporaine en mettant en œuvre des idées humaines justes, des attitudes humaines droites. Ils se trompent. Les prophètes d’Israël n’ont cessé de rappeler au Peuple élu : « C’est parce que vous avez abandonné le Seigneur que tout va mal ».
Un adage des Pères de l’Église commente le mystère de l’Épiphanie. Au pied de la crèche, les mages apportèrent « de l’or pour celui qui vient comme roi, de l’encens pour celui qui vient comme Seigneur, de la myrrhe pour celui qui vient comme homme ». La myrrhe servait en effet à oindre les cadavres. Le petit enfant dont nous venons de célébrer la naissance est appelé à régner ; il est Dieu et Seigneur ; il est homme et devra passer, comme nous, les portes de la mort.
Nous pouvons rapprocher ces trois offrandes des trois dons attribués au Messie : Roi, Prêtre et Prophète, trois dons que tout chrétien reçoit le jour de son baptême et les prêtres, d’une manière particulière, pour exercer leur ministère. Pour être acteurs dans le monde d’aujourd’hui et fidèles à notre vocation, nous devons, par la puissance du Messie qui vient de naître, accepter d’être par Lui : roi, prêtre et prophète.
C’est le mardi 6 janvier que tombe la fête de l’Épiphanie. Dans les églises, elle est pourtant célébrée ce dimanche 4 janvier. Trois questions pour mieux pour comprendre.
1/QUEL JOUR TOMBE L’ÉPIPHANIE?
Pour l’Église catholique, « l’Épiphanie est célébrée le 6 janvier », ainsi que le soulignent les Normes universelles de l’année liturgique et du calendrier(§37) annexées au Missel romain. Ce principe connaît toutefois des exceptions, en particulier dans les pays où le 6 janvier n’est pas un jour chômé, permettant ainsi aux fidèles de se rendre à la messe. Dans ces pays, l’Épiphanie est alors fixée « au dimanche inclus dans la période du 2 au 8 janvier ».
C’est le cas en France qui connaît d’ailleurs cette exception depuis 1802 : le Concordat n’ayant conservé que quatre fêtes chômées (Noël, Ascension, Assomption, Toussaint), les autres fêtes de précepte avaient été déplacées au « dimanche le plus proche » par un indult du cardinal Caprara, légat du pape Pie VII.
2/ D’OÙ VIENT L’ÉPIPHANIE?
La fête de l’Épiphanie naît dans l’Orient chrétien où elle se développe parallèlement à celle de Noël en Occident, où elle est rapprochée de la fête païenne deSol Invictus (du « Soleil invaincu »). La date du 6 janvier correspond d’ailleurs à celle de Sol Invictusen Égypte et en Arabie, où le calendrier lunaire en usage accusait un décalage de 12 jours avec le calendrier solaire des Romains.
En Occident, cette fête est alors christianisée, rassemblant en un même événement les premières manifestations publiques de Jésus (c’est l’étymologie d’Épiphanie, du grec phaïnô, « faire apparaître ») : l’adoration par les mages, le baptême au Jourdain et les Noces de Cana.
L’Épiphanie arrive en Occident vers 350 (elle est déjà fêtée à Lutèce en 361). À Rome, sa célébration insiste déjà plus sur l’adoration des mages, la célébration du baptême étant renvoyée, dès le VIIIe siècle, au dimanche suivant.
La distinction entre l’Épiphanie et le Baptême ne sera toutefois entérinée qu’en 1570 par le Concile de Trente et ce n’est qu’après Vatican II qu’une véritable fête du Baptême sera instituée, en général le dimanche suivant l’Épiphanie. Quant aux Noces de Cana, elles sont marquées dans la liturgie le 7 janvier et le deuxième dimanche de l’année C (ce sera ainsi le cas le 17 janvier prochain).
En Orient, l’Épiphanie (ou Théophanie) connaît une évolution inverse avec l’importation, au IVe siècle, de la fête de Noël à laquelle va se rattacher l’adoration des mages : l’Épiphanie se recentre alors davantage sur le baptême. Aujourd’hui encore, c’est d’ailleurs par une bénédiction des eaux que la fête est le plus souvent marquée chez les orthodoxes.
3/ POURQUOI LES ROIS ET LA GALETTE?
C’est Tertullien (vers 200) qui, le premier, a donné le titre de rois aux mages venus visiter Jésus à Bethléem. Leur nombre de trois rappelle les trois continents d’où ils étaient censés provenir, et leurs cadeaux soulignent que le Christ est à la fois roi (or), dieu (encens) et homme mortel (myrrhe), comme le décrira saint Ambroise de Milan au IVe siècle. Quant à leurs noms, Gaspard, Melchior et Balthazar, ils apparaissent pour la première fois dans un manuscrit du VIe siècle.
La galette trouverait son origine dans les Saturnales de la Rome antique, célébrées au moment du solstice d’hiver et qui se terminaient par la fête deSol Invictus. Lors de ces fêtes païennes, les Romains avaient l’habitude d’inverser les rôles (ainsi entre maîtres et esclaves) et utilisaient la fève d’un gâteau pour désigner le « Prince des Saturnales » qui voyait tous ses désirs exaucés le temps d’une journée. La coutume voulait que le plus jeune de la maisonnée se place sous la table et nomme le bénéficiaire de la part qui était désignée par la personne chargée du service.
En Orient, lors de la fête de saint Basile, le 1er janvier, la tradition est aussi de placer une pièce d’or dans le gâteau de Saint-Basile (Vassilopita).
Le calendrier liturgique traditionnel de l’Eglise latine fixe aussi la fête de l’Epiphanie au 6 janvier. Dans les pays où le jour de la fête n’est plus chômé (il l’est encore dans plusieurs Länder allemands, en Italie, en Espagne ou au Portugal), la célébration de la solennité de la fête peut être reportée aux messes du dimanche qui suit. Le samedi 11 janvier 2020, Liège fête les rois à l'église du Saint-Sacrementà 17h00...
Comment vient-on à Dieu ? Comment le découvre-t-on ? Il y a tant de chemins selon les personnalités, les histoires et les situations de chacun. Il y a le chemin de Marie, celui de Joseph, celui des bergers surpris dans leurs champs. Aujourd’hui la liturgie nous fait regarder le chemin des mages. Ils viennent à Dieu à partir de ce qu’ils connaissent, l’observation des astres, l’interprétation des signes du ciel. Ils ont pu se mettre en mouvement parce qu’ils sont des chercheurs, des gens qui ne se contentent pas d’une vision superficielle pour passer ensuite à autre chose. Ils voulaient approfondir, creuser ce qu’ils pressentaient de grand, sans se dire : cette question est trop difficile, remettons-la à plus tard. Les mages nous apprennent à creuser les grandes intuitions, sans nous laisser divertir par une vie trépidante.
Il fallait une autre attitude importante aux mages pour venir à Dieu : ils étaient capables de sortir de ce qu’ils connaissaient, de leurs sécurités. On ne vient pas à Dieu sans sortir de soi-même. Dieu a l’initiative de l’amour, il vient, puis nous devons sortir nous aussi à sa rencontre. Nous le faisons aujourd’hui en nous arrêtant pour Lui, en prenant le temps de la prière. Nous sortons à sa rencontre en ouvrant notre cœur à ceux qui vivent près de nous et auxquels nous nous sommes trop habitués et que nous regardons distraitement : nos enfants, notre mari, notre épouse, nos condisciples, nos amis, nos parents, nos voisins, etc.) Les regarder avec un regard d’amour neuf, c’est aussi sortir de soi vers Dieu. Nous le faisons aussi en considérant comment nous pouvons venir en aide aux chrétiens d’Orient, aux habitants d’Afrique qui vivent dans une pauvreté et une injustice indescriptibles, et tant d’autres. Il faut sortir de soi vers Dieu, pour ne pas ressembler à Hérode. Lui n’est pas sorti, car il voulait plutôt tout ramener à lui, il ne voulait pas prendre le risque de servir Dieu, il voulait que tout aille comme il l’avait décidé lui-même.
Les mages ne sont pas seulement sortis à la rencontre du Fils de Dieu, ils lui ont apporté des cadeaux. Des cadeaux assez peu utiles pour un enfant, pas de hochet ni de dromadaire en peluche. Mais des cadeaux qui disent leur reconnaissance. Ils disent ce qu’ils savent de cet enfant et qu’ils en sont heureux. Nous allons leur emboîter le pas. Offrons de l’or en disant au Christ que nous sommes heureux qu’il soit roi et que nous aimerions qu’il le soit davantage. Nous lui présentons notre cœur pour qu’il y règne. Nous lui présentons le cœur de tant d’autres personnes, pour qu’il y apporte la paix et le désir de servir.
Offrons de l’encens au Christ, en lui disant que nous sommes heureux qu’il soit Dieu, en l’exaltant de tout notre cœur, en contemplant l’infini qui est en lui. Tressaillons de joie car Dieu qui nous semble parfois loin est en réalité si proche, couché dans la crèche de notre cœur, faisant de nous son temple, des gens qui abritent Dieu et le rayonnent autour d’eux.
Enfin, offrons de la myrrhe au Christ, en pensant à tout ce qu’il fera pour nous, jusqu’à accepter de mourir sur la croix trahi, méprisé, insulté, abandonné de tous. Offrons cette myrrhe en considérant qu’il est présent jusque dans les moments les plus durs de notre vie, lui le Fils de Dieu qui n’a jamais abandonné l’humanité, qui lui a tenu la main dans les situations les plus incompréhensibles. Et avec tous ces cadeaux dans les bras, laissons le Christ nous introduire déjà dans sa gloire, dans son monde où l’amour vaut plus que son pesant d’or, où la vie illumine les plus profondes ténèbres, où la joie d’exister s’empare de nous car il nous appelle à l’éternité avec lui.
La propagation de la dévotion au Cœur de Marie remonte au XVIIe siècle où saint Jean Eudes la propagea en l'unissant à celle du Sacré-Cœur de Jésus.
Au cours du XIXe siècle, sa sainteté Pie VII d'abord, et Pie IX ensuite, accordèrent à plusieurs églises une fête du Cœur très pur de Marie fixée au dimanche dans l'octave de l'Assomption, puis au samedi suivant la fête du Sacré-Cœur. Le 13 juillet 1917, la Sainte Vierge apparaissait au Portugal pour déclarer aux petits voyants de Fatima que Dieu voulait établir la dévotion à son Cœur immaculé pour le salut du monde. Elle demanda aux chrétiens la pratique du premier samedi du mois par la communion réparatrice et la récitation du chapelet accompagnée de la méditation des mystères du Rosaire. (cliquer sur "lire la suite")
Au début de l'année 451, Attila entraîne ses hordes en-deçà du Rhin, prend, pille et brûle Metz la veille de Pâques (7 avril), remonte la vallée de le Seine et vient assiéger Paris.
Au milieu du désarroi général, sainte Geneviève garde son sang-froid puisant son courage dans la confiance qu'elle a en la Providence. Elle convoque les femmes de Paris et, après leur avoir rappelé les grand exemples de Judith et d'Esther, libératrices de leur peuple, elles les invite à s'unir à elle pour détourner le fléau par la prière, le jeûne et les saintes veilles au baptistère de Saint-Jean-le-Rond. Sûre de l'appui des femmes parisiennes, elle s'adresse aux hommes : Que parlez-vous de vous réfugier en d'autres cités ? Celles-ci seront-elles mieux que Paris abritées contre un coup de main des barbares ? Paris, grâce à la protection du Christ, échappera au carnage.
aujourd’hui, en cette solennité de Marie, la Très Sainte Mère de Dieu, qui marque le début de la nouvelle année civile, la liturgie nous offre le texte d’une très belle bénédiction : « Que le Seigneur te bénisse et te garde ! Que le Seigneur fasse briller sur toi son visage, qu’Il te prenne en grâce ! Que le Seigneur tourne vers toi son visage, qu’Il t’apporte la paix ! » (Nb 6, 24-26).
Dans le livre des Nombres, elle fait suite aux indications concernant la consécration des nazirs, soulignant la dimension sacrée et féconde du don dans la relation entre Dieu et le peuple d’Israël. L’homme offre au Créateur tout ce qu’il a reçu et Celui-ci répond en tournant vers lui son regard bienveillant, comme au commencement du monde (cf. Gn 1, 31).
Le peuple d’Israël, à qui cette bénédiction s’adressait, était un peuple de libérés, d’hommes et de femmes nés de nouveau après un long esclavage, grâce à l’intervention de Dieu et à la réponse généreuse de son serviteur Moïse. En Égypte, ce peuple jouissait de certaines sécurités — la nourriture ne manquait pas, tout comme un toit et une certaine stabilité —, mais cela au prix de la servitude, de l’oppression d’une tyrannie qui réclamait toujours plus en donnant toujours moins (cf. Ex 5, 6-7). À présent, dans le désert, beaucoup de ces certitudes du passé ont disparu, mais il y a en échange la liberté qui se concrétise par une voie ouverte vers l’avenir, par le don d’une loi de sagesse et la promesse d’une terre où vivre et grandir sans plus de chaînes ni de fers : en somme, une nouvelle naissance.
Ainsi, la liturgie nous rappelle, en ce début de nouvelle année, que chaque jour peut devenir, pour chacun, le début d’une vie nouvelle grâce à l’amour généreux de Dieu, à sa miséricorde et à la réponse de notre liberté. Il est beau de penser l’année qui commence comme un chemin ouvert à découvrir et où nous aventurer, libres par grâce et porteurs de liberté, pardonnés et dispensateurs de pardon, confiants dans la proximité et la bonté du Seigneur qui nous accompagne toujours.
Nous gardons tout cela à l’esprit alors que nous célébrons le mystère de la Maternité Divine de Marie qui, par son “oui”, a contribué à donner un visage humain à la Source de toute miséricorde et de toute bienveillance : le visage de Jésus dont l’amour du Père nous touche et nous transforme, par ses yeux d’enfant, puis de jeune homme.
En ce début d’année, alors que nous nous mettons en route vers les jours nouveaux et uniques qui nous attendent, demandons au Seigneur de sentir à chaque instant, autour de nous et sur nous, la chaleur de son étreinte paternelle et la lumière de son regard bienveillant, afin de comprendre de mieux en mieux et d’avoir toujours à l’esprit qui nous sommes et vers quelle destinée merveilleuse nous avançons (cf. Conc. œcum. Vat. II, Const. past. Gaudium et spes, n. 41). Mais en même temps, rendons-Lui gloire par la prière, par la sainteté de notre vie et en devenant les uns pour les autres le reflet de sa bonté.
Saint Augustin enseignait qu’en Marie « le créateur de l’homme est devenu homme afin que, bien qu’Il soit le maître des étoiles, Il puisse téter le sein d’une femme ; bien qu’Il soit le pain (cf. Jn 6, 35), Il puisse avoir faim (cf. Mt 4, 2) ; […] pour nous libérer même si nous sommes indignes » (Sermon 191, 1.1). Il rappelait ainsi l’un des traits fondamentaux du visage de Dieu : celui de la gratuité totale de son amour par lequel il se présente à nous – comme j’ai tenu à le souligner dans le Message de cette Journée Mondiale de la Paix –, “désarmé et désarmant”, nu, sans défense comme un nouveau-né dans son berceau. Et cela pour nous enseigner que le monde ne se sauve pas en aiguisant les épées, en jugeant, en opprimant ou en éliminant les frères, mais plutôt en s’efforçant inlassablement de comprendre, de pardonner, de libérer et d’accueillir chacun, sans calcul ni crainte.
Tel est le visage de Dieu que Marie a laissé se former et grandir dans son sein, changeant complètement sa vie. C’est le visage qu’elle a annoncé par la lumière joyeuse et fragile de son regard de future mère ; le visage dont elle a contemplé la beauté jour après jour, tandis que Jésus grandissait dans sa maison, enfant, adolescent et jeune homme ; et qu’elle a ensuite suivi avec son cœur d’humble disciple, alors qu’Il parcourait les sentiers de sa mission, jusqu’à la croix et à la résurrection. Pour cela, elle aussi a abaissé toutes ses défenses en renonçant à ses attentes, à ses prétentions et à ses garanties - comme savent le faire les mères -, en consacrant sans réserve sa vie à son Fils qu’elle a reçu par grâce, afin de le redonner à son tour au monde.
Dans la Maternité Divine de Marie, nous voyons la rencontre de deux immenses réalités “désarmées” : celle de Dieu qui renonce à tous les privilèges de sa divinité pour naître selon la chair (cf. Phil 2, 6-11), et celle de la personne qui, avec confiance, embrasse totalement sa volonté, Lui rendant l’hommage, dans un acte parfait d’amour, de sa plus grande puissance : la liberté.
Saint Jean-Paul II, méditant sur ce mystère, invitait à regarder ce que les bergers avaient trouvé à Bethléem : « La tendresse désarmante de l’Enfant, la pauvreté surprenante dans laquelle Il se trouve, l’humble simplicité de Marie et de Joseph » ont transformé leur vie en faisant d’eux des « messagers du salut » (Homélie lors de la messe de Marie, Mère de Dieu, 34eJournée mondiale de la paix, 1er janvier 2001).
Il le disait à la fin du grand Jubilé de l’an 2000, avec des mots qui peuvent nous faire réfléchir nous aussi : « Combien de dons – affirmait-il - combien d’occasions extraordinaires le grand Jubilé a-t-il offert aux croyants! Dans l’expérience du pardon reçu et donné, dans le souvenir des martyrs, dans l’écoute du cri des pauvres du monde [...] nous avons nous aussi ressenti la présence salvifique de Dieu dans l’histoire. Nous avons comme touché de façon tangible son amour qui renouvelle la face de la terre » (ibid.), et il concluait : « Comme aux pasteurs qui accourent pour l’adorer, le Christ demande aux croyants, auxquels il a offert la joie de le rencontrer, une disponibilité courageuse afin de repartir pour annoncer son Évangile, ancien et toujours nouveau. Il les invite à vivifier l’histoire et les cultures des hommes avec son message salvifique » (ibid.).
Chers frères et sœurs, en cette fête solennelle, au début de la nouvelle année, à l’approche de la fin du Jubilé de l’espérance, approchons-nous avec foi de la crèche comme le lieu par excellence de la paix “désarmée et désarmante”, lieu de bénédiction où nous nous souvenons des prodiges que le Seigneur a accomplis dans l’histoire du salut et dans notre existence, afin de repartir comme les humbles témoins de la grotte, en « glorifiant et louant Dieu » (Lc 2,20) pour tout ce que nous avons vu et entendu. Que ce soit notre engagement, notre résolution pour les mois à venir, pour notre vie chrétienne.
Marie est appelée la Porte du Ciel, car c'est par elle que notre Seigneur est passé du ciel à la terre. Le prophète Ézéchiel, prophétisant sur Marie, dit : « La porte sera fermée, elle ne sera pas ouverte, et personne n'y passera, car le Seigneur, le Dieu d'Israël, y est entré ; elle sera fermée pour le Prince, et le Prince lui-même y siégera. » Or, cette prophétie s'est accomplie, non seulement parce que notre Seigneur a pris chair d'elle et est son Fils, mais aussi parce qu'elle a joué un rôle dans le plan de la Rédemption ; elle s'accomplit dans son esprit et sa volonté, autant que dans son corps.
Ève a contribué à la chute de l'homme, bien que ce soit Adam qui nous ait représentés et dont le péché ait fait de nous des pécheurs. C'est Ève qui a commencé et qui a tenté Adam. L'Écriture dit : « La femme vit que l'arbre était bon à manger, agréable à la vue et plaisant à contempler ; elle prit de son fruit, en mangea et en donna à son mari, qui en mangea. »
Il était donc juste, dans la miséricorde de Dieu, que, de même que la femme a commencé la destruction du monde, la femme commence aussi sa restauration, et que, de même qu'Ève a ouvert la voie à l'acte fatal du premier Adam, Marie ouvre la voie à la grande œuvre du second Adam, notre Seigneur Jésus-Christ, venu sauver le monde en mourant pour lui sur la Croix.
C’est pourquoi les saints Pères appellent Marie une seconde Ève, une Ève meilleure, car elle a accompli le premier pas vers le salut de l’humanité, pas qu’Ève avait fait lors de sa chute. Comment et quand Marie a-t-elle participé, et de façon si déterminante, à la restauration du monde ? Ce fut lorsque l’ange Gabriel lui apparut pour lui annoncer la grande dignité qui lui serait réservée.
Saint Paul nous exhorte à « offrir nos corps à Dieu comme un culte raisonnable ». Il ne suffit pas de prier du bout des lèvres, de jeûner, d'accomplir des pénitences extérieures et d'être chastes ; il nous faut aussi être obéissants et purs d'esprit. Ainsi, en ce qui concerne la Vierge Marie, il était de la volonté de Dieu qu'elle s'engage de plein gré et en pleine conscience à être la Mère de notre Seigneur, et non un simple instrument passif dont la maternité serait sans mérite ni récompense.
Plus nos dons sont grands, plus nos devoirs sont lourds. Ce n'était pas une mince affaire d'être si proche du Rédempteur des hommes, comme elle l'a vécu par la suite en souffrant avec Lui.
Aussi, pesant soigneusement les paroles de l'Ange avant de répondre, elle demanda d'abord si une charge si importante impliquerait la perte de la virginité qu'elle avait promise. L'Ange lui ayant répondu par la négative, alors, avec le consentement total d'un cœur empli de l'amour de Dieu et de sa propre humilité, elle dit : « Voici la servante du Seigneur, qu'il me soit fait selon ta parole. » C'est par ce consentement qu'elle devint la Porte du Ciel.
Salus Populi Romani (« Salut du peuple romain ») [Chapelle Paulinienne de Sainte-Marie-Majeure, Rome]. L’icône est arrivée à Rome vers 590, sous le pontificat du pape Grégoire Ier. Selon la page du site web du Vatican qui lui est consacrée, l’iconographe n’était autre que saint Luc lui-même.
[Et « Mère du Créateur ».]
C’est un titre que, de tous les autres, nous aurions pensé impossible à porter pour une créature. À première vue, nous pourrions être tentés de dire qu’il bouleverse nos notions fondamentales de Créateur et de créature, d’Éternel et de temporel, d’Autosuffisant et de dépendant ; et pourtant, à y regarder de plus près, nous verrons que nous ne pouvons refuser ce titre à Marie sans nier l’Incarnation divine – c’est-à-dire la grande et fondamentale vérité de la révélation, que Dieu s’est fait homme.
Et cela se constatait dès les premiers temps de l'Église. Les chrétiens avaient coutume, dès l'origine, d'appeler la Vierge Marie « Mère de Dieu », car ils voyaient qu'il était impossible de lui refuser ce titre sans renier les paroles de saint Jean : « Le Verbe (c'est-à-dire Dieu le Fils) s'est fait chair. » Et très vite, il devint nécessaire de proclamer cette vérité par la voix d'un concile œcuménique de l'Église.
Car, du fait de l'aversion que les hommes ont pour le mystère, l'erreur est apparue selon laquelle notre Seigneur n'était pas vraiment Dieu, mais un homme, ne différant de nous que par ceci : Dieu demeurait en lui, comme Dieu demeure en tous les hommes de bien, mais à un degré supérieur ; comme le Saint-Esprit demeurait dans les anges et les prophètes, comme dans une sorte de temple ; ou encore, comme notre Seigneur demeure maintenant dans le tabernacle de l'église.
Alors les évêques et les fidèles constatèrent qu'il n'y avait pas d'autre moyen d'empêcher la propagation de cette conception fausse et néfaste qu'en déclarant clairement, et en faisant un point de foi, que Marie était la Mère, non seulement des hommes, mais aussi de Dieu.
Depuis lors, le titre de Marie, Mère de Dieu, est devenu un dogme, ou article de foi, dans l'Église. Mais cela nous amène à une réflexion plus large sur le sujet. Ce titre donné à Marie est-il plus merveilleux que le dogme selon lequel Dieu, sans cesser d'être Dieu, s'est fait homme ? Est-il plus mystérieux que Marie soit Mère de Dieu que Dieu soit homme ?
Or, comme je l'ai dit, cette dernière vérité est l'élément fondamental de la révélation, attestée par les prophètes, les évangélistes et les apôtres tout au long de l'Écriture. Et quoi de plus consolant et de plus joyeux que les merveilleuses promesses qui découlent de cette vérité, à savoir que Marie est la Mère de Dieu ?
Le grand miracle, c'est que nous devenions les frères de notre Dieu ; que, si nous menons une vie vertueuse et mourons dans la grâce de Dieu, nous serions tous enlevés par notre Dieu incarné au lieu où demeurent les anges ; que nos corps seraient relevés de la poussière et emmenés au Ciel ; que nous serions réellement unis à Dieu ; que nous participerions à la nature divine ; que chacun de nous, âme et corps, serait plongé dans l'abîme de gloire qui entoure le Tout-Puissant ; que nous le verrions et partagerions sa béatitude, selon le texte : « Quiconque fait la volonté de mon Père qui est aux cieux, celui-là est mon frère, ma sœur et ma mère. »