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Spiritualité

  • L'Evangile de ce treizième dimanche du temps ordinaire

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    De Marie-Christine Lafon sur le site de Famille Chrétienne (archive du 26 mai 2005) :

    Evangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu (10, 37-42)

    Jésus disait aux douze Apôtres : "Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n'est pas digne de moi ; celui qui aime son fils ou sa fille plus que moi n'est pas digne de moi ; celui qui ne prend pas sa croix et ne me suit pas n'est pas digne de moi. Qui veut garder sa vie pour soi la perdra ; qui perdra la vie à cause de moi la gardera. Qui vous accueille m'accueille ; et qui m'accueille accueille Celui qui m'a envoyé. Qui accueille un prophète en sa qualité de prophète recevra une récompense de prophète ; qui accueille un homme juste en sa qualité d'homme juste recevra une récompense d'homme juste. Et celui qui donnera à boire, même un simple verre d'eau fraîche, à l'un de ces petits en qualité de disciple, amen, je vous le dis : il ne perdra pas sa récompense".

    Prendre sa croix

    Après avoir été flagellé, le condamné à la crucifixion devait porter lui-même sa croix au lieu du supplice. A l'époque de Jésus, cette exécution par la mort en croix était courante. Ce supplice romain s'appliquait aux esclaves, aux non-citoyens, et parfois aux citoyens en cas de haute trahison ; il sanctionnait tout manquement à l'ordre public. Considéré comme infamant, il exposait à l'opprobre des foules et à la risée des passants celui qui méritait d'être retranché du peuple.

    Donc, prendre sa croix avec Jésus, c'est être uni à Lui, c'est accepter d'être injustement rejeté, humilié devant tout le monde, comme ces crucifiés ; mais c'est aussi ressusciter avec Lui.

    Accueillir

    Loi sacrée du monde antique, l'hospitalité est aussi prônée dans la Bible.

    L'hôte rappelle à celui qui l'accueille sa condition de passager sur la Terre. Il doit donc être reçu avec soin et traité avec amour et désintéressement, au nom de Dieu qui l'aime.

    Dans la Nouvelle Alliance, qui accueille un hôte, accueille Jésus. Et Le recevoir chez soi, c'est-à-dire Lui faire de la place, c'est Le connaître et croire en Lui.

    Aussi, l'exercice empressé de l'hospitalité est un trait de la vie chrétienne : "N'oubliez pas l'hospitalité, car c'est grâce à elle que, sans le savoir, certains ont hébergé des anges" (He 13, 2).

    Récompense

    Par une évolution sémantique, dans l'Ancien Testament, la conduite conforme à la Loi étant source de mérites et de prospérité, le mot "justice", qui désignait cette conduite, finit par en signifier aussi les diverses récompenses. Ainsi, l'hospitalité désintéressée devient une justice devant Yahvé, ce que l'on pourrait presque traduire par "mérite".

    Cette justice-récompense équivaut à vie et gloire, et la bénédiction de Dieu peut récompenser la piété.

    Dans l'intention de Dieu comme ici, il ne s'agit pas de donnant donnant, puisqu'en amour, on ne compte pas. Jésus nous donne pour récompense rien moins que la vie éternelle, c'est-à-dire la vie dans l'intimité de la Trinité. Or, nous n'avons d'autre mérite à recevoir cette récompense que d'être son élu.

    Marie-Christine Lafon

  • Quand Dieu Lui-même devient notre trésor (homélie pour le 13ème dimanche du T.O.)

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    L'homélie de l'abbé Christophe Cossement pour le 13e dimanche de l’année A (2 juillet 2023) :

    La richesse du Seigneur

    Le Seigneur est si riche pour nous, il a tant à nous apporter. Le bonheur de vivre avec lui, d’être son disciple, de se mettre à son école, ce bonheur est immense. Il remplit l’âme ; il établit dans une immense paix. Nous vivons dans la lumière de l’Esprit Saint. Dieu lui-même devient notre trésor ; comment, alors, ne pas avoir l’âme qui déborde ? Pourtant, ce n’est pas notre lot de tous les jours. Nous ne croisons pas souvent un chrétien qui nous dit : mon âme déborde de lumière et de paix… Oui, si nous croisons quelqu’un qui vient de gagner au lotto ou de tomber amoureux, nous trouvons quelqu’un de joyeux, mais la vie ce n’est pas la loterie nationale et surtout : il y a tant de déçus. Tandis que Dieu nous a tous créés pour être comblés. Où est le problème alors, pour que nous le sentions si peu ?

    Le Seigneur vient de nous donner la réponse. Celui qui est digne de lui c’est celui qui le préfère, lui, à son père, sa mère, son fils, sa fille… saint Luc ajoutera même : sa femme et ses frères et sœurs… Les deux évangélistes résument cela : perdre sa vie à cause du Seigneur Jésus. Ce n’est pas notre démarche spontanée. Nous aimerions bien, nous, pouvoir vivre notre vie comme nous l’entendons et accorder au Seigneur quelques minutes, quelques heures de notre semaine, en se disant que c’est bien assez pour qu’il nous comble de ses dons. En faisant cela, ne faisons-nous pas déjà bien plus que d’autres qui murmurent contre Dieu alors qu’ils ne lui accordent que si rarement leur attention ? Et pourtant, tout cela reste tellement en deçà de l’évangile !

    Pourquoi le Seigneur est-il si exigeant ? Parce que ce qu’il a à nous donner passe par le cœur.

    Un cœur qui désire.

    Un cœur qui se creuse.

    Un cœur qui connaît les dangers et s’en méfie (dangers de l’orgueil, de la convoitise, de l’endormissement).

    Un cœur qui écarte tous les obstacles.

    Un cœur tendu par amour.

    Bref, comme disait saint Paul, un cœur qui accepte de mourir avec le Christ pour ressusciter avec lui et mener une vie nouvelle.

    Seigneur, fais-nous la grâce de tourner fréquemment nos regards vers toi. De te consulter avant chaque décision. De nous imprégner de ta Parole en lisant fréquemment les Écritures. De nous arrêter pour prendre un temps de silence avec toi dans le secret de notre chambre. De rejoindre ton Église pour prier avec elle et avoir le cœur qui bat en union avec elle.

  • Irénée de Lyon, défenseur de l'orthodoxie catholique (28 juin)

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    Saint Irénée de Lyon

    Le 28 mars 2007, Benoît XVI a consacré sa "catéchèse" du mercredi à ce grand témoin de la Foi (IIe siècle) que l'on fête aujourd'hui : saint Irénée de Lyon

    Chers frères et sœurs!

    Dans les catéchèses sur les grandes figures de l'Eglise des premiers siècles, nous arrivons aujourd'hui à l'éminente personnalité de saint Irénée de Lyon. Les informations biographiques à son sujet proviennent de son propre témoignage, qui nous est parvenu à travers Eusèbe, dans le livre V de l'Histoire ecclésiastique. Irénée naquit selon toute probabilité à Smyrne (aujourd'hui Izmir, en Turquie), vers 135-140, où, encore jeune, il alla à l'école de l'Evêque Polycarpe, lui-même disciple de l'Apôtre Jean. Nous ne savons pas quand il se rendit d'Asie mineure en Gaule, mais son transfert dut coïncider avec les premiers développements de la communauté chrétienne de Lyon:  c'est là que, en 177, nous trouvons Irénée au nombre du collège des prêtres. C'est précisément cette année qu'il fut envoyé à Rome, porteur d'une lettre de la communauté de Lyon au Pape Eleuthère. La mission romaine qui permit à Irénée d'échapper à la persécution de Marc-Aurèle, dans laquelle au moins 48 martyrs trouvèrent la mort, parmi lesquels l'Evêque de Lyon lui-même, Pothin, âgé de 90 ans, mort des suites de mauvais traitements en prison. Ainsi, à son retour, Irénée fut élu Evêque de la ville. Le nouveau Pasteur se consacra entièrement au ministère épiscopal, qui se conclut vers 202-203, peut-être par le martyre.

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  • Notre-Dame du Perpétuel Secours (27 juin)

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    unnamed (1).jpg(source) Sous ce titre glorieux, on vénère à Rome une image byzantine de la Sainte Vierge Marie, datant du XIIIème ou du XIVème siècle. Conservée autrefois en l’église saint Matthieu sur l’Esquilin, l’image miraculeuse était peu à peu tombée dans l’oubli, quand en 1866, le pape Pie IX la confia aux rédemptoristes, qui célébraient sa fête. Notre-Dame du Perpétuel Secours est invoquée aujourd’hui dans la plupart des églises d’Occident.

    Du blog du Mesnil Marie :

    En ce 27 juin, tous les dévots enfants de Marie ont à cœur de fêter Notre-Dame du Perpétuel Secours.

    Histoire de l’icône de Notre-Dame du Perpétuel Secours :

           L’image connue sous le nom de Notre-Dame du Perpétuel Secours est une icône réalisée dans un style byzantin relativement tardif (du XIIIe ou du XIVe siècle), qui s’inspire du modèle dit « Madone de saint Luc » mais plus exactement selon un type iconographique connu en Orient sous le nom de Mère de Dieu de la Passion (il s’agit donc d’une Vierge de Compassion, ce pourquoi nous avons une très grande vénération pour elle en notre Mesnil-Marie, où nous célébrons cette fête sous le rit double de 2ème classe).

       Cette icône qui se trouve aujourd’hui à Rome (dans l’église Saint-Alphonse, via Merulana, photo ci-dessus), n’y a pas toujours été : elle était préalablement honorée dans une église de Crète.

    Lorsque, au XVe siècle, l’île fut envahie par les Turcs, persécuteurs de chrétiens et destructeurs de nombreuses églises, beaucoup s’enfuirent. L’un d’eux – un marchand, selon la tradition – prit la sainte image, et s’embarqua avec son trésor pour l’Italie. Il fut reçu à Rome par un ami, marchand lui aussi, chez lequel il tomba malade et mourut. Avant de rendre le dernier soupir, il confia l’icône à cet ami en lui demandant de la donner à une église où elle serait convenablement honorée.

    Le marchand romain, sous la pression de son épouse (qui souhaitait garder le précieux tableau chez elle), tarda à accomplir la dernière demande de son ami, et il fallut que la Vierge Marie Elle-même se manifestât par des apparitions. Elle fit savoir qu’elle voulait être honorée sous le vocable de « Notre-Dame du Perpétuel Secours », et désigna l’endroit où elle voulait que la sainte icône fût exposée : l’église Saint-Matthieu, sur le Mont Esquilin, toute proche de la Basilique de Sainte Marie Majeure, et desservie par les moines de Saint Augustin.

    Elle y fut placée avec de grands honneurs en 1499 et y demeura pendant trois siècles, objet d’une grande vénération.

       En 1798, les troupes de la révolution française envahirent et occupèrent Rome, où 45 églises furent détruites. L’église Saint-Matthieu était de ce nombre et la communauté des moines augustins, desservants du sanctuaire, fut chassée.

    Les religieux emportèrent le tableau mais les malheurs de ce temps, la persécution, puis l’extinction progressive des religieux qui connaissaient l’histoire du tableau, eurent pour conséquence qu’on en perdit la trace… au point qu’on le crut à jamais disparu.

       En 1863, un prêtre rédemptoriste qui, lorsqu’il était enfant, avait servi la messe du dernier moine augustin survivant de la communauté de Saint-Matthieu, réalisa, à la suite d’un providentiel concours de circonstances, que l’antique image dont on déplorait la perte était celle qu’il avait vue dans son enfance dans le petit oratoire du vieux moine ;  il se souvint que celui-ci lui avait un jour dit qu’elle avait été très vénérée et avait accompli de grands miracles.

    Le Bienheureux Pie IX en fut instruit : il la fit rechercher pour qu’elle soit confiée aux religieux rédemptoristes dont l’église, placée sous le vocable de Saint Alphonse de Ligori, avait été édifiée précisément sur l’ancien emplacement de l’église Saint-Matthieu. 

       Lors de la cérémonie d’installation du tableau de Notre-Dame du Perpétuel Secours dans l’église Saint-Alphonse, deux guérisons miraculeuses furent dûment constatées : celle d’un garçon de quatre ans, et celle d’une fillette de huit ans.

    Depuis lors le culte de l’icône miraculeuse reprit de l’essor et de nombreuses faveurs spirituelles et temporelles en furent la conséquence.

    Description et explication de la Sainte Image :

       Le tableau n’a guère que cinquante centimètres de haut et quarante de large. Sur un fond d’or éclatant, est représentée la Vierge Marie, portant sur son bras gauche l’Enfant Jésus. Un voile bleu foncé couvre sa tête et s’avance de manière à ne laisser entrevoir que la partie extrême du bandeau qui entoure son front. Sa tunique est de couleur rouge, avec des ourlets brodés d’or, comme ceux du voile. L’auréole assez large qui enveloppe sa tête, est ornée de dessins finement travaillés. Au-dessous de l’auréole, sur la partie supérieure du voile, apparaît une étoile rayonnante. Les plis et les ombres des vêtements sont indiqués par les filets d’or. Au-dessus de la Madone, on lit ces quatre lettres, MP. ThV., initiales et finales des mots grecs signifiant : Mère de Dieu. La robe pourpre de la Vierge est le symbole de son ardent amour, alors que le manteau sombre qui l’enveloppe est le signe de sa douloureuse union aux souffrances de son Fils.

       Le divin Enfant est dans les bras de sa Mère ; mais, au lieu d’arrêter sur elle son regard, il rejette la tête un peu en arrière et tourne les yeux du côté gauche, vers un objet qui, en le préoccupant vivement, répand sur son doux visage un certain sentiment de frayeur. Ses deux petites mains serrent la main droite de sa mère, comme pour implorer sa protection. Il est revêtu d’une robe verte, retenue par une ceinture rouge, et cachée en partie sous un grand manteau d’un jaune presque brun. La couleur verte représente l’éternité et la divinité du Verbe, tandis que le manteau symbolise son humanité, qui a en quelque sorte enveloppé et voilé cette divinité aux yeux de ses contemporains.

       Sa tête est aussi entourée d’une auréole, un peu moins large et moins ouvragée que celle de la Madone. Au-dessus de son épaule gauche, on lit ces autres lettres grecques Is. Xs., c’est-à-dire Jésus-Christ. La pose de l’Enfant Jésus ainsi que le sentiment d’effroi peint dans tous ses traits, sont motivés par la présence d’un ange placé un peu plus haut, à gauche, et tenant dans les mains une croix surmontée d’un titre, qu’il présente à l’Enfant avec quatre clous. Au-dessus de l’envoyé céleste on trouve aussi les initiales de son nom : O. A. G. Elles signifient : L’Archange Gabriel. A la même hauteur, à droite de la Madone, on voit un autre ange portant dans ses mains un vase, d’où s’élèvent la lance et le roseau surmonté de l’éponge. Au-dessus de sa tête, on lit : O. A. M., c’est-à-dire : L’Archange Michel. Les deux Archanges porteurs des instruments de la Passion sont là pour montrer que le Christ, dès le premier instant de son Incarnation, était résolument orienté vers le mystère de la Rédemption, qu’il accomplirait le Vendredi Saint. Toutefois dans la sensibilité de sa nature humaine, Jésus-Christ était effrayé par les horribles supplices de la Passion et c’est ce qu’exprime son attitude : il a couru – tellement que sa sandale s’est détachée – chercher refuge dans les bras de sa Mère… non pas pour se dérober à sa mission, mais parce qu’il veut aussi pour cette mission recevoir l’aide et la compassion des âmes aimantes.

       L’élan de Jésus vers sa Mère, et la tendre pression de leurs mains unies, nous disent que Marie fut pleinement associée par son divin Fils, dès avant le Calvaire, à ses souffrances et à son œuvre de rédemption. Jésus, de son côté, en se réfugiant dans les bras de sa Mère, nous apprend que ce cœur maternel est notre refuge assuré, perpétuellement offert à nos craintes et à nos afflictions. Ses mains abandonnées entre les mains de Marie nous disent que celles-ci disposent de sa toute-puissance. Dans le regard de Marie dirigé vers les assistants, comme dans toute sa physionomie, on sent je ne sais quelle indéfinissable et douce tristesse, mêlée à une tendre compassion. Elle aussi a vu la croix qu’on présente à son Fils ; son cœur souffre, mais avec calme, sérénité, et avec une compréhension pleinement surnaturelle des événements de la vie de son Fils! L’effroi du divin Enfant, en présence des instruments de supplice qu’on lui montre, ont rappelé à Marie ses autres enfants de la terre, qui cheminent péniblement, « dans cette vallée de larmes« , et que leur croix de chaque jour accable si souvent. Pénétrée de compassion, la Vierge semble nous adresser ces consolantes paroles : « Ayez confiance en moi ! J’ai souffert, et je sais compatir ; je suis forte, et je puis secourir. Vous tous qui suivez, sur la terre, la voie qu’a suivie mon Fils, ayez confiance : je suis la toute compatissante, je suis la Mère du Perpétuel-Secours ! »

       Et comme il l’a souvent été dit : pour bénéficier largement de ce perpétuel secours, il ne faut pas se lasser de le demander par un perpétuel recours.

    Prière à Notre-Dame du Perpétuel Secours :

         O Très Sainte Vierge Marie,
    qui, pour nous inspirer une confiance sans bornes, avez voulu prendre le nom si doux de Mère du Perpétuel-Secours, je vous supplie de me secourir en tout temps et en tout lieu : dans mes tentations, après mes chutes, dans mes difficultés, dans toutes les misères de la vie et surtout au moment de ma mort.
    Donnez-moi, ô charitable Mère, la pensée et l’habitude de recourir toujours à vous, car je suis sûr que, si je vous invoque fidèlement, vous serez fidèle à me secourir.
    Procurez-moi donc cette grâce des grâces : la grâce de vous prier sans cesse et avec la confiance d’un enfant, afin que, par la vertu de cette prière fidèle, j’obtienne votre Perpétuel Secours
     et la persévérance finale.
    Bénissez-moi, ô tendre et secourable mère, et priez pour moi, maintenant et à l’heure de ma mort.

    Ainsi soit-il !

  • Saint Cyrille d'Alexandrie, gardien de la vraie foi (27 juin)

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    saint-cyrille-d-alexandrie.jpgLors de l'audience générale du mercredi 3 octobre 2007, Benoît XVI consacrait sa catéchèse à saint Cyrille d'Alexandrie (source) :

    Chers frères et sœurs!

    Poursuivant notre itinéraire sur les traces des Pères de l'Eglise, nous rencontrons une grande figure:  saint Cyrille d'Alexandrie. Lié à la controverse christologique qui conduisit au Concile d'Ephèse de 431 et dernier représentant important de la tradition alexandrine, dans l'Orient grec, Cyrille fut plus tard défini le "gardien de l'exactitude" - qu'il faut comprendre comme gardien de la vraie foi - et même "sceau des Pères". Ces antiques expressions expriment un fait qui est caractéristique de Cyrille, c'est-à-dire la référence constante de l'Evêque d'Alexandrie aux auteurs ecclésiastiques précédents (parmi ceux-ci, Athanase en particulier), dans le but de montrer la continuité de sa théologie avec la tradition. Il s'insère volontairement, explicitement dans la tradition de l'Eglise, dans laquelle il reconnaît la garantie de la continuité avec les Apôtres et avec le Christ lui-même. Vénéré comme saint aussi bien en Orient qu'en Occident, saint Cyrille fut proclamé docteur de l'Eglise en 1882 par le Pape Léon XIII, qui, dans le même temps, attribua ce titre également à un autre représentant important de la patristique grecque, saint Cyrille de Jérusalem. Ainsi, se révélaient l'attention et l'amour pour les traditions chrétiennes orientales de ce Pape, qui voulut ensuite proclamer saint Jean Damascène Docteur de l'Eglise, montrant ainsi que tant la tradition orientale qu'occidentale exprime la doctrine de l'unique Eglise du Christ.

    On sait très peu de choses sur la vie de Cyrille avant son élection sur l'important siège d'Alexandrie. Neveu de Théophile, qui en tant qu'Evêque, dirigea d'une main ferme et avec prestige le diocèse alexandrin à partir de 385, Cyrille naquit probablement dans la même métropole égyptienne entre 370 et 380. Il fut très tôt dirigé vers la vie ecclésiastique et reçut une bonne éducation, tant culturelle que théologique. En 403, il se trouvait à Constantinople à la suite de son puissant oncle et il participa dans cette même ville au Synode appelé du "Chêne", qui déposa l'Evêque de la ville, Jean (appelé plus tard Chrysostome), marquant ainsi le triomphe du siège alexandrin sur celui, traditionnellement rival, de Constantinople, où résidait l'empereur. A la mort de son oncle Théophile, Cyrille encore jeune fut élu Evêque de l'influente Eglise d'Alexandrie en 412, qu'il gouverna avec une grande énergie pendant trente-deux ans, visant toujours à en affirmer le primat dans tout l'Orient, également fort des liens traditionnels avec Rome.

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  • La nativité de saint Jean-Baptiste (24 juin)

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    saint_jean_baptiste.jpgDe Benoît XVI, cette catéchèse sur saint Jean-Baptiste

    ... la vénération de saint Jean-Baptiste est ancienne et profonde. Dans les évangiles, son rôle par rapport à Jésus apparaît très nettement. Saint Luc, en particulier, raconte sa naissance, sa vie dans le désert, sa prédication, et saint Marc nous parle de sa mort dramatique. Jean-Baptiste initie sa prédication sous l’empereur Tibère, en 27-28 après Jésus-Christ, et l’invitation très claire qu’il adresse à la foule accourue pour l’écouter est de préparer le chemin pour accueillir le Seigneur, de rendre droits les sentiers tordus de sa propre vie à travers une conversion du cœur radicale (cf. Luc 3, 4). Pourtant le Baptiste ne se limite pas à prêcher la pénitence et la conversion mais, en reconnaissant que Jésus est « l’Agneau de Dieu » venu pour enlever le péché du monde (Jean 1, 29), il a la profonde humilité de montrer en Jésus le véritable Envoyé de Dieu, en se mettant de côté pour que le Christ puisse grandir, être écouté et suivi. Dans un acte ultime, le Baptiste témoigne par son sang de sa fidélité aux commandements de Dieu, sans céder ni reculer, en accomplissant jusqu’au bout sa mission. Dans ses homélies, saint Bède, moine du IXème siècle, dit ceci : Saint Jean a donné sa vie pour [le Christ], même si on ne lui a pas ordonné de renier Jésus Christ, on lui a ordonné de taire la vérité (cf. Homélies 23 : CCL 122, 354). Et il n’a pas tu la vérité et c’est ainsi qu’il est mort pour le Christ qui est la Vérité. C’est justement par amour de la vérité qu’il ne s’est pas abaissé en se compromettant et qu’il n’a pas eu peur d’adresser des paroles fortes à celui qui s’était éloigné des voies de Dieu.

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  • La nativité de saint Jean-Baptiste

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    ghirlandaio3birth101.JPG

    la nativité de Jean-Baptiste par Ghirlandaio (Santa Maria Novella, Florence)

    Méditation et historique (missel.free.fr)

    L'Église célèbre la naissance du Sauveur au solstice d'hiver et celle de Jean-Baptiste au solstice d'été. Ces deux fêtes, séparées l'une de l'autre par un intervalle de six mois, appartiennent au cycle de l'Incarnation ; elles sont, par leur objet, dans une mutuelle dépendance ; à cause de ces relations, on peut leur donner le même titre, c'est en latin : nativitas, naissance ; natalis dies,Noël.

    Pourquoi célébrer la naissance de Jean-Baptiste, se demande saint Augustin, dans un sermon qui se lit à l'office nocturne ? La célébration de l'entrée de Jésus-Christ dans ce monde s'explique fort bien ; mais les hommes - et Jean-Baptiste en est un - sont d'une condition différente ; s'ils deviennent des saints, leur fête est plutôt celle de leur mort : leur labeur est consommé, leurs mérites sont acquis ; après avoir remporté la victoire sur le monde, ils inaugurent une vie nouvelle qui durera toute l'éternité. Saint Jean-Baptiste est le seul à qui soit réservé cet honneur ; et cela dès le cinquième siècle, car la nativité de la Vierge Marie ne fut instituée que beaucoup plus tard. Ce privilège est fondé sur ce fait que Jean a été sanctifié dès le sein de sa mère Élisabeth, quand elle reçut la visite de Marie sa cousine ; il se trouva délivré du péché originel ; sa naissance fut sainte, on peut donc la célébrer. C'est un homme à part, il n'est inférieur à personne, non surrexit inter natos mulierum major Jobanne Baptista. L'ange Gabriel vint annoncer sa naissance, son nom et sa mission, nous dit saint Maxime, dans une leçon de l'octave ; sa naissance merveilleuse a été suivie d'une existence admirable, qu'un glorieux trépas a couronnée ; l'Esprit Saint l'a prophétisé, un ange l'a annoncé, le Seigneur a célébré ses louanges, la gloire éternelle d'une sainte mort l'a consacré. Pour ces motifs, l'Église du Christ se réjouit dans tout l'univers de la naissance du témoin qui signala aux mortels la présence de celui par lequel leur arrivent les joies de l'éternité.

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  • Homélie pour la nativité de saint Jean-Baptiste

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    Joseph-Marie Verlinde, Homélie en la fête de la Nativité de saint Jean-Baptiste, vendredi 24 juin 2011, homelies.fr.

    L’Eglise ne célèbre que trois naissances : celle du Fils de Dieu, celle de sa mère, et celle de Jean-Baptiste. La nativité de ce dernier fut même célébrée bien avant celle de la Vierge Marie : elle est attestée dès le IVe s.

    De tous les autres saints nous retenons uniquement le jour de leur naissance à la vie définitive au moment du grand passage de ce monde à l’autre. L’exception faite pour saint Jean se fonde sur la parole insistante de l’Ange annonçant la destinée extraordinaire de cet enfant (Lc 1, 13-17), et surtout sur la grâce de sanctification reçue dès le sein de sa mère, lors de la Visitation de Marie à sa cousine Elisabeth (Lc 1, 39-56). Puisque l’enfant fut purifié du péché originel et oint de l’Esprit de sainteté, il est légitime de fêter sa naissance comme la célébration de l’entrée d’un saint dans notre monde.

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  • « Providentiel » : L’évêque Hansen à propos du nouveau sanctuaire d’Oslo dédié aux chrétiens persécutés

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    De Luke Coppen sur le Pillar :

    « Providentiel » : L’évêque Hansen à propos du nouveau sanctuaire d’Oslo dédié aux chrétiens persécutés

    Hansen a reçu une proposition pour établir le sanctuaire en 2025, quelques mois après avoir été consacré évêque d'Oslo, à la suite d'une carrière diplomatique au Vatican.

    L'évêque Fredrik Hansen bénit l'icône de Marie, Mère des chrétiens persécutés, à l'église Saint-Jean d'Oslo, en Norvège, le 20 juin 2026. Crédit : Marta Wade/Diocèse d'Oslo.

    À première vue, ces deux événements, distants de milliers de kilomètres, pourraient sembler sans lien. Le père Youhanna Al-Amin a été assassiné le 19 juin, apparemment en représailles à sa dénonciation du vol de médicaments destinés à la population locale. Hansen a inauguré le sanctuaire dédié à Marie, Mère des chrétiens persécutés, le 20 juin à l'église Saint-Jean, dans le quartier de Bredtvet à Oslo.

    Pourtant, au sein de la communion de l'Église, tout est lié. Le but de ce nouveau sanctuaire est d'offrir aux catholiques un lieu où prier ensemble pour les prêtres et les laïcs confrontés à des dangers semblables à ceux qu'a connus le père Youhanna.

    Hansen a reçu une proposition pour la création du sanctuaire en août 2025, sept mois après sa consécration comme évêque d'Oslo, à la suite d'une carrière diplomatique au Vatican. L'idée venait du père Benedict Kiely, prêtre anglais de l'Ordinariat personnel Notre-Dame de Walsingham, qui dirige Nasarean.org , une organisation caritative soutenant les chrétiens persécutés.

    Dans le cadre de sa mission, Kiely invite les évêques du monde entier à installer des sanctuaires abritant une icône de Marie, Mère des chrétiens persécutés. Cette icône d' Éléuse porte une inscription en araméen, la langue parlée par Jésus, dans son coin supérieur gauche : « Marie, Mère des chrétiens persécutés ». Parmi les lieux où se trouvent ces sanctuaires, citons New York, Londres et Stockholm , ainsi qu'Astana au Kazakhstan et Qaraqosh en Irak.

    Ces sanctuaires attirent l'attention sur les quelque 338 millions de chrétiens persécutés dans le monde et encouragent la prière à leur sujet .

    La Norvège peut sembler un lieu surprenant pour un sanctuaire catholique dédié aux chrétiens persécutés. Pourtant, la communauté catholique norvégienne, en pleine expansion, rassemble des personnes originaires de plus de 180 pays , dont certaines ont vécu personnellement la persécution dans leur pays d'origine.

    Dans une interview par courriel à la veille de l'inauguration, l'évêque Hansen a évoqué sa propre prise de conscience de l'ampleur de la persécution antichrétienne, les raisons qui l'ont poussé à créer ce nouveau sanctuaire et ses espoirs pour son avenir.


    Pour une expérience optimale, ouvrez la carte dans une nouvelle fenêtre .


    Quand avez-vous pris conscience pour la première fois de l'ampleur de la persécution des chrétiens dans le monde ?

    Il y a dix ans, j'étais en poste comme diplomate pontifical à Vienne, en Autriche, au sein de la mission du Saint-Siège auprès de plusieurs organisations internationales. Dans l'une de ces organisations, le volet relatif aux droits de l'homme comprenait le travail sur l'intolérance et la discrimination à l'encontre des chrétiens dans l'hémisphère nord.

    Aux Nations Unies et ailleurs, les atrocités horribles commises par Daech, y compris contre des chrétiens, étaient de plus en plus mises en lumière. Il était facile de conclure que la colère et la haine dirigées contre les disciples de Jésus-Christ étaient une réalité mondiale.

    Pourquoi avez-vous accepté l'invitation à fonder un sanctuaire dédié à Marie, Mère des chrétiens persécutés, dans le diocèse d'Oslo ,

    Je crois qu'il est nécessaire de porter une attention beaucoup plus grande à la situation difficile des chrétiens persécutés et à notre obligation commune de prier pour eux et de les soutenir.

    Je considère comme providentiel que, juste au moment où je commençais mon ministère épiscopal et que je me penchais sur les priorités de notre diocèse, l'offre de l'icône et l'idée d'un sanctuaire m'aient été présentées.

    Icône de Marie, Mère des chrétiens persécutés, à l'église Saint-Jean d'Oslo, en Norvège. Crédit : Marta Wade/Diocèse d'Oslo.

    Pourquoi avoir choisi l' église Saint-Jean de Bredtvet, à Oslo, comme emplacement du nouveau sanctuaire ?

    Pour deux raisons : premièrement, il s’agit de la plus grande église catholique de la ville d’Oslo et elle assurera donc l’importance du sanctuaire.

    Deuxièmement, un nombre important de fidèles de la paroisse sont originaires de pays où le souvenir de l'intolérance ou de la persécution est fort, comme la Pologne, la Lituanie et le Vietnam, ou de pays où les chrétiens subissent aujourd'hui des violences et des persécutions, notamment le Nigéria, le Myanmar et l'Inde.

    Pourquoi pensez-vous que, outre le soutien matériel et le plaidoyer, la prière pour les chrétiens persécutés est importante ?

    Notre Seigneur a dit : « Demandez, et l’on vous donnera » ( Matthieu 7,7 ). Présenter à Dieu nos frères et sœurs souffrants et implorer son aide est donc une expression de notre foi et un acte concret de solidarité. Cela nous rappelle aussi la nécessité d’en faire davantage, notamment par un soutien matériel et un plaidoyer public.

    L’évêque Hansen inaugure le sanctuaire de Marie, Mère des chrétiens persécutés, à l’église Saint-Jean. Crédit : Marta Wade/Diocèse d’Oslo.

    Avez-vous déjà rencontré des chrétiens persécutés ? Si oui, qu’est-ce qui vous a marqué chez eux ?

    Lors de mes visites dans nos paroisses, j'ai rencontré de nombreuses personnes touchées par la persécution, que ce soit personnellement, par l'intermédiaire de leurs familles ou de leurs communautés. Mes prêtres font part d'expériences similaires.

    Ce qui me frappe, c'est la joie et l'espoir qu'ils semblent tous partager. Malgré l'horreur qu'ils ont vue ou qui les a touchés de si près, ces deux caractéristiques chrétiennes si fondamentales – la joie et l'espérance – sont prédominantes. Quel témoignage ils nous donnent !

    Quel rôle espérez-vous que le sanctuaire jouera au sein du diocèse d'Oslo ?

    J'espère que ce sanctuaire renforcera l'action collective de notre Église locale en faveur des chrétiens qui souffrent pour leur foi.

    À l'occasion de son inauguration ce week-end, nous avons organisé des conférences et des présentations, ainsi que des réunions de planification – notamment avec nos partenaires – afin de définir les actions futures. Tout cela sera soutenu par les prières au sanctuaire – pour les années à venir.

  • Un missionnaire flamand en route vers la béatification

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    De hbvl.be/news ;

    Le missionnaire flamand Júlio Maria de Lombaerde en route vers la béatification

    Waregem –Le missionnaire flamand Júlio Maria de Lombaerde (1878-1944) est en voie de béatification. Le Dicastère pour les causes des saints, organe de la Curie romaine, a publié un décret du pape Léon XIV reconnaissant les « vertus héroïques du Serviteur de Dieu Júlio Maria de Lombaerde » et le déclarant Vénérable.

    (IA) Le Père Júlio Maria de Lombaerde (né Jules Emiel de Lombaerde) était un célèbre missionnaire catholique belge naturalisé brésilien, né le 7 janvier 1878 à Beveren-Leie (Belgique) et mort le 24 décembre 1944 à Alto Jequitibá (Brésil). Reconnu pour son immense ferveur apostolique, son action sociale et ses talents d'écrivain, il a été officiellement déclaré Vénérable par le Vatican en juin 2026.

    Son parcours et sa vocation
    • Origines belges : Issu d'une famille d'agriculteurs pieux, il étudie à Torhout avant de ressentir l'appel des missions chrétiennes.
    • Départ pour le Brésil : Après un premier passage comme missionnaire en Afrique, il est envoyé au Brésil en 1912. C’est par dévotion envers la Vierge qu'il adopte le nom de Júlio Maria.
    • L'action dans le Nord : Il passe 16 ans dans le Nord et le Nord-Est du pays (notamment en Amazonie et à Macapá). Il y travaille comme pasteur, enseignant, médecin et pharmacien pour les populations démunies.
    • L'œuvre à Minas Gerais : En 1928, il s'installe à Manhumirim. Il y transforme la région en construisant des hôpitaux, des écoles, des asiles et des infrastructures sanitaires.
    • Mort tragique : Il meurt la veille de Noël 1944 dans un accident de voiture alors qu'il se déplaçait pour célébrer la messe de minuit.
    Fondations religieuses et impact littéraire
    Le Père Júlio Maria a marqué l'histoire de l'Église brésilienne par ses nombreuses initiatives :
    • Trois congrégations : Il a fondé les Filles du Cœur Immaculé de Marie (Cordimarianas), les Missionnaires de Notre-Dame du Très Saint Sacrement (Sacramentinos) et les Sœurs Sacramentines.
    • Journalisme et livres : Écrivain prolifique et fervent défenseur de la doctrine catholique, il a rédigé plus de 80 ouvrages. Il a également fondé le journal à grand tirage O Lutador, toujours existant.
    En route vers la sainteté
    Son procès en béatification a débuté au niveau diocésain en 2015. En juin 2026, le Dicastère pour les Causes des Saints a publié le décret papal reconnaissant ses virtues héroïques, lui octroyant le titre de Vénérable, première étape majeure avant de devenir bienheureux.
  • Le christianisme, nouvelle contre-culture ? Pourquoi des jeunes hommes se tournent vers l’Église

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    De Liv Klingert sur The European Conservative :

    Le christianisme, nouvelle contre-culture : pourquoi des jeunes hommes se tournent vers l’Église

    « Les générations précédentes ont donné des réponses insuffisantes, issues de la dictature du relativisme, en affirmant : “C’est bien si c’est vrai pour toi ; mais ce n’est tout simplement pas vrai pour moi.” C’est superficiel », déclare le père Daniel Ebert Steiner.

    21 juin 2026

    Au Royaume-Uni, un rapport controversé de 2025 — dont la méthodologie a depuis été sérieusement remise en question — fait état d’une multiplication par quatre du nombre de 18-34 ans fréquentant l’église au moins une fois par mois, 20 % des jeunes hommes de moins de 34 ans y assistant régulièrement, contre seulement 4 % il y a six ans.

    Pourtant, il est encore difficile de nier un intérêt pour le christianisme et un renouveau — très discret. À Pâques 2026, 21 000 adultes et jeunes ont été baptisés en France, soit une augmentation de 20 % par rapport à 2025, année qui avait déjà connu une hausse de 32 % des baptêmes par rapport à l’année précédente. À titre de comparaison, en 2021, on comptait environ 4 100 baptêmes d’adultes.

    Environ 45 % des jeunes Espagnols (âgés de 15 à 29 ans) se déclarent catholiques. Cela marque un revirement spectaculaire ces dernières années, l’identification catholique chez les jeunes Espagnols ayant augmenté de près de 50 % par rapport à 2020.

    Une tendance similaire s’observe au Danemark. Mais la question est la suivante : pourquoi ces jeunes hommes ont-ils commencé à fréquenter l’église ?

    Pour le prêtre catholique Daniel Steiner Ebert, qui exerce au Danemark, cela s’explique par un manque de profondeur dans la vie :

    « Notre société propose depuis longtemps aux gens une vie vide de sens. Le christianisme était ennuyeux ; nous l’avons essayé, alors les gens ont voulu tenter autre chose, et pendant un certain temps, tout le monde a voulu devenir bouddhiste ou adepte du New Age, tandis que d’autres se sont tournés vers le sexe, la drogue et le rock’n’roll. Mais aucune de ces choses n’apporte de profondeur. Même le bouddhisme, en tant que philosophie, offre le vide : le but est de ne faire qu’un avec le néant, ce qui entre en conflit avec la perception que l’humanité a d’elle-même, car, au fond de nous, nous savons que nous sommes plus que rien. Les gens sentent qu’on ne peut pas vivre avec l’idée du néant. Les êtres humains sont en quête ; ils sont religieux, et cela les pousse vers une rencontre avec le christianisme. »

    Un sondage d’opinion a montré que la majorité des catéchumènes français s’étaient intéressés à la religion à la suite d’une épreuve de la vie ou d’une forme de maladie, tandis que d’autres avaient vécu une expérience religieuse. D’autres encore se sont tournés vers l’Église après avoir fait l’expérience de la beauté. 

    Le père Daniel Steiner Ebert estime que ces tendances sont l’expression d’une rébellion qui trouve ses racines dans les expériences de vie des jeunes eux-mêmes.

    « Ils ont grandi auprès de parents laïques. Ils ont goûté au fruit de la laïcité et, à travers leur propre expérience, l’ont trouvé insatisfaisant. Ils appartiennent à une génération qui a été durement touchée par l’adversité. Combien d’entre eux n’ont pas été touchés par le divorce au sein de leur famille ? Nous vivons dans une société où les troubles mentaux et la santé mentale en général n’ont jamais été aussi mauvais, et la jeune génération en ressent les conséquences dans sa propre vie. »

    Il ajoute que les réponses apportées par les générations précédentes à ces problèmes ne fonctionnent pas.

    « Les êtres humains cherchent des réponses. Les générations précédentes ont donné de mauvaises réponses, issues de la dictature du relativisme, exprimées ainsi : c’est bien si c’est vrai pour toi ; ce n’est tout simplement pas vrai pour moi. C’est superficiel. »

    Une rupture avec le progressisme

    Selon le père Ebert, ce sont les jeunes hommes qui sont à l’origine de ce regain d’intérêt pour le christianisme, car le monde laïc a mené un programme d’endoctrinement remarquable ciblant les femmes. Une forme malsaine de féminisme a cherché à éradiquer les femmes et la féminité traditionnelle, et de nombreuses femmes ont été éblouies par cette idéologie et piégées par son influence, a déclaré le père Ebert.

    « C’est un féminisme toxique qui s’en prend également aux hommes. Il incite les femmes à se libérer des hommes, ce qui est tout à fait contraire à l’esprit chrétien. Dieu nous dit qu’il n’est pas bon pour l’être humain d’être seul. Mais les hommes sont laissés pour compte tandis que la société adhère à l’idée que les hommes sont des porcs stupides. »

    Lorsque la société s’en prend à la masculinité, de nombreux hommes se replient sur eux-mêmes et cherchent autre chose — malheureusement, parfois vers des formes extrêmes de masculinité, notamment sur Internet, incarnées par des influenceurs en ligne tels qu’Andrew Tate. Cependant, d’autres continuent à chercher et trouvent le christianisme, ajoute le prêtre.

    « Le christianisme implique un amour sacrificiel — se sacrifier pour les autres. C’est là que réside la véritable masculinité. »

    « C’est profondément ancré chez les hommes. Les femmes, bien sûr, font aussi des sacrifices, mais cela prend une forme différente. Les garçons adorent jouer aux gendarmes et aux voleurs ou aux soldats, où il s’agit de combattre le mal et de se sacrifier. Et c’est précisément ce vers quoi tend le christianisme : se sacrifier pour ce que l’on aime. »

    Dans les milieux catholiques, un débat a lieu sur le nombre d’hommes qui se sont détournés de l’Église parce qu’elle s’est féminisée, en particulier parmi les écrivains catholiques américains. Ebert se montre réceptif à cette analyse.

    « Le clergé a sans doute été influencé par la société laïque, et tous les prêtres n’ont pas eu le courage d’aller à contre-courant. Beaucoup ont davantage abordé des sujets qui ne prêtaient pas à controverse plutôt que ceux qui en suscitaient. Mais de plus en plus de prêtres de l’Église catholique commencent aujourd’hui à se rendre compte que cela ne fonctionne pas et qu’il faut dire les choses telles qu’elles sont et rester fidèle à l’Évangile. Pendant longtemps, on n’a pas osé parler de l’enfer, par exemple, alors même que c’est Jésus qui en parle le plus dans les Écritures. Jésus avait d’autres facettes que celle d’un homme doux et amoureux des fleurs. Cela a été ignoré – et c’est ainsi qu’une image incomplète du Seigneur a été prêchée –, mais peu à peu, un changement s’opère. »

    Ce changement intervient alors que de nombreux jeunes manifestent un intérêt accru pour des formes plus traditionnelles de christianisme. Les jeunes sont particulièrement attirés par le catholicisme et l’orthodoxie, car ces confessions exigent davantage des croyants sous la forme de sacrements et de jeûne, ce qui séduit ceux qui recherchent davantage de discipline. 

    De nombreux jeunes catholiques sont enthousiastes à l’égard de la messe selon la forme extraordinaire (la messe traditionnelle en latin ou messe tridentine), et le père Ebert n’en est pas surpris.

    « Cette tendance est liée à la beauté. On entend souvent dire que la beauté est relative, mais ce n’est pas vrai : elle est objective et reflète la beauté de Dieu. Personne ne contemple un coucher de soleil en se disant qu’il est affreux à regarder. La musique classique est universelle parce que la beauté est objective. Ainsi, lorsque les jeunes assistent à la messe traditionnelle, il s’agit pour eux de vivre un culte aussi parfait que possible – authentique et solennel – et de vouloir que la beauté fasse partie intégrante de la liturgie. Cela attire tout particulièrement une génération qui a grandi dans une société dépourvue de beauté. »

    La foi dans une société laïque

    L’intérêt croissant pour le christianisme se manifeste également au Danemark. Une enquête Verian, menée par le journal danois Berlingske Tidende en 2025, a établi qu’au moins 10 % des jeunes Danois âgés de 18 à 35 ans se rendent régulièrement à l’église. Ce n’est le cas que de 7 % des personnes âgées de 36 à 59 ans. Parallèlement, l’enquête montre que les jeunes constituent le groupe qui fréquente le plus régulièrement l’église. Selon l’enquête, 7 % des 18-35 ans déclarent aller régulièrement à l’église. En 2010, une enquête similaire avait révélé que seuls 3 % des Danois de cette tranche d’âge fréquentaient l’église. Le nombre de fidèles a donc plus que doublé.

    Le prêtre estime que l’intérêt n’est pas aussi fort que dans d’autres régions connaissant un renouveau discret, en partie à cause de la « loi de Jante », une norme scandinave qui encourage le conformisme. 

    « Au Danemark, il y a cette éternelle loi de Jante, une véritable dictature qui ne cesse de rabaisser les gens, et qui affecte la communauté religieuse. Cela signifie qu’il est encore dangereux de parler de foi au Danemark. Même si les jeunes générations en ont envie, il existe une culture, véhiculée par les générations plus âgées, selon laquelle la religion n’est pas quelque chose que l’on affiche en public. La société est en réalité quelque peu schizophrène, car nous avons une Église populaire qui est une Église d’État – et donc publique – mais qui ne doit pas l’être trop ouvertement. »

    Mais est-il important de s’exprimer publiquement ? L’ancien pasteur danois Morten Dahlin a déclaré que tant qu’on croit, peu importe qu’on fréquente régulièrement l’église.

    « Croire sans aller à l’église est contradictoire », affirme le père Ebert : 

    « Si vous êtes chrétien, vous l’êtes dans toutes vos actions, pas seulement en privé. Tout le monde est faible et sujet au péché, mais être chrétien, c’est se battre et lutter aux côtés du Seigneur et de Sa grâce. Le fait d’être chrétien ne devrait pas être un grand secret. Nos ancêtres ont maintes fois donné leur vie pour cela en tant que martyrs. Il est tout à fait anti-chrétien de penser que la foi relève exclusivement de la sphère privée. »

    La foi des jeunes chrétiens implique une rupture avec la culture, poursuit-il :

    « La culture danoise n’est plus une culture chrétienne, même si nous nous fondons sur des valeurs chrétiennes. Le Danemark est fortement influencé par le socialisme, et nous nous sommes éloignés du véritable christianisme pour tout confier à l’État. Cela crée une société froide où les gens n’aident pas leurs semblables, car cette tâche est laissée à l’État. C’est un système mort. »

    Le père Ebert ajoute que Jésus nous enseigne que chacun doit s’entraider ici et maintenant, et ne pas simplement laisser cette tâche à quelqu’un d’autre. Il poursuit :

    « Nous nous disons chrétiens, mais il y aurait un tollé si quelqu’un remettait en cause l’avortement. Ce n’est tout simplement pas un sujet de débat au Danemark, même si l’on compte aujourd’hui environ 15 000 avortements par an. Ce n’est en aucun cas un pays chrétien. De surcroît, nous sommes une société de consommation qui fait croire aux gens qu’ils ont droit à quelque chose simplement parce qu’ils le veulent. C’est un état d’esprit très différent de la culture chrétienne d’origine. »

    Ce renouveau discret tient en grande partie à la quête des jeunes, qui recherchent quelque chose de plus que ce qu’offre la culture actuelle. La question est toutefois de savoir si ce renouveau discret perdurera chez les jeunes qui ont trouvé la foi.

    « Le christianisme n’est pas une idée politique ; il ne s’ancrera donc durablement que s’ils ont fait l’expérience du Dieu vivant et compris que Jésus est véritablement ressuscité des morts et nous a sauvés — alors, je crois qu’il s’ancrera. »

    Aux jeunes hommes qui s’intéressent au christianisme et qui recherchent un sens à leur vie ainsi que des modèles plus positifs en dehors de la politique, le prêtre lance un appel mobilisateur :

    « Tournez-vous vers saint Joseph. Il incarne l’homme parfait — à l’exception de Jésus, bien sûr — et si l’homme moderne se laisse inspirer par Joseph, c’est là qu’il trouvera la voie pour sortir de la situation dans laquelle se trouve notre société aujourd’hui. Il entretenait une relation parfaite avec la Vierge Marie et sa famille. Ses priorités et sa volonté de sacrifice ont été déterminantes, et nous pouvons en tirer des enseignements. »

    Liv Klingert est une journaliste et chroniqueuse danoise spécialisée dans la culture, la religion et les idées. Elle a écrit pour des médias à travers toute l’Europe.