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Les lectures bibliques de la messe de ce dimanche convergent sur le thème de la charité fraternelle dans la communauté des croyants, qui prend sa source dans la communion de la Trinité. L'apôtre Paul dit que la loi de Dieu toute entière trouve sa plénitude dans l'amour, de sorte que, dans nos relations avec les autres, les dix commandements, et tous les autres, se résument en ceci: "Tu aimeras ton prochain comme toi-même" (cf. Rm 13, 8 à 10). Le texte de l'Evangile, tiré de Matthieu, chapitre 18, sur la vie de la communauté chrétienne, nous dit que l'amour fraternel implique également un sentiment de responsabilité mutuelle; donc, si mon frère a péché contre moi, je m'applique à l'aimer, et, surtout, à lui parler personnellement, en soulignant que ce qu'il a dit ou fait n'est pas bon. Cette approche est appelée la correction fraternelle: ce n'est pas une réaction à des blessures subies, mais c'est motivé par l'amour pour son frère. Saint Augustin dit: «Celui qui t'a offensé, t'a blessé, porte lui-même une blessure grave, et tu ne soignes pas la plaie de ton frère? ... Tu dois oublier le mal qu'il t'a fait, mais pas la blessure de ton frère"(Discours 82, 7).
Et si le frère ne m'écoute pas? Jésus, dans l'Évangile d'aujourd'hui, indique une progressivité: d'abord aller parler avec deux ou trois personnes pour l'aider à mieux réaliser ce qu'il a fait, et si, malgré cela, il rejette toujours l'observation, je dois en faire part à la communauté, et s'il n'écoute toujours pas la communauté, il faut lui faire sentir la distance qu'il a causée, en se séparant de la communion de l'Eglise. Tout cela indique qu'il y a une responsabilité partagée dans le chemin de la vie chrétienne: chacun, tout en étant conscient de ses limites et ses défauts, est appelé à accueillir la correction fraternelle et à aider les autres grâce à ce service particulier.
Un autre fruit de l'amour est la prière de la communauté en union de coeur. Jésus dit: «Si deux d'entre vous s'accordent sur la terre pour demander quelque chose, mon Père qui est dans le ciel le leur accordera. Car là où deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là au milieu d'eux » (Mt 18:19-20). La prière personnelle est certainement importante, voire essentielle, mais le Seigneur assure sa présence dans la communauté - bien que très petite - si elle est unie et unanime, car elle reflète la réalité de Dieu, Un et Trine, la parfaite communion d'amour. Origène dit que "nous devons nous appliquer à cette symphonie" (Commentaire sur l'Evangile de Matthieu 14, 1), c'est à dire dans cette harmonie au sein de la communauté chrétienne. Nous devons nous appliquer que ce soit dans la correction fraternelle, qui exige beaucoup d'humilité et de simplicité de cœur, ou dans la prière, pour que d'une véritable communauté unie dans le Christ cela s'élève jusqu'à Dieu. Nous te le demandons par l'intercession de Marie Très Sainte, Mère de l'Eglise, et de saint Grégoire le Grand, pape et docteur, dont nous nous sommes souvenus dans la liturgie d'hier.
“C’est le projet d’une vie” : Tyron et Dalila redonnent vie aux chapelles oubliées
Tyron et Dalila, jeune couple chrétien belge, se sont lancé un défi peu commun : rénover bénévolement des chapelles abandonnées. Pour Aleteia, Tyron raconte comment cette simple initiative est devenue une véritable mission.
Il aurait pu continuer sa route, comme les fois précédentes. Sur le chemin de son travail, en Belgique, Tyron était déjà passé plusieurs fois devant cette petite chapelle sans vraiment s’y arrêter. Un jour pourtant, il décide d’en pousser la porte, avec l’idée d’y prier. À l’intérieur, il découvre un édifice presque oublié, marqué par des années d’abandon. "C’était dramatique", se souvient le jeune homme de 27 ans. Quelques semaines plus tard, il revient avec sa compagne Dalila et du matériel dans le coffre de leur voiture. Sans grande préparation, ils se mettent à nettoyer. Une première étape qui va donner naissance à un projet devenu, aujourd’hui, une mission de vie.
Iustus es Domine, et rectum iudicium tuum : fac cum servo tuo secundum misericordiam tuam. V/ Beati immaculati in via, qui ambulant in lege Domini.
Tu es juste, Seigneur, * et Ton jugement est droit. Traite Ton serviteur selon Ta miséricorde, et enseigne-moi Tes préceptes. Ps. ibid., 1 Heureux ceux qui sont immaculés dans la voie, qui marchent dans la loi du Seigneur. v. Gloire au Père.
L'Evangile du 23e dimanche du temps ordinaire : Matthieu, chap. 18, vv. 15-20 :
Jésus disait à ses disciples : « Si ton frère a commis un péché, va lui parler seul à seul et montre-lui sa faute. S'il t'écoute, tu auras gagné ton frère. S'il ne t'écoute pas, prends encore avec toi une ou deux personnes afin que toute l'affaire soit réglée sur la parole de deux ou trois témoins. S'il refuse de les écouter, dis-le à la communauté de l'Église ; s'il refuse encore d'écouter l'Église, considère-le comme un païen et un publicain. « Amen, je vous le dis : tout ce que vous aurez lié sur la terre sera lié dans le ciel, et tout ce que vous aurez délié sur la terre sera délié dans le ciel. « Encore une fois, je vous le dis : si deux d'entre vous sur la terre se mettent d'accord pour demander quelque chose, ils l'obtiendront de mon Père qui est aux cieux. Quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là, au milieu d'eux. »
Homélie du Père Joseph-Marie Verlinde fsJ (homelies.fr - archive 2008)
Le passage que nous venons d’entendre est extrait de l’instruction sur la vie communautaire que le Seigneur prodigue au groupe de compagnons qu’il a appelés à sa suite. Aussi pour ne pas faire de contresens, situons-le dans la perspective des versets précédents. Jésus y mettait longuement et sévèrement en garde contre toute forme de scandale qui ferait trébucher un de ceux qui ont mis en lui leur foi.
On se souvient des invectives très fortes, hyperboliques, qui parlent d’elles-mêmes : « Quiconque entraîne la chute d’un seul de ces petits qui croient en moi, il est préférable pour lui qu’on lui attache au cou une grosse meule et qu’on le précipite dans l’abîme de la mer » (Mt 18, 6). La raison de cette véhémence ? « Votre Père qui est aux cieux veut qu’aucun de ces petits ne se perde » (18, 14). Jésus veille comme un berger sur le troupeau de son Père, et exige que nous soyons particulièrement attentifs à n’être pour personne cause de chute.
Mais comme il est hélas inévitable qu’il y en ait (18, 7), le Seigneur nous invite dans le passage proclamé aujourd’hui, à tout mettre en œuvre pour aider le frère malheureux à se relever. Ainsi la charité doit être non seulement prévenante, il faut qu’elle soit aussi guérissante. En tout ce qu’elle entreprend, elle doit viser non seulement à la construction de la communauté dans l’unité, mais aussi au maintien de sa paix, en la gardant dans la vérité de l’Evangile. Et ceci ne vaut pas que pour les communauté paroissiales ou religieuses : nous portons cette responsabilité au cœur de tous les groupes humains que nous fréquentons : familiaux, professionnels, associatifs.
« Votre Père veut qu’aucun de ces petits ne se perde » : voilà la motivation des démarches que nous sommes invités à faire en vue de la réintégration de l’égaré. La raison de nos efforts n’est donc pas de faire du nombre, de remplir nos Eglises, ni de faire du prosélytisme ; mais uniquement l’amour du Père, et dès lors, l’amour de ses petits qui en lui sont nos frères.
Tel est l’amour vrai, celui qui procède de Dieu et conduit à Dieu ; l’amour « qui accomplit parfaitement la Loi » comme le soulignait saint Paul dans la seconde lecture (Rm 13, 8-10), et qui l’accomplit en réalisant le souhait le plus cher de Jésus : « Que tous soient un comme toi, Père, tu es en moi et que je suis en toi, qu’ils soient en nous eux aussi, afin que le monde croie que tu m’as envoyé » (Jn 17, 21). Telle est la charte de toute vie communautaire : « Gardez l’unité de l’Esprit par le lien de la paix » (Ep 4,3), selon un autre précepte de Saint Paul. C’est pourquoi nous devons tout mettre en œuvre pour protéger de la chute ceux dont nous avons la charge, et pour les aider à se relever s’ils sont tombés, afin qu’ils puissent reprendre la route sur le chemin de la vérité et de la vie.
L’opération « sauvetage » présente trois étapes, que le Seigneur prend soin de décrire en détail, ce qui souligne bien l’importance qu’elle revêt à ses yeux.
« Si ton frère a commis un péché » : le verset est apparemment contradictoire, car si le péché coupe le coupable du Père, il le coupe aussi des frères. Comment Jésus peut-il dès lors nous dire « Si ton frère a péché » ? L’expression suggère que du côté de Dieu, le pécheur reste son enfant malgré qu’il lui ait tourné le dos. Mais comme le Seigneur ne peut pas violer sa liberté et s’imposer à lui, il passe par la médiation de ses autres enfants : « Cet homme qui ne me reconnaît plus comme Père, demeure néanmoins mon enfant ; aussi, est-il toujours ton frère », nous dit le Seigneur qui ajoute : « je compte sur toi pour le ramener au bercail. Va lui parler seul à seul pour ne pas l’humilier en ébruitant l’affaire, et montre lui sa faute avec délicatesse. S’il t’écoute, tu auras “gagné ton frère” ; non pas pour toi, mais le gain sera pour lui d’abord, et pour la famille de Dieu, ton Père, qui te le revaudra.
Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 18,15-20.
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Si ton frère a commis un péché contre toi, va lui faire des reproches seul à seul. S’il t’écoute, tu as gagné ton frère. S’il ne t’écoute pas, prends en plus avec toi une ou deux personnes afin que toute l’affaire soit réglée sur la parole de deux ou trois témoins. S’il refuse de les écouter, dis-le à l’assemblée de l’Église ; s’il refuse encore d’écouter l’Église, considère-le comme un païen et un publicain. Amen, je vous le dis : tout ce que vous aurez lié sur la terre sera lié dans le ciel, et tout ce que vous aurez délié sur la terre sera délié dans le ciel. Et pareillement, amen, je vous le dis, si deux d’entre vous sur la terre se mettent d’accord pour demander quoi que ce soit, ils l’obtiendront de mon Père qui est aux cieux. En effet, quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là, au milieu d’eux. »
Homélie pour le vingt-troisième dimanche de l'année A du Père Simon Noël o.s.b. (source)
Dans la partie de l’Évangile selon saint Matthieu, d'où est tiré l'évangile de ce dimanche, Jésus nous donne un enseignement sur la vie en Église. Aujourd'hui, il aborde trois points de cette vie ecclésiale.
Le premier est celui de la correction fraternelle. Il y a un devoir de charité spirituelle, lorsqu'un de nos frères commet un péché, de le lui dire pour le persuader de se corriger. C'est en effet un vrai amour qui nous pousse à aider notre frère à sortir du péché. Faisons toutefois une remarque préalable : les personnes scrupuleuses ou à la conscience angoissée, en général, ne doivent pas se mêler de correction fraternelle, car elles feront souvent plus de mal que de bien. Ensuite Jésus nous enseigne que dans ce domaine, tout doit se faire avec la plus grande discrétion et un respect infini des personnes. Et notre façon de réagir doit être graduelle : on commencera par dire les choses en privé, puis on le fera à plusieurs, enfin on fera intervenir l'autorité de l’Église. Ce n'est donc qu'en dernier lieu qu'on passera à la sévérité et à des mesures extrêmes.
Cette mesure extrême est l'excommunication. Pour certaines fautes très graves, l’Église prononce la sentence d'excommunication. C'est le cas par exemple de l'interruption volontaire de grossesse. Mais cette mesure dans le doit canon de l’Église est par nature une peine médicinale. Il s'agit de faire prendre conscience au coupable de la gravité de sa faute. Dès qu'il y a le repentir, l’Église absout de l'excommunication. Dans le cas de l'excommunication pour avortement, le pape François a donné à tous les prêtres le droit d'absoudre de l'excommunication. Admirons ici la sagesse miséricordieuse de l’Église, qui ne cherche jamais rien d'autre que le bien de ses enfants.
Il y a une règle essentielle à retenir dans tout ce domaine de la correction fraternelle. C'est que jamais on ne juge personne. Ne jugez pas et vous ne serez pas jugés, a dit Jésus par ailleurs. Mais ce non-jugement des personnes doit aller de pair avec une appréciation objective du bien et du mal. Sinon on ne pourrait plus rien dire du tout. Au contraire, nous devons avoir le courage d'appeler un chat un chat et de dire que certains comportements sont déviants moralement et que telle ou telle action est un péché, autrement dit une chose qui va contre un amour authentique.
Ensuite Jésus parle du pouvoir des clés, qu'il a donné à saint Pierre et aux apôtres. Il s'agit du pouvoir de lier et de délier. Ce pouvoir s'exerce en particulier dans le ministère du pardon des péchés, le sacrement de pénitence. Ce pouvoir appartient au pape, pour toute l’Église, et aux évêques, pour chacun de leurs diocèses. Les évêques ensuite communiquent ce pouvoir aux prêtres. Un prêtre en effet pour entendre les confessions et absoudre les pécheurs, doit avoir la juridiction de son évêque. A l'heure actuelle, tous les prêtres ont ce pouvoir, à moins qu'on ne leur ai retiré pour des motifs graves. Admirons la puissance de ce pouvoir de délier. Lorsqu'un prêtre remet les péchés dans le sacrement de pénitence, même les péchés les plus odieux, les péchés sont réellement effacés et pour toujours. Ils n'existent plus, ils sont lavés dans le précieux sang de Notre Seigneur et jamais plus le Bon Dieu ne reprochera les péchés qui ont été engloutis dans l'océan de sa miséricorde. Rendons grâce au Seigneur du pouvoir extraordinaire qu'il a donné aux hommes.
Enfin le Seigneur nous parle de la puissance de la prière faite en commun. C'est l'occasion d'évoquer la valeur particulière de la prière liturgique, en premier lieu du saint sacrifice de la messe. Jésus est vraiment présent parmi nous. Dans toute prière faite en commun, par exemple le rosaire récité ensemble dans une église ou un lieu de pèlerinage, Jésus est spirituellement au milieu de nous. Mais à la messe, il se rend réellement présent parmi nous sur l'autel, comme notre grand prêtre et notre avocat tout-puissant, qui nous obtient toutes les grâces dont nous avons besoin pour le salut de nos âmes. Voici à ce sujet quelques paroles du saint curé d'Ars : Notre Seigneur est là (à la messe) comme victime. Aux mérites de l'offrande de cette victime, Dieu ne peut rien refuser. Il n'y a point de moment où la grâce soit donnée avec tant d'abondance (qu'à la messe).
Soyons fiers d'être des membres de cette Église dans laquelle tant de merveilles de miséricorde sont à l’œuvre pour nous conduire à la vie éternelle et au bonheur sans fin du paradis.
Vie de Sainte Mère Teresa de Calcutta (1910 - 1997)
1. Biographie de Mère Teresa - Enfance et adolescence au Kosovo
Agnès Gonxha Bojaxhiu est née d’une famille d’origine albanaise le 26 août 1910 à Skopje, une ville située aux croisements de l’histoire des Balkans. À l’âge de douze ans, Agnès commence à ressentir l’appel de se consacrer à Dieu. La vie de Mère Teresa comporte alors deux périodes bien distinctes : sa vie dans l’institut de Sœurs de Lorette et sa vie dans l’ordre des Missionnaires de la Charité.
2. Biographie de Mère Teresa - Religieuse à l’Institut des Sœurs de Lorette
En 1928, à l’âge de dix-huit ans, elle entre à l’Institut des Sœurs de Lorette, en Irlande. En 1929 elle est envoyée à Calcutta. En 1931, après deux années de noviciat, elle fait sa première profession de foi et prend le nom de Teresa. Elle enseigne la géographie à l’école Sainte-Marie à Calcutta où elle est nommée directrice en 1944. Elle reçoit l’appel de consacrer sa vie aux pauvres des bidonvilles. En 1946 avec le soutien de l’archevêque de Calcutta, elle obtient du pape Pie XII la permission de quitter l’ordre des Sœurs de Lorette.
3. Biographie de Mère Teresa - Fondation des Missionnaires de la Charité
En 1948, la vie de Mère Teresa de Calcutta se transforme. C’est un tournant dans la biographie de Mère Teresa. Elle s’installe dans un bidonville (à Taltola) avec quelques autres religieuses qui l’ont suivie. Elle crée la fondation des Missionnaires de la charité, établie officiellement dans le diocèse de Calcutta en 1950. Les Missionnaires de la Charité sont des religieuses.
« Durant plus de 40 ans, la vie de Mère Teresa a été consacrée aux pauvres, aux malades, aux laissés pour compte et aux mourants. Cela commença avec l’ouverture du ’mouroir’ de Calcutta pour assurer une fin digne à ceux qui, leur vie durant, avaient vécu "comme des bêtes". En 1996, la congrégation des Missionnaires de la Charité comptait 517 missions dans plus d’une centaine de pays. Il y a actuellement près de 4 000 sœurs Missionnaires de la Charité.
« Pendant 50 ans la vie de Mère Teresa de Calcutta a été marquée par la grande épreuve spirituelle de la nuit de la foi. Elle était assaillie par le doute concernant l’existence de Dieu. Ces années de nuit intérieure constituent un trait important de sa figure spirituelle. C’était un supplice secrètement enfoui en elle et dissimulé derrière un visage paisible qu’elle avait en public. Personne ne savait qu’elle était aussi tourmentée. Cette épreuve de la nuit de la foi apparaît avec une précision jusque-là inédite avec la publication en 2007 d’un ouvrage compilant 40 lettres rédigées au cours des soixante dernières années de sa vie et qu’elle voulait voir détruites pour certaines.
« Il y a eu un miracle de Mère Teresa de Calcutta peu après sa mort. Le 5 septembre 1998, lors du premier anniversaire de sa mort, on posa une médaille de la Vierge, que la mère avait portée, sur le ventre d’une indienne qui était atteinte d’un cancer incurable de l’estomac. Le lendemain, à la stupeur des médecins, la tumeur avait disparu ". Le miracle a été reconnu par l’Église.
« Monseigneur Henri de Souza, archevêque de Calcutta est à l’origine de la demande de canonisation de Mère Teresa. Le processus de béatification de Mère Teresa de Calcutta a été particulièrement rapide : il a débuté en 1999, seulement deux ans après sa mort en 1997, grâce à une dérogation du pape permettant d’écourter le délai habituel de cinq ans. Celle-ci a bénéficié d’un traitement de faveur de la part de Jean-Paul II fervent admirateur. Ses lettres, qui révèlent ses doutes, étaient connues au moment du procès de béatification de Mère Teresa. Elles ont été prises en compte pour la béatification de Mère Teresa de Calcutta (2003).
Un second miracle, la guérison en 2008 d’un Brésilien souffrant d’une tumeur au cerveau, a ouvert la voie à la canonisation qui sera proclamée ce dimanche 4 septembre 2016 par le pape sur la place Saint-Pierre à Rome.
La date de la fête de Mère Teresa est le 5 septembre qui est, selon l'expression chrétienne, son "dies natalis" c'est à dire la date de sa mort. Les Missionnaires de la Charité ont choisi la fête du 5 septembre, comme jour de jeûne et de prière en solidarité avec les chrétiens victimes de la violence en Orissa état de l’Inde orientale.
Saint John Henry Newman demeure une référence essentielle pour les questions de conscience, de foi et de développement doctrinal.
Proclamé Docteur de l’Église le 1er novembre 2025 par le pape Léon XIV lors de la messe de la solennité de la Toussaint, dans le cadre du Jubilé du monde de l’éducation, saint John Henry Newman (1801-1890) a rejoint le cercle restreint des 38 Docteurs de l’Église. Il a également été nommé co-patron de l’éducation catholique aux côtés de saint Thomas d’Aquin. Cette reconnaissance solennelle souligne l’influence durable de ce convertisseur anglican devenu cardinal sur la théologie contemporaine, particulièrement en matière de conscience, d’autorité ecclésiale et d’évolution des dogmes.
La 36e Académie théologique internationale d’été, organisée du 31 août au 2 septembre 2026 à Haag (Basse-Autriche, diocèse de Saint-Pölten), et non à La Haye aux Pays-Bas, a précisément été consacrée à ce nouveau Docteur. Dirigée par Helmut Prader, théologien moral et directeur de l’académie, cette rencontre de trois jours a rassemblé une soixantaine de participants sur place (dont l’archevêque Mieczysław Mokrzycki de Lviv, président de la Conférence des évêques d’Ukraine, et l’évêque auxiliaire suisse émérite Marian Eleganti) et autant en ligne. Le changement de lieu, après des décennies à Aigen im Mühlkreis, s’explique par de meilleures liaisons, des coûts plus modérés et la disponibilité d’une salle paroissiale. Elle s’est tenue en collaboration avec la Société Cardinal Scheffczyk.
Une biographie marquée par la quête de vérité
Né à Londres le 21 février 1801, Newman connaît une première conversion religieuse à 15 ans. Étudiant brillant à Oxford, il devient fellow d’Oriel College à 21 ans, est ordonné prêtre anglican et joue un rôle central dans le Mouvement d’Oxford à partir de 1833. Son étude approfondie des Pères de l’Église et de l’histoire de la doctrine le conduit progressivement à la conviction que l’Église catholique est la véritable continuation de l’Église apostolique. « Ce sont les Pères qui m’ont fait catholique », résumait-il. Il se convertit en 1845, perd ses fonctions anglicanes et une grande partie de son statut social et universitaire. Ordonné prêtre catholique, il fonde l’Oratoire de Birmingham, tente de créer une université catholique à Dublin (expérience qui inspire ses conférences de 1852 sur The Idea of a University), et est créé cardinal par Léon XIII en 1879. Il meurt le 11 août 1890 à Edgbaston. Canonisé en 2019 par le pape François, il est aujourd’hui célébré pour l’unité de son œuvre, anglicane puis catholique.
Sœur Birgit Dechant, du centre international de la Newman Society à Littlemore près d’Oxford, a rappelé lors de l’académie que « l’appel de la conscience était plus fort » que les attachements personnels. Cette trajectoire illustre le lien intime, chez Newman, entre recherche théologique de la vérité et décisions de conscience personnelles.
La conscience : « vicaire aborigène du Christ »
Helmut Prader a souligné que la conception newmanienne de la conscience est celle qui a été reprise et consacrée dans Gaudium et spes (n. 16) au concile Vatican II : au plus profond de sa conscience, l’homme découvre une loi qu’il ne se donne pas lui-même, mais à laquelle il doit obéir ; cette voix l’appelle à aimer le bien et à fuir le mal. Pour Newman, la conscience n’est ni pure subjectivité ni simple sentiment, mais « la voix de Dieu dans la nature et le cœur de l’homme », « le témoin interne de l’existence et de la loi de Dieu », le « vicaire aborigène du Christ ».
Dans sa célèbre Lettre au duc de Norfolk (1875), répondant aux critiques de Gladstone sur l’infaillibilité pontificale, Newman écrit : « Je boirai à la santé du Pape, si vous voulez, mais à la conscience d’abord, et au Pape ensuite. » Cette formule, souvent détournée pour justifier un subjectivisme, signifie en réalité le contraire. La conscience a des droits parce qu’elle a des devoirs : elle est appelée à être formée, éclairée par la Révélation et le Magistère. Newman refuse absolument de l’opposer à l’autorité de l’Église. La conscience bien formée et le Magistère convergent vers la même vérité objective. Cette tension féconde entre conviction personnelle et autorité demeure d’une actualité brûlante dans les débats contemporains sur la liberté religieuse, la morale et le discernement.
Le développement des dogmes
Autre pilier de sa pensée, l’Essay on the Development of Christian Doctrine (1845) explique comment la doctrine peut croître organiquement sans se corrompre, à la manière d’un germe qui se déploie. Newman propose sept « notes » pour distinguer un développement légitime d’une corruption : préservation du type, continuité des principes, pouvoir d’assimilation, anticipation anticipée, séquence logique, action conservatrice sur le passé, et vigueur chronique. Cette théorie a profondément marqué la théologie du XXe siècle et le concile Vatican II. Le père Johannes Nebel a insisté lors de l’académie sur le fait que la tradition est un développement continu, mais toujours dans la continuité de l’Écriture et de la tradition apostolique, et non selon l’opportunisme social.
L’idée d’université
Wolfgang Klausnitzer a présenté la vision newmanienne de l’université : elle ne doit pas se réduire à une formation professionnelle utilitaire, mais offrir une éducation libérale complète, favorisant le dialogue entre les disciplines et empêchant qu’aucune science ne s’érige en vérité unique. L’université forme l’esprit à une « habitude philosophique » : curiosité, capacité de penser au-delà des frontières disciplinaires, ouverture. Oxford représentait pour Newman l’idéal de cette culture intellectuelle. Ses conférences de Dublin restent parmi les textes les plus importants sur le sujet.
Une actualité qui ne se dément pas
Newman n’était pas un théologien systématique, mais un auteur d’essais, de sermons et d’une correspondance abondante. Sa force réside précisément dans cette approche existentielle et historique de la vérité. Dans un monde marqué par le relativisme, le subjectivisme et les tensions entre conscience individuelle et institutions, sa pensée offre des ressources précieuses pour articuler fidélité à la tradition et ouverture au développement authentique, autorité et liberté responsable, foi et raison.
L’académie de 2027 portera sur la pertinence de Jésus-Christ pour la société, en lien avec le centenaire de la naissance de Joseph Ratzinger (grand admirateur de Newman). En attendant, la proclamation de Newman comme Docteur de l’Église confirme ce que l’académie de Haag a mis en lumière : sa théologie de la conscience et du développement doctrinal reste un guide sûr pour l’Église et pour tout chercheur de vérité.
Lettre à tous les évêques, les prêtres et les fidèles de l’Eglise, pour le quatorzième centenaire l’élévation de saint Grégoire le Grand au pontificat (source)
Au terme de l'Antiquité et à l'aurore du Moyen Age, saint Grégoire le Grand, à la fois issu du patriciat romain et du monachisme bénédictin, s'efforce, en réglementant le présent, de transmettre au futur les enseignements du passé et l’héritage de la tradition. Au début de son pontificat (février 590), les structures de l’empire romain, bouleversées par les invasions gothes, puis normandes, s’écroulent, tandis que renaît l’hérésie donatiste et que l’arianisme règne encore sur la plupart des barbares ; la discipline monastique s’est généralement relâchée et le clergé, souvent démoralisé, conduit des fidèles catastrophés par les invasions barbares : « Ballotté par les vagues des affaires, je sens la tempête gronder, au-dessus de ma tête. Avec le psaume1 je soupire : Dans l'abîme des eaux, je suis plongé et les flots me submergent.2 » Dirigeant la barque de saint Pierre menacée de naufrage, saint Grégoire le Grand, le consul de Dieu, va, d’une main ferme et assurée, redresser la barre pour transmettre à la postérité une culture ébranlée sous les coups des barbares mais toujours riche de ses précieux acquis où les leçons de l’Antiquité s’épanouissent à l’enseignement des Pères de l’Eglise, comme le montrent déjà les royaumes des Francs, convertis depuis près d’un siècle, les terres ibériques dont le roi wisigoth, Reccared, vient d’entrer dans le giron de l’Eglise catholique (587) ou les chefs de clan irlandais. Ainsi, prophète des temps nouveaux, autant que gardien des temps anciens, Grégoire le Grand, sur les ruines de l'empire romain, va-t-il faire se lever l'aube médiévale. Pasteur et missionnaire, théologien et maître spirituel, mais aussi diplomate et administrateur, le soixante-troisième successeur de Pierre construit une œuvre grandiose, à la fois politique, ecclésiastique et mystique, ne revendiquant qu'un seul titre, transmis à ses successeurs : « serviteur des serviteurs de Dieu. »
Lors des audiences générales des mercredis 28 mai et 4 juin 2008, le pape Benoît XVI a consacré ses catéchèses au pape Grégoire le Grand :
Grégoire le Grand pacificateur de l'Europe (28 mai)
Chers frères et sœurs,
Mercredi dernier j'ai parlé d'un Père de l'Eglise peu connu en Occident, Romanos le Mélode, je voudrais aujourd'hui présenter la figure de l'un des plus grands Pères dans l'histoire de l'Eglise, un des quatre docteurs de l'Occident, le Pape saint Grégoire, qui fut évêque de Rome entre 590 et 604, et auquel la tradition attribua le titre de Magnus/Grand. Grégoire fut vraiment un grand Pape et un grand Docteur de l'Eglise! Il naquit à Rome vers 540, dans une riche famille patricienne de la gens Anicia, qui se distinguait non seulement par la noblesse de son sang, mais également par son attachement à la foi chrétienne et par les services rendus au Siège apostolique. Deux Papes étaient issus de cette famille: Félix III (483-492), trisaïeul de Grégoire et Agapit (535-536). La maison dans laquelle Grégoire grandit s'élevait sur le Clivus Scauri, entourée par des édifices solennels qui témoignaient de la grandeur de la Rome antique et de la force spirituelle du christianisme. Des sentiments chrétiens élevés lui furent aussi inspirés par ses parents, Gordien et Silvia, tous deux vénérés comme des saints, et par deux tantes paternelles, Emiliana et Tarsilia, qui vécurent dans leur maison en tant que vierges consacrées sur un chemin partagé de prière et d'ascèse.
Grégoire entra très tôt dans la carrière administrative, que son père avait également suivie et, en 572, il en atteint le sommet, devenant préfet de la ville. Cette fonction, compliquée par la difficulté des temps, lui permit de se consacrer à large échelle à chaque type de problèmes administratifs, en en tirant des lumières pour ses futures tâches. Il lui resta en particulier un profond sens de l'ordre et de la discipline: devenu Pape, il suggérera aux évêques de prendre pour modèle dans la gestion des affaires ecclésiastiques la diligence et le respect des lois propres aux fonctionnaires civils. Toutefois, cette vie ne devait pas le satisfaire car, peu après, il décida de quitter toute charge civile, pour se retirer dans sa maison et commencer une vie de moine, transformant la maison de famille dans le monastère Saint André au Celio. De cette période de vie monastique, vie de dialogue permanent avec le Seigneur dans l'écoute de sa parole, il lui restera toujours la nostalgie, qui apparaît toujours à nouveau et toujours davantage dans ses homélies: face aux assauts des préoccupations pastorales, il la rappellera plusieurs fois dans ses écrits comme un temps heureux de recueillement en Dieu, de consécration à la prière, d'immersion sereine dans l'étude. Il put ainsi acquérir cette profonde connaissance de l'Ecriture Sainte et des Pères de l'Eglise dont il se servit ensuite dans ses œuvres.
Mais la retraite dans la clôture de Grégoire ne dura pas longtemps. La précieuse expérience mûrie dans l'administration civile à une époque chargée de graves problèmes, les relations entretenues dans cette charge avec les byzantins, l'estime universelle qu'il avait acquise, poussèrent le Pape Pélage à le nommer diacre et à l'envoyer à Constantinople comme son "apocrisaire", on dirait aujourd'hui "Nonce apostolique", pour permettre de surmonter les dernières séquelles de la controverse monophysite et, surtout, pour obtenir l'appui de l'empereur dans son effort pour contenir la poussée lombarde. Son séjour à Constantinople, où avec un groupe de moines il avait repris la vie monastique, fut très important pour Grégoire, car il lui donna l'occasion d'acquérir une expérience directe du monde byzantin, ainsi que d'approcher la question des Lombards, qui aurait ensuite mis à rude épreuve son habileté et son énergie au cours années de son pontificat. Après quelques années, il fut rappelé à Rome par le Pape, qui le nomma son secrétaire. Il s'agissait d'années difficiles: les pluies incessantes, le débordement des fleuves, la famine qui frappait de nombreuses zones d'Italie et Rome elle-même. A la fin, la peste éclata également, faisant de nombreuses victimes, parmi lesquelles le Pape Pélage II. Le clergé, le peuple et le sénat furent unanime en choisissant précisément lui, Grégoire, pour être son Successeur sur le Siège de Pierre. Il chercha à résister, tentant également la fuite, mais il n'y eut rien à faire: à la fin il dut céder. C'était l'année 590.
BÉATIFICATION DE FULTON SHEEN/I - Roger Landry (OPM USA) : Fulton Sheen, désormais bienheureux, et l'actualité de la mission
1 septembre 2026
Rome (Agence Fides) – La passion missionnaire qui animait toute la vie et toute l’œuvre de l’Archevêque américain Fulton Sheen n’était ni un effort ni une stratégie. Ce n’était pas une soif de conquête. Tout en lui découlait simplement du fait qu’il était un « ardent Apôtre de Jésus-Christ, le Sauveur du monde ». Un disciple que sa foi rendait à la fois génial et réaliste, capable de reconnaître que sans l’amour du Christ, même les stratégies et les outils les plus sophistiqués utilisés pour annoncer l’Évangile finissent par n’être que « des cuivres qui résonnent et des cymbales qui retentissent », comme l’écrit saint Paul dans la Lettre aux Corinthiens.
C’est sur tout cela et bien d’autres choses encore qu’insiste Mgr Roger J. Landry, directeur national des Œuvres Pontificales Missionnaires, en brossant le portrait et en soulignant l’actualité de l’Archevêque américain qui sera proclamé bienheureux le 24 septembre prochain à Saint-Louis (Missouri), lors d’une liturgie solennelle présidée par le Cardinal Luis Antonio Tagle.
Nous publions ci-dessous le texte de l'interview vidéo accordée par Mgr Roger J. Landry à l'Agence Fides lors de la dernière Assemblée générale des Œuvres Pontificales Missionnaires.
Le Vénérable Fulton J. Sheen a lui aussi été à la tête des Œuvres Pontificales Missionnaires aux États-Unis de 1950 à 1966.
Quel est l'héritage de l'Archevêque Fulton J. Sheen pour l'identité missionnaire de l'Église aux États-Unis d'Amérique aujourd'hui ?
- L’Archevêque Fulton Sheen sera bientôt le bienheureux Fulton Sheen. Toute sa vie a été marquée par son amour ardent pour Jésus-Christ. Il s’était engagé à servir Jésus du mieux possible et à amener le plus grand nombre de personnes possible à le connaître, à se sentir aimées par Lui, à L’aimer à leur tour et à essayer de répandre l’amour pour Lui.
C’est pourquoi il a étudié avec tant de dévouement et est devenu l’un des prêtres les plus érudits de l’histoire américaine. C’est pourquoi il s’est investi si intensément dans la prédication et a réussi à « enflammer les chaires » du feu du Saint-Esprit, tout en transmettant son amour pour Jésus. C’est l’une des raisons pour lesquelles, chaque matin, pendant les 61 années de son sacerdoce, il a consacré une heure entière à l’adoration devant le Seigneur. Et c’est pour cette raison qu’il a pu affirmer que son plus grand amour avait toujours été tourné vers les missions de l’Église. Il a donné tout ce qu’il pouvait : beaucoup d’énergie, beaucoup de talent, beaucoup d’argent récolté grâce à ses diverses initiatives, pour tenter de répandre la foi dans le monde entier.
Tout cela tient au fait qu'il était un disciple dévoué et un fervent apôtre de Jésus-Christ, le Sauveur du monde.
Quels aspects de sa spiritualité personnelle considérez-vous comme les plus pertinents pour les missionnaires qui œuvrent aujourd’hui sur le terrain, et lequel vous touche le plus sur le plan personnel ?
- Fulton Sheen n'était pas seulement un grand missionnaire parmi les missionnaires, mais il a également contribué à édifier l'Église tout entière dans l'esprit missionnaire.
Il y a deux aspects de sa dévotion que nous pouvons tous imiter. Le premier est qu’il prenait au sérieux la présence réelle de Jésus dans la Sainte Eucharistie. Pour lui, l’Eucharistie n’était pas une chose, mais une personne. Et il lui était tout à fait naturel de donner la priorité au temps passé avec Jésus chaque jour.
La mission de l’Église ne consiste pas seulement à porter les paroles de l’Évangile jusqu’aux confins de la terre. Elle ne consiste pas non plus uniquement à fonder des églises. La mission de l’Église est de porter Jésus-Christ jusqu’aux confins de la terre. Il vit avec nous, Dieu avec nous, il est encore avec nous dans la Sainte Eucharistie, dans son Corps, son Sang, son Âme et sa Divinité. Ainsi, l’amour de Fulton Sheen pour l’Eucharistie a véritablement inspiré sa spiritualité missionnaire, afin que des Églises soient édifiées – non pas des bâtiments et des structures physiques, mais des Églises formant le Corps mystique par l’œuvre de Jésus dans la Sainte Eucharistie.
Et puis, la deuxième chose importante que je dirais à propos de Sheen, c’est qu’il se consacrait à l’art de la communication. Il savait qu’il ne suffisait pas d’avoir la foi. Il ne suffisait pas d’avoir le désir de diffuser la foi. Il fallait être efficace dans la diffusion de la foi. Il fallait montrer, à travers ses paroles, la ferveur de l’amour que Dieu nous porte, tout en prêchant l’Évangile.
Fulton Sheen a toujours possédé cela. Et l’une des influences les plus marquantes de sa vie a été d’avoir encouragé non seulement certains moyens de communication, anciens et nouveaux, à servir de chaires pour partager avec ferveur le trésor de notre foi. Voici donc les deux choses qui, à mon avis, ont enseigné à toute l’Église comment bien accomplir sa mission.
Pour moi, ce qui est le plus marquant chez Fulton J. Sheen, c’est son amour pour le sacerdoce. Fulton Sheen était un « prêtre parmi les prêtres » et, lorsqu’il a finalement pris sa retraite, il a passé la dernière décennie de sa vie à animer chaque mois trois retraites hebdomadaires pour les prêtres, car il souhaitait former ses confrères prêtres à un véritable cœur missionnaire à l’image du Christ, afin qu’ils puissent aller, tels le sel et le levain, transformer le monde entier.
J’ai commencé à écouter les cassettes de Fulton Sheen à l’âge de 18 ans, lors de longs trajets en voiture, et sa pensée a imprégné mon esprit, sa ferveur a imprégné mon cœur, et j’aime penser aujourd’hui, en tant que son successeur – il a été le cinquième directeur national des OPM américaines –, que non seulement j’ai son exemple à suivre et son modèle à mettre en pratique, mais que je bénéficie également de sa puissante intercession, pour toujours à la droite de Jésus. C’est pour cela que j’aime vraiment Fulton Sheen.
Que peuvent apprendre les « missionnaires numériques » d’aujourd’hui de l’Archevêque Fulton J. Sheen, non seulement sur le plan technique, mais aussi sur le plan spirituel ? Et que penserait d’ailleurs Fulton Sheen lui-même, d’un point de vue critique, des illusions de notre ère de la communication ?
- Que penserait-il, et quelle serait sa réflexion critique face à ce qui se passe aujourd’hui dans le monde des médias numériques et des missionnaires numériques ? L’archevêque encouragerait tous les missionnaires numériques et les « influenceurs » d’aujourd’hui à partir avant tout de leur relation avec Jésus. S’ils n’ont pas cette expérience de l’amour personnel du Seigneur à leur égard, s’ils ne cherchent pas véritablement à grandir dans la foi, l’espérance et l’amour au sein de cette relation personnelle avec Jésus, alors, pour reprendre les mots de saint Paul aux Corinthiens, ils ne seront que des cuivres qui résonnent et des cymbales qui retentissent. Pour pouvoir porter de grands fruits, ils doivent être unis à Jésus comme les sarments à la vigne. Et ce serait donc là le premier conseil que Fulton Sheen aurait donné.
Pour Fulton Sheen, ce n'était pas le moyen qui importait. C'était le message transmis par n'importe quel moyen utilisé, qu'il s'agisse de livres, de la radio, de la télévision ou, pour employer les termes d'aujourd'hui, de vidéos, de podcasts ou même d'intelligence artificielle, etc.
Fulton Sheen restait toujours concentré sur ce message, et ce message… c’est ce que Dieu veut faire avec nous : il veut vivre sa vie à nos côtés ; non seulement il a souffert, il est mort et ressuscité pour nous, mais il marche encore aujourd’hui avec nous : le Christ est ressuscité. Et cette vérité était bien connue de Fulton Sheen, qui la vivait chaque jour, en commençant par une heure de prière devant le Seigneur Jésus ressuscité dans le tabernacle de ses chapelles privées.
En ce qui concerne l’intelligence artificielle, Fulton Sheen y verrait avant tout un immense potentiel. Ensuite, il veillerait à ce que ce formidable outil, capable d’aider l’Église et l’humanité, ne finisse pas par nuire à l’humanité elle-même. Nous ne devrions pas être les disciples de l’intelligence artificielle, au risque d’en devenir les esclaves.
Mais c’est à nous qu’il revient d’exercer la maîtrise – tout comme le Seigneur nous l’a dit dans le Livre de la Genèse – sur les œuvres de nos mains, sur la créativité qu’Il a inspirée. Ainsi, Fulton Sheen verrait avant tout les possibilités offertes par ces nouveaux moyens que Dieu a placés devant nous, mais il exhorterait également chacun à reconnaître que le diable peut effectivement utiliser ces mêmes moyens. Nous devons donc rester vigilants pour nous assurer qu’ils soient toujours orientés vers Dieu, car s’ils ne le sont pas, ils – et nous à travers eux – finirons par perdre le cap. Comme je l’ai dit, Fulton Sheen fondait son action missionnaire sur une adoration quotidienne devant le Saint-Sacrement.
L’Archevêque Fulton Sheen a fondé toute son œuvre missionnaire sur une heure sainte quotidienne devant le Saint-Sacrement. En 2024, vous avez parcouru les États-Unis à pied pendant 65 jours en emportant avec vous l’Eucharistie. Quel est le lien fondamental entre l’Eucharistie et la mission ?
- Comme l’a déclaré le Cardinal Tagle, Pro-Préfet du Dicastère pour l’évangélisation, à l’Église des États-Unis lors du Congrès eucharistique national de 2024 à Indianapolis : « Jésus eucharistique est intrinsèquement missionnaire ». Il donne son corps et son sang pour nous, puis il dit : « Faites ceci en mémoire de moi ». Ce qui ne signifie pas simplement célébrer la messe en sa mémoire, mais rendre notre vie véritablement eucharistique. Que nous soyons, comme Jésus, appelés à nous laisser briser pour les autres. Que nous soyons capables de dire aux autres : « Voici mon corps, voici mon sang, voici mes callosités, voici ma sueur, voici mes larmes, voici mon cœur, tout ce que je suis et tout ce que je possède, je vous l’offre par amour pour vous ».
Une Eucharistie qui ne se transforme pas en mission, comme nous l’a dit un jour Saint Jean-Paul II, est comme intrinsèquement fragmentée, brisée ; mais tout comme nous recevons l’amour que le Seigneur déverse sur nous lorsque nous sommes capables de recevoir dignement Jésus dans la Sainte Communion, de même Jésus, désormais en nous, veut que nous poursuivions cette communion avec Lui en participant à Sa mission pour le salut du monde. C’est l’une des raisons pour lesquelles la célébration de chaque messe s’achève par Dieu qui nous donne sa bénédiction, puis nous dit : « Allez et annoncez l’Évangile du Seigneur ». « Ite missa est » signifie que la destination de l’Église a été fixée et ainsi, le Christ, qui nous donne son corps, nous envoie avec Lui afin que, transformés par Lui dans l’Eucharistie, nous puissions transformer le monde entier.
Le Pape Léon XIV est souvent qualifié de pape missionnaire, mais au-delà des slogans, comment analyse-t-on sa perspective et sa vision missionnaire ?
- Le Pape Léon a exercé pendant 22 ans en tant que séminariste missionnaire, prêtre et évêque au Pérou. Par la suite, pendant 12 ans, il a visité 50 pays différents en tant que prieur général des Augustins. Il a donc été missionnaire pendant la moitié de sa vie. Lorsqu’il a été élu le 8 mai 2025, il était le premier pape depuis saint Pierre à avoir consacré une partie de sa vie à s’éloigner de chez lui pour annoncer l’Évangile à des personnes qui n’avaient jamais entendu parler de Jésus, comme Léon l’avait fait dans les montagnes du nord du Pérou. C’est donc fort de cette expérience, de ce passeport rempli de tampons, qu’il est entré sous les acclamations de Saint-Pierre. Et tout comme le pape saint Pie X allait être le premier pape depuis des siècles à avoir exercé un ministère pastoral, mettant cette expérience pastorale au service de la transformation de la papauté, de même le Pape Léon, qui est le premier pape missionnaire « ad agentes » depuis l’époque de Simon de Bethsaïda, a sillonné le globe de long en large pour fortifier ses frères et sœurs dans la foi, en les amenant avec lui au Palais Apostolique. Il n’est pas surprenant que, dans son homélie d’ouverture, il ait non seulement salué les habitants de Chiclayo, où il avait été évêque missionnaire, mais qu’il ait également affirmé : ensemble, nous devons chercher des moyens de devenir une « Église missionnaire ».
Si l’on réfléchit à ce qui rend son expérience missionnaire unique, c’est le fait qu’il… reconnaît que l’œuvre missionnaire est l’engagement commun de toute l’Église ; ce n’est pas le travail d’un seul missionnaire, ni de quelques membres d’une congrégation missionnaire, mais, pour que la mission de l’Église soit couronnée de succès, l’engagement de tous est nécessaire. Et dès ses premiers mots, en tant que 267e évêque de Rome, il nous a tous invités à nous unir à lui avec un zèle missionnaire pour apporter à tous le plus grand don du monde, Jésus-Christ. Le Christ lui-même à tous, aux 8,1 milliards de personnes, ces 8,1 milliards qui vivent aujourd’hui, pour lesquels Jésus a donné sa vie avec amour. C’est ce qui le rend vraiment unique et nous fait ressentir à quel point nous sommes bénis, non seulement d’avoir un pape américain – je peux le dire en tant qu’Américain –, mais aussi d’avoir un pape véritablement missionnaire, qui a dans le sang le désir de répandre la foi.
Un mois après les événements marquants de la WorldPride dans le parc le plus célèbre d'Amsterdam, le cardinal Burke conduira une procession du rosaire au même endroit. À ses côtés, pour cet acte de réparation, se tiendront le cardinal Eijk des Pays-Bas, Mgr Van den Hende de la Conférence des évêques néerlandais, l'évêque d'Amsterdam Mgr Hendricks, et Mgr Robert Mutsaerts.
Une importante journée de réparation au Cœur Immaculé de Marie approche à grands pas.
Ce samedi 5 septembre, Son Éminence le cardinal Raymond Leo Burke célébrera une messe pontificale solennelle selon le Vetus Ordo à l'église Notre-Dame (Onze Lieve Vrouwekerk), située sur le Keizersgracht à Amsterdam, en plein cœur de la ville.
Après la messe, nous marcherons en procession avec la statue de Notre Dame de Fátima jusqu'au Vondelpark, où nous réciterons le chapelet et où Son Éminence proposera une réflexion sur les messages de Fátima.
Un mois après que la WorldPride a animé le parc le plus célèbre d'Amsterdam, le cardinal Burke y amène Notre-Dame de Fatima.
Il y a un mois à peine, la WorldPride s'ouvrait dans ce même parc – le plus célèbre du pays – en présence même de notre reine Máxima, pourtant réputée « catholique », venue encourager la communauté LGBTQ+. Je ne pouvais donc imaginer de meilleur endroit que ce parc pour rendre hommage au Cœur Immaculé de Marie !
Outre S.E. le cardinal Burke, plusieurs autres évêques seront présents ce jour-là : notre cardinal S.E. Eijk, qui a célébré le 15 mars une messe pontificale solennelle selon le Vetus Ordo ; S.E. Mgr Van den Hende, président de la Conférence des évêques des Pays-Bas ; S.E. Mgr Hendriks, évêque du diocèse d'Amsterdam‑Haarlem ; et le célèbre Mgr Mutsaerts, évêque auxiliaire du diocèse de Bois‑le‑Duc.
Veuillez prier pour le succès de cette journée, importante non seulement pour notre petit pays, mais pour toute l'Europe, jadis si catholique.