| Introitus | Introit |
| 1 Petri 2, 2 | |
| QUASI modo géniti infántes, allelúia: rationábile, sine dolo lac concupíscite, allelúia, allelúia, allelúia. Ps. 80, 2 Exsultáte Deo adiutóri nostro: iubiláte Deo Iacob. ℣. Glória Patri. | Comme des enfants nouveau-nés, alléluia : en vrais spirituels, soyez avides de lait pur, alléluia, alléluia, alléluia. Ps. 80,2 Chantez avec allégresse Dieu notre protecteur, acclamez le Dieu de Jacob. ℣. Gloire au Père. |
Spiritualité
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Quasi modo... Comme des enfants nouveau-nés, alléluia!
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Le côté transpercé de Jésus, fontaine de miséricorde divine
De John Grondelski (*) sur le National Catholic Register :
11 avril 2021
Le côté transpercé de Jésus est une fontaine de miséricorde divine
" Ô sang et eau, qui avez jailli du cœur de Jésus comme une fontaine de miséricorde pour nous, nous nous confions en vous. "
François-Joseph Navez, "L'Incrédulité de saint Thomas", 1823 (photo : Public Domain)
Aujourd'hui, c'est le deuxième dimanche de Pâques et le dimanche de la Miséricorde divine. Ce n'est pas un dimanche après Pâques, mais un dimanche de Pâques, parce que tout le temps pascal - les 50 jours qui vont de Pâques à la Pentecôte - est une célébration unifiée du mystère pascal dans laquelle "la joie de la Résurrection" ne peut être contenue dans un seul jour ou même dans une seule octave. La Pâque dure 50 jours.Les Évangiles de dimanche dernier nous ont laissés au tombeau vide - l'Évangile de la Veillée pascale relate la rencontre de Marie-Madeleine et de ses compagnons avec le jeune homme, qui leur montre le tombeau vide. L'Évangile de la messe du jour de Pâques raconte comment les saints Pierre et Jean se sont rendus au tombeau et l'ont trouvé vide, voyant les linges funéraires mis de côté et "voyant et croyant".
L'Évangile d'aujourd'hui (Jean 20, 19-31) relate la première rencontre des Apôtres avec le Christ ressuscité. Bien qu'une semaine se soit écoulée pour nous, l'Évangile raconte les événements de la nuit du dimanche de Pâques, lorsque les Apôtres - derrière des portes verrouillées, terrés et effrayés - reçoivent la visite de Jésus ressuscité.
Ils ont reçu toutes sortes de rapports. Marie-Madeleine voit d'abord un tombeau vide, puis rencontre le Jardinier qu'elle reconnaît comme étant Jésus. Pierre et Jean se sont également rendus au tombeau vide. Peut-être que les disciples qui sont partis frustrés vers Emmaüs sont revenus. Quoi qu'il en soit, les apôtres eux-mêmes rencontrent enfin le Seigneur ressuscité.
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Le dimanche de la Divine Miséricorde
Nous lisons sur Evangile au quotidien :
Deuxième dimanche de Pâques
Dimanche de la Divine Miséricorde - Dimanche de saint ThomasAu terme de l'octave pascale - toute la semaine n'est considérée que comme un seul jour célébrant « la fête des fêtes » (saint Augustin) -, le deuxième dimanche de Pâques inaugure l'octave de dimanches qui mène jusqu'à la Pentecôte, comme aussi un jour unique de fête, un « grand dimanche » (saint Athanase) d'allégresse, manifestée par la flamme du cierge pascal qui brûle près de l'ambon.
Ce dimanche a porté de nombreux noms :
- ce fut le dimanche in albis (« en blanc ») car, ce jour-là, les baptisés de Pâques revêtent pour la dernière fois le vêtement blanc de leur naissance nouvelle.
- Ce fut le dimanche de Quasimodo, du premier mot latin de l'antienne d'ouverture de la messe : « Comme des enfants nouveau-nés ont soif du lait qui les nourrit, soyez avides du lait pur de la Parole, afin qu'il vous fasse grandir pour le salut, alléluia ! »
- Et, depuis le 30 avril 2000, le pape Jean-Paul II a demandé qu'il soit fêté comme le « dimanche de la Divine Miséricorde », selon la demande faite par le Christ à sœur Faustine Kowalska, canonisée ce jour-là : « Je désire qu'il y ait une fête de la Miséricorde. Je veux que cette image que tu peindras avec un pinceau, soit solennellement bénie le premier dimanche après Pâques, ce dimanche doit être la fête de la Miséricorde » (1931).
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Le Père Abbé de Fontgombault s'exprime sur la crise liturgique actuelle et sur les débats qui l'entourent
Une longue interview de Dom Jean Pateau, abbé de Fontgombault, est parue sur le blog Silere non possum (et reprise sur le Forum catholique). Elle aborde notamment la proposition de Dom Geoffroy Kemlin, la crise liturgique actuelle, les débats qui l’entourent, ainsi que les usages liturgiques en vigueur à l’abbaye.
Voici une version française de cet entretien :
Révérend Père Abbé, merci de nous accorder un peu de votre précieux temps. Nous souhaitons présenter cette belle communauté monastique à nos lecteurs et mieux connaître votre témoignage. Combien de moines vivent à Fontgombault ? Accueillez-vous des novices ? La communauté est-elle relativement homogène ?
La communauté bénédictine de Notre-Dame de Fontgombault, au cœur de la France, compte actuellement 57 moines. Nous avons quatre novices : deux au noviciat des moines de chœur et deux au noviciat des frères convers. On peut parler d’une certaine homogénéité, dans la mesure où toutes les tranches d’âge sont représentées de manière assez équilibrée. Le dernier départ significatif de moines remonte à 2013, lorsque le monastère de Wisques, dans le nord de la France, a été repris. Treize ans plus tard, ce départ se fait encore sentir, notamment parmi les moines d’âge mûr.
À Fontgombault, la liturgie occupe une place fondamentale dans la vie monastique. De quelle manière le chant grégorien façonne-t-il intérieurement le moine ? Est-il simplement une forme esthétique ou une véritable école de prière ?
Si le chant grégorien n’était qu’une forme esthétique, il y a fort à parier qu’il n’aurait pas traversé plus de mille ans d’histoire. L’histoire de la musique montre que, tout en ayant donné naissance à d’autres formes musicales comme la polyphonie sacrée, son style originel – simple et dépouillé – a toujours perduré, parfois très discrètement, suscitant des réformes chaque fois qu’il a fallu le redécouvrir plus largement. Le travail de restauration accompli par Dom Guéranger en est un exemple éloquent.
Saint Benoît nous recommande : « Ut mens nostra concordet voci nostrae » – « Que notre esprit soit en harmonie avec notre voix » (Règle, ch. 19). Le but du chant grégorien n’est pas l’esthétique pour elle-même, mais la prière. Il est la prière chantée de l’Église, car il constitue le chant propre de l’Église romaine. Les fidèles ne chantent pas le grégorien pour leur plaisir personnel : ils prêtent leur voix à l’Église qui chante en eux.
Deux approches sont alors possibles : le point de vue individuel, centré sur la personne, et le point de vue communautaire et ecclésial, où chacun s’inscrit dans un corps qui le précède et le dépasse. Toute interprétation qui chercherait à charmer le cœur et les sens au point de faire oublier la relation à Dieu n’aurait pas sa place dans l’Église.
Simone Weil écrivait : « Le chant grégorien est à la fois pure technique et pur amour, comme l’est d’ailleurs tout grand art. » Il convient particulièrement aux moines en raison de la simplicité et de la sobriété de sa mélodie et de son rythme. Il puise largement dans le trésor des Saintes Écritures. Sa mélodie apaisante introduit au mystère du Dieu de paix, comme en témoigne magnifiquement l’introït Resurrexi du matin de Pâques. Dom Gajard disait : « Les courbes mélodiques font naître, appellent, les courbes des âmes. » Divo Barsotti affirmait quant à lui que le chant grégorien « exprime avec beauté la vérité de la communion fraternelle ». N’est-ce pas précisément cette communion que les moines cherchent à vivre, surtout lorsqu’ils chantent ensemble l’Office divin ?
Quel est le rapport entre la solennité du culte et la simplicité de la vie quotidienne au monastère ?
Il faut parler du culte dans les mêmes termes que du chant grégorien. La vie quotidienne du moine est simple. Le culte, même solennel, ne doit jamais perdre cette simplicité. Plus il est naturel, plus il devient surnaturel. La simplicité au cœur de la solennité fait du culte un véritable tremplin vers Dieu. La simplicité ne captive pas – ou, si elle le fait, c’est pour orienter vers plus grand. La solennité rappelle au moine que toute sa vie est grande dans la mesure où elle est offerte à Dieu. La simplicité de son existence lui rappelle que le culte qu’il célèbre, aussi solennel soit-il, tire sa valeur non pas d’abord de sa forme extérieure, mais de la sainteté de celui qui l’accomplit et, surtout, de Celui à qui il est offert.
Simplicité et solennité ne s’opposent pas, pas plus que l’immanence et la transcendance de Dieu. La solennité du culte nous rappelle la grandeur et la transcendance de Celui à qui il est offert. On ne s’approche pas de Dieu avec la familiarité que l’on aurait envers un conjoint, et encore moins avec vulgarité. En même temps, Dieu veut être infiniment proche de nous, et la simplicité exprime l’immédiateté et l’intimité de cette relation.
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Début de l'octave pascale
Du site "Etoilenotredame.org" :
Lundi 6 avril 2026 : Début de L’octave de Pâques
Après la fête de Pâques commence l’octave de Pâques, les huit premiers jours après le dimanche de Pâques est appelée aussi semaine in albis (des vêtements blancs) car les catéchumènes baptisés dans la nuit de Pâques gardaient le vêtement de leur baptême et assistaient chaque jour à des catéchèses sur les sacrements qu’ils venaient de recevoir. Nous possédons encore les catéchèses de Jean Chrysostome, de Cyrille de Jérusalem ou d’Ambroise de Milan. Ainsi la semaine de l’octave de Pâques est comme un long dimanche se prolongeant sur huit jours, où chaque jour est jour de Pâques. L’octave de Pâques permet de redire que la Résurrection se prolonge au-delà du jour de Pâques. La pratique de l’octave religieuse se retrouve déjà dans l’Ancien Testament avec la fête des Tabernacles (Lv 23-26). C’est Constantin qui l’a introduite dans la liturgie catholique.
Nous sommes en route vers la Miséricorde. Car, c’est la semaine où se poursuit la neuvaine à la divine Miséricorde demandée par Jésus à sœur Faustine. Elle a débuté le vendredi saint et se terminera la veille de la Fête de la Miséricorde, le dimanche suivant le dimanche de Pâques. Neuvaine et fête de la Miséricorde ayant été instituées par le pape saint Jean Paul II en 2000.
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Lundi de Pâques dans la lumière du Ressuscité
Lundi de Pâques : Homélie (homelies.fr - archive 2010)
Les femmes viennent de recevoir la première annonce de la Résurrection. « Tremblantes et toutes joyeuses », elles courent porter la nouvelle aux disciples, comme l’Ange le leur a ordonné. C’est sur ce chemin de l’humble obéissance et de la foi partagée que Jésus vient à leur rencontre et se fait reconnaître. Le Seigneur ressuscité confirme les paroles de l’Ange ainsi que la mission que celui-ci avait confiée aux femmes : « Allez annoncer à mes frères qu’ils doivent se rendre en Galilée : c’est là qu’ils me verront ». L’annonce de la Résurrection est toujours conjointement un appel à rejoindre le Seigneur afin de le contempler là où il se donne à « voir » : dans nos Galilées quotidiennes. L’Emmanuel accomplit le programme que signifie son nom : Dieu est « avec nous » (Mt 1,23) « pour toujours, jusqu’à la fin du monde » (Mt 28,20).Tandis que les femmes se mettent en chemin, en hâte et toutes joyeuses comme Marie se rendant chez sa cousine Elisabeth après l’Annonciation, voilà qu’elles croisent un cortège d’hommes portant la même information, mais qui sont loin de partager leur joie, car pour eux, cette « nouvelle » n’est point « bonne ». Tout oppose ces deux groupes : alors que les femmes quittent la ville - symbole du monde ancien et de la première Alliance désormais dépassée - pour se rendre au lieu où le Seigneur ressuscité leur a donné rendez-vous, les hommes, eux, retournent dans la cité, et leur témoignage rassemble dans la fébrilité et le trouble, ceux-là même qui ont condamné à mort le Vivant. Pour sauver la face, ils vont s’enfoncer dans le mensonge en soudoyant les témoins, leur ordonnant de répandre la fausse rumeur du vol du cadavre.
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Victimae Paschali Laudes
VÍCTIMÆ pascháli laudes ímmolent Christiáni.
Agnus redémit oves: Christus ínnocens Patri reconciliávit peccatóres.
Mors et vita duéllo conflixére mirándo: dux vitæ mórtuus, regnat vivus.
Dic nobis, María, quid vidísti in via ?
Sepúlcrum Christi vivéntis: et glóriam vidi resurgéntis.
Angélicos testes, sudárium et vestes.
Surréxit Christus spes mea: præcédet vos in Galilǽam.
Scimus Christum surrexísse a mórtuis vere: tu nobis, victor Rex, miserére.
Amen. Allelúia.A la victime pascale, que les Chrétiens immolent des louanges.
L’Agneau a racheté les brebis : le Christ innocent a réconcilié les pécheurs avec Son Père.
La vie et la mort se sont affrontées en un duel prodigieux : l’Auteur de la vie était mort, Il règne vivant. Dites-nous, Marie, qu’avez-vous vu en chemin ?
J’ai vu le tombeau du Christ vivant, et la gloire du ressuscité.
J’ai vu les témoins angéliques, le suaire et les linceuls.
Il est ressuscité, le Christ, mon espérance : Il vous précédera en Galilée.
Nous le savons : le Christ est ressuscité des morts : ô Toi, Roi vainqueur, aie pitié de nous.
Amen. Alléluia.Lien permanent Catégories : Au rythme de l'année liturgique, Eglise, Foi, liturgie, Patrimoine religieux, Spiritualité -
Christos voskrese !
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O Filii et Filiae... Alleluia, Alleluia, Alleluia !
C’est l'hymne liturgique à chanter pendant le Temps Pascal.Elle a été écrite par Jean Tisserand (o.f.m.) en 1494.R. Alleluia ! Alleluia ! Alleluia !R. Alléluia ! Alléluia ! Alléluia !1. O filii et filiæ,1. O fils et filles,Rex coelestis, Rex gloriaeLe Roi des cieux, le Roi de gloiremorte surrexit hodie. Alleluia !A surgi de la mort aujourd'hui, alléluia !2. Et mane prima sabbatiEt le matin du premier jour après le Sabbat,Ad ostium monumentiJusqu’à la porte du monuement,Accessérunt discipuli. Alleluia !S’approchèrent les disciples, alléluia !3. Et Maria Magdalene,3. Et Marie-Madeleineet Iacobi, et SalomeEt Marie mère de JacquesVenerunt corpus ungere. Alleluia !Sont venues embaumer le Corps, alléluia !4. In albis sedens angelus4. Un ange, assis, vêtu de blanc,praedixit mulieribus:Dit aux femmes :Quia surrexit Dominus. Alleluia !"Le Seigneur est ressuscité." alléluia !5. Et Ioannes apostolus5. Et Jean l'Apôtre,cucurrit Petro citius,Court plus vite que Pierre,Ad sepulcrum venit prius. Alleluia !Et arrive le premier au tombeau. Alléluia !6. Discipulis astantibus,6. Les disciples étant présents,in medio stetit Christus,Jésus parut au milieu d'eux et leur dit :dicens: Pax vobis omnibus. Alleluia !"Que la paix soit au milieu de vous tous." Alléluia !7. In intelléxit Didymus7. Dès que Didyme appritQuia surrexerat Iesus,Que Jésus était réssuscité,Remansit fere dubius, Alleluia !Il demeura presque dans le doute. Alléluia !8. Vide Thoma, vide latus,8. Thomas, vois mon côté, lui dit Jésus,vide pedes, vide manus,Vois mes pieds, vois mes mains,Noli esse incredulus. Alleluia.Et ne reste pas incrédule. Alléluia !9. Quando Thomas vidit Christum,9. Quand Thomas eut vu le côté du Christ,Pedes, manus, latus suum,Les pieds et ses mains,Dixit, Tu es Deus meus. Alleluia.Il s’écria : Vous êtes mon Dieu. Alléluia.10. Beati qui non viderunt,10. Heureux ceux qui sans avoir vu,Et firmiter credidefunt,Ont cru d’une ferme foi,Vitam aeternam habebunt. Alleluia.Ils posséderont la vie éternelle. Alléluia.11. In hoc festo sanctissimo11. Célébrons cette très sainte solennitéSit laus et jubilatio!Par des cantiques de louanges et d’allégresses !Benedicamus Domino. Alleluia.Bénissons le Seigneur. Alléluia !12. De quibus nos humillimas12. Rendons à Dieu avec le dévouement et la reconnaissance,Devotas aeque debitasQui lui sont dus, de très humbles actions de grâces,Deo dicamus gratias. Alleluia.Pour tous ses bienfaits. Alléluia !Lien permanent Catégories : Au rythme de l'année liturgique, Eglise, Foi, liturgie, Patrimoine religieux, Spiritualité -
Exultet ! Qu'exulte de joie dans le ciel la multitude des anges !
(Source) L'Exultet est un chant liturgique par lequel l'Eglise, durant la veillée pascale du Samedi saint, proclame l'irruption de la lumière dans les ténèbres (symbolisée par celle du cierge pascal qui vient d'être allumé) et annonce la Résurrection du Christ.
Ce chant très ancien, dont le texte a été fixé par le pape Innocent III, comprend deux parties : un prologue, toujours identique, et une préface, qui a parfois varié (version romaine, milanaise ou bénéventaine).
Ce chant en latin est appelé "Exultet" d'après son premier mot (Exultet iam angelica turba caelorum ! "Qu'exulte maintenant la troupe des anges célestes !") ; aujourd'hui, il est chanté soit en latin, soit dans une traduction ou adaptation dans les langues vernaculaires.
Un passage du chant est particulièrement célèbre, le "Felix culpa" : "O heureuse faute qui nous a mérité un tel et un si grand Rédempteur !" (O felix culpa, quae talem ac tantum meruit habere redemptorem !)
Ce chant évoque la traversée de la mer Rouge lors de l'Exode et célèbre la Pâque du Christ. Ce chant célèbre et explique la signification du cierge pascal. Il évoque le travail de l'abeille, productrice de la cire, et va jusqu'à la comparer à la Vierge Marie.
Le chant de l'Exultet était traditionnellement écrit non dans un livre mais sur un rouleau, qui était lu dans sa longueur (à la différence de la manière antique). Le diacre laissait pendre devant l'ambon le texte déjà lu, et des illustrations, faites "à l'envers", permettaient aux fidèles des premiers rangs de suivre par l'image ce qui était chanté ! (cependant, il faisait sombre, l'église n'étant alors éclairée que par le cierge pascal : il s'agissait donc en partie d'un élément symbolique...). Plusieurs collections de manuscrits et musées possèdent des "rouleaux d'Exultet", qui sont un des fleurons de l'art de l'enluminure et de la calligraphie dans le domaine occidental.Exultet iam angélica turba cælórum:
exultent divína mystéria:
et pro tanti Regis victória tuba ínsonet salutáris.Gáudeat et tellus, tantis irradiáta fulgóribus:
et ætérni Regis splendóre illustráta,
tótius orbis se séntiat amisísse calíginem.Lætétur et mater Ecclésia,
tanti lúminis adornáta fulgóribus:
et magnis populórum vócibus hæc aula resúltet.
Vere dignum et iustum est,
invisíbilem Deum Patrem omnipoténtem
Filiúmque eius unigénitum,
Dóminum nostrum Iesum Christum,
toto cordis ac mentis afféctu et vocis ministério personáre.
Qui pro nobis ætérno Patri Adæ débitum solvit,
et véteris piáculi cautiónem pio cruóre detérsit.
Hæc sunt enim festa paschália,
in quibus verus ille Agnus occíditur,
cuius sánguine postes fidélium consecrántur.
Hæc nox est,
in qua primum patres nostros, fílios Israel
edúctos de Ægypto,
Mare Rubrum sicco vestígio transíre fecísti.
Hæc ígitur nox est,
quæ peccatórum ténebras colúmnæ illuminatióne purgávit.
Hæc nox est,
quæ hódie per univérsum mundum in Christo credéntes,
a vítiis sæculi et calígine peccatórum segregátos,
reddit grátiæ, sóciat sanctitáti.
Hæc nox est,
in qua, destrúctis vínculis mortis,
Christus ab ínferis victor ascéndit.
Nihil enim nobis nasci prófuit,
nisi rédimi profuísset.
O mira circa nos tuæ pietátis dignátio!
O inæstimábilis diléctio caritátis:
ut servum redímeres, Fílium tradidísti!
O certe necessárium Adæ peccátum,
quod Christi morte delétum est!
O felix culpa,
quæ talem ac tantum méruit habére Redemptórem!
O vere beáta nox,
quæ sola méruit scire tempus et horam,
in qua Christus ab ínferis resurréxit!
Hæc nox est, de qua scriptum est:
Et nox sicut dies illuminábitur:
et nox illuminátio mea in delíciis meis.
Huius ígitur sanctificátio noctis fugat scélera, culpas lavat:
et reddit innocéntiam lapsis
et mæstis lætítiam.
Fugat ódia, concórdiam parat
et curvat impéria.
In huius ígitur noctis grátia, súscipe, sancte Pater,
laudis huius sacrifícium vespertínum,
quod tibi in hac cérei oblatióne solémni,
per ministrórum manus
de opéribus apum, sacrosáncta reddit Ecclésia.
Sed iam colúmnæ huius præcónia nóvimus,
quam in honórem Dei rútilans ignis accéndit.
Qui, lícet sit divísus in partes,
mutuáti tamen lúminis detrimenta non novit.
Alitur enim liquántibus ceris,
quas in substántiam pretiósæ huius lámpadis
apis mater edúxit.²
O vere beáta nox,
in qua terrénis cæléstia, humánis divína iungúntur!¹
Orámus ergo te, Dómine,
ut céreus iste in honórem tui nóminis consecrátus,
ad noctis huius calíginem destruéndam,
indefíciens persevéret.
Et in odórem suavitátis accéptus,
supérnis lumináribus misceátur.
Flammas eius lúcifer matutínus invéniat:
ille, inquam, lúcifer, qui nescit occásum.
Christus Fílius tuus,
qui, regréssus ab ínferis, humáno géneri serénus illúxit,
et vivit et regnat in sæcula sæculórum.Qu'exulte de joie dans le ciel la multitude des anges ! Chantez, serviteurs de Dieu, et que retentisse la trompette triomphale pour la victoire du grand Roi ! Réjouis-toi, ô notre terre, resplendissante d'une lumière éclatante, car il t'a prise en sa clarté et son règne a dissipé ta nuit ! Réjouis-toi, Eglise notre mère, toute remplie de sa splendeur, et que résonne l'acclamation du peuple des fils de Dieu !…
Vraiment il est juste et bon de proclamer à pleine voix ta louange, Dieu invisible, Père tout puissant, et de chanter ton Fils bien-aimé, Jésus Christ notre Seigneur. C'est lui qui a payé pour nous la dette encourue par Adam notre père, et qui a détruit en son sang la condamnation de l'ancien péché. Car voici la fête de la Pâque où l'Agneau véritable est immolé pour nous. Voici la nuit où tu as tiré de l'Egypte nos pères, les enfants d’Israël, et leur as fait passer la mer Rouge à pied sec ; nuit où le feu de la nuée lumineuse a repoussé les ténèbres du péché…
Ô nuit qui nous rend à la grâce et nous ouvre la communion des saints ; nuit où le Christ, brisant les liens de la mort, s'est relevé victorieux des enfers. Heureuse faute d'Adam qui nous a valu un tel Rédempteur ! Ô nuit qui seule a pu connaître le temps et l'heure où le Christ est sorti vivant du séjour des morts ; ô nuit dont il est écrit : « La nuit comme le jour illumine, la ténèbre autour de moi devient lumière pour ma joie » (Ps 138,12)… Ô nuit bienheureuse, où se rejoignent le ciel et la terre, où s’unissent l’homme et Dieu.
Dans la grâce de cette nuit, accueille, Père très Saint, le sacrifice du soir de cette flamme que l'Eglise t'offre par nos mains ; permets que ce cierge pascal, consacré à ton nom, brûle sans déclin en cette nuit et qu'il joigne sa clarté à celle des étoiles. Qu'il brûle encore quand ce lèvera l'astre du matin, celui qui ne connaît pas de couchant, le Christ ressuscité revenu des enfers, qui répand sur les hommes sa lumière et sa paix. Garde ton peuple, nous t'en prions, ô notre Père, dans la joie de ces fêtes pascales. Par Jésus Christ, ton Fils notre Seigneur, qui par la puissance de l'Esprit s'est relevé d'entre les morts et qui règne près de toi pour les siècles des siècles. Amen!Lien permanent Catégories : Au rythme de l'année liturgique, Eglise, Foi, liturgie, Patrimoine religieux, Spiritualité -
Le mystère du Samedi-Saint (Benoît XVI)
En 2010, Benoît XVI s’était rendu en pèlerinage à Turin à l’occasion d’une ostension du Saint-Suaire (10 avril-23 mai). Devant la relique, il a fait cette méditation pour tous les fidèles assemblés avec lui :
« En diverses autres occasions, je me suis trouvé face au Saint-Suaire, mais cette fois, je vis ce pèlerinage et cette halte avec une intensité particulière: sans doute parce que les années qui passent me rendent encore plus sensible au message de cet extraordinaire Icône; sans doute, et je dirais surtout, parce que je suis ici en tant que Successeur de Pierre, et que je porte dans mon cœur toute l'Eglise, et même toute l'humanité. Je rends grâce à Dieu pour le don de ce pèlerinage et également pour l'occasion de partager avec vous une brève méditation qui m'a été suggérée par le sous-titre de cette Ostension solennelle: "Le mystère du Samedi Saint".On peut dire que le Saint-Suaire est l'Icône de ce mystère, l'Icône du Samedi Saint. En effet, il s'agit d'un linceul qui a enveloppé la dépouille d'un homme crucifié correspondant en tout point à ce que les Evangiles nous rapportent de Jésus, qui, crucifié vers midi, expira vers trois heures de l'après-midi. Le soir venu, comme c'était la Parascève, c'est-à-dire la veille du sabbat solennel de Pâques, Joseph d'Arimathie, un riche et influent membre du Sanhédrin, demanda courageusement à Ponce Pilate de pouvoir enterrer Jésus dans son tombeau neuf, qu'il avait fait creuser dans le roc à peu de distance du Golgotha. Ayant obtenu l'autorisation, il acheta un linceul et, ayant descendu le corps de Jésus de la croix, l'enveloppa dans ce linceul et le déposa dans le tombeau (cf. Mc 15, 42-46). C'est ce que rapporte l'Evangile de saint Marc, et les autres évangélistes concordent avec lui. A partir de ce moment, Jésus demeura dans le sépulcre jusqu'à l'aube du jour après le sabbat, et le Saint-Suaire de Turin nous offre l'image de ce qu'était son corps étendu dans le tombeau au cours de cette période, qui fut chronologiquement brève (environ un jour et demi), mais qui fut immense, infinie dans sa valeur et sa signification.
Le Samedi Saint est le jour où Dieu est caché, comme on le lit dans une ancienne Homélie: "Que se passe-t-il? Aujourd'hui, un grand silence enveloppe la terre. Un grand silence et un grand calme. Un grand silence parce que le Roi dort... Dieu s'est endormi dans la chair, et il réveille ceux qui étaient dans les enfers" (Homélie pour le Samedi Saint, PG 43, 439). Dans le Credo, nous professons que Jésus Christ "a été crucifié sous Ponce Pilate, est mort et a été enseveli, est descendu aux enfers. Le troisième jour est ressuscité des morts".
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Dans le silence du Samedi Saint
Samedi Saint
« Que se passe-t-il ?
Un grand silence règne aujourd’hui sur la terre,
un grand silence et une grande solitude.
Un grand silence parce que le Roi dort.
La terre a tremblé et s’est apaisée,
parce que Dieu s’est endormi dans la chair
et qu’il est allé réveiller ceux qui dormaient depuis des siècles.
Il va chercher Adam, notre premier Père, la brebis perdue.
Il veut aller visiter tous ceux qui sont assis
dans les ténèbres et à l’ombre de la mort.
Il va pour délivrer de leurs douleurs Adam dans les liens et Ève, captive avec lui,
lui qui est en même temps leur Dieu et leur Fils.
Le Seigneur s’est avancé vers eux, muni de la Croix, l’arme de sa victoire.
Lorsqu’il le vit, Adam, le premier homme, se frappant la poitrine dans sa stupeur,
s’écria vers tous les autres : « Mon Seigneur avec nous tous ! »
Et le Christ répondit à Adam : « Et avec ton esprit ».
Il le prend par la main et le relève en disant :
« Éveille-toi, ô toi qui dors, relève-toi d’entre les morts,
et le Christ t’illuminera ».
« Je suis ton Dieu, qui pour toi suis devenu ton Fils.
Je te l’ordonne : “Lève-toi, ô toi qui dors”,
car je ne t’ai pas créé pour que tu séjournes ici enchaîné dans l’enfer.
Relève-toi d’entre les morts : moi, je suis la vie des morts.
Lève-toi, œuvre de mes mains ;
lève-toi, mon semblable qui as été créé à mon image.
Éveille-toi et sortons d’ici.
Car tu es en moi, et moi en toi.
Lève-toi, partons d’ici.
L’ennemi t’a fait sortir de la terre du paradis ;
moi je ne t’installerai plus dans le paradis, mais sur un trône céleste.
Je t’ai écarté de l’arbre symbolique de la vie ;
mais voici que moi, qui suis la vie, je ne fais qu’un avec toi ».
ANCIENNE HOMÉLIE POUR LE SAMEDI SAINTLien permanent Catégories : Au rythme de l'année liturgique, Eglise, Foi, Patrimoine religieux, Spiritualité