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Spiritualité

  • L’intention de prière du Pape pour le mois d’avril : prier pour les prêtres en crise

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    De Vatican News :

    En avril, Léon XIV invite à prier pour les prêtres en crise

    L’intention de prière du Pape pour le mois d’avril, diffusée par la campagne «Prie avec le Pape» via le Réseau mondial de prière du Pape met l’accent sur l’accompagnement humain et spirituel des prêtres qui traversent des moments de difficulté.

    Au début de la Semaine Sainte, le Pape Léon XIV fait connaître son intention de prière pour le mois d’avril, consacrée aux prêtres en crise, ouvrant un espace de réflexion sur la nécessité de prendre soin d’eux, de les écouter et de les accompagner. Par l’intermédiaire du Réseau Mondial de prière du Pape et de la campagne «Prie avec le Pape», le Saint-Père invite les fidèles et les personnes de bonne volonté à s’arrêter un moment dans la prière, afin de reconnaître et d’approfondir le fait que, derrière chaque ministère, il y a une vie qui a elle aussi besoin de proximité et d’écoute. 

    Dans sa prière, le Pape adresse une supplication profonde pour les prêtres qui traversent des moments de difficulté: «lorsque la solitude pèse, que les doutes obscurcissent le cœur et que la fatigue semble plus forte que l’espérance». Léon XIV rappelle que les prêtres «ne sont ni des fonctionnaires ni des héros solitaires, mais des fils bien-aimés, des disciples humbles et aimés, et des pasteurs soutenus par la prière de leur peuple».

    En outre, le Souverain pontife souligne l’importance de redécouvrir la dimension communautaire du ministère sacerdotal. En particulier, il invite les fidèles à «écouter sans juger, remercier sans exiger la perfection et accompagner avec proximité et une prière sincère», en reconnaissant que le soin des prêtres est une responsabilité partagée par tout le Peuple de Dieu. 

    Dans sa prière, le Pape demande en particulier que les prêtres puissent compter sur «des amitiés saines, des réseaux de soutien fraternel» et sur la grâce de redécouvrir la beauté de leur vocation.

    Soutenir fraternellement ceux qui soutiennent

    Le Directeur international du Réseau Mondial de Prière du Pape, le Père Cristóbal Fones souligne que cette intention de prière lui tient particulièrement à cœur: «Le Pape nous rappelle que nous devons soutenir fraternellement ceux qui soutiennent. Moi-même, je la ressens de très près, à cause de tant de confrères et amis prêtres qui traversent des moments difficiles. Il est fondamental de rappeler l’importance de l’accompagnement humain, de l’amitié sincère et, surtout, du soutien dans la prière. Les prêtres ont besoin de savoir qu’ils ne sont pas seuls».

    À la lumière du magistère récent de l’Église — depuis le Concile Vatican II jusqu’aux enseignements des derniers pontifes — il est souligné que le prêtre est un homme fragile qui a besoin de miséricorde, de proximité et de compréhension. C’est pourquoi il est essentiel de rappeler qu’il ne doit pas affronter seul les moments de découragement, mais se laisser accompagner et soutenir par la communauté. La fraternité sacerdotale, la vie partagée et la prière du Peuple de Dieu apparaissent ainsi comme des sources essentielles de grâce, capables de renouveler leur vocation et de les soutenir dans leur mission quotidienne.

    « N’ayez pas peur de votre fragilité: le Seigneur ne cherche pas des prêtres parfaits »

    Une Église synodale est aussi une Église qui prend soin de la vocation des prêtres et la soutient, en les aidant à être de meilleurs pasteurs, de meilleurs frères, de meilleures personnes. Le Pape François, dans La vidéo du Pape de juillet 2018 , exprimait déjà sa préoccupation pour ses frères prêtres, en commençant son intervention par ces mots: «La fatigue des prêtres… Savez-vous combien de fois j’y pense ?».

    Le 27 juin 2025, le Pape Léon XIV lui-même, à l’occasion de la Journée de sanctification sacerdotale  s’est adressé aux prêtres en ces termes: «N’ayez pas peur de votre fragilité: le Seigneur ne cherche pas des prêtres parfaits, mais des cœurs humbles, disponibles à la conversion et prêts à aimer comme Lui-même nous a aimés». De même, le 26 juin 2025, le Pape avait interpellé les participants à une rencontre internationale sur les "prêtres heureux" promue par le Dicastère pour le Clergé lors du Jubilé des prêtres, en leur disant: «Au cœur de l’Année Sainte, ensemble nous voulons témoigner qu’il est possible d’être des prêtres heureux, parce que le Christ nous a appelés, le Christ nous a faits ses amis (cf. Jn 15,15); c’est une grâce que nous voulons accueillir avec gratitude et responsabilité».

    Depuis le Réseau Mondial de Prière du Pape, il est mis en lumière que cette intention n’est pas seulement une invitation à prier, mais aussi à agir : promouvoir des espaces d’écoute, favoriser des communautés accueillantes, éviter les critiques destructrices et renforcer les liens au sein de la communauté. 

    Le réseau mondial de prière

    Le Réseau Mondial de Prière du Pape, confié à la Compagnie de Jésus, est aujourd’hui présent dans plus de 90 pays et rassemble plus de 22 millions de personnes. Fondé en 1844 sous le nom d’«Apostolat de la Prière», ce réseau est devenu une fondation vaticane en 2020 à l’initiative du Pape François. Ses intentions mensuelles invitent les fidèles à prier et à agir face aux grands défis de l’humanité et de la mission de l’Église. 

  • Mercredi Saint

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     Evangile du jour : Matthieu, chapitre 26, v. 14-25

    L'un des Douze, nommé Judas Iscariote, alla trouver les chefs des prêtres et leur dit : « Que voulez-vous me donner, si je vous le livre ? » Ils lui proposèrent trente pièces d'argent. Dès lors, Judas cherchait une occasion favorable pour le livrer.Le premier jour de la fête des pains sans levain, les disciples vinrent dire à Jésus : « Où veux-tu que nous fassions les préparatifs de ton repas pascal ? » Il leur dit : « Allez à la ville, chez un tel, et dites-lui : 'Le Maître te fait dire : Mon temps est proche ; c'est chez toi que je veux célébrer la Pâque avec mes disciples. Les disciples firent ce que Jésus leur avait prescrit et ils préparèrent la Pâque. Le soir venu, Jésus se trouvait à table avec les Douze. Pendant le repas, il leur déclara : « Amen, je vous le dis : l'un de vous va me livrer. » Profondément attristés, ils se mirent à lui demander, l'un après l'autre : « Serait-ce moi, Seigneur ? » Il leur répondit : « Celui qui vient de se servir en même temps que moi, celui-là va me livrer. Le Fils de l'homme s'en va, comme il est écrit à son sujet ; mais malheureux l'homme par qui le Fils de l'homme est livré ! Il vaudrait mieux que cet homme-là ne soit pas né ! » Judas, celui qui le livrait, prit la parole : « Rabbi, serait-ce moi ? » Jésus lui répond : « C'est toi qui l'as dit ! »

    Homélie du Père Joseph-Marie Verlinde (homelies.fr  archive)

    Alors que Judas mène ses tractations secrètes avec les chefs des prêtres, Jésus révèle au grand jour leur complot : « L’un de vous va me livrer ». Judas marchande avec les ennemis du Seigneur sur le prix de sa trahison ; Jésus annonce qu’il livre sa vie gratuitement : « Ma vie nul ne la prend mais c’est moi qui la donne » (Jn 10, 17). Judas est à l’affût d’une occasion favorable pour livrer son Maître ; Notre-Seigneur prend l’initiative et déclare : « Mon temps est proche. L’heure est venue : voici que le Fils de l’homme va être livré aux mains des pécheurs » (Mc 14, 41). Les hommes tendent leurs filets, croyant saisir Jésus à l’improviste, mais ils n’auraient aucun pouvoir sur lui, si cela ne leur avait pas été donné d’en haut (cf. Jn 19, 11). Certes, « il vient le Prince de ce monde », c’est lui qui est déjà à l’œuvre à travers ces complots mortels ; « mais il n’a aucun pouvoir » sur Jésus (cf. Jn 14, 30). Notre-Seigneur, parfaitement uni à son Père dans l’Esprit, maîtrise le déroulement des événements qui conduisent à un rythme accéléré vers la Passion.

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  • "L’amitié structure les âmes" (Père François Potez)

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    Du site de RCF - Radio Notre-Dame :

    Père François Potez : "l’amitié structure les âmes"

    Un article rédigé par Mélanie Niemiec - RCF, le 9 mars 2026

    Le Grand Témoin

    Père François Potez, prêtre et éducateur, au soir d’une vie de mission

    Après avoir été engagé dans la Marine, le père François Potez entre dans la communauté des Frères de Saint-Jean et est ordonné prêtre pour le diocèse de Paris en 1989. Durant ses 37 ans de sacerdoce, il s’est longuement consacré à l’éducation des jeunes et à la préparation au mariage de nombreux couples. Il aborde l’importance de cultiver des amitiés solides. 

    Père François Potez @ Paroisse Notre-Dame du TravailPère François Potez @ Paroisse Notre-Dame du Travail

    "Vous voulez ce que vaut votre cœur". Cette phrase de Jean-Paul II s'inscrit parfaitement dans sa pensée : la dignité humaine ne repose pas sur les performances extérieures, mais sur la capacité du cœur à aimer comme le Christ. Le père François Potez l’a fait sienne.

    "Homme et femme il les créa"

    Dans les différentes paroisses dont il a été le curé, le père François Potez à préparer des centaines de couples au mariage. En 2024, il a publié un livre intitulé Puisque vous avez décidé de vous aimer, dans lequel il partage ses conseils aux jeunes mariés. Parmi ces couples, il y a Camille et Séverin. Mariés par le père François à Paray-le-Monial il y a 27 ans, tous deux s’accordent pour affirmer que son accompagnement a été "fondateur" pour leur mariage. Il a grandement insisté auprès d’eux pour qu’ils ne prennent aucun engagement bénévole durant la première année de leur mariage, afin de se concentrer pleinement sur leur relation. "Nous avons suivi son conseil", racontent-ils, puis "le désir de nous engager ensemble dans notre paroisse est venu naturellement". A leur égard, il a toujours fait preuve d’une "exigence encourageante", en conservant un "regard bon et doux". Tous les deux membres de la communauté de l’Emmanuel, ils gardent le souvenir d’un prêtre "doux" et qui inspirait une "force tranquille", devenant ainsi une "vraie figure paternelle".  

    La clé de la vie, c’est de ne plus se regarder soi-même. 

    Cela vaut aussi pour le mariage. Jean-Paul II, dans sa Théologie du Corps, enseigne que la complémentarité homme-femme est un don originel de Dieu, inscrit dans la création même de l'humanité à son image (Gn 1,27). L'homme et la femme ne sont pas deux moitiés incomplètes, mais deux personnes achevées dont la différence sexuelle révèle une vocation mutuelle au don réciproque. S’inspirant des catéchèses du pape, le père François affirme que chacun est, dans le sacrement du mariage, une "icône de la communion divine". L’homme et la femme sont, ensemble, un reflet de la Trinité.

    L’art d’éduquer 

    La bonté du père François, Marie en témoigne également. Aujourd’hui médecin, elle l’a eu pour accompagnateur spirituel pendant 5 ans, durant ses études. "Il m’a beaucoup encouragée et répondait régulièrement à mes questions sur la bioéthique", se souvient-elle. Ils se sont rencontrés lorsque le prêtre était curé de Notre-Dame du Travail, dans le 14e arrondissement de Paris. A la suite d’une nuit de prière qu’il avait organisée dans sa paroisse et à laquelle Marie a participé, elle lui a demandé un entretien personnel. Chaque discussion était pour Marie l’occasion d’échanger avec un prêtre qui "lui témoignait tout son soutien". Tout comme Marie, d’autres jeunes ont eu la joie d’être accompagnés par le père François. C’est en effet pour lui un aspect très important de son ministère. Lorsqu’il secondait le père de Monteynard à l’Eau Vive, il veillait à ce que les jeunes qui fréquentaient les camps sachent vivre en communauté.

    L’amitié est une vertu qui structure l’âme. 

    Ce lieu d’éducation chrétienne place le développement des amitiés au centre de son projet pédagogique. En se connaissant profondément : son identité, son affectivité ou la sexualité masculine et féminine, chacun cultive une image positive de soi en découvrant ses talents et ses qualités. Cela permet ensuite de se mettre généreusement au service du bien commun et d’autrui. A l’Eau Vive, vivre la mixité, l’ouverture aux autres, la maîtrise de soi dans le respect et la confiance tisse des amitiés solides. Le père François estime qu’avoir des amitiés solides est "un moyen essentiel pour mieux se préparer au mariage"

  • Quand Léon XIV se fait chantre de la vie monastique bénédictine

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    DISCOURS DU PAPE LÉON XIV
    À LA COMMUNAUTÉ MONASTIQUE
    DE L'ABBAYE DE SANTA SCOLASTICA À SUBIACO,
    À LA COMMUNAUTÉ MONASTIQUE
    DE L'ABBAYE DE SANTA MARIA DEL MONTE À CESENA
    ET AUX BÉNÉDICTINES
    DE L'ABBAYE DE SANTA SCOLASTICA À BARI

    Salle du Consistoire, lundi 30 mars 2026

    ______________________________

    Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit.

    Que la paix soit avec vous !

    Chers frères et sœurs, bonjour et bienvenue !

    Je me réjouis de cette rencontre, qui nous donne aussi l'occasion de réfléchir ensemble à la valeur du charisme bénédictin dans vos vies, dans la vie de l'Église et dans le monde.

    En identifiant « les instruments des bonnes œuvres », saint Benoît, au chapitre IV de la  Règle , nous exhorte à « veiller sur chacun de nos actes » (48). Vous, moniales bénédictines contemplatives, moines bénédictins, vous savez combien la prière et la lecture priante de la Parole de Dieu, en particulier la  Lectio divina , contribuent à cette vigilance, permettant à ceux qui les pratiquent de comprendre la vérité sur eux-mêmes, de reconnaître leurs faiblesses et leurs péchés et de célébrer les grâces et les bénédictions du Seigneur. C’est ainsi que se renouvelle en nous le désir de lui appartenir et que se confirme notre vœu de consécration. L’Écriture doit donc toujours être « la nourriture de notre vie, de notre contemplation et de notre vie quotidienne, afin que vous puissiez alors partager cette expérience transformatrice » (François, Constitution apostolique  Vultum Dei quaerere , 19).

    Le chemin de sanctification d'une personne consacrée, d'une religieuse, aussi riche soit-il de ferveur et d'inspiration, ne saurait se réduire à un simple parcours personnel. Il comporte une dimension communautaire essentielle, où la proclamation de la libération pascale prend une forme tangible dans le service fraternel, reflet de l'amour universel du Christ pour l'Église et pour l'humanité.

    À cet égard, la synodalité, promue par le pape François comme fondamentale pour la vie de l’Église, se traduit au monastère par la pratique quotidienne du cheminement commun, de l’écoute réciproque, du discernement communautaire sous la conduite de l’Esprit Saint et de la communion avec l’Église locale et la famille bénédictine. Cela se manifeste dans l’assemblée fraternelle, dans la prière commune et dans les décisions partagées, où autorité et obéissance dialoguent pour chercher ensemble la volonté de Dieu. La vie monastique ne saurait se réduire à un simple retrait du monde extérieur. Elle est un moyen par lequel un amour semblable à celui du Maître peut grandir dans le cœur des disciples, prêts à partager et à s’entraider, même entre monastères. Ainsi, dans un monde souvent marqué par le repli sur soi et l’individualisme, la vie monastique deviendra de plus en plus un modèle pour tout le peuple de Dieu, nous rappelant qu’être missionnaire, avant d’agir, exige une manière d’être et de vivre les relations.

    Il convient ici d’évoquer un aspect particulier propre à la vie missionnaire cloîtrée : l’intercession. Par la Parole faite prière, elle nous unit au Christ Médiateur, qui intercède pour nous (cf.  He  7, 25). L’intercession est le privilège des cœurs qui battent à l’unisson avec la miséricorde de Dieu (cf.  Catéchisme de l’Église catholique , 2635), prêts à recueillir et à présenter au Seigneur les joies et les peines, les espoirs et les angoisses des hommes d’aujourd’hui et de tous les temps (cf. Concile œcuménique Vatican II, Constitution pastorale  Gaudium et spes , 1). C’est là un aspect primordial et fondamental de l’œuvre qui vous est confiée.

    Anne, la prophétesse, en est un exemple. « Elle ne quittait point le temple, y servant Dieu nuit et jour, par le jeûne et la prière » ( Lc  2, 37). Veuve et d’un âge avancé, elle avait fait du temple sa demeure. La prière et l’ascèse l’ont conduite à reconnaître le Messie dans l’enfant pauvre et anonyme présenté par Marie et Joseph : elles lui ont permis de discerner, au cœur de l’histoire, l’intervention divine et d’en faire une proclamation prophétique de joie et d’espérance pour tout le peuple d’Israël.

    La prophétie et le discernement nous conduisent à un dernier thème que je souhaite aborder avec vous : la formation continue, particulièrement nécessaire à notre époque. Elle consiste avant tout à « connaître l’amour du Christ qui surpasse toute connaissance » (Congrégation pour les Instituts de Vie Consacrée et les Sociétés de Vie Apostolique, Instruction  Cor Orans , 223) et est fondamentale pour que la vie consacrée « puisse accomplir son service au monastère, à l’Église et au monde d’une manière toujours plus appropriée » ( ibid ., 236). Toute la communauté est actrice de cette formation, par la prière, la Parole, les temps de célébration et de prise de décision, le dialogue et le renouveau, vécus et partagés dans la primauté de la charité. Cela implique un engagement, pour vous tous, avec sagesse et prudence, d’encourager toute bonne intention et de diriger tout effort vers une croissance commune dans la capacité de donner, afin que chaque monastère devienne, comme le souhaitait saint Benoît, toujours plus une « école du service du Seigneur » (cf.  Prologue à la Règle , 45).

    Chers frères et sœurs, merci pour l’immense bien, souvent invisible, que vous faites à l’Église par vos offrandes, vos prières incessantes, votre service et le témoignage de votre vie. Poursuivez cette œuvre, qui est « l’œuvre de Dieu » (cf. saint Benoît, Règle 43, 3). Je vous confie à Marie Très Sainte, Mère du Silence, Femme d’Écoute, à saint Benoît, à sainte Scholastique et aux nombreux saints bénédictins, et je vous bénis de tout cœur.

  • 689 adultes seront baptisés en Belgique pour Pâques de cette année

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    En Belgique, pour Pâques 2026 (vigile pascale du 4 avril), l’Église catholique recense 689 adultes candidats au baptême (appelés catéchumènes). Ces personnes recevront le sacrement lors de la nuit de Pâques dans les différents diocèses du pays.

    Contexte et évolution

    • Ce chiffre représente une hausse d’environ 30 % par rapport à 2025 (534 catéchumènes).
    • Il s’agit d’un triplement par rapport à 2016 (229 catéchumènes), confirmant une tendance de forte croissance continue observée ces dernières années.
    • Les diocèses les plus concernés sont notamment Malines-Bruxelles (environ 248, dont 200 à Bruxelles pour l’appel décisif) et Tournai (177). D’autres diocèses comme Liège (79) ou Namur (56) contribuent également.

    Ce phénomène intervient dans un contexte de sécularisation avancée en Belgique, où l’Église catholique note une augmentation inattendue des demandes de baptême d’adultes (souvent des jeunes ou des personnes ayant vécu des épreuves personnelles). Les chiffres restent modestes en valeur absolue par rapport à la population belge, mais ils marquent un record récent.

    Note : Ces données proviennent principalement des communiqués de la Conférence épiscopale de Belgique publiés en février 2026 et sont reprises par plusieurs médias catholiques et généralistes. Elles concernent spécifiquement les baptêmes d’adultes (et parfois adolescents) célébrés à Pâques ; aucun chiffre national actualisé post-Pâques n’est encore disponible au moment de cette réponse.

    L’Église catholique en Belgique n’a pas publié d’enquête détaillée et chiffrée sur les motivations exactes des catéchumènes (comme en France), mais les communiqués officiels, les témoignages de responsables diocésains et les analyses de médias catholiques ou généralistes convergent sur plusieurs facteurs explicatifs de cette hausse continue.

    Quête de sens et recherche spirituelle dans un monde perçu comme instable

    De nombreux adultes (souvent jeunes, 18-25 ou 26-40 ans) expriment un besoin d’ancrage spirituel et d’intériorité face à l’accélération du quotidien, à la société de consommation et à un sentiment d’insatisfaction ou de « vide ». Le baptême devient un choix personnel et mûri, plutôt qu’un rite social hérité.

    Épreuves de vie comme déclencheur

    Une part importante des parcours commence après une épreuve personnelle : maladie, deuil, difficultés familiales, « vie cabossée » ou accumulation de crises (post-Covid notamment). Ces événements poussent à une recherche existentielle et à une forme de spiritualité. Des analyses soulignent que cela crée un « sentiment de manque » que la foi vient combler.

    Influence des réseaux sociaux et des médias

    Environ 70 % des nouveaux baptisés déclarent avoir nourri leur foi via les réseaux sociaux (influenceurs catholiques, témoignages en ligne). La parole religieuse y est plus « décomplexée ». On note aussi une hausse des ventes de Bibles et des recherches d’horaires de messes en ligne (via des sites comme egliseinfo.be).

    Moins de baptêmes d’enfants → plus de choix différé

    Les parents baptisent de moins en moins leurs bébés pour laisser la liberté de choix à leurs enfants plus tard. Cela explique mécaniquement une partie de l’augmentation des demandes adultes : une génération qui n’a pas reçu le sacrement enfantin le demande ensuite par conviction personnelle.

    Visibilité accrue du religieux et émulation

    • La présence d’un islam fervent rendrait la parole religieuse plus acceptable et « décomplexée », surtout chez les jeunes (effet d’émulation ou de réaction).
    • L’immigration chrétienne (notamment d’Afrique ou d’Europe de l’Est) redynamise certaines paroisses et rend le catholicisme plus visible.
    • Des stars ou personnalités affichant leur foi, ainsi qu’un regain de pratiquants dans les villes, contribuent à normaliser la démarche.

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  • Méditation pour le Mardi Saint

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    Méditation du Mardi Saint

    MARDI SAINT – Jn 13, 21-33, 36-38

    Face à la mort, Jésus semblait serein. Lors de sa montée à Jérusalem, il avait déjà annoncé sa passion. Et soudain, l’évangéliste nous informe qu’“ Il fut bouleversé au plus profond de lui-même”.

    Jésus est blessé dans ses sentiments les plus intimes. Un coup l’atteint douloureusement.

    Et pour cause ! Judas va le trahir. L’un des siens va le vendre pour quelques deniers.

    Pour seule réponse, Jésus lui tend la bouchée de nourriture, signe de l’amitié. Ma vie, nul ne la prend, mais c’est moi qui la donne.

    Voici mon Corps livré pour vous.

    Ce coup n’est pas le dernier. Jésus le sait. Pierre aussi va le trahir. Celui en qui, pour l’avenir, il a mis tout son espoir, va le renier.

    Jésus doit boire le calice jusqu’à la lie.

    L’heure des ténèbres vient de sonner.

    “ Dehors il fait nuit ” nous dit saint Jean.

    C’est la solitude totale qui se dessine.

    Entre Jésus et les ténèbres, il ne reste plus qu’une mince paroi : celle du pain et du vin.

    Il lui faut maintenant aller jusqu’au bout de la nuit, seul, sans nul autre appui que son amour pour le Père.

    C’est généralement ici que, sournoisement, la peur, sèche et grinçante, la peur aux ongles cassés, ouvrant trop grands ses yeux de morts….

    Oui, c’est généralement ici que la peur se met à l’œuvre.

    Et ce n’est qu’un début….

    Jésus s’attendait-il à vivre une pareille angoisse ?

    Il n’avait peut-être pas tout prévu.

    Peut être ne savait-il pas tout par avance.

    Toujours est-il que le Christ ne joue pas un spectacle.

    Il ne joue pas un rôle de composition.

    Mais tout simplement, il joue sa vie.

    Et c’est l’enjeu véritable de la Semaine Sainte.

    Comme quoi, il n’y a pas de contrat signé par avance entre la mort et Dieu.

    Bien au contraire !

    Dieu frémit quand l’homme meurt.

    Soyons clairs !

    Ce n’est pas Dieu qui veut la mort, mais le Mal.

    Pour le Christ, comme pour chacun de nous, la mort approche.

    Et avec elle cet instant où il n’est plus que le mot “ Père ” auquel nous puissions nous accrocher.

  • Que nous enseigne la Semaine sainte sur le sens de la souffrance ?

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    Du Frère René Stockman sur le Catholic Herald :

    Que nous enseigne la Semaine sainte sur le sens de la souffrance ?

    La Semaine sainte est une semaine particulière de l'année liturgique, qui commence avec la levée des rameaux le dimanche des Rameaux et se termine avec le chant de l'Alléluia le jour de Pâques. Entre ces deux jours de célébration, nous commémorons la tragédie que Jésus a dû endurer pour finalement ressusciter victorieusement et accomplir ainsi la rédemption de toute l'humanité. Rares sont les semaines où la joie et la souffrance sont si intimement liées.

    Mais concentrons-nous sur la souffrance, thème central de la Semaine Sainte, que nous laissons nous pénétrer d'une manière particulière lors de la célébration liturgique empreinte de recueillement du Vendredi Saint. En ce jour, nous sommes confrontés à la forme la plus extrême de la souffrance, celle de celui qui est torturé injustement et condamné à la crucifixion : « Scandale pour les Juifs, folie pour les païens » (1 Co 1, 23). Quel que soit le contexte, nous ne pouvons que nous indigner de telles souffrances, de la même manière que nous sommes profondément révoltés par les souffrances causées par les génocides et, aujourd'hui, par les guerres qui, en de nombreux lieux, engendrent tant de misère. Le Christ meurt chaque jour dans tous ces lieux où des êtres humains sont sacrifiés à la violence aveugle et à la haine mutuelle.

    Où est Dieu au milieu de toute cette souffrance ? C’est la question qui se posait dans les camps de concentration et qui résonne encore aujourd’hui. Pourquoi Dieu permet-il cette souffrance, surtout quand le Christ nous a enseigné à le connaître comme un Dieu d’amour ? Comment concilier l’immense souffrance du monde avec cet amour divin ? Ou bien Dieu utilise-t-il cette souffrance pour punir les hommes de leur vie immorale ?

    Ces questions étaient déjà posées dans les textes de l'Ancien Testament, et notamment dans le Livre de Job, où l'on s'interroge sur la possibilité de considérer la souffrance comme un châtiment divin. Cette question est explorée en profondeur dans un texte magnifique, qui met en lumière deux éléments essentiels : la souffrance n'est pas causée par Dieu, mais par le mal, et il n'existe aucun lien entre souffrance et châtiment divin. Bien sûr, cela n'apporte qu'une réponse partielle et laisse de nombreuses interrogations en suspens.

    Les premières pages de l'Ancien Testament, et notamment le livre de la Genèse, s'attachent à développer une anthropologie singulière à travers un récit décrivant l'origine de l'humanité et la manière dont Dieu créa les hommes bons, entièrement à son image et à sa ressemblance, par et avec son amour, et vivant ainsi en parfaite harmonie avec Dieu, avec eux-mêmes, avec leurs semblables et avec toute la création. La seule raison pour laquelle Dieu créa l'homme était le désir de partager avec nous ce qui le caractérise le plus : son amour infini tel qu'il se manifeste dans la relation entre le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Mais pour participer à cet amour en tant qu'être humain, la liberté est nécessaire, car l'amour ne peut être imposé, il ne peut que s'inviter. 

    Ceci complète l'image de l'homme : créé à l'image de Dieu par amour et doté de la capacité d'entrer librement dans cet amour. Mais par liberté, nous entendons aussi la possibilité de faire des choix, pour ou contre l'amour. C'est ce drame humain qui est décrit avec force dans ce même livre de la Genèse, où l'homme est tenté de devenir son propre dieu et de se détourner ainsi de l'amour de Dieu. 

    Cette tentation provient d'une puissance extérieure à Dieu et à l'homme, que nous appelons le diable, dont nous ne connaissons l'existence que parce que nous pouvons encore percevoir son œuvre en nous-mêmes chaque jour. Une fois encore, c'est Paul qui l'exprime avec justesse : « Je ne fais pas le bien que je veux, mais le mal que je ne veux pas. Quand je fais ce que je ne veux pas, ce n'est plus moi qui le fais, mais le péché qui habite en moi » (Romains 7:19-20). 

    Chaque fois que nous, êtres humains, nous détournons de Dieu et de son amour et choisissons de devenir notre propre dieu, nous nous laissons envahir par le mal et répétons ce que la Genèse décrit comme le péché originel. Or, avec le mal est apparue la souffrance dans la vie humaine, car l'harmonie originelle a été brisée. La nature humaine est devenue une nature brisée, sujette à la souffrance et à la mort. Sans vouloir entraver la liberté humaine ni son amour pour l'humanité, Dieu a adapté son amour et l'a transformé en miséricorde : compassion pour ceux qui souffrent et pardon pour ceux qui pèchent. La compassion et le pardon sont devenus les attributs par lesquels Dieu a voulu être proche de l'humanité dans sa fragilité, comme une expression durable de son amour pour elle.

    On entend souvent cette question : Dieu n’est-il pas assez puissant pour vaincre le mal ? Ce que nous appelons le mal est-il plus puissant que Dieu ? Nous disons Dieu tout-puissant, n’est-ce pas ? Certes, Dieu est tout-puissant et a manifesté son omnipotence dans la création ; il la manifestera de nouveau pleinement à la fin des temps. Mais en attendant, on peut parler d’une omnipotence contenue en Dieu, une omnipotence qui se subordonne à ce qui est propre à l’homme : sa liberté. Et c’est dans cette liberté que le mal peut agir. Il est dans la nature humaine que le mal se manifeste constamment en opposition au bien et contraint les êtres humains à faire des choix.

    Pourtant, Dieu est allé plus loin que la simple transformation de son amour en miséricorde. Il a choisi de se rendre présent en nous, le Créateur devenant sa propre créature, afin de combattre le mal de l'intérieur. C'est l'Incarnation, le fait de devenir humain, par lequel Dieu lui-même s'est fait homme en Jésus-Christ. Toute la vie de Jésus-Christ doit être comprise dans cette perspective : son désir d'enseigner aux hommes le vrai visage de Dieu, les appelant sans cesse à se conformer à son image et ainsi à vivre pleinement leur vocation d'êtres humains.

    Mais Jésus-Christ a aussi combattu le mal et ses conséquences. Partout où il allait, il manifestait la miséricorde de Dieu en pardonnant les péchés et en guérissant les malades. Ainsi, la compassion de Dieu pour ceux qui souffrent et son pardon pour ceux qui pèchent sont devenus très concrets à travers les actions de Jésus.

    Cependant, la mission ultime de Jésus-Christ allait encore plus loin. Et c'est ce que nous commémorons le Vendredi saint. Par Jésus-Christ, Dieu s'est laissé saisir et vaincre par le mal : non par le péché, mais par sa conséquence, la souffrance. La mort sur la croix est le triomphe du mal, qui a porté la souffrance à son comble. Non, aucune souffrance plus grande n'est concevable, et en cela, le Christ manifeste sa solidarité avec tous ceux qui souffrent de manière inhumaine. Lorsque nous souffrons, nous pouvons lever les yeux vers la croix et réaliser que Lui aussi, qui était Dieu, a emprunté le même chemin. Il n'existe pas de plus grande solidarité ni de plus grande compassion.

    Mais au moment où le mal crut avoir vaincu Dieu, il fut dépouillé de son pouvoir absolu, et cela se produisit lors de la Résurrection. Jésus-Christ, Dieu fait homme, ressuscita et triompha de la mort. Dès lors, la mort n'aurait plus le dernier mot, mais la vie éternelle en Dieu et avec Dieu. La souffrance et la mort de Jésus-Christ, qui, d'un point de vue purement humain, pourraient être considérées comme un échec total, devinrent le chemin divin de la rédemption, nous libérant de l'emprise absolue du mal. Ce chemin devint le nôtre. Si la souffrance de Jésus-Christ suscita une grande solidarité avec tous ceux qui souffrent et fut un signe puissant de la compassion de Dieu pour eux, la souffrance, en tant qu'acte de rédemption, acquit une signification supplémentaire. La souffrance, en apparence totalement dénuée de sens, acquit ainsi une signification ultime.

    Et nous voici arrivés à la leçon la plus importante du Vendredi saint. Par la souffrance, la mort et la Résurrection de Jésus-Christ, toute l'humanité a été rachetée du pouvoir absolu du mal, de la mort. Cet événement s'est produit en un instant et en un lieu précis, mais ses répercussions s'étendent à tous les peuples et à tous les temps. La rédemption de ceux qui ont vécu et sont morts dans le passé est commémorée le Samedi saint et symboliquement représentée par Jésus saisissant avec force le poignet d'Adam dans le séjour des morts pour le faire passer des ténèbres à la lumière de la Résurrection. Mais à Pâques même, nous pouvons célébrer la foi que nous pouvons tous participer à cette Résurrection. Jésus-Christ a lui aussi souffert, est mort et est ressuscité pour moi, m'offrant ainsi la perspective de la vie éternelle.

    Écoutons encore Paul, qui écrit : « Maintenant, je me réjouis dans mes souffrances pour vous, et je complète en ma chair ce qui manque aux souffrances du Christ » (Col. 1, 24). Reste-t-il quelque chose à ajouter aux souffrances du Christ ? N’étaient-elles pas complètes, pour tous, ceux qui ont vécu et ceux qui vivront ? Certes, nous ne pouvons ni n’avons besoin d’ajouter quoi que ce soit à ces souffrances, mais nous pouvons y participer mystiquement, en les unissant à celles de Jésus sur la croix. J’aime à la décrire comme la quinzième œuvre de miséricorde. Les treize œuvres sont très concrètes, et la quatorzième suggère que nous pouvons les compléter, les parfaire par nos prières pour les vivants et les morts. Il s’agit de demander à Dieu d’accomplir, de parachever, ce que nous avons commencé. Mais peut-être pouvons-nous aussi appliquer cela à nos propres souffrances. 

    Lorsque nous souffrons, nous n'avons plus la force d'accomplir d'œuvres de miséricorde. Pourtant, même à travers cette souffrance, nous pouvons participer à l'œuvre de rédemption que Jésus-Christ a accomplie pour nous. C'est Jésus-Christ lui-même qui donne un sens à notre souffrance, tout comme sa propre souffrance, en apparence dénuée de sens, fut l'acte le plus important qu'il pouvait et devait accomplir : racheter toute l'humanité de l'emprise absolue du mal. En offrant consciemment notre souffrance pour le salut de nos semblables, ou peut-être pour le salut de cet être humain en particulier, notre souffrance acquiert une signification que nous ne pourrions jamais lui donner par nous-mêmes. Elle devient un instrument divin pour concrétiser notre miséricorde à travers la souffrance, au lieu de l'enfermer dans ce que nous qualifions aujourd'hui de désespéré et donc d'absurde. C'est un chemin qui nous est offert et auquel nous pouvons nous engager avec foi.

    Que cette Semaine Sainte soit un moment privilégié pour méditer profondément sur les souffrances endurées par Jésus-Christ, sur les souffrances inhumaines de tant de personnes aujourd'hui, et aussi sur nos propres souffrances, auxquelles nul n'est épargné, et pour inscrire tout cela dans la grande dynamique instaurée par la mort sur la croix : comment nous sommes tous conduits du Vendredi Saint à Pâques. C'est dans cette dynamique que nous aussi, par nos souffrances, pouvons participer.

    Le Frère René Stockman est l'ancien supérieur général de la Congrégation des Frères de la Charité et un spécialiste des soins psychiatriques.

  • Gravir "l'Echelle du Paradis" avec Jean Climaque (30 mars)

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    De BENOÎT XVI, lors de l'AUDIENCE GÉNÉRALE du mercredi 11 février 2009 :

    Jean Climaque

    Chers frères et sœurs,

    Après vingt catéchèses consacrées à l'Apôtre Paul, je voudrais reprendre aujourd'hui la présentation des grands Ecrivains de l'Eglise d'Orient et d'Occident de l'époque médiévale. Et je propose la figure de Jean, dit Climaque, translittération latine du terme grec klímakos, qui signifie de l'échelle (klímax). Il s'agit du titre de son œuvre principale, dans laquelle il décrit l'ascension de la vie humaine vers Dieu. Il naquit vers 575. Sa vie se déroula donc pendant les années où Byzance, capitale de l'empire romain d'Orient, connut la plus grande crise de son histoire. A l'improviste, le cadre géographique de l'empire se transforma et le torrent des invasions barbares fit s'effondrer toutes ses structures. Seule tint bon la structure de l'Eglise, qui continua pendant ces temps difficiles à exercer son action missionnaire, humaine et socio-culturelle, en particulier à travers le réseau des monastères, dans lesquels œuvraient de grandes personnalités religieuses, comme celle, précisément, de Jean Climaque.

    Jean vécut et raconta ses expériences spirituelles dans les montagnes du Sinaï, où Moïse rencontra Dieu et Elie en entendit la voix. On conserve des informations le concernant dans une brève Vita (pg 88, 596-608), écrite par le moine Daniel de Raito:  à seize ans, Jean, devenu moine sur le mont Sinaï, y devint le disciple de l'abbé Martirio, un "ancien"; c'est-à-dire un "sage". Vers vingt ans, il choisit de vivre en ermite dans une grotte au pied de la montagne, dans un lieu appelé Tola, à huit kilomètres du monastère de Sainte-Catherine. Mais la solitude ne l'empêcha pas de rencontrer des personnes souhaitant avoir une direction spirituelle, ainsi que de se rendre en visite dans plusieurs monastères à Alexandrie. En effet, sa retraite d'ermite, loin d'être une fuite du monde et de la réalité humaine, déboucha sur un amour ardent pour les autres (Vita 5) et pour Dieu (Vita 7). Après quarante ans de vie érémitique vécue dans l'amour pour Dieu et pour son prochain, des années pendant lesquelles il pleura, il pria, il lutta contre les démons, il fut nommé higoumène du grand monastère du mont Sinaï et revint ainsi à la vie cénobitique, dans un monastère. Mais, quelques années avant sa mort, nostalgique de sa vie d'ermite, il laissa à son frère, moine dans le même monastère, la conduite de la communauté. Il mourut après 650. La vie de Jean se développe entre deux montagnes, le Sinaï et le Thabor, et on peut vraiment dire que de lui rayonna la lumière vue par Moïse sur le Sinaï et contemplée par les trois apôtres sur le Thabor.

    Il devint célèbre, comme je l'ai déjà dit, pour l'œuvre intitulée l'Echelle (klímax), qualifiée en Occident comme Echelle du paradis (pg 88, 632-1164). Composée sur la requête insistante du proche higoumène du monastère de Raito au Sinaï, l'Echelle est un traité complet de vie spirituelle, où Jean décrit le chemin du moine depuis le renoncement au monde jusqu'à la perfection de l'amour. C'est un chemin qui - selon ce livre - se développe à travers trente marches, chacune d'elle étant liée à la suivante. Le chemin peut être synthétisé en trois phases successives:  la première s'exprime dans la rupture avec le monde dans le but de retourner à l'état de l'enfance évangélique. L'essentiel n'est donc pas la rupture, mais le lien avec ce que Jésus a dit, c'est-à-dire revenir à la véritable enfance dans un sens spirituel, devenir comme les enfants. Jean commente:  "Une bonne fondation est celle qui est formée par trois bases et par trois colonnes:  innocence, jeûne et chasteté. Que tous les nouveau-nés en Christ (cf. 1 Co 3, 1) commencent par ces choses, en prenant exemple de ceux qui sont nouveau-nés physiquement" (1, 20; 636). Le détachement volontaire des personnes et des lieux chers permet à l'âme d'entrer en communion plus profonde avec Dieu. Ce renoncement débouche sur l'obéissance, qui est une voie vers l'humilité à travers les humiliations - qui ne manqueront jamais - de la part des frères. Jean commente:  "Bienheureux celui qui a mortifié sa propre volonté jusqu'à la fin et qui a confié le soin de sa propre personne à son maître dans le Seigneur:  en effet, il sera placé à la droite du Crucifié!" (4, 37; 704).

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  • Jean Climaque dresse une échelle vers le Ciel

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    saint-Jean-Climaque-2.jpgSAINT JEAN CLIMAQUE (525-605) est fêté le 30 mars

    "Il venait de Palestine quand il se rendit au monastère Sainte-Catherine du Sinaï. Il avait 16 ans et il y restera dix-neuf ans sous la direction d'un moine vénérable qui lui apprend la vie parfaite. Un jour, ce dernier l'emmène auprès d'abba Jean le Sabaïte, ascète respecté. Celui-ci verse de l'eau dans un bassin et lave les pieds de Jean, et non pas du vénérable vieillard. Interrogé pourquoi, Jean le Sabaïte répond : « J'ai lavé les pieds de l'higoumène du Sinaï. »

    La prophétie devait se réaliser quelques décennies plus tard. En attendant, son maître étant mort, Jean se retire au désert durant quarante  ans. Il ne refuse jamais de donner quelques conseils et quelques enseignements quand on vient le trouver. Des envieux le traitant de bavard, Jean comprend qu'on enseigne plus par les œuvres que par les paroles. Il rentre alors dans le silence. On devra le supplier de reprendre ses enseignements, ce qu'il fera par miséricorde. Après avoir longuement visité les monastères de l'Égypte, il revient au Sinaï et c'est à ce moment qu'il est élu higoumène du monastère Saint- Catherine.

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  • Vexilla Regis prodeunt

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    Le Vexilla Regis est l’hymne du temps de la Passion et des fêtes de la Sainte Croix. Son texte (comme celui du Pange lingua du Vendredi Saint) fut composé par l’hymnographe saint Venance Fortunat au VIème siècle, à l’occasion de la réception solennelle des reliques de la vraie Croix à Poitiers par la reine de France sainte Radegonde.

    Vexilla regis prodeunt

    fulget crucis mysterium
    quo carne carnis conditor
    suspensus est patibulo.

    Quo, vulneratus insuper
    mucrone diro lanceae
    ut nos lavaret crimine
    manavit unda et sanguine.

    Arbor docora et fulgida,
    ornata regis purpura,
    electa digno stipite
    tam sancta membra tangere !

    Beata, cuius brachiis
    saecli pependit pretium ;
    statera facta est corporis
    praedam tulitque tartari.

    Salve, ara, salve victima,
    de passionis gloria,
    qua vita mortem pertulit
    et morte vitam reddidit !

    O crux, ave, spes unica !
    hoc passionis tempore
    piis adauge gratiam
    reisque dele crimina.

    Te, fons salutis, Trinitas,
    collaudet omnis spiritus ;
    quos per crucis mysterium
    salvas, fove per saecula.

    Les étendards du roi s'avancent
    mystère éclatant de la croix
    au gibet fut pendue la chair
    du créateur de toute chair.

    C'est là qu'il reçut la blessure
    d'un coup de lance très cruel
    et fit jaillir le sang et l'eau
    pour nous laver de nos péchès.

    Arbre dont la beauté rayonne,
    paré de la pourpre du roi,
    d'un bois si beau qu'il fut choisi
    pour toucher ses membres très saints !

    Arbre bienheureux ! À tes branches
    la rançon du monde a pendu !

    Tu devins balance d'un corps
    et ravis leur proie aux enfers !

    Salut, autel ! Salut, victime
    de la glorieuse passion !
    La vie qui supporta la mort,
    par la mort a rendu la vie.

    O croix, salut, espoir unique !
    En ces heures de la passion
    augmente les grâces des saints,
    remets les fautes des pécheurs.

    Trinité, source salutaire,
    que te célèbre tout esprit ;
    ceux que tu sauves par la croix,
    protège-les à tout jamais.

  • Gloria, laus et honor tibi sit, Rex Christe, Redemptor

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    L'hymne Gloria, laus ou « Gloria, laus et honor tibi » (en français : À toi gloire, louange et honneur) était traditionnellement attribuée, avec le titre d'un chant de procession, à l'évêque Théodulfe d'Orléans (mort vers 820), lorsqu'il était détenu à l'abbaye Saint-Aubin d'Angers vers 810-815. Ce chant est toujours en vigueur aujourd'hui pour la procession du dimanche des Rameaux dans l'Église catholique.

    R/ Gloria, laus et honor tibi sit, Rex Christe, Redemptor,
    Cui puerile decus prompsit Hosanna pium.
    Gloire, louange et honneur à Toi, Christ Roi Sauveur.
    Pour toi le cortège des enfants chanta "Hosanna !"

    1.- Israel es tu rex, Davidis et inclyta proles,
    Nomine qui in Domini, rex benedicte, venis.
    Tu es le roi d'Israël, tu es le glorieux rejeton de David,
    roi béni qui viens au nom du Seigneur.

    2.- Cœtus in excelsis te laudat cælicus omnis,
    et mortalis homo, et cuncta creata simul.
    Le chœur céleste en entier te loue au plus haut des cieux ;
    à lui se joint l'homme mortel et toute la création.

    3.- Plebs Hebræa tibi cum palmis obvia venit ;
    Cum prece, voto, hymnis, adsumus ecce tibi.
    Le peuple hébreu vint au devant de toi avec des palmes,
    avec nos prières, nos vœux et nos hymnes, nous voici devant toi.

    4.- Hi tibi passuro solvebant munia laudis ;
    nos tibi regnanti pangimus ecce melos.
    Ceux-ci te payaient leur tribut de louanges, alors que tu allais souffrir ;
    Et nous, voici que nous te célébrons par nos chants, maintenant que tu règnes.

    5.- Hi placuere tibi, placeat devotio nostra ;
    rex bone, rex clemens, cui bona cuncta placent.
    Ils ont su te plaire, que te plaise aussi notre dévotion :
    bon Roi, doux Roi, à qui plaît tout ce qui est bon.

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Gloria,_laus_et_honor

  • Rameaux : aller en pèlerinage avec le Seigneur vers le haut (Benoît XVI)

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    CÉLÉBRATION DU DIMANCHE DES RAMEAUX
    ET DE LA PASSION DU SEIGNEUR 

    HOMÉLIE DU PAPE BENOÎT XVI

    Place Saint-Pierre
    XXVIe Journée Mondiale de la Jeunesse
    Dimanche 17 avril 2011

    Chers frères et sœurs,
    Chers jeunes!

    Chaque année, le dimanche des Rameaux, nous sommes à nouveau émus de gravir avec Jésus le mont vers le sanctuaire, et de l’accompagner tout au long de ce chemin vers le haut. En ce jour, sur toute la face de la terre et à travers tous les siècles, jeunes et personnes de tout âge l’acclament en criant: «Hosanna au fils de David! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur!»

    Mais que faisons-nous vraiment lorsque nous nous insérons dans une telle procession – parmi la foule de ceux qui montaient avec Jésus à Jérusalem et l’acclamaient comme roi d’Israël? Est-ce quelque chose de plus qu’une cérémonie, qu’une belle coutume? Cela a-t-il quelque chose à voir avec la véritable réalité de notre vie, de notre monde? Pour trouver la réponse, nous devons avant tout clarifier ce que Jésus lui-même a, en réalité, voulu et fait. Après la profession de foi, que Pierre avait faite à Césarée de Philippe, à l’extrême nord de la Terre Sainte, Jésus s’était mis en route, en pèlerin, vers Jérusalem pour les fêtes de la Pâque. Il est en chemin vers le Temple dans la Cité Sainte, vers ce lieu qui, pour Israël, garantissait de façon particulière la proximité de Dieu à l’égard de son peuple. Il est en chemin vers la fête commune de la Pâque, mémorial de la libération d’Égypte et signe de l’espérance dans la libération définitive. Il sait qu’une nouvelle Pâque l’attend et qu’il prendra lui-même la place des agneaux immolés, s’offrant lui-même sur la Croix. Il sait que, dans les dons mystérieux du pain et du vin, il se donnera pour toujours aux siens, il leur ouvrira la porte vers une nouvelle voie de libération, vers la communion avec le Dieu vivant. Il est en chemin vers la hauteur de la Croix, vers le moment de l’amour qui se donne. Le terme ultime de son pèlerinage est la hauteur de Dieu lui-même, à laquelle il veut élever l’être humain.

    Notre procession d’aujourd’hui veut donc être l’image de quelque chose de plus profond, l’image du fait qu’avec Jésus, nous nous mettons en route pour le pèlerinage: par la voie haute vers le Dieu vivant. C’est de cette montée dont il s’agit. C’est le chemin auquel Jésus nous invite. Mais comment pouvons-nous maintenir l’allure dans cette montée? Ne dépasse-t-elle pas nos forces? Oui, elle est au-dessus de nos propres possibilités. Depuis toujours, les hommes ont été remplis – et aujourd’hui ils le sont plus que jamais – du désir d’"être comme Dieu", d’atteindre eux-mêmes la hauteur de Dieu. Dans toutes les inventions de l’esprit humain, on cherche, en fin de compte, à obtenir des ailes pour pouvoir s’élever à la hauteur de l’Être, pour devenir indépendants, totalement libres, comme Dieu l’est. Nombreuses sont les choses que l’humanité a pu réaliser: nous sommes capables de voler. Nous pouvons nous voir, nous écouter et nous parler d’un bout à l’autre du monde. Toutefois, la force de gravité qui nous tire vers le bas est puissante. Avec nos capacités, ce n’est pas seulement le bien qui a grandi. Les possibilités du mal ont aussi augmenté et se présentent comme des tempêtes menaçantes au dessus de l’histoire. Nos limites aussi sont restées: il suffit de penser aux catastrophes qui, ces derniers mois, ont affligé et continuent d’affliger l’humanité.

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