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Spiritualité

  • Fulton Sheen : son passage par l'Université Catholique de Louvain l'a profondément marqué

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    Le passage de Fulton Sheen à l’Université catholique de Louvain a été l’un des moments formatifs les plus décisifs de sa vie intellectuelle, spirituelle et pastorale.

    Contexte et réalisations académiques

    Après son ordination en 1919 et un an d’études à l’Université catholique d’Amérique (CUA), Sheen part en 1921 à Louvain, sur les conseils de son évêque (lui-même ancien élève de Louvain) et en accomplissement d’une prophétie de jeunesse du Mgr John Lancaster Spalding. Il y obtient son doctorat en philosophie en 1923 avec la plus haute distinction, puis le rare et prestigieux titre d’agrégé en philosophie (1925), devenant le premier Américain à le recevoir. Sa thèse, transformée en livre (God and Intelligence in Modern Philosophy, 1925, avec une préface de G.K. Chesterton), lui vaut aussi le prix Cardinal Mercier pour la philosophie internationale.

    Louvain était alors l’épicentre du renouveau néo-thomiste (grâce notamment au cardinal Désiré-Joseph Mercier et à l’Institut supérieur de philosophie). Sheen y est plongé dans saint Thomas d’Aquin, Aristote, la métaphysique, la psychologie rationnelle et expérimentale, etc., en français et en latin. Il rencontre Mercier après son agrégation et reçoit de lui des conseils d’enseignement qu’il fera siens toute sa vie : rester au courant de la pensée moderne tout en s’ancrant dans les classiques, et détruire ses notes de cours chaque année pour ne pas stagner.

    Témoignages de Sheen lui-même

    Dans son autobiographie Treasure in Clay, Sheen exprime une gratitude exceptionnelle :

    • « Quelle que soit la durée de ma vie, je ne pourrai jamais exprimer toute la profondeur de ma gratitude envers cette grande université pour la brillance de son enseignement, l’inspiration de sa direction et le développement qu’elle a donné à l’esprit humain. »
    • Ailleurs :  « Après Dieu, sur cette terre, je dois tout ce que je suis à l’Université de Louvain. »

    Il y a formé sa méthode : une philosophie thomiste rigoureuse, claire, capable de dialoguer avec le monde moderne (relativité, sciences, erreurs contemporaines) tout en restant ancrée dans la tradition. C’est cette formation qui lui permet d’être reconnu dès son retour comme l’un des meilleurs thomistes de son temps, d’enseigner 23 ans à la CUA, puis de devenir un prédicateur et catéchiste d’exception à la radio et à la télévision.

    Influence durable

    • Intellectuelle : base de tous ses livres, conférences et cours (philosophie de la religion, Dieu et la société, etc.).
    • Pédagogique : il applique les conseils de Mercier et développe une vision de l’éducation centrée sur la vérité, l’unité du savoir et la finalité divine de l’homme.
    • Spirituelle et apostolique : la clarté thomiste et l’ouverture au monde moderne nourrissent son style unique de communication, qui a touché des millions de personnes.

    En résumé, Louvain n’a pas seulement été un passage académique brillant : Sheen le considère comme le lieu qui a formé son esprit et auquel il doit « tout ce qu’il est » (après Dieu). C’est bien un tournant fondateur.

  • Les saints Côme et Damien (26 septembre)

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    Du site du Centre catholique des médecins français :

    La Décapitation de saints Côme et Damien, 1438 - 1440 - Fra Angelico

    SAINT COME ET SAINT DAMIEN

    Frères jumeaux, Côme et Damien étaient d'origine arabe. Ils étaient nés à Egée, en Cilicie (Asie Mineure), au IIIe siècle, et appartenaient à une famille noble et chrétienne. L'hagiographie conte qu'ils étaient "fort habiles dans l'art médical" et qu'ils parcouraient "villes et bourgades, guérissant les malades et délivrant, au nom de celui qu'on appelle le Christ, ceux qui sont possédés des esprits immondes". Or ils exerçaient leur art gratuitement: ils étaient ainsi devenus les Anargyres, "ceux qui repoussent l'argent". Battant en brèche l'autorité du proconsul Lysias, juge en la ville d'Egée, ils lui furent amenés. Après mille tortures qui ne parvinrent pas à les éprouver, ils subirent le martyre vers l'an 287. L'Église honore ces deux saints guérisseurs le 27 septembre; leurs noms sont inscrits parmi beaucoup d'autres dans les litanies des saints et, distinction plus rare et plus insigne, ils le sont aussi au canon de la messe.

    Au VIIIe siècle, un diplôme de Charlemagne donnant l'église de Luzarches à l'Abbaye de Saint-Denis nous apprend qu'elle était déjà placée sous le vocable de Saint-Côme et Saint-Damien. Au XIIe siècle, Jean de Beaumont, seigneur de Luzarches qui avait été parmi les premiers à se croiser, reçut, lors de son retour par Rome, des reliques des saints Côme et Damien pour prix de ses hauts faits en faveur de la chrétienté. Il en fit deux parts, une pour Luzarches et une pour Paris. A Luzarches, ces reliques furent d'abord déposées dans une collégiale dont la construction commença en 1180 et dont seuls subsistent à l'heure actuelle quelques vestiges. Puis en 1320 elles furent transférées en l'église paroissiale au cours d'une procession solennelle dont la chronique a gardé le souvenir: "Jeanne de Bourgogne, épouse de Philippe V le Long, vient à Luzarches le jeudi 23 octobre 1320 honorer les reliques des deux martyrs. La translation de ces reliques dans des châsses d'argent donne lieu à l'évêque de Paris et au chapitre de Luzarches de mander de la capitale des chirurgiens pour faire leur rapport de ces saintes reliques ".

    Les chirurgiens, dont la corporation est l'une des plus anciennes de France, s'étaient alors constitués en confrérie en se choisissant pour saints patrons Côme et Damien. Une confrérie de simple piété aurait d'abord été fondée à Luzarches au XIIIe siècle, puis une confrérie franchement professionnelle serait apparue à Paris. Les deux fusionnèrent lors de l'événement de 1320. C'était pour les chirurgiens, dont l'activité n'était pas considérée comme un "métier" et ne donnait pas accès à l'Université, la meilleure manière d'affirmer indépendance et dignité, et ils se placèrent sous la protection de l'Official (juridiction ecclésiastique dépendant de l'évêque). Ils furent alors à l'origine de l'une des plus anciennes et des plus durables traditions de cette région de l'Ile-de-France: celle des pèlerinages médicaux à Luzarches.

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  • Léon XIV à Paris : une parole catholique qui ne s’excuse pas d’être catholique

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    Léon XIV à Paris : une parole catholique qui ne s’excuse pas d’être catholique

    Il y avait quelque chose d’assez inhabituel dans les paroles de Léon XIV à Paris : le pape n’a pas semblé éprouver le besoin de demander pardon au monde d’être catholique.

    Pas de christianisme réduit à quelques bons sentiments. Pas de foi transformée en simple supplément d’âme humanitaire. Pas de dilution du message chrétien dans le vocabulaire convenu du moment. Léon XIV a parlé au monde contemporain, mais il ne lui a pas abandonné, pour autant, les catégories propres de la foi catholique.

    C’est une distinction essentielle : dialoguer avec son époque ne signifie pas nécessairement lui donner raison sur tout. Écouter les interrogations du monde ne signifie pas que l’Église doive renoncer à ses propres réponses.

    Et c’est sans doute ce qui frappe le plus dans les paroles prononcées à Paris : sur plusieurs sujets décisifs — la vie humaine, la bioéthique, le droit international, la laïcité, l’éducation et la foi — Léon XIV a réaffirmé une vision de l’homme qui ne se confond pas avec les catégories dominantes de la culture contemporaine.

    La vie humaine : un droit qui précède tous les autres

    C’est probablement sur la question de la vie que le contraste apparaît avec le plus de netteté.

    Devant les autorités françaises, Léon XIV a déclaré que « la protection du droit à la vie constitue le fondement incontournable de tout autre droit humain ». Il a également appelé à « accueillir la vie sans condition », à « soutenir la fragilité avec tendresse » et à défendre « ceux qui n’ont pas de voix ».

    La formule est capitale. Le pape ne place pas la vie parmi une liste de droits concurrents : il la présente comme le fondement des autres droits.

    Il faut être précis : dans ce discours, Léon XIV ne prononce pas explicitement le mot « avortement ». Mais le principe qu’il pose est sans ambiguïté : la vie humaine doit être accueillie et protégée sans condition.

    Cette affirmation entre nécessairement en tension avec l’évolution récente du droit français. Depuis mars 2024, la Constitution garantit à la femme une liberté de recourir à l’interruption volontaire de grossesse.

    Il ne s’agit pas de prétendre que ces deux formulations répondent exactement à la même question juridique. Mais elles révèlent deux points de départ anthropologiques différents.

    D'un côté, la liberté de recourir à l'IVG est constitutionnellement garantie ; de l'autre, le pape rappelle que le droit à la vie constitue le fondement même de tous les autres droits.

    Derrière la controverse juridique se trouve donc une question beaucoup plus profonde : qu'est-ce qui doit être placé au premier plan lorsque la liberté d'une personne entre en tension avec la vie d'un autre être humain ?

    Léon XIV, lui, ne contourne pas la question.

    L’aide à mourir : quand la mort devient une réponse sociale

    Le contraste est encore plus direct concernant la fin de vie.

    La France a désormais institué un droit à l'aide à mourir dans certaines circonstances. Le dispositif permet, sous des conditions précises, le recours à une substance létale.

    Or, devant les autorités françaises, Léon XIV a dénoncé « l'offre d'une mort programmée ».

    La formule est particulièrement forte, précisément parce qu'elle intervient dans un pays qui vient de franchir une nouvelle étape législative sur cette question.

    Le pape pose ici une limite fondamentale : la souffrance humaine ne saurait transformer la mort provoquée en solution médicale ordinaire.

    Il ne s'agit pas simplement d'une divergence sur les garanties entourant l'aide à mourir. C'est une différence concernant la signification même du soin.

    La logique catholique consiste à accompagner la personne souffrante, à soulager sa douleur, à entourer sa fragilité et à ne jamais considérer que la dépendance ou la souffrance lui fait perdre sa dignité.

    Léon XIV parle précisément de « soutenir la fragilité avec tendresse ».

    La formule mérite d'être méditée dans une société où l'autonomie est devenue une valeur centrale. Car que devient la dignité lorsque l'homme n'est plus autonome ? Que vaut une vie lorsqu'elle est devenue entièrement dépendante des autres ?

    La réponse chrétienne est radicale : elle vaut toujours autant.

    La personne âgée, malade, handicapée ou mourante ne possède pas une dignité diminuée. Elle possède la même dignité humaine que lorsqu'elle était jeune, forte, autonome et productive.

    L’homme n’est pas une matière disponible

    Léon XIV élargit d'ailleurs son propos à d'autres questions bioéthiques : il évoque notamment « les manipulations génétiques, la gestation pour autrui, l'achat d'organes », auxquels il associe « l'offre d'une mort programmée ».

    Ce rapprochement révèle la cohérence de sa pensée.

    Dans tous ces domaines apparaît la même question : l'être humain peut-il devenir un objet disponible entre les mains de la technique, du marché ou de la volonté individuelle ?

    Ce qui est techniquement possible n'est pas nécessairement humainement souhaitable.

    La science donne à l'homme des possibilités extraordinaires. Mais elle ne lui fournit pas, à elle seule, le critère permettant de déterminer ce qu'il doit faire de ces possibilités.

    C'est précisément pourquoi Léon XIV rappelle la nécessité d'une conscience morale capable de discerner le bien.

    La liberté n’est pas l’unique mesure du bien

    On retrouve ici l'un des points fondamentaux du message pontifical.

    La culture contemporaine tend souvent à penser la dignité humaine à partir de l'autonomie : je suis libre, donc je dois pouvoir décider.

    Le christianisme part d'un autre principe : je suis une personne, donc ma dignité ne dépend pas de ma capacité à décider, à produire, à être autonome ou à exercer un contrôle sur ma propre existence.

    Cette différence explique une grande partie des tensions actuelles sur l'avortement, l'euthanasie, la procréation ou les manipulations génétiques.

    À Paris, Léon XIV n'a donc pas livré une simple critique circonstancielle de telle ou telle loi française. Il a placé devant la France une question beaucoup plus fondamentale :

    Jusqu'où une société peut-elle étendre le domaine de la liberté individuelle lorsqu'est en jeu la vie d'un autre être humain — l'enfant à naître — ou la vie de celui qui, devenu vulnérable, demande qu'on mette fin à ses souffrances ?

    Face à une culture qui tend à définir certains choix en termes de droits — droit à l'IVG, droit à l'aide à mourir — le pape rappelle un principe antérieur à ces droits : la vie humaine elle-même mérite protection, indépendamment de sa force, de son autonomie ou de son utilité.

    La laïcité n’est pas l’effacement du religieux

    Autre sujet particulièrement sensible en France : la laïcité.

    Léon XIV n'a évidemment pas réclamé un retour à une quelconque confusion entre l'Église et l'État. Mais il a rappelé devant les autorités françaises les « riches racines chrétiennes » de la France et la contribution du christianisme à son histoire intellectuelle, culturelle et spirituelle.

    Ce rappel est loin d'être anodin.

    La laïcité peut être comprise comme la neutralité de l'État à l'égard des religions et comme la garantie de la liberté de conscience. Elle ne devrait pas nécessairement signifier que les convictions religieuses doivent disparaître de l'espace public.

    La neutralité de l'État n'exige pas la neutralisation des croyants.

    Les catholiques sont des citoyens comme les autres. Ils ont donc le droit de participer au débat public à partir de leur foi, de leur conception de la personne humaine et de leur vision du bien commun.

    Léon XIV semble ainsi rappeler une distinction devenue essentielle : respecter la laïcité ne signifie pas renoncer à la vérité ; respecter la liberté de conscience ne signifie pas renoncer à annoncer l'Évangile.

    Une autre conception de l’éducation

    À l'UNESCO, le pape a prolongé cette réflexion sur le terrain de l'éducation.

    Face aux promesses de l'intelligence artificielle et du progrès technologique, il a rappelé que la machine peut établir des corrélations mais qu'elle ne peut répondre aux questions fondamentales concernant « le sens de la vie humaine ».

    Et cette formule particulièrement heureuse : « Le sens est l'oxygène de l'esprit. »

    Éduquer ne consiste donc pas seulement à transmettre des compétences, à préparer à un métier ou à apprendre à maîtriser les nouvelles technologies.

    Éduquer, c'est aussi apprendre à rechercher la vérité, à discerner le bien et à donner un sens à son existence.

    Léon XIV va jusqu'à affirmer que « la recherche de la vérité » est une question de « justice sociale ».

    Dans une époque où la vérité est souvent réduite à une opinion personnelle, cette affirmation n'est pas secondaire.

    Et surtout : annoncer le Christ

    Mais toutes ces questions — la vie, la dignité, la liberté, l'éducation, la paix, la société — ne constituent finalement que les conséquences d'une affirmation plus fondamentale.

    L'Église est là pour annoncer le Christ.

    Au Stade de France, devant des dizaines de milliers de jeunes, Léon XIV n'a pas présenté le christianisme comme une simple tradition culturelle française ou comme une source de valeurs humanistes parmi d'autres. Il leur a parlé de Jésus-Christ, de l'Esprit Saint, du salut, de l'espérance et de la vie éternelle.

    C'est peut-être là le véritable fil conducteur de son séjour parisien.

    À l'Élysée : la dignité de l'homme et le droit à la vie.

    À l'UNESCO : la vérité et le sens de l'existence.

    À Notre-Dame : la foi et l'espérance chrétiennes.

    Au Stade de France : le Christ et la vie éternelle.

    Tout se tient.

    Léon XIV semble rappeler que l'Église n'a pas seulement une histoire à conserver, des œuvres sociales à accomplir ou un patrimoine à défendre. Elle a une foi à transmettre et un Évangile à annoncer.

    Et c'est peut-être précisément ce qui donne à ses paroles leur tonalité particulière.

    Il ne s'agit pas d'une Église qui chercherait à être « moderne » en épousant les catégories du moment. Il s'agit d'une Église qui accepte de dialoguer avec le monde sans devenir le miroir du monde.

    Écouter sans se soumettre.
    Dialoguer sans se diluer.
    Respecter la laïcité sans accepter l'effacement du religieux.
    Défendre la liberté sans oublier les devoirs envers les plus vulnérables.
    Accompagner la souffrance sans faire de la mort une solution.
    Accueillir la modernité sans faire de la technique le critère ultime du bien.
    Et surtout, parler au monde du Christ sans avoir honte de parler comme l'Église.

    À Paris, Léon XIV n'a donc pas simplement commenté l'évolution de la société française.

    Il lui a proposé une autre conception de l'homme.

    Et c'est probablement là que se trouve la portée la plus profonde de son message : dans une société qui proclame de nouveaux droits, le pape rappelle qu'il existe quelque chose qui les précède tous — la dignité inviolable de la personne humaine et, avec elle, le droit à la vie.

    Une Église qui ne rougit pas de son message n'est pas nécessairement une Église fermée au monde.

    Elle peut être, au contraire, une Église qui a encore quelque chose à lui dire.

    (avec l'IA)

  • La veillée du pape avec les jeunes à Paris : un très beau moment

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    Oui, ce qui frappe dans cette veillée, au-delà de son ampleur exceptionnelle, c’est précisément la manière dont la joie et la profondeur spirituelle ont été articulées.

    Le Stade de France, rempli par quelque 80 000 jeunes de 17 à 35 ans, aurait pu devenir un immense spectacle. Il y eut effectivement des chants, des artistes et une atmosphère festive. Mais la soirée a progressivement conduit cette foule vers tout autre chose : la prière, le silence, la contemplation et la mémoire de la foi.

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    Une Église qui assume son histoire

    Un des éléments les plus significatifs est certainement la fresque consacrée aux saints de France : Thérèse de Lisieux, Charles de Foucauld, Louis et Zélie Martin, Frédéric Ozanam, Jean-Marie Vianney, Bernadette Soubirous, François de Sales, Vincent de Paul, Louise de Marillac, Jean-Baptiste de La Salle, Louis-Marie Grignion de Montfort, Bernard de Clairvaux et bien d'autres.

    Ce choix avait une portée particulière : il ne s'agissait pas de présenter aux jeunes une Église abstraite ou désincarnée, mais de leur montrer une histoire, une continuité, des visages et des vies offertes au Christ. Le diocèse de Paris avait d'ailleurs explicitement présenté cette évocation des saints comme une manière d'inscrire la jeunesse dans « une continuité du témoignage de la foi, de génération en génération ».

    Et la présence de la Sainte Tunique d'Argenteuil, suivie d'un véritable moment de silence et de recueillement dans le stade, a donné à cette soirée une dimension sacrée particulièrement forte.

    Puis le silence au milieu de 80 000 personnes

    C'est peut-être là le plus beau contraste : après les chants et l'enthousiasme, 80 000 jeunes ont été invités au silence et à la prière.

    Léon XIV ne leur a d'ailleurs pas proposé un message de circonstance. À partir de saint Paul, il les a invités à devenir des hommes et des femmes de Dieu et à avancer vers la sainteté. Il a résumé son exhortation autour de trois verbes : « évite, tends et combats » — éviter l'orgueil, la vanité, la violence et la cupidité ; tendre vers la justice, la foi, la charité, la patience et la douceur ; et mener le « combat de la foi », non contre les autres, mais contre ce qui éloigne de Dieu.

    La soirée s'est finalement achevée par les Complies, à 23 heures : ce détail est loin d'être anodin. Une foule immense réunie dans l'un des plus grands stades de France pour terminer non par un simple « show », mais par la prière liturgique de l'Église.

    Il y a donc effectivement quelque chose de très différent de certaines formes de célébrations où l'expression festive finit par prendre toute la place. Ici, la fête n'a pas remplacé le sacré : elle y a conduit.

    Et c'est peut-être le signe le plus intéressant de cette soirée : ces 80 000 jeunes n'ont manifestement pas eu besoin qu'on leur cache la dimension religieuse de leur rencontre. On leur a parlé de Dieu, du Christ, de l'Esprit Saint, de la sainteté, des saints, de la prière et de la vocation — et ils étaient là, nombreux.

    Ce n'est peut-être pas une Église qui cherche à paraître jeune ; c'est une Église qui parle aux jeunes de ce qui est au cœur de sa foi.

    De jeunes catholiques se joindront au pape Léon XIV au stade national de football, au nord de Paris, le 25 septembre 2026, pour prier et écouter son message pour l'Église. | Crédit : Vatican Media

    (Vatican Media)

    (avec l'IA)

  • « Un évangélisateur zélé et créatif » - Fulton Sheen béatifié

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    De Michelle La Rosa sur le Pillar :

    « Un évangélisateur zélé et créatif » - Fulton Sheen béatifié

    « Voilà la source du bonheur : la communion avec Jésus. »

    L'archevêque Fulton Sheen, prélat américain lauréat d'un Emmy Award et connu pour ses émissions catéchétiques populaires à la radio et à la télévision, a été déclaré bienheureux jeudi.

    La béatification de Sheen, affectueusement surnommé « l'évêque de l'Amérique », a eu lieu près de sept ans après la date initialement prévue.

    Le cardinal Luis Tagle, pro-préfet du Dicastère pour l'Évangélisation du Vatican, a présidé la messe de béatification, qui s'est déroulée au Dôme de l'America's Center à Saint-Louis.

    On estimait à quelque 50 000 le nombre de pèlerins présents à la messe, ainsi que plus de 80 évêques et des centaines de prêtres.

    Une image du bienheureux Fulton Sheen est dévoilée lors de sa messe de béatification. Crédit : EWTN / YouTube, capture d’écran.

    « Nous sommes reconnaissants du témoignage héroïque de ce grand évangéliste, qui a consacré sa vie à la proclamation de l’Évangile et au soutien de la mission », a déclaré l’évêque Louis Tylka de Peoria après la proclamation déclarant officiellement Sheen bienheureux.

    « Nous prions pour que l’Église aux États-Unis et dans les territoires de mission du monde entier bénéficie du noble exemple de sa sainteté. »

    Une relique de Sheen – sa mâchoire – a été présentée pendant la messe par James Fulton Engstrom, âgé de 16 ans, et sa famille.

    Engstrom est né sans vie en 2010, mais a miraculeusement repris vie après une heure sans respiration ni battement de cœur. Ses parents avaient prié pour l'intercession de Sheen, et sa guérison est devenue le miracle reconnu par le Vatican, ouvrant la voie à la béatification de Sheen.

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    L'homélie de Tagle portait sur la communion avec le Christ et les autres comme source de béatitude pour un missionnaire-évangélisateur.

    « C’est pour son zèle et sa créativité en tant qu’évangélisateur et défenseur de la mission que Fulton Sheen est considéré comme bienheureux», a déclaré Tagle.

    Il peut sembler étrange de qualifier de « bienheureux » un évangélisateur ou un missionnaire, a-t-il réfléchi, car « de nombreux évangélisateurs et missionnaires, depuis les débuts de l’Église jusqu’à nos jours, ont subi le rejet, voire la persécution. »

    Cependant, poursuivit le cardinal, Sheen n'est pas appelé bienheureux parce qu'il était célèbre, mais parce qu'il est resté fidèle à l'appel du Christ.

    « Le missionnaire-évangélisateur est véritablement bienheureux, comblé et heureux grâce au don de la communion avec Jésus », a déclaré Tagle. « C’est là la source du bonheur, la communion avec Jésus. »

    « Se choisir soi-même et aller où l’on veut n’est ni une mission ni une bénédiction. »

    En travaillant humblement avec Jésus, le missionnaire-évangélisateur parvient à mieux connaître sa propre identité, a-t-il déclaré.

    « Heureux êtes-vous lorsque Jésus vous voit, vous connaît, vous appelle, vous envoie et œuvre avec vous. Heureux êtes-vous lorsque vous prenez conscience de votre véritable nature et de votre mission, car Jésus vous connaît et vous connaissez Jésus. »

    Tagle a ajouté : « Le missionnaire-évangélisateur est bienheureux par la communion avec les personnes et les peuples, en particulier les pauvres et les vulnérables. »

    « Pour l’archevêque Sheen, prendre soin des pauvres n’était pas une propagande idéologique, mais un impératif pour suivre le Christ, pour unir l’Église et les missions, et pour la conversion inspirée par le Saint-Esprit. »

    « De même que seul un Christ blessé pouvait convertir un Thomas incrédule, seule une Église blessée par la pauvreté peut convertir un monde incrédule », a déclaré Tagle.

    Le cardinal a fait remarquer que Jésus avait envoyé ses disciples prêcher non pas à la société dans son ensemble, mais à toute créature.

    « Se servir de la prédication comme prétexte pour éviter de s'intéresser aux personnes concrètes et pour être aveugle à l'action de Dieu en elles n'est pas une mission. Ce n'est pas une bénédiction », a-t-il déclaré.

    Il a également souligné l'humilité de Sheen, en racontant une anecdote selon laquelle l'archevêque refusait de comptabiliser le nombre de conversions attribuées à ses prédications, car il voulait éviter l'orgueil de se mettre en avant plutôt que Dieu.

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    Sheen fut ordonné prêtre en 1919, devint professeur à l'Université catholique d'Amérique, puis animateur de radio, présentant « The Catholic Hour » sur NBC Radio de 1930 à 1950. Il fut nommé évêque auxiliaire de New York en 1951 et se tourna peu après vers la télévision, présentant « Life is Worth Living » de 1952 à 1957 et « The Fulton Sheen Program » de 1961 à 1968.

    Sheen a remporté un Emmy Award pour son travail à la télévision.

    Il devint évêque de Rochester en 1966 et resta en fonction jusqu'en 1969. Après sa retraite, le pape Paul VI le nomma archevêque titulaire.

    Sheen est décédé en 1979 et a d'abord été inhumé à la cathédrale Saint-Patrick de New York. Après une longue bataille juridique, sa dépouille a été transférée à Peoria.

    Le diocèse de Peoria a ouvert la cause de canonisation de Sheen en 2002.

    Cependant, la cause a connu plusieurs revers, dont une bataille juridique de cinq ans entre le diocèse de Peoria et l'archidiocèse de New York au sujet de la dépouille mortelle de Sheen.

    En juillet 2019, le pape François a approuvé un miracle attribué à Sheen et a fixé le 21 décembre 2019 comme date de la béatification envisagée de l'évêque.

    Sheen était à trois semaines de la béatification prévue en 2019, mais les choses ont été retardées après que l'évêque de Rochester, Salvatore Matano, a demandé au Vatican de reporter le processus, craignant que Sheen — qui a été évêque diocésain de Rochester de 1966 à 1969 — ne soit accusé de mauvaise gestion des cas d'abus sexuels ou d'inconduite.

    Le cas précis concernait Gerard Guli, un ancien prêtre de Rochester, accusé d'avoir abusé d'adultes au début des années 1960 — avant l'arrivée de Sheen dans le diocèse — et qui aurait demandé à Sheen une mission en 1967.

    Cependant, une enquête ultérieure a confirmé que Sheen n'avait jamais nommé Guli à un poste ministériel. C'est son successeur qui l'avait fait.

    Outre l'affaire Guli, certains responsables craignaient également que de nouvelles allégations ne soient portées contre Sheen pendant la période de procédure prévue par la loi de l'État de New York sur les victimes d'abus sexuels sur mineurs ou dans le cadre de l'enquête du procureur général sur la gestion des cas d'abus sexuels par les diocèses de New York.

    Cependant, cette possibilité de recours judiciaire s'est refermée et l'enquête du procureur général a été lancée, avant de finalement s'enliser sans qu'aucune nouvelle allégation ne soit déposée contre Sheen.

    Suite au règlement de la procédure de faillite de Rochester et à l'approbation, en septembre 2025, d'un accord d'une valeur d'environ 250 millions de dollars, le Siège apostolique a poursuivi la procédure, approuvant la béatification de septembre 2026.

    La béatification a eu lieu à Saint-Louis car il n'y avait pas de lieux à Peoria suffisamment grands pour accueillir la foule qui souhaitait y assister.

    Lire également : « Un puissant ami et intercesseur céleste » : l’évêque Barron rend hommage à Fulton Sheen

  • Deux portraits de l'archevêque Fulton Sheen (béatifié aujourd'hui)

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    De Catholic Thing :

    Deux portraits de l'archevêque Fulton Sheen

    Saint Jean d’Antioche, dit Chrysostome ou « à la bouche d’or » (mort en 407), « est généralement considéré… comme le plus grand prédicateur jamais entendu dans une chaire chrétienne », selon l’ Encyclopédie catholique .

    Les homélies sont-elles encore plus précieuses lorsqu'elles sont concises ?   Presque toutes les œuvres qui nous sont parvenues de Pierre, évêque de Ravenne au Ve siècle, sont des homélies remarquables autant par leur concision que par leur éloquence. La  tradition veut que ce Pierre ait reçu son surnom de « Paroles d'or » lorsque l'impératrice romaine l'entendit prêcher et le proclama « Chrysologue ! »   Vénéré comme un saint, puis proclamé Docteur de l'Église, il est aujourd'hui appelé « Docteur des Homélies ».

    Les belles paroles ne sont pas synonymes de sainteté.   Elles sonnent creux et paraissent manipulatrices, comme une cymbale de pacotille, à moins d'exprimer une dévotion sincère.   Saint Paul énonce ce principe : « Ma parole et ma prédication ne reposaient pas sur les discours persuasifs de la sagesse humaine, mais sur la démonstration de l'Esprit et de la puissance, afin que votre foi ne soit pas fondée sur la sagesse des hommes, mais sur la puissance de Dieu. » (1 Corinthiens 2, 4-5)

    Fulton, évêque de Rochester (État de New York) au XXe siècle – qui sera béatifié aujourd'hui –, le comprenait parfaitement. Une condition essentielle de sa prédication était de passer une heure en prière devant le Saint-Sacrement, ce qu'il fit sans faute pendant plus de soixante ans.

    Il était avant tout philosophe et théologien, mais aussi – et c'est assez rare – un orateur de grand talent, reconnu comme tel, à une époque où la tradition oratoire, bien que déclinante, se transmettait encore au sein des collèges et universités catholiques.   Il affirmait ne jamais lire de texte. Il   fallait s'adresser aux personnes, et non à des textes.   Il citait souvent les propos d'une vieille Irlandaise à propos d'un évêque lisant son discours : « S'il ne s'en souvient pas lui-même, comment peut-il espérer que nous le sachions ? »

    Dans son autobiographie, Trésor d'argile , il raconte comment il a surtout étudié le style de G.K. Chesterton – « qui n'utilisait jamais un mot inutile, qui voyait la valeur d'un paradoxe et évitait ce qui était banal » – mais aussi de C.S. Lewis et de Malcolm Muggeridge.

    Après avoir rédigé sa thèse à Louvain, en Belgique, il enseigna au séminaire St. Edmund's, rattaché à l'archidiocèse de Westminster en Angleterre, où le père Ronald Knox était son collègue.   C'est peut-être Knox qui le présenta à Chesterton en 1925.   Quoi qu'il en soit, Chesterton accepta par la suite d'écrire une introduction au premier ouvrage de Sheen, * God and Intelligence in Modern Philosophy* (1925).

    Ce livre est tiré de la thèse de doctorat de Sheen à Louvain.   Mais il est bien loin d'être une thèse, ou alors cette thèse était tout à fait singulière, car elle n'est pas écrite dans un style académique aride, mais regorge de références à Chesterton et de quasi-paradoxes.   Dès le départ, les mots de Sheen brillaient autant sur le papier qu'en chaire.

    Son premier paragraphe est une variation sur le poème de Chesterton « Wanted, An Unpractical Man », tiré de What's Wrong with the World :

    La philosophie moderne a vu naître une nouvelle conception de Dieu. Rien n'est plus important, car rien n'est plus ultime. L'attitude même d'un homme envers un autre, ou d'une nation envers une autre, varie selon la conception de Dieu. Notre vision du monde change dès que notre vision de Dieu change. Et si nous avions la vigueur intellectuelle suffisante pour remonter des effets aux causes, nous expliquerions les phénomènes politiques, économiques et sociaux moins par les bilans financiers, la balance commerciale et les réparations, que par notre rapport à Dieu.

    La nouvelle conception de Dieu n'est pas celle d'une divinité qui est , mais celle d'une divinité qui devient .   Or, selon Sheen, accepter cette conception revient nécessairement à accepter une vision différente de l'intelligence humaine.   Notre compréhension de Dieu et notre compréhension de notre propre intelligence sont intimement liées : « Que se passe-t-il alors lorsqu'une philosophie rejette l'intellect ? Elle rompt le lien entre le monde et Dieu, refuse de chanter les louanges du Créateur et plonge le monde dans un pluralisme incompréhensible. »

    Bien que publié en 1925, cet ouvrage reste d'une grande actualité dans les débats sur l'intelligence artificielle.   « Quel est le but de l'intellect ? » s'interroge-t-il. « Est-il la faculté du divin, le transcendant du contingent, le jouet du contemplatif, ou simplement un outil primitif, rudimentairement utilisé par l'homme faute de mieux ? » Cette dernière hypothèse résume bien la situation actuelle.   Or, un meilleur instrument est désormais à portée de main.   

    Un tel monde, avec un Dieu et une intelligence redéfinis, doit nous plonger dans un état animal, nous faisant vivre dans une société d’« alimentation scientifique » (comme l’appelait Weaver dans Ideas Have Consequences ) :

    Il y a à peine un siècle, le rationalisme se glorifiait d'avoir libéré l'intelligence de toute influence extérieure. Aujourd'hui, il renie entièrement les droits de la raison et s'incline devant l'autel du sentiment. En arrachant la mitre à l'homme intellectuel, il lui a arraché la tête avec elle. Nous ne sommes plus des hommes, mais des bêtes. Nous agissons par intuition plutôt que par connaissance.

    L'ouvrage de Sheen parut durant l'effervescence de la néo-scolastique – le premier « moment catholique » du XXe siècle – où les responsables des universités laïques estimaient que le thomisme pouvait combler les lacunes de leurs institutions.   À peu près au même moment où Gilson était invité à donner des conférences à Harvard, Sheen était convié par le président de Columbia à s'exprimer sur la scolastique ; le cardinal Bourne souhaitait sa présence à Oxford, aux côtés de Knox.

    Son évêque l'envoya plutôt comme vicaire d'une paroisse pauvre de Peoria, et seulement un an plus tard à l'Université catholique d'Amérique, où, dès 1929, il parlait déjà d'« Éduquer pour une renaissance catholique ».

    Cette renaissance n'eut pas lieu. Vers la fin de sa vie, Sheen déclara lors d'une retraite de prêtres : « Le seul argument que le monde est prêt à écouter désormais est celui de la sainteté personnelle. Il a entendu tous les autres et les a rejetés. »

    Bienheureux Fulton Sheen, priez pour nous, afin que nous puissions jouer notre rôle dans la renaissance que vous espériez, non seulement par l'éloquence, mais aussi par l'argument de la sainteté.

    __________

    Une conversation extraordinaire avec Fulton Sheen

    Christopher M. Reilly

    En mai 1979, l'archevêque Sheen souffrait des séquelles d'une récente opération à cœur ouvert. Il aspirait toujours à des contacts sociaux et avait écrit un mot à James P. McFadden, éditeur adjoint de la  revue National Review  et fondateur de  Human Life Review  et du Comité national des laïcs catholiques : « Vous avez parlé de Malcolm Muggeridge [le célèbre journaliste britannique]. Il y a peu d'hommes au monde que j'estime autant… Je serais honoré, ravi et inspiré si vous pouviez tous deux venir me rendre visite à mon appartement. »

    En mai de cette année-là, Malcolm Muggeridge était à New York, et l'intégralité de la conversation qui s'ensuivit entre l'archevêque Sheen, Muggeridge et McFadden – un échange passionnant et riche en enseignements sur des sujets aussi divers que la valeur de la souffrance, la pauvreté engendrée par le marxisme et l'Union soviétique, et l'éloge de Mère Teresa de Calcutta – fut enregistrée sur cassette audio. La transcription complète de cette conversation, ainsi que plusieurs documents connexes, ont été publiés ce mois-ci sur le  site web de Human Life Review  .

    À un moment de la conversation, on a demandé à Sheen si sa douleur et son épuisement nécessitaient une pause. Il a répondu : « Mille fois non. Je suis inspiré. J’attendais ce moment. Oh mon Dieu, si seulement vous saviez quel privilège c’est ! Car je puise ma lumière et ma force en vous. »

    Ce qui intéressera particulièrement les lecteurs contemporains, c'est leur discussion sur l'évangélisation. Sheen insistait sur le fait que la communication devait se concentrer sur l'essence même de la foi plutôt que sur des artifices : « Je sais que si nous dépensons cet argent en pièces de théâtre, en débats, en émissions de télévision de toutes sortes et en mots croisés, nous n'influencerons personne. »

    Muggeridge acquiesça avec enthousiasme, citant Mère Teresa comme exemple par excellence : « Mais c'est là le point crucial, car il est vrai que les mots – ou le Verbe – sont irrésistibles, présentés par quelqu'un qui y croit et le vit véritablement. »

    Sheen, toujours à l'affût d'une occasion de susciter une conversion (Muggeridge n'était pas encore catholique à l'époque), affirmait : « Même si vous n'en avez pas conscience, vous apparaissez aux yeux des gens comme quelqu'un pour qui le Christ est essentiel. Vous êtes un homme d'amour ; « c'est de l'abondance du cœur que la bouche parle ». Et les gens le savent. Ils savent reconnaître les imposteurs. »

    L'archevêque Fulton Sheen et Malcolm Muggeridge en mai 1979 [Source : Human Life Review]

    À un moment donné, l'archevêque Sheen a dévoilé une approche plus directe – et surprenante – de l'évangélisation. Il s'est lancé dans une anecdote particulièrement humoristique sur son séjour en Europe en tant qu'étudiant, où il avait rencontré une jeune fille à la porte d'une église :

    Elle a dit : « Où suis-je, où suis-je, Père ? » J'ai répondu : « Oh, êtes-vous catholique ? » Elle a dit : « Je l'étais. Plus maintenant. » Alors je lui ai préparé un café, car elle avait souffert du froid londonien de janvier. Et je lui ai demandé de revenir. Elle a dit : « À condition que vous ne me demandiez pas d'aller me confesser. » J'ai dit : « Très bien… » J'ai ajouté : « Nous avons un Rembrandt dans cette église – aimeriez-vous le voir ? » Alors que nous empruntions une allée latérale, je l'ai poussée dans le confessionnal. [Rires] Je lui avais seulement promis de ne rien lui demander. Après tout, elle a été religieuse pendant toutes ces années. C'était en 1923. Et elle a eu une seconde chance. C'est comme ça qu'on fait.

    Sur un ton contemplatif, Muggeridge demanda plus tard : « Pensez-vous qu’il soit légitime de prier pour sa mort ? » Réponse de Sheen : « Est-ce bien de prier pour sa mort ? En tout cas, je l’ai fait. Que ce soit bien ou non, je n’en ai pas saisi le sens. » Muggeridge proposa une analyse plus approfondie : « Mais cette attitude curieusement contemporaine face à la mort me fascine, car je suppose que pour ceux qui n’ont aucune idée d’une suite à notre existence terrestre, la mort est une véritable atteinte à leur ego, car elle représente leur ultime frustration. »

    Sheen, Muggeridge et McFadden ont évoqué leurs inquiétudes concernant l'Église moderne. À un moment donné, Sheen a lancé avec ironie : « Voyez-vous, aujourd'hui, personne n'est pécheur. Autrefois, nous étions les seuls à croire en l'Immaculée Conception. Aujourd'hui, tout le monde est conçu de façon immaculée. »

    Muggeridge partageait une vision plutôt sombre, déclarant qu’« il n’y a rien dans l’histoire qui me semble nécessairement éternel, rien dans l’histoire qui ne puisse se plier et se désintégrer – aucune qualité humaine qui puisse résister à l’avènement d’un autre âge sombre. »

    Sheen, cependant, a rassuré ses amis quant à la permanence de l'Église, malgré ses difficultés. Il a partagé une expérience très personnelle : « Le Seigneur m'a fait subir une véritable crucifixion, cette opération à cœur ouvert. J'ai souffert d'une douleur dont j'ignorais même l'existence, une douleur qui n'était plus extérieure à moi, une douleur qui me possédait, comme un océan qui me submergeait. Et en dehors de la vertu, il n'y a pas d'autre éducateur au monde. »

    Mais la souffrance recèle des opportunités : « Je pense que lorsqu’on a besoin de conseils, il faut s’adresser soit à une personne sainte, soit à quelqu’un qui souffre. Et pendant que j’étais alité – j’y suis confiné la plupart du temps – j’ai formé quatre convertis et j’en forme actuellement un cinquième… et j’ai validé le mariage, dans cette chambre, de mon cardiologue et de sa femme [incompréhensible], et nous avons célébré une messe de mariage dans la chambre. »

    Pour l'archevêque Sheen, l'Eucharistie doit absolument être au cœur de la revitalisation. « Et c'est là, je crois, que nous retrouverons nos catéchismes, nos dévotions et le véritable sens de la diffusion, de la télédiffusion et de tout le reste. Nous nous approcherons du feu, et lorsque nous nous en éloignerons, nous ne récolterons que des étincelles. »

    Quelques mois plus tard, le 9 décembre 1979, l'archevêque Sheen décédait en priant devant le Saint-Sacrement.

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  • « Marie et l'Eucharistie : les piliers de la spiritualité de Fulton Sheen »

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    De Fabio Piemonte sur la NBQ :

    « Marie et l'Eucharistie : les piliers de la spiritualité de Fulton Sheen »

    Aujourd'hui aux États-Unis, le grand archevêque et évangéliste qui a converti des dizaines de milliers de personnes par ses livres, la radio et la télévision est béatifié. « Il priait et se sacrifiait aussi pour ceux qu'il cherchait à convertir. » La Bussola s'entretient avec Monseigneur Jason Gray, directeur de l'organisation qui défend sa cause.

    24/09/2026

    Aujourd'hui, 24 septembre, le vénérable Fulton J. Sheen (1895-1979) sera béatifié à Saint-Louis, aux États-Unis. La messe de béatification sera présidée par le cardinal Luis Antonio Tagle, représentant le pape. La béatification, annoncée en juillet 2019, intervient au terme d'un processus difficile, débloqué seulement en février dernier.

    Grand communicateur des vérités de la foi à travers des livres populaires et des émissions de radio et de télévision, Sheen a vécu son charisme dans un dévouement total au Christ et à ses frères et sœurs : grâce à son ministère pastoral, plus de cinquante mille conversions au catholicisme ont été recensées. Pour en savoir plus sur ce témoin lumineux de la foi, La Nuova Bussola Quotidiana a interviewé Monseigneur Jason Gray, directeur de la Fondation de l’archevêque Fulton John Sheen, l’organisation qui promeut la cause de canonisation de l’archevêque américain.

    Le jour de son ordination, le jeune Fulton prit deux décisions : dédier l'Eucharistie chaque samedi à la Vierge Marie et passer une heure par jour en prière devant le Saint-Sacrement, « tel un corps exposé au soleil pour en absorber les rayons ». Ces deux décisions constituent-elles, comme pour Don Bosco, les deux piliers fondamentaux de son ministère pastoral ?

    La Vierge Marie et l'Eucharistie sont deux piliers essentiels de la spiritualité de Sheen. Concernant la Vierge Marie, sa devise épiscopale, « Da per Matrem me venire », témoigne de l'importance qu'il accordait à la proximité mariale. Sheen inscrivait JMJ – acronyme de « Jésus, Marie et Joseph » – sur chaque feuille de papier : un autre signe de sa profonde dévotion à la Vierge Marie. Il racontait aussi à plusieurs reprises, lors de fêtes mariales, avoir été malade ou avoir reçu des croix particulières à ces occasions. Les fêtes mariales représentaient donc pour lui l'opportunité d'offrir ses souffrances, à l'image de Marie au pied de la croix. Sheen souhaitait également mourir un samedi ou un jour de fête mariale. Il s'est éteint le dimanche 9 décembre 1979, lendemain de l'Immaculée Conception. Le fait qu'il soit décédé le 9 et non le jour de l'Immaculée Conception est providentiel, ce qui permet de fixer sa mémoire liturgique au 9 décembre. L'Église a annoncé sa béatification le jour de l'Annonciation, le 25 mars 2026, et a également choisi que celle-ci ait lieu le 24 septembre, fête de Notre-Dame de la Miséricorde. Concernant le Saint-Sacrement, Sheen s'est engagé, dès son ordination en 1919, à vivre l'Heure Sainte en signe d'adoration eucharistique perpétuelle. Je crois que le temps passé devant le tabernacle a été fondamental pour sa connaissance de Jésus-Christ et sa compréhension de l'Évangile. Il avait de nombreux diplômes, mais je ne crois pas que son intelligence provienne des salles de classe ou des bibliothèques, mais de la prière et, comme il l'a lui-même reconnu, de « deux genoux sur un prie-Dieu ».

    Sa spiritualité a engendré de nombreuses conversions…

    Sheen est célèbre pour avoir converti des dizaines de milliers de personnes, même s'il n'en a jamais fait le compte, car il disait craindre de se croire celui qui convertit plutôt que Dieu. Lorsqu'il enseignait, il présentait la foi avec fermeté, mais aussi avec un grand amour et une profonde humilité. Son approche était efficace car elle était très personnelle. Il priait et faisait des sacrifices pour ceux qu'il cherchait à convertir, demandant souvent à la Vierge Marie d'intercéder en leur faveur.

    « J'ai toujours été spirituellement bien accompagné par Pierre et chacun de ses vicaires. » Concernant les liens personnels de Sheen avec les papes du siècle dernier, y a-t-il un épisode qui vous est particulièrement cher ?

    Sheen vouait une grande dévotion au Saint-Père, car là où est Pierre, là est l'Église. Je suis frappé par le fait que Sheen n'ait jamais critiqué aucun pape. Je crois qu'il respectait profondément le fardeau que chaque pape porte pour l'Église universelle. Il savait ce que signifiait porter un tel fardeau en tant qu'évêque, et c'est pourquoi il a toujours soutenu le pape qui avait le plus besoin de nos prières pour son ministère apostolique. Dans son autobiographie, Sheen mentionne plusieurs rencontres avec des papes successifs, ayant eu le privilège de les rencontrer tous en sa qualité de directeur national de la Société pour la Propagation de la Foi. Le pape Pie XII lui a dit qu'il était « un prophète des temps ». Jean XXIII a souligné qu'il avait beaucoup souffert et qu'il aurait donc une place de choix au Ciel. Paul VI s'entretint avec lui des difficultés rencontrées au service de l'Église et loua son dévouement à l'Eucharistie et aux missions. Jean-Paul II rencontra Sheen en 1979, deux mois avant sa mort, et lui dit : « Vous avez écrit et parlé en bien du Seigneur Jésus. Vous êtes un fils fidèle de l'Église. »

    Fulton Sheen fut sans conteste l'un des plus grands prédicateurs de la radio et de la télévision de son époque. Avec son émission  « La vie vaut la peine d'être vécue » – où il parlait de Dieu, de la foi et de l'Église – il toucha 30 millions de téléspectateurs en six ans et remporta même un Emmy Award en 1952 pour son incroyable popularité. Quels étaient les secrets de sa communication ?

    Sheen était extrêmement intelligent et perspicace, mais il ne s'exprimait jamais de manière incompréhensible pour son public. Il avait le don d'expliquer des vérités complexes de façon simple et accessible. S'inspirant des paraboles du Maître, il commençait son émission en expliquant des concepts courants tirés de l'histoire, de la littérature, de la psychologie ou des sciences. En captivant son auditoire, il l'amenait progressivement à la compréhension des vérités divines. De plus, il ne prenait pas de notes de ses émissions précédentes afin d'éviter les répétitions et l'ennui. Au contraire, il préparait chaque émission avec soin, répétant inlassablement pendant de longues heures. Enfin, son authenticité donnait à son message une force percutante. Les auditeurs pouvaient sentir qu'il croyait profondément en ce dont il parlait, qu'il vivait sa foi personnellement et qu'il était un homme courageux, capable d'exprimer même des concepts complexes avec simplicité.

    Quelles sont les principales vertus héroïques qui lui ont valu une telle reconnaissance ?

    Je crois que sa principale vertu est l’humilité. Cela peut paraître étrange, compte tenu de son immense succès et de sa carrière à la radio et à la télévision, pour laquelle il a même remporté un Emmy Award. On ne s’attendrait certainement pas à ce que la plupart des personnalités de la télévision soient humbles. On ne s’attendrait pas non plus à ce qu’une célébrité soit disposée à passer du temps avec des gens ordinaires. Pourtant, Sheen ne fréquentait pas seulement les riches, les puissants en politique ou les célébrités. Il se sentait à l’aise de parler aux gens ordinaires dans la rue, aux chauffeurs de taxi, aux femmes au foyer : il ne méprisait personne parce qu’il était humble.

    Outre le miracle reconnu par le pape François le 6 juillet 2019 – celui de James Fulton Engstrom, un bébé mort-né en 2010 revenu à la vie 61 minutes après sa naissance, sans séquelles cérébrales –, y a-t-il d'autres miracles moins connus survenus par son intercession que vous souhaiteriez partager avec nous ?

    Nous avons reçu des témoignages d'autres miracles importants qui pourraient faire l'objet d'une canonisation. Le pape François ayant approuvé la béatification en 2019 et la cérémonie ayant été reportée, nous pouvons soumettre tout autre miracle survenu depuis cette date. Nous attendons donc l'avis de spécialistes médicaux avant d'entamer une enquête diocésaine sur ces autres miracles potentiels. Au-delà des miracles les plus spectaculaires, nous recevons des nouvelles de nombreux fidèles dévoués qui rapportent que leurs prières ont été exaucées par des guérisons et des conversions de proches. Les miracles spirituels de la conversion d'une âme sont plus précieux que les miracles physiques de la guérison du corps. La conversion des âmes à Dieu est en réalité la continuation des nombreuses conversions que Sheen a accomplies tout au long de sa vie.

  • Notre-Dame des captifs

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    24 septembre : Notre-Dame de la Merci

    Historique (source : missel.free.fr)

    Dans l’expression Notre-Dame de la Merci, le mot Merci traduit l’espagnol merced qui signifie grâce, ou le latin merces qui signifie rançon. A l’origine de l’Ordre des Mercédaires[1] qui s’occupèrent de racheter les chrétiens captifs des musulmans, Notre-Dame apparut à saint Pierre Nolasque[2], à saint Raymond de Penyafort[3] et au roi Jacques I° d’Aragon[4].

    Au milieu de la nuit du 1° août 1218, alors que l’Eglise célébrait la fête de Saint-Pierre-aux-Liens, la vierge Marie, accompagnée d’anges et de saints, apparut à saint Pierre Nolasque et lui dit : Mon fils, je suis la Mère du Fils de Dieu qui, pour le salut et la liberté du genre humain, répandit tout son sang en souffrant la mort cruelle de la Croix ; je viens ici chercher des hommes qui veuillent, à l’exemple de mon Fils, donner leur vie pour le salut et la liberté de leurs frères captifs. C’est un sacrifice qui lui sera très agréable. Je désire donc que l’on fonde en mon honneur un Ordre dont les religieux, avec une foi vive et une vraie charité, rachètent les esclaves chrétiens de la puissance et de la tyrannie des Turcs, se donnant même en gage, s’il est nécessaire, pour ceux qu’ils ne pourront racheter autrement. Telle est, mon fils, ma volonté ; car, lorsque dans l’oraison tu me priais avec des larmes de porter remède à leurs souffrances, je présentais tes vœux à mon Fils qui, pour ta consolation et pour l’établissement de cet Ordre sous mon nom, m’a envoyée du ciel vers toi. Saint Pierre Nolasque répondit : Je crois d’une foi vive que vous êtes la Mère du Dieu vivant et que vous êtes venue en ce monde pour le soulagement des pauvres chrétiens qui souffrent dans une barbare servitude. Mais que suis-je, moi, pour accomplir une œuvre si difficile au milieu des ennemis de votre divin Fils et pour tirer ses enfants de leurs cruelles mains ? Et Notre-Dame de lui répondre : Me crains rien, Pierre, je t’assisterai dans toute cette affaire et, pour que tu aies foi en ma parole, tu verras bientôt l’exécution de ce que je t’ai annoncé et mes fils et mes filles de cet Ordre se glorifieront de porter des habits blancs comme ceux dont tu me vois revêtue. En disant cela, la Vierge disparut.Pierre Nolasque passa en prière le reste de la nuit puis rejoignit Raymond de Penyafort qui lui dit : J’ai eu cette nuit la même vision que vous : j’ai été aussi favorisé de la visite de la Reine des anges et j’ai entendu de sa bouche l’ordre qu’elle me donnait de travailler de toutes mes forces à l’établissement de cette religion et d’encourager dans mes sermons les catholiques fidèles à venir en aide à une œuvre de charité si parfaite.

    C’est pour remercier Dieu et la très sainte Vierge que j’étais venu si matin à la cathédrale. Le roi Jacques I° d’Aragon entra alors dans la cathédrale et leur dit : La glorieuse Reine des anges m’est apparue cette nuit, avec une beauté et une majesté incomparables, m’ordonnant d’instituer, pour la rédemption des captifs, un Ordre qui porterait le nom de Sainte-Marie de la Merci ou de la Miséricorde ; et, comme je connais en toi, Pierre Nolasque, un grand désir de racheter les esclaves, c’est toi que je charge de l’exécution de cette œuvre. Pour toi, Raymond, dont je sais la vertu et la science, tu seras le soutien de l’Ordre par tes prédications.


    [1] Ordre de la Bienheureuse Vierge Marie de la Merci pour la Rédemption des captifs.

    [2] Issu de la noble famille des Nolasco, apparenté par sa mère aux comtes de Toulouse et aux rois d’Aragon, Pierre Nolasque, né vers 1189 au mas des Saintes-Puelles, dans l’ancien diocèse de Saint-Papoul, après avoir renoncé au mariage pour se consacrer à Dieu, rejoint les armées de Simon de Montfort. A la bataille de Muret où le roi Pierre d’Aragon est tué, son fils, Jacques, âgé de six ans, est fait prisonnier ; Simon de Monfort le met sous la garde de Pierre Nolasque puis les envoie tous deux en Espagne. Loin de la cour, Pierre Nolasque enseigne son royal élève et lui montre l’exemple de sa piété et de sa charité.

    [3] Né près de Barcelone, au le château familial de Villafranca de Penades (vers 1175), Raymond de Penyafort, parent des comtes de Barcelone et des rois d'Aragon, étudie à l'école cathédrale de Barcelone où il enseigne la rhétorique et la logique ; il étudie le droit à Bologne où, reçu docteur, il enseigne (1216). L'évêque de Barcelone le recrute pour le séminaire de son diocèse (1219). A Viterbe, saint Dominique leur donne quelques uns de ses frères. A Barcelone, chanoine de la cathédrale, prévôt du chapitre, archidiacre, grand vicaire et official (1220), il donne grande solennité à l'Ascension et travaille au soin des pauvres. Le Vendredi Saint 1222, il quitte le clergé séculier pour les Dominicains, sans perdre son influence sur l'évêque de Barcelone. A cette époque, il écrit la Summa de pænitentia, premier ouvrage du genre, qui rassemble les cas de conscience à l'usage des confesseurs. Lorsque Pierre Nolasque fonde l'Ordre de la Merci (1223), dans la cathédrale de Barcelone, en présence de l'évêque et de Jacques I° d'Aragon, il donne l'habit aux premiers mercédaires dont il rédige la règle pour quoi il obtient l'approbation de Grégoire IX (1235). En 1229, le cardinal de Sainte-Sabine, envoyé comme légat en Espagne pour prêcher la croisade contre les Maures et mettre en application les décrets du quatrième concile du Latran, s'adjoint Raymond de Penyafort qui fait si bien qu'on le charge de prêcher dans les provinces d'Arles et de Narbonne. En 1230, Grégoire IX en fait son confesseur et son chapelain ; nommé pénitencier, il instaure l'Inquisition en Aragon, révise les décrétales et en fait établir la nouvelle collection promulguée par la bulle Rex pacificus (5 septembre 1234). Il refuse l'archevêché de Tarragone et rentre en Aragon pour absoudre Jacques I° qui a malmené l'évêque élu de Saragosse ; il quitte Barcelone pour rejoindre, à Bologne, le chapitre général de son Ordre qui l'élit maître général (1238). Il fait établir de nouvelles constitutions dominicaines, en usage jusqu'en 1924. Il demande à saint Thomas d'Aquin de rédiger la Somme contre les gentils. Il se démet de sa charge (1240) et retourne au couvent de Barcelone d'où il partit souvent pour prêcher et pour conseiller Jacques I°. Pour former les missionnaires, il fonde des écoles de langues, comme l'école arabe de Tunis (1245) et l'école d'hébreu de Murcie (1266). Entre les rois d'Aragon et de Castille, il meurt à Barcelone le 6 janvier 1275 ; l'archevêque de Tarragone demande, dès 1297, sa canonisation qui ne sera faite par Clément VIII que le 29 avril 1601.

    [4] Jacques I° d’Aragon, dit le Conquérant, fils de Pierre II, né à Montpellier en 1206, est fait prisonnier à la bataille de Muret où mourut son père (1213) et remis par Simon de Montfort à Pierre Nolasque qui l’élève. Allié au roi de Castille dont il épouse la fille, Eléonore (1221), il conquiert une partie du royaume musulman de Valence (1225) qu’il prendra tout entier (1253). Il conquiert les Baléares (1229-1235). Au profit du comte Thibault de Champagne, il renonce au royaume de Navarre que lui a laissé Sanche VII. Au traité de Corbeil (1256), saint Louis renonce en sa faveur aux comtés de Barcelone et de Roussillon et à la seigneurie de Montpellier. En 1262, il partage ses Etats entre ses deux fils : Pierre obtient l’Aragon, la Catalogne et Valence ; Jacques obtient Majorque, le Roussillon, la Cerdagne et Montpellier. Il meurt en 1276.

  • 24 septembre : Bienheureuse Vierge Marie de la Merci

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    24 septembre : Bienheureuse Vierge Marie de la Merci

    La libération de tout esclavage

    Au Moyen Âge, le terme « merci » désignait une forme concrète de compassion, tournée surtout vers ceux qui vivaient en marge de la société : en particulier, les chrétiens retenus prisonniers. C’est à cette cause que se consacrèrent avec ferveur saint Pierre Nolasque et ses disciples, qui fondèrent une communauté religieuse engagée dans la libération des prisonniers chrétiens en danger de perdre leur foi. C’est pourquoi on les appela les Frères de la Merci et leurs couvents prirent le nom de « maisons de la Merci ». Profondément attachés à la Vierge Marie, qu’ils considéraient comme l’inspiratrice de leur mission, ils lui donnèrent le titre de « Notre-Dame de la Merci » ou « de la Miséricorde ».

    Convaincus que la Vierge Marie avait joué un rôle déterminant dans la naissance de leur Ordre, les religieux inscrivirent officiellement son nom dans la dénomination de la Congrégation. Dès 1272, dans les premières Constitutions de l’Ordre, son nom complet fut établi : Ordre de la Bienheureuse Vierge Marie de la Merci pour la rédemption des esclaves.

    La première église fondée par les Mercédaires fut construite en 1249 et dédiée à sainte Marie. L’image vénérée en ce lieu commença à être identifiée comme « Sainte-Marie de la Merci », et, de là, le culte se diffusa partout où les membres de l’Ordre s’installèrent.

    Lors de la colonisation et de l’œuvre missionnaire en Amérique, à partir du second voyage de Christophe Colomb en 1493, les Mercédaires emportèrent avec eux la dévotion à la Vierge de la Merci. Ce culte s’enracina profondément dans le nouveau continent, où les habitants, touchés par la piété populaire, commencèrent à l’appeler « Notre-Dame de la Merci », une expression qui souligne sa générosité à accorder les grâces reçues du Christ.

    Vu le grand essor de cette dévotion, l’Église en reconnut la portée universelle. Dès 1616, sous le pontificat du Pape Pie V, puis à nouveau en 1684 et en 1696, la fête de Notre-Dame de la Merci fut officiellement étendue à l’ensemble du monde catholique, fixant le 24 septembre comme date liturgique de sa célébration.

    Cette invocation mariale exprime la tendresse de la Mère de Dieu envers ceux qui sont opprimés, emprisonnés ou en danger de perdre leur foi. Elle présente Marie comme une figure rédemptrice qui poursuit l’œuvre salvifique du Christ en faveur des pauvres et des prisonniers. En elle se reflète puissamment la miséricorde divine, incarnée comme un Évangile vivant qui annonce la libération et l’espérance.

  • Vocations : Dieu appelle aujourd’hui comme hier

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    De

    Dieu appelle aujourd’hui comme hier

    19 septembre 2026

    Depuis le début de son action, l’organisation Vocation Ministry a vu naître des vocations partout aux États-Unis, démontrant que Dieu continue d’appeler des personnes à œuvrer au sein de son Église, mais que la réponse individuelle nécessite souvent le soutien et la prière de toute la communauté.

    Rhonda Gruenewald est la fondatrice et présidente de Vocation Ministry, une organisation américaine sans but lucratif dont la mission est de promouvoir les vocations à travers les États-Unis, en collaborant étroitement avec les diocèses.

    Le travail de cette institution a débuté en 2011, et depuis lors, elle a constaté que la promotion des vocations est un effort de toute la communauté catholique qui porte de vrais fruits dès le début.

    Bien qu’elle accorde une attention particulière aux vocations sacerdotales, Vocation Ministry souhaite encourager les catholiques à découvrir leur vocation, quelle qu’elle soit, de la vie religieuse au mariage.

    Dans cet entretien, Rhonda Gruenewald évoque le travail de l’organisation, l’impact qu’elle a eu depuis ses débuts sur les vocations sacerdotales et l’importance de mobiliser toute l’Église dans cet effort.

    Quel besoin spécifique avez-vous identifié dans les paroisses et les diocèses qui vous a poussée à créer cette initiative ?

    Au début, je ne me rendais pas compte qu’il y avait un besoin. L’un de nos prêtres, fraîchement ordonné, le père Víctor Pérez, m’a demandé de l’aider à relancer un comité paroissial des vocations à l’église catholique Sainte-Cécile de Houston, au Texas. Lors de notre première réunion, il a déclaré : « C’est l’une des activités les plus importantes que nous puissions mener dans notre paroisse, et toutes les paroisses devraient le faire. » Ainsi, lorsque je suis rentré chez moi pour chercher des ressources afin de promouvoir les vocations, je n’ai trouvé que très peu de choses. À quoi cela était-il dû ? Je pensais que toutes les paroisses promouvaient les vocations, mais ce n’était pas le cas.

    Ce n’est que plus tard, après avoir écrit Hundredfold: A Guide to Parish Vocation Ministry (Cent pour un : un guide du ministère paroissial des vocations), lancé VocationMinistry.com et animé des ateliers de formation à travers toute l’Amérique du Nord, que j’ai découvert que seules 10 % à 20 % des paroisses s’efforçaient délibérément de promouvoir les vocations par elles-mêmes. Il fallait que cela change.

    Quels sont les principaux mythes ou erreurs que commettent les communautés lorsqu’elles tentent de promouvoir les vocations ?

    Le premier mythe est que la promotion des vocations est un investissement à long terme qui ne portera ses fruits que dans plusieurs décennies. S’il est vrai que la construction d’une véritable culture vocationnelle est une mission à long terme, nous avons constaté que lorsqu’une paroisse ou un diocèse commence à prier délibérément pour les vocations, à inviter personnellement les jeunes à discerner leur vocation et à impliquer toute la communauté dans la promotion vocationnelle, la réponse peut venir bien plus tôt que ce à quoi les gens s’attendent.

    Dieu appelle chaque jour dans chaque paroisse. Souvent, ce qui a manqué, ce n’est pas l’appel de Dieu, mais notre invitation.

    Nous l’avons constaté à maintes reprises à travers nos collaborations avec des diocèses de toute l’Amérique du Nord. Dans l’archidiocèse de Hartford, seuls trois séminaristes avaient entamé leur formation au cours des trois années précédant notre collaboration avec Vocation Ministry. Au cours des trois années suivantes, après avoir mis en place une stratégie vocationnelle ciblée et proposé des formations, 27 hommes sont entrés au séminaire.

    Le diocèse de Dallas a accueilli 12 nouveaux séminaristes cette année, alors qu’il n’en avait accueilli que deux lorsque nous avons commencé à collaborer en 2024. Dans le diocèse d’Austin, 56 hommes sont entrés au séminaire au cours des quatre années qui ont suivi la mise en œuvre d’une stratégie vocationnelle ciblée, contre 25 au cours des quatre années précédentes.

    Ces exemples nous rappellent que lorsque l’Église s’attache délibérément à créer un terrain fertile pour les vocations, Dieu bénit souvent ces efforts de manière extraordinaire.

    Le deuxième mythe est que tout le monde comprend déjà ce qu’est une vocation. En réalité, de nombreux catholiques entendent le mot « vocation » et ne pensent qu’au sacerdoce ou à la vie religieuse. L’Église enseigne quelque chose de bien plus vaste. Chaque personne reçoit d’abord l’appel universel à la sainteté, l’appel à connaître, aimer et servir Dieu. À partir de là, Dieu invite chacun d’entre nous à vivre cet appel à travers notre vocation première, qu’il s’agisse du mariage sacramentel, du sacerdoce ou de la vie consacrée.

    L’une des plus grandes opportunités pour l’Église consiste simplement à aider les catholiques à comprendre que discerner la vocation de Dieu n’est pas réservé à quelques élus ; c’est le chemin de chaque personne baptisée.

    (…)

    La véritable question n’est plus de savoir si les vocations sacerdotales sont possibles. La question est : qu’est-ce que ces diocèses [qui ont des vocations] font différemment et comment le reste de l’Église peut-il s’en inspirer ?

    (…)

    Dans quelle mesure le nombre de fidèles par prêtre influe-t-il sur la capacité à accompagner et à guider les jeunes qui discernent leur vocation ?

    C’est peut-être là la conclusion la plus significative de toute notre recherche.

    Dans les (…) rapports publiés, une corrélation se détache systématiquement des autres : moins chaque prêtre a de paroissiens à charge, meilleurs sont généralement les résultats d’un diocèse en matière de promotion des vocations sacerdotales.

    Le discernement s’opère dans la relation.

    Il est rare que des jeunes décident d’entrer au séminaire parce qu’ils ont vu un prêtre célébrer la messe de loin. Le plus souvent, ils répondent à l’appel parce qu’un prêtre les connaissait, les a encouragés, les a invités à servir, a répondu à leurs questions difficiles ou a simplement passé du temps avec eux.

    Lorsque les prêtres sont débordés par des milliers de fidèles ou par plusieurs paroisses, ils disposent naturellement de moins de temps pour ce type d’accompagnement personnel. Notre rapport initial a même révélé que les diocèses où les prêtres s’occupent de plus de 4.000 ou 4.500 fidèles peinent constamment à atteindre des taux d’ordination satisfaisants.

    C’est pourquoi l’Indice de Disponibilité Sacerdotale est si important. Il aide les évêques à comprendre que la promotion des vocations ne se résume pas à disposer d’un bureau des vocations ou à organiser des événements. Il s’agit également de créer les conditions permettant aux prêtres d’avoir le temps et la liberté d’accompagner personnellement les jeunes.

    Dans de nombreux cas, ce sont les prêtres qui inspirent de nouveaux prêtres. Lorsqu’un jeune a régulièrement accès à un prêtre joyeux et saint qui le connaît par son nom, la possibilité d’une vocation sacerdotale devient réelle. Il faut davantage d’occasions de nouer des relations authentiques entre le prêtre et son disciple, car c’est là que naissent le plus souvent les vocations.

    Dans les diocèses où les vocations sont les plus nombreuses, quelle importance revêtent des pratiques telles que l’adoration eucharistique perpétuelle ou les « heures saintes » spécifiquement consacrées aux vocations ?

    Bien qu’il n’existe pas de données nationales indiquant combien de paroisses proposent une adoration eucharistique perpétuelle ou des « heures saintes » spécifiques pour les vocations, une tendance claire s’est dégagée de mon expérience de travail avec des diocèses de toute l’Amérique du Nord.

    Au cours de la dernière décennie, j’ai discuté avec des milliers de prêtres dans plus de 80 diocèses d’Amérique du Nord. Lors de ces ateliers, je demande souvent aux prêtres de lever la main si leur paroisse propose l’adoration eucharistique, qu’elle soit perpétuelle, hebdomadaire ou mensuelle. Dans certains diocèses, un seul prêtre lève la main lorsque je pose la question de l’adoration perpétuelle. Bien que cela soit anecdotique et non scientifique, cela révèle souvent quelque chose d’important : si nous prenons au sérieux la prière pour davantage de vocations, nous devons également nous employer à créer des occasions propices à cette prière.

    Jésus lui-même nous a donné la première stratégie vocationnelle : « La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux. Priez donc le Maître de la moisson d’envoyer des ouvriers à sa moisson » (Lc 10, 2). La prière n’est pas simplement une stratégie parmi tant d’autres : c’est le fondement de tout effort vocationnel fécond.

    Chez Vocation Ministry, nous encourageons chaque paroisse à commencer par là. L’adoration eucharistique, les « heures saintes » pour les vocations et la prière d’intercession régulière invitent les paroissiens à s’unir au Christ dans la prière pour les futurs prêtres et religieux. Nous pouvons mettre en place d’excellents programmes, événements et initiatives, mais s’ils ne sont pas enracinés dans la prière, ils auront du mal à porter des fruits durables.

    On observe une forte présence de vocations dans les communautés dotées d’écoles catholiques solides, d’enseignement à domicile (homeschooling) et de liturgies bien préparées. Quel rôle joue l’environnement culturel et éducatif dans la création d’un « terrain fertile » ?

    Les vocations saines naissent rarement par hasard. Elles se développent là où la foi catholique est vécue, célébrée et transmise délibérément de génération en génération.

    Des écoles catholiques solides, des communautés pratiquant l’enseignement à domicile, des programmes paroissiaux de formation à la foi et des liturgies empreintes de recueillement contribuent à créer un terrain fertile, car ils plongent les jeunes dans une authentique culture catholique. Ils aident les enfants et les familles à comprendre que chaque personne baptisée a une vocation et que découvrir l’appel de Dieu fait partie intégrante de la vie chrétienne.

    Mais ces éléments deviennent encore plus féconds lorsqu’ils sont reliés entre eux par un ministère paroissial des vocations bien pensé. Un ministère paroissial des vocations aide à unir les efforts de la paroisse en encourageant la prière pour les vocations, en donnant aux familles les moyens de parler de l’appel de Dieu à la maison, en aidant les prêtres à inviter les jeunes à discerner, en impliquant les écoles catholiques et les responsables de la catéchèse, et en veillant à ce que la prise de conscience vocationnelle fasse partie intégrante de la vie paroissiale, et ne soit pas seulement un événement ponctuel une fois par an.

    La qualité de la liturgie joue également un rôle important. Une célébration de la messe pieuse et respectueuse attire les personnes vers une rencontre avec le Christ, et c’est souvent dans ces moments-là que les cœurs s’ouvrent davantage pour écouter Son appel. De même, les écoles catholiques et les communautés d’enseignement à domicile peuvent offrir davantage d’occasions aux jeunes de rencontrer des prêtres, des religieuses, des religieux et des couples fidèles qui rayonnent de joie, et dont le témoignage rend chaque vocation visible et accessible.

    Cependant, c’est peut-être la famille qui exerce la plus grande influence. Les parents sont les premiers accompagnateurs vocationnels de leurs enfants. Lorsque les familles encouragent la générosité envers la volonté de Dieu, lorsque les paroisses promeuvent délibérément une culture des vocations, et lorsque les écoles et les programmes de formation à la foi renforcent ce message, toute la communauté devient un terrain fertile où les vocations peuvent s’épanouir.

    (…)

    Un message d’espoir : à la lumière des statistiques et du déclin observé dans de nombreuses régions, pourquoi êtes-vous convaincue que la crise des vocations n’est pas un problème lié à l’absence d’appel de Dieu, mais à la réponse de l’écosystème ecclésial ?

    Parce que Dieu n’a pas cessé d’appeler. L’Église ne doit jamais cesser d’inviter.

    Cette conviction s’est encore renforcée après avoir travaillé avec plus de 80 diocèses à travers l’Amérique du Nord. Nous avons vu des diocèses qui avaient connu des années de baisse des vocations commencer à accueillir de nouveaux séminaristes après avoir délibérément favorisé une culture où la prière pour les vocations, l’invitation personnelle, les témoignages joyeux et le ministère paroissial des vocations sont devenus des priorités. Dieu appelait déjà. L’Église s’est montrée plus déterminée à aider les personnes à écouter et à répondre à Sa voix.

    Le pape Benoît XVI l’a magnifiquement exprimé lorsqu’il s’est adressé aux évêques des États-Unis en 2008. Il leur a rappelé que « la capacité à cultiver les vocations à la prêtrise et à la vie religieuse est un signe certain de la santé d’une Église locale », et qu’« il nous appartient à tous de susciter une réponse généreuse et libre à cet appel ».

    C’est pourquoi je garde espoir. Les statistiques nous montrent où se situent les défis, mais elles révèlent également que certains diocèses connaissent une croissance remarquable. Ces diocèses nous rappellent que la crise des vocations n’est pas inévitable. Lorsque l’Église crée délibérément un terrain fertile où l’on peut entendre l’appel de Dieu, davantage de personnes y répondent avec générosité.

    Notre confiance ne repose ni sur la démographie ni sur les tendances. Elle repose sur la fidélité de Dieu, qui continue d’appeler, et sur la responsabilité de l’Église de créer les conditions pour que cet appel soit entendu, nourri et accueilli avec joie.

    Source : https://www.omnesmag.com/actualidad/mundo/discernir-la-vocacion-no-es-solo-para-unos-pocos/. Cet article a été publié sous le titre : Rhonda Gruenewald : « Discerner sa vocation n’est pas réservé à quelques-uns ; c’est le chemin de chaque personne baptisée ». Ce texte a été traduit de l’espagnol par Stéphane Seminckx.

  • 26-27 septembre 2026 : 32e pèlerinage familial de tradition à Foy-Notre-Dame

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    Chers amis,

    Nous avons la joie de vous inviter au 32e pèlerinage familial de tradition à Foy-Notre-Dame (Dinant, Belgique), qui se tiendra les :
            • Samedi 26 septembre 2026 : pèlerinage des jeunes Namur–Leffe, avec messe à 9h00 à la chapelle Saint-Materne de Namur (rue Notre-Dame), puis départ à 10h00 vers Leffe. Marche, enseignements et messe, pour former la jeunesse à une foi joyeuse et enracinée.
            • Dimanche 27 septembre 2026 : pèlerinage des familles, départ à 10h30 de l’église de Leffe. À 16h00, messe solennelle en latin selon le missel de 1962 au sanctuaire de Notre-Dame de Foy, protectrice des pèlerins depuis le XVIIe siècle.

    Thème 2026 : Notre-Dame de la Mission — « Allez, de toutes les nations faites des disciples » (Mt 28, 19).

    Ce pèlerinage est :
            • profondément enraciné dans la Tradition liturgique et spirituelle de l’Église ;
            • soutenu par les autorités diocésaines ;
            • ouvert à tous, avec un prix volontairement très accessible, afin que jeunes, familles nombreuses et fidèles attachés à la liturgie traditionnelle puissent y participer largement ;
            • marqué par une atmosphère joyeuse, fervente et familiale.

    Toutes les informations (programme, inscriptions, photos des éditions précédentes) : https://www.pelefoy.be

  • Le saint Padre Pio (23 septembre)

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    p-pio.jpgSaint Pio de Petrelcina, prêtre de l'ordre des frères mineurs capucins (Evangile au Quotidien)

    Pio, au siècle Francesco Forgione, naît le 25 mai 1887 à Pietrelcina, en Italie du Sud, entre Naples et Foggia (Campanie). Quatrième des sept enfants d’un couple de paysans, il entre à 16 ans chez les capucins et prend le nom de frère Pio. De santé fragile, il retourne pour de longs séjours dans son village. Ses frères capucins témoigneront que le démon venait lui rendre visite dans sa chambre. Fra Pio a alors vécu dans une « nuit obscure » qui rappelle celle des mystiques comme Jean de la Croix ou de sa contemporaine, Thérèse de Lisieux. Il confie : « Le doute qui m’assaille toujours et me persécute partout est d’ignorer si ce que je fais reçoit ou non l’approbation de Dieu. »

    Ordonné prêtre le 10 août 1910, il est affecté, six ans après, au couvent de San Giovanni Rotondo, dans les Pouilles. Il y demeurera jusqu’à sa mort, le 23 septembre 1968, à 81 ans. Le rayonnement spirituel du Padre Pio a donné naissance à deux œuvres importantes : l’hôpital Casa Sollievo della Sofferenza (maison pour le soulagement de la souffrance) et les groupes de prière. Par deux fois, le Padre Pio a dû subir des mesures disciplinaires et des restrictions dans l’exercice de son ministère.

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