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Spiritualité

  • Ce dont le monde a besoin maintenant : brûler de l'amour du Sacré-Cœur du Christ

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    Du sur le CWR :

    Ce dont le monde a besoin maintenant : brûler de l'amour du Sacré-Cœur du Christ

    L’amour qui nous sauve du péché et de la mort se révèle dans le Cœur transpercé d’épines et d’une lance. On dit souvent que « l’amour est l’amour », mais tous les amours ne se valent pas.

    Le Sacré-Cœur de Jésus est représenté dans un vitrail de l'église Saint-André de Sag Harbor, dans l'État de New York (photo CNS/Gregory A. Shemitz).

    « Je suis venu allumer le feu sur la terre. » — Luc 12:49

    Au feu ! Quel mot attire plus immédiatement l'attention ? Aucune personne saine d'esprit et morale n'oserait crier « Au feu ! » dans un lieu public, de peur de provoquer la panique.

    Le feu possède une puissance extraordinaire. Il procure chaleur et lumière, mais sa chaleur dévastatrice embrase pratiquement tout sur son passage.

    L'une des caractéristiques les plus curieuses, et souvent les plus agaçantes, du feu est qu'il est extrêmement difficile à allumer et tout aussi difficile à éteindre. Nombreux sont les campeurs qui se sont ridiculisés en tentant d'allumer un feu de camp sous le regard attentif de leurs compagnons. Et la difficulté à maîtriser les grands incendies – les feux de forêt qui ravagent des quartiers entiers, par exemple – est une triste réalité dans des régions comme la Californie.

    La solennité du Sacré-Cœur de Jésus révèle l'amour de Dieu comme un feu qui brûle dans le Cœur de Jésus-Christ. Cette fête révèle aussi le désir ardent de Jésus de répandre son amour sur toute la terre.

    En ces temps où beaucoup se sentent prisonniers du doute, de la peur, de la maladie, de la haine et de la division, seul l’amour ardent du Christ offre le remède ultime et parfait à ces maux de l’âme humaine. Le pape Benoît XVI a un jour qualifié ce feu de « passion d’amour propre au Christ » et de « feu à transmettre ». Ces expressions permettent de bien comprendre la dévotion au Sacré-Cœur.

    « La passion d'amour du Christ »

    La plupart des représentations artistiques du Sacré-Cœur le montrent entouré de sa couronne d'épines, la croix posée au sommet du Cœur, une blessure de lance clairement visible sur son flanc, et des flammes jaillissant de l'intérieur du Cœur et brûlant autour de la croix.

    Ces signes de la Passion et de la mort du Christ révèlent l’amour même qui brûle dans le Cœur de Jésus : un amour crucifié, un amour de sacrifice. « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis » (Jean 15, 13).

    L'amour que le monde célèbre est symbolisé par un cœur transpercé par la flèche de Cupidon. L'amour qui nous sauve du péché et de la mort se révèle dans le Cœur transpercé d'épines et d'une lance. On dit souvent que « l'amour est l'amour », mais tous les amours ne se valent pas.

    La regrettée et immensément talentueuse chanteuse Whitney Houston chantait un jour que « apprendre à s’aimer soi-même peut être le plus grand amour de tous ». L’amour de soi a sa place dans la vie humaine, mais ce n’est pas le plus grand amour de tous.

    Le plus grand amour qui soit est celui par lequel l'impensable s'est produit et est devenu la vérité fondamentale de l'existence humaine : « Car Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique » (Jean 3,16). Dieu a pris notre chair humaine et a permis qu'elle soit clouée à la croix afin de nous sauver de l'enfer. C'est le plus grand amour possible, et il est la mesure de tous les autres amours.

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  • L'homélie du Pape Léon XIV pour la fête du Sacré-Coeur

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    VOYAGE APOSTOLIQUE DE SA SAINTETÉ LE PAPE LÉON XIV
    EN  ESPAGNE

    (6-12 JUIN 2026)

    SAINTE MESSE

    HOMÉLIE DU SAINT-PÈRE

    Stade de Gran Canaria, jeudi 11 juin 2026

     

    Chers frères et sœurs,

    après une journée riche en rencontres et en partage, alors que je célèbre cette Eucharistie avec vous, je tiens tout d’abord à remercier le Seigneur pour tout le bien qui se fait ici chaque jour, en lui confiant l’engagement de tous et, en même temps, les souffrances dont cette terre témoigne. Je vous invite également à prier ensemble, durant cette Sainte Messe, pour nos frères et sœurs qui ont perdu la vie en mer.

    Nous apportons tout à l'autel, avec le pain et le vin, en entrant, par la célébration du soir de la Vigile, dans la solennité du Sacré-Cœur de Jésus, auquel toute l'Espagne est consacrée. Prions le Seigneur afin qu'en ce moment les mêmes sentiments d'humanité, de miséricorde et de compassion du Cœur du Sauveur vivent en nous.

    Dans notre méditation, nous nous laissons guider par les lectures que nous avons entendues.

    En premier lieu, Dieu rappelle aux Israélites l’amour inconditionnel dont il les a aimés. Il les a choisis non pas en raison de privilèges, de dons ou de mérites particuliers, mais par pur amour (cf.  Dt  7, 7-9), et il continuera de les aimer toujours, même si, à cause de leur cœur endurci, ils ne lui rendent pas cet amour.

    Telle est la charité de Dieu, en laquelle s'enracine notre vocation à aimer. Elle ne repose ni sur le calcul, ni sur le simple sentiment, ni ne se réduit à la seule philanthropie, mais elle imprègne tout notre être : feu pour l'âme, lumière pour l'esprit, un élan irrésistible de liberté, de paix et, en même temps, de tourment pour le cœur, qui bat à l'unisson avec les autres, engageant la personne tout entière. Car aimer est inné chez l'être humain ; c'est même la condition de la plénitude de notre existence.

    C’est ainsi que l’amour nous est manifesté dans l’humanité du Sauveur et dans les mouvements de son Sacré-Cœur : immuable et fidèle même face à l’incompréhension et au rejet, à la peur, à la tristesse et à la résistance humaine (cf.  Lc  22, 39-46).

    C’est dans ce visage de Dieu, toujours « amoureux », qui aspire totalement et constamment à notre bien et à notre bonheur parfait, que nous reconnaissons le chemin de la vie, apprenant une nouvelle manière d’exister et d’entrer en relation les uns avec les autres, un critère différent pour évaluer les décisions, un style renouvelé et stimulant pour construire la communion. À ce propos, le pape  François , parlant de la charité du Christ, a déclaré que « la meilleure réponse à l’amour de son Cœur est l’amour pour nos frères et sœurs » ( Dilexit nos , 167) et a ajouté : « il n’y a pas de plus grand geste que nous puissions lui offrir pour rendre l’amour par l’amour » ( ibid. ). « Rendre l’amour par l’amour » : c’est le merveilleux échange, le « commerce admirable » (cf.  Premières Vêpres de la Solennité de Marie, Mère de Dieu , première antienne), auquel l’Évangile nous invite à nous tourner, traduisant la mesure infinie de l’amour de Dieu dans la générosité avec laquelle nous le servons, chaque jour, dans les frères et sœurs qu’il place lui-même sur notre chemin. Surtout les plus démunis, sans défense, incapables de rendre la pareille (cf.  Lc  6, 32-36). Exactement comme sur cette île, dans l’accueil, le partage, le don désintéressé.

    La gratuité du Cœur du Christ ne s’arrête pas là. Elle va plus loin, s’engageant à aider chaque personne non seulement à survivre, mais aussi à retrouver confiance et à reprendre son chemin, à s’épanouir pleinement dans sa singularité, pour le bien de tous. À ce propos, le pape  Benoît XVI  écrivait que la charité « dont Jésus-Christ a témoigné par sa vie terrestre […] est le principal moteur du développement authentique de chaque personne et de toute l’humanité » ( Caritas in veritate , 1).

    Dans la deuxième lecture, saint Jean nous a rappelé que « Dieu a envoyé son Fils unique dans le monde afin que nous vivions par lui » ( 1 Jn  4, 9). Ses paroles font écho à celles de Jésus, qui a dit être venu pour que nous ayons la vie, et la vie en abondance (cf.  Jn  10, 10), et qui a dit au paralytique guéri : « Lève-toi, prends ton brancard et marche » ( Mc  2, 9). Dans ces paroles, nous reconnaissons l’invitation à embrasser la souffrance avec un amour maternel, mais aussi à préparer et encourager les blessés à se relever et à aller de l’avant, vers une vie libre et digne.

    En effet, notre charité ne doit pas se limiter à une simple assistance, mais viser l’intégration des personnes pour leur plein épanouissement – ​​spirituel, intellectuel et physique – et leur inclusion digne et constructive dans la communauté (cf.  Fratelli tutti , 129). C’est seulement ainsi que nos rencontres, même face à des événements difficiles et douloureux, deviendront l’occasion de semer l’espoir sur le chemin de l’humanité vers un avenir meilleur.

    Mais j’aimerais m’attarder, à la lumière de la Parole de Dieu que nous avons entendue, sur une dernière caractéristique du Cœur du Christ : l’humilité (cf.  Mt  11, 29). Le Cœur de Jésus est humble, et c’est pourquoi ses battements ne sont pas perçus par les « savants », les « sages », c’est-à-dire ceux qui se croient autosuffisants, qui pensent tout savoir, qui n’ont besoin ni de Dieu ni des autres. En effet, ces personnes, accablées par le tumulte d’un « moi » pompeux, omniprésent et agité, n’ont pas le silence nécessaire pour entendre en elles-mêmes et chez leurs frères et sœurs le pouls caché de l’amour.

    « Souvent, la richesse nous aveugle, au point de nous faire croire que notre bonheur ne peut être atteint que si nous nous débrouillons sans les autres » ( Dilexi te , 108). Jésus, au contraire, nous enseigne l’inverse : pour goûter à la véritable joie de vivre, qui réside dans l’amour, il est nécessaire de descendre des piédestaux de l’arrogance qui divise, et de se retrouver dans l’humilité qui nous unit comme frères et sœurs.

    Saint Augustin disait : « Là où règne la charité, règne la paix ; là où règne l’humilité, règne la charité » ( Sur la Première Lettre de saint Jean aux Parthes , Prologue). Il en est ainsi. Là où règne une authentique humilité, règne l’amour ; et là où règne l’amour, règne la paix, car c’est seulement dans l’humilité que nous connaissons véritablement qui nous sommes et que, par conséquent, nous pouvons nous aimer, nous trouver, nous donner les uns aux autres et nous pardonner sincèrement.

    Chers frères et sœurs, aujourd’hui nous adorons le Sacré-Cœur de Jésus, un cœur que nous représentons souvent couronné d’épines et embrasé, selon les visions de sainte Marguerite-Marie Alacoque. Souvenons-nous que nous sommes la présence vivante du Seigneur dans le monde (cf.  Lumen Gentium , 8). Aussi, regardons-nous les uns les autres, non seulement en ce jour, mais toujours, avec respect et confiance, et renouvelons, forts de cette conscience, notre engagement à accomplir en nous-mêmes, par la charité, ce qui manque aux souffrances du Christ, pour le bien de l’Église (cf.  Col  1, 24). Animés par la charité de son Cœur, soyons porteurs de sa miséricorde et de sa paix, afin que les guerres cessent dans le monde et qu’une humanité nouvelle, réconciliée dans l’amour, puisse grandir autour de nous.

  • La dévotion au Sacré-Cœur : bref historique

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    De sur le NCR :

    La dévotion au Sacré-Cœur : un bref historique

    Découvrez cette dévotion si chère à nos cœurs.

    En un sens, la dévotion au Sacré-Cœur de Jésus commence lorsque le cœur de notre Sauveur fut transpercé d'une lance et que du sang et de l'eau en jaillirent. Cependant, ce n'est qu'aux XIe et XIIe siècles que cette dévotion commença à se structurer et à se développer dans les monastères bénédictins et cisterciens, grâce à certains saints bien connus. 

    • Saint Bernard de Clairvaux a inspiré de nombreuses personnes à voir le Sacré-Cœur comme source de notre amour pour Dieu. Saint Bonaventure, saint François d'Assise et sainte Gertrude vouaient eux aussi une profonde dévotion au Sacré-Cœur.
    • Le XVIIe siècle marque le début d'un développement majeur de la dévotion au Sacré-Cœur. Saint François de Sales contribue à promouvoir cette dévotion par ses écrits spirituels centrés sur la relation intime entre Dieu et l'humanité, et en cofondant l'Ordre de la Visitation de Sainte Marie, la communauté religieuse à laquelle appartint plus tard sainte Marguerite-Marie Alacoque, « Apôtre du Sacré-Cœur ».
    • Saint Jean Eudes, fervent fondateur de la dévotion aux cœurs de Jésus et de Marie, a écrit le livre Le Sacré-Cœur de Jésus et a promu la première fête du Sacré-Cœur, célébrée à Rennes, en France, le 31 août 1670.
    • La dévotion se répandit dans toute l'Église lorsque Jésus apparut à sainte Marguerite-Marie Alacoque le 16 juin 1675, durant l'octave de la Fête-Dieu. Jésus demanda que la solennité du Sacré-Cœur soit célébrée le vendredi suivant l'octave de la Fête-Dieu « en réparation de l'ingratitude des hommes envers le sacrifice que le Christ a accompli pour eux ». Il fit également douze promesses concernant son Sacré-Cœur.
    • En 1856, le bienheureux Pie IX en fit une fête universelle pour l'Église et consacra le genre humain tout entier au Sacré-Cœur de Jésus. En 1899, Léon XIII exhorta chacun à la dévotion et à la consécration personnelle au Sacré-Cœur de Jésus dans son encyclique Annum Sacrum .
    • Depuis lors, les papes ont écrit des encycliques promouvant le Sacré-Cœur et la consécration universelle et individuelle, notamment Dilexit Nos du pape François en 2024.
     
  • Les pièces grégoriennes de la fête du Sacré-Coeur de Jésus

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    Du site d'Una Voce :

    Fête du Sacré-Cœur de Jésus – Fontgombault (2000) et Saint-Benoît-du-Lac, Québec (1948)

  • Solennité du Sacré Coeur de Jésus

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    Solennité du Sacré-Cœur de Jésus (Source : Evangile au Quotidien)

    Le Christ révèle à sainte Marguerite-Marie Alacoque, le 27 décembre 1673, que « Mon divin Cœur est si passionné d'amour pour les hommes, et pour toi en particulier que, ne pouvant plus contenir en lui-même les flammes de son ardente charité, il faut qu'il les répande par ton moyen, et qu'il se manifeste à eux pour les enrichir de ses précieux trésors que je te découvre... »

    En juin 1675, Il s'adresse à elle en ces termes : « Voilà ce Cœur qui a tant aimé les hommes, qu'il n'a rien épargné, jusqu'à s'épuiser et se consommer, pour leur témoigner son amour. 

    Je te demande que le premier vendredi d'après l'octave du Saint-Sacrement soit dédié à une fête particulière pour honorer mon Cœur, en communiant ce jour là, et en lui faisant réparation d'honneur par une amende honorable, pour réparer les indignités qu'il a reçues pendant le temps qu'il a été exposé sur les autels.

    Je te promets aussi que mon Cœur se dilatera, pour répandre avec abondance les influences de son divin amour sur ceux qui lui rendront cet honneur, et qui procureront qu'il lui soit rendu... 

    Fais savoir au fils ainé de mon Sacré-Cœur (le roi Louis XIV) que, comme sa naissance temporelle a été obtenue par la dévotion aux mérites de ma sainte enfance, de même il obtiendra sa naissance de gloire éternelle par sa consécration à mon Cœur adorable. Mon Cœur veut régner dans son palais, être peint sur ses étendards et gravé dans ses armes pour les rendre victorieuses de tous ses ennemis et de tous ceux de la sainte Église.

    Mon Père veut se servir du roi pour l'exécution de son dessein, qui est la construction d'un édifice public où serait placé le tableau de mon Cœur pour y recevoir les hommages de toute la France ».

    Il faudra attendre 1870 : la guerre éclate entre la France et l'Allemagne ; la défaite militaire française ne tarde pas, suivie de l'occupation d'une partie du pays par les troupes allemandes. Alexandre Legentil, député sous Louis-Philippe, et son beau-frère, Hubert Rohault de Fleury, font vœu de construire une église consacrée au Cœur du Christ, en réparation et pénitence pour les fautes commises par les Français : « Pour faire amende honorable de nos péchés et obtenir de l'infinie miséricorde du Sacré-Cœur de Notre Seigneur Jésus-Christ le pardon de nos fautes, ainsi que les secours extraordinaires qui peuvent seuls délivrer le Souverain Pontife de sa captivité et faire cesser les malheurs de la France, nous promettons de contribuer à l'érection, à Paris, d'un sanctuaire dédié au Sacré-Cœur de Jésus. » Pendant la première guerre mondiale, en réponse à la demande adressée par sainte Marguerite Marie, en 1675, plus de douze millions de drapeaux et fanions français ornés du Sacré Cœur de Jésus furent portés par les soldats, les régiments, etc. En 1917, la République a interdit la consécration individuelle des soldats au Sacré Cœur et le port du Sacré Cœur. Dans une lettre aux pèlerins de Paray, en 1999, saint Jean Paul II « invite tous les fidèles à poursuivre avec piété leur dévotion au culte du Sacré-Cœur de Jésus, en l'adaptant à notre temps, pour qu'ils ne cessent d'accueillir ses insondables richesses, qu'ils y répondent avec joie en aimant Dieu et leurs frères, trouvant ainsi la paix, entrant dans une démarche de réconciliation et affermissant leur espérance de vivre un jour en plénitude auprès de Dieu, dans la compagnie de tous les saints. »

    Neuvaine au Cœur Sacré de Jésus

    Padre Pio disait chaque jour cette neuvaine pour tous ceux qui se recommandaient à ses prières :

    I - Ô Jésus, qui avez dit : « En vérité, je vous le dis, demandez et vous recevrez, cherchez et vous trouverez, frappez et l'on vous ouvrira ! » voici que je frappe, je cherche et je demande la grâce... 

    Pater, Ave, Gloria

    Cœur Sacré de Jésus, j'ai confiance et j'espère en vous.

    II - Ô Jésus, qui avez dit : « En vérité, je vous le dis, tout ce que vous demanderez à mon Père en mon Nom, il vous l'accordera ! » voici qu'en votre Nom je demande la grâce...

    Pater, Ave, Gloria

    Cœur Sacré de Jésus, j'ai confiance et j'espère en vous.

    III - Ô Jésus, qui avez dit : « En vérité, je vous le dis, le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront point ! » voici qu'en m'appuyant sur l'infaillibilité de vos saintes paroles je demande la grâce...

    Pater, Ave, Gloria

    Cœur Sacré de Jésus, j'ai confiance et j'espère en vous.

    Prière - Ô Cœur Sacré de Jésus, à qui il est impossible de ne pas avoir compassion des malheureux, ayez pitié de nous, pauvres pécheurs, et accordez-nous la grâce que nous vous demandons, par l'intercession du Cœur Immaculé de Marie, notre tendre Mère.

    Saint Joseph, père adoptif du Sacré-Cœur de Jésus, priez pour nous.

    Salve Regina

    Pour un approfondissement : >>> La dévotion au Sacré-Cœur

  • Gaudí et le miracle de la Sagrada Família

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    De Marc McGinness sur le Catholic Herald :

    Gaudí et le miracle de la Sagrada Família

    Aujourd'hui, 10 juin, pour le centenaire de la mort d'Antoni Gaudí, le pape Léon XIV a célébré une messe solennelle et consacré la tour de Jésus-Christ, la dernière et la plus haute des 18 tours alvéolées de la basilique. Avec ses 172,5 mètres, elle fait de la Sagrada Família l'église la plus haute du monde.

    Le plus grand élément restant à réaliser est la Façade de la Gloire, qui racontera l'histoire de la Résurrection à travers 100 figures sculptées. Sa réalisation pourrait prendre jusqu'en 2035.

    Lors d'une messe célébrée un dimanche de 2023, Peter Stanford décrit la scène comme « baignée de couleurs, qui déferlaient de toutes parts… À l'est, où se dresse la façade de la Nativité, le vert symbolise la fertilité et le bleu la lumière du matin. À l'ouest, autour de la façade de la Passion, les teintes orangées et dorées sont traversées par le rouge du sang versé par Jésus… Et de la façade de la Gloire, encore inachevée, derrière nous, au sud de la nef, un blanc éclatant vient s'ajouter à cette palette. »

    Il avait résisté à toutes les tentatives de l'enrôler dans le processus politique, malgré de nombreuses provocations. Il parvint néanmoins à se faire arrêter – une fois – en septembre 1924. Alors qu'il se rendait à la messe commémorative des Catalans tués lors du siège de Barcelone (1713-1714), il fut interpellé par la Guardia Civil. Interrogé en espagnol, il répondit en catalan. On lui proposa la liberté s'il parlait espagnol, mais il refusa. C'est ainsi que cet homme de 72 ans fut arrêté. Il fut libéré à midi après que Mgr Gil Parés, de l'église, eut payé l'amende. Comme le dit Stanford, il n'en sortit pas victorieux. Il était anéanti.

    L'église avait été épargnée par les manifestants et les émeutiers durant les décennies troubles précédentes, mais en juin 1936, la foule l'envahit, « détruisant les maquettes de Gaudí et brûlant le moindre morceau de papier ». Se tournant ensuite vers la crypte, ils ouvrirent et dispersèrent les restes de l'esprit originel à l'origine de la future basilique, José María Bocabella. Puis ils renversèrent la pierre tombale de Gaudí. Par chance, son cercueil resta intact.

    Qui était cet homme que l'on qualifie aujourd'hui de star de l'architecture ? Né le 25 juin 1852 à Reus ou Riudoms, dans le quartier de Baix Camp, il était le benjamin des cinq enfants de Francesc Gaudí i Serra, chaudronnier, et de son épouse, Antònia Cornet i Bertran. Le lendemain, il fut baptisé Antoni Plàcid Guillem Gaudí i Cornet.

    La maladie lui fit perdre son enfance et, même après ses études, il passa la majeure partie de son service militaire en congé maladie. Cela lui permit néanmoins de poursuivre ses études. Il obtint son diplôme d'architecture en 1878. À l'Exposition universelle de Paris de la même année, il réalisa une vitrine pour le fabricant de gants Comella, qui impressionna tellement l'entrepreneur catalan Eusebi Güell que celui-ci lui commanda certaines de ses œuvres les plus remarquables : des caves à vin, un pavillon, le palais et le parc Güell, ainsi que la crypte de l'église de la Colònia Güell.

    En 1883, il fut chargé de la construction d'une église à Barcelone : le Temple Expiatori de la Sagrada Família (« Temple expiatoire de la Sainte Famille »). À son arrivée, il n'hérita que d'une crypte à moitié achevée et des plans de Francisco de Paula del Villar pour une grande église néo-gothique sans grand intérêt architectural. En 1887, la crypte était terminée et ouverte à la messe quotidienne. En 1914, le nonce apostolique Francesco Ragonesi vint visiter Gaudí et son église et la qualifia de « magnifique poème sculpté dans la pierre ». Gaudí répondit avec lyrisme : « Quel homme ne se sentirait pas poète avec l'église à ses côtés ? »

    Son travail sur la façade de la Nativité semble puiser son inspiration non seulement dans le modernisme – la version catalane de l'Art nouveau – mais aussi dans des éléments classiques, gothiques et baroques. Le souci du détail est extraordinaire : le veilleur de nuit, Josep, est inspiré de Judas Iscariote ; Ponce Pilate, d'un chevrier du coin ; la Vierge Marie, de la sœur d'un maçon. La même attention est portée aux figures animales. Gaudí confia à son premier biographe, Joan Bergós : « Chacun trouvera quelque chose dans l'église. Les paysans y voient des coqs et des poules, les scientifiques les signes du zodiaque, les théologiens la généalogie de Jésus, mais l'explication, la raison d'être de tout cela, seuls les érudits la connaîtront, et elle ne doit pas être divulguée. »

    Dans les années qui suivirent la fin de la Première Guerre mondiale, la principale contribution de Gaudí – outre la façade de la Nativité – fut la réalisation de maquettes complexes indiquant à quoi ressemblerait la basilique une fois achevée. À l'échelle 1/10 et 1/25, deux maquettes en plâtre furent finalement achevées à sa satisfaction en 1923. Les fonds arrivèrent toujours trop lentement pour concrétiser ses ambitions – jusqu'aux années 1980, où des financements internationaux, notamment japonais, commencèrent à affluer. Dès 1926, la construction fut confrontée à de graves difficultés financières. 

    Lorsqu'on lui demandait une date d'achèvement, Gaudí répondait : « Dieu est mon client et Il n'est pas pressé. » Pourtant, comme le souligne Stanford, Gaudí « croyait qu'il était voué à échouer au critère de perfection divin, de la même manière que Job… était condamné à souffrir tout au long de sa vie, quels que soient ses efforts, car il était mis à l'épreuve par son Seigneur, ne connaissant l'amour divin qu'au moment de rencontrer son créateur ».

    Et il connaissait la souffrance. Le jeune homme qui avait perdu sa mère et ses frères et sœurs survivants avant l'âge de vingt ans ; l'adulte qui ne s'était jamais marié ni n'avait connu de relation intime (son unique amour, Pepeta Moreu, avait rejeté le jeune Gaudí après qu'il eut finalement tenté de lui déclarer sa flamme par l'intermédiaire d'une tierce personne). Comme l'ajoute Stanford : « Il se brouillait régulièrement avec ses mécènes ; il était obsessionnel et intransigeant dans le monde de son imagination débordante, cherchant à satisfaire un Dieu exigeant. »

    Stanford brosse un tableau saisissant des derniers jours de Gaudí. Il partait chaque soir de son atelier (qui devint plus tard son domicile) près de la basilique. Jadis élégant, il portait désormais des vêtements usés, « à la fois négligés et délibérés ». Il enfilait de vieilles vestes, souvent rapiécées ou déchirées, les poches pleines de chapelets et de raisins secs ; ses chaussures étaient souvent rafistolées avec de la colle ou de la ficelle.

    Il se rendait à l'oratoire Saint-Philippe-Néri, près de la cathédrale gothique de Barcelone. Il devait assister à un office, puis passer un moment avec son confesseur, le père Lluís Maria de Valls i Riera, avant de retourner à son atelier et de se coucher. Le tramway numéro 30 vrombissait et tintait, s'éloignant de l'Arc de Triomf vers la Plaça de Catalunya. On disait que Gaudí pensait que les tramways devaient céder le passage aux piétons. Il s'est engagé sur sa voie et a perdu connaissance.

    Le conducteur du tramway crut avoir heurté un clochard et s'enfuit. Les trois premiers taxis hélés firent de même. Finalement, un quatrième le conduisit à l'hôpital, passant devant deux de ses créations, la Casa Milà et la Casa Batlló. Le patient inconnu reçut l'extrême-onction. Les jours suivants, entouré de son cousin Josep, de son ami le docteur Alfonso Trias et de quelques collègues de la Sagrada Família, il pouvait à peine parler, mais murmurait parfois : « Jésus, Déu meu . »

    Il mourut à 20h05 le 10 juin 1926 et fut enterré dans la crypte de son magnifique chef-d'œuvre inachevé, la Cathédrale des Mendiants.

    Un siècle plus tard, sa cathédrale est presque achevée. C'est presque miraculeux.

    Lire aussi : Visite guidée de la Sagrada Familia : 5 énigmes divines et trésors cachés

  • Le pape Léon XIV confie son pontificat à Notre-Dame de Montserrat : puisse-t-elle « nous guider vers Jésus »

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    De

    Le pape Léon XIV confie son pontificat à Notre-Dame de Montserrat : puisse-t-elle « nous guider vers Jésus ».

    Après avoir visité une prison, le pape Léon s'est rendu à l'abbaye de Montserrat, au nord-ouest de Barcelone, nichée au milieu d'imposantes formations rocheuses qui ressemblent à des figures sculptées d'animaux ou d'objets.

    Le pape Léon XIV vénère une sculpture en bois du XIIe siècle représentant Marie avec l'Enfant Jésus dans l'abbaye de Montserrat, près de Barcelone, en Espagne, le 10 juin 2026.
    Le pape Léon XIV vénère une sculpture en bois du XIIe siècle représentant Marie avec l'Enfant Jésus dans l'abbaye de Montserrat, près de Barcelone, en Espagne, le 10 juin 2026. (Photo : Daniel Ibanez / EWTN News)

    MONTSERRAT, Espagne — La silhouette accidentée de la chaîne de montagnes de Montserrat fut l'un des premiers symboles de la Catalogne que le pape Léon XIV aperçut du ciel lorsque son avion le transporta de Madrid à Barcelone le 9 juin.

    Le lendemain, le pape s'est rendu en voiture dans la région montagneuse de Montserrat — dont le nom en catalan signifie « montagne dentelée » — qui abrite une abbaye bénédictine culminant à plus de 1 200 mètres d'altitude sur la rive ouest du Llobregat.

    Avant d'arriver, le pape a toutefois fait un bref détour durant le trajet d'environ 40 kilomètres depuis Barcelone pour s'arrêter au centre pénitentiaire Brians 1 — un lieu marqué par la souffrance, où la vie des détenus trouve un peu de réconfort grâce à l'aumônier de la prison, le père Jesús Bel, coordinateur de la pastorale des prisons pour le diocèse de Sant Feliu de Llobregat et prêtre mercédaire qui a passé 40 ans à accompagner ceux qui sont privés de liberté.

    Comme lors de son voyage en Guinée équatoriale, le pape a exprimé sa compassion face aux souffrances endurées par les prisonniers.

    Là, il a entendu directement deux détenues, Montserrat et Josefina, parler de l'importance d'avoir un point d'ancrage comme la foi en Christ lorsque la vie se montre sous son jour le plus dur. Leur témoignage a ému le pape.

    « Ici, en prison, je ne suis pas seule — Jésus me donne la force, il me donne la vie. Je le sens en moi ; sinon, je ne sais pas comment j'aurais pu endurer cela », lui a dit Josefina.

    Après ses paroles, un silence pesant s'installa. Puis, Léon proposa une réflexion qui trouva un écho auprès de l'assistance : « Les erreurs d'une personne ne définissent pas qui elle est. »

    Dieu vous aime tel que vous êtes

    Le pape a invoqué saint Augustin pour souligner que le passé n'enchaîne pas l'avenir, ajoutant : « Dieu vous aime tels que vous êtes, mais il rêve de vous voir encore meilleurs ! Le Seigneur nous permet à tous de recommencer, car être humain et chrétien ne signifie pas ne jamais commettre d'erreurs, mais plutôt progresser dans la capacité de se convertir, de se repentir, de faire amende honorable et, surtout, de se réconcilier et de pardonner. »

    Cette rencontre, bien que n'ayant duré que 20 minutes, a donné le ton pour le reste de la journée : la miséricorde de Dieu embrassant même les cœurs les plus sombres.

    L'ascension de Montserrat

    Après sa visite de la prison, le pape s'est rendu à l'abbaye de Montserrat, nichée au cœur d'imposantes formations rocheuses aux allures de sculptures animales ou d'objets. Le monastère dégage une paix profonde, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur de ses murs millénaires.

    En 1025, l'abbé Oliba, alors supérieur du monastère de Ripoll, fonda un monastère plus petit sur la montagne de Montserrat, à l'emplacement d'un petit ermitage dédié à la Vierge.

    Selon la tradition, la première image de la Vierge — connue en catalan sous le nom de « La Mare de Déu de Montserrat » — a été découverte en l'an 880 par des enfants gardant un troupeau dans une grotte après avoir vu une lumière sur la montagne.

    Lorsque l'évêque apprit la découverte, il voulut déplacer la petite statue à Manresa, mais il n'y parvint pas car elle était devenue trop lourde – signe, interpréta-t-il, que la Vierge souhaitait demeurer sur place. Il ordonna alors la construction d'un sanctuaire à cet endroit.

    Au pied de Montserrat, après avoir récité le chapelet, le pape a élevé sa prière : « Demandons-lui de nous aider à nous revêtir uniquement de l’armure de Dieu. »

    « Considérons aussi comment la Vierge tient le globe dans sa main droite, signe de sa sollicitude maternelle, car le monde entier trouve sa place dans son cœur. Elle nous invite à nous reconnaître les uns les autres comme frères et sœurs, afin que personne ne soit exclu et que la communion soit plus forte que toute division », a-t-il ajouté.

    L'image de Marie actuellement vénérée est une sculpture en bois de style roman du XIIe siècle, d'une hauteur d'un peu plus de 90 cm, représentant la Vierge Marie avec l'Enfant Jésus.

    À l'exception du visage et des mains, la statue est recouverte d'or, tandis que le teint sombre de la Vierge lui a valu le surnom populaire de « La Moreneta ». En 2023, le pape François a offert une rose d'or à cette image vénérée.

    Parmi ceux qui se confièrent à elle figurait saint Ignace de Loyola, dans l'une des conversions les plus profondes de la tradition chrétienne : « Après une nuit passée en prière devant la Vierge, [il] déposa ses armes de chevalier — un moment qui marqua le début d'une vie nouvelle au service de Jésus-Christ », rappelait le pape Léon XIV.

    Depuis des siècles, des fidèles de tous horizons passent par ce sanctuaire, récitant le chapelet grain par grain, car Marie, « Mare de Déu », comme l'a dit le pape, « est fondamentale dans la vie de chaque chrétien ».

    « Je suis heureux de venir aux pieds de La Moreneta pour lui confier, en toute confiance en son intercession maternelle, mon ministère pétrinien et la mission de l’Église dans un monde qui crie justice et paix », a déclaré le pape.

    « Je vous invite aujourd’hui à accueillir l’invitation de Marie : “Faites tout ce qu’il vous dira” (Jn 2, 5). Ces paroles prononcées à Cana en Galilée constituent un véritable guide pour la vie chrétienne, car Marie nous conduit au Christ et nous apprend à écouter sa voix, à obéir à sa parole et à le laisser nous transformer », a-t-il ajouté.

    Le pape a également clairement exposé le message que Dieu a apporté au monde en s'incarnant : « Jésus nous montre le chemin de la miséricorde, de la réconciliation, de la vérité et de la douceur. En même temps, il met à nu la violence qui peut se cacher dans nos paroles et nos attitudes : la critique qui humilie, la condamnation qui détruit et l'agression qui divise. »

    Cette violence cachée, poursuivit-il, « peut souvent se dissimuler sous une sorte d'armure, que nous utilisons pour protéger nos blessures, nos peurs et les souffrances causées par l'injustice. »

    Au fil des siècles, Montserrat a grandi comme tout être vivant, portant les stigmates de sa vie et de sa mémoire. Ce n'a pas toujours été un havre de paix. Pillée, détruite, abandonnée, elle a toujours su renaître de ses cendres, comme soutenue par la montagne elle-même.

    Léon XIV conclut en demandant : « Marie, Mère de l’Église, guide-nous toujours vers Jésus. Je vous invite à l’honorer avec ces paroles que vous connaissez si bien : Pour les Catalans, tu seras toujours la Princesse ; pour le peuple espagnol et pour le monde entier, tout notre amour ; dis-nous : Tu es mon trésor, je suis ta mère, n’aie pas peur. »

    Dans le cloître de l'abbaye, des centaines de personnes attendaient le pape avec impatience. Parmi elles se trouvait Miguel, un garçon au regard doux qui avait écrit une lettre dans l'espoir de la remettre en main propre au pontife.

    « Il voulait l’écrire en italien, même si le pape – comme chacun sait – parle parfaitement espagnol », a déclaré son père, également prénommé Miguel. Dans la lettre, il ne demande rien pour lui-même ni pour sa famille. 

    « Je voudrais qu'il bénisse toute l'Ukraine », a déclaré le garçon de 9 ans, un lecteur passionné qui garde actuellement le plus grand des livres sur sa table de chevet. « Je lis la Bible. J'aime tout dans ce livre », a-t-il ajouté.

    « La Catalogne sans La Moreneta ne serait rien. »

    Deux religieuses de la Congrégation des Petites Sœurs des Pauvres attendaient également le Pape : sœur Ángeles Piqué, originaire d'une petite ville de Lleida, et sœur Doraliza, originaire de Cajamarca, au Pérou. 

    « Nous avons besoin que le pape nous apporte le message du Christ : l’unité, la fraternité, et qu’il nous invite à nous tourner vers la Vierge Marie comme point de référence », a déclaré sœur Doralizia.

    Elle a exprimé la profonde dévotion à la Vierge de Montserrat dans cette région d'Espagne. « La Catalogne sans La Moreneta ne serait rien », a-t-elle déclaré.

    « Notre-Dame de Montserrat est une grâce très spéciale. C’est son sanctuaire, et tous ses enfants viennent ici demander sa protection et se réfugier sous son manteau », a ajouté sœur Piqué.

  • Aujourd'hui, les évêques des États-Unis consacreront les États-Unis d’Amérique au Sacré-Cœur de Jésus

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    The U.S. Catholic bishops are consecrating the United States to the Sacred  Heart of Jesus on, June 11.This historic event is taking place during the  U.S. Conference of Catholic Bishops (USCCB) Spring

    De sur The Catholic Thing :

    La Consécration des États-Unis au Sacré-Cœur

    Les évêques des États-Unis sont réunis cette semaine à Orlando, en Floride, pour la réunion annuelle de juin de la Conférence des évêques catholiques des États-Unis (USCCB). Les réunions de juin de la Conférence sont généralement plus discrètes que les plénières de novembre à Baltimore. Cela dit, la Conférence accueille cette semaine un nouveau président (Mgr Paul Coakley, archevêque d'Oklahoma City, élu en novembre dernier) et un nouveau nonce apostolique (Mgr Gabriele Caccia, qui succède au cardinal Christophe Pierre).

    S’il y a un aspect de cette réunion de juin susceptible d’attirer l’attention, c’est celui-ci : ce soir, le 11 juin 2026, les évêques des États-Unis se réuniront dans la basilique du Sanctuaire national de Marie, Reine de l’Univers à Orlando et consacreront les États-Unis d’Amérique au Sacré-Cœur de Jésus.

    Les évêques ont pris la décision de consacrer la nation au Sacré-Cœur en novembre 2025. Des mois de préparation ont été nécessaires pour cette consécration, incluant une neuvaine nationale et une vaste campagne de communication auprès des diocèses et des paroisses. Alors que nous arrivons au terme de ce processus, il est important de réfléchir à la signification de cette consécration pour l'Église aux États-Unis.

    Tout d'abord, cette année marquant le 250e anniversaire de la Déclaration d'indépendance, les évêques ont clairement indiqué que la consécration devait être comprise « dans le cadre des célébrations du 250e anniversaire ». La fondation de cette nation ne mérite pas seulement d'être commémorée ; elle mérite d'être célébrée. 

    Ainsi, le texte de la prière de consécration des évêques reconnaît : « Nous célébrons les nombreux dons que tu as faits à cette nation, fondée sur les vérités évidentes que notre Créateur a dotées de tous les hommes du droit à la vie, à la liberté et à la recherche du bonheur. » Quoi qu'il reste à dire ou à comprendre de notre histoire en tant que nation, nous devrions commencer par la gratitude.

    Deuxièmement, en plus d’exprimer leur gratitude, les évêques, en consacrant la nation au Sacré-Cœur, proclament une vérité fondamentale pour toute entreprise humaine, y compris notre vie politique : il n’y a pas de plus grande perfection pour l’être humain que d’être conforme au Christ. Dans son Sacré-Cœur, nous découvrons à la fois la perfection de notre nature humaine et l’immense miséricorde de Dieu, qui non seulement nous sauve du péché et de la mort, mais nous invite à participer à sa divinité. 

    Une telle affirmation dépasse certes le cadre de la Déclaration relative aux « Lois de la Nature et au Dieu de la Nature », mais les deux affirmations sont loin d'être incompatibles. L'homme n'est pas le seul juge de son propre destin. De plus, la vie commune de notre nation n'est pas amoindrie par le fait d'être soumise aux lois de la nature, et encore moins à la loi divine. C'est précisément en se soumettant à une telle autorité supérieure que la vie politique peut s'organiser de manière à atteindre ses fins propres.

    Troisièmement. Comme toutes les nations à travers l'histoire, notre vie politique n'a pas toujours été parfaitement orientée vers ses fins véritables. De graves injustices – de l'esclavage à l'avortement – ​​ont marqué notre histoire au fil des siècles. Nous avons été divisés jusqu'à la guerre civile ouverte, et nous le sommes encore aujourd'hui de bien des manières. Les péchés et les manquements de cette nation ne peuvent être guéris, et encore moins corrigés, par le dégoût de soi. Ce pays ne peut retrouver sa beauté en désespérant de son potentiel. Mais, comme toute la Création, il peut trouver la guérison dans le cœur miséricordieux de Jésus, le Roi des rois.

    En consacrant cette nation au Sacré-Cœur, les évêques célèbrent avec gratitude ce qu'il y a de meilleur, reconnaissant que nous sommes sous le jugement d'un Dieu juste et aimant, et implorant le pardon pour les torts causés et encore causés par le péché. Selon les paroles de la prière de consécration : « Nous réparons les offenses faites contre toi et contre la dignité humaine dans cette nation. »

    Ceci nous amène à une quatrième considération concernant cette consécration : elle est publique.

    L’archevêque Alexander Sample de Portland, dans une réflexion sur les raisons pour lesquelles les évêques souhaitent consacrer la nation au Sacré-Cœur, l’a formulé ainsi : « Alors que nous réfléchissons avec gratitude aux bienfaits que Dieu a accordés à notre pays, notre dévotion au Sacré-Cœur nous invite à réfléchir à la manière dont nous pouvons promouvoir la vérité, la justice et la charité dans la vie américaine… Et nous invitons tous les membres de notre société à voir le visage du Christ reflété en chaque frère et sœur. » 

    L’Église consacre, mais il s’agit d’un acte incontestablement public et, à vrai dire, contraignant. La Déclaration d’indépendance commence par rappeler que les signataires doivent rendre des comptes publiquement sur leurs motivations et leurs actions. On peut donc lire : « Le respect dû à l’opinion publique exige qu’ils exposent les causes qui les animent… »

    En consacrant la nation au Sacré-Cœur de Jésus, nos évêques font une déclaration publique irrévocable. Ils n'engagent peut-être pas leur vie, leurs biens et leur honneur sacré à une cause politique, mais ils – et par extension, tous les catholiques des États-Unis qui se joignent à cette consécration – proclament publiquement leur dévotion et leur dépendance envers le Sacré-Cœur de Jésus. De plus, cet engagement de dévotion est pris non seulement devant les nations ou par respect pour l'opinion humaine, mais devant Dieu lui-même.

    L’Église tout entière aux États-Unis, unie à ses pasteurs, non seulement témoigne publiquement, mais elle offre aussi la nation entière au Sacré-Cœur de Jésus et appelle publiquement le Seigneur à agir. Voici les paroles de la prière de consécration : 

    Ô Désir des Nations et Centre de l'Histoire,
    nous te prions de bénir ces États-Unis d'Amérique.
    Qui vivent et règnent avec Dieu le Père
    dans l'unité du Saint-Esprit,
    Dieu, pour les siècles des siècles.

    À quoi nous pouvons tous répondre d'une seule voix : « Amen. »

    Sacré-Cœur de Jésus, ayez pitié de nous !

  • Le pape à la Sagrada Familia : « La foi façonne les pierres. »

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    De Stefano Chiappalone sur la NBQ :

    Le pape à la Sagrada Familia : « La foi façonne les pierres. »

    Cent ans jour pour jour après la mort d'Antoni Gaudí, la messe est célébrée par Léon XIV au Temple expiatoire et la Tour de Jésus-Christ est bénie, faisant de cette dernière la plus haute église du monde. Dans cette Bible pauvre de notre temps, une « catéchèse éloquente faite de pierre, de couleur et de lumière ». 

    11/06/2026

    La foule en liesse qui emplissait les rues de Barcelone hier soir, au passage du pape Léon XIV se rendant à la Sagrada Familia, rappelait sans doute celle qui avait accompagné le cercueil de l'architecte Antoni Gaudí un siècle auparavant. Peu avant 22 heures, la bénédiction de la Tour de Jésus-Christ (prononcée en partie en catalan, suite à la polémique linguistique de ces derniers jours) a marqué l'apogée de la deuxième journée intense du pape en Catalogne. Cette journée avait débuté le matin par une rencontre avec les détenus du centre pénitentiaire « Brians 1 », avant de se poursuivre au cœur marial de la Catalogne, à la « Moreneta », la Vierge Noire de Montserrat, où il a partagé le chapelet et un déjeuner avec la communauté bénédictine. Descendant du Mont Athos, l'une des sources d'inspiration de Gaudí, le pontife est retourné à Barcelone. L'après-midi, il a rencontré des organisations caritatives et des associations à l'église San Agustí – qu'il se souvenait avoir trouvée fermée en 1984, alors qu'il était jeune prêtre – et enfin, l'événement le plus attendu, cent ans jour pour jour après le 10 juin 1926, date à laquelle le « Dante de l'architecture » a rejoint l'éternité. Hier, près de sa tombe, se trouvait un pape nommé Léon, le même nom que le pontife régnant lorsque Gaudí a pris la direction de la construction du Temple Expiatori de la Sagrada Família .

    La Croix du Christ, point central de l'édifice, était au cœur de l'homélie du pape  et de la bénédiction qui a suivi, conclue par le chant du  Vexilla Regis. Léon XIV a été accueilli par le roi Felipe VI, la reine Letizia et Valentina, une jeune fille aveugle qui a expliqué au pape les particularités de la Tour de Jésus-Christ, en lui présentant une maquette miniature de l'édifice. Du haut de ses 172,5 mètres, elle est la plus haute église du monde. « Non pas pour exceller dans les classements terrestres, mais pour guider les pas du peuple de Dieu en pèlerinage sur cette terre de Catalogne, la croix éclairant le chemin, telle une lampe allumée dans l'attente du retour de l'Époux », a déclaré le pape lors de la messe. Prévost est le troisième successeur de Pierre à visiter la Sagrada Familia, après saint Jean-Paul II en 1982 et Benoît XVI, qui l'a consacrée en 2010. « Je me souviens qu'elle est un signe visible du Dieu invisible, pour la gloire duquel s'élèvent ses tours. Dans la continuité de la prière de mon prédécesseur », a souligné le pape, « je bénirai bientôt la plus haute tour, celle de Jésus-Christ. » Les travaux sont encore en cours, ce qui en fait non pas « une œuvre inachevée, mais un temple encore en construction », non pas un « défaut », mais un « désir », puisque cet état « ne signifie pas un manque, mais exprime une promesse », expliquait-il dans un parfait esprit gaudinien.

    Sur les traces des bâtisseurs de cathédrales médiévales.Gaudí ne concevait pas la Sagrada Familia comme l'œuvre d'un seul homme, mais comme celle d'une communauté qui s'étend sur plusieurs générations. Une dimension éloquemment exprimée par Léon XIV : « Cette église est un seul édifice, composé de nombreuses pierres. Une maison qui grandit sans cesse au fil des ans, selon un plan identique », et par conséquent « elle est encore aujourd'hui un chantier, ce qui nous rappelle que la vie chrétienne est toujours un cheminement, car c'est un projet que Dieu mène à son terme. » À condition, bien sûr, que les rôles soient respectés, puisqu'il est le bâtisseur, rappelle le Pape, en se référant à la lecture du deuxième livre de Samuel, où le Seigneur annonce qu'il bâtira une maison pour David et non l'inverse, car « ce n'est pas nous qui donnons une place à Dieu, comme s'il était un élément d'une série ou une partie d'un tout qui le dépasse. C'est Dieu qui nous donne la place. » Et le chef-d'œuvre intérieur ne peut être centré que sur Jésus, à l'instar de la Sagrada Familia, où « la Croix du Christ, placée au sommet de cette basilique, est la Croix des derniers devenus premiers, des pécheurs devenus saints, des morts qui ressusciteront ».

    La Tour bénie hier soir illustre avec force la centralité de la Croix du Christ , dans laquelle « notre foi atteint son apogée, comme l'affirme l'inscription au pied de la flèche : " Tu solus Sanctus, Tu solus Dominus, tu solus Altissimus " ». C'est là le cœur du message de Gaudí, qui se déploie sur les trois façades de la Nativité, de la Passion et de la Gloire : « Le Premier devient le dernier pour nous dans la Nativité ; par son Sacrifice, il nous rachète par la Passion ; sa mort nous donne la vie éternelle, nous rendant participants à la gloire divine. Admirant la tour de Jésus-Christ, nous levons les yeux vers Lui, vers Lui seul qui nous révèle la vérité de Dieu et la vérité de nous-mêmes. » La Sagrada Familia est « bien plus qu'un monument », a déclaré le Pape en introduction de son homélie, et elle est aussi bien plus qu'un chantier : c'est « un pèlerinage spirituel qui conduit à la rencontre du Christ né, mort et ressuscité pour nous », où nous sommes presque guidés par la main de « l'architecte ardent dans la foi » qui, dans cette Bible pauvre de notre temps, a conçu une « catéchèse éloquente faite de pierres, de couleurs et de lumière », laissant place au véritable artiste « qui a imprimé sa splendeur sur le cosmos. Créé à son image, l'homme répond à l'œuvre de Dieu par son ingéniosité : ainsi l'artiste fait du talent une louange et de la créativité un témoignage au Créateur lui-même », ce qui, dans l'œuvre et la spiritualité de Gaudí, devient palpable car « la foi donne forme aux pierres et sens à l'édifice que nous habitons ensemble ».

    Ce témoignage se renouvelle dans la Sagrada Familia comme dans les « anciennes cathédrales »qui constituent en elles-mêmes de très riches messages d'évangélisation. Dans ce temple d'images, il devient encore plus évident combien l'art et la beauté sont d'éminents vecteurs d'évangélisation, et ce, précisément dans cette Espagne qui, de Zapatero à Sánchez, a accéléré la sécularisation, mais qui a accueilli le successeur de Pierre avec une chaleur qui a dépassé toutes les espérances. Un paradoxe, à l'image du chantier de la Sagrada Familia lui-même, où la persécution antireligieuse des années 1930 n'a même pas épargné les plans de Gaudí, détruits par un incendie criminel, mais où aujourd'hui, sur la Tour de Jésus-Christ, se dresse une croix imposante devant laquelle on ne peut s'empêcher, comme le dit la devise du voyage apostolique, de « lever les yeux » .

  • Le bienheureux Edouard Poppe (10 juin)

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    De Dom Antoine Marie, abbé de l'abbaye Saint-Joseph de Clairval (Lettre mensuelle du 15 novembre 2000 reproduite ici avec l'aimable autorisation de son auteur) :

    «N'avez-vous pas remarqué quel nimbe de lumière enveloppe les saints prêtres et illumine tout autour d'eux? Quelles transformations ils suscitent par la silencieuse prédication de leur sainte vie! Que d'imitateurs ils attirent à leur suite, les entraînant dans leur idéal sacerdotal! Puisse Jésus nous faire la grâce d'entrer en contact avec un tel prêtre!» L'auteur de ces lignes, l'abbé Édouard Poppe (1890-1924) – que le Pape Jean-Paul II a béatifié le 3 octobre 1999 –, ne se doutait pas que ses paroles allaient s'appliquer à sa propre histoire.

    Édouard Poppe est né le 18 décembre 1890, dans une famille flamande profondément catholique. Son père, Désiré, et sa mère, Josefa, habitent une modeste maison dans la petite ville de Temse, près de Gand (Belgique). Boulanger de son métier, Désiré travaille dur pour faire vivre les siens. Dans les épreuves, il a coutume de dire: «Il faut toujours être content de la volonté de Dieu». Josefa met dans son ménage une chaude affection en même temps qu'une ferme discipline. Elle assiste chaque jour à la Messe, autant qu'elle le peut, car la famille s'agrandit rapidement. Onze enfants viendront réjouir le foyer: trois mourront en bas âge, les deux garçons deviendront prêtres, cinq filles seront religieuses, une seule restera auprès de sa mère.

    Un enfant espiègle et têtu

    Dès ses premières années, Édouard manifeste un naturel aussi heureux que remuant. Mais il n'est pas un enfant facile: il bouscule tout, au risque de casser bien des choses et de se faire mal. Espiègle et têtu, il ne peut laisser ses soeurs en paix. Celles-ci prennent leur revanche lorsqu'elles le surprennent en train de se peigner devant une glace, prenant alors plaisir à le décoiffer. Édouard va volontiers à l'école, mais préfère tout de même rester à la maison où son exubérance peut plus facilement se donner libre cours. Gourmand, comme beaucoup d'enfants, Édouard s'attaque fréquemment aux friandises de la boulangerie. Cependant, on remarque en lui franchise et gaieté. À douze ans, il fait sa première Communion, puis reçoit la Confirmation. Alors, sous l'influence bienfaisante des sacrements, Édouard devient plus sérieux: farces et taquineries se raréfient.

    Au printemps 1904, M. Poppe s'ouvre à Édouard de projets d'agrandissement de son commerce; il souhaite le voir entrer en apprentissage de pâtissier. Édouard reste tout d'abord muet, car il a résolu de devenir prêtre. Il répond finalement à son père qu'il ne veut pas être boulanger. Quelques temps après, un prêtre ami exprime à M. et Mme Poppe un avis favorable sur la vocation d'Édouard. M. Poppe dit à son épouse: «Je préfère ce que Dieu veut. D'ailleurs ne soyons pas égoïstes. Dieu ne nous a pas donné nos enfants pour nous». C'est ainsi qu'à l'automne, le garçon part pour le Petit-Séminaire Saint-Nicolas à Waas.

    Le 10 janvier 1907, M. Poppe meurt d'épuisement. Édouard, qui a 16 ans, envisage de renoncer pour un temps aux études et de prendre en mains la boulangerie, mais sa mère lui dit: «Papa m'a fait promettre avant de mourir de te laisser poursuivre tes études. Je veux tenir ma promesse».

    En septembre 1910, Édouard est appelé au service militaire, dans la Compagnie universitaire, où il pourra commencer ses études de philosophie. À la caserne, on apprend bientôt son désir du sacerdoce, ce qui lui attire moqueries et provocations. La trivialité et la débauche de ses compagnons lui deviennent insupportables, un «enfer», dira-t-il. De plus, il ne peut assister à la Messe et communier en semaine. Cette privation lui coûte beaucoup. En revanche, l'expérience de la vie militaire l'éclaire sur la misère humaine, et lui sera utile lorsqu'en 1922 on lui confiera le soin des séminaristes et des religieux tenus au service militaire. Après quelques mois, il retrouve la sérénité et puise dans l'Eucharistie, qu'il peut recevoir à nouveau, la force pour transformer l'épreuve en occasion d'apostolat. Il comprend mieux maintenant la vie et les difficultés des soldats et se met au service de tous. Il constate combien les fortes têtes ont besoin d'amitié; grâce à sa gentillesse, à sa serviabilité et à sa bonne humeur, il réussit à ouvrir les coeurs et à porter les âmes à la vie spirituelle.

    Un jour, il découvre la vie de sainte Thérèse de Lisieux: «Ce livre, écrira-t-il, m'a donné plus de plaisir et de profit que n'importe quel ouvrage de philosophie; j'y ai appris des choses que des années d'étude ne m'auraient pas fait découvrir». Ce qui le charme chez la jeune Carmélite, c'est sa façon d'entendre la contemplation, qui correspond si bien à ses goûts: une prière toute simple, familière, pratique, épousant les contours de tous les événements et de toutes les occupations, faisant corps avec la vie, devenue elle-même la vie et sanctifiant tout. Ainsi disparaît le conflit entre prière et travail. Saint Louis-Marie Grignion de Montfort lui apporte le sourire maternel de Marie, mais il semble que le saint préféré de l'abbé Poppe soit saint François d'Assise, à cause de son amour pour la Croix de Jésus.

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  • À Barcelone, Léon XIV sur les traces de Gaudi, architecte missionnaire

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    Une dépêche de l'Agence Fides :

    À Barcelone, Léon XIV sur les traces de Gaudi, architecte missionnaire

    9 juin 2026
     

    par Marie-Lucile Kubacki

    « La nouvelle tour concrétise le projet de Gaudí, son architecte, qui était profondément inspiré par la foi. Il fut le premier à concevoir l’art comme une forme d’annonce évangélique et un langage privilégié de la mission chrétienne », a déclaré le cardinal Pietro Parolin, Secrétaire d’État du Vatican, dans un entretien à Vatican News à l’occasion du voyage apostolique du Saint-Père en Espagne, du 6 au 12 juin 2026.

    À la basilique de la Sagrada Família, le Pape doit présider une messe le 10 juin et participer à l’inauguration de la tour de Jésus‑Christ. En présentant cette tour comme « un phare de rédemption et d’espérance » et « une œuvre d’évangélisation », le secrétaire d’État situe d’emblée la Sagrada Família au‑delà du registre patrimonial: pour le Saint‑Siège, l’édifice manifeste une Église « en constante croissance à travers l’histoire », appelée à conduire les regards vers Dieu.

    Ce cadre éclaire la figure du vénérable Antoni Gaudí et sa contribution à une architecture missionnaire, qui n’est pas le fruit de son seul génie esthétique, mais bien d’un parcours de conversion.

    Né en 1852 dans une famille catolique, l’architecte catalan est d’abord un chrétien plutôt discret, mais les épreuves de la vie, la maladie, les deuils, creusent peu à peu en lui un espace dans lequel se construit la relation avec Dieu. Si lorsqu’il accepte le chantier de la Sagrada Famiglia, il est aussi séduit par la perspective de carrière que lui offre ce projet, le jeune dandy va peu à peu se muer en « moine architecte », selon l’expression célèbre de Patrick Sbalchiero dans son essai Antoni Gaudi. « L’architecte de Dieu », en référence à la pauvreté et à l’ascèse qui caractériseront les dernières années de sa vie.

    La Sagrada Família sculpte le coeur de l’homme en même temps que celui-ci travaille à sa dentelle de pierre. L’oeuvre façonne l’artiste à mesure qu’il confie celle-ci à Dieu. Basilique “expiatoire” - son nom complet est « Temple Expiatori de la Sagrada Família » (« temple expiatoire de la Sainte Famille »)- « exclusivement financée grâce à l’aumône », et par les dons des fidèles et des visiteurs, la construction a connu de nombreuses interruptions notamment en raison des difficultés financières, et demeure un chantier ouvert. Mais en raison de cette histoire particulière, c’est une église de pierres vivantes, faite de foi et de prières, et en celà fortement inspirée.

    Lors de la dédicace de l’église et de son autel en 2010, le pape Benoît XVI avait rappelé que Gaudí, face aux innombrables difficultés qu’il devait affronter, s’était un jour exclamé « plein de confiance en la divine Providence » : «Saint Joseph complètera l’église».

    Ce n’est donc pas seulement un « grand architecte » que vient honorer le pape Léon XIV par sa présence, mais une certaine idée de l’art et de la vocation de l’artiste missionnaire. « Par son œuvre, Gaudí nous montre que Dieu est la vraie mesure de l’homme, que le secret de la véritable originalité consiste, comme il le disait, à revenir à l’origine qui est Dieu. Lui-même, ouvrant ainsi son esprit à Dieu, a été capable de créer dans cette ville un espace de beauté, de foi et d’espérance, qui conduit l’homme à la rencontre de Celui qui est la vérité et la beauté même », affirmait Benoît XVI en 2010.

    Un siècle après la mort de l’architecte, la basilique continue ainsi, par sa singulière beauté végétale, à interpeller près de 5  millions de visiteurs annuels. (Agence Fides 9/6/2026)

  • L'homélie de Mgr Delville, évêque de Liège, lors de la célébration solennelle de la Fête-Dieu en l'église du Saint-Sacrement

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    Homélie de la Fête-Dieu

    6 juin 2026

    Liège, église du Saint-Sacrement

    par Mgr Jean-Pierre Delville, évêque de Liège

     

    Chers Frères et Sœurs,

     Si vous êtes venus à la célébration de la Fête-Dieu à la basilique Saint-Martin ce 4 juin, vous aurez vu que la couleur liturgique était le rouge. Pourquoi ? Parce que le rouge rappelle le sang du Christ, qui est au cœur de la fête du Saint-Sacrement du Corps et du sang du Christ.

     La fête du Saint-Sacrement a commencé à grâce à une vision de sainte Julienne de Cornillon, qui voyait régulièrement dans le ciel la lune à laquelle il manquait une fraction. Elle comprit un jour que la lune signifiait l’Église à laquelle il manquait une fête. La lune à laquelle il manque une fraction fait penser à l’hostie de laquelle le prêtre prélève un fragment pour le mettre dans le vin consacré ; l’hostie, c’est le pain rompu par le Christ pour nous donner la vie ; ce pain rompu, c’est le corps du Christ, qui donne sa vie pour nous. C’est pourquoi sainte Julienne comprit que la fête manquant au calendrier liturgique, c’était la fête du corps et du sang du Christ. Quand Jésus rompit le pain à la dernière cène, il annonçait la rupture de son corps par la mort qu’il allait subir.

     La fraction du corps du Christ appelle le versement de son sang, dont Jésus parle à la fin du repas, en parlant de la coupe de son sang. Comme nous le raconte saint Paul dans sa 1e lettre aux Corinthiens (1 Cor 11, 23-26) : « Le Seigneur Jésus, la nuit même où il fut livré, prit du pain et rendant grâces, le rompit et dit : ‘Prenez et mangez, ceci est mon corps, qui sera livré pour vous ; faites ceci en mémoire de moi’. Après le repas, il fit de même avec la coupe, en disant : ‘Cette coupe est la nouvelle Alliance en mon sang. Chaque fois que vous en boirez, faites cela en mémoire de moi’. » Cela nous rappelle l’action de Moïse, au pied du Sinaï (Ex 24, 7-8) : « Il prit le livre de l’Alliance et en fit la lecture au peuple. Celui-ci répondit : ‘Tout ce que le Seigneur a dit, nous le mettrons en pratique, nous y obéirons’. Moïse prit le sang des taureaux, en aspergea le peuple, et dit : ‘Voici le sang de l’Alliance que, sur la base de toutes ces paroles, le Seigneur a conclue avec vous’. » Il s’agit d’un sacrifice d’alliance, qui rappelle notre eucharistie : on lit le livre de l’Alliance, donc la Bible ; puis on entre dans l’alliance avec Dieu en étant aspergé du sang du sacrifice des taureaux. Lors de la dernière cène de Jésus, on lit aussi la Bible, mais c’est lui qui est la victime et qui donne son sang. On n’en est pas aspergé mais on boit le sacrement de son sang, le signe sacré de sa vie, sous les apparences du vin. Jésus fait le sacrifice de sa vie, alors que Moïse fait le sacrifice d’un taureau : mais dans les deux cas, c’est un sacrifice d’alliance. C’est le signe de notre alliance avec Dieu.

    De plus, il faut savoir que, dans la culture de l’époque biblique, le sang, c’est la vie. Comme dit Dieu à Noé, avec la fin du Déluge (dans Gn 9, 5) : « Quant au sang, votre principe de vie, j’en demanderai compte à tout animal et j’en demanderai compte à tout homme ; à chacun, je demanderai compte de la vie de l’homme, son frère. Si quelqu’un verse le sang de l’homme, par l’homme son sang sera versé. Car Dieu a fait l’homme à son image » (Gn 9, 5-6). C’est pourquoi, Dieu ajoute : « Vous ne devez pas manger la chair avec sa vie, c’est-à-dire avec son sang » (Gn 9, 4). Contrairement à ce précepte, Jésus, lui, dit : « Qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi en lui » (Jn 6, 54). Mais Jésus parle du sacrement, c’est-à-dire du signe efficace, de son corps et de son sang. Par ce sacrement, Jésus nous donne sa vie, sa vie divine, symbolisée par son sang, alors qu’il a donné sa vie en l’offrant sur la croix.

    Le corps et le sang du Christ représentent en même temps un partage de cette vie à chacun de nous et une démultiplication de ses effets. Jésus dit : « Faites ceci en mémoire de moi ». Le corps et le sang du Christ, donnés en communion, nous associent aujourd’hui à sa vie, à sa mort et à sa résurrection. Notre pauvreté est dépassée, nous sommes rassasiés ; nous recevons une vie nouvelle, par notre communion à la pauvreté du Christ.

    Dieu est dans ce partage de la pauvreté et nous communique sa divinité. Et c’est pourquoi, en abrégé, nous appelons « Fête-Dieu » la fête d’aujourd’hui. Nous la célébrons ici dans cette église du Saint-Sacrement d’une manière particulièrement solennelle, dans la forme ancienne du rite romain, parce qu’elle nous permet de garder la richesse de la liturgie, dans la beauté de ses gestes, de ses mots et de ses chants, qui évoquent le mystère d’amour de Dieu qui se donne à nous.

    Frères et Sœurs, dans la communion au Christ nous trouvons la vraie vie, et dans la communion à celui qui souffre, nous trouvons la vraie joie. Ainsi la communion au Christ débouche dans une communion en Église.

    Alors recevons avec foi le corps du Christ qui nous est donné en communion et soyons des témoins de la vraie vie dans notre monde !

    Amen ! Alleluia !