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Spiritualité

  • Une importante conférence mariale à Rome vise à rétablir la « clarté théologique » sur Marie

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    D'Edward Pentin sur le NCR :

    Une importante conférence mariale à Rome vise à rétablir la « clarté théologique » sur Marie

    Virginia Coda Nunziante affirme que le rassemblement d'octobre unira doctrine et dévotion, réaffirmant la coopération unique de la Vierge Marie au salut et sa place permanente dans la vie catholique.

    Statue en marbre de la Vierge Marie et de l'Enfant Jésus dans une niche de façade d'église, avec des éléments architecturaux baroques et Renaissance, à Rome
    Statue en marbre de la Vierge Marie et de l'Enfant Jésus dans une niche de façade d'église, avec des éléments architecturaux baroques et Renaissance, à Rome (photo : Shutterstock)

    Une importante conférence mariale qui se tiendra à Rome le mois prochain vise à réaffirmer le rôle unique de la Vierge Marie dans l'histoire du salut et à aider les fidèles à approfondir leur dévotion envers la Mère de Dieu.  

    La conférence, intitulée De Maria numquam satis (« De Marie, on ne peut jamais en dire assez »), aura lieu les 7 et 8 octobre et portera sur le mystère de la Vierge Marie dans la doctrine, le culte et l'histoire. 

    Parmi les intervenants figureront le cardinal Raymond Burke, le cardinal Gerhard Müller, le théologien pontifical et père dominicain Wojciech Giertych, et le professeur mariologue allemand Manfred Hauke.

    La conférence vise à « jeter un nouvel éclairage en reliant la doctrine à la piété vécue », montrant comment Notre-Dame ouvre, selon les mots de saint Bernard de Clairvaux, « de vastes horizons sur la sagesse et la miséricorde de Dieu », explique l'une des organisatrices, Virginia Coda Nunziante.

    Dans cette interview accordée au Register le 3 septembre, Coda Nunziante, présidente de l'association italienne pro-vie Associazione Famiglia Domani et fondatrice de la Marche italienne pour la vie, donne plus de détails sur la conférence et explique pourquoi elle n'a pas pour but d'alimenter la controverse suite à la réduction très contestée par le Vatican de deux anciens titres mariaux l'année dernière. 

    Elle explique que le séminaire vise plutôt à rétablir une « clarté théologique » autour de Marie, soulignant que la dévotion mariale « n’est pas un ornement facultatif de la vie catholique, mais une dimension intrinsèque de celle-ci ». Coda Nunziante espère qu’en cette période de grand vide spirituel, chaque participant repartira en comprenant « comment Dieu a voulu associer Marie au salut, comment l’Église l’a toujours honorée et comment se tourner vers elle m’aide à suivre le Christ de plus près aujourd’hui ».

    Virginia, pourquoi la conférence De Maria numquam satis est -elle devenue nécessaire maintenant, et comment cela s'est-il produit ?

    Cette conférence est née de l'initiative de plusieurs associations et particuliers catholiques désireux de rendre hommage à la Vierge Marie. Nous vivons à une époque où la figure de Notre-Dame risque d'être reléguée à la marge de la réflexion théologique et de la vie spirituelle, tandis que son rôle unique dans l'histoire du salut est parfois minimisé ou occulté. Il est donc apparu nécessaire de réaffirmer, avec clarté et sérénité, la coopération singulière de la Mère de Dieu à l'œuvre de rédemption et la place qui lui revient dans la vie de l'Église.

    La conférence, qui se tiendra à Rome les 7 et 8 octobre à l'Institut pontifical patristique Augustinianum, n'a pas pour but de conclure une réflexion, mais plutôt d'en lancer un nouveau. Nous espérons qu'elle contribuera à l'émergence d'un véritable mouvement marial, capable d'unir prêtres, religieux et laïcs dans un engagement commun à connaître, aimer et promouvoir la dévotion à Marie.

    Saint Bernard de Clairvaux affirmait que la réflexion sur la Vierge Marie est « inépuisable » et toujours opportune. Comment cette conférence entend-elle réhabiliter cette conception du saint ?

    En effet, le congrès tire son titre de la maxime traditionnellement attribuée à saint Bernard de Clairvaux : « On ne peut jamais assez parler de Marie », afin d’exprimer la conviction que la réflexion sur Marie est inépuisable et toujours d’actualité. Cette phrase de saint Bernard traduit la conception traditionnelle selon laquelle la mission de Marie dans le Christ et dans l’Église ouvre sans cesse de nouveaux horizons à la foi. 

    Il ne s'agit pas ici de « réhabiliter » saint Bernard au sens strict, puisque son enseignement fait déjà partie intégrante du patrimoine spirituel de l'Église. Il s'agit plutôt de lui rendre la visibilité qu'il semble avoir perdue aujourd'hui. La mariologie de saint Bernard est profondément christocentrique : Marie ne garde rien pour elle-même, mais nous conduit toujours au Christ. C'est précisément pour cette raison que le saint affirme que Dieu a voulu que rien ne nous parvienne sans passer par Marie.

    Certaines autorités ecclésiastiques ont récemment tenté de minimiser l'importance des anciens titres mariaux de Co-Rédemptrice et de Co-Médiatrice — qu'espérez-vous que la conférence puisse accomplir pour corriger cet enseignement ?

    Cette conférence n'a pas pour but d'attiser la controverse, mais de rétablir la clarté théologique. Les mots peuvent faire l'objet de distinctions subtiles et d'une discussion prudente, mais nous ne devons pas obscurcir la réalité doctrinale qu'ils expriment. Le Christ seul est l'unique Rédempteur et l'unique Médiateur nécessaire entre Dieu et les hommes, et pourtant la Vierge Marie est associée à son œuvre rédemptrice. La coopération de Marie est entièrement subordonnée, dépendante et dérivée de celle du Christ ; néanmoins, elle est réelle, efficace, unique et universelle. Nous espérons que cette conférence contribuera à faire connaître cette vérité. Notre objectif n'est pas d'opposer Marie au Christ, mais de montrer que la grandeur de Marie manifeste la puissance de la grâce du Christ.

    Concernant Marie Médiatrice, il convient de rappeler que le pape Benoît XV a institué une messe propre à ce titre dès 1921 et a fixé sa fête au 31 mai. Cela signifie que la tradition théologique, mariale et populaire avait déjà intégré ce privilège marial à la vie de l'Église.

    Vous affirmez que la mariologie « demeure l’un des domaines les plus riches et les plus féconds de la théologie catholique, car chaque privilège et chaque vertu de la Vierge ouvre de vastes horizons sur la sagesse et la miséricorde de Dieu ». Comment espérez-vous que cette conférence explorera cette question et, peut-être, apportera un éclairage nouveau sur cet aspect ? 

    Le congrès est structuré de manière à explorer cette richesse à deux niveaux complémentaires :

    • « Dogme et Magistère » (Jour 1) : doctrines fondamentales qui révèlent qui est Marie dans le plan de Dieu.
    • « Culte, dévotion et histoire » (Jour 2) : comment l’Église a prié, honoré et compris Marie à travers les siècles et les cultures. 

    Cette double approche vise à éclairer d'un jour nouveau la doctrine en la reliant à la piété vécue – par exemple, en reliant l'Immaculée Conception à la théologie de l'École romaine, l'Assomption à l'espérance eschatologique, ou Fatima à une théologie de l'histoire. Il en résulte une mariologie non pas abstraite, mais éclairée par l'expérience concrète de l'intercession et de l'exemple de Marie au sein de l'Église.

    En associant des séances dogmatiques (« Maternité Divine », Immaculée Conception, Assomption) à des études historiques et dévotionnelles (École française de spiritualité, Fatima, dévotion latino-américaine), les organisateurs entendent démontrer que chaque privilège et vertu de la Vierge ouvre « de vastes horizons sur la sagesse et la miséricorde de Dieu », exactement comme le suggère l'intuition de Bernard.

    Comment mettre davantage en lumière le rôle de la Vierge Marie dans le salut et donner son exemple unique à l'humanité, qui a tant besoin en ces temps de ténèbres spirituelles de trouver le chemin vers l'amour transcendant de Dieu ? 

    Avant toute chose, il nous faut remettre Marie au centre de la prédication, de la catéchèse et de la vie familiale, en redonnant toute sa place aux fêtes mariales, aux sanctuaires, au Rosaire et à la consécration à son Cœur Immaculé. La dévotion, cependant, doit s'appuyer sur une saine doctrine, car c'est la seule façon d'éviter le sentimentalisme et de devenir une force capable de transformer des vies.

    Cette conférence vise à rétablir l'unité entre doctrine et dévotion, entre la contemplation des privilèges mariaux et la vie chrétienne. Il n'y a pas d'authentique mariologie qui ne conduise à une connaissance plus profonde du Christ ; mais le mystère du Christ ne peut être pleinement compris sans contempler la mission de la Mère que Dieu lui a indissociablement associée.

    Dans les heures les plus sombres de l'histoire, les chrétiens se sont tournés vers elle comme Stella Maris (« Étoile de la Mer ») et Auxilium Christianorum (« Secours des chrétiens »). Aujourd'hui encore, le message de Fatima nous appelle à la prière, à la pénitence et à la conversion, mais il s'achève sur une promesse de victoire : « Enfin, mon Cœur Immaculé triomphera. »

    À la fin de la conférence, qu'espérez-vous le plus qu'un participant puisse dire avoir nouvellement compris au sujet de la Vierge Marie, du Christ et de son Église ?

    Saint Louis-Marie Grignion de Montfort, dans son célèbre Traité de la vraie dévotion à la Vierge Marie , faisant écho à saint Bernard, écrit : « Ceci étant dit, il faut ajouter avec les saints : on ne peut jamais assez parler de Marie. Marie n’est toujours pas suffisamment louée, exaltée, honorée, aimée et servie. Elle mérite encore plus de louanges, de vénération, d’amour et de dévotion. » Si, au terme de ces deux journées entièrement consacrées à Marie, participants et intervenants rentrent chez eux avec un amour plus profond et plus sincère pour Notre-Dame, qui imprègne leur vie quotidienne, alors la conférence aura atteint ses objectifs.

    Comme l'enseignent nos saints, il ne faut pas choisir entre le Christ et Marie, car Marie existe entièrement pour le Christ et conduit infailliblement à lui. J'espère qu'il deviendra clair que la dévotion mariale n'est pas un ornement facultatif de la vie catholique, mais une dimension essentielle de celle-ci.

    En résumé, le résultat idéal est un participant qui puisse dire : « Je comprends mieux comment Dieu a voulu impliquer Marie dans le salut, comment l’Église l’a toujours honorée et comment le fait de me tourner vers elle m’aide à suivre le Christ de plus près aujourd’hui. »

  • Grégory Turpin et Natasha St-Pier dévoilent leur chant inédit pour la visite de Léon XIV en France

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    Du site de Famille Chrétienne :

    Léon XIV en France : découvrez en avant-première le clip de Grégory Turpin et Natasha St-Pier

    10/09/2026

    Grégory Turpin et Natasha St-Pier dévoilent ce 10 septembre en soirée leur chant inédit, « Pour que le monde ait la vie », écrit et composé spécialement pour la visite du pape en France du 25 au 28 septembre. Il sera notamment interprété pendant la veillée des jeunes avec le pape Léon XIV le 25 septembre au soir au Stade de France.

    Produit à l’initiative des Œuvres Pontificales Missionnaires, le titre réunit un collectif d’artistes de la scène chrétienne francophone : Fratoun (Les Guetteurs), Vinz le Mariachi, Floriane de Malestroit, Martin (Praise), Camille (Collectif Pierre), Julien Dodeman (CathoGlad) et Pierre (Christatus).

    Le single figurera également sur l’album produit par Bayard Musique en souvenir de la visite du pape Léon XIV en France, aux côtés des chants qui accompagneront ces journées.
     
  • Jean-Gabriel Perboyre (1802-1840)  martyr en Chine (11 septembre)

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    Jean-Gabriel Perboyre (1802-1840) 
    martyr, de la Congrégation de la Mission  

     Source

    Les années de formation

    Rien n'arrive par hasard. Ni la vie, ni la mort, ni la vocation. JEAN-GABRIEL PERBOYRE naquit à Mongesty, près de Cahors, dans la France méridionale, le 6 janvier 1802, dans une famille qui donna à l'Église trois Lazaristes et deux Filles de la Charité. Dans un tel environnement, il respira la foi, il reçut des valeurs simples et saines et comprit le sens de la vie comme un don.

    Dans l'adolescence, celui " qui appelle chacun par son nom " semblait l'ignorer. Il s'adressa à son frère cadet pour qu'il entre au séminaire. On demanda à Jean-Gabriel d'accompagner le petit frère durant quelque temps, en attendant qu'il s'habitue à son nouveau cadre. Il y était arrivé par hasard et il aurait dû en sortir vite. Mais le hasard révéla aux yeux étonnés du jeune homme des horizons insoupçonnés et que sa voie était ici au séminaire.

    L'Église de France était alors à peine sortie de l'expérience de la Révolution française, avec les vêtements empourprés du martyre de quelques-uns et avec la souffrance de l'apostasie d'un certain nombre. Le panorama offert par les premières années du XIX` siècle était désolant: édifices détruits, couvents saccagés, âmes sans pasteurs. Ce ne fut donc pas un hasard si l'idéal sacerdotal apparut au jeune homme, non comme un état de vie agréable, mais comme le destin des héros.

    Ses parents, surpris, acceptèrent le choix de leur fils et l'accompagnèrent de leurs encouragements. Ce n'est pas un hasard si l'oncle Jacques était Lazariste. Cela explique qu'en 1818 mûrit chez le jeune Jean-Gabriel l'idéal missionnaire. À cette époque la mission signifiait principalement la Chine.

    Mais la Chine était un mirage lointain. Partir voulait dire ne plus retrouver l'atmosphère de la maison, ni en sentir les parfums, ni en goûter l'affection. Ce fut naturel pour lui de choisir la Congrégation de la Mission, fondée par saint Vincent de Paul en 1625 pour évangéliser les pauvres et former le clergé, mais d'abord pour inciter ses propres membres à la sainteté. La mission n'est pas une propagande. Depuis toujours l'Église a voulu que ceux qui annoncent la Parole soient des personnes intérieures, mortifiées, remplies de Dieu et de la charité. Pour illuminer les ténèbres, il ne suffit pas d'avoir une lampe si l'huile vient à manquer.

    Jean-Gabriel n'y alla pas par demi-mesure. S'il fut martyr, c'est parce qu'il fut saint.

    De 1818 à 1835, il fut missionnaire dans son pays. Tout d'abord, durant le temps de la formation, il fut un modèle de novice et de séminariste. Après l'ordination sacerdotale (1826), il fut chargé de la formation des séminaristes.

    L'attrait pour la mission

    Un fait nouveau, mais non fortuit certes, vint changer le cours de sa vie. Le protagoniste en fut encore une fois son frère Louis. Lui aussi était entré dans la Congrégation de la Mission et il avait demandé à être envoyé en Chine, où, entre temps, les fils de saint Vincent avaient eu un nouveau martyr en la personne du bienheureux François-Régis Clet (18 février 1820). Mais, durant le voyage, le jeune Louis, alors qu'il n'avait que 24 ans, fut appelé à la mission du ciel.

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  • Un moine de Solesmes dénonce l'ostracisme anti-latin et anti-grégorien

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    Qui n'en a déjà fait l'expérience : dès qu'il s'agit d'introduire un peu de latin ou de grégorien dans les célébrations liturgiques, on se heurte à l'opposition des responsables de l'animation liturgique de nos paroisses qui considèrent que de telles introductions constitueraient un retour en arrière totalement insupportable.

    L'opinion du Frère Patrice Mahieu, moine bénédictin de Solesmes, publié dans La Croix :

    « L’ostracisme anti-latin et anti-grégorien persiste en France malgré les textes clairs de Vatican II »

     

    À l’heure où le pape Léon XIV œuvre pour la communion ecclésiale, frère Patrice Mahieu, bénédictin de Solesmes, pointe un paradoxe : le latin et le grégorien, pourtant défendus par Vatican II, restent marginalisés dans de nombreux diocèses français. Il appelle à une pacification liturgique.

     

    Les réflexions et contributions visant à retrouver une unité liturgique suivent leur cours, avec bonheur. Il s’agit souvent d’analyses et de propositions approfondies, fondées sur une bonne connaissance de la science liturgique. Ces lignes seront plus modestes et s’en tiendront à une simple réflexion pastorale.

    Avant même de prendre en considération le rite utilisé pour la célébration de la messe, nombre de fidèles souhaitent trouver un climat de prière et d’adoration, une célébration qui aide à nourrir le sens du sacré qui permet une vie spirituelle profonde. Pour certains, les marqueurs principaux sont le latin et le chant grégorien ; il se peut même qu’ils ne distinguent pas bien les deux rites.

    Une attente de latin et chant grégorien

    Je me souviens d’un dimanche de juin, où je venais de concélébrer, avec un père abbé, la messe conventuelle dans un monastère de la congrégation de Solesmes. C’était le missel de Paul VI, intégralement en latin et chant grégorien, avec les seules lectures, l’homélie (!) et la prière universelle en langue vernaculaire. Nous avions pris le canon romain.

    Une fidèle me rejoignit à la sortie de la messe et, en me saluant chaleureusement, s’exclama : « Merci, mon père, pour cette très belle messe tridentine ! » Je lui répondis en lui disant ma joie qu’elle ait pu prier de façon à élever son cœur vers Dieu et lui demandai ensuite : « Qu’est-ce qui vous fait dire que c’était une messe tridentine ? » La réponse fut la suivante : « Vous avez pris le canon avec tous les saints… »

    Voilà ce qu’attendent des fidèles qui se tournent vers le missel tridentin. Certains fidèles n’en demandent pas plus. Leur attente est légitime. Si elle n’est pas accueillie, peut-être seront-ils tentés de trouver ce climat liturgique à n’importe quel prix, y compris dans une participation à la liturgie eucharistique même si le célébrant n’est pas en communion avec l’évêque de Rome.

    Un attachement légitime

    J’appartiens à une génération qui a vécu à la fin des années 1960 et durant les années 1970 un rejet du latin et du chant grégorien, alors même que les principes énoncés dans Sacrosanctum Concilium sont clairs : « L’usage de la langue latine, sauf droit particulier, sera conservé dans les rites latins » (SC 36,1) et « toutefois, soit dans la messe, soit dans l’administration des sacrements, soit dans les autres parties de la liturgie, l’emploi de la langue du pays peut être souvent très utile pour le peuple ; on pourra donc lui accorder une plus large place ». (SC 36,2)

    Un peu plus loin, on lit : « L’Église reconnaît dans le chant grégorien le chant propre de la liturgie romaine ; c’est donc lui qui, dans les actions liturgiques, toutes choses égales d’ailleurs, doit occuper la première place » (SC 116).

    Ce n’est pas le lieu ici de revenir sur la façon dont la réforme liturgique a été mise en place, sur le rôle des commissions conciliaires et post-conciliaires, sur les interventions des autorités ecclésiastiques. Il y aurait certainement beaucoup d’enseignements à en tirer.

    Reste que certains fidèles ont toujours été attachés à la langue latine et au chant grégorien. Cet attachement est légitime, car sanctionné par des documents ayant le plus haut degré d’autorité. Une insatisfaction de ces fidèles, encore maintenant, devrait être prise en compte.

    Un certain ostracisme « anti-latin »

    Nous pourrions nous demander si en France, en juin 2026, chaque diocèse compte suffisamment de messes célébrées intégralement en latin, suivant l’ordo en vigueur, accompagné par le chant propre de l’Église romaine, le chant grégorien.

    D’autre part, les séminaristes qui le souhaitent peuvent-ils facilement être formés à la célébration de la messe conciliaire en latin ? N’y a-t-il pas encore des blocages qui rendent impossible, de façon habituelle, une célébration de la messe en latin telle qu’elle est prévue par le concile ?

    Il n’est évidemment pas question de revenir au tout latin, et l’on voit l’effet pastoral bienfaisant, et la légitimité, qu’a l’utilisation des langues vernaculaires, mais ne rencontre-t-on pas toujours un certain ostracisme « anti-latin » ? De telles attitudes, ou un manque d’initiatives dans le sens de l’accueil des textes du concile, favorisent-ils la communion à laquelle le Saint-Père Léon XIV est si attaché et qu’il cherche à affermir et à entretenir ?

    Pour une pacification liturgique

    Les interventions les plus importantes de l’abbé de Solesmes de l’époque, dom Jean Prou, au concile, concernèrent la restauration de la concélébration qu’il appelait de ses vœux, la défense de la langue latine et du chant grégorien. Le texte conciliaire sur la liturgie montre que la pensée de dom Prou fut largement partagée par les Pères.

    De même, saint Paul VI, durant son pontificat n’a cessé de donner des indications pour que le latin ne soit pas évacué de la liturgie, et que les fidèles de tout pays puissent continuer à chanter en latin certaines parties de l’ordinaire de la messe (gloria, credo, pater…).

    Le climat actuel n’indiquerait-il pas qu’il y aurait une fécondité à ce que ces points du concile soient de nouveau présentés et reçus ? Ne serait-ce pas une contribution importante à la pacification des cœurs, à une pacification liturgique ?

  • Le pape Léon XIV adresse un message aux futurs mariés : l'amour n'est pas un sentiment, mais un choix

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    De Nicolás de Cárdenas sur ACIPrensa :

    Le pape Léon XIV adresse un message aux futurs mariés : l'amour n'est pas un sentiment, mais un choix

    9 septembre 2026

    Le pape Léon XIV livre une réflexion sur l’amour humain dans la préface de la nouvelle édition du « YouCat. L’amour pour toujours », et souligne qu’il ne s’agit pas d’un sentiment éphémère, mais d’une décision, d’un cheminement et d’une alliance pour toute la vie.

    Cette version du catéchisme dédiée aux jeunes qui se préparent à vivre leur vocation au mariage devrait paraître en novembre prochain ; il s’agit de la première à comporter une préface du Souverain Pontife augustinien. La première édition de ce catéchisme avait été publiée une semaine après le décès du pape François, en mai 2025.

    « Votre cœur aspire à l’amour. Un amour profond, passionné et durable », souligne Léon XIV au début du texte d’introduction, précisant que ce désir n’est pas le fruit du hasard, mais qu’il « est le signe que vous avez été créés pour l’amour ».

    À propos de cet enseignement, que saint Augustin a résumé dans sa célèbre expression « notre cœur est inquiet jusqu’à ce qu’il repose en toi », le Souverain Pontife souligne que « Dieu lui-même peut se rendre présent dans l’amour humain et le transformer » de telle sorte qu’« il nous accorde la capacité d’aimer comme lui : en servant, dans un don généreux de soi et, si nécessaire, en pardonnant ».

    Dans le cas de l’amour entre un homme et une femme, poursuit le Pape, « il peut transpercer le cœur comme une flèche, avec fougue et rapidité », mais il ne s’arrête pas là, car « ce n’est pas un sentiment éphémère et passager ».

    « C’est bien plus que cela — ajoute le Souverain Pontife —. C’est un “oui” profond à l’autre, une décision, un chemin et une alliance pour toute la vie » lorsqu’il reflète l’amour de Dieu.

    Aimer jusqu’à la mort, l’ADN du christianisme

    Le Souverain Pontife profite également de l’occasion pour expliquer aux jeunes que le mariage révèle quelque chose du mystère divin : « Lorsqu’un homme et une femme se donnent entièrement l’un à l’autre dans l’amour, Dieu prend vie au milieu d’eux. Leur fidélité, leur pardon et leur lutte quotidienne pour le bien sont un reflet de l’amour du Christ pour son Église ».

    De plus, Léon XIV a encouragé les jeunes à ne pas avoir peur de la profondeur du « grand amour » auquel ils sont appelés, car « il est suffisamment fort pour surmonter les difficultés et assez grand pour vous soutenir tout au long de votre vie ».

    Cet amour « n’est pas parfait, mais il grandit à la lumière de la foi », c’est « un don de Dieu que nous ne pouvons pas produire par nous-mêmes » et, contrairement à l’amour humain entaché de désirs égoïstes, « il est désintéressé, patient et bienveillant, et possède toutes ces merveilleuses qualités que saint Paul énumère dans la Lettre aux Corinthiens ».

    Pour le Souverain Pontife, « c’est en contemplant la croix de Jésus-Christ que nous voyons la plus belle image du véritable amour », où se confirme qu’« il nous aime tant qu’il était prêt à mourir pour nous. C’est là l’ADN du christianisme, le commandement du Christ ».

    Enfin, le Souverain Pontife salue le contenu du YouCat. « L’amour pour toujours », à travers de nombreux témoignages de jeunes issus de plus de 30 pays, atteste « que l’idéal auquel le Christ nous appelle est un trésor fascinant » et constitue une invitation à ouvrir son cœur « à un projet qui dépasse tout rêve humain ».

    Il sert de préparation à un « oui » qui ne vaut pas seulement pour un jour, mais pour toute la vie ; un « oui » qui, à l’image de l’amour de Dieu, est infatigable et fidèle », conclut Léon XIV, avant de prier pour que les jeunes répondent « avec confiance et courage à la plus belle de toutes les vocations : la vocation à l’amour ».

    Nicolás de Cárdenas : né en 1980, je suis un mari et père de famille espagnol, ainsi qu’un journaliste comptant plus de 20 ans d’expérience dans la presse écrite et numérique, spécialisé dans l’actualité sociopolitique et religieuse. J'ai travaillé pendant plus de 10 ans dans la défense des droits de l'homme et je suis titulaire de diplômes en journalisme et en communication intégrale. Depuis juillet 2022, je suis correspondant d'ACI Prensa et d'EWTN Noticias en Espagne, où je couvre les événements internationaux de l'Église catholique.

  • Saint Nicolas de Tolentino (10 septembre)

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    Saint Nicolas de Tolentino

    De SPIRITUALITÉ SUR RADIO-SILENCE :

    (Quelques Saints du Mois par Paulette Leblanc)

    St Nicolas de Tolentino (vers 1245-1305 ou 1310)

    Nicolas dit de Tolentino, ainsi appelé en raison de son long séjour dans cette localité, naquit dans le bourg de Saint-Ange proche de Fermo, ville italienne de la région des Marches, située à 67 km au sud de Lancône. Ses parents, Compagnonus de Guarutti et Amata de Guidiani, très pieux, se désolaient de ne pas avoir d'enfant ; aussi firent-ils un pèlerinage à Bari, au sanctuaire de Saint Nicolas de Myre, le priant d'intercéder auprès de Dieu pour qu'ils aient un fils. Et ce fils leur fut accordé. Et ce fils naquit vers 1245. Et il reçut le nom de Nicolas.

    La naissance de Nicolas avait été exceptionnelle. Sa jeunesse, pour autant qu'on le sache, le fut également. Ainsi, dès sa plus tendre enfance, Nicolas manifesta de nombreuses vertus. À peine âgé de sept ans, imitant, dit-on, son saint patron, saint Nicolas de Myre, il commença à jeûner trois fois par semaine, se contentant de pain et d’eau.

    Un jour, Nicolas jeune adolescent, s’enrôla dans la milice ecclésiastique, les chanoines, et fut pourvu d’un canonicat. Bientôt, un jour qu’il assistait au sermon qu’un prédicateur de l’Ordre des Ermites de saint Augustin sur le mépris du monde, il fut profondément touché, et immédiatement il entra dans cet Ordre. On pense qu'il avait environ 16 ans. Nicolas, Ermite de Saint Augustin observait les préceptes de la vie religieuse dans leur plus rigoureuse exactitude, pratiquant les grandes vertus chrétiennes et les mortifications autorisées, tout en illuminant ses frères par son humilité et sa grande charité.

    Nicolas fut bientôt envoyé dans plusieurs couvents de son ordre, pour se former à cette vie d'ermite et il devint prêtre au couvent de Cingole. En 1279, il fut envoyé à Tolentino. Là, il dut s'occuper de la catéchèse tant des enfants que des adultes ignorants. Il devait aussi prêcher la Parole de Dieu, confesser, et convaincre les cœurs les plus rebelles à la Loi de Dieu. Ses sermons embrasaient les plus indifférents du feu de l'amour divin ; sa douceur ramenait les plus désespérés dans la voie du salut. Malgré ses nombreuses tâches, Nicolas demeurait toujours absorbé en Dieu, uni aux souffrances de Jésus. Parfois, pendant qu'il disait sa messe, son visage rayonnait malgré les larmes qui inondaient ses yeux. Quand il travaillait, on croyait voir un ange tant le feu divin brûlait dans sa poitrine. Pendant les trente années qu'il passa à Tolentino, son zèle pour le salut des âmes obtint de nombreuses conversions. Comme nous l'avons vu, Nicolas de Tolentino fut favorisé de visions et de miracles ; et le démon le tourmentait souvent.

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  • « Ne sacrifiez pas votre jeunesse sur l'autel des plaisirs illusoires et de la superficialité. » (Léon XIV)

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    MESSAGE VIDÉO DU PAPE LÉON XIV
    À L’OCCASION DE LA PREMIÈRE ÉDITION DES JOURNÉES DE LA JEUNESSE DE L’AFRIQUE DE L’OUEST
    [7 - 12 septembre 2026]


    Chers jeunes,

    La paix soit avec vous !

    Je suis heureux de me joindre à vous en cette joyeuse occasion de la première Journée de la Jeunesse de l’Afrique de l’Ouest. Je me réjouis de cette belle initiative des Conférences épiscopales de vos pays, qui ont placé les jeunes au cœur de leurs priorités pastorales. Je suis convaincu que ces moments puissants passés ensemble vous aideront à grandir dans la foi et à vous enrichir toujours plus profondément de valeurs telles que la rencontre et l’ouverture aux autres.

    À une époque où tant de crises semblent obscurcir votre horizon, je souhaite vous encourager à avancer sans perdre espoir. Je sais combien le poids du doute, de l’incertitude et, parfois, de l’insécurité peut peser lourdement sur vos épaules et bouleverser vos projets d’avenir.

    Cependant, vous n’êtes pas une jeunesse sacrifiée comme beaucoup peuvent le penser. Dans l’Église-Famille de Dieu, vous êtes l’aujourd’hui de Dieu, l’aujourd’hui de l’Église ! Comme le disait le Pape Benoît XVI, « vous êtes riches de qualités, d’énergies, de rêves et d’espérances, des ressources que vous possédez en abondance. Votre jeunesse est un trésor inestimable, non seulement pour vous-mêmes, mais aussi pour les autres, pour l’Église et pour le monde » (Message à l’occasion de la XXV Journée Mondiale de la Jeunesse, 22 février 2010).

    L’un des défis auxquels vous êtes confrontés est celui de marcher ensemble pour contribuer à un changement positif dans vos sociétés. Marcher ensemble signifie veiller à ce que personne ne soit marginalisé, isolé, exclu ou rejeté. Soyez des bâtisseurs de ponts entre les peuples, les cultures et les religions. Nous devons nous engager à vivre comme Jésus, notre Maître et Seigneur, a vécu, lui qui n’a exclu personne de son chemin. Il a reconnu la présence de Dieu en ceux qui vivaient aux marges de la société, même en ceux qui n’appartenaient pas à son propre peuple.

    Chers jeunes, je compte sur vous et je vous fais confiance, l’Église vous fait confiance. Par vos paroles et vos actions, donnez un message fort à notre monde traversé de guerres et de conflits de toutes sortes. Soyez les témoins de l’amour, de la justice, de la paix. Ne sacrifiez pas votre jeunesse si précieuse sur l’autel des plaisirs factices et de la superficialité. En effet, « nos questions les plus profondes ne trouvent ni écoute ni réponse dans le défilement infini sur notre téléphone portable, qui capte notre attention tout en laissant notre esprit fatigué et notre cœur vide. Elles ne nous mènent pas loin si nous les gardons enfermées en nous-mêmes ou dans des cercles trop restreints. La réalisation de nos désirs authentiques passe toujours par le fait de sortir de nous-mêmes » (Message pour la XL Journée Mondiale de la Jeunesse, 7 octobre 2025).

    Je vous confie à la Vierge Marie, Reine de la Paix, en pensant particulièrement à ceux de vos pays qui, parfois, font face à des crises complexes. Qu’elle intercède auprès de son Fils, Jésus-Christ, pour le développement humain intégral de vos chères nations. Sur vous, sur le clergé et sur tous ceux qui œuvrent auprès des jeunes, j’invoque une abondance de grâces divines.

    Et maintenant je vous donne de tout mon cœur la Bénédiction :

    Que le Seigneur vous garde toujours dans son amour.

    Le Seigneur soit avec vous. Que Dieu tout-puissant vous bénisse, le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Amen.

  • Béatification de Fulton Sheen (suite) : au-delà des cclichés, la leçon du « communicateur »

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    De Marie-Lucile Kubacki sur le site de l'Agence Fides :

    BÉATIFICATION DE FULTON SHEEN/II - Au-delà des clichés. La leçon du « communicateur » Fulton Sheen

    7 septembre 2026 
     

    Foundation Archbishop Fulton Sheen

    New York (Agence Fides) - Le futur bienheureux n’a pas conquis l’Amérique uniquement grâce à l’essor de la télévision. Sa popularité est née de la rencontre entre une formation théologique rigoureuse, un langage ancré dans la vie quotidienne et une attention portée aux questions concrètes d’un très large public.

    Lorsque Fulton J. Sheen fit sa première apparition à la télévision, le 12 février 1952, ce nouveau média faisait son entrée dans les foyers américains et commençait à modifier les habitudes et le rythme de vie des familles. Son émission, intitulée de manière significative *Life Is Worth Living* (« La vie vaut la peine d’être vécue »), était diffusée dans une tranche horaire très disputée, face à des émissions de divertissement animées par Milton Berle et Frank Sinatra.

    À première vue, le défi semblait démesuré : pas de variétés, pas de décors spectaculaires, pas de défilé d’invités. Juste un Évêque, un bureau, quelques livres, une statue de la Vierge à l’Enfant et, parfois, un tableau noir. Une austérité presque provocatrice.

    Et pourtant, comme le retrace Thomas Reeves dans *America's Bishop: The Life and Times of Fulton J. Sheen* (Encounter Books, San Francisco, 2001), en quelques semaines, l’émission devint un phénomène national. La chaîne DuMont recevait des milliers de lettres chaque semaine ; les demandes pour assister aux enregistrements dépassaient largement le nombre de places disponibles ; l’émission s’étendit rapidement à de nouvelles chaînes. En 1952, Sheen remporta l’Emmy de la personnalité télévisuelle de l’année, devançant des figures déjà bien établies du monde du spectacle américain. Dans son discours de remerciement, il lança : « Je tiens à remercier mes quatre auteurs : Matthieu, Marc, Luc et Jean », dit-il en citant les noms des quatre évangélistes.

    Le « phénomène Fulton Sheen » ne s’explique toutefois pas uniquement par le charme d’une personnalité naturellement « télévisuelle », par sa voix unique, par son regard dirigé vers la caméra ou par une présence scénique acquise au fil de décennies de prédication. Le média offrait une opportunité extraordinaire ; ce qui a rendu son succès durable, c’est la substance de ses propos.

    La simplicité n'est pas du simplisme, mais le fruit d'un travail intense

    Sheen n'a pas considéré la télévision comme un raccourci pour rendre le christianisme plus « à la mode ». Il l'a plutôt perçue comme un espace où la foi pouvait affronter, avec intelligence et sans crainte, les inquiétudes de la modernité.

    Si chacune de ses interventions semblait couler comme l'eau d'une rivière, c'était le fruit d'un travail constant. Pour les émissions de radio des années 1930, il estimait consacrer entre quarante et soixante heures de préparation, raconte Reeves ; pour chaque épisode télévisé, il en consacrait environ trente. « Être un bon orateur », expliquait-il, « c’est à dix pour cent de l’exposé et à quatre-vingt-dix pour cent de la réflexion, de l’étude, de l’effort et du travail acharné ». Il ne lisait pas de texte devant les caméras et ne recourait pas à des souffleurs : il élaborait de nombreux plans, les revoyait et les éliminait jusqu’à ce que la structure du sujet lui soit devenue familière au plus profond de lui-même. C’est de là que provenait ce naturel que de nombreux téléspectateurs prenaient pour de l’improvisation.

    Avant le petit écran, il y avait eu la radio. Sheen y fit ses débuts dès 1928 et, à partir de 1930, il devint une voix régulière de l’émission « Catholic Hour », une émission nationale diffusée aux États-Unis pour faire connaître la doctrine catholique et favoriser des relations plus cordiales entre les différentes communautés religieuses. Ses discours, préalablement soumis à l’examen des autorités ecclésiastiques, étaient brefs mais d’une grande densité. En 1933, l’émission était diffusée par 54 stations de la NBC ; elle recevait environ trois mille lettres par mois et plus de 1,3 million d’exemplaires imprimés des interventions avaient déjà été distribués. En 1940, le nombre de stations était passé à 106 et les rééditions des discours de l’intégralité de la série avaient atteint des millions d’exemplaires.

    Malheureusement, l’émission de radio de Sheen n’offrait ni évasion ni « divertissement » facile. Elle abordait la crise économique, la liberté, la dignité du travail, la guerre, la paix, la souffrance, le rapport entre foi et raison, ainsi que les idéologies de son époque. En examinant le fascisme et le communisme, par exemple, il mettait en lumière un trait commun : tous deux tendaient à absorber l’individu dans l’État et à le priver, progressivement, de sa liberté et de sa responsabilité. Ses propos pouvaient être vigoureux et reflétaient les polémiques de l’époque, mais le fil conducteur était la défense de l’homme en tant que créature appelée par Dieu, et non en tant que rouage d’un pouvoir politique ou économique.

    Le véritable acteur de l'évangélisation n'est pas l'animateur vedette, mais le Saint-Esprit

    Ce choix a également marqué la télévision.

    « Life Is Worth Living » n’était pas conçu comme un cours de catéchisme destiné à un public déjà convaincu. Avant chaque intervention, il se posait deux questions : quel était le but de l’émission et quelle impression en retireraient les non-catholiques ? À la première, il répondait par les paroles de saint Paul : annoncer « le Christ, et le Christ crucifié ». Quant à la seconde, il y voyait une responsabilité culturelle précise : ne pas répondre aux caricatures du catholicisme par l’autodéfense, mais en montrer de l’intérieur la réalité et le bien-fondé.

    Sheen décrivait sa méthode en ces termes : « En partant de ce que le public et moi avions en commun, je passais progressivement du connu à l’inconnu, c’est-à-dire à la philosophie morale et chrétienne. » C’est pourquoi il ne cherchait pas à forcer les adhésions. « Il n’y a jamais eu de tentative de ce qu’on pourrait appeler du prosélytisme », observait-il ; il appartenait à l’auditeur de reconnaître si ce qu’il entendait correspondait à un manque, à une question, à un besoin présent dans sa propre existence. La lumière qui pouvait atteindre une personne, ajoutait-il, était l’œuvre de l’Esprit, et non de Sheen.

    Le point de départ était souvent étonnamment concret. Il parlait de la fatigue et de la manière de la surmonter ; de l’ennui au travail ; de l’éducation des adolescents ; de la solitude ; du caractère ; de la liberté ; de l’angoisse engendrée par la guerre et la menace atomique. Il commençait souvent par une anecdote ou une boutade, parfois délibérément simple, pour briser la distance entre l’Évêque et ceux qui étaient assis chez eux. Puis le discours changeait de ton : de l’ironie, il passait au diagnostic moral, de l’expérience quotidienne à la question du destin de l’homme, jusqu’à la proposition chrétienne. C’était une manière de reconnaître que l’annonce de l’Évangile s’adresse à des personnes qui ont chacune leur histoire et leurs propres questions. Face à ces questions, Sheen ne réduisait pas l’horizon de la foi à un répertoire de conseils psychologiques à la va-vite ; il prenait le temps d’écouter et montrait que les sacrements, la prière, la vie morale et la grâce sont au cœur d’une vie épanouie. Sa formule de conclusion, « God love you », après avoir évoqué les conflits, les échecs et les inquiétudes, laissait le spectateur dans une attitude de contemplation de la miséricorde de Dieu.

    Il est possible de toucher un large public en recourant à des références théologiques et culturelles élevées.

    Fulton Sheen avait reçu une formation complète. Professeur de philosophie à l’Université catholique d’Amérique, formé également à Louvain, il possédait une solide connaissance de la tradition thomiste. Sa réflexion s’inspirait de la métaphysique et de l’anthropologie chrétiennes, de la doctrine de la création, de la reconnaissance de la réalité du péché originel, de la liberté personnelle et de la vocation transcendante de l’homme. Dans ses ouvrages et ses émissions, Saint Thomas d’Aquin était la clé permettant de distinguer la raison du réductionnisme, la liberté de l’arbitraire, l’espérance de l’utopie politique.

    Mais sa culture ne se limitait pas au seul domaine théologique. Pour toucher un public diversifié, Sheen savait faire appel à une vaste constellation de références littéraires, historiques, philosophiques et scientifiques, avec une grande rigueur. Le rapprochement avec G. K. Chesterton, qui lui valut en Angleterre le surnom de « Chesterton américain », met en évidence l’une de ses affinités les plus manifestes : le goût du paradoxe, une apologétique capable d’émerveillement, la conviction que le christianisme ne restreint pas le réel mais le rend plus intelligible. Dans ses interventions figuraient également Platon et Aristote, Saint Augustin et Dante Alighieri, Blaise Pascal et John Henry Newman, Shakespeare et Charles Dickens, ainsi que des figures de la pensée moderne telles que Søren Kierkegaard ou Karl Gustav Jung. Lorsqu’il abordait les thèmes de la science, de la technique et de la guerre atomique, il n’hésitait pas à citer ou à évoquer Démocrite, Albert Einstein, Leo Szilard, le physicien et astronome James Jeans, le généticien Hermann J. Muller, Winston Churchill et même Alexandre le Grand…

    Cette richesse de références n'avait rien d'une démonstration érudite de « name dropping ». Sheen utilisait la culture comme un pont. Il faisait comprendre à son auditoire que la foi chrétienne pouvait dialoguer avec la philosophie antique, la littérature, la recherche scientifique et le drame politique du XXe siècle. Il partait du principe qu’un public populaire pouvait être initié à des questions complexes si le communicateur respectait son intelligence et trouvait les mots, les images et les passages capables de l’accompagner. Une approche diamétralement opposée à celle d’une communication soi-disant « moderne », façonnée par les réseaux sociaux, qui mise sur les slogans et les phrases chocs, et évalue le succès d’un article ou d’une émission au seul critère du nombre de clics. En effet, Sheen n’aimait pas les slogans ni les clichés.

    La communication de masse et la rencontre avec l'individu

    Le succès de Sheen reposait également sur le dialogue et la rencontre. À l’époque de « Catholic Hour », l’émission prévoyait un long créneau réservé aux questions posées par les auditeurs présents en studio et aux réponses données à brûle-pourpoint. Les lettres arrivaient, contenant des demandes d’éclaircissements, des questions personnelles, des interrogations sur la foi et des appels à l’aide. Dans les années 1940, l’énorme volume de correspondance nécessitait des secrétaires et du personnel dédié ; Sheen dictait chaque jour des centaines de réponses. Il consacrait du temps personnel aux personnes qui demandaient une instruction religieuse, souvent pendant des dizaines d’heures. À ses yeux, la communication de masse ne remplaçait pas la rencontre avec l’individu. Bien au contraire. Elle partait de la rencontre avec l’individu, et c’est précisément cette rencontre qui touchait la masse grâce au charme qui se dégageait de l’authenticité de ces rencontres singulières, c’est-à-dire de son expérience médiatique et pastorale.

    Toute son œuvre et ses activités trouvaient leur source dans une véritable vie de prière et d’intimité avec Dieu. Avant de passer à l’antenne, Sheen s’arrêtait en silence pour prier. Puis il entrait en scène avec une discipline presque théâtrale : des temps maîtrisés, des gestes sobres, des pauses étudiées, l’emploi de la voix, le regard tourné directement vers la caméra. Pour lui, la caméra était le seuil d’une maison, et donc d’une conscience. Sa capacité à « s’adresser à tous » découlait de son choix de n’humilier personne par des formules toutes faites ou des oppositions identitaires. Parce qu’il avait une haute considération de la mission, il estimait que le communicateur chrétien ne vend pas un produit ni ne travaille pour sa propre gloire, mais annonce le Christ… ce qui implique d’être encore plus exigeant envers soi-même afin de ne pas entraver la force d’attraction du Ressuscité.

    Les recettes et la visibilité des émissions étaient liées au soutien des œuvres missionnaires par le biais de l’Œuvre Pontificale pour la Propagation de la Foi (Society for the Propagation of the Faith).
    L’essor de la télévision a permis à Fulton Sheen d’entrer dans des millions de foyers. Mais ce n’est pas la technologie, à elle seule, qui lui a valu d’être écouté. Sa voix a trouvé un écho parce qu’il ne traitait pas le public comme une audience à conquérir ni comme une masse à laquelle il suffisait de lancer quelques formules toutes faites, mais comme un ensemble de personnes et de visages à prendre au sérieux : prêts à se laisser interroger, marqués par des questions authentiques, ouverts à la vérité

    C’est peut-être dans cette alliance entre rigueur intellectuelle, charisme personnel, foi vécue et attention portée aux inquiétudes du cœur humain que réside la raison la plus profonde de son succès médiatique hors du commun. (Agence Fides (07/09/2026)

    Lire également : Béatifié et « inspirant » : pourquoi les catholiques de la génération Z succombent au charme de Fulton Sheen

  • Saint Pierre Claver (9 septembre)

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    Du site des Jésuites de la Province de France :

    Pierre Claver naquit à Verdu, en Espagne, en 1580. Il étudia les lettres et les arts à l'université de Barcelone à partir de 1596 et entra dans la Compagnie en 1602. Spécialement encouragé par saint Alphonse Rodriguez, portier du collège de la Compagnie à Majorque, il répondit à la vocation missionnaire qu'il entendit alors.

    Ordonné prêtre en 1616 dans la mission de Colombie, c'est là que, jusqu'à sa mort, il exerça son apostolat parmi les Noirs réduits en esclavage, devenu par un vou spécial " esclave des Nègres pour toujours ". Epuisé, il mourut à Carthagène, en Colombie, le 8 septembre 1654. il fut canonisé en 1888 par Léon XIII.

    Lettre de saint Pierre Claver

    Annoncer l'Evangile aux pauvres, guérir les coeurs blessés ; annoncer aux prisonniers qu'ils sont libres.

    Hier, 30 mai 1627, jour de la Sainte Trinité, débarquèrent d'un énorme navire un très grand nombre de Noirs enlevés des bords de l'Afrique. Nous sommes accourus portant dans deux corbeilles des oranges, des citrons, des gâteaux et je ne sais quoi d'autre encore. Nous sommes entrés dans leurs cases. Nous avions l'impression de pénétrer dans une nouvelle Guinée ! Il nous fallut faire notre chemin à travers les groupes pour arriver jusqu'aux malades. Le nombre de ceux-ci était considérable ; ils étaient étendus sur un sol humide et boueux, bien qu'on eût pensé, pour limiter l'humidité, à dresser un remblai en y mêlant des morceaux de tuiles et de briques ; tel était le lit sur lequel ils gisaient, lit d'autant plus incommode qu'ils étaient nus, sans la protection d'aucun vêtement.

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  • «Demandons à Marie son Bon Conseil, pour accueillir la Parole divine» (Léon XIV)

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    SAINTE MESSE DE LA NATIVITÉ DE LA B.V. MARIE
    HOMÉLIE DU SAINT-PÈRE LÉON XIV
    Genazzano, Sanctuaire de la Mère du Bon Conseil
    Lundi 7 septembre 2026


    Chers frères et sœurs,

    Comme vous vous en souvenez, déjà « dans les premiers jours du pontificat, j’ai senti le devoir et un profond désir de m’approcher de Genazzano, du sanctuaire de Notre-Dame du Bon Conseil, qui, tout au long de ma vie, m’a accompagné de sa présence maternelle, de sa sagesse et de l’exemple de son amour pour le Fils, qui est toujours le centre de ma foi » (Dédicace dans le livre des signatures du Sanctuaire, 10 mai 2025). C’est avec joie que je suis de nouveau ici, pour célébrer avec vous la Vigile de la Nativité de la Très Sainte Vierge et confier à Marie Enfant ce qui, dans cette pauvre et magnifique humanité, naît encore : fragile comme un germe, mais signe de la fidélité de Dieu. Oui, Marie est l’aurore d’un jour différent, de notre monde enfin libéré du mal. Et nous voici auprès d’Elle, autour de l’Autel d’où le salut vient à nous et nous transforme, fils dans le Fils. Demandons-lui son Bon Conseil, pour accueillir la Parole divine, la garder en nous et la mettre au monde à travers des décisions courageuses et sages, des décisions d’authentique conversion.

    Très chers amis, en ce lieu d’antique présence augustinienne, je reviendrai sur les pages bibliques que nous venons d’entendre, avec l’aide de saint Thomas de Villeneuve, frère et évêque augustinien qui, en consacrant sa vie au service des pauvres, a pénétré en profondeur la vérité de la foi. Il a su voir le paradoxe de la petitesse et, pour ainsi dire, de la marginalité de Marie, rendue centrale dans l’économie du salut. Demandons-nous : que devait être, au temps de Joachim et d’Anne, la naissance d’une petite fille ? Saint Thomas creuse en profondeur : « J’ai réfléchi maintes fois – écrit-il – et je me suis demandé pourquoi les évangélistes, qui ont parlé si longuement de saint Jean-Baptiste et des apôtres, nous racontent de façon si succincte l’histoire de la Vierge Marie, qui les surpasse tous par son histoire et sa stature personnelle. Pourquoi, me demande-je, ne nous a-t-on pas décrit la manière de sa conception, de sa naissance, de son éducation, de ses habitudes, des vertus qui l’ornaient, quel rapport humain elle entretenait avec son fils, comment elle se reliait à lui, comment elle a vécu avec les apôtres après son Ascension ? Toutes ces choses étaient importantes et les fidèles les auraient lues avec une dévotion singulière et elles auraient plu au peuple. Ô évangélistes, je m’adresse à vous ! Pourquoi nous avez-vous privés d’une si grande joie par votre silence ? Pourquoi avez-vous omis des détails si joyeux, si attendus, si agréables ? » (Œuvres complètes VII, 266,8).

    Nous trouvons dans ces paroles une suggestion importante pour notre foi : interroger l’Écriture et ses auteurs, discuter avec le texte et dialoguer avec les témoins de la Révélation, comme avec des amis. Nous sommes en effet « concitoyens des saints et familiers de Dieu » (Ep 2,19) et de Marie elle-même nous apprenons l’intelligence qui converse avec Dieu, qui pose des questions (cf. Lc 1,34) et interprète les événements en les gardant et en les reliant dans le cœur (cf. Lc 2,19.51). L’Évangile selon Matthieu, cependant, semble donner raison par son silence à saint Thomas de Villeneuve. Nous l’avons entendu : de Marie, il rapporte la présence, mais pas une parole. Et pourtant, le simple être-là de Marie – et du Fils en elle – meut l’histoire tout entière : celle de Joseph et de toute sa maison. La présence de Marie provoque comme un saut dans la généalogie, comme une nouveauté inattendue, capable de modifier non seulement les attentes, mais aussi les comportements prévisibles d’un homme. Ce que Joseph entend, ce qu’il décide et ce qu’il fait, en effet, est réponse à Dieu et à la présence de Marie, à sa différence absolue, qui dépasse tout discours et tout récit possibles. En Marie le salut trouve demeure : Dieu avec nous !

    Notre saint Thomas écrit encore : « Eh bien, au sujet de ces réflexions auxquelles je me référais, sur la raison pour laquelle un livre n’a pas été écrit sur les gestes de la Vierge, comme cela a été fait pour les gestes de Paul, […] il ne me vient à l’esprit que ceci : c’est ainsi parce que cela a plu ainsi à l’Esprit Saint, et que, sous son impulsion, les évangélistes, à son sujet, se sont tus, pour la simple raison que la gloire de la Vierge, comme nous le lisons dans le psaume, était tout entière en elle (cf. Ps 44,14 Vulgate), et qu’elle pouvait être imaginée plus que décrite, et que, comme synthèse de son histoire, suffit ce qui est exprimé dans le titre : que d’elle naquit Jésus. Que veux-tu savoir d’autre ? Que cherches-tu d’autre dans la Vierge ? Qu’il te suffise de savoir qu’elle est la Mère de Dieu » (ibid.).

    Chers frères et sœurs, nous éprouvons comme un vertige devant ce Mystère : il est impossible de s’y habituer ! Nous célébrons la naissance d’une petite fille appelée à devenir la Mère de son Créateur, la Mère de Dieu qui sauve. Et pourtant, c’est simplement une petite fille qui naît, comme les filles et les petites-filles que nous tenons dans nos bras. Nous avons aujourd’hui pour elle des titres nobles et très élevés, de Dame et de Reine, mais la voie de Dieu a été et demeure plus simple et plus silencieuse, et pourtant non moins puissante et transformatrice. C’est la voie de Jésus lui-même, « le premier-né d’une multitude de frères » (Rm 8,29). Eh bien, comme Marie, nous aussi sommes « prédestinés à être conformes à l’image du Fils » (ibid.) : par grâce, certes, mais en désirant et en préférant à d’autres voies son chemin, ses choix, sa route. En Jésus-Christ, Dieu a choisi les conditions historiques les plus humbles et la plus humble des créatures pour manifester l’originalité de son Royaume, où la prépotence n’a pas de place et où l’omnipotence est création, service et soin de la vie.

    Saint Thomas de Villeneuve ajoute ensuite : « Laisse courir ton imagination, élargis les confins de la compréhension et peins dans le plus profond de ton âme une jeune fille très pure, très prudente, très belle, très dévote, très humble, très douce, pleine de toute grâce, très riche de sainteté, ornée de toutes les vertus, embellie de tous les charismes, absolument agréable à Dieu ; amplifie-la autant que tu peux, imagine autant que tu es capable » (ibid.). Saint Thomas nous invite à ce merveilleux exercice d’imagination. Et il observe : « L’Esprit Saint ne l’a pas décrite par écrit, mais a attendu que tu la peignes intérieurement » (ibid., VII, 266,9). Chers frères et sœurs, c’est bien ainsi : dans la prière contemplative prend forme ce que le monde ne nous raconte pas, mais qui existe déjà ; ce qui est encore invisible, mais qui possède en soi un nouveau type de force. Il ne s’agit pas de fantaisie, mais de prophétie. Nous en avons besoin, en des temps de destruction et d’incertitude, pour voir l’œuvre de Dieu et la servir.

    Le prophète Michée, dans la minuscule Bethléem, a pressenti le lever d’un Roi de paix, grâce auquel habiter la terre enfin en sécurité (cf. Mi 5,1-4). Et aujourd’hui, dans l’oraison de collecte, en nous tournant vers la petite Marie, nous avons demandé que « la fête de sa naissance accroisse en nous la paix ». Oui, très chers amis, nous voulons imaginer la paix – élargir les confins de la compréhension et nous la peindre dans l’âme – pour reconnaître qu’elle existe déjà, pour l’accueillir et la servir. C’est le don de Dieu, le souffle du Ressuscité, l’œuvre de l’Esprit Saint. Laissons croître la paix en nous. Elle germera dans le monde. Et la Mère du Bon Conseil nous accompagnera dans cette mission.

  • La Nativité de la Vierge Marie; historique de la fête

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    la Naissance de la Vierge - Giotto (XIVe s.) Padoue

    Historique de la fête de la Nativité de Marie (missel.free.fr)

    Il faut assurément chercher l'origine de la fête de la Nativité de la sainte Vierge en Orient où le synaxaire de Constantinople la marquait déjà au 8 septembre1, selon ce qu’avait décrété l’empereur Maurice (582 + 602).  Il est probable que l’Eglise de Jérusalem fut la première à honorer le souvenir de la Nativité de Notre-Dame qu’elle célébrait dans une basilique proche de la piscine probatique, sur l’emplacement de la maison où, suivant la tradition, serait née la sainte Vierge.

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  • La Nativité de la Vierge Marie (8 septembre)

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    Homélie du Père Joseph-Marie Verlinde fsJ (homelies.fr - archive 2008)

    Tous les mystères que nous célébrons dans la liturgie procèdent et convergent vers le mystère de l’Incarnation rédemptrice. C’est donc à la lumière de la victoire de Jésus ressuscité sur le péché et sur la mort, qu’il nous faut contempler la nativité de celle qui fut sa mère selon la chair.

    La nativité de Marie est pour nous cause de joie et d’allégresse, parce qu’elle nous annonce une autre naissance : celle de l’Homme nouveau, qui au matin de Pâques surgit des entrailles de la mort et des enfers, pour s’élever dans la gloire de la vie divine triomphante. Jésus ressuscité est « le premier-né d’entre les morts », en qui « toute chose trouve son accomplissement total », car « par lui et en lui Dieu se réconciliait toute chose, sur la terre et dans les cieux, en faisant la paix par le sang de la croix » (Col 1, 19-20). Au matin de Pâques, l’humanité du Verbe incarné est introduite au cœur même de la divinité. La transfiguration annonçait déjà cette glorification de la nature humaine du Christ qui s’accomplit pleinement et définitivement dans la résurrection. Cette nouvelle condition ontologique de la nature créée est le fruit d’une initiative de Dieu qui surélève la créature au-dessus de sa condition, pour la rendre participante de sa divinité (cf. 2 P 1, 4). Cette nouveauté est à ce point radicale qu’elle peut à juste titre être comparée à une nouvelle naissance. « Amen, amen, je te le dis : personne, à moins de naître de l’eau et de l’Esprit, ne peut entrer dans le Royaume de Dieu. Ce qui est né de la chair n’est que chair ; ce qui est né de l’Esprit est Esprit » (Jn 3, 5-6).

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