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Spiritualité

  • Vocations : Dieu appelle aujourd’hui comme hier

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    Dieu appelle aujourd’hui comme hier

    19 septembre 2026

    Depuis le début de son action, l’organisation Vocation Ministry a vu naître des vocations partout aux États-Unis, démontrant que Dieu continue d’appeler des personnes à œuvrer au sein de son Église, mais que la réponse individuelle nécessite souvent le soutien et la prière de toute la communauté.

    Rhonda Gruenewald est la fondatrice et présidente de Vocation Ministry, une organisation américaine sans but lucratif dont la mission est de promouvoir les vocations à travers les États-Unis, en collaborant étroitement avec les diocèses.

    Le travail de cette institution a débuté en 2011, et depuis lors, elle a constaté que la promotion des vocations est un effort de toute la communauté catholique qui porte de vrais fruits dès le début.

    Bien qu’elle accorde une attention particulière aux vocations sacerdotales, Vocation Ministry souhaite encourager les catholiques à découvrir leur vocation, quelle qu’elle soit, de la vie religieuse au mariage.

    Dans cet entretien, Rhonda Gruenewald évoque le travail de l’organisation, l’impact qu’elle a eu depuis ses débuts sur les vocations sacerdotales et l’importance de mobiliser toute l’Église dans cet effort.

    Quel besoin spécifique avez-vous identifié dans les paroisses et les diocèses qui vous a poussée à créer cette initiative ?

    Au début, je ne me rendais pas compte qu’il y avait un besoin. L’un de nos prêtres, fraîchement ordonné, le père Víctor Pérez, m’a demandé de l’aider à relancer un comité paroissial des vocations à l’église catholique Sainte-Cécile de Houston, au Texas. Lors de notre première réunion, il a déclaré : « C’est l’une des activités les plus importantes que nous puissions mener dans notre paroisse, et toutes les paroisses devraient le faire. » Ainsi, lorsque je suis rentré chez moi pour chercher des ressources afin de promouvoir les vocations, je n’ai trouvé que très peu de choses. À quoi cela était-il dû ? Je pensais que toutes les paroisses promouvaient les vocations, mais ce n’était pas le cas.

    Ce n’est que plus tard, après avoir écrit Hundredfold: A Guide to Parish Vocation Ministry (Cent pour un : un guide du ministère paroissial des vocations), lancé VocationMinistry.com et animé des ateliers de formation à travers toute l’Amérique du Nord, que j’ai découvert que seules 10 % à 20 % des paroisses s’efforçaient délibérément de promouvoir les vocations par elles-mêmes. Il fallait que cela change.

    Quels sont les principaux mythes ou erreurs que commettent les communautés lorsqu’elles tentent de promouvoir les vocations ?

    Le premier mythe est que la promotion des vocations est un investissement à long terme qui ne portera ses fruits que dans plusieurs décennies. S’il est vrai que la construction d’une véritable culture vocationnelle est une mission à long terme, nous avons constaté que lorsqu’une paroisse ou un diocèse commence à prier délibérément pour les vocations, à inviter personnellement les jeunes à discerner leur vocation et à impliquer toute la communauté dans la promotion vocationnelle, la réponse peut venir bien plus tôt que ce à quoi les gens s’attendent.

    Dieu appelle chaque jour dans chaque paroisse. Souvent, ce qui a manqué, ce n’est pas l’appel de Dieu, mais notre invitation.

    Nous l’avons constaté à maintes reprises à travers nos collaborations avec des diocèses de toute l’Amérique du Nord. Dans l’archidiocèse de Hartford, seuls trois séminaristes avaient entamé leur formation au cours des trois années précédant notre collaboration avec Vocation Ministry. Au cours des trois années suivantes, après avoir mis en place une stratégie vocationnelle ciblée et proposé des formations, 27 hommes sont entrés au séminaire.

    Le diocèse de Dallas a accueilli 12 nouveaux séminaristes cette année, alors qu’il n’en avait accueilli que deux lorsque nous avons commencé à collaborer en 2024. Dans le diocèse d’Austin, 56 hommes sont entrés au séminaire au cours des quatre années qui ont suivi la mise en œuvre d’une stratégie vocationnelle ciblée, contre 25 au cours des quatre années précédentes.

    Ces exemples nous rappellent que lorsque l’Église s’attache délibérément à créer un terrain fertile pour les vocations, Dieu bénit souvent ces efforts de manière extraordinaire.

    Le deuxième mythe est que tout le monde comprend déjà ce qu’est une vocation. En réalité, de nombreux catholiques entendent le mot « vocation » et ne pensent qu’au sacerdoce ou à la vie religieuse. L’Église enseigne quelque chose de bien plus vaste. Chaque personne reçoit d’abord l’appel universel à la sainteté, l’appel à connaître, aimer et servir Dieu. À partir de là, Dieu invite chacun d’entre nous à vivre cet appel à travers notre vocation première, qu’il s’agisse du mariage sacramentel, du sacerdoce ou de la vie consacrée.

    L’une des plus grandes opportunités pour l’Église consiste simplement à aider les catholiques à comprendre que discerner la vocation de Dieu n’est pas réservé à quelques élus ; c’est le chemin de chaque personne baptisée.

    (…)

    La véritable question n’est plus de savoir si les vocations sacerdotales sont possibles. La question est : qu’est-ce que ces diocèses [qui ont des vocations] font différemment et comment le reste de l’Église peut-il s’en inspirer ?

    (…)

    Dans quelle mesure le nombre de fidèles par prêtre influe-t-il sur la capacité à accompagner et à guider les jeunes qui discernent leur vocation ?

    C’est peut-être là la conclusion la plus significative de toute notre recherche.

    Dans les (…) rapports publiés, une corrélation se détache systématiquement des autres : moins chaque prêtre a de paroissiens à charge, meilleurs sont généralement les résultats d’un diocèse en matière de promotion des vocations sacerdotales.

    Le discernement s’opère dans la relation.

    Il est rare que des jeunes décident d’entrer au séminaire parce qu’ils ont vu un prêtre célébrer la messe de loin. Le plus souvent, ils répondent à l’appel parce qu’un prêtre les connaissait, les a encouragés, les a invités à servir, a répondu à leurs questions difficiles ou a simplement passé du temps avec eux.

    Lorsque les prêtres sont débordés par des milliers de fidèles ou par plusieurs paroisses, ils disposent naturellement de moins de temps pour ce type d’accompagnement personnel. Notre rapport initial a même révélé que les diocèses où les prêtres s’occupent de plus de 4.000 ou 4.500 fidèles peinent constamment à atteindre des taux d’ordination satisfaisants.

    C’est pourquoi l’Indice de Disponibilité Sacerdotale est si important. Il aide les évêques à comprendre que la promotion des vocations ne se résume pas à disposer d’un bureau des vocations ou à organiser des événements. Il s’agit également de créer les conditions permettant aux prêtres d’avoir le temps et la liberté d’accompagner personnellement les jeunes.

    Dans de nombreux cas, ce sont les prêtres qui inspirent de nouveaux prêtres. Lorsqu’un jeune a régulièrement accès à un prêtre joyeux et saint qui le connaît par son nom, la possibilité d’une vocation sacerdotale devient réelle. Il faut davantage d’occasions de nouer des relations authentiques entre le prêtre et son disciple, car c’est là que naissent le plus souvent les vocations.

    Dans les diocèses où les vocations sont les plus nombreuses, quelle importance revêtent des pratiques telles que l’adoration eucharistique perpétuelle ou les « heures saintes » spécifiquement consacrées aux vocations ?

    Bien qu’il n’existe pas de données nationales indiquant combien de paroisses proposent une adoration eucharistique perpétuelle ou des « heures saintes » spécifiques pour les vocations, une tendance claire s’est dégagée de mon expérience de travail avec des diocèses de toute l’Amérique du Nord.

    Au cours de la dernière décennie, j’ai discuté avec des milliers de prêtres dans plus de 80 diocèses d’Amérique du Nord. Lors de ces ateliers, je demande souvent aux prêtres de lever la main si leur paroisse propose l’adoration eucharistique, qu’elle soit perpétuelle, hebdomadaire ou mensuelle. Dans certains diocèses, un seul prêtre lève la main lorsque je pose la question de l’adoration perpétuelle. Bien que cela soit anecdotique et non scientifique, cela révèle souvent quelque chose d’important : si nous prenons au sérieux la prière pour davantage de vocations, nous devons également nous employer à créer des occasions propices à cette prière.

    Jésus lui-même nous a donné la première stratégie vocationnelle : « La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux. Priez donc le Maître de la moisson d’envoyer des ouvriers à sa moisson » (Lc 10, 2). La prière n’est pas simplement une stratégie parmi tant d’autres : c’est le fondement de tout effort vocationnel fécond.

    Chez Vocation Ministry, nous encourageons chaque paroisse à commencer par là. L’adoration eucharistique, les « heures saintes » pour les vocations et la prière d’intercession régulière invitent les paroissiens à s’unir au Christ dans la prière pour les futurs prêtres et religieux. Nous pouvons mettre en place d’excellents programmes, événements et initiatives, mais s’ils ne sont pas enracinés dans la prière, ils auront du mal à porter des fruits durables.

    On observe une forte présence de vocations dans les communautés dotées d’écoles catholiques solides, d’enseignement à domicile (homeschooling) et de liturgies bien préparées. Quel rôle joue l’environnement culturel et éducatif dans la création d’un « terrain fertile » ?

    Les vocations saines naissent rarement par hasard. Elles se développent là où la foi catholique est vécue, célébrée et transmise délibérément de génération en génération.

    Des écoles catholiques solides, des communautés pratiquant l’enseignement à domicile, des programmes paroissiaux de formation à la foi et des liturgies empreintes de recueillement contribuent à créer un terrain fertile, car ils plongent les jeunes dans une authentique culture catholique. Ils aident les enfants et les familles à comprendre que chaque personne baptisée a une vocation et que découvrir l’appel de Dieu fait partie intégrante de la vie chrétienne.

    Mais ces éléments deviennent encore plus féconds lorsqu’ils sont reliés entre eux par un ministère paroissial des vocations bien pensé. Un ministère paroissial des vocations aide à unir les efforts de la paroisse en encourageant la prière pour les vocations, en donnant aux familles les moyens de parler de l’appel de Dieu à la maison, en aidant les prêtres à inviter les jeunes à discerner, en impliquant les écoles catholiques et les responsables de la catéchèse, et en veillant à ce que la prise de conscience vocationnelle fasse partie intégrante de la vie paroissiale, et ne soit pas seulement un événement ponctuel une fois par an.

    La qualité de la liturgie joue également un rôle important. Une célébration de la messe pieuse et respectueuse attire les personnes vers une rencontre avec le Christ, et c’est souvent dans ces moments-là que les cœurs s’ouvrent davantage pour écouter Son appel. De même, les écoles catholiques et les communautés d’enseignement à domicile peuvent offrir davantage d’occasions aux jeunes de rencontrer des prêtres, des religieuses, des religieux et des couples fidèles qui rayonnent de joie, et dont le témoignage rend chaque vocation visible et accessible.

    Cependant, c’est peut-être la famille qui exerce la plus grande influence. Les parents sont les premiers accompagnateurs vocationnels de leurs enfants. Lorsque les familles encouragent la générosité envers la volonté de Dieu, lorsque les paroisses promeuvent délibérément une culture des vocations, et lorsque les écoles et les programmes de formation à la foi renforcent ce message, toute la communauté devient un terrain fertile où les vocations peuvent s’épanouir.

    (…)

    Un message d’espoir : à la lumière des statistiques et du déclin observé dans de nombreuses régions, pourquoi êtes-vous convaincue que la crise des vocations n’est pas un problème lié à l’absence d’appel de Dieu, mais à la réponse de l’écosystème ecclésial ?

    Parce que Dieu n’a pas cessé d’appeler. L’Église ne doit jamais cesser d’inviter.

    Cette conviction s’est encore renforcée après avoir travaillé avec plus de 80 diocèses à travers l’Amérique du Nord. Nous avons vu des diocèses qui avaient connu des années de baisse des vocations commencer à accueillir de nouveaux séminaristes après avoir délibérément favorisé une culture où la prière pour les vocations, l’invitation personnelle, les témoignages joyeux et le ministère paroissial des vocations sont devenus des priorités. Dieu appelait déjà. L’Église s’est montrée plus déterminée à aider les personnes à écouter et à répondre à Sa voix.

    Le pape Benoît XVI l’a magnifiquement exprimé lorsqu’il s’est adressé aux évêques des États-Unis en 2008. Il leur a rappelé que « la capacité à cultiver les vocations à la prêtrise et à la vie religieuse est un signe certain de la santé d’une Église locale », et qu’« il nous appartient à tous de susciter une réponse généreuse et libre à cet appel ».

    C’est pourquoi je garde espoir. Les statistiques nous montrent où se situent les défis, mais elles révèlent également que certains diocèses connaissent une croissance remarquable. Ces diocèses nous rappellent que la crise des vocations n’est pas inévitable. Lorsque l’Église crée délibérément un terrain fertile où l’on peut entendre l’appel de Dieu, davantage de personnes y répondent avec générosité.

    Notre confiance ne repose ni sur la démographie ni sur les tendances. Elle repose sur la fidélité de Dieu, qui continue d’appeler, et sur la responsabilité de l’Église de créer les conditions pour que cet appel soit entendu, nourri et accueilli avec joie.

    Source : https://www.omnesmag.com/actualidad/mundo/discernir-la-vocacion-no-es-solo-para-unos-pocos/. Cet article a été publié sous le titre : Rhonda Gruenewald : « Discerner sa vocation n’est pas réservé à quelques-uns ; c’est le chemin de chaque personne baptisée ». Ce texte a été traduit de l’espagnol par Stéphane Seminckx.

  • 26-27 septembre 2026 : 32e pèlerinage familial de tradition à Foy-Notre-Dame

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    Chers amis,

    Nous avons la joie de vous inviter au 32e pèlerinage familial de tradition à Foy-Notre-Dame (Dinant, Belgique), qui se tiendra les :
            • Samedi 26 septembre 2026 : pèlerinage des jeunes Namur–Leffe, avec messe à 9h00 à la chapelle Saint-Materne de Namur (rue Notre-Dame), puis départ à 10h00 vers Leffe. Marche, enseignements et messe, pour former la jeunesse à une foi joyeuse et enracinée.
            • Dimanche 27 septembre 2026 : pèlerinage des familles, départ à 10h30 de l’église de Leffe. À 16h00, messe solennelle en latin selon le missel de 1962 au sanctuaire de Notre-Dame de Foy, protectrice des pèlerins depuis le XVIIe siècle.

    Thème 2026 : Notre-Dame de la Mission — « Allez, de toutes les nations faites des disciples » (Mt 28, 19).

    Ce pèlerinage est :
            • profondément enraciné dans la Tradition liturgique et spirituelle de l’Église ;
            • soutenu par les autorités diocésaines ;
            • ouvert à tous, avec un prix volontairement très accessible, afin que jeunes, familles nombreuses et fidèles attachés à la liturgie traditionnelle puissent y participer largement ;
            • marqué par une atmosphère joyeuse, fervente et familiale.

    Toutes les informations (programme, inscriptions, photos des éditions précédentes) : https://www.pelefoy.be

  • Le saint Padre Pio (23 septembre)

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    p-pio.jpgSaint Pio de Petrelcina, prêtre de l'ordre des frères mineurs capucins (Evangile au Quotidien)

    Pio, au siècle Francesco Forgione, naît le 25 mai 1887 à Pietrelcina, en Italie du Sud, entre Naples et Foggia (Campanie). Quatrième des sept enfants d’un couple de paysans, il entre à 16 ans chez les capucins et prend le nom de frère Pio. De santé fragile, il retourne pour de longs séjours dans son village. Ses frères capucins témoigneront que le démon venait lui rendre visite dans sa chambre. Fra Pio a alors vécu dans une « nuit obscure » qui rappelle celle des mystiques comme Jean de la Croix ou de sa contemporaine, Thérèse de Lisieux. Il confie : « Le doute qui m’assaille toujours et me persécute partout est d’ignorer si ce que je fais reçoit ou non l’approbation de Dieu. »

    Ordonné prêtre le 10 août 1910, il est affecté, six ans après, au couvent de San Giovanni Rotondo, dans les Pouilles. Il y demeurera jusqu’à sa mort, le 23 septembre 1968, à 81 ans. Le rayonnement spirituel du Padre Pio a donné naissance à deux œuvres importantes : l’hôpital Casa Sollievo della Sofferenza (maison pour le soulagement de la souffrance) et les groupes de prière. Par deux fois, le Padre Pio a dû subir des mesures disciplinaires et des restrictions dans l’exercice de son ministère.

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  • « Je vais vous parler de la messe et des miracles du Padre Pio. »

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    D'Ermes Dovico sur la NBQ :

    « Je vais vous parler de la messe et des miracles du Padre Pio. »

    Les miracles, la messe, la rigueur au confessionnal (« s'il s'agissait de péchés, il était brusque ») mêlée à la douceur (« il était très doux, surtout face à la souffrance »). La Bussola interviewe Pia Manelli, fille spirituelle du saint originaire de Pietrelcina.

    23/09/2026

    « Dans ma famille, nous avons tous reçu des miracles ; il n'y en a pas un seul qui n'en ait reçu un par l'intercession du Padre Pio. » À l'autre bout du fil, c'est Pia, l'une des 21 enfants (dont 13 sont adultes) des Serviteurs de Dieu Licia Gualandris (1907-2004) et Settimio Manelli (1886-1978). Pia voue une gratitude particulière à saint Pio de Pietrelcina, son père spirituel, dont nous célébrons aujourd'hui la mémoire liturgique. Elle a été interviewée par La Nuova Bussola .

    Commençons par une question : le prénom Pia vous a-t-il été donné en hommage au Padre Pio, ou y a-t-il une autre raison ?

    Tous mes frères et sœurs ont des prénoms composés, comme Maria, Giuseppe, Michele… tous inspirés de saints. Pourtant, à ma naissance, mon père a dit au Padre Pio : « Je veux lui rendre hommage ; je l’appellerai Pia. » Je m’appelle simplement Pia. Je n’ai pas d’autre prénom, et c’est pourquoi je me fâchais toujours contre mon père, car il avait donné à tous les autres les noms de la Vierge Marie et d’autres saints patrons. Et il me répondait : « Padre Pio te suffit. »

    Cependant, vous avez bénéficié d'une grande protection de sa part…

    À propos de protection et de mon nom, Pia, un jour, en confession, Padre Pio m'a dit : « Ma fille, tu es chanceuse. Tu as beaucoup de souffrance à ta disposition. » Je n'ai jamais manqué de souffrance. Pour Padre Pio, souffrir est une grâce. Ce sont des choses extraordinaires.

    Ce nom vous a-t-il aidée à approfondir le mystère de la souffrance, acceptée et offerte ?

    Je n’ai pas toujours accueilli la souffrance avec joie, mais je l’ai acceptée. Et c’est une grâce. Chaque jour, je fais cette offrande : « Dieu, je t’offre toute la journée et aussi ma souffrance en expiation de mes péchés, pour mériter le Ciel. » Lors d’une confession, Padre Pio m’a dit : « On ne va pas au Ciel en carrosse, alors il faut s’habituer à la souffrance. »

    Revenons un peu en arrière. Avant de rencontrer sa future épouse, votre père, Settimio, fit la connaissance du Padre Pio : quel rôle cette rencontre joua-t-elle dans sa conversion ?

    Elle fut déterminante, et sa conversion mena au mariage, tous ses enfants étant des enfants de Dieu. Auparavant, c’était un homme du monde, instruit, élégant et amateur de plaisirs, mais il était constamment angoissé et, au fond, malheureux. Il eut la chance de rencontrer une femme, elle aussi de mœurs légères ; mais un jour, le voyant triste, elle lui dit : « Pourquoi n’irais-tu pas voir ce petit moine du Sud dont on dit qu’il fait des miracles ? » Un jour, il se rendit donc à San Giovanni Rotondo, rencontra un moine et lui dit hardiment : « Je voudrais parler au Padre Pio. » « Je suis le Padre Pio. » Et mon père répondit : « Je suis venu ici parce qu’on m’a dit que vous étiez un saint. » Le Padre Pio le repoussa, lui disant qu’il n’était pas un saint, puis la conversation reprit et mon père lui confia son désir de se confesser. « Je te le dirai quand », répondit Padre Pio. Il le fit patienter six jours. Ce fut une bonne confession, et finalement, Padre Pio lui dit : « Cette confession te vaudra de nombreuses bénédictions. » Alors, mon père demanda à Padre Pio la grâce de trouver une bonne femme, de l'aimer, de l'épouser et de passer sa vie avec elle. Et c'est ainsi qu'il rencontra Licia, ma mère.

    Puis vint le mariage.

    Lorsque mes parents se marièrent, ma mère avait 19 ans. Mon père, pendant leur lune de miel, souhaita qu'elle rencontre Padre Pio, et elle lui demanda : « Père, protégerez-vous cette famille qui va naître ? » « C'est ma famille, et j'assume le devoir de la protéger. » Et en vérité, il nous a protégés et continue de nous protéger.

    Dans la biographie de vos parents, il y a un passage qui ressemble à une scène de film : un déjeuner en 1943. Quels sont vos souvenirs de cette journée ?

    Nous étions à Lucera, c’était terrifiant, un véritable miracle. Nous mangions toujours ensemble à table, mais ce jour-là, mon père ne se sentait pas bien et est resté au lit, demandant à ma mère de dire la prière. Elle était très désolée que papa n’ait pas envie de venir à table, mais elle a dû s’y résigner. Alors, maman a dit la prière et a servi les enfants. Quelques instants plus tard, alors qu’elle retournait à la cuisine, nous nous sommes tous mis en rang, un par un, levés – certains avec leur assiette, d’autres sans – et nous sommes dirigés vers la terrasse. Maman s’est mise à crier : « Qu’est-ce que ça veut dire ? Vous faites ça parce que votre père a disparu ? Revenez à table ! » À ce moment-là, la moitié du plafond au-dessus de la table s’est effondrée, et je me souviens encore des cris : « Au secours ! Au secours ! » – des deux personnes qui sont tombées de l'étage supérieur. Personne n'est mort.

    Mais pourquoi vous êtes-vous levés ?

    Je ne sais pas. Je ne sais pas pourquoi nous nous sommes levés ; c'était mystérieux ; mes parents l'ont attribué à l'aide de nos anges gardiens, par l'intercession de la Vierge Marie et du Padre Pio. La seule qui n'avait pas bougé était ma petite sœur, Annamaria, assise sur sa chaise haute au fond de la salle à manger, sous la partie du plafond qui n'avait pas sombré.

    D'autres miracles vous reviennent particulièrement en mémoire ?

    Je me souviens d'un épisode avec mon frère Saulo, qui était allé se baigner avec ses amis dans un étang près de chez nous. Mon frère était sur le point de se noyer sans que personne ne s'en aperçoive. À un moment donné, il a réussi à remonter à la surface et a tendu la main pour appeler à l'aide : ses amis l'ont vu et l'ont sauvé. Le plus beau, c'est qu'à cette même occasion, à des kilomètres de là, Padre Pio, se tournant vers mon père, lui a dit : « Est-il vraiment possible que je doive toujours venir chez vous pour dire les grâces ? » Padre Pio était toujours présent chez nous, car il se passait toujours quelque chose. Nous étions une famille formidable, élevée d'une manière particulière et bienveillante. Nous faisions nos prières du matin et du soir, et le plus beau moment était celui où, une fois couchés, ma mère passait dans nos chambres avec le crucifix pour nous bénir et nous souhaiter bonne nuit. Ce sont des choses qui n'existent plus.

    Comment était Padre Pio comme guide spirituel ?

    Exigeant. Je peux vous raconter un détail de ma première confession avec Padre Pio, ou plutôt, la première après celle que j'ai faite avant ma Première Communion. Plus tard, je suis retournée me confesser à lui et il m'a demandé : « Ça fait combien de jours que tu ne t'es pas confessée ? » « Père, je ne me souviens plus, sept ou huit jours. » J'aurais préféré ne jamais répondre ça… « Sept ou huit jours ? Il faut être précis, car on peut commettre tellement de péchés en une seule journée ! Tu comprends ? Il faut bien se préparer. » Il voulait de la précision. Un autre péché dont je me souviens très bien, c'est celui où je lui ai avoué un mensonge. Et il m'a demandé : « Est-ce que ça t'a fait du mal ? » J'étais petite, je ne savais pas si c'était le cas ou non. Il a répondu lui-même : « Ça ne t'a pas fait de mal. » La confession suivante, même scène. « Père, j'ai rechuté, j'ai dit quelques petits mensonges. » « Est-ce que ça t'a fait du mal ? » J'ai répondu : « Non. » Et lui : « Qui t'a dit que ça ne faisait pas de mal ? Si. Tu dois arrêter, tu ne peux plus mentir. » Padre Pio, s'il s'agissait de péchés, était brusque, il vous réprimandait sévèrement… mais ensuite il vous adoucissait, il disait : « Maintenant, dis-moi ce dont tu as besoin, comment va ta vie », il vous conseillait sur ce qu'il fallait faire et ne pas faire. Mais en confession, il n'admettait pas la moindre erreur.

    Parlez-nous de la douceur du Padre Pio

    Il était incroyablement doux, surtout face à la souffrance. Si je lui disais : « Père, on me traite mal », il me répondait : « Ma fille, tu dois savoir que tout le monde peut faire des erreurs. Mais essaie de pardonner. Ne fais pas comme eux : s'ils sont méchants, tu leur pardonnes. » Il prônait le pardon. Quand j'avais quelque chose à me plaindre, il me disait de ne pas douter. Un jour, j'ai raté un examen de maths au lycée et je lui ai demandé de l'aide. Il m'a dit : « Ne t'inquiète pas. Quand tu passeras ton examen, envoie-moi ton ange gardien et je répondrai pour toi. » Cette fois-là, je lui ai envoyé mon ange gardien tellement de fois qu'à la confession suivante, le Padre Pio m'a dit : « Tu crois que je suis sourd ? Combien de fois m'as-tu envoyé ton ange gardien ?! »

    Une autre fois, ma sœur Sara devait passer un concours pour devenir employée au ministère de l'Éducation. Elle alla voir Padre Pio et lui dit : « Père, je me suis bien préparée pour quatre questions, mais je n'arrive pas à réviser les autres. » « D'accord, je t'accompagnerai à l'examen. » Pendant l'examen, on lui posa ces quatre questions. Avant la fin, un professeur lui dit : « Mademoiselle, je vais vous poser une dernière petite question. » Sara pensa à Padre Pio et se dit : « Ça suffit, je ne sais plus rien. » Puis un assistant appela le professeur pour répondre au téléphone, et il oublia de poser la dernière question : « Mademoiselle, très bien, vous pouvez y aller. »

    Vous, les Manelli, avez passé plusieurs étés à San Giovanni Rotondo du vivant du Padre Pio. Pouvez -vous nous parler de la façon dont il célébrait la messe ?

    Non, écoutez, c’est trop fort, trop impressionnant. Je me souviens encore de choses, non seulement de l’époque où j’étais plus âgée et que je connaissais déjà sa messe, mais aussi de ma plus tendre enfance, dès l’âge de cinq ans tout au plus, car nos parents nous emmenaient à la messe même enfants. Au milieu de cette foule immense, assistant à la messe du Padre Pio, j’étais fascinée. Elle durait deux heures : deux heures debout, au milieu d’une foule muette qui regardait le Padre Pio souffrir et pleurer. Je l’ai vu faire des gestes extraordinaires, surtout au moment de l’élévation, de la consécration de l’hostie, comme si un démon l’empêchait d’accomplir son devoir. Je l’ai vu pleurer, et combien de fois ai-je vu du sang couler des mains du Padre Pio lorsqu’il les levait ! C'était la participation du Padre Pio au sacrifice eucharistique, c'était impressionnant [elle épelle les syllabes] : il avait vécu le Calvaire, il était sur le Calvaire. C'était magnifique, et il y avait une foule immense, serrée les unes contre les autres, dans cette petite église. Et nous étions tous silencieux, retenant notre souffle. Deux heures comme ça. Mon frère, le père Stefano, était là aussi, il servait la messe et nous apprenait à embrasser la main du Padre Pio. Je l'ai embrassée plusieurs fois.

    Et y avait-il une file d'attente ?

    Oui, il y avait toujours une file d'attente à chaque passage du Padre Pio. Au début, nous, les enfants, étions très polis ; nous arrivions tôt pour voir passer le Padre Pio, mais ensuite les gens arrivaient et nous chassaient, si bien qu'à un moment donné, nous sommes même devenus « violents », dans le sens où nous essayions de forcer le passage… Il y avait une foule immense.

  • Saint Padre Pio (23 septembre)

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    Du site de KTO Télévision :

    Le 23 septembre, l'Église célèbre saint Padre Pio, au jour anniversaire de sa mort. Il est l'un des saints les plus connus du XXe siècle.

    Une sainte vie marquée par le mysticisme

    Sa vie, les innombrables miracles qu'il accomplit, les apparitions qu'il reçut et plus globalement l'aura qui émanait du saint Padre Pio ont contribué de son vivant à la popularité de celui qui fut canonisé en l'an 2002 par le pape saint Jean-Paul II. Comme le curé d'Ars, il avait un charisme de confesseur et passait des heures dans son confessional. Sa vie fut marquée par de nombreuses prières et souffrances endurées pour le salut des autres : pour un simple passant jusqu'au Pape, pour l'Église ou l'Italie, le Padre Pio obtint d'immenses grâces du Ciel. Ses célèbres stigmates, ces plaies aux mains, aux pieds et sur le côté semblables aux blessures du Christ, l'ont fait souffrir toute sa vie dès leurs apparitions en 1918 après qu'il eut une vision de Jésus.

    Un religieux célèbre en son temps

    Il acquit, bien malgré lui, une renommée mondiale lorsque se répandit la rumeur de ses stigmates, ces plaies rappelant les blessures du Christ durant sa passion que plusieurs saints et saintes reçurent durant leur vieUn temps largement dépassé par l'ampleur de l'engouement autour de lui, lui qui voulait simplement être « un pauvre frère qui prie », il passa sa vie jusqu'à sa mort en 1968 à oeuvrer jusqu'à 19 heures par jour dans son église à San Giovanni Rotondo, en Italie. Il célèbra la messe devant des millions de fidèles, et l'on estime à 5 millions le nombre de personnes qui se sont confessées au saint italien. Le pape émérite Benoît XVI et le pape François se sont tous les 2 rendus en pèlerinage à San Giovanni Rotondo.

    « La vie et la mission de Padre Pio témoignent que les difficultés et les douleurs, si elles sont acceptées par amour, se transforment en un chemin privilégié de sainteté, qui ouvre vers la perspective d’un bien plus grand, remarqué seulement par le Seigneur », saint Jean-Paul II, 16 juin 2002.

    Les papes Benoît XVI et François sur les pas du Padre Pio

  • Un secrétaire de Padre Pio se souvient de l'infatigable saint

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    Du Père Seán Connolly sur The Catholic World Report :

    Un secrétaire de Padre Pio se souvient de l'infatigable Saint

    "La grandeur de Padre Pio, dit le père John Aurilia, O.F.M. Cap, réside dans sa fidélité au simple désir d'être "un pauvre frère qui prie"."

    2 novembre 2021

    Le père John Aurilia, O.F.M. Cap., qui a été le secrétaire personnel de saint Padre Pio.

    La plupart d'entre nous connaissent les saints à travers les récits écrits de leur vie. Beaucoup de saints sont devenus saints eux-mêmes en lisant la vie des saints. Dans une lettre à sa tante, sainte Thérèse écrivait : "J'aime beaucoup lire la vie des saints. Le récit de leurs actes héroïques enflamme mon courage et m'incite à les imiter."

    Connaître personnellement un saint est tout autre chose. Nous avons tous probablement rencontré des "saints de tous les jours" qui, bien que cachés du monde, atteignent néanmoins de grands sommets de vertu en accomplissant fidèlement les devoirs ordinaires de leur état de vie. Bien que leurs actes ne soient pas célèbres, ce sont les Béatitudes vivantes qui nous inspirent. Peu de gens, cependant, ont l'occasion de connaître personnellement ces saints qui ont atteint le sommet de la vertu héroïque reconnue par l'Église à travers la canonisation.

    Padre Pio, décédé il y a 53 ans, est l'un des plus grands saints de notre temps. Au milieu de notre époque moderne et séculaire, Dieu a suscité ce prophète, thaumaturge et "Crucifix vivant" à travers les stigmates pour nous rappeler le surnaturel et nous montrer le chemin du retour vers Lui. Chaque année, il y a de moins en moins de personnes qui ont connu Padre Pio personnellement ; il y en a certainement encore moins qui l'ont connu aussi bien que John Aurilia, O.F.M. Cap. qui a été son secrétaire personnel.

    J'ai pu récemment passer un agréable dimanche après-midi avec le père Aurilia dans le presbytère de sa paroisse où il a répondu avec plaisir à mes nombreuses questions, déclarant au début de notre conversation : "C'est un honneur pour moi de servir en tant qu'ambassadeur de Padre Pio !".

    Le père Aurilia a maintenant 80 ans et est prêtre depuis 55 ans ; il est curé de la paroisse de l'Immaculée Conception dans le Bronx, à New York. Il est né à Montemarano, dans la province d'Avellino, en Italie. À l'âge de 14 ans, il est entré au petit séminaire des Franciscains capucins, nouvellement créé, situé à Pietrelcina, la ville natale de Padre Pio.

    L'histoire de la construction de ce séminaire est très connue à l'époque. Lorsque Padre Pio était un jeune prêtre, il passait beaucoup de temps dans sa ville natale pour se remettre de ses problèmes de santé. Au cours d'un de ces séjours, il se promenait avec le pasteur local, Don Alfredo. Lorsqu'ils arrivèrent à un champ ouvert, Padre Pio remarqua qu'il avait remarqué une forte odeur d'encens et que Dieu devait avoir des projets pour cet endroit. Quelques années plus tard, une convertie américaine riche et généreuse, Mary Pyle, acheta le même champ et y construisit un nouveau séminaire pour les Capucins.

    Les séminaristes se rendaient chaque année à San Giovanni Rotondo, qui, dans les années 1950, était devenu un lieu de pèlerinage. Des milliers et des milliers de personnes venaient chaque année pour voir le célèbre stigmate qui résidait dans son couvent. La petite ville était inondée de pèlerins de tous horizons - paysans, médecins, avocats et journalistes - qui étaient prêts à dormir dehors dans les champs et à attendre jusqu'à deux semaines pour se confesser au Padre. Le Père Aurilia n'avait que 15 ans lorsque, en tant que novice, il rencontra pour la première fois Padre Pio. Il s'est laissé aller à l'exubérance de sa jeunesse en serrant la main de Padre Pio, la tenant fermement et la rapprochant de lui pour qu'il puisse voir de ses propres yeux la blessure des stigmates. Le Padre s'empresse de retirer sa main en disant : " Ça fait mal ! Y prêtes-tu attention ?"

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  • La vie de saint Padre Pio, un père donné par Jésus pour nos âmes

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  • De l'Islam au Christ : malade, il découvre le Christ grâce à Simone Weil

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    Du site de l'ECLJ :

    Je m'appelle François Yassine, j'ai 34 ans, je viens du Maroc, de Casablanca, et le Seigneur est venu me chercher dans une famille musulmane tout à fait urbaine et moderne. C'était vraiment dans le secret, secrètement, sans parler avec personne. Je n'avais été contacté par aucun missionnaire, je n'ai été approché par aucun prédicateur. C'était vraiment dans le secret de ma chambre, de ma chambre avec ma maladie. C'était les écrits de Simone Weil et la solitude avec le Seigneur. J'ai trouvé une radicalité évangélique et philosophique qui, paradoxalement, me rend politiquement modéré mais spirituellement radical.

    Transcription de la vidéo.

    J'ai pu, grâce à l'éducation française que j'ai reçue au lycée français de Casablanca, m'ouvrir à la culture française. Quand j'avais 19 ans, je suis tombé sur une philosophe française particulièrement lumineuse, Simone Weil — avec un W, morte en 1943, pas la députée, mais la philosophe. Cette rencontre avec Simone Weil a été une révolution pour moi, une révolution de mon système de croyance et de ma vision du monde. Ce qui l'a rendue encore plus incarnée et plus touchante, c'est qu'en ce moment-là, enfin en 2012 lorsque je suis tombé sur les œuvres de Simone Weil, j'étais tombé gravement malade. J'étais sur mon lit, exactement comme Saint Ignace de Loyola sur son lit de convalescence. Malade, il avait comme lecture de chevet Sainte Thérèse d'Avila ; moi, c'était Simone Weil.

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  • « Un million d’enfants prient le chapelet » : Léon XIV récitera un chapelet pour la paix avec des centaines d’enfants au Vatican

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    De Vatican News :

    Léon XIV récitera un chapelet pour la paix avec des centaines d’enfants au Vatican

    Le 1er octobre, entre 700 et 1 000 enfants issus d’écoles et de paroisses de Rome se joindront au Souverain Pontife dans les Jardins du Vatican, marquant ainsi le début de la semaine de prière de l’initiative «Un million d'enfants prient le chapelet», promue par «Aide à l’Église en détresse».

    Le Pape Léon XIV se joindra à des centaines d’enfants pour réciter le chapelet pour la paix le 1er octobre prochain à 17h, à la Grotte de Lourdes dans les jardins du Vatican. Entre 700 et 1 000 enfants issus d’écoles et de paroisses de Rome sont attendus à cette rencontre; ils prieront avec le Pape, s’unissant spirituellement aux enfants, aux familles, aux écoles et aux communautés chrétiennes du monde entier.

    Cet événement marquera le début de la semaine mondiale de prière de l’initiative «Un million d'enfants prient le chapelet», promue depuis plus de vingt ans par la fondation pontificale Aide à l’Église en détresse(AED). Cette année, pour la première fois, la campagne se déroulera sur une semaine entière, du 1er au 7 octobre, afin de permettre aux diocèses, paroisses, écoles, communautés et familles des différents continents de choisir le jour le plus adapté à leur réalité pastorale, tout en restant unis dans la même intention de prière pour la paix et l’unité. La semaine culminera le 7 octobre, fête de Notre-Dame du Rosaire.

    Les enfants du monde entier unis dans la prière

    Alors qu’à Rome, les enfants prieront avec le Pape Léon XIV, des initiatives similaires sont déjà en cours de préparation dans de nombreux pays, des communautés autochtones de l’Amazonie bolivienne aux paroisses du Soudan, du Zimbabwe, du Mozambique, de la Sierra Leone et de bien d’autres lieux marqués par la guerre, la pauvreté ou l’instabilité.

    Au Soudan, où le conflit continue de causer d’énormes souffrances, le père Franck Mandozi, de la région pastorale de Kosti, a confirmé la participation d’enfants de différentes paroisses et écoles. À des milliers de kilomètres de là, dans une communauté autochtone T’siman de l’Amazonie bolivienne, sœur Patricia Alejandra Botello López raconte que les enfants prient déjà le chapelet aussi bien en langue T’siman qu’en espagnol. Au Zimbabwe, la paroisse Saint-Christophe, dans l’archidiocèse de Bulawayo, réunira les enfants le dimanche 4 octobre. Le curé, le père Charles Mafurutu, a également l’intention de se rendre, dans les semaines suivantes, dans les communautés les plus reculées et les lieux de messe disséminés sur le territoire de la paroisse, dont certains se trouvent à plusieurs kilomètres de là. Au Paraguay également, Radio Pa’i Puku prévoit de promouvoir cette initiative à travers ses émissions et de diffuser en direct le chapelet récité par les enfants de la paroisse de Saint-Eugène-de-Mazenod, en invitant les familles, les écoles, les paroisses et les catéchistes à se joindre à la prière.

    La campagne 2026 s’inspire du message de Fatima: «À la fin, mon Cœur immaculé triomphera». Dans l’invitation adressée cette année aux participants, le cardinal Kurt Koch, président international de l’Aide à l’Église en détresse et préfet du dicastère pour la Promotion de l’Unité des Chrétiens, rappelle que le Cœur immaculé de Marie représente une vie entièrement ouverte à l’Esprit Saint et présente la Vierge comme un modèle de foi, d’amour et de prière. Cette initiative revêt une signification particulière à un moment où des millions de personnes sont confrontées à la guerre, à la violence, à la persécution, à la pauvreté et à l’incertitude. La prière des enfants se veut, dans ce contexte, un signe simple mais universel de confiance et d’espoir: des enfants de langues, de cultures et de pays différents, unis dans la même prière pour la paix.

    D’un petit groupe au Venezuela à un réseau mondial

    L’initiative «Un million d’enfants prient le chapelet» a vu le jour au Venezuela en 2005 et s’est progressivement transformée en un mouvement mondial de prière qui rassemble des enfants, des familles, des paroisses, des écoles et des groupes ecclésiaux sur tous les continents. La campagne s’inspire des paroles attribuées au saint Padre Pio: «Si un million d’enfants récitent le chapelet, le monde changera».

    L’invitation ne s’adresse pas uniquement aux enfants. L'AED encourage également les parents, les enseignants, les prêtres, les religieux, les catéchistes et les familles à prier avec eux. Il n’est pas nécessaire de réciter le chapelet en entier: même une seule dizaine, priée avec foi, peut s’inscrire dans cette grande chaîne mondiale de prière. Cette initiative internationale est organisée en collaboration avec le sanctuaire de Fatima, le Réseau mondial de prière du Pape et l’Apostolat mondial de Fatima. Cette année, la Journée mondiale du Rosaire s’y associe pour la première fois. L'Aide à l’Église en détresse met également à disposition des supports de prière en plusieurs langues et invite chacun à s’inscrire afin de rendre visible le réseau des enfants qui prieront dans différents pays du monde.

  • La très belle lettre que le Pape a adressée aux évêques d'Amérique Latine et des Caraïbes

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    LETTRE DU PAPE LEON XIV
    AUX ÉVEQUES D’AMERIQUE LATINE ET DES CARAÏBES
    A L’OCCASION DU TROISIEME CENTENAIRE
    DE LA CANONISATION DE SAINT TURIBE DE MOGROVEJO

    _____________

    Chers frères dans l’Épiscopat,

    en réponse à la requête des évêques péruviens et à l’occasion du troisième centenaire de la canonisation de saint Turibe de Mogrovejo, saint patron des évêques d’Amérique latine, je vous salue avec affection dans le Seigneur et vous remercie pour le service que vous rendez au quotidien. En vous adressant ces mots, mon cœur déborde de gratitude pour le privilège que j’ai eu d’exercer mon ministère épiscopal au Pérou. Là, j’ai connu la foi d’un peuple qui m’a tant donné et auprès duquel j’ai acquis une compréhension plus profonde de ce que signifie être pasteur. Cette expérience m’a rapproché de manière bien spéciale de saint Turibe, lui aussi arrivé d’ailleurs sur cette terre qu’il a fini par conquérir au moyen de sa charité pastorale.

    Mes prédécesseurs se sont longuement attardés sur la figure de cet« illustre métropolite de Lima », [1] rappelant son zèle évangélisateur, [2] son engagement pour l’édification et le renouveau de la vie ecclésiale, [3] sa proximité avec les plus pauvres et les plus vulnérables. [4] Sans revenir sur sa biographie, je voudrais plutôt contempler son ministère à la lumière d’un signe qui nous renvoie à l’origine même de notre mission : l’accueil de l’évêque dans sa cathédrale. [5] Un rite similaire est prévu pour la visite pastorale dans une communauté, [6] comme si l’Église souhaitait sans cesse reconduire le prélat à la signification de cette toute première entrée. Ce que la liturgie exprime en si peu de gestes, l’Apôtre des Andes l’a incarné durant tout son ministère pastoral. Le meilleur moyen d’honorer sa mémoire est donc de nous laisser interpeller par la manière dont il a vécu le ministère que nous avons reçu en partage et de l’imiter.

    Le rite s’ouvre devant la porte de la cathédrale. C’est là que le nouvel évêque est accueilli par l’Église à laquelle il a été envoyé. Il arrive dans une communauté qui le précède, qui a parcouru un chemin de foi et dans laquelle l’Esprit Saint est déjà à l’œuvre. En y franchissant le seuil, l’évêque entre dans une histoire qui ne débute pas avec lui et il se retrouve lié, par son ministère, à un peuple spécifique. Le saint Archevêque Turibe était arrivé dans un milieu dont il ne connaissait guère les peuples et les cultures. Pour paître le troupeau de Dieu, il lui fallait donc s’immerger dans la réalité du lieu et, pour cela, il le parcourut. Ses visites pastorales et son souci de voir l’Évangile proclamé dans les langues locales ont renforcé son lien avec cette terre et ses habitants. Il y a des réalités d’un diocèse qu’il est difficile d’appréhender depuis un bureau. Par conséquent, veillons à ce que la visite pastorale conserve toute sa force : allons personnellement à la rencontre de nos communautés, écoutons notre troupeau et recherchons ceux qui trouvent rarement l’occasion de s’adresser à l’évêque. Le ministère d’un successeur des apôtres exige qu’il vive le cœur tourné vers le ciel et les pieds sur terre.

    Toujours à la porte, l’évêque reçoit un crucifix qu’il embrasse. L’Église lui présente ainsi Celui qui aima les siens jusqu’au bout. Ce geste porte la promesse du don de soi. Le ministère pourra conduire l’évêque sur des chemins insoupçonnés et requérir de lui des sacrifices qu’il n’aurait jamais imaginés. La croix lui rappelle qu’il doit rester avec le troupeau dans les moments difficiles et que protéger les brebis peut comporter un coût pour le pasteur lui-même. Turibe a étendu son baiser au corps souffrant du Seigneur à travers ses voyages et son labeur, en défendant les peuples autochtones, en corrigeant les abus et en restant proche des pauvres et de ceux qui souffraient. Chers frères, il est nécessaire que nous fréquentions assidûment l’école de la croix. L’abandon du troupeau peut commencer bien longtemps avant la fuite visible, lorsque le confort, la peur ou l’intérêt personnel l’emportent sur le bien des fidèles. Le mercenaire calcule ce qu’il risque de perdre, tandis que le pasteur sait qu’il doit donner une part de lui-même pour rester fidèle (cf. Jn 10, 12-13).

    L’évêque reçoit alors l’eau bénite ; il s’asperge et asperge les personnes présentes. Ce geste le ramène à la source commune qu’est le baptême. Avant d’être pasteur, il est disciple ; avant de conduire le Peuple de Dieu, il se compte lui-même au nombre des baptisés, devenus enfants de Dieu dans le Christ. La sainteté du pasteur ne va pas de soi (cf. 1 Tm 4, 16). Saint Turibe pouvait exiger une vie ecclésiale plus fidèle à l’Évangile parce qu’il avait lui-même commencé à s’y soumettre. Qui a reçu la charge de sanctifier a toujours besoin d’être sanctifié ; qui proclame la miséricorde en a besoin lui aussi. Prenons donc soin de notre vie intérieure et gardons à l’esprit que nous sommes des disciples qui ont besoin de conversion.

    Le rite conduit ensuite l’évêque au Tabernacle où il s’agenouille dans un moment d’adoration. Avant d’entamer son ministère, il se tient en silence devant le Saint-Sacrement. Les évêques passent ; le Christ demeure (cf. He 13, 8). Les pasteurs changent, de nouveaux besoins apparaissent, et les projets se succèdent, mais l’Église vit toujours du Seigneur. C’est pourquoi je vous invite à faire de l’adoration eucharistique une priorité pastorale. L’amour de Turibe pour l’Eucharistie transparaissait dans son désir de rapprocher chacun de Jésus. Offrons à nos fidèles du temps et de l’espace pour qu’ils demeurent en sa présence ; encourageons l’adoration prolongée. Je suis convaincu que la sainte présence du Seigneur, accueillie et fidèlement adorée, soutient ce que nos seules forces ne parviennent pas à réaliser et ouvre des voies qu’aucune planification n’aurait pu prévoir. C’est son amour qui transformera nos diocèses.

    Après avoir revêtu ses ornements liturgiques, l’évêque s’approche de l’autel et le baise. C’est le même Seigneur devant lequel il vient de s’agenouiller qu’il contemple maintenant comme celui qui rassemble son Église autour de lui et en fait un seul corps (cf. 1 Co 10, 17). Le saint prélat Turibe a servi une Église vaste et plurielle, en s’efforçant de la maintenir unie. Il est également de notre responsabilité de veiller à ce que la diversité de nos diocèses trouve, dans le Christ, son unité. L’autel nous rappelle que la communion est au cœur même de notre mission.

    Puis il se dirige vers la cathèdre, et l’on lit les Lettres apostoliques – la bulle par laquelle le Pontife romain l’a nommé pasteur de cette Église particulière. L’évêque ne s’est pas octroyé cette mission ; il l’a reçue et l’exerce dans la communion de l’Église, uni au Successeur de Pierre et au Collège des évêques. L’enseignement qu’il dispense depuis sa cathèdre ne découle pas de vues personnelles qu’il tente d’imposer. Il a reçu la foi de l’Église et est appelé à « garder le bon dépôt », à l’approfondir et à le rendre intelligible à ceux qui lui sont confiés (cf. 2 Tm 1, 13-14). Saint Turibe a bien compris cette responsabilité. Son accueil du Concile de Trente, les conciles provinciaux, les synodes diocésains et son œuvre catéchétique témoignent de son désir de transmettre la foi dans son intégralité et de la rendre accessible à ses interlocuteurs. À une époque où de nombreuses voix tentent d’influencer la conscience des fidèles, il est de la responsabilité de l’évêque d’offrir un enseignement clair, patient, enraciné dans la communion, afin d’aider son peuple à reconnaître la voix de l’unique Pasteur.

    Le clergé et les fidèles s’approchent alors pour lui « témoigner obéissance et respect ». [7]La révérence reçue devient pour l’évêque une responsabilité ; l’obéissance offerte exige de lui qu’il fasse preuve de paternité. Celle-ci se manifeste particulièrement dans sa relation avec les prêtres qui lui sont unis de manière singulière dans l’unique sacerdoce et dans la mission confiée à l’Église particulière. Turibe veillait à leur formation, se montrait exigeant quant à l’admission aux ordres, rendait visite à ses prêtres et maintenait la discipline ecclésiastique, conscient que la vie du clergé a des répercussions sur celle du peuple. Chers frères, soyons proches de nos prêtres. Prenons soin tout particulièrement du séminaire et des premières années de ministère, favorisons une fraternité authentique et incitons les prêtres à s’adresser à leur évêque de manière régulière, et pas uniquement en cas de difficulté. La paternité épiscopale se manifeste bien des fois lorsque le prêtre sait qu’il peut frapper en toute confiance à la porte de la résidence épiscopale.

    Après l’Évangile, l’évêque s’adresse pour la première fois à son peuple. Jusque-là la liturgie l’avait placé dans une attitude de réception et d’écoute, le maintenant en silence et en adoration. Ce n’est que maintenant qu’il prend la parole. Cet ordre simple est porteur d’un enseignement qu’il convient de garder à l’esprit en tout temps. Parmi les nombreuses responsabilités qui jalonnent nos journées, nous avons été envoyés pour proclamer la Bonne Nouvelle. À l’exemple des Apôtres, nous sommes appelés à persévérer « dans la prière et dans le ministère de la Parole » (Ac 6, 4). Saint Turibe avait fait de sa vie le prolongement de sa prédication ; et sa prédication était crédible parce qu’il avait laissé l’Évangile imprégner toute son existence. Qu’aucune urgence ni tâche pastorale, aussi nécessaire soit-elle, ne substitue la prière qui est l’antichambre de la prédication. Prenons toujours le temps nécessaire pour écouter la Parole de Dieu et pour préparer soigneusement la manière de la présenter à notre peuple.

    Une fois les rites de réception accomplis et la liturgie de la Parole célébrée, vient le moment de présenter l’offrande. Dans cette offrande, nous pouvons percevoir tout ce que l’évêque remettra, jour après jour, entre les mains du Seigneur : son travail, les projets qu’il entreprendra, les décisions qu’il devra prendre, le peuple qui lui a été confié avec ses préoccupations et espérances. Il y aura des moments où il verra clairement le chemin, et d’autres où il éprouvera sa propre petitesse : tout cela trouve place sur la patène. Il revient à l’évêque de s’offrir fidèlement, mais la fécondité, en dernier ressort, appartientà Dieu (cf. 1 Co 3, 6-7).

    La célébration elle-même révèle la source de cette fécondité. Dans la Sainte Messe, l’unique sacrifice du Christ pour le salut du monde s’actualise sacramentellement, tandis que le peuple est uni à l’offrande de son Seigneur. De ce Saint Sacrifice jaillit la grâce de laquelle l’Église vit et par laquelle le Christ continue de la rassembler et de la sanctifier à travers l’histoire. L’évêque, comme tout prêtre, prête sa voix et ses mains au Christ, le Prêtre suprême et éternel, qui agit à travers son ministère. Ce qu’il célèbre doit s’étendre à sa propre vie, chaque jour plus unie à l’offrande du Seigneur, jusqu’à ce que toute son existence devienne, dans le Christ, une offrande au Père.

    La géographie spirituelle de l’Église en Amérique latine est marquée par des pasteurs qui ont rendu visible cette union entre l’autel et la vie. La figure de saint Turibe n’est donc pas isolée. À travers les siècles et dans différentes régions du continent, s’est formée une véritable constellation d’évêques que l’Église vénère comme saints et bienheureux. Aux côtés du grand archevêque de Lima figurent, parmi d’autres illustres évêques, les saints Antoine Marie Claret, Ezéckiel Moreno, Raphael Guízar et Oscar Romero, et les bienheureux Jean de Palafox, Hyacinthe Vera, Mamert Esquiú, Henri Angelelli, Jesús Jaramillo et Edouard Pironio. Approfondissons le ministère et les écrits de ces pasteurs et faisons-les connaître dans nos Églises locales. Leur témoignage peut nous aider à mieux comprendre la mission de l’évêque et revêtir un intérêt particulier pour la formation des séminaristes et des prêtres. Leurs vies montrent comment une même mission peut prendre diverses formes selon les époques et les circonstances, de même qu’elles forment une école de pasteurs issus de notre histoire ecclésiale. Les saints continuent de former des saints (cf. He 13, 7).

    Confions à Notre-Dame de Guadalupe notre désir de vivre avec fidélité renouvelée la mission que nous avons reçue. À l’aube de l’évangélisation de ce continent bien-aimé, elle a voulu que saint Juan Diego portât sa requête à l’évêque, et que ce fût à ce dernier de discerner et d’accueillir ce que le Seigneur accomplissait par le biais d’un humble messager. Cette rencontre reste pour nous, pasteurs, une invitation à être attentifs à l’action de Dieu qui se manifeste souvent par des voies surprenantes, en engageant des personnes aux parcours singuliers. Par l’intercession de la Mère de Dieu, demandons la grâce de connaître, servir et aimer les Églises qui nous sont confiées, afin que, lorsque viendra le moment de rendre compte de notre ministère au Seigneur, nous nous entendions dire : « Très bien, serviteur bon et fidèle, [...] entre dans la joie de ton seigneur » (Mt 25, 21).

    Avec affection fraternelle, je vous bénis de tout cœur.

    Du Vatican, le 8 septembre 2026, Nativité de la Bienheureuse Vierge Marie.

     

    LÉON PP. XIV

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    [1] Pie XII, Message radiophonique au Ve Congrès International de l’Éducation Catholique, 12 janvier 1954.

    [2] Cf. Saint Jean Paul II, Rencontre avec les évêques péruviens, 2 février 1985.

    [3] Cf. Benoît XVI, Message à l’occasion du quatrième centenaire de la mort de saint Turibe, 23 mars 2006.

    [4] Cf. François, Rencontre avec les évêques à Lima, 21 janvier 2018.

    [5] Cf. Cérémonial des Évêques, pp. 1141-1144.

    [6] Cf. Ibid., p. 1180.

    [7] Ibid., p. 1143.

  • Saint Matthieu, apôtre, évangéliste et martyr (+61)

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    D'Olivier Bonnassies sur 1000 Raisons de Croire :

    Saint Matthieu, apôtre, évangéliste et martyr (+61)

    Matthieu, aussi appelé Lévi dans l’Évangile ( Mt 9,9  10,3 ), a été appelé par Jésus alors qu’il était assis à son bureau de collecteur d’impôt, et il a fait partie de la deuxième fournée de six apôtres « choisis » ( Jn 6,70 ), « institués » ( Mc 3,14 ) et « établis » ( Mc 3,16 ) par le Christ Jésus « pour être avec lui » ( Mc 3,14 ) et le connaître au long de ses trois années de vie publique, afin qu’ils puissent être ses fiables « témoins » ( Lc 24,48 ) et le fondement de l’Église. On dit même qu’il a été appelé le dernier, et que tous les autres étaient relativement choqués de devoir accueillir parmi eux un collecteur d’impôts qui avait une si mauvaise réputation, mais Matthieu avait pris la décision de quitter sa vie passée et de s’ouvrir totalement au Christ.

    Ensuite, après la Pentecôte, étant parmi les plus lettrés des apôtres, il sera, selon saint Irénée et Eusèbe de Césarée, missionné par les Douze pour fixer par écrit, « dans la langue des Hébreux », c’est-à-dire dans sa langue maternelle, l'araméen , l’enseignement oral que les apôtres ont donné publiquement en Israël pour attester que Jésus est bien le Messie attendu, annoncé par l’Écriture et les prophètes. Plus tard, sur les traces de la tribu de Lévi, il partira évangéliser sur la route de l’encens, vers l’Arabie et l’Éthiopie, avant d’être martyrisé, selon la tradition, en 61, à Naddarer, dans le sud de l’Égypte, non loin de la frontière, dans ce qui est aujourd’hui le nord du Soudan.


    Les raisons d'y croire

    • Le processus de composition, d’écriture et de publication de l’Évangile de Matthieu est de mieux en mieux connu aujourd’hui, de même que le contexte culturel, économique, linguistique, intellectuel, matériel et liturgique d’Israël au 1er siècle, et tout cela conduit à confirmer la rapidité et la fiabilité de la genèse des textes du Nouveau Testament.
    • Comme pour tous les apôtres, le changement de comportement de Matthieu entre le moment de la Passion, où tous sauf Jean ont abandonné le Christ, et le moment de l’évangélisation où ils ont tout donné pour lui, qui ne peut s’expliquer que par les « nombreuses preuves » ( Ac 1,3 ) données par Jésus de sa Résurrection et par le don de l'Esprit Saint à la Pentecôte ( Ac 2,1-47 ), est une grande raison de croire.
    • Matthieu est ainsi devenu comme tous les autres un témoin intrépide du Christ, que rien ni personne n’a pu faire renier, et il a, lui aussi, scellé son témoignage par le martyre.
    • Son Évangile est un témoignage crédible, remarquable et véridique du Christ, rédigé à l'attention des juifs, qui montre tout particulièrement à quel point Jésus accomplit les prophéties et l’attente d’Israël.
    • Les restes et reliques de saint Matthieu sont aujourd’hui dans la basilique qui porte son nom, à Salerne, en Italie, et de nombreux miracles et guérisons sont attestés en ce lieu.

    En savoir plus

    Les Évangiles sont nés dans le contexte de la naissance de l’Église après la Pentecôte, c’est-à-dire dans le monde juif du 1er siècle. À l’époque, la culture mésopotamienne, la plus ancienne du monde, domine la région : c’est dans cette culture que sont nés l’écriture, le commerce et les premiers savoirs scientifiques (cf. numéro n° 99 de L’Histoire). La langue parlée en Israël au temps du Christ est l’araméen de l’empire parthe, la grande langue commerciale d’échange utilisée dans tout l’Orient, des bords de la Méditerranée à l’Inde, et sur toutes les routescommerciales de l’Antiquité.L’hébreu n’est qu’une langue liturgique (un peu comme le latin pour nous), et le grec est une langue internationale, mais surtout en Méditerranée, de même que le latin et le phénicien, même si les conquêtes d’Alexandre l’ont fait connaître aussi en Orient.

    La vie de en Israël au temps du Christ est structurée autour de trois niveaux de la Torah : une pratique domestique quotidienne, comprenant des lectures et des prières ; la pratique à la synagogue où l’on se réunit surtout le jour du shabbat pour la prière, la lecture et les commentaires des Écritures (la Torah, divisée en 52 parties, permet une lecture continue tout le long des shabbat, de la Genèse au Deutéronome, en intégrant toutes les fêtes liturgiques juives) ; et une pratique liée au Temple, avec les six fêtes qui y sont célébrées sur le cycle d’hiver, d’octobre à juin, avec Rosh Hoshana, Yom Kippour, la fête des Tentes, la Dédicace du Temple, Pâques (Pessah) et Pentecôte (Shavouot), toutes liées aussi à des textes précis. Le cycle d’été, sans fête, est un peu l’équivalent de notre « temps ordinaire ». Chaque semaine, et pour chaque fête, une section de la Torah et un texte des prophètes sont proclamés. Il n’y a pas d’autres Écritures canoniques que la Torah, les prophètes et les psaumes.

    La prédication du Christ s’appuie sur la vie liturgique d’Israël parcourant la Torah. Il se positionne par rapport à ces textes de la Torah et des prophètes lus dans les synagogues ( Lc 4,15 ) et au Temple. Il les commente et leur donne un développement messianique, qui se met en place en lien avec des dates, des lieux et des événements significatifs et bien précis. Par exemple, le dernier jour de la fête des Tentes ( Jn 7,2 ), quand le Christ parle au Temple des « fleuves d’eau vive » qui couleront de son sein ( Jn 7,37-38 ), c’est un commentaire direct des textes de Zacharie ( Za 14,8 ) et Ezéchiel ( Ez 47,1-12 ) qui sont lus ce jour-là. Ou encore, à la Synagogue de Nazareth, « selon son habitude » Jésus fait la lecture du prophète Isaïe, et il commente avec un développement messianique : « Aujourd’hui s’accomplit ce passage de l’Écriture que vous venez d’entendre » ( Lc 4,16-21 ).

    Après Jésus, les apôtres prêchent la Nouvelle Alliance dans un contexte juif.Tous les protagonistes sont israélites : les apôtres, les disciples, les convertis, les opposants, et tous vont à la synagogue en semaine et au Temple pour les fêtes, en participant aux mêmes offices. Les apôtres sont interrogés au tribunal suprême, le Sanhédrin, où Pierre et Jean donnent un témoignage juridiquement valable, et ils prêchent également sous la colonnade de Salomon, au Temple, ou en privé, oralement, de maître à disciple, selon l’exemple du Christ. Ils se concentrent sur cette prédication, comme « témoins » ( Ac 1,8 ) de tout ce qu’ils ont vu et entendu « depuis le baptême de Jean jusqu’au jour où Jésus a été enlevé » ( Ac 1,22 ). En fonction des temps liturgiques, ils sont amenés naturellement à rappeler les enseignements du Christ qui correspondent, et c’est ainsi que se fixe très rapidement une catéchèse naturelle, orale, adossée aux lectures des Écritures saintes d’Israël, qui demeurent les seuls « écrits ».

    L’enseignement des apôtres se met donc naturellement en place sur le rythme du calendrier synagogal pour, chaque dimanche, après chaque shabbat, rappeler les faits et gestes que le Christ avait posés en correspondances avec les lectures sabbatiques. Récemment, des chercheurs ont dit avoir montré que les Évangiles de Matthieu et de Luc sont en correspondance avec les textes synagogaux des huit mois du cycle d’hiver – l’Évangile de Marc pouvant, semble-t-il, être mis en correspondance avec les textes des quatre mois du cycle d’été –, ce qui induirait que les Évangiles synoptiques se sont constitués à partir des lectionnaires de la première Église – l’Évangile de Jean, structuré sur les fêtes du Temple, étant un enseignement complémentaire, destiné aux auditeurs déjà initiés. Ainsi, de même que Jésus enseignait aux foules en paraboles et expliquait tout en particulier à ses disciples ( Mt 4,34 ), et que Paul distingue les commençants à qui il faut donner « du lait » et ceux qui sont plus avancés, qui peuvent prendre « de la nourriture solide » ( 1Co 3,1-2 ), il y avait aussi naturellement de la part des apôtres un enseignement public général et un enseignement plus approfondi coordonné avec celui-ci (beaucoup ont bien noté qu’il y a clairement une répartition des récits : les Évangiles synoptiques ne parlent par exemple pas de la résurrection de Lazare, qui était un événement majeur, et l’Évangile de Jean ne dit rien de l’institution de l’Eucharistie, pourtant au cœur des événements de la Cène, rapportée par Jean avec de nombreux détails, ce qui montre que les deux enseignements sont bien coordonnés).

    C’est ainsi que, selon le témoignage de saint Irénée, vers 180, « Matthieu publia chez les Hébreux, dans leur propre langue, une forme écrite d’Évangile à l’époque où Pierre et Paul évangélisaient Rome et fondaient l’Église » (Contre les hérésies, III, 1,1). Eusèbe de Césarée (265 – 340) dans son Histoire ecclésiastique le confirme, ajoutant que, parmi les apôtres, « seuls Matthieu et Jean ont laissé des mémoires des enseignements du Seigneur. Et la tradition rapporte qu’ils en vinrent à écrire par nécessité » (HE 3,24,5), c’est-à-dire que les apôtres privilégiaient l’enseignement oral, qui était la norme, mais que l’écrit pouvait suppléer en cas de nécessité (dispersion, départ en mission, persécution, etc.). « La Tradition rapporte qu’ils en vinrent à écrire par nécessité. Matthieu, en effet, prêcha d’abord aux Hébreux. Comme il devait aussi aller vers d’autres, il livra à l’écriture, dans sa langue maternelle, son Évangile, suppléant du reste à sa présence par le moyen de l’écriture, pour ceux dont il s’éloignait . Alors qu’après cela Luc et Marc éditaient un Évangile par écrit pour les causes que nous avons dites précédemment (ils s’éloignaient de leur communauté), Jean, à ce que l’on dit, continuait sa prédication tout le temps sans mise par écrit. Finalement, il en vint aussi à écrire, pour la raison suivante. Alors que les trois Évangiles écrits précédemment avaient déjà été transmis chez tous (les fidèles) et chez lui aussi, il les reçut, dit-on en rendant témoignage de leur vérité. Mais il manquait à leurs écrits le seul récit des choses faites par le Christ dans les premiers temps et au début de sa prédication » (HE 3,24,8). Eusèbe de Césarée rapporte aussi qu’on dit qu’un certain Panthène, « allé jusqu’en Inde […] trouva sa venue devancée par l’Évangile de Matthieu chez certains indigènes du pays qui connaissaient le Christ. À ces gens-là, Barthélémy, l’un des apôtres, aurait prêché et il leur aurait laissé l’ouvrage de Matthieu écrit en lettres hébraïques, qu’eux auraient conservé jusqu’au temps où nous parlons » (HE 10,2) et il y a plusieurs autres témoignages comparables.

    L’Évangile de Matthieu qui s’adresse aux juifs est donc certainement le premier Évangile composé et diffusé, comme l’enseignait déjà, en 1911, la Commission biblique du Vatican, en se prononçant sur des questions liées à ce sujet : « Faut-il considérer comme suffisamment fondée par la voie de la tradition l’opinion selon laquelle Mathieu a précédé dans sa rédaction les autres évangélistes et qu’il a composé le premier Évangile dans la langue maternelle alors utilisée par les juifs de Palestine ? Réponse : "oui", pour les deux parties » (Denzinger n°3562) ; et « s’agissant de l’ordre chronologique des Évangiles, est-il permis de s’éloigner de l’opinion corroborée par le témoignage à la fois très ancien et constant de la Tradition et qui atteste qu’après Mathieu qui, le premier de tous, composa son Évangile dans la langue maternelle, Marc a écrit le deuxième, et Luc le troisième. Ou faut-il d’un autre côté considérer comme contraire à cette conception l’opinion qui affirme que le deuxième et le troisième Évangile ont été composés avant la traduction grecque du premier Évangile ? Réponse : " non ", pour les deux parties ». La Commission précise aussi que l’Évangile de Matthieu « ne suit pas toujours l’ordre chronologique » (Denzinger n°3566), ce qui est logique caril est calé sur une seule année liturgique. Comme l’ont remarqué aussi plusieurs Pères de l’Église, il n’y a qu’une seule montée du Christ vers Pâques, alors qu’il y est allé bien sûr chaque année au cours des trois années de sa vie publique. Matthieu est aussi, naturellement l’Évangile qui s’adresse le plus aux juifs car, dans les premières années de la prédication, tous les protagonistes, apôtres, disciples, opposants, enseignants et auditeurs, sont tous juifs. Les apôtres suivent le commandement du Christ qui leur avait demandé d’être d’abord ses témoins « à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie » avant de l’être « jusqu’aux extrémités de la Terre » ( Ac 1,8 ).

    La meilleure compréhension que nous avons aujourd’hui du processus de composition, d’écriture et de publication de l’Évangile de Matthieu donne de nouveaux arguments sur la fiabilité et la rapidité de la genèse de ces textes. Il est clair qu’à chaque fois qu’un miracle ou un événement marquant se produisait, les disciples et les témoins le racontaient des dizaines de fois : « Alors, il a pris cinq pains et deux poissons et… » et tous ceux qui ont fait l’expérience de ce genre de transmission savent que, dans ces conditions, les récits se précisent et se fixent très vite. C’est encore plus vrai dans une culture orale, qui est celle du monde juif après l’Exil, bénéficiant des techniques mésopotamiennes de composition et de mémorisation des textes. Et le Christ lui-même veillait avec toute l’attention, le savoir-faire d’organisation, et la méthode du peuple juif (cf. tout l’Ancien Testament) à ce que la prédication soit précise. Ensuite, les apôtres ont répété cent fois tous les faits et gestes de Jésus dont ils avaient été témoins, « depuis le commencement, lors du baptême donné par Jean, jusqu’au jour où il fut enlevé » ( Ac 1,21-22 ), et tous ces enseignements ont donc été naturellement et définitivement fixés très tôt, dès les premières années de prédication, à Jérusalem et en Israël, dans les années 30. Il s’agissait au début de commenter les Écritures tout au long de l’année liturgique, et ces récits n’ont été écrits et diffusés sous forme d’Évangile que plus tard, en fonction des besoins et des nécessités, quand les persécutions et les missions ont conduit les apôtres à se disperser et s’éloigner.

    De son côté, Matthieu, qui était probablement de la tribu de Lévi, est, selon la tradition, parti prêcher sur la route de l’encens, vers l’Arabie et l’Éthiopie. Au temps du Christ, le peuple juif comptait, selon les estimations, entre 4 et 8 millions de personnes, qui se répartissaient en gros pour moitié en Israël et pour moitié dans une diaspora gigantesque et unique au monde, présente dans toutes les régions du monde antique, de la Chine à l’Angleterre, avec des communautés particulièrement importantes à Rome, en Égypte et en Mésopotamie. On estime que les Juifs représentaient entre 5 à 10 % de l’Empire romain, ce qui en faisait une communauté importante et influente. De grandes routes commerciales traversaient le monde antiqueautour d’Israël, qui occupe une position centrale sur les « routes de la soie » notamment, de la Méditerranée à la Chine, mais aussi sur les « routes de l’encens » vers la péninsule Arabique et l’Afrique, et sur la « route de l’étain » vers l’Espagne, l’Europe occidentale et l’Angleterre. Les Juifs en sont les principaux organisateurs : ils font fonctionner le commerce de la Chine à l’Espagne en s’appuyant sur leur diaspora. Leurs circuits commerciaux antiques étaient très organisés et permettaient l’échange et le commerce d’épices, de textiles, de pierres précieuses, de métaux précieux, de technologies et le partage d’idées religieuses et philosophiques, et les apôtres se servent de ces connexions pour la diffusion de l’Évangile.

    Finalement Matthieu donnera le témoignage du martyr, en 61, à Naddarer, au sud de l’Égypte. Selon la vénérable tradition que rapporte le martyrologe romain, les Virtutes Apostolorum (VIe siècle) et La Légende dorée (XIIIe siècle), il fut secondé en Éthiopie par l’eunuque de Candace, la reine d’Éthiopie, dont parlent les Actes des Apôtres ( Ac 8,26-39 ). Deux sorciers, Zaroès et Arfaxar, annoncèrent au roi qu’ils ne pouvaient sauver son fils Euphranor, mourant, mais l’eunuque amena à la cour Matthieu, qui parvint à le sauver. Le roi et sa famille se convertirent, favorisant la christianisation du pays. Le roi suivant, Hyrtaque, voulut se marier à Iphigénie, vierge consacrée au Christ, mais Matthieu refusa. Après 23 ans de mission en Éthiopie, il mourut martyr à Naddarer, en 61, après que le roi eut envoyé un de ses soldats passer l’apôtre au fil de l’épée. Son corps fut transféré à Salerne, en Italie, où une basilique qui porte son nom fut érigée autour de ses reliques : c’est aujourd’hui un important lieu de pèlerinage, et de nombreux miracles et guérisons y sont recensés. En 2014, le pape François a ordonné une étude scientifique des reliques pour confirmer leur authenticité. Les résultats de l’étude n’ont pas été rendus publics, mais le pape François a confirmé que les reliques étaient bien authentiques.

    Matthieu a été célébré par le Caravage qui, dans son tableau très connu (cf. notre illustration), fait bien comprendre à quel point est surprenant le choix de Matthieu, le publicain, par le Christ pour être un de ses plus proches – un des Douze –, et c’est pourquoi le thème de la miséricorde est aussi si fort et si présent dans tout l’Évangile de Matthieu : « Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin du médecin, mais les malades. Allez apprendre ce que signifie : "Je veux la miséricorde, non le sacrifice." En effet, je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs » (cf. Mt 9,9-13 ).

    Olivier Bonnassies


    Au delà

    L’Évangile de Matthieu est, comme tous les Évangiles, à lire et à méditer car la parole de Dieu parle d’elle-même. Comme le dit le Christ, ses brebis « reconnaissent sa voix » ( Jn 10,26-27 ).


    Aller plus loin

    Le film Jésus de Nazareth de Franco Zeffirelli, qui retrace magnifiquement le parcours du Christ à partir de l’Évangile de Matthieu notamment.


    En complément

  • "Le publicain Matthieu qui, devenu Apôtre, continue à nous annoncer la miséricorde salvatrice de Dieu"

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    Saint Matthieu du Caravage... - Secret World

    Benoît XVI, lors de l'audience générale du mercredi 30 août 2006, a consacré sa catéchèse à l'apôtre et évangéliste Matthieu (source):

    Chers frères et soeurs,

    En poursuivant la série de portraits des douze Apôtres, que nous avons commencée il y a quelques semaines, nous nous arrêtons aujourd'hui sur Matthieu. En vérité, décrire entièrement sa figure est presque impossible, car les informations qui le concernent sont peu nombreuses et fragmentaires. Cependant, ce que nous pouvons faire n'est pas tant de retracer sa biographie, mais plutôt d'en établir le profil que l'Evangile nous transmet.

    Pour commencer, il est toujours présent dans les listes des Douze choisis par Jésus (cf. Mt 10, 3; Mc 3, 18; Lc 6, 15; Ac 1, 13). Son nom juif signifie "don de Dieu". Le premier Evangile canonique, qui porte son nom, nous le présente dans la liste des Douze avec une qualification bien précise:  "le publicain" (Mt 10, 3). De cette façon, il est identifié avec l'homme assis à son bureau de publicain, que Jésus appelle à sa suite:  "Jésus, sortant de Capharnaüm, vit un homme, du nom de Matthieu, assis à son bureau de publicain. Il lui dit:  "Suis-moi". L'homme se leva et le suivit" (Mt 9, 9). Marc (cf. 2, 13-17) et Luc (cf. 5, 27-30) racontent eux aussi l'appel de l'homme assis à son bureau de publicain, mais ils l'appellent "Levi". Pour imaginer la scène décrite dans Mt 9, 9, il suffit de se rappeler le magnifique tableau du Caravage, conservé ici, à Rome, dans l'église Saint-Louis-des-Français. Dans les Evangiles, un détail biographique supplémentaire apparaît:  dans le passage qui précède immédiatement le récit de l'appel, nous est rapporté un miracle accompli par Jésus à Capharnaüm (cf. Mt 9, 1-8; Mc 2, 1-12) et l'on mentionne la proximité de la mer de Galilée, c'est-à-dire du Lac de Tibériade (cf. Mc 2, 13-14). On peut déduire de cela que Matthieu exerçait la fonction de percepteur à Capharnaüm, ville située précisément "au bord du lac" (Mt 4, 13), où Jésus était un hôte permanent dans la maison de Pierre.

    Sur la base de ces simples constatations, qui apparaissent dans l'Evangile, nous pouvons effectuer deux réflexions. La première est que Jésus accueille dans le groupe de ses proches un homme qui, selon les conceptions en vigueur à l'époque en Israël, était considéré comme un pécheur public. En effet, Matthieu manipulait non seulement de l'argent considéré impur en raison de sa provenance de personnes étrangères au peuple de Dieu, mais il collaborait également avec une autorité étrangère odieusement avide, dont les impôts pouvaient également être déterminés de manière arbitraire. C'est pour ces motifs que, plus d'une fois, les Evangiles parlent à la fois de "publicains et pécheurs" (Mt 9, 10; Lc 15, 1), de "publicains et de prostituées" (Mt 21, 31). En outre, ils voient chez les publicains un exemple de mesquinerie (cf. Mt 5, 46:  ils aiment seulement ceux qui les aiment) et ils mentionnent l'un d'eux, Zachée, comme le "chef des collecteurs d'impôts et [...] quelqu'un de riche" (Lc 19, 2), alors que l'opinion populaire les associait aux "voleurs, injustes, adultères" (Lc 18, 11). Sur la base de ces éléments, un premier fait saute aux yeux:  Jésus n'exclut personne de son amitié. Au contraire, alors qu'il se trouve à table dans la maison de Matthieu-Levi, en réponse à ceux qui trouvaient scandaleux le fait qu'il fréquentât des compagnies peu recommandables, il prononce cette déclaration importante:  "Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin du médecin, mais les malades. Je suis venu appeler non pas les justes, mais les pécheurs" (Mc 2, 17).

    La bonne annonce de l'Evangile consiste précisément en cela:  dans l'offrande de la grâce de Dieu au pécheur! Ailleurs, dans la célèbre parabole du pharisien et du publicain montés au Temple pour prier, Jésus indique même un publicain anonyme comme exemple appréciable d'humble confiance dans la miséricorde divine:  alors que le pharisien se vante de sa propre perfection morale, "le publicain... n'osait même pas lever les yeux vers le ciel, mais il se frappait la poitrine en disant:  "Mon Dieu, prends pitié du pécheur que je suis!"". Et Jésus commente:  "Quand ce dernier rentra chez lui, c'est lui, je vous le déclare, qui était devenu juste. Qui s'élève sera abaissé; qui s'abaisse sera élevé" (Lc 18, 13-14). Dans la figure de Matthieu, les Evangiles nous proposent donc un véritable paradoxe:  celui qui est apparemment le plus éloigné de la sainteté peut même devenir un modèle d'accueil de la miséricorde de Dieu et en laisser entrevoir les merveilleux effets dans sa propre existence. A ce propos, saint Jean Chrysostome formule une remarque significative:  il observe que c'est seulement dans le récit de certains appels qu'est mentionné le travail que les appelés effectuaient. Pierre, André, Jacques et Jean sont appelés alors qu'ils pêchent, Matthieu précisément alors qu'il lève l'impôt. Il s'agit de fonctions peu importantes - commente Jean Chrysostome - "car il n'y a rien de plus détestable que le percepteur d'impôt et rien de plus commun que la pêche" (In Matth. Hom.:  PL 57, 363). L'appel de Jésus parvient donc également à des personnes de basse extraction sociale, alors qu'elles effectuent un travail ordinaire.

    Une autre réflexion, qui apparaît dans le récit évangélique, est que Matthieu répond immédiatement à l'appel de Jésus:  "il se leva et le suivit". La concision de la phrase met clairement en évidence la rapidité de Matthieu à répondre à l'appel. Cela signifiait pour lui l'abandon de toute chose, en particulier de ce qui lui garantissait une source de revenus sûrs, même si souvent injuste et peu honorable. De toute évidence, Matthieu comprit qu'être proche de Jésus ne lui permettait pas de poursuivre des activités désapprouvées par Dieu. On peut facilement appliquer cela au présent:  aujourd'hui aussi, il n'est pas admissible de rester attachés à des choses incompatibles avec la "sequela" de Jésus, comme c'est le cas des richesses malhonnêtes. A un moment, Il dit sans détour:  "Si tu veux être parfait, va, vends ce que tu possèdes, donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans les cieux. Puis viens, suis-moi" (Mt 19, 21). C'est précisément ce que fit Matthieu:  il se leva et le suivit! Dans cette action de "se lever", il est légitime de lire le détachement d'une situation de péché et, en même temps, l'adhésion consciente à une nouvelle existence, honnête, dans la communion avec Jésus.

    Rappelons enfin que la tradition de l'Eglise antique s'accorde de façon unanime à attribuer à Matthieu la paternité du premier Evangile. Cela est déjà le cas à partir de Papia, Evêque de Hiérapolis en Phrygie, autour de l'an 130. Il écrit:  "Matthieu recueillit les paroles (du Seigneur) en langue hébraïque, et chacun les interpréta comme il le pouvait" (in Eusèbe de Césarée, Hist. eccl. III, 39, 16). L'historien Eusèbe ajoute cette information:  "Matthieu, qui avait tout  d'abord prêché parmi les juifs, lorsqu'il décida de se rendre également auprès d'autres peuples, écrivit dans sa langue maternelle l'Evangile qu'il avait annoncé; il chercha ainsi à remplacer par un écrit, auprès de ceux dont il se séparait, ce que ces derniers perdaient avec son départ" (Ibid., III, 24, 6). Nous ne possédons plus l'Evangile écrit par Matthieu en hébreu ou en araméen, mais, dans l'Evangile grec que nous possédons, nous continuons à entendre encore, d'une certaine façon, la voix persuasive du publicain Matthieu qui, devenu Apôtre, continue à nous annoncer la miséricorde salvatrice de Dieu et écoutons ce message de saint Matthieu, méditons-le toujours à nouveau pour apprendre nous aussi à nous lever et à suivre Jésus de façon décidée.