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Spiritualité

  • Saint John Henry Newman demeure une référence essentielle pour les questions de conscience, de foi et de développement doctrinal

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    Saint John Henry Newman demeure une référence essentielle pour les questions de conscience, de foi et de développement doctrinal.

    Proclamé Docteur de l’Église le 1er novembre 2025 par le pape Léon XIV lors de la messe de la solennité de la Toussaint, dans le cadre du Jubilé du monde de l’éducation, saint John Henry Newman (1801-1890) a rejoint le cercle restreint des 38 Docteurs de l’Église. Il a également été nommé co-patron de l’éducation catholique aux côtés de saint Thomas d’Aquin. Cette reconnaissance solennelle souligne l’influence durable de ce convertisseur anglican devenu cardinal sur la théologie contemporaine, particulièrement en matière de conscience, d’autorité ecclésiale et d’évolution des dogmes.

    La 36e Académie théologique internationale d’été, organisée du 31 août au 2 septembre 2026 à Haag (Basse-Autriche, diocèse de Saint-Pölten), et non à La Haye aux Pays-Bas, a précisément été consacrée à ce nouveau Docteur. Dirigée par Helmut Prader, théologien moral et directeur de l’académie, cette rencontre de trois jours a rassemblé une soixantaine de participants sur place (dont l’archevêque Mieczysław Mokrzycki de Lviv, président de la Conférence des évêques d’Ukraine, et l’évêque auxiliaire suisse émérite Marian Eleganti) et autant en ligne. Le changement de lieu, après des décennies à Aigen im Mühlkreis, s’explique par de meilleures liaisons, des coûts plus modérés et la disponibilité d’une salle paroissiale. Elle s’est tenue en collaboration avec la Société Cardinal Scheffczyk.

    Une biographie marquée par la quête de vérité

    Né à Londres le 21 février 1801, Newman connaît une première conversion religieuse à 15 ans. Étudiant brillant à Oxford, il devient fellow d’Oriel College à 21 ans, est ordonné prêtre anglican et joue un rôle central dans le Mouvement d’Oxford à partir de 1833. Son étude approfondie des Pères de l’Église et de l’histoire de la doctrine le conduit progressivement à la conviction que l’Église catholique est la véritable continuation de l’Église apostolique. « Ce sont les Pères qui m’ont fait catholique », résumait-il. Il se convertit en 1845, perd ses fonctions anglicanes et une grande partie de son statut social et universitaire. Ordonné prêtre catholique, il fonde l’Oratoire de Birmingham, tente de créer une université catholique à Dublin (expérience qui inspire ses conférences de 1852 sur The Idea of a University), et est créé cardinal par Léon XIII en 1879. Il meurt le 11 août 1890 à Edgbaston. Canonisé en 2019 par le pape François, il est aujourd’hui célébré pour l’unité de son œuvre, anglicane puis catholique.

    Sœur Birgit Dechant, du centre international de la Newman Society à Littlemore près d’Oxford, a rappelé lors de l’académie que « l’appel de la conscience était plus fort » que les attachements personnels. Cette trajectoire illustre le lien intime, chez Newman, entre recherche théologique de la vérité et décisions de conscience personnelles.

    La conscience : « vicaire aborigène du Christ »

    Helmut Prader a souligné que la conception newmanienne de la conscience est celle qui a été reprise et consacrée dans Gaudium et spes (n. 16) au concile Vatican II : au plus profond de sa conscience, l’homme découvre une loi qu’il ne se donne pas lui-même, mais à laquelle il doit obéir ; cette voix l’appelle à aimer le bien et à fuir le mal. Pour Newman, la conscience n’est ni pure subjectivité ni simple sentiment, mais « la voix de Dieu dans la nature et le cœur de l’homme », « le témoin interne de l’existence et de la loi de Dieu », le « vicaire aborigène du Christ ».

    Dans sa célèbre Lettre au duc de Norfolk (1875), répondant aux critiques de Gladstone sur l’infaillibilité pontificale, Newman écrit : « Je boirai à la santé du Pape, si vous voulez, mais à la conscience d’abord, et au Pape ensuite. » Cette formule, souvent détournée pour justifier un subjectivisme, signifie en réalité le contraire. La conscience a des droits parce qu’elle a des devoirs : elle est appelée à être formée, éclairée par la Révélation et le Magistère. Newman refuse absolument de l’opposer à l’autorité de l’Église. La conscience bien formée et le Magistère convergent vers la même vérité objective. Cette tension féconde entre conviction personnelle et autorité demeure d’une actualité brûlante dans les débats contemporains sur la liberté religieuse, la morale et le discernement.

    Le développement des dogmes

    Autre pilier de sa pensée, l’Essay on the Development of Christian Doctrine (1845) explique comment la doctrine peut croître organiquement sans se corrompre, à la manière d’un germe qui se déploie. Newman propose sept « notes » pour distinguer un développement légitime d’une corruption : préservation du type, continuité des principes, pouvoir d’assimilation, anticipation anticipée, séquence logique, action conservatrice sur le passé, et vigueur chronique. Cette théorie a profondément marqué la théologie du XXe siècle et le concile Vatican II. Le père Johannes Nebel a insisté lors de l’académie sur le fait que la tradition est un développement continu, mais toujours dans la continuité de l’Écriture et de la tradition apostolique, et non selon l’opportunisme social.

    L’idée d’université

    Wolfgang Klausnitzer a présenté la vision newmanienne de l’université : elle ne doit pas se réduire à une formation professionnelle utilitaire, mais offrir une éducation libérale complète, favorisant le dialogue entre les disciplines et empêchant qu’aucune science ne s’érige en vérité unique. L’université forme l’esprit à une « habitude philosophique » : curiosité, capacité de penser au-delà des frontières disciplinaires, ouverture. Oxford représentait pour Newman l’idéal de cette culture intellectuelle. Ses conférences de Dublin restent parmi les textes les plus importants sur le sujet.

    Une actualité qui ne se dément pas

    Newman n’était pas un théologien systématique, mais un auteur d’essais, de sermons et d’une correspondance abondante. Sa force réside précisément dans cette approche existentielle et historique de la vérité. Dans un monde marqué par le relativisme, le subjectivisme et les tensions entre conscience individuelle et institutions, sa pensée offre des ressources précieuses pour articuler fidélité à la tradition et ouverture au développement authentique, autorité et liberté responsable, foi et raison.

    L’académie de 2027 portera sur la pertinence de Jésus-Christ pour la société, en lien avec le centenaire de la naissance de Joseph Ratzinger (grand admirateur de Newman). En attendant, la proclamation de Newman comme Docteur de l’Église confirme ce que l’académie de Haag a mis en lumière : sa théologie de la conscience et du développement doctrinal reste un guide sûr pour l’Église et pour tout chercheur de vérité.

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  • Quand Jean-Paul II évoquait Grégoire le Grand (3 septembre)

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    gregoire_le_grand.jpgLettre à tous les évêques, les prêtres et les fidèles de l’Eglise,
    pour le quatorzième centenaire
    l’élévation de saint Grégoire le Grand au pontificat (source)

    Au terme de l'Antiquité et à l'aurore du Moyen Age, saint Grégoire le Grand, à la fois issu du patriciat romain et du monachisme bénédictin, s'efforce, en réglementant le présent, de transmettre au futur les enseignements du passé et l’héritage de la tradition. Au début de son pontificat (février 590), les structures de l’empire romain, bouleversées par les invasions gothes, puis normandes, s’écroulent, tandis que renaît l’hérésie donatiste et que l’arianisme règne encore sur la plupart des barbares ; la discipline monastique s’est généralement relâchée et le clergé, souvent démoralisé, conduit des fidèles catastrophés par les invasions barbares : « Ballotté par les vagues des affaires, je sens la tempête gronder, au-dessus de ma tête. Avec le psaume1 je soupire : Dans l'abîme des eaux, je suis plongé et les flots me submergent.2 » Dirigeant la barque de saint Pierre menacée de naufrage, saint Grégoire le Grand, le consul de Dieu, va, d’une main ferme et assurée, redresser la barre pour transmettre à la postérité une culture ébranlée sous les coups des barbares mais toujours riche de ses précieux acquis où les leçons de l’Antiquité s’épanouissent à l’enseignement des Pères de l’Eglise, comme le montrent déjà les royaumes des Francs, convertis depuis près d’un siècle, les terres ibériques dont le roi wisigoth, Reccared, vient d’entrer dans le giron de l’Eglise catholique (587) ou les chefs de clan irlandais. Ainsi, prophète des temps nouveaux,  autant que gardien des temps anciens, Grégoire le Grand, sur les ruines de l'empire romain, va-t-il faire se lever l'aube médiévale. Pasteur et missionnaire, théologien et maître spirituel, mais aussi diplomate et administrateur, le soixante-troisième successeur de Pierre construit une œuvre grandiose, à la fois politique, ecclésiastique et mystique, ne revendiquant qu'un seul titre, transmis à ses successeurs : « serviteur des serviteurs de Dieu. »

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  • Grégoire : la grandeur d'un pape (3 septembre)

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    saint-gregoire-le-grand_detail_sacramentaire-marmoutier-pour-usage-autun_bibmunicip_ms19bis-folio005_anno845_IRHT_106971-p.jpgLors des audiences générales des mercredis 28 mai et 4 juin 2008, le pape Benoît XVI a consacré ses catéchèses au pape Grégoire le Grand : 

    Grégoire le Grand pacificateur de l'Europe (28 mai)

    Chers frères et sœurs,

    Mercredi dernier j'ai parlé d'un Père de l'Eglise peu connu en Occident, Romanos le Mélode, je voudrais aujourd'hui présenter la figure de l'un des plus grands Pères dans l'histoire de l'Eglise, un des quatre docteurs de l'Occident, le Pape saint Grégoire, qui fut évêque de Rome entre 590 et 604, et auquel la tradition attribua le titre de Magnus/Grand. Grégoire fut vraiment un grand Pape et un grand Docteur de l'Eglise! Il naquit à Rome vers 540, dans une riche famille patricienne de la gens Anicia, qui se distinguait non seulement par la noblesse de son sang, mais également par son attachement à la foi chrétienne et par les services rendus au Siège apostolique. Deux Papes étaient issus de cette famille:  Félix III (483-492), trisaïeul de Grégoire et Agapit (535-536). La maison dans laquelle Grégoire grandit s'élevait sur le Clivus Scauri, entourée par des édifices solennels qui témoignaient de la grandeur de la Rome antique et de la force spirituelle du christianisme. Des sentiments chrétiens élevés lui furent aussi inspirés par ses parents, Gordien et Silvia, tous deux vénérés comme des saints, et par deux tantes paternelles, Emiliana et Tarsilia, qui vécurent dans leur maison en tant que vierges consacrées sur un chemin partagé de prière et d'ascèse.

    Grégoire entra très tôt dans la carrière administrative, que son père avait également suivie et, en 572, il en atteint le sommet, devenant préfet de la ville. Cette fonction, compliquée par la difficulté des temps, lui permit de se consacrer à large échelle à chaque type de problèmes administratifs, en en tirant des lumières pour ses futures tâches. Il lui resta en particulier un profond sens de l'ordre et de la discipline:  devenu Pape, il suggérera aux évêques de prendre pour modèle dans la gestion des affaires ecclésiastiques la diligence et le respect des lois propres aux fonctionnaires civils. Toutefois, cette vie ne devait pas le satisfaire car, peu après, il décida de quitter toute charge civile, pour se retirer dans sa maison et commencer une vie de moine, transformant la maison de famille dans le monastère Saint André au Celio. De cette période de vie monastique, vie de dialogue permanent avec le Seigneur dans l'écoute de sa parole, il lui restera toujours la nostalgie, qui apparaît toujours à nouveau et toujours davantage dans ses homélies:  face aux assauts des préoccupations pastorales, il la rappellera plusieurs fois dans ses écrits comme un temps heureux de recueillement en Dieu, de consécration à la prière, d'immersion  sereine  dans  l'étude. Il put ainsi acquérir cette profonde connaissance de l'Ecriture Sainte et des Pères de l'Eglise dont il se servit ensuite dans ses œuvres.

    Mais la retraite dans la clôture de Grégoire ne dura pas longtemps. La précieuse expérience mûrie dans l'administration civile à une époque chargée de graves problèmes, les relations entretenues dans cette charge avec les byzantins, l'estime universelle qu'il avait acquise, poussèrent le Pape Pélage à le nommer diacre et à l'envoyer à Constantinople comme son "apocrisaire", on dirait aujourd'hui "Nonce apostolique", pour permettre de surmonter les dernières séquelles de la controverse monophysite et, surtout, pour obtenir l'appui de l'empereur dans son effort pour contenir la poussée lombarde. Son séjour à Constantinople, où avec un groupe de moines il avait repris la vie monastique, fut très important pour Grégoire, car il lui donna l'occasion d'acquérir une expérience directe du monde byzantin, ainsi que d'approcher la question des Lombards, qui aurait ensuite mis à rude épreuve son habileté et son énergie au cours années de son pontificat. Après quelques années, il fut rappelé à Rome par le Pape, qui le nomma son secrétaire. Il s'agissait d'années difficiles:  les pluies incessantes, le débordement des fleuves, la famine qui frappait de nombreuses zones d'Italie et Rome elle-même. A la fin, la peste éclata également, faisant de nombreuses victimes, parmi lesquelles le Pape Pélage II. Le clergé, le peuple et le sénat furent unanime en choisissant précisément lui, Grégoire, pour être son Successeur sur le Siège de Pierre. Il chercha à résister, tentant également la fuite, mais il n'y eut rien à faire:  à la fin il dut céder. C'était l'année 590.

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  • Fulton Sheen, désormais bienheureux, et l'actualité de la mission (Mgr Landry)

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    De l'Agence Fides (Pascale Rizk) :

    BÉATIFICATION DE FULTON SHEEN/I - Roger Landry (OPM USA) : Fulton Sheen, désormais bienheureux, et l'actualité de la mission

    1 septembre 2026

    Rome (Agence Fides) – La passion missionnaire qui animait toute la vie et toute l’œuvre de l’Archevêque américain Fulton Sheen n’était ni un effort ni une stratégie. Ce n’était pas une soif de conquête. Tout en lui découlait simplement du fait qu’il était un « ardent Apôtre de Jésus-Christ, le Sauveur du monde ». Un disciple que sa foi rendait à la fois génial et réaliste, capable de reconnaître que sans l’amour du Christ, même les stratégies et les outils les plus sophistiqués utilisés pour annoncer l’Évangile finissent par n’être que « des cuivres qui résonnent et des cymbales qui retentissent », comme l’écrit saint Paul dans la Lettre aux Corinthiens.

    C’est sur tout cela et bien d’autres choses encore qu’insiste Mgr Roger J. Landry, directeur national des Œuvres Pontificales Missionnaires, en brossant le portrait et en soulignant l’actualité de l’Archevêque américain qui sera proclamé bienheureux le 24 septembre prochain à Saint-Louis (Missouri), lors d’une liturgie solennelle présidée par le Cardinal Luis Antonio Tagle.

    Nous publions ci-dessous le texte de l'interview vidéo accordée par Mgr Roger J. Landry à l'Agence Fides lors de la dernière Assemblée générale des Œuvres Pontificales Missionnaires.

    Le Vénérable Fulton J. Sheen a lui aussi été à la tête des Œuvres Pontificales Missionnaires aux États-Unis de 1950 à 1966.

    Quel est l'héritage de l'Archevêque Fulton J. Sheen pour l'identité missionnaire de l'Église aux États-Unis d'Amérique aujourd'hui ?

    - L’Archevêque Fulton Sheen sera bientôt le bienheureux Fulton Sheen. Toute sa vie a été marquée par son amour ardent pour Jésus-Christ. Il s’était engagé à servir Jésus du mieux possible et à amener le plus grand nombre de personnes possible à le connaître, à se sentir aimées par Lui, à L’aimer à leur tour et à essayer de répandre l’amour pour Lui.

    C’est pourquoi il a étudié avec tant de dévouement et est devenu l’un des prêtres les plus érudits de l’histoire américaine. C’est pourquoi il s’est investi si intensément dans la prédication et a réussi à « enflammer les chaires » du feu du Saint-Esprit, tout en transmettant son amour pour Jésus. C’est l’une des raisons pour lesquelles, chaque matin, pendant les 61 années de son sacerdoce, il a consacré une heure entière à l’adoration devant le Seigneur. Et c’est pour cette raison qu’il a pu affirmer que son plus grand amour avait toujours été tourné vers les missions de l’Église. Il a donné tout ce qu’il pouvait : beaucoup d’énergie, beaucoup de talent, beaucoup d’argent récolté grâce à ses diverses initiatives, pour tenter de répandre la foi dans le monde entier.

    Tout cela tient au fait qu'il était un disciple dévoué et un fervent apôtre de Jésus-Christ, le Sauveur du monde.

    Quels aspects de sa spiritualité personnelle considérez-vous comme les plus pertinents pour les missionnaires qui œuvrent aujourd’hui sur le terrain, et lequel vous touche le plus sur le plan personnel ?

    - Fulton Sheen n'était pas seulement un grand missionnaire parmi les missionnaires, mais il a également contribué à édifier l'Église tout entière dans l'esprit missionnaire.

    Il y a deux aspects de sa dévotion que nous pouvons tous imiter. Le premier est qu’il prenait au sérieux la présence réelle de Jésus dans la Sainte Eucharistie. Pour lui, l’Eucharistie n’était pas une chose, mais une personne. Et il lui était tout à fait naturel de donner la priorité au temps passé avec Jésus chaque jour.

    La mission de l’Église ne consiste pas seulement à porter les paroles de l’Évangile jusqu’aux confins de la terre. Elle ne consiste pas non plus uniquement à fonder des églises. La mission de l’Église est de porter Jésus-Christ jusqu’aux confins de la terre. Il vit avec nous, Dieu avec nous, il est encore avec nous dans la Sainte Eucharistie, dans son Corps, son Sang, son Âme et sa Divinité. Ainsi, l’amour de Fulton Sheen pour l’Eucharistie a véritablement inspiré sa spiritualité missionnaire, afin que des Églises soient édifiées – non pas des bâtiments et des structures physiques, mais des Églises formant le Corps mystique par l’œuvre de Jésus dans la Sainte Eucharistie.

    Et puis, la deuxième chose importante que je dirais à propos de Sheen, c’est qu’il se consacrait à l’art de la communication. Il savait qu’il ne suffisait pas d’avoir la foi. Il ne suffisait pas d’avoir le désir de diffuser la foi. Il fallait être efficace dans la diffusion de la foi. Il fallait montrer, à travers ses paroles, la ferveur de l’amour que Dieu nous porte, tout en prêchant l’Évangile.

    Fulton Sheen a toujours possédé cela. Et l’une des influences les plus marquantes de sa vie a été d’avoir encouragé non seulement certains moyens de communication, anciens et nouveaux, à servir de chaires pour partager avec ferveur le trésor de notre foi. Voici donc les deux choses qui, à mon avis, ont enseigné à toute l’Église comment bien accomplir sa mission.

    Pour moi, ce qui est le plus marquant chez Fulton J. Sheen, c’est son amour pour le sacerdoce. Fulton Sheen était un « prêtre parmi les prêtres » et, lorsqu’il a finalement pris sa retraite, il a passé la dernière décennie de sa vie à animer chaque mois trois retraites hebdomadaires pour les prêtres, car il souhaitait former ses confrères prêtres à un véritable cœur missionnaire à l’image du Christ, afin qu’ils puissent aller, tels le sel et le levain, transformer le monde entier.

    J’ai commencé à écouter les cassettes de Fulton Sheen à l’âge de 18 ans, lors de longs trajets en voiture, et sa pensée a imprégné mon esprit, sa ferveur a imprégné mon cœur, et j’aime penser aujourd’hui, en tant que son successeur – il a été le cinquième directeur national des OPM américaines –, que non seulement j’ai son exemple à suivre et son modèle à mettre en pratique, mais que je bénéficie également de sa puissante intercession, pour toujours à la droite de Jésus. C’est pour cela que j’aime vraiment Fulton Sheen.

    Que peuvent apprendre les « missionnaires numériques » d’aujourd’hui de l’Archevêque Fulton J. Sheen, non seulement sur le plan technique, mais aussi sur le plan spirituel ? Et que penserait d’ailleurs Fulton Sheen lui-même, d’un point de vue critique, des illusions de notre ère de la communication ?

    - Que penserait-il, et quelle serait sa réflexion critique face à ce qui se passe aujourd’hui dans le monde des médias numériques et des missionnaires numériques ? L’archevêque encouragerait tous les missionnaires numériques et les « influenceurs » d’aujourd’hui à partir avant tout de leur relation avec Jésus. S’ils n’ont pas cette expérience de l’amour personnel du Seigneur à leur égard, s’ils ne cherchent pas véritablement à grandir dans la foi, l’espérance et l’amour au sein de cette relation personnelle avec Jésus, alors, pour reprendre les mots de saint Paul aux Corinthiens, ils ne seront que des cuivres qui résonnent et des cymbales qui retentissent. Pour pouvoir porter de grands fruits, ils doivent être unis à Jésus comme les sarments à la vigne. Et ce serait donc là le premier conseil que Fulton Sheen aurait donné.

    Pour Fulton Sheen, ce n'était pas le moyen qui importait. C'était le message transmis par n'importe quel moyen utilisé, qu'il s'agisse de livres, de la radio, de la télévision ou, pour employer les termes d'aujourd'hui, de vidéos, de podcasts ou même d'intelligence artificielle, etc.

    Fulton Sheen restait toujours concentré sur ce message, et ce message… c’est ce que Dieu veut faire avec nous : il veut vivre sa vie à nos côtés ; non seulement il a souffert, il est mort et ressuscité pour nous, mais il marche encore aujourd’hui avec nous : le Christ est ressuscité.
    Et cette vérité était bien connue de Fulton Sheen, qui la vivait chaque jour, en commençant par une heure de prière devant le Seigneur Jésus ressuscité dans le tabernacle de ses chapelles privées.

    En ce qui concerne l’intelligence artificielle, Fulton Sheen y verrait avant tout un immense potentiel. Ensuite, il veillerait à ce que ce formidable outil, capable d’aider l’Église et l’humanité, ne finisse pas par nuire à l’humanité elle-même. Nous ne devrions pas être les disciples de l’intelligence artificielle, au risque d’en devenir les esclaves.

    Mais c’est à nous qu’il revient d’exercer la maîtrise – tout comme le Seigneur nous l’a dit dans le Livre de la Genèse – sur les œuvres de nos mains, sur la créativité qu’Il a inspirée. Ainsi, Fulton Sheen verrait avant tout les possibilités offertes par ces nouveaux moyens que Dieu a placés devant nous, mais il exhorterait également chacun à reconnaître que le diable peut effectivement utiliser ces mêmes moyens. Nous devons donc rester vigilants pour nous assurer qu’ils soient toujours orientés vers Dieu, car s’ils ne le sont pas, ils – et nous à travers eux – finirons par perdre le cap. Comme je l’ai dit, Fulton Sheen fondait son action missionnaire sur une adoration quotidienne devant le Saint-Sacrement.

    L’Archevêque Fulton Sheen a fondé toute son œuvre missionnaire sur une heure sainte quotidienne devant le Saint-Sacrement. En 2024, vous avez parcouru les États-Unis à pied pendant 65 jours en emportant avec vous l’Eucharistie. Quel est le lien fondamental entre l’Eucharistie et la mission ?

    - Comme l’a déclaré le Cardinal Tagle, Pro-Préfet du Dicastère pour l’évangélisation, à l’Église des États-Unis lors du Congrès eucharistique national de 2024 à Indianapolis : « Jésus eucharistique est intrinsèquement missionnaire ». Il donne son corps et son sang pour nous, puis il dit : « Faites ceci en mémoire de moi ». Ce qui ne signifie pas simplement célébrer la messe en sa mémoire, mais rendre notre vie véritablement eucharistique. Que nous soyons, comme Jésus, appelés à nous laisser briser pour les autres. Que nous soyons capables de dire aux autres : « Voici mon corps, voici mon sang, voici mes callosités, voici ma sueur, voici mes larmes, voici mon cœur, tout ce que je suis et tout ce que je possède, je vous l’offre par amour pour vous ».

    Une Eucharistie qui ne se transforme pas en mission, comme nous l’a dit un jour Saint Jean-Paul II, est comme intrinsèquement fragmentée, brisée ; mais tout comme nous recevons l’amour que le Seigneur déverse sur nous lorsque nous sommes capables de recevoir dignement Jésus dans la Sainte Communion, de même Jésus, désormais en nous, veut que nous poursuivions cette communion avec Lui en participant à Sa mission pour le salut du monde. C’est l’une des raisons pour lesquelles la célébration de chaque messe s’achève par Dieu qui nous donne sa bénédiction, puis nous dit : « Allez et annoncez l’Évangile du Seigneur ». « Ite missa est » signifie que la destination de l’Église a été fixée et ainsi, le Christ, qui nous donne son corps, nous envoie avec Lui afin que, transformés par Lui dans l’Eucharistie, nous puissions transformer le monde entier.

    Le Pape Léon XIV est souvent qualifié de pape missionnaire, mais au-delà des slogans, comment analyse-t-on sa perspective et sa vision missionnaire ?

    - Le Pape Léon a exercé pendant 22 ans en tant que séminariste missionnaire, prêtre et évêque au Pérou. Par la suite, pendant 12 ans, il a visité 50 pays différents en tant que prieur général des Augustins. Il a donc été missionnaire pendant la moitié de sa vie. Lorsqu’il a été élu le 8 mai 2025, il était le premier pape depuis saint Pierre à avoir consacré une partie de sa vie à s’éloigner de chez lui pour annoncer l’Évangile à des personnes qui n’avaient jamais entendu parler de Jésus, comme Léon l’avait fait dans les montagnes du nord du Pérou. C’est donc fort de cette expérience, de ce passeport rempli de tampons, qu’il est entré sous les acclamations de Saint-Pierre. Et tout comme le pape saint Pie X allait être le premier pape depuis des siècles à avoir exercé un ministère pastoral, mettant cette expérience pastorale au service de la transformation de la papauté, de même le Pape Léon, qui est le premier pape missionnaire « ad agentes » depuis l’époque de Simon de Bethsaïda, a sillonné le globe de long en large pour fortifier ses frères et sœurs dans la foi, en les amenant avec lui au Palais Apostolique. Il n’est pas surprenant que, dans son homélie d’ouverture, il ait non seulement salué les habitants de Chiclayo, où il avait été évêque missionnaire, mais qu’il ait également affirmé : ensemble, nous devons chercher des moyens de devenir une « Église missionnaire ».

    Si l’on réfléchit à ce qui rend son expérience missionnaire unique, c’est le fait qu’il… reconnaît que l’œuvre missionnaire est l’engagement commun de toute l’Église ; ce n’est pas le travail d’un seul missionnaire, ni de quelques membres d’une congrégation missionnaire, mais, pour que la mission de l’Église soit couronnée de succès, l’engagement de tous est nécessaire. Et dès ses premiers mots, en tant que 267e évêque de Rome, il nous a tous invités à nous unir à lui avec un zèle missionnaire pour apporter à tous le plus grand don du monde, Jésus-Christ. Le Christ lui-même à tous, aux 8,1 milliards de personnes, ces 8,1 milliards qui vivent aujourd’hui, pour lesquels Jésus a donné sa vie avec amour. C’est ce qui le rend vraiment unique et nous fait ressentir à quel point nous sommes bénis, non seulement d’avoir un pape américain – je peux le dire en tant qu’Américain –, mais aussi d’avoir un pape véritablement missionnaire, qui a dans le sang le désir de répandre la foi.

    (Agence Fides 1/9/2026)

  • Amsterdam, 5 septembre : importante journée de réparation au Cœur Immaculé de Marie

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    Un mois après les événements marquants de la WorldPride dans le parc le plus célèbre d'Amsterdam, le cardinal Burke conduira une procession du rosaire au même endroit. À ses côtés, pour cet acte de réparation, se tiendront le cardinal Eijk des Pays-Bas, Mgr Van den Hende de la Conférence des évêques néerlandais, l'évêque d'Amsterdam Mgr Hendricks, et Mgr Robert Mutsaerts.

    Une importante journée de réparation au Cœur Immaculé de Marie approche à grands pas.

    Ce samedi 5 septembre, Son Éminence le cardinal Raymond Leo Burke célébrera une messe pontificale solennelle selon le Vetus Ordo à l'église Notre-Dame (Onze Lieve Vrouwekerk), située sur le Keizersgracht à Amsterdam, en plein cœur de la ville.

    Après la messe, nous marcherons en procession avec la statue de Notre Dame de Fátima jusqu'au Vondelpark, où nous réciterons le chapelet et où Son Éminence proposera une réflexion sur les messages de Fátima.

    Un mois après que la WorldPride a animé le parc le plus célèbre d'Amsterdam, le cardinal Burke y amène Notre-Dame de Fatima.

    Il y a un mois à peine, la WorldPride s'ouvrait dans ce même parc – le plus célèbre du pays – en présence même de notre reine Máxima, pourtant réputée « catholique », venue encourager la communauté LGBTQ+. Je ne pouvais donc imaginer de meilleur endroit que ce parc pour rendre hommage au Cœur Immaculé de Marie !

    Outre S.E. le cardinal Burke, plusieurs autres évêques seront présents ce jour-là : notre cardinal S.E. Eijk, qui a célébré le 15 mars une messe pontificale solennelle selon le Vetus Ordo ; S.E. Mgr Van den Hende, président de la Conférence des évêques des Pays-Bas ; S.E. Mgr Hendriks, évêque du diocèse d'Amsterdam‑Haarlem ; et le célèbre Mgr Mutsaerts, évêque auxiliaire du diocèse de Bois‑le‑Duc.

    Veuillez prier pour le succès de cette journée, importante non seulement pour notre petit pays, mais pour toute l'Europe, jadis si catholique.

    Un en Christ et en sa douce Mère Marie.

  • Regard sur la création

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    Regard sur la création

    On le sait : la Terre existe depuis environ 4,5 milliards d’années. L’homme, quant à lui — Homo sapiens comme Néandertal — n’apparaît que depuis quelque 300 000 ans. Les dinosaures, eux, ont peuplé la planète pendant près de 170 millions d’années, jusqu’à ce qu’un astéroïde immense les fasse disparaître, il y a 66 millions d’années.

    Pour mieux saisir cette échelle vertigineuse, compressons ces 4,5 milliards d’années en une seule année civile. Le calcul des scientifiques est clair. De janvier à août, la Terre n’est encore qu’une planète rocheuse, stérile, parcourue de volcans actifs et d’océans bouillants, constamment bombardée de météorites. Le 21 septembre apparaît la vie, sous des formes microscopiques et unicellulaires — bactéries et micro-organismes invisibles à l’œil nu. Début décembre surgissent les premières cellules complexes, puis les premiers organismes multicellulaires : algues, éponges, vers rudimentaires. Du 25 au 30 décembre — cinq jours à peine — règne le temps des dinosaures. Quant à l’homme, du plus primitif jusqu’à nous, il n’entre en scène que le 31 décembre à 23 h 35. La naissance de Jésus-Christ, elle, se situe cinq secondes avant minuit.

    Face à ces données, qu’est-ce que l’homme ? Complètement insignifiant au regard de la durée de la Terre. Et pourtant, ne peut-on pas dire qu’à travers sa complexité et sa conscience, il dépasse de très loin tout ce qui a existé avant lui ? À travers l’être humain, la Terre entière sait enfin qu’elle existe. C’est cette conscience d’être qui faisait dire à Pascal : « Alors même que l’univers entier m’écraserait, je serais encore plus grand que lui, car lui n’en saurait rien, tandis que moi je le saurais. »

    Et Dieu dans tout cela ? Pour ma part, j’estime que s’il n’y a pas, au point de départ, un Être éternel qui est l’existence, la vie, la conscience et la pensée, on ne peut plus expliquer l’apparition de ce qui a de l’existence, de la pensée et de la conscience d’être. S’il est aisé de croire qu’un menuisier peut fabriquer un meuble, il paraît absurde d’admettre qu’un meuble puisse fabriquer un menuisier, ou qu’un moteur puisse inventer un mécanicien. Depuis le big bang, toute la création semble aller du plus simple au plus complexe. Entre une amibe et Einstein, la différence n’est-elle pas considérable ? Une ligne directrice paraît bien se dessiner.

    Pourtant, en ne regardant que l’univers et la Terre, il reste impossible de savoir si cette Intelligence infiniment supérieure possède ou non une moralité. Une chose est sûre : notre monde est ambivalent. En lui coexistent le pire et le meilleur. D’un côté, la beauté, l’harmonie, la bonté, la justice ; de l’autre, les cataclysmes naturels, la loi de l’extermination des faibles par les forts, les maladies, la mort, l’injustice. Dieu ou l’absence de Dieu semblent également possibles.

    Dès lors, à quelle conclusion arriver ? Sans faire appel à une révélation venant de cet Être suprême, la voie paraît sans issue. Pour les chrétiens, la réponse est claire : c’est à travers Jésus-Christ que nous pouvons savoir que l’Auteur de l’univers est profondément bon, et que toutes les souffrances humaines et animales seront un jour réparées, transfigurées dans une autre dimension — le Royaume céleste où nous attendent tant d’êtres chers.

    Finalement, entre le mystère et l’absurde, il faut choisir. Et il me semble que la balance penche nettement en faveur du mystère.

    J-PS

  • Un saint patron des femmes enceintes et des enfants qu'elles portent

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    Saint Raymond Nonnat, fêté le 31 août (source)

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    "Raymond, né à Portel, au diocèse d'Urgel, en Catalogne, en 1204, fut surnommé « Nonnat » (non natus) parce que sa mère mourut avant de lui donner le jour, ce qui lui vaut d'être le patron des femmes enceintes et de l'enfant qu'elles portent. Sa mère était morte d'une grave maladie dont elle se vit attaquée au septième mois de sa grossesse ; les médecins assuraient que l'enfant était mort aussi, et que c'était même sa mort qui avait provoqué celle de sa mère ; le père, néanmoins, ne put jamais se résoudre à la voir conduire en terre sans avoir la connaissance de ce qu'elle portait dans ses entrailles ; un de ses parents, qui le vit dans cette perplexité, eut la hardiesse de tirer un poignard de son sein pour en fendre le côté gauche de la défunte, et l'on vit paraître aussitôt un bel enfant plein de vie, contre toute espérance humaine et au grand étonnement de tous ceux qui étaient présents. Son père était de la noble famille des Sarrois, depuis appelée Segers, alliée aux maisons de Foix et de Cardone. Enfant pieux et studieux, fort dévôt à Vierge Marie, il était bouleversé par la misère physique et morale...

    Entré dans l'Ordre des Mercédaires[1], récemment fondé par Pierre Nolasque[2] pour venir en aide aux chrétiens tombés aux mains des musulmans, Raymond Nonnat fut chargé d'aller à Alger pour racheter ceux que les barbaresques avaient réduits à l'esclavage. Quand il n'eut plus d'argent, il se livra lui-même contre quelques captifs. D'abord traité durement, il obtint ensuite la permission de circuler pour encourager ses compagnons d'infortune et, comme il avait profité de cette relative liberté pour enseigner quelques musulmans qui se convertirent et qu'il baptisa, il aurait été condamné à être empalé si ceux qui lui servaient de caution n'étaient intervenu ; il fut fouetté dans les rues, puis on lui perça les lèvres avec un fer rouge pour y placer un cadenas dont le gouverneur avait la clef.

    Saint Pierre Nolasque finit par rassembler la rançon de Raymond qui, bien qu'il eût voulu rester pour soulager les esclaves chrétiens, obéit à l'ordre de rentrer en Espagne. Peu après, le pape Grégoire IX qui l'appela auprès de lui, le créa cardinal, au titre de Saint-Eustache, sans lui imposer de quitter l'habit de son Ordre. Raymond Nonnat mourut près de Barcelone, avant que d'avoir rejoint le Souverain Pontife. Dès que Raymond Nonnat fut entré dans la maison du comte de Cardone qui était à deux journées de Barcelone, il fut saisi d'une fièvre très-violente, accompagnée de convulsions et de tous les symptômes qui pouvaient être les marques d'une mort prochaine. Il voulut s'y disposer par les moyens ordinaires que l'Eglise présente à tous les fidèles. Mais les religieux de la Merci dépendaient du curé du lieu qui était absent ; il fallut l'attendre pour lui administrer les derniers Sacrements. Alors Raymond, qui craignait de mourir sans être muni du saint Viatique, éleva les yeux au ciel et pria Dieu de ne pas permettre qu'il fût privé de ce bien qu'il désirait avec tant d'ardeur, quoiqu'il s'en reconnût indigne ; et aussitôt il entra, par la porte de la salle où il était couché, en présence du comte, des religieux et de plusieurs autres personnes qui l'assistaient, une belle procession d'hommes inconnus, revêtus d'habits blancs, comme les religieux de la Merci, et tenant chacun un flambeau allumé à la main. Notre-Seigneur les suivait ayant un saint ciboire entre ses mains ; mais la lumière qu'il répandait était si grande, que tous ceux de l'assemblée en furent éblouis : de sorte que personne ne put voir ce qui se passa dans la suite d'une action si miraculeuse qui dura une bonne demi-heure ; après quoi la procession s'en retourna dans le même ordre qu'elle était venue, avec cette différence seulement, qu'en venant, les religieux n'avaient paru que depuis la porte de la chambre jusqu'autour du lit, et, au retour, ils prirent le chemin de la rivière qui arrose le pied du village, et la passèrent à pied sec, marchant sur les eaux comme sur la terre ferme, et disparurent ensuite. Le comte et tous les assistants, qui étaient sortis pour voir la fin de cette merveille, trouvèrent à leur retour le saint cardinal, les genoux en terre, les yeux baignés de larmes, le visage et les mains levés vers le ciel, et comme sortant d'un profond ravissement ; on lui demanda ce qui s'était passé ; mais il ne dit que ce mot de David : « Que le Dieu d'Israël est bon à ceux qui ont le cour droit et innocent[3] ! » Enfin, il avoua qu'il avait reçu le très-auguste Sacrement de nos autels. Ainsi, tous ses désirs étant accomplis, peu de temps après il rendit son esprit à son Créaleur, en prononçant ces paroles du Sauveur expirant sur la croix : « Mon Dieu, je remets mon âme entre vos mains. »

    Son visage, après sa mort, devint beau et éclatant comme celui de Moïse, quand il descendit de la montagne où il venait de parler avec Dieu ; et, bien que la chaleur de la saison fùt extrême, et qu'elle fût encore augmentée par le grand concours du peuple qui venait de tous côtés, pour honorer ses précieuses dépouilles, son corps néanmoins ne donna jamais aucune marque de corruption ; il répandait au contraire, par toute la salle, une odeur plus suave que le baume et que les parfums les plus précieux, et il se fit même beaucoup de guérisons surnaturelles, en faveur de ceux que la piété y avait amenés et qui avaient le bonheur de le toucher. Cependant il fallut penser au lieu où l'on mettrait en dépôt un si précieux trésor, et il s'éleva à ce sujet un nouveau ditférend entre le comte de Cardonne qui le voulait retenir, et les religieux de la Merci, qui le voulaient emmener dans leur couvent. Pour apaiser leur contestation, on convint que le saint corps serait mis dans une châsse et ensuite chargé sur une mule aveugle qui ne serait guidée que par son propre instinct, et que le lieu où elle s'arrêterait serait choisi pour cette sépulture. Cet accord fut fidèlement exécuté : car la mule, ayant marché quelque temps, alla s'arrêter enfin proche de l'ermitage de Saint-Nicolas où le serviteur de Dieu avait vu naître sa dévotion envers la sainte Vierge et où cette bonne Mère lui avait fait goûter ses faveurs. Jamais il ne fut possible de faire aller plus avant cette bête : elle fit trois fois le tour de l'ermitage, et ensuite elle tomba morte à la porte de la chapelle.


    [1] Ordre de la Bienheureuse Vierge Marie de la Merci pour la Rédemption des captifs.

    [2] Issu de la noble famille des Nolasco, apparenté par sa mère aux comtes de Toulouse et aux rois d'Aragon, Pierre Nolasque, né vers 1189 au mas des Saintes-Puelles, dans l'ancien diocèse de Saint-Papoul, après avoir renoncé au mariage pour se consacrer à Dieu, rejoint les armées de Simon de Montfort. A la bataille de Muret où le roi Pierre d'Aragon est tué, son fils, Jacques, âgé de six ans, est fait prisonnier ; Simon de Monfort le met sous la garde de Pierre Nolasque puis les envoie tous deux en Espagne. Loin de la cour, Pierre Nolasque enseigne son royal élève et lui montre l'exemple de sa piété et de sa charité.

    [3] Psaume LXI 1.

    La suite ICI : http://missel.free.fr/Sanctoral/08/31.php

  • Miserere mihi Domine; introit du 22ème dimanche du temps ordinaire

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    Introitus

    Miserere mihi Domine,
    quoniam ad te clamavi tota die :
    quia tu Domine suavis ac mitis es,
    et copiosus in misericordia
    omnibus invocantibus te.
     
    Ayez pitié de moi, Seigneur,
    car j’ai lancé vers vous mon appel tout au long du jour :
    car vous, Seigneur, vous êtes doux et bon :
    et abondant en miséricorde
    pour tous ceux qui vous invoquent.
    Ps.  1

    Inclina, Domine, aurem tuam,
    et exaudi me :
    quoniam inops, et pauper sum ego.

    Inclinez l’oreille, Seigneur,
    et exaucez-moi :
    car livré à moi-même, je suis sans ressource et malheureux.

  • Avons-nous banni Dieu ? (22ème dimanche du temps ordinaire)

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    En lien avec l'évangile de ce dimanche, l'abbé Gérald Chaput propose cette réflexion sur le site du diocèse de ValleyField  (archive 2011)

    Année A: Dimanche de la 22e semaine ordinaire (litao22d.11) - Matthieu 16, 21-27

    "Qu'est-ce qui est prodigieusement stimulant dans ce texte qui parle de renoncement? Si nous recevons les textes de ce jour avec des yeux tout axés sur une vie facile, la bonne nouvelle de l'Évangile en est plutôt déroutante. Beaucoup ont l'impression qu'adhérer à Jésus, c'est s'inscrire dans un mouvement de vie austère : elle est dure, cette parole! Qui peut l'écouter ? (Jn 6, 60)  

    Pourtant Jésus propose à Pierre qui vient de le reconnaître comme Fils de Dieu, un avenir assuré, une vie réussie, s'il contribue avec son aide, à mettre le monde sens dessus dessous. À ceux qui le reconnaissent et le suivent sur son chemin, Jésus offre un défi époustouflant : remettre le monde à l'endroit. Nos  vies aussi.

    Dans les mots de Paul, Jésus propose à ceux qui veulent faire partie de son équipe, de le suivre, de ne pas prendre pour modèle le monde présent mais de transformer, de renouveler leur façon de pensée (Rm 12, 1). Aux yeux de Jésus, le modèle de société de son temps, de tout temps, tourne autour d'une loi écrite pour les autres. Il y avait détournement vers la facilité. Vers le bas. Vous dites mais ne faites pas.

    Le projet de Jésus à ceux qui le reconnaissent comme Fils de Dieu, le Messie de Dieu, ouvre sur l'instauration d'un monde à l'envers de la manière de vivre de son temps. Dans les mots d'aujourd'hui, il propose un grand projet d'humanisation de l'humain, de l'humanité. De réussir l'humain à la mode de Dieu.

    Mais ce chemin si emballant soit-il, exige que nous abandonnions notre vie propre pour devenir participants de la nature divine (2 Pi 1, 4) Pour nous confier son Évangile, Dieu nous a mis a l'épreuve et continue à le faire (1 Th 2,3). Cette épreuve passe par une manière neuve de vivre qui comporte des exigences, certains diront de renoncement, d'autres d'accomplissement.

    Quand Jésus nous invite à renoncer à nous-mêmes, il ne nous demande pas de renoncer à ce qui est bon en nous, à ce que nous sommes. Image de Dieu, nous, humains, sommes fondamentalement bons, très bons. Dieu vit que cela était bon (Gn).  Pour le suivre, il nous demande de renoncer à ce que nous sommes devenus. À ce que nous avons fait de nous-mêmes par un mauvais usage de notre liberté. Nous avons superposé à notre beauté originelle des comportements moins qu'humains. Déclarer tu es le fils de Dieu, c'est renoncer à vivre entre nous d'une manière non humaine. Pierre a trouvé ce chemin impossible. Il s'est fait traiter d'agir comme Satan. Ce n'est pas humain de nourrir vengeance et rancune, de ne voir que le mauvais dans l'autre, la paille, dit l'Évangile.

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  • Incontournable, la Croix (22e dimanche du temps ordinaire)

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    Du Frère Pavel Syssoev o.p. (Dominicains de Bordeaux)
    Qu’il prenne sa croix et me suive…
    Incontournable, la Croix. Pas d’autre voie pour suivre le Christ. « Tu es le Messie ». Il leur défendit alors vivement de parler de lui à personne. Et, pour la première fois, il leur enseigna qu’il fallait que le Fils de l’homme souffre beaucoup… Jésus disait cela ouvertement. Ma royauté, je vous défends d’en parler pour instant, mais la Croix, la Croix – parlons-en. Pierre lui barre le passage. Que cela ne t’advienne pas, Seigneur ! Que cela ne nous advienne ! Un cœur généreux, magnanime. Son Maître ne doit pas souffrir. Nous ne devons pas souffrir, car Pierre entrevoit avec justesse que si le Christ établit son Règne par sa mort sur une croix, nous ne pourrons pas y accéder autrement. La réponse de Jésus, nette et tranchée : « Passe derrière moi, Satan ! Tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes ».
    A quoi le Christ reconnait-il la marque de Satan ? Au goût de la possession et de la volonté propre. Tout selon mon désir, tout selon ma mesure. La royauté et la loi, l’ordre que j’impose aux éléments, au monde, à mon prochain - tout me sera soumis. Je m’appartiens ! Le monde m’appartient ! Il n’y a pas de place pour la Croix ici. Vous serez comme des dieux, connaissant le bien et le mal.
    Le Christ, lui, ne cherche pas à être comme Dieu. Lui, étant de condition divine, se dépouille avec une générosité sans réserve jusqu’à déposer sa vie. Non pas volonté, mais la tienne ! Par amour du Père, par amour pour nous, il se perd, certes, mais c’est ainsi qu’il nous sauve.
    Celui qui m’aime, qu’il me suive ! Si quelqu’un veut marcher derrière moi, qu’il renonce à lui-même… Il y a quelque chose de vertigineux dans ce « si quelqu’un veut ». Si tu veux être avec moi. Si seulement tu veux marcher à ma suite. Si tu veux être là, où je suis, alors renonce à toi-même. Le prince de ce monde s’impose. Dieu se propose. La toute-puissance de Dieu suscite la liberté de l’homme, la tyrannie usurpatoire du démon le réduit en esclavage.
    Si quelqu’un veut marcher derrière moi, qu’il renonce à lui-même… C’est à tous que le Christ s’adresse. Aux apôtres, aux disciples, à la foule, et à travers les âges à la multitude que nul ne peut dénombrer. Le salut, et donc la Croix, est pour tous ; non pas pour quelques élus, quelques génies mystiques, mais pour toute âme, car tout toute âme est rachetée par la Croix. Toute existence chrétienne est marquée par la Croix, nulle n’en est privée. Inutile de la chercher, elle s’impose par elle-même. Paradoxalement, la recherche des exploits extraordinaires peut devenir pour nous une fuite de notre croix bien réelle, bien proche, toute banale, et précisément pour cela insupportable. Qu’il prenne sa croix. La sienne propre, l’unique. L’enfant malade, le conjoint difficile à porter, la prière aride, la Cité qui sombre dans la barbarie… Tout proche, tout banal. Ce divin quotidien qui seul peut forger en nous la vie divine.
    Si quelqu’un veut marcher derrière moi, qu’il renonce à lui-même… Celui qui veut sauver sa vie la perdra. Que signifie ici sauver sa vie et donc la perdre ? Refuser tout renoncement, s’obstiner à imposer la volonté propre coute que coute à tout ce qui nous entoure. Dicter sa propre loi sans tenir compte de Dieu, du monde, du prochain – voilà le chemin le plus simple pour transformer sa vie et la vie de ses proches en enfer.
    Celui qui perdra sa vie pour moi et pour l’Evangile la sauvera. Il ne suffit pas de perdre sa vie, pour la sauver. Faut-il encore la perdre pour le Christ, et non pas pour un Christ imaginaire, mais pour son Evangile. Il y a dans l’Evangile des choses qui ne sont pas à notre goût, tout comme la Croix répugne à Pierre. N’est-ce pas précisément cela, la conversion : conformer ses pensées à celles de Dieu et non pas réduire la pensée de Dieu à notre bon plaisir ? Une Croix bien lourde. Une Croix salutaire.
    Incontournable, la Croix. Elle semble obstruer la route vers le bonheur. Comment croire qu’elle est la voie de béatitude ?

    Parce que – notre cœur le sait bien - elle seule est digne de confiance. La Croix seule rend l’Evangile crédible. Pourquoi crois-tu cet homme ? Parce qu’il m’a aimé et s’est livré pour moi. Nul autre ne l’a fait. En lui seul je peux mettre toute ma confiance. Mais attention ! Une fois cette confiance accordée, elle bouleversera toute ma vie. Elle devra s’inscrire dans la multitude d’œuvres, d’actes concrets et simples où la volonté de Dieu passera avant la mienne propre. C’est cela, prendre sa croix jour après jour : sans cesse préférer l’amour de Dieu à ses convoitises. Serait-ce dur et pénible ? Il y a du tragique dans toute vie chrétienne, mais le cœur amoureux cherche à suivre celui qu’il aime, il n’est pas là pour marchander le prix. Comme le disait S. Augustin, celui qui aime comprendra ce que je dis. Suivons le Christ, et lui seul. Dans cette suite, la Croix nous séparera de tout ce qui n’est pas lui. Mais surtout elle nous unira à lui comme rien d’autre. 

    fr. Pavel Syssoev, op

  • Homélie pour le 22e dimanche du temps ordinaire : le langage de la Croix

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    Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 16,21-27.

    En ce temps-là, Jésus commença à montrer à ses disciples qu’il lui fallait partir pour Jérusalem, souffrir beaucoup de la part des anciens, des grands prêtres et des scribes, être tué, et le troisième jour ressusciter. 
    Pierre, le prenant à part, se mit à lui faire de vifs reproches : « Dieu t’en garde, Seigneur ! cela ne t’arrivera pas. » 
    Mais lui, se retournant, dit à Pierre : « Passe derrière moi, Satan ! Tu es pour moi une occasion de chute : tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes. » 
    Alors Jésus dit à ses disciples : « Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive. 
    Car celui qui veut sauver sa vie la perdra, mais qui perd sa vie à cause de moi la gardera. 
    Quel avantage, en effet, un homme aura-t-il à gagner le monde entier, si c’est au prix de sa vie ? Et que pourra-t-il donner en échange de sa vie ? 
    Car le Fils de l’homme va venir avec ses anges dans la gloire de son Père ; alors il rendra à chacun selon sa conduite. »

    Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris 

    LE LANGAGE DE LA CROIX Homélie pour le 22e dimanche du T.O. | fr. Dominique Joseph 

  • "Les chrétiens sont le poil à gratter du monde..."

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    Du site de l'archidiocèse de Paris :

    Homélie de Mgr Michel Aupetit - Messe à Saint-Germain l’Auxerrois (Paris 1er)

    Dimanche 30 août 2020

    22e dimanche ordinaire - Année A

    - Jr 20, 7-9 ; Ps 62,2-6.8-9 ; Rm 12,21-27 ; Mt 16,21-27

    Il est difficile d’être chrétien. On nous traite souvent de ringards, de gens dépassés, hors de leur temps parce que nous sommes en décalage avec le monde. De fait, si nous regardons l’histoire, nous avons toujours été en décalage avec le monde.

    Au-delà de la versatilité de l’opinion toujours fluctuante de la majorité, le christianisme s’appuie seulement sur l’évangile, se réfère en permanence au Christ. Le Christ n’est pas une opinion. Le Christ est une personne, une personne divine au-delà du temps et de l’espace. Voilà pourquoi les chrétiens ne peuvent pas être des moutons de Panurge. Ils sont des hommes et des femmes libres.

    Je dirais même que les chrétiens sont le poil à gratter du monde. Ce qu’on appelle en d’autres temps des prophètes, ce que nous sommes vraiment par notre baptême par lequel nous avons été institués prêtres, prophètes et rois.

    Est-ce que cela nous amuse d’être souvent à contre-courant ? Non, car nous ne sommes pas des provocateurs comme certains. A l’instar de Jérémie, nous souffrons de voir nos frères humains s’éloigner de l’évangile du Christ.

    Jérémie nous dit : « Tout le monde se moque de moi ». Mais il explique pourquoi il persiste dans son rôle prophète : « Tu m’as séduit Seigneur et j’ai été séduit. La Parole du Seigneur était comme un feu brûlant dans mon cœur » (Jr 20,7.9).

    C’est donc au nom de cet amour du Seigneur, au nom de notre amour du Christ que nous sommes en décalage.

    Sommes-nous encore chrétiens ? Pour cela il faut répondre à cette interrogation : dis-moi qui tu aimes et je te dirai qui tu es. Il y a un choix et c’est un choix d’amour. Comme le dit saint Augustin : « La grande affaire de la vie doit être de bien choisir ce que l’on doit aimer ».

    Aimer Jésus, c’est l’écouter nous dire comme à ses disciples dans cet évangile : « Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive ».

    Aimer, c’est renoncer à soi-même par amour.

    Le temps est venu, je crois, de savoir si nous aimons vraiment Jésus jusqu’au bout, au point d’entrer dans la volonté de Dieu pour changer le monde en commençant par se changer soi-même.

    + Michel Aupetit, archevêque de Paris.