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Spiritualité

  • Ego clamavi (Introit du 29e dimanche du TO)

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    Ego clamavi, quoniam exaudisti me, Deus:
    inclina aurem tuam, et exaudi verba mea:
    custodi me, Domine, ut pupillam oculi:
    sub umbra alarum tuarum protege me.

    Moi, j’ai lancé mon appel, car vous m’avez exaucé, mon Dieu:

    prêtez-moi l’oreille, et exaucez mes paroles:
    gardez-moi, Seigneur, comme la prunelle de l’œil:
    à l’ombre de vos ailes protégez-moi.
    Ps.  1
    Exaudi Domine iustitiam meam:
    intende deprecationem meam.
    Écoutez, Seigneur, ma juste cause:
    soyez attentif à ma supplication.
  • Dimanche des missions : Qui va leur dire ?

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    Une homélie de l'abbé Christophe Cossement (Tournai) (archive 2013) :

    Qui va leur dire?

    homélie du 29e dimanche, « des missions »

    Le pape François fait des déclarations interpellantes, qui ne laissent pas les médias indifférents. Dernièrement il a dit que le prosélytisme était une bêtise grandeur nature1. Il pourrait y avoir des gens qui en concluraient qu’il ne faut pas parler explicitement de Dieu, du Christ, de notre foi en lui, mais plutôt servir, transformer l’Église en un grand service social. Or, le pape est bien clair : le service fait partie de l’action normale de toute communauté chrétienne et de tout chrétien, mais ce n’est pas à ce service que se résume la mission de l’Église et du baptisé. S’il ne faut pas de prosélytisme, il faut la mission, en faveur de tous ceux qui connaissent mal ou pas du tout l’amour de Dieu que le Christ nous révèle et nous fait vivre. Depuis le moment où il a été élu successeur de Pierre, le pape Bergoglio n’a pas arrêté d’inciter l’Église à « s’ouvrir », à atteindre les hommes jusque dans leurs plus lointaines « périphéries existentielles ». Il ne faut pas persuader, mais il faut annoncer.

    Sommes-nous convaincus que le Christ est pour tous, et que c’est manquer l’essentiel de sa vie que de l’ignorer ? Jadis on parlait du salut de l’âme et on craignait de ne pas être sauvés ou que des gens ne soient pas sauvés. Cela motivait à parler du Christ, mais c’était une motivation piégée, où la peur avait au moins autant d’importance que l’amour, où on répandait l’image d’un Dieu qui finalement demande des comptes et présente la facture de nos bêtises. Aujourd’hui on a tendance à penser que la foi n’est plus quelque chose de fondamental. Elle est un élément facultatif de la vie, un « si tu veux » qui ressemble à la crème fraîche qu’on peut ajouter sur ses fraises « si on veut, si on aime ça »… Nous considérons que le monde se sauve bien tout seul, ou qu’en tous cas les hommes de bonne volonté suffisent. « Qu’est-ce que la foi ajoute ? On n’a tout de même pas besoin d’être croyant pour faire le bien ! » Dieu devient une aide facultative, pour ceux qui ont le goût de la croyance.

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  • Message du Saint-Père Léon XIV pour la 100e Journée Mondiale des Missions

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    MESSAGE DU SAINT-PÉRE LÉON XIV
    POUR LA 100e JOURNÉE MONDIALE DES MISSIONS 

    [18 octobre 2026

    ____________

    Un dans le Christ, unis dans la mission

    Chers frères et sœurs !

    Pour la Journée Mondiale des Missions 2026, qui marque le centenaire de cette célébration instituée par Pie XI et si chère à l’Église, j’ai choisi le thème « Un dans le Christ, unis dans la mission ». Après l’Année jubilaire, je souhaite exhorter toute l’Église à poursuivre avec joie et zèle dans l’Esprit Saint le chemin missionnaire, qui exige des cœurs unifiés dans le Christ, des communautés réconciliées et, chez tout le monde, une disponibilité pour collaborer avec générosité et confiance.

    En réfléchissant à notre être un dans le Christ et unis dans la mission, laissons-nous guider et inspirer par la grâce divine, afin de « renouveler en nous le feu de la vocation missionnaire » et d’avancer ensemble dans l’engagement de l’évangélisation, pour « une nouvelle ère missionnaire » dans l’histoire de l’Église (Homélie lors de la messe pour le Jubilé du monde missionnaire et des migrants, 5 octobre 2025).

    1. Un dans le Christ. Disciples-missionnaires unis en Lui et avec les frères et sœurs

    Au centre de la mission se trouve le mystère de l’union avec le Christ. Avant sa Passion, Jésus a prié le Père : « Que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi et moi en toi, qu’ils soient un en nous eux aussi » (Jn 17, 21). Ces paroles révèlent le désir le plus profond du Seigneur Jésus et, en même temps, l’identité de l’Église, communauté de ses disciples : être une communion qui naît de la Trinité et qui vit de et dans la Trinité, au service de la fraternité entre tous les êtres humains et de l’harmonie avec toutes les créatures.

    Être chrétien n’est pas avant tout un ensemble de pratiques ou d’idées : c’est une vie en union avec le Christ, dans laquelle nous sommes rendus participants de la relation filiale qu’Il vit avec le Père dans l’Esprit Saint. Cela signifie demeurer dans le Christ comme les sarments en la vigne (cf. Jn 15, 4), immergés dans la vie trinitaire. De cette union jaillit la communion réciproque entre les croyants et naît toute fécondité missionnaire. Oui, « la communion est à la fois source et fruit de la mission », comme l’enseignait saint Jean-Paul II (cf. Exhort. ap. Christifideles laici, 32).

    C’est pourquoi la première responsabilité missionnaire de l’Église est de renouveler et de maintenir vivante l’unité spirituelle et fraternelle entre ses membres. Dans de nombreuses situations, nous assistons à des conflits, des polarisations, des incompréhensions, une méfiance réciproque. Lorsque cela se produit également dans nos communautés, leur témoignage en est affaibli. La mission évangélisatrice que le Christ a confiée aux disciples exige avant tout des cœurs réconciliés et désireux de communion. Dans cette optique, il sera important d’intensifier l’engagement œcuménique avec toutes les Églises chrétiennes, en saisissant également les occasions offertes par la célébration commune du 1700e anniversaire du Concile de Nicée.

    Enfin, et ce n’est pas le moins important, être « un dans le Christ » nous appelle à toujours garder les yeux tournés vers le Seigneur, afin qu’Il soit vraiment au centre de la vie personnelle et communautaire, de toute parole, action, relation interpersonnelle, de sorte que nous puissions dire avec émerveillement : « Je vis, mais ce n’est plus moi, c’est le Christ qui vit en moi » (Ga 2, 20). Cela sera possible par l’écoute constante de sa Parole et par la grâce des sacrements, afin d’être des pierres vivantes de l’Église qui est aujourd’hui appelée à recueillir les demandes fondamentales du Concile Vatican II et du Magistère pontifical qui a suivi, en particulier celui du Pape François. En effet, comme l’affirme saint Paul, « ce n’est pas nous que nous prêchons mais le Christ Seigneur » (2 Co 4, 5). Je répète donc les paroles de saint Paul VI : « Il n’y a pas de véritable évangélisation si le nom, l’enseignement, la vie, les promesses, le Royaume, le mystère de Jésus de Nazareth, Fils de Dieu, ne sont pas proclamés » (Exhort. ap. Evangelii nuntiandi, 22). Ce processus d’évangélisation authentique commence dans le cœur de chaque chrétien pour s’étendre à toute l’humanité.

    Ainsi, plus nous serons unis dans le Christ, plus nous pourrons accomplir ensemble la mission qu’Il nous confie.

    2. Unis dans la mission. Pour que le monde croie dans le Christ Seigneur

    L’unité des disciples n’est pas une fin en soi : elle est ordonnée à la mission. Jésus l’affirme clairement : « Pour que le monde croie que tu m’as envoyé » (Jn 17, 21). C’est dans le témoignage d’une communauté réconciliée, fraternelle et solidaire que l’annonce de l’Évangile trouve toute sa force communicative.

    Dans cette perspective, il convient de rappeler la devise du bienheureux Paolo Manna : « Toute l’Église pour la conversion du monde entier ». Celle-ci exprime de manière synthétique l’idéal qui a animé la fondation, en 1916, de l’Union Pontificale Missionnaire. À l’occasion de son 110e anniversaire, je lui adresse ma reconnaissance et ma bénédiction pour son engagement à animer et à former l’esprit missionnaire des prêtres, des personnes consacrées et des fidèles laïcs, en favorisant l’union de toutes les forces évangélisatrices. En effet, aucun baptisé n’est étranger ni indifférent à la mission : tous, chacun selon sa vocation et sa condition de vie, participent à la grande œuvre que le Christ confie à son Église. Comme l’a rappelé à plusieurs reprises le Pape François, l’annonce de l’Évangile est toujours une action chorale, communautaire, synodale.

    C’est pourquoi être unis dans la mission revient à préserver et à nourrir la spiritualité de communion et de collaboration missionnaire. En grandissant chaque jour dans cette attitude, nous apprenons, avec la grâce divine, à regarder nos frères et sœurs toujours davantage avec les yeux de la foi, à reconnaître avec joie le bien que l’Esprit suscite en chacun, à accueillir la diversité comme une richesse, à porter les fardeaux les uns des autres et à rechercher toujours l’unité qui vient d’En Haut. En effet, nous avons tous ensemble une seule mission provenant d’ « un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême, un seul Dieu et Père de tous, qui est au-dessus de tous, partout, et en tous » (Ep 4, 5-6). Cette spiritualité constitue la forme quotidienne du fait d’être disciple missionnaire. Elle nous aide à retrouver une vision universelle de la mission évangélisatrice de l’Église, en dépassant la fragmentation des efforts et les divisions en factions – “de Paul”, “d’Apollos” – entre les disciples du Seigneur unique (cf. 1 Co 1, 10-12).

    L’unité missionnaire ne doit évidemment pas être comprise comme une uniformité, mais comme une convergence des différents charismes vers un même but : rendre visible l’amour du Christ et inviter chacun à Le rencontrer. L’évangélisation se réalise lorsque les communautés locales collaborent entre elles et lorsque les différences culturelles, spirituelles et liturgiques s’expriment pleinement et harmonieusement dans la même foi. J’encourage donc les institutions et les réalités ecclésiales à renforcer le sens de la communion missionnaire ecclésiale et à développer avec créativité les voies concrètes de collaboration entre elles pour et dans la mission.

    À ce propos, je remercie les Œuvres Pontificales Missionnaires pour leur service à la coopération missionnaire, dont j’ai déjà fait l’expérience avec gratitude pendant mon ministère au Pérou. Ces œuvres – Propagation de la Foi, Enfance Missionnaire, Saint Pierre Apôtre et Union Missionnaire – continuent à nourrir et à former la conscience missionnaire des fidèles, petits et grands, et à promouvoir un réseau de prière et de charité qui relie les communautés du monde entier. Il est significatif que la fondatrice de l’Œuvre de la Propagation de la Foi, la bienheureuse Pauline Marie Jaricot, ait conçu il y a deux cents ans le Rosaire vivant, qui rassemble encore aujourd’hui de nombreux fidèles en groupes à distance pour prier pour tous les besoins spirituels et missionnaires. Il convient également de rappeler que c’est précisément sur la proposition de l’Œuvre de la Propagation de la Foi que Pie XI institua en 1926 la célébration de la Journée Mondiale des Missions, dont les offrandes recueillies chaque année sont distribuées par celle-ci, au nom du Pape, pour les divers besoins de la mission de l’Église. Les quatre Œuvres, dans leur ensemble et chacune dans sa spécificité, continuent donc à jouer un rôle précieux pour toute l’Église. Elles sont un signe vivant de l’unité et de la communion missionnaire ecclésiale. J’invite tout le monde à collaborer avec elles dans un esprit de gratitude.

    3. Mission d’amour. Annoncer, vivre et partager l’amour fidèle de Dieu

    Si l’unité est la condition de la mission, l’amour en est la substance. La Bonne Nouvelle que nous sommes envoyés annoncer au monde n’est pas un idéal abstrait : c’est l’Évangile de l’amour fidèle de Dieu, incarné dans le visage et la vie de Jésus-Christ.

    La mission des disciples et de toute l’Église est le prolongement, dans l’Esprit Saint, de celle du Christ : une mission qui naît de l’amour, se vit dans l’amour et conduit à l’amour. À tel point que le Seigneur lui-même, dans sa grande prière au Père avant sa Passion, après avoir invoqué l’unité des disciples, conclut ainsi : « Que l’amour dont tu m’as aimé soit en eux et que moi aussi, je sois en eux » (Jn 17, 26). Les Apôtres ont ensuite évangélisé, poussés par l’amour du Christ et pour le Christ (cf. 2 Co 5, 14). De la même manière, au cours des siècles, des foules de chrétiens, de martyrs, de confesseurs, de missionnaires ont donné leur vie pour faire connaître cet amour divin au monde. Ainsi, la mission évangélisatrice de l’Église se poursuit sous la conduite de l’Esprit Saint, Esprit d’amour, jusqu’à la fin des temps.

    Je tiens donc à remercier tout particulièrement les missionnaires ad gentes d’aujourd’hui : des personnes qui, comme saint François Xavier, ont quitté leur terre, leur famille et toute forme de sécurité pour annoncer l’Évangile, apportant le Christ et son amour dans des lieux souvent difficiles, pauvres, marqués par des conflits ou culturellement éloignés. Ils continuent à se donner avec joie malgré les adversités et les limites humaines, car ils savent que le Christ lui-même, avec son Évangile, est la plus grande richesse à partager. Par leur persévérance, ils montrent que l’amour de Dieu est plus fort que toute barrière. Le monde a encore besoin de ces courageux témoins du Christ, et les communautés ecclésiales ont encore besoin de nouvelles vocations missionnaires, que nous devons toujours garder à cœur et pour lesquelles nous devons sans cesse prier le Père. Qu’Il nous accorde le don de jeunes et d’adultes prêts à tout quitter pour suivre le Christ sur le chemin de l’évangélisation jusqu’aux extrémités de la terre !

    En admirant les missionnaires, j’adresse un appel particulier à toute l’Église : unissons-nous tous à eux dans la mission évangélisatrice par le témoignage de la vie dans le Christ, la prière et la contribution pour les missions. Souvent, nous le savons, « l’amour n’est pas aimé », comme l’a dit saint François d’Assise, vers qui nous tournons notre regard tout particulièrement 800 ans après son entrée au ciel. Laissons-nous contaminer par son désir de vivre dans l’amour du Seigneur et de le transmettre à nos proches comme à ceux qui sont loin, car, comme il l’affirmait, « il faut beaucoup aimer l’amour de Celui qui nous a tant aimés » (Saint Bonaventure de Bagnoregio, Leggenda maggiore, chap. IX, 1 ; Fonti francescane, 1161). Sentons-nous également stimulés par le zèle de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus qui s’était fixé pour objectif de poursuivre sa mission même après sa mort, déclarant : « Au Ciel, je désirerai la même chose que sur terre : aimer Jésus et le faire aimer » (Lettre au révérend M. Bellière, 24 février 1897).

    Encouragés par ces témoignages, engageons-nous tous à contribuer, chacun selon sa vocation et les dons reçus, à la grande mission évangélisatrice, qui est toujours une œuvre d’amour. Vos prières et votre soutien concret, en particulier à l’occasion de la Journée Mondiale des Missions, seront d’une grande aide pour apporter l’Évangile de l’amour de Dieu à chacun, en particulier aux plus pauvres et aux plus nécessiteux. Chaque don, même le plus modeste, devient un acte important de communion missionnaire. Je renouvelle donc mes sincères remerciements « pour tout ce que vous ferez pour m’aider à aider les missionnaires partout dans le monde » (Message vidéo pour la Journée Mondiale des Missions 2025). Et afin de favoriser la communion spirituelle, je vous laisse, avec ma bénédiction, cette simple prière :

    Père saint, accorde-nous d’être un dans le Christ, enracinés dans son amour qui unit et renouvelle. Fais que tous les membres de l’Église soient unis dans la mission, dociles à l’Esprit Saint, courageux dans le témoignage de l’Évangile, annonçant et incarnant chaque jour ton amour fidèle pour toute créature.

    Bénis les missionnaires, soutiens-les dans leurs efforts, garde-les dans l’espérance !

    Marie, Reine des missions, accompagne notre œuvre d’évangélisation aux quatre coins de la terre : fais de nous des instruments de paix, et fais que le monde entier reconnaisse dans le Christ la lumière qui sauve. Amen.

    Du Vatican, le 25 janvier 2026, Troisième dimanche du Temps ordinaire, fête de la Conversion de Saint Paul

    LÉON PP. XIV

  • "Les césars changent, Dieu demeure"

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    Homélie de Mgr Michel Aupetit - Messe à St Germain de l’Auxerrois (source)

    Saint-Germain de l’Auxerrois (1er) - (archive 18 octobre 2020)

    29e dimanche du temps ordinaire – Année A

    - Is 45,1.4-6 ; Ps 95, 1.3-5.7-10 ; 1 Th 1,1-5 ; Mt 22,15-21

    « Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu » (Mt 22,21).

    Cette parole du Christ a traversé l’histoire. Pour beaucoup d’analystes, elle a permis de séparer le temporel du spirituel, ce qui vient des hommes et ce qui vient de Dieu. Les affaires publiques et la chose privée. En réalité, l’histoire nous enseigne que ce n’est pas aussi simple.

    Des gouvernants et des rois ont voulu gérer les affaires de l’Église. Constantin au concile de Nicée, Charlemagne pour résoudre la question épineuse du filioque, l’empereur d’Allemagne Henri IV pour nommer les évêques à la place du Pape, Henri VIII d’Angleterre… A contrario, des hommes d’Église se sont piqués de gouverner les états ou de s’immiscer dans leurs affaires.

    Cette question aujourd’hui se pose particulièrement avec l’extension du salafisme. Certains sondages nous révèlent qu’une majorité de musulmans préfèrent obéir à la charia plutôt qu’aux lois de la République. Et nous alors, les chrétiens ?

    Il y a une tradition portée par saint Paul et saint Pierre dès le début du christianisme. D’un côté, ils demandent le respect de l’autorité, la participation citoyenne et l’obéissance aux lois du pays dans lequel vivent les chrétiens (Rm 13, 1 ; 1Tm 2, 1-2 ; 1P 2, 13-14).

    En même temps, la tradition catholique valorise le primat de la conscience. Saint Pierre écrit : « Il vaut mieux obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes » (Ac 5, 29). Ainsi les premiers chrétiens ont refusé d’adorer l’empereur de Rome comme un dieu. Ils l’ont payé de leur vie.

    Aujourd’hui encore, il est légitime de faire valoir son droit à l’objection de conscience chaque fois qu’il apparaît une injustice inacceptable. Cette objection est même un devoir. Ainsi s’exprime l’encyclique de saint Jean Paul II L’Évangile de la vie (73). Le 2e procès de Nuremberg a opposé ce principe en réponse aux médecins des camps qui invoquaient leur obéissance aux ordres pour justifier leur attitude. Il n’est pas acceptable de poser un acte contraire à sa conscience, comme pratiquer un avortement pour un médecin qui a intégré le serment d’Hippocrate dans lequel est écrit le respect de toute vie : « Je ne donnerai pas de pessaire abortif ». Alors, que penser ?

    Écoutons Jésus répondre à Pilate qui pense avoir le droit de vie et de mort sur lui : « Tu n’aurais aucun pouvoir sur moi s’il ne t’était donné d’en haut » (Jn 19, 11). Encore une fois il s’agit du principe de subsidiarité. Dieu permet à un homme de gouverner parce qu’il entre dans ses projets, comme Cyrus le roi de Perse dans la première lecture. Ce dernier doit exercer son rôle pour le bien de tous et doit être respecté. En revanche, s’il outrepasse sa fonction et contrevient au bien commun, ses décisions deviennent invalides. Le bien commun, différent de l’intérêt général qui peut supporter le sacrifice du plus faible, peut être recherché indépendamment d’un lien conscient à Dieu puisqu’il s’agit du bien de chacun, personnellement et ensemble. Les chrétiens, inspirés par l’amour de Dieu, y sont particulièrement sensibles. Ils peuvent et doivent s’engager dans la chose publique (res publica) au service du bien de tous. Mais il convient que jamais ils n’oublient que la source de leur action vient de Dieu qui est Amour. Si nos pièces de monnaie sont à l’effigie de l’un ou l’autre César d’aujourd’hui, nous sommes nous, et pour toujours, à l’effigie de Dieu. Les césars changent, Dieu demeure.

    +Michel Aupetit, archevêque de Paris.

  • Rendre à Dieu ce qui est à Dieu (29e dimanche ordinaire)

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    "Benoît et moi" met en ligne la traduction d'une homélie de l'évêque de Cordoue que nous livrons à votre méditation en ce 29e dimanche "ordinaire"

    (archive 2011)

    Dieu et César
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    Dans l’Évangile de ce dimanche Jésus a établi un principe aux énormes conséquences pour la vie sociale des peuples et des nations, qui sont composées de personnes individuelles. «Donnez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu » - Matthieu XXII, 21 – (ndt dans saVersion latine de la Sacra Biblia Vulgata Clementina : Reddite ergo quæ sunt Cæsaris, Cæsari : et quæ sunt Dei, Deo). Il s’agit d’un principe pré-politique d’une importance capitale, également de nos jours. Beaucoup de conflits qui aujourd’hui prennent naissance dans la vie sociale proviennent du non respect de ce principe que le Christ a introduit dans l’histoire et dans la vie des hommes et qui est un principe que se trouve à la portée de la raison humaine.

    Dieu est le créateur de l’univers et il a également doté l’homme de la capacité de vivre dans la société. L’homme créé à l’image et à la ressemblance de Dieu est un être social par nature. Et dans la société nous trouvons des personnes de tout type, les uns croyants, les autres non. Les uns ont telle religion, d’autres l’autre. Tout n’est pas égal, de même que tout ne vaut pas la même chose. Nous ne devons pas non plus laisser chacun avec la sienne, dans un relativisme avec l’apparence de la tolérance, qui dévalue tout.

    À cela s’ajoute l’attitude de ceux qui veulent se passer de Dieu et qui sont dérangés par tout ce qui fait référence à Dieu, passant à une attitude qui exclut et parfois attaque tout ce qui est religieux, surtout s’il s’agit de la religion catholique. La vérité doit être recherchée inlassablement et le cœur humain est capable de l’atteindre, principalement quand Dieu est venu à la rencontre de l’homme pour nous la communiquer.

    « Donnez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu ». Le vie humaine a ses lois propres et son autonomie que nous devons tous respecter. Mais de telles lois ont une source propre et leur propre limite. L’autonomie des réalités temporelles signifie que l’autorité civile doit donner des règles à la coexistence de tous les citoyens à travers les organes propres du gouvernement, mais elle doit le faire dans le respect de la loi naturelle et du droit naturel, accessible à toute raison humaine.

    « Le christianisme n’a jamais imposé à l’État et à la société un droit révélé, un ordre juridique dérivé de la révélation, mais s’en est remis à la nature et à la raison comme véritables sources de droit », rappelait Benoît XVI au Parlement allemand récemment (22.09.2011). C'est pourquoi une grande partie de la matière qui doit être réglée juridiquement a comme critère celui de la majorité, mais sur des questions fondamentales dans lesquelles est en jeu la dignité humaine, le principe de la majorité ne suffit pas. Il est nécessaire d’avoir recours au droit naturel de manière à ce que les lois n’aillent jamais contre l’homme.

    Faire que Dieu gouverne tout c’est ignorer qu’il faut donner à César ce qui est à César. Se passer de Dieu et de toute influence de la religion dans le fonctionnement de la société c’est se fermer à l’influence bénéfique que l’homme reçoit de Dieu à travers la religion. Le monde contemporain a besoin de se rappeler ce principe de l’Évangile, qui est le fondement de la liberté religieuse, de l’autonomie des réalités temporelles et en définitive du droit naturel, accessible à la raison de tous les hommes. Étouffer toute relation avec Dieu sous prétexte de l’autonomie humaine comme le fait la raison positiviste, c’est comme nous enfermer dans un édifice de béton armée sans fenêtres, dans lequel nous nous fabriquons par nous-mêmes le climat et la lumière, sans ne plus vouloir recevoir ces deux choses du grand monde de Dieu. Nous avons besoin d’ouvrir à notre époque les fenêtres à Dieu qui ne supprime pas les droits de César, mais les garantit dans une liberté que l’homme seul pour atteindre quand il a Dieu.

    Recevez mon affection et ma bénédiction.

    + Demetrio Fernández, évêque de Cordoue.

  • L'évangéliste saint Luc (18 octobre)

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    San_Luca_I.jpgD'"Evangile au Quotidien" :

    Saint Luc

    Évangéliste et martyr (Ier siècle)

    Luc, né à Antioche, est une des principales gloires de cette ville. On sait peu de chose de ses premières années ; on ignore même si, avant sa conversion, il était païen ou observait la religion juive ; cette dernière opinion est la plus généralement adoptée.

    Luc selon le témoignage de saint Paul, à la fin de sa Lettre aux Colossiens « Vous avez la salutation de Luc, le médecin bien-aimé, et de Démas. » (4, 14), était médecin. Personne n'a autant mérité que lui le titre de « porteur de la Bonne Nouvelle de Jésus Sauveur » !

    Son œuvre comporte deux parties reliées par Jérusalem : son Évangile en est comme l'ascension depuis Bethléem et Nazareth (l'évangile de l'Enfance), et le témoignage des Actes des Apôtres nous conduit de Jérusalem à Rome. Saint Luc nous a ainsi laissé, avec saint Paul, la plus importante contribution personnelle au Nouveau Testament : il est l'historien de l'Église naissante.

    Ami et compagnon de saint Paul, avec Timothée il sera l'un des amis les plus intimes de l'Apôtre des Nations, spécialement au cours des 2e et 3e missions, à travers l'Asie mineure, la Grèce, la Méditerranée et enfin Rome.

    Saint Luc, en communion étroite avec le témoignage des Apôtres et de l'Église de Jérusalem, se fera, selon l'expression de Dante, « le chantre de la mansuétude du Christ » ! Dans la personne et le visage de Jésus le Sauveur, Luc met d'abord en relief, avec une très vive sensibilité, l'amour qui est tendresse et miséricorde.

    C'est dans son évangile qu'on trouve les récits les plus forts : de l'Agonie de Jésus au Jardin des oliviers, de l'accueil sans limites à tous les pécheurs, à tous les malades d'où qu'ils viennent. On y trouve les paraboles du publicain et du bon Samaritain et le témoignage du bandit qui meurt dans la paix, en croix près de Jésus. Les femmes, dans l'œuvre de saint Luc, ont une place considérable qui correspond parfaitement aux attitudes du Seigneur : l'accueil de la pécheresse, l'hospitalité de Marthe et l'écoute de Marie à Béthanie, les veuves de Naïm et du Temple…et surtout la place faite à Marie, Mère de Jésus. Luc nous en a laissé la plus belle Icône en témoignant : « Quant à Marie, elle conservait avec soin toutes ces choses, les méditant en son cœur. » (Luc 2,19)

    Qui n'a entendu parler des Vierges peintes par saint Luc ? D'après une tradition, il aurait obtenu de Marie la grâce de faire son portrait, et la divine Mère aurait consenti à poser devant lui ; le travail terminé, la Sainte Vierge l'aurait béni en disant : « Ma grâce sera toujours avec cette image. » Les Madones de saint Luc sont vénérées en plusieurs lieux.

    Les Actes s'achevant brutalement, sans que l'on sache ce qu'il advint de saint Paul toujours détenu à Rome, le lecteur en conclut que saint Luc mourut avant lui. Cependant, Selon Épiphane (Haer. 51), à la mort de Paul, Luc serait revenu évangéliser en Macédoine. Vivant une vie de moine, il serait mort à l'âge de 84 ans.

    Selon d'autres sources, il aurait connu le martyre (crucifiement). Au IVe siècle, sa dépouille aurait été transférée de Patras à l'église des Apôtres de Constantinople, ce qui donna lieu à la dispersion et la vénération de nombreuses reliques du saint (comme celle de sa tête emportée par saint Grégoire jusqu'à Rome) ; en outre, plusieurs icônes de la Vierge étaient considérées comme ayant été peintes par saint Luc, car à sa pratique des langues, du droit et de la médecine il aurait ajouté celle de la peinture.

    Les peintres et les médecins le regardent comme leur patron.

    Luc est symbolisé par le taureau, animal de sacrifice, parce que son évangile commence par l'évocation d'un prêtre sacrificateur desservant le Temple de Jérusalem : Zacharie, le père de Jean-Baptiste.

    Pour un approfondissement :
    >>> Livre des Actes des Apôtres
    >>> Évangile selon saint Luc

    Sources principales : lejourduseigneur.com ; wikipédia.org (« Rév. x gpm »).

  • Saint Luc, évangéliste, patron des médecins, des sculpteurs et des peintres

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    Du blog "Christ Roi" :

    Patron des médecins, des sculpteurs et des peintres.

    Saint Luc l'évangéliste en peintre, Guerchin, 1562

    Saint Luc l'évangéliste en peintre, Guerchin, 1562

    Saint Luc, né à Antioche. On sait peu de chose de ses premières années ; on ignore si, avant sa conversion, il était païen ou observait la religion juive ; cette dernière opinion est la plus généralement adoptée. (1)

    L'historien des débuts de la vie de l'Église

    Doué d'un caractère ferme et d'une belle intelligence, il fut très habile médecin (Col 4,14), et ne dédaignait pas, dans ses loisirs, de cultiver l'art de la peinture, pour lequel il avait un goût prononcé.

    Il possédait une culture grecque vaste et une connaissance approfondie de la tradition et des observances juives, comme les observances alimentaires (Ac 10), le culte juif synagogal du sabbat à Antioche de Pisidie, composé de la lecture de la Loi et des Prophètes, et d'une parole d’exhortation qui est un commentaire homilétique de l'Écriture (Ac 13, 14-15).

    Dans son Évangile, il exposa avec soin tout ce que Jésus a fait et enseigné, en scribe de la miséricorde du Christ, et, dans les Actes des Apôtres, il se fit l'historien des débuts de la vie de l'Église jusqu'au premier séjour de saint Paul à Rome. (Martyrologe romain)

    On n'a pas connaissance dans l'Antiquité d'un païen aussi fin connaisseur du judaïsme et de la Septante. Une hypothèse récente établit que Luc viendrait de la mouvance des Craignant-Dieu, c'est-à-dire des païens attirés par le judaïsme et vivant dans son orbite. (2)

    La tradition chrétienne le considère comme l'auteur de l'Évangile qui porte son nom ainsi que des Actes des Apôtres. (3)

    Pentecôte

    Luc serait sûrement arrivé à l'une des premières charges de la cité, quand il renonça à son brillant avenir pour aller voir, en Judée, ce Jésus qui venait d'inaugurer sa vie publique, et dont le nom, la doctrine, les miracles, faisaient grand bruit dans tous les pays voisins. Il le vit, crut en sa mission divine, et prenant pour lui la parole du Maître : Que celui qui veut être mon disciple quitte tout et me suive, il suivit dès lors le Sauveur pas à pas dans ses courses apostoliques ; il fut témoin de sa Passion, de sa Résurrection, de son Ascension, reçut le Saint-Esprit au Cénacle, le jour de la Pentecôte - ou envoi de l'Esprit-Saint sur les Apôtres que Luc affiche comme l'évènement fondateur de la Chrétienté - (Ac 1,13-14), et partit pour évangéliser Antioche, sa patrie.

    Plein d'enthousiasme pour le génie de saint Paul, Luc le prit pour son maître et se joignit à lui pour l'aider dans ses travaux ; il lui fut si fidèle, qu'il l'accompagna dans tous ses voyages et supporta patiemment avec lui fatigues, souffrances et persécutions. 

    Après la mort du grand apôtre, Luc continua son apostolat en Italie, dans les Gaules, la Dalmatie, la Macédoine. Il rédige en Grèce, sous l'inspiration de l'Esprit-Saint, ses deux ouvrages, l'Évangile qui porte son nom et les Actes des Apôtres.

    Son Évangile est surtout précieux par ses récits assez détaillés des mystères de l'Incarnation et de la Nativité du Sauveur, de l'Annonciation et de la Visitation. Les Actes des Apôtres servirent à faire disparaître beaucoup de mensonges qu'on répandait sur le christianisme naissant, et à confirmer les fidèles dans la foi.

    L'Évangile selon Luc + les Actes des Apôtres sont situés de manière habituelle dans les années 80, mais ils pourraient bien être aussi des années 60. L'Évangile selon Marc est situé autour des années 60 après l'avoir été autour des années 70, mais il pourrait bien être des années 50. L'Évangile selon Jean est situé autour des années 90, mais à cause de son caractère mystique et de certaines caractéristiques relevant de la topographie et de la chronologie il pourrait bien être des années 60." (4)

    Les Actes des Apôtres sont la suite de l'Évangile selon Luc. D'un point de vue historien, ils ont été considérés comme rapportant des récits sur l'histoire des origines du christianisme. Leur premier objectif pourrait avoir été de montrer aux disciples de Jésus que le message de Pierre et de Paul est tout aussi légitime que celui de Jacques le Juste si ce n'est plus et de présenter les apôtres Pierre et Paul comme les continuateurs principaux de l'oeuvre de leur maître, le Messie Jésus. (5)

    Cette oeuvre (Évangile selon Luc + Actes des Apôtres) attribuée à Luc, [...] présente l'activité religieuse du mouvement des disciples de Jésus à ses débuts." (6)

    Pour les exégètes, l'auteur "lucanien" expose comment Dieu se détourne d'Israël qui refuse le Messie pour adopter l'universalité du monde gréco-romain, tout en situant l'Église dans l'exacte continuité d'Israël, dans une volonté de tenir ensemble les Judéens qui accueillent Jésus-Messie et les Gréco-Romains "craignant Dieu". (7)

    Simon Claude Mimouni avance l'hypothèse que les élites judéennes disparues de certaines régions de la Diaspora romaine de langue grecque entre 70 et 135, voire après, consécutivement à la destruction du Temple de Jérusalem, "n'ont pas tout simplement adhéré au mouvement chrétien, [...] et n'existant plus désormais que comme chrétiennes. [...] Auquel cas, les Actes des Apôtres, quelques décennies plus tard auraient joué leur rôle auprès des Judéens de la Diaspora romaine." (8)

    Les autorités chrétiennes de la seconde moitié du IIe siècle (150-200) ont intégré l'Évangile selon Luc au corpus des Évangiles, en constituant ainsi le "premier canon dont le document de Muratori pourrait en être le témoin principal." (9)

    Saint-Luc-Evangeliste.jpg
    Saint Luc, Évangéliste

    Qui n'a entendu parler des Vierges peintes par saint Luc ?

    Un tableau de la Vierge Marie fut retrouvé à Jérusalem quelques années après sa mort : on considère que saint Luc en est l'auteur. (10)

    D'après une tradition, il aurait obtenu de Marie la grâce de faire son portrait [Selon la tradition, la représentation de "Notre-Dame du Perpétuel Secours" est tiré de ce premier dessin] ; le travail terminé, la Sainte Vierge l'aurait béni en disant : "Ma grâce sera toujours avec cette image."

    Les Madones de saint Luc sont vénérées en plusieurs lieux. 

    C'est lui qui nous a parlé avec tant de délicatesse de la Mère de Dieu, la toute pure et toujours Vierge Marie dont il nous dit: "Elle méditait toutes ces choses en son cœur", ce qui veut dire qu'avec amour Marie relisait dans sa mémoire les faits et gestes du Seigneur, pour en approfondir toute la signification, comme saint Luc l'a fait en écoutant saint Paul et en nous transmettant cet évangile de la bonté de notre Père du ciel.(11)

    Luc répandit son sang pour la foi, à l'âge de 84 ans, soit dans le Péloponnèse, soit en Bithynie.

    Saint Luc, fêté le 18 octobre, dans Christine Barrely, Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 1, 2011. (12)

    Les peintres et les médecins le regardent comme leur patron.

    En France, l'Académie de Saint-Luc préfigurait avant la Révolution l'Académie des Beaux-Arts.

    Saint Luc est représenté accompagné ou symbolisé par un taureau. (13)

    Saint Luc, Évangéliste, Patron des médecins (Ier s.)

    "Je m’engage à suivre Luc, Saint Patron des soignants, en montrant par mon attention aux autres que le seul souhait du Sauveur est de nous guérir de notre mal intérieur par Sa Miséricorde pour pouvoir ainsi accéder au Royaume de l’amour éternel qui nous unit au Seigneur !" (Mgr JM LE GALL Twitter)(14)

    Saint Luc peignant la Madone, Andrea Delitio, 1477

    Saint Luc peignant la Madone, Andrea Delitio, 1477

    Sources : (1) l'Évangile au quotidien ; (2) Daniel Marguerat, Le Judaïsme synagogal dans les Actes des Apôtres, dans Les Judaïsmes dans tous leurs états, aux Ier – IIIe siècles (Les Judéens des Synagogues, les chrétiens et les rabbins), Actes du Colloque de Lausanne, 12 – 14 décembre 2012, publiés sous la direction de Claire Clivaz, Simon Claude Mimouni et Bernard Pouderon, Brepols 2015 , p. 182-184 ; (3) Wikipedia ; (4) Simon Claude Mimouni, Le Judaïsme ancien et les origines du christianisme, Bayard, Italie 2018, p. 21 ; (5) Simon Claude Mimouni, Le Judaïsme ancien et les origines du christianisme, ibid.,, p. 88-90 ; (6) Simon Claude Mimouni, Le Judaïsme ancien et les origines du christianisme, ibid., p.  117 ; (7) Simon Claude Mimouni, Le Judaïsme ancien et les origines du christianisme, ibid., p. 103 ; (8) Simon Claude Mimouni, Le Judaïsme ancien et les origines du christianisme, ibid., p. 108 ; (9) Simon Claude Mimouni, Le Judaïsme ancien et les origines du christianisme, ibid., p. 99 ; (10) Priya Hemenway, Saints, Evergreen, Taschen 2007 p. 57 ; (11) Nominis ; (12) Christine Barrely, Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 1, 2011, p. 115 ; (13) Marguerite-Marie Thiollier, Dictionnaire des religions, Collection Marabout Université, Saint-Amand 1982, p. 222-223 ; (14) https://twitter.com/mgrjmlegall/status/1582236232255696896?s=20&t=6ZoGcFKqBt-pkUx0w-XwLw

  • 100e dimanche mondial des missions (18 octobre) : le Vatican accorde une indulgence plénière

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    De kath.net/news :

    Dimanche des missions mondiales : le Vatican accorde une indulgence plénière

    17 octobre 2026

    Selon la Pénitencerie apostolique, la confession, la réception de la Sainte Communion et les prières pour la diffusion de l'Évangile et « pour les intentions du Saint-Père » sont nécessaires pour l'octroi de la dispense – l'Église célèbre le 100e Dimanche mondial des missions le 18 octobre.

    À l'occasion du centenaire de la Journée mondiale des missions, les fidèles ont la possibilité d'obtenir une indulgence plénière. Une notification en ce sens a été envoyée aux évêques par la Pénitencerie apostolique du Vatican, autorité compétente en la matière, quelques jours avant la Journée mondiale des missions, qui sera célébrée ce dimanche 18 octobre.

    Pour obtenir une indulgence plénière, les fidèles doivent communier le dimanche des Missions mondiales et prier pour la diffusion de l'Évangile dans le monde entier. De plus, la confession sacramentelle est requise dans les jours précédant ou suivant ce dimanche. Comme pour toute confession, elle doit être accompagnée d'une contrition sincère et d'une volonté de se repentir. Les fidèles doivent également réciter une prière aux intentions du Saint-Père, par exemple le Notre Père et le Je vous salue Marie. L'indulgence peut être obtenue pour soi-même ou pour les défunts.

    Selon la conception catholique, une indulgence est un signe de grâce qui libère des peines temporelles du péché. Dans le sacrement de la Réconciliation (confession), le pécheur repentant reçoit le pardon de ses péchés de Dieu après la confession. Cependant, l'expression théologique « peines temporelles du péché », dans ce contexte, ne signifie pas que Dieu pardonne les péchés puis inflige des sanctions pour les fautes et les omissions, à l'instar d'un tribunal séculier. Elle désigne plutôt les conséquences persistantes des péchés qui, bien que pardonnés par le sacrement de Pénitence, continuent de peser sur les personnes.

  • Ignace d'Antioche : l'ardent désir d'union avec le Christ et de vie en Lui (17 octobre)

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    0201ignace2.jpgLors de l'audience générale du mercredi 14 mars 2007, Benoît XVI a consacré sa catéchèse à saint Ignace d'Antioche (vatican.va) :

    Chers frères et sœurs!

    Comme nous l'avons déjà fait mercredi, nous parlons des personnalités de l'Eglise naissante. La semaine dernière, nous avons parlé du Pape Clément I, troisième Successeur de saint Pierre. Aujourd'hui, nous parlons de saint Ignace, qui a été le troisième Evêque d'Antioche, de 70 à 107, date de son martyre. A cette époque, Rome, Alexandrie et Antioche étaient les trois grandes métropoles  de  l'empire  romain. Le Concile de Nicée parle de trois "primats":  celui de Rome, mais Alexandrie et Antioche également participent, d'une certaine manière, à un "primat". Saint Ignace était Evêque d'Antioche, qui se trouve aujourd'hui en Turquie. Là, à Antioche, comme nous l'apprenons des Actes des Apôtres, se développa une communauté chrétienne florissante:  le premier Evêque fut l'apôtre Pierre - c'est ce que nous rapporte la tradition - et là, "pour la première fois, les disciples reçurent le nom de chrétiens" (Ac 11, 26). Eusèbe de Césarée, un historien du IV siècle, consacre un chapitre entier de son Histoire ecclésiastique à la vie et à l'œuvre littéraire d'Ignace (3, 36). "De Syrie", écrit-il, "Ignace fut envoyé à Rome pour être livré en pâture aux bêtes sauvages, à cause du témoignage qu'il avait rendu du Christ. En accomplissant son voyage à travers l'Asie, sous la surveillance sévère des gardes" (qu'il appelle les "dix léopards" dans sa Lettre aux Romains, 5, 1), "dans toutes les villes où il s'arrêtait, à travers des prédications et des avertissements, il renforçait les Eglises; et surtout, il exhortait, avec la plus grande vigueur, à se garder des hérésies, qui commençaient alors à se multiplier, et recommandait de ne pas se détacher de la tradition apostolique". La première étape du voyage d'Ignace vers le martyre fut la ville de Smyrne, où était Evêque saint Polycarpe, disciple de saint Jean. Ici, Ignace écrivit quatre lettres, respectivement  aux  Eglises  d'Ephèse, de Magnésie, de Tralles et de Rome. "Parti de Smyrne", poursuit Eusèbe "Ignace arriva à Troade, et de là, envoya de nouvelles lettres":  deux aux Eglises de Philadelphie et de Smyrne, et une à l'Evêque Polycarpe. Eusèbe complète ainsi la liste des lettres, qui nous sont parvenues de l'Eglise du premier siècle comme un trésor précieux. En lisant ces textes, on sent la fraîcheur de la foi de la génération qui avait encore connu les Apôtres. On perçoit également dans ces lettres l'amour ardent d'un saint. Enfin, de Troade, le martyr arriva à Rome où, dans l'amphithéâtre Flavien, il fut livré aux bêtes féroces.

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  • Ignace d'Antioche (17 octobre) : "priez sans cesse"

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    Priez sans cesse (1 Th 5, 17) pour les autres hommes, car on peut espérer les voir arriver à Dieu par la conversion.

    Permettez-leur au moins d’être enseignés par vos actions. À leurs colères, vous, opposez la douceur, à leur vantardise l’humilité, à leurs blasphèmes les prières, à leurs erreurs la fermeté de la foi, à leur sauvagerie la civilité, sans chercher à les imiter.

    Soyons leurs frères par la bonté. Cherchons à être des imitateurs du Seigneur : qui davantage a subi l’injustice ? le dépouillement ? le mépris ? pour qu’aucune herbe du diable ne se trouve parmi vous, mais qu’en toute pureté et tempérance, vous demeuriez, de chair et d’esprit, en Jésus-Christ…

    Mieux vaut se taire et être que de parler sans être. Il est bon d’enseigner, si celui qui parle agit. Il n’y a donc qu’un seul enseignant, celui qui a dit et a fait (Ps 32, 9) et ce qu’il a fait dans le silence est digne de son Père. Celui qui possède véritablement la parole de Jésus peut entendre même son silence, afin d’être parfait, c’est-à-dire d’agir par sa parole et d’être reconnu par son silence.Rien n’échappe au Seigneur.

    Nos secrets mêmes sont près de lui. Faisons donc tout en nous souvenant qu’il habite en nous. Nous serons ainsi ses temples et il sera en nous notre Dieu, ce qu’il est en effet, et qui apparaîtra devant notre face si nous l’aimons selon ce qui est juste.

    Source : Ignace d’Antioche (fêté ce 17 octobre), Lettre aux Éphesiens, X et XV.

    Et aussi :

    «Soyez donc sourds quand on vous parle d’autre chose que de Jésus-Christ, de la race de David, [fils] de Marie, qui est véritablement né, qui a mangé et qui a bu, qui a été véritablement persécuté sous Ponce Pilate, qui a été véritablement crucifié et est morts, aux regards du ciel, de la terre et des enfers, qui est aussi véritablement ressuscité d’entre les morts. C’est son Père qui l’a ressuscité, et c’est lui aussi, [le Père], qui à sa ressemblance nous ressuscitera en Jésus-Christ, nous qui croyons en lui, en dehors de qui nous n’avons pas la vie véritable.»

    Ignace d’Antioche, Lettre aux Tralliens 9.1-2

    "...je mourrai de grand cœur pour Dieu, si vous ne m'en empêchez. Je vous en conjure, épargnez-moi une bienveillance intempestive. Laissez-moi devenir la pâture des bêtes : c'est par elles qu'il me sera donné d'arriver à Dieu. Je suis le froment de Dieu, et je suis moulu par la dent des bêtes, pour devenir le pain immaculé du Christ. Caressez-les plutôt, afin qu'elles soient mon tombeau, et qu'elles ne laissent rien subsister de mon corps . Les funérailles ne seront ainsi à charge à personne. C'est quand le monde ne verra même plus mon corps, que je serai un véritable disciple de Jésus-Christ. Priez le Christ de daigner faire de moi, par la dent des fauves, une victime pour Dieu. Je ne vous donne pas des ordres, comme Pierre et Paul : ils étaient des Apôtres, et moi je ne suis qu'un condamné, ils étaient libres, et moi, jusqu'à présent,  je suis esclave ; mais la mort fera de moi un affranchi de Jésus-Christ en qui je ressusciterai libre. Pour le moment j'apprends dans les fers à ne rien désirer."

    Extrait de son "épître aux Romains", http://missel.free.fr/

  • Saint Ignace d'Antioche (17 octobre)

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    images.jpg"Ignace fut envoyé de Syrie à Rome pour y être jeté en pâture aux bêtes féroces, à cause du témoignage qu’il avait rendu au Christ. Accomplissant son voyage à travers l’Asie mineure sous la surveillance sévère de gardes qu’il appelle « les dix léopards » (dans sa Lettre aux Romains, 5, 1), dans toutes les cités où il s’arrêtait il renforçait les Églises par ses prédications et ses admonitions ; surtout, il exhortait avec grande chaleur à se garder des hérésies qui commençaient alors à pulluler, et il recommandait de ne pas s’éloigner de la tradition apostolique." (Eusèbe de Césarée, Histoire ecclésiastique)

    "...je mourrai de grand cœur pour Dieu, si vous ne m'en empêchez. Je vous en conjure, épargnez-moi une bienveillance intempestive. Laissez-moi devenir la pâture des bêtes : c'est par elles qu'il me sera donné d'arriver à Dieu. Je suis le froment de Dieu, et je suis moulu par la dent des bêtes, pour devenir le pain immaculé du Christ. Caressez-les plutôt, afin qu'elles soient mon tombeau, et qu'elles ne laissent rien subsister de mon corps . Les funérailles ne seront ainsi à charge à personne. C'est quand le monde ne verra même plus mon corps, que je serai un véritable disciple de Jésus-Christ. Priez le Christ de daigner faire de moi, par la dent des fauves, une victime pour Dieu. Je ne vous donne pas des ordres, comme Pierre et Paul : ils étaient des Apôtres, et moi je ne suis qu'un condamné, ils étaient libres, et moi, jusqu'à présent,  je suis esclave ; mais la mort fera de moi un affranchi de Jésus-Christ en qui je ressusciterai libre. Pour le moment j'apprends dans les fers à ne rien désirer." (Extrait de son "épître aux Romains", http://missel.free.fr/)

  • « Pourquoi suis-je chrétien ? » (cardinal Gerhard Müller)

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    De kath.net/news :

    « Pourquoi suis-je chrétien ? »

    « Parce que j’ai reconnu dans le Christ la vérité en personne et parce que, dès lors, ma relation à Dieu dans la foi, l’espérance et la charité signifie aussi mon salut et ma rédemption. »

    Conférence prononcée à l’abbaye de Heiligenkreuz. Par le cardinal Gerhard Müller, Rome.

    Rome–Heiligenkreuz (kath.net/pl) — kath.net publie en avant-première, dans son intégralité, la conférence prononcée par le cardinal Gerhard Müller à l’abbaye de Heiligenkreuz le 12 octobre 2026, dans le cadre du pèlerinage annuel de la « Ligue de prière de l’empereur Charles pour la paix entre les peuples ».

    I. Le récit d’un christianisme dépassé

    Ernst Troeltsch (1865-1923), l’un des plus éminents historiens de la culture du début du XXe siècle, ne comprenait pas les Lumières et le processus de déchristianisation progressive ou violente de l’Occident qu’elles avaient déclenché comme un simple progrès des sciences. Il y voyait essentiellement la négation du caractère surnaturel de l’autorévélation historique de Dieu en Jésus-Christ :

    « En tant que première lutte d’ensemble contre la tradition de l’Église et de l’Antiquité, elle est finalement animée d’un sentiment d’autonomie sans précédent et d’un optimisme sans limites. Sortant de l’état de minorité dont elle était elle-même responsable, la raison enfin devenue majeure s’attribue une capacité d’améliorer le monde dont on n’avait jamais soupçonné l’ampleur. À tous ces égards, elle constitue la première opposition globale et de principe à la forme dualiste et surnaturaliste de la religion. »

    (Aufklärung, dans Gesammelte Schriften, IV, Scientia Verlag, Aalen, 1966, p. 338-374, ici p. 339.)

    Pour prendre également ses distances, à titre personnel, avec le christianisme, les Lumières ont fait naître un genre littéraire particulier : « Pourquoi je ne suis plus chrétien ».

    Au-delà du déisme anglais et français, qui réduisait la religion naturelle à l’éthique, tel qu’on le trouve chez John Toland (Christianity Not Mysterious, 1696), Matthew Tindal (Christianity as Old as Creation, 1730) et Voltaire (Dictionnaire philosophique, 1762), le baron d’Holbach défendait un athéisme matérialiste conséquent, auquel se référeront plus tard Feuerbach et Marx. Dans son ouvrage Le Christianisme dévoilé (1761), il entendait démasquer le christianisme comme une imposture sacerdotale et une croyance irréfléchie aux miracles. Il en faisait remonter l’origine à la superstition et à la peur, plutôt qu’à l’autorévélation de Dieu dans l’histoire du salut. Cette entreprise trouva un prolongement dans l’ouvrage presque homonyme du jeune-hégélien Bruno Bauer, intitulé Das entdeckte Christentum (Le Christianisme découvert), publié à Zurich en 1843.

    Le parcours du théologien protestant allemand David Friedrich Strauss (1808-1874) est caractéristique. Avec son ouvrage La Vie de Jésus, examinée de manière critique (1835-1836), il mit en évidence la crise de la foi chrétienne traditionnelle liée à l’apparition de l’exégèse historico-critique.

    Strauss expliquait, quant à lui, l’apparition des récits de miracles du Nouveau Testament par la divinisation du Christ, fruit des légendes que les disciples auraient élaborées spontanément, sans intention délibérée, mais en demeurant prisonniers de leur conception préscientifique du monde. Selon lui, « les mythes néotestamentaires ne sont rien d’autre que des présentations sous forme de récits historiques des idées du christianisme primitif, élaborées par une légende qui compose spontanément, sans intention délibérée ».

    (Das Leben Jesu, kritisch bearbeitet, I, Introduction, § 12, Osiander Verlag, Tübingen, 1835 ; réimpression de 1984, p. 75.)

    Dans son dernier grand ouvrage, L’Ancienne et la Nouvelle Foi (1872), Strauss tire les conséquences désabusées de cette évolution en répondant à la question de savoir si nous sommes encore chrétiens :

    « Si nous ne voulons pas chercher des échappatoires, si nous ne voulons pas tortiller les choses ni jouer sur les mots, si nous voulons laisser le oui être oui et le non être non, bref, si nous voulons parler en hommes honnêtes et sincères, nous devons reconnaître ceci : nous ne sommes plus chrétiens. »

    (Der alte und der neue Glaube, S. Hirzel Verlag, Leipzig, 1872, p. 90.)

    Nietzsche, qui avait proclamé, en se présentant comme « l’Antéchrist », la « malédiction sur le christianisme », le rabaisse au rang de « platonisme pour le “peuple” » (…).

    Le terme « platonisme » désigne ici, métaphoriquement, une conception idéaliste du monde que les sciences naturelles modernes — Galilée, Newton — auraient dépassée : une conception fondée sur des formes essentielles qualitatives des choses, plutôt que sur leur seule mesure quantitative et mathématique, ainsi que sur une métaphysique des réalités et des essences situées au-delà du monde vérifiable par les sens et selon les critères du positivisme.

    Franz Overbeck (1837-1905) parlait de la fin du christianisme — finis Christianismi —, tout comme son ami Friedrich Nietzsche (1844-1900) avait proclamé la « mort de Dieu ».

    Les principaux représentants de la critique de la religion, notamment les jeunes-hégéliens et leurs héritiers anticléricaux, considèrent le « rôle de la religion et de l’Église » comme un vestige étrange et nuisible du passé antique et médiéval. Ils perçoivent la théologie, qui invoque une révélation surnaturelle d’un Dieu personnel, comme « problématique en tant que forme actuelle de l’esprit » (Habermas, I, p. 25).

    Le sociologue et philosophe Hans Joas rapporte le jugement péremptoire qu’un philosophe allemand adressa à son interlocuteur : « Quiconque croit encore aujourd’hui manque d’honnêteté intellectuelle. » Cette remarque n’était nullement destinée à viser personnellement son interlocuteur. Elle reflétait plutôt une conviction largement répandue :

    « Pour beaucoup de nos contemporains, la foi religieuse apparaît si manifestement dépassée — ses prétentions cognitives auraient été réfutées par la science, sa dimension expérientielle ramenée par la psychologie et les neurosciences à son noyau réel, ses fonctions sociales percées à jour — qu’ils ne comprennent plus comment des contemporains raisonnables peuvent encore être disposés à consentir un tel sacrifice de leur intelligence. Il doit donc, pensent-ils, y avoir des intérêts particuliers en jeu, des problèmes psychiques ou, tout simplement, un manque de cohérence dans le raisonnement, un manque d’honnêteté intellectuelle. »

    (Hans Joas, Glaube als Option. Zukunftsmöglichkeiten des Christentums, Fribourg-en-Brisgau, 2012, p. 13.)

    Le philosophe et mathématicien britannique Bertrand Russell (1872-1970) publia en 1927 l’ouvrage qui allait donner son titre à toute cette démarche : Why I Am Not a Christian (Pourquoi je ne suis pas chrétien). Il prolongeait ainsi, avant même que l’expression n’existe, un genre littéraire dont il allait donner une formulation emblématique.

    À une époque plus récente, le médiéviste renommé Kurt Flasch a publiquement fait connaître, en 1992, son renoncement intellectuel au christianisme dans un essai intitulé Warum ich kein Christ bin (Pourquoi je ne suis pas chrétien).

    Sans reprendre littéralement cette formulation, Richard Dawkins, l’une des figures majeures du Nouvel Athéisme, s’inscrit lui aussi dans cette lignée d’auteurs prenant leurs distances avec le christianisme. Son argumentation, moins philosophique et rationnelle que naturaliste et positiviste, s’exprime dans son ouvrage The God Delusion (2007), traduit en français sous le titre Pour en finir avec Dieu. Il y diagnostique dans la foi en l’autorévélation de Dieu en Jésus-Christ une sorte de délire, voire un défaut génétique de la raison d’ordre psychologique et intellectuel.

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