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Spiritualité

  • La foi religieuse est-elle folie ou sagesse ?

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    De  sur le Catholic Thing :

    La foi religieuse est-elle folie ou sagesse ?

    Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ?   Pourquoi ce quelque chose possède-t-il l’extraordinaire capacité d’évoluer en cet univers complexe et pourtant ordonné que nous contemplons, un univers si ordonné que la prévisibilité et la science sont possibles ?   Pourquoi même les cellules vivantes les plus simples contiennent-elles une information génétique analogue à des codes informatiques complexes ?

    Ce ne sont pas des questions dénuées de sens. Il n'est pas évident non plus que la seule réponse intelligente à ces questions soit un simple coup de dés. Ou que ce soit ainsi que les choses soient.   Dans tous les domaines de l'activité humaine, nous cherchons des raisons et des causes pour expliquer l'état des choses.   Il est difficile de comprendre pourquoi l'hypothèse sous-jacente à toutes ces réalités extraordinaires ferait passer pour des imbéciles ceux qui la proposent.

    Des slogans philosophiques du genre « L’athéisme est un mythe compris » ou « La religion empêche de penser clairement » ou des références à des « monstres en spaghetti volants » peuvent être amusants, mais ils ne sauraient certainement pas être considérés comme des réflexions intellectuelles profondes.

    Après une vie consacrée à l'érudition et à l'athéisme, le philosophe anglais Anthony Flew en est venu à considérer l'existence de Dieu comme une explication convaincante du réglage fin apparemment miraculeux de l'univers à son origine.

    Alex O'Connor, un podcasteur en ligne contemporain, toujours réfléchi et courtois, bien que toujours incroyant, concède que les démonstrations de Thomas d'Aquin concernant l'existence de Dieu et les preuves de la résurrection du Christ sont beaucoup plus convaincantes qu'il ne le pensait auparavant, et certainement pas à rejeter comme les élucubrations de fous.

    Je me demande souvent comment les athées les plus fervents, si prompts à rejeter la croyance en Dieu et enclins à confondre la foi avec la stupidité ou la superficialité, expliquent des personnalités comme le regretté Père Stanley Jaki, docteur en théologie et en physique, qui parlait sept langues.   Les génies croyants comme Jaki ne sont peut-être pas légion, mais ils sont loin d'être rares et laissent penser que le manque d'intelligence ne saurait constituer une explication valable de la croyance religieuse.

    On ne peut pas non plus rejeter l'idée que la foi en Dieu ne serait qu'une béquille pour les faibles et ceux qui seraient incapables d'affronter les rigueurs de la vie ; vous savez, des gens comme saint Jean-Paul II et Mère Teresa de Calcutta – l'un ayant contribué à la chute de l'empire soviétique, l'autre vivant parmi les plus pauvres des pauvres dans les bidonvilles de l'Inde. De pitoyables faibles, nous demande-t-on, incapables de rivaliser avec les courageux, brillants et robustes athées qui enseignent dans nos universités ou travaillent dans les médias ou à Hollywood.

    Des croyants loin d'être pathétiques : Mère Teresa et Jean-Paul II, 1986 [Source : Ambassade des États-Unis auprès du Saint-Siège]

    Bien sûr, il est vrai que beaucoup de croyants sont des personnes simples, sans diplômes universitaires, et que beaucoup d'autres ont besoin de leur foi pour traverser les épreuves de la vie.   Dans le film « Potins de femmes », il y a une scène poignante où le personnage de Daryl Hannah dit précisément cela à Sally Field, dévastée par la mort de sa fille.   Leur échange ne minimise en rien la tragédie de ce décès. Mais pour faire face à la vie, Field a besoin de croire que Dieu est souverain et qu'après la mort, il y a une vie après la mort.

    Je suis prêtre catholique depuis cinquante ans et j'ai été confronté à des tragédies insoutenables, notamment les funérailles d'une femme et de ses deux nièces, tuées dans un accident de voiture dont elles n'étaient pas responsables. La mère des deux filles avait récemment divorcé.   Elles étaient ses seules enfants. Je conserve encore le ciboire, ce petit récipient en métal servant à apporter la communion aux malades, que cette mère m'a offert, gravé des noms de ses filles qu'elle considérait comme les anges de Dieu. Admettons-le, la foi de cette femme était alors un véritable soutien. J'ai officié à ses funérailles des années plus tard, et je sais qu'elle ne s'en est jamais remise après la perte tragique de ses deux filles adolescentes.   Pourtant, elle a tenu bon jusqu'à la fin, animée par la foi, l'espoir et l'amour. Aurait-elle été plus heureuse sans tout cela ? J'ai connu des centaines, peut-être des milliers de personnes comme elle, confrontées à des chagrins indicibles, certaines à peine capables de s'en sortir, d'autres incroyablement fortes malgré la tragédie, et toutes en grande partie grâce à leur foi.

    Voici donc une question pour tous ceux qui ne croient pas mais ne peuvent savoir qu'il n'y a pas de Dieu : quel genre de personne s'amuse à faire tomber les béquilles de ceux qui ne tiennent debout que grâce à elles ? Et quelle alternative proposez-vous ?

    Vous voulez changer de sujet et parler de fanatiques religieux et de l'histoire des guerres de religion ? La guerre a été une constante tout au long de l'histoire, jusqu'à nos jours. Et récemment, les plus grandes guerres, persécutions et massacres de tous les temps ont été initiés et perpétrés par des régimes athées.

    Existe-t-il de mauvaises personnes religieuses ? Bien sûr. Voire même de mauvaises religions, mais c’est un autre sujet. Cependant, la religion qui enseigne que Dieu est amour ; que tous ceux qui demeurent dans l’amour demeurent en Dieu et Dieu en eux ; qui nous commande d’aimer Dieu et notre prochain avec le plus grand désintéressement et le plus grand sacrifice possibles ; qui affirme que Dieu est Créateur, Rédempteur et Sanctificateur ; et qu’il nous a créés à son image et à sa ressemblance, non pas pour nous voir sombrer dans l’oubli au bout d’une courte vie, mais pour vivre éternellement avec lui dans un autre monde – cette religion n’est ni stupide, ni anti-intellectuelle, ni un simple artifice.

    Les croyants peuvent justifier leur croyance, sans pour autant convaincre tout le monde, mais sans pour autant tomber dans la folie. La folie, en revanche, réside chez ceux qui, incapables d'admettre l'inexistence de Dieu et opposant le désespoir absolu à la foi, persistent à railler les croyants, à les déstabiliser et à prétendre que si seulement chacun était un athée convaincu comme eux, le monde serait meilleur. Tant qu'il y aura des gens comme ça, je continuerai à me sentir très intelligent, et si je me trompe, il y aura toujours beaucoup de gens qui seront contents d'avoir des imbéciles comme moi pour les accompagner dans leur voyage à travers la vie.

  • Le combat chrétien selon saint Augustin, père de l'Eglise (28 août)

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    003.jpgA consulter : http://peresdeleglise.free.fr/Augustin/augustin.htm

    Le combat chrétien

    La couronne de la victoire n'est promise qu'à ceux qui combattent. Dans les divines écritures, nous trouvons continuellement que la couronne nous est promise si nous sommes vainqueurs. Mais pour ne pas abuser des citations, on lit en toutes lettres dans l'apôtre Paul : « J'ai parfait mon oeuvre, j'ai achevé ma course, j'ai conservé la foi, je n'ai plus à attendre que la couronne de justice. »

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  • Augustin, le plus grand des Pères de l'Eglise latine (28 août)

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    Lors de l'audience générale du mercredi 9 janvier 2008, Benoît XVI consacrait sa catéchèse à l'évocation du plus grand Père de l'Eglise latine :

    Chers frères et sœurs,

    Après les grandes festivités de Noël, je voudrais revenir aux méditations sur les Pères de l'Eglise et parler aujourd'hui du plus grand Père de l'Eglise latine, saint Augustin:  homme de passion et de foi, d'une très grande intelligence et d'une sollicitude pastorale inlassable, ce grand saint et docteur de l'Eglise est souvent connu, tout au moins de réputation, par ceux qui ignorent le christianisme ou qui ne le connaissent pas bien, car il a laissé une empreinte très profonde dans la vie culturelle de l'Occident et du monde entier. En raison de son importance particulière, saint Augustin a eu une influence considérable et l'on pourrait affirmer, d'une part, que toutes les routes de la littérature chrétienne latine mènent à Hippone (aujourd'hui Annaba, sur la côte algérienne), le lieu où il était Evêque et, de l'autre, que de cette ville de l'Afrique romaine, dont Augustin fut l'Evêque de 395 jusqu'à sa mort en 430, partent de nombreuses autres routes du christianisme successif et de la culture occidentale elle-même.

    Rarement une civilisation ne rencontra un aussi grand esprit, qui sache en accueillir les valeurs et en exalter la richesse intrinsèque, en inventant des idées et des formes dont la postérité se nourrirait, comme le souligna également Paul VI:  "On peut dire que toute la pensée de l'Antiquité conflue dans son œuvre et que de celle-ci dérivent des courants de pensée qui parcourent toute la tradition doctrinale des siècles suivants" (AAS, 62, 1970, p. 426). Augustin est également le Père de l'Eglise qui a laissé le plus grand nombre d'œuvres. Son biographe Possidius dit qu'il semblait impossible qu'un homme puisse écrire autant de choses dans sa vie. Nous parlerons de ces diverses œuvres lors d'une prochaine rencontre. Aujourd'hui, nous réserverons notre attention à sa vie, que l'on reconstruit bien à partir de ses écrits, et en particulier des Confessiones, son extraordinaire autobiographie spirituelle, écrite en louange à Dieu, qui est son œuvre la plus célèbre. Et à juste titre, car ce sont précisément les Confessiones d'Augustin, avec leur attention à la vie intérieure et à la psychologie, qui constituent un modèle unique dans la littérature occidentale, et pas seulement occidentale, même non religieuse, jusqu'à la modernité. Cette attention à la vie spirituelle, au mystère du "moi", au mystère de Dieu qui se cache derrière le "moi", est une chose extraordinaire sans précédent et restera pour toujours, pour ainsi dire, un "sommet" spirituel.

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  • Saint Augustin, un homme pleinement accompli (28 août)

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    0828 (1).jpgZenit.org a publié (en 2012) un entretien avec le cardinal Angelo Scola, archevêque de Milan (Traduction d'Hélène Ginabat)

    (ZENIT.org) – Pour le cardinal Angelo Scola, saint Augustin est « un génie de l’humanité et un grand saint, c’est-à-dire un homme pleinement accompli ». Il fut aussi, comme saint Ambroise, un courageux avocat « de la dimension publique de la foi et d’un sain concept de laïcité ». Le cardinal Scola, archevêque de Milan, célèbrera l’eucharistie dans la basilique Saint-Pierre-au-Ciel-d’Or (San Pietro in Ciel d’Oro) à Pavie, en Italie, sur la tombe de saint Augustin, le 28 août 2012, en la mémoire liturgique du saint (cf. Zenit du 24 août 2012).

    A cette occasion, le cardinal Angelo Scola livre une réflexion sur la figure du grand docteur de l’Eglise, dans un entretien avec l’Ordre de saint Augustin.

    Eminence, qui est saint Augustin pour vous ?

    Un génie de l’humanité et un grand saint, c’est-à-dire un homme pleinement accompli. J’ai été impressionné, à ce sujet, par une affirmation de Jacques Maritain que je cite régulièrement aux jeunes, qui sont si souvent obsédés par le problème du succès et de la réalisation de soi : « Il n’existe de personnalité vraiment parfaite que chez les saints. Mais comment cela ? Les saints se sont-ils préoccupés de développer leur personnalité ? Non. Ils l’ont trouvée sans la chercher, parce qu’ils ne la cherchaient pas, mais Dieu seulement » (J. Maritain).

    L’archevêque de Milan se rend sur la tombe de saint Augustin pour y célébrer l’Eucharistie : cette démarche renouvelle le lien particulier entre Ambroise et Augustin. Que peuvent-ils nous dire encore aujourd’hui ?

    Card. Angelo Scola – Ambroise et Augustin ont traversé des décennies troublées entre « l’antique », représenté par l’empire romain désormais exténué et en marche vers un déclin inexorable, et le « nouveau » qui s’annonçait à l’horizon, mais dont on ne voyait pas encore nettement les contours. Ils furent immergés dans une société à bien des égards semblable à la nôtre, secouée par des changements continuels et radicaux, sous la pression de peuples étrangers et serrée dans l’étau de la dépression économique due aux guerres et aux famines.Dans de telles conditions, malgré la diversité profonde de leur histoire et de leur tempérament, Ambroise et Augustin furent des annonciateurs indomptables de l’avènement du Christ pour tout homme, dans l’humble certitude que la proposition chrétienne, lorsqu’elle est librement assumée, est une ressource précieuse pour la construction du bien commun.Ils furent de vaillants défenseurs de la vérité, sans se préoccuper des risques et des difficultés que cela comporte, en ayant conscience que la foi ne mortifie pas la raison, mais l’achève ; et que la morale chrétienne perfectionne la morale naturelle, sans la contredire, en en favorisant la pratique. Si nous empruntons des expressions du débat contemporain, nous pourrions les définir comme deux paladins de la dimension publique de la foi et d’un sain concept de laïcité.

    Quel enseignement peut-on tirer de l’expérience humaine et spirituelle de saint Augustin pour l’Année de la foi ?

    Dans une de ses audiences générales consacrées à saint Augustin, Benoît XVI le cite : « Mais si le monde vieillit, le Christ est éternellement jeune. D'où l'invitation: "Ne refuse pas de rajeunir uni au Christ, qui te dit : Ne crains rien, ta jeunesse se renouvellera comme celle de l'aigle" (Serm. 81, 8) » (Benoît XVI, audience générale du 16 janvier 2008). Augustin est un témoin formidable du Christ qui est contemporain à tout homme, et d’un profond accord entre la foi et la vie.

    En quoi la pensée et l’aventure humaine de saint Augustin sont-elles d’une actualité toujours nouvelle ?

    C’est l’inquietum cor dont il nous parle au début des Confessions. Sa recherche inlassable, qui a fasciné les hommes de tous les temps, est particulièrement précieuse aujourd’hui pour nous qui sommes immergés – et souvent submergés – dans les tourments de ce début de troisième millénaire. Une recherche qui ne s’arrête pas à la dimension horizontale, même si celle-ci est infinie ; mais qui pénètre dans la dimension verticale. C’est le même Augustin qui en décrit la portée quand il affirme, dans un passage des Soliloques : « Je viens de prier Dieu. — Que veux-tu donc savoir? — Tout ce que j'ai demandé.  Résume-le en peu de mots. — Je désire connaître Dieu et l'âme. — Ne désires-tu rien de plus ? — Rien absolument. » (Augustin, Soliloques I, 2, 7).

  • Saint Augustin d'Hippone (28 août) : "Bien tard, je t'ai aimée, ô beauté si ancienne et si nouvelle..."

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    Du site Pères de l'Eglise.free.fr :

    On connaît bien la vie d'Augustin d'Hippone : très nombreuses sont les biographies qui ont été écrites de lui, facilitées - il faut bien le dire - par ce que lui-même nous a dit de lui à travers Les Confessions, rédigées vraisemblablement entre 397 et 400, oeuvre universellement connue :

    Bien tard, je t'ai aimée, ô beauté si ancienne et si nouvelle, bien tard, je t'ai aimée ! Et voici que tu étais au-dedans, et moi au-dehors, et c'est là que je te cherchais, et sur la grâce de ces choses que tu as faites, pauvre disgracié, je me ruais !
    Tu étais avec moi et je n'étais pas avec toi ;
    elles me retenaient loin de toi, ces choses qui pourtant,
    si elles n'existaient pas en toi, n'existeraient pas ! Tu as appelé, tu as crié et tu as brisé ma surdité ;
    tu as brillé, tu as resplendi et tu as dissipé ma cécité ;
    tu as embaumé, j'ai respiré et haletant j'aspire à toi ;
    j'ai goûté, et j'ai faim et j'ai soif ;
    tu m'as touché et je me suis enflammé pour ta paix.[...]
    (Conf. X, xxvii, 38)

    Effectivement, Augustin connaît d'abord une jeunesse dissipée, dispersée entre toutes sortes de plaisirs (Augustin rappellera à maintes reprises son attrait pour les femmes, les honneurs...). Toutefois, il est animé par une grande inquiétude intellectuelle et psychologique, a de nombreuses curiosités philosophiques et linguistiques (il a embrassé la profession de "rhéteur"). Augustin verra dans toute cette période de sa vie en germe déjà une recherche de Dieu qui va d'ailleurs se préciser à travers la lecture des philosophes et son grand intérêt pour les philosophies (Augustin est un grand lecteur de Cicéron, puis il découvre Plotin et les néo-platoniciens...), son souci et son attrait pour la religion et les croyances (comme par exemple le manichéisme qui le tenta un certain temps). Finalement, après avoir rejoint l'Italie, Rome en 383 puis surtout Milan où il va s'installer plus durablement pour des raisons professionnelles (découragement face aux étudiants de Carthage qu'il juge peu intéressants), Augustin découvre la prédication de l'évêque du lieu, Ambroise, qui accepte de répondre à toutes les interrogations d'Augustin au cours de longs entretiens. Bien des événements personnels sont relatés également par Augustin dans les Confessions qui ont certainement contribué à son "retournement". Augustin, catéchumène depuis son enfance (1) va finalement se convertir radicalement et demander le baptême en 387(2).

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  • Traduite dans d’innombrables langues et constamment rééditée : l’Imitation de Jésus-Christ

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    De l'abbé Vincent-Marie Thomas  sur 100.000 raisons de croire :

    L’Imitation de Jésus-Christ

    De l'imitation de Jesus Christ Beuil Sacy Bosse Abraham Gravures religion -  Livre Luxe Book

    L’Imitation de Jésus-Christ est un ouvrage anonyme, rédigé en latin à la fin du XIVe siècle ou au début du siècle suivant. L’auteur invite son lecteur à délaisser l’agitation du monde pour conformer intérieurement sa vie à celle du Christ. Il expose le seul vrai sens de la vie humaine : puisque la souffrance est inévitable, mieux vaut souffrir en offrant ses peines à Jésus-Christ, et en sa compagnie. Mieux vaut souffrir pour l’amour de Jésus-Christ et avec lui, que sans but. Dans le premier cas, la vie est pénible, mais garde un sens. Dans le second, elle est cruelle et absurde. D’autre part, Dieu comble de biens spirituels celui qui le recherche avec sincérité et honnêteté. Traduit dans d’innombrables langues et constamment réédité depuis les débuts de l’imprimerie, cet ouvrage nourrit la vie spirituelle de générations de chrétiens.


    Les raisons d'y croire

    • L’Imitation de Jésus-Christ remporte un franc succès dès qu’elle est connue : en 1450, on en compte plus de deux cent cinquante manuscrits. La traduction de Pierre Corneille, parue pour la première fois en 1656, connaît deux mille trois éditions. À la fin du XVIIIe siècle, environ deux millions quatre cent mille exemplaires circulent dans le monde. L’un des organisateurs de l’exposition qui s’est tenue à la bibliothèque Mazarine en 2012 – titrée « Un succès de librairie européen : l’Imitatio Christi » –, Yann Sordet, estime que l’ouvrage est « l’un des plus grands succès de librairie que l’Europe ait connus de la fin du Moyen Âge au début de l’ère contemporaine » (catalogue de l’exposition, p. 11).
    • Pourquoi un tel enthousiasme pour ce livre ? Honoré de Balzac résume l’impression générale de tout lecteur : « Il est impossible de ne pas être saisi par l’Imitation, qui est au dogme ce que l’action est à la pensée. Le catholicisme y vibre, s’y meut, s’agite, s’y prend corps à corps avec la vie humaine. Ce livre est un ami sûr. Il parle à toutes les passions, à toutes les difficultés, même mondaines ; il résout toutes les objections, il est plus éloquent que tous les prédicateurs, car sa voix est la vôtre, elle s’élève dans votre cœur, et vous l’entendez par l’âme. C’est enfin l’Évangile traduit, approprié à tous les temps, superposé à toutes les situations » (L’Envers de l’histoire contemporaine, ch. 12).
    • Puisque la souffrance est partout présente autour de chaque homme et que nul ne peut parvenir, durant le cours de ses jours ici-bas, à y échapper, puisque, d’autre part, Jésus-Christ lui-même l’a portée durant sa vie terrestre (il eut faim, soif, froid, comme les autres hommes ; il endura la chaleur du jour et supporta la fatigue ; il souffrit du désintéressement des hommes, du revirement des foules et de la trahison de ses amis), puisque Jésus-Christ éprouva particulièrement l’angoisse de l’âme et la douleur du corps durant sa douloureuse Passion qu’acheva sa terrible mort sur la croix, puisque, d’autre part, Jésus-Christ a prouvé aux hommes, en les sauvant de l’esclavage du péché par sa résurrection, qu’il est tout-puissant et qu’il agit ainsi parce qu’il poursuit chaque homme d’un amour infini, pourquoi ne pas le prendre pour modèle et lui demander son aide ? Mieux vaut souffrir avec lui que sans lui.
    • Sans Jésus-Christ, la vie humaine est un cheminement à l’aveugle, parmi les peines ou les plaisirs vains d’ici-bas. Les plaisirs et les peines sont éphémères : comment bâtir sa vie sur la recherche assidue des premiers et la fuite volontaire des secondes ? De plus, la mort mettra un terme définitif à la capacité de l’homme à les éprouver. Plaisirs et peines sont donc vains en eux-mêmes, et les prendre pour fin et guide des actions humaines est une règle à courte vue. Mais il en va autrement s’ils sont goûtés non comme une fin, mais comme des moyens qui conduisent à Dieu : le plaisir inhérent aux bonnes actions et la souffrance offerte en union avec la croix du Christ leur donnent un sens parce qu’ils acquièrent ainsi une valeur d’éternité.

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    L’Imitation de Jésus-Christ est un ouvrage composé de quatre parties (qu’on appelle, selon le sens ancien du mot, « livres »), indépendantes les unes des autres. Les plus anciens manuscrits, datés de 1421 et de 1424, ne contiennent que le premier livre. Des exemplaires comprenant les quatre livres paraissent à partir de 1427. L’auteur en est probablement un chanoine de Saint-Augustin, du monastère du Mont-Sainte-Agnès, près de Zwol (Zwolle, aux Pays-Bas), Thomas Hemerken, appelé couramment Thomas a Kempis (1379/1380 – 1471), originaire de Kempen, en Rhénanie, d’où ce nom.

    L’idée fondamentale de L’Imitation, héritée de saint Augustin et de saint Bernard, n’est pas originale pour son époque, mais elle heurte violemment l’hédonisme égocentrique et égoïste de notre temps. Rentrer en soi-même pour s’y retrouver soi-même en y découvrant Dieu : Noverim me, noverim Te ! « Que je me connaisse ! Que je vous connaisse, Seigneur ! » (Soliloques, II, 1). Connaître les aspirations profondes de l’âme : connaître la Vérité et aimer le Bien conduit à la connaissance et à l’amour de Dieu. Examiner ensuite les dispositions intimes de sa propre âme, qui soit vont dans le sens de ces attraits intimes, soit au contraire luttent contre eux, permet de prendre la mesure du cap à corriger afin de ne pas manquer le but ultime de la vie : Dieu. C’est ce que l’auteur de L’Imitation appelle « observer avec soin en nous les divers mouvements de la nature et de la grâce » (III, 54). Car « l’humble connaissance de soi-même est une voie plus sûre pour aller à Dieu que les recherches profondes de la science... La science la plus haute et la plus utile est celle-ci : se connaître vraiment soi-même et se mépriser [c’est-à-dire ne pas se surestimer]... Apprends à tenir pour rien les choses extérieures et à te donner aux intérieures et tu verras le royaume de Dieu venir en toi » (I, 3 ; I, 2 ; II, 1). Qu’est-ce que le royaume de Dieu sinon sa présence aimante à l’intime de l’âme, par le moyen de la grâce ?

    La première étape du cheminement vers Dieu est donc de parvenir à se connaître soi-même. Tout homme, s’il est honnête envers lui-même, n’est-il pas amené à reconnaître sa grande misère quand il ne se tourne pas vers Dieu ? Les biens d’ici-bas n’engendrent que des déceptions, soit qu’on n’en ait jamais assez, soit qu’on en découvre enfin la vacuité. Les sens portent souvent aux tentations, et de là aux mauvaises actions : la cause ne vient pas tant du corps que de l’âme qui est blessée. « C’est vraiment une grande misère de vivre sur la terre. Plus l’homme veut devenir spirituel, plus la vie présente lui devient amère, car il sent mieux et il voit plus clairement les défauts de la corruption humaine… Car l’homme intérieur est étrangement appesanti en ce monde par les nécessités du corps… Oh ! Qu’elle est grande la fragilité humaine qui est toujours inclinée aux vices. Aujourd’hui, tu confesses tes péchés et demain tu les commets à nouveau… » (I, 22). Comment calmer sa conscience troublée et recouvrer la paix de l’âme ? Par « la véritable contrition et humiliation du cœur » et la confession sacramentelle (III, 52). La mortification des passions est le sûr moyen de conserver cette paix. Les passions s’agitent en effet dans l’âme et produisent l’inconstance du cœur : ce dernier ne parvient pas à demeurer arrêté dans le bien. « Le commencement de toutes les tentations est l’inconstance de l’esprit et le peu de confiance en Dieu. Car, comme un vaisseau sans gouvernail est poussé çà et là par les flots, ainsi l’homme changeant, qui abandonne ses résolutions, est tourmenté par des tentations diverses » (I, 13).

    Que faire alors, sinon se tourner vers Jésus-Christ, duquel vient toute force ? N’a-t-il pas, par sa mort sur la Croix, affranchi les hommes de l’emprise que le démon et le péché ont sur eux ? Or, le Maître, qui est « la voie, la vérité et la vie » ( Jn 14,6 ) invite les hommes à le suivre, c’est-à-dire à mettre en pratique son enseignement et à reproduire dans leur vie quotidienne son exemple. La méditation de la Passion du Christ est une aide puissante pour y parvenir, et le renoncement à toutes choses en est la clé : « Quitte-toi, renonce à toi, dit le Christ à l’homme qui veut marcher à sa suite, et tu jouiras d’une grande paix intérieure. Donne tout pour trouver tout… Demeure uniquement et fermement en moi et tu me posséderas » (III, 37). L’amour du Christ à l’égard de ceux qui veulent l’aimer est en effet fidèle et durable. C’est pourquoi l’auteur de L’Imitation engage son lecteur à « aimer Jésus, l’avoir pour ami, lui qui, lorsque tous les autres nous abandonneront, ne nous laissera pas et ne souffrira pas que nous périssions à l’heure de la mort » (II, 8). Et cette amitié sera alors éternelle.

    Docteur en philosophie, Vincent-Marie Thomas est prêtre.

  • La prière de saint Augustin pour le repos de l'âme de sa mère, sainte Monique

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    La prière de saint Augustin pour le repos de l'âme de sa mère, sainte Monique

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    O mon Dieu, je ne laisse pas de pleurer en votre présence pour celle qui vous a si fidèlement servi, pour celle qui, après m'avoir porté dans son sein pour me faire naître à la lumière passagère de ce monde, me porta depuis dans son coeur, afin de me faire renaître à votre lumière éternelle.

    O Dieu de mon coeur, Dieu de miséricorde, quelque sujet que j'aie de me réjouir en vous et de vous rendre grâces de tout le bien que fit ma mère pendant sa vie, je veux laisser à part, quant à présent, toutes ses bonnes oeuvres, et je viens implorer auprès de vous le pardon de ses péchés.

    Exaucez-moi, je vous en conjure, par les mérites de celui qui fut attaché pour nous à une croix, et qui, maintenant assis à votre droite, ne cesse d'intercéder pour nous.

    Je sais que votre servante a pratiqué les oeuvres de miséricorde, et qu'elle a pardonné du fond de son coeur à ceux qui l'avait offensée : pardonnez-lui donc aussi, mon Dieu, les fautes qu'elle a pu commettre envers vous pendant tout le temps qui s'est passé depuis son baptême jusqu'à sa mort. Pardonnez-lui, Seigneur, je vous en supplie ; que votre miséricorde l'emporte sur votre justice, parce que vous êtes fidèle dans vos promesses, et que vous avez promis la miséricorde à ceux qui auront été miséricordieux.

    Je crois que vous avez déjà fait pour mère ce que je vous demande ; et cependant, Seigneur, puissent les prières que je vous offre être agréables à vos yeux. Elle-même nous recommanda de vous les adresser, et de nous souvenir d'elle à l'autel du Seigneur.

    N'oubliez pas, mon Dieu, que celle pour qui je vous prie avait fortement attaché son âme, par les liens d'une foi inébranlable, à cet admirable mystère de notre rédemption. Que rien ne puisse donc l'arracher à la protection de son Dieu ! Que l'ennemi ne réussisse, ni par la ruse, ni par la force, à la séparer de vous ; que son âme repose dans la paix éternelle. Amen.

  • Monique : la sainteté d'une mère

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    On célèbre aujourd'hui la fête de sainte Monique, mère de saint Augustin. Elle occupe une large place dans les Confessions. Nous reproduisons ci-dessous un entretien entre cette mère et son fils sur le bonheur de la vie éternelle (chapitre X):

    A l’approche du jour où elle devait sortir de cette vie, jour que nous ignorions, et connu de vous, il arriva, je crois, par votre disposition secrète, que nous nous trouvions seuls, elle et moi, appuyés contre une fenêtre, d’où la vue s’étendait sur le jardin de la maison où nous étions descendus, au port d’Ostie. C’est là que, loin de la foule, après les fatigues d’une longue route, nous attendions le moment de la traversée.

    Nous étions seuls, conversant avec une ineffable douceur, et dans l’oubli du passé, dévorant l’horizon de l’avenir ( Philip. III, 13), nous cherchions entre nous, en présence de la Vérité que vous êtes, quelle sera pour les saints cette vie éternelle « que l’oeil n’a pas vue, que l’oreille n’a pas entendue, et où n’atteint pas le cœur de l’homme (I Cor. II, 9). » Et nous aspirions des lèvres de l’âme aux sublimes courants de votre fontaine, fontaine de vie qui réside en vous (Ps. XXXV, 10), afin que, pénétrée selon sa mesure de la rosée céleste, notre pensée pût planer dans les hauteurs.

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  • Sainte Monique (27 août)

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    Vie de Sainte Monique, mère de saint Augustin (source)

    Monique fut la mère de Saint Augustin à double titre, puisqu’elle l’enfanta sur la terre et pour le ciel. Sainte Monique naquit en 332, d’une famille où régnaient la piété et la crainte de Dieu. Lorsqu’elle fut en âge d’être mariée ses parents lui firent épouser Patrice, bourgeois de Tagaste, homme d’honneur, mais païen de religion. Elle eut toujours pour lui une soumission parfaite et travaillait de toutes ses forces à le gagner à Jésus-Christ. Le principal moyen qu’elle employait pour le retirer de ses vices était une conduite irréprochable, qu’elle soutenait constamment. Elle supportait ses infidélités avec patience, sans jamais les lui reprocher avec amertume, espérant toujours que Dieu aurait pitié de lui. En général, Patrice était d’un excellent caractère, mais en même temps, il était violent et emporté. Lorsque Monique le voyait en colère, elle observait de ne le contredire, ni par ses actions, ni par ses discours. La fougue étant passée, elle lui parlait avec douceur. Quand des femmes maltraitées par des maris violents ou débauchés venaient lui faire part de leurs peines, elle avait coutume de leur répondre : « Vous ne devez vous en prendre qu’à vous-mêmes et à vos propres paroles. » 

    Son mari embrassa le christianisme un an avant de mourir (371). Il renonça à ses débauches et passa le reste de sa vie dans la pratique de la vertu. Elle gagna aussi sa belle-mère à Jésus-Christ, après l’avoir fait revenir des préventions qu’elle avait conçues contre elle. Elle mettait au nombre de ses principaux devoirs le soin de soulager les pauvres ; elle assistait tous les jours à la Divine Liturgie ; elle allait à l’église le matin et le soir, afin de se trouver à la prière publique et d’entendre la Parole de Dieu. Mais son exactitude à remplir les devoirs de la religion était réglée sur les vrais principes; elle ne l’empêchait point de veiller au soin de sa maison, et surtout à l’éducation de ses enfants. La Sainte avait deux fils, Augustin et Navigius, et une fille dont on ignore le nom.

    Après la mort de son époux, elle passa son veuvage dans la chasteté et l’exercice des œuvres de miséricorde. Elle ne cessait de répandre d’abondantes larmes dans ses prières à Dieu pour son fils, qui avait été séduit par la secte des Manichéens. Elle le suivit pourtant à Milan, où elle l’exhortait souvent à fréquenter saint Ambroise, qui en était évêque. Cédant à ses désirs, il reconnut la vérité de la foi catholique par suite des discours publics et des entretiens particuliers de ce saint docteur, et reçut le baptême de ses mains (387).

    Elle, lui ménagea alors un bon parti, dans l’espérance que le mariage le fixerait et le préserverait du malheur de la rechute. Mais Augustin lui apprit qu’il était résolu de vivre le reste de ses jours dans la continence. Elle le suivit dans une maison de campagne où il alla passer les vacances avec quelques-uns de ses amis. Elle eut part aux entretiens les plus relevés qu’ils eurent ensemble, et y montra un jugement et une pénétration extraordinaires. Saint Augustin nous a conservé plusieurs de ses réflexions, qui décèlent beaucoup d’esprit et de piété.

    Peu après, la mère et le fils, revenant en Afrique, s’arrêtèrent au port d’Ostie, Monique fut prise de la fièvre. Un jour qu’elle perdit connaissance, elle revint à elle en disant : « Où étais-je ?... » Et regardant ceux qui l’entouraient, elle ajouta : « Vous enterrerez ici votre mère. Je vous demande seulement de vous souvenir de moi à l’autel du Seigneur. »

    Cette sainte femme rendit son âme à Dieu en 387, à la cinquante-sixième année de son âge, après neuf jours de maladie, et fut inhumée dans l’église d’Ostie. Plus tard, sous le pontificat de Martin V, ses restes furent transportés à Rome et placés avec honneur dans l’église qui porte le nom de Saint Augustin.

    Au Livre V de ses Confessions, chapitre 12, Saint Augustin, parlant de la mort de sa mère, s’exprime ainsi : 

    « Nous ne pensâmes pas qu’il fût convenable de célébrer ses funérailles par des plaintes, des pleurs et des gémissements, parce que ce n’était point dans la peine qu’elle mourait, et qu’elle ne mourait pas non plus tout entière. C’était en conséquence de sa vie innocente et de sa foi sincère que nous avions raisonnablement cette pensée. Ensuite, j’étais ramené insensiblement à ma première douleur au sujet de cette servante du Seigneur ; je me rappelais sa dévotion envers Dieu, envers nous sa piété, sa tendresse, ses bons avis, dont je me trouvais tout à coup privé; et ce fut pour moi un amer plaisir de pleurer sur elle et pour elle. Si quelqu’un venait à trouver blâmable que, durant quelques instants, j’eusse pleuré ma mère..., ma mère que j’avais vue morte devant mes yeux !… elle qui pendant tant d’années, m’avait tant pleuré pour que je fusse vivant devant les siens !... qu’il ne se rie pas de moi ; mais que plutôt, s’il a quelque charité, il pleure aussi pour mes péchés devant Toi, Seigneur, Qui es le Père de tous les frères de Ton Christ Jésus! »

    Sainte Monique, prie Dieu pour nous et pour les enfants de la terre d'Algérie!

  • Bon pour l'âme (et la terre) : l'abbaye de Boulaur en France propose une recette originale pour le renouveau monastique

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    De Solène Tadié sur le NCR :

    Bon pour l'âme (et la terre) : l'abbaye de Boulaur en France propose une recette originale pour le renouveau monastique

    Après avoir lancé un projet agricole ambitieux qui privilégie à la fois la santé des sols et celle de l'âme, ces religieuses cisterciennes attirent des personnes de tous horizons vers un lieu de rencontre – inspiré par la nature – entre le cloître et le monde extérieur.

    Cette communauté de moniales cisterciennes du Gers, dans le sud-ouest de la France, puise son inspiration dans la nature.
    Cette communauté de moniales cisterciennes du Gers, dans le sud-ouest de la France, puise son inspiration dans la nature. (photo : Solène Tadié)

    Dans la nature, le périmètre d'une forêt ne s'interrompt pas brutalement, comme s'il était coupé par un trottoir ou un mur. Il s'éclaircit progressivement, s'ouvre et laisse pénétrer davantage de lumière jusqu'à atteindre une clairière, où se produit un phénomène inattendu. Cette zone de transition devient elle-même plus riche en végétation que la forêt ou le champ qu'elle borde. Il en va de même à l'embouchure d'une rivière ou à l'endroit où un récif corallien cède la place à la pleine mer. Les écologues appellent ces zones intermédiaires des « écotones ». Paradoxalement, ce sont parmi les milieux les plus densément peuplés du monde naturel et, dans des conditions favorables, ils peuvent contribuer au repeuplement des écosystèmes situés de part et d'autre.

    C’est ce concept inspiré par la nature qu’une communauté de moniales cisterciennes du Gers, dans le sud-ouest de la France, a choisi pour décrire sa vocation. Elle offre ainsi un exemple frappant de la manière dont cette réalité biologique peut se traduire dans la vie humaine et spirituelle.

    Abbaye de Boulaur
    La ferme de l'abbaye de Boulaur est devenue un véritable phénomène régional. (Photo : Solène Tadié)

    Bien que son histoire remonte à plusieurs siècles, la communauté de l'abbaye de Boulaur a commencé à attirer l'attention internationale en 2020, lorsqu'elle s'est lancée dans le projet ambitieux de reconstruire une grange cistercienne — une ferme monastique autosuffisante sur le modèle de celles qui parsemaient l'Europe d'entreprises florissantes à l'apogée de l'expansion médiévale de l'ordre cistercien.

    Depuis, la ferme est devenue une sorte de phénomène régional, attirant l'attention de chercheurs en nutrition, une vague de jeunes stagiaires en agriculture et en artisanat, et une petite armée d'artisans locaux qui comptent désormais autant sur elle qu'elle compte sur eux.

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  • Saint Louis, roi de France (25 août)

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    De KTO TV (archive 2014) :

    Le 25 avril 1214 : la naissance de saint Louis - BELGICATHO
     
    belgicatho.hautetfort.com/.../le-25-avril-1214-la-naissance-de-saint-louis....
     
    25 avr. 2014 - Le « siècle de Saint Louis » , c'était il y a 800 ans sur Herodote.net : ...

    Saint Louis IX, roi de France (25 août) - BELGICATHO 

    belgicatho.hautetfort.com/.../saint-louis-ix-roi-de-france-25-aout-5433643....
    25 août 2014 - Les enseignements de saint Louis (1214-1270) à son fils ( source ) Cher fils, je t'enseigne premièrement que tu aimes Dieu de tout ton...
     
     
    belgicatho.hautetfort.com/archive/2011/.../saint-louis-roi-de-france.html
     

    25 août 2011 - Il y a une quinzaine d'années, Jacques Le Goff a publié une biographie magistrale de saint Louis qui a été saluée par les spécialistes comme ...

  • Notre-Dame des Victoires : le sanctuaire aux 37 000 prières exaucées

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    De Solène Tadié sur le NCR :

    L'autre Notre-Dame de Paris : le sanctuaire aux 37 000 prières exaucées

    Alors que la visite du pape en France en septembre attire l'attention du monde entier sur la cathédrale Notre-Dame et Lourdes, une basilique moins connue — liée à sainte Thérèse de Lisieux et à saint John Henry Newman, aux Augustins, et même à Mozart — perpétue l'une des dévotions mariales les plus vivaces de France.

    Une statue de Notre-Dame est visible dans la Basilique Notre-Dame des Victoires à Paris.
    Une statue de Notre-Dame est visible dans la Basilique Notre-Dame des Victoires à Paris. (photo : Par Guilhem Vellut de Paris, France ; Basilique Notre-Dame des Victoires @ Paris, CC BY 2.0, Wikimedia Commons)

    La dimension mariale du voyage apostolique du pape Léon XIV en France du 25 au 28 septembre est déjà évidente dans l'itinéraire détaillé publié par le Vatican, comprenant des vêpres solennelles à la cathédrale Notre-Dame de Paris récemment restaurée (nommée d'après Notre-Dame), suivies d'un week-end à Lourdes, où la Sainte Vierge est apparue 18 fois à une jeune paysanne en 1858. 

    Cette attention portée à la spiritualité est aussi l'occasion de mettre en lumière d'autres lieux importants de dévotion mariale disséminés dans tout le pays, même s'ils ne figurent pas au programme de la prochaine visite papale. Par exemple, de nombreux catholiques connaissent la célèbre chapelle Notre-Dame de la Médaille Miraculeuse, rue du Bac, où la Vierge Marie serait apparue à sainte Catherine Labouré. Mais il existe un autre lieu, moins connu mais non moins emblématique, situé à deux pas de la Bourse de Paris : la basilique Notre-Dame des Victoires.

    Ses murs, du sol au plafond, sont recouverts de plus de 37 000 plaques votives en marbre, chacune rendant grâce pour une prière exaucée – une dévotion qui reste vivante à ce jour, la plaque la plus récente ayant été ajoutée en 2021. 

    Érigé en remerciement d'un triomphe militaire du XVIIe siècle, ce sanctuaire a vu passer, au fil des siècles, l'empreinte discrète de saints, de cardinaux et d'une foule d'écrivains et de musiciens. 

    Une série de victoires

    La façade baroque sobre de Notre-Dame des Victoires, inspirée de l'église du Gesù à Rome, est volontairement dépourvue d'ornements, conformément au vœu de pauvreté des Augustins déchaux, connus sous le nom de petits pères , qui furent les premiers gardiens de l'édifice. Cependant, une fois à l'intérieur, l'austérité laisse place à la grandeur de la Contre-Réforme. Huit vitraux illuminent la nef unique, y maintenant une atmosphère feutrée même en plein jour. Seul le chœur resplendit de couleurs vives et de dorures, dominé par sept tableaux monumentaux, dont six illustrent la vie de saint Augustin. 

    L'histoire de ce monument, qui a survécu de sa construction en 1629 jusqu'à nos jours, est à juste titre celle d'une série de victoires remportées contre toute attente. La première est l'événement qui a donné son nom à l'église : un vœu fait par le roi Louis XIII, tenu après une victoire militaire sur le bastion protestant de La Rochelle en 1628. Carle Van Loo, peintre à la cour de Louis XV, a dédié le septième tableau monumental à Louis XIII, le représentant offrant à la Vierge Marie un dessin de l'église même qu'il avait promis de lui construire. Mais il fallut plus d'un siècle, et le patronage de trois autres monarques, avant que l'édifice ne soit finalement achevé en 1740. 

    Puis vint la Révolution française et sa ferveur anticléricale dévastatrice. Les frères augustins qui avaient construit l'église furent expulsés, leur bibliothèque de 40 000 volumes saisie, et l'édifice lui-même dépouillé de sa vocation religieuse : réquisitionné d'abord pour servir de siège à la loterie nationale, puis d'annexe à la bourse voisine. 

    Lorsqu'elle fut rendue au culte catholique en 1809, sa survie était loin d'être assurée, car sa paroisse avait été vidée de sa substance par des décennies de déchristianisation.

    Durant l'hiver 1836, le curé, le père Charles Éléonore Dufriche-Desgenettes, songea à démissionner après quatre années de ministère qui semblaient infructueuses. Le 3 décembre de cette année-là, alors qu'il célébrait la messe devant une poignée de fidèles, il entendit à deux reprises une voix l'exhortant à consacrer sa paroisse au Cœur Immaculé de Marie. Il agit sans tarder. En quelques jours, il rédigea les statuts d'une association de prière dédiée à la conversion des pécheurs. Une semaine plus tard, près de 500 personnes – dix fois plus que l'assemblée habituelle du dimanche – assistèrent à sa première réunion. L'archiconfrérie du Très Saint et Immaculé Cœur de Marie, fondée cet hiver-là, allait compter par la suite des millions de membres à travers le monde, et le flux de pèlerins qu'elle a attiré vers cette paroisse autrefois désertée n'a cessé de croître depuis.

    Un mur de prières exaucées

    Ce qui n'était qu'un filet d'eau se compte désormais en dizaines de milliers. Chaque surface disponible à l'intérieur de la basilique — murs, piliers, même les escaliers — est recouverte de plaques ex-voto en marbre , plus de 37 000 au total, chacune racontant une grâce que les catholiques croient avoir obtenue par l'intercession de la Vierge Marie. 

    Cependant, cette dévotion est bien antérieure à 1836 et a attiré, au fil des siècles, une grande diversité de visiteurs. Jean-Baptiste Lully (1632-1687), le grand compositeur de la cour de Louis XIV, repose dans une chapelle latérale près de la nef. Un siècle plus tard, Wolfgang Amadeus Mozart, alors âgé de 22 ans, avait pris l'habitude de s'y arrêter lors de ses séjours à Londres ; dans une lettre à son père datée de juillet 1778, il écrivait qu'il ne manquait jamais de « réciter [son] chapelet, d'aller à Notre-Dame des Victoires ». 

    Saint John Henry Newman lui-même visita l'église pour rendre grâce après sa conversion, tout comme Alphonse Ratisbonne, qui avait vécu sa propre conversion soudaine à Rome en 1842. Colette Willy, Georges Bernanos et Édith Piaf comptent également parmi ceux qui ont prié entre ses murs.

    Mais l'association la plus emblématique de l'Église avec la sainteté est sans conteste celle de sainte Thérèse de Lisieux. En 1883, alors que Thérèse, âgée de dix ans, était gravement malade, son père fit dire à Paris une neuvaine de messes à Notre-Dame des Victoires pour sa guérison. Elle guérit, attribuant sa guérison au sourire d'une statue de la Vierge à son chevet. Quatre ans plus tard, de passage à Paris pour se rendre à Rome et solliciter auprès du pape Léon XIII l'autorisation d'entrer au Carmel, alors qu'elle était adolescente, elle s'arrêta au sanctuaire. Les doutes qui subsistaient quant à la grâce reçue dans son enfance, écrivit-elle, furent dissipés en ce lieu : « Notre-Dame était d'une grande beauté, et je l'ai vue me sourire. »

    Aujourd'hui, le sanctuaire est animé par une petite communauté de sœurs bénédictines du Sacré-Cœur de Montmartre, qui travaillent aux côtés du recteur actuel de la paroisse, le père Antoine d'Augustin. 

    Avec des sanctuaires mariaux comme Notre-Dame de la Victoire qui se dressent comme symboles d'une foi inébranlable en France — pays jadis considéré comme la fille aînée de l'Église —, il reste à voir quels fruits spirituels découleront de la visite dans la capitale française du premier pape augustinien de l'histoire, sur fond de renouveau catholique aussi inattendu que profond.