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Spiritualité

  • Le patriarche de Terre sainte : « Vivre ici et maintenant le projet de la Jérusalem céleste »

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    De Sandro Magister sur Settimo Cielo (en français sur diakonos.be) :

    Le patriarche de Terre sainte : « Vivre ici et maintenant le projet de la Jérusalem céleste »

    (s.m.) Depuis le 11 mai dernier, on trouve dans toutes les bonnes les librairies une lettre imprimée par la Librairie éditrice du Vatican et intitulée « Ils retournèrent à Jérusalem dans une grande joie ».

    Il s’agit de la dernière lettre adressée par le cardinal Pierbattista Pizzaballa à ses fidèles de Terre sainte. Cette lettre est plus longue qu’à l’accoutumée et elle est très particulière, comme on peut le constater dès les premières lignes. Il ne s’agit pas d’une énième analyse ou dénonciation d’une « situation de conflit politique, militaire et spirituel dont nous sommes bien conscients qu’elle durera encore longtemps », mais d’un instrument de réflexion, « à lire un petit peu à la fois dans les communautés, dans les monastères et dans les familles » pour « aider chacun à s’interroger sur la manière de vivre aujourd’hui la foi chrétienne sur cette terre à la lumière de l’Évangile ».

    Ce qui frappe d’emblée, c’est la très grande résonance entre cette lettre et la vision du monde et de l’histoire du pape Léon, solidement inspirée de la « Cité de Dieu » de saint Augustin.

    À l’instar de saint Augustin et du le pape Léon, pour lesquels l’humanité est appelée à vivre dans la Cité terrestre, où règne l’amour orgueilleux de soi, mais avec le cœur et l’esprit tournés vers la Cité céleste, où règnent l’amour de Dieu et pour le prochain, pour le cardinal Pizzaballa également, les turpitudes des temps présents doivent être vécues à la lumière de la Jérusalem « qui descend du Ciel » décrite dans les deux derniers chapitres de l’Apocalypse (sur la photo, la Jérusalem céleste sur une mosaïque du IXe siècle dans la basilique Sainte-Praxède de Rome).

    Et en effet, la lettre du patriarche de Terre Sainte est construite sur ce schéma bipolaire. La première partie s’intitule « Lire la réalité : considérations sur le présent » tandis que celui de la seconde est : « La vocation : le rêve de Dieu appelé Jérusalem ». Avec de surcroît une troisième partie consacrée à « comment vivre ici et maintenant le style de la Jérusalem céleste ».

    La description que fait Pizzaballa de la situation actuelle en Terre sainte est très réaliste : « Vivre-ensemble, dialogue, justice, droits humains, deux peuples et deux États, tous ces mots qui ont nourri notre discours pendant tant d’années nous semblent aujourd’hui usés et vidés de leur sens ».

    Mais si on choisit de lever les yeux pour embrasser l’ensemble de l’histoire lue « selon les Écritures », la perspective change. Si l’histoire de l’humanité commence dans un jardin, l’Éden, dans un état d’innocence primordiale mais également de solitude, cette histoire s’achève dans une cité, la nouvelle Jérusalem, qui « n’est pas un retour à un passé idyllique et isolé, mais la construction d’un futur communautaire, complexe et réconcilié. La fin de l’histoire tend vers une société mature, une ‘cité’, justement. »

    Écrite dans un style simple et captivant, la lettre du cardinal Pizzaballa mérite d’être lue dans son intégralité. La résumer reviendrait à la priver de sa force expressive ainsi que de la richesse de ses références à l’actualité. On la trouvera sur le site du patriarcat latin de Jérusalem, en cinq langues : italien, anglais, espagnol, français et arabe.

    > “Ils retournèrent à Jérusalem dans une grande joie”

    En attendant, en voici un avant-goût. Nous vous proposons ci-dessous de découvrir trois extraits de cette lettre tirés de la seconde partie, ainsi qu’un autre extrait tiré de la troisième partie.

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  • L'homélie de Jean-Paul II à Fatima le 13 mai 1982

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    PÈLERINAGE APOSTOLIQUE AU PORTUGAL
    (12-15 MAI 1982)

    SAINTE MESSE AU SANCTUAIRE DE LA VIERGE DE FATIMA

    HOMÉLIE DE SA SAINTETÉ JEAN-PAUL II

    Fatima,
    jeudi 13 mai 1982

     

    1. « Et dès cette heure, le disciple la prit chez lui » ( Jn 19,27).

    C’est sur ces mots que s’achevait l’Évangile de la liturgie du jour à Fatima. Le nom du disciple était Jean. C’est lui, Jean, fils de Zébédée, apôtre et évangéliste, qui entendit les paroles du Christ sur la croix : « Voici ta mère. » Auparavant, le Christ avait dit à sa Mère : « Femme, voici ton fils. »

    C'était un témoignage magnifique.

    Lorsque le Christ quitta ce monde, il confia à sa Mère un homme qui serait comme un fils pour elle : Jean. Il le lui confia. Et, de ce don et de cette confiance, Marie devint la mère de Jean. La Mère de Dieu devint la mère de l’homme.

    Dès lors, Jean « la prit chez lui » et devint le tuteur terrestre de la Mère de son Maître ; car il est du droit et du devoir des enfants de prendre soin de leur mère. Mais surtout, par la volonté du Christ, Jean devint le fils de la Mère de Dieu. Et en Jean, tout homme devint son fils.

    2. « Il l’a emmenée hors de chez lui » peut aussi signifier, littéralement, dans sa maison.

    Une manifestation particulière de la maternité de Marie à l'égard des hommes réside dans les lieux où elle les rencontre ; les maisons où elle vit ; les maisons où se fait sentir une présence particulière de la Mère.

    Ces lieux et ces maisons sont innombrables. Ils sont d'une grande diversité : des oratoires dans les maisons ou le long des rues, où rayonne l'image de la Vierge Marie, aux chapelles et églises construites en son honneur. Il existe cependant des lieux où l'on ressent particulièrement intensément la présence de la Vierge. Parfois, ces lieux irradient leur lumière au loin, attirant des fidèles de loin. Leur rayonnement peut s'étendre à un diocèse, à une nation entière, voire à plusieurs nations et même à plusieurs continents. Ce sont des sanctuaires mariaux.

    En tous ces lieux, le testament unique du Seigneur crucifié se réalise de façon admirable : l’homme se sent remis à Marie et confié à elle ; il affluent vers elle pour être avec elle comme avec sa propre Mère ; il lui ouvre son cœur et lui parle de tout : « il l’accueille chez lui », c’est-à-dire avec tous ses problèmes, parfois difficiles. Ses propres problèmes et ceux des autres. Les problèmes des familles, des sociétés, des nations, de l’humanité tout entière.

    3. N’est-ce pas le cas du Sanctuaire de Lourdes, en France voisine ? N’est-ce pas le cas de Jasna Góra, en Pologne, le Sanctuaire de ma nation, qui célèbre cette année son six-centième anniversaire ?

    Il semble que là aussi, comme dans de nombreux autres sanctuaires mariaux à travers le monde, ces paroles de la liturgie d'aujourd'hui résonnent avec une force particulièrement authentique :
    « Tu es la glorieuse gloire de notre peuple » ( Juges 15, 10), et aussi les autres :
    « Face à l'humiliation de notre lignée /... tu as relevé notre abattement / en te comportant avec droiture devant notre Dieu » ( Juges 13, 20).

    Ces mots résonnent à Fatima comme un écho particulier des expériences non seulement de la nation portugaise, mais aussi de nombreuses autres nations et peuples à travers le monde : en effet, ils sont l'écho de l'expérience de toute l'humanité contemporaine, de toute la famille humaine.

    4. Je suis venu ici aujourd'hui parce que, l'année dernière, jour pour jour, sur la place Saint-Pierre à Rome, a eu lieu une tentative d'assassinat contre le pape, coïncidant mystérieusement avec l'anniversaire de la première apparition à Fatima, qui a eu lieu le 13 mai 1917.

    Ces dates coïncidaient de telle manière que j'ai ressenti un appel particulier à venir ici. Et voici, aujourd'hui je suis ici. Je suis venu remercier la Divine Providence en ce lieu que la Mère de Dieu semble avoir si tout particulièrement choisi. « Misericordiae Domini, quia non sumus consumpti » ( Lam 3, 22), je répète avec le prophète.

    Je suis venu avant tout confesser ici la gloire de Dieu lui-même :
    « Béni soit le Seigneur Dieu qui a créé le ciel et la terre », dis-je en reprenant les paroles de la liturgie d’aujourd’hui ( Juges 13, 18).

    Et vers le Créateur du ciel et de la terre, j'élève aussi cet hymne de gloire particulier, qui est elle-même, la Mère Immaculée du Verbe Incarné :
    « Bénie sois-tu, ma fille, devant le Dieu Très-Haut plus que toutes les femmes qui vivent sur la terre… »

    « Le courage qui vous a soutenus ne quittera jamais le cœur de ceux qui se souviendront toujours de la puissance de Dieu. Que Dieu accorde une issue heureuse à cette entreprise pour votre exaltation éternelle » ( Juges 13:18-20).

    À la base de ce chant de louange, que l'Église entonne avec joie ici comme en tant d'autres lieux sur terre, se trouve le choix incomparable d'une fille du genre humain comme Mère de Dieu.

    Et que Dieu soit donc adoré par-dessus tout : Père, Fils et Saint-Esprit.

    Bénie et vénérée soit Marie, type de l’Église, comme « demeure de la Sainte Trinité ».

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  • Prière à Notre-Dame de Fatima

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    1185969482563.jpgAujourd'hui, 13 mai, on célèbre la fête de Notre-Dame de Fatima. C'est l'anniversaire de la grande apparition mariale du dimanche 13 mai 1917.

    Prière à Notre-Dame de Fatima

    Notre-Dame de Fatima. Mère de Jésus et de l'Église. nous avons besoin de vous. Accordez-nous la lumière qui rayonne de votre bonté. le réconfort qui émane de votre Coeur immaculé, la charité et la paix dont vous êtes la Reine.

    Parce que vous savez bien ce dont nous avons besoin, nous vous confions: nos nécessités pour que vous les secouriez, nos douleurs pour que vous les apaisiez, nos maux pour que vous les guérissiez, nos corps pour que vous les rendiez purs. nos coeurs pour que vos les remplissiez d'amour et de contrition, et nos âmes pour que, grâce à vous, elles soient sauvées. Souvenez-vous, ô notre bonne Mère, que Jésus vous accorde tout ce que vous lui demandez.

    Obtenez le soulagement aux âmes du purgatoire, la guérison aux malades, la pureté aux jeunes, la foi et la concorde aux familles, la paix à tous les hommes. Ramenez ceux qui sont perdus sur le droit sentier, donnez-nous beaucoup de vocations et de saints prêtres, protégez le Saint-Père, les évêques et la sain­te Église de Dieu. Marie, écoutez-nous et ayez pitié de nous. Tournez vers nous vos regards miséricordieux. Et après cet exil. montrez-nous Jésus, le fruit béni de vos entrailles, ô clémente, ô tendre. ô douce Vierge Marie. Ainsi soit-il.

  • 13 mai : Notre Dame de Fatima

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    6-OU-7-nd-rosaire-fatima.jpgNotre-Dame de Fatima (source : EAQ)

    Fatima est un village du Portugal au nord de Lisbonne. Jacinthe, François et Lucie sont trois enfants chargés de garder un troupeau de moutons par leurs parents. Ils ont respectivement 7, 9 et 10 ans. Jacinthe et François sont frères et sœurs, et Lucie est leur cousine.

    Nous sommes au printemps de l'année 1917. La guerre fait rage dans toute l'Europe. Les trois bergers se trouvent sur une colline appelée « Cabeço » proche de la ville d'Aljustrel. Un ange qui s'identifiera comme étant l'Ange de la Paix leur apparaît. S'agenouillant, il leur demande de prier avec lui puis répète trois fois: « Mon Dieu, je crois, j'espère en vous, je vous adore et je vous aime ! Je vous demande pardon pour ceux qui ne croient pas, n'espèrent pas, n'adorent pas et ne vous aime pas ! »

    Quelques semaines plus tard, au cours de l'été, l'Ange leur apparaît une nouvelle fois. Après leur avoir fait dire une prière trois fois de suite, il leur donne la communion, puis disparaît.

    Le 13 Mai 1917, à la sortie de la messe, les trois enfants se retrouvent avec leurs brebis sur la Cova da Iria, où ils rencontrent, près d'un gros chêne, « une dame habillée de blanc » qui leur demande de revenir à cet endroit le 13 de chaque mois durant 6 mois et de réciter le rosaire chaque jour. Le mois suivant, l'apparition confie aux trois enfants qu'elle viendra bientôt chercher Jacinthe et François mais que Lucie devra vivre plus longtemps. Elle fait apparaître également un cœur entouré d'épines. Il s'agit du Cœur immaculé de Marie affligé par les nombreux péchés du monde.

    Une dizaine de personnes sont présentes sur place, ils témoigneront avoir entendu les paroles de Lucie à la Vierge mais pas les réponses. Ils constateront également que les feuilles du chêne étaient repliées puis tendues dans la même direction alors que Lucie annonçait le départ de l’apparition. Ils seront aussi frappés par la transfiguration des trois pastoureaux pendant la vision.

    Le 13 Juillet 1917, c'est 2000 personnes qui se pressent sur la Cova da Iria. La Dame va délivrer trois secrets à Lucie et ses cousins. Elle leur fera notamment voir l'Enfer puis leur demandera de réciter entre chaque dizaine de chapelet la prière suivante: « Ô mon doux Jésus, pardonnez-nous nos péchés ! Préservez nous du feu de l'Enfer ! Conduisez au Ciel toutes les âmes, surtout celles qui ont le plus besoin de votre Sainte Miséricorde ! »

    Très touchés par la vision de l'Enfer, les pastoureaux feront de nombreux sacrifices pour les pécheurs.

    Le 13 août 1917, le senhor Arturo d'Oliveira Santos, maire de Villa Nova, décide de mettre en prison les trois bergers afin qu'ils lui disent les trois secrets. Devant l'abnégation des enfants, il les relâche le 19 août 1917. Peu de temps après leur libération, la Vierge leur apparaît et leur délivre ce message: « Priez, priez beaucoup et faites des sacrifices pour les pécheurs. Sachez que beaucoup d'âmes vont en enfer parce qu'il n'y a personne qui se sacrifie et prie pour elles ! »

    Pour la cinquième apparition le 13 Septembre 1917, la Vierge dira qu'elle reviendra le mois suivant avec saint Joseph et l'enfant Jésus.

    La dernière apparition a eu lieu le 13 Octobre 1917. Voici les paroles de la Dame : « Je suis la Madone du Rosaire et je veux ici une chapelle en mon honneur. Continuez à réciter le rosaire tous les jours. La guerre est sur le point de finir et les soldats ne tarderont pas à retourner dans leurs maisons. » Le miracle promis aura lieu devant une foule d'environ 70.000 personnes qui pourront témoigner. Elles virent la pluie cesser brusquement, le ciel se déchirer pour laisser voir le soleil que toutes pouvaient regarder. Il ressemblait à une lune d'argent et se mit à tourner sur lui-même. Il se projeta également sur la foule comme s'il allait s'écraser. À la fin du miracle dit « danse du soleil », Lucie verra Jésus bénir la foule et la Vierge sous l'aspect de Notre Dame des Douleurs puis Notre Dame du Mont-Carmel.

    François mourut en 1919 et Jacinthe en 1920. Ils furent béatifiés par le pape saint Jean-Paul II le 13 Mai 2000.

    Lucie Dos Santos prononça ses vœux en 1928 et eut de nouvelles apparitions de la Vierge Marie en 1925 et 1929. Elle rédigea elle-même son histoire, version officielle des apparitions de la Vierge de Fatima. À partir de 1945, elle entre au carmel de Coïmbra, où elle meurt le 14 février 2005, à l’âge de 97 ans, sous le nom de sœur Lucie du Cœur Immaculé.

    Fatima est aujourd'hui un centre mondial de pèlerinages très connu, il est avec celui de Lourdes un des principaux sanctuaires consacrés au culte de la Vierge Marie.

  • A propos du Miracle eucharistique de Bruxelles; une page définitivement tournée ? Lettre ouverte co-signée par plus de 100 chrétiens

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    A propos du Miracle eucharistique de Bruxelles.

    Une page définitivement tournée ?

    Lettre ouverte co-signée par plus de 100 chrétiens

     

    Au surlendemain d’une cérémonie troublante

    Elle était attendue par les uns, redoutée par les autres. Les conclusions tirées de la conférence (loin d’être impartiale) ont confirmé les inquiétudes de nombreux fidèles. Les autorités diocésaines ont choisi de remettre en question non seulement une dévotion portée durant cinq siècles par des générations de croyants, avec les fruits spirituels abondants qu’elle a suscités, mais aussi la reconnaissance d’un miracle accordée par une succession ininterrompue de décrets pontificaux et épiscopaux.

    Tout s’est terminé dans une étreinte émue entre le grand Rabin Guigui, Mgr Terlinden et Mgr Jean Kockerols, évêque référendaire pour le judaïsme.

    Vraiment terminé ?

    Le communiqué pastoral demeure en effet hésitant dans sa formulation. Il y est question de ne plus « promouvoir » ni la mémoire ni le culte lié à ce qui est désormais qualifié de « prétendu miracle ». Plus loin, le texte évoque le fait de ne plus « favoriser de démonstration publique ». Sur le blog de l’abbé, il est question « ne plus encourager, et même de ne plus permettre aucune dévotion publique à ce soi-disant "miracle du Saint-Sacrement ». Dans les faits, beaucoup comprennent qu’il est désormais interdit de parler de ce qui est devenu une « légende - car, définitivement, c'en est une ! - du miracle eucharistique », poursuit-il.

    Le conférencier a défendu l’idée que les événements rapportés relevaient d’une hallucination collective : quand on veut voir ce qu’on veut voir on finit par le voir.

    La raison invoquée par les détracteurs du miracle est l’impossibilité qu’il y aurait de parler de ce miracle eucharistique sans risquer d’alimenter des formes de discrimination ou d’hostilité antisémite.

     Pour de nombreux fidèles attachés à cette mémoire, telle n’a pourtant jamais été la signification de cette dévotion. Ce qui importe à leurs yeux n’est pas l’identité des profanateurs, mais l’appel spirituel contenu dans la contemplation du Christ que nous avons crucifié, comme dit saint Paul. Ils y voient une invitation à reconnaître leurs propres péchés, à accueillir la miséricorde de Dieu dont le Sang est le signe, pour eux-mêmes et le monde entier. À leurs yeux, cette dévotion est d’abord une démarche de foi et d’amour, non d’hostilité envers quiconque.

    Comme l’écrivait en 1980 Mgr Raffaello Martinelli, alors officiel de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi : « même si personne n’est obligé d’y croire, le chrétien sera respectueux à l’égard du miracle eucharistique dont l’authenticité a été reconnue par l’Église ».

    C’est, au fond, tout ce que demandent la centaine de signataires de la lettre ouverte ci-dessous ainsi que la signataire du recours canonique introduit auprès de Mgr Luc Terlinden, dont vous pourrez lire le contenu en substance ci-après.

    1. Lettre ouverte co-signée par une centaine de chrétiens, profondément blessés par la cérémonie du 22 avril 2026 à la cathédrale des Saint-Michel et Gudule à Bruxelles

    « Nous souhaitons exprimer, avec gravité et respect, le trouble profond ressenti par de nombreux chrétiens, mais aussi par d’autres citoyens, à la suite de la cérémonie organisée le 22 avril à la cathédrale des Saints-Michel-et-Gudule.

    Ce malaise s’inscrit dans un contexte plus large, où beaucoup sont déjà éprouvés par les persécutions anti-chrétiennes observées aujourd’hui dans diverses régions du monde. Dans ce climat, la cérémonie a été perçue non comme un geste d’apaisement, mais comme une source supplémentaire de blessure.

    Une première interrogation concerne la réitération d’une demande de pardon à l’égard du peuple juif déjà formulée par le cardinal Suenens lors d’une cérémonie qui eut lieu le 17 novembre 1977 à la cathédrale des Saints-Michel-et-Gudule avec leurs autorités en Belgique. Dans la foi catholique, un péché confessé et pardonné n’appelle pas à être publiquement répété sans motif nouveau clairement établi. Dès lors, pourquoi cette répétition aujourd’hui ? Beaucoup y ont vu une démarche unilatérale, ne tenant pas compte des blessures que des chrétiens peuvent également ressentir, notamment au regard de faits contemporains d’hostilité envers leur foi. Cette asymétrie est difficilement comprise et suscite une attente légitime d’explication, voire de réparation.

    D’autres motifs de trouble tiennent au choix du conférencier le père jésuite, Robert Godding, directeur des Bollandistes et ami du doyen Benoit Lobet. Il reconnait ouvertement ne pas croire aux miracles eucharistiques de Bruxelles. Pas davantage aux autres en fait. « Je crois qu’aucune hostie n’a jamais saigné » dit-il (Cathobel 23-04-26). Dans ces conditions, la conférence ne pouvait qu’être orientée, tendant à convaincre l’auditoire, en grande partie juif, qu’il s’agissait d’une construction à caractère antisémite.

    Plus largement, la conférence a donné le sentiment d’un discours à sens unique, insistant sur les souffrances du peuple juif, réelles et incontestables, mais sans contextualiser les faits.

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  • Nicaragua : la persécution contre l'Église s'aggrave

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    De Constantin Pistilli sur la NBQ :

    Nicaragua, la persécution contre l'Église s'aggrave

    Le régime Ortega-Murillo a intensifié sa répression contre l'Église catholique. Les prêtres sont contraints de soumettre leurs programmes hebdomadaires et leurs textes d'homélie aux autorités, et sont photographiés quotidiennement par la police dans les églises.

    12/05/2026
    Rosario Murillo et Daniel Ortega (Ap-LaPresse)

    Martha Patricia Molina Montenegro, avocate nicaraguayenne en exil et désormais considérée comme l'une des voix les plus autorisées sur la persécution de l'Église sous le régime de Daniel Ortega et de son épouse Rosario Murillo – qualifiée par un prêtre costaricien de « deuxième sorcière la plus puissante du monde » – recense et signale les violations commises contre le clergé catholique depuis 2019, alertant sur une nouvelle escalade de la répression et de la persécution systématique orchestrée par le gouvernement sandiniste. « Des agents se rendent quotidiennement dans les églises pour photographier et enregistrer les fidèles pendant la messe et les réunions internes du clergé », a déclaré Molina, dénonçant un système de surveillance national appliqué sans distinction, « même aux évêques considérés comme proches du gouvernement ».

    Molina recueille données et témoignages avec une grande précision et une clarté remarquable, enrichissant ainsi le rapport « Nicaragua, une Église persécutée », désormais dans sa septième édition (2025) et faisant référence à l'échelle internationale sur la répression de la liberté religieuse dans ce pays d'Amérique centrale. La dernière version du dossier a également été remise au pape Léon XIV à l'occasion du Jubilé des migrants. Le rapport recense 1 010 incidents survenus entre avril 2018 et juillet 2025, parmi lesquels des attaques contre le clergé, des restrictions à la vie religieuse et des attaques contre des lieux de culte. Il décrit une persécution continue qui atteint aujourd'hui son paroxysme, caractérisée par une liberté de culte restreinte, des activités religieuses entravées et l'exil forcé de prêtres et de religieuses. « L’organisation des fêtes patronales, des processions et des célébrations liturgiques est désormais sous le contrôle des institutions publiques, et même les rassemblements de prêtres n’échappent pas à la police », a écrit Molina dans une publication, après avoir récemment dénoncé les nouvelles restrictions imposées aux manifestations religieuses par la dictature sandiniste durant la dernière Semaine sainte, qui a bloqué 6 135 processions. Les célébrations sont souvent autorisées uniquement à l’intérieur des églises, sous la supervision des autorités, tandis que les processions publiques restent interdites ou fortement limitées. Ainsi, depuis 2019, 28 904 restrictions à la vie religieuse ont été recensées, incluant des processions et des actes de dévotion populaire interdits ou limités.

    Les prêtres sont contraints de soumettre leur emploi du temps hebdomadaire aux autorités et de solliciter des autorisations spécifiques pour toute activité, même minime, en dehors de leur lieu de culte. Cette situation s'inscrit dans un contexte de surveillance accrue, renforcée par le Conseil du pouvoir citoyen (un réseau de contrôle politique du régime), la police et quelque 80 000 paramilitaires recrutés début 2025 pour exercer un contrôle et une répression sociale et religieuse. De plus, dans plusieurs paroisses, les prêtres sont tenus de transmettre aux forces de l'ordre le texte intégral ou un résumé de l'homélie qu'ils comptent prononcer lors de la messe. Prêtres et évêques sont constamment surveillés par des agents en civil ou des drones, et leurs téléphones portables font fréquemment l'objet de fouilles arbitraires. Un prêtre a décrit anonymement la situation dans le pays à ACI Prensa , l'une des principales agences de presse catholiques hispanophones : « Chaque dimanche, la police vient le photographier. Il doit se présenter aux autorités à chaque fois qu'il quitte sa paroisse et à chaque célébration liturgique à laquelle il assiste. S'il aborde un problème social lors d'une homélie, il risque la prison ou l'exil. » Le prêtre a décrit les mécanismes par lesquels le gouvernement sandiniste contrôle, surveille et limite l'activité de l'Église catholique dans le pays ; et il a déclaré que la population « s'est habituée à la situation et ne dit plus rien. L'atmosphère semble calme, mais les restrictions demeurent, car la liberté n'existe pas. » Concernant le contrôle exercé sur les prêtres et les évêques, il a expliqué : « À chaque cérémonie liturgique, nous devons communiquer le type de célébration et le lieu. Nous devons signaler chaque fois que nous quittons les limites de la paroisse et déclarer la durée de notre absence. De plus, la police vient me photographier tous les dimanches. C’est pour vérifier que nous sommes bien là où nous l’avons déclaré. Les supérieurs exigent des agents qu’ils justifient leurs visites : c’est ainsi qu’ils maintiennent le contrôle. »

    Les nouvelles restrictions incluent également la criminalisation des actes religieux : prier en public ou transporter des objets de dévotion, tels que des chapelets, à travers les frontières est considéré comme suspect, voire potentiellement criminel, par les services d’immigration. Molina parle d’un « siège silencieux » : moins d’arrestations médiatisées qu’auparavant, mais une surveillance policière constante visant à intimider les prêtres et les fidèles accusés de s’opposer à l’« ortégisme », seule forme de culte autorisée sur place.

  • La vision christocentrique du pape Léon XIV

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    De Robert P. Imbelli sur First Things :

    La vision christocentrique du pape Léon

    J'ai souvent constaté un phénomène étrange. Fréquemment, dans la presse catholique et même dans les revues savantes, commentateurs et théologiens invoquent solennellement le premier chapitre de Lumen Gentium , la Constitution dogmatique sur l'Église du concile Vatican II : « L'Église est […] comme un sacrement, un signe et un instrument d'union intime avec Dieu et de l'unité de toute l'humanité. » Mais, dans leur empressement à affirmer l'unité du genre humain, ceux qui récitent cette citation omettent deux mots essentiels : « en Christ ». Un pape dont la devise épiscopale est « In Illo Uno Unum » ne se contentera pas d'éviter d'omettre « en Christ » ; il en fera le cœur de son pontificat. De fait, la première année du magistère de Léon XIV a été marquée par son articulation constante et cohérente d'une vision christocentrique. Jésus-Christ est, en effet, Lumen gentium : la Lumière des nations. Et, comme le « père spirituel » du pape, Augustin d'Hippone aimait à méditer : « dans sa Lumière, nous voyons la lumière ».

    Bien que Léon XIV ait été élu il y a un an jour pour jour, son pontificat n'a véritablement débuté qu'en janvier de cette année, après la clôture de l'Année jubilaire inaugurée par le pape François. Jusqu'à la fin de l'année 2025, Léon a poursuivi, lors de ses audiences générales, les catéchèses entreprises par son prédécesseur sur le thème qu'il avait initié. 

    En janvier, trois événements marquants ont porté l’empreinte distinctive du pape Léon XIV. Chacun a révélé une dimension christique indéniable : le début d’une nouvelle série de méditations lors des audiences générales ; la convocation d’un consistoire extraordinaire de cardinaux ; et une importante allocution au corps diplomatique accrédité auprès du Saint-Siège. Dans chacun de ces événements, nous percevons le retour de la centralité du « dans le Christ ».

    Lors de sa toute première audience générale de l'année (le 7 janvier), Léon XIV annonça son intention de consacrer une série de présentations à un nouvel examen des documents du concile Vatican II. Il déclara à son auditoire : « Le concile Vatican II a redécouvert le visage de Dieu le Père qui, dans le Christ, nous appelle à être ses enfants ; il a considéré l'Église à la lumière du Christ, lumière des nations, comme un mystère de communion et un sacrement d'unité entre Dieu et son peuple. »

    Ce même jour s'ouvrait le consistoire extraordinaire. Il est à noter que le pape François avait rarement sollicité l'avis du corps des cardinaux, tandis que Léon XIV a presque aussitôt rétabli la pratique des consistoires et a déjà annoncé une seconde réunion pour la fin juin. 

    S’adressant aux cardinaux, il invoqua de nouveau le concile et leur rappela que la perspective conciliaire « considère le mystère de l’Église comme entièrement contenu dans le mystère du Christ, et comprend ainsi la mission d’évangélisation comme un rayonnement de l’énergie inépuisable libérée par l’événement central de l’histoire du salut ».

    Deux jours plus tard eut lieu le troisième événement marquant. Léon XIV prononça son discours annuel devant le corps diplomatique accrédité auprès du Saint-Siège. Son long et remarquable discours mérite une lecture attentive. Le pape inscrivit son propos dans le cadre de la Cité de Dieu d'Augustin et de sa dialectique des deux cités, si souvent opposées dans leurs désirs et leurs valeurs fondamentales – leurs « amours ». Mais il insista ensuite sur le fait que « les chrétiens vivant dans la cité terrestre ne sont pas étrangers au monde politique et, guidés par les Écritures, s'efforcent d'appliquer l'éthique chrétienne au gouvernement civil ».

    Léon XIV énumère plusieurs préoccupations inhérentes à la tradition morale catholique. Il déplore le retour en force de la guerre et souligne l'importance du droit international humanitaire. Il exhorte au respect de la dignité des réfugiés et affirme avec force le droit à la liberté de conscience et de religion. Il dresse un état des lieux des difficultés rencontrées par les familles, défendant le droit à la vie et rejetant l'avortement. Il invite les diplomates et leurs gouvernements à retrouver le sens des mots, trop souvent déconnectés de la réalité et utilisés comme une arme pour tromper, frapper et offenser l'adversaire. En bref, il esquisse une vision morale cohérente, à la hauteur d'une anthropologie véritablement intégrale.

    Fait significatif, à une époque sécularisée trop souvent sourde à la transcendance, Léon exprime cette conviction fondamentale : « En l’absence d’un fondement transcendant et objectif, seul l’amour-propre prévaut, jusqu’à l’indifférence envers Dieu, qui gouverne la cité terrestre. » Il va même plus loin et confesse sans ambages le fondement christique de la vision morale catholique.

    La paix est le but même de la cité de Dieu, à laquelle nous aspirons, même inconsciemment, et dont nous pouvons avoir un avant-goût dès la cité terrestre. Durant notre pèlerinage sur cette terre, œuvrer pour la paix exige humilité et courage. Dans la vie chrétienne, nous voyons ces vertus se refléter à Noël, lorsque la Vérité, le Verbe éternel de Dieu, s'incarne humblement, et à Pâques, lorsque le Juste, condamné, pardonne à ses persécuteurs et leur accorde sa vie de Ressuscité.

    À cet égard, comme le souligne avec justesse Christine Emba dans une tribune publiée dans le New York Times , le pape incarne « ce que signifie réfléchir rigoureusement aux principes moraux à travers le prisme du Christ ».

    J'ajouterais que cette « perspective christologique », cette herméneutique christologique, ne se contente pas de régir l'enseignement moral de Léon, mais sous-tend et imprègne également toute sa vision religieuse, sa compréhension de l'humanité et de l'histoire. Tout se voit dans le Christ .

    Cette conviction christocentrique transparaissait déjà pleinement dans le discours prononcé par Léon XIV à Istanbul en novembre, commémorant le 1700e anniversaire du concile de Nicée. Il y exprima une mise en garde et une confession. Il mit en garde contre un « nouvel arianisme », présent dans la culture actuelle et parfois même parmi les croyants. Ce phénomène se produit lorsque Jésus est admiré à un niveau purement humain, voire avec un respect religieux, sans pour autant être véritablement considéré comme le Dieu vivant et véritable parmi nous. Sa divinité, sa souveraineté sur l'histoire, sont occultées, et il est réduit à une grande figure historique, un sage maître ou un prophète ayant lutté pour la justice – mais rien de plus. 

    Et il confesse, en union avec les évêques de Nicée : « Jésus-Christ n’est pas une figure du passé ; il est le Fils de Dieu présent parmi nous, guidant l’histoire vers l’avenir promis par Dieu. » C’est pourquoi, lui seul est la Lumière des nations et c’est seulement en Christ que l’Église peut se réclamer du sacrement et de l’instrument de l’union intime avec Dieu et de l’unité de l’humanité.

    Il est donc révélateur que, lors de sa réponse à la question d'un journaliste à son retour d'un récent voyage en Afrique, Léon ait donné cette interprétation du célèbre appel du pape François à accueillir « tutti, tutti, tutti ! » : « [C'est] l'expression de la conviction de l'Église que tous sont les bienvenus ; tous sont invités ; tous sont invités à suivre Jésus, et tous sont invités à rechercher la conversion dans leur vie. » Tous sont en effet invités – à la transformation en Christ.

  • Léon XIV : un an en tant que « fils de saint Augustin »

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    D'Andrea Gagliarducci sur Monday Vatican :

    Léon XIV : un an en tant que « fils de saint Augustin »

    11 mai 2026

    Lorsqu’il est apparu pour la première fois sur la loggia centrale de la basilique Saint-Pierre, vêtu de ses habits pontificaux, Léon XIV s’est immédiatement déclaré « fils de saint Augustin ». Il s’agissait d’une affirmation d’identité, puissante et immédiate, qui s’est rapidement révélée être une caractéristique fondamentale pour comprendre ce pontife et son pontificat.

    Au fond de lui, Léon XIV reste un frère. Il aime la vie communautaire, dont il cherche à tirer le plus de nourriture possible. C’est un grand auditeur. Il considère le gouvernement comme un service. Il cherche un sens – le sens divin – dans les événements du monde en pèlerinage à travers l’histoire et dans les vicissitudes de la vie quotidienne.
    Pour tout cela, Léon XIV reste un mystère pour beaucoup, même après un an à la tête de la papauté.

    Le pape n’a mis en œuvre aucune révolution. Il a fait preuve d’une grande continuité avec le pape François, mais aussi de différences d’approche sur certaines questions. Il a réformé quelques points mineurs et a même nommé certaines figures clés (le nouveau vice-secrétaire d’État ; son successeur au poste de préfet du Dicastère pour les évêques). En réalité, cependant, il n’a ni clos d’anciens processus ni en a initié de nouveaux.

    Le processus synodal poursuit son chemin semé d’embûches, avec la publication des rapports des groupes de travail et d’autres déclarations, et on ne sait absolument pas dans quelle mesure Léon XIV les apprécie. En Allemagne, les évêques les plus idéologiques poursuivent leur chemin synodal, allant même jusqu’à faire fi des déclarations du pape lui-même. Le milieu traditionaliste de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X a déjà annoncé qu’il ordonnerait de nouveaux évêques, même sans mandat papal.

    En bref, les polarisations au sein de l’Église, qui s’étaient intensifiées face au style de gouvernance personnaliste et parfois dur du pape François, ne sont pas encore résolues. Certaines questions brûlantes subsistent et continueront de le faire. Le problème, cependant, est probablement autre. Le problème est que les priorités de Léon XIV sont différentes. Et elles résident précisément dans le charisme augustinien.

    C’est pourquoi, un an après son élection, il ne suffit pas de simplement dresser le bilan de ses 365 jours à la tête de l’Église. Il faut plutôt plonger au cœur de l’âme augustinienne du pape. Un ouvrage publié par la Libreria Editrice Vaticana, intitulé « Free Under Grace », rassemble tous les discours de Robert Francis Prevost OSA prononcés au cours de ses deux mandats à la tête des Augustins. Le livre n’est pour l’instant disponible qu’en italien ; ce qui suit est donc ma traduction en anglais des textes.

    Le livre décrit la spiritualité de Léon, mais dit aussi quelque chose de son approche de la gouvernance.

    Tout d’abord, la spiritualité. Léon XIV avait une conscience profonde du sens de sa vocation sacerdotale. Dans l’un de ses discours, il a évoqué les vœux. Il a notamment abordé le vœu de chasteté qui, selon lui, revêt « une grande importance dans le monde d’aujourd’hui. Il ne nie pas notre humanité. Il nous invite à découvrir la profondeur et la richesse de l’amour humain. En renonçant librement à la possibilité d’entrer dans la relation exclusive du mariage, nous nous rappelons à nous-mêmes et aux autres qu’il existe une union d’amour et de don de soi encore plus profonde que celle qui s’exprime dans le lien intime du mariage. »

    Dans tous les textes, la référence à Dieu est centrale, tout comme la nécessité de se tourner vers Dieu. Mais la référence à l’Église est également centrale, car, dit Prevost, l’Augustinien est un homme profondément ecclésial.

    « L’Église », écrit Prevost dans un article, « est contestée et même considérée comme une pierre d’achoppement. Être authentiquement Église et penser avec l’Église reste aujourd’hui un défi réel et nécessaire. »

    Mais le général des Augustins de l’époque s’interrogeait aussi sur ce que signifiait transmettre la foi ; il était conscient que « les jeunes ne rejettent pas le discours théologique », mais qu’ils éprouvent plutôt « de l’aliénation, de l’incompréhension, de la distance » à son égard.

    Pourtant, Prevost connaît le poids des institutions et des symboles. « Ce que l’habit religieux ou certaines formes extérieures de prière représentaient pour une génération », écrit-il, « n’a plus la même signification pour les jeunes d’aujourd’hui. Cependant, sans ces signes, il sera difficile d’apprécier la signification du sacré dans nos vies. »

    Tout a toutefois commencé par la responsabilité personnelle. « En tant que religieux », écrivait celui qui allait devenir pape, « nous sommes appelés à évangéliser en partant de ce que nous sommes, plutôt que de ce que nous faisons. » Et encore : « Trouver Dieu dans le monde qui nous entoure est, idéalement, l’un de nos grands défis. » Et enfin : « Une culture en crise est nécessairement une culture en quête. Les chrétiens sont appelés à être des professionnels de la recherche du sens humain. »

    Ces extraits sont tirés de discours prononcés dans diverses circonstances, dans de nombreuses régions du monde, à différentes occasions. Ils forment toutefois un tout cohérent, offrant un portrait de l’homme Robert Francis Prevost. Il n’hésite pas à recourir à des citations de la culture populaire, se révèle être un fin connaisseur de la scène théâtrale et musicale, et ne manque pas de mettre à profit sa familiarité avec la culture pop dans une tentative d’inculturation qui vise néanmoins à ne jamais diminuer la foi.

    Son évolution au cours de ces treize années, entre 2001 et 2014, est frappante. Ses premiers discours sont plus naïfs, son style de gouvernance plus direct, plus pragmatique, et il se montre plus enclin à l'idée qu'il faut tracer une voie concrète. Au fil du temps, Prevost devient moins direct dans l’expression de ses concepts, plus disposé à prendre en compte le contexte plus large. Mais cette évolution dans la gouvernance, qui s’apparente presque à un adoucissement dû à une plus grande familiarité avec le rôle, va de pair avec les changements de la société qui l’entoure.

    Prevost est devenu général peu après le 11 septembre 2001, et ses premiers discours évoquaient un monde qui, malgré tout, se percevait encore comme chrétien. Mais, au fil du temps, le langage a évolué vers celui d’un monde en crise, auquel Prevost a répondu en intensifiant sa quête de sens, en se tournant vers l’histoire de l’ordre des Augustins, en s’inspirant de l’exemple des saints et des martyrs, et en explorant la spiritualité.

    Tout cela nous donne aujourd’hui un pape qui a fait de la centralité du Christ son objectif premier de gouvernance.

    C’est un pape qui comprend le poids des symboles et qui, par conséquent, les utilise quand c’est nécessaire. Après tout, il a immédiatement recommencé à porter la mozzetta rouge que le pape François avait toujours rejetée et est retourné vivre tranquillement au Palais apostolique du Vatican.

    Cela nous donne également un pape qui mène une vie régulière, recherche l’équilibre et vit autant que possible comme un frère, convaincu de sa vocation et désireux de célébrer la messe chaque fois que cela est possible.

    C'est un pape qui a appris à gouverner en tant que supérieur général d'un ordre religieux présent dans le monde entier, qui a parcouru le monde et connaît les réalités du terrain. C'est donc un pape qui ne prend pas de décisions hâtives ou injustement sévères, mais qui recherche plutôt l'équilibre.

    Cela ne conduira pas à des bouleversements majeurs et soudains. Il n’y aura pas de nominations inattendues au sein de la Curie, mais des nominations ciblées, à commencer par les cinq nouveaux responsables de dicastères qui seront choisis cette année (les préfets des dicastères des Laïcs, de la Famille et de la Vie ; du Développement humain intégral ; du Culte divin ; de l’Unité des chrétiens ; et des Causes des saints ont plus de 75 ans).

    Il n’y aura pas de réformes improvisées, mais des décisions mûrement réfléchies après un examen attentif. Il y aura une plus grande collégialité épiscopale, car le modèle inclut tout le monde dans le processus décisionnel, reconnaissant que le pouvoir est avant tout un service.

    Et il y aura de plus en plus de références à La Cité de Dieu, qui est en quelque sorte le principe directeur de ce pontificat. La Cité de Dieu, qui demande à chacun de tendre vers les choses d’en haut, car c’est là que nous avons notre place. En effet, La Cité de Dieu semble être le premier et véritable théorème diplomatique de Léon XIV.

    Si quatorze années de direction augustinienne ont transformé l’homme qui est devenu le pape, nous pouvons supposer – voire espérer – qu’il deviendra plus augustinien à mesure qu’il continuera à exercer sa fonction de pontife et qu’il se familiarisera de plus en plus avec son rôle de chef de l’Église universelle.

    En fin de compte, nous n'avons pas affaire à un pape figé dans une position bien définie, mais à un pape capable d'évoluer dans son rôle de gouvernant tout en continuant à grandir dans la foi.

  • Les rogations

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    0a51.jpgSur Evangile au Quotidien :

    Qu'est ce que les Rogations ?

              Rogations, du latin " rogatio ", veut dire une prière de demande. " Les Rogations " sont une prière de demande liturgique, accomplie par la Communauté Chrétienne à une époque de l'année fixée au printemps, les trois jours avant l'Ascension.  

            Elles ont pour objet de demander à Dieu un climat favorable, une protection contre les calamités et peuvent être accompagnées d'une bénédiction de la terre, des champs et des instruments de travail. On peut aussi les faire dans des circonstances diverses, comme par exemple aujourd'hui la fièvre aphteuse, la maladie de la vache folle, les inondations, etc...

    2° Histoire des Rogations

            Les Rogations avaient été instituées vers 474 par Saint Mamert (encore connu dans le dicton météorologique parmi les " Saints de Glace ", avec les Saints Pancrace et Servais dont la fête tombe les 11, 12 et 13 mai ; c'est à cette époque en effet que peuvent survenir les dernières gelées, les plus dangereuses pour la végétation).  À l'époque il y avait des calamités de tout ordre, non seulement agricoles, mais aussi tremblements de terre, destructions incendies et guerres, Saint Mamert proposa donc au peuple chrétien trois jours de prières, processions, litanies et jeûne. On dit que, plus tard, Charlemagne suivait lui-même à pied cette procession.

    Lire la suite

  • Litanies pour les jours des Rogations

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    Les Rogations - Etoile Notre Dame

    C'est le temps des Rogations, ces jours de prière accompagnés de processions précèdant la fête de l'Ascension. (Voir ICI) A cette occasion, on récite les litanies suivantes :

    Le texte des litanies des rogations :

    Litanie des saints - A prier chaque jour pendant le temps des Rogations
    Seigneur ayez pitié.
    Christ ayez pitié.
    Seigneur ayez pitié.
    Dieu le Père, du haut des cieux, ayez pitié de nous.
    Dieu le Fils, Rédempteur du monde, ayez pitié de nous.
    Dieu le Saint-Esprit, ayez pitié de nous.
    Trinité sainte, un seul Dieu, ayez pitié de nous.
    Sainte Mère de Dieu, priez pour nous.
    Sainte Vierge des Vierges, priez pour nous.
    Saint Michel, priez pour nous.
    Saint Gabriel, priez pour nous.
    Saint Raphaël, priez pour nous.
    Tous les saints Anges et Archanges, priez pour nous.
    Tous les saints ordres des Esprits bienheureux, priez pour nous.
    Saint Jean-Baptiste, priez pour nous.
    Saint Joseph, priez pour nous.
    Tous les saints Patriarches et Prophètes, priez pour nous.
    Saint Pierre, priez pour nous.
    Saint Paul, priez pour nous.
    Saint André, priez pour nous.
    Saint Jacques, priez pour nous.
    Saint Jean, priez pour nous.
    Saint Thomas, priez pour nous.
    Saint Jacques, priez pour nous.
    Saint Philippe, priez pour nous.
    Saint Barthélémy, priez pour nous.
    Saint Mathieu, priez pour nous.
    Saint Simon, priez pour nous.
    Saint Thaddée, priez pour nous.
    Saint Matthias, priez pour nous.
    Saint Barnabé, priez pour nous.
    Saint Luc, priez pour nous.
    Saint Marc, priez pour nous.
    Tous les saints Apôtres et Évangélistes, priez pour nous.
    Tous les saints Disciples du Seigneur, priez pour nous.
    Tous les saints Innocents, priez pour nous.
    Saint Etienne, priez pour nous.
    Saint Laurent, priez pour nous.
    Saint Vincent, priez pour nous.
    Saint Fabien et saint Sébastien, priez pour nous.
    Saint Jean et saint Paul, priez pour nous.
    Saint Côme et saint Damien, priez pour nous.
    Saint Gervais et saint Protais, priez pour nous.
    Tous les saints Martyrs, priez pour nous.
    Saint Sylvestre, priez pour nous.
    Saint Grégoire, priez pour nous.
    Saint Ambroise, priez pour nous.
    Saint Augustin, priez pour nous.
    Saint Jérôme, priez pour nous.
    Saint Martin, priez pour nous.
    Saint Nicolas, priez pour nous.
    Tous les saints Pontifes et Confesseurs, priez pour nous.
    Tous les saints Docteurs, priez pour nous.
    Saint Antoine, priez pour nous.
    Saint Benoît, priez pour nous.
    Saint Bernard, priez pour nous.
    Saint Dominique, priez pour nous.
    Saint François, priez pour nous.
    Tous les saints Prêtres et Lévites, priez pour nous.
    Sainte Marie-Madeleine, priez pour nous.
    Sainte Agathe, priez pour nous.
    Sainte Lucie, priez pour nous.
    Sainte Agnès, priez pour nous.
    Sainte Cécile, priez pour nous.
    Sainte Catherine, priez pour nous.
    Sainte Anastasie, priez pour nous.
    Toutes les saintes Vierges et Veuves, priez pour nous.
    Tous les Saints et Saintes de Dieu, intercédez pour nous.
    Soyez-nous propice, pardonnez-nous, Seigneur.
    Soyez-nous propice, exaucez-nous, Seigneur.
    De tout mal, délivrez-nous, Seigneur.
    De tout péché, délivrez-nous, Seigneur.
    De votre colère, délivrez-nous, Seigneur.
    D'une mort subite et imprévue, délivrez-nous, Seigneur.
    Des embûches du démon, délivrez-nous, Seigneur.
    De la colère, de la haine, et de toute mauvaise volonté, délivrez-nous, Seigneur.
    De l'esprit de fornication, délivrez-nous, Seigneur.
    De la foudre et de la tempête, délivrez-nous, Seigneur.
    Du fléau des tremblements de terre, délivrez-nous, Seigneur.
    De la peste, de la famine et de la guerre, délivrez-nous, Seigneur.
    De la mort éternelle, délivrez-nous, Seigneur.
    Par le mystère de votre sainte incarnation, délivrez-nous, Seigneur.
    Par votre avènement, délivrez-nous, Seigneur.
    Par votre nativité, délivrez-nous, Seigneur.
    Par votre baptême et votre saint jeûne, délivrez-nous, Seigneur.
    Par votre croix et votre passion, délivrez-nous, Seigneur.
    Par votre mort et votre sépulture, délivrez-nous, Seigneur.
    Par votre sainte résurrection, délivrez-nous, Seigneur.
    Par votre admirable ascension, délivrez-nous, Seigneur.
    Par la venue du Saint-Esprit Consolateur, délivrez-nous, Seigneur.
    Tous les saints Moines et Ermites, priez pour nous.
    A u jour du jugement, délivrez-nous, Seigneur.
    Pécheurs que nous sommes, nous vous en supplions, écoutez-nous.
    Daignez nous pardonner, nous vous en supplions, écoutez-nous.
    Daignez nous faire grâce, nous vous en supplions, écoutez-nous.
    Daignez nous conduire à une véritable pénitence, nous vous en supplions, écoutez-nous.
    Daignez gouverner et conserver votre Église sainte, nous vous en supplions, écoutez-nous.
    Daignez maintenir dans votre sainte religion le Souverain Pontife et tous les ordres de la hiérarchie ecclésiastique,
    nous vous en supplions, écoutez-nous.
    Daignez abaisser les ennemis de la sainte Église, nous vous en supplions, écoutez-nous.
    Daignez établir une paix et une concorde véritables entre les rois et les princes chrétiens, nous vous en supplions,
    écoutez-nous.
    Daignez accorder à tout le peuple chrétien la paix et l'unité, nous vous en supplions, écoutez-nous.
    Daignez élever notre esprit et les désirs de notre coeur vers les biens célestes, nous vous en supplions, écouteznous.
    Daignez récompenser tous nos bienfaiteurs en leur donnant le bonheur éternel, nous vous en supplions, écouteznous.
    Daignez délivrer de la damnation éternelle, nos âmes, et celles de nos frères, de nos parents et de nos bienfaiteurs,
    nous vous en supplions, écoutez-nous.
    Daignez nous donner les fruits de la terre et les conserver, nous vous en supplions, écoutez-nous.
    Daignez accorder à tous les fidèles défunts le repos éternel, nous vous en supplions, écoutez-nous.
    Daignez exaucer nos voeux, nous vous en supplions, écoutez-nous.
    Fils de Dieu, nous vous en supplions, écoutez-nous. Daignez rappeler à l'unité de l'Église tous ceux qui sont dans l'erreur
    et conduire à la lumière de l'Évangile tous les infidèles, nous vous en supplions, écoutez-nous.
    Daignez nous conserver et nous fortifier dans votre saint service, nous vous en supplions, écoutez-nous.
    Agneau de Dieu, qui ôtez les péchés du monde, pardonnez-nous, Seigneur.
    Agneau de Dieu, qui ôtez les péchés du monde, exaucez-nous, Seigneur.
    Agneau de Dieu, qui ôtez les péchés du monde, ayez pitié de nous.
    Christ, écoutez-nous.
    Christ, exaucez-nous.
    Seigneur ayez pitié.
    Christ ayez pitié.
    Seigneur ayez pitié.
    Notre Père

  • Le Seigneur a délivré son peuple (introit du 6e dimanche de Pâques)

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    Introitus Introït
    Isai. 48, 20  
    VOCEM iucunditátis annuntiáte, et audiátur, allelúia: annuntiáte usque ad extrémum terrae: liberávit Dóminus pópulum suum, allelúia, allelúia. Ps. 65, 1-2 Iubiláte Deo, omnis terra, psalmum dícite nómini eius: date glóriam laudi eius. ℣. Glória Patri. Avec des cris de joie, publiez-le, faites-le entendre, alléluia ; proclamez-le jusqu’aux extrémités de la terre : le Seigneur a délivré Son peuple, alléluia, alléluia. Ps. Poussez vers Dieu des cris de joie, ô terre entière ; chantez une hymne à Son nom ; rendez glorieuse Sa louange. ℣. Gloire au Père.
  • A Pompéi, le pape Léon XIV s'est fait l'apôtre du Saint Rosaire

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    Visite pastorale du pape Léon XIV à Pompéi et à Naples

    SAINTE MESSE ET OFFRANDES À NOTRE-DAME DE POMPÉI

    HOMÉLIE DU SAINT-PÈRE

    Piazza Bartolo Longo, devant le Sanctuaire de la Bienheureuse Vierge du Saint Rosaire de Pompéi, vendredi 8 mai 2026

    Chers frères et sœurs !

    « Mon âme exalte le Seigneur. » Ces paroles, auxquelles nous avons répondu à la première lecture, jaillissent du cœur de la Vierge Marie lorsqu'elle présente à Élisabeth le fruit de ses entrailles, Jésus, le Sauveur. Après elle, Zacharie, père de Jean-Baptiste, et le vieillard Siméon chanteront pour le Christ. Ces trois cantiques ponctuent la louange quotidienne de l'Église dans la Liturgie des Heures. Ils sont le regard de l'ancien Israël, qui voit ses promesses accomplies ; ils sont le regard de l'Église, l'Épouse, tendue vers son divin Époux ; ils sont implicitement le regard de toute l'humanité, qui trouve la réponse à son aspiration au salut.

    Il y a cent cinquante ans, en posant la première pierre de ce sanctuaire, à l'endroit même où l'éruption du Vésuve en 79 après J.-C. avait enseveli sous les cendres les vestiges d'une grande civilisation, les protégeant pendant des siècles, saint Bartolo Longo, avec son épouse, la comtesse Marianna Farnararo De Fusco, a posé les fondations non seulement d'un temple, mais de toute une cité mariale. Il exprimait ainsi sa conscience du dessein de Dieu, que  saint Jean-Paul II ,  s'exprimant en ce lieu de grâce le 7 octobre 2003, à la clôture de l'Année du Rosaire, a relancé pour le troisième millénaire, dans la perspective de la nouvelle évangélisation : « Aujourd'hui, a-t-il dit, comme au temps de l'antique Pompéi, il est nécessaire d'annoncer le Christ à une société qui s'éloigne des valeurs chrétiennes et en oublie même le souvenir. »

    Il y a exactement un an, lorsque le ministère de Successeur de Pierre m’a été confié, c’était précisément le jour de la Supplication à la Vierge, ce beau jour de la Supplication à la Vierge du Saint Rosaire de Pompéi ! Je me devais donc de venir ici, de placer mon ministère sous la protection de la Sainte Vierge. En choisissant alors le nom de Léon, je m’inscris dans la lignée de  Léon XIII, qui, entre autres mérites, a développé un vaste magistère sur le Saint Rosaire. À cela s’ajoute la récente canonisation de  saint Bartolo Longo, apôtre du  Rosaire. Ce contexte nous offre une clé de réflexion sur la Parole de Dieu que nous venons d’entendre.

    L’Évangile de l’Annonciation nous introduit au moment où le Verbe de Dieu s’est fait chair dans le sein de Marie. De ce sein rayonne la Lumière qui donne tout son sens à l’histoire et au monde. Le salut que l’ange Gabriel adresse à la Vierge est une invitation à la joie : « Je vous salue, pleine de grâce ! » ( Lc  1, 28 ; cf.  So  3, 14). Oui, le Je vous salue Marie est une invitation à la joie : il dit à Marie, et à travers elle, à nous tous, que sur les ruines de notre humanité, éprouvée par le péché et donc toujours sujette aux abus, à l’oppression et à la guerre, est venue la caresse de Dieu, la caresse de la miséricorde, qui prend un visage humain en Jésus. Marie devient ainsi la Mère de Miséricorde. Disciple du Verbe et instrument de son incarnation, elle se révèle pleinement « pleine de grâce ». Tout en elle est grâce ! En offrant sa propre chair au Verbe, elle devient aussi, comme l’enseigne le  Concile Vatican II  à la suite de saint Augustin, « mère des membres (du Christ)… parce qu’elle a coopéré par charité à la naissance des fidèles de l’Église, qui sont les membres de cette Tête » (Constitution dogmatique  Lumen Gentium , 53 ; cf. saint Augustin,  De S. Virginitate , 6). Dans le « Me voici » de Marie, non seulement Jésus naît, mais aussi l’Église, et Marie devient à la fois la Mère de Dieu –  Theotokos  – et la Mère de l’Église.

    Grand mystère ! Tout se réalise par la puissance du Saint-Esprit, qui couvre Marie de son ombre et féconde son sein virginal. Ce moment de l’histoire possède une douceur et une force qui attirent le cœur et l’élèvent vers ces sommets contemplatifs d’où jaillit la prière du Saint Rosaire . Une prière qui, née et s’étant développée progressivement au cours du deuxième millénaire, puise ses racines dans l’histoire du salut et trouve son prélude précisément dans le salut de l’Ange à la Vierge : « Je vous salue Marie ! » La répétition de cette prière dans le Rosaire est comme l’écho du salut de Gabriel, un écho qui traverse les siècles et guide le regard du croyant vers Jésus, vu à travers les yeux et le cœur de la Mère. Jésus est adoré, contemplé, assimilé dans chacun de ses mystères, si bien qu’avec saint Paul, nous pouvons dire : « Ce n’est plus moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi » ( Ga  2, 19).

    Précédée de la proclamation de la Parole de Dieu, nichée entre le Notre Père et le Gloria, la récitation du Je vous salue Marie dans le Saint Rosaire est un acte d'amour. N'est-ce pas précisément de l'amour que de répéter inlassablement : « Je vous aime » ? Un acte d'amour qui, sur les grains du rosaire, comme on peut clairement le voir sur le tableau marial de ce sanctuaire, nous ramène à Jésus et nous conduit à l'Eucharistie, « source et sommet de toute vie chrétienne » ( Lumen Gentium , 11). Saint Bartolo Longo en était convaincu   lorsqu'il écrivait : « L'Eucharistie est le Rosaire vivant, et tous les mystères se trouvent dans le Saint Sacrement sous une forme active et vitale » ( Il Rosario e la Nuova Pompei , 1914, p. 86). Il avait raison. Dans l'Eucharistie, les mystères de la vie du Christ se trouvent tous, pour ainsi dire, concentrés dans le mémorial de son sacrifice et dans sa présence réelle. Le Rosaire a une physionomie mariale, mais un cœur christologique et eucharistique (cf. Lettre apostolique  Rosarium Virginis Mariae , 1). Si la Liturgie des Heures marque les temps de louange de l'Église, le Rosaire marque le rythme de notre vie, la ramenant sans cesse à Jésus et à l'Eucharistie.

    Des générations de croyants ont été façonnées et protégées par cette prière, simple et populaire, et pourtant capable d'atteindre des sommets mystiques et recelant un trésor de la théologie chrétienne la plus essentielle. Quoi de plus essentiel, en effet, que les mystères du Christ, que son saint Nom, prononcé avec la tendresse de la Vierge Marie ? C'est en ce Nom, et en aucun autre, que nous pouvons être sauvés (cf.  Ac  4, 12). En la répétant à chaque Je vous salue Marie, nous revivons en quelque sorte la maison de Nazareth, comme si nous entendions à nouveau les voix de Marie et de Joseph durant les longues années que Jésus a passées avec eux. Nous revivons aussi le Cénacle, où les Apôtres, avec Marie, attendaient l'effusion du Saint-Esprit. C'est ce que la première lecture nous a indiqué. Comment ne pas imaginer que, durant cet intervalle entre l'Ascension et la Pentecôte, Marie et les Apôtres rivalisaient d'efforts pour se remémorer les différents moments de la vie de Jésus ? Aucun détail ne devait être négligé ! Tout devait être mémorisé, assimilé, imité. Ainsi naquit le cheminement contemplatif de l’Église, dont le  Rosaire, à l’instar de l’année liturgique,  offre une synthèse dans la méditation quotidienne des saints Mystères. Le Rosaire a été, à juste titre, considéré comme un abrégé de l’Évangile, que  saint Jean-Paul II  souhaitait intégrer aux  Mystères de Lumière. Cette dimension était également très présente chez saint Bartolo Longo, qui proposait aux pèlerins des méditations profondes pour soustraire le Saint Rosaire à la tentation d’une récitation mécanique et en préserver toute la portée biblique, christologique et contemplative.

    Frères et sœurs, si le  Rosaire  est « prié » et, j’ose dire, « célébré » de cette manière, il est aussi, de ce fait naturel, une source de charité. Charité envers Dieu, charité envers le prochain : les deux faces d’une même pièce, comme nous le rappelle la deuxième lecture de la première Lettre de saint Jean, qui se conclut par cette exhortation : « N’aimons pas en paroles ni en discours, mais en actes et en vérité » ( 1 Jn  3, 18). Ainsi,  saint Bartolo Longo  fut un apôtre du Rosaire et, en même temps, un apôtre de la charité. Dans cette ville mariale, il accueillait les orphelins et les enfants de prisonniers, manifestant le pouvoir régénérateur de l’amour. Ici encore, aujourd’hui, les plus petits et les plus faibles sont accueillis et soignés dans les œuvres du Sanctuaire. Le  Rosaire  oriente notre regard vers les besoins du monde, comme le souligne la Lettre apostolique  Rosarium Virginis Mariae  , proposant en particulier deux intentions qui demeurent d'une actualité brûlante : la famille, qui souffre de l'affaiblissement du lien conjugal, et la paix, menacée par les tensions internationales et une économie qui préfère le commerce des armes au respect de la vie humaine.

    Lorsque  saint Jean-Paul II proclama l’Année du Rosaire  – dont l’an prochain marquera le quart de siècle –, il souhaitait la placer tout particulièrement sous le regard de la Vierge de Pompéi. Depuis lors, la situation ne s’est guère améliorée. Les guerres qui font encore rage dans de nombreuses régions du monde appellent à un engagement renouvelé, non seulement économique et politique, mais aussi spirituel et religieux. La paix naît du cœur. Le Pontife lui-même, en octobre 1986, réunit à Assise les  chefs  des principales religions, les invitant tous à prier pour la paix. À plusieurs reprises, y compris récemment,  le pape François  et moi-même avons demandé aux fidèles du monde entier de prier pour cette intention. Nous ne pouvons nous résigner aux images de mort que les médias nous présentent chaque jour. De ce sanctuaire, dont  saint Bartolo Longo  conçut la façade comme un monument à la paix, nous élevons aujourd’hui notre prière avec foi. Jésus nous a dit que la prière offerte avec foi peut tout obtenir (cf.  Mt  21, 22). Et  saint Bartolo Longo , pensant à la foi de Marie, la qualifie d’« omnipotente par grâce ». Par son intercession, puisse le Dieu de paix faire jaillir une effusion abondante de miséricorde, touchant les cœurs, apaisant les ressentiments et les haines fratricides, et éclairant ceux qui ont des responsabilités particulières au sein du gouvernement.

    Frères et sœurs, aucune puissance terrestre ne sauvera le monde, mais seulement la puissance divine de l'amour, cette puissance divine d'amour que Jésus, le Seigneur, nous a révélée et donnée. Croyons en Lui, espérons en Lui, suivons-Le !