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Spiritualité - Page 4

  • Un Dieu qui a de drôles de manières (23ème dimanche)

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    Il fait entendre les sourds et parler les muets

    Un Dieu qui nous guérit de notre surdité et de notre aphasie.

              Dieu sait que sourds nous le sommes.

    Incapables d’entendre.

    D’entendre la chanson que depuis toujours Il chante au cœur de l’homme, au nôtre, pour dire la folie de son amour.

    D’entendre le cri terrifiant de l’homme blessé, assoiffé, malheureux, assis sous notre balcon, désespéré devant notre porte, lové en nous.

    D’entendre résonner à l’intime de nous-mêmes cet appel à voir grand, à tout donner, à aimer sans condition, et qui ne peut se résigner à nous voir petits, rabougris, tout racrapotés.

    D’entendre, tout simplement, sans nous laisser distraire par tous les chants des sirènes qui, en nous et autour de nous, veulent nous attirer vers des rivages sans amour ni espérance.

              Dieu sait que muets nous le sommes.

    Incapables de parler.

    D’oser dire « je t’aime » tant l’infirmité de notre cœur nous paralyse.

    D’oser témoigner de cette vérité qui se donne à nous tant l’hésitation nous gagne.

    D’oser avouer notre détresse et notre pauvreté tant nous croyons si mal à la miséricorde.

    D’oser crier notre désir d’être rencontré tant nous nous sommes barricadés derrière des remparts illusoires.

    D’oser hurler notre appel au secours.

              Oui, vraiment sourds et muets.

    Et pourtant, aujourd’hui, retentissent ces paroles d’Isaïe (35, 4-7) :

    "Dites aux gens qui s'affolent : « Prenez courage, ne craignez pas. Voici votre Dieu : c'est la vengeance qui vient, la revanche de Dieu. Il vient lui-même et va vous sauver. » Alors s'ouvriront les yeux des aveugles et les oreilles des sourds. Alors le boiteux bondira comme un cerf, et la bouche du muet criera de joie. L'eau jaillira dans le désert, des torrents dans les terres arides. Le pays torride se changera en lac, la terre de la soif en eaux jaillissantes. Dans le repaire des chacals, les broussailles deviendront des roseaux et des joncs."

    Allons-nous accepter que « ce Dieu qui vient lui-même » vienne toucher nos oreilles et notre langue (Marc, 7, 31-37), avec sa salive ? Ou trouverons-nous que cela ne se fait pas ?

    On lui amène un sourd-muet, et on le prie de poser la main sur lui. Jésus l'emmena à l'écart, loin de la foule, lui mit les doigts dans les oreilles, et, prenant de la salive, lui toucha la langue. Puis, les yeux levés au ciel, il soupira et lui dit : « Effata ! », c'est-à-dire : « Ouvre-toi ! » Ses oreilles s'ouvrirent ; aussitôt sa langue se délia, et il parlait correctement.

  • 11 & 12/9 : Journées "Patrimoine et Femmes": 15 activités avec sainte Julienne

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    11 & 12/9 : Journées "Patrimoine et Femmes": 15 activités avec sainte Julienne

    La 33e édition des Journées du Patrimoine met en valeur des femmes dans le patrimoine – dans leur rôle, leur fonction, leur apport, leur gestion, leur empreinte, leur souvenir. A Liège et ailleurs, Sainte Julienne est mise à l'honneur avec plus de 15 activités proposées par 7 associations ! Directrice de l'hospice-léproserie de Cornillon vers 1230 et instigatrice de la Fête-Dieu, c'est une des plus grandes figures féminines liégeoises. A découvrir ou redécouvrir.

    Bloquez les samedi 11 et dimanche 12 septembre.

    Inscriptions nécessaires pour les activités guidées : Informations et inscriptions

    Voici déjà quelques idées...

    Balades guidées dans Liège au Moyen-Âge, sur les pas de sainte Julienne : samedi 11 à 14h00 et dimanche 12 à 14h00. 

    Inscriptions : info@circuits-sainte-julienne.be, sinon, informations

    RTC Liège vient de réaliser un beau reportage : Balade guidée familiale pour découvrir la magnifique vallée creusée par le ruisseau sainte Julienne: samedi 11 à 14h00 ou dimanche 12 à 14h00. 

    Inscriptions : info@circuits-sainte-julienne.be, sinon, informations

    Visites guidées du sanctuaire de sainte Julienne de Cornillon, de la basilique saint-Martin avec la bienheureuse Eve, Exposition à la cathédrale de Liège. 

    Informations et inscription

    Venez découvrir l'histoire du vieux puits retrouvé lors des travaux au sanctuaire de sainte Julienne de Cornillon. Il est témoin du plus vieil hôpital de Liège.

    Informations

  • Le pape François fait avancer la cause de la canonisation d'un prêtre catholique italien qui a sauvé des Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale

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    De Courtney Mares sur Catholic News Agency :

    Le pape François fait avancer la cause de la sainteté d'un prêtre catholique italien qui a sauvé des Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale.
     
     Franciscan friar Fr. Placido Cortese (1907-1944)
     
    Le frère franciscain P. Placido Cortese (1907-1944)

    30 août 2021

    Le pape François a avancé la cause de la canonisation d'un frère franciscain qui a aidé à sauver des Juifs pendant l'Holocauste et d'une mère qui a sacrifié sa vie pour sauver son enfant à naître.

    Le père Placido Cortese est connu pour avoir utilisé son confessionnal dans la basilique Saint-Antoine de Padoue pour communiquer clandestinement avec un réseau souterrain qui aidait les Juifs et les prisonniers de guerre britanniques à échapper à l'occupation nazie de l'Italie.

    Connu localement sous le nom de "Père Kolbe italien", le prêtre est désormais considéré comme "vénérable" par l'Église catholique après que le pape l'a reconnu pour avoir mené une vie "héroïque en vertu" le 30 août.

    Comme saint Maximilien Kolbe, Cortese était un frère franciscain qui dirigeait une publication catholique et a été torturé et tué par les nazis.

    Il est né Nicolò Cortese en 1907 sur l'île de Cres, qui fait aujourd'hui partie de la Croatie. À l'âge de 13 ans, il est entré au petit séminaire de l'ordre des Frères mineurs conventuels et a pris le nom de Placido après avoir prononcé ses vœux en 1924.

    Après avoir étudié la théologie au Collège théologique de Saint-Bonaventure à Rome, il a été ordonné prêtre en 1930, à l'âge de 23 ans, et a célébré sa première messe dans la basilique Sainte-Marie-Majeure.

    Il a passé plusieurs années au service de la basilique de Saint-Antoine à Padoue, où on lui a demandé d'être le directeur de la revue catholique italienne Il Messaggero di Sant'Antonio (Le Messager de Saint-Antoine), dont le nombre de lecteurs a augmenté de 500 000 sous sa direction.

    Après l'occupation allemande de Padoue, le père Cortese fait partie d'un groupe clandestin lié à la Résistance, utilisant sa presse à imprimer pour fabriquer de faux documents afin d'aider les Juifs et les soldats alliés à se mettre en sécurité en Suisse.

    En octobre 1944, deux officiers SS allemands ont poussé le père Cortese à quitter les murs de son monastère de Padoue, qui était protégé en tant que territoire extraterritorial du Saint-Siège, sous le faux prétexte que quelqu'un avait besoin de son aide.

    Cortese a été immédiatement arrêté et emmené dans un bunker de la Gestapo à Trieste, où il a été brutalement torturé. Mais il n'a donné les noms d'aucun de ses associés, selon le père Giorgio Laggioni, son vice-postulateur.

    Après des semaines de torture, il est mort sous la garde de la Gestapo en novembre 1944, à l'âge de 37 ans. Son confessionnal dans la basilique de Saint-Antoine de Padoue reste aujourd'hui un lieu de prière.

    Dans une de ses lettres à sa famille, Cortese écrivait : "La religion est un fardeau que l'on ne se lasse pas de porter, mais qui pousse de plus en plus l'âme à de plus grands sacrifices, jusqu'à donner sa vie pour la défense de la foi et de la religion chrétienne, jusqu'à mourir dans les tourments comme les martyrs du christianisme dans des pays lointains et étrangers."

    Dans le décret de la Congrégation du Vatican pour les causes des saints qui a fait avancer la cause de Cortese, deux femmes laïques ont également été reconnues pour leurs vertus héroïques.

    Enrica Beltrame Quattrocchi, une laïque italienne décédée en 2012, est également en route vers la sainteté, tout comme ses parents, les bienheureux Luigi et Maria Beltrame Quattrocchi, qui ont été béatifiés ensemble en octobre 2001.

    Contrairement à ses trois frères et sœurs aînés qui ont tous suivi des vocations religieuses, Enrica a vécu sa foi catholique en tant que catholique laïque célibataire qui a été professeur de lycée, bénévole pour aider les pauvres et qui a pris soin de ses parents dans leur vieillesse.

    Malgré la maladie et les difficultés économiques, Enrica est restée fidèle à la messe quotidienne et dévouée au service des autres. Elle est morte à l'âge de 98 ans après avoir vu ses parents béatifiés.

    Le décret a également reconnu Maria Cristina Cella Mocellin (1969-1995), une mère catholique qui a choisi de ne pas subir de chimiothérapie contre le cancer alors qu'elle était enceinte pour sauver la vie de son troisième enfant à naître.

    "Tu es un cadeau pour nous... Tu es précieux et quand je te regarde, je pense qu'il n'y a aucune souffrance au monde qui ne vaille la peine pour un enfant", a écrit Maria Cristina dans une lettre à son enfant, qu'elle a remise à son mari.

    La mère italienne a commencé une chimiothérapie dès la naissance de son fils, Riccardo, en 1994, mais le cancer s'est propagé à ses poumons. Elle est morte le 22 octobre 1995, à l'âge de 26 ans, laissant derrière elle trois enfants.

    "Je crois que Dieu ne permettrait pas la douleur s'il ne voulait pas obtenir un bien secret et mystérieux mais réel. Je crois que je ne pourrais rien accomplir de plus grand que de dire au Seigneur : Que ta volonté soit faite", a-t-elle écrit.

    "Je crois qu'un jour je comprendrai le sens de ma souffrance et j'en remercierai Dieu. Je crois que sans ma douleur endurée avec sérénité et dignité, il manquerait quelque chose à l'harmonie de l'univers."

  • Une pandémie spirituelle

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    Editorial d'Aymeric Pourbaix sur France Catholique :

    Examen de conscience

    mercredi 1er septembre 2021

    Si la chute de Kaboul et le retour du régime des talibans en Afghanistan font figure de symbole au goût de cendres, c’est qu’ils manifestent un coup d’arrêt brutal à la volonté occidentale d’imposer ses valeurs au monde, vingt ans après les attentats du 11-septembre, lorsque l’Amérique s’était réveillée sous le choc, bien décidée à «  aider  » ce pays à progresser vers la démocratie.

    Mais sur la base de quelles valeurs ? Celles prônées par le wokisme, ce virus intellectuel au nom barbare, qui sévit actuellement dans les universités américaines, s’apprête à gagner la France, et qui promeut un individu déraciné, sans religion, couleur ni sexe, interchangeable ? Développant ainsi une forme aiguë de relativisme, pour lequel il n’y a plus d’universalité possible concernant la nature humaine ? Et où la religion chrétienne fait figure d’ennemi à abattre, comme c’est déjà parfois le cas sur les campus américains ?

    Au fond, comme l’écrit la philosophe Chantal Delsol dans Le Figaro, c’est l’idée même de vérité, au cœur de la civilisation judéo-chrétienne, qui est remise en cause, avec sa dimension universelle. Sur la question du sort des femmes afghanes, note-t-elle par exemple, on a peu entendu nos féministes occidentales, qui pour certaines s’attachent à défendre le droit des minorités musulmanes en Europe…

    Pandémie spirituelle

    Mais il n’y a pas que les valeurs. Même nos fameux droits de l’homme sont à interroger, dans cet examen de conscience auquel nous conduit l’actualité. Véritables tables de la loi modernes, ils ont remplacé le catéchisme religieux, mais ils n’ont pas remplacé Dieu lui-même. Ou plutôt, ils l’ont volontairement mis de côté.

    C’est cette «  absence de Dieu  » que regrettait déjà, avec douleur, le cardinal Emmanuel Suhard en 1948. L’archevêque de Paris en appelait à un «  sursaut d’indignation  », une prise de conscience aiguë «  jusqu’à en souffrir dans [n]otre chair  », pour échapper à une «  lente asphyxie  » d’une société devenue athée.

    La bonne nouvelle est que pour lutter contre cette pandémie spirituelle, qui dure depuis des décennies, il existe des moyens qui ont fait leurs preuves : l’enseignement du catéchisme en fait partie. À condition, bien sûr, qu’il permette de transmettre vraiment les vérités de la foi, et pas seulement un vague saupoudrage religieux.

    Le constat n’est certes pas nouveau, mais aujourd’hui, il devient vital. Ou nous redonnerons la première place à cette dimension surnaturelle dans la vie des générations futures, pour les aider à dépasser le matérialisme désespérant de la société moderne. Ou nous laisserons la place dans leurs esprits à des idéologies dangereuses et qui ne correspondent pas à notre tradition culturelle et à notre foi. (...)

  • Grégoire : la grandeur d'un pape (3 septembre)

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    saint-gregoire-le-grand_detail_sacramentaire-marmoutier-pour-usage-autun_bibmunicip_ms19bis-folio005_anno845_IRHT_106971-p.jpgLors des audiences générales des mercredis 28 mai et 4 juin 2008, le pape Benoît XVI a consacré ses catéchèses au pape Grégoire le Grand : 

    Grégoire le Grand pacificateur de l'Europe (28 mai)

    Chers frères et sœurs,

    Mercredi dernier j'ai parlé d'un Père de l'Eglise peu connu en Occident, Romanos le Mélode, je voudrais aujourd'hui présenter la figure de l'un des plus grands Pères dans l'histoire de l'Eglise, un des quatre docteurs de l'Occident, le Pape saint Grégoire, qui fut évêque de Rome entre 590 et 604, et auquel la tradition attribua le titre de Magnus/Grand. Grégoire fut vraiment un grand Pape et un grand Docteur de l'Eglise! Il naquit à Rome vers 540, dans une riche famille patricienne de la gens Anicia, qui se distinguait non seulement par la noblesse de son sang, mais également par son attachement à la foi chrétienne et par les services rendus au Siège apostolique. Deux Papes étaient issus de cette famille:  Félix III (483-492), trisaïeul de Grégoire et Agapit (535-536). La maison dans laquelle Grégoire grandit s'élevait sur le Clivus Scauri, entourée par des édifices solennels qui témoignaient de la grandeur de la Rome antique et de la force spirituelle du christianisme. Des sentiments chrétiens élevés lui furent aussi inspirés par ses parents, Gordien et Silvia, tous deux vénérés comme des saints, et par deux tantes paternelles, Emiliana et Tarsilia, qui vécurent dans leur maison en tant que vierges consacrées sur un chemin partagé de prière et d'ascèse.

    Grégoire entra très tôt dans la carrière administrative, que son père avait également suivie et, en 572, il en atteint le sommet, devenant préfet de la ville. Cette fonction, compliquée par la difficulté des temps, lui permit de se consacrer à large échelle à chaque type de problèmes administratifs, en en tirant des lumières pour ses futures tâches. Il lui resta en particulier un profond sens de l'ordre et de la discipline:  devenu Pape, il suggérera aux évêques de prendre pour modèle dans la gestion des affaires ecclésiastiques la diligence et le respect des lois propres aux fonctionnaires civils. Toutefois, cette vie ne devait pas le satisfaire car, peu après, il décida de quitter toute charge civile, pour se retirer dans sa maison et commencer une vie de moine, transformant la maison de famille dans le monastère Saint André au Celio. De cette période de vie monastique, vie de dialogue permanent avec le Seigneur dans l'écoute de sa parole, il lui restera toujours la nostalgie, qui apparaît toujours à nouveau et toujours davantage dans ses homélies:  face aux assauts des préoccupations pastorales, il la rappellera plusieurs fois dans ses écrits comme un temps heureux de recueillement en Dieu, de consécration à la prière, d'immersion  sereine  dans  l'étude. Il put ainsi acquérir cette profonde connaissance de l'Ecriture Sainte et des Pères de l'Eglise dont il se servit ensuite dans ses œuvres.

    Mais la retraite dans la clôture de Grégoire ne dura pas longtemps. La précieuse expérience mûrie dans l'administration civile à une époque chargée de graves problèmes, les relations entretenues dans cette charge avec les byzantins, l'estime universelle qu'il avait acquise, poussèrent le Pape Pélage à le nommer diacre et à l'envoyer à Constantinople comme son "apocrisaire", on dirait aujourd'hui "Nonce apostolique", pour permettre de surmonter les dernières séquelles de la controverse monophysite et, surtout, pour obtenir l'appui de l'empereur dans son effort pour contenir la poussée lombarde. Son séjour à Constantinople, où avec un groupe de moines il avait repris la vie monastique, fut très important pour Grégoire, car il lui donna l'occasion d'acquérir une expérience directe du monde byzantin, ainsi que d'approcher la question des Lombards, qui aurait ensuite mis à rude épreuve son habileté et son énergie au cours années de son pontificat. Après quelques années, il fut rappelé à Rome par le Pape, qui le nomma son secrétaire. Il s'agissait d'années difficiles:  les pluies incessantes, le débordement des fleuves, la famine qui frappait de nombreuses zones d'Italie et Rome elle-même. A la fin, la peste éclata également, faisant de nombreuses victimes, parmi lesquelles le Pape Pélage II. Le clergé, le peuple et le sénat furent unanime en choisissant précisément lui, Grégoire, pour être son Successeur sur le Siège de Pierre. Il chercha à résister, tentant également la fuite, mais il n'y eut rien à faire:  à la fin il dut céder. C'était l'année 590.

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  • Ne tuez pas, ne tuez plus les prêtres !

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    Rédigé par Philippe Maxence le 20 août 2021 pour l’éditorial du bimensuel « l’Homme Nouveau » :

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    L’assassinat d’un homme est toujours une tragédie. La mort violente d’un prêtre apparaît, elle, toujours comme une double catastrophe : humaine et spirituelle.

    Non contente d’enlever la vie à un être humain, elle prive l’Église d’un ouvrier pour la moisson, même si nous ne devons pas oublier que pour porter du fruit, il est nécessaire que le grain meure.

    Terrible paradoxe de l’Évangile qui s’est appliqué à tant de prêtres depuis le début du christianisme et qui s’est renouvelé plus récemment pour le Père Hamel (2016) et le 9 août dernier pour le Père Olivier Maire, supérieur provincial des montfortains. Tué par l’immigré qu’il hébergeait, ce prêtre a été fidèle à l’idée qu’il se faisait de la charité.

    Bien commun et confusion mentale

    Beaucoup ont mis en cause le principe même de cet accueil parce que, en situation illégale, l’assassin avait fait l’objet de plusieurs avis d’expulsion et qu’il devait être jugé pour l’incendie de la cathédrale de Nantes. S’il apparaît logique qu’un acte criminel qui s’est déroulé en France soit jugé selon les lois françaises, il semble moins normal que le suspect, atteint de défaillances psychologiques, se promène en liberté et ne trouve de refuge qu’auprès de la charité d’un prêtre. La faillite ne se trouve donc pas d’abord du côté de ce dernier, mais de l’État et de la justice, empêtrés à la fois dans l’idéologie et dans des textes juridiques contradictoires. Plus profondément, ce fait tragique oblige à s’interroger à nouveau sur notre conception de la politique. Celle-ci vise-t-elle le bien commun ou se limite-t-elle à permettre à chaque individu d’agir à sa guise ?

    Les différentes politiques migratoires de ces dernières décennies vont malheureusement dans ce dernier sens, en traduisant au plan judiciaire l’absolutisation des droits de l’individu. À force d’ignorer la primauté du bien commun (1), un prêtre a été assassiné, tué vraisemblablement dans un moment de folie. Il n’est pas mort seulement des coups mortels à la tête portés par son agresseur, ni encore de la défaillance pratique de l’État et de la justice. Il est mort aussi de la confusion mentale, fruit de philosophies qui ne sont, hélas, pas seulement mortifères intellectuellement, moralement et spirituellement.

    Il existe malheureusement d’autres manières de tuer des prêtres : l’étouffement dans l’œuf des vocations sacerdotales qui ont besoin d’être entourées.

    On me permettra de dire mon inquiétude devant une des conséquences probables du motu proprio Traditionis Custodes remettant en cause Summorum Pontificum de Benoît XVI. En affirmant l’existence légale de la seule messe de Paul VI pour le rite latin, ce texte vise sans le dire mais directement les séminaires constitués sous Jean-Paul II et Benoît XVI pour former de futurs prêtres selon la tradition latine.

    Comme l’a très bien vu le Père Daniel-Ange dans un texte très émouvant et animé d’une charité véritable, ces lieux de formation donnent à l’Église un grand nombre de vocations qui ne cherchent ni le confort ni une carrière ecclésiastique mais sont animées le plus souvent d’un idéal surnaturel et d’un vrai zèle missionnaire.

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  • Traditionis Custodes : le cri de détresse des supérieurs « tradis » aux évêques

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    « Les supérieurs des communautés « Ecclesia Dei » ont adressé le 1er septembre une lettre aux évêques de France pour solliciter leur soutien « dans leur désir de paix et d’unité » après la publication du motu proprio Traditionis Custodes sur la messe tridentine. L’hebdomadaire « Famille Chrétienne » rend compte ici de cette démarche que les autorités ecclésiastiques, romaines ou autres, auraient tort de mésestimer.

    « Alors que cette rentrée devrait être marquée par des échanges dans plusieurs diocèses sur l’application du motu proprio Traditionis Custodes restreignant l’usage de la messe tridentine, les supérieurs généraux des principales communautés « Ecclesia Dei » ont pris les devants. Réunis le 31 août septembre à Courtalain, dans la maison générale de l’Institut du Bon Pasteur (Eure-et-Loir), ils ont adressé une lettre aux évêques de France que Famille Chrétienne retranscrit dans son intégralité. Cette lettre, qui a été remise aux représentants des évêques français mercredi 1er septembre, est co-signée par les supérieurs de douze de ces principaux instituts – neuf masculins, trois féminins.

    Une lettre « filiale et confiante »

    Il s’agit d’une lettre « filiale et confiante pour solliciter [l’] aide [des évêques] dans [notre] désir de paix et d’unité », a écrit sur Facebook la Fraternité sacerdotale Saint-Pierre, publiant le 1er septembre une photo des membres présents à la réunion. Dans la lettre, les signataires réaffirment leur fidélité au Saint Père et leur « adhésion au magistère (y compris à celui de Vatican II et à ce qui suit) selon la doctrine catholique de l’assentiment qui lui est dû ». Si des fautes ont été commises, ils se disent « prêts, comme l’est tout chrétien, à demander pardon si quelques excès de langage ou de la défiance vis-à-vis de l’autorité ont pu s’introduire chez tel ou tel de nos membres. Nous sommes prêts à nous convertir si l’esprit de parti ou l’orgueil a pollué nos coeurs. »

    Les signataires appellent à un véritable dialogue, « humain, personnel, plein de confiance, loin des idéologies ou de la froideur des décrets administratifs », et demandent de pouvoir « rencontrer une personne qui sera pour nous le visage de la Maternité de l’Eglise. » Par cette phrase, ils font entendre qu’ils espèrent la nomination d’un médiateur entre Rome et les Instituts ‘’Ecclesia Dei’’, précise une source à Famille Chrétienne. Pour la France, la CEF avait nommé avant l’été et avant la parution du motu proprio, deux évêques responsables du dialogue avec les communautés « Ecclesia Dei », et une réunion avait été organisée le 14 juin.

    Une lettre qui traduit aussi une « grande souffrance »

    Appelant à l’unité et au dialogue, les Supérieurs des communautés ''Ecclesia Dei'' font aussi part de leur profond désarroi face aux mesures du motu proprio et à la dureté de la lettre qui l’accompagne. « Cet amour filial [qu’ils renouvellent explicitement au Saint-Père dès le début de la lettre, ndlr] se teinte aujourd’hui d’une grande souffrance. Nous nous sentons soupçonnés, mis en marge, bannis. Cependant, nous ne nous reconnaissons pas dans la description donnée par la Lettre d’accompagnement du motu proprio Traditionis custodes du 16 juillet 2021. » Répondant à l’un des reproches qui leur sont faits, ils assurent : « Nous ne nous considérons aucunement comme la « vraie Église ». Au contraire, nous voyons en l’Eglise catholique notre Mère en qui nous trouvons le salut et la foi ».

    Ils rappellent les promesses qui leur ont été faites par Rome à plusieurs reprises, et voudraient « pouvoir raconter » au médiateur qu’ils espèrent voir nommé « la souffrance, les drames, la tristesse de tant de fidèles laïcs du monde entier, mais aussi de prêtres, religieux, religieuses qui ont donné leur vie sur la parole des Papes Jean-Paul II et Benoît XVI », et à qui on avait « promis que ‘’ toutes les mesures seraient prises pour garantir l’identité de leurs Instituts dans la pleine communion de l’Église catholique [1]’’ ».

    Une ombre plane sur ces Instituts, alors que des rumeurs circulent sur des « visites apostoliques pour nos Instituts ». « Nous demandons des rencontres fraternelles où nous puissions expliquer qui nous sommes et les raisons de notre attachement à certaines formes liturgiques. Nous désirons avant tout un dialogue vraiment humain et miséricordieux : « Sois patient envers moi ! », supplient les signataires.

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  • L'homélie de Mgr Michel Aupetit lors de la Messe à l’île Madame en mémoire des prêtres déportés durant la Révolution française

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    Du site de l'Eglise catholique à Paris :

    Homélie de Mgr Michel Aupetit - Messe du Pèlerinage diocésain de La Rochelle à l’île Madame en mémoire des prêtres déportés durant la Révolution française

    Jeudi 26 août 2021 - île Madame (Charente-Maritime)

    - Is 52, 13-53, 12 ; Ps 22 ; Jn 10, 11-18

    Ce serviteur défiguré dont parle le prophète Isaïe et qui ne ressemble plus à un homme, c’est notre Seigneur Jésus-Christ. Accablé, méprisé, Jésus est le symbole éternel de l’amour bafoué comme le déplorait saint François d’Assise : « L’amour n’est pas aimé ». En regardant le Christ, sa Passion, ce que notre cœur contemple d’abord, c’est l’amour inconditionnel de Dieu qui se révèle à nous. Il est incroyablement plus impressionnant que la méchanceté les hommes qui se manifeste atrocement une fois encore. Ce qui est important, comme le disait Blaise Pascal, c’est de comprendre qu’une goutte de sang du Christ, du Fils de Dieu, a été versée pour moi, pour toi. Saint Augustin disait qu’une seule larme sur ton visage en regardant cette goutte de sang du Seigneur, a plus de prix qu’un pèlerinage jusqu’à Jérusalem.

    Ces prêtres, dont nous célébrons la mémoire, ont été par leur ordination configurés au Christ Bon Pasteur qui donne sa vie pour ses brebis. Ce n’est pas un vain mot car cela peut entraîner jusqu’au martyre comme nous le voyons aujourd’hui. Le mercenaire qui accomplit sa tâche pour de l’argent n’est pas fidèle à sa mission, mais à l’argent de sa mission. Nous le savons : « Nul ne peut servir deux maîtres », Dieu ou l’argent. Celui qui sert Dieu est conformé au Christ et donne sa vie comme lui. Sa vie n’est plus « sa » vie car elle lui appartient plus. Elle est à Dieu et à ceux auxquels il est envoyé.

    Quand Jésus appelle les Douze, c’est pour « être avec lui », pour vivre dans son intimité et accueillir son amitié : « Je ne vous appelle plus serviteurs je vous appelle mes amis » (Jn 15,15). Les prêtres que nous honorons aujourd’hui n’étaient pas des mercenaires, mais des amis de Jésus. Or, nous savons que la qualité principale d’un ami, c’est la fidélité. Dans l’oraison nous avons entendu que la fidélité est un des maîtres mots de notre beau pèlerinage.

    Fidèles, ces prêtres l’ont été jusqu’au bout. C’est la force d’un amour plus grand qui leur aura permis de traverser cet enfer qu’on leur a fait subir. La fidélité, c’est aussi celle des pèlerins qui chaque année entretiennent la mémoire de cette épouvantable torture morale et physique afin que l’intolérance et la haine ne triomphent jamais.

    Les grandes déclarations de principe ne suffisent pas à éteindre la violence, puisque ceux-là même qui ont proclamé la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen furent les premiers à les bafouer.

    Mais le plus bouleversant, est cet autre mot qui caractérise ce pèlerinage magnifique de mémoire et de réconciliation : le pardon. En témoigne cette extraordinaire démarche de l’abbé Joseph Nicolas Adam qui a pu survivre à l’enfer que lui a fait subir le capitaine du bateau les Deux-associés. Celui-ci appelé Jean-Baptiste Laly était le plus cruel tortionnaire des pontons de Rochefort. Alors que ce bourreau se retrouvait avec sa femme et ses enfants dans des conditions les plus précaires, l’abbé Adam pousse la porte de son pauvre logis et lui demanda : « Capitaine, me reconnais-tu ? » « Oui, je vous reconnais » répondit le tortionnaire. « Eh bien puisque tu me reconnais, apprends aujourd’hui comment un prêtre se venge ». L’abbé, digne ministre du Bon Pasteur qui pardonne à ses bourreaux du haut de la croix, déposa sur la table du misérable, 20 pièces d’or.

    Frères et sœurs, chers amis, après les temps difficiles et étranges que nous venons de vivre et qui ont bouleversé notre quotidien, depuis l’incendie de Notre-Dame jusqu’à l’épidémie généralisée qui nous a tenu enfermés, même si ce n’est pas sur des pontons infects, nous avons à réfléchir à la manière dont nous devons être chrétiens.

    Il nous faut retrouver la fidélité au Seigneur Jésus-Christ et à son Église souvent désertée par des catholiques devenus indifférents.

    Il nous faut aussi reconstruire la fraternité mise à mal par des gestes dit "barrières", par une distanciation et une incitation à se protéger les uns des autres. Elle doit être retrouvée naturellement par ceux qui ont un même Père au Ciel. Cette fraternité ne pourra exister véritablement que par une réconciliation fondée sur le pardon qu’ont pu vivre ces prêtres admirables et qu’ils nous enseignent aujourd’hui.

    Bien des périodes de notre histoire ont suscité des fractures dans le peuple de France. Prions la Sainte Vierge Marie, patronne de notre pays, de nous aider à construire l’unité en accueillant comme elle le don promis par le Christ, le Saint Esprit qui seul donne une fécondité dans l’amour.

    +Michel Aupetit, archevêque de Paris

  • Une oeuvre inattendue pour la rentrée littéraire

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    De Padreblog :

    UN OVNI POUR LA RENTRÉE LITTÉRAIRE

    30 Août 2021

    Clémentine Beauvais est une romancière connue dans le milieu de la littérature ado. Elle est l’auteur à succès des Petites Reines et traductrice de J. K. Rowling. Agnostique, non baptisée, féministe 2.0 issue de la gauche libertaire, rien ne la prédisposait à enquêter sur son aïeule supposée, sainte Marguerite-Marie, la sainte de Paray-le-Monial. Et pourtant, elle l’a fait. Cela donne une très belle autofiction, drôle et profonde à la fois. Cela donne surtout un magnifique exemple de rencontre entre deux mondes qui ne se parlent plus. 

    Pour vous recommander Sainte Marguerite-Marie et moi (Editions Quasar), Padreblog a rencontré Clémentine Beauvais pour une interview qui approfondit des questions délicates de notre société.

    Padreblog : Ce livre est l’histoire de la rencontre improbable entre deux mondes. Comment tout cela a-t-il commencé ?

    Clémentine Beauvais : Ça reste un mystère pour moi… Il y a d’abord eu une blague de mon éditrice : « Puisque tu es une descendante de sainte Marguerite-Marie, tu ne voudrais pas écrire une biographie décalée à son sujet ? ». Mais plus profondément, c’était une époque de ma vie où j’attendais un bébé et où ma grand-mère était en état de démence de plus en plus avancée. La question de transmission était essentielle à ce moment-là. C’était vraiment le bon moment. Alors je me suis lancée, un peu naïvement, sans réaliser que j’aurais à apprendre beaucoup de choses sur le monde catho, par exemple comprendre ce qu’est le Sacré Cœur, au-delà de Marguerite-Marie.

    A Paray-le-Monial, on parle beaucoup du Sacré Cœur, et paradoxalement, assez peu de la sainte qui a vécu les apparitions. Y a-t-il un malaise ? D’où vient-il ?

    CB : Ça a été une surprise pour moi : me rendre compte que Marguerite-Marie était hyper clivante chez les cathos. De mon regard extérieur, j’aurais cru qu’une sainte qui aime la mortification, c’était une sainte qui allait emporter l’unanimité. La mortification, c’est un super truc de catho, non ? En fait, pas du tout. C’est ce point-là qui la rend clivante. En faisant mes recherches, j’ai compris qu’elle est sainte non pas pour ses pratiques bizarres, mais pour le dépassement qu’elle a su en faire dans l’obéissance à Jésus et à ses supérieurs. Après, ça reste hyper exotique pour moi.

    Vous auriez trois qualités feel good de Marguerite-Marie pour nous aider à vivre aujourd’hui ?

    CB : C’est la question la plus bizarre qu’on m’ait jamais posée sur sainte Marguerite-Marie (elle rit). Quand on la lit, c’est plutôt une championne du feel bad que du feel good. Plus sérieusement, je dirais : l’intensité, la passion et la belle écriture. Intensité et passion, car elle a vécu les choses jusqu’au bout. Et son écriture est fascinante : elle a une manière de raconter, un sens de l’ellipse, de la narrativité qui sont vraiment exceptionnels. C’est vraiment une grande écrivaine de son temps.

    En vous lisant, on voit vos efforts et votre bonne volonté pour aller à la rencontre du monde catho. Comment sont-ils, ces cathos que vous avez rencontrés ?

    CB : Ce qui m’a beaucoup frappée, ce sont les différences qui existent entre les cathos. J’en avais une vision extrêmement monolithique : principalement négative, et surtout très homogène. J’ai apprécié le côté hyper accueillant de ceux que j’ai rencontrés. Franchement, je ne m’y attendais pas, peut-être parce que mon expérience passée des cathos, c’était plutôt quelque chose de fermé, très hermétique.

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  • Le pape Jean-Paul Ier bientôt béatifié

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    De Matthieu Lasserre sur le site de La Croix :

    Le pape Jean-Paul 1er pourrait être béatifié à l’automne

    L’anniversaire de l’élection à la tête de l’Église d’Albino Luciani a été célébré jeudi 26 août dans sa ville natale. Le processus de béatification du « pape au sourire » pourrait franchir une étape supplémentaire au mois d’octobre avec le vote des cardinaux.

    L’heure de la béatification du pape Jean-Paul 1er semble approcher. Comme à l’accoutumée, l’anniversaire de l’élection du 263e pape de l’Église catholique a été célébré jeudi 26 août, par une messe sur la place centrale de Canale d’Agordo, en Vénitie, dont il était originaire. La célébration eucharistique a été présidée par le cardinal Beniamino Stella, préfet de la Congrégation pour le clergé et postulateur de la cause d’Albino Luciani.

    Cette année, l’événement a eu une résonance particulière, car Jean-Paul 1er pourrait être déclaré bienheureux par son successeur, le pape François. La publication du décret papal, dernière étape avant la déclaration de la béatification lors d’une célébration eucharistique, pourrait intervenir après le mois d’octobre, durant lequel la session des cardinaux et des évêques se réunira pour voter ou non la remise du dossier entre les mains du pape.

    Un pontificat de trente-trois jours

    Selon le quotidien italien Avvenire (détenu par la Conférence épiscopale italienne), les théologiens de la Congrégation des causes des saints ont donné, le 6 mai, leur feu vert à la poursuite de ce procès, en reconnaissant « scientifiquement inexplicable » la guérison d’une petite fille de 11 ans atteinte d’une forme grave d’encéphalopathie, grâce à l’intercession d’Albino Luciani. En 2019, le Conseil médical de la Congrégation a également approuvé à l’unanimité le caractère miraculeux de cette guérison, dernière étape manquante pour la béatification.

    Le pape vénitien, le dernier italien en date, a été ordonné prêtre en 1935. Il est ensuite nommé par Jean XXIII évêque de son diocèse d’origine de Belluno-Feltre en 1958 avant de devenir patriarche de Venise en 1969. Élu pape dès le premier jour du conclave, il meurt le 28 septembre 1978, après un pontificat de 33 jours, le plus court de l’histoire récente de la papauté.

    « Pape au sourire »

    Malgré un pontificat éclair, le pape Luciano a laissé dernière lui le souvenir d’un pape proche des fidèles, abandonnant l’usage du « nous de majesté » pour s’exprimer à la première personne. Sa simplicité lui attire la sympathie des catholiques, qui le surnomment le « pape au sourire ». Fervent défenseur de l’encyclique Humanae Vitae de son prédécesseur Paul VI, il a réaffirmé l’opposition de l’Église à l’avortement. Sensible à la question de la pauvreté, Jean-Paul 1er a également défendu l’idée d’un « salaire équitable » pour tous les travailleurs.

    Son procès en béatification, ouvert en 2003, a été marqué par la constatation de profondes lacunes dans la constitution du dossier, ce qui a entraîné une seconde enquête qui s’est étalée entre 2008 et 2016. Les vertus héroïques d’Albino Luciani ont été reconnues par le pape François en 2017 qui l’a déclaré vénérable et a ainsi ouvert la voie à sa béatification.

  • Garde en moi un coeur pur (22e dimanche du temps ordinaire)

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    L'homélie du Père Joseph-Marie Verlinde fsJ pour le 22e dimanche du temps ordinaire (homelies.fr) :

    Les pratiques rituelles qui font l’objet du litige entre Jésus et les pharisiens, sont issues de la « tradition des anciens », c’est-à-dire de l’interprétation orale de la Torah transmise de génération en génération, et ayant acquis au fil des années, une valeur normative. Cette tradition contient un ensemble de prescriptions, qui veulent incarner dans la vie quotidienne les préceptes généraux de la Loi en matière de pureté rituelle. Ainsi l’aspersion « au retour du marché » était un geste symbolique de mise à distance par rapport à toute personne n’appartenant pas au peuple élu - peuple sacerdotal qui doit impérativement se garder « pur » pour pouvoir offrir à Dieu un sacrifice qui lui plaise. Sous couvert de rites religieux, ces pratiques relevaient avant tout du souci de sauvegarder une identité juive au milieu des nations païennes.

    Se faisant l’écho du prophète Isaïe, Jésus dénonce l’ambiguïté d’une telle attitude : derrière des explications se référant à la Thora, les doctrines enseignées par les pharisiens « ne sont que des préceptes humains ». Comme leur nom l’indique, les rituels « religieux » devraient avoir pour but de « relier » à Dieu ceux qui les accomplissent pieusement. Tel n’est plus le cas pour ces pratiques traditionnelles qui se sont réduites au fil des années, à des signes identitaires permettant de tracer la frontière entre le juif et le non-juif. Notre-Seigneur condamne l'hypocrisie de ces comportements pseudo-religieux, qui sacralisent une séparation entre les personnes alors que le Père a tout au contraire envoyé son Fils pour « rassembler ses enfants dispersés » (Jn 11, 52). Refusant toute forme de ségrégation, Jésus s’adresse directement à la foule bigarrée qui l’entoure, et au sein de laquelle les règles de pureté ne devaient pas être particulièrement observées. « Ecoutez-moi tous - sous-entendu : quelle que soit votre appartenance raciale, sociale ou nationale - prêtez attention à mes paroles et non aux vains discours de ces soi-disant docteurs de la Loi qui se sont éloignés des chemins de la sagesse. La pureté n’est pas un attribut des aliments ou des ustensiles. Seul le cœur peut être qualifié de pur ou d’impur, selon qu’il est digne de servir de Temple à Dieu ou pas. »

    Nous n’avons guère d’illusion à nous faire : depuis que nous nous sommes éloignés de Dieu par le péché, notre cœur est une caverne remplie de « pensées perverses ; inconduite, vols, meurtres, adultères, cupidités, méchanceté, fraude, débauche, envie, diffamation, orgueil et démesure ». Nous en avons tous fait la triste expérience. A quoi bon purifier indéfiniment les ustensiles de cuisine pour éviter une impureté orale, alors que nous nourrissons des pensées coupables ? A quoi bon multiplier les ablutions corporelles extérieures, si notre cœur est maculé de pensées inavouables ? Les rites de purifications n’ont de sens que dans la mesure où ils sont l’expression d’une sincère conversion intérieure. Car Dieu seul peut nous purifier d’une eau lustrale qui soit spirituellement « efficace » : l’eau jaillie du côté transpercé de son Christ. C’est à cette eau qu’il pensait lorsqu’il annonçait par son prophète : « Je verserai sur vous une eau pure, et vous serez purifiés. De toutes vos souillures, de toutes vos idoles je vous purifierai. Je vous donnerai un cœur nouveau, je mettrai en vous un esprit nouveau. J’enlèverai votre cœur de pierre, et je vous donnerai un cœur de chair » (Ez 36, 25-26).

    Le « cœur de chair » - qui correspond au « cœur pur » - est précisément un « cœur de pierre » qui s’est laissé purifier par la grâce divine, sans lui opposer d’obstacle. Hélas chaque fois que nous désobéissons à « la Parole de vérité » (2nd lect.), nous résistons concrètement à l’action purificatrice de l’Esprit Saint ; nous sommes en contradiction avec notre engagement baptismal. L’homme « intelligent » et « sage », celui qui vit dans la proximité de son Dieu (cf. 1ère lect.), est tout au contraire celui qui se laisse instruire, qui « écoute les commandements et les décrets que le Seigneur lui enseigne ; qui garde ses ordres tels que le Seigneur son Dieu les a prescris, sans rien y ajouter et rien y retrancher, car la Loi du Seigneur est juste et ses paroles sont vraies » (cf. 1ère lect.). La conclusion logique nous vient sous forme d’exhortation de la plume de saint Jacques : « Accueillez donc humblement la parole de Dieu semée en vous » (2nd lect.).

    Bien sûr il ne s’agit pas d’en rester à de pieuses considérations : la Parole de Dieu « est capable de nous sauver » dans la mesure où nous la mettons en application. Car après la purification dans les eaux de notre baptême, nous avons aussi été vivifiés par le Sang jailli de la même Source. Nous vivons désormais de la vie de l’Esprit, c'est-à-dire de la vie du Christ ressuscité. Dès lors, ce sont nos œuvres de charité qui « prouvent » l’authenticité de notre conversion et qui plaident pour nous. Car « devant Dieu notre Père, la manière pure et irréprochable de pratiquer la religion, c’est de venir en aide aux orphelins et aux veuves dans leur malheur, et de se garder propre au milieu du monde » (2nd lect.).

    C’est donc à un sérieux examen de conscience que l’Eglise nous invite sur la nature des pensées qui habitent habituellement notre cœur : pensées perverses, cupides, malveillantes ; ou pensées de paix, d’amour, de bienveillance ? Le « glaive à deux tranchants » de la Parole fait-il partie des armes dont nous nous servons pour mener le beau combat contre nos complicités avec l’esprit des ténèbres ? Notre conversion est-elle simplement « idéologique », sans changer vraiment nos comportements, ou bien la parole est-elle semée dans une terre accueillante qui lui permet de porter son fruit de charité ?
    Les textes de la liturgie de ce jour viennent à point nommé en ce temps de reprise : puissent-ils nous aider à nous recentrer sur la finalité surnaturelle de nos engagements telle que nous la révèle « la Parole de Dieu semée en nous » (2nd lect.), afin d’agir en « peuple sage et intelligent » dont « le Seigneur notre Dieu est proche chaque fois qu’il l’invoque » (1ère lect.).

    « “Seigneur, qui séjournera sous ta tente ? Celui qui se conduit parfaitement, qui agit avec justice et dit la vérité selon son cœur” (Ps 14). Puissions-nous tout au long de cette année qui commence, nous laisser guider par ta “parole de vérité qui nous donne la vie”, afin de te plaire en toutes choses, et d’être de vrais témoins de ton amour. “Père de toutes les lumières”, fais descendre d’en haut “les dons les meilleurs, les présents merveilleux” (2nd lect.) sur tes enfants, pour qu’ils se convertissent et trouvent en toi le bonheur pour lequel tu les as créés. »

    Père Joseph-Marie

  • Saint Junipero Serra, premier saint hispanique de l'Eglise d'Amérique du Nord

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    D'Evangile au Quotidien :

    Saint Junípero Serra
    Prêtre franciscain missionnaire en Californie

    fêté le 28 août

    Junípero, au siècle Miquel Josep, Serra, naît le 24 novembre 1713 à Petra sur l'île de Majorque aux Baléares.

    Il entra chez les Franciscains le 14 septembre 1730. Excellent aux études il enseigna la philosophie, avant même d'être ordonné prêtre. Il obtint également un doctorat en théologie de l'université de Palma.
    Junípero Serra part pour le Nouveau Monde en 1749. Il a alors 36 ans et enseigne d'abord la philosophie au collège de Mexico. Mais, de cœur, Serra est un pionnier et un missionnaire. C’est à l’âge de 55 ans que ce petit homme, pas particulièrement robuste et marchant à l'aide d’une canne (séquelle d’une vieille blessure), accepte la tâche de coordonner les activités missionnaires dans la région.
    Il faut d'abord reprendre les missions de la Baja California passées sous l'administration des Franciscains lorsque les jésuites furent expulsés d'Espagne et de toutes les colonies espagnoles par Charles III (en 1768).

    Avec le groupe de 15 franciscains dont il est supérieur il fonde également des nouveaux postes : San Barnabé, près de Monterrey, au nord de la colonie de Nouvelle-Espagne (l'actuel Mexique). De là, il visite les peuples aborigènes de la Californie, région encore inexplorée. En quelques années, les Franciscains fondent 21 missions. L'une d'elles fait l'objet d'une attention particulière du vice-roi de Nouvelle-Espagne, Bucareli. C’est, principalement à dos de mule qu’il couvrira les 750 miles pour rejoindre le site de sa première mission, San Diego, qu’il atteint en 1769. De cette date jusqu’à sa mort, 15 ans plus tard, il aura fondé 9 autres missions (10 au total sur un ensemble, à terme, de 21).

    Le 15 décembre 1774, le Vice-roi Antonio Maria de Bucareli adresse au Père Junipero Serra une lettre où il lui propose de participer à une expédition vers une baie d'importance stratégique, en Californie centrale, sous le commandement du capitaine de marine Juan Bautista de Anza. C'est ainsi qu'un premier camp militaire est établi en ce lieu et les Pères Palou et Cambon y célèbrent la messe pour la première fois devant une modeste cabane, la mission Dolorès. Le lieu recevra le nom de San Francisco en l'honneur de saint François d'Assise.
    Il meurt le 28 août 1784 à Monterey, en Californie, après avoir fondé de nombreuses missions dans le Nouveau monde.

    Junípero Serra a été béatifié le 25 septembre 1988 par St Jean-Paul II (Karol Józef Wojtyła, 1978-2005) et proclamé Saint le 23 septembre 2015, au Sanctuaire national de l’Immaculée Conception de Washington, par le Pape François (Jorge Mario Bergoglio, 2013-) lors de son voyage apostolique aux États-Unis.
    En canonisant Junípero Serra, le Pape François a donné à l'Église nord-américaine son premier Saint hispanique.