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  • Synode : un retour aux années 70 ?

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    Les propositions des catholiques français en vue du Synode sur la Synodalité ne diffèrent pas substantiellement de celles qu'on retrouve exprimées dans les diocèses belges. On peut d'ailleurs s'interroger sur la représentativité des groupes qui se sont exprimés, le simple catholique du rang n'ayant eu guère l'occasion de participer à ce processus dont on peut craindre qu'il débouche sur de réelles impasses.

    Du blog de la lettre d'information de Denis Sureau "Chrétiens dans la Cité" :

    Synode français : retour aux années 70

    Environ 150 000 catholiques auraient contribué en France aux propositions en vue du Synode sur la synodalité d’octobre 2023. Le chiffre peut sembler important, mais il ne représente que 10 % des pratiquants. Les évêques ont déploré que les plus jeunes n’aient pas participé aux discussions, ni les catholiques traditionnels. Mgr Alexandre Joly, évêque de Troyes et responsable du synode pour la France, a reconnu : « toutes les sensibilités ne se sont pas exprimées et il nous manque une génération, les 25-45 ans. » L’absence des jeunes et jeunes adultes explique le contenu des doléances exprimées dans les synthèses produites, à la fois très datées années 70 et éloignées de leurs préoccupations, quand elles ne sont pas décalées par rapport à l’enseignement de l’Église : ordination diaconale et sacerdotale des femmes, mariage des prêtres, homélies données par des laïcs et « spécifiquement » des femmes, célébrations de la Parole au détriment de l’eucharistie, « gouvernance » démocratique (élection de conseils de laïcs jouant le rôle de contre-pouvoirs…), filles servantes d’autel, etc.

    Les évêques ont transmis ces propositions quelque peu embarrassantes à Rome, sans pour autant les approuver. Dans la lettre qui les accompagne, en forme de recadrage, les évêques observent « l’absence de certains sujets : l’un des trois termes centraux du synode, la mission, est peu présent. La vocation de l’Église est missionnaire, tout entière tournée vers l’annonce de la Bonne Nouvelle. […] Nous avons à entendre d’autres appels, moins exprimés ou rapportés, cependant urgents, où les chrétiens ont un témoignage à donner : les grands enjeux de la société, les divers modèles anthropologiques proposés, l’écologie intégrale, la solidarité internationale. Nous avons aussi à nous demander pourquoi certaines richesses spirituelles chrétiennes sont soit ignorées soit dévalorisées, par exemple, l’eucharistie en tant que sacrifice de Jésus, les sacrements, la vie consacrée, le célibat des prêtres, le diaconat. Nous constatons également que la famille comme lieu d’apprentissage de la fraternité n’est pas évoquée. »

    Transmission de la foi, évangélisation, mission, intervention dans le débat public sur des thèmes qui mettent l’homme en péril, ressourcement dans l’eucharistie en tant que « sommet de la vie chrétienne » (Vatican II), engagement civique, promotion de la vie de la famille, toutes ces thématiques sont au cœur de notre vocation de chrétiens dans la cité. Comment pourrions-nous les oublier ? 

  • Retour sur la renonciation de Mgr Van Looy au cardinalat

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    De Nico Spuntoni sur le site de la Nuova Bussola Quotidiana :

    Belgique, le scandale des abus refait surface : le cardinal élu renonce à son mandat

    22-06-2022

    Le pape François a accepté la renonciation au cardinalat de Mgr Lucas Van Looy, qui devait recevoir la pourpre au consistoire en août. Les accusations du Werkgroep Mensenrechten in de Kerk selon lesquelles il n'aurait pas fait assez en son temps pour arrêter deux religieux responsables de violences contre des mineurs ont été fatales à l'évêque émérite de Gand. L'embarras dans l'Église belge.

    Contrordre, mes frères ! La nouvelle de la renonciation de Monseigneur Lucas Van Looy au cardinalat, acceptée par le pape François, a provoqué un brusque revirement de la Conférence épiscopale belge. En effet, le 29 mai dernier, lorsque le Saint-Père a annoncé que la liste des cardinaux à créer le 27 août incluait également le nom de l'évêque émérite de Gand, le président de la Conférence épiscopale, le cardinal Jozef De Kesel, avait fait savoir qu'il avait appelé Van Looy pour le féliciter au nom de tous les évêques et avait également annoncé sa présence à Rome pour le Consistoire. Le Père Tommy Scholtes, porte-parole de la Conférence, avait également réagi avec jubilation à la nouvelle.

    L'euphorie, cependant, n'a duré que peu de temps : le temps de lire le communiqué de l'association Werkgroep Mensenrechten in de Kerk ("Groupe de travail sur les droits de l'homme de l'Église"), qui a sévèrement critiqué la conduite passée sur le front des abus du cardinal élu, accusé de ne pas avoir agi de manière adéquate pour arrêter deux religieux responsables de violences sur des mineurs pendant leur activité missionnaire en Afrique. Dans l'un des deux cas, celui d'Omer V., qui aurait violé plusieurs mineurs au Congo dans les années 1980 et une jeune fille dans la banlieue de Gand dans les années 1990, il y a également eu un incident diplomatique : en 2014, en effet, le départ imminent pour une mission humanitaire auprès d'orphelins africains du prêtre controversé n'a été bloqué que par l'intervention du consul général honoraire du Rwanda, qui a fait retirer le visa après que le scandale a éclaté dans les médias belges.

    À l'époque, le diocèse de Gand s'est défendu contre les accusations selon lesquelles il n'en avait pas fait assez, affirmant que l'évêque avait imposé des mesures restrictives qui étaient ignorées par Omer V. et qu'il ne pouvait pas faire beaucoup plus. Le journaliste Yves Delepeleire rapporte que le consul rwandais s'est dit "très désolé" de l'attitude de Van Looy, qu'il connaissait personnellement et qui ne lui avait jamais parlé de l'affaire, bien qu'il en ait eu connaissance. Le dossier était également connu à Rome, comme l'avait raconté Van Looy lui-même en 2014, disant qu'il avait demandé qu'Omer V. soit réduit à l'état laïc, alors qu'en 2009 il avait été honoré par le diocèse pour 50 ans de sacerdoce.

    Pour toutes ces raisons, déjà en 2018, l'organisation Ending clergy abuse (Eca) avait demandé au Vatican d'ouvrir une enquête sur l'évêque de Gand, et le mois dernier, lors de l'annonce du Consistoire, le malaise a refait surface, avec la déclaration du Werkgroep Mensenrechten in de Kerk, dans laquelle Van Looy est accusé d'avoir ignoré leurs lettres de plainte et de ne pas avoir agi comme il aurait dû. Le tollé qui s'en est suivi a conduit le salésien belge à se retirer et à demander au pape de le dispenser d'accepter le cardinalat. C'était donc le cas. Un revirement qui a contraint la Conférence épiscopale de Belgique à modifier le registre des déclarations : le cardinal De Kesel, qui avait auparavant fait savoir avec enthousiasme qu'il souhaitait partir à Rome pour assister au Consistoire, a annoncé qu'il accueillait "favorablement" la décision. Même sur le canal social de la Conférence, "Cathobel" (avec un re-partage du porte-parole Scholtes), la nouvelle de ce retour en arrière a été présentée comme la preuve que l'Église belge "a décidé de mettre les victimes au centre".

    Pourtant, trois semaines plus tôt, alors que les accusations contre Van Looy de " ne pas avoir réagi avec suffisamment d'énergie, en tant qu'évêque de Gand (2004-2020), contre les abus " étaient déjà connues, les critiques prévisibles des associations n'avaient pas été imaginées. C'est un embarras pour l'Église en Belgique, qui a récemment souffert du scandale des abus. L'opinion publique ne lui a pas encore pardonné le cas de l'ancien évêque de Bruges, Roger Vangheluwe, qui a avoué l'agression sexuelle de son neveu mineur et qui vit actuellement retiré dans une abbaye française à Solesmes.

    La crédibilité minée sur la question des abus se combine avec le désert vocationnel qui fait de plus en plus s'évanouir le mythe de la Belgique comme bastion du catholicisme : selon un rapport basé sur les chiffres de l'Annuarium Statisticum Ecclesiae 2019, en effet, il est probable que suivant cette tendance, le dernier monastère belge fermera en 2030, donc dans moins de dix ans. Un scénario qui n'effraie pas son primat, le cardinal De Kesel, qui a toujours considéré la déchristianisation comme une opportunité et soutient que le catholicisme doit embrasser la société sécularisée. C'est précisément l'actuel président de la Conférence des évêques de Belgique qui a fêté son 75e anniversaire il y a quelques jours et qui a envoyé à Rome sa démission en tant qu'archevêque de Malines-Bruxelles. Cette fois, cependant, il n'y aura pas de répétition du précédent créé en 2015, lorsque la démission de son prédécesseur, Monseigneur André-Joseph Léonard (voulu là en 2010 par Benoît XVI à la place du Cardinal Godfried Danneels, bien que le Cardinal sortant ait indiqué sa préférence pour De Kesel), a été acceptée en un temps record : en fait, il est probable que tout restera inchangé jusqu'en novembre prochain, lorsque la visite ad limina des évêques de Belgique est prévue.

  • La "voie synodale allemande" : une tentative de coup d'Etat d'après le cardinal Kasper

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    Lu sur kath.net/news :

    Le cardinal Kasper intensifie la critique du chemin synodal - "... il brise le cou de l'église"

    22 juin 2022

    D'un ton lancinant, le cardinal presque nonagénaire rappelle aux évêques allemands ce que « chaque évêque (a) publiquement promis lors de son ordination épiscopale. Nous devrons rendre compte de cela un jour.

    Quelques jours après que le cardinal Christoph Schönborn de Vienne se soit clairement distancié de la voie synodale allemande, le cardinal Walter Kasper, qui appartient également à l'aile réformatrice, a vivement critiqué l'approche allemande. Dans une contribution à l'initiative "Nouveau Commencement", l'ancien dirigeant œcuménique du Vatican a accusé les évêques allemands de détruire l'un des trois piliers sur lesquels repose l'Église - à savoir la fonction d'évêque. La fonction d'évêque est "à ce jour commune à toutes les églises du premier millénaire en Orient et en Occident ... Quiconque scie ce pilier brise le cou de l'église".

    Kasper fait référence à l'intention de certains évêques allemands de se soumettre en permanence à un conseil synodal. (...) « Les évêques », selon Kasper, « ne peuvent en effet plus exercer la tâche et l'autorité qui leur sont assignées, s'ils y renoncent volontairement dans un acte d'engagement et déclarent qu'ils suivront les décisions du synode ou du futur conseil synodal.»

    Kasper considère les engagements des évêques exigés par le chemin synodal comme un "truc paresseux". Aucun évêque ne peut pour lui-même (et certainement pas pour ses successeurs en fonction) renoncer à l'exercice de ses fonctions légales. « Imaginez un fonctionnaire qui se laisse nommer puis renonce à l'exercice de ses fonctions légales. Une procédure légale serait sans danger pour lui. » Kasper voit même la manœuvre stratégique avec les auto-engagements comme « un coup d'État, une tentative de coup d'État » dans l'Église au sens du droit constitutionnel. Kasper : "A terme, un tel engagement équivaudrait à une démission collective des évêques."

    D'un ton lancinant, le cardinal presque nonagénaire rappelle aux évêques allemands ce que « chaque évêque (a) publiquement promis lors de son ordination épiscopale. Il faudra en rendre compte un jour." Kasper supplie ses confrères : "On ne s'en tirera pas avec des points de vue purement tactiques." Aussi noble que clair sur le sujet, le chef d'église Kasper s'adresse au siège du jugement de Dieu uniquement en son propre nom : « Je ne juge pas les autres ; Je peux seulement dire que je ne vois pas comment je pourrais représenter des déclarations individuelles qui ont déjà été décidées (c'est-à-dire : sur le chemin synodal) comme compatibles avec l'évangile au jugement dernier.

  • Le pape continuera "aussi longtemps que Dieu le permettra"

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    De Infocatolica.com :

    IL CONTINUERA "AUSSI LONGTEMPS QUE DIEU LE PERMETTRA".

    Le pape assure aux évêques brésiliens qu'il n'a pas l'intention de démissionner
    Le pape François a rejeté les spéculations des médias sur une éventuelle démission imminente du pontificat. C'est ce qu'ont rapporté à l'unanimité plusieurs évêques brésiliens qui ont rencontré le Saint-Père lors de sa "visite ad limina" à Rome.

    22/06/22

    (Agences/InfoCatólica) Le pape François a avoué aux évêques brésiliens qu'il ne pense pas à démissionner, comme le disent certains médias, et qu'il veut poursuivre sa mission "jusqu'à ce que Dieu le permette", selon les médias du Vatican.

    L'archevêque de Porto Velho, Roque Paloschi, a déclaré à Vatican.news que François lui avait dit "qu'il avait de nombreux défis à relever, mais que ce qui est dans la presse (faisant référence à sa possible démission) ne lui venait pas à l'esprit", lorsque le sujet de sa santé a été abordé lors d'une réunion lundi avec un groupe d'évêques brésiliens en visite "ad limina".

    Mgr Lúcio Nicoletto, administrateur diocésain de Roraima, a ajouté qu'ils voyaient en François une évidente "fragilité" mais "aussi une très grande force". La force du Pape donne de la force à beaucoup de gens : "Parfois nous avons même honte d'être là et de nous plaindre de tant de choses, et puis nous regardons le Pape avec toute sa vitalité".

    Les rumeurs n'ont aucun sens

    En raison des problèmes persistants de genou de François, plusieurs journalistes et analystes du Vatican ont récemment émis l'hypothèse que l'homme de 85 ans pourrait préparer sa démission imminente. L'annulation récente d'un voyage en Afrique prévu pour début juillet a donné un nouvel élan aux rumeurs. Toutefois, ceux qui connaissent bien la personnalité du souverain pontife pour avoir été à la tête de l'archidiocèse de Buenos Aires ont indiqué à plusieurs reprises qu'il était pratiquement impossible pour François de démissionner, à moins qu'il ne soit atteint d'une maladie affectant sa santé mentale.

  • Thomas More, champion de la Contre-Réforme

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    Saint Thomas More

    Saint Thomas More (source)

    Le 15 juin 1520, Léon X signe la bulle Exsurge Domine contre Luther. Dès le 24, celui-ci rédige son Appel à la Noblesse chrétienne de la Nation Allemande pour l’amélioration de la Chrétienté. C’est une déclaration de guerre à la Papauté. Puis, il lance un violent réquisitoire contre l’Église et ses Sacrements, suivi de la revendication d’une totale liberté du chrétien par rapport à toute autorité ecclésiastique, et d’un appel à la libération des moines par rapport à leurs vœux. Le 10 décembre, à Wittemberg, il brûle la Bulle de l’Antéchrist  !

    Le Roi d’Angleterre a jugé de son devoir d’intervenir. Le 12 juillet 1521 paraît son Assertion des Sept Sacrements, en réponse au réquisitoire de Luther, et se voit décerner le titre de “Defensor fidei” par le pape Léon X.

    Luther répond en lançant avec insolence et mainte grossièreté un défi au roi (…). Celui-ci ne peut décemment relever le défi sans déchoir  : il en laisse le soin à son ami et conseiller l’honorable Sir Thomas More, qui, sans négliger aucune de ses charges publiques répond par un énorme pamphlet  : l’Adversus Lutherum, sous le pseudonyme de Guilelmus Rosseus, le donneur de rossées. L’ouvrage parut en 1523. (…)

    L’ADVERSUS LUTHERUM

    Les sept premiers chapitres du Livre Premier nous apprennent beaucoup sur la personne de Luther. Pour y être vivement rossé, il n’en est pas moins fort exactement observé et critiqué. (…) More fustige l’incommensurable orgueil de ce Docteur. (…)

    Mille détails le dépeignent dans sa pleine vérité, n’en déplaise à ses admirateurs. Thomas More lui reproche sa conduite vulgaire, nous le montrant écrivant ses livres dans la compagnie des buveurs de bière. Puis, plus sérieusement, il lui reproche, à lui qui n’est pas un saint et loin de là, de ne pas distinguer les vices répréhensibles des gens d’église de leurs fonctions toujours saintes et du dépôt de la doctrine et des sacrements qui sont choses divines.

    More manie la langue verte, pour répondre à Luther en son propre langage, parce qu’il jugeait que l’autre le méritait.

    Sur le fond doctrinal, More démontre l’absurdité d’un système selon lequel il ne faudrait rien tenir pour certain qui ne soit prouvé par un texte évident de l’Écriture. Et d’autant plus que Luther falsifie et truque les textes, les oublie ou leur fait dire le contraire de ce qu’ils signifient  ! Avec force, More déclare qu’un tel principe autorise et provoque une destruction totale de l’Église, comme Magistère de vérité, Autorité législative, Dispensatrice des sacrements…

    More défend la primauté et l’antériorité de la Tradition sur l’Écriture. (…) Là, il atteint la vérité la plus profonde  : ce libre-examen fondé sur l’Écriture est une nouvelle forme de rationalisme  !

    Luther fait encore appel à «  l’Église  », mais «  l’Église du Christ  », qui n’est pas l’Église Catholique, devenue à ses yeux Babylone, la Synagogue de Satan. Son Église, c’est l’Église invisible, parce qu’elle doit être sans péché  ? Mais, rétorque Thomas More, Luther veut une Église sans péché  ? Mais pour lui toute œuvre bonne est péché et orgueil et damnation  ; toute œuvre mauvaise au contraire est principe d’humiliation et de salut par la foi. La foi seule sauve, même sans confession  ! Alors, l’Église romaine qui est saturée de péchés devrait être la vraie, dans la foi  ! L’Église des Purs, selon Luther, n’en est que la diabolique caricature, pleine d’orgueil, qui n’a pas besoin de prier et ne peut avoir la foi  ! L’Église romaine se sait pauvre et faible, elle croit, et elle prie…

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  • Invoquer saint Thomas More, patron céleste des responsables de gouvernement et des hommes politiques (22 juin)

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    Saint Thomas More, la fidélité à l'Eglise au prix de la tête - Diocèse de  Versailles

    LETTRE APOSTOLIQUE
    EN FORME DE MOTU PROPRIO
    POUR LA PROCLAMATION DE SAINT THOMAS MORE
    COMME PATRON DES RESPONSABLES DE GOUVERNEMENT
    ET DES HOMMES POLITIQUES

    JEAN-PAUL II
    EN PERPÉTUELLE MÉMOIRE

    1. De la vie et du martyre de saint Thomas More se dégage un message qui traverse les siècles et qui parle aux hommes de tous temps de la dignité inaliénable de la conscience, dans laquelle, comme le rappelle le Concile Vatican II, réside «le centre le plus secret de l’homme et le sanctuaire où il est seul avec Dieu dont la voix se fait entendre dans ce lieu le plus intime» (Gaudium et spes, n. 16). Quand l’homme et la femme écoutent le rappel de la vérité, la conscience oriente avec sûreté leurs actes vers le bien. C’est précisément pour son témoignage de la primauté de la vérité sur le pouvoir, rendu jusqu’à l’effusion du sang, que saint Thomas More est vénéré comme exemple permanent de cohérence morale. Même en dehors de l’Église, particulièrement parmi ceux qui sont appelés à guider les destinées des peuples, sa figure est reconnue comme source d’inspiration pour une politique qui se donne comme fin suprême le service de la personne humaine.

    Certains Chefs d’État et de gouvernement, de nombreux responsables politiques, quelques Conférences épiscopales et des évêques individuellement m’ont récemment adressé des pétitions en faveur de la proclamation de saint Thomas More comme Patron des Responsables de gouvernement et des hommes politiques. Parmi les signataires de la demande, on trouve des personnalités de diverses provenances politiques, culturelles et religieuses, ce qui témoigne d’un intérêt à la fois vif et très répandu pour la pensée et le comportement de cet insigne homme de gouvernement.

    2. Thomas More a connu une carrière politique extraordinaire dans son pays. Né à Londres en 1478 dans une famille respectable, il fut placé dès sa jeunesse au service de l’Archevêque de Cantorbéry, John Morton, Chancelier du Royaume. Il étudia ensuite le droit à Oxford et à Londres, élargissant ses centres d’intérêts à de vastes secteurs de la culture, de la théologie et de la littérature classique. Il apprit à fond le grec et il établit des rapports d’échanges et d’amitié avec d’importants protagonistes de la culture de la Renaissance, notamment Didier Érasme de Rotterdam.

    Sa sensibilité religieuse le conduisit à rechercher la vie vertueuse à travers une pratique ascétique assidue: il cultiva l’amitié avec les Frères mineurs de la stricte observance du couvent de Greenwich, et pendant un certain temps il logea à la Chartreuse de Londres, deux des principaux centres de ferveur religieuse dans le Royaume. Se sentant appelé au mariage, à la vie familiale et à l’engagement laïc, il épousa en 1505 Jane Colt, dont il eut quatre enfants. Jane mourut en 1511 et Thomas épousa en secondes noces Alice Middleton, qui était veuve et avait une fille. Durant toute sa vie, il fut un mari et un père affectueux et fidèle, veillant avec soin à l’éducation religieuse, morale et intellectuelle de ses enfants. Dans sa maison, il accueillait ses gendres, ses belles-filles et ses petits-enfants, et sa porte était ouverte à beaucoup de jeunes amis à la recherche de la vérité ou de leur vocation. D’autre part, la vie familiale faisait une large place à la prière commune et à la lectio divina, comme aussi à de saines formes de récréation. Thomas participait chaque jour à la messe dans l’église paroissiale, mais les pénitences austères auxquelles il se livrait n’étaient connues que de ses proches les plus intimes.

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