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Ethique - Page 438

  • Pape François en Corée : appel à la paix, au dialogue et au pardon

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    Lu sur le site Aleteia :

    Le pape François est arrivé ce jeudi à Séoul, pour une visite qui durera cinq jours en Corée du Sud, pays où le catholicisme est une religion doublement minoritaire. Accueilli par la présidente Park Geun-Hye à son arrivée à l'aéroport, il est ensuite monté à bord non pas d'une "papamobile", mais dans une petite voiture noire, saluant de la main par la fenêtre la foule rassemblée le long de la route.

    C'est pour une fois en anglais que le pape François a exhorté les deux Corées à retrouver le chemin de la paix, à dépasser les «récriminations» et à cesser de recourir au «déploiement des forces». Pour le Saint Père, la paix ne pourra être atteinte que par le dialogue et le pardon. Le pape François s'est également arrêté sur le témoignage que constitue la vie des 124 premiers martyrs chrétiens de Corée, «prêts à donner leur vie dans la vérité dans laquelle ils croyaient», appelant les jeunes à "appliquer aux défis du présent" la "sagesse des anciens".

    Mais l'appel à la paix et à la réconciliation lancé dès son arrivée par le pape François à Séoul, aura été accueilli par une démonstration de force des plus classiques de la part de la Corée du Nord, qui avait refusé que des catholiques nord-coréens viennent à la rencontre du pape : elle a effectué ce jeudi un tir de trois projectiles de courte portée dans la mer, depuis ses côtes est, obligeant la Corée du Sud à relever son état d'alerte le long de la frontière.

     Réf.  Séoul : le pape François lance un appel à la paix, la Corée du Nord lance trois missiles

     JPSC

  • Ne me réanimez pas

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    Jeanne Smits, sur son blog, nous informe des progrès de la mentalité euthanasique aux Pays-Bas et en Flandre :

    C’est encore une retombée de la « société euthanasique » où par définition, se répand une propagande pro-mort qui est véritablement une culture de mort. Aux Pays-Bas comme en Belgique néerlandophone, le nombre de porteurs d’un refus de réanimation augmente de manière « explosive ». Plaque d’identité ou format carte de crédit, c’est un petit document que l’on garde sur soi en toute circonstance pour décourager toute tentative de secours en cas de crise cardiaque, arrêt respiratoire ou autre AVC.

    Les partisans de la non-réanimation ont entendu dire que les chances de guérir après une réanimation sont modestes. Et même si les statistiques affichées sont un peu meilleures lorsque les soins sont donnés à l’hôpital, leur crainte est de survivre à l’état de « légume ».

    Le risque de devenir totalement dépendant à la suite d’une réanimation est pourtant minime : 1 % (la probabilité d’y survivre, elle, se situe entre 10 et 20 %).

    Aux Pays-Bascomme en Flandres, ce sont les associations pour la « mort digne » ou la « fin de vie choisie »  (c’est équivalent) qui font la promotion et la distribution de ces documents non officiels mais qui sont généralement respectés par les soignants puisque cela leur est imposé par la loi. Aux Pays-Bas, la NVVE commercialise les plaques d’identité marquées de la photo, du nom et des coordonnées du porteur, pour la modique somme de 37,50 €. On ne peut l’obtenir sans devenir membre. Il suffit ensuite de les porter.

    En Belgique, la procédure est plus compliquée : il faut faire préciser ses directives anticipées (refus de réanimation, demande d’euthanasie en cas de coma, don d’organes, directives pour l’enterrement, don du corps à la science) et les mettre en sécurité chez une personne de confiance. La « Leifkaart » portée sur soi renvoie vers cette personne. Et c’est gratuit, grâce au concours de plusieurs associations « humanistes ».

    Aux Pays-Bas, le nombre total de plaques commandées atteint désormais plus de 20.000 ; le nombre d’enregistrements est passé de 1.200 en 2007 à 5.000 en 2013. En Belgique l’augmentation des demandes a été encore bien plus rapide et le nombre de porteurs avoisine les 30.000. L’association LEIF annonce une attente de deux mois pour la fourniture des cartes.

    Cette nouvelle mode n’est certainement pas sans rapport avec la propagande médiatique et les réunions d’information, souvent organisées par les associations pour l’euthanasie, visant à sensibiliser la population sur le risque de la démence ou de la dépendance. Aux Pays-Bas, beaucoup de directives anticipées sont rédigées en ces occasions.

    L’association néerlandaise du cœur a réagi à l’information en invitant les Néerlandais à bien réfléchir avant de faire un tel choix, rappelant que la réanimation offre la chance d’une seconde vie. Elle cite le cas d’un cycliste amateur réanimé l’an dernier à 58 ans à la suite d’une défaillance cardiaque. Il est aujourd’hui en pleine santé.

  • Errare americanum est

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    Lu sur le site web « Boulevard Voltaire » :

    « Les Américains », disait Churchill, « trouvent toujours la bonne solution après avoir essayé toutes les autres. » En ce qui concerne l’Irak, et en espérant que l’avenir confirmera l’optimisme de ce bon vieux Winston, force est de constater que le passé a jusqu’ici, hélas, prouvé sa clairvoyance.

    Ce fut une première erreur – morale – des États-Unis, après avoir envoyé Saddam Hussein combattre en première ligne l’Iran révolutionnaire de Khomeiny, d’avoir payé d’ingratitude le dictateur irakien et de ne lui avoir proposé aucune contrepartie en échange de son engagement de bon petit soldat de l’Occident au cours d’une guerre de huit ans qui avait coûté un peu plus d’un million d’hommes aux deux belligérants. Il n’était pas si aberrant qu’on voulut bien le dire à l’époque que Saddam, dépité, ait tenté de se payer sur la bête en annexant le Koweït, arbitrairement détaché du reste de l’Irak et artificiellement érigé en État indépendant par la Grande-Bretagne, avide de mettre la main (par émir interposé) sur ses richesses pétrolières.

    Ce fut une seconde erreur – géopolitique, celle-là –, après avoir affaibli le pouvoir du « maître de Bagdad », comme disaient à l’unisson nos bons médias, d’en finir avec celui-ci sur la base d’accusations mensongères sans avoir la moindre idée de la complexité du pays où la coalition laborieusement constituée et emmenée par Washington mettait ses pieds et ses gros sabots ni de la façon dont on comblerait le vide laissé par la chute de l’homme fort qui faisait tenir ensemble, tant bien que mal, les morceaux de l’ensemble hétéroclite qu’avaient imaginé les vainqueurs de la Première Guerre mondiale.

    Accueillis par certains en libérateurs, les héros de la deuxième guerre du Golfe ne tardèrent pas à être tenus par la grande majorité de la population irakienne – à la notable exception des Kurdes – pour des occupants.

    Ce fut une troisième erreur, dont la région et le monde paient aujourd’hui les conséquences, après avoir créé les conditions du chaos, de laisser s’en dépatouiller le gouvernement corrompu, sectaire, autoritaire et impuissant qu’on avait mis en place et après être venu quand ce n’était pas nécessaire de s’en aller quand il aurait fallu rester.

    C’est une quatrième erreur d’ajouter à l’anarchie et au désarroi ambiants une crise politique et de congédier comme un laquais Nouri al-Maliki après avoir utilisé ses services pendant huit ans. Était-il véritablement important, urgent et intelligent de s’ingérer une fois encore dans les affaires intérieures de l’Irak au moment où ce n’est plus seulement la stabilité mais l’existence même de ce pays qui est en cause, et alors que les 350.000 hommes censés constituer l’armée et les 600.000 hommes enrégimentés dans les forces de police irakiennes sont mis en déroute par les combattants fanatiques, aguerris, motivés et suréquipés de l’État islamique ?

    C’est une cinquième erreur de limiter l’intervention militaire que justifie pleinement la situation à quelques bombardements ciblés suffisants pour que les islamistes dénoncent la nouvelle ingérence américaine mais insuffisants pour enrayer la déroute du régime irakien et l’exode des populations que chasse devant elle, comme un troupeau de moutons, l’offensive djihadiste.

    Il est des moments dans l’histoire – et nous sommes dans un de ces moments – où les demi-mesures sont dépassées, où les tergiversations sont criminelles, où les bêlements humanitaires ne servent plus de rien, où la parole est aux armes.

    Quitte à froisser le Qatar, quitte à déplaire à l’Arabie saoudite, quitte à conforter Bachar el-Assad, quitte à s’allier avec l’Iran, les États-Unis et l’Union européenne peuvent encore réparer et effacer toutes leurs fautes passées en déclarant la guerre aux fous monstrueux qui sont entrés en guerre contre l’humanité. C’est maintenant qu’il faut agir, sous peine d’être accusés devant les hommes et devant l’histoire de non-assistance à civilisation en danger. »

    Ref . Errare americanum est

     N’en déplaise à ceux qui estiment qu’après tout, les djihadistes du Califat autoproclamé sont loin d’atteindre le niveau de nocivité auquel sont parvenus Robespierre,  Staline ou Hitler. Mais c’est peut-être ce que pensaient déjà ceux qui ont laissé faire ces derniers.

    JPSC

  • Chrétiens d’Irak : le patriarche de Babylone, Mgr Louis Sarko, est un homme concret

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    Le Patriarche de Babylone des chaldéens confie à Aleteia collaborer avec le gouvernement pour conduire les réfugiés chrétiens jusqu'à Bagdad. Extraits de l’interview :

    (…) Mark Arabo, homme d’affaires californien et leader chrétien, a récemment évoqué au micro de CNN un “génocide des chrétiens” et une “décapitation systématique des enfants” de la part de l’EIIL, en précisant qu’il existe à Mossoul “un parc où ont été décapités des enfants, et dont les têtes ont été enfilées sur de bâtons”. Pouvez-vous confirmer ou infirmer ces propos ?

    Mgr Sako : Il n’y a rien eu de ce genre. Aucune décapitation. A Mossoul, de l’argent a été volé, mais les chrétiens n’ont pas été attaqués physiquement. Il y a eu un exode de masse et beaucoup de panique dans la plaine de Ninive. Les personnes ont été littéralement chassées de leurs propres villages. Il n’y a eu qu’un mort, un homme qui a tenté de traverser un check point dans un moment de tension.

    Est-il vrai que les militants de l’EIIL exigent des taxes de la part des chrétiens pour les avoir épargnés, et qu’ils kidnappent les femmes pour en faire leurs épouses ? 

    Mgr Sako : Les deux nouvelles sont vraies. Il y a eu des enlèvements de femmes chrétiennes, de même que l’exigence de taxes. Ces fanatiques islamiques demandent en particulier de l’argent aux chrétiens pour leur permettre de retourner dans leur maison. Mais les chrétiens de leur font pas confiance. Ces gens là changent constamment d’idée : ils ne sont pas fiables. Il se peut qu’un chrétien paie aujourd’hui, qu’il rentre chez lui pour y vivre en paix et que demain les milices l’attaquent à nouveau avec des conséquences que l’on ignore.

    Le gouvernement de Bagdad a accusé les jihadistes sunnites de l’EIIL d’avoir jeté des centaines de Yézidis dans les fosses communes, avec parmi eux des femmes et des enfants. Que pouvez-vous nous en dire?

    Mgr Sako : Ce qui s’est passé pour les Yazidis est vrai. Plus de mille femmes ont été capturées en emmenées. Beaucoup d’enfants sont morts aussi. Ces gens n’ont ni nourriture ni eau et se sentent isolés du reste du monde. Ils ne savent que faire ni où aller.

    Au sujet de la crise irakienne, Mgr Silvani Maria Tomasi, Observateur permanent du Saint-Siège pour l’ONU de Genève, a dit que “l’action militaire était une nécessité dans ce contexte”. Que pensez-vous de l’intervention militaire américaine?

    Mgr Sako : Les frappes partielles ne suffisent pas. La solution de cette crise ne peut se trouver que par un accord plus ample avec l’implication du gouvernement kurde et du gouvernement central irakien. Sans une stratégie globale, le rêve de voir les gens rentrer chez eux ne se réalisera jamais !

    En ce moment, les chrétiens ont-ils le droit de s’organiser pour se défendre ou leur conseillez-vous de se résoudre plutôt à la fuite? 

    Mgr Sako : Comment pourraient-ils s’organiser? Ils sont avant tout en nombre réduit, de 400 à 500 000 en tout. Et la plupart d’entre eux ont déjà fui les villages. Ils sont tous éparpillés. Ensuite, étant donné leur situation actuelle, ils ne seraient même pas en mesure de donner vie à une milice. D’autant plus qu’il ont en face des extrémistes aguerris !
     
    Quels sont les scénarios possibles des prochains jours selon vous?

    Mgr Sako : Je crains que la situation n’empire. Il y a un vrai problème dû aux réfugiés, à l’urgence humanitaire et un autre problème d’ordre politique. Je ne vois pas d’issue pour le moment. Le monde entier doit se mobiliser pour la situation de l’Irak, faute de quoi une solution stable et permanente, à mon avis, s’éloignera irrémédiablement.

    Vous excluez un dialogue avec les jihadistes de l’EIIL?

    Mgr Sako : Pouvez-vous m’indiquer comment dialoguer avec un fanatique ? Vous avez face à vous un mur, et c’est tout ! Moi-même, au début de la crise, j’ai essayé de discuter avec l’un d’entre eux, mais c’est difficile, il n’y a aucune confiance, et ils changent d’avis continuellement.

    Y a-t-il un risque que l’influence de ces extrémistes islamistes puisse atteindre Bagdad ? 

    Mgr Sako : Il y a le risque qu’ils trouvent des sympathisants. Il leur sera difficile d’arriver jusqu’à Bagdad, mais ce n’est pas impossible pour autant.

    Comment l’Eglise catholique essaye-t-elle d’agir pour le drame des réfugiés?

    Mgr Sako : Dans toutes les églises du pays, nous avons installé des écoles, des dortoirs, des espaces pour manger. Dans chaque ville, dans les environs des villes attaquées par les milices, les zones d’accueil sont bondées. A présent, la meilleure chose à faire reste de transférer le plus de personnes possible vers Bagdad. Je suis en contact avec le gouvernement pour que cela se fasse.

    De quelle façon ce transfert devrait-il s’opérer?

    Mgr Sako : Les voies terrestres sont fermées, l’unique possibilité est la voie aérienne. Ici dans la capitale, nous avons plus d’espaces pour accueillir les gens qui risquent l’épuisement d’un moment à l’autre. Et puis il y a des hôpitaux et des lieux pour les soigner. Vingt familles ont déjà quitté l’enfer et sont arrivées à Bagdad, mais nous faisons tout pour en accueillir d’autres sous peu.

     *Interview traduite de l'édition italienne d'Aleteia par Solène Tadié
     

     Ref.INTERVIEW. "Les miliciens de l’EI n’ont pas torturé et décapité des chrétiens", précise Mgr Sako

    JPSC

  • L’exaspération grandissante des évêques d’Orient

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    Lu sur le nouveau site web catholique IHS News (gratuit, pendant sa période de lancement) :

    ENSEMBLE-DES-EVEQUES-CHALDEENS-SAUF-1-300x199 (1).jpg« L’incompréhension commence à monter en Irak. Tandis que le Pentagone vient de préciser que les Etats-Unis n’étendraient pas leurs frappes aériennes à d’autres zones en Irak, les chrétiens et les Yazidis continuent à mourir en fuyant les djihadistes de l’Etat Islamique. Face à cette absence de réelle action contre les membres de l’EI, les patriarches chrétiens commencent à élever le ton.

    Le Patriarche chaldéen Louis Sako a exprimé sa déception face à la portée limitée des frappes étasuniennes qui ne visent qu’à défendre la capitale du Kurdistan irakien, supprimant de fait tout espoir de renversement de la tendance sur le terrain : « La position du président de n’apporter une assistance militaire que pour protéger Erbil est décevante ». Il a par ailleurs à nouveau appelé ses ouailles à rester pour empêcher l’émergence souhaitée par les djihadistes d’un Irak sans chrétiens, et donc à ne pas profiter des visas humanitaires accordés par des pays comme la France.

    Mgr al Qas, évêque d’Amadiyah, a demandé à l’aviation étasunienne d’étendre son action afin de  « ne pas laisser le loup se mettre dans le troupeau pour tuer, manger, démolir ».

    Du côté du Liban qui a dû faire face à une attaque des djihadistes il y a quelques jours, le Patriarche Raï relance son appel à l’unité et à la nécessité de ne pas fuir à l’étranger.

    Tous les patriarches sont unanimes pour signifier que l’intervention militaire étasunienne ne changera rien en Irak, comme le signalait le patriarche Sako, si elle avait eu un autre but que la seule défense d’Erbil, les raids auraient débuté dès la prise de Mossoul.

    Le problème, avec cet espoir qui n’en est pas un au final, tient au fait que le moral des chrétiens d’Orient n’est, comme on peut l’imaginer, pas au plus haut. Persécutés, pourchassés, affamés, entassés dans des abris de fortune, leur espoir de jours meilleurs semble s’amenuiser jour après jour. Or l’annonce des frappes étasuniennes avait permis une éclaircie, mais qui sonne au final comme un coup d’épée dans l’eau. Oui, ils vont en majorité pouvoir atteindre des territoires libres, mais pour quel avenir, pour quelle vie ?

    Remontés par le drame que vivent leurs fidèles, les patriarches (qui sont restés au milieu des âmes qui leurs sont confiées), ainsi que le Saint Siège poussent plus en avant l’offensive.

    Le représentant du Saint Siège à l’ONU, Mgr Tomasi, après avoir déclaré qu’une action militaire était peut-être nécessaire (ne faisant ainsi que suivre l’enseignement du catéchisme et du code de droit canonique sur une réponse armée face à une agression), a exigé qu’une enquête soit diligentée par l’ONU, afin de dévoiler l’identité de « ceux qui fournissent des armes et de l’argent aux fondamentalistes, et les pays qui les appuient tacitement ». Mgr al Qas, va plus loin et cite même nommément l’Arabie Saoudite en précisant que la liste des responsables sera sans doute longue et remplie de surprises.

    Mais tout ceci ne fait malheureusement pas avancer la situation sur le terrain, pendant que les états occidentaux tergiversent sur ce qu’ils doivent faire, l’Etat Islamique implante un peu plus sa domination dans la région et prépare sa route sur Bagdad. D’ailleurs, les forces de sécurité irakiennes ne s’y trompent pas, elles qui sont déployées et en état d’alerte depuis dimanche. Se focaliser sur le seul problème des minorités persécutées ne résoudra pas le problème. Comme le signalait Mgr Sako, sauver Erbil n’éliminera pas le pouvoir de nuisance de l’Etat Islamique, sans compter que ces frappes ne seront pas éternelles et que l’EI est capable de changer temporairement d’objectif en attendant que le déluge de bombes (tout relatif) passe. Il faut entreprendre une réelle action de fond en Irak. Cependant, une action purement extérieure ne ferait que reproduire à nouveau, comme une histoire sans fin, le désastre irakien ou afghan, ces deux pays où une fois les troupes étrangères parties, le chaos a pris le dessus. Mgr Raï soulignait que contrairement à l’Irak, le Liban a su trouver un équilibre politique mais aussi militaire, et que c’est parce qu’il y a eu un équilibre militaire, grâce, entre autres, aux phalanges libanaises (qui existent depuis 1930-1940) ou aux forces libanaises (qui existent depuis les années 80), que l’équilibre politique a pu se réaliser. En Irak, les chrétiens son désarmés dans tous les sens du terme, et sont dépourvus d’une structure solide et fonctionnelle. Pour lui, il ne faudrait pas tant une intervention extérieure, qu’une structuration des forces présentes afin qu’une telle horreur ne se reproduise. Mais la communauté internationale ne semble pas prête à entendre cela, fondant tous ses espoirs sur les pershmergas kurdes et sur l’émergence du nouveau gouvernement irakien, déjà divisé avant même d’entrer en fonction.

    Les Patriarches semblent au final crier dans le désert sans susciter la moindre réaction de la communauté internationale persuadée de savoir ce qui est le mieux, alors qu’eux sont sur le terrain au milieu des morts et des réfugiés.

    P. JM. Robinne »

    Réf. L’exaspération grandissante des évêques d’Orient

    JPSC

  • Irak : Déclaration du Conseil pontifical pour le Dialogue interreligieux, 12.08.2014

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    Testo in lingua originale :

    Le monde entier a assisté, stupéfait, à ce qu’on appelle désormais « la restauration du califat » qui avait été aboli le 29 octobre 1923 par Kamal Atatürk, fondateur de la Turquie moderne.

    La contestation de cette « restauration » par la majorité des institutions religieuses et politiques musulmanes n’a pas empêché les jihadistes de l’« Etat Islamique » de commettre et de continuer à commettre des actions criminelles indicibles.

    Ce Conseil pontifical, tous ceux qui sont engagés dans le dialogue interreligieux, les adeptes de toutes les religions ainsi que les hommes et les femmes de bonne volonté,ne peuvent que dénoncer et condamner sans ambiguïté ces pratiques indignes de l’homme:

    -le massacre de personnes pour le seul motif de leur appartenance religieuse;

    -la pratique exécrable de la décapitation, de la crucifixion et de la pendaison des cadavres dans les places publiques;

    -le choix imposé aux chrétiens et aux yézidis entre la conversion à l’islam, le paiement d’un tribut (jizya) ou l’exode;

    -l’expulsion forcéede dizaines de milliers de personnes, parmi lesquelles des enfants, des vieillards, des femmes enceintes et des malades;

    -l’enlèvement de jeunes filles et de femmes appartenant aux communautés yézidie et chrétienne comme butin de guerre (sabaya);

    -l’imposition de la pratique barbare de l’infibulation;

    -la destruction des lieux de culte et des mausolées chrétiens et musulmans;

    -l’occupation forcée ou la désacralisation d’églises et de monastères;

    -le retrait des crucifix et d’autres symboles religieux chrétiens ainsi que ceux d’autres communautés religieuses;

    -la destruction du patrimoine religieux-culturel chrétiend’une valeur inestimable ;

    -la violence abjecte dans le but de terroriser les personnes pour les obliger à se rendre ou à fuir.

    Aucune cause ne saurait justifier une telle barbarie et certainement pas une religion. Il s’agit d’une offense d’une extrême gravité envers l’humanité et envers Dieu qui en est le Créateur, comme l’a souvent rappelé le Pape François.

    On ne peut oublier pourtant que chrétiens et musulmans ont pu vivre ensemble - il est vrai avec des hauts et des bas - au long des siècles, construisant une culture de la convivialité et une civilisation dont ils sont fiers. C’est d’ailleurs sur cette base que,ces dernières années, le dialogue entre chrétiens et musulmans a continué et s’est approfondi.

    La situation dramatique des chrétiens, des yézidis et d’autres communautés religieuses et ethniques numériquement minoritaires en Irak exige une prise de position claire et courageuse de la part des responsables religieux, surtout musulmans, des personnes engagées dans le dialogue interreligieux et de toutes les personnes de bonne volonté. Tous doivent être unanimes dans la condamnation sans aucune ambiguïté de ces crimes et dénoncer l’invocation de la religion pour les justifier. Autrement quelle crédibilité auront les religions, leurs adeptes et leurs chefs ? Quelle crédibilité pourrait avoir encore le dialogue interreligieux patiemment poursuivi ces dernières années?

    Les responsables religieux sont aussi appelés à exercer leur influence auprès des gouvernants pour la cessation de ces crimes, la punition de ceux qui les commettent et le rétablissement d’un état de droit sur tout le territoire, tout en assurant le retour des expulsés chez eux. En rappelant la nécessité d’une éthique dans la gestion des sociétés humaines, ces mêmes chefs religieux ne manquerontpas de souligner que le soutien, le financement et l’armement du terrorisme est moralement condamnable.

    Ceci dit, le Conseil pontifical pour le Dialogue interreligieux est reconnaissant envers tous ceux et celles qui ont déjà élevé leurs voix pour dénoncer le terrorisme, surtout celui qui utilise la religion pour le justifier.

    Unissons donc nos voix à celle du Pape François: « Que le Dieu de la paix suscite en tous un désir authentique de dialogue et de réconciliation. La violence ne se vainc pas par la violence. La violence se vainc par la paix!».

    [01287-03.01] [Texte original: Français]

    JPSC

     

  • Annie Laurent : les chrétiens d’Irak ne sont pas une minorité comme les autres

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    L’hebdomadaire « Famille chrétienne » a eu la bonne idée d’interroger l’une des personnes les mieux informées sur la question des chrétiens du Proche-Orient :

    0_Annie-Laurent.jpg« L’invasion de l’Irak par les jihadistes de l’État islamique s’inscrit dans l’affrontement sanglant que se livrent sunnites et chiites depuis des siècles. Dans ce conflit séculaire, les chrétiens essayent de jouer un rôle de médiateur. Éclairage avec Annie Laurent, docteur d’État en sciences politiques, journaliste et auteur en 2008 de Les chrétiens d’Orient vont-ils disparaître ? (éd. Salvator)

    Qui sont les jihadistes de l’État Islamique ? D’où viennent-ils et qui sont-ils ?

    Ce sont des combattants sunnites, qui émanent d’une dissidence d’Al Qaïda, apparue dans le nord de la Syrie, quelques mois après le début de la révolte contre le président Bachar el-Assad. Ils ont pris le contrôle d’une grande partie du nord-est de la Syrie à partir de la moitié d’Alep et jusqu’à la frontière irakienne. Ils ont sous leur contrôle un territoire assez important en Syrie, et contrôlent maintenant près de la moitié de l’Irak.

    Ils viennent des pays arabo-musulmans, dont la Syrie, l’Afghanistan, l’Irak… Leur chef, Abou Bakr al-Baghdadi, alias calife Ibrahim, est lui-même irakien. Son nom signifie « de Bagdad ».

    Pourquoi ces jihadistes veulent-ils s’emparer de l’Irak ?

    Il faut situer ces événements dans le contexte régional de l’antagonisme séculaire entre le monde sunnite et le monde chiite. Pendant des siècles, les sunnites ont dominé la Mésopotamie, c’est-à-dire l’actuel Irak. En 2003, grâce à la guerre menée par les Américains contre Saddam Hussein, les chiites – devenus majoritaires dans le pays (+ de 60 % de la population) – ont pris leur revanche contre les sunnites.

    Furieux que le pouvoir leur ait échappé, les sunnites s’efforcent aujourd’hui de reconquérir le pouvoir. Le comportement sectaire de l’actuel Premier ministre irakien, Nouri al-Maliki, a profondément choqué les sunnites. C’est la raison pour laquelle les jihadistes ont bénéficié, dans les premiers temps de leur offensive, du soutien des tribus traditionnelles et même d’anciens militants du parti baas de Saddam Hussein. Mais devant les horreurs perpétrées par les jihadistes, ces derniers commencent amèrement à regretter ce soutien.

    Peut-on parler d’un règlement de compte entre musulmans ?

    On passe sans cesse d’une revanche à l’autre. Les sunnites veulent briser l’arc chiite qui s’est formé après la révolution de Khomeini en Iran en 1979. Quand il a renversé le Shah, Khomeini a voulu étendre sa révolution en créant le Hezbollah au Liban, puis, pour assurer une continuité territoriale, il a conclu une alliance avec la Syrie de Hafez el-Assad, le père de Bachar. Non pour des raisons confessionnelles – la parenté chiite-alaouite n’était qu’un prétexte –, mais pour des raisons stratégiques. Dans cet axe Iran-Syrie-Liban, l’Irak occupe une place centrale : d’une part parce que la population y est majoritairement chiite, d’autre part car le pays abrite les deux principaux lieux saints des chiites où sont enterrés Ali, cousin de Mahomet, et son fils Hussein, assassinés tous les deux au VIIe siècle.

    L’origine du conflit irakien est donc la même qu’en Syrie.

    C’est la même chose. Les alaouites – branche dissidente des chiites – ont le pouvoir depuis 1970. Pendant des siècles, ils ont été persécutés jusqu’à ce qu’ils s’emparent du pouvoir en 1970 grâce à Hafez el-Assad. Ce fut pour les alaouites une revanche sur une histoire extrêmement douloureuse. Avec les révoltes arabes, le monde sunnite a pensé que le moment était venu d’en finir avec le régime alaouite.

    Qui finance les jihadistes de l’État Islamique ?

    Ce sont les autres pays sunnites – très riches – de la région, notamment l’Arabie Saoudite et les émirats de la péninsule (Oman…). Leur haine vis-à-vis des chiites et des alaouites, qui remonte aux origines de l’Islam, est à peine dissimulée. Ainsi, très peu de temps après la révolte en Syrie, tous les appels à la prière en Arabie Saoudite étaient complétés par l’invocation suivante : « Que Dieu nous envoie le moujahid (combattant) capable d’abattre le traitre Bachar el-Assad ».

    Faut-il pour autant regretter les dictatures arabes ?

    Aussi bien en Syrie qu’en Irak, les régimes du Baas – que ce soit celui de Saddam Hussein en Irak ou Bachar el-Assad en Syrie – ont eu au moins le mérite de pacifier les relations entre des communautés qui ne s’aimaient pas. D’ailleurs, les chrétiens en ont bénéficié et certains regrettent ce temps-là.

    Les Occidentaux ont-ils intérêt à ce qu’un état sunnite émerge à côté de l’Iran ?

    Normalement, leur intérêt serait de rechercher la stabilité de ces États, avec leur dimension multiconfessionnelle. Mais je pense qu’il faut plutôt aborder la question du point de vue d’Israël. Le chaos du Proche-Orient peut être une occasion opportune pour l’État Hébreu de voir la région éclater en entités ethniques et/ou confessionnelles. Selon eux, cette nouvelle configuration les laisserait tranquilles en déplaçant le conflit.

    Comment jugez-vous l’absence de réaction des Occidentaux pendant plusieurs semaines vis-à-vis des chrétiens d’Irak ?

    Je suis très choquée par leur attitude. Les Occidentaux sont incapables de comprendre ce que les chrétiens au Proche-Orient ont de spécifique, et ce qu’ils peuvent et doivent apporter aux sociétés dans lesquelles ils vivent.

    Ils ne sont pas une minorité à côté d’une autre. Ils peuvent apporter le progrès, l’ouverture, les valeurs de l’Évangile – comme le pardon par exemple –, le sens de la gratuité ou encore celui du bien commun… Alors que les chrétiens sont minoritaires, leurs écoles, leurs hôpitaux, leurs œuvres sociales attirent beaucoup de familles musulmanes. L’élément chrétien sert l’unité au Proche-Orient. Comment le faire comprendre à nos dirigeants aveuglés par leur laïcisme ?

    Les États-Unis ont-ils raison de procéder à des frappes aériennes ?

    Je crains que ces frappes n’aggravent encore plus le chaos. Les musulmans en Orient considèrent les chrétiens de leur pays comme des alliés de l’Occident. Quelle sera leur réaction ? Mais si l’Irak en est arrivée là aujourd’hui, c’est bien à cause des Américains. Ils ont commis leur plus grave erreur en 2003, lorsqu’ils ont engagé leur guerre contre Saddam Hussein et ont cru pouvoir imposer la démocratie. Ça ne s’impose pas la démocratie.

    Comment aider les chrétiens à rester ?

    Nous ne devons surtout pas, sous prétexte d’assurer leur protection, les cantonner dans des zones où ils seraient seulement entre eux. Ce serait criminel, car on empêcherait les chrétiens d’accomplir leur vocation qui est au service de tous. À terme, ce serait les conduire à leur disparition. Nos gouvernants doivent au contraire exiger de nos partenaires un statut de pleine citoyenneté pour les chrétiens.

    Ref. « Les chrétiens d’Irak ne sont pas une minorité comme les autres »

    Annie Laurent est titulaire d’une maîtrise en droit international et d’un doctorat d’Etat en sciences politiques pour une thèse sur « le Liban et son voisinage ». Connaissant le Proche-Orient (où elle a vécu) depuis 1980, elle s’est spécialisée dans les domaines touchant aux questions politiques de cette région, à l’islam, aux chrétiens d’Orient et aux relations interreligieuses. Auteur de plusieurs livres sur ces sujets, Annie Laurent est aussi à l’origine de l’association « Clarifier ». Le pape Benoît XVI l’avait nommée experte au Synode spécial des Evêques pour le Moyen-Orient, qui s’est tenu à Rome en octobre 2010. JPSC

  • Irak : il faut intervenir militairement

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    Lu sur RTL.be :

    Des dizaines de milliers de chrétiens en passe de mourir en Irak: "La Belgique doit envoyer son armée"

    Simon Nagem, médecin en Belgique et porte-parole du comité de soutien aux chrétiens d’Orient, était l’invité du 13h de RTL-TVI ce dimanche. Il a plaidé pour que la Belgique et les autres pays d’Europe ne se contentent pas d’assurer l’aide humanitaire en Irak, où 200.000 personnes, selon l’ONU, ont été déplacées depuis le début de l’offensive des djihadistes de l’Etat Islamique en Irak et au Levant (EI), des terroristes islamistes sunnites.

    Depuis le 9 juin, les djihadistes de l’EI, venus de la Syrie voisine -où ils avaient combattu le régime de Bachar Al-Assad en recrutant des extrémistes y compris en Europe et en Belgique- s’en prennent aux minorités d’Irak. Ils ont envahi la province de Ninive et se sont emparés de Mossoul, la deuxième ville du pays. "C’est un drame humanitaire. Ce sont des atrocités qui se passent là-bas. Les chrétiens et les autres minorités sont sommés de partir ou de mourir. Les djihadistes sont sans pitié. Ils rasent tout sur le passage. On sait qu’ils ont tué toutes les familles, surtout les vieillards, qui sont restés à Mossoul ou à Karakoch (la plus grande ville chrétienne d'Irak). Par ailleurs, ils kidnappent les filles pour l’esclavage. C’est dramatique ce qui se passe", a rappelé M. Nagem.

    Une cinquantaine d'enfants sont déjà morts de faim et de soif

    En tout, ce sont 200.000 personnes qui ont été déplacées du Kurdistan irakien, une région autonome située juste au sud de l’extrême-est de la Turquie, fuyant les djihadistes. Actuellement, beaucoup de chrétiens et de Yazidis, une minorité kurdophone non-musulmane, sont réfugiés sur les monts Sinjar, sous une chaleur étouffante avec peu d'eau et de nourriture. "Certains sont dans les montagnes. C’est pour cette raison que le largage de l’aide humanitaire est la bienvenue. Il y a une cinquantaine d’enfants qui sont morts de faim et de soif actuellement", selon les informations de Simon Nagem. 

    Pour que la Belgique envoie des avions effectuer des frappes aériennes sur les djihadistes

    Le comité de soutien belge aux chrétiens d’orient, représenté par M. Nagem, pense cependant que cette aide humanitaire essentielle n’est pas suffisante. Si "la communauté internationale a tardé pour réagir", il n’est cependant "pas trop tard". "Notre souhait, c’est qu’il y ait une coalition internationales pour stopper la progression de ces djihadistes avec des frappes aériennes, comme les Etats-Unis ont déjà fait depuis 2 jours. Mais j’aimerais voir la participation de la Belgique, de la France et de l’Angleterre. Donc l’Europe doit se montrer également comme décideur politique et pas seulement comme aide humanitaire. C’est très important aujourd’hui qu’il y ait une coalition au même titre que lorsqu’elle a été mise sur pied pour attaquer l’Irak de Saddam Hussein ou la Libye de Kadhafi, c’est le moment où jamais de stopper la progression de ces djihadistes, qui sont sans pitié et qui ont une lecture différente de l’islam, qui rendent l’islam intolérant et impitoyable."

    Appel aux dons

    Pour venir en aide aux populations attaquées sur place, l’ONG Caritas, en collaboration avec les autorités religieuses belges, a mis sur pied un appel aux dons. "Je lance un appel à tous les Belges croyants et non croyants pour soutenir financièrement" Caritas. Pour ce faire, le compte BE88 0000 0000 4141 a été ouvert. Les dons serviront à acheminer de l’argent et récolter une aide médicale. "On aimerait, via le ministère de la défense, acheminer cette aide médicale d’urgence à l’aéroport de Erbil", proche de Mossoul mais pas encore aux mains de l’EI.

  • Chrétiens d’Irak : le Vatican hausse enfin le ton

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    Lu sur I.media , ce dimanche 10 août 2014 août :

    "Alors que les djihadistes progressent en Irak et que les Etats-Unis ont lancé leurs premières frappes pour tenter de les arrêter, le pape François a demandé une “solution politique efficace“ pour “rétablir le droit“ dans le pays, à l’occasion de l’Angélus du 10 août 2014. Il a alors annoncé que son envoyé spécial, le cardinal Fernando Filoni, s’envolerait dès le lendemain pour ce pays, afin d’exprimer sa solidarité aux populations locales. Devant les milliers de fidèles réunis sous ses fenêtres, place Saint-Pierre, le pontife a également prié pour la paix entre Israéliens et Palestiniens, suite à la reprise des combats, de même que pour les victimes du virus ‘Ebola’, en Afrique. “Les nouvelles en provenance de l’Irak nous laissent incrédules et consternés“, a ainsi lancé le pape, évoquant les “milliers de personnes, dont de nombreux chrétiens, chassés de leurs maisons de manière brutale, les enfants morts de soif et de faim en prenant la fuite, les femmes enlevées, les personnes massacrées, les violences de tous types, les destructions de patrimoines religieux, historiques et culturels“. “Tout cela offense Dieu et l’humanité“, a ajouté le pontife. “On ne porte par la haine au nom de Dieu, on ne fait pas la guerre au nom de Dieu !“, a-t-il martelé."

    images (21).jpgEt pout être tout à fait clair, "Alors que le Vatican se caractérise d’ordinaire pour un refus de tout recours à la force armée dans la résolution de conflits, Mgr Silvano Tomasi (photo), observateur permanent du Saint-Siège auprès des Nations unies, a estimé le 9 août 2014 qu’une intervention militaire pouvait être “nécessaire“ pour arrêter l’avancée des djihadistes en Irak. Alors que les miliciens de l’Etat islamique ont conquis plusieurs villes du pays, forçant des centaines de milliers de personnes à l’exil, dont de très nombreux chrétiens, le diplomate vatican a dénoncé “l’indifférence occidentale“".

    Réf. IRAK : LE PAPE DEMANDE UNE “SOLUTION POLITIQUE EFFICACE“ POUR ARRÊTER VIOLENCES ET DESTRUCTIONS

    LE VATICAN ESTIME QU’UNE INTERVENTION MILITAIRE EN IRAK EST “NÉCESSAIRE“.

    Mieux vaut tard que jamais, à condition d'accorder clairement le violon du pape et celui de Mgr Tomasi.  JPSC

  • Appel des patriarches orientaux aux autorités civiles et religieuses musulmanes : Passez aux actes !

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    Assez de paroles, des actes ! C'est, en résumé, l'appel lancé hier par les patriarches orientaux catholiques et orthodoxes au monde entier, à partir du siège patriarcal maronite de Dimane (Liban-Nord). L’information est aujourd’hui sur le site web du grand quotidien libanais « L’Orient-Le Jour »:

    p04-3_736877_large (1).jpgDes états généraux ecclésiastiques se sont tenus hier au siège patriarcal maronite de Dimane, en présence des patriarches orientaux catholiques et orthodoxes et du nonce apostolique, Gabriele Caccia, œil averti du Vatican. La réunion s'est tenue aussi sur la triste nouvelle d'une nouvelle avancée des jihadistes de l'État islamique dans la plaine de Ninive, en Irak, comme si les frontières du nouveau Moyen-Orient devaient être tracées avec le sang des chrétiens. Retenu en Irak, le patriarche des chaldéens, Louis Raphaël Sako, s'est fait représenter à cette réunion. Également absents, les assyriens et les coptes.
    Ce nouvel appel s'est distingué des précédents par son caractère plus exhaustif. Les patriarches s'y disent « épouvantés » par des développements « sans précédent » auxquels ils assistent, et « les développements désastreux à caractrère confessionnel et religieux rarement égalés dans l'histoire »; il adjure les Arabes et les musulmans à adopter une attitude plus claire à l'égard de ce qui se passe dans la plaine de Ninive, les exhortant à publier des fatwas et des lois sanctionnant la discrimination religieuse à l'égard des minorités.
    Le texte esquisse aussi une demande d'intervention des Nations unies, sans oser aller au bout de sa requête pour réclamer un déploiement de forces internationales. Mais ce déploiement est suggéré, puisque les patriarches demandent au Conseil de sécurité d'adopter une résolution claire ordonnant la restitution des maisons et des biens spoliés « par tous les moyens possibles ».
    De même, les patriarches en ont appelé à l'Organisation de la conférence islamique, à la Ligue arabe et au Tribunal pénal international, jugeant que cette dernière instance est habilitée à juger d'actes de barbarie qui sont de véritables « crimes contre l'humanité », qu'ils aient été commis à Mossoul où à Gaza.

    Un phénomène durable

    Dans la partie analytique du texte, les prélats réunis disent s'attendre à ce que le phénomène de l'extrémisme religieux soit durable, et affirment que « chrétiens et musulmans ont le devoir d'y faire face ensemble pour transmettre aux générations futures un Moyen-Orient libéré d'un tel fléau, en éclairant les consciences et les intelligences et en invitant les fidèles à respecter l'essence de la religion, loin de toute exploitation qu'on peut en faire pour des raisons personnelles, ou pour atteindre un objectif régional ou international ».
    Cette dernière remarque a ensuite été abordée de front par le communiqué. « Si des parties dissimulées encouragent cet extrémisme et en financent l'effet destructeur et corrupteur, il est indispensable qu'elles soient dénoncées et qu'elles aient à en rendre compte devant l'opinion internationale et les autorités morales agissantes », dit le communiqué.
    « Et pour ce faire, ajoute le texte, Arabes et musulmans n'ont d'autre choix que de retrouver l'esprit d'unité, de découvrir les avantages de la diversité qui est la marque distinctive de notre Machrek et de s'accepter réciproquement dans leurs modes de vie différents, dans le respect mutuel et dans l'égalité civique, dans tous les pays où ils se trouvent. »
    Et de préciser : « Nous adjurons les instances islamiques, sunnites et chiites, de promulguer des décrets religieux clairs jetant l'interdit sur l'agression contre les chrétiens et tous les autres innocents. Nous demandons en outre à tous les Parlements du monde arabe et islamique de voter des lois favorisant l'ouverture, rejetant clairement toute forme d'exclusion religieuse de l'autre (takfir) et responsabilisant toutes les personnes qui enfreindraient ces lois. »
    Même la loi du nombre a été dénoncée par les patriarches. « Nous adjurons les États de cesser d'aborder la diversité culturelle sous un angle minoritaire, comme si seul le nombre donnait valeur à la présence humaine, abstraction faite de la contribution humaine de chaque personne selon les dons que le Créateur lui a accordés »

    La suite ici : Appel des patriarches orientaux aux autorités civiles religieuses musulmanes : Passez aux actes

  • Pourquoi il faut stopper l’État islamique

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    Lu sur le site web de « La Libre Belgique » cet éditorial de Christophe Lamfalussy :

    « Le sort réservé aux minorités chrétienne et yézidie d’Irak aura donc été l’ultime raison pour riposter aux forces de l’État islamique (EI). Vendredi, deux avions américains ont bombardé des pièces d’artillerie des jihadistes non loin de la ville kurde d’Erbil. Le message est clair : les Etats-Unis ne laisseront pas ce groupe de fanatiques faire fuir des dizaines de milliers de civils innocents et sans défense. Car en dépit du risque pris par le président Obama de "revenir" en Irak, il faut empêcher ce groupe d’instaurer un califat dans cette région comme les talibans l’ont fait dans les années 90 en Afghanistan et au Pakistan, avec les conséquences que l’on sait. L’État islamique se nourrit d’une idéologie totalitaire qui fait fi des différences d’opinion, de culture et de religion. Il est responsable de nombreux crimes de guerre qu’il expose dans les réseaux sociaux pour semer la terreur. D’inspiration takfiriste, il prend des otages dont il négocie la libération pour s’acheter des armes. Enfin, il militarise de nombreuses recrues belges qui finiront bien, un jour, par revenir au pays.

    Les Etats-Unis viennent au secours d’un État défaillant - l’Irak - dont ils ont eux-mêmes contribué à la fragilité. Après avoir conquis le nord de la Syrie et une quinzaine de villes en Irak, les jihadistes ont profité des divisions qui minent le gouvernement irakien et de son incapacité à rassurer les sunnites, minoritaires dans ce pays. Ce n’est donc pas uniquement en arrêtant l’État islamique (dont les forces ne comptent que 20 à 30 000 hommes) mais aussi en ayant un gouvernement d’union nationale, qui bannit les discriminations communautaires à Bagdad, que le pays pourra être stabilisé. »

     Ref. Pourquoi il faut stopper l’État islamique

    Au même titre que la « communauté » internationale (si elle existe), l’Eglise catholique au plus haut niveau doit élever la voix , pour que le pays qui a les cartes en main dans cette affaire prenne clairement ses responsabilités.

    JPSC 

  • Région des Grands Lacs Africains : la loi de la jungle pour les multinationales ?

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     Le cynisme de certaines entreprises transnationales a été particulièrement souligné par les médias et les ONG des droits humains. C’est notamment le cas actuellement dans la région des Grands Lacs, au cœur du continent africain. Lu sur le site de « La Vie » (extraits), sous la signature du Belge Bernard Ugeux , Père blanc d’Afrique en poste à Bukavu :

    « En Afrique, une entreprise française est actuellement dénoncée, il s’agit de la multinationale française de l’industrie du pétrole Parenco. Elle a été poursuivie entre autres pour utilisation abusive du personnel journalier par ses sous-traitants (…) en République Démocratique du Congo. L’entreprise a répondu qu’elle « n’engage[ait] pas directement cette catégorie de personnel ». Ces entreprises estiment qu’elles ne sont pas responsables de ce que font leurs sous-traitants. Pourtant, en 2011, le Conseil des droits humains des Nations Unies a adopté à l’unanimité des Principes directeurs relatifs aux entreprises et aux droits de l’homme. Ceux-ci exigent de ces sociétés qu’elles mettent en œuvre des procédures de « diligence raisonnable » (ce qui veut dire un devoir de vigilance). Elles doivent donc mettre en place des mesures pour anticiper et empêcher les dommages liés à l’activité de l’entreprise. Il peut s’agir de dommages humains, environnementaux (écologie, faune et flore), sociaux, etc.(…).

     Pourquoi ces textes internationaux ne sont-ils toujours pas transposés dans la loi française ? Il appert que des entreprises patronales font tout pour retarder cette inscription en droit français, affirmant que les entreprises ont leur propre code éthique. Mais celui-ci n’est pas contraignant ! Certes, certaines entreprises ont pris conscience de l’importance des droits universels et se sont engagées dans des démarches volontaristes. Mais ce n’est pas suffisant comme on le constate aujourd’hui dans l’Est de l’Afrique.

    Il existe une inquiétude grandissante dans la région des grands lacs qui se situent le long du rift Albertine qui borde l’Ouganda, la RDC, la Tanzanie, le Rwanda et le Burundi. En effet, une étude approfondie du Pole Institute de Goma (RDC) montre que ces lacs sont menacés par l’exploration pétrolière et gazière par des multinationales des hydrocarbures. Or, ces lacs sont des réservoirs irremplaçables pour la biodiversité. Il s’agit du lac Edouard, du lac Albert, du lac Kivu et du lac Tanganyika et de leurs bassins.

    10935.jpgUn exemple : le lac Tanganyika (photo) est le plus long du monde (677 km), le deuxième le plus profond au monde après le lac Baikal, le plus poissonneux. « Il a une profondeur moyenne d’environ 570 m, et atteint dans la partie la plus profonde 1471 m. Il recèle 17 % des réserves d’eau douce du monde. (…) Il représente l’écosystème d’eau douce le plus riche au monde, ayant environ 2156 espèces, dont 27% sont endémiques, c’est-à-dire jamais observées nulle part ailleurs. (…) Son intérêt pour la biodiversité mondiale est quasi unique. L’autre importance du lac est liée à ses ressources et à l’intérêt qu’il représente pour les communautés locales comme source d’approvisionnement en poissons, avec environ 160.000 tonnes de prise annuelle de poissons pour tous les quatre pays, une source d’eau potable et un moyen de transport » .

    Or, un peu partout dans ces lacs, on a découvert des traces importantes d’hydrocarbure et la prospection se passe dans des conditions souvent opaques, tant en ce qui concerne l’attribution des blocs d’exploitation que des conditions de la prospection.

    Les ONG de protection de la nature (dont WWF) et des droits de l’homme (dont Human Right Watch) dénoncent le fait que des sociétés pétrolières détournent les lois nationales pour intervenir de façon occulte dans des régions protégées.

    C’est le cas du Parc des Virunga (photo), au Nord de Goma (RDC) qui est un des plusSnapshot_13.jpg beaux parcs nationaux du Congo proche du lac Kivu. Or, ces derniers temps, son directeur, Emmanuel de Mérode, a été victime d’un attentat qui a failli lui coûter la vie. En effet, il s’est opposé à des groupes qui prospectent clandestinement dans le parc. Le plus sérieusement soupçonné est la société britannique Soco international qui chercherait à développer malgré la loi des projets d’exploration pétrolière dans des zones protégées. Depuis l’attaque, mi-avril, contre le directeur du parc, les menaces contre plusieurs associations, et notamment le Fonds mondial pour la nature, se sont multipliées. « Depuis (…) nous enregistrons des menaces contre nos travailleurs [un Congolais et un Américain, ndlr]. Deux ont été la cible d’appels téléphoniques, des SMS leur ont été envoyés, qui menacent leurs vies directement », rapporte Raymond Lumbuenamo, directeur du fonds mondial pour la nature basé à Kinshasa. Par ailleurs, « certains membres de la société civile nous disent avoir été menacés de la même manière », explique-t-il. Le message a été très clair : « Nous ne l’avons pas eu, mais vous, on ne vous ratera pas. » « Nous allons continuer » (source : Radio Okapi dépendant de l’ONU). Pour le moment, il n’y a pas de preuve, mais faut-il se contenter de constater des « coïncidences troublantes ».

    Ce qui semble clair pour les habitants des rives des grands lacs, c’est que certaines sociétés seraient prêtes à recourir à des groupes privés de « sécurité » pour protéger leurs pratiques clandestines. S’il y a bavure, ce sera évidemment de la faute des filiales. L’irresponsabilité finit par tuer, c’est ce qui préoccupe le plus les populations riveraines qui risquent de se voir progressivement privées de leurs espaces de culture, de chasse et de pêche, sans oublier la grave pollution des écosystèmes (…).

     Ref. Nous ne sommes pas responsables, ce sont nos filiales !

    JPSC