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Ethique - Page 437

  • La géopolitique du pape François est-elle efficace ?

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    Alors que les jihadistes de l’État islamique (EI) en Irak ont revendiqué hier  soir l’exécution par décapitation d’un second journaliste américain, Steven Sotloff, 31 ans, se pose toujours, irrésolue, la question de savoir comment stopper efficacemment l’agresseur injuste. A ce propos, sur le blog « Chiesa », Sandro Magister commente la « ligne » sur laquelle s’est positionné le pape François (extraits), au titre de son rôle moral sur la scène mondiale (extraits) :

    «  (…) Lorsqu’il y a des affrontements en un lieu donné, le pape François évite toujours soigneusement de prendre publiquement parti contre l'un ou l'autre des adversaires, surtout si certains d’entre eux sont musulmans, même si cela implique pour lui de ne pas manifester sa solidarité avec des victimes chrétiennes persécutées en raison de leur foi, qu’il s’agisse de la Pakistanaise Asia Bibi ou de la Soudanaise Meriam, ou encore des lycéennes nigérianes qui ont été enlevées par Boko Haram.

    De même la diplomatie de François supporte les camouflets sans rien dire, dans l’espoir de succès futurs. Lorsque le pape est arrivé en Corée du Sud, le 14 août dernier, la Corée du Nord s’est moquée de lui en procédant à trois tirs de missiles à titre de démonstration et en annulant pour sa part l’envoi de quelque délégation que ce soit.

    En ce qui concerne la Chine, le Vatican a enregistré comme un point positif le fait que Pékin ait, pour la première fois, donné l’autorisation de survoler son territoire national à un pape, en faisant parvenir à celui-ci, à cette occasion, des messages de courtoisie.

    Cependant il y a beaucoup plus de points négatifs. Les autorités de Pékin n’ont accordé qu’à un tout petit nombre de catholiques la permission de se rendre en Corée afin qu’ils puissent saluer François. Elles ont rappelé sur le territoire national les prêtres chinois qui résident en Corée. Mais, surtout, elles n’ont donné aucun signe indiquant qu’elles allaient ralentir la répression exercée contre le catholicisme en Chine, où le numéro un de la hiérarchie en communion avec Rome, l’évêque de Shanghai Thaddeus Ma Daqin, est en résidence surveillée depuis le jour de sa nomination et où un très grand nombre d’autres évêques et de prêtres sont emprisonnés ou portés disparus.

    Quant au combatif cardinal Joseph Zen Ze-kiun, évêque émérite de Hong Kong, les autorités vaticanes lui ont imposé de garder le silence afin de "laisser la diplomatie travailler". Depuis que François est devenu pape, la commission chargée de la Chine, que Benoît XVI avait instituée en 2007 et dont Zen est l’homme fort, n’a plus été convoquée. Le cardinal envoie régulièrement au pape des lettres d'information dont il dit tristement : "J’espère qu’il les lit".

    Cependant il y a un niveau de tolérance au delà duquel le pape François lui-même admet l'utilisation de la force. Et c’est ce qui se passe dans le cas du califat islamique récemment créé en Irak et en Syrie (…).

    Le pape François ne s’est pas tout de suite exposé personnellement à propos de cette question.

    Il a laissé s’exprimer les premiers les évêques irakiens, qui ont demandé de manière unanime une intervention militaire massive.

     Au Vatican il a laissé le conseil pontifical pour le dialogue interreligieux, présidé par le cardinal Jean-Louis Tauran, publier un acte d'accusation terrible et circonstancié contre le califat islamique, et exiger du monde musulman une même netteté dans le jugement. (…)

    Lorsqu’il est revenu de Corée, il a été jusqu’à déclarer qu’il était prêt à se rendre lui aussi en Irak, au cœur de cette "troisième guerre mondiale" qu’il voit menée ici ou là "par morceaux" et avec des "niveaux de cruauté effrayants", parce que "stopper l'agresseur injuste" est non seulement licite mais nécessaire.

    En somme : une armée pour faire la paix. Mais, jusqu’à présent, la réponse des gouvernements et de l'ONU à cet appel lancé par le pape a été faible, pour ne pas dire inexistante. »

    Ref. Une armée pour faire la paix. La géopolitique de François

    C’est bien ce que l’on avait déjà cru comprendre : l’ « ultima ratio » du pape en matière de guerre injuste est de faire appel à l’ONU et à ses « casques bleus ».  JPSC

  • Loi sur l'euthanasie : incombe-t-il à la Commission de contrôle d'interpréter la loi ?

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    La loi du 28 mai 2002 relative à l’euthanasie prévoit que la Commission fédérale chargée du contrôle et de l’application de la loi, dresse tous les deux ans un rapport à l’intention du législateur. Voici donc la sixième mouture, qui couvre les années 2012-2013.

    Le rapport comporte tout d’abord un volet statistique, dont on retiendra ici que le nombre d’euthanasies déclarées a pratiquement doublé en 4 ans (une augmentation  de 89%), passant de 953 euthanasies déclarées en 2010 à 1807 en 2013. La Commission estime que cette augmentation est due à la « diffusion progressive de l’information auprès du public et des médecins ». Ces morts provoquées représentent aujourd’hui 1,7% du total des décès en Belgique. 

    De plus en plus de personnes ont par ailleurs demandé à être euthanasiées alors que leur décès n’était pas prévu à brève échéance (13% des euthanasies). Ces chiffres devraient toutefois vraisemblablement être revus à la hausse pour inclure certains cas d’euthanasies pratiquées, sur base de déclarations anticipées de fin de vie, sur des personnes inconscientes de façon irréversible. En effet, le rapport range de façon arbitraire tous ces cas dans la catégorie des décès à brève échéance, alors que l’échéance est parfois indéterminée (« Lorsque l’euthanasie a été pratiquée chez un patient irréversiblement inconscient sur la base d’une déclaration anticipée, l’échéance du décès, si elle était indéterminée, a été classée brève. »).

    Le rapport décrit ensuite l’application de la loi, dont ressortent les éléments suivants :

    - A propos des personnes qui ont été euthanasiées alors qu’elles n’étaient pas en fin de vie, le rapport mentionne quelques cas de cancers débutants mais précise que les autres patients euthanasiés souffraient de maladies ou d’affections non-terminales. C’est le cas notamment des patients atteints d’affections neuro-psychiques (4%) ou de personnes souffrant de « pathologies multiples » propres au grand âge (5% des cas). A ce sujet, la Commission souligne que le nombre d’euthanasies pratiquées pour pathologies multiples est « nettement plus élevé » en 2012-2013 qu’en 2011 (on passe de 23 en 2011 à 109 en 2013). Le rapport souligne à ce propos qu’il y a eu une divergence de vue au sein de la Commission quant à la justification d’une euthanasie pour ces pathologies non terminales et « normales » liées à l’âge du patient.
       2004  2005  2006 2007 
    2008 
     2009 2010 
    2011 
     2012 2013 
     Affections  neuro-psychiques  6
     5  4  13  21  25  33  53  67
     "Pathologies multiples"  9 11 

    10 
    12 
    18 
    16 
    23 
    57 
    109 

    - Sur l’ensemble des patients euthanasiés, 75% d’entre eux avaient entre 60 et 89 ans, et l’on relèvera la proportion croissante des euthanasies en maison de repos ou/et de soins.

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  • Mgr Oscar Romero, une cause de béatification mouvementée

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    Romero.jpgLe 18 août, le pape François a affirmé qu’il n’y avait plus d’obstacle « idéologique » au processus de cause de béatification de Mgr Oscar Romero. L’archevêque de San Salvador (Salvador) a été assassiné en pleine messe en 1980. Pour mieux comprendre où en est le dossier, l’hebdomadaire « Famille Chrétienne » a interrogé le Père Alberto Royo Mejía, canoniste et spécialiste de la cause des saints, implanté dans le diocèse de Getafe (Espagne) :

    "Le pape François a rappelé le 18 août que la cause de béatification de Mgr Oscar Romero avait été jusqu’à présent « bloquée par prudence à la Congrégation pour la doctrine de la foi ». Quelles étaient les difficultés de ce dossier ?

    La première était de déterminer qui avait assassiné Mgr Romero. En effet, depuis 1980 jusqu’à très récemment, aucune enquête sérieuse n’avait été faite sur le sujet. On n’a appris le nom de l’assassin que trente et un ans après les faits !

    Ainsi, quand a été présentée la cause de béatification de Mgr Romero au Saint-Siège en 1994, il n’y avait toujours pas eu d’enquête sérieuse sur le sujet. C’était pourtant un point fondamental. Parce qu’il ne suffit pas à un martyr d’avoir été assassiné. Il faut aussi savoir pourquoi. On pouvait dire plus ou moins qui l’avait assassiné, mais sans certitude.

    Aujourd’hui on le sait : l’assassin était un militaire, membre de l’équipe de sécurité du président de la République de l’époque. On sait aussi qu’il a agi pour le compte d’un militaire plus gradé que lui, et combien il a été payé.

    En d’autres termes, il fallait déterminer  si Mgr Romero était réellement mort martyr ?

    En effet. Car pour une béatification par la voie du martyre, il faut trois éléments.

    Premièrement, la certitude historique des circonstances de la mort du candidat au martyre.

    Deuxièmement, savoir pourquoi il a été tué : est-ce au motif de sa foi, ou au motif de vertus qui découlent de la foi (comme par exemple, ici, la défense de la vérité et de la justice) ? Dans ce cas concret, on pourrait très bien supposer que Rome finisse par considérer les prises de position de Mgr Romero en faveur de la vérité et de la justice comme n’ayant rien à voir avec la foi. Ce n’est pas à exclure, et nous ne pouvons pas anticiper les décisions du Saint-Siège.

    Troisièmement, dans quelle attitude est mort le candidat au martyre : la violence ou l’offrande de soi ?

    Quels étaient les obstacles « idéologiques » dont parlait le pape François ?

    Il s’agit de la deuxième difficulté, qui relevait du contenu de ses sermons. En effet, comme pour chaque cause de béatification, les sermons ont été passés au crible de la Congrégation pour la doctrine de la foi durant de nombreuses années, et c’est là que la cause s’est un peu enlisée.

    La Congrégation devait en effet juger ces sermons en répondant à une question précise : contiennent-ils un élément contraire à la foi ? Ce point a obtenu une réponse depuis que la Congrégation pour la doctrine de la foi s’est prononcée : « Non, il n’y a rien de contraire à la foi ».

    Un jugement qui n’est toutefois pas suffisant pour établir si oui ou non ces sermons ont été prononcés par un martyr. En effet, s’ils ne contiennent rien de contraire à la foi, ils pourraient toutefois contenir des éléments à même de ternir cette qualité de martyr. Par exemple s’ils sont considérés comme trop politisés. Sur ce point, c’est désormais à la Congrégation pour la cause des saints de trancher.

    Le blocage de la cause vous semblait donc justifié ?

    L’Église a raison de prendre son temps. Mgr Romero défendait la justice, une vertu cardinale, cela ne fait pas de doute. Et il le faisait en tant que ministre de Dieu.

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  • La papesse de l'idéologie du genre invitée à l'UCL

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    Lu sur le site de l'UCL (Université Catholique de Louvain) - Secteur des Sciences Humaines :

    La prochaine conférence du cycle "Sociétés en changement/Changing Societies" sera donné par la Pr. J. Butler - Lundi 29 septembre 2014, de 19.30 à 21.30, en STUD. 11.

     L’Institut pour l’Analyse du Changement dans l’Histoire et les Sociétés Contemporaines

    The Institute for the Analysis of Change in Contemporary and Historical Societies (IACCHOS)

    et les associations étudiantes AGL, BDE ESPO, CESEC, NASA

    ont le plaisir de vous faire savoir que 


    la prochaine conférence du cycle « Sociétés en changement/Changing Societies »
    sera donnée par la Pr. Judith Butler le lundi 29 septembre 2014, de 19.30 à 21.30, en STUD. 11.

    Auteur d’un ouvrage qui marqua durablement les études sur le féminisme et les sexualités (Gender Trouble, Routledge, 1990), cherchant à renouveler les figures du pouvoir, de la norme et de la subjectivité, défendant la construction de sociétés attentives aux minorités, Judith Butler est l’une des principales voix de la scène intellectuelle outre-atlantique. Professeur à l’Université de Berkeley, elle se consacre depuis plusieurs années à l’analyse critique de la violence et à l’éthique de la non-violence. Intellectuelle engagée dans la Cité – notamment à propos du conflit israëlo-palestinien –, elle a récemment publié Parting Ways. Jewishness and the Critique of Zionism, 2012, Colombia University Press, 250 p. (trad. fr. : Vers la cohabitation. Judéité et critique du sionisme, Paris, Fayard, 2013).

    Il s'agit d'une opportunité unique d’entendre une personnalité de premier plan exposer « ses visions et propositions pour un monde plus juste ». 
    Vous êtes chaleureusement invités à y participer. 
    L’entrée est ouverte à tous.
    Pour information, la Pr. J. Butler interviendra également dans le cadre d’un séminaire de recherche le 30 septembre 2014, de 14.00 à 18.00, à la Salle Jean Ladrière (Salle du Conseil de l’ISP, Place du Cardinal Mercier), co-organisé par Europé (Centre de philosophie pratique, ISP), le CIRFASE (Centre de Recherches Interdisciplinaires sur les Familles et les Sexualités, IACCHOS) et le CriDIS (Centre de recherches interdisciplinaires Démocratie, Institutions, Subjectivité, IACCHOS), sur le thème « Ethics of relationality : Non-violence readings from Levinas and Arendt ». Ce séminaire est ouvert à tous, mais le nombre de places est limité. Pour les personnes intéressées, merci de signaler votre inscription auprès de : mylene.botbol@uclouvain.be, avec copie à : stephanie.lorent@uclouvain.be
    Au sujet de cette idéologie et de Judith Butler, on lira utilement cet entretien avec Elizabeth Montfort.
  • Abbé Grosjean : "Les jeunes catholiques ne sont pas prisonniers de nos vieux clivages"

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    53017_abbe-pierre-herve-grosjean_440x260.jpgLe Père Pierre-Hervé Grosjean est à la tête d'Acteurs d'avenir, une association qui organise des sessions de formation sur l'engagement pour les jeunes étudiants. Il dit ici, avec franchise, sa compréhension de ces jeunes croyants qui s'engagent politiquement au nom de leur foi. Henrik Lindell l’a interrrogé pour le magazine « La Vie » (extraits) :

    Pour la cinquième année consécutive, vous réunissez à Fontainebleau 200 jeunes pour une session consacrée à l'engagement dans la société. Quel est leur profil ?

    Ils ont entre 20 et 25 ans. La plupart sont étudiants. Ils ont souvent déjà un engagement. Beaucoup sont des chefs scouts. Ils ont souvent fait de l’humanitaire et ils ont généralement participé à la mobilisation pour la famille. Ils sont conscients qu’ils ont beaucoup reçu par leurs études et qu'on leur demandera beaucoup. Ils veulent donc beaucoup donner. Ils feront leur métier d’une façon engagée et ils n'imaginent pas des réussites individualistes (…)

    Quels sont les enseignements dispensés à Acteurs d'avenir ?

    Le cœur d’Acteurs d’avenir, c’est le partage d’expériences entre décideurs d’aujourd’hui et décideurs de demain. Mais il y a aussi des interventions de théologiens, de philosophes et du cardinal Philippe Barbarin. Ils apportent un regard complémentaire sur un thème abordé par des décideurs. Les jeunes découvriront ainsi que les théologiens peuvent dire des choses intéressantes sur la crise financière, le bien commun, etc. On veut leur offrir une colonne vertébrale intellectuelle et spirituelle solide .

    Pourquoi, au fond, avez-vous créé Acteurs d’avenir, alors qu'il y avait déjà d'autres initiatives catholiques sur l'engagement politique ?

    En tant que prêtre, j’ai constaté que les jeunes pensaient souvent qu’il était difficile de concilier leur volonté de découvrir le monde dans leurs grandes écoles, leur envie d’entreprendre et de prendre des responsabilités et ce qu’ils pensaient comprendre de l’évangile ou ce qu’on leur disait à l’église. Comme s’il fallait choisir entre les deux. Donc soit ils devenaient schizophrènes, soit des chrétiens du dimanche. 
    Il fallait donc leur montrer que leur foi chrétienne n’est pas un boulet qui pourrait les brider, mais une chance qui leur donne un fondement.
    Deuxièmement, je voulais que l’Eglise sache repérer, accompagner et encourager ces jeunes généreux qui avaient beaucoup reçu. Si on veut demain des dirigeants qui aient un vrai souci de la dignité de la personne humaine et un vrai sens éthique, c’est dès maintenant qu’il faut les préparer.

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  • France : une idéologue du genre à l'Education nationale

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    Sur son blog, Jeanne Smits commente la désignation de Najat Vallaud-Belkacem au ministère de l'Education nationale :

    Une idéologue du genre à l'Education nationale : Najat Vallaud-Belkacem

    On a toujours tort de penser qu'on a touché le fond. Après Vincent Peillon et sa religion laïque, après

    Benoît Hamon qui exécutait fidèlement son programme idéologique, voici Najat Vallaud-Belkacem, nouveau ministre de l'Education nationale. C'est un des postes majeurs de tout gouvernement socialiste, lieu stratégique de manipulation des esprits et de prédication capillaire des dogmes révolutionnaires. Cette nomination de l'ex-ministre des Droits des Femmes est une promotion de taille, qui récompense un sans-faute idéologique.

    Laissons de côté son parcours politique, socialiste forcément ; proche de Vincent Peillon et d'Arnaud Montebourg, la jeune femme d'origine marocaine s'approche depuis longtemps des centres de pouvoir. Ou de ce qu'il en reste dans une France prisonnière de l'Union européenne, une France mondialisée. On sait bien que les gouvernements changent et que la politique imposée à la France demeure : de ce point de vue-là, la nomination de NVB pourrait laisser indifférent.

    Mais voilà. Najat Vallaud-Belkacem est non seulement au service de cette pensée unique, elle en est une pasionaria. Notez que cela laisse ouverte la question de savoir si elle est elle-même une « penseuse » de la pensée unique. Seul importe ceci : elle la répand, la promeut, l'impose. Elle a fait de l'« égalité » un absolu, qui écrase tout sur son passage (ce qui est bien dans la nature de l'égalité révolutionnaire).

    A ce titre le poste de ministre des Droits des Femmes lui allait comme un gant. Elle était déjà chargée des droits LGBT au parti socialiste, et s'est engagée en faveur du « mariage » des homosexuels. En quoi elle ne fait qu'exprimer la ligne du parti, pourrait-on dire. Mais ses convictions l'ont menée à inscrire cette lutte dans un ensemble, qui va de la promotion de la parité à la direction d'une mission de lutte contre l'homophobie sous Ayrault ; c'était elle, l'instigatrice des ABCD de l'Egalité.

    Que ce soit elle qui prenne maintenant – et malgré les protestations qui ont abouti au « gel » de l'expérimentation autour de ces parcours dans certaines académies – la direction de la rue de Grenelle, c'est tout un symbole. Un pied de nez à ceux qui ont cru que le gouvernement faisait marche arrière.

    Najat Vallaud-Belkacem a participé à la révision des lois bioéthiques, qui a consacré le droit de recherche sur l'embryon. Elle a soutenu et promu l'avortement : que ce soit à travers son remboursement à 100 % mis en place comme une priorité par le premier gouvernement de François Hollande, par la création du site officiel sur l'« IVG » pour assurer une bonne « information » des femmes qui risqueraient de changer d'avis en tombant sur des sites parlant des inconvénients de l'avortement et des possibilités d'obtenir de l'aide pour garder leur enfant, et enfin par la suppression du mot « détresse » de a loi sur l'avortement légal dans la loi sur l'égalité promulguée symboliquement le 4 août dernier.

    Cette loi sur l'égalité « femmes-hommes » (respectez bien l'ordre, il y a désormais des égalités qui ne sont pas symétriques) a pour but de « changer les mentalités », comme elle l'a elle-même déclaré lors de ses derniers discours en faveur de ce texte qu'elle a porté. Elle a pour objectif de faire peu à peu disparaître les « stéréotypes de genre », que ce soit à la tête des entreprises du CAC 40 ou dans l'intimité des foyers.

    Elle a tué le « bon père de famille » : en chassant ces mots de tous les codes du droit français, la loi a signé l'aboutissement de la lutte contre toute autorité paternelle, sacralisé la haine du père.

    Retenez bien la dernière phrase de l'exposé des motifs de cette loi qui porte la marque de NVB : la politique pour l'égalité devra comporter « des actions visant à porter à la connaissance du public les recherches françaises et internationales sur la construction sociale des rôles sexués ». Les mots n'y sont pas, mais il s'agit bien de l'idéologie du genre. Oui, c'est une idéologue du genre qui présidera aux destinées de l'école française désormais.

    La nomination de Najat Vallaud-Belkacem au poste de ministre de l'Education nationale (et du décervelage, et de l'endoctrinement) n'est pas un pied de nez, pardonnez la faiblesse de l'expression. C'est un crachat à la figure des familles. Une déclaration d'intention totalitaire.

  • Meeting de Rimini : 800.000 personnes attendues

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    Italie: Ouverture à Rimini de la 35e édition du Meeting pour l’Amitié entre les Peuples

    800’000 personnes sont attendues de 70 pays du monde entier   

    Rimini, 24 août 2014 (Apic) 800’000 personnes en provenance de 70 pays du monde entier sont attendues du 24 au 30 août dans la station balnéaire de Rimini, sur le littoral adriatique, pour la 35e édition du «Meeting pour l’Amitié entre les Peuples». Ce grand raout, à l’initiative du mouvement ecclésial «Communion et Libération», transforme depuis 1980 le paradis italien du farniente en un eldorado mondial de la culture et des rencontres spirituelles, rappelle Radio Vatican.

    La grande manifestation, qui se tient au centre «Rimini Fiera», prévoit cette année plus de 100 rencontres et tables rondes, 12 expositions, 23 spectacles, 17 rendez-vous sportifs et 3’500 m2 d’un espace réservé aux enfants. Elle a pour leitmotiv «Vers les périphéries du monde et de l'existence. Le destin n’a pas laissé l’homme seul».

    Communiquer avec un langage compréhensible les valeurs du christianisme

    Le message envoyé au Meeting par le pape François et écrit en son nom par le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d’Etat du Saint-Siège, relève qu’«un monde en transformation rapide demande aux chrétiens d’être disposés à chercher des formes ou des moyens de communiquer avec un langage compréhensible la permanente nouveauté du christianisme».

    Dans cette lettre, rendue publique le 23 août par le Saint-Siège, le souverain pontife invite chacun à «ne jamais perdre le contact avec la réalité » et à «tenir toujours le regard fixé sur l’essentiel».

    Le «Meeting pour l’Amitié entre les Peuples», auquel participent non seulement les milliers de membres du mouvement, mais une foule de personnes intéressées, est une véritable institution en Italie. Chaque année, des personnalités du monde politique, économique ou encore culturel de premier plan y participent. En 1982, le pape Jean Paul II lui-même s’y était rendu.

    Lire la suite sur le site d'APIC

     

  • PMA en Belgique: pénurie de sperme; le système belge victime de son libéralisme

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    Du Bulletin de l'Institut Européen de Bioéthique :

    Pénurie de sperme en Belgique: les importations danoises à la rescousse

    Confrontées à une hausse des demandes de procréation médicalement assistée, les banques de sperme belges sont en pénurie, peut-on lire dans le journal L'Echo. Le problème est sérieux et les centres de procréation médicalement assistée (PMA) sont "inquiets". 

    En plus des hétérosexuels confrontés à l'infertilité, un nombre croissant de femmes seules et de lesbiennes sont candidates. Et le cadre légal belge très libéral en matière de PMA suscite la visite dans les centres belges de personnes venant de l’étranger. Toutefois, l'offre de sperme  ne suit pas. "Les centres de PMA doivent se fournir à l'étranger, surtout auprès de banques de sperme danoises Cryos et NordicCryobank", confirme le biologiste Olivier Gaspard, responsable technique du laboratoire de PMA du CHU de Liège.

    Cryos, le numéro un mondial, vend des centaines de milliers de paillettes de sperme (des mini-éprouvettes contenant des millions de spermatozoïdes) par an dans plus de 50 pays. Le prix d'une paillette varie entre 39 et 49 euros. Le sperme d'un donneur est généralement distribué à plusieurs femmes mais celui d'un donneur "exclusif" peut coûter jusque 12.000 euros. "Sans les dons danois, les centres de PMA belges ne pourraient répondre qu'à 10% ou 20% de la demande", précise Olivier Gaspard. En Belgique, la publicité est interdite pour les banques de sperme. Mais la toute récente campagne de communication quant au manque de sperme a été très largement relayée dans tous les médias belges faisant suite à un communiqué de presse.

    La sévérité des critères de recevabilité du sperme et la batterie de tests médicaux est une cause de pénurie. "Quand on a fini tous les tests, sur 25 candidats, il en reste 4 en bout de course", constate Michel Dubois, directeur médical du centre PMA de l'Université de Liège. Par ailleurs, la qualité du sperme s'appauvrit globalement. "Dans les années 60, l'OMS fixait la norme à 60 millions de spermatozoïdes par millilitre de sperme. Depuis 2010, elle est de 15 millions par millilitre", ajoute M. Dubois. Alors que la loi belge en matière de procréation médicalement assistée stipule que le don de sperme est anonyme et gratuit, le CHU de Liège octroie 75 euros par don à titre de « dédommagement ».

    Cette campagne est-elle une réplique à la mise en cause par l’association Donorkinderen België qui mettait en cause la firme Cryos ? Plusieurs femmes (au-delà du nombre autorisé) auraient reçus le sperme d’un donneur porteur d’une maladie génétique grave, dont l’enfant ainsi conçu serait aujourd’hui porteur ?

    Les dons de sperme posent des questions éthiques et notamment la souffrance pour les enfants ainsi conçus de ne pas connaître leur père biologique. Voir aussi ICI

  • James Foley : le témoignage de deux journalistes anciens otages détenus avec lui par les islamistes

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    « Le grand reporter d’Europe 1 Didier François est revenu mercredi sur la mort de James Foley, ce journaliste américain que les djihadistes de l’Etat islamique affirment avoir décapité. Ancien otage, Didier François avait été détenu avec lui mais n’avait rien dit par souci de sécurité de son compagnon d’infortune, comme il l'a expliqué dans Europe Midi.

    Un compagnon de cellule. "Pour des raisons évidentes de sécurité, les ravisseurs nous avaient menacé de représailles sur les otages restants si nous nous exprimions là-dessus. Ce n’est pas du tout pour cacher quoique ce soit à nos auditeurs", explique Didier François. "Nous avions bien sûr contacté la famille de James Foley et les autorités américaines. Mais publiquement, nous avions gardé le silence". Après une première rencontre, très rapide, pendant l'été 2013, "nous avons été séparés avant de nous retrouver à nouveau ensemble au mois de septembre, jusqu'à ma libération" au mois d'avril 2014.

    "Un garçon extraordinaire". Le grand reporter d’Europe 1 se souvient de James Foley, avec qui il a passé plus de huit mois. "C’était un garçon extraordinaire, un superbe journaliste, quelqu’un d’extrêmement fort, qui n’a jamais craqué (malgré) des conditions extrêmement difficiles". Didier François raconte qu'il "était agréable de partager avec lui ces longues heures difficiles". "C'était un excellent compagnon de cellule, extrêmement collectif", doté d'un "grand courage". "Il faisait partie de ces prisonniers qui, malgré les interdictions, continuaient à réclamer, toujours pour les autres : du pain quand on avait faim, des tours de toilettes supplémentaires...", se souvient Didier François pour qui James Foley était "l'un des piliers du groupe". Le journaliste a une pensée particulière pour la "famille et les proches" de James Foley", ainsi que pour les "autres otages qui restent, puisque l'Etat islamique revendique dans la vidéo l'enlèvement d'un second journaliste américain".

    Le reporter Didier François a été détenu avec... par Europe1fr


    Les conditions de son enlèvement. Didier François parle d'un "journaliste expérimenté, qui assumait les choix qu'il avait faits". "Il était déjà venu plusieurs fois (en Syrie, ndlr.)", continue le reporter d'Europe 1, qui détaille les conditions de l'enlèvement de James Foley, le 22 novembre 2012. "Il rentrait d'un reportage de plusieurs semaines (dans la région d'Idlib, ndlr.), vers la Turquie. Il s'était arrêté rapidement dans un café internet, dans une ville frontalière, pour envoyer un message à sa rédaction et sa famille", raconte-t-il. "En sortant du café, il a été intercepté par des gens de l'armée islamique" qui l'ont kidnappé.

     >> LIRE AUSSI - Le djihadiste qui a décapité James Foley est britannique

    "Je pense qu'ils avaient décidé de l'exécuter". A son retour en France, Didier François expliquait avoir subi des simulacres d'exécution. James Foley aussi, raconte le grand reporter d'Europe 1, qui se souvient : "une des dernières fois où je l'ai vu avant de partir, ce groupe, qui a le goût du macabre, l'avait fait prendre une pose, crucifié contre un mur". "C'est pour cela que, quand on me demande ce que je pense du motif avancé par les ravisseurs pour l'exécuter, je pense qu'ils avaient décidé de l'exécuter, point", assène-t-il. Les djihadistes ont "ensuite cherché des excuses pour justifier cet assassinat que rien ne justifie" : "ce qui a été donné après comme explications, ne sont que de vaines tentatives d'essayer de masquer leur crime, mais c'est un crime".

     >> LIRE AUSSI - Les Etats-Unis avaient tenté de libérer James Foley  » 

    Ref.http://www.europe1.fr/international/le-journaliste-james-foley-2206701

    Le journaliste français Nicolas Hénin a aussi été otage pendant sept mois avec le reporter James Foley. Après l'exécution de l'Américain, revendiquée par les djihadistes de l'Etat Islamique dans une vidéo, il témoigne pour L'Express. En savoir plus sur http://www.lexpress.fr/actualite/monde/proche-moyen-orient/james-foley-etait-le-souffre-douleur-des-geoliers-mais-il-restait-impassible_1569303.html#ipOupboWc9TRsep4.99

    Dans cette interview, relevons notamment ceci :

    Question : James Foley était-il davantage maltraité que les autres otages?

    Réponse : Oui. Il était vraiment plus maltraité. En fouillant dans son ordinateur, ils ont découvert que son frère travaillait dans l'US Air Force. A cause de cela et en tant qu'Américain, il a eu droit "à un traitement de faveur". Il est devenu le souffre-douleur des geôliers. Il s'en prenait plein la gueule mais il restait impassible. 

    Question : James Foley vous a-t-il dit ce qu'il aurait aimé faire une fois libéré?

    Réponse : Oui, il avait deux envies. Soit bosser au Committee to protect journalists (CPJ). Soit faire du dialogue interreligieux et contribuer au rétablissement de ponts entre les mondes chrétien et musulman. A ce titre, j'ai été révolté de la flambée d'islamophobie sur Twitter après la diffusion de la vidéo de son assassinat. Les mecs qui l'ont tué ont réussi leur coup: renforcer les populismes et les clichés réciproques. C'était contre cela que James voulait justement s'engager. 

     JPSC

  • En Corée, le pape prie pour les victimes de l'avortement

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    Sur le blog de Jeanne Smits :

    Corée : le pape François prie pour les victimes de l'avortement

    Comme annoncé, la visite du pape François en Corée du Sud a été marquée par une halte dans un « cimetière » pour bébés avortés. Il s'est recueilli devant la statue de la Sainte Famille qui domine une pelouse parsemée de petites croix blanches symbolisant les innombrables enfants à naître tués au fil des ans en Corée. Une prière silencieuse que les médias présentent comme un geste très fort de la part de ce pape qui avait pourtant dit vouloir éviter les sujets « controversés » pour pouvoir mettre l'accent sur la pastorale et l'accès aux « périphéries ». Entouré de militants pro-vie, il s'est entretenu plus particulièrement avec l'un d'entre eux, né sans bras et sans jambes, qui a eu la chance de naître en Corée malgré son défaut congénital.

    L'émouvant monument se dresse dans le domaine du foyer de Kkottoghnae, lieu d'accueil pour les handicapés, les alcooliques, les sans-abri, les personnes abandonnées par leurs familles, des enfants délaissés proposés à l'adoption, fondé dans les années 1970 par un prêtre.

    A ce titre la prière de François a revêtu une signification plus grande encore, dans un pays où le rejet des handicapés est encore souvent la règle et où l'avortement, malgré d'importantes restrictions introduites en 1953, est autorisé pour éliminer les bébés souffrant de malformations graves.

    Mais en Corée du Sud, l'avortement a été très largement autorisé de fait, les autorités ayant traqué pendant des décennies les familles nombreuses et fait la propagande pour le contrôle des naissances, au nom de la croissance économique. Ce n'est que depuis quelques années que le taux de natalité désastreux – l'un des plus bas du monde – a poussé le gouvernement à changer de discours, là encore pour des raisons économiques.

  • Corée : Le pape François est contre l'esprit de compétition

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    Selon Jean Mercier, le 15 août sur le site de « La Vie » (extraits) :

    Au deuxième jour de son voyage en Corée, le pape a martelé son appel à la conversion des catholiques coréens lors de son premier grand “moment” populaire, lors de la messe de l’Assomption dans le stade de Daejeon, une ville située au sud de la capitale. Cet appel fait écho à l’interpellation vigoureuse que François avait lancée, la veille, à l’attention des évêques coréens, celle de retrouver une plus grande cohérence évangélique, loin de toute complaisance dans le confort et la réussite (…).

    Les jeunes, François les rencontrera ensuite au sanctuaire de Solmoe, un lieu marqué par la mémoire des martyrs coréens. Ils sont six mille, venus de 23 pays asiatiques pour les Journées asiatiques de la jeunesse. Sans surprise, le pape les appelle à “’aller sur les routes et sur les chemins du monde, frappant aux portes du cœur des gens, les invitant à recevoir Dieu dans leurs vies.” Et il réitère son credo à la fois social et spirituel, dénonçant une fois de plus l’idolâtrie de la richesse et le désert spirituel qu’elle entraîne  (…). Quittant le fil du discours qu’il ânonne en anglais sur les vertus de l’espérance, François lâche alors sa feuille, expliquant qu’on lui a conseillé d’improviser de façon spontanée, “afin de parler avec le coeur”. Avouant son anglais insuffisant, il demande un interprète pour traduire depuis l’italien, où il est à l’aise.

    Jouant de son charme, incroyablement vivant, le pape brûle les planches... Il multiplie les interpellations à la foule, répond aux sollicitations des jeunes qui ont témoigné au micro, s’excuse de se tromper dans les prénoms de ceux-ci, au grand plaisir de l’auditoire. (…) Enfin, il évoque la division entre les deux Corée : “Il y a une seule Corée, mais elle est divisée. La famille est divisée... Le pape demande le silence et s’incline en prière pour l’unité coréenne. Il termine son propos par un vibrant appel à la miséricorde de Dieu, sur le thème : “Plus on a péché, plus Dieu fait la fête quand on revient vers lui !”. Le pape ne craint pas de verser dans un certain simplisme, mais dont l’efficacité pédagogique est évidente... Pas de doute, en jouant à fond cette carte du prédicateur missionnaire et affectif, le pape a déjà réussi à faire de ce voyage un grand succès pastoral, qui rappelle celui de juillet 2013, lors des JMJ de Rio.

    Ref. Corée : le pape contre "l'esprit de compétition"

    JPSC

  • Irak : le difficile réveil de l’Occident

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    Est-ce un effet de la mobilisation des chrétiens en faveur des Irakiens persécutés ? L’Europe et les Etats-Unis commencent à prendre conscience de l’ampleur de la catastrophe. Philippe Oswald sur « Aleteia » :

    Alors que la prière des chrétiens qui fêtaient l’Assomption a redoublé de ferveur pour leurs frères chrétiens et tous les persécutés d’Irak, notamment à Lourdes (cf. BFM-TV), les ministres européens des affaires étrangères réunis d’urgence à Bruxelles sont enfin parvenus à une position commune sur la livraison d’armes aux combattants kurdes en Irak. La France a joué un rôle moteur dans cet accord. Pour autant, il ne s’agit que d’un satisfecit accordé aux Etats-membres qui ont décidé de fournir une aide militaire aux forces de sécurité kurdes considérées comme seules capables de tenir tête sur le terrain aux islamistes de l’EIL, alors que l’armée irakienne est en totale déliquescence. Et l’aide militaire française ne peut qu’être modeste, vu l’état catastrophique des équipements de nos armées. Les Britanniques, de leur côté, ont fait savoir qu’ils répondraient « favorablement » à une demande des Kurdes (cf. La Croix et Le Parisien).  

    Mais armer les Kurdes est un pis-aller qui n’est pas sans risque (y compris pour les chrétiens qui ont jadis été victimes de persécutions de leur part : on peut douter de l'enthousiasme des Kurdes à défendre ceux-ci : le R.P. Amir Geagea, supérieur dominicain à Bagdad, et le père dominicain Anis Hanna ont dénoncé l'abandon par les peshmergas kurdes de leurs positions dans des villages chrétiens de Ninive livrés aux jihadistes (cf. l’Orient le Jour ). Aussi l'Allemagne, la Suède, l'Irlande, la Finlande et l'Autriche restent réticentes à armer les Kurdes.

    La réaction européenne demeure donc bien timide et hasardeuse au regard des monstrueuses exactions commises par les jihadistes du prétendu « Etat islamique » dont cette vidéo tournée par les bourreaux eux-mêmes offre un aperçu (attention, les images sont difficilement soutenables). L’offensive qu’ils mènent en Irak depuis le 9 juin avec l’arsenal dont les Américains avaient doté l’armée irakienne leur a permis de conquérir des pans entiers du territoire depuis la zone frontalière de la Syrie jusqu’ au nord, à l’ouest et à l’est de Bagdad, menaçant aussi le Kurdistan irakien. Le « califat » dans lequel ces sunnites imposent leur pouvoir a été marqué d’emblée par la persécution des chiites (ils ont fait exploser le 15 août un lieu de culte chiite et exécuté publiquement le muezzin dans la ville de Jalawla, à 130 km au nord-est de Bagdad), et  des minorités chrétiennes et yézidie (non musulmane et kurdophone). Le massacre des hommes et la vente de femmes comme esclaves (cf.Aleteia) n’est pas sans rappeler le génocide des Arméniens par les Turcs, voici un siècle.

    Les Américains qui portent l’écrasante responsabilité d’avoir été les pyromanes de l’Irak, s’efforcent à présent de jouer les pompiers en dotant d’armes les combattants kurdes et en bombardant les jihadistes qui assiègent les yézidis réfugiés dans les monts Sinjar (l'ONU estime leur nombre à 20 000 ou 30 000, mais  le porte-parole du Pentagone, le contre-amiral John Kirby, a déclaré qu’ils seraient «beaucoup moins nombreux» et vivraient dans «de meilleures conditions» (sic) qu'attendu …). Une certitude : la tardive réaction des Occidentaux ne suffira pas à rendre leurs foyers aux milliers de déplacés qui tentent de survivre dans des camps au Kurdistan ou à la frontière syrienne.

    Réf. Irak : le difficile réveil de l’Occident

    D’après Belga, La Belgique pourrait, dans un cadre européen,  participer avec des avions de transport militaires C-130 Hercules à l'acheminement d'aide humanitaire à la population irakienne victime des jihadistes de l'Etat islamique (EI), voire à la livraison d'équipements militaires offerts par d'autres pays aux combattants kurdes, Selon  le ministre belge des affaires étrangères, Didier Reynders, la Belgique pourrait aussi contribuer à la formation des combattants kurdes qui affrontent les jihadistes de l'EI. S’agissant de la livraison d’armes, il a précisé que la décision revient à chaque Etat membre de l’Union européenne, avec le consentement des autorités nationales irakiennes, c'est-à-dire le gouvernement de Bagdad, Le ministre a ajouté que les demandes actuellement formulées par les Kurdes irakiens portent sur des munitions pour des armes d'origine russe - que la Belgique ne possède pas.

    JPSC