Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Spiritualité - Page 520

  • Oui, nous sommes des "catholiques baroques" !

    IMPRIMER

    BAL_187194.JPGOui, vraiment, ça nous plaît, surtout que Belges, baroques nous sommes. Nous avons trouvé ça sous la plume de l'intelligent et subtil abbé de Tanoüarn, et nous y souscrivons sans réserve :

    "Pourquoi nous sommes des catholiques baroques" (publié dans chaque numéro de "Certitudes" de 1993 à 2005) :

    "Baroque ? Catholique ? Les deux mots jurent. Ils semblent incompatibles, comme l'enfant sage ne sera jamais l'ami du turbulent. Il ne s'agit pas là seulement de mémoire et d'histoire. Ce qui est en jeu, c'est une manière d'être, un style, une forme. Si l'on met dans le baroque toute la fantaisie et toute la rigueur, si l'on voit dans l'Age baroque l'alliance réussie de la liberté et de la fidélité, il faut affirmer que cet âge est plus qu'une époque, parce qu'aujourd'hui il doit être nôtre. Comme catholiques, nous refusons l'opposition stérile entre le dogme et la vie, entre l'élan et l'attachement. Ressuscités en espérance, nous prenons tout : c'est baroque"

    Et l'abbé de s'expliquer sur "métablog" :

    Dans les années 90, il était impossible d'être catholique sans épithète complémentaire. J'avais voulu choisir le mien, pour que l'on ne m'en colle aucun autre : catholique baroque, alors que j'écoutais Lully et Charpentier toute la sainte journée, cela m'allait. Aujourd'hui le culte des épithètes supplémentaires tend heureusement à diminuer. Se dire "catholique baroque" (comme Jacques Perret se disait volontiers catholique mérovingien) cela est devenu moins urgent. Mais non moins important.

    Plus que jamais, la question du style est fondamentale. Rien à voir avec un accessoire. A l'heure de la nouvelle évangélisation, le style fait le prêtre, son efficacité, sa marque. Christoph Theobald, jésuite éminent, envisage, à la fin des fins, le Concile comme un style. Ce qu'il défend ce n'est pas le Concile mais le style du Concile (chacun ses goûts !). Eh bien : style pour style, je préfère le baroque : style tout à la fois merveilleusement libre et éminemment formel, voyez les sculptures du Bernin, ces dentelles de pierre, si délicates et si fortes, le rapt de Proserpine ou l'extase de sainte Thérèse.

    La puissance du baroque c'est de garder les contraires ensemble, de manifester combien la finesse va à la force, combien l'attachement produit la liberté... Dans Parier avec Pascal, j'ai essayé de montrer que c'est le baroque de la "vérité contraire" qui sauve Pascal du jansénisme, où tombe le très scolastique et doctrinaire Arnauld, mal gré qu'il en ait. 

  • Ecriture et Tradition : un miracle peut en cacher un autre…

    IMPRIMER

      imagesCA479HOR.jpg Que Jésus rendît d’un seul mot la vue à Bartimée qui mendiait au bord de la route, ce fut un grand miracle, assurément. Et pourtant, saint Marc nous en rapporte un autre plus grand encore, mais moins apparent, en relatant les circonstances de celui-là, sur lequel s’articule la péricope (Mc 10, 46-52) ... 

       Car enfin, oserait-on dire, le miracle dont bénéficia Bartimée ne devrait guère nous surprendre.

       Est-ce si extraordinaire pour « celui qui a façonné l’oeil » (Ps 93[H. 94], 9) de lui rendre son bon fonctionnement ? Cet aveugle avait foi en Jésus : on le voit par son comportement, et Jésus lui-même nous en donne confirmation, quand il lui dit « Ta foi t’a sauvé. » (Mc 10, 52) Or le Seigneur ne dit-il pas encore ailleurs : « Tout est possible en faveur de celui qui croit. » (Mc 9, 22 [Gr.23]) ?

       Si nous sommes surpris par ce miracle-là, c’est que nous méconnaissons lourdement que l’être est dans les mains de Dieu, c’est que nous mesurons à notre aune, c’est que nous faisons bon marché de la toute-puissance de Dieu, de la divinité du Christ, de l’amour qu’il nous porte, du poids véritable et réel de ses paroles. Bref, c’est que nous nous disons chrétiens mais sommes bien loin de l’être ! 

    Lire la suite

  • Trois messages de l’Immaculée

    IMPRIMER

    sml304418a1231014b1c6.jpgComme chaque année le 8 décembre en la fête de l’Immaculée, le pape a couronné la statue de Marie, place d’Espagne à Rome et, comme d’habitude, Benoît XVI n’a pas parlé à la foule pour ne rien dire comme font les politiciens et les sermonneurs du dimanche . Ecoutons sa voix modeste et timide qui s’adresse à chacun plutôt qu’à tous (source et traduction : benoît et moi):

     «C'est toujours une joie spéciale de se rassembler ici, sur la Piazza di Spagna, en la fête de Marie Immaculée. Se retrouver ensemble - Romains, pèlerins et visiteurs - au pied de la statue de notre Mère spirituelle, nous fait nous sentir unis au nom de la foi. Il me plaît de le souligner en cette Année de la foi que l'Eglise toute entière est en train de vivre. Je vous salue avec une grande affection et je voudrais partager avec vous quelques réflexions simples, suggérées par l'Evangile de cette solennité: l'Evangile de l'Annonciation.

    Tout d'abord, nous sommes toujours frappés, et cela nous laisse songeurs, par le fait que le moment décisif pour le destin de l'humanité, le moment où Dieu s'est fait homme, est entouré par un grand silence. La rencontre entre le messager divin et la Vierge Immaculée passe totalement inaperçu: personne ne sait, personne n'en parle. C'est un événement qui, s'il arrivait à notre époque, ne laisserait pas de traces dans les journaux, dans les revues, parce que c'est un mystère qui se passe dans le silence. Ce qui est vraiment grand passe souvent inaperçu, et le silence tranquille est plus fructueux que l'agitation frénétique qui caractérise nos villes, mais qui - toutes proportions gardées - se vivait déjà dans les grandes cités comme Jérusalem alors. Cet activisme qui nous rend incapables de nous arrêter, de rester tranquilles, d'écouter le silence dans lequel le Seigneur fait entendre sa voix discrète.

    Lire la suite

  • La Translation de la Sainte Maison de Lorette

    IMPRIMER

    Du site "Marie de Nazareth", une synthèse rédigée par F. Breynaert :

    Le rayonnement de ce sanctuaire italien est si grand que le calendrier liturgique catholique romain propose une mémoire liturgique pour célébrer la "Translation de la Sainte Maison de Lorette", le 10 décembre.

    Le mot "translation" signifie "transport" : l'actuel sanctuaire, construit au XV° et XVI° siècle, abrite une maison, "la sainte Maison", dont les pierres sont une relique de la maison de la Vierge Marie de Nazareth.

    Sixte V (pape de 1585 à 1590), fit graver en lettres d'or sur façade de la Basilique à peine achevée : « Maison de la Mère de Dieu où le Verbe s'est fait chair ».

    Il est tout à fait saisissant d’entrer en ce lieu, de se prosterner là, et de penser qu’entre ses pierres, quand la Vierge prononça son Oui, le Verbe s’est fait chair dans son sein virginal, et qu’il a vécu parmi nous.

    Lire la suite

  • Le Hobbit, une rencontre qui te change la vie

    IMPRIMER

    La Nova Bussola Quotidiana (Marco Respinti) présente "Un voyage inattendu" qui apparaîtra sur nos écrans d'ici quelques jours (traduction par nos soins) :

    "Il y a plus de bon en toi que tu ne le soupçonnes, fils de l'aimable Ouest"

    hobbit_trailer.jpgLa lecture de Bilbo le Hobbit de JRR Tolkien (1892-1973) transposée à l'écran par un réalisateur de talent, le Néo-Zélandais Peter Jackson, auteur de l'excellente version du film Le Seigneur des Anneaux, arrivera dans les salles (italiennes) le 13 décembre, après une longue, longue attente. Il s'agira de la première partie, intitulée Un voyage inattendu, de trois blockbusters qui se suivront dans les années à venir. (...) ....ce sera un véritable succès, au-delà des gains et de l'écho médiatique, à la condition,  sans être un doublon du livre (chose aussi impossible qu'inutile), de pouvoir en rendre pleinement la profondeur de l'inspiration. 

    Le Hobbit, en fait, est une histoire de maturité, raison pour laquelle il peut s'adresser à la fois aux plus grands et aux plus petits, abolissant, comme peu savent le faire une barrière méprisante et aussi un peu trop idéologique que la critique classe comme un obstacle infranchissable entre enfants et adultes. Le Hobbit est un conte sérieux, et pour cela, il sait aussi faire rire aux éclats au bon moment sans jamais tomber dans l'humour fielleux. Et Bilbo le Hobbit est une histoire vraie, parce qu'elle évoque des choses réelles, même si elles ne le sont pas toujours matériellement. 

    Lire la suite

  • Banneux, 23-24 mars 2013 : la 8ème marche des mères de famille

    IMPRIMER

    Une invitation adressée aux mères de famille

    marchedesmeresweb1.jpg

    Cette année nous aurons la joie de découvrir la magnifique région de Banneux, Pays des Sources au cœur des Ardennes Bleues

    Notre Marche nous conduira jusqu’au sanctuaire de Banneux, où nous pourrons venir trouver réconfort et soutien auprès de la Vierge des pauvres.

    Les inscriptions ont déjà commencé : ne tardez pas ... inscriptions limitées…

    Cette année : c’est possible en un clic docs.google.com

    Infos complémentaires sur le site emmanuel.info

    N’hésitez pas à y inviter vos amies, connaissances… 

  • France : la manifestation du 13 janvier confiée à l'Immaculée

    IMPRIMER

    imagesCASOYZYT.jpgDu Père Abbé de l’abbaye bénédictine de Triors, Dom Hervé Courau, aujourd’hui dans son homélie pour la fête de l’Immaculée Conception :

    "En ce jour de fête, nous voulons confier à Marie toute Pure les efforts de notre pays pour empêcher les lois qui ne cessent de défigurer la famille et la transmission de la vie. La France a un fond chrétien fort, elle a un fond de droiture qui se manifeste ces jours-ci face aux menaces de l'actualité : je pense bien sûr au projet de loi infâme, mais aussi aux orientations prises par le Sénat sur la bioéthique, qui évoquent le terrifiant précédent nazi. Aussi nous nous confions à l'Immaculée et nous lui consacrons la marche du 13 Janvier prochain.

    Devant Elle, je veux citer Dom Guéranger qui a œuvré avec tant d'intelligence surnaturelle à la proclamation de son dogme : Considérons l'état misérable du genre humain, au moment où le Christ va paraître... Tous les droits, hors celui du plus fort, sont oubliés ; la volupté, la cupidité, le larcin reçoivent l'encens. La famille est anéantie par le divorce et l'infanticide ; les nations même périssent par les guerres d'extermination. Le genre humain n'en peut plus, prêt à succomber dans une dissolution honteuse et sanglante. Les justes qu'il contient encore, et qui luttent contre le torrent et la dégradation universelle, ne le sauveront pas, car ils sont méconnus des hommes, et leurs mérites ne sauraient, aux yeux de Dieu, pallier l'horrible lèpre qui dévore la terre... Ô Marie ! Arche d'Alliance formée d'un bois incorruptible, revêtue de l'or le plus pur, aidez-nous (Année Lit. tome I, 3 & 8 Décembre), ce temps-ci est vraiment à vous. Notre prière rejoint la prière de l’Église, Gaudeamus"

    Source ici : La manifestation du 13 janvier confiée à l'Immaculée

    L’abbaye de Triors (dans la Drôme) a été fondée le 6 octobre 1984  par des moines venus de l'abbaye Notre-Dame de Fontgombault. Les quatorze premiers moines s'installent dès août 1984 dans un château du XVIIIe siècle qui est légué à la congrégation de Solesmes par la dernière propriétaire. De grands travaux commencent à partir du début des années 1990 pour transformer le prieuré en véritable abbaye bénédictine. L'abbatiale, commencée en 1990 et achevée en 1993 est dédicacée à l'Immaculée Conception le 5 octobre 1996. La communauté compte aujourd’hui 40 moines.

    L'abbaye a gardé les traditions liturgiques grégoriennes et dès 1988 a profité de l'indult envers le rite de Saint Pie V. Elle dépend à ce titre de la Commission pontificale « Ecclesia Dei » depuis 1988. L'abbaye a réalisé une discographie grégorienne complète de l'ensemble du cycle temporal du calendrier liturgique catholique.

  • Une figure de prêtre qui nous réjouit

    IMPRIMER

    Itinerarium rend compte de la présentation de son dernier livre "Croire" par le Père Zanotti-Sorkine à La Procure :

    Après avoir publié en octobre dernier "Au diable la tiédeur", un brûlot alerte et grave sur la situation sociale du christianisme, le père Michel-Marie Zanotti-Sorkine nous revient avec "Croire – Questions éternelles, réponses actuelles", petit traité de pensée vivante digne du talon marial écrasant la raison conceptuelle du roi des sophistes, le grand enfumeur devant l’Eternel, satan.

    Dans ce combat du Verbe contre le verbalisme, ce marathonien du Christ ose se frotter aux éternelles questions que le christianisme a dû affronter au cours des siècles et qui continuent de travailler bien des théologiens : Peut-on être heureux sans recourir au divin ? Y a-t-il un Dieu ? Si Dieu existe vraiment et qu’il est amour, comment peut-il permettre la présence du mal sur la terre et de la souffrance dans nos vies ?

     Lire toute la note 

     Marina Corradi (L'Avvenire) a rencontré le Père Zanotti. Et elle raconte. (source)

    (Ce reportage a été publié le 29 novembre dans "Avvenire", le quotidien de la conférence des évêques d’Italie. C’est le premier d’une série ayant pour objectif de présenter des témoins de la foi, connus ou non, capables de faire naître l’étonnement évangélique chez ceux qui les rencontrent.)

    "LE PAPE A RAISON : TOUT DOIT RECOMMENCER À PARTIR DU CHRIST"

    Cette soutane noire qui voltige sur la Canebière, au milieu d’une foule plus maghrébine que française, fait se retourner les gens. Tiens, un prêtre, et habillé comme autrefois, dans les rues de Marseille. Un homme brun, souriant, mais qui a pourtant quelque chose de réservé, de monacal. Et quelle histoire que la sienne ! Il a chanté dans des cabarets à Paris, cela ne fait que huit ans qu’il a été ordonné prêtre et depuis lors il est curé ici, à la paroisse Saint-Vincent-de-Paul.

    Lire la suite

  • L’anarchisme chrétien ou l’épée de Perceval

    IMPRIMER

    9782356310613.jpg“Voici le peuple immense de ceux qui t’ont cherché”, chante la liturgie de la Toussaint. Cette exclamation tirée du psaume 23 pourrait résumer L’anarchisme chrétien de Jacques de Guillebon et Falk van Gaver. Oui, voici le peuple immense, turbulent et bariolé des chercheurs de Dieu, tel qu’il défile sous nos yeux étonnés au long des 400 pages de cet ouvrage dont le titre est un paradoxe et un défi. En effet, comment peut-on être en même temps anarchiste et chrétien? Comment réconcilier Ni Dieu ni maître avec Mon Dieu et mon tout (S. François d’Assise)? Comment prétendre faire marcher ensemble les poseurs de bombes et les semeurs de joie? Réponse : en retournant à la source de toute révolte pure : la soif de justice. Pas seulement la soif, mais aussi la faim, telles que Jésus les proclame en S. Matthieu (5, 6) : “Heureux ceux qui ont faim et soif de justice : ils seront rassasiés!” La soif et la faim signifient que l’être tout entier est mobilisé par le désir infini de justice. Et ce désir n’est pas sans conséquence politique, car “la foi chrétienne, qui est accidentellement politique, est intimement subversive des pouvoirs aliénants éternellement constitués” (p. 11). 

    timthumb.pngimagesCA8K2ZUX.jpg

    Jacques de Guillebon; Falk van Gaver

    Or, les âmes ardentes et les esprits passionnés ne peuvent que se fracasser contre l’ordre d’airain des sociétés humaines.

    Le croyant sait que la justice des hommes n’est pas forcément celle de Dieu, il est même invité par le Christ à “dépasser la justice des scribes et des pharisiens” sous peine de ne pas entrer dans le Royaume des Cieux (Mt 5, 20), saint Pierre engage même les croyants à “obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes” (Actes 5, 29) ; quant aux hommes de bonne volonté, ces “saints laïcs” mus par la seule justice, ils devront faire l’expérience douloureuse de la résistance aux commandements du monde.

    On connaît la recommandation de saint Paul enjoignant aux chrétiens de se “soumettre aux autorités en charge, car il n’y a point d’autorité qui ne vienne de Dieu, et celles qui existent sont constituées par Dieu” (Rom. 13, 1). Toute révolte contre un ordre inique serait-elle dès lors interdite? Non, bien sûr, au contraire. L’Eglise invite même les chrétiens à la résistance “si l’autorité viole gravement et de façon répétée les principes du droit naturel” et saint Thomas d’Aquin précise qu’ “on n’est tenu d’obéir... que dans la mesure requise par un ordre fondé en justice” (Compendium de la Doctrine sociale de l’Eglise, Cerf, p. 225).  Si donc l’ordre des hommes en vient à s’opposer frontalement à l’ordre divin, l’insoumission devient un droit, voire un devoir. Les martyrs des premiers siècles ont été principalement condamnés pour le simple motif qu’ils refusaient de sacrifier aux idoles et de reconnaître la divinisation du pouvoir politique. Dans nos sociétés, où les nouvelles idoles se présentent à l’adoration sous des formes multiples et où l’Etat en vient à règlementer l’espace de la conscience et à déplacer d’autorité les fondements immémoriaux de l’ordre social, cette résistance peut prendre deux formes principales : l’engagement chrétien radical ou l’insurrection comme étape vers la sainteté.

    C’est à partir de ce tronc commun que les auteurs nous invitent à considérer les pensées et les actes des anarchistes.

    Ils démontrent ce que l’anarchisme et le premier socialisme doivent au christianisme plus qu’à n’importe quelle autre doctrine ou philosophie.

    En nous plongeant dans les eaux profondes de l’insoumission à l’ordre des hommes, les auteurs nous font découvrir une foule de personnages originaux, étonnants, extraordinaires, connus ou méconnus, une troupe d’assoiffés et d’affamés de justice, quelquefois très éloignés de Dieu, en apparence, quelquefois très proches de Lui, mais à leur manière.

    Les auteurs ne canonisent personne, ce n’est pas leur moindre mérite ; ils analysent les ressorts de l’âme, les fondements des actes, la volonté droite. Ils posent en définitive un regard pénétrant et miséricordieux sur la vie de ces défunts qui forment la cohorte tempétueuse et haute en couleurs de ceux qui cherchent Dieu à travers la Justice, en piétinant quelquefois nos pelouses sacrées ou zigzagant à travers les transepts en heurtant les chaises alignées. Ainsi Proudhon (“L’anarchie, c’est l’ordre sans le pouvoir” ou encore “Il est surprenant qu’au fond de notre politique, nous trouvions toujours la théologie”) voisine avec Tolstoï (“La grande révolution, c’est le véritable christianisme, base de l’égalité entre les hommes et de la vraie liberté”) qui fraternise avec le prince noir Kropotkine (“Du berceau à la tombe, l’Etat nous étrangle dans ses bras”); Barbey d’Aurevilly, Claudel, Hello, Bloy, Péguy, Bernanos, Thibon forment la procession chrétienne de ces cavaliers de l’Apocalypse ; puis viennent les errants, les clochards, les fols en Christ, les dandies : l’archimandrite Spiridon, figure brûlante et exaltée de la foi russe, S. Benoît Labre, Charles Baudelaire, Arthur Rimbaud, Oscar Wilde, Adolphe Retté (athée, matérialiste militant, anarchiste et jouisseur, auteur de Contes blasphématoires  et qui décrit sa conversion incroyable dans Du diable à Dieu) ; les pages consacrées à Gandhi sont d’une stupéfiante luminosité évangélique ; et l’on ne s’étonnera pas de retrouver notre cher G. K. Chesterton en si tonifiante compagnie.

    On voudrait s’attarder sur tous les personnages décrits dans ce livre, tant chacun d’eux devient attachant et fraternel, fût-ce à travers ses errances et ses maladresses.

    Le trait commun de tous ceux qui forment ce “peuple immense” est la recherche éperdue de justice et de vérité - jusqu’à la résistance passive, jusqu’à la désobéissance, jusqu’à rupture sociale voire la prise de maquis (le “recours aux forêts” : Thoreau, Jünger, Hainard). Un fil rouge traverse cet ouvrage, et ce fil relie entre elles toutes ces personnalités diverses et contradictoires en une sorte de tapisserie mystique en laine brute, une communion des saints tout étonnés d’être là : à la noce divine, seront conviés “les mauvais comme les bons”, trouvés sur les chemins (Mt 22, 10), “les pauvres, les estropiés, les aveugles et les boiteux ramassés sur les places et les rues de la ville” (Lc 14, 21).

    On aura compris que l’anarchie analysée dans ce livre n’est pas celle des assassins ni des déséquilibrés. L’anarchisme est ici présenté dans son processus intellectuel et affectif, quand il procède d’un sentiment quasi océanique, c’est-à-dire “tributaire de forces parfois inconscientes, parfois mises au jour, que meut pourtant toujours un  désir de s’extraire de la fausse contradiction moderne imposée par la domination  des ethos socialiste et libéraux” (p. 12), contradiction à masque d’alternance, dont le seul point commun est le “narcissisme anthropocentrique et la même négation de la nature” (p. 315).

    Il y a pourtant bien une troisième voie (qui est en réalité la première et la plus éternellement moderne) : l’amour de Dieu et du prochain comme source de subversion par le bien, comme seule alternative aux culs-de-sac idéologiques de tous les temps. La vraie et seule révolution ne commence-t-elle pas dans le cœur de l’homme, avec les premiers mots de Jésus dans l’Evangile selon S. Marc : “Convertissez-vous!”

    Pierre René Mélon

    __________

    Jacques de Guillebon et Falk van Gaver, L’anarchisme chrétien, Editions de l’Œuvre, 2012, 411 p., 29 €.

  • Quand une nouvelle année liturgique ravive la douce mémoire du Christ

    IMPRIMER
    La préparation à Noël dans la tradition occidentale et la tradition byzantine (Osservatore Romano)

    Une mémoire douce et vivante

    Toute la vie de l’Eglise se déroule dans le souvenir du Christ, dans sa « douce mémoire – une memoria suavitatis, pour reprendre l’expression de saint Bernard – sans que le temps, qui passe, ne parvienne jamais à l’épuiser ou à l’atténuer. Et en effet, Jésus est le contemporain de l’étendue des siècles, qui se déroulent tous en sa présence.

    L’Eglise le rencontre en particulier dans l’Ecriture, née comme réévocation des « événements » du Seigneur (cf. Luc, 1, 1). L’Eglise le rencontre dans les signes sacramentaux qui, à leur tour, sont valables et efficaces grâce à la présence actuelle de celui qui en a été et continue d’en être l’auteur. Les croyants retrouvent le Seigneur sous diverses autres formes, mais c’est ici au caractère de signe sacramentel de l’année liturgique elle-même que nous nous intéressons. Avec ses festivités, l’Eglise a comme refaçonné les jours et les semaines ; elle a incliné et plié au service de Jésus les mois et les années.

    Et la tradition liturgique byzantine elle aussi – bien qu’elle n’ait pas en elle-même une période liturgique précédant Noël, avec des particularités eucologiques propres – dans la période allant du 15 novembre au 24 décembre encadre ce qui s’appelle le « Carême de Noël », où nous trouvons une série de tropaires appelés theotòkia — c’est-à-dire dédiés à la Mère de Dieu – très riches d’un point de vue théologique.

    La liturgie byzantine prépare à la Nativité de manière très discrète, très humble. Une très belle série de tropaires nous fait goûter par anticipation le mystère de l’Incarnation : l’attente confiante, la pauvreté de la grotte, les personnages ainsi que les lieux vétérotestamentaires qui apparaissent à cette période. A travers des images poétiques et des réminiscences bibliques nous sommes placés face au mystère de notre salut, au mystère indicible de Dieu qui, par amour, s’incarne, se fait l’un de nous, se fait homme, « se fait petit » comme les Pères aiment à le dire.

    source : osservatoreromano.va

  • Banneux, 14-15 décembre : pause des pères chez les Frères de Saint-Jean

    IMPRIMER

    Pause - Partage - Prière des Pères !

    24h de halte pour couper de notre quotidien et recharger les batteries !

    Quand ?                  15-16 décembre de 15h samedi à 15 h dimanche.
     
    Le thème ?              « Guérir par la puissance du pardon »
    Où ?                       Chez les frères de Saint Jean à Banneux
    Animé par ?             Frère Pierre-François
    Intéressé ?              Inscris-toi, en envoyant un email : P4@stjean-banneux.com 
    Plus d’infos ?          www.stjean-banneux.com  cliquez sur « pause des pères »