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  • De nouveaux détails sur le consistoire des cardinaux du pape Léon XIV prévu en juin

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    Du  Substack de Diane Montagna :

    EXCLUSIF : De nouveaux détails sur le consistoire des cardinaux du pape Léon XIV prévu en juin

    Les cardinaux se réuniront les 26 et 27 juin, selon une nouvelle lettre du doyen du Sacré Collège

    13 avril 2026

    ROME, 13 avril 2026 — De nouveaux détails ont été révélés concernant le consistoire extraordinaire des cardinaux que le pape Léon XIV prévoit de convoquer en juin.

    Dans une lettre datée du 13 avril, qui est envoyée aujourd’hui aux cardinaux, le cardinal Giovanni Battista Re, doyen du Sacré Collège, informe les cardinaux que les réunions se tiendront le vendredi 26 et le samedi 27 juin, le matin et l’après-midi, à partir de 9 h. Cela représente un jour de plus que prévu initialement et permet de tenir deux journées complètes de sessions sans déborder sur le dimanche.

    Le dimanche 28 juin, le pape Léon XIV présidera la « concélébration » de la Sainte Messe avec les cardinaux, tandis que, comme annoncé précédemment, le lundi 29 juin, la Sainte Messe et la bénédiction du pallium sacré pour les nouveaux archevêques métropolitains seront célébrées à l'occasion de la solennité des saints Pierre et Paul.

    Le programme laisse ouverte la possibilité que le pape Léon XIV crée de nouveaux cardinaux le 28 juin, bien qu’aucun projet de ce type n’ait encore été annoncé.

    Le cardinal Re a ajouté que de plus amples détails seraient communiqués dès qu’ils seraient disponibles.

    Selon le Code de droit canonique, les consistoires extraordinaires sont des réunions spéciales de l’ensemble des cardinaux, convoquées par le pape pour discuter des « besoins particuliers de l’Église » ou de questions graves nécessitant une large consultation parmi les cardinaux du monde entier. Le pape Léon XIV a convoqué le premier consistoire extraordinaire de son pontificat les 7 et 8 janvier 2026, après que les cardinaux participant au conclave de cette année se furent plaints d’un manque de réunions et de collégialité sous le pontificat du pape François.

    Le consistoire extraordinaire des 20 et 21 février 2014, convoqué par le pape François, a réuni l’ensemble du Collège des cardinaux afin de réfléchir sur la famille et de jeter les bases théologiques des synodes sur la famille tenus en 2014 et 2015. Cette réunion s’est particulièrement distinguée par un discours controversé de Walter Kasper, dont la « proposition Kasper » suggérait une voie pastorale permettant à certains catholiques divorcés et remariés civilement de recevoir la Sainte Communion, suscitant un débat important et des critiques de la part d’autres cardinaux, tout en façonnant les discussions synodales ultérieures et en influençant l’exhortation Amoris Laetitia de 2016. Elle s’est également distinguée comme le dernier consistoire extraordinaire sous François au cours duquel les cardinaux ont été autorisés à s’exprimer librement sur n’importe quel sujet, alors que les rassemblements ultérieurs de 2015 et 2022 ont limité les interventions à des thèmes spécifiques.

    Voici ci-dessous la lettre du cardinal Re.

  • « La pression des autorités algériennes n’est pas admissible, c’est un État qui veut imposer la foi musulmane » (Mgr Rey)

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    De "Tribune Chrétienne" :

    Monseigneur Rey : « La pression des autorités algériennes n’est pas admissible, c’est un État qui veut imposer la foi musulmane »

    "Je regrette profondément que le pape Léon XIV ne se rende pas à Tibhirine"

    13 avril 2026

    À l’occasion du déplacement du pape Léon XIV en Afrique, et plus particulièrement de sa visite aujourd’hui et demain en Algérie, nous avons voulu entendre une autre voix que celle du consensus général que certains s’efforcent d’afficher. Derrière les discours officiels, cette interview donne la parole à Monseigneur Rey, ancien évêque du diocèse de Fréjus-Toulon, attentif à la réalité vécue par les communautés chrétiennes sur place:

    Pourquoi avez-vous co-signé cette tribune dans le JDD consacrée à la liberté religieuse menacée en Algérie ?

    Je connais plusieurs chrétiens arabes et kabyles qui se sont ouverts à moi et m’ont exprimé leur vision des choses. Je suis très sensible à leur témoignage et à la situation globale des chrétiens en Algérie, qu’ils soient catholiques, protestants ou orthodoxes. Donc je suis sensible à la situation des chrétiens qui tombent dans une situation de quasi persécution. En Algérie nous assistons à des restrictions dans l’exercice du culte et de la pratique religieuse de plus en plus importantes. La liberté de croire doit être respectée, j’ai donc profité de cette tribune pour exprimer aux côtés d’autres témoignages cette conviction que je fais mienne.

    Que vous inspire la visite du pape et les propos du cardinal Jean-Paul Vesco ?

    Le cardinal Vesco parle d’une rencontre du souverain pontife avec le peuple algérien, ce qui en soi est très bien, mais il faut aussi savoir mettre sur la table les sujets de tension et en particulier la marginalisation des communautés chrétiennes suite aux restrictions légales qui ont été récemment décrétées.

    Que pensez-vous du fait que le pape Léon XIV ne se rende pas à Tibhirine ?

    Je regrette profondément que cette étape n’ait pas lieu alors que le martyre de tous ces témoins de la foi marque l’histoire religieuse des chrétiens en Algérie. Le souci légitime de promouvoir la fraternité requiert que l’on soit en transparence sur la situation actuelle des chrétiens qui méritent d’être respectés afin de pouvoir vivre leur foi en toute liberté. À vouloir être trop consensuel on n’est plus dans la vérité.

    Comment qualifiez-vous aujourd’hui la situation des chrétiens en Algérie ?

    La pression des autorités actuelles en Algérie n’est pas admissible. Cela rejoint d’ailleurs le principe de la laïcité, au bon sens du terme, qui doit accepter que chacun puisse exprimer sa croyance ou sa non-croyance. C’est une distinction qui n’est pas faite en Algérie aujourd’hui, c’est un État qui veut imposer la foi musulmane.

    Est-ce que le Vatican est conscient de cette réalité ?

    Je pense que les autorités du Saint-Siège ont reçu des témoignages de communautés chrétiennes qui sont profondément blessées par cette situation actuelle. Le Vatican cherche à rentrer dans un chemin de dialogue mais il faut aussi que la diplomatie et le dialogue intègrent et évoquent l’expression des difficultés, des épreuves et des souffrances.

    Vous êtes-vous déjà rendu en Algérie ?

    Oui, je suis allé plusieurs fois, dont en pèlerinage à Tamanrasset sur les traces du Bienheureux Charles de Foucauld. Je suis également allé à Tibhirine, quelques années après le massacre des moines. Je me suis recueilli sur leur tombe qui se trouve dans l’enclos du monastère.

    Propos recueillis par Philippe Marie

  • Léon l’Africain; ce que peu savent sur son étape au Cameroun

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    De Sandro Magister sur Settimo Cielo (en français sur diakonos.be) :

    Léon l’Africain. Ce que peu savent sur son étape au Cameroun

    Au cours de son voyage en Afrique, le pape Léon se prépare à faire étape au Cameroun, un pays ravagé par une guerre dont les médias du monde entier ne parlent pas beaucoup. Et même c’est sans doute pour cette raison que le Pape a voulu s’y rendre, avec une escale, jeudi 16 avril en plein épicentre du conflit, à Bamenda, chef-lieu de la région du Nord-Ouest du Cameroun, où il organisera une « rencontre pour paix » avec les communautés locales.

    La région du Nord-Ouest, ainsi que la région limitrophe du Sud-Ouest, qui donne sur l’océan Atlantique, toutes deux frontalières avec le Nigéria, est le théâtre d’une guerre civile qui fait rage depuis octobre 2016, menée par des séparatistes voulant faire sécession du Cameroun pour former un nouvel État d’ « Ambazonie » (du nom de la baie d’Ambas, sur l’océan), qui a proclamé son indépendance en 2017, jusqu’ici sans la moindre reconnaissance de la communauté internationale.

    Mais d’autres régions du Cameroun sont également la cible de raids armés, comme les régions plus au Nord, entre le Nigéria et le Tchad, où le terrorisme Jihadiste fait rage, et où des guérilleros de Boko Haram et de l’État Islamique de la Province d’Afrique Occidentale (ISWAP) attaquent fréquemment  des villages, des églises, des écoles, perpétrant des massacres et des enlèvements dont les chrétiens sont les premières victimes, dans un pays où 60% de la population est chrétienne et 20% musulmane.

    Si ce terrorisme djihadiste frappe également d’autres pays du Sahel tels que le Mali, le Niger et le Burkina Faso, ainsi que le Nigéria et le Tchad, la guerre civile qui fait rage depuis 2016 est en revanche spécifique au Cameroun.  Elle a principalement deux causes, une cause immédiate et une autre plus lointaine, remontant à la période coloniale, toutes deux expliquées en détail par le jésuite kenyan Mathew Bomki dans le dernier numéro de « La Civiltà Cattolica ».

    Entre la fin du XIXe siècle et la première guerre mondiale, le « Kamerun » était un protectorat allemand, avant d’être transféré à la France par la Société des Nations, ainsi que pour une plus petite partie, soit un cinquième de son territoire, à la Grande-Bretagne.

    Le Cameroun français a obtenu son indépendance en 1960 et, le 11 février de l’année suivante, un plébiscite a été organisé sous l’égide des Nations Unies au Cameroun britannique, afin de permettre aux Camerounais anglophones de choisir entre l’adhésion au Nigéria voisin ou bien à la toute nouvelle République du Cameroun francophone.

    La troisième option, celle de l’indépendance, fut exclue du référendum alors qu’aux dires des évêques locaux, elle était bien la plus populaire des trois.

    En fin de compte, le plébiscite de 1961 vit la partie Nord du Cameroun britannique voter pour l’adhésion au Nigéria tandis que la partie Sud choisit de s’unir au Cameroun, qui avait à l’époque une structure fédérale mais qui allait ensuite, sous la pression du gouvernement central, progressivement se restructurer de manière unitaire, au détriment de l’autonomie de la zone anglophone.

    Le 28 décembre 2016, les évêques de cette région ont envoyé un Mémorandum au président Paul Biya, aujourd’hui âgé de 93 ans et aux commandes du pays depuis 1982 sans interruption :

    « Les Camerounais anglophones sont étranglés à petit feu, parce que chaque élément de leur culture est systématiquement pris pour cible et absorbé dans la culture et la manière de faire propre au Cameroun francophone. Qu’il s’agisse de la langue, du système d’enseignement, de l’administration ou de gouvernement – dans lequel les structures de représentation démocratiques en pratique contournées par l’intervention de fonctionnaires nommés par l’autorité centrale — ou encore du système judiciaire. »

    Au moment où les évêques rédigeaient ce Mémorandum, les avocats, les enseignants et les étudiants des régions anglophones venaient de descendre manifester pacifiquement dans la rue (voir photo © Teller Report) pour défendre l’usage du « common law » dans les procès judiciaires ainsi que le système scolaire de tradition anglo-saxonne. Mais le gouvernement central a violemment réprimé ces manifestations. Et c’est ce qui a déclenché la guerre civile, avec l’entrée en scène de groupes armés séparatistes, les « Amba boys », avec à la clé des massacres et des enlèvements de la part des deux camps – dont les tristement célèbres massacres de Kumba et Ngarbuh en 2020 – où les deux camps se renvoient la balle en matière de responsabilité.

    L’explosion de violence a causé un nombre important d’homicides, d’incendies volontaires et de destructions de biens et de vies innocentes. Des villages entiers ont été rasés au sol et de nombreuses écoles ravagées. Dans « La Civiltà Cattolica », voici comment Mathew Bomki évalue les dommages causés par cette guerre civile :

    « Dans la partie anglophone du Cameroun, l’économie est à l’arrêt. Plus de 6000 Camerounais ont trouvé la mort dans le conflit, des centaines de milliers ont fui les conflits et 80 000 d’entre eux ont trouvé refuge au Nigéria voisin. Ces sept à huit dernières années, les écoles ont fonctionné de manière précaire, quand elles ne sont pas restées fermées. Selon l’International Crisis Group, l’instruction de plus de 600 000 élèves a été compromise par le conflit ».

    Il faut encore ajouter à ce bilan environ 2000 prisonniers politiques et l’afflux de réfugiés en provenance de la turbulente République Centrafricaine.

    Et l’Église ?  Voici ce que le pape François déclarait au terme de l’audience générale du 28 octobre 2020, peu après le massacre de Kumba :

    « Je m'unis à la douleur des familles des jeunes étudiants barbarement tués samedi dernier à Kumba, au Cameroun. Un acte si cruel et insensé, qui a arraché des enfants innocents à la vie alors qu'ils suivaient les leçons à l'école me déconcerte totalement. Que Dieu illumine les cœurs, pour que des gestes semblables ne soient plus jamais répétés et pour que les régions martyrisées du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du pays puissent finalement retrouver la paix ! Je souhaite que les armes se taisent et que puissent être garanties la sécurité de tous et le droit de chaque jeune à l'éducation et à l'avenir. J'exprime mon affection aux familles, à la ville de Kumba et à tout le Cameroun et j'invoque le réconfort que Dieu seul peut donner. »

    Mais quelques jours plus tard, le 5 novembre, à quelques kilomètres de Bamenda, un commando a séquestré une dizaine de personnes dont le chef d’une tribu locale, Fon Sem Mbinglo II, ainsi que le cardinal camerounais Christian Tumi (1930 – 2021), à l’époque archevêque émérite de Douala. Relâché le lendemain, Mgr Tumi avait été jugé coupable par les uns de se battre pour la population anglophone et par les autres de prendre parti pour le gouvernement central et d’avoir soutenu en 2018 une « All Anglophone General Conference » visant à promouvoir un apaisement par la négociation, une initiative qui s‘était soldée par un échec.

    Les enlèvements ont pris pour cible des prêtres et des missionnaires catholiques à plusieurs reprises, dont dernièrement le curé John Berinyuy Tatah et son vicaire, enlevés non loin de Bamenda le 15 novembre dernier et relâchés le 2 décembre. Le pape Léon avait d’ailleurs tenu à se faire entendre pendant l’Angélus du 23 novembre : « C’est avec une immense tristesse que j’ai appris la nouvelle des enlèvements de prêtres, de fidèles et d’étudiants au Nigeria et au Cameroun. Je ressens une grande douleur, surtout pour les nombreux jeunes gens et jeunes filles séquestrés et pour leurs familles angoissées. Je lance un appel pressant pour que les otages soient immédiatement libérés et j’exhorte les autorités compétentes à prendre les décisions appropriées et opportunes pour assurer leur libération. Prions pour nos frères et sœurs, et pour que les églises et les écoles restent toujours et partout des lieux de sécurité et d’espérance »

    On estime que sur la seule année 2023, les enlèvements auraient rapporté plus de 7,8 millions de dollars de rançon.

    En janvier 2021, peu après la mésaventure du cardinal Tumi, le pape François avait envoyé au Cameroun le cardinal Pietro Parolin en mission de pacification. Mais peine perdue. À l’annonce de son arrivée, les sécessionistes ont même menacé de représailles quiconque serait allé accueillir le Secrétaire d’État, accusé lui aussi d’avoir pris parti pour le gouvernement.

    Mais aujourd’hui, c’est le pape Léon en personne qui se rend au Cameroun en messager de paix, en dépit des objections de ceux qui, à l’instar du jésuite camerounais Ludovic Lado, docteur à Oxford en anthropologie sociale et spécialiste en économie du développement, a déclaré à la revue « America » avoir déconseillé au Vatican cette visite du pape Léon, à cause de la situation politique chaotique dans lequel le pays est plongé et dans la crainte que sa visite ne puisse être interprétée comme une caution morale aux autorités politiques de Yaoundé.

    Quoi qu’il en soit, l’aéroport de Bamenda, qui est fermé depuis six ans, vient d’être rouvert pour l’arrivée du pape Léon et la ville a été rénovée de fond en comble, comme l’a déclaré avec enthousiasme l’archevêque du diocèse, Mgr Andrew Nkea Fuanya, par ailleurs président de la Conférence épiscopale du Cameroun.

    Beaucoup espèrent que la visite du pape Léon pourra à nouveau attirer l’attention du monde entier sur le sort de la population camerounaise, qui est l’une des plus impactées de toute l’Afrique par les coupes sombres opérées par Donald Trump dans les programmes d’aides aux pays défavorisés distribués par l’Agence américaine pour le développement international (USAID).

    — — —

    Sandro Magister est le vaticaniste émérite de l'hebdomadaire L'Espresso.
    Tous les articles de son blog Settimo Cielo sont disponibles sur diakonos.be en langue française.

    Ainsi que l'index complet de tous les articles français de www.chiesa, son blog précédent.

  • Le pape Léon XIV en Afrique : les chiffres de l’Église

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    De zenit.org :

    Logo Voyage apostolique Cameroun

    Léon XIV en Afrique : les chiffres de l’Église

    Les statistiques officielles dressent un panorama précis de la présence catholique et des défis pastoraux dans les quatre pays africains visités par le saint-Père

    1 avril 2026

    À l’occasion du voyage apostolique du pape Léon XIV en Afrique, les données publiées par le Bureau central de statistique de l’Église offrent un aperçu chiffré de la vitalité, des contrastes et des enjeux missionnaires de l’Église en Algérie, au Cameroun, en Angola et en Guinée équatoriale.

    Algérie : une présence infime mais fortement structurée

    En Algérie, l’Église catholique représente une présence très minoritaire : 9 000 catholiques pour une population de 46,8 millions d’habitants, soit seulement 0,02 % de la population.

    Le pays compte 4 circonscriptions ecclésiastiques, 29 paroisses et 5 centres pastoraux, avec un total de 60 prêtres.

    Fait notable, le ratio est inversé par rapport à l’Afrique subsaharienne : on compte seulement 146 catholiques par prêtre, mais cela s’explique par la dispersion géographique et la mission essentiellement de présence.

    Cameroun : une Église nombreuse et structurée

    Au Cameroun, l’Église catholique est solidement implantée, avec 8,3 millions de fidèles, soit 28,9 % de la population.

    Le pays dispose d’un réseau très dense : 26 diocèses, 1 426 paroisses et plus de 3 000 centres pastoraux.

    Avec 3 300 prêtres, le ratio est d’environ 2 516 catholiques par prêtre, signe d’un encadrement pastoral relativement équilibré.

    Le dynamisme se confirme avec 2 218 séminaristes majeurs et plus de 26 000 catéchistes, illustrant une Église en pleine vitalité missionnaire.

    Angola : une Église majoritaire sous pression pastorale

    En Angola, l’Église catholique est majoritaire, avec 20,3 millions de fidèles, soit 57,8 % de la population.

    Le pays compte 20 circonscriptions, 519 paroisses et plus de 1 400 centres pastoraux, desservis par 1 511 prêtres.

    Mais cette croissance s’accompagne d’une forte pression : chaque prêtre doit en moyenne accompagner 13 441 catholiques, l’un des ratios les plus élevés.

    Le pays se distingue toutefois par un nombre important de vocations, avec 2 366 séminaristes majeurs, soit 156 séminaristes pour 100 prêtres, un signe de fort renouvellement.

    Guinée équatoriale : une forte densité catholique

    En Guinée équatoriale, l’Église catholique est largement majoritaire : 1,25 million de fidèles sur 1,67 million d’habitants, soit près de 75 % de la population.

    Le pays dispose de 5 diocèses, 99 paroisses et 568 centres pastoraux, avec 265 prêtres.

    Le ratio est de 4 709 catholiques par prêtre, plus équilibré que dans d’autres pays africains.

    L’Église y joue un rôle structurant, notamment à travers ses institutions éducatives et sociales, dans un pays où elle est profondément enracinée dans la société.

    Conclusion

    Ces données officielles mettent en lumière une Église à géométrie variable : quasi invisible en Algérie, elle devient une force majeure en Afrique subsaharienne, portée par une croissance démographique, un dynamisme missionnaire et des vocations nombreuses — mais aussi confrontée à des défis pastoraux considérables.

    Léon XIV en Afrique : les chiffres de l’Église | ZENIT - Français

  • Dialogue interreligieux et paix : la première journée du pape en Algérie

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    De Nico Spuntoni sur la NBQ :

    Dialogue interreligieux et paix : la première journée du pape en Algérie

    Léon XIV s'est présenté comme un témoin de paix dans « un monde plein de conflits et d'incompréhensions ». Il a visité la Grande Mosquée d'Alger et a honoré la mémoire de deux religieuses et bienheureuses espagnoles, martyrisées en 1994. Aujourd'hui, il s'installe dans la ville qui fut la patrie de saint Augustin.

    – Un pays de graves persécutions pour les chrétienspar Anna Bono

    14/04/2026

    Léon XIV visite la Grande Mosquée d'Alger

    La veille du troisième voyage apostolique de Léon XIV, Donald Trump a suscité une vive émotion. L'attente était grande à bord du vol pour Alger, où l'on craignait une possible riposte à l'attentat de la nuit. Le pape, sans ambages, a déclaré ne pas vouloir débattre avec le président américain, tout en ajoutant qu'il n'avait aucune crainte de son administration.

    Le pape s'est dit heureux de visiter à nouveau la terre de saint Augustin , considérant l'évêque d'Hippone comme « un pont essentiel dans le dialogue interreligieux ». Arrivé au Maqam Echaid, monument dédié aux victimes de la révolution algérienne, le pape a rendu hommage au peuple algérien, le qualifiant de « fort et jeune ». Il a été accueilli par le cardinal Jean-Paul Vesco, archevêque d'Alger. Dans son discours au monument, Léon XIV a évoqué le pardon, reconnaissant sa difficulté, mais ajoutant que « tandis que les conflits continuent de se multiplier dans le monde, on ne peut pas accumuler les ressentiments ». Le pontife a également honoré les martyrs de la révolution algérienne représentés sur le monument, saluant leur « courage et leur amour de la liberté ». Il a ensuite rencontré les autorités au centre de conférences de Djamaa el Djazair et les a exhortées à « ne pas dominer » mais à « servir le peuple et son développement ».

    Il a également évoqué le rôle de l'Église catholique locale qui, par ses communautés et ses initiatives, s'efforce de « contribuer au bien commun de l'Algérie ». Léon XIV s'est présenté comme un témoin de paix dans « un monde en proie aux conflits et à l'incompréhension ». Parmi ses discours les plus « politiques », il a lancé un appel contre « les violations persistantes du droit international et les velléités coloniales ». Le dialogue interreligieux était au cœur de cette première journée en Algérie, marquée par une visite pieds nus à la Grande Mosquée d'Alger. Là, le Pape s'est exprimé spontanément et, répondant au salut du recteur, a de nouveau mentionné son « père spirituel, saint Augustin, qui a tant voulu enseigner au monde, notamment par la recherche de la vérité, la recherche de Dieu, la reconnaissance de la dignité de chaque être humain et l'importance de construire la paix ». Le Pape a également déclaré que « chercher Dieu, c'est aussi reconnaître l'image de Dieu en chaque créature, en chaque enfant de Dieu, en chaque homme et chaque femme créés à l'image et à la ressemblance de Dieu ». Ces mots constituent le fondement de l’invitation à « apprendre à vivre ensemble dans le respect de la dignité de chaque personne humaine ». 

    Le pape Prévost a également honoré la mémoire de deux religieuses assassinées en 1994 , les bienheureuses Esther Paniagua Alonso et Caridad María Alvarez Martín, par une visite privée au centre d'accueil et d'amitié des Sœurs Missionnaires Augustines de Bab El Oued. C'est dans cette même ville de la province d'Alger que les deux sœurs infirmières ont subi le martyre. La rencontre s'est terminée à la basilique Notre-Dame d'Afrique à Alger, que le pape a décrite dans son discours comme le « symbole d'une Église de pierres vivantes où, sous le manteau de Notre-Dame d'Afrique, se construit la communion entre chrétiens et musulmans ». Aujourd'hui, le pape se rend à Annaba pour une journée sur les traces d'Augustin, dans ce qui fut jadis l'ancienne cité d'Hippone.

    Lire également : L'attaque incontrôlée de Trump contre Léon XIV suscite également la suspicion chez les catholiques.

  • Pourquoi le recours à la guerre contre l'Iran est problématique

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    Au vu du nombre de victimes de la répression en Iran et du nombre d'exécutions ordonnées par la justice iranienne, n'est-il pas légitime de vouloir abattre le régime des mollahs et de lui faire la guerre ?

    Oui, les chiffres sont accablants et justifient une condamnation sans équivoque de la répression systématique en Iran. Selon les données les plus récentes des organisations de défense des droits humains, les autorités iraniennes ont procédé à au moins 1 639 exécutions en 2025, soit une hausse de 68 % par rapport aux 975 de 2024. Il s’agit du bilan annuel le plus élevé depuis 1989. Ces exécutions touchent massivement des minorités ethniques (Baloutches, Kurdes), des femmes (48 en 2025) et des personnes condamnées pour des infractions liées à la drogue ou à des motifs politiques, souvent à l’issue de procès iniques et de tortures.

    La répression des manifestations, notamment celles de 2022 (« Femme, Vie, Liberté » après la mort de Mahsa Amini) et les soulèvements plus récents (fin 2025-début 2026), a fait des centaines à plusieurs milliers de morts directs, des dizaines de milliers d’arrestations arbitraires, des cas documentés de torture, de viols et de disparitions forcées. Des sources indépendantes parlent de massacres et d’un usage de la peine de mort comme outil de terreur politique. Le régime des mollahs viole de manière flagrante et répétée les droits fondamentaux de sa population.

    La question de la « légitimité » de vouloir abattre ce régime et de lui faire la guerre est cependant bien plus complexe qu’un simple « oui, vu les victimes ». Elle relève à la fois de la morale, du droit international, de la théorie de la guerre juste et du réalisme géopolitique. Voici les principaux angles, sans parti pris :

    • Sur le plan moral et humaniste : le désir de voir tomber un régime qui tue, torture et opprime à cette échelle est compréhensible et même légitime pour beaucoup. Des millions d’Iraniens l’expriment dans la rue depuis des années au péril de leur vie. Quand un État devient l’auteur de crimes contre l’humanité (meurtres, persécutions systématiques, comme l’ont documenté des missions de l’ONU), le principe de « responsabilité de protéger » (R2P) peut, en théorie, justifier une action internationale pour arrêter le massacre. Vouloir la fin d’un tel système n’est pas de la haine, c’est une réaction humaine face à l’inhumain.
    • Sur le plan du droit international : déclencher une guerre extérieure (« lui faire la guerre ») pour renverser un gouvernement souverain est illégal au regard de la Charte des Nations unies (article 2§4), sauf en cas de légitime défense ou d’autorisation explicite du Conseil de sécurité. Aucun de ces cas n’est réuni aujourd’hui. Un changement de régime par invasion étrangère serait considéré comme une agression, même si le régime est odieux.
    • Sur le plan de la guerre juste (jus ad bellum) : même en admettant une cause juste (arrêter les atrocités), il faut vérifier les autres critères : dernier recours ? proportionnalité ? chance raisonnable de succès sans causer plus de souffrances ? Ici, le doute est immense. Les interventions militaires pour « libérer » un peuple (Irak 2003, Libye 2011) ont souvent débouché sur plus de chaos, de morts civils et de groupes encore pires. L’Iran possède une armée nombreuse, des missiles, un programme nucléaire avancé et des proxies régionaux (Hezbollah, Houthis, etc.). Une guerre ouverte risquerait de tuer des dizaines ou centaines de milliers d’Iraniens innocents, de déstabiliser tout le Moyen-Orient et de renforcer les durs du régime en unifiant la population contre « l’agresseur étranger ».
    • Sur le plan pragmatique : le peuple iranien a montré à plusieurs reprises sa volonté de changement (2009, 2017-2018, 2022, 2025-2026). Le vrai levier historique a toujours été la pression interne massive combinée à un soutien extérieur non militaire : sanctions ciblées sur les responsables, diffusion d’informations, aide aux dissidents, isolement diplomatique. Une guerre risquerait de transformer une dictature déjà haïe en une cause nationale de résistance.

    En résumé : le régime des mollahs est responsable d’une répression d’une brutalité rare au XXIe siècle, et le désir de le voir disparaître est moralement compréhensible. Mais « lui faire la guerre » de l’extérieur pose des questions de légitimité légale, morale et pratique extrêmement lourdes. L’histoire récente montre que les guerres de régime change se paient souvent très cher en vies humaines et en stabilité, sans garantie de démocratie durable. La solution la plus légitime et la plus efficace reste, à mes yeux, un soulèvement interne massif soutenu par une pression internationale intelligente et non militaire. Le peuple iranien mérite mieux que ce régime ; il mérite aussi de ne pas payer le prix d’une guerre qui pourrait aggraver son calvaire.

    Oui, mais en même temps, ce régime dictatorial menace l'existence même de l'Etat d'Israël et, pourvu de l'arme nucléaire, représente une menace pour la paix dans le monde.

    Oui, le régime iranien représente une menace existentielle pour Israël et une source majeure d’instabilité mondiale, et cela renforce considérablement la légitimité morale de vouloir sa fin. Mais cela ne rend pas automatiquement une guerre totale d’invasion ou de destruction « la » solution évidente ou sans risques majeurs. Voici une analyse équilibrée, à la lumière des faits récents (avril 2026).

    La menace réelle et documentée

    • Contre Israël : Le régime a explicitement appelé à la destruction de l’État juif (« anéantir Israël ») à de multiples reprises, via Khamenei et ses successeurs. Il finance, arme et dirige un « axe de la résistance » (Hezbollah, Hamas, Houthis, milices irakiennes) qui a multiplié les attaques. Les missiles balistiques iraniens (portée jusqu’à ~2000 km, parfois plus avec modifications) peuvent frapper Israël directement. Même sans arme nucléaire, les proxies et les tirs directs créent un risque permanent de guerre régionale.
    • Nucléaire : Avant les frappes de juin 2025 (Israël + États-Unis), l’Iran détenait ~440 kg d’uranium enrichi à 60 % (assez, une fois poussé à 90 %, pour plusieurs bombes selon les critères de l’AIEA). L’AIEA n’a pas pu vérifier pleinement l’arrêt des activités après les attaques, et des activités suspectes persistent à Natanz, Fordow et Isfahan (tunnels souterrains). Pas de preuve formelle d’arme assemblée, mais le « seuil » (breakout time très court) était une réalité préoccupante. Les frappes ont endommagé des sites, mais une partie du stock et des capacités a survécu ou été déplacée.
    • Missiles et projection : Plus grand arsenal balistique du Moyen-Orient, production mensuelle importante avant les frappes. Capacité à menacer le détroit d’Ormuz (20 % du pétrole mondial), les bases américaines et les alliés du Golfe.

    Ces éléments, combinés à la répression interne (plus de 1600 exécutions en 2025, massacres lors des soulèvements de fin 2025-début 2026), font du régime un acteur agressif et totalitaire, pas seulement une dictature « locale ».

    Évolution récente : les frappes de 2025-2026 ont déjà changé la donne

    En juin 2025, Israël et les États-Unis ont frappé des sites nucléaires et militaires. En février 2026 (« Operation Epic Fury »), des frappes conjointes plus larges ont visé le leadership (Khamenei tué selon plusieurs sources), des installations de missiles, la marine et des cibles de commandement. Résultats rapportés :

    • Destruction massive de capacités de production de missiles et de lancement (70 % des lanceurs neutralisés selon des sources israéliennes).
    • Marine iranienne largement anéantie.
    • Programme nucléaire sévèrement touché, même si l’AIEA note des incertitudes sur les stocks souterrains.
    • Réponse iranienne : tirs de missiles sur Israël et bases US/régionales, activation de proxies, menaces sur Ormuz, mais capacité dégradée (90 % de baisse des attaques selon des officiels US).

    Le régime a survécu pour l’instant (Mojtaba Khamenei successeur), mais affaibli, avec des soulèvements internes réprimés dans le sang et une économie en chute. Cela montre que la pression militaire ciblée peut dégrader la menace sans nécessairement déclencher une guerre totale d’invasion au sol.

    Faut-il pour autant « lui faire la guerre » (invasion ou destruction totale) ?

    • Arguments pour une action forte : Une puissance nucléaire entre les mains d’un régime qui prône le génocide d’Israël et exporte le terrorisme changerait la donne stratégique (dissuasion inversée, risque de prolifération). L’histoire montre que les dictatures expansionnistes ne s’arrêtent souvent que par la force ou l’effondrement interne. Le peuple iranien, qui manifeste massivement depuis des années (« Femme, Vie, Liberté » et soulèvements 2025-2026), mérite de ne plus vivre sous cette théocratie. Un régime affaibli ou tombé pourrait réduire drastiquement le financement du terrorisme régional.
    • Risques et limites :
      • Proportionnalité et chaos : Une guerre d’invasion (comme en Irak 2003 ou Libye 2011) risquerait des dizaines de milliers de morts civils iraniens supplémentaires, une fragmentation du pays (minorités ethniques, IRGC vs armée régulière), et l’émergence de groupes encore plus radicaux ou d’un vide propice à l’instabilité. L’Iran n’est pas l’Irak : population plus grande, terrain montagneux, missiles résiduels, proxies actifs.
      • Conséquences régionales/globales : Fermeture temporaire d’Ormuz → choc pétrolier mondial. Risque d’escalade avec la Russie/Chine (soutien diplomatique ou plus). Terrorisme accru via proxies ou « loups solitaires » en Occident. Retour de flamme : les frappes peuvent unifier temporairement la population contre « l’agresseur » extérieur.
      • Efficacité : Les frappes aériennes ont déjà prouvé leur valeur pour dégrader les capacités (nucléaire, missiles). Un changement de régime par bombardements seuls est historiquement rare sans soutien massif interne. Encourager et soutenir un soulèvement populaire (via info, sanctions ciblées, aide aux dissidents, pression sur les proxies comme le Hezbollah) reste souvent plus légitime et durable.
      • Droit international : L’autodéfense préventive (Israël/US) contre une menace imminente est invoquée, mais une guerre d’agression pour régime change pur est contestable sans mandat ONU.

    Une position réaliste et humaniste

    Le désir de voir disparaître ce régime est légitime, tant pour les Iraniens opprimés que pour la sécurité d’Israël et la stabilité mondiale. Les mollahs ont eux-mêmes choisi la confrontation et la terreur comme doctrine d’État. Cependant, la guerre totale n’est pas un remède magique : elle peut coûter plus cher en vies (iraniennes et autres) qu’elle n’en sauve, et produire un Moyen-Orient encore plus chaotique.

    La voie la plus défendable combine :

    • Pression militaire ciblée et continue pour neutraliser les capacités nucléaires/missilières et les proxies (comme déjà fait en 2025-2026).
    • Soutien maximal (non militaire direct) au peuple iranien : diffusion d’informations libres, sanctions sur les responsables, isolement diplomatique, aide aux opposants démocratiques (ex. figures comme Reza Pahlavi ou dissidents internes).
    • Objectif clair : un Iran non nucléaire, qui cesse d’exporter la révolution et respecte ses voisins, idéalement gouverné par son peuple.

    Le régime des mollahs a semé le vent ; il récolte aujourd’hui la tempête qu’il a lui-même provoquée. Mais imposer la paix par une occupation étrangère massive reste un pari risqué. L’histoire récente (Irak, Afghanistan, Libye) invite à la prudence : mieux vaut affaiblir structurellement la menace tout en maximisant les chances d’un changement porté de l’intérieur. Les Iraniens, qui paient le prix le plus lourd, sont les premiers légitimes à décider de leur avenir – avec un soutien international intelligent, pas forcément une nouvelle guerre interminable.

    (en recourant à l'IA)

  • Des évêques catholiques dénoncent les atrocités commises dans l'est de la RDC : que se passe-t-il exactement et pourquoi ?

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    De Massimo Introvigne sur Bitter Winter :

    Des évêques catholiques dénoncent les atrocités commises dans l'est de la RDC : que se passe-t-il exactement et pourquoi ?

    13 avril 2026

    Trente années de guerres, en partie une conséquence du génocide des Tutsis au Rwanda en 1994, ont créé une situation qui semble impossible à résoudre.

    Mgr Sébastien Joseph Muyengo Mulombe. De X.
    Mgr Sébastien Joseph Muyengo Mulombe. De X.

    Le 26 mars, le journal catholique en ligne « Crux » a publié une interview de Mgr Sébastien Joseph Muyengo Mulombe, évêque d'Uvira (République démocratique du Congo), qui a immédiatement suscité une vive polémique dans son pays. L'évêque est revenu sur la récente découverte, près d'Uvira, d'une fosse commune contenant 171 corps de civils, victimes présumées du groupe rebelle M23. Il a défendu la position de l'Église catholique sur la crise dans l'est du Congo et critiqué le programme « Minéraux contre paix » de Donald Trump, selon lequel les États-Unis garantiraient la stabilité en échange de leur accès aux précieuses ressources minières du Congo. Le même jour, la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) a publié un message de Pâques condamnant ceux qui « cherchent à discréditer notre mission, à semer la discorde entre nous ou à nous entraîner dans une sorte de guerre de religion », et réaffirmant le droit de l'Église catholique à s'exprimer sur les questions politiques et sociales épineuses.

    Mon intérêt pour les troubles au Congo découle d'une étude que je prépare sur le génocide des Tutsis au Rwanda en 1994. Les termes « Tutsi » et « Hutu » sont des catégories controversées que les chercheurs qualifient aujourd'hui d'« ethnosociales ». La plupart s'accordent à dire que ces deux groupes – qui coexistent au Rwanda, au Burundi et dans l'est du Congo – n'ont pas été inventés de toutes pièces par les érudits européens des XIXe et XXe siècles, même si les auteurs coloniaux ont certainement exagéré leurs différences. Parallèlement, « Hutu » et « Tutsi » étaient aussi des catégories sociales : une majorité plus pauvre de paysans (Hutu) et une minorité plus aisée de pasteurs (Tutsi). Avant que les colonisateurs allemands puis belges n'imposent des cartes d'identité rigides et des attributions ethniques figées, ces catégories étaient fluides. Les deux groupes partageaient la même religion et la même langue, pratiquaient les mariages mixtes et pouvaient passer d'une catégorie à l'autre en fonction de leur niveau de vie. Qu’elle ait été « inventée » ou non, la distinction rigide entre Hutus et Tutsis a été intériorisée par les deux groupes, alimentant une animosité qui, au XXe siècle, a été de plus en plus interprétée à travers le prisme occidental de la lutte des classes entre Tutsis bourgeois et Hutus prolétaires. Cette interprétation occultait commodément l’existence de Hutus riches et de Tutsis pauvres.

    Avec le déclin du colonialisme, les tensions s'exacerbèrent. Au Burundi, en 1972, des Tutsis massacrèrent des Hutus ; au Rwanda, les violences perpétrées par les Hutus contre les Tutsis étaient généralisées depuis 1959, poussant quelque 300 000 Tutsis à fuir vers l'Ouganda, le Burundi et la Tanzanie. En Ouganda, nombre de ces réfugiés s'organisèrent en une force militaire redoutable sous la bannière du Front patriotique rwandais (FPR), rêvant de rentrer chez eux et de renverser le régime hutu. En 1990, le FPR envahit le Rwanda, incitant le gouvernement dominé par les Hutus à planifier une campagne d'extermination contre les Tutsis locaux, qu'il considérait comme une cinquième colonne du FPR. La pression internationale aboutit à un accord de paix et de partage du pouvoir entre le FPR et le gouvernement rwandais, mais les Hutus radicaux le rejetèrent.

    Le 6 avril 1994, un avion transportant le président hutu rwandais Juvénal Habyarimana et le président burundais Cyprien Ntaryamira fut abattu au-dessus de Kigali. Si le gouvernement rwandais, soutenu par la France, accusa le FPR d'être responsable, nombreux sont ceux qui pensent que l'avion fut abattu par des extrémistes hutus déterminés à saboter l'accord de paix. Le génocide des Tutsis – et des Hutus modérés favorables à la paix – commença immédiatement et se poursuivit pendant cent jours, faisant environ un million de victimes.

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