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  • Cardinal Hollerich : des avancées majeures sont en cours concernant le rôle des femmes dans l’Église

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    De Gudrun Sailer et Linda Bordoni sur Vatican News :

    Cardinal Hollerich : des avancées majeures sont en cours concernant le rôle des femmes dans l’Église

    La publication du rapport du groupe d’étude synodal sur la participation des femmes marque, selon le cardinal Hollerich, une « avancée majeure » vers une plus grande inclusion au sein de l’Église. Il souligne toutefois que toute évolution éventuelle concernant l’accès des femmes au ministère ordonné nécessite un large consensus ecclésial afin de préserver l’unité.

    03/10/2026

    Le Synode publie le rapport final du groupe d’étude sur les femmes dans l’Église

    Le cardinal Jean-Claude Hollerich, S.J., archevêque de Luxembourg et rapporteur général de la XVIe Assemblée générale ordinaire du Synode des évêques (le Synode sur la synodalité), a qualifié la publication du rapport du groupe d’étude du Synode sur la participation des femmes d’étape importante, tout en soulignant que toute évolution future concernant le ministère ordonné nécessite un large consensus ecclésial.

    Le rapport, rédigé par le groupe d’étude n° 5 sur « La participation des femmes à la vie et à la direction de l’Église », a été récemment publié par le Secrétariat général du Synode dans le cadre du processus de réflexion post-synodale.

    Contexte d’une citation controversée

    S’exprimant précédemment à l’université de Bonn, Hollerich aurait déclaré : « Je ne peux imaginer, à long terme, comment une Église peut survivre si la moitié du Peuple de Dieu souffre parce qu’elle n’a pas accès au ministère ordonné. »

    Dans une interview accordée à Vatican News, le cardinal a précisé que cette remarque faisait spécifiquement référence au débat sur l’éventuelle ordination des femmes comme diacres et s’inscrivait dans une perspective à long terme.

    Il a exprimé sa conviction que de telles questions nécessitent un large consensus au sein de l’Église pour éviter toute division. Il a cité les tensions au sein de la Communion anglicane comme exemple de la manière dont les différends sur le ministère peuvent conduire à la fragmentation.

    Il a noté que la communion au sein de l’Église catholique est profonde, ce qui rend les décisions unilatérales particulièrement difficiles, et a répété que la question en jeu « concerne l’ordination des diacres et s’inscrit dans une perspective à long terme ».

    Groupe d’étude n° 5 : « un grand pas en avant »

    Le cardinal Hollerich a qualifié le rapport du groupe d’étude n° 5, créé par le pape François, d’évolution significative : « C’est un grand pas », a-t-il déclaré.

    Il a ajouté : « Il est si important que les femmes se sentent les bienvenues dans l’Église, non seulement pour remplir les bancs de l’église, mais pour participer pleinement à la vie de l’Église, pour participer pleinement à la mission de l’Église. »

    Le cardinal a affirmé que la discussion restait ouverte et que l’identification des enjeux elle-même constituait une partie importante du processus synodal.

    Les voies vers le leadership

    Le pape François et le pape Léon, a poursuivi le cardinal, « montrent la voie à suivre » et a cité les récentes nominations de femmes à des postes de haut niveau au sein de la Curie romaine par les deux pontifes comme preuve d’un changement progressif.

    Il a également mis en avant les avancées observées dans son propre archidiocèse, où, selon lui, des femmes occupent des fonctions de déléguées épiscopales chargées de domaines pastoraux clés, notamment la pastorale sociale et la formation, ainsi que dans des équipes d’accompagnement des séminaristes.

    Unité et diversité dans la pratique

    Le cardinal Hollerich a déclaré que, même si différentes approches pastorales peuvent exister au sein des Églises locales, en particulier dans les ministères non ordonnés, toute évolution doit rester en communion avec l’Église universelle.

    « Cela doit toujours se faire en dialogue avec l’évêque de Rome, qui est chargé de l’unité, et cela doit être mûrement réfléchi. Il ne faut pas se précipiter juste pour le faire », a-t-il déclaré.

    Et il a reconnu qu’il peut y avoir « des rythmes différents dans les Églises locales, car cela fait partie de la culture et de la place qu’occupent les femmes dans cette culture ».

    Il a distingué cela du ministère ordonné, qui, selon lui, nécessite un consensus universel pour éviter toute division.

    Enfin, réfléchissant aux préoccupations pastorales exprimées par les jeunes générations, il a déclaré : « Je sens que, non seulement chez les femmes qui ont étudié la théologie, mais aussi lorsque je suis avec des jeunes, je peux sentir que beaucoup de jeunes filles de notre jeunesse sont tristes parce qu’elles ont le sentiment de ne pas être pleinement reconnues par l’Église. »

    « Et cela », a-t-il conclu, « me rend triste en tant que pasteur. »

  • Le tombeau vide et la promesse de la résurrection

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    Du Frère René Stockman sur le Catholic Herald :

    12 avril 2026

    Le tombeau vide et la promesse de la résurrection

    Quand Jésus fut déposé dans le tombeau, tout sembla définitivement terminé. Pourtant, ses paroles continuaient de résonner parmi ses disciples, notamment celle où il annonçait la démolition du temple et sa reconstruction trois jours plus tard. N'avait-il pas parlé ici du temple de son corps ?

    Les grands prêtres et les pharisiens se souvinrent également de ces paroles, et c'est pourquoi ils demandèrent à Pilate de poster des gardes au tombeau pour empêcher les disciples de Jésus d'enlever le corps de leur maître, afin qu'ils puissent ensuite annoncer au peuple qu'il était ressuscité (cf. Mt 27,62-66).

    Rien n'est écrit dans les Écritures concernant le moment même de la Résurrection. C'est un événement indescriptible. Cela diffère de la résurrection du fils unique de Naïn, fils d'une veuve (Lc 7, 11-17), et de celle de Lazare (Jn 11, 1-44). Tous deux furent ramenés à la vie terrestre par Jésus et moururent de nouveau par la suite. La Résurrection d'entre les morts en Jésus, en revanche, est une entrée dans une vie nouvelle, la vie éternelle, où la mort n'a plus d'emprise. C'est l'amour de Dieu qui s'est pleinement manifesté ici-bas et qui nous conduit à affirmer que l'amour est plus fort que la mort (cf. Cantique des Cantiques 8, 6). Si l'amour de Dieu est à la base de notre création en tant qu'êtres humains, c'est ce même amour divin qui nous recrée et qui, par la Résurrection, nous permet d'entrer dans l'amour éternel avec et en Dieu. Nous ne pouvons que répéter sans cesse que Dieu est amour et que c'est par cet amour que Dieu se manifeste à l'humanité.

    Le Christ ressuscité n'est plus le même que celui qu'ils avaient mis à mort. C'est pourquoi, lors de sa première apparition à Marie-Madeleine, il lui dit : « Ne me retiens pas » (Jn 20, 17). Elle doit se détacher du Jésus qu'elle connaissait, de son « Rabboni », pour suivre désormais le Christ glorifié. Il est frappant de constater qu'au début, elle ne le reconnaît pas et pense avoir affaire au jardinier, mais dès qu'il l'appelle par son nom, ses yeux s'ouvrent véritablement.

    Il en sera de même pour les disciples sur le chemin d'Emmaüs, qui ne reconnaîtront le Christ qu'à la fraction du pain. Eux aussi ne pourront pas garder le Seigneur auprès d'eux, comme ils l'avaient initialement prévu en l'invitant, en tant qu'étranger, à passer la nuit. Il disparaît de leur vue, car Jésus, par son corps ressuscité, participe pleinement à l'éternité où le temps et l'espace n'existent plus.

    Dans les autres récits de ses apparitions, le même schéma se répète : il apparaît soudainement au milieu d’eux, mangeant même avec eux pour montrer qu’il n’est pas un esprit mais qu’il est véritablement ressuscité en chair et en os, avant de disparaître à nouveau. Finalement, il disparaîtra définitivement lors de l’Ascension, lorsque les apôtres recevront l’ordre de ne plus contempler le ciel, mais d’aller dans le monde avec le Seigneur d’une manière nouvelle, après avoir reçu de Jésus lui-même la promesse que son Esprit leur donnerait la force de témoigner de lui (cf. Ac 1, 8-11).

    « La Parole s’est faite chair et a habité parmi nous » (Jn 1, 14). Ce qui est exprimé dans les premiers versets de Jean résonne encore ici. Jésus est glorifié par le corps qu’il a revêtu en tant qu’être humain. Il ne l’abandonne pas dans le tombeau lorsqu’il est élevé dans la gloire auprès de son Père. Cela nous éclaire sur la manière dont nos corps, eux aussi, seront un jour élevés dans la gloire de Dieu. Ce que Dieu a créé à son image et à sa ressemblance, il ne permet pas qu’il se perde. C’est pourquoi nous professons dans le Credo que nous croyons en la résurrection de la chair, oui, notre corps terrestre avec lequel nous avons accompli notre mission d’êtres humains ici-bas. Le fait que Jean parle si explicitement du corps dès la première page est certainement lié aux gnostiques, un ancien groupe pseudo-chrétien qui avait développé une vision plutôt négative du monde physique. Ils considéraient le corps exclusivement comme une porte vers le mal, créant ainsi une dichotomie entre le spirituel et le physique, et croyaient que seule l’âme vivrait éternellement. Mais aujourd'hui encore, nombreux sont ceux qui croient qu'à la mort, notre âme quittera notre corps pour vivre éternellement, tandis que notre corps disparaîtra pour toujours et retournera à la poussière.

    Par sa Résurrection, Jésus nous montre que nous ressusciterons en tant qu'êtres humains entiers et que Dieu ne permettra pas que le corps qu'il a créé soit perdu. C'est pourquoi nous pouvons affirmer que notre corps est véritablement le temple du Saint-Esprit et mérite, de ce fait, notre plus grand respect.

    Ce thème est particulièrement pertinent aujourd'hui, au vu des débats autour de l'avortement, de l'euthanasie et du suicide assisté. L'autodétermination corporelle semble se substituer à la reconnaissance de la dignité absolue du corps et de son droit à la protection. C'est par notre corps que nous sommes humains et que nous pouvons nous manifester en tant qu'êtres humains. Par conséquent, il ne saurait devenir un objet dont nous disposons librement, car ce serait renier notre véritable nature humaine. Nous n'avons pas un corps ; nous sommes notre corps.

    Ici, nous pouvons également nous référer à l'Eucharistie. Avant son départ, Jésus a partagé le pain et le vin avec ses apôtres et a prononcé ces paroles : « Ceci est mon Corps ; ceci est mon Sang. » Il a clairement parlé ici de son Corps et de son Sang qu'il désirait partager avec nous, et il n'a pas dit : « Ceci est mon Esprit. » À chaque Eucharistie, nous participons donc pleinement à la présence du Seigneur glorifié, non pas par son Esprit, mais par la réalité même de sa présence parmi nous après la Résurrection. Les sacrements ne sont pas de simples paroles prononcées pour commémorer un événement, mais, à travers les signes tangibles du pain, du vin et de l'eau, ils expriment le désir de Jésus d'être présent avec nous et en nous par son Corps glorifié. Les sacrements sont donc des lieux de rencontre avec le Seigneur vivant.

    Mais Jésus a aussi dit que tout ce que nous faisons pour nos semblables, même pour les plus petits d’entre eux, c’est pour lui que nous le faisons (cf. Mt 25, 40). Voilà une réalité nouvelle : Jésus se rend présent en chaque personne, et chaque rencontre avec autrui devient ainsi une rencontre avec Dieu. Vincent de Paul en a fait l’expérience d’une manière particulière dans son service auprès des pauvres, voyant en chaque personne, en chaque pauvre, une icône du Christ. C’est de cette réalité qu’il a pu développer une si grande vénération et un tel amour pour chaque pauvre et unir la prière à la charité, « laisser Dieu à Dieu », comme il le disait. Lorsque, pendant notre temps de prière, un pauvre nous interpelle, nous devons interrompre notre prière pour l’aider, ou plutôt, selon Vincent, poursuivre notre prière en l’aidant, car Jésus, présent dans le tabernacle, est aussi présent en lui. Ainsi, nous devons et pouvons nous éloigner de Dieu pour le rencontrer véritablement en nos semblables.

    Pour nous aussi, la tombe ici-bas ne sera qu'une demeure temporaire. Puisque le temps et l'espace sont des concepts terrestres, sans importance dans l'éternité, nous pouvons croire qu'après notre mort, nous serons emportés dans l'éternité et laisserons notre tombe, encore liée au temps et à l'espace, vide, afin que notre corps glorifié nous permette d'être pleinement accueillis dans l'amour de Dieu. Il nous est extrêmement difficile de l'imaginer, car notre capacité de compréhension ne peut se situer et s'exprimer que dans le temps et l'espace. Tant que nous nous accrocherons à nos conceptions humaines et nous prendrons nous-mêmes comme point de référence, il nous sera difficile, voire impossible, de le saisir. Il nous faut ici faire un acte de foi et ne plus nous prendre nous-mêmes, mais Dieu, comme point de référence de notre pensée.

    D'un point de vue purement humain, nous ne pouvons que supposer qu'au mieux, nous survivrons à notre mort dans le souvenir de nos proches. Les plus illustres d'entre nous peuvent se consoler à l'idée qu'un portrait ou une statue à leur effigie subsistera, ou qu'une biographie sera écrite, leur assurant ainsi une place dans l'histoire et les faisant appartenir au petit groupe des privilégiés qui ne seront pas vite oubliés. Mais la plupart d'entre nous disparaîtront à jamais dans les brumes du temps. Promenez-vous dans un cimetière ; souvent, vous chercherez en vain la dernière demeure de vos connaissances, car leur pierre tombale a déjà été enlevée et remplacée par une autre. Tout cela témoigne de la fugacité de cette vie. Ici-bas, notre vie est en effet confinée entre notre naissance et notre mort. Mais notre foi en la Résurrection nous enseigne que notre mort est en réalité une nouvelle naissance, la naissance à la vie éternelle. C'est de cette foi que sainte Thérèse de Lisieux a déclaré, à l'article de la mort : « J'entre dans la vie. »

    Notre foi nous invite à nous préparer à cette nouvelle naissance, afin d'affronter la mort sans crainte. Notre cheminement terrestre se déroulera différemment si nous connaissons notre destination finale et si nous l'attendons avec sérénité. La foi en la vie éternelle et en la Résurrection doit guider nos vies, et tout ce qui nous arrive doit être perçu et vécu dans cette perspective. Lorsque nous croyons véritablement en la Résurrection, il n'y a plus de désespoir, car derrière chaque nuage sombre brille le soleil, et ce soleil dissipera finalement même les nuages ​​les plus sombres.

    Le tombeau vide doit être pour nous un signe puissant que la mort n'aura plus le dernier mot, mais la vie, la vie glorieuse, une vie où nous pourrons demeurer éternellement dans l'amour de Dieu. Nous avons été placés dans le monde par amour pour Dieu, afin de cheminer vers lui. Pour chacun de nous, ce sera un chemin unique, mais tous sont invités à parvenir à la même destination. C'est là que Dieu nous attend pour nous accueillir dans son amour infini, et ce pour l'éternité. Ne nous égarons pas, mais ouvrons-nous sans cesse à la main qui nous guide, celle du Seigneur qui marche à nos côtés. Et si jamais nous nous égarons, nous pouvons avoir confiance : il nous remettra sur le bon chemin. Nous n'avons rien à craindre.

  • Léon XIV : Diplomatie, engagement et réformes

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    D'Andrea Gagliarducci sur Monday Vatican :

    Léon XIV : Diplomatie, engagement et réformes

    Le 28 mars, deux semaines après sa nomination au poste d’archevêque de Łódź, le cardinal Konrad Krajewski a pris possession de son siège épiscopal, tenant ainsi sa promesse de faire en sorte qu’un évêque dirige le diocèse avant Pâques.

    Une semaine après sa nomination au poste de secrétaire d'État adjoint, l'archevêque Paolo Rudelli s'est rapidement rendu au Vatican, où il a rencontré le personnel, présenté par nul autre que le secrétaire d'État lui-même, le cardinal Pietro Parolin.

    Léon XIV a nommé de nouveaux membres au Dicastère pour la communication — une décision attendue mais mûrement réfléchie. Les choix du pape ont envoyé un message clair : ses priorités et sa vision donneraient désormais le ton en matière de communication.

    Dans le même temps, un scandale international éclata lorsque le magazine par abonnement The Free Press révéla que l’ancien nonce aux États-Unis, le cardinal Pierre, avait été convoqué au Pentagone. Il rapportait que le sous-secrétaire catholique à la Défense avait laissé entendre que le Saint-Siège devrait s’aligner sur les États-Unis, établissant une comparaison avec la période d’Avignon où l’Église était sous l’influence des rois de France. Cet événement illustre encore davantage l’environnement complexe auquel sont confrontées les réformes de Léon XIV.

    Pour être honnête, cette interprétation a par la suite été démentie par le cardinal Pierre et le sous-secrétaire à la Défense, qui ont décrit une atmosphère cordiale et respectueuse. Il est très probable qu’il s’agissait d’une conversation informelle – notamment parce que le nonce n’est pas convoqué au « ministère de la Défense », mais bien au ministère des Affaires étrangères – et qu’elle a été rapportée avec une certaine agitation, ce qui a finalement conduit le journaliste à écrire ce qu’il a écrit.

    À première vue, ces quatre événements peuvent sembler sans rapport les uns avec les autres.

    Un examen plus attentif révèle un thème sous-jacent qui les relie : le style de leadership et les priorités du pape, tels qu’ils transparaissent à travers les réformes, les nominations, la stratégie de communication et l’engagement diplomatique. En examinant ces liens, nous pouvons mieux comprendre l’approche du pape.

    Tout d’abord, ces événements ont déterminé la rapidité avec laquelle le pape a mis en œuvre ses réformes. Il a mûrement réfléchi, écouté tout le monde, et a peut-être semblé lent à prendre une décision. Mais lorsqu’il s’est décidé, Léon XIV a pris sa décision sans relâche, sans hésitation, et s’attendait à ce que ses décisions soient mises en œuvre.

    La rapidité de cette décision et l’arrivée tout aussi rapide de Rudelli à la Secrétairerie d’État démontrent la volonté du pape d’opérer des changements rapides lorsque cela s’avère nécessaire. De plus, Rudelli possède une autre caractéristique chère au pape : le sens de l’institutionnalité. En effet, il a choisi d’occuper l’appartement du suppléant dans la Troisième Loge, renonçant à l’appartement isolé que son prédécesseur, Peña Parra, s’était choisi dans la Deuxième Loge, où se trouve le personnel diplomatique.

    Deuxièmement, ces événements montrent comment Léon XIV met en œuvre le renouvellement générationnel. Les nouveaux membres du Dicastère pour la communication étaient très attendus, car les dernières nominations remontaient à 2021 et les mandats de tous les membres avaient donc expiré.

    En choisissant les nouveaux membres, Léon XIV a fait un choix clair : il a inclus les deux pro-préfets du Dicastère pour l’évangélisation (le cardinal Luis Antonio Tagle et l’archevêque Rino Fisichella), ainsi que le prédicateur de la Maison pontificale, qui, de mémoire récente, n’avait jamais été inclus comme membre d’un dicastère. Il a également inclus plusieurs présidents d’organisations épiscopales continentales, mais il n’y a aucun Européen parmi les nouveaux membres. Il y a un cardinal, Cristobal Lopez, archevêque de Rabat, qui possède une solide expérience de journaliste mais qui est avant tout un missionnaire ayant mené une vie et un parcours missionnaires.

    En bref, Léon XIV semble considérer la communication du Saint-Siège comme quelque chose qui doit avant tout atteindre les confins de la terre. Ce n’est plus seulement la voix du pape, mais la voix du peuple. Avant tout, l’idée est de développer l’évangélisation.

    Cela pourrait également déboucher sur une réforme du Dicastère de la Communication du Vatican, qui assume actuellement des fonctions tant institutionnelles que pastorales, ainsi que la diffusion de l’information. Beaucoup espèrent que le Bureau de presse du Saint-Siège relèvera à nouveau directement de la Secrétairerie d’État, afin que les communications officielles soient directement rattachées au Secrétariat du Pape, sans bureaucratie excessive.

    Nous verrons bien.

    En attendant, Léon XIV devra nommer un nouveau préfet de la Communication d’ici la fin de l’année, le mandat de Paolo Ruffini arrivant à expiration. Le choix du successeur de Ruffini sera un signal supplémentaire : le pape choisira-t-il à nouveau un laïc, ou optera-t-il pour un ecclésiastique ?

    L’évangélisation façonne également la diplomatie de Léon XIV.

    Dans son message urbi et orbi de Pâques, il a rompu avec la tradition. Léon XIV s’est adressé sans détour aux dirigeants politiques, leur demandant de déposer les armes et d’ouvrir un dialogue direct. Lorsque le président Donald Trump a déclaré son intention de détruire une civilisation, Léon XIV a répondu avec fermeté, appelant les catholiques à se mobiliser pour la paix et omettant soigneusement de mentionner Trump par son nom.

    Son message était sans ambiguïté : le pape établit des principes ; les catholiques doivent agir avec conviction.

    La diplomatie de Léon XIV défend les principes et la responsabilité personnelle, s’élevant au-dessus des clivages partisans. La rencontre au Pentagone avec le cardinal Pierre en est un exemple révélateur : des discussions sur les positions américaines ont peut-être eu lieu, peut-être a-t-on fait référence à Avignon, mais interpréter cela comme une menace est erroné.

    La dialectique a changé. Les signaux envoyés sont différents.

    Léon XIV a appelé au désarmement, et c’est là un exemple où le langage doit être « désarmé » pour éviter tout conflit narratif. Le pontificat de Léon XIV, cependant, s’affirme sans équivoque, caractérisé par des réformes prudentes et réfléchies, la renaissance des symboles institutionnels et une clarté de communication sans faille. L’orientation du pape est « léonine ».

    Il est trop tôt pour porter un jugement définitif, mais la direction semble claire.

  • Les sacres prévus par la FSSPX sont-ils légitimes ?

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    De Claves (Site de formation et d’évangélisation de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pierre​) :

    11 avril 2026

    Des sacres légitimes ?

    Les sacres prévus par la FSSPX sont-ils légitimes ?

    Œuvre d’un groupe de théologiens (Theologus), cet article a reçu un hommage appuyé du cardinal Sarah  :

    “Un immense merci pour ce texte lumineux. Il éclairera les âmes désireuses de vivre leur Foi dans la Vérité, c’est-à-dire dans le Christ et dans Son Église. Depuis 2001 je fais partie de ceux qui aident le Souverain Pontife à choisir les Candidats à l’Épiscopat, après une longue et minutieuse enquête sur chaque candidat. Je suis douloureusement surpris et choqué qu’une simple décision d’un Supérieur de Communauté décide d’ordonner des « Évêques véritablement catholiques ». Merci pour ce texte merveilleux, clair et bien étudié. Nous devons savoir que ce n’est pas nous qui sauvons les âmes. C’est le Christ Seul qui sauve. Nous, nous ne sommes que des instruments entre Ses Mains.
    Continuons à prier pour qu’on ne déchire pas de nouveau le Corps du Christ.”

    Cardinal Robert Sarah

    Quelle est l’argumentation fondamentale de la FSSPX en défense des sacres projetés pour le 1er juillet 2026 ?

     Elle est résumée de façon officielle dans une Annexe à la réponse de l’abbé Pagliarani au Préfet du Dicastère pour la Doctrine de la Foi, le 18 février 2026 :

    « Une consécration épiscopale non autorisée par le Saint-Siège, lorsqu’elle ne s’accompagne ni d’une intention schismatique, ni de la collation de la juridiction, ne constitue pas une rupture de la communion de l’Église. La constitution Lumen gentium sur l’Église énonce au chapitre III, au n° 21 [LG 21], que le pouvoir de juridiction est conféré par la consécration épiscopale. […]

    L’argumentation qui voudrait conclure que seraient schismatiques les consécrations épiscopales à venir au sein de la Fraternité, repose tout entière sur le postulat du Concile Vatican II selon lequel la consécration épiscopale donne à la fois le pouvoir d’ordre et celui de juridiction ».

    En quoi cette argumentation est-elle critiquable ?

    Elle comporte deux grosses erreurs : une sur ce qu’affirme le Concile ; une sur l’argumentation de ceux qui s’opposent aux futurs sacres.

    Que dit en fait le Concile ?

    Il n’affirme pas que la consécration épiscopale confère le pouvoir de juridiction.

    Le saint Concile enseigne que, par la consécration épiscopale, est conférée la plénitude du sacrement de l’Ordre […]. La consécration épiscopale, en même temps que la charge (ou fonction : munus) de sanctification, confère aussi les charges d’enseigner et de gouverner, lesquelles cependant, de par leur nature, ne peuvent s’exercer que dans la communion hiérarchique avec le chef du collège et ses membres (LG 21).

    Pour bien comprendre le texte de LG 21, il faut préciser qu’une Note (Nota explicativa prævia) a été ajoutée à Lumen gentium à la suite des demandes d’éclaircissements de pères conciliaires, dont ceux du groupe dont faisait partie Mgr Lefebvre, le Cœtus internationalis Patrum.

    Que dit la Note qui explique LG 21 ?

    « Dans la consécration épiscopale est donnée la participation ontologique aux fonctions (munera) sacrées comme il ressort de façon indubitable de la Tradition et aussi de la tradition liturgique. De propos délibéré on emploie le terme de fonctions (munera) et non pas celui de pouvoir (potestas), parce que ce dernier pourrait s’entendre d’un pouvoir apte à s’exercer en acte. Mais pour qu’un tel pouvoir apte à s’exercer existe, doit intervenir la détermination canonique ou juridique de la part de l’autorité hiérarchique. […] Une telle norme ultérieure est requise par la nature de la chose, parce qu’il s’agit de fonctions qui doivent être exercées par plusieurs sujets qui, de par la volonté du Christ, coopèrent de façon hiérarchique. Il est évident que cette “communion” a été appliquée dans la vie de l’Église suivant les circonstances des temps avant d’avoir été comme codifiée dans le droit.

    C’est pourquoi on dit expressément qu’est requise la communion hiérarchique avec le chef et les membres de l’Église. La communion est une notion tenue en grand honneur dans l’ancienne Église (comme aujourd’hui encore, notamment en Orient). On ne l’entend pas de quelque vague sentiment, mais d’une réalité organique, qui exige une forme juridique et est animée en même temps par la charité. » (Nota prævia, n. 2).

    Y a-t-il ici une nouveauté erronée de Vatican II ?

    Contrairement à ce que soutient la FSSPX, selon Vatican II il n’est pas question, dans ce que confère la consécration épiscopale, du pouvoir de gouverner (de juridiction), mais de charges ou fonctions. La FSSPX affirme donc – sans le prouver – un « postulat de Vatican II » prétendument erroné. 

    D’ailleurs, un théologien « traditionaliste » reconnu, l’abbé Raymond Dulac, explique au contraire que dans le texte de LG 21, il n’y a pas de rupture avec la doctrine catholique antécédente : « Le sacre produit une destination innée, indélébile, inscrite dans le “caractère épiscopal” de gouverner une portion de l’Église, mais cette aptitude a besoin d’être réduite à l’acte par un vrai “pouvoir” de juridiction ». Et il parle « d’autorité radicale inscrite dans le sacre » (La collégialité épiscopale au deuxième concile du Vatican, Le Cèdre, 1979, pp. 119-120).

    L’argumentation de ceux qui s’opposent aux futurs sacres repose-t-elle toute entière, comme le dit la FSSPX, sur cette supposée « erreur » de Vatican II ?

    Non, car même si la FSSPX avait raison dans sa critique de Lumen gentium, ceux qui s’opposent à son raisonnement ne s’appuient pas sur cette question de la transmission du pouvoir de juridiction. 

    L’argumentation de ceux qui s’opposent aux sacres de la FSSPX repose sur la nature même de l’épiscopat catholique, dont l’essence comporte la communion hiérarchique.

    Comment préciser l’argumentation de ceux qui s’opposent aux futurs sacres ?

    Comme on vient de le dire, ce qui est en cause dans les futurs sacres, ce n’est pas la réception ou non d’un pouvoir de juridiction. C’est le fait que toutes les fonctions reçues dans le sacre – y compris celle de la sanctification des baptisés par la collation de la confirmation et de l’ordre – « ne peuvent s’exercer que dans la communion hiérarchique avec le chef du collège et ses membres » ; et que ceci tient à « la nature même » de ces fonctions épiscopales.

    Cela vaut-il aussi pour un évêque sans juridiction, comme un évêque titulaire ou un évêque émérite ?

    Oui, un évêque qui n’a pas reçu de sujets à gouverner (évêque titulaire) ou qui est retiré (évêque émérite), ne confirme ou n’ordonne pas les sujets d’autres évêques dans l’Église, sans la permission de leurs Ordinaires propres. 

    L’évêque titulaire est bien sacré sans qu’on lui ait conféré de juridiction actuelle, mais il exerce toujours cependant, dans l’ordre de la sanctification, sa « grâce de chef » reçue dans le sacre (cf. saint Irénée, Adversus hæreses, III, 17, 2) dans la communion hiérarchique avec le pape et les autres évêques.

    Chaque fois qu’un évêque sans juridiction actuelle exerce son pouvoir sacramentel épiscopal, il le fait donc avec une mission reçue de ceux qui ont juridiction (évêques diocésains ou Supérieurs religieux).

    Une mission particulière est-elle reçue pour les futurs évêques de la FSSPX ?

    Non, ce n’est pas cela qui est envisagé pour les sacres de la FSSPX : « La situation présente, qui est celle d’une invasion généralisée et permanente du modernisme dans l’esprit des hommes d’Église, réclame, pour la sanctification et le salut des âmes, un épiscopat véritablement catholique et indemne des erreurs du concile Vatican II, tel qu’il ne saurait de fait se rencontrer en dehors de l’œuvre suscitée par Mgr Lefebvre » (Abbé Gleize, « Les sacres du 1er juillet 2026 », La Porte Latine, 11 février 2026). 

    Dans la présentation d’un livre en italien, la FSSPX affirme qu’est nécessaire « la consécration d’évêques intégralement catholiques pour l’ordination de prêtres intégralement catholiques qui continueront à transmettre sans altération le Dépôt de la foi » (AA. VV., Al servizio della Chiesa. Le consacrazioni episcopali della Fraternità San Pio X, Edizioni Piane, 2026).

    Il est donc envisagé que les futurs évêques de la FSSPX soient consacrés non seulement sans juridiction ni mission reçues mais aussi en-dehors de la communion hiérarchique catholique, puisque seule la FSSPX peut, à son avis, transmettre sans altération le Dépôt de la foi. 

    Le sacre en dehors de (et a fortiori contre) la communion hiérarchique est-il un acte intrinsèquement mauvais ?

    Oui, car un prêtre sacré sans recevoir de juridiction actuelle reçoit cependant toujours un pouvoir spirituel intrinsèquement ordonné au gouvernement de l’Église. Il ne peut recevoir, en dehors de toute injonction de ceux qui ont autorité dans l’Église (et a fortiori contre eux), une « grâce de chef », c’est-à-dire une puissance essentiellement ordonnée à un acte réservé, de droit divin, à ceux qui dans l’Église sont revêtus de l’autorité. 

    Un sacre en-dehors de la communion hiérarchique revêt donc une grave viciosité qui est, sinon schismatique, du moins dans la ligne même du schisme. Pie XII qualifie ainsi la consécration reçue sans l’institution apostolique de « très grave attentat à l’unité même de l’Église », et il qualifie de « gravement illicite et sacrilège » l’usage du pouvoir d’ordre par des évêques ainsi consacrés (Encyclique Ad apostolorum Principis, 29 juin 1958).

    Conférer ou recevoir l’épiscopat en-dehors de la communion hiérarchique est-il contraire au droit divin ?

    Oui, car le Christ n’a pas établi les apôtres, ni les apôtres institué les évêques, leurs successeurs, comme des entités autonomes, sans lien entre elles. Parlant de la détermination requise pour la communion hiérarchique, la Nota Prævia dit bien : « Une telle norme ultérieure est requise par la nature de la chose, parce qu’il s’agit de fonctions qui doivent être exercées par plusieurs sujets qui, de par la volonté du Christ, coopèrent de façon hiérarchique » (n. 2).

    La réception de l’épiscopat par des prêtres de la FSSPX le 1er juillet se ferait donc de façon autonome et sans aucun lien avec le reste de l’épiscopat catholique. Elle s’opposerait au fait que rappelait l’abbé Berto, théologien (peritus) de Mgr Lefebvre durant le concile Vatican II : « De droit divin, les évêques, même dispersés, sont un corps constitué dans l’Église  » (Pour la Sainte Église Romaine, Éd. du Cèdre, 1976, p. 242).

    Et Pie XII souligne que les trois charges des évêques (y compris celle d’ordre) leur conviennent dans la subordination au Souverain Pontife : « par institution divine, vous appartient, à vous, successeurs des Apôtres, sous l’autorité du Pontife romain, en vertu d’une triple charge et prérogative (cf. can. 329), le magistère, le sacerdoce et le gouvernement (magisterium, sacerdotium, regimen) » (31 mai 1954, Allocution aux Cardinaux et évêques venus à Rome pour la canonisation de saint Pie X).

    De tels sacres sont-ils exempts, comme le soutiennent leurs défenseurs, d’« intention schismatique » ?

    Subjectivement, c’est possible. La grave et longue crise dans l’Église, notamment le fait que certains membres de la hiérarchie puissent parfois favoriser réellement l’erreur ou être complices de fauteurs d’erreurs, peut amener certains, de bonne foi, à perdre de vue des éléments essentiels de la doctrine catholique, comme la communion hiérarchique. Et l’intention subjective relève du jugement de Dieu. 

    Mais objectivement, l’épiscopat lefebvriste ne peut se constituer qu’en niant la qualité de catholiques aux autres évêques : la FSSPX le reconnaît lorsqu’elle affirme qu’il faut constituer « un épiscopat véritablement catholique » pour « le salut des âmes ».

    Comme l’a rappelé Mgr Marian Eleganti, « il ne s’agit pas principalement d’intentions, mais de faits et de comportements objectifs » (thecatholicherald.com, 9 mars 2026). Et Mgr Robert Mutsaerts a écrit : « La FSSPX dispose d’une hiérarchie parallèle (des évêques sans mandat pontifical), elle procède à des ordinations sans juridiction, et ignore souvent les évêques locaux » (lifesitenews.com, 12 mars 2026). 

    La notion de l’épiscopat, telle que la FSSPX la met en avant, est-elle orthodoxe ?

     Malheureusement la FSSPX forge de plus en plus clairement une notion de l’épiscopat manifestement contraire à la Tradition catholique. Elle prétend en effet faire des évêques qui n’ont pas de relation au gouvernement réel de l’Église, et qui ne sont pas de « vrais princes dans la hiérarchie ecclésiastique » (Léon XIII, encyclique Sapientiæ christianæ, 10 janvier 1890). 

    A contrario, la notion catholique de l’épiscopat est bien affirmée par saint Thomas : « L’évêque a un ordre par rapport au Corps mystique du Christ, qui est l’Église, sur laquelle il reçoit une charge principale et quasi royale » (Traité de la perfectione de la vie spirituelle, chap. 24, 4).

    La Tradition s’exprime par ailleurs notamment dans les rites liturgiques et l’usage de l’Église, tant orientale qu’occidentale. Elle montre que, par les rites de la consécration épiscopale, les évêques, non seulement reçoivent un pouvoir d’ordre spécifique, mais tiennent la place du Christ comme Maître et Pasteur. Ainsi, le Pontifical romain traditionnel porte, pour tous les évêques, même ceux qui n’ont pas la charge d’un troupeau particulier : « Donnez-lui, Seigneur, une chaire épiscopale pour régir votre Église et le peuple qui lui est confié ». Et Benoît XIV invoque un autre texte du Pontifical : « Recevez l’Evangile, et allez l’annoncer au peuple qui vous est confié » (Lettre Apostolique au Cardinal delle Lanze, 4 août 1747).

    La FSXPX au contraire promeut un épiscopat réduit à l’exercice du pouvoir d’ordre (ordonner des prêtres et confirmer des fidèles). Cela contredit le Concile de Trente, qui enseigne à deux reprises que « la prédication est la charge principale (præcipuum munus) des évêques » (Session 5, Decretum de reformatione, c. 2, et Session 24, Decretum de reformatione, c. 4 ; Mansi, 33, 30 et 159).

    Y a-t-il un danger de dérives vers l’hétérodoxie ?

    Oui. Pour la FSSPX, l’évêque est désigné par les supérieurs d’une société de vie apostolique particulière : la FSSPX. Un tel évêque n’est donc plus institué en union avec le pape et les autres évêques, il n’est plus membre d’un corps. 

    Il y a là une hérésie au moins dans la pratique : « La doctrine catholique la plus élémentaire, enseigne en effet Pie IX, nous apprend que personne ne peut passer pour évêque légitime : 

    • s’il n’est pas rattaché par la communion de foi et de charité à la pierre sur laquelle a été bâtie l’Église du Christ, 
    • s’il n’adhère pas au pasteur suprême auquel ont été confiées, pour les conduire au pâturage, toutes les brebis du Christ, 
    • s’il n’est pas lié à celui qui confirme ses frères qui sont en ce monde »

    (Lettre apostolique Etsi multa luctuosa, 21 novembre 1873).

     D’autre part, la notion de l’épiscopat formulée par la FSSPX est prétendument réduite à la fonction de distributeur des sacrements par les évêques sur l’injonction des supérieurs de la FSSPX.

    De tels évêques disent ne pas avoir de juridiction mais ils s’attribuent pourtant, pour confirmer et ordonner, une juridiction sur des sujets qui ne sont pas les leurs. Un des signes de l’insincérité de cette absence de juridiction, c’est précisément l’usage dans les cérémonies pontificales de la FSSPX de nombreux signes des pouvoir d’enseignement et de gouvernement : la mitre, la crosse, le trône, etc. Alors que de tels signes liturgiques ne sont absolument pas requis à la validité de l’usage du pouvoir d’ordre épiscopal.

    La conception d’un épiscopat réduit au pouvoir d’ordre s’oppose ainsi pratiquement à l’affirmation révélée selon laquelle les évêques sont « posés par le Saint-Esprit pour gouverner (paître, poimainein) l’Église de Dieu » (Ac 20, 28) .

  • Bruxelles, dimanche 19 avril 2026 – Marche pour la Vie

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    Dimanche prochain, 19 avril, nous marchons à Bruxelles pour une idée essentielle : toute vie mérite protection et accompagnement — les enfants à naître, leurs mères, et les personnes âgées ou vulnérables qui ont besoin de soins, pas d’abandon.

    C’est un rendez-vous de courage, de solidarité et d'espérance : si nous ne sommes pas visibles, d’autres parleront à notre place.

    Rendez-vous : 14h00 (pas 14h10)
    Place Poelaert, Bruxelles
    Infos pratiques : https://www.clara-life.org/events/marchepourlavie2026/

    Le dimanche 19 avril 2026, l’association CLARA Life appelle à une mobilisation citoyenne à Bruxelles à l’occasion de la Marche pour la Vie, organisée au départ de la place Poelaert. L’événement entend remettre au centre du débat public l’accompagnement concret des femmes confrontées à une grossesse difficile, la protection de l’enfant à naître et le respect de la dignité de toute vie humaine, de la conception jusqu’à la fin naturelle.

    L’édition 2026 se tient dans un contexte marqué par des débats en Belgique sur l’avortement, notamment sa constitutionnalisation, l’allongement des délais et l’affaiblissement de certains garde-fous, sur l’encadrement de la gestation pour autrui, ainsi que sur l’extension de l’euthanasie aux personnes atteintes de démence (c’est-à-dire des personnes devenues incapables d’exprimer leur volonté). Pour les organisateurs, ces débats risquent d’éloigner l’attention des vraies urgences : offrir aux femmes enceintes en difficulté un soutien réel et garantir aux personnes souffrantes ou en fin de vie un accompagnement véritablement humain.

    À travers cette marche, CLARA Life souhaite rappeler qu’une société juste se mesure à l’attention qu’elle porte aux plus vulnérables. Plutôt que pour l’élargissement de dispositifs mettant fin à la vie des plus fragiles, l’association entend plaider pour une logique de protection, d’aide et de solidarité: une logique d’accompagnement plutôt que d’abandon. 

    CLARA Life veut mettre l’accent sur des solutions concrètes d’aide et de soutien, avec le mot d’ordre : défendre à la fois la femme et l’enfant, et refuser qu’on cherche à faire disparaître la souffrance en faisant disparaître le souffrant.