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  • « Couvrez ce sein que je ne saurais voir » ? Réflexions sur l’image du corps et de la sexualité (Claude Callens)

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    « Couvrez ce sein que je ne saurais voir »

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    Réflexions sur l’image du corps et de la sexualité

    par Claude Callens

    2025

    Le corps est, non pas pour la débauche, mais pour le Seigneur Jésus, et le Seigneur est pour le corps ; et Dieu, par sa puissance, a ressuscité le Seigneur et nous ressuscitera nous aussi. Ne le savez-vous pas ? Vos corps sont les membres du Christ. Vais-je donc prendre les membres du Christ pour en faire les membres d’une femme de débauche ? Absolument pas. Ne le savez-vous pas ? Quand on s’unit à la débauchée, cela ne fait qu’un seul corps. Car il est dit : Tous deux ne feront plus qu’un. Quand on s’unit au Seigneur, cela ne fait qu’un seul esprit. Fuyez la débauche. Tous les péchés que l’homme peut commettre sont extérieurs à son corps ; mais la débauche est un péché contre le corps lui-même. Ne le savez-vous pas ? Votre corps est le temple de l’Esprit Saint, qui est en vous et que vous avez reçu de Dieu ; vous ne vous appartenez plus à vous-mêmes, car le Seigneur a payé le prix de votre rachat. Rendez donc gloire à Dieu dans votre corps.

    — 1 Co 6, 13-20

    …​une société pour qui rien n’est sacré part à la dérive…​

    — Nancy Huston
    Mosaïque de la pornographie, Petite bibliothèque Payot/ Rivages, 2007, p. 272
  • Le saint nom de Marie

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    34906144.jpgl'Evangile au quotidien.org

            La fête du saint Nom de Marie fut établie par le pape Innocent XI, l'an 1683, en souvenir d'une mémorable victoire remportée par les chrétiens sur les turcs, avec la protection visible de la Reine du Ciel. Cent cinquante mille turcs s'étaient avancés jusque sous les murs de Vienne et menaçaient l'Europe entière. Sobieski, roi de Pologne, vint au secours de la ville assiégée dans le temps de l'octave de la nativité de la Sainte Vierge, et se disposa à livrer une bataille générale. Ce religieux prince commença par faire célébrer la messe, qu'il voulut servir lui-même, ayant les bras en croix. Après y avoir communié avec ferveur, il se leva à la fin du sacrifice et s'écria : « Marchons avec confiance sous la protection du ciel et avec l'assistance de la très sainte Vierge. » Son espoir ne fut pas trompé : les turcs, frappés d'une terreur panique, prirent la fuite en désordre. C'est depuis cette époque mémorable que la fête du saint Nom de Marie se célèbre dans l'octave de sa nativité.

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  • Le Saint Nom de Marie (12 septembre)

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    De missel.free.fr :

    La fête du Saint Nom de Marie, disparue aujourd'hui du calendrier liturgique, venait de la ville de Cuenca, en Espagne (Nouvelle-Castille), à qui elle fut concédée en 1513, sous le rite double. Un temps abrogée par saint Pie V (1570), la fête du Saint Nom de Marie fut rétablie par Sixte V (1585-1590) et assignée au 17 septembre. Réservée à Cuenca, au diocèse de Tolède, puis à toute l'Espagne, la fête du Saint Nom de Marie fut ensuite permise par Clément X au royaume de Naples (1671) ; le diocèse de Milan la célébra le 11 septembre et d'autres le 22 septembre. La fête du Saint Nom de Marie ne fut instituée à Rome qu'en 1683, par Innocent XI, en action de grâce pour la délivrance de Vienne assiégée par les Turcs (12 septembre 1683).

    Tandis que la Hongrie se révoltait contre les Habsbourgs, les trois cent mille hommes des armées turques conduites par le grand vizir de Mehmed IV, Kara Mustapha Pacha, et guidées par le comte hongrois et protestant Tököly, bloquaient Vienne depuis le 14 juillet 1683. L'empereur Léopold I° (1640-1705) et son beau-frère, Charles de Lorraine, avaient déserté la ville où treize mille hommes attendaient sous le commandement du comte de Sarhenberg. Innocent XI qui eût voulu former une ligue catholique contre les Turcs, ne put compter que sur l'alliance de Jean III Sobieski  (1624-1696), roi de Pologne depuis 1674, que l'on joignit lors d'un pèlerinage à Chestokowa dont il partit le 15 août. Le dimanche 12 septembre 1683, Jean Sobieski servit la messe, communia, arma son fils chevalier et prit le commandement de l'armée catholique où, en plus de ses troupes polonaises, il y avait celles du duc de Lorraine et du prince de Waldeck ; « Aujourd'hui, s'écria-t-il, il y va tout ensemble de la délivrance de Vienne, de la conservation de la Pologne et du salut de la chrétienté entière ! » Puis, il se mit à la tête des coalisés et chargea en criant : « Non nobis, Domine, non nobis, sed nomini tuo da gloriam ! » Les Ottomans furent battus à Kahlenberg et, dans Vienne délivrée, Jean Sobieski vint se prosterner avec ses généraux devant la statue de Notre-Dame de Lorette vénérée dans l'église des Augustins où l'on chanta un Te Deum ; ce jour-là, on avait fait à Rome une grande procession suivie, malgré sa goutte,  par la pape ; le 24 septembre, le cardinal-vicaire prescrit des sonneries de cloches et des prières d'action de grâces et, le 25 novembre, un décret établissait la fête du Saint Nom de Marie et l'assignait au dimanche dans l'octave de la Nativité de la Bienheureuse Vierge.

    Innocent XIII étendit la fête du Saint Nom de Marie à l'Eglise universelle en 1721. La fête du Saint Nom de Marie fut placée au 12 septembre par Pie X lors de la grande réforme du  Bréviaire romain[1]. La fête du Saint Nom de Marie a disparu lors de la réforme du calendrier par Paul VI (1969), mais lui a laissé une messe votive ce qu'a ratifié Jean-Paul II dans Les messes en l'honneur de la Vierge Marie, publié à Rome le 15 août 1986, où la vingt-et-unième messe est en l'honneur du saint Nom de Marie.


    [1] Pie X : constitution apostolique « Divino afflatu », 1° novembre 1911.

  • Comment la doctrine catholique peut être efficacement affaiblie sans qu’une seule vérité soit ouvertement niée

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    Le point de départ

    J'aborde avec rigueur une question qui touche de près à la transmission de la foi. Je ne rédige pas un pamphlet et ne porte aucune accusation contre des individus : je reconstitue patiemment une figure récurrente, que je nomme une loi sans règles , et que j'entends présenter, textes et dates à l'appui, afin de démontrer comment la doctrine catholique peut être efficacement affaiblie sans qu'une seule vérité soit ouvertement niée.

    Dans ce premier volet, j'expose les fondements de mon argumentation et la clé de sa compréhension : la perspective initiale, la définition de la foi sur laquelle repose l'ensemble, l'image de la loi préservée et de la réglementation tacite, et sa réapparition identique à cinq niveaux doctrinaux différents. Dans le deuxième volet, j'approfondirai la racine sotériologique et la crise actuelle ; dans le troisième, je montrerai où tout cela nous mène et pourquoi, sur le plan humain, la voie de sortie se révèle être une impasse, la seule clé qui nous échappe.

    Le regard du père

    Il me semble opportun de préciser d'emblée par où je commence, car le point d'observation est aussi important que les choses observées. Je ne suis ni canoniste ni historien : je suis un père, investi du devoir d'État de transmettre la foi catholique à mes trois filles. [1] C'est un titre qui, dans les débats savants, pèse moins qu'une chaire, mais qui, dans l'Église, prime, non par modestie, mais par nécessité. La loi et la doctrine, avec tout leur édifice de distinctions, existent en définitive pour rendre possible une chose très simple : qu'un père puisse transmettre à ses enfants la foi qu'il a lui-même reçue, intégralement, par le chemin commun, sans avoir à devenir ni théologien ni héros. Lorsque cette possibilité est compromise, ce n'est pas un détail marginal qui est ruiné : c'est le but même pour lequel tout l'appareil a été construit qui est touché.

    L'avantage de cette perspective réside dans son humilité. Ceux qui observent du haut de leur expertise possèdent les outils pour réparer eux-mêmes chaque déchirure et, de ce fait, sans s'en rendre compte, ne la perçoivent plus comme une déchirure. Ceux qui observent d'en bas, n'ayant pour seul outil que la transmission, perçoivent la déchirure dans son intégralité, car ils n'ont rien pour la réparer. C'est la même raison pour laquelle une fissure dans un mur est d'abord remarquée par le locataire qui y habite, et non par l'architecte de passage.

    Le chemin par lequel un enfant apprend la foi porte un nom précis et se compose de trois éléments ordinaires : un catéchisme clair, qui dit la vérité sans ambiguïté ; une messe qui exprime la foi, de sorte que par la prière on apprend à croire ; un enseignement qui distingue clairement le vrai du faux, le licite de l’illicite. L’enfant est formé sur ce fondement commun, car il n’a rien d’autre. Il n’a ni bibliothèques à consulter, ni le souvenir d’une époque plus faste auquel se référer : il reçoit ce que le présent lui offre, et rien de plus. Telle est la condition normale de l’enfance, et l’Église l’a toujours su ; c’est pourquoi, à travers les siècles, elle a soigneusement élaboré les instruments mêmes destinés aux simples et aux enfants, mettant entre les mains de chacun des formules sûres, brèves et éprouvées. [2] Cette clarté n’était pas une pauvreté de pensée, mais une charité envers les faibles.

    Nous abordons ici la différence fondamentale. [3] Un adulte averti, confronté à un texte ambigu, sait comment s'y prendre : il perçoit ce qui est sous-entendu, reconstruit lui-même la frontière manquante et poursuit sa lecture sans encombre. L'enfant, lui, n'a rien de tout cela : il reçoit ce qui lui est donné, et si ce qui lui est donné est ambigu, il accepte l'ambiguïté sans même s'en rendre compte. Cela crée une épreuve qui vaut bien plus que n'importe quelle dispute entre adultes. Les érudits peuvent débattre indéfiniment de la validité d'une formule tant qu'elle est lue avec la prudence requise ; mais l'enfant n'a pas cette prudence et recevra la formule telle quelle. La question pertinente n'est donc pas de savoir ce qu'un texte permet à quelqu'un qui sait déjà de penser, mais ce qu'il transmet réellement à celui qui ne sait encore rien. Nul besoin d'erreur explicite pour que le mal survienne : il suffit qu'une vérité soit sous-entendue ou voilée. Pour l'apprenant, le silence n'est pas une nuance manquante : c'est une part de vérité qui n'est pas encore révélée.

    « Mais beaucoup gardent la foi »

    C’est là que se pose l’objection la plus sérieuse, et il faut y répondre avec la plus grande fermeté. Malgré tout, d’innombrables prêtres et fidèles laïcs, plongés dans les mêmes conditions, conservent aujourd’hui la foi tout entière, demeurant pleinement unis à l’Église. Si les ressources ordinaires étaient véritablement épuisées, comment expliquer la survie si répandue de la foi ?

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