Du site "Riposte catholique" :

Un lien entre le manque de fécondité de l’Eglise depuis 70 ans et le cancer des abus sexuels
En ce moment, toutes les semaines on découvre qu’un nouveau pasteur, voire un évêque ou un cardinal a commis des abus sexuels. Que vous inspirent ces révélations?
En devenant évêque il y a 10 ans, j’ai découvert l’ampleur des abus sexuels dans l’Eglise. Elle ne fait que se confirmer, les chiffres tombent montrant les dégâts importants commis à tous les niveaux. Que ce soit un simple prêtre ou un cardinal ne change pas grand-chose à la douleur des victimes, mais, pour l’institution ecclésiale, le retentissement est lourd. Non seulement certains responsables n’ont pas été clairs dans la façon de gérer ces affaires, mais ils ont été directement impliqués.
C’est un séisme dans mon cœur d’évêque. Tous les jours, dans un acte de foi, je renouvelle mon amour pour l’Eglise une, sainte, catholique et apostolique, car ces événements pourraient faire trembler ma foi.
Vous affirmez, et le pape le rappelle, que ces drames concernent tous les chrétiens. Pourquoi? Ce sont les évêques et les supérieurs de séminaires les premiers concernés…
Je dis à ceux qui voudraient passer à autre chose :«ayez le courage de regarder, ces affaires vous concernent, même si vous n’êtes pas fautifs». Sans culpabiliser les chrétiens, il faut les responsabiliser; nous sommes tous membres d’un seul corps: le Corps du Christ, nous participons à ses joies et ses souffrances. Nous sommes invités à porter ces drames et leurs victimes par la prière, le jeûne et la pénitence. Par notre vigilance, nous pouvons aussi prévenir ou limiter ces abus.
Celui qui découvre qu’il est atteint d’un cancer, prend les moyens de lutter contre, même si une chimiothérapie est lourde et fatigante. Aucun malade ne dira: «les consultations médicales suffisent, je passe à autre chose». Aujourd’hui l’Eglise est atteinte d’un cancer métastasé. Nous ne sommes qu’au milieu du gué, d’autres révélations vont tomber et ailleurs que dans les pays occidentaux. Je pense à l’Asie, l’Inde ou l’Afrique, pays à forte catholicité. En Afrique on sait qu’il n’est pas rare que des prêtres ou des évêques abusent de jeunes religieuses novices sous l’œil complice de leurs supérieures. Aujourd’hui ne pas affronter ces questions, comme laïcs ou comme consacrés serait suicidaire.
Vous voyez un lien entre le manque de fécondité de l’Eglise depuis 70 ans et le cancer de la pédophilie. Quel est-il?
Les témoignages des victimes nous permettent de prendre conscience des ravages visibles, mais aussi invisibles. Le corps du Christ qu’est l’Eglise est d’abord lié par des relations sacramentelles, non visibles mais réelles. Chaque sacrement reçu dans la foi nourrit la communion de l’Eglise. Les abus sexuels au contraire distillent un poison qui l’altère depuis des dizaines d’années. Une part de l’infécondité de l’Eglise qui voit ses rangs et ses séminaires se vider depuis un demi-siècle est sans doute en partie due à ces contre-témoignages.




Le cardinal Philippe Barbarin a été condamné ce jeudi par le tribunal correctionnel de Lyon à six mois de prison avec sursis pour la non-dénonciation des agressions pédophiles d'un prêtre de son diocèse.