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Ethique - Page 240

  • La condamnation du cardinal Pell

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    Lu aujourd'hui (26 février) sur le site du Monde :

    Pédophilie dans l’Eglise : le cardinal Pell, numéro trois du Vatican, reconnu coupable

    Le religieux australien est le plus haut responsable de l’Eglise catholique condamné dans une affaire d’abus sexuels sur mineurs.

    Le cardinal George Pell, numéro trois du Vatican, a été reconnu coupable de crimes sexuels sur mineurs en Australie. Il devient ainsi le plus haut responsable de l’Eglise catholique condamné dans une affaire de pédophilie.

    Mgr Pell, 77 ans, avait été reconnu coupable, le 11 décembre 2018 de l’agression sexuelle dans les années 1990 de deux enfants de chœur, alors âgés de 12 et 13 ans, dans la sacristie de la cathédrale de Melbourne. L’une des deux victimes est décédée en 2014.

    Black-out médiatique

    Mais le tribunal interdisait jusqu’à présent aux médias de faire état de cette affaire : la justice avait pris une « ordonnance de suppression », sous peine de poursuites. Cette obligation de silence avait été imposée dans le but de protéger le jury d’un second procès lors duquel le cardinal Pell devait initialement être jugé pour d’autres faits présumés.

    Mais l’accusation a décidé de renoncer à cette seconde série de poursuites, ce qui a eu pour conséquence de lever le black-out médiatique, mardi 26 février, et révéler le verdict de culpabilité. La peine à laquelle le cardinal sera condamné n’a pas été fixée, mais il encourt jusqu’à 50 ans de réclusion. Une nouvelle audience est prévue mercredi.

    Les avocats de Mgr Pell ont d’ores et déjà annoncé l’intention de leur client de faire appel. Le cardinal, qui avait pris congé de ses fonctions au Vatican pour se défendre, reste cependant sur le papier à la tête du secrétariat pour l’économie du Saint-Siège, où il a été nommé par le pape François en 2014 avec la mission de réformer les finances de l’Eglise catholique.

    Lire le contexte : les médias réduits au silence sur le procèsdu cardinal George Pell

    Une « bataille totale »

    Cette annonce intervient dans la foulée d’une conférence de quatre jours du Vatican consacrée aux moyens de lutter contre les abus sexuels au sein de l’institution. Au dernier jour de celle-ci, dimanche, le pape François a appelé à une « bataille totale » contre les abus sexuels perpétrés sur des mineurs par des membres du clergé, crimes qu’il a qualifiés d’abominables.

    Le Vatican avait annoncé en décembre 2018 le remaniement du C9 – le Conseil des cardinaux chargé de conseiller le pape François – pour en retirer notamment George Pell, sans préciser les raisons de cette décision.

  • Sommet au Vatican sur les abus sexuels: « ils ont des yeux… »

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    Du chanoine Eric de Beukelaer sur son blog :

    « Il fallait s’y attendre. Des voix se disent déçues du sommet au Vatican: «  trop de belles paroles, pas assez d’actes » . Je puis comprendre pareille réaction quand ce sont des victimes qui parlent, car leur souffrance est à vif. Mais il est clair que ce sommet n’allait pas, une fois pour toute, régler le problème des abus sexuels commis au sein de l’Eglise. Son objectif était de mettre ce crime clairement à l’ordre du jour de toutes les conférences épiscopales du monde. Et de ce point de vue-là, le résultat est atteint.

    Ensuite? Des procédures adéquates devront être mises sur pied dans toutes les conférences épiscopales et ce, sous la supervision du Vatican. Plus fondamentalement, je pense qu’une participation plus grande de fidèles laïcs, dont des femmes, dans ces procédures, permettra de sortir d’un regard trop homogène de la part d’un corps ecclésiastique exclusivement masculin et célibataire. C’est également de ce côté-là qu’il me semble qu’une réforme du Vatican (et des diocèses) portera ses fruits. A côté d’évêques et de prêtres, une plus importante proportion des autres états de vie doit avoir voix au chapitre. Ainsi, au conseil épiscopal du diocèse de Liège, dans lequel je siège, je suis impressionné par l’apport spécifique des laïcs qui en font partie, et particulièrement des femmes. Il y a là un « autre regard » qui donne de dépasser le piège de l’aveuglement sélectif par habitude ou esprit de corps.  

    C’est d’ailleurs une plus grande diversité des états de vie, qui permettra de répondre adéquatement à un livre comme« Sodoma » de Frédéric Martel. Je pense que l’auteur pèche par excès, en voyant partout ce qu’il cherche. A force de faire une enquête sur les homosexuels au Vatican, il finit par en déceler… derrière chaque placard:  les prélats homophobes seraient des homosexuels refoulés et les prélats gay-friendly, des homophiles sublimés. Un peu court. Ceci étant dit, l’auteur n’est pas un zozo et son enquête solide. Bien sûr qu’il y a des homosexuels dans l’Eglise et donc au Vatican et, sans doute, en plus forte proportion qu’ailleurs. (Et cela, n’empêche en rien de donner de saints prêtres et évêques.) Mais il y a probablement aussi, au sommet de l’Eglise, une « fermentation propre aux internats de garçons »… Je m’explique: si dans les prisons, sur des navires et parmi les moines et clercs, il y a plus de séduction intra-masculine (chaste ou non),  c’est aussi et avant tout dû… à l’absence de femmes. Je pense donc que plus de femmes, et aussi de couples chrétiens, dans toutes les instances de l’Eglise ne pourra qu’être bénéfique pour rééquilibrer sainement les rapports humains dans l’Eglise.  Enfin et, par-dessus tout, il faut encourager un regain de prière authentique, car – sans une spiritualité solide – la vie chrétienne s’affadit en jeux de pouvoir… et le célibat pour le Royaume paraît absurde et donc invivable. 

    « Ils ont des yeux et ne voient pas » (Matthieu 13, 13) Cette phrase m’habite ces derniers temps. Tant de mal se fait sur cette terre, simplement parce que l’humain, enfermé dans son narcissisme parasité par le péché, ne voit pas ce qui se déroule sous ses yeux. Demandons donc à l’Esprit de nous rendre vigilants. » 

    Ref. Sommet au Vatican sur les abus sexuels: « ils ont des yeux… »

    JPSC 

  • Pédophilie : le pape François refuse le rôle de bouc émissaire pour l’Eglise catholique

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    François topelement.jpgEn concluant le sommet du Vatican contre la pédophilie, le pape François a dénoncé un mal «universel» et fixé des perspectives de travail, sans convaincre les associations de victimes. De Jean-Marie Guénois sur le site web du « Figaro » :

    Concluant, dimanche, le sommet international qu'il avait convoqué pour statuer sur les affaires de pédophilie dans l'Église, le pape François a refusé de se laisser enfermer dans une problématique purement catholique. Ce qui a fortement déçu - et fâché - les associations de victimes. L'intervention de François devant les 190 évêques du monde entier, dont les 114 présidents des Conférences des évêques, débute par un long développement sur le phénomène de l'exploitation sexuelle des enfants dans le monde, à commencer par l'inceste.

     LIRE AUSSI - Pédophilie dans l'Église: la tolérance zéro se heurte à sept obstacles

    Le Pape assure en effet: «La première vérité qui émerge des données disponibles est que ceux qui commettent les abus, autrement dit les violences (physiques, sexuelles ou émotionnelles), sont surtout les parents, les proches, les maris d'épouses mineures, les entraîneurs et les éducateurs.» Il ne cite donc pas les prêtres sinon dans la seconde partie de son discours, mais il évoque l'exemple italien où «68,9 % des abus se passent au sein du propre foyer». Un phénomène qu'il compare aux «rites païens» où des enfants étaient «offerts en sacrifice».

    François dénonce aussi avec vigueur ce qu'il perçoit comme une cause du phénomène: «la diffusion de la pornographie». «Le fléau de la pornographie a pris des proportions terrifiantes, avec des effets délétères sur le psychisme et sur les relations entre homme et femme, ainsi qu'entre eux et les enfants.» Il demande donc que «l'on s'oppose avec la plus ferme détermination à ces abominations» pour que «le développement des petits ne soit pas troublé ou brouillé par leur accès incontrôlé à la pornographie qui laissera des traces négatives profondes dans leur esprit et dans leur âme».

    Quelques axes de travail

    François assure: «Nous sommes, donc, devant un problème universel et transversal qui, malheureusement, existe presque partout.» Mais il ajoute alors: «Nous devons être clairs: l'universalité de ce fléau, alors que se confirme son ampleur dans nos sociétés, n'atténue pas sa monstruosité à l'intérieur de l'Église.» D'autant que «l'inhumanité du phénomène au niveau mondial devient encore plus grave et plus scandaleuse dans l'Église, parce qu'en contradiction avec son autorité morale et sa crédibilité éthique». Sur ce point, il voit surtout l'influence «de Satan», «la main du mal», le «mystère du mal», car «il n'y a pas d'explications satisfaisantes pour ces abus sur des enfants» sinon «un abus de pouvoir». Et de lancer solennellement: «Je voudrais vous le dire avec l'autorité du pasteur de l'Église: dans ces cas douloureux, je vois la main du mal qui n'épargne même pas l'innocence des petits.»

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  • Protection des mineurs : quelles initiatives concrètes ?

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    D'Anne Kurian sur zenit.org :

    Protection des mineurs : quelques initiatives concrètes

    Déclaration du p. Lombardi au terme de la rencontre

    De nouvelles lois au Vatican, des task forces pour aider les diocèses en difficulté, un vade-mecum de la Congrégation pour la doctrine de la foi… ce sont les premières initiatives concrètes qui ont été annoncées au terme de la rencontre des présidents des Conférences épiscopales du monde au Vatican sur le thème de la protection des mineurs, ce 24 février 2019.

    Dans une déclaration, le père Federico Lombardi, modérateur de la rencontre, s’exprime au nom des 190 participants, en commençant par une démarche e repentance : « Nous avons écouté les voix des victimes des terribles crimes d’abus sexuels perpétrés sur des mineurs par des membres du clergé. Nous leur demandons sincèrement pardon, ainsi qu’à tous nos frères et sœurs, pour ce que nous avons fait de mal et pour ce que nous avons omis de faire. »

    Au terme des quatre jours de travail, poursuit le jésuite, « nous retournons dans nos diocèses et dans nos communautés, dans le monde entier, avec une compréhension plus profonde de ce terrible scandale et des blessures qu’il provoque chez les victimes et dans le peuple de Dieu tout entier… Nous voulons absolument que toutes les activités pastorales de l’Eglise catholique et les lieux où elles s’exercent soient pleinement sûrs pour les mineurs, pour le respect de leur dignité et leur croissance humaine et spirituelle ».

    « L’esprit de collégialité et le chemin synodal de la communauté ecclésiale, soulignent les évêques, nous donneront le soutien et l’encouragement dont nous avons besoin pour continuer à dépasser les tendances à la dissimulation et à privilégier l’institution sur les personnes qu’elle doit servir, en obtenant le renouveau spirituel et spirituel nécessaire pour déraciner de l’Eglise toute forme d’abus non seulement sexuel, mais aussi de pouvoir et de confiance. »

    Des initiatives concrètes suivront bientôt

    Rappelant les trois thèmes déclinés durant ces journées – responsabilité, rendre compte, transparence – le père Lombardi assure : « nous nous engageons à (les) traduire en actions concrètes… Nous sommes confiants que des initiatives concrètes suivront bientôt notre rencontre. » Parmi celles-ci, il cite un nouveau Motu Proprio du pape François “sur la protection des mineurs et des personnes vulnérables”, « pour renforcer la prévention et la lutte contre les abus dans la Curie romaine et au sein de l’Etat de la Cité du Vatican ». Le texte accompagnera une nouvelle loi du Vatican et des Lignes-guides pour le vicariat du Vatican sur le même thème.

    Il mentionne aussi la publication prochaine d’un vade-mecum de la Congrégation pour la doctrine de la foi « qui aidera les évêques du monde à comprendre clairement leurs devoirs et leurs missions ». Enfin, « le pape a manifesté son intention de favoriser la création de task forces de personnes compétentes pour aider les Conférences épiscopales et les diocèses qui se trouvent en difficulté pour affronter les problèmes et réaliser les initiatives pour la protection des mineurs ».

    Le père Lombardi annonce par ailleurs une réunion au lendemain de la rencontre, le 25 février, entre le Comité organisateur et les responsables de la Curie romaine, « de façon à organiser dès à présent le travail nécessaire pour donner suite, selon le désir du pape, aux propositions et aux idées qui ont mûri ces derniers jours ».

    « Ces premiers pas, signes d’encouragement, conclut le modérateur, nous accompagneront dans notre mission d’annonce de l’Evangile et de service de tous les enfants du monde, en nous sentant solidaires de toutes les personnes de bonne volonté qui veulent abolir toute forme de violence et d’abus contre les mineurs. »

     

  • Abus sexuels sur mineurs : le pape en appelle à éradiquer ces « crimes abominables qui doivent disparaître de la face de la terre »

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    D'Anne Kurian sur zenit.org :

    Protection des mineurs : l’appel du pape pour éradiquer ces « crimes abominables qui doivent disparaître de la face de la terre »

    Discours au terme de la rencontre des présidents des Conférences épiscopales

    Le pape François a lancé « un appel pressant pour la lutte, à tous les niveaux, contre les abus sur mineurs – dans le domaine sexuel comme dans d’autres domaines – de la part de toutes les autorités comme des personnes individuelles, car il s’agit de crimes abominables qui doivent disparaître de la face de la terre ». C’est la conclusion du discours qu’il a prononcé au terme de la rencontre des présidents des Conférences épiscopales du monde, après quatre jours de travail, ce 24 février 2019.

    Le pape a pris la parole après la messe qu’il venait de célébrer dans la Salle Regia du Vatican, avec les 190 participants. Constatant l’ampleur du phénomène des abus sexuels, alimenté notamment par la pornographie et le tourisme sexuel, il a souligné cependant : « Nous devons être clairs : l’universalité de ce fléau… n’atténue pas sa monstruosité à l’intérieur de l’Église. L’inhumanité du phénomène au niveau mondial devient encore plus grave et plus scandaleuse dans l’Église, parce qu’en contradiction avec son autorité morale et sa crédibilité éthique. La personne consacrée, choisie par Dieu pour guider les âmes vers le salut, se laisse asservir par sa propre fragilité humaine, ou sa propre maladie, devenant ainsi un instrument de Satan. »

    Dans les abus, le pape a vu « la main du mal qui n’épargne même pas l’innocence des enfants » : en effet, « devant tant de cruauté, tant de sacrifices idolâtriques des enfants au dieu du pouvoir, de l’argent, de l’orgueil, de l’arrogance, les seules explications empiriques ne sont pas suffisantes… nous sommes aujourd’hui face à une manifestation du mal, flagrante, agressive et destructrice ». « Dans ces cas douloureux, a confié le pape, je vois la main du mal qui n’épargne même pas l’innocence des petits… Derrière cela, il y a Satan. »

    C’est pourquoi, a-t-il ajouté, il faut « prendre les mesures spirituelles que le Seigneur lui-même nous enseigne : humiliation, accusation de nous-mêmes, prière, pénitence. C’est le seul moyen de vaincre l’esprit du mal ».

    Pour le pape, l’Eglise a le devoir « d’écouter, de défendre, de protéger et de soigner les mineurs abusés, exploités et oubliés, où qu’ils se trouvent » mais elle doit aussi « se mettre au-dessus de toutes les polémiques idéologiques et des politiques journalistiques qui instrumentalisent souvent, pour des intérêts divers, même les drames vécus par les petits ».

    « L’heure est venue, a-t-il affirmé, de collaborer ensemble pour éradiquer cette brutalité du corps de notre humanité, en adoptant toutes les mesures nécessaires déjà en vigueur au niveau international et au niveau ecclésiastique. »

    Discours du pape François

    Chers frères et sœurs,

    En rendant grâce au Seigneur qui nous a accompagnés ces jours-ci, je voudrais remercier chacun de vous pour l’esprit ecclésial et l’engagement concret que vous avez manifestés avec tant de générosité.

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  • Martin Steffens dévoile le piège de la pornographie

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    Le piège de la pornographie 1/2 La blessure du regard

    De RCF, une émission présentée par Bénédicte Draillard

    LA VIE EST UN ART

    LUNDI 18 FÉVRIER À 22H00

    DURÉE ÉMISSION : 25 MIN

    Le piège de la pornographie 1/2 La blessure du regard

    © Stéphane OUZOUNOFF/CIRIC - Martin Steffens (2011)

    Une colère sourde se perçoit à la lecture de "L'amour vrai - Au seuil de l'autre" (éd. Salvator) : celle d'un homme et sans doute aussi celle d'un père "révolté" par la façon dont la pornographie "défigure" l'amour. Le philosophe Martin Steffens nous aide à déjouer les pièges de la pornographie.

    "Ayant touché le cœur de l'homme, ce qu'il y a en lui de plus profond, la pornographie vient tuer ce qu'il y a en nous d'humain"

    L'AMOUR DANS LA SOCIÉTÉ DU DIVERTISSEMENT

    "Ce qui me fascine c'est cette idée du divertissement qu'a inventée l'homme : endormir les gens en les excitant." Le jeu, l'excitation, le fun et la sexualité sont à l'œuvre dans bien des œuvres dystopiques. Avec subtilité et sans manichéisme, l'essai de Martin Steffens a pour objectif de "nous sortir de cette excitation dans laquelle nous mettent nos vies trop occupées et où on passe d'un travail angoissé à des loisirs débridés".

    "Il y a quelque chose de vrai là-dedans." Et c'est sans doute ce qui est le plus dramatique dans la pornographie : elle "offre une image fausse d'un désir qui est profondément bon et vrai en nous". Ce désir, celui "de se donner absolument", est mis en scène dans la pornographie, où "on voit des gens qui se donnent dans un entremêlement des corps". Il y a donc quelque chose "qui vient toucher le cœur de l'homme", et même "ce qu'il y a de plus profond en lui". "Ce désir-là, la pornographie en donne une traduction immédiate, ce qu'elle nous propose, elle nous l'impose et, à partir de là, ayant touché le cœur de l'homme, ce qu'il y a en lui de plus profond, elle vient tuer ce qu'il y a en nous d'humain."

    L'ACCÈS À LA PORNOGRAPHIE, DE PLUS EN PLUS TÔT

    Il y a quelques années, Martin Steffens a constaté qu'à neuf ans son fils avait la possibilité d'accéder à des vidéos pornographiques sur internet. Pourquoi les jeunes garçons en particulier sont-ils attirés par ce type de contenus ? Il y a un interdit qui plane sur ces vidéos, interdit qui suggère l'idée d'un "secret des adultes". "Et donc on a l'impression que c'est ce que les adultes gardent secret comme on pourrait garder secret quelque chose de précieux : ils accèdent au secret des adultes." Là où l'enfant est supposé grandir avec cette idée que l'adulte est quelqu'un de libre, maître de sa vie, il perçoit au contraire que l'adulte est quelqu'un qui "se perd dans son plaisir, dans son désir".

    Enseignant, Martin Steffens a connu un étudiant addict, qui quittait les cours pour aller regarder des images pornographiques. Conscient de son addiction, il confiait lui-même ne plus pouvoir "voir une femme sans la déshabiller et sans même l'imaginer humiliée". Parmi les conséquences néfastes de l'addiction à la pornographie : le "regard blessé". "La grille de lecture que j'aurai de l'autre sera sur-déterminée par la pornographie." Le philosophe parle de "traumatisme pornographique", qui opère comme "une blessure purulente" et se met "à produire en nous des images". Et pousse certains à commettre des viols ou des agressions à caractère sexuel.

    LA PORNOGRAPHIE FAIT DISPARAÎTRE LE DÉSIR

    Autre conséquence de l'addiction à la pornographie, la disparition du désir. Cette "sur-stimulation du désir" et sa satisfaction immédiate provoquent un épuisement et une exténuation du désir. "Ce qui donne des gens qui n'ont tout simplement plus de désir." Ne plus avoir de désir, est-ce là la sagesse ? Non, c'est "absolument terrible", affirme Martin Steffens. 

    INVITÉ : Martin Steffens , philosophe, enseignant en khâgne

    BIBLIOGRAPHIE : L'amour vrai - Au seuil de l'autre, Martin Steffens, éd. Salvator (2018)

  • Sodoma : un chantage qui ne réussira pas

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    D'Aline Lizotte sur le site "Smart Reading Press" :

    «LA DAME PARLE TROP» : RÉFLEXION CRITIQUE SUR «SODOMA»

    Objet d’une campagne de presse orchestrée de main de maître, le livre de Frédéric Martel, Sodoma, tombe à point nommé, le jour même de l’ouverture du sommet pour la protection des mineurs au Vatican. Cette enquête de quatre ans se présente comme la révélation d’un système intra-ecclésial schizophrène, conjuguant hypocritement homosexualité et homophobie. Mais que vise-t-elle réellement ? Aline Lizotte nous éclaire sur son objet véritable.

    Au début de son livre Sodoma1, l’auteur cite Shakespeare dans Hamlet : «The lady doth protest too much, methinks2». Frédéric Martel traduit : «La dame parle trop» ; elle révèle ce qu’elle voulait cacher. Cette remarque de Shakespeare fait la trame de tout son livre : ceux qui parlent trop contre l’homosexualité manifestent ce qu’ils veulent cacher, leur propre vie intime. Ce sont des hypocrites, comme l’était Gertrude, la reine mère adultère et assassine.

    Mais l’argument se retourne contre Frédéric Martel : il parle trop ! Que révèle cette logorrhée ? Il n’est pas le seul à trop parler : le 23 juillet 2010 paraissait, à Rome, dans la revue Panorama3, un long article de Carmelo Abbate, «Le notti brave dei preti gay4» (Les bonnes nuits des prêtres gays). Cet article devint plus tard l’objet d’un livre, Sex and the Vatican, viaggio secreto nel regno di casti, paru aux éditions Piemme en 2011. En 2012 en a paru la traduction aux éditions Michel Lafon : Sexe au Vatican. Enquête sur la face cachée de l’Église, traduit de l’italien par Joseph Antoine.

    Vraiment, la dame parle trop ! Tous les dix ans, les groupes gays ont besoin d’attaquer le Vatican. Qu’est-ce qui explique ce prurit ? Pourquoi ont-ils tant besoin de nous dire qu’ils sont heureux et libérés ? Qu’est-ce qui se cache derrière cette protestation de bonheur ? Oui, la dame parle trop !

    UNE ENQUÊTE TROP BIEN MENÉE

    L’enquête de Frédéric Martel est, en un sens, bien menée. Quatre ans d’interviews, un auteur assisté de quatre-vingts auxiliaires députés à la recherche, 14 avocats, des traductions en huit langues. Pour le coup, on y a mis toutes les ressources médiatiques. Pourquoi tant de paroles, tant d’argent investi ?

    Frédéric Martel ne cache pas son homosexualité. Il n’avoue rien ! Il ne proclame rien ! Mais que cache cette enquête ? Dénoncer le ou les lobbies gays au Vatican ? C’est un secret de polichinelle ! On sait qu’il y a des prêtres homosexuels actifs au Vatican, comme il y a des fonctionnaires homo dans tout État, des homosexuels dans toutes les corporations artistiques. On ne le cache plus, c’est devenu un fait sociétal.


    Les fausses attaques contre l’Église existent au pire depuis Néron, qui accusa les chrétiens de Rome d’avoir mis le feu à Rome.


    Alors, pourquoi la dame parle-t-elle ? Pour faire taire l’Église ? Pour mettre à nu son hypocrisie ? Elle continuerait à croire et à enseigner que l’homosexualité est un désordre grave, alors que 80 % des membres de la Curie seraient des homo-actifs ! Alors, l’Église serait un monstre d’hypocrisie ! Mais les fausses attaques contre l’Église existent au pire depuis Néron, qui accusa les chrétiens de Rome d’avoir mis le feu à l’Urbs, bon prétexte pour les livrer aux bêtes sauvages ! Et depuis, cela n’a pas cessé ! Le refrain change, mais la chanson demeure !

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  • Communiqué de presse de la Marche pour la Vie (31 mars)

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  • 2e jour du sommet sur les abus sexuels au Vatican : les notes troublantes d'un vaticaniste

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    De Sandro Magister (Settimo Cielo) en traduction française sur le site Diakonos.be :

    Deuxième jour du sommet. Avec de nouvelles accusations contre le Pape depuis son Argentine natale

    Voici ci-dessous cinq notes prises au vol le 22 février, deuxième journée du sommet entre le pape François et les chefs de file de la hiérarchie du monde entier en matière d’abus sexuels sur mineurs.

    1. Un inexplicable mur de silence continue de régnerSur la question de l’homosexualité qui caractérise la grande partie des abus commis par des prêtres alors qu’ils impliquent pratiquement tous de jeunes et de très jeunes garçons post-pubères.

    Interpellé à la conférence de presse de mi-journée, l’archevêque Charles Scicluna, homme-clé du comité organisateur du sommet a répété, comme la veille, que l’homosexualité « n’a rien à voir avec l’abus sexuel sur mineurs ».

    2. Le cardinal Sean P. O’Malley a fait une apparition publique à de la conférence de presse. C’était le plus grand homme de confiance du pape en la matière jusqu’à il y a un an avant de tomber en disgrâce et d’être exclu de la préparation du sommet malgré qu’il continue à présider le Conseil pontifical pour la protection des mineurs.

    À ses côtés, le cardinal O’Malley était flanqué de deux hommes sur lequel le Pape compte à présent pour exécuter sa volonté : le cardinal Blase Cupich et l’archevêque Charles Scicluna.

    Mais cela ne veut pas dire que le cardinal O’Malley soit en voie de réhabilitation. On nous a annoncé que pour lundi 25 février, le jour après la fin du sommet, François a convoqué une réunion avec les membres du comité organisateur, « in primis » Cupich et Scicluna, avec les chefs des dicastères de la Curie compétents en la matière et avec quelques experts. Et le Conseil pontifical pour la protection des mineurs, avec son président O’Malley ? Il n’est pas invité. Et le pape continuera de se passer de lui.

    3. Le conflit entre Rome et la Conférence épiscopale des États-Unis, déclenché en novembre dernier par l’interdiction du pape de voter deux décisions opérationnelles sur la façon d’affronter la mauvaise gestion de certains évêques en matière d’abus sexuels a atteint son couronnement comme on pouvait facilement s’y attendre.

    C’est en effet au cardinal Cupich – archevêque de Chicago et faucon bergoglien en plus d’être le protégé de l’ex-cardinal Theodore McCarrick aujourd’hui réduit à l’état laïc à cause de ses exactions – qu’a été confiée la tâche de présenter officiellement pendant le sommet la solution alternative qu’il avait lui-même, en accord avec Rome, défendu contre celle que la Conférence épiscopale américaine comptait mettre en œuvre.

    En résumé, la solution de Cupich et du Pape François revient à confier en premier lieu les enquêtes sur la mauvaise gestion d’un évêque en matière d’abus sexuels non pas à un organisme indépendant composé de laïcs – comme dans le projet de la Conférence épiscopale américaine – mais au métropolite de la province ecclésiastique de l’évêque en question. Puis de transmettre le résultats de cette enquête au Saint-Siège qui décidera de son sort.

    4. Peu après Cupich, la matinée du 22 février, le cardinal indien Oswald Gracias, qui est aussi membre du conseil des 9 cardinaux – aujourd’hui réduit à 6 – qui assistent François dans la réforme de la Curie et le gouvernement de l’Église universelle, a également fait un déclaration au sommet.

    Sauf qu’avant que le cardinal Gracias ne prenne la parole, la BBC a mis en ligne une émission dénonçant ses négligences dans la gestion de deux cas d’abus sexuels perpétrés par des prêtres de son archidiocèse de Bombay, l’un en 2015 et l’autre en 2009.

    Sur l’affaire de 2015, l’archidiocèse de Bombay a immédiatement publié une réponse très détaillée et convaincante pour justifier le travail de Mgr Gracias avec le nom de toutes les personnes impliquées.

    Pas un mot en revanche sur l’affaire de 2009 qui – si l’on s’en tient au compte-rendu de la BBC – semble relever du cas d’école du prêtre non sanctionné après la dénonciation de ses exactions et laissé en place avec le danger qu’il continue à perpétrer ses abus.

    5. Mais, bien plus que le cardinal Garcias, c’est le pape en personne qui a été à nouveau mis en cause le jour de l’ouverture du sommet pour la protection qu’il a accordée à l’argentin Gustavo Óscar Zanchetta, son ami et fils spirituel depuis l’époque où ce dernier était sous-secrétaire de la Conférence épiscopale argentine puis promu évêque d’Orán à l’état 2013 avant de démissionner pour des « raisons de santé » assez floues à l’été 2017 mais rapidement élevé par le pape, en décembre de la même année, à une charge vaticane créée sur mesure pour lui d’« assesseur » de l’Administration du Patrimoine du Siège Apostolique.

    Au Noël dernier, le quotidien argentin « El Tribuno » avait donné l’information qu’une plainte contre lui pour des abus perpétrés sur une dizaine de séminaristes quand il était évêque d’Orán avait été transmise au nonce en Argentine.

    Le 4 janvier, le directeur de la salle de presse du Vatican avait démenti cette information en assurant que les accusations contre Zanchetta n’étaient pas parvenue au Vatican avant l’automne 2018 et qu’une enquête préliminaire était en cours en Argentine pour en évaluer la crédibilité.

    Le 21 février cependant, « El Tribuno » revenait sur le sujet sous la plume de la journaliste Silvia Noviasky en publiant les preuves (photo) que des dénonciations très détaillées des exactions de Zanchetta avaient été transmises par des ecclésiastiques du diocèse d’Orán aux autorités compétentes, en Argentine et à Rome, à plusieurs reprises entre 2015 et 2017.

    Avec pour conséquence que le pape François était au courant des exactions de son protégé bien avant qu’il n’accepte sa démission comme évêque d’Orán et qu’il ne le promeuve assesseur à l’APSA.

    Une charge que Zanchetta occupe toujours. Et le pape continue de se taire, au beau milieu du sommet convoqué pour faire la lumière sur ce chapitre douloureux de la vie de l’Église.

    Un article de Sandro Magister, vaticaniste à L’Espresso.

  • La justice de l'Eglise serait-elle devenue inopérante ?

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    De Cyrille Dounot sur le site de l'Homme Nouveau :

    Scandales sexuels : la justice de l'Église est-elle devenue inopérante ?

    Rédigé par Cyrille Dounot professeur d'histoire du droit (Université Clermont Auvergne) et avocat ecclésiastique près de l'officialité de Lyon le  dans Politique/Société

    Suite aux différents scandales et faits d'actualités - parution du livre Sodoma de Frédéric Martel, sortie du film Grâce à Dieu de François Ozon, ouverture du sommet sur les abus sexuels dans l'Église -, Cyrille Dounot professeur d'histoire du droit (Université Clermont Auvergne) et avocat ecclésiastique près de l'officialité de Lyon a souhaité faire un rappel historique et juridique sur les possibilités qui sont données aux autorités ecclésiatiques afin qu'elles puissent juger et condamner les clercs qui auraient gravement pêché contre le sixième commandement. Ces rappels importants montrent qu'il existe déjà et depuis longtemps toutes les sanctions nécessaires pour que justice soit faite. 

    « Arrachez le mauvais du milieu de vous » (1 Cor. 5, 13)

    Dans l’affaire de l’incestueux de Corinthe, saint Paul a tracé le sillon à suivre pour toutes les questions sordides qui salissent l’Église depuis 2000 ans. L’Apôtre, confronté à une première histoire de mœurs, « une inconduite telle qu’il n’en existe pas même chez les païens », a dicté le comportement qui doit être celui de l’ecclesia : d’une part, l’excommunication du coupable pour l’amener à résipiscence, « afin que l’esprit soit sauvé au Jour du Seigneur », et qui conduit à le chasser (temporairement) de la communauté ; d’autre part, la sanctification des fidèles, pour servir d’exemple, « purifiez-vous du vieux levain pour être une pâte nouvelle ». Ces règles simples, mais essentielles, n’ont pas manqué d’être tour à tour appliquées puis oubliées.

    Nous savons depuis saint Cyprien que le chrétien est un autre Christ (christianus alter Christus), et Jean-Paul II rappelait qu’il en va à plus forte raison du prêtre, qui doit briller par l’exemplarité de ses vertus. Le concile de Trente, dans sa réforme générale de la Chrétienté, a redit qu’il « n’y a rien qui instruise, ni qui porte plus continuellement les hommes à la piété, et aux saints exercices, que la bonne vie, et le bon exemple de ceux qui se sont consacrés au service de Dieu », et voulu en conséquence que les prêtres « évitent même les moindres fautes, qui en eux seraient très considérables, afin que leurs actions impriment à tout le monde du respect, et de la vénération » (Sess. XXII, De reformatione, can. 1).

    Aussi, les pénibles affaires de mœurs qui souillent une frange du clergé, sous l’œil mauvais et complaisant des médias, n’en sont que plus détestables et préjudiciables à l’ensemble de cette milice céleste. De ce point de vue, l’application de sanctions pénales aux clercs déviants est une nécessité, et l’on ne peut que déplorer une absence trop criante de réaction des autorités compétentes.

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  • France : les délires de Marlène Schiappa déclenchent un tollé; la Manif pour tous mobilise

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    LMPT a inviteé Kelly, mère porteuse américaine, aà venir s'exprimer devant les Français
    Tollé unanime suite aux propos de Marlène Schiappa
    Mercredi 20 février, Marlène Schiappa a évoqué, dans les colonnes de l'hebdomadaire Valeurs actuelles, une prétendue « convergence idéologique » entre La Manif Pour Tous et les terroristes islamistes. 
    Face à cet amalgame stupéfiant, La Manif Pour Tous a aussitôt demandé des excuses publiques de la Secrétaire d'Etat :

    Communiqué

    https://tinyurl.com/y6y86t96

    En dépit du tollé unanime, Marlène Schiappa a réitéré ses propos dans d'autres interviews, conduisant alors nombre de Français à réclamer sa démission.

    A l'heure où nous écrivons, nous sommes sur le point de déposer plainte auprès de la Cour de justice de la République à l'encontre de la Secrétaire d'Etat.

    Pour suivre les réactions et les événements à ce sujet : 

    lamanifpourtous.fr

    http://lamanifpourtous.fr

    Remplacer « père » et « mère » par « parent 1 et 2 »

    Le 12 février, la député LREM Valérie Petit propose de profiter du projet de loi « école de la confiance » pour supprimer les mentions « père » et « mère » des formulaires scolaires au profit de « parent 1 » et « parent 2 ». Avec elle, sa collègue Jennifer De Temmerman considère qu' « un père et une mère » constituent « des cases figées » qui correspondent à « des modèles sociaux et familiaux un peu dépassés » : 

    Video

    https://tinyurl.com/y38gw6bl

    Cet amendement est voté le jour même par les députés LREM. A ce stade, il s'agit de la 1ère lecture du projet de loi (il doit ensuite passer au Sénat puis revenir devant l'Assemblée nationale).

    La Manif Pour Tous monte au créneau
    Parce qu’elle suit toujours attentivement les débats parlementaires, La Manif Pour Tous alerte aussitôt sur les réseaux sociaux et par voie de communiqué de presse :
    Communiqué

    Une tribune signée de Ludovine de La Rochère et Albéric Dumont, respectivement Présidente et vice-président de La Manif Pour Tous, est publiée sur FigaroVox :
    Tribune

    Tribune

    Les représentants du mouvement participent à de nombreux débats TV et radios, dans les matinales de RTL et LCI, sur RMC, C-News, Sud Radio... :

    Video
    http://tinyurl.com/yyndqd8d
    Video
    https://tinyurl.com/y2yahf8c
    Video
    https://tinyurl.com/yxj23ztq
    Machine arrière

    Au bout de trois jours, les députés LREM semblent faire machine arrière. 

    Article Le Parisien
    https://tinyurl.com/y6tsxsx6
    Et bien sûr La Manif Pour Tous veille sur la suite
  • Au sommet sur les abus sexuels, l’homosexualité est tabou mais on reste prudent sur la « tolérance zéro »

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    De Sandro Magister en traduction française sur le site Diakonos.be

    Au sommet, l’homosexualité est tabou. Mais on reste prudent sur la « tolérance zéro »

    Le 21 février, au matin de l’ouverture du sommet entre le pape François et les chefs de file de l’Eglise mondiale sur le thème des abus sur mineurs, le grand absent, c’est le mot « homosexualité ». Et ce nonobstant que la majeure partie des abus recensés jusqu’ici impliquent de jeunes, voire de très jeunes garçons pubères.

    Le mot « homosexualité » n’apparaît ni dans le discours inaugural du pape ni dans aucun des 21 « points de réflexion » qu’il a fait distribuer dans la salle ni dans le rapport introductif du cardinal Luis Antonio G. Tagle, de l’archevêque Charles J. Scicluna ni, dans l’après-midi, du cardinal Ruben Salazar Gómez.

    Au contraire, Mgr Scicluna, interpellé à ce sujet pendant la conférence de presse de mi-journée (voir photo) a déclaré que « généraliser sur une catégorie de personnes n’est jamais légitime » parce que l’homosexualité « n’est pas quelque chose qui prédispose au péché » comme ce pourrait être le cas pour la « concupiscence ».

    Le cardinal Scicluna est l’homme-clé du comité d’organisation du sommet. En plus d’être archevêque de Malte, il a été pendant plusieurs années promoteur de justice à la Congrégation pour la doctrine de la foi dont il est redevenu secrétaire adjoint avec une compétence spécifique en matière d’abus sexuels.  C’est l’homme qui exprime aujourd’hui le plus directement la volonté de François après que ce dernier ait dans les faits désavouéle cardinal Sean P. O’Malley qui était il y a encore un an le plus proche homme de confiance du pape en la matière mais qui aujourd’hui n’est plus que président « pour la forme » du conseil pontifical pour la protection des mineurs.

    Il semblerait que jusqu’à présent, l’appel des cardinaux Walter Brandmüller et Raymond L. Burke – et de nombreux autres clercs et laïcs – à affronter à visage découvert la plaie de l’homosexualité dans le clergé en tant que symptôme d’un abandon diffus de la « vérité de l’Évangile » soit resté lettre morte.

    *

    En revanche, dès les premiers échanges du sommet, s’est dégagée une volonté d’équilibrer la sévérité des procès en matière d’abus sexuels dans le sens d’un meilleur respect des droits des accusés.

    La « tolérance zéro », c’est le nom qu’on donne à la rigueur puritaine avec laquelle on voudrait frapper les auteurs d’abus. Cette rigueur est réclamée à cors et à cris par l’opinion publique laïque.  Mais elle coûte très cher en matière de violation des droits les plus élémentaires, comme Settimo Cielo l’a récemment mis en lumière dans un article :

    > “Tolérance zéro”. Le mot d’ordre d’une Église sans miséricorde

    Et en effet, dans les 21 « points de réflexion » que le pape François a remis aux participants au sommet, on lit au point 4 : « Mettre en œuvre des procédures pour le droit de la défense des accusés ».  Au point 10 : « Préparer des itinéraires pénitentiels et de restauration pour les coupables ».  Au point 11 : « Reconnaître et discerner les vrais cas des faux, les accusations de la calomnie ».  Au point 14 : « Sauvegarder le principe du droit naturel et canonique de la présomption d’innocence jusqu’à la preuve de la culpabilité de l’accusé. Pour cela, il faut éviter la publication de listes des personnes accusées, même par les diocèses, avant l’enquête préalable et la condamnation définitive ».

    Dans le rapport de Mgr Scicluna qui a retracé toutes les phases des procès pour abus sur mineurs, on retrouve également des rappels importants des droits des accusés.

    Après avoir admis que « la majorité des procédures pénales canoniques sont de type extrajudiciaire ou administratif », Scicluna fait cet avertissement :

    « L’essence d’une procédure équitable exige que l’accusé soit présenté avec tous les arguments et preuves à son encontre ; que l’accusé bénéficie pleinement du droit de présenter sa défense ; ce jugement est rendu sur la base des faits de la cause et de la loi applicable à la cause ; qu’un jugement ou une décision motivée est communiqué par écrit à l’accusé et que celui-ci dispose d’un recours contre un jugement ou une décision l’agressant. »

    Plus tard, Scicluna demande aux évêques de faire preuve de la plus grande prudence et d’équité quand il s’agit de décider quoi faire dans le cas d’un procès canonique à charge d’un de leurs prêtres se concluant non pas par une condamnation ou un acquittement mais par une plus problématique « decisio dimissoria », dans le cas où les accusations sont crédibles mais non démontrées.

    Ensuite, Mgr Scicluna encore, invite à donner la plus grande publicité aux jugements qui établissent l’innocence de l’accusé parce que « nous savons tous qu’il est très difficile de rétablir la réputation d’un prêtre qui pourrait avoir été accusé injustement ».

    Et enfin, il invite la Congrégation pour la doctrine de la foi elle-même à ne déroger qu’exceptionnellement à la prescription pour les cas d’abus éloignés dans le temps : « Le pouvoir de la CDF de déroger à la prescription de vingt ans est toujours invoqué dans un certain nombre de cas historiques, mais il est vrai que cela ne devrait pas être la norme, mais plutôt l’exception ».

    *

    Il faut remarquer que la pression de l’opinion publique laïque et des autorités civiles n’exige pas toujours de l’Église la plus grande « tolérance zéro » en matière d’abus sexuels sur mineurs au mépris du droit des accusés.

    On peut par exemple citer une décision de la Cour de justice d’Arnhem qui a accueilli le 18 avril 2018 le recours d’une fondation privée hollandaise, la Stichting Sint Jan, contre la Commission de l’Église catholique romaine de Hollande qui enquêtait sur les abus sexuels.

    La cour a estimé que dans certains cas, la Commission « n’avait pas respecté ses propres règle et, ce faisant, a violé les droits fondamentaux de l’accusé », par exemple quand « une dénonciation, qui avait pourtant déjà été déclarée non-fondée par un jugement définitif, a été rouverte et déclarée fondée » ou encore quand elle a considéré comme crédible une « déclaration isolée et incohérente d’un plaignant dépourvue de preuves suffisantes ».

    Le communiqué qui résumé ce jugement se trouve sur le site de la Stichting Sint Jan, en néerlandais, en anglais et en allemand.

    Un article de Sandro Magister, vaticaniste à L’Espresso.