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Bioéthique

  • Le Pape appelle à protéger la vie, de la conception à son terme naturel

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    De Cecilia Seppia sur Vatican News :

    Le Pape appelle à protéger la vie, de la conception à son terme naturel

    Léon XIV a envoyé un message à l’occasion de la cinquième édition de la Marche pour la Vie à Bratislava, en Slovaquie pour promouvoir une culture qui prenne soin des plus fragiles et des plus vulnérables. Le secrétaire de la Conférence épiscopale explique que l’Église demande aux institutions de protéger avant tout les enfants à naître, «mais aussi d’aider concrètement les mères et les familles en difficulté».

    Une manifestation qui soit un «moment de prière et de témoignage» et qui suscite une «prise de conscience renouvelée du don précieux de la vie, reçu de Dieu, qu’il faut accueillir et préserver à chaque étape, de la conception jusqu’à son terme naturel». C’est ce que souhaite le Pape Léon XIV dans son message adressé aux organisateurs et aux participants de la cinquième édition de la Marche nationale pour la vie, qui s’est déroulée ce dimanche 20 septembre à Bratislava, capitale de la Slovaquie. Dans ce texte, lu sur la scène de la Marche par le nonce apostolique en Slovaquie, Mgr Nicola Girasoli, le Pape encourage en outre à «promouvoir une culture capable de prendre soin avant tout des plus fragiles et des plus vulnérables, contribuant ainsi à l’édification d’une société plus fraternelle et solidaire».

    Des milliers de familles dans les rues de Bratislava

    La place était bondée à Bratislava pour la dernière édition de la Marche nationale pour la vie, l’un des événements de mobilisation sociale et religieuse les plus importants de Slovaquie. Plus de 30 000 personnes, simples citoyens, familles et jeunes venus de toutes les régions du pays, se sont rassemblées dans la capitale pour réaffirmer la valeur et la dignité intrinsèque de chaque être humain, déterminées à promouvoir et à mettre en œuvre une culture de l’accueil qui protège la vie à toutes ses étapes, depuis la conception jusqu’à la mort naturelle.

    L'objectif de la mobilisation

    Née à l'origine aux États-Unis en 1974 (en réponse à l'arrêt Roe v. Wade), cette manifestation est devenue au fil des ans un événement très suivi et de grande envergure, qui en est venu à inclure et à mobiliser de nombreuses capitales européennes. Son objectif principal est de sensibiliser l’opinion publique et les institutions législatives à la nécessité d’offrir une protection juridique et un soutien social tant aux enfants à naître qu’aux mères en difficulté, en s’opposant à des pratiques telles que l’avortement et l’euthanasie, sur lesquelles le Pape Léon XIV s’est récemment prononcé, lors de l’audience générale du 16 septembre dernier, en les qualifiant de «honteuses».

    «Tout ce qui s’oppose à la vie elle-même, comme toute espèce d’homicide, le génocide, l’avortement, l’euthanasie et même le suicide délibéré; tout ce qui constitue une violation de l’intégrité de la personne humaine, comme les mutilations, la torture physique ou morale, les contraintes psychologiques; tout ce qui est offense à la dignité de l’homme, comme les conditions de vie sous-humaines, les emprisonnements arbitraires, les déportations, l’esclavage, la prostitution, le commerce des femmes et des jeunes; ou encore les conditions de travail dégradantes qui réduisent les travailleurs au rang de purs instruments de rapport, sans égard pour leur personnalité libre et responsable: toutes ces pratiques et d’autres analogues sont, en vérité, infâmes», a-t-il dit citant Gaudium et spes.

    Marche pour la vie à Bratislava, le 20 septembre 2026
    Marche pour la vie à Bratislava, le 20 septembre 2026   (Dominik Karina)

    Protéger et aider

    En Slovaquie, cet événement est coordonné par les évêques du pays en collaboration avec différentes associations pro-vie; il se présente non seulement comme un moment de réflexion éthique, mais aussi comme une véritable fête des familles. «Notre message est simple: toute vie humaine a sa dignité et doit être protégée. Nous voulons avant tout protéger les enfants à naître. Mais nous voulons aussi aider concrètement les mères et les familles en difficulté», a déclaré Mgr Ivan Ružička, secrétaire général de la Conférence épiscopale slovaque.

    Non à la maternité de substitution

    Cette année, a précisé le secrétaire, la question de la maternité de substitution est également à l’ordre du jour. «Un enfant n’est pas un produit et ne peut faire l’objet d’un contrat. C’est pourquoi nous demandons que la maternité de substitution soit totalement interdite en Slovaquie.» «Nous sommes très heureux, a-t-il ajouté, de voir aujourd’hui autant de familles et de jeunes ici à Bratislava. Pour nous, la Marche pour la Vie est un témoignage d’espoir. Nous voulons construire une société qui protège chaque personne, en particulier les plus vulnérables». La marche s’achèvera dans l’après-midi par des témoignages, des chants et des moments de fête, confirmant ainsi la position de la Slovaquie comme l’un des pôles du débat bioéthique au cœur de l’Europe.

  • Arrêter le suicide assisté, c’est possible. La leçon de l’Angleterre

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    De Luca Volontè sur la NBQ :

    Arrêter le suicide assisté, c’est possible. La leçon de l’Angleterre

    La mobilisation des Églises chrétiennes, avec les évêques catholiques en première ligne, a contribué à la défaite, à la Chambre des communes, du projet de loi qui aurait introduit le suicide assisté en Angleterre et au pays de Galles. Un résultat qui semblait impossible : que la CEI et l’Académie pontificale pour la vie y réfléchissent.

    14_09_2026

    Arrêter la dérive mensongère des lois sur la fin de vie et la légalisation de l’euthanasie, c’est possible, si on le veut. Les faits survenus au Royaume-Uni le démontrent. À la suite d’un débat tenu vendredi soir 11 septembre, au cours duquel les deux camps ont exposé leurs arguments, la Chambre des communes du Royaume-Uni a voté contre le projet de loi qui aurait introduit le suicide assisté, par 286 voix contre et 270 pour, soit une majorité de 16 voix. Après une victoire analogue importante en Écosse, le 17 mars de cette année, et après l’examen le plus approfondi jamais consacré en Angleterre et au pays de Galles à la question du suicide assisté ces dernières années, les parlementaires de Westminster ont rejeté le projet de loi.

    À ce résultat a certainement contribué l’action des évêques de l’Église catholique et anglicane ainsi que des associations civiles pro-vie, qui se sont mobilisées de manière très large contre le suicide assisté, montrant qu’avec la prière, les arguments, l’organisation et le courage, il est possible de faire prévaloir le bien commun et la civilisation pour tous.

    Rappelons que le projet de loi sur le suicide assisté, portant la signature de Kim Leadbeater, avait été présenté à la Chambre des communes, avec une large majorité travailliste, dès le début de la législature il y a deux ans, et l’on prévoyait qu’il deviendrait loi sans difficulté. En deuxième lecture, en novembre 2024, le projet avait été approuvé à une majorité de 55 voix, réduite à 23 voix en troisième lecture en juin 2025. Le texte était ensuite passé à la Chambre des Lords, où, faute de temps, il s’était définitivement enlisé le 27 avril dernier.

    Par la suite, le projet de loi a été représenté, sous une forme substantiellement identique, par la députée Lauren Edwards à la Chambre des communes, où, vendredi, il a été rejeté en deuxième lecture par des députés de tout l’éventail politique, grâce aussi à l’unité d’intention de la dirigeante conservatrice Kemi Badenoch, du dirigeant libéral-démocrate Sir Ed Davey et du dirigeant de Reform UK, Nigel Farage, unis dans l’opposition à la proposition. À eux se sont joints d’importants représentants travaillistes comme Angela Rayner, Wes Streeting et Shabana Mahmood, secrétaire d’État aux Affaires intérieures, et même les extrémistes de gauche de Jeremy Corbyn.

    Le projet de loi sur la fin de vie aurait permis aux adultes dont l’espérance de vie présumée est inférieure à six mois de demander une assistance pour mettre fin à leurs jours, dans le respect de certaines garanties prévues par le texte. Parmi celles-ci figurait l’exigence que la personne demandant le suicide assisté obtienne l’approbation de deux médecins et d’une commission d’experts ; cependant, les dispositions comportaient très peu de garanties protégeant les personnes vulnérables contre le risque d’être contraintes de mettre fin à leurs jours, et ne prévoyaient aucune amélioration des soins palliatifs.

    Le rejet de vendredi devrait marquer un arrêt définitif de l’initiative des travaillistes pour cette législature, jusqu’aux prochaines élections de 2029, d’autant que le nouveau Premier ministre Andy Burnham n’a pas caché sa préférence pour une bonne loi sur les soins palliatifs et son refus de soutenir la proposition de « fin de vie » de son parti, alors que son prédécesseur Starmer avait, dès 2024, soutenu la légalisation du suicide assisté.

    La mobilisation de la société civile, des médecins et des Églises chrétiennes anglaises a été totale et claire – avec veillées de prière, sit-in, cortèges et envoi de courriels – pour sensibiliser chaque député et tous les dirigeants des partis, publiquement, avec une grande clarté et une grande cohérence. L’Église catholique était intervenue par l’intermédiaire de plusieurs évêques contre l’approbation du projet de loi ; ainsi l’archevêque John Sherrington, archevêque de Liverpool et évêque responsable des questions relatives à la vie auprès de la Conférence épiscopale, a exprimé au nom de ses confrères sa gratitude et ses remerciements à ceux qui ont œuvré pour empêcher la poursuite de l’examen parlementaire du projet, ainsi que sa gratitude aux associations de défense des droits des personnes handicapées et aux professionnels du droit et de la santé pour avoir élevé la voix en défense de « la dignité et de la sacralité de toute vie ».

    De même, l’Académie Jean-Paul II pour la vie et la famille a salué le rejet par la Chambre du projet de loi sur le suicide assisté, par un vote qui « protège les personnes vulnérables et défend la dignité de la vie humaine ». L’Église anglicane et son archevêque Sarah Mullally ont elles aussi combattu ouvertement, depuis 2024, le projet de loi jusqu’à la dernière minute, en appelant les députés à voter contre.

    Il s’agit d’une leçon qui devrait être comprise par les responsables de l’Académie pontificale pour la vie et par la présidence de la Conférence épiscopale italienne (CEI), qui en Italie poussent en faveur d’une loi sur le suicide assisté : qu’ils en reviennent à réaffirmer les raisons de la vie, la force de la prière et qu’ils aient le courage d’agir, au lieu de suivre le monde dans sa dérive anti-humaine.

  • Le cardinal Sarah et la crise de la bioéthique

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    De la Sœur Renée Mirkes, OSF, sur The Catholic Thing :

    Le cardinal Sarah et la crise de la bioéthique

    4 septembre 2026

    Le discours prononcé cet été par le cardinal Robert Sarah devant le Parlement européen met en évidence un problème fondamental du discours bioéthique contemporain : le fossé grandissant entre le langage et la réalité. Des mots qui, autrefois, véhiculaient des significations stables – « soins de santé », « droits », « dignité » – sont de plus en plus utilisés avec une flexibilité idéologique.

    Sarah met en garde contre le fait que cette instabilité linguistique constitue une « crise du logos ou de la raison », une rupture dans la relation entre les mots et les réalités qu’ils désignent. Le langage cesse de correspondre à la réalité ; la raison perd ses repères, et le jugement moral devient vulnérable au sentiment, à l’idéologie ou à la coercition politique.

    La thèse de Sarah repose sur trois principes philosophiques profondément enracinés dans la tradition intellectuelle catholique.

    Premièrement, le langage doit correspondre à la réalité. Pour Sarah, le langage n’est pas un outil neutre, mais un instrument de vérité. Les mots sont censés révéler la réalité, et non la dissimuler. Dès lors que le discours médical recourt à des euphémismes ou à une terminologie ambiguë, il devient difficile d’identifier la nature morale des actes médicaux. Lorsque des termes tels que « soins de santé », « choix » ou « aide médicale à mourir » dissimulent la réalité sous-jacente d’une mise à mort directe ou d’un meurtre, la perte de clarté linguistique engendre une perte de clarté morale.

    Deuxièmement, la raison est le fondement du jugement éthique. La critique de Sarah présuppose une conception classique et chrétienne de la raison, en tant que faculté capable de discerner la vérité. À son tour, le jugement éthique dépend directement de la capacité de la raison à appréhender la nature de la personne humaine et les biens propres à son épanouissement. Plutôt que de constituer une réflexion rationnelle sur les biens humains, de nombreux débats bioéthiques d’aujourd’hui se transforment en simples affrontements de sentiments ou de pouvoir politique.

    Troisièmement, la dignité humaine est objective et intrinsèque. Sarah insiste sur le fait que la dignité humaine ne dépend ni de l’« autonomie », ni de l’utilité, ni d’un consensus politique. Elle découle de la nature de la personne humaine en tant qu’imago Dei, être créé à l’image de Dieu.

    Les conséquences du mépris de ces principes sont particulièrement graves en bioéthique, où, comme le soutient Sarah, les enjeux concernent la vie humaine, l’incarnation et la dignité.

    C’est pourquoi la lectio de Sarah évalue de manière cohérente quatre grandes questions bioéthiques : l’avortement, la fécondation in vitro, l’idéologie transgenre et le suicide assisté par un médecin. Dans chaque cas, il démontre comment la distorsion linguistique sert de condition préalable à la confusion morale et à l’erreur politique.

    Qualifier l’avortement de « santé », par exemple, est une manipulation linguistique qui masque l’élimination d’une vie. Sarah cite des documents politiques américains, européens et internationaux dans lesquels l’expression « santé sexuelle et reproductive » est couramment utilisée pour inclure l’avortement. Elle soutient que ce « renversement flagrant du logos » présente l’interruption délibérée d’une vie humaine comme une forme de soins de santé, subordonne la dignité humaine au choix de la mère et traite l’enfant à naître comme un objet dont l’existence dépend d’une approbation extérieure.

    Sarah insiste sur le fait que la déformation linguistique des notions de « santé », de « choix » et de « droits » normalise l’avortement en l’intégrant dans le langage de la médecine et de la Constitution.

    Mais si l’avortement est décrit comme un « soin de santé », l’enfant à naître devient une pathologie, la réalité morale du meurtre direct est occultée, et la raison est subordonnée à l’opportunisme politique. Dans ce cadre conceptuel, prévient Sarah, il devient difficile – voire impossible – de reconnaître la gravité de l’acte d’avortement.

    Sarah soutient également que l’expression « droits reproductifs » justifie la fécondation in vitro, la cryoconservation d’embryons, la réduction sélective et l’élimination d’embryons. Alors que le terme « droits » est utilisé pour présenter le bébé et sa production en laboratoire comme des droits acquis, il occulte subrepticement les implications morales liées à la création et à la destruction d’êtres humains à leur stade embryonnaire.

    Et lorsque la FIV est présentée comme un « droit », l’enfant devient un produit de la technique plutôt que le fruit d’un acte d’amour conjugal unificateur. La genèse d’un nouvel être humain est déplacée de l’amour interpersonnel unificateur des parents vers l’expertise technique des embryologistes et des endocrinologues.

    Avec de tels artifices verbaux, la raison est supplantée par le positivisme technologique, tandis que la logique de la reproduction en laboratoire remplace la logique du don.

    L’idéologie transgenre, selon l’analyse de Sarah, dissocie l’« identité » du corps. Par des manœuvres linguistiques trompeuses – ce que le cardinal considère comme fondamental dans l’idéologie transgenre –, des termes tels que « identité de genre », « attribué à la naissance » et « prise en charge affirmante » dissocient l’identité de genre du sexe biologique et occultent complètement la réalité de l’incarnation.

    Comme le souligne Sarah, une fois l’identité dissociée du corps, la raison perd sa capacité à discerner le sens de l’incarnation. Le corps n’est plus révélateur ; il devient arbitraire. Plutôt qu’un don qui révèle l’identité personnelle, le corps est traité comme une toile au service de l’expression de soi.

    Et, issue de ce genre d’artifice verbal, la réflexion éthique sur l’idéologie transgenre en général, et sur la « transition vers le sexe opposé » en particulier, repose entièrement sur des sentiments ou des pensées subjectifs plutôt que sur une réflexion rationnelle sur la nature humaine.

    Sarah démontre comment des subterfuges verbaux – des termes tels que « aide médicale à mourir », « mort dans la dignité » et « choix compassionnel » – masquent la réalité du fait de tuer intentionnellement un patient. Ce glissement linguistique présente le meurtre d’un être humain comme un acte de « soins ».

    Comme le souligne Sarah, si le fait de tuer directement peut être redéfini comme de la compassion, alors la compassion perd tout son sens. Si le suicide peut être redéfini comme un acte de santé, alors les soins de santé perdent tout leur sens.

    Dans toute cette « crise du logos », Sarah montre comment la raison est privée des outils conceptuels nécessaires pour distinguer la guérison du préjudice. La personne malade devient un fardeau à éliminer plutôt qu’un prochain dont il faut prendre soin. La dignité humaine devient subordonnée à la fonctionnalité, et toute la vocation médicale est déformée à mesure que le rôle du médecin passe de celui de guérisseur à celui de bourreau.

    La thèse de Sarah lie l’avenir de la bioéthique à celui du langage. Lorsque nous perdons la capacité de parler en toute sincérité de la personne humaine, nous perdons la capacité de défendre la personne humaine et la vie humaine, la bios.

    La crise du logos, ou de la raison, est, selon Sarah, la crise de toute notre civilisation.

    Seul le retour à la raison permettra de restaurer la dignité humaine. Et seul le rétablissement de la dignité humaine permettra de redonner espoir en notre avenir et en celui de la bioéthique.

  • Quand le Massachusetts permet désormais l'avortement jusqu’au terme de la grossesse

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    19 août 2026

    Une nouvelle étape a été franchie en matière d'avortement dans un État américain. Au Massachusetts, l'intervention peut désormais être pratiquée jusqu'au terme de la grossesse, sur simple accord du médecin. Une réforme qui place cet État parmi les législations les plus permissives du pays en la matière.

    Le 10 août 2026, la gouverneure démocrate du Massachusetts, Maura Healey, promulguait la loi «Prioritizing Patient Access to Care Act», qui bouleverse le cadre juridique de l’avortement dans cet État américain. Jusqu'alors, l’intervention était librement permise pendant les 24 premières semaines de grossesse, soit déjà 10 semaines de plus qu’en France. Au-delà, elle n'était autorisée que dans quatre situations particulières: danger pour la vie de la mère, danger pour sa santé physique ou mentale, malformation fœtale entraînant la mort, ou diagnostic incompatible avec une vie extra-utérine.

    Ce cadre, déjà permissif, vient d'être purement et simplement supprimé. Il est désormais remplacé par une clause unique et vague: l'avortement «peut être pratiqué par un médecin sur la base de son jugement professionnel». Rien n'interdit plus, désormais, de mettre fin à une grossesse jusqu’à son terme. Cette loi supprime non seulement toute limite de temps mais aussi tout critère médical objectif. Il ne reste que l'appréciation du praticien — une appréciation libre, sans aucune balise légale pour l'encadrer.

    L’abolition des garde-fous

    Avec ce texte, le Massachusetts rejoint neuf autres États américains — Alaska, Colorado, Maryland, Michigan, Minnesota, New Jersey, Nouveau-Mexique, Oregon et Vermont — qui ont déjà supprimé toute limite de délai à l'avortement. La gouverneure Healey a présenté cette réforme comme une garantie que «les décisions de santé reproductive doivent être prises par la patiente et son médecin», sans «incertitude juridique». Mais derrière ce discours procédural se cache une réalité sanglante: un enfant à naître parfaitement viable peut désormais être avorté jusqu'au terme, sur le seul fondement d'un jugement médical discrétionnaire. Et lorsqu’un enfant viable est avorté, il arrive qu’il survive à son avortement et qu’il soit tué après sa naissance, comme l’ECLJ l’avait montré dans ce reportage :

    Selon les statistiques du département de la Santé publique du Massachusetts, 99 avortements ont été pratiqués après 24 semaines de grossesse en 2024, contre 84 en 2023: une hausse que la nouvelle loi va certainement prolonger.

    Les associations pro-vie locales, telles que Massachusetts Citizens for Life, ont dénoncé une loi qui «normalise la mort d'enfants pleinement formés» et «pousse des femmes vulnérables à laisser mourir leur enfant à naître par des actes d'une extrême violence». Les quatre évêques catholiques du Massachusetts avaient appelé les élus à rejeter le texte, qualifiant la suppression des restrictions après 24 semaines de mesure «radicale» et «gravement immorale».

    Une « loi de compassion » en contradiction avec la dignité humaine

    Maura Healey présente ce texte comme une réponse nécessaire à des situations très difficiles. Elle cite le cas de femmes contraintes de parcourir des centaines de kilomètres et de dépenser des milliers de dollars pour avorter dans un autre État; des témoignages, dit-elle, «marqués par beaucoup de douleur, d'angoisse et de déchirement». Elle revendique le droit pour ces femmes de «recevoir les soins dont elles ont besoin dans le Massachusetts».

    L’argument de la compassion est indécent quand on sait qu’au troisième trimestre, l'enfant à naître possède un système nerveux pleinement développé, ressent la douleur, et serait, en dehors de toute intervention, capable de survivre en dehors du ventre de sa mère. Les progrès de la médecine néonatale permettent aujourd’hui de sauver des grands prématurés à des stades de plus en plus précoces. Chaque année, au Massachusetts, des milliers de bébés naissent prématurément, et la grande majorité d’entre eux survivent.

    Cette nouvelle loi montre les limites de la décision de la Cour suprême des États-Unis qui a annulé Roe c. Wade en juin 2022 (arrêt Dobbs). La Cour suprême a constaté que la Constitution américaine ne contenait pas de droit à l’avortement et a redonné une liberté totale à chaque État d'autoriser ou d'interdire l'avortement. Certains États ont donc restreint l’accès à l’avortement mais d’autres, comme le Massachusetts, ont autorisé l’avortement jusqu’au terme de la grossesse. Le combat pour la protection du droit à la vie est donc loin d’être terminé.

  • La gestation pour autrui (GPA) peut-elle être pratiquée de manière éthique ? (IEB)

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    Bandeau ieb été 2025

    Nouveauté pour l'été : 

    l'IEB inaugure ses premières capsules vidéos ! 

    Pour creuser avec vous une question d'actualité bioéthique, nous lançons des capsules vidéos, accessibles à tous et faciles à partager. 

    Tout au long de l'été, retrouvez également ces vidéos sur nos réseaux sociaux. 

    Pour chaque sujet, nous vous proposons des articles et chroniques en lien.

    La gestation pour autrui (GPA) peut-elle être pratiquée de manière éthique ? 

    reflexion

    Pour approfondir le sujet :

    Articles de décryptage :

    Podcasts

    DOSSIERS

  • "Jamais un médecin ne devrait se permettre de décider de la vie de tel embryon ou de telle personne âgée !" (Léon XIV)

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    DISCOURS DU PAPE LÉON XIV 
    AUX MEMBRES DE LA FONDATION JÉRÔME LEJEUNE

    Salle du Consistoire
    Lundi 22 juin 2026

     

    Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit,
    La paix soit avec vous !

    Chers membres de la Fondation,
    chers parents du Vénérable Professeur Jérôme Lejeune,
    chers amis,

    c’est une joie de marquer le centenaire de la naissance de Jérôme Lejeune avec vous, membres de la Fondation qui porte son nom et qui poursuit son œuvre.

    Touché par la détresse des enfants porteurs d’handicap, le Professeur Lejeune leur a consacré sa vie de chercheur scientifique. Sa plus fameuse découverte, celle de l’anomalie chromosomique responsable de la trisomie 21, fit de lui le précurseur de la génétique moderne, reconnu dans le monde entier ; la longue liste de ses titres honorifiques en témoigne. Mais il fut aussi un médecin par vocation et n’eut de cesse de travailler pour trouver un traitement, afin de soulager la détresse de ses patients qu’il appelait « les pauvres parmi les pauvres ». Il défendit ardemment la vie et la dignité des plus fragiles, fût-ce au prix de sa carrière : « La médecine – aimait-il affirmer – c’est la haine de la maladie et l’amour du malade ».

    Conscient de l’excellence académique du Professeur Lejeune et de son inlassable dévouement pour l’Église, le Pape saint Paul VI le nomma membre de l’Académie Pontificale des Sciences. Par la suite, comme vous le savez, sa profonde amitié nouée avec saint Jean-Paul II et leur vision commune en faveur de la défense de la vie ont été à l’origine de la création de l’Académie Pontificale pour la Vie, que le Professeur Lejeune voyait comme institution nécessaire face à la multiplication des menaces contre la vie.

    Homme de science et de sagesse, Jérôme Lejeune a rapidement compris que sa découverte scientifique serait utilisée pour éradiquer les personnes porteuses de trisomie 21 avant leur naissance. Il n’hésita pas alors à se faire leur avocat, dénonçant la transgression du serment d’Hippocrate et ce nouvel eugénisme, qu’il qualifiait de « racisme chromosomique ». Ses prises de parole prophétiques le conduisirent à défendre la vie de toute personne humaine en référence à l’inviolable dignité qui a son origine dans l’acte créateur de Dieu. Il interpela à cet égard et conseilla des institutions et des souverains du monde entier. Ce combat lui valut d’être malmené dans certains milieux scientifiques.

    Le Professeur Lejeune était conscient que si la technique peut aider la médecine, elle ne saurait en revanche la remplacer. De plus, il savait que la technique peut être utilisée contre la médecine – qui est par nature au service de la vie –, ainsi que cela se vérifie lorsque la technique échappe à tout contrôle éthique indispensable et que prévalent des calculs d’efficacité, de rentabilité ou d’utilité. Or, la valeur de la personne ne dépend pas de ce qu’elle réalise ou produit. C’est pourquoi, jamais un médecin ne devrait se permettre, sur la base d’algorithmes de laboratoire, de décider de la vie de tel embryon ou de telle personne âgée ! Jamais la médecine ne pourra se faire la servante de la mort programmée !

    Chers amis, aujourd’hui, la Fondation Lejeune, dont vous êtes des membres actifs, poursuit l’œuvre initiée par le Professeur Lejeune dans les trois dimensions de la recherche, du soin et de la défense inconditionnelle de la personne humaine. Je me réjouis de la place que vous occupez au plan mondial dans la recherche sur les déficiences intellectuelles d’origine génétique. Vous avez aussi créé et soutenez l’Institut Jérôme Lejeune, lequel reçoit en consultation des milliers de patients souffrant de différents handicaps mentaux.

    Je tiens à vous exprimer mes encouragements dans votre engagement en faveur de la vie et de la dignité humaine, et notamment auprès des pouvoirs publics. Je sais que vous intervenez régulièrement dans les débats de société afin de protéger chaque personne dans toutes les circonstances de son existence. Mais je vous sais également attentifs à développer la culture de vie à travers la Chaire internationale de bioéthique, qui délivre une formation académique aux différents acteurs en ce domaine : soignants, juristes et philosophes. Soyez remerciés de cette formation que vous dispensez auprès d’hommes et de femmes, qui demain pourront ainsi contribuer à garantir une éthique médicale au service de la dignité humaine et de la vie.

    À vous, chers amis porteurs de trisomie 21 et à vos parents, à vous les enfants du Vénérable Professeur Lejeune présents ce matin, à vous tous, membres des Fondations Jérôme Lejeune d’Espagne, d’Argentine et des États-Unis, et enfin à vous, membres venus du Portugal, d’Italie, de Tunisie, de Côte d’Ivoire et de Corée, je souhaite vous exprimer ma satisfaction devant l’œuvre que, en tant que laïcs, vous poursuivez dans la charité de la vérité, sur les pas du Vénérable Jérôme Lejeune. Soyez comme lui des témoins engagés dans la société, au service de la recherche constante du bien commun.  Il s’agit là du premier grand principe de l’enseignement social de l’Eglise, et de la « forme sociale » de la dignité reconnue à chacun (Magnifica humanitas, n. 59). Le bien commun n’exclut aucun de ceux qui ont été créés à l’image et à la ressemblance de Dieu.

    Le message et l’œuvre du Vénérable Jérôme Lejeune reposent sur l’universalité de la raison et du cœur conjugués. Puisse-t-il inspirer le courage de la vérité aux nombreux jeunes et professionnels désireux de cohérence ; puisse-t-il les aider à unir sans raideur, la raison et la foi, la parole et les actes, l’absence de jugement sur les personnes et le rejet du mensonge.

    Je vous confie à l’intercession de Notre-Dame, en lui demandant de guider vos pas, de soutenir vos efforts et de répandre sa tendresse sur toutes les personnes fragiles. À vous tous ici présents, j’impartis de grand cœur ma Bénédiction apostolique, que j’étends à tous les membres de la Fondation, à leurs familles et aux « chers protégés » de Jérôme Lejeune. Merci.

  • Trois bonnes nouvelles (ECLJ)

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    Un courriel de l'ECLJ (European Centre for Law & Justice) :

    ECLJ

    Madame, Monsieur,

    Nous avons trois bonnes nouvelles à vous communiquer!

    La première nous vient de Luxembourg: la Cour de justice a pris une décision salutaire dans la lutte contre la pornographie en ligne.

    Depuis un an, la France oblige les sites pour adultes à vérifier correctement l'âge de leurs visiteurs. Or, tous les pays membres de l'Union européenne n'ont pas encore mis en place de telles obligations pour protéger les mineurs de la pornographie en ligne.

    Ainsi, certains sites internet s'implantent dans les pays ayant la législation nationale la plus laxiste et invoquent ensuite la liberté de circulation des services dans l'Union européenne pour ne pas respecter la loi française.

    La Cour de justice de l'Union européenne vient de trancher: la France a le droit d'imposer ses propres règles plus protectrices des personnes qui accèdent à ces sites depuis la France. 

    C'est une bonne nouvelle pour nos enfants et pour la protection de la souveraineté des États. 

    Les résultats de notre loi commencent déjà à apparaître: «On constate une baisse moyenne de 24% de l’audience des mineurs» affirme la directrice générale adjointe de l’Arcom, Pauline Combredet-Blassel, dans Libération.

    Pour aller plus loin: le communiqué et l'explication de l'arrêt de la CJUE

    La deuxième bonne nouvelle nous vient de Genève.

    Le Rapporteur spécial sur la violence faite aux femmes a publié un nouveau rapport sur «la violence à l'égard des mères» dénonçant l'avortement pour cause économique et l'avortement sous contrainte.

    L'ECLJ est fier d'avoir contribué à l'élaboration de ce rapport, d'être cité nommément dans ce dernier, mais surtout heureux de voir émerger la notion d'avortement contraint.

    Des milliers de femmes n'avortent pas "librement" sans être pour autant physiquement "forcées" de le faire. Ce sont les circonstances familiales et économiques qui poussent ces femmes à ne voir qu'une solution à la grossesse, celle que leur propose systématiquement et uniquement le Planning familial: l'avortement. Elles avortent par dépit, suite à des pressions, des incitations, en étant poussées par des proches ou leur conjoint, sans qu'on leur présente aucune alternative.

    Le Rapporteur recommande aux États de: 

    • Veiller à ce que les femmes qui envisagent un avortement reçoivent des informations précises et complètes sur les alternatives disponibles, y compris l'accès à des services d'accompagnement" 
    • d'ériger en infraction pénale l'avortement sous contrainte ou forcé, y compris l'avortement sélectif fondé sur le sexe ou le handicap.

    À notre connaissance, c'est la première fois que l'avortement sous contrainte est dénoncé en droit international et c'est véritablement grâce à notre action institutionnelle depuis des années aux Nations unies.

    Pour aller plus loin: lire le rapport complet

    ­Je soutiens l'action de l'ECLJ­

    La troisième bonne nouvelle vient de Bruxelles:

    Charlène, une jeune femme qui a avorté sous la contrainte va être officiellement auditionnée mardi prochain par une commission du Parlement européen.

    Charlène avait témoigné de ce qu'elle avait vécu auprès de députés européens, pendant l’examen de l’initiative "Ma Voix Mon Choix". Elle a ensuite voulu poursuivre son action et a déposé une pétition officielle auprès de l'Union européenne, toujours avec notre soutien.

    Sa pétition a été examinée et retenue: elle va donc pouvoir témoigner de son expérience et dire aux députés européens que, face au fléau du nombre d'avortements et de ses conséquences psychologiques et sociales, ils doivent proposer autre chose aux femmes que l'avortement.

    L'ECLJ est heureux d'avoir invité de nombreuses femmes à témoigner de leur expérience traumatique de l'IVG. Nous l'avons fait pour dés-idéologiser le débat sur l'avortement en laissant parler les femmes de ce qu'elles ont réellement vécu.

    conference YT

    Grâce au courage de Charlène et de toutes les autres femmes, nous avons pu organiser des rencontres, des conférences comme celle ci-dessus, initier des pétitions et pousser effectivement les hommes politiques à l'action.

    Pour aller plus loin: la protection de la maternité dans l'Union européenne

  • Allemagne : le nombre total d'enfants avortés depuis 1976 équivaut à la population de la Bavière

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    De Manfred Spieker sur le Tagespost :

    La réforme de la loi sur l'avortement, entrée en vigueur il y a 50 ans, le 22 juin 1976, a légalisé l'interruption de grossesse en Allemagne. Avant même cette réforme, la Conférence des évêques avait averti : « Cette réglementation ébranle les fondements de notre État de droit, elle détruit la conscience morale et rend la société non pas plus humaine, mais plus inhumaine », et elle avait exprimé l'attente que les hôpitaux et les médecins catholiques s'abstiennent de toute pratique d'avortement.

    La réforme a également instauré l'obligation pour les médecins et les hôpitaux de déclarer leurs avortements à l'Office fédéral de la statistique. Ces statistiques sont compilées depuis 1977. La RDA, qui avait légalisé l'avortement en 1972, tenait également des statistiques sur ce sujet. Les statistiques ouest-allemandes ont recensé 54 309 avortements en 1977 et 75 548 en 1978. Ces chiffres ont incité Hans Maier, alors président du Comité central des catholiques allemands (ZdK), décédé le 8 juin, à appeler les catholiques, lors du Congrès catholique de 1978 à Fribourg, à exprimer leur indignation face à l'avortement : « Nous devons réapprendre à nous indigner face à de telles choses. Un peuple qui ne peut plus exprimer son indignation est perdu. »

    Le nombre total d'enfants tués depuis 1976 équivaut à la population de la Bavière.

    À cette époque, les évêques et le Comité central étaient encore en conflit. Ces dernières années, le nombre annuel d'avortements a fluctué autour de 100 000. En résumé, les statistiques pour l'Allemagne font état de 6 794 045 avortements au 31 décembre 2025 et d'environ 6,82 millions à la fin mars 2026. Un nombre important de cas non déclarés est également probable.

    L'Office fédéral de la statistique expliquait régulièrement que ses chiffres ne reflétaient pas la réalité jusqu'à la réforme des articles 218 et suivants du Code pénal allemand en 1995. Nombre de médecins ne respectaient pas l'obligation de déclaration. Les statistiques de facturation de l'Association nationale des médecins conventionnés affichaient à elles seules des chiffres systématiquement surestimés pour les avortements. Les avortements facturés à titre privé, avec des codes incorrects ou pratiqués à l'étranger doivent également être comptabilisés. Alors que les chiffres officiels des avortements correspondent déjà à la population de la Hesse et de Brême, le nombre total d'enfants tués depuis 1976 équivaut à la population de la Bavière.


    L'auteur est professeur émérite de sciences sociales chrétiennes.

  • Il y a cent ans : la naissance de Jérôme Lejeune

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    De Paul Gulisano sur la NBQ :

    Le centenaire
    Jérôme Lejeune, médecine et foi

    Le 13 juin, il y a cent ans naissait celui que l'on appelle aujourd'hui le vénérable Jérôme Lejeune. Figure majeure du XXe siècle, il découvrit la cause du syndrome de Down. Fervent défenseur de la vie et des enfants handicapés, il fut ostracisé par ses pairs et les médias laïques.

    12/06/2026

    Le 13 juin 1926, il y a cent ans naissait à Montrouge, en France, Jérôme Lejeune, l'un des plus grands scientifiques du XXe siècle. Tout au long de sa vie, il a manifesté un amour de la médecine, entendue comme art de guérir, et une passion pour la Vérité qu'est le Christ. En génétique, il fut une autorité mondiale. La génétique est une branche de la médecine née dans un contexte chrétien : son pionnier fut le Père Gregor Mendel (1822-1884), un augustin, qui, au XIXe siècle, fit les découvertes fondamentales qui ont posé les fondements de cette discipline. Lejeune se consacra à la génétique avec l'objectif précis de trouver des solutions aux maladies considérées comme incurables.

    Son premier grand succès professionnel fut la découverte de l'origine du syndrome de Down. Il identifia la trisomie 21 comme la cause de cette affection. La découverte de Lejeune fut cruciale pour lever la stigmatisation sociale qui entourait ceux que l'on qualifiait péjorativement de « mongoloïdes ». Longtemps, la médecine officielle considérait que la naissance d'enfants présentant ces caractéristiques était due à des « malformations », voire à des maladies comme la syphilis ou l'alcoolisme parental. Lejeune démontra cependant que les caractéristiques des personnes atteintes du syndrome de Down, également qualifiées de « déficientes mentales », étaient attribuables à des anomalies chromosomiques ; ses découvertes scientifiques ouvrirent des perspectives prometteuses et préfigurèrent la cytogénétique clinique moderne. L'objectif de Lejeune était de pouvoir corriger les anomalies génétiques dès la période prénatale. Toutefois, le scientifique français réalisa rapidement que la possibilité d'identifier les porteuses du syndrome de Down pendant la grossesse était perçue comme une menace pour la survie de ces enfants, pouvant aller jusqu'à l'avortement. L'application eugénique de ces recherches était donc incompatible avec son approche.

    Lejeune était, en effet, un défenseur de la vie , ce qui lui valut l'hostilité du milieu scientifique laïque. Nombre de ses collègues, intellectuels, médias et universitaires lui manifestèrent une hostilité manifeste, entravant constamment ses recherches. Le financement et le soutien à ses activités diminuèrent, et il fut privé de la reconnaissance qu'il méritait, notamment du prix Nobel de médecine.

    Le professeur Lejeune a toujours mis sa profonde connaissance de la vie et de ses secrets au service du véritable bien de l'homme et de l'humanité, et uniquement pour cela. Comme mentionné précédemment, il fut l'un des plus courageux défenseurs de la vie, en particulier de la vie prénatale, de plus en plus menacée dans notre civilisation contemporaine – une menace planifiée qui s'étend aujourd'hui aux personnes âgées et aux malades. Fidèle à son refus de l'avortement, il s'opposait également à la fécondation extracorporelle et à toutes les formes de sélection et de maternité naturelle forcée – des convictions morales, argumentées scientifiquement avec courage et sans crainte dans tous les contextes. Lejeune fut un grand chrétien du XXe siècle. Un homme pour qui la défense de la vie devint un apostolat, qui assuma pleinement la responsabilité spécifique du scientifique, prêt à devenir un « signe de contradiction » quelles que soient les pressions d'une société de plus en plus permissive et hostile à la culture de la vie, ni l'ostracisme dont il fut victime.

    Afin de mieux défendre et promouvoir la dignité de la vie humaine, Lejeune a contribué à la création de l'Académie pontificale pour la vie, mandatée par saint Jean-Paul II. Il a également été membre de l'Académie pontificale des sciences pendant de nombreuses années, apportant une contribution importante à la vision de la science de l'Église, bien loin de la conformité systématique aux institutions sécularisées et mondaines dont nous sommes malheureusement témoins aujourd'hui.

    Les institutions humaines, les parlements élus, usurpent le droit à la vie , déterminant qui a droit à la vie et qui peut au contraire en être privé sans qu'il y ait faute de sa part.

    Lejeune était un homme extraordinaire qui a consacré son immense talent au service des enfants handicapés. Avant même de s'intéresser aux maladies, il soignait les malades, animé d'une profonde passion pour la beauté de chaque vie humaine. Le professeur Lejeune a marqué l'histoire de la médecine en défendant les plus vulnérables. Fidèle à sa conscience de médecin, au serment d'Hippocrate, et à sa foi chrétienne, il a brillamment démontré comment science et foi peuvent s'épanouir ensemble. Son histoire est celle d'un homme profondément libre, un scientifique brillant, plein d'humour, un époux et père de cinq enfants, proche des plus grands (il jouissait de l'estime du président Kennedy) et un défenseur des plus petits. « La médecine a toujours lutté pour la santé et la vie, contre la maladie et la mort : elle ne peut changer de camp », disait Lejeune. Il a démontré par sa vie que ce n'est pas à la science de définir le bien et le mal, mais à la morale naturelle. Et si la science ne se soumet pas à la morale, elle sombre dans la folie.

    En 2007, le diocèse de Paris a ouvert le procès de béatification et de canonisation de saint Lejeune , dont la phase diocésaine s'est achevée en 2012. En 2021, la Congrégation pour les causes des saints a décrété ses vertus héroïques . Cent ans après sa naissance, il est à espérer qu'il sera bientôt proclamé bienheureux.

  • Projet de libéralisation de l’avortement : douze, quatorze ou dix-huit semaines, une question scientifique ou un choix éthique ?

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    Du site de l'Institut Européen de Bioéthique :

    Belgique – Projet de libéralisation de l’avortement : 12, 14 ou 18 semaines, une question scientifique ou un choix éthique ?

    La ministre belge de la Justice, Annelies Verlinden (CD&V), a annoncé début juin le dépôt prochain d’un projet de loi modifiant substantiellement la législation actuelle sur l’avortement. Le texte prévoit notamment d’étendre le délai légal de l’interruption volontaire de grossesse (IVG) de 12 à 14 semaines de grossesse, de réduire le délai de réflexion obligatoire de six à deux jours et d’autoriser l’avortement jusqu’à 18 semaines lorsque la grossesse résulte d’un viol. Présentée comme un compromis au sein de la coalition gouvernementale, cette réforme a immédiatement ravivé les lignes de fracture entre les partis politiques. 

    Depuis plusieurs années, certains partis et organisations favorables à une libéralisation accrue de l’avortement en Belgique réclament un allongement du délai légal à 18 semaines après la conception (soit 20 semaines d’aménorrhée, ou 4 mois et demi de grossesse). Ceux-ci s’appuient notamment sur le rapport du comité d’experts interuniversitaire (mandaté par le gouvernement précédent) remis au Parlement en 2023, qui recommandait une telle extension à 18 semaines afin de limiter le nombre de femmes contraintes de se rendre à l’étranger lorsqu’elles dépassent le délai actuellement autorisé en Belgique. 

    Le projet porté par la ministre Verlinden, tout en assouplissant les conditions de pratique de l’avortement, s’écarte cependant de cette recommandation. En fixant la limite générale à 14 semaines, la ministre semble considérer qu’à partir d’un certain stade du développement prénatal, l’intérêt de l’enfant à naître mérite une protection accrue. Cette idée n’est d’ailleurs pas étrangère à la législation belge actuelle, qui repose déjà implicitement, à certains égards, sur une protection graduelle de la vie humaine avant la naissance. 

    Sensibilité du fœtus et protection de l’enfant à naître 

    Cette référence au développement du fœtus a été vivement contestée par plusieurs responsables politiques et experts favorables à une extension du délai légal de l’IVG. Le débat s’est notamment cristallisé autour de la question sensible de la douleur fœtale. Dans la presse flamande, certains sont allés jusqu’à comparer la position du président du CD&V Sammy Mahdi à une forme de négationnisme scientifique, l’accusant de s’appuyer sur des données erronées concernant le développement neurologique du fœtus. 

    Or, contrairement à ce qui est parfois affirmé de part et d’autre, la littérature scientifique ne permet pas de dégager un consensus absolu sur cette question. La majorité des études considèrent que les structures neurologiques nécessaires à une expérience consciente de la douleur ne sont probablement pas suffisamment développées à 18 semaines de grossesse. D’autres chercheurs soutiennent toutefois que certaines formes de perception ou de réponse à des stimuli nociceptifs pourraient exister plus précocement – ce qui explique que le fœtus est, à partir d’un certain stade, anesthésié avant l’avortement. La prudence scientifique invite donc à distinguer ce qui est solidement établi de ce qui demeure discuté. En tout état de cause, réduire la question de la protection du fœtus à la seule problématique de la douleur reviendrait à négliger d’autres dimensions biologiques et anthropologiques du développement humain. 

    Développement anatomique et méthodes d’avortement 

    En effet, à 14 semaines de grossesse, l’enfant à naître présente déjà un degré élevé d’organisation anatomique : ses membres sont formés, ses doigts individualisés, son visage est reconnaissable et il réalise spontanément de nombreux mouvements. À 18 semaines, son développement se poursuit rapidement : la croissance du système nerveux s’intensifie, les mouvements deviennent plus coordonnés et la mère peut parfois commencer à les percevoir.  

    Même si ces observations ne permettent pas à elles seules de déterminer ce que doit être la loi, elles montrent que le débat ne porte pas sur une simple réalité biologique indifférenciée. Le degré de développement du fœtus influence par ailleurs la méthode d’avortement : au-delà de 14 semaines, celle-ci évolue vers une dilatation-évacuation (D&E), nécessitant potentiellement le morcellement du fœtus. 

    Science, éthique et démocratie 

    Cette discussion rejoint une autre question soulevée par les critiques adressées au gouvernement : le rapport du comité d’experts constitue-t-il réellement l’expression d’un consensus scientifique que le législateur serait tenu de suivre ? Une telle présentation paraît excessive. La science peut certes éclairer le débat en décrivant le développement prénatal, les risques médicaux ou les conséquences sociales des différentes options législatives. Elle ne peut cependant pas répondre à elle seule à la question normative fondamentale : à partir de quel stade une société estime-t-elle qu’un être humain avant la naissance mérite une protection juridique particulière ? Si la science peut nourrir la discussion à cet égard – notamment sur la réalité du développement du fœtus –, en démocratie, cette question relève avant tout – et ultimement – de choix éthiques, philosophiques et politiques. 

    Au-delà des compromis gouvernementaux et des affrontements partisans, la réforme annoncée rappelle ainsi que le débat sur l’avortement ne saurait être réduit à une opposition entre « science » et « idéologie ». Les désaccords portent en réalité sur des questions anthropologiques fondamentales : quelle valeur accorder à la vie humaine avant la naissance ? Quels critères justifient sa protection ? Et comment articuler cette protection avec l’accompagnement des femmes et des couples confrontés à une grossesse non planifiée, en particulier dans un contexte de précarité ? Autant de questions qui exigent un véritable débat démocratique, à la fois fondé sur la science et sur une orientation éthique assumée. 

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    Pour aller plus loin : 

    Le fœtus pourrait ressentir la douleur dès la 13ème semaine de grossesse 

    DOSSIER - Etendre l'avortement au-delà de 3 mois de grossesse : enjeux médicaux, psychologiques et éthiques 

    Avortement en Belgique : beaucoup de questions demeurent après l’audition du comité interuniversitaire chargé de son évaluation 

    Photo : Julien Nizet 

  • L'Europe prise au piège démographique

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    De Stephan Baier sur le Tagespost :

    L'Europe prise au piège démographique

    Le pape Léon XIV a lancé un appel aux hommes politiques pour un « nouveau printemps pour la famille », mais cela nécessiterait une conversion radicale.

    26 mai 2026

    Depuis un demi-siècle, la quasi-totalité des sociétés européennes se précipitent à une vitesse croissante vers une impasse démographique. Les experts tirent la sonnette d'alarme depuis des décennies, mais les responsables politiques persistent dans leur attitude. La pyramide des âges est inversée, et tandis que la pénurie d'enfants et de jeunes devient le principal défi sociétal, la politique et la société entravent de plus en plus la formation de véritables familles, tant sur le plan financier que sur celui du climat social.

    Le pape Léon XIV a abordé un sujet sensible dans un discours adressé aux responsables politiques européens. Il critique les « affirmations contradictoires de politiques prétendument favorables à la famille qui, simultanément, favorisent la discrimination envers les mères, glorifient l'avortement comme un droit et sapent le désir même de fonder une famille ». Emmanuel Macron en est un exemple frappant : le président français, sans enfant, a récemment plaidé pour un « réarmement démographique », mais milite depuis des années pour un « droit à l'avortement » à l'échelle européenne. Afin de lutter contre la faible natalité en France, il recommande aux femmes âgées de 29 à 37 ans de faire congeler leurs ovocytes gratuitement (donc aux frais du contribuable).

    Une nouvelle prise de conscience est nécessaire.

    Tant que les sociétés européennes ne redécouvriront pas l'essence de la famille et la valeur de la vie, un bouleversement démographique restera inconcevable. Personne ne conçoit ni ne donne naissance à des enfants simplement pour fournir à l'État davantage de contribuables ou à l'économie plus de travailleurs, ni parce qu'un président instrumentalise la question du « réarmement démographique ». Par conséquent, tant que les fondements de la famille seront ébranlés et son essence érodée idéologiquement, tant que la vie, à son commencement comme à sa fin, sera menacée par l'érosion progressive de l'État de droit, les États et les sociétés continueront de s'enfoncer toujours plus profondément dans un piège. Et cela a des conséquences dramatiques pour la société dans son ensemble, sa prospérité et son État-providence .

    Comme Léon XIV l’a justement souligné dans son message du lundi de Pentecôte, il ne s’agit pas d’un retour aux modèles sociétaux du passé, mais de la viabilité future de l’Europe. Pour se préparer à l’avenir, les Européens doivent dépasser l’hypocrisie et l’égocentrisme qui caractérisent le présent et développer une nouvelle conscience du bien commun des générations futures. Dans la lignée de ses prédécesseurs, le Pape a rappelé aux responsables politiques que seul un renouveau familial peut dissiper le froid hivernal du vieillissement de notre population.

  • La 6e Marche pour la vie de Munich envoie un message fort en faveur du droit à la vie.

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    De kath.net/news :

    La 6e Marche pour la vie de Munich envoie un message fort en faveur du droit à la vie.

    20 avril 2026

    7000 participants ont manifesté dans les rues de Munich pour la protection de la vie de la conception à sa fin naturelle. À la fin de la manifestation, l'évêque auxiliaire Dr. Josef Graf de Ratisbonne a donné sa bénédiction épiscopale aux participants.

    Munich (kath.net/Marche pour la Vie de Munich) Jamais auparavant la Marche pour la Vie de Munich n'avait rassemblé autant de participants que cette année : près de 7 000 personnes ont manifesté pacifiquement et avec force leur soutien à la protection et à la dignité de toute vie humaine lors de la 6e Marche munichoise, le samedi 18 avril 2026.

    L'association organisatrice, La Voix du Silence, voit dans cette forte mobilisation une réaction aux revendications de plus en plus pressantes des partisans de l'avortement et de l'euthanasie. Parmi ces revendications figurent notamment les efforts politiques visant à légaliser davantage l'avortement ou à rendre obligatoire sa pratique dans les cliniques. Face à cette situation, les organisateurs ont souligné l'actualité politique de leur cause : la protection de la vie prénatale en Allemagne est plus menacée que jamais. Il est donc d'autant plus important que les défenseurs du droit à la vie prennent position clairement en faveur de la dignité inconditionnelle de la vie humaine.

    Silja Fichtner, présidente de l'association « La Voix des Silencieux », a expliqué : « Nous sommes plus forts que les partisans de l'avortement. Nous défendons la protection inconditionnelle de la vie, de la conception à sa fin naturelle. Avant tout, nous sommes solidaires des femmes enceintes et des familles dans le besoin. »

    La cérémonie d'ouverture s'est déroulée dans une atmosphère positive et porteuse d'espoir, et a été marquée par des messages clairs et percutants. En préambule, les salutations de personnalités catholiques ont été lues. L'archevêque Nikola Eterović a remercié les participants, au nom du pape Léon XIV, d'avoir donné la parole aux sans-voix, et plus particulièrement aux personnes en fin de vie et à l'enfant à naître. Dans un message vidéo poignant, l'évêque Robert Barron, au nom des évêques américains, a encouragé les participants à maintenir leur engagement indéfectible en faveur de la protection de la vie. L'évêque orthodoxe Hiob Bandmann a également remercié personnellement les participants pour leur dévouement. Le cardinal Rainer Maria Woelki et l'évêque Stefan Oster ont également adressé leurs salutations, chaleureusement accueillies par les organisateurs et les participants. 

    Les orateurs principaux ont prononcé des discours percutants et passionnés : le publiciste catholique Mathias von Gersdorff et le chercheur nigérian en sciences biomédicales Obianuju Ekeocha ont plaidé avec ferveur pour une culture de vie et de solidarité afin de soutenir les femmes et les familles confrontées à des situations difficiles. Dans une allocution vibrante, Ekeocha a motivé les participants et expliqué comment les États occidentaux exercent des pressions sur les gouvernements africains pour libéraliser l’avortement, tandis que de nombreux pays africains s’y opposent délibérément.

    Lors de l'événement, les participants ont pu s'informer sur le travail de diverses organisations pro-vie grâce à de nombreux stands d'information. Ces organisations offrent un soutien concret aux personnes en difficulté, notamment aux femmes enceintes et à leurs familles.

    La marche à travers la capitale bavaroise a été perturbée à plusieurs reprises par des militants pro-avortement. Leurs cris, leurs slogans haineux et leurs tentatives de bloquer la marche par des sit-in contrastaient fortement avec l'atmosphère pacifique et joyeuse des participants à la Marche pour la Vie de Munich. La marche a dû être interrompue et temporairement divisée pendant environ 45 minutes sur la Schellingstrasse en raison d'un blocage par des contre-manifestants. Dans ce contexte, les participants ont critiqué la conception de la démocratie des contre-manifestants.

    À la fin de la marche, l'évêque auxiliaire de Ratisbonne, Mgr Josef Graf, a donné sa bénédiction épiscopale aux participants.

    La Marche pour la Vie de Munich a une fois de plus souligné son importance en tant que voix nationale du mouvement pro-vie en Allemagne.

    Perspectives :
    Le deuxième samedi après Pâques restera le samedi pro-vie à Munich : la 7e Marche pour la vie de Munich aura lieu le samedi 10 avril 2027, à partir de 13 h sur la Königsplatz à Munich.