De Stefano Magni sur le site de la Nuova Bussola Quotidiana :

Chine-Vatican, deux ans plus tard, les persécutions se multiplient
Deux ans après la signature des accords provisoires entre la Chine et le Saint-Siège, si nous ne pouvons pas encore en connaître le contenu nous pouvons évaluer leurs effets sur la vie des prêtres et des fidèles. L'agence Asia News a recueilli une série de témoignages, qui montrent que les persécutions se multiplient
"Par rapport à l'Eglise dans le sud, notre situation est assez calme. Ces dernières années, notre lieu est resté relativement stable ; les messes dominicales, les messes solennelles et toutes les activités de prière se sont déroulées assez régulièrement. Tout cela s'est terminé avec la signature de l'accord intérimaire entre la Chine et le Vatican, le 22 septembre 2018. Dans la perspective de Noël 2018, le personnel du gouvernement local est arrivé pour nous dire que notre lieu de rencontre serait interdit." C'est ce qu'a déclaré un fidèle laïc chinois, "Benoît" (pseudonyme) à l'agence missionnaire Asia News.
Deux ans après la signature des accords provisoires entre la Chine et le Saint-Siège, nous ne pouvons toujours pas connaître leur contenu, mais nous pouvons évaluer leurs effets sur la vie des prêtres et des fidèles. L'agence Asia News a recueilli une série de témoignages (anonymes, pour des raisons de sécurité) de catholiques et de prêtres chinois. L'image qui se dégage est clairement celle d'une dégradation des conditions de vie et de la liberté de culte.
Ce qui ressort surtout des témoignages, c'est le double effort pour ramener l'Église "clandestine" (fidèle au Vatican) dans l'Église "patriotique" (fidèle au Parti) et ensuite réduire cette dernière, tant en nombre qu'en importance. L'objectif est clairement de transformer l'Eglise en un organe de propagande du Parti. John, de Shanghai, raconte : "J'ai eu un petit choc quand j'ai commencé à voir le drapeau national devant le bâtiment de l'église. Il n'y a rien de mal à arborer le drapeau national. Mais pour affirmer le slogan "aimer le pays, aimer l'Église" ["Ai guo, ai jiao" est le slogan de l'Association patriotique, également approuvé par le Conseil des évêques chinois reconnu par le gouvernement], ne serait-il pas préférable d'arborer aussi et en même temps le drapeau de la foi, par exemple celui du Vatican ou celui de la paroisse ? Maria, qui vit dans une autre région de la Chine continentale, confirme : "Les murs extérieurs de la paroisse sont couverts de nombreux slogans concernant la culture chinoise et l'administration de l'Église ; le drapeau flotte sur le clocher, à côté de la croix, comme pour prendre la place de la lumière de la croix.







