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Spiritualité - Page 30

  • Quand Jean-Paul II rendait hommage à saint Grégoire le Grand (3 septembre)

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    gregoire_grand_1.jpgSaint Grégoire le Grand est fêté le 3 septembre. L'occasion de relire la Lettre adressée par Jean-Paul II à tous les évêques, les prêtres et les fidèles de l’Eglise, pour le quatorzième centenaire de l’élévation de saint Grégoire le Grand au pontificat :

    Au terme de l'Antiquité et à l'aurore du Moyen Age, saint Grégoire le Grand, à la fois issu du patriciat romain et du monachisme bénédictin, s'efforce, en réglementant le présent, de transmettre au futur les enseignements du passé et l’héritage de la tradition. Au début de son pontificat (février 590), les structures de l’empire romain, bouleversées par les invasions gothes, puis normandes, s’écroulent, tandis que renaît l’hérésie donatiste et que l’arianisme règne encore sur la plupart des barbares ; la discipline monastique s’est généralement relâchée et le clergé, souvent démoralisé, conduit des fidèles catastrophés par les invasions barbares : « Ballotté par les vagues des affaires, je sens la tempête gronder, au-dessus de ma tête. Avec le psaume je soupire : Dans l'abîme des eaux, je suis plongé et les flots me submergent. » Dirigeant la barque de saint Pierre menacée de naufrage, saint Grégoire le Grand, le consul de Dieu, va, d’une main ferme et assurée, redresser la barre pour transmettre à la postérité une culture ébranlée sous les coups des barbares mais toujours riche de ses précieux acquis où les leçons de l’Antiquité s’épanouissent à l’enseignement des Pères de l’Eglise, comme le montrent déjà les royaumes des Francs, convertis depuis près d’un siècle, les terres ibériques dont le roi wisigoth, Reccared, vient d’entrer dans le giron de l’Eglise catholique (587) ou les chefs de clan irlandais. Ainsi, prophète des temps nouveaux,  autant que gardien des temps anciens, Grégoire le Grand, sur les ruines de l'empire romain, va-t-il faire se lever l'aube médiévale. Pasteur et missionnaire, théologien et maître spirituel, mais aussi diplomate et administrateur, le soixante-troisième successeur de Pierre construit une œuvre grandiose, à la fois politique, ecclésiastique et mystique, ne revendiquant qu'un seul titre, transmis à ses successeurs : « serviteur des serviteurs de Dieu. »

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  • Grégoire : la grandeur d'un pape (3 septembre)

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    saint-gregoire-le-grand_detail_sacramentaire-marmoutier-pour-usage-autun_bibmunicip_ms19bis-folio005_anno845_IRHT_106971-p.jpgLors des audiences générales des mercredis 28 mai et 4 juin 2008, le pape Benoît XVI a consacré ses catéchèses au pape Grégoire le Grand : 

    Grégoire le Grand pacificateur de l'Europe (28 mai)

    Chers frères et sœurs,

    Mercredi dernier j'ai parlé d'un Père de l'Eglise peu connu en Occident, Romanos le Mélode, je voudrais aujourd'hui présenter la figure de l'un des plus grands Pères dans l'histoire de l'Eglise, un des quatre docteurs de l'Occident, le Pape saint Grégoire, qui fut évêque de Rome entre 590 et 604, et auquel la tradition attribua le titre de Magnus/Grand. Grégoire fut vraiment un grand Pape et un grand Docteur de l'Eglise! Il naquit à Rome vers 540, dans une riche famille patricienne de la gens Anicia, qui se distinguait non seulement par la noblesse de son sang, mais également par son attachement à la foi chrétienne et par les services rendus au Siège apostolique. Deux Papes étaient issus de cette famille:  Félix III (483-492), trisaïeul de Grégoire et Agapit (535-536). La maison dans laquelle Grégoire grandit s'élevait sur le Clivus Scauri, entourée par des édifices solennels qui témoignaient de la grandeur de la Rome antique et de la force spirituelle du christianisme. Des sentiments chrétiens élevés lui furent aussi inspirés par ses parents, Gordien et Silvia, tous deux vénérés comme des saints, et par deux tantes paternelles, Emiliana et Tarsilia, qui vécurent dans leur maison en tant que vierges consacrées sur un chemin partagé de prière et d'ascèse.

    Grégoire entra très tôt dans la carrière administrative, que son père avait également suivie et, en 572, il en atteint le sommet, devenant préfet de la ville. Cette fonction, compliquée par la difficulté des temps, lui permit de se consacrer à large échelle à chaque type de problèmes administratifs, en en tirant des lumières pour ses futures tâches. Il lui resta en particulier un profond sens de l'ordre et de la discipline:  devenu Pape, il suggérera aux évêques de prendre pour modèle dans la gestion des affaires ecclésiastiques la diligence et le respect des lois propres aux fonctionnaires civils. Toutefois, cette vie ne devait pas le satisfaire car, peu après, il décida de quitter toute charge civile, pour se retirer dans sa maison et commencer une vie de moine, transformant la maison de famille dans le monastère Saint André au Celio. De cette période de vie monastique, vie de dialogue permanent avec le Seigneur dans l'écoute de sa parole, il lui restera toujours la nostalgie, qui apparaît toujours à nouveau et toujours davantage dans ses homélies:  face aux assauts des préoccupations pastorales, il la rappellera plusieurs fois dans ses écrits comme un temps heureux de recueillement en Dieu, de consécration à la prière, d'immersion  sereine  dans  l'étude. Il put ainsi acquérir cette profonde connaissance de l'Ecriture Sainte et des Pères de l'Eglise dont il se servit ensuite dans ses œuvres.

    Mais la retraite dans la clôture de Grégoire ne dura pas longtemps. La précieuse expérience mûrie dans l'administration civile à une époque chargée de graves problèmes, les relations entretenues dans cette charge avec les byzantins, l'estime universelle qu'il avait acquise, poussèrent le Pape Pélage à le nommer diacre et à l'envoyer à Constantinople comme son "apocrisaire", on dirait aujourd'hui "Nonce apostolique", pour permettre de surmonter les dernières séquelles de la controverse monophysite et, surtout, pour obtenir l'appui de l'empereur dans son effort pour contenir la poussée lombarde. Son séjour à Constantinople, où avec un groupe de moines il avait repris la vie monastique, fut très important pour Grégoire, car il lui donna l'occasion d'acquérir une expérience directe du monde byzantin, ainsi que d'approcher la question des Lombards, qui aurait ensuite mis à rude épreuve son habileté et son énergie au cours années de son pontificat. Après quelques années, il fut rappelé à Rome par le Pape, qui le nomma son secrétaire. Il s'agissait d'années difficiles:  les pluies incessantes, le débordement des fleuves, la famine qui frappait de nombreuses zones d'Italie et Rome elle-même. A la fin, la peste éclata également, faisant de nombreuses victimes, parmi lesquelles le Pape Pélage II. Le clergé, le peuple et le sénat furent unanime en choisissant précisément lui, Grégoire, pour être son Successeur sur le Siège de Pierre. Il chercha à résister, tentant également la fuite, mais il n'y eut rien à faire:  à la fin il dut céder. C'était l'année 590.

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  • Les cardinaux Burke et Sarah soutiennent la campagne mondiale pour la dévotion du premier samedi du mois

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    D'Edward Pentin sur le NCR :

    Les cardinaux Burke et Sarah soutiennent la campagne mondiale pour la dévotion du premier samedi du mois pour son 100ème anniversaire

    À l'occasion du centenaire de la demande de Notre-Dame de Pontevedra, en Espagne, en 1925, les cardinaux Raymond Burke et Robert Sarah soulignent la nécessité de réparation pour son Cœur Immaculé.

    Notre-Dame de Fatima
    Notre-Dame de Fatima (photo : Immaculée / Shutterstock)

    Les cardinaux Raymond Burke et Robert Sarah font partie des principaux prélats qui encouragent une plus grande participation à la dévotion du premier samedi et soutiennent une initiative originaire de France, visant à encourager les fidèles à y participer.

    La dévotion mariale, centrée sur la réparation des offenses et des blasphèmes contre le Cœur Immaculé de Marie, y compris la négation de sa virginité perpétuelle ou de l'Immaculée Conception, promet deux immenses grâces à ceux qui y participent avec une véritable dévotion et un repentir : l'assistance de Notre-Dame à l'heure de la mort avec toutes les grâces nécessaires au salut, et la paix sur terre.

    Le 100e anniversaire de la dévotion est le 10 décembre. Pour marquer son centenaire, « l'Alliance des Premiers Samedis de Fatima » - une fédération mondiale de groupes catholiques basée en France dont la mission est de promouvoir et de diffuser la dévotion - a lancé le « Jubilé des Premiers Samedis de Fatima 2025 » le 4 janvier.

    L'objectif de l'initiative est, d'abord, de faire connaître la demande de Notre-Dame de pratiquer la dévotion, et ensuite, d'obtenir la conversion du monde, aboutissant à la paix qui viendra par le triomphe du Cœur Immaculé de Marie .

    « Montrons à Dieu que nous savons nous unir pour une fois pour obéir à cette demande essentielle de Notre-Dame », a déclaré Régis de Lassus, coordinateur en chef de Salve-Corde, l'organisation faîtière qui supervise l'initiative.

    L'alliance, qui invite les individus à pratiquer la dévotion de manière indépendante ou à rejoindre ou créer un « Groupe du Premier Samedi », propose sur son site web une carte indiquant les groupes à proximité (bien que, pour l'instant, cela semble limité à la France). S'il n'y a pas de groupe à proximité, des outils pour en créer un sont également disponibles. Des méditations sont également proposées chaque mois.

    Quatre actes de dévotion

    La dévotion est claire, simple et moins contraignante que certains pourraient l’imaginer.

    Comme l'a expliqué la Vénérable Lúcia dos Santos, la Sainte Vierge demande quatre actes de dévotion le premier samedi de cinq mois consécutifs : la confession dans les huit jours environ avant ou après le samedi, avec l'intention de réparation (certains disent que cela peut être dans les 20 jours pendant cette année jubilaire) ; la Sainte Communion (de préférence le premier samedi, mais autorisée dans la journée si nécessaire) ; la prière de cinq dizaines du Rosaire ; et, en plus de la récitation, la méditation pendant 15 minutes sur un ou plusieurs mystères du Rosaire.

    Ces instructions furent données en 1925 à Pontevedra, en Espagne, huit ans après les apparitions de Fatima. La Sainte Vierge, accompagnée de l'Enfant Jésus et reposant sur un nuage lumineux, apparut à la vénérable Lúcia, alors bergère survivante de Fatima. Sœur Lúcia, comme elle fut connue plus tard, était alors postulante chez les Sœurs de Sainte-Dorothée à Pontevedra.

    Lors de l'apparition, l'Enfant Jésus s'adressa à Lucie et lui demanda « compassion pour le Cœur de votre très sainte Mère, couvert d'épines, avec lesquelles des hommes ingrats le transpercent à chaque instant, et il n'y a personne pour faire acte de réparation pour les enlever ».

    Après ces paroles, la Sainte Mère prit la parole et dit à Lúcia :

    Regarde, ma fille, mon Cœur entouré d'épines dont les hommes ingrats me transpercent à chaque instant par leurs blasphèmes et leur ingratitude. Toi, au moins, essaie de me consoler et dis-moi que je promets d'assister à l'heure de la mort, avec toutes les grâces nécessaires au salut, tous ceux qui, le premier samedi de cinq mois consécutifs, se confesseront, communieront, réciteront cinq dizaines du Rosaire et me tiendront compagnie pendant quinze minutes en méditant les mystères du Rosaire, dans l'intention de me faire réparation.

    La Sainte Vierge a posé deux conditions pour obtenir la fin des guerres : l'accomplissement des Premiers Samedis dans toute l'Église et la consécration de la Russie à son Cœur Immaculé, demandée lors d'une apparition ultérieure à Tuy (Tui), en Espagne, en 1929.

    Mais c'est la condition des premiers samedis, a déclaré de Lassus au Register le 26 août, qui « a été oubliée et doit être remplie dès que possible parce que la situation spirituelle et géopolitique dans le monde est catastrophique, et le Ciel attend depuis près de cent ans. »

    Dans une homélie au sanctuaire de Notre-Dame de Guadalupe dans le Wisconsin, le premier samedi de juin de cette année, le cardinal Burke a souligné l'importance de la dévotion , affirmant que « l'insistance de Notre-Dame sur la dévotion des premiers samedis est une merveilleuse expression de son amour maternel indéfectible ».

    Se souvenant d'une seconde vision de Pontevedra que Lúcia reçut en février 1926, liée à la dévotion du Premier Samedi, le cardinal Burke raconta comment l'Enfant Jésus lui avait dit que « beaucoup d'âmes » avaient commencé la dévotion, mais que « peu les terminaient, et celles qui la terminaient le faisaient pour recevoir les grâces promises ». Il lui dit qu'il lui serait plus agréable si elles accomplissaient « cinq dizaines avec ferveur et dans l'intention de réparer le Cœur de leur Mère céleste, que si elles accomplissaient quinze dizaines de manière tiède et indifférente ».

    Le cardinal a souligné que la dévotion « n'est pas un acte isolé mais exprime un style de vie, à savoir la conversion quotidienne du cœur au Très Sacré-Cœur du Christ, sous la conduite et les soins maternels du Cœur Douloureux et Immaculé de Marie, pour la gloire de Dieu et le salut des âmes. »

    Il a également encouragé les fidèles, en disant que même si Notre-Dame a clairement exprimé la grande souffrance qui résulte du manque de dévotion à son Cœur Immaculé, elle a également donné des paroles d'espoir en soulignant que « à la fin, mon Cœur Immaculé triomphera ».

    Dévotion au Burundi

    De Lassus a déclaré qu'outre les cardinaux Burke et Sarah, l'alliance est en contact avec de nombreux évêques du monde entier qui ont attiré l'attention sur cette dévotion. Il a notamment évoqué la conférence épiscopale du Burundi, où 10 000 fidèles ont assisté à une dévotion du premier samedi du mois de mai dernier – la première fois depuis le message de Notre-Dame il y a un siècle que l'Église entière d'un pays se rassemblait pour répondre à l'appel de la Sainte Vierge.

    D'autres prélats célèbrent actuellement cette dévotion, a-t-il déclaré, ajoutant que des monastères, des recteurs de sanctuaires et d'autres ont également « accueilli ces premiers samedis avec foi ». En août, l'alliance a organisé une neuvaine pour prier le pape Léon XIV de célébrer cette dévotion lors du Jubilé de l'Espérance de 2025.

    Interrogé sur la possibilité que l'initiative se poursuive au-delà de cette année et de l'anniversaire, de Lassus a déclaré qu'il ne s'agissait que d'une « étape » pour garantir que la dévotion soit célébrée de manière permanente, et il a attiré l'attention sur les « villes du premier samedi » qui sont déjà établies, où les fidèles de centaines de villes du monde entier pratiquent la dévotion, permettant à tous ceux qui y participent « d'être unis dans la prière au sein de l'Église ».

    Notant que le 13 juin 2029 marquera le 100e anniversaire de la demande de consécration de la Russie au Cœur Immaculé de Marie, de Lassus a souligné que « plus que jamais, nous devons travailler à obéir à Notre-Dame, en utilisant les moyens qu'elle nous a donnés, en particulier le Rosaire et les premiers samedis ».

    « Son triomphe pourrait bien avoir lieu durant ces trois ans et demi qui encadrent ces deux anniversaires », a-t-il déclaré. « Cela dépend de nous. »

  • Miserere mihi Domine; introit du 22ème dimanche du temps ordinaire

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    Introitus

    Miserere mihi Domine,
    quoniam ad te clamavi tota die :
    quia tu Domine suavis ac mitis es,
    et copiosus in misericordia
    omnibus invocantibus te.
     
    Ayez pitié de moi, Seigneur,
    car j’ai lancé vers vous mon appel tout au long du jour :
    car vous, Seigneur, vous êtes doux et bon :
    et abondant en miséricorde
    pour tous ceux qui vous invoquent.
    Ps.  1

    Inclina, Domine, aurem tuam,
    et exaudi me :
    quoniam inops, et pauper sum ego.

    Inclinez l’oreille, Seigneur,
    et exaucez-moi :
    car livré à moi-même, je suis sans ressource et malheureux.

  • Va te mettre à la dernière place (22e dimanche du T.O.)

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    Evangile du 22e dimanche du Temps ordinaire (Lc 14, 1a.7-14)

    Un jour de sabbat, Jésus était entré chez un chef des pharisiens pour y prendre son repas, et on l'observait.

    Remarquant que les invités choisissaient les premières places, il leur dit cette parabole : « Quand tu es invité à des noces, ne va pas te mettre à la première place, car on peut avoir invité quelqu'un de plus important que toi. Alors, celui qui vous a invités, toi et lui, viendrait te dire : 'Cède-lui ta place', et tu irais, plein de honte, prendre la dernière place. 

    « Au contraire, quand tu es invité, va te mettre à la dernière place. Alors, quand viendra celui qui t'a invité, il te dira : 'Mon ami, avance plus haut', et ce sera pour toi un honneur aux yeux de tous ceux qui sont à table avec toi. Qui s'élève sera abaissé ; qui s'abaisse sera élevé. »

    Jésus disait aussi à celui qui l'avait invité : « Quand tu donnes un déjeuner ou un dîner, n'invite pas tes amis, ni tes frères, ni tes parents, ni de riches voisins ; sinon, eux aussi t'inviteraient en retour, et la politesse te serait rendue.

    « Au contraire, quand tu donnes un festin, invite des pauvres, des estropiés, des boiteux, des aveugles ; et tu seras heureux, parce qu'ils n'ont rien à te rendre : cela te sera rendu à la résurrection des justes. »

    Homélie du Père Joseph-Marie Verlinde (Homélies.fr - Archive 2007)

    « Un jour de sabbat » : la précision est importante, car elle nous projette sur l’horizon du Royaume, que Jésus compare à des noces auxquelles nous sommes conviés. Il ne s’agit pas de noces ordinaires - pour autant qu’une noce puisse être « ordinaire » ! - puisqu’elles se tiennent « sur la montagne de Sion, dans la cité du Dieu vivant, la Jérusalem céleste », en présence de « milliers d’anges en fête et des premiers-nés dont les noms sont inscrits dans les cieux » (2nd lect.). Nous avons donc tout intérêt à nous renseigner sur les règles du protocole en vigueur dans ce haut-lieu. C’est précisément ce dont Jésus veut nous instruire dans l’Évangile de ce jour.

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  • Dieu, la génération Z et le grand retour de la religion en Grande-Bretagne

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    De Samantha Smith sur le Catholic Herald :

    Dieu, la génération Z et le grand retour de la religion en Grande-Bretagne

    29 août 2025

    Il fut un temps où nous pensions que la religion, tout comme les CD et les chaussures Plimsoll, était vouée à disparaître dans les annales du passé. Pourtant, alors que la mode du début des années 2000 connaît un regain d'intérêt, un récent sondage révèle que la croyance en Dieu est également de retour.

    Selon YouGov, la croyance en Dieu chez les 18-24 ans en Grande-Bretagne a plus que doublé, passant de 16 % en 2021 à 37 % en 2025. Réfléchissez-y : alors que la génération de nos parents s'est révoltée contre le système, rejetant les chaînes de la religion organisée et renonçant aux offices du dimanche, les jeunes d'aujourd'hui se rebellent à leur manière, en se tournant vers cette même foi.

    Pour les chrétiens, ces données dressent un tableau particulièrement attrayant. La fréquentation des églises a augmenté depuis la fin des restrictions liées au confinement, avec une hausse de 56 % par mois pour atteindre 5,8 millions de fidèles par rapport aux chiffres d'avant la pandémie. La génération Z est en grande partie responsable de cette résurgence, sa fréquentation mensuelle des églises étant passée de 4 % à 16 %.

    Il est tentant d'attribuer cela aux suspects habituels – l'existentialisme de l'ère pandémique, l'épuisement des réseaux sociaux, la solitude – mais il existe peut-être une cause plus idéologique au grand retour de la religion en Grande-Bretagne.

    Les jeunes hommes, en particulier, se retrouvent déracinés dans une culture qui a radicalement redéfini les rôles de genre, le lieu de travail et l'importance de la cellule familiale. Désabusés par l'érosion des identités traditionnelles et en quête d'un sentiment d'appartenance, beaucoup redécouvrent leur foi non pas comme une relique archaïque, mais comme un refuge contre les tempêtes de l'idéologie occidentale moderne.

    L'évêque de Lancaster a qualifié ce changement d'« éveil spirituel », tandis que le Church Times a conclu que l'affirmation de l'existence de Dieu par les jeunes n'était « pas un hasard ». Mais si Jésus fait vraiment son grand retour (le premier ayant eu lieu dans le tombeau près du Golgotha le dimanche de Pâques, bien sûr), ce n'est pas dans un feu de gloire et de soufre. Il s'agit d'un retour doux, presque silencieux, vers le traditionalisme intemporel des structures chrétiennes, auquel nous pouvons attribuer le regain d'intérêt pour le transcendant.

    Il est facile de supposer que la tradition éloigne les jeunes. Mais c'est peut-être ce rejet de la complaisance idéologique — sa discipline, son conservatisme, ses archaïsmes sans complexe — qui rend le christianisme si attrayant à une époque de chaos organisé.

    Parmi ceux qui ont grandi à l'ère des masques à usage unique et des cours sur Zoom, nous avons été témoins en temps réel des conséquences de l'isolement social. TikTok et Instagram ont remplacé les jeux dans le parc avec les amis, et les adolescents n'avaient que la faible lueur bleue de l'écran de leur téléphone pour leur tenir compagnie pendant les longues journées solitaires du confinement. La lassitude vis-à-vis de la stratosphère en ligne s'est fait sentir de manière aiguë : regarder la vie des influenceurs, des participants à Love Island et des ultra-riches est devenu frustrant et les a fait paraître encore plus éloignés de nos vies ordinaires. Alors que nous aspirions autrefois à leur ressembler, ces figures totémiques en sont venues à représenter l'antithèse de nos désirs. Nous voulions quelque chose de stable, de réconfortant et de familier.

    La religion s'est donc présentée comme une couverture chaleureuse dans laquelle nous pouvions nous envelopper, non pas pour échapper à la réalité, mais pour y résister. Un cadre de permanence dans une culture accro à l'éphémère, offrant un ordre là où l'algorithme n'offre que du bruit.

    Ce qui est encore plus surprenant, cependant, c'est l'attrait de l'archaïque chez les jeunes convertis. Le silence des vêpres, l'architecture des anciennes cathédrales, le rituel de la messe en latin : tout cela attire les jeunes, au lieu de les repousser. Ce tournant esthétique, sorte de contre-culture sacrée, s'oppose au chaos de la vie numérique.

    La beauté est devenue subversive. Nous nous tournons vers Dieu non pas parce que c'est « à la mode », mais parce que cela va à l'encontre des tendances. Les structures sociales qui allaient de soi pour nos grands-parents – avoir une famille, une communauté et une culture – sont désormais rares. On observe un désespoir croissant face à la tangibilité du passé. Les structures traditionnelles promues par la doctrine catholique se distinguent du sécularisme de l'ère moderne, offrant un retour à la vérité trouvée dans les générations précédentes et une vie orientée vers quelque chose de plus élevé que soi-même.

    Au cours des deux dernières décennies, on a dit à la génération Z que la vie est éphémère, que l'identité est autodéterminée, que la vérité est laïque et subjective. Et pourtant, malgré toute leur confiance progressiste, il semble que les jeunes aient désespérément besoin de retrouver une permanence idéologique. Ils veulent croire qu'il existe quelque chose au-delà de leur propre existence – une puissance supérieure qui leur accordera le salut éternel et protégera leur âme lorsque leur corps déclinera.

    En effet, il semble que la génération Z en ait assez de se réinventer chaque semaine. Elle redécouvre non seulement une tradition morale, mais aussi une esthétique, un point d'ancrage et un récit qui offrent une structure pragmatique à sa vie. Comme pour de nombreuses générations avant elle, Dieu apparaît comme la réponse à la crise existentielle de notre époque.

  • 29 août : mémoire du martyre de saint Jean Baptiste

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    De_collation_De_Saint_Jean_Baptiste.jpgLe 29 août 2012, le pape Benoît XVI consacrait sa catéchèse au Précurseur :

    Chers frères et sœurs,

    En ce dernier mercredi du mois d’août, nous fêtons la mémoire liturgique du martyre de saint Jean-Baptiste, le précurseur de Jésus. Dans le calendrier romain, il est l’unique saint dont on célèbre et la naissance, le 24 juin, et la mort venue par le martyre. La fête de ce jour est une mémoire qui remonte à la dédicace d’une crypte de Sébaste, en Samarie, où l’on vénère la tête du saint depuis la moitié du IVème siècle. Ce culte s’est ensuite étendu jusqu’à Jérusalem, dans les Eglises d’orient et à Rome, sous le titre de « Décollation de saint Jean-Baptiste ». Dans le martyrologe romain, on fait allusion à une seconde découverte de la précieuse relique transportée, pour l’occasion, dans l’église de Saint-Silvestre à Campo Marzio, à Rome.

    Ces quelques repères historiques nous aident à comprendre à quel point la vénération de saint Jean-Baptiste est ancienne et profonde. Dans les évangiles, son rôle par rapport à Jésus apparaît très nettement. Saint Luc, en particulier, raconte sa naissance, sa vie dans le désert, sa prédication, et saint Marc nous parle de sa mort dramatique dans l’Evangile d’aujourd’hui. Jean-Baptiste initie sa prédication sous l’empereur Tibère, en 27-28 après Jésus-Christ, et l’invitation très claire qu’il adresse à la foule accourue pour l’écouter est de préparer le chemin pour accueillir le Seigneur, de rendre droits les sentiers tordus de sa propre vie à travers une conversion du cœur radicale (cf. Luc 3, 4). Pourtant le Baptiste ne se limite pas à prêcher la pénitence et la conversion mais, en reconnaissant que Jésus est « l’Agneau de Dieu » venu pour enlever le péché du monde (Jean 1, 29), il a la profonde humilité de montrer en Jésus le véritable Envoyé de Dieu, en se mettant de côté pour que le Christ puisse grandir, être écouté et suivi. Dans un acte ultime, le Baptiste témoigne par son sang de sa fidélité aux commandements de Dieu, sans céder ni reculer, en accomplissant jusqu’au bout sa mission. Dans ses homélies, saint Bède, moine du IXème siècle, dit ceci : Saint Jean a donné sa vie pour [le Christ], même si on ne lui a pas ordonné de renier Jésus Christ, on lui a ordonné de taire la vérité (cf. Homélies 23 : CCL 122, 354). Et il n’a pas tu la vérité et c’est ainsi qu’il est mort pour le Christ qui est la Vérité. C’est justement par amour de la vérité qu’il ne s’est pas abaissé en se compromettant et qu’il n’a pas eu peur d’adresser des paroles fortes à celui qui s’était éloigné des voies de Dieu.

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  • Pologne : Czestochowa célèbre la « Vierge noire » avec un appel à la paix

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    De kath.net/news :

    Pologne : Czestochowa célèbre la « Vierge noire » avec un appel à la paix

    28 août 2025

    L'archevêque Polak nous invite au : « Respect de la vie humaine depuis la conception jusqu'à la mort naturelle, respect de la dignité humaine, éducation des jeunes dans l'esprit de l'Évangile »

    Czestochowa (kath.net/KAP/red) Des milliers de pèlerins et de nombreux dignitaires de l'Église se sont rassemblés mardi au sanctuaire marial polonais de Jasna Góra pour célébrer la fête de la Bienheureuse Vierge Marie de Czestochowa. Selon un article de Vatican News, les célébrations de la « Vierge Noire » ont été axées sur un appel à l'unité, à la paix et au respect mutuel en cette période difficile. Dans son homélie, le primat de Pologne, l'archevêque Wojciech Polak, a appelé à la « purification du cœur » et au respect de la dignité humaine, de la conception à la mort naturelle. Il a appelé les fidèles à vivre dans l'esprit du message chrétien, à rechercher la paix et à œuvrer pour l'unité sociale, le pardon et la solidarité avec les réfugiés.

    L'archevêque Polak a déclaré : « Nous entendons l'appel à l'honnêteté et à l'intégrité dans la conduite de notre vie personnelle, familiale et communautaire. Que l'appel au respect de la vie humaine de la conception à la mort naturelle, au respect de la dignité humaine, et à la prise en charge et à l'éducation des jeunes conformément à l'esprit de l'Évangile du Christ, à une vie d'amour et de justice, dans l'abnégation et le respect mutuel, à une vie d'harmonie et de paix sans haine, violence et exploitation, atteigne à nouveau nos cœurs. »

    Arnold Chrapkowski, Supérieur général de l'Ordre paulinien, responsable de la pastorale du monastère de Czestochowa depuis le XIVe siècle, a souligné dans son discours d'ouverture que la foi n'est pas seulement une affaire privée, mais une responsabilité partagée qui doit se manifester en paroles et en actes. Il a déclaré : « La foi n'est pas seulement une affaire privée, mais une affaire publique. Puisse-t-elle devenir source de vie pour les individus, les familles et les nations. Nous avons le droit de confesser notre foi publiquement, de parler publiquement de Dieu et de l'enseigner dans les écoles. Prions pour que nous puissions vivre notre foi et l'exprimer en paroles, en actes et en gestes. Que dans la diversité nous apprenions l'unité et le dialogue, le respect et le soutien mutuels. »

    Cette fête est une célébration d'action de grâce pour le rôle particulier de Marie dans l'histoire polonaise. Elle est considérée comme la protectrice des valeurs les plus nobles telles que la foi, la culture et la langue. Traditionnellement, les fidèles ont également renouvelé les vœux du peuple polonais à Jasna Góra, rédigés par le cardinal Stefan Wyszyski (1901-1981). Mardi a également marqué le début de la troisième étape du pèlerinage national, avec la remise d'une copie de l'image de Marie au diocèse de Sosnowiec.

    L'icône mariale de la Vierge Noire de Częstochowa est vénérée comme la « Reine de Pologne » depuis des siècles. L'histoire de cette image, attribuée à l'évangéliste Luc, est profondément liée au destin national de la Pologne, d'autant plus qu'elle a toujours été considérée comme un bouclier spirituel du peuple en temps de guerre, de partition et de domination étrangère. Les cicatrices visibles sur sa joue, datant d'une attaque contre le monastère de Jasna Góra en 1430, sont considérées comme un symbole de vulnérabilité, de quête de liberté et de résilience de la foi.

    Entre l'Assomption de Marie (15 août) et le 26 août, des pèlerinages à pied vers le sanctuaire ont lieu de toute la Pologne, avec près de 30 000 pèlerins cette année, selon les chiffres officiels. Cependant, l'importance de la Vierge Noire dépasse largement les frontières du pays. Rien qu'en 2024, plus de quatre millions de croyants du monde entier se sont rendus à Jasna Góra, dont beaucoup étaient issus de la diaspora polonaise. Le pape polonais Jean-Paul II est venu à Czestochowa six fois au cours de son mandat, et ses successeurs Benoît XIV et François y sont venus chacun une fois.

  • L'inquiétude de l'amour

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    (source) Le pape François célébrait la messe d’ouverture du 184e Chapitre général de l'Ordre de Saint-Augustin, le 28 août 2013, pour la fête de saint Augustin, en la basilique de Rome dédiée au saint évêque d’Hippone.

    Au cours de son homélie, il a exhorté à ne pas être des chrétiens « endormis » mais à garder « l’inquiétude spirituelle de la recherche de la vérité, de la recherche de Dieu » et « l’inquiétude de l’amour » qui recherche « toujours, sans répit, le bien de l’autre, de la personne aimée ».

    "Tu nous as fait pour Toi et notre cœur est sans repos tant qu’il ne repose en Toi" (Les Confessions, I,1,1). Dans ces paroles, devenues célèbres, avec lesquelles saint Augustin d’adresse à Dieu dans les Confessions, est exprimée la synthèse de toute sa vie.

    "Sans repos / Inquiétude". Cette parole me touche et me fait réfléchir. Je voudrais partir d’une question : quelle inquiétude fondamentale Augustin vit-il dans sa vie ? Ou peut-être devrait-je dire: quelles inquiétudes est-ce que ce grand homme et saint nous invite à susciter et à maintenir vives dans notre vie ? J’en propose trois : l’inquiétude de la recherche spirituelle, l’inquiétude de la rencontre avec Dieu, l’inquiétude de l’amour.

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  • Le combat chrétien selon saint Augustin, père de l'Eglise (28 août)

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    003.jpgA consulter : http://peresdeleglise.free.fr/Augustin/augustin.htm

    Le combat chrétien

    La couronne de la victoire n'est promise qu'à ceux qui combattent. Dans les divines écritures, nous trouvons continuellement que la couronne nous est promise si nous sommes vainqueurs. Mais pour ne pas abuser des citations, on lit en toutes lettres dans l'apôtre Paul : « J'ai parfait mon oeuvre, j'ai achevé ma course, j'ai conservé la foi, je n'ai plus à attendre que la couronne de justice. »

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  • Saint Augustin d'Hippone (28 août) : "Bien tard, je t'ai aimée, ô beauté si ancienne et si nouvelle..."

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    Du site Pères de l'Eglise.free.fr :

    On connaît bien la vie d'Augustin d'Hippone : très nombreuses sont les biographies qui ont été écrites de lui, facilitées - il faut bien le dire - par ce que lui-même nous a dit de lui à travers Les Confessions, rédigées vraisemblablement entre 397 et 400, oeuvre universellement connue :

    Bien tard, je t'ai aimée, ô beauté si ancienne et si nouvelle, bien tard, je t'ai aimée ! Et voici que tu étais au-dedans, et moi au-dehors, et c'est là que je te cherchais, et sur la grâce de ces choses que tu as faites, pauvre disgracié, je me ruais !
    Tu étais avec moi et je n'étais pas avec toi ;
    elles me retenaient loin de toi, ces choses qui pourtant,
    si elles n'existaient pas en toi, n'existeraient pas ! Tu as appelé, tu as crié et tu as brisé ma surdité ;
    tu as brillé, tu as resplendi et tu as dissipé ma cécité ;
    tu as embaumé, j'ai respiré et haletant j'aspire à toi ;
    j'ai goûté, et j'ai faim et j'ai soif ;
    tu m'as touché et je me suis enflammé pour ta paix.[...]
    (Conf. X, xxvii, 38)

    Effectivement, Augustin connaît d'abord une jeunesse dissipée, dispersée entre toutes sortes de plaisirs (Augustin rappellera à maintes reprises son attrait pour les femmes, les honneurs...). Toutefois, il est animé par une grande inquiétude intellectuelle et psychologique, a de nombreuses curiosités philosophiques et linguistiques (il a embrassé la profession de "rhéteur"). Augustin verra dans toute cette période de sa vie en germe déjà une recherche de Dieu qui va d'ailleurs se préciser à travers la lecture des philosophes et son grand intérêt pour les philosophies (Augustin est un grand lecteur de Cicéron, puis il découvre Plotin et les néo-platoniciens...), son souci et son attrait pour la religion et les croyances (comme par exemple le manichéisme qui le tenta un certain temps). Finalement, après avoir rejoint l'Italie, Rome en 383 puis surtout Milan où il va s'installer plus durablement pour des raisons professionnelles (découragement face aux étudiants de Carthage qu'il juge peu intéressants), Augustin découvre la prédication de l'évêque du lieu, Ambroise, qui accepte de répondre à toutes les interrogations d'Augustin au cours de longs entretiens. Bien des événements personnels sont relatés également par Augustin dans les Confessions qui ont certainement contribué à son "retournement". Augustin, catéchumène depuis son enfance (1) va finalement se convertir radicalement et demander le baptême en 387(2).

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  • Saint Augustin, un homme pleinement accompli (28 août)

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    0828 (1).jpgZenit.org a publié (en 2012) un entretien avec le cardinal Angelo Scola, archevêque de Milan (Traduction d'Hélène Ginabat)

    (ZENIT.org) – Pour le cardinal Angelo Scola, saint Augustin est « un génie de l’humanité et un grand saint, c’est-à-dire un homme pleinement accompli ». Il fut aussi, comme saint Ambroise, un courageux avocat « de la dimension publique de la foi et d’un sain concept de laïcité ». Le cardinal Scola, archevêque de Milan, célèbrera l’eucharistie dans la basilique Saint-Pierre-au-Ciel-d’Or (San Pietro in Ciel d’Oro) à Pavie, en Italie, sur la tombe de saint Augustin, le 28 août 2012, en la mémoire liturgique du saint (cf. Zenit du 24 août 2012).

    A cette occasion, le cardinal Angelo Scola livre une réflexion sur la figure du grand docteur de l’Eglise, dans un entretien avec l’Ordre de saint Augustin.

    Eminence, qui est saint Augustin pour vous ?

    Un génie de l’humanité et un grand saint, c’est-à-dire un homme pleinement accompli. J’ai été impressionné, à ce sujet, par une affirmation de Jacques Maritain que je cite régulièrement aux jeunes, qui sont si souvent obsédés par le problème du succès et de la réalisation de soi : « Il n’existe de personnalité vraiment parfaite que chez les saints. Mais comment cela ? Les saints se sont-ils préoccupés de développer leur personnalité ? Non. Ils l’ont trouvée sans la chercher, parce qu’ils ne la cherchaient pas, mais Dieu seulement » (J. Maritain).

    L’archevêque de Milan se rend sur la tombe de saint Augustin pour y célébrer l’Eucharistie : cette démarche renouvelle le lien particulier entre Ambroise et Augustin. Que peuvent-ils nous dire encore aujourd’hui ?

    Card. Angelo Scola – Ambroise et Augustin ont traversé des décennies troublées entre « l’antique », représenté par l’empire romain désormais exténué et en marche vers un déclin inexorable, et le « nouveau » qui s’annonçait à l’horizon, mais dont on ne voyait pas encore nettement les contours. Ils furent immergés dans une société à bien des égards semblable à la nôtre, secouée par des changements continuels et radicaux, sous la pression de peuples étrangers et serrée dans l’étau de la dépression économique due aux guerres et aux famines.Dans de telles conditions, malgré la diversité profonde de leur histoire et de leur tempérament, Ambroise et Augustin furent des annonciateurs indomptables de l’avènement du Christ pour tout homme, dans l’humble certitude que la proposition chrétienne, lorsqu’elle est librement assumée, est une ressource précieuse pour la construction du bien commun.Ils furent de vaillants défenseurs de la vérité, sans se préoccuper des risques et des difficultés que cela comporte, en ayant conscience que la foi ne mortifie pas la raison, mais l’achève ; et que la morale chrétienne perfectionne la morale naturelle, sans la contredire, en en favorisant la pratique. Si nous empruntons des expressions du débat contemporain, nous pourrions les définir comme deux paladins de la dimension publique de la foi et d’un sain concept de laïcité.

    Quel enseignement peut-on tirer de l’expérience humaine et spirituelle de saint Augustin pour l’Année de la foi ?

    Dans une de ses audiences générales consacrées à saint Augustin, Benoît XVI le cite : « Mais si le monde vieillit, le Christ est éternellement jeune. D'où l'invitation: "Ne refuse pas de rajeunir uni au Christ, qui te dit : Ne crains rien, ta jeunesse se renouvellera comme celle de l'aigle" (Serm. 81, 8) » (Benoît XVI, audience générale du 16 janvier 2008). Augustin est un témoin formidable du Christ qui est contemporain à tout homme, et d’un profond accord entre la foi et la vie.

    En quoi la pensée et l’aventure humaine de saint Augustin sont-elles d’une actualité toujours nouvelle ?

    C’est l’inquietum cor dont il nous parle au début des Confessions. Sa recherche inlassable, qui a fasciné les hommes de tous les temps, est particulièrement précieuse aujourd’hui pour nous qui sommes immergés – et souvent submergés – dans les tourments de ce début de troisième millénaire. Une recherche qui ne s’arrête pas à la dimension horizontale, même si celle-ci est infinie ; mais qui pénètre dans la dimension verticale. C’est le même Augustin qui en décrit la portée quand il affirme, dans un passage des Soliloques : « Je viens de prier Dieu. — Que veux-tu donc savoir? — Tout ce que j'ai demandé.  Résume-le en peu de mots. — Je désire connaître Dieu et l'âme. — Ne désires-tu rien de plus ? — Rien absolument. » (Augustin, Soliloques I, 2, 7).