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Spiritualité - Page 476

  • Vient de paraître : Vérité et Espérance/Pâque Nouvelle, 4e trimestre 2013

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    SOMMAIRE

    Editorial : Une Parole dans la nuit 

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    Liturgie : embrouilles sur la traduction du « Notre Père »

    « Evangelii gaudium » : le pape François persiste et signe

    Europe : le Parlement rejette le « rapport Estrela »

    Belgique : la culture de mort se porte bien

    Des bourgeons sous la neige ? 

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    Projet d’amour fou : le tout-puissant se fait tout-petit

    Esotérisme et mystère chrétien

    L’Eglise et les personnes divorcées remariées

     Secrétaires de Rédaction : Jean-Paul Schyns et Ghislain Lahaye

    Editeur responsable: SURSUM CORDA a.s.b.l. ,

    Vinâve d’île, 20 bte 64 à B- 4000 LIEGE.

    La revue est disponible gratuitement sur simple demande :

    Tél. 04.344.10.89  e-mail : sursumcorda@skynet.be 

    Les dons de soutien sont reçus au compte IBAN:  BE58 0016 3718 3679   BIC: GEBABEBB de Vérité et Espérance 3000, B-4000 Liège

     JPSC

  • Le pape : ne pas oublier Dieu pour suivre la mode

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    « Un chrétien ne délaisse pas la Parole de Dieu pour suivre celle qui est à la mode »

    Radio Vatican

    Le don d’être un fils de Dieu ne peut pas « se vendre » par un sens mal compris de la normalité, qui induit à oublier la parole de Dieu et à vivre comme si Dieu n’existait pas. C’est la réflexion de fond que le Pape François a proposé ce vendredi matin, durant l’homélie de la Messe célébrée à la chapelle de la maison Sainte-Marthe.

    La tentation de vouloir être « normal », lorsqu’au contraire on est fils de Dieu. En substance, cela veut dire ignorer la Parole du Père et en suivre une seule, humaine, la « parole de sa propre envie », en choisissant d’une certaine manière de « vendre » le don de prédilection pour plonger dans une « uniformité mondaine ». « Cette tentation, le peuple hébreu de l’Ancien Testament » l’a vécue plus d’une fois, rappelle le Pape François, qui se concentre sur l’épisode proposé par le passage de la liturgie tiré du premier livre de Samuel.

    Dans ce passage, les chefs du peuple demandent au même Samuel, qui a désormais vieilli, d’élire pour eux un nouveau roi, prétendant en réalité de s’autogouverner. À ce moment, observe le Pape, « le peuple rejette Dieu : non seulement ils n’entendent pas la parole de Dieu, mais ils la rejettent ». Et la phrase révélatrice de cet éloignement est celle prononcée par les anciens d’Israël : nous voulons un « roi juge » car ainsi, « nous serons nous aussi comme tous les peuples ». C’est-à-dire, observe le Pape, qu’ils « rejettent le Seigneur de l’amour, ils rejettent l’élection et ils recherchent la voie de la mondanité », de façon analogue à tant de chrétiens aujourd’hui :

    « La normalité de la vie exige de la part du chrétien de la fidélité à son élection et de ne pas la vendre pour aller vers une uniformité mondaine. C’est la tentation du peuple et aussi la nôtre. Tant de fois, nous oublions la parole de Dieu, ce que nous dit le Seigneur et nous prenons la parole à la mode, non ? Celle de la série télévisée est aussi à la mode, nous prenons celle-ci, c’est plus amusant ! L’apostasie est justement le pêché de rompre avec le Seigneur mais elle est claire : l’apostasie se voit clairement. La mondanité est plus dangereuse car elle est plus subtile ».

    « Il est vrai que le chrétien doit être normal, comme le sont les personnes » reconnaît le Pape François mais – insiste-t-il - il y a des valeurs que le chrétien ne peut pas prendre pour soi. Le chrétien doit croire en lui-même la parole de Dieu et lui dire : « Tu es mon fils, tu es élu, moi je suis avec toi, je parcours le chemin avec toi ». En résistant donc à la tentation - comme dans l’épisode de la Bible - de se considérer victime « d’un certain complexe d’infériorité », de ne pas se sentir comme « un peuple normal » :

    « Jésus disait à ceux d’Emmaüs : 'Que vous êtes stupides ! Que votre cœur est lent à comprendre ! ' Ils avaient le cœur dur, ils ne pouvaient pas comprendre la Parole de Dieu. Et la mondanité adoucit le cœur mais mal : le cœur doux n’est jamais une bonne chose ! Ce qui est bon, c’est le cœur ouvert à la Parole de Dieu qui la reçoit. Comme la Sainte-Vierge, qui méditait toutes ces choses dans son cœur, dit l’Évangile. Recevoir la Parole de Dieu pour ne pas s’éloigner de l’élection ».

    Demandons alors - conclut le Pape François - « la grâce de surmonter nos égoïsmes : l’égoïsme de vouloir faire les choses selon ma propre envie, comme je le veux » :

    « Demandons la grâce de les surmonter et demandons la grâce de la docilité spirituelle, c’est-à-dire d’ouvrir le cœur à la Parole de Dieu et ne pas faire ce qu’ont fait nos frères, qui ont fermé leur cœur car ils s’étaient éloignés de Dieu et depuis longtemps, ils n’entendaient pas et ils ne comprenaient pas la Parole de Dieu. Que le Seigneur nous donne la grâce d’ avoir un cœur ouvert pour recevoir la Parole de Dieu et pour toujours pouvoir la méditer. Et de là, prendre la vraie voie ».

  • Le monothéisme chrétien contre la violence

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    Angelsatmamre-trinity-rublev-1410.jpg"Dieu Trinité, unité des hommes. Le monothéisme chrétien contre la violence"
    Document de la Commission théologique internationale

    ROME, 16 janvier 2014 (Zenit.org - Anita Bourdin) - « Dieu Trinité, unité des hommes. Le monothéisme chrétien contre la violence » : c’est le titre du document que la Commission théologique internationale, présidée par le préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, Mgr Gerhard Ludwig Müller – cardinal désigné -, publiera le 18 janvier en italien. Il sera publié dans le nº 3926 de La Civiltà cattolica, la prestigieuse revue des jésuites, à Rome. Le texte sera également disponible sur le site Internet de la revue et sur la page de la Commission théologique du site du VaticanC’est le fruit précieux du travail de la Commission, pontificale, même si le qualificatif n’entre pas dans son titre, pendant son quinquennat 2009 – 2014.

    Monothéisme, violence, unité

    La Commission théologique internationale a conduit une étude « relative quelques aspects du discours chrétien sur Dieu, en se confrontant en particulier avec la thèse selon laquelle il existerait un rapport nécessaire entre monothéisme et violence », explique un communiqué.

    Voilà de quoi interpeller les croyants sur quatre points : la relation du baptisé à la Sainte-Trinité, la paix qu’il en reçoit pour sa vie personnelle et pour le monde, les conséquences dans le dialogue et la marche vers l’unité visible des chrétiens, et le dialogue interreligieux.

    La publication semble prophétique au moment où le monde continue d’être déchiré par des guerres – il suffit de lire le message de Noël du pape François ou le message aux ambassadeurs, le 13 janvier pour faire un tour du monde de ces tragédies. Alors que les religions, surtout depuis les Journées d’Assise autour de Jean-Paul II et Benoît XVI, et encore la journée de prière et de jeûne du 7 septembre 2013, ont montré qu'elles peuvent au contraire et donc doivent s’unir pour la paix.

    Justement, ce jeudi 16 janvier, le pape François, dans le sillage de son message de Noël et de son son message sur la "fraternité, fondement et route de la paix", du 1er janvier pour la Journée mondiale de la paix, dit dans un « tweet » ce pour quoi il faut prier, et ce qu'il faut construire : "Prions pour la paix, et cherchons à la construire, en commençant à la maison !"

    Et à propos des guerres, on se souvient peut-être à quel point la spiritualité trinitaire est développée dans les Eglises orientales, et spécialement en Russie.

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  • Le cardinalat : ni un honneur, ni une promotion, ni une décoration

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    Lettre du pape François à chaque nouveau cardinal (source)

    Cher frère,

    En ce jour de la publication de ta désignation pour faire partie du Collège cardinalice, je désire te faire parvenir un salut cordial ainsi que l’assurance de ma proximité et de ma prière. Je désire que, uni à l’Église de Rome, « revêtu des vertus et des sentiments du Seigneur Jésus » (cf. Rm 13,14), tu puisses m’aider avec une efficacité fraternelle dans mon service rendu à l’Église universelle.

    Le cardinalat ne représente pas une promotion, ni un honneur, ni une décoration ; c’est simplement un service qui exige d’étendre son regard et d’élargir son cœur. Et bien que cela semble paradoxal, on ne peut regarder plus loin et aimer plus universellement, avec une plus grande intensité, qu’en suivant la même voie que le Seigneur : la voie de l’abaissement et de l’humilité, en prenant la condition de serviteur (cf. Ph 2,5-8). C’est pourquoi je te demande, s’il te plaît, de recevoir cette désignation avec un cœur simple et humble. Et bien que tu doives le faire avec une grande joie, fais en sorte que ce sentiment soit éloigné de toute expression de mondanité, de toute manifestation festive étrangère à l’esprit évangélique d’austérité, de sobriété et de pauvreté.

    Au revoir, donc, au 20 février prochain. Nous entamerons les deux journées de réflexion sur la famille. Je reste à ta disposition et te prie, s’il te plaît, de prier et de faire prier pour moi. Que Jésus te bénisse et que la Vierge Marie te protège.

    Fraternellement,

    François

  • Baptême : l'histoire exemplaire de la communauté chrétienne du Japon

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    Le pape a consacré, ce mercredi 15 janvier, une deuxième catéchèse au sacrement du baptême (source) :

    Chers frères et sœurs, bonjour !

    Mercredi dernier, nous avons initié un cycle, court, de catéchèses sur les sacrements, en commençant par le baptême. Et je voudrais m’arrêter encore aujourd’hui sur le baptême, pour souligner un fruit très important de ce sacrement : il fait de nous des membres du Corps du Christ et du peuple de Dieu.

    Saint Thomas d’Aquin affirme que celui qui reçoit le baptême est incorporé au Christ presque comme son propre membre, et agrégé à la communauté des fidèles (cf. Somme théologique, III, q.69, art.5 ; q.70, art.1), c’est-à-dire au peuple de Dieu. À l’école de Vatican II, nous disons aujourd’hui que le baptême nous fait entrer dans le peuple de Dieu, qu’il fait de nous des membres d’un peuple en chemin, un peuple en marche dans l’histoire.

    En effet, de même que la vie se transmet de génération en génération, ainsi la grâce se transmet aussi de génération en génération, à travers la renaissance sur les fonts baptismaux, et le peuple chrétien chemine dans le temps avec cette grâce, comme un fleuve qui irrigue la terre et répand dans le monde la bénédiction de Dieu. À partir du moment où Jésus a dit ce que nous avons entendu dans l’Évangile, les disciples sont allés baptiser ; et depuis ce moment-là jusqu’à aujourd’hui, il y a une chaîne dans la transmission de la foi, à travers le baptême. Et chacun de nous est un maillon de cette chaîne ; un pas en avant, toujours ; comme un fleuve qui irrigue. C’est la grâce de Dieu et c’est notre foi, que nous devons transmettre à nos enfants, transmettre aux petits enfants, pour que, une fois devenus adultes, ils puissent eux-mêmes la transmettre à leurs enfants. C’est cela le baptême. Pourquoi ? Parce que le baptême nous fait entrer dans ce peuple de Dieu qui transmet la foi. C’est très important. Un peuple de Dieu en marche et qui transmet la foi.

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  • La messe du pape Marcel

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    On célèbre aujourd'hui la mémoire du pape Marcel Ier (IVe siècle) mais, - comme nous le fait remarquer le commentaire ci-dessous -, ce fut le pape Marcel II qui inspira à Palestrina (XVIe s.) une très belle messe polyphonique dont voici le Kyrie :

  • Le centième anniversaire de la naissance d'Etty Hillesum

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    Etty Hillesum est née le 15 janvier 1914. L'occasion de la découvrir à travers une émission du "Jour du Seigneur" qui lui a été consacrée :

  • Banneux - La Vierge des pauvres : un reportage sur KTO

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    DOCUMENTAIRE
    Banneux - La Vierge des pauvres

    Diffusé le 10/01/2014 / Durée 52 mn




    Banneux, 15 janvier 1933. Marie apparaît à la jeune Mariette Beco, 12 ans. Entre le 15 janvier et le 2 mars, " la Vierge des Pauvres " - c'est ainsi qu'elle se nommera - se manifestera à huit reprises à la petite voyante. Ce documentaire de 52' couleur, tourné sur place et enrichi de magnifiques images d'archives et de témoignages empreints d'émotion, nous raconte la belle histoire du sanctuaire de Banneux et nous conduit à mieux connaître celle dont l'existence fut à jamais bouleversée par les apparitions. On a coutume de dire qu'il suffit de se rendre à Banneux pour voir ce que la confiance, la prière et la foi peuvent réaliser. On comprend pourquoi chaque année des centaines de milliers de pèlerins, parmi lesquels 10.000 malades, viennent individuellement ou en groupe confier ici à Notre-Dame leurs souffrances et leur espérance en Celui qui est la source de toute Grâce. Ici, " la Vierge des Pauvres " les invite à " pousser les mains dans l'eau " de la source pour puiser en Jésus la vraie vie. Pousser les mains dans l'eau. Un geste d'humilité, d'obéissance, de confiance et d'abandon. Lors de sa visite au sanctuaire, le 21 mai 1985, Jean-Paul II a dit : " Les pauvres d'aujourd'hui - et il y a tant de manières d'être pauvre ! - se sentent chez eux à Banneux. Ils viennent chercher ici le réconfort, le courage et l'union à Dieu dans leur épreuve. J'encourage les pèlerins qui viennent prier ici celle qui, toujours et partout dans l'Église, reflète le visage de la miséricorde de Dieu ". Ce programme inoubliable atteste bien que, comme l'a dit le Pape, à Banneux, chaque pas que fait le pèlerin est un oui à Dieu.

  • François : le thermomètre de la vie de l'Eglise est bien bas

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    « Trop de chrétiens en déroute, à l'espérance diluée »

    (Radio Vatican) « L’Eglise est pleine de chrétiens en déroute, qui ne croient pas que la foi est victoire ». C’est la pensée développée par le Pape François ce vendredi matin dans l’homélie de la messe célébrée en la chapelle de la Maison Sainte Marthe. « Trop de chrétiens n’ont qu’une espérance diluée, sans force : une espérance faible », « trop de chrétiens n’ont pas la force et le courage de se confier au Seigneur ». 

    « Je n’ai pas peur de le dire », a poursuivi le Pape en parlant de la prière, « le thermomètre de la vie de l’Eglise est bien bas : je vois peu de capacité d’adorer le Seigneur, tout simplement parce que dans la confession de la foi, nous ne sommes pas convaincus, ou seulement convaincus à moitié ». « L’homme ou la femme qui a la foi », a jouté le Pape, « se confie à Dieu : il se confie ! » « Mais s’il ne vit pas cette foi dans la victoire, alors c’est la déroute et c’est le monde qui l’emporte, le Prince du monde, c’est-à-dire le démon ». Et le Pape de citer l’apôtre Paul qui, dans un moment difficile de sa vie, disait : « Je sais bien à qui je me suis confié ». « En effet, il s’était confié », a rappelé le Pape, « au Seigneur Jésus ». 

    « Il faut se confier, car cela nous porte à l’espérance ». « Comme la confession de la foi nous porte à l’adoration et à la louange de Dieu, de la même manière se confier à Dieu nous porte à une attitude d’espérance ».« Confesser sa foi, expliquait le Pape, demande que l’on croit non pas en partie ou à moitié, mais de croire toute la foi, cette foi qui est arrivée à nous par la voie de la tradition : toute la foi ! » « Et comment puis-je savoir si moi je confesse bien la foi ? Et bien celui qui confesse bien la foi, toute la foi, est capable d’adorer Dieu, adorer Dieu » . Le Pape ajoutait que « la première attitude à avoir est de confesser sa foi et la protéger. L’autre attitude est de se confier à Dieu. »

  • Orthodoxie : Moscou dit « niet » à la primauté de Rome

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    A Jérusalem, au mois de mai prochain, le patriarche Barthélemy de Constantinople et le pape renouvelleront en Terre Sainte le baiser de paix échangé, en leur temps par leurs prédécesseurs, le patriarche Athénagoras et le pape Paul VI.  Mais François et Barthélemy ont tous les deux reçu un avertissement de Moscou. Avec un veto très ferme contre une primauté papale qui ne serait pas simplement honorifique. De Sandro Magister  sur son blog « Chiesa » (extraits) :

    « Paul VI n’avait pas gardé le silence à propos du point crucial qui sépare Rome de l'Orient : "la constitution de l’Église" et, dans le cadre de celle-ci, le rôle du pape. Il avait promis à Athénagoras : "Je vous dirai ce que je crois être vrai, qui découle de l’Évangile, de la volonté de Dieu et de l’authentique tradition. Je l’exprimerai. Et s’il y a des points qui ne coïncident pas avec votre pensée à propos de la constitution de l’Église…". "Je ferai de même", déclara Athénagoras.(…) Et Paul VI d’ajouter : "On discutera, nous nous efforcerons de trouver la vérité… Aucune question de prestige, de primauté, qui ne soit ce qui a été établi par le Christ. Absolument rien qui traite d’honneurs, de privilèges. Nous voyons ce que le Christ nous demande et chacun prend sa position ; pas du tout avec l’ambition humaine de dominer, d’obtenir de la gloire, des avantages. Mais avec celle de servir".

    Depuis ce 5 janvier 1964 jusqu’à aujourd’hui, le dialogue œcuménique entre Rome et les Églises d'Orient a parcouru un chemin notable. Et il n’a pas eu peur de mettre en discussion même la question brûlante de la primauté du pape.

    Le document de base de la discussion à propos du rôle universel de l’évêque de Rome a été mis au point à Ravenne, en 2007, par une équipe conjointe d’évêques et de théologiens appelée "commission mixte internationale pour le dialogue théologique entre l’Église catholique romaine et l’Église orthodoxe" : ce document fut approuvé à l’unanimité des présents. Toutefois l’Église orthodoxe russe était absente de la rencontre de Ravenne, en raison d’un désaccord qu’elle avait avec le patriarcat œcuménique de Constantinople. Une absence qui pesait lourd, parce que l’Église russe représente de loin la partie la plus consistante de tout le monde orthodoxe.(…)

    Les objections soulevées par l’Église russe lors de deux rencontres, l’une à Chypre en 2009 et l’autre à Vienne en 2010, furent assez nombreuses et assez graves pour freiner tout rapprochement entre les parties en présence (…). Et elle exprima également des critiques substantielles à propos du document de Ravenne, qui, dans son paragraphe 41, décrit de la manière suivante les points d’accord et de désaccord entre Rome et l'Orient :
    "Les deux parties sont d’accord […] que Rome, en tant qu’Église qui 'préside dans la charité', selon l’expression de saint Ignace d’Antioche, occupait la première place dans la 'taxis' et que l'évêque de Rome était par conséquent le 'protos' parmi les patriarches. Toutefois, ils ne sont pas d’accord sur l’interprétation des témoignages historiques de cette période concernant les prérogatives de l’évêque de Rome comme 'protos', une question déjà comprise de différentes manières pendant le premier millénaire".

    "Protos" est un mot grec qui signifie premier. Et "taxis" est l'organisation de l’Église universelle (…) .

    En pleines fêtes de Noël [2013] pour l’Église catholique, le patriarcat de Moscou a rendu public un document dans lequel il réaffirme son désaccord avec le document de Ravenne et confirme à nouveau son refus total de reconnaître à l’évêque de Rome quelque pouvoir que ce soit – qui ne soit pas simplement "d’honneur" – sur l’Église universelle (…) : "Nous, les orthodoxes, sommes tous convaincus que, au cours du premier millénaire d’existence de l’Église, à l’époque où l’Église n’était pas divisée, la primauté de l’évêque de Rome, le pape, était reconnue. Toutefois il s’agissait d’une primauté d’honneur, dans l’amour, sans qu’il y ait une domination légale sur l’Église chrétienne tout entière. Autrement dit, selon notre théologie, cette primauté est d’ordre humain ; elle a été établie en raison du besoin de l’Église d’avoir une tête et un centre de coordination".

     Réf. Le veto russe contre François et Barthélemy

    On ne peut pas être plus clair : deux ecclésiologies, et au-delà de celles-ci, deux cultures religieuses s’affrontent plus que jamais : l’une sensible (comme l’orthodoxie ou l’islam) à l’ordre des choses qui demeurent, l’autre (comme les protestantismes) à la mouvance de l’Esprit dans les consciences. Rome a su faire le milieu. Mais, par les temps qui courent au sein de l’Eglise romaine, beaucoup de catholiques sont aujourd’hui des orthodoxes inavoués et d’autres des crypto- protestants. JPSC  

  • François : réveillons la mémoire de notre baptême

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    Catéchèse du mercredi 8 janvier 2014

    (Zenit.org) - Pour la première audience générale de l’année 2014, ce mercredi 8 janvier, le pape François a inauguré ce matin une série de catéchèses sur les sacrements, en commençant par le baptême.

    Chers frères et sœurs, bonjour !

    Nous commençons aujourd’hui une série de catéchèses sur les sacrements, et la première concerne le baptême. Par une heureuse coïncidence, nous célèbrerons dimanche prochain la fête du baptême du Seigneur.

    1 Le baptême est le sacrement sur lequel se fonde notre foi et qui nous greffe, comme membre vivant, sur le Christ et son Église. Avec l’Eucharistie et la Confirmation, il forme ce que l’on appelle « l’initiation chrétienne » : celle-ci est un grand et unique événement sacramentel qui nous configure au Seigneur et fait de nous un signe vivant de sa présence et de son amour.

    Mais nous pouvons nous demander : le baptême est-il vraiment nécessaire pour vivre en chrétiens et suivre Jésus ? N’est-ce pas, au fond, simplement un rite, un acte formel de l’Église pour donner un nom au petit garçon ou à la petite fille ? C’est une question qu’on peut se poser. Et ce qu’écrit l’apôtre Paul à ce propos est éclairant : « Ne le savez-vous donc pas : nous tous, qui avons été baptisés en Jésus Christ, c'est dans sa mort que nous avons été baptisés. Si, par le baptême dans sa mort, nous avons été mis au tombeau avec lui, c'est pour que nous menions une vie nouvelle, nous aussi, de même que le Christ, par la toute-puissance du Père, est ressuscité d'entre les morts. » (Rm 6,3-4). Ce n’est donc pas une formalité ! C’est un acte qui touche notre existence en profondeur. Un enfant baptisé ou un enfant qui n’est pas baptisé, ce n’est pas la même chose. Ce n’est pas la même chose, une personne baptisée, ou une personne qui n’est pas baptisée. Par le baptême, nous sommes immergés dans cette inépuisable source de vie qu’est la mort de Jésus, le plus grand acte d’amour de toute l’histoire ; et grâce à cet amour, nous pouvons vivre une vie nouvelle, non plus à la merci du mal, du péché et de la mort, mais dans la communion avec Dieu et avec nos frères.

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  • Dieu nous précède toujours

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    Du pape François lors de l’angélus du jour de l'Epiphanie (source)

    Chers frères et sœurs, bonjour !

    Aujourd’hui, nous célébrons l’Épiphanie, c’est-à-dire la « manifestation » du Seigneur. Cette solennité est liée au récit biblique de la venue des rois mages d’Orient à Bethléem pour rendre hommage au roi des juifs ; c’est un épisode que le pape Benoît a magnifiquement commenté dans son livre sur l’enfance de Jésus. Cela a été précisément la première « manifestation » du Christ aux peuples. C’est pourquoi l’Épiphanie met en relief l’ouverture universelle du salut apporté par Jésus. La liturgie de ce jour proclame : « Tous les peuples de la terre viendront t’adorer, Seigneur » parce que Jésus est venu pour chacun de nous, pour tous les peuples, pour tous !

    En effet, cette fête nous montre un double mouvement : d’un côté, le mouvement de Dieu vers le monde, vers l’humanité – toute l’histoire du salut, qui culmine en Jésus – et, de l’autre, le mouvement des hommes vers Dieu – pensons aux religions, à la recherche de la vérité, au cheminement des peuples vers la paix, la paix intérieure, la justice, la liberté. Et ce double mouvement est porté par une attraction mutuelle. Du côté de Dieu, qu’est-ce qui l’attire ? C’est son amour pour nous : nous sommes ses enfants, il nous aime et veut nous libérer du mal, des maladies, de la mort et nous emporter dans sa maison, dans son Royaume. « Dieu, par pure grâce, nous attire pour nous unir à lui » (exhort. apost. Evangelii gaudium, 112). Et de notre côté aussi, il y a un amour, un désir : le bien nous attire toujours, la vérité nous attire, la vie, le bonheur, la beauté nous attirent… Jésus est le point de rencontre de cette attraction mutuelle, de ce double mouvement. Il est Dieu et homme : Jésus, Dieu et homme. Mais qui prend l’initiative ? C’est toujours Dieu ! L’amour de Dieu précède toujours le nôtre ! C’est toujours lui qui prend l’initiative. Il nous attend, il nous invite, l’initiative vient toujours de lui. Jésus est Dieu qui s’est fait homme, qui s’est incarné, qui est né pour nous. La nouvelle étoile qui est apparue aux mages était le signe de la naissance du Christ. S’ils n’avaient pas vu l’étoile, ces hommes ne seraient pas partis. La lumière nous précède, la vérité nous DSC_1031-_Amandiers_en_fleurs_-_Aragon_.jpgprécède, la beauté nous précède. Dieu nous précède. Le prophète Isaïe disait que Dieu est comme la fleur d’amandier. Pourquoi ? Parce que sur cette terre, là-bas, l’amandier fleurit le premier. Et Dieu précède toujours, il est toujours le premier à nous chercher. C’est lui qui fait le premier pas. Dieu nous précède toujours. Sa grâce nous précède et cette grâce est apparue en Jésus. Il est l’épiphanie. Lui, Jésus-Christ, est la manifestation de l’amour de Dieu. Il est avec nous.

    L’Église est tout entière dans ce mouvement de Dieu vers le monde : sa joie est l’Évangile, elle est de refléter la lumière du Christ. L’Église est le peuple de ceux qui ont fait l’expérience de cette attraction et qui la portent en eux, dans leur cœur et dans leur vie. « Je voudrais dire - sincèrement - je voudrais dire à ceux qui se sentent loin de Dieu et de l’Église, à ceux qui sont craintifs et indifférents : Le Seigneur t’appelle toi aussi à faire partie de son peuple et il le fait avec grand respect et amour ! » (ibid., 113). Le Seigneur t’appelle. Le Seigneur te cherche. Le Seigneur t’attend. Le Seigneur ne fait pas de prosélytisme, il donne de l’amour, et cet amour te cherche, t’attend, toi qui, en ce moment, ne crois pas ou qui es loin. Et c’est cela l’amour de Dieu.

    Demandons à Dieu, pour toute l’Église, demandons la joie d’évangéliser, parce qu’elle a été « envoyée par le Christ pour manifester et communiquer la charité de Dieu à toutes les nations » (Ad gentes, 10). Que la Vierge Marie nous aide tous à être des disciples-missionnaires, de petites étoiles qui reflètent sa lumière. Et prions pour que les cœurs s’ouvrent à l’accueil de l’annonce et que tous les hommes parviennent à être « bénéficiaires de la même promesse par le moyen de l’Évangile » (Eph 3,6).