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23 séminaristes dont 6 religieux pour la Belgique francophone
La lettre de rentrée du séminaire francophone de Namur donne les effectifs des séminaristes en formation pour les diocèses de Belgique francophone : ils sont 20 (11 diocésains et 9 du chemin néocatéchuménal) et six religieux, dont il faut retrancher deux du chemin néocatéchuménal ordonnés en septembre pour Malines-Bruxelles et un diocésain ordonné pour le diocèse de Liège début octobre.
Ils sont donc 17 – 10 diocésains et 7 du chemin néocatéchuménal, dont trois ont ou vont être ordonnés diacres en vue du sacerdoce pour le diocèse de Malines Bruxelles (Emmanuel), Namur (diocésain) et Tournai (diocésain). Soit 14 séminaristes en formation, à fin février 2026 pour toute la Belgique francophone, dont 7 diocésains.
A ce nombre somme toute assez faible s’ajoutent six religieux en cours de formation pour le ministère sacerdotal :
2 bénédictins de Maredsous
2 Augustins de Bouge
2 prémontrés de Leffe/Kinshasa
Il n’y a pas de statistique pour l’année en cours dans le séminaire flamand Johannes XXIII de Louvain, unique pour tous les diocèses néerlandophones, mais plusieurs vidéos des séminaristes, notamment pendant leurs examens, tendent à montrer qu’ils ne seraient qu’une demi-douzaine.
Mexique : plus de 60 000 jeunes en pèlerinage au Christ-Roi
Un record de participation pour le centenaire de la guerre des Cristeros au Cerro del Cubilete
5 février 2026
Plus de 60 000 jeunes de tout le Mexique ont fait un pèlerinage à Cerro del Cubilete, le cœur géographique du Mexique, pour commémorer le centenaire de la guerre des Cristeros, comme Zenit l’avait anticipé le 26 janvier.
On attendait 45 000 participants, mais ce chiffre a été dépassé et, selon les estimations du gouvernement de l’État de Guanajuato, entre 60 000 et 70 000 personnes étaient présentes : la foi des jeunes n’est pas nouvelle, mais il y a chez eux une agitation spirituelle plus grande que celle que les grands médias font taire.
La cérémonie était présidée par le nonce apostolique du Vatican au Mexique, l’archevêque Joseph Spitieri, qui a souligné que la jeunesse mexicaine contribue à nourrir l’espoir d’un pays plus fraternel, juste et compatissant. Il a appelé à tirer les leçons de l’histoire pour éviter de répéter les erreurs du passé. Il a également insisté sur le fait que la lutte contre la violence est la responsabilité de tous.
La marche annuelle, pour sa 43e édition, était organisée par le groupe Témoignage et Espérance (TyE), le Mouvement de la Famille Chrétienne et de nombreux autres groupes à travers le pays. Elle s’est déroulée le 31 janvier à Cerro del Cubilete, au centre géographique de Mexico, dans l’État de Guanajuato. Cette date commémore le centenaire du début de la guerre des Cristeros, également connue sous le nom de Cristiada, qui a débuté après la promulgation de la loi dite « Calles » le 31 juillet 1926. Cette loi a renforcé les restrictions imposées aux activités de l’Église et a suspendu les offices religieux publics. Le soulèvement armé et spontané des catholiques dans diverses régions du pays a officiellement pris fin le 21 juin 1929, bien que la persécution et les massacres de Cristeros se soient poursuivis pendant plusieurs années.
Le nonce apostolique a déclaré lors d’une conférence de presse que les événements historiques sont importants car l’histoire est une source d’enseignement pour la vie. Ce conflit nous apprend que même des moments les plus douloureux, nous pouvons tirer de précieux enseignements afin de ne pas reproduire les mêmes erreurs.
Andrea Pereda et Rubén Loya, dirigeants de TyE , ont déclaré : « Aujourd’hui, en tant que catholiques, nous élevons la voix contre une réalité qui blesse profondément l’âme du Mexique. Nous ne pouvons ignorer la censure insidieuse mais croissante qui vise les prêtres, les fidèles et les expressions catholiques. Les tentatives de réformes juridiques qui cherchent à limiter la liberté religieuse, les menaces et les attaques contre les églises, et le nombre déplorable de prêtres assassinés sont autant de signes d’une persécution qui blesse avec le même mépris qu’autrefois. »
Au Mexique, la violence a fait 232 860 morts ces sept dernières années, selon les chiffres officiels. Le gouvernement privilégie une approche fondée sur le dialogue et la compassion en attendant des solutions.
L’archevêque de León, Jaime Calderón, a déclaré : « La situation actuelle est préoccupante et exige notre attention. Depuis 2010, l’Église catholique s’est particulièrement impliquée pour tenter d’y remédier. Une analyse des causes profondes a été menée, et il s’agit d’un problème qui concerne tout le monde, y compris les autorités civiles. »
Les jeunes gens ont gravi la colline en acclamant leurs villes natales, en récitant le chapelet et en criant « Vive la guerre des Cristeros ! » et « Vive les martyrs mexicains morts entre 1926 et 1929 ! ». De cette manière, ils ont exprimé que la foi n’est pas confinée, elle se vit ; l’espoir ne s’improvise pas, il se construit ; et la paix se construit en commençant par la famille.
Dénatalité : «Les vraies raisons ne sont pas économiques»
La psychologue clinicienne Marie-Estelle Dupont, qui anime « Et si on parlait » sur Europe 1, du lundi au samedi à 15 heures, pointe les obstacles non identifiés à la maternité.
4 février 2026
La défécondité repose sur l'absence de valeur accordée à la transmission de la vie.
Il est parfaitement normal que certains traumatismes, notamment l’inceste, dissuadent à jamais d’enfanter. Mais il est en revanche profondément malsain d’ériger en vérité politique l’idée que la maternité serait un asservissement. Ce n’est qu’un point de vue. J’éduque trois enfants, et le mien est évidemment tout autre. Pour moi, la maternité est un accomplissement, en dépit de l’immense fatigue liée au fait de devoir travailler à temps plein… Car ce n’est pas le bébé le problème, mais le système dans lequel on devient mère, et l’isolement des couples. C’est la perte des liens intergénérationnels, l’éloignement géographique ou l’indifférence à l’autre dans les grandes villes…
Et rien ne s’arrange. À l’heure des solidarités affichées et de la tolérance inclusive, la vérité est bien sinistre : cours d’école interdites, wagons sans enfants (plutôt que wagons réservés aux tout-petits avec un environnement adapté à leur taille et à leurs besoins), secrétariats médicaux que vous appelez après un test de grossesse et qui vous demandent directement si c’est pour un avortement…
Les vraies raisons de la défécondité ne sont pas économiques. Même s’il est évident que mes parents ont assumé quatre enfants avec un seul salaire, alors qu’un couple qui travaille peine désormais à loger correctement deux ou trois enfants dans une grande ville. Mais l’argument cache l’immense arnaque de la modernité. Celle qui fait croire aux femmes qu’elles seront libres, épanouies, émancipées en étant célibataires, puissantes économiquement et sans descendance.
Il n’est d’existence sans liens, et l’on nous vend pourtant l’autonomie comme l’alpha et l’omega du bonheur… Nous savons pourtant que la vie n’a de saveur que par les relations. Les bébés carencés se laissent dépérir ; les vieillards isolés souffrent de syndromes de glissement ; les adultes trop longtemps seuls dépriment et s’angoissent… En imposant une anthropologie matérialiste et individualiste, la modernité a perdu l’homme en le coupant de sa nature véritable. Celle à partir de laquelle, seulement, il peut à la fois s’accomplir et être heureux. Or c’est parce que l’on sent l’immense valeur de l’existence, et son sens, que l’on enfante.
Cela ne veut pas dire qu’une femme ne saurait être heureuse sans être mère ou sans être mariée. En revanche, cela signifie qu’une société qui crée des espaces interdits aux enfants et ne présente l’interdépendance dans le couple que sous l’angle du risque d’emprise perçoit uniquement le lien familial sous l’angle de la soumission/domination, de la charge logistique, de la frustration. Une société qui se presse de donner 2 000 euros par mois et par enfant aux crèches, mais seulement 400 aux parents qui souhaitent prendre un congé parental, est une société qui pousse une vision erronée de ce qu’est l’homme.
Tant de choses participent du découragement… La précarité de l’amour, la difficulté à s’engager ou la banalisation du divorce… Les conditions effarantes d’accueil du jeune enfant, les maltraitances systémiques de crèches dans lesquelles un adulte doit assumer seul huit enfants, le silence assourdissant des féministes quant aux besoins des femmes qui viennent d’accoucher et cicatrisent encore après avoir mis au monde ceux qui paieront les retraites des militants du « no kids ». La santé mentale de l’adulte repose sur un attachement sécurisant, apaisant. Et on s’étonne que ça aille mal ? La culpabilisation permanente des parents qui souhaitent exercer leur autorité parentale comme bon leur semble, l’infantilisation des adultes, l’autonomisation à marche forcée de tout-petits séparés de leur figure d’attachement des journées entières. Et j’ajouterais même la surmédicalisation de la grossesse, accompagnée d’intrusions parfois fort violentes d’obstétriciens dans le corps de la parturiente…
« Pour donner la vie, il faut espérer, avoir confiance »
Pour donner la vie, il faut espérer. Avoir confiance, a minima, en soi, dans son couple et dans le monde à venir. Ce n’est pas, rappelle Olivier Rey dans son essai récent Défécondité, l’argument économique qui prime. C’est cette absence d’espérance, de valeur accordée à la transmission de la vie. Mais c’est aussi cette maltraitance systémique du bébé et de sa mère, cette dépréciation de la vie, cette domestication de l’amour.
Aujourd’hui, avoir un enfant est perçu comme trop risqué. Parce qu’en lieu et place de l’espérance en un bien commun et désirable, nous avons été biberonnés au narratif de crise. Crise économique, migratoire, géopolitique, institutionnelle, sanitaire, écologique. Ce monde en crise n’est-il pas avant tout un monde en espérance d’enfants qui nous réconcilient avec une vie qui se désincarne et se désenchante à force d’être domestiquée ?
Ces nouveaux convertis qui veulent entrer au séminaire
30 janvier 2026
Un miracle semble avoir eu lieu à Rennes. À la rentrée 2024, 4 candidats avaient frappé à la porte du séminaire, 18 se sont présentés un an plus tard. Soit « une augmentation de 350 % » se félicite le supérieur de la Maison Charles de Foucauld, le père Olivier Roy, en charge de l’une des 13 « propédeutiques » réparties sur le territoire. Cette maison accueille des candidats à la prêtrise de 9 diocèses de Bretagne, Pays de la Loire et Basse-Normandie.
Depuis 2022, le passage par une année de propédeutique est obligatoire avant d’entrer au séminaire. Il s’agit de discerner la qualité de la vocation. Une étape préalable, lancée par le cardinal Jean-Marie Lustiger à Paris, dès 1984. Une sorte de « prépa » spirituelle dont l’objet n’est pas les études - philosophiques et théologiques, au programme des six années de séminaire -, mais une plongée dans la vie intérieure, fraternelle et caritative. Il n’y a pas de concours d’entrée à la clé, sinon l’épreuve du « combat spirituel pour gagner en liberté, résume un formateur, afin de se présenter plus mûr au séminaire ».
Pour expliquer le record de ces 9 diocèses de l’ouest de la France, le père Olivier Roy avance des « effets de rattrapage » d’une année sur l’autre, car certains candidats réfléchissent à deux fois avant de s’engager, ou encore l’influence d’événements comme « le jubilé des jeunes à Rome, en juillet 2025 », cite-t-il. Et, avance-t-il, « pourquoi pas l’effet d’un nouveau pape, à l’image plus consensuelle et compatible avec des jeunes en recherche vocationnelle », en la personne de Léon XIV. Ce formateur constate en effet que « cette promotion de propédeutique 2025 a choisi saint Augustin comme saint patron, ce qui n’est pas sans lien avec les origines spirituelles du pape américain. »
Confinement et intériorité
Le père Olivier Roy assure que ce record d’inscriptions n’est pas isolé : « En France, les propédeutiques ont quasiment toutes réalisé une bonne rentrée en septembre dernier, avec 145 inscrits. » Ils étaient seulement 99 « propédeutes » en septembre 2023, soit 46,5 % d’augmentation en deux ans. La courbe d’entrée au séminaire connaît cependant des hauts et des bas : 165 candidats étaient admis en l’an 2000, ils n’étaient que 106 en 2015 et remontaient à 156 en 2020. Quant à la crise des abus sexuels dans l’Église, qui a explosé à l’orée des années 2000, elle semble ne pas avoir grevé significativement les candidatures pour le sacerdoce, puisqu’elles ont été relativement stables ce quart de siècle avec une moyenne de 131 candidats annuels en France.
En tout cas, il semble bel et bien se passer quelque chose dans l’Église de France. Ne voit-elle pas bondir le nombre des demandes de baptêmes d’adultes et d’adolescents ? Alors qu’ils avoisinaient les 4 000 par an jusqu’en 2022, ils ont décollé il y a trois ans, passant de 5 423 en 2023 à 17 784 en 2025, dont la moitié à un âge inférieur à 25 ans. Là aussi, le pourcentage d’augmentation, 228 %, est spectaculaire. Les chiffres 2026 s’annoncent au diapason, ils seront connus fin mars.
De nombreux pasteurs estiment que les confinements du Covid (printemps et automne 2020, puis avril 2021) auraient provoqué une « forte recherche de sens » chez beaucoup de jeunes, liée au « vide existentiel » et à « l’isolement des écrans ». Ce que confirme Antoine Pasquier, rédacteur en chef à Famille chrétienne, qui vient de publier Enquête sur ces jeunes qui veulent devenir chrétiens (Mame Éditions), après avoir réalisé une enquête qualitative auprès de ces nouveaux convertis.
Des baptisés de « qualité »
Cet auteur décrit le parcours de ces nouveaux entrants dans l’Église. « Beaucoup qui ne connaissaient rien du christianisme se sont mis en route, à la suite d’expériences spirituelles fortes, intimes, ou d’épreuves personnelles. Ils ont ensuite cherché sur internet et les réseaux sociaux des réponses à leurs questions, et lu la Bible, seuls. » Il ajoute : « Ces jeunes sont d’ailleurs fiers d’affirmer leur identité catholique, et cette nouvelle génération de catholiques n’a aucun problème avec le fait d’être minoritaires. »
Dans son excellent ouvrage récent, * Un monde nouveau et étrange* , Carl Trueman met en garde les chrétiens contre un optimisme naïf en cette « ère chaotique, incertaine et sombre ». C'est une remarque judicieuse. La culture actuelle regorge de sujets susceptibles de bouleverser les convictions de chacun, et plus particulièrement celles des croyants. Parallèlement, un « optimisme éclairé » se justifie, car il existe des raisons rationnelles de croire que le christianisme sera davantage pris au sérieux en Occident dans les années à venir.
Après tout, depuis plus de soixante ans, nous vivons sous la tyrannie d'une déclaration collective selon laquelle je m'appartiens et n'appartiens à personne d'autre – que je décide des questions de vie, du fait de donner, de prendre ou d'empêcher la vie ; que moi , et personne d'autre, ai le droit de faire de mon corps ce que bon me semble.
Et ce rejet de la vérité selon laquelle nous ne nous appartenons pas peut désormais être jugé par ses fruits, qui sont partout autour de nous. La déclaration « Je m’appartiens », cri de ralliement fondamental de la révolution sexuelle, a radicalement transformé la vie et, à plusieurs égards, l’a rendue pire pour nous que pour tout autre être humain dans l’histoire.
C'est une affirmation audacieuse. Les faits le confirment.
Vivre selon le credo « Je m’appartiens et à personne d’autre » a engendré d’immenses souffrances, passées inaperçues jusqu’à récemment, sauf auprès des seuls croyants. Ce déni profondément ancré est en train de changer – et il change précisément parce que les dégâts sont devenus inévitables.
Les ravages de l'idolâtrie de l'autonomie sont partout visibles : dans les hordes de jeunes déséquilibrés d'aujourd'hui, dans la hausse constante des troubles psychologiques depuis des décennies, dans les études universitaires sur la solitude, dans les troubles sociaux, dans la nostalgie de plus en plus exprimée d'un monde privé de ses enfants. Le verdict est sans appel.
De plus, l'affirmation selon laquelle je suis maître de mon sexe et de mon plaisir sexuel a engendré le principal obstacle à l'amour, à la famille et au mariage aujourd'hui : la consommation compulsive de pornographie par un grand nombre de jeunes hommes, et quelques jeunes femmes.
Comme le savent les thérapeutes, cette obsession a notamment pour conséquence de rendre les individus incapables de vivre des relations amoureuses authentiques. Ce terrible résultat, peut-être le pire de tous les effets de cette révolution, transforme l'affirmation « Je m'appartiens et à personne d'autre » en un véritable épitaphe pour l'amour.
Paradoxalement, cela nous amène à un premier motif d'espoir. Les dégâts sont si manifestes et indéniables que des voix extérieures aux sphères religieuses ont enfin commencé à les dénoncer.
Les Amants de René Magritte, 1928 [Musée d'Art Moderne, New York]
Un nouveau scepticisme et de nouvelles critiques de l'autonomie sexuelle débridée se font jour aujourd'hui – y compris de la part d'auteurs qui affirment préférer ne pas s'aligner sur l'enseignement chrétien traditionnel, mais que la logique et les preuves les ont néanmoins conduits dans la même direction.
Ce tournant vers le révisionnisme est lui aussi une excellente chose. Que des voix laïques s'alignent sur l'enseignement de l'Église sur les questions sociales, même à contrecœur, et qu'elles reconnaissent ou non le christianisme, constitue une victoire indéniable pour la Cause.
Cela nous ouvre une autre perspective d'espoir. Autre évolution imprévisible il y a encore dix ans : les conversions et les pratiques religieuses ne sont plus rares, même sur les campus les plus prestigieux et laïcisés. De fait, elles sont en augmentation, comme le constatait (avec une certaine inquiétude) l'intellectuel libéral Mark Lilla l'an dernier dans un article de la New York Review of Books consacré à son propre campus, l'université Columbia.
« Au cours de la dernière décennie », a-t-il observé, « l’intérêt pour les idées et les pratiques catholiques s’est accru parmi les élites intellectuelles de droite, et il n’est pas rare de rencontrer de jeunes conservateurs dans les institutions de l’Ivy League qui se sont convertis ou ont renouvelé leur foi depuis leur arrivée à l’université. »
Columbia n'est pas un cas isolé. Au printemps dernier, j'ai donné des conférences à mon ancienne université, Cornell, longtemps la plus laïque des universités de l'Ivy League, dont la culture politique est profondément ancrée à gauche. Des signes impressionnants de vie religieuse y ont émergé : au sein de COLLIS, un institut intellectuel catholique et un programme de conférences animé par une équipe dynamique et engagée ; à Chesterton House, une résidence et un lieu de rencontre protestants, dont les activités comprennent l'étude biblique, les œuvres de bienfaisance, la prière communautaire et d'autres formes de partage ; et grâce à un esprit de corps contagieux qui règne sur le campus entre protestants et catholiques.
Ailleurs, sur d'autres campus, initiatives et institutions se multiplient, perpétuant les traditions de la foi. Les Cercles thomistes, qui diffusent les enseignements de saint Thomas et d'autres prédicateurs, attirent des étudiants curieux venus de tous horizons.
À l'Université de St. Thomas à Houston, par exemple, de nouveaux programmes catholiques passionnants sont en cours d'élaboration, notamment au Centre Nesti pour la Foi et la Culture ; ce centre propose le seul master au monde en études catholiques sur les femmes et le genre. Un récent colloque d'hiver de deux jours, qui a connu un vif succès et portait sur ce que Jean-Paul II appelait le « génie féminin », a témoigné une fois de plus du dynamisme de cette communauté catholique.
Réfléchir à ces élans inattendus, c'est prendre conscience d'une chose facile à oublier en cette époque justement qualifiée de « chaotique, inexplorée et obscure ». Après tout, nous ne sommes pas revenus les mains vides de l'expérience des soixante dernières années.
D'une manière encore mal comprise, mais qui le sera bientôt, le désordre post-révolutionnaire actuel nous apprend quelque chose. Il nous apprend que vivre comme si nous n'étions pas maîtres de nous-mêmes nous protège mieux que de vivre sous l'emprise d'un individualisme exacerbé. La vérité de l'enseignement chrétien transparaît dans les conséquences néfastes d'une vie sans lui.
Un jour, davantage d'âmes comprendront – et rejetteront – le credo actuel qui prône l'autonomie absolue. Lorsque cela se produira, les chrétiens de demain, et d'autres encore, se tourneront vers le passé pour y chercher les signes annonciateurs de ce futur éveil. Et ils constateront que, dès début 2026, un nombre important et inattendu de ces signes se manifestent déjà ici et maintenant.
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Mary Eberstadt est chercheuse principale à l'Institut Foi et Raison. Cet article est adapté d'un discours prononcé lors de la conférence annuelle « L'anglicanisme pur et simple » à Charleston, en Caroline du Sud, le 23 janvier 2026.
(Source) Jean Bosco est né le 16 août 1815, sur la colline des Becchi, un petit hameau près de Castelnuovo d'Asti, aujourd'hui Castelnuovo Don Bosco. Issu d'une famille pauvre, orphelin à l'âge de 2 ans, il fut élevé par sa mère Marguerite, ainsi que son frère aîné Joseph et son demi frère Antoine.
Travaillant dur et ferme, il s'est préparé à la mission qui lui avait été indiquée dans un songe, alors qu'il avait à peine 9 ans, et qu'il s'est vu confirmer par la suite à maintes reprises, de manière extraordinaire.
Il a étudié à Chieri, tout en apprenant divers métiers. Il est ordonné prêtre à 26 ans. Arrivé à Turin, il est immédiatement frappé par le spectacle des enfants et des jeunes livrés à eux-mêmes, sans travail et sans guide. Il prend alors la décision de consacrer sa vie aux jeunes pour les sauver.
Débuts de l'oeuvre
Le 8 décembre 1841, dans l'église St François d'Assise, Don Bosco rencontrait un pauvre garçon, nommé Barthélemy Garelli, le premier d'une multitude de jeunes. C'est ainsi que commence l'Oratoire, itinérant au début, puis, dès Pâques 1846, définitivement installé au Valdocco, faubourg malfamé, qui deviendra la maison mère de toutes les œuvres salésiennes.
Les garçons affluent par centaines : ils étudient et apprennent un métier dans les ateliers que Don Bosco a construit pour eux. En 1859, Don Bosco invite ses premiers collaborateurs à se joindre à lui dans la Congrégation Salésienne : ainsi, rapidement, devaient se multiplier partout des « oratoires » (centres de loisirs et de formation humaine et chrétienne pour les jeunes), des écoles professionnelles, des collèges, des centres de vocations (sacerdotales, religieuses, missionnaires), des paroisses, des centres en pays de mission... Ainsi, en 1875, son action déborde l'Italie, une première expédition missionnaire s'embarque pour l'Argentine, et les salésiens ouvrent leur première œuvre en France, à Nice .
Les filles et les laïcs aussi
En 1872, Don Bosco fonde l'institut des Filles de Marie Auxiliatrice (Sœurs salésiennes) qui travailleront pour les jeunes filles dans des œuvres variées, avec le même esprit et la même pédagogie. La cofondatrice et première supérieure a été Marie Dominique Mazzarello (1837-1881), canonisée par le pape Pie XII le 21 juin 1951.
Mais Don Bosco a su s'entourer de nombreux laïcs pour partager avec les Salésiens et les Salésiennes son projet éducatif. Dès 1869, il fondait l'Association des Coopérateurs, qui font partie à part entière de la Famille Salésienne, se mettant au service de l'Eglise à la manière de Don Bosco.
A 72 ans, épuisé par le travail, Don Bosco avait réalisé ce qu'il avait déclaré un jour : « J'ai promis à Dieu que tant qu'il me resterait un souffle de vie, ce serait pour mes chers enfant. » Il meurt à Turin, au Valdocco, à l'aube du 31 janvier 1888.
Béatifié le 2 juin 1929 et proclamé saint par le pape Pie XI, le dimanche de Pâques 1er avril 1934, Don Bosco est considéré, à juste titre, comme un des plus grands éducateurs.
Sur ce blog, nous avons évoqué à plusieurs reprises la figure de Don Bosco que l'on fête aujourd'hui (ici, là ).
Le doyenné de Ciney propose deux belles prières à saint Jean Bosco :
O saint Jean Bosco
Père et Maître de la jeunesse,
toi qui, docile à l’Esprit,
as transmis à la Famille salésienne
le trésor de la prédilection
pour les petits et pour les pauvres,
apprends-nous à être pour eux chaque jour
les signes et les porteurs de l’amour de Dieu,
et fais grandir en nos cœurs
les mêmes sentiments du Christ Bon Pasteur.
Demande pour tous les membres de ta Famille,
la bonté du cœur, la ténacité au travail,
la sagesse du discernement,
le courage de donner un témoignage d’Église,
la générosité missionnaire.
Obtiens-nous la grâce de rester fidèles à l’Alliance
que le Seigneur a scellée avec nous,
et fais que, conduits par Marie,
nous parcourions joyeusement,
avec les jeunes
la voie qui conduit à l’Amour.
AMEN
Ô Saint-Jean Bosco, par l’ardent amour que vous portiez à Jésus au Saint-Sacrement et par votre zèle à en propager le culte, en recommandant surtout l’assistance à la Sainte-Messe, la communion fréquente et la visite quotidienne, obtenez-nous de progresser toujours davantage dans l’amour et la pratique d’une dévotion si sainte et d’entrer dans notre éternité, fortifiés et réconfortés par la Divine Eucharistie. Amen.
PD James et les parkas de créateurs pour chihuahuas
Face aux signes indéniables de déclin culturel, voire civilisationnel, l'Église a fort à faire.
28 janvier 2026
Les romans policiers de P.D. James, mettant en scène l'inspecteur Adam Dalgliesh de New Scotland Yard, sont tout aussi captivants que ceux écrits par Agatha Christie, Dorothy L. Sayers, Edith Pargeter (qui écrivait sous le pseudonyme d'« Ellis Peters » lors de la création des Chroniques de Cadfael ) et Ann Cleeves.
Pourtant, mon œuvre préférée de cette femme, anoblie à vie et décédée en 2014 sous le titre de baronne James de Holland Park, est son roman dystopique Les Fils de l'homme, qui explore un monde d'infertilité généralisée . Oubliez le film qui prétend être tiré du roman et lisez le livre ; sa première phrase est pour le moins saisissante :
Tôt ce matin, le 1er janvier 2021, trois minutes après minuit, le dernier être humain né sur terre a été tué dans une bagarre dans un pub de la banlieue de Buenos Aires, à l'âge de vingt-cinq ans, deux mois et douze jours.
Je ne dévoilerai pas l'intrigue en m'attardant sur les détails du monde sans enfants que dépeint P.D. James. Disons simplement que certains éléments m'ont traversé l'esprit le mois dernier lors d'un séjour de deux semaines et demie à Rome.
Paris a beau se surnommer la « Ville Lumière », Rome, à l'approche de Noël, brille tout autant de mille feux : des ruelles du Borgo au parc du Château Saint-Ange, en passant par le quartier commerçant huppé de la Via Condotti et la Place d'Espagne. Au milieu de cette splendeur, pourtant, planaient des ombres : celles liées à la relative absence d'enfants dans un pays où le taux de natalité est bien inférieur au seuil de renouvellement des générations. Et comme dans le roman de P.D. James (où l'absence d'enfants est due à une inexplicable infertilité masculine mondiale), un monde où les enfants sont peu nombreux engendre des comportements adultes pour le moins étranges.
Les animaleries semblent désormais bien plus nombreuses à Rome. Prenez par exemple myfamily, qui a créé un véritable univers dédié aux animaux de compagnie dans la gare Termini. Et que propose myfamily ? Des pulls et des parkas hors de prix pour… des chihuahuas et autres chiens de petite taille ! Car myfamily abrite une marque d’accessoires pour animaux de compagnie, proposant des produits « confectionnés avec soin » pour chiens et chats, dont « plus de 700 modèles de médailles personnalisables par gravure sur place en moins de deux minutes ».
Dans un monde marqué par l'infertilité, le mot « famille » a manifestement acquis de nouvelles connotations, que certains qualifieraient de sinistres. Contrairement à la dystopie de P.D. James, la crise actuelle de la stérilité infantile en Occident n'est cependant pas inexplicable. Elle s'explique parfaitement par la décision délibérée des jeunes couples de ne pas avoir d'enfants. Aujourd'hui, la stérilité infantile est un choix personnel.
Il y avait aussi les expériences partagées par un ami universitaire en année sabbatique à Rome, où il avait passé son adolescence. Outre ses recherches, il avait profité de ces derniers mois pour renouer avec d'anciens camarades de son lycée classique italien. Comme lui, ils étaient désormais des professionnels avec une famille. Et ce qu'ils décrivaient comme des pratiques courantes dans leurs quartiers aisés avait certainement retenu l'attention de leur ancien camarade – et la mienne, lorsqu'il me racontait ces anecdotes.
Par exemple : quel est le cadeau le plus courant pour une première communion ? Un iPhone.
Par exemple : quel est le cadeau numéro 1 pour les filles qui fêtent leurs 18 ans ? La chirurgie esthétique.
Les camarades de lycée de mon ami parlaient aussi de jeunes se repliant sur eux-mêmes et se réfugiant dans un monde de relations virtuelles. De jeunes terrifiés par la moindre difficulté. De femmes incapables de trouver un mari et d'hommes désemparés face à la masculinité. Plus inquiétant encore était le laxisme du curé de la paroisse romaine, qu'il fallut convaincre par des parents furieux de mettre en place un programme de préparation à la confirmation pour les jeunes désireux de recevoir ce sacrement.
Certes, il ne s'agit que de témoignages anecdotiques. Et il est certain que des phénomènes similaires, voire pires, existent dans le monde dit développé. Par exemple, je n'ai jamais rien entendu en Italie qui puisse rivaliser avec « Ami-chan », cette « poupée-petite-fille électronique » (en réalité un robot) dotée d'intelligence artificielle, disponible au Japon depuis 2021, qui possède un vocabulaire de 1 600 mots, chante des comptines et interagit avec des personnes âgées japonaises n'ayant pas de petits-enfants.
Face à ces signes indéniables de déclin culturel, voire civilisationnel, l'Église a fort à faire. C'est pourquoi la renaissance des aumôneries universitaires aux États-Unis et l'essor remarquable des mouvements pour jeunes adultes comme l'Institut thomiste, le Forum léonin et FOCUS sont porteurs d'espoir. Ces initiatives offrent des modèles que l'Église aux États-Unis peut partager avec l'Église en Europe, en Amérique latine, dans les pays de l'ANZAC et en Asie de l'Est.
Avant qu'il ne soit trop tard.
( La chronique de George Weigel, « La différence catholique », est diffusée par le Denver Catholic , la publication officielle de l'archidiocèse de Denver. )
Le Conseil de l'Europe interdit les pratiques de conversion. Victoire pour les LGBT, défaite pour la liberté
L'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe vote l'interdiction de toutes les « pratiques de conversion ». Elle suggère aux 46 pays membres d'adopter des législations conformes à cette décision. Même les associations gay protestent. On restera libre de devenir gay, mais pas d'emprunter le chemin inverse. Les mineurs seront davantage exposés à une transition de genre prématurée.
30_01_2026
Encore un danger venant d'Europe. En résumé, l'organe qui devrait protéger et promouvoir les droits de l'homme décide au contraire de limiter les libertés et les droits fondamentaux, afin de privilégier l'idéologie LGBTI et les lobbies transgenres. Cette fois-ci, c'est le Conseil de l'Europe qui confirme le danger d'homologation et de privation de liberté pour les individus, les églises, les fidèles et les professionnels. Hier, son Assemblée parlementaire a approuvé (71 voix pour, 26 contre, 2 abstentions) la résolution « Pour l'interdiction des pratiques de conversion », qui invite les États membres du Conseil de l'Europe à introduire des interdictions assorties de sanctions pénales sur les pratiques dites « de conversion ». À ce jour, seuls Malte et les Pays-Bas prévoient de telles interdictions. La célèbre promotrice de l'idéologie LGBTI et transsexuelle en Europe, dont nous avons maintes fois souligné les initiatives vulgaires et illibérales, l'ancienne commissaire européenne à l'égalité Helena Dalli, était présente en tant que témoin et est intervenue dans l'hémicycle en tant qu'invitée d'honneur pour soutenir le texte.
Le texte définit les pratiques de conversion ou réparatrices comme « toutes les mesures ou efforts visant à changer, réprimer ou supprimer l'orientation sexuelle, l'identité de genre ou l'expression de genre d'une personne, sur la base de la fausse conviction que ces aspects fondamentaux de l'identité d'une personne sont pathologiques ou indésirables ou peuvent d'une manière ou d'une autre être modifiés ». Il affirme en outre que les pratiques de conversion visant à promouvoir l'hétérosexualité ou à « aligner l'identité de genre d'une personne sur le sexe assigné à la naissance », c'est-à-dire le sexe biologique, qui comprennent « le conseil psychologique ou comportemental », des rites spirituels et/ou religieux, des « méthodes d'aversion » et « des abus verbaux, la coercition, l'isolement, l'administration forcée de médicaments, les chocs électriques, les abus physiques et sexuels », doivent toutes être interdites et « criminalisées ». Nous sommes bien sûr tous opposés aux véritables abus et violences, mais cela est très différent d'imposer à tous la fausse idéologie du « genre » et de violer les droits humains des parents, des enfants, la liberté de religion et même l'éthique professionnelle des médecins et des éducateurs, ainsi que des prêtres.
En conséquence, les pays sont invités à adopter une législation nationale interdisant « les pratiques de conversion, sous peine de sanctions pénales ». En réalité, nous sommes confrontés à une nouvelle tentative des militants transgenres d'imposer une interdiction inutile qui causera beaucoup plus de tort que de bien. En effet, si la thérapie elle-même est considérée comme suspecte, de moins en moins de médecins seront disposés à travailler dans ce domaine et les jeunes finiront par être orientés vers une médicalisation « hormonale » prématurée. Pour les jeunes souffrant de dysphorie de genre, cela sera particulièrement néfaste car cela remplace le jugement clinique par une adhésion a priori et idéologique au sentiment momentané du jeune, trop souvent induit par l'extérieur.
Selon l'association Athena et de nombreux représentants du monde associatif gay et lesbien européen et international qui se sont mobilisés pour demander le rejet du texte, « cette résolution risque de causer un préjudice réel aux jeunes vulnérables qu'elle prétend protéger et [...] renforce l'idée que ces enfants sont « nés dans le mauvais corps » et doivent être orientés vers une médicalisation irréversible, un message qui est non seulement antiscientifique, mais aussi dangereux ». Outre le préjudice causé à la science médicale et aux professions psychiatrique et psychologique, outre les protestations justifiées (mais non partageables) des organisations gays et lesbiennes, il convient de noter que le texte inclut l'interdiction d'utiliser des pronoms biologiques, le risque pour les éducateurs, les prêtres ou les parents qui n'affirmeraient pas sans équivoque l'identité transgenre d'un mineur, etc. Des dangers toujours présents dans le texte du rapport, malgré un amendement du PPE, approuvé également par la rapporteure elle-même, au dernier moment du vote en Assemblée, qui prévoit le respect de la liberté et des droits des parents, des églises et des médecins uniquement s'ils soutiennent « l'orientation sexuelle, l'identité de genre ou l'expression de genre ».
Le dispositif approuvé hier, bien que non contraignant, servira certainement à soutenir des interprétations jurisprudentielles libertines et de nouveaux privilèges législatifs dans les 46 pays du Conseil de l'Europe. Il aurait été souhaitable que les parlementaires italiens à l'Assemblée du Conseil de l'Europe votent de manière véritablement libérale, en faveur de la liberté. Cela n'a pas été le cas. Sur un total de 306 membres effectifs, seuls 99 étaient présents et ont voté. Une bonne partie du PPE et la totalité des socialistes, des libéraux et de la gauche ont voté en faveur de la résolution, tandis que les conservateurs, le groupe mixte des identitaires, nationalistes et souverainistes (ECPA) et très peu de populaires, après avoir vu rejetés (69/71 contre et 25/28 pour) tous les amendements véritablement libéraux et respectueux des droits et libertés des enfants, des adolescents, des parents, des médecins, des prêtres et des églises, ont voté contre.
« Face au masculinisme, nous voulons que nos enfants vivent une virilité saine »
Face au masculinisme, courant d’idées qui justifie discriminations et violences à l’égard des femmes, Rémi Fourneraut, président de l’Association des guides et scouts d’Europe, défend l’« éducation différenciée », non mixte, qui « apprend aux garçons à être des hommes sans absolutiser les vertus masculines ».
Un « enjeu de sécurité publique ». Voilà comment le Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes (HCE) définit le masculinisme, ce courant d’idées qui dévalorise les femmes et justifie les discriminations et violences à leur égard. Dans un rapport publié mercredi 21 janvier, l’instance nationale appelle les pouvoirs publics à agir face à ce fléau grandissant, mais comment ?
Selon une récente enquête (1), 17 % de la population française adhère à ce « sexisme hostile ». Un chiffre inquiétant mais considéré comme bas comparé à nos voisins outre-Manche où cette idéologie galope. En France, le nombre d’influenceurs de la « manosphère » explose.
Parlant à de jeunes hommes en perte de repères, ces escrocs de la virilité cumulent les millions de vues et de like. « Être un homme », pour ces influenceurs, se réduit à des produits dévoyés de la virilité comme le machisme, la domination de l’homme sur la femme…
S’il est indispensable de démonter ces discours sexistes et dangereux, il faut bien se rendre à l’évidence : la virilité a été mise au ban, conspuée, honnie. Et ces influenceurs surfent sur cette absence. Car la société ne répond plus à la question inévitable à l’âge de l’adolescence : que suis-je appelé à devenir ?
Se construire avec ses pairs
Face à cette absence de clés de réponse, l’éducation différenciée, également mal nommée non-mixité, que vivent notamment les jeunes des Guides et Scouts d’Europe, prend tout son sens. Ces jeunes, cœur de cible des masculinistes, se retrouvent entre garçons vivant une virilité sans exaltation mal placée. Avec sa patrouille (un groupe de quelques garçons de 12 à 16 ans), chaque jeune va apprendre à se mesurer à ses propres limites, à gagner en compétences et à se dépasser.
Il va se construire face à lui-même et à ses pairs, non pas dans la victimisation et la recherche d’un responsable de ses échecs (en l’occurrence les femmes selon les théories masculinistes). Construire une tente surélevée, s’orienter lors d’un raid sur des dizaines de kilomètres, vivre 18 jours dans la nature avec les contrariétés de la météo… voilà des activités qui poussent les jeunes vers l’avant, vers l’action, les rendant moins sensibles à la complainte des influenceurs masculinistes qui accusent les femmes de leurs moindres difficultés. Chaque garçon ne sera pas dans la fuite de ses failles mais dans la connaissance de soi et dans l’acceptation de soi.
Outre le fait de grandir avec des jeunes, les scouts voient aussi dans leurs chefs des exemples de grands frères, à leur service et inspirants. Loin des clichés des adulescents en culotte courte, les chefs scouts accompagnent les jeunes à grandir et à affronter les difficultés, préfigurations de celles qu’ils connaîtront dans leur vie d’homme. C’est pourquoi l’humble compagnonnage du grand frère scout s’oppose à l’égoïsme du masculinisme.
La différence n’est pas exclusive de l’égalité
On reproche souvent à l’éducation différenciée de vivre en cercle fermé, de refuser l’altérité. Ce qui, a notre sens, est une erreur ! Cette approche n’engendre pas la peur de l’autre. Elle crée un lieu, d’une forme de safe space où chacun peut se révéler lui-même sans la nécessité de séduire. Une opportunité précieuse à l’âge de l’adolescence, où émergent des questions sur son propre corps et sur le rapport au monde, pour les filles comme pour les garçons.
Accepter une différence ne signifie pas accepter une hiérarchie. La différence n’est pas exclusive de l’égalité, elle contribue au développement de la complémentarité qui est nécessaire. Reconnaître l’altérité c’est reconnaître l’autre qui est différent, et reconnaître cette différence comme une richesse.
Alors que faire ? Apprendre à nos garçons à être des hommes sans fuir le réel ni se réfugier dans la victimisation. Et sans absolutiser les vertus masculines, leur permettre de devenir des hommes. Des hommes debout.
(1) Toluna-Harris Interactive, conduite en ligne auprès de 3 061 personnes âgées de 15 ans et plus, représentatives de la population française, en vue de ce rapport du HCE.
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Nous vous invitons à notre journée portes ouvertes, le mercredi 11 février, de 14h à 18h, à Tenneville.
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Une formation solide et un cadre éducatif complet
Notre établissement propose :
une formation académique exigeante, préparant aux études supérieures et aux jurys d’État,
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Informations pratiques Mercredi 11 février – 14h à 18h La Converserie 1, 6970 Tenneville
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Le visage et la voix sont des traits uniques et distinctifs de chaque personne ; ils manifestent son identité irremplaçable et constituent l'élément fondamental de toute rencontre. Les Anciens le savaient bien. Ainsi, pour définir la personne humaine, les Grecs anciens utilisaient le mot « visage » ( prósōpon ), qui, étymologiquement, désigne ce qui se trouve devant le regard, le lieu de la présence et de la relation. Le terme latin persona (de per-sonare ), quant à lui, inclut le son : non pas n'importe quel son, mais la voix si particulière d'une personne.
Le visage et la voix sont sacrés. Ils nous ont été donnés par Dieu, qui nous a créés à son image et à sa ressemblance, nous appelant à la vie par la Parole qu’il nous a lui-même adressée ; une Parole qui a d’abord résonné à travers les siècles dans la voix des prophètes, puis s’est faite chair dans la plénitude des temps. Cette Parole – cette communication que Dieu fait de lui-même – nous avons aussi pu l’entendre et la voir directement (cf. 1 Jn 1, 1-3), car elle s’est révélée dans la voix et le visage de Jésus, le Fils de Dieu.
Dès sa création, Dieu a voulu l’homme pour interlocuteur et, comme le dit saint Grégoire de Nysse [1], il a imprimé sur son visage le reflet de l’amour divin, afin qu’il puisse vivre pleinement son humanité par l’amour. Préserver les visages et les voix humaines, c’est donc préserver cette marque, ce reflet indélébile de l’amour de Dieu. Nous ne sommes pas une espèce constituée d’algorithmes biochimiques, définis d’avance. Chacun de nous a une vocation irremplaçable et inimitable qui émerge de la vie et se manifeste précisément dans la communication avec autrui.
Si nous ne parvenons pas à nous en protéger, les technologies numériques risquent de bouleverser radicalement certains piliers fondamentaux de la civilisation humaine, que nous tenons parfois pour acquis. En simulant les voix et les visages humains, la sagesse et le savoir, la conscience et la responsabilité, l'empathie et l'amitié, les systèmes que l'on appelle intelligence artificielle perturbent non seulement les écosystèmes informationnels, mais s'immiscent également au niveau le plus profond de la communication : celui des relations interpersonnelles.
Le défi n’est donc pas technologique, mais anthropologique. Protéger les visages et les voix, c’est en fin de compte se protéger soi-même. Saisir les opportunités offertes par le numérique et l’intelligence artificielle avec courage, détermination et discernement ne signifie pas se voiler la face face aux problèmes critiques, aux zones d’ombre et aux risques.
N'abandonnez pas votre propre pensée
Il existe depuis longtemps de nombreuses preuves que les algorithmes conçus pour maximiser l'engagement sur les réseaux sociaux — ce qui est profitable aux plateformes — privilégient les émotions impulsives et pénalisent les expressions humaines plus réfléchies, comme l'effort de compréhension et de réflexion. En enfermant des groupes de personnes dans des bulles de consensus et d'indignation faciles, ces algorithmes affaiblissent la capacité d'écoute et de pensée critique, et accentuent la polarisation sociale.
À cela s'ajoute une confiance naïve et aveugle en l'intelligence artificielle, perçue comme un « ami » omniscient, dispensateur de toutes les informations, dépositaire de tous les souvenirs, « oracle » de tous les conseils. Tout cela risque d'éroder davantage notre capacité à penser de manière analytique et créative, à comprendre le sens et à distinguer la syntaxe de la sémantique.
Bien que l'IA puisse apporter un soutien et une assistance dans la gestion des tâches de communication, le fait de se soustraire à l'effort de notre propre réflexion et de se contenter d'une compilation statistique artificielle risque d'éroder nos capacités cognitives, émotionnelles et de communication à long terme.
Ces dernières années, les systèmes d'intelligence artificielle ont pris une place de plus en plus importante dans la production de textes, de musique et de vidéos. Une grande partie du secteur créatif humain risque ainsi d'être démantelée et remplacée par l'étiquette « Propulsé par l'IA », transformant les individus en simples consommateurs passifs de pensées irréfléchies, de produits anonymes, non autorisés et délaissés. Parallèlement, les chefs-d'œuvre du génie humain en musique, en art et en littérature sont réduits à de simples terrains d'entraînement pour les machines.
La question qui nous importe, cependant, n'est pas ce que la machine peut ou pourra faire, mais ce que nous pouvons et pourrons faire, en progressant en humanité et en connaissance, grâce à l'utilisation judicieuse de ces puissants outils à notre service. L'être humain a toujours été tenté de s'approprier les fruits du savoir sans effort d'implication, de recherche et de responsabilité personnelle. Renoncer au processus créatif et confier nos fonctions mentales et notre imagination aux machines, c'est pourtant enterrer les talents que nous avons reçus pour grandir en tant qu'êtres humains, dans notre relation à Dieu et aux autres. C'est se cacher et faire taire sa voix.