Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

  • Mgr Lefebvre et Mgr Vigano : même combat ?

    IMPRIMER

    Du site de la Revue Item :

    Mgr Vigano répond dans une lettre datée du 1er septembre à la question que lui pose personnellement le site américain Catholic Family News : « Son Excellence a raison sur Vatican II, mais a-t-elle une idée de ce que les catholiques devraient faire ? » Voici le texte intégral de la réponse du prélat :

    Cher Mr. Kokx,

    J’ai lu avec un vif intérêt votre article « Questions pour Viganò : Son Excellence a raison à propos de Vatican II, mais que pense-t-elle que les catholiques devraient faire maintenant ? », publié par Catholic Family News le 22 août. Je suis heureux de répondre à vos questions, qui portent sur des sujets très importants pour les fidèles.

    Vous demandez : « À quoi ressemblerait une “séparation” de l’Église conciliaire selon l’archevêque Viganò ? » Je vous réponds par une autre question : « Que signifie se séparer de l’Église catholique selon les partisans du Concile ? » S’il est clair qu’aucun amalgame n’est possible avec ceux qui proposent des doctrines adultérines du manifeste idéologique conciliaire, il faut noter que le simple fait d’être baptisé et d’être membre vivant de l’Église du Christ n’implique pas l’adhésion à l’équipe conciliaire ; cela est vrai surtout pour les simples fidèles et aussi pour les clercs séculiers et réguliers qui, pour diverses raisons, se considèrent sincèrement comme catholiques et reconnaissent la Hiérarchie.

    Ce qu’il faut plutôt clarifier, c’est la position de ceux qui, se déclarant catholiques, embrassent les doctrines hétérodoxes qui se sont répandues au cours de ces décennies, avec la conscience que celles-ci représentent une rupture avec le Magistère précédent. Dans ce cas, il est licite de douter de leur réelle adhésion à l’Église catholique, dans laquelle ils occupent cependant des fonctions officielles qui leur confèrent une autorité. Il s’agit d’une autorité exercée illicitement, si son but est de forcer les fidèles à accepter la révolution imposée depuis le Concile.

    Une fois ce point clarifié, il est évident que ce ne sont pas les fidèles traditionnels – c’est-à-dire les vrais catholiques, selon les termes de saint Pie X – qui doivent abandonner l’Église dans laquelle ils ont pleinement le droit de rester et dont il serait malheureux de se séparer ; mais plutôt les modernistes qui usurpent le nom de catholiques, précisément parce que seul l’élément bureaucratique leur permet de ne pas être considérés au même titre qu’une quelconque secte hérétique. Cette revendication sert en fait à les empêcher de se retrouver parmi les centaines de mouvements hérétiques qui, au cours des siècles, ont cru pouvoir réformer l’Église à leur guise, plaçant leur fierté avant leur devoir de garder humblement l’enseignement de Notre Seigneur. Mais de même qu’il n’est pas possible de revendiquer la citoyenneté dans une patrie dont on ne connaît pas la langue, la loi, la foi et la tradition, de même il est impossible que ceux qui ne partagent pas la foi, la morale, la liturgie et la discipline de l’Église catholique s’arrogent le droit de rester en son sein et même de gravir les échelons de la hiérarchie.

    Ne cédons donc pas à la tentation d’abandonner – bien qu’avec une indignation justifiée – l’Église catholique, sous prétexte qu’elle a été envahie par des hérétiques et des fornicateurs : ce sont eux qui doivent être expulsés de l’enceinte sacrée, dans un travail de purification et de pénitence qui doit commencer par chacun de nous.

    Lire la suite

  • Sainte-Sophie et Saint-Sauveur-in-Chora : le Père Daniel-Ange fustige la passivité occidentale

    IMPRIMER

    Du Père Daniel Ange sur France Catholique :

    Sainte-Sophie et Saint-Sauveur-in-Chora

    «  Il ne reste qu’à protester et à pleurer »

    vendredi 4 septembre 2020

    P. Deliss / Godong

    Révolté par la transformation de Sainte-Sophie en mosquée sur demande du président turc en juillet, le Père Daniel-Ange fustige la passivité occidentale.

    Bouleversés, sidérés, traumatisés, nous le sommes tous. Violé, le voilà donc à nouveau, ce chef-d’œuvre d’entre toutes les merveilles de l’humanité. Cette basilique, sainte entre toutes, qui a été le cœur palpitant de toute la chrétienté au long de plus de dix siècles. Lorsque Rome était occupée par les barbares, la «  Haghia Sophia  », la «  sagesse de Dieu  » en grec, demeurait à Constantinople le symbole majestueux et de l’Empire romain et surtout de l’Église encore indivise. Cela pendant cinq siècles, jusqu’à la douloureuse déchirure du grand schisme d’Orient, en 1054.

    C’est en elle, ou la jouxtant dans l’église impériale des Blachernes, que le très saint Linceul du Seigneur a été vénéré avec tant d’amour pendant 259 ans, depuis son accueil triomphal le 15 août 944, jusqu’à l’atroce saccage – satanique, infernal – de la Cité sainte en 1204 par les hordes des croisés devenus barbares et excommuniés de fait par le pape.

    Mille ans de Divine Liturgie

    Ainsi, de sa dédicace en 537 jusqu’à sa première transformation en mosquée en 1453 suite à la prise de Constantinople par les Ottomans, ses murs et ses coupoles ont retenti des chants célestes de la Divine Liturgie selon saint Jean Chrysostome ou saint Basile, se sont imbibés du parfum des acclamations de louange ou des cris de détresse du peuple de Dieu. Ses murs se sont couverts de fresques flamboyantes, dont les rescapées ont été voilées ce 25 juillet sur décision de la Turquie. Ah ! Si Erdogan l’avait magnanimement restituée à ce Patriarcat œcuménique tant et tant humilié (réduit sur place à quelque 3 000 fidèles et dont le séminaire est toujours fermé !) : quel fantastique impact cela aurait eu sur nos dialogues inter-religieux !

    Or voici que devant ce nouveau viol, notre Occident latin, toujours aussi lâche, réagit si timidement, si faiblement. Combien de chefs d’État ont-ils hurlé ? Ah ! si toutes les Églises catholiques, anglicanes, protestantes avaient sonné le glas, mis drapeaux en berne, à l’unisson de nos bien-aimés frères de Grèce : quel formidable signe de communion fraternelle, de solidarité ecclésiale, de proximité familiale cela aurait été, parlant plus fort que toutes nos rencontres officielles au sommet ! Quel acte fantastique de réparation de notre couardise de 1453, et de nos horreurs de 1204 !

    Nos frères orthodoxes oubliés

    Mais, hélas ! combien de nos épiscopats ont-ils publié des réactions unanimes ? Combien de nos chers évêques et prêtres se sont-ils précipités dans nos paroisses et monastères orientaux – catholiques, mais surtout orthodoxes qui fleurissent dans nos pays – pour simplement pleurer avec eux ? Combien de nos moines-moniales ont-ils écrit ou téléphoné à leurs frères et sœurs de la Sainte Montagne ? Combien de nos bergers ont-ils écrit aux Patriarches, surtout ceux de Constantinople et de Moscou, sans oublier Kiev ? Nos frères des saintes Églises orthodoxes ont déjà été si cruellement humiliés par notre arrogance romaine et latine, au long des siècles ! Nous avions là une occasion en or d’au moins leur manifester notre communion tout aimante et fraternelle ! Nous l’avons laissé passer, les laissant croire à notre indifférence. Comme en 1453 ! Kyrie eleison ! Un million de fois Kyrie eleison !

    En attendant, il ne reste qu’à protester et surtout à pleurer, en chantant le psaume 136 : « Au bord des fleuves de Babylone nous étions assis et nous pleurions, nous souvenant de Sion…  »

     

    Lire également : Les profondes racines chrétiennes de la Turquie

  • De la Vierge Marie à Mère Teresa, Natasha St-Pier rend hommage à la "force tranquille" des femmes

    IMPRIMER

    De la Vierge Marie à Mère Teresa, Natasha St-Pier rend hommage à la "force tranquille" des femmes

    Une émission de RCF présentée par Vincent Belotti

    TOUT DOUX

    MERCREDI 2 SEPTEMBRE À 17H03

    DURÉE ÉMISSION : 57 MIN

    De la Vierge Marie à Mère Teresa, Natasha St-Pier rend hommage à la "force tranquille" des femmes

    © Album "Croire" / Natasha St-Pier - La chanteuse sera en tournée dans les églises de France et Suisse

    "Croire", le nouvel album de Natasha St-Pier, rend hommage aux femmes, de Mère Teresa à la Vierge Marie. C'est aussi un album engagé d'une artiste qui vent défendre les qualités féminines.

    Dans son nouvel album, "Croire", qui vient de sortir, Natasha St-Pier rend hommage aux femmes. À celles qui l'inspirent, de Mère Teresa à la Vierge Marie, sans oublier bien sûr sainte Thérèse de Lisieux, dont les textes ont déjà inspiré deux précédents albums. "Tout au long de cet album, je parle de la Vierge Marie, qui est la maman par excellence, mais je parle de ces femmes qui ont cette force tranquille."

    UN TOURNANT CHRÉTIEN DANS LA CARRIÈRE DE NATASHA ST-PIER

    Sa carrière s'est déployée grâce à sa collaboration avec Pascal Obispo et Robert Goldman, avec des titres aussi célèbres que "Je n'ai que mon âme", "Tu trouveras", ou "Mourir demain". Chanteuse à la voix puissante, trop puissante pour certains, Natasha St-Pier est une artiste hyper populaire, qui a aussi été animatrice de télévision. En 2013, avec "Thérèse, vivre d'amour" elle a donné une nouvelle orientation à sa carrière. Son album de poèmes de Thérèse de Lisieux mis en musique par le chanteur Grégoire, est un énorme succès. Il s'est vendu en effet à 200.000 exemplaires. Il sera suivi par un deuxième album, "Aimer c'est tout donner, disque d'or en 2018.

    UNE CHANTEUSE À LA FOI CATHOLIQUE ASSUMÉE

    Pourquoi ce tournant chrétien dans sa carrière ? "J'ai toujours chanté mon âme, chanté ma foi, ce en quoi je crois, explique-t-elle, probablement, pour cette raison Grégoire m'a approchée, m'a proposé d'interpréter des poèmes de sainte Thérèse." C'est à ce moment-là qu'elle a découvert la vie et la spiritualité de la petite sainte de Lisieux, et s'est "prise d'affection pour elle". Ce qui la touche tant chez sainte Thérère ? Sa simplicité, "la manière très simple avec laquelle elle nous permet d'aimer. Elle ne nous demande pas d'être plus que ce qu'on est capable d'être et surtout elle nous dit qu'on est suffisants comme on est, on est assez".

    Si Natasha St-Pier ne cache pas sa foi catholique, elle confie avoir "eu peur de la manière dont les médias allaient recevoir cet album". "Et en fait les gens ont écouté, ont aimé et ont compris ce qu'on essayait de faire à l'époque avec Grégoire et ce que je continue d'essayer de faire maintenant."

    UN ALBUM ENGAGÉ SUR LA FÉMINITÉ

    "Croire", son nouvel album, comprend un titre consacré à sainte Thérèse, mais pas seulement. Ce qui devait être au départ "un album hommage à la Vierge Marie" est devenu "un album vers les mères" puis "vers les femmes". "En fait c'est ces femmes qui ont cette force de croire, cette force d'aimer avec un cœur de mère, qu'elles soient une mères biologique ou pas, comme Mère Teresa l'a fait à Calcutta, comme Thérèse l'a fait, comme ma maman l'a fait, comme moi j'essaie de le faire..."

    "On est dans un monde qui court beaucoup vers l'égalité entre les hommes et les femmes et malheureusement je trouve que cette égalité nous amène vers une masculinisation de la femme. Et moi je trouve que les qualités féminines, que sont la douceur, que sont ses capacités d'abnégation, sont très très belles et complémentaires à l'homme et je n'ai pas envie qu'on les perde !"

    DISCOGRAPHIE

    • Croire - Natasha St-Pier - MCA (2020)
  • Pour aller « de l’islam au Christ »

    IMPRIMER

    Du site de La Nef :

    Marc Fromager

    Mission Ismérie : pour aller « de l’islam au Christ »

    Mission Ismérie, créée en juin dernier, a pour but d’accompagner le chemin de conversion « de l’islam au Christ ». Son directeur exécutif, Marc Fromager, ancien directeur de l’AED, nous présente cette nouvelle association.

    La Nef – Qu’est-ce que Mission Ismérie, qui sont ses fondateurs et pourquoi « Ismérie » ?

    Marc Fromager – Ismérie était la fille du sultan au Caire à la fin du XIe siècle. Trois chevaliers francs avaient été faits prisonniers et sommés de se convertir à l’islam. Devant leur refus persistant, le sultan envoya sa fille pour les séduire. Les chevaliers lui parlèrent de la Vierge Marie qui, dans la nuit, apparut à Ismérie. Convertie au christianisme, celle-ci s’enfuit avec les chevaliers et se retrouva en France où elle fut à l’origine du sanctuaire de Notre-Dame de Liesse, près de Laon.

    Nous avons choisi ce personnage historique de musulmane convertie au christianisme car c’est l’objectif de Mission Ismérie : favoriser et accompagner le passage de l’islam au Christ. Au départ, il y a plusieurs initiatives existantes en France comme Mission Angélus, les Forums Jésus le Messie, des témoins du Christ sur internet. Mission Ismérie se veut une plateforme qui regroupe ces différents projets avec la volonté affichée de leur permettre de changer d’échelle grâce à des moyens financiers plus importants. Des laïcs se sont donc réunis pour lancer ce projet, avec l’encouragement discret mais réel de quelques autorités ecclésiastiques.

    On parle très peu de la conversion des musulmans au christianisme, en France ou ailleurs : est-ce vraiment une réalité significative et quels sont les pays les plus concernés ?

    Ce phénomène de conversions existe un peu partout dans le monde et ce dans des proportions parfois étonnantes. Il faut savoir que même au cœur du Proche-Orient, région qu’on pourrait imaginer définitivement acquise à l’islam, des conversions en nombre sont en train de se produire. Il faudrait évoquer par exemple l’Iran, où on estime leur nombre à plus de 800 000, mais aussi l’ensemble des pays à majorité musulmane, de l’Afrique du Nord – notamment l’Algérie avec de très nombreuses conversions chez les Kabyles – jusqu’à l’Indonésie, le plus grand pays musulman au monde, où l’on compte jusqu’à 6 millions de convertis.

    En France aussi, nous avons ce phénomène, et l’on compte déjà 10 % des baptêmes d’adultes dans l’Église catholique qui sont des personnes d’origine musulmane. Chez les protestants, c’est plus du double.

    Lire la suite

  • La pratique catholique sera la grande perdante de l’épidémie de coronavirus

    IMPRIMER

    De Jean-Baptiste Ghins sur le site du journal La Croix :

    Pour le cardinal Hollerich, « le nombre de personnes qui se rendent à l’église va diminuer »

    Le cardinal Jean-Claude Hollerich, président de la Commission des épiscopats de l’Union européenne, entrevoit une baisse de la pratique catholique en Europe, ainsi qu’une réduction de l’importance de l’Occident sur la scène internationale. Loin d’y voir une fatalité, il prend ces phénomènes pour des opportunités.

    « Le nombre de personnes qui se rendent à l’église va diminuer ». Un constat simple qui en dit long. Pour le cardinal Jean-Claude Hollerich, président de la Commission des épiscopats de l’Union européenne, la pratique catholique sera la grande perdante de l’épidémie de coronavirus. Dans une interview donnée à L’Osservatore romano, publiée le mercredi 2 septembre, l’archevêque de Luxembourg anticipe des jours difficiles pour le catholicisme en Occident, y voyant néanmoins l’occasion d’un renouveau dans la foi.

    « Une opportunité pour l’Église »

    Interdictions des cultes publics, messes en ligne, fermetures des églises, suspension de la catéchèse, limitations de l’accès aux sacrements… Autant d’effets de l’épidémie qui ne laisseront pas l’Église intacte. Pour Mgr Hollerich, cette situation sonne au moins le glas de la pratique religieuse des « catholiques culturels », ceux qui se rendaient à la messe par tradition, ou plutôt par habitude. « Ils ont remarqué que la vie était très confortable, et qu’ils peuvent vivre agréablement sans fréquenter les églises. » souligne l’archevêque.

    Pourtant, le cardinal ne se plaint pas. À ses yeux, le coronavirus n’a fait qu’accélérer un processus de sécularisation latent, dont l’Église doit prendre acte avec humilité. « Il s’agit d’une grande opportunité pour l’Église », a-t-il déclaré. « Nous devons comprendre les enjeux du présent. Nous devons agir et mettre en place de nouvelles structures missionnaires. » Un véritable sursaut pourrait-il avoir lieu ? Mgr Hollerich le pense, lui qui rêve d’une Église « plus chrétienne, plus simple, plus pauvre économiquement ».

    Un bouleversement international

    Au-delà de l’Église, le cardinal anticipe un affaiblissement de la position de l’Europe et des États-Unis sur la scène internationale. Le coronavirus agissant comme un accélérateur global, commente-t-il, nous allons assister à la croissance « d’autres pays, d’autres économies. » Loin d’une défaite, Mgr Hollerich y voit une occasion pour « abandonner l’eurocentrisme présent dans nos pensées » et apprendre à « travailler humblement avec d’autres pays pour l’avenir de l’humanité, et davantage de justice ».

    La solidarité internationale doit, interpelle Mgr Hollerich, porter un regard particulièrement attentif sur l’Afrique, dont l’économie a été sévèrement affectée par l’épidémie. « Si nous sommes riches en Europe, c’est parce que nous avons profité de la richesse de l’Afrique », rappelle le cardinal.

    Aujourd’hui, plus que jamais, c’est comme frères et sœurs des Africains que peuvent agir les Européens, car la maladie étant devenue leur quotidien, et la pauvreté s’accentuant également en Occident, en parlant des mourants, les Européens « parlent d’eux-mêmes ». « Dieu aime les peuples d’Afrique et d’Europe de la même manière. Dieu n’a pas de préférence pour l’Europe » clame l’archevêque, pour qui « la solidarité ne doit pas avoir de frontières ».

    L’esprit européen

    Comme moteur de cette solidarité, Mgr Hollerich aspire à un réveil de la « conscience européenne », héritière d’un esprit chrétien altruiste, qui n’est pas nécessairement portée par des croyants. Pour le cardinal, la résonance de Laudato si’, bien au-delà des murs de l’Église, est un témoin de cet héritage.

    Le lien intime entre christianisme et Europe ne doit pourtant pas donner lieu à un « carnaval », qui consisterait à se parer d’habits chrétiens sans intégrer la substance du message évangélique. « Vouloir partager sa richesse avec les plus pauvres, respecter les droits humains : tels sont les éléments distinctifs du christianisme », souligne le cardinal. Si les chrétiens doivent retrouver un nouveau souffle après l’épidémie, ce sera « d’abord par des actes », eux-mêmes inspirés par « la voix du Christ ». Faire le deuil d’un catholicisme culturel, « sans force vivante », est ainsi une étape nécessaire pour pouvoir replacer son « salut en Jésus-Christ ».

  • Elections américaines : Donald Trump pourrait-il être réélu ?

    IMPRIMER

    De Thierry Boutet sur Smart Reading Press :

    DONALD TRUMP PEUT-IL ÊTRE RÉÉLU ?

    La campagne pour l’élection présidentielle américaine entre dans sa dernière ligne droite. Le 20 août avait lieu la Convention démocrate, désignant sans surprise Joe Biden comme candidat du Parti. Le 25 août, Donald Trump était officiellement investi par le Parti républicain. Pour la plupart des médias français et pour les grands médias américains, Donald Trump devrait être battu. Mais faut-il se fier aux indications des sondages ?

    Selon les agrégateurs de sondages de septembre 2019 à aujourd’hui, le candidat à la primaire démocrate, Joe Biden, a un retard de votes moyen de 7,5 points (de %) par rapport au président sortant Donald Trump, le candidat républicain. Cet écart suffira-t-il pour que Trump l’emporte ? Plusieurs raisons suggèrent d’être prudent sur le pronostic.

    L’INCONNUE DES SONDAGES

    En premier lieu, il convient d’être circonspect sur les sondages. Le système électoral américain n’est pas le système français. Il est indirect. Dans chaque État, les Américains désignent des grands électeurs, au total 360. Ce sont eux qui, en définitive, élisent le Président. Or, dans chaque État, le parti dont les grands électeurs arrivent en tête remporte la totalité des voix de l’État, et chaque État n’a pas le même nombre de grands électeurs. À ce compte, il est possible d’être majoritaire en voix et de perdre l’élection. Ainsi, à la même époque en 2016, Hillary Clinton avait dans les sondages 6 points d’avance sur Donald Trump. Elle a remporté le vote populaire avec 2,1 points d’avance, mais cette avance en voix ne lui a pas permis d’obtenir la majorité du vote des grands électeurs, et Donald Trump a été élu Président.

    C’est donc le nombre de grands électeurs qui importe pour le résultat final, et non le nombre de voix de citoyens. Or les chiffres de sondages dont on dispose et qui sont communiqués par les médias permet un pronostic sur le nombre de voix, pas sur celui des grands électeurs. Pour extrapoler le nombre de grands électeurs à partir du nombre de voix, il faudrait avoir des sondages États par État réalisés dans des conditions identiques. Ceux dont on dispose ne permettent donc pas de donner un pronostic précis. Des écarts relativement importants peuvent se produire. Même si la cote de popularité de Donald Trump est basse (38 % selon Gallup), des surprises sont encore possibles.

    La campagne électorale, déjà perturbée par l’épidémie de Covid, va entrer dans une phase très dure. À 77 ans, Joe Biden n’est pas dans une forme olympique et n’est pas le meilleur candidat que les démocrates aient connu. Il est loin d’avoir le charisme de Barak Obama ou l’allant d’Hillary Clinton. À cela s’ajoute la situation économique et sociale des États Unis. D’un point de vue économique et financier, le bilan de Trump est loin d’être catastrophique pour beaucoup d’Américains. En revanche, depuis l’affaire Floyd, le pays est en proie à la violence.

    Mais il n’est pas certain que cette situation joue contre Donald Trump. Les classes moyennes n’aiment ni le chaos ni l’insécurité, et elles cherchent spontanément des personnalités fortes. De ce point de vue, Joe Biden ne passe pas pour être un lion, et Donald Trump, malgré sa personnalité clivante, peut en définitive apparaître plus rassurant. Le reflexe sécuritaire peut jouer sur une fraction de l’électorat et, comme le résultat risque de se jouer dans un mouchoir de poche, il peut faire basculer l’élection.

    LE VOTE DES CATHOLIQUES

    L’un des autres facteurs importants du résultat sera le vote des catholiques. Ils sont 70 millions et représentent 28 % de la population américaine. Ils votent aussi plus que la moyenne des Américains. En cas de forte abstention, leur vote pèse donc d’autant plus lourd.

    EWTN News/RealClear Opinion Research vient de publier le deuxième de ses quatre sondages sur le vote des catholiques en vue de l’élection de 2020. Il donne une image assez précise de l’opinion catholique américaine. Celle-ci, comme en France, n’est évidemment pas homogène. Entre les catholiques qui acceptent l’enseignement de l’Église, les catholiques pratiquants et engagés, et les catholiques culturels, il existe de notables différences, y compris politiques.

    Le vote des catholiques est d’autant plus favorable à Donald Trump que la pratique religieuse et l’adhésion à l’enseignement de l’Église est fort. Il reste que, globalement, 47 % des catholiques auraient aujourd’hui une opinion favorable de Donald Trump. Ils n’étaient que 44 % en novembre 2019 selon le même institut. 34 % affirment que leur choix est définitif et 12 % d’indécis estiment qu’ils le feront probablement, contre 10 % qui estiment que c’est peu probable et 36 % qu’ils ne le feront jamais. Parmi les plus fervents, environ les deux tiers des catholiques (63 %), un chiffre très élevé, approuvent le Président sortant, et 53 % sont déjà décidés à voter pour lui. C’est dire si le vote des catholiques, surtout si on y ajoute celui des protestants conservateurs, sera déterminant.

    Rien de surprenant à cela : sur toutes les questions sociétales, l’enjeu est de taille. Aucun Président des États-Unis n’a été aussi pro life que Trump. Depuis le début de son mandat, il n’a pas cessé de soutenir, contre l’intelligentsia, les médias et les universités, le combat de tous ceux qui se battent pour le respect de la dignité de la personne de la naissance à la sénescence et le respect de la différence homme/femme fondée sur le sexe biologique.

    En définitive, le 3 novembre prochain, les Américains, qu’ils soient croyants ou non, ne choisiront pas seulement entre deux politiques étrangères ou deux politiques économiques, mais entre deux visions de l’Homme. Jamais, dans l’histoire des États-Unis, les questions éthiques et culturelles n’ont été liées à ce point au débat politique. Quoi que l’on pense de la personnalité de Donald Trump ou de celle de Joe Biden, la portée de l’élection présidentielle sera considérable pour la société américaine. Bon nombre d’Américains le savent, ce qui explique l’âpreté de la lutte et l’incertitude sur son issue.

    Thierry Boutet

    Lire également : CE QUE LES CATHOLIQUES DOIVENT SAVOIR SUR LE PROGRAMME DE JOE BIDEN