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  • L’euthanasie en Belgique, ou le véritable contre-modèle à proscrire

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    D'Henri de Soos sur gènéthique.org :

    4 octobre 2022

    Henri de Soos, juriste de formation et auteur de L’Impasse de l’euthanasie, réagit au déplacement d’Olivier Véran en Belgique.

    Le ministre du renouveau démocratique, Olivier Véran, est chargé de suivre (de contrôler ?) le bon déroulement de la convention citoyenne sur la fin de vie. A ce titre, il s’est rendu fin septembre en Belgique pour s’informer sur l’organisation des euthanasies dans ce pays. Il a choisi de rencontrer exclusivement, semble-t-il, de fervents partisans de ce dispositif. Selon le compte-rendu publié par La Croix, citant des soignants enthousiastes, « une euthanasie est un moment de grande tendresse, extraordinairement humain et fraternel », et « la loi belge est magnifique ».

    La Belgique est-elle vraiment « le modèle » qu’il va falloir imiter, si l’on en croit les préférences du président de la République ? (cf. Présidentielles : Emmanuel Macron favorable à l’euthanasie)

    Il faudrait au contraire ouvrir les yeux sur la face cachée du système, sur les ombres et les dérives que les partisans de l’euthanasies masquent soigneusement. Donnons seulement deux exemples, parmi tous ceux que j’ai déjà eu l’occasion de citer dans un récent article sur Gènéthique.

    N’est-il pas inquiétant que le nombre officiel d’euthanasies augmente sans arrêt depuis 2002, sans aucune interruption (sauf l’année 2020 à cause du confinement) ? Ces actes ont été multipliés par dix en vingt ans, atteignant 3% des décès. Les statistiques suivent la même pente que celle des Pays-Bas, 1er pays à avoir légalisé l’euthanasie : dans ce pays, le taux atteint déjà 4,5%, et le seuil de 5% sera forcément atteint dans un proche avenir. A titre de comparaison, 5% en France correspondrait à 30 000 euthanasies à réaliser chaque année ! On est loin des « cas exceptionnels » de « souffrances insupportables » dont on nous parle pour justifier de changer la loi française…

    N’est-il pas choquant que les catégories de personnes susceptibles d’être euthanasiées soient de plus en plus nombreuses ? Il y a en fait deux cas de figure :

    • Soit la loi est interprétée de façon plus laxiste par les médecins et la commission de contrôle. Sont aujourd’hui euthanasiées sans difficulté des personnes avec maladie grave et incurable mais qui ne sont pas en fin de vie, et des personnes dépressives, atteintes d’Alzheimer, ou même de « polypathologies » (expression choisie pour évoquer un cumul de problèmes de santé plus ou moins importants, mais assez fréquents au-delà de 80 ans : baisse de vue ou d’audition, rhumatismes, incontinence, fatigue « intense », etc.) ;
    • Soit la loi elle-même est changée, comme en 2014 pour l’étendre aux mineurs sans condition d’âge. Parmi les premiers cas (rares heureusement), il y a eu deux enfants de 9 et 11 ans. La Belgique est le seul pays au monde à avoir légalisé cela !

    Se réjouissant semble-t-il de ces évolutions, Olivier Véran aurait tiré cette conclusion à la fin de sa visite, à propos de l’état d’esprit de la société belge : « Avec vingt ans de recul, il y a des questions qu’ils ne se posent plus. L’acceptation de la société et des soignants est très forte ».

    Là est bien le fond du problème. Les pays qui ont ouvert la boîte de Pandore de l’euthanasie sont dans l’incapacité de la maitriser. Loin des intentions initiales affichées – permettre l’euthanasie pour des cas exceptionnels de souffrances insupportables et inapaisables en fin de vie – ces législations modifient peu à peu en profondeur les valeurs culturelles et les pratiques sociales.

    Selon l’adage bien connu, « puisque c’est légal, c’est moral ». Cela prend 20 ans, 30 ans, 50 ans, mais la conscience éthique des citoyens s’émousse et tolère, accepte, voire désire ces évolutions. L’interdit de tuer ne constitue plus un pilier fondamental de la vie en société, il n’y a plus cette digue protectrice, en particulier pour les personnes les plus fragiles. Sous la pression de proches, de soignants, de la société, elles seront de plus en plus nombreuses à se sentir obligées de se poser la question inimaginable à la fin du siècle dernier : « ne vaudrait-il pas mieux que je sois euthanasié ? »

    Comment Olivier Véran peut-il en conclure que le système belge est « hyper cadré » ? Aura-t-il le courage, et Emmanuel Macron avec lui, de regarder en face la réalité, sans se contenter des belles paroles rassurantes qu’on lui a transmises ?

  • Bruxelles, 15 octobre : projection du film retraçant l’histoire et la vie du bienheureux cardinal Iuliu Hossu victime du communisme

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    De catho-bruxelles.be :

    PROJECTION DU FILM «CARDINALUL », 15 OCTOBRE

    Invitation au film « Le Cardinal » – sous-titré en français

    Le Samedi 15 octobre 2022, à l’Église Royale Sainte-Marie de Bruxelles aura lieu la projection du film « Cardinalul », réalisé par Nicolae Mărgineanu.

    Le film révèle au grand public l’histoire et la vie du bienheureux cardinal Iuliu Hossu, en insistant tout particulièrement sur la période passée en prison suite à son incarcération par le régime communiste. Malgré les pressions incessantes à abjurer son Église, le film nous montre l’histoire d’un homme qui jusqu’au bout est demeuré fidèle à sa foi catholique.

    Après le visionnage du film, les enfants de la communauté nous réservent un petit programme artistique.

    La soirée s’achèvera par un verre d’amitié.

    L’entrée est libre. Soyez les bienvenu(e)s !

    Regarder la bande d’annonce ici.

    Date / Heure
    Date(s) - 15 octobre 2022
    18h00 - 19h00

    Lieu
    Église Royale Sainte-Marie de Bruxelles
    Pl. de la Reine
    1030 Schaerbeek

  • Horion-Hozémont, 16 octobre : journée de prière pour les vocations sacerdotales

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    Sanctuaire de l'Enfant Jésus de Prague - Horion-Hozémont, BelgiqueJournée de prières pour les vocations sacerdotales le 16 octobre 2022

    Le dimanche 16 octobre 2022, le Sanctuaire de l’Enfant Jésus de Prague de Horion-Hozémont organise une journée de prières pour les vocations sacerdotales.

    Celle-ci sera animée par le Père Emeric Colas des Francs, Supérieur de la Société Saint Jean-Marie Vianney (Séminaire de Ars).

    Voici le programme :
    10h30 : Messe solennelle

    12h00 : Pique-nique à la salle d’accueil des pèlerins (merci de nous avertir de votre présence)
    15h00 : Pèlerinage

    Par l’intercession du Saint Curé d’Ars, que le Seigneur suscite de nombreuses vocations sacerdotales !

    Renseignements :
    Sanctuaire de l’Enfant Jésus de Prague

    Place du Doyenné
    4460 Horion-Hozémont (Belgique)
    Le Sanctuaire est ouvert tous les jours, sauf le lundi, de 9h à 18h (17h en hiver)
    Secrétariat : 0032 (0)4 250 10 64
    Accueil des pèlerins (Sœurs Amantes de la Croix) : 0032 (0)4 384 40 73
    jesusdeprague.be
    contact@jesusdeprague.be

  • François d'Assise et le sultan : "l'Amour n'est pas aimé"

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    Saint François avait déjà essayé par deux fois de se rendre en Terre Sainte pour faire connaître le Christ aux Musulmans, mais à chaque tentative, il tombait malade en cours de route et était obligé d'abandonner son projet. En 1219, la guerre fait rage entre les Croisés et l'Islam. Les deux armées se faisaient face. Le sultan al-Kamil avait même publié un décret promettant une forte récompense en or à quiconque apporterait la tête d'un chrétien. Les Croisés commandés par Pélage essayaient de prendre le port de Damiette avec l'intention de conquérir l'Égypte.

    C'est dans ces circonstances de conflit que Saint François avec son compagnon frère Illuminé, décident d'aller prêcher l'Evangile chez les Musulmans. En réalité, leur objectif c'est d'aller voir le Sultan lui-même (pas moins) pour lui parler du Christ! Dans le camps des Croisés on les prend pour des fous. On essaye de les empêcher de partir car on est sûr qu'ils se feront massacrer. Mais face à la détermination de Saint François, ils les laissent partir. Après avoir prié, ils s'en vont en chantant: "Si j'ai à marcher au milieu des ombres de la mort, je ne craindrai aucun mal, car tu es avec moi." Après quelques heures de marche ils rencontrent deux brebis; à leur vue François dit à son compagnon: "Aie confiance dans le Seigneur, frère, car voici accompli pour nous cet avertissement de l'Évangile : "Je vous envoie comme des brebis au milieu des loups."

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  • La rencontre de François d'Assise et du sultan ou l'exploitation abusive d'un joli mythe

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    On ne cesse de nous présenter la rencontre de François d'Assise avec le sultan d’Égypte Al-Malik al-Kâmil comme un précédent emblématique du dialogue interreligieux et en particulier de celui entre le christianisme et l'islam actualisé par la rencontre entre le pape et le grand imam d'Al-Azhar qui a débouché sur la déclaration commune d'Abou Dhabi. Cette récupération d'un évènement historique - consistant pour François d'Assise non à rechercher un dialogue avec l'Islam mais visant à obtenir la conversion du sultan - pour justifier la ligne de conduite adoptée par le pape François est pourtant abusive et ne correspond pas à la réalité historique comme l'a démontré l'historien John Tolan (Le saint chez le sultan (Seuil, Paris, 2007) :

    Un si joli mythe (Témoignage chrétien (Philippe Clanché), 31 octobre 2019)

    La célèbre rencontre entre François d’Assise et le sultan d’Égypte, en 1219, a-t-elle été le premier dialogue entre chrétiens et musulmans ? Pour l’historien John Tolan*, rien n’est moins sûr.

    On célèbre cette année le huit centième anniversaire de la rencontre de François d’Assise et du sultan d’Égypte Al-Malik al-Kâmil ? Qu’en sait-on historiquement ?

    La scène se déroule durant la cinquième croisade. En 1219, les croisés étaient alors ensablés devant la ville portuaire de Damiette, en Égypte, que le sultan défendait avec succès. Deux chroniqueurs de l’époque racontent que François est arrivé dans le camp des croisés et qu’il est passé voir le sultan, avec un compagnon nommé Illuminé, lors d’une période de trêve et de négociation de paix. On sait que certains parmi leurs proches les ont prévenus du danger et ont tenté de les décourager. Les récits rapportent que François et Illuminé sont revenus quelques jours plus tard, sains et saufs.

    Que se sont dit François et Al-Kâmil ?

    On pense que le dialogue fut plutôt paisible et respectueux. Sur son contenu, les versions divergent. L’hagiographie franciscaine avance que François a cherché activement le martyr, ou du moins qu’il était prêt à cette éventualité. D’autres récits mettent l’accent sur son désir de convertir son hôte musulman. La première raison n’exclut pas l’autre. En créant ce qui allait devenir l’ordre franciscain, François cherchait à recréer une vie apostolique, en prenant pour modèle les apôtres et leur désir de pauvreté et d’humilité. Ceux-ci ont tous prêché l’évangile aux infidèles et tous ont été martyrisés. Il est logique que François ait vu ainsi son destin, mais il a fait preuve d’humilité et de respect envers le sultan. Ce dernier, qui vivait entouré de chrétiens et de juifs, ne voulait pas se convertir, mais ne voulait aucun mal à un visiteur comme François. L’épisode, événement mineur dans la Croisade, est passé presque inaperçu sur le moment. Certains chroniqueurs ne le mentionnent pas.

    Comment l’événement s’est-il intégré dans l’histoire franciscaine ?

    L’épisode fait débat dès les premières hagiographies. À partir du XIVe siècle, la mémoire de François fait l’objet d’une tension au sein de l’ordre entre deux courants : les spiritualistes et les conventuels. Un des biographes du saint a écrit que François était prêt à convertir le sultan, mais que la division des siens l’a obligé à abandonner la mission en Égypte.

    À partir de quand le geste de François est-il devenu un symbole du dialogue interreligieux ?

    Au XXe siècle, de nombreux auteurs et théologiens ont voulu faire de François un apôtre du dialogue avec les musulmans. Cette relecture historique s’est renforcée avec le concile Vatican II, et plus encore après les attentats de 2001. Giulio F. Basetti-Sani (1912-2001), frère franciscain, a affirmé que François avait pour but, à Damiette, d’entreprendre un dialogue pour la paix. Selon lui, le saint d’Assise avait compris que la croisade était contraire à l’amour prêché par l’Évangile et aurait tout fait pour l’en empêcher. Ne pouvant convaincre les papes, François aurait d’abord cherché à rejoindre un mouvement pacifiste en France, puis serait parti dans les rangs des croisés pour les enjoindre de renoncer. De nombreux franciscains ont suivi cette théorie. Des auteurs littéraires ont également défendu cette vision de François. Le romancier grec Níkos Kazantzákis, dans Le Pauvre d’Assise, présente un François initialement favorable à la croisade qui change d’avis en voyant les tueries et les pillages commis par les soldats chrétiens lors du siège de Damiette. Dans Frère François, Julien Green raconte que le saint a tenté d’éviter l’assaut des croisés et qu’en désespoir de cause il est allé chez le sultan. Selon lui, en échangeant avec cet homme érudit et agréable, François a acquis une très bonne image de l’islam. En réalité, rien n’indique cela. N’oublions pas le contexte de l’événement, un temps de violence.

    Comment vos travaux sont-ils reçus par les héritiers de François ?

    Les franciscains, très impliqués dans le dialogue interreligieux, et particulièrement avec les musulmans, m’invitent régulièrement. Je leur dis que l’image de François homme de dialogue est un joli mythe, mais pas la réalité. Je suis entendu par beaucoup, mais certains n’arrivent pas à accepter ma thèse.

    Qu’en est-il dans le monde arabo-musulman ?

    L’épisode y est très peu connu. Je n’ai quasiment rien trouvé dans les sources ou auprès de mes collègues. D’un point de vue arabe, on regarde aujourd’hui les croisades moins dans leur dimension religieuse que comme un phénomène précurseur du colonialisme européen.

    Propos recueillis par Philippe Clanché.

    * Professeur d’histoire à l’université de Nantes, spécialiste des études médiévales, auteur de Le Saint chez le Sultan. La rencontre de François d’Assise et de l’Islam. Huit siècles d’interprétation (Seuil, 2007).

    On peut aussi lire - avec la prudence qui s'impose - cette étude parue ICI.

  • François d'Assise (4 octobre)

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    Du pape BENOÎT XVI, lors de l'AUDIENCE GÉNÉRALE du mercredi 27 janvier 2010, cette catéchèse consacrée à saint François d’Assise :

    Chers frères et sœurs,

    Dans une récente catéchèse, j'ai déjà illustré le rôle providentiel que l'Ordre des frères mineurs et l'Ordre des frères prêcheurs, fondés respectivement par saint François d'Assise et par saint Dominique Guzman, eurent dans le renouveau de l'Eglise de leur temps. Je voudrais aujourd'hui vous présenter la figure de François, un authentique « géant » de sainteté, qui continue à fasciner de très nombreuses personnes de tous âges et de toutes religions.

    « Surgit au monde un soleil ». A travers ces paroles, dans la Divine Comédie (Paradis, chant XI), le plus grand poète italien Dante Alighieri évoque la naissance de François, survenue à la fin de 1181 ou au début de 1182, à Assise. Appartenant à une riche famille – son père était marchand drapier –, François passa son adolescence et sa jeunesse dans l'insouciance, cultivant les idéaux chevaleresques de l'époque. A l'âge de vingt ans, il participa à une campagne militaire, et fut fait prisonnier. Il tomba malade et fut libéré. De retour à Assise, commença en lui un lent processus de conversion spirituelle, qui le conduisit à abandonner progressivement le style de vie mondain qu'il avait mené jusqu'alors. C'est à cette époque que remontent les célèbres épisodes de la rencontre avec le lépreux, auquel François, descendu de cheval, donna le baiser de la paix, et du message du Crucifié dans la petite église de saint Damien. Par trois fois, le Christ en croix s'anima, et lui dit: « Va, François, et répare mon église en ruine ». Ce simple événement de la parole du Seigneur entendue dans l'église de Saint-Damien renferme un symbolisme profond. Immédiatement, saint François est appelé à réparer cette petite église, mais l'état de délabrement de cet édifice est le symbole de la situation dramatique et préoccupante de l'Eglise elle-même à cette époque, avec une foi superficielle qui ne forme ni ne transforme la vie, avec un clergé peu zélé, avec un refroidissement de l'amour; une destruction intérieure de l'Eglise qui comporte également une décomposition de l'unité, avec la naissance de mouvements hérétiques. Toutefois, au centre de cette église en ruines se trouve le crucifié, et il parle: il appelle au renouveau, appelle François à un travail manuel pour réparer de façon concrète la petite église de Saint-Damien, symbole de l'appel plus profond à renouveler l'Eglise même du Christ, avec la radicalité de sa foi et l'enthousiasme de son amour pour le Christ. Cet événement qui a probablement eu lieu en 1205, fait penser à un autre événement semblable qui a eu lieu en 1207: le rêve du Pape Innocent III. Celui-ci voit en rêve que la Basilique Saint-Jean-de-Latran, l'église mère de toutes les églises, s'écroule et un religieux petit et insignifiant la soutient de ses épaules afin qu'elle ne tombe pas. Il est intéressant de noter, d'une part, que ce n'est pas le Pape qui apporte son aide afin que l'église ne s'écroule pas, mais un religieux petit et insignifiant, dans lequel le Pape reconnaît François qui lui rend visite. Innocent III était un Pape puissant, d'une grande culture théologique, et d'un grand pouvoir politique, toutefois, ce n'est pas lui qui renouvelle l'église, mais le religieux petit et insignifiant: c'est saint François, appelé par Dieu. Mais d'autre part, il est intéressant de noter que saint François ne renouvelle pas l'Eglise sans ou contre le Pape, mais seulement en communion avec lui. Les deux réalités vont de pair: le Successeur de Pierre, les évêques, l'Eglise fondée sur la succession des apôtres et le charisme nouveau que l'Esprit Saint crée en ce moment pour renouveler l'Eglise. C'est ensemble que se développe le véritable renouveau.

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  • Une prière attribuée à saint François d'Assise

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    Prière attribuée à saint François d'Assise

     

    francois_cimabue.jpgSeigneur, fais de moi un instrument de la paix,

     

    Là où il y a la haine, que je mette l'Amour,

    Là où il y a l'offense, que je mette le pardon,

    Là où il y a la discorde, que je mette l'union,

    Là où il y a l'erreur, que je mette la vérité,

    Là où il y a le doute, que je mette la foi,

    Là où il y a le désespoir, que je mette l'espérance,

    Là où il y a les ténèbres, que je mette la lumière,

    Là où il y a la tristesse, que je mette la joie.

     

    O Maître, que je ne cherche pas tant

    A être consolé...qu'à consoler

    A être compris...qu'à comprendre

    A être aimé...qu'à aimer.

     

    Car,

    C'est en donnant...qu'on reçoit

    C'est en s'oubliant...qu'on trouve

    C'est en pardonnant...qu'on est pardonné

    C'est en mourant...qu'on ressuscite à l'éternelle vie.

  • Inde : les chrétiens visés par les lois anti-conversion

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    De Sylvain Dorient sur aleteia.org :

    En Inde, les chrétiens dans le viseur des lois anti-conversion

    Ashwini Kumar Upadhyay adressait le 23 septembre 2022 une pétition à la Cour suprême l’avertissant du « danger national » que feraient peser sur le pays les conversions. Comprenez les conversions d’hindous, (80% de la population) à d’autres religions, l’islam (14%) et le christianisme (2%). Ces minorités menaceraient le peuple indien selon cet avocat et politicien, affilié au BJP (Bharatiya Janata Party), le parti hindouiste au pouvoir. 

    Il prône une extension des lois anticonversions à l’ensemble des 28 États que compte l’Inde. Depuis le mois de mai, 10 États disposent d’une telle loi condamnant les conversions obtenues par des moyens frauduleux comme la menace, la corruption, la séduction ou la superstition.

    Contre le Love Djihad

    Au Karnataka, le dernier État à s’être doté d’une telle loi au mois de mai 2022, des nationalistes hindous s’exprimant sur Indiafaith dénoncent une « augmentation anormale du nombre de convertis ». Ils visent la minorité musulmane, qui constitue 12% de la population de l’État et qui pratiquerait le « Love djihad ». Des musulmans séduiraient des jeunes filles pour les épouser et les convertir à l’islam. À l’inverse, constatent-ils, un hindou qui veut épouser une musulmane doit se convertir à l’islam. Par ailleurs, les chrétiens – 1,8% de la population – croîtraient, selon l’article, en nombre anormal en raison des conversions qu’ils obtiendraient auprès des populations « pauvres et peu éduquées » de l’État. Aux yeux des auteurs de l’article, la loi anti-conversion luttera contre ces « abus », et elle ne réprime « que les conversions frauduleuses ». Elle prévoit des peines d’emprisonnements de 3 à 5 ans, incompressibles, pour les fautifs. 

    La même année, en novembre 2021, deux religieuses indiennes étaient empoignées par une foule en furie pour avoir “converti des hindous”.

    Pourtant, l’expérience prouve que ces lois, loin de calmer les esprits, tendent la société indienne, qui est très sensible aux questions religieuses. Ainsi, le 11 février 2021, l’État de l’Uttar Pradesh au nord-est du pays, adoptait ce type de loi. La même année, en novembre 2021, deux religieuses indiennes étaient empoignées par une foule en furie pour avoir « converti des hindous ». Sœur Monteiro et sœur Roshi Minj, membres de la congrégation franciscaine des Ursulines, décrivent pour l’AED une foule hurlant des slogans anti-chrétiens, les traînant jusqu’à un poste de police afin qu’elles soient jugées. 

    L’Uttar Pradesh ne compte qu’une proportion infime de chrétien, 0,18%, mais les nationalistes hindous y sont très virulents, en particulier depuis l’élection du gouverneur de l’État Yogi Adityanath. Ascète hindou et membre du BJP, il a été élu en mars 2017. Depuis cette date, l’Uttar Pradesh a enregistré 384 cas d’attaques contre la minorité chrétienne. 

    L’agenda du BJP

    Le BJP, parti nationaliste indien, n’a cessé d’accroître sa mainmise sur le pouvoir depuis la première élection de Narendra Modi au poste de Premier ministre, le 26 mai 2014. Réélu, il a progressivement durci son discours à l’égard des minorités. Il a emporté les élections législatives de 2019 en se présentant comme le défenseur des Indiens face aux menaces du Pakistan et de la Chine. Les « influences étrangères » au sens large, même les plus bénignes, sont désormais suspectes, raison pour laquelle le gouvernement n’a pas renouvelé les licences de plus de 500 organisations humanitaires au début de l’année 2021. Sans cette licence, les organisations visées ne pouvaient plus recevoir de dons de pays étrangers. L’un des chefs d’accusations des nationalistes contre les minorités religieuses est en effet d’utiliser de l’argent étranger pour corrompre les citoyens indiens. 

    Parmi ces organisations se trouvaient les sœurs de la Charité, la Congrégation fondée par Mère Teresa. Au regard du soutien qu’elle fournit aux Indiens les plus pauvres, cette décision aurait pu provoquer une catastrophe humanitaire. Elles ont finalement pu obtenir leur licence devant le tollé suscité par cette mesure, mais rien ne garantit que l’État ne jouera pas à nouveau de ce puissant levier pour mettre sous pression la minorité chrétienne de son pays.

  • "Etre en communion" : mais, au juste, qu'est-ce que cela signifie aujourd'hui ?

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    De Johan A. Monaco sur The Catholic World Report :

    Que signifie être "en communion" aujourd'hui ?

    L'idée de "communion" est bien trop précieuse pour la vie de l'Église pour qu'on la lance sans réfléchir et à des fins idéologiques. Mais c'est exactement ce qui se passe.

    2 octobre 2022

    Il y a quelques mois, un évêque catholique de Porto Rico a été démis de ses fonctions par le pape François, dans un geste dont certains ont remis en question l'opportunité. Le 9 mars, l'évêque Daniel Fernández Torres a été relevé de ses fonctions apostoliques dans le diocèse d'Arecibo. Son crime ? Selon l'évêque lui-même, on lui reproche de ne pas avoir "été obéissant au pape" et de ne pas avoir apparemment "suffisamment communié avec mes frères évêques de Porto Rico".

    La prudence nous dicte d'attendre de plus amples informations sur cette situation particulière. Mais en l'état actuel des choses, il semble que cet évêque se soit distingué pour un certain nombre de raisons : il a refusé d'envoyer ses séminaristes au nouveau séminaire interdiocésain de Porto Rico, il a refusé de signer de multiples déclarations de la conférence des évêques (y compris celles qui restreignaient sévèrement la messe traditionnelle en latin), il a déclaré que les catholiques avaient le droit d'avoir une objection de conscience aux vaccins COVID et il a plaidé contre l'idéologie du genre. À ce jour, Mgr Fernández reste un évêque sans siège, son remplaçant a été nommé, et sa demande d'audience papale n'a pas encore été accordée.

    L'armement de la "communion

    Trop souvent, des mots spécifiques populaires dans le discours catholique prennent une vie propre, ou plutôt, sont manipulés pour correspondre à un sens spécifique, que ce sens soit justifié ou non par la signification du mot lui-même. Des mots tels que "accompagnement", "rencontre", "dialogue" et "rigide" fonctionnent comme des sifflets à chiens ecclésiaux. Ils signifient exactement ce que l'orateur souhaite qu'ils signifient, ni plus ni moins.

    Par exemple, nous pouvons entendre dire que les catholiques doivent "accompagner" les politiciens pro-avortement alors qu'ils essaient de prendre la décision apparemment difficile de soutenir ou non l'infanticide. Un tel "accompagnement", cependant, se réfère apparemment à leur tenir la main dans la file d'attente pour recevoir la Sainte Communion, et jamais à les "accompagner" jusqu'au confessionnal le plus proche. Dans le même ordre d'idées, la "rencontre" - qui a été le mot à la mode du pontificat du Pape François - a été définie comme permettant aux personnes marginalisées de "faire partie de la vie de la communauté sans être gênées, rejetées ou jugées".

    On ne voit pas très bien comment le pontificat actuel est capable de promouvoir simultanément cette définition de la "rencontre", tout en interdisant aux paroisses d'énumérer les moments où la messe traditionnelle en latin est proposée. On nous dit de "dialoguer" avec les adeptes d'autres religions, mais dès que le dialogue se transforme en tentative de convaincre le non-catholique de la vérité de la Foi, il semble que nous ayons raté le coche. "Rigide" semble toujours faire référence à ceux qui sont attachés aux formes traditionnelles de culte, mais jamais à ces personnes inflexibles et insistantes qui affirment que les décisions prises dans les années 1970 sont irréversibles.

    Pour en revenir au cas étrange de Mgr Fernández, nous trouvons un autre mot qui, malgré son importance pour la vie de l'Église, a été instrumentalisé par certains camps idéologiques. Il s'agit du mot "communion". Comme un enfant suffisant qui cherche des louanges, ces camps saisissent toute occasion d'accuser leurs adversaires de ne pas être en "communion" suffisante avec le pape. Lorsque quatre cardinaux ont soumis un dubia au pape François afin d'obtenir des éclaircissements sur Amoris Laetitia, un archevêque a qualifié cette démarche de "très grave scandale", susceptible de les priver de leur cardinalat, et a déclaré que remettre en question le pape François revient à "douter du Saint-Esprit". Les pom-pom girls papales tambourinent au rythme de Lumen gentium §25, qui parle du devoir de "soumission religieuse d'esprit et de volonté" au magistère papal. Cette "soumission religieuse" (obsequium religiosum) est ensuite utilisée comme une épée contre quiconque n'est pas d'accord avec tout ce que dit ou fait le Saint-Père, y compris les interviews papales en avion, souvent déroutantes.

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  • Pourquoi les évangéliques anglicans deviennent catholiques : Un entretien avec Mgr Nazir-Ali

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    De Luke Coppen sur The Pillar :

    Pourquoi les évangéliques anglicans deviennent catholiques : Un entretien avec Mgr Nazir-Ali

    L'ancien évêque anglican Michael Nazir-Ali a été reçu dans l'Église catholique en 2021 et ordonné prêtre de l'Ordinariat personnel de Notre-Dame de Walsingham.

    1er octobre 2022

    L'ancien évêque anglican Michael Nazir-Ali a été reçu dans l'Église catholique en 2021 et ordonné prêtre de l'Ordinariat personnel de Notre-Dame de Walsingham.

    Cette décision est remarquable non seulement parce que M. Nazir-Ali était autrefois l'un des principaux candidats au poste d'archevêque de Canterbury, le chef spirituel des anglicans du monde entier. Il était également significatif parce qu'il venait de l'aile évangélique de l'anglicanisme, plutôt que de la partie qui s'identifie fortement au catholicisme.

    Nazir-Ali est né à Karachi, la plus grande ville du Pakistan, le 19 août 1949. Il a été ordonné clerc anglican en 1976 et est devenu le plus jeune évêque de la Communion anglicane en 1984.

    Après avoir été contraint de quitter le Pakistan, il s'est installé en Angleterre et a été nommé 106e évêque de Rochester, un siège occupé par saint John Fisher avant la Réforme. Depuis 1999, il siège à la Chambre des Lords, la chambre haute du Parlement britannique.

    Il a pris sa retraite en tant qu'évêque de Rochester en 2009 et est maintenant président d'OXTRAD, qui prépare les chrétiens au ministère dans les régions où l'Église est persécutée. Il a reçu le titre de "monseigneur" en avril dernier.

    Les autres prêtres catholiques de Nazir-Ali ont dit tout le bien qu'ils pensaient de lui. L'un d'eux a déclaré au Pillar qu'il était "l'un des plus grands dons à l'Église depuis Newman". Un autre l'a décrit comme ayant "un cerveau étonnant".

    Alors pourquoi a-t-il décidé de traverser le Tibre ? Pourquoi d'autres anglicans évangéliques font-ils le même voyage ? Et que peut faire l'Église catholique pour les accueillir ?

    Nazir-Ali a répondu à ces questions, et a parlé de son histoire de vie inhabituelle, un soir avec The Pillar via Zoom.

    Monseigneur, qu'est-ce que le christianisme ?

    Pour moi, la foi chrétienne est bien sûr intensément personnelle. Elle implique un engagement personnel envers Dieu qui se révèle dans le Christ - ma réponse à cela dans la foi mais aussi dans la vie.

    Mais le christianisme a aussi des implications plus larges que cela, en étant une vision du monde sur la nature de l'univers et notre place dans celui-ci. Cette dimension rivalise avec d'autres visions du monde, bien sûr, y compris les autres religions, mais pas seulement. Je fais la distinction entre la foi à laquelle on croit et la foi par laquelle on croit. L'une est subjective et l'autre a un contenu objectif.

    L'anglicanisme est un phénomène complexe et il existe différents sous-groupes. L'un d'eux est l'anglicanisme évangélique. Qu'est-ce que c'est ?

    C'est très diversifié. Il y a des évangéliques très conservateurs qui sont vraiment réformés calvinistes et qui interprètent la tradition anglicane de cette manière. Puis il y a les anglicans évangéliques charismatiques qui voient les choses différemment, qui sont beaucoup plus souples sur la doctrine et même peut-être sur les questions de vie morale, mais qui mettent l'accent sur l'expérience de l'Esprit et l'expérience spirituelle en général. Et puis il y a tout un nombre de personnes - peut-être la majorité - qui se disent "évangéliques ouverts", qui sont engagés dans l'évangélisation. Il existe donc différents éléments parmi les anglicans évangéliques.

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  • Le pape François lance un appel à Poutine pour un cessez-le-feu immédiat en Ukraine

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    De Courtney Mares sur Catholic News Agency :

    Le pape François lance un appel à Poutine pour un cessez-le-feu immédiat en Ukraine

    Le pape François a consacré la quasi-totalité de son discours de l'Angélus du 1er octobre à la guerre en Ukraine.

    2 octobre 2022

    Le pape François a lancé un appel direct au président russe Vladimir Poutine pour un cessez-le-feu immédiat dimanche, l'implorant de mettre fin à la "spirale de violence et de mort" en Ukraine.

    S'exprimant depuis la fenêtre du Palais apostolique le 2 octobre, le pape a consacré la quasi-totalité de son discours de l'Angélus à la guerre en Ukraine.

    "Je déplore profondément la grave situation qui s'est créée ces derniers jours... Elle augmente le risque d'escalade nucléaire, faisant craindre des conséquences incontrôlables et catastrophiques dans le monde entier", a déclaré le pape François.

    "Mon appel s'adresse avant tout au président de la Fédération de Russie, l'implorant d'arrêter cette spirale de violence et de mort, également pour le bien de son peuple", a-t-il ajouté.

    Le pape a également appelé le président ukrainien Volodymyr Zelenskyy à être "ouvert aux propositions sérieuses de paix" et la communauté internationale à "faire tout son possible pour mettre fin à la guerre sans se laisser entraîner dans de dangereuses escalades."

    Il a déclaré : "Après sept mois d'hostilités, utilisons tous les moyens diplomatiques, même ceux qui n'ont peut-être pas été utilisés jusqu'à présent, pour mettre fin à cette terrible tragédie. La guerre en elle-même est une erreur et une horreur".

    Le discours de cinq minutes du pape sur la guerre en Ukraine, prononcé depuis une fenêtre donnant sur la place Saint-Pierre, s'écartait de sa routine dominicale habituelle. D'habitude, le pape donne une réflexion sur l'Évangile du dimanche avant de prier l'Angélus, une prière mariale traditionnelle, et de parler de ses intentions de prière.

    Le pape François a souligné qu'il avait choisi de consacrer l'intégralité de sa réflexion à l'Ukraine car le cours de la guerre "est devenu si grave, si dévastateur et si menaçant qu'il suscite une grande inquiétude."

    "Je suis attristé par les fleuves de sang et de larmes versés au cours de ces mois", a-t-il déclaré.

    "Je suis affligé par les milliers de victimes, surtout des enfants, et par les destructions qui ont laissé de nombreuses personnes et familles sans abri et menacent de vastes territoires de froid et de faim. De telles actions ne peuvent jamais être justifiées, jamais !"

    Le pape a fréquemment mentionné l'Ukraine dans ses prières à la fin de ses audiences publiques depuis le début de la guerre en février. Récemment, lors d'une conversation avec des prêtres jésuites pendant son voyage au Kazakhstan, le pape a déclaré qu'il avait tenté d'aider un échange de prisonniers entre l'Ukraine et la Russie.

    "Au nom de Dieu et au nom du sens de l'humanité qui habite chaque cœur, je renouvelle mon appel à un cessez-le-feu immédiat", a déclaré le pape François dans son appel.

    "Que l'on cesse les armes et que l'on recherche les conditions d'une négociation qui conduise à des solutions non pas imposées par la force, mais consensuelles, justes et stables. Et elles le seront si elles sont fondées sur le respect de la valeur sacro-sainte de la vie humaine, ainsi que de la souveraineté et de l'intégrité territoriale de chaque pays, et des droits des minorités et des préoccupations légitimes."

    À la fin de son discours de l'Angélus consacré à l'Ukraine, le pape a déclaré qu'il avait également prié pour les habitants de Floride et de Cuba frappés par l'ouragan Ian. 

    "Que le Seigneur accueille les victimes, donne consolation et espoir à ceux qui souffrent, et soutienne les efforts de solidarité", a-t-il dit.

    François a ajouté qu'il priait pour les victimes d'une bousculade à la fin d'un match de football en Indonésie, où au moins 174 personnes sont mortes, selon l'Associated Press.

    Le pape François a également rappelé à la foule réunie sur la place Saint-Pierre qu'un nouveau spectacle de lumière sur la vie de saint Pierre sera projeté sur la basilique vaticane chaque nuit pendant les deux premières semaines d'octobre. Andrea Bocelli devrait chanter lors de l'inauguration du spectacle dans la nuit du 2 octobre.

    Courtney Mares est correspondante à Rome pour la Catholic News Agency. Diplômée de l'université de Harvard, elle a effectué des reportages dans des bureaux de presse sur trois continents et a reçu la bourse Gardner pour son travail avec les réfugiés nord-coréens.

  • Lever le silence sur les dérives au sein des communautés bouddhistes

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    De France Inter :

    L'émission sur Arte :

    Abus sexuels, manipulations mentales et détournements de fonds : le bouddhisme tibétain est secoué par de graves scandales. Un récit fouillé qui lève le voile sur les dessous peu spirituels d’une religion vénérée en Europe.  

    Il s’appelle Ricardo Mendes et, très jeune, il a vécu l’enfer dans une communauté bouddhiste à Castellane, loin de l’idéal de sagesse prônée par son fondateur, Robert Spatz. Désormais en quête de justice et s’étant constitué partie civile dans un procès, Ricardo raconte comment le lama belge incitait ses disciples à lui abandonner leur progéniture, lui laissant le champ libre. Sévices corporels, privations de nourriture et de liberté ou viols subis par les filles furent le lot quotidien d’enfants sans protection. Ces abus ne relèvent pourtant pas de l’exception : depuis que le bouddhisme tibétain s'est imposé comme un phénomène de mode dans les années 1960, notamment en Europe, les scandales sexuels et financiers se multiplient, tandis que ses maîtres en exil prospèrent. Icône internationale, le dalaï-lama a lui-même longtemps couvert les agissements secrets de ceux qui servaient l’expansion de sa religion : avec une économie fondée sur la charité, celle-ci doit éviter les affaires trop tapageuses...

    Le lama Sogyal Rinpoché, à la tête d’un empire après la publication de son best-seller Le livre tibétain de la vie et de la mort, finit pourtant par être dénoncé par de nombreuses victimes pour son goût immodéré du luxe, son autoritarisme violent et ses dérives sexuelles. Il symbolise ainsi ce que le dalaï-lama nomme du bout des lèvres "les problèmes éthiques"... Dans les arrière-salles des monastères "Les gens prennent le charisme pour une qualité spirituelle."

    Grâce à ses révélations et à la qualité de ses intervenants, ce documentaire édifiant contribue à dessiller le regard occidental "fleur bleue" sur l’exotique bouddhisme tibétain. Il rappelle notamment que cette religion requiert une dévotion totale de l'élève, lequel doit certifier à son maître de garder le secret sur les initiations auxquelles il doit se soumettre : un terreau idéal pour couvrir d’une chape de silence les abus de toute nature.

    Les recherches menées par la journaliste Élodie Emery et le documentariste Wandrille Lanos affinent la perception de cette spiritualité qui se pare de tant de vertus, dont la pauvreté. Car le bouddhisme, véritable multinationale, se déploie avec ses têtes de gondole, ses produits dérivés (dont la méditation), ses filiales (les centres bouddhistes pour public aisé), ses stratégies de communication et agences spécialisées dans la gestion de crise. Fort de nombreux témoignages, dont des chercheurs et des adeptes abusé(e)s qui racontent l’envers du décor, ce récit fouillé lève le voile sur les impostures du bouddhisme, si prisé en Occident pour... sa quête de la paix intérieure.

    Documentaire d'Elodie Emery et Wandrille Lanos (France, 2022, 1h30mn) disponible jusqu'au 13/10/2022