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Eglise - Page 998

  • Que deviendra la graine de la sagesse de Dieu déposée en nous ? Prédication du Père Michel-Marie Zanotti-Sorkine pour le 15e dimanche du temps ordinaire

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    Prédication (archive du 10 juillet 2011) pour le 15e dimanche du temps ordinaire par le père Michel-Marie Zanotti-Sorkine (Mt 13, 1-23).

    http://www.delamoureneclats.fr / http://www.unfeusurlaterre.org

    Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 13,1-23.

    Ce jour-là, Jésus était sorti de la maison, et il était assis au bord de la mer. 
    Auprès de lui se rassemblèrent des foules si grandes qu’il monta dans une barque où il s’assit ; toute la foule se tenait sur le rivage. 
    Il leur dit beaucoup de choses en paraboles : « Voici que le semeur sortit pour semer. 
    Comme il semait, des grains sont tombés au bord du chemin, et les oiseaux sont venus tout manger. 
    D’autres sont tombés sur le sol pierreux, où ils n’avaient pas beaucoup de terre ; ils ont levé aussitôt, parce que la terre était peu profonde. 
    Le soleil s’étant levé, ils ont brûlé et, faute de racines, ils ont séché. 
    D’autres sont tombés dans les ronces ; les ronces ont poussé et les ont étouffés. 
    D’autres sont tombés dans la bonne terre, et ils ont donné du fruit à raison de cent, ou soixante, ou trente pour un. 
    Celui qui a des oreilles, qu’il entende ! » 
    Les disciples s’approchèrent de Jésus et lui dirent : « Pourquoi leur parles-tu en paraboles ? » 
    Il leur répondit : « À vous il est donné de connaître les mystères du royaume des Cieux, mais ce n’est pas donné à ceux-là. 
    À celui qui a, on donnera, et il sera dans l’abondance ; à celui qui n’a pas, on enlèvera même ce qu’il a. 
    Si je leur parle en paraboles, c’est parce qu’ils regardent sans regarder, et qu’ils écoutent sans écouter ni comprendre. 
    Ainsi s’accomplit pour eux la prophétie d’Isaïe : ‘Vous aurez beau écouter, vous ne comprendrez pas. Vous aurez beau regarder, vous ne verrez pas. 
    Le cœur de ce peuple s’est alourdi : ils sont devenus durs d’oreille, ils se sont bouché les yeux, de peur que leurs yeux ne voient, que leurs oreilles n’entendent, que leur cœur ne comprenne, qu’ils ne se convertissent, – et moi, je les guérirai.’ 
    Mais vous, heureux vos yeux puisqu’ils voient, et vos oreilles puisqu’elles entendent ! 
    Amen, je vous le dis : beaucoup de prophètes et de justes ont désiré voir ce que vous voyez, et ne l’ont pas vu, entendre ce que vous entendez, et ne l’ont pas entendu. »
    Vous donc, écoutez ce que veut dire la parabole du semeur. 
    Quand quelqu’un entend la parole du Royaume sans la comprendre, le Mauvais survient et s’empare de ce qui est semé dans son cœur : celui-là, c’est le terrain ensemencé au bord du chemin. 
    Celui qui a reçu la semence sur un sol pierreux, c’est celui qui entend la Parole et la reçoit aussitôt avec joie ; 
    mais il n’a pas de racines en lui, il est l’homme d’un moment : quand vient la détresse ou la persécution à cause de la Parole, il trébuche aussitôt. 
    Celui qui a reçu la semence dans les ronces, c’est celui qui entend la Parole ; mais le souci du monde et la séduction de la richesse étouffent la Parole, qui ne donne pas de fruit. 
    Celui qui a reçu la semence dans la bonne terre, c’est celui qui entend la Parole et la comprend : il porte du fruit à raison de cent, ou soixante, ou trente pour un. » 

    Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris 

  • Catholiques et orthodoxes n’ont pas réussi à trouver un accord sur le cardinal Stepinac

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    De Nicolas Senèze sur le site du journal La Croix :

    Catholiques et orthodoxes actent leur désaccord sur le cardinal croate Stepinac

    Catholiques et orthodoxes n’ont pas réussi à trouver un accord sur la figure controversée du cardinal Stepinac. Les désaccords demeurent surtout d’ordre politique et symbolique.

    Le cardinal est considéré comme un résistant par les catholiques croates, mais comme un homme violemment anti-serbe et antisémite pour les orthodoxes serbes.

    La Commission de dialogue entre catholiques et orthodoxes serbes mise en place pour discuter du rôle du cardinal Alojzije Stepinac pendant la Seconde Guerre mondiale a tenu sa dernière réunion, mercredi 12 et jeudi 13 juillet à Rome, un an après sa première rencontre.

    À LIRE : Réunion de la commission d’étude sur le rôle du cardinal Stepinac durant la seconde guerre mondiale

    Si ses membres reconnaissent que « leur travail a permis une meilleure compréhension de l’histoire des années entre la Première Guerre mondiale et 1960, année de la mort du cardinal Stepinac », la commission admet, dans un communiqué au ton néanmoins relativement positif, qu’elle n’a pas réussi à trouver un accord.

    « Les événements sont encore soumis à diverses interprétations »

    « Les événements, les interventions, les écrits, les silences et les positions sont encore soumis à diverses interprétations », reconnaît la commission pour qui « dans le cas du cardinal Stepinac, les interprétations données respectivement par les Croates catholiques et Serbes orthodoxes sont encore divergentes ».

    Le rôle de la commission était de permettre aux catholiques et aux orthodoxes d’étudier ensemble la figure controversée du cardinal croate, considéré comme un résistant aux outrances du régime oustachi par les catholiques croates mais comme un homme violemment anti-serbe et antisémite pour les orthodoxes serbes.

    À LIRE : Les orthodoxes serbes acceptent de discuter avec l’Église catholique du cas du cardinal Stepinac

    Arrêté en 1946 par les communistes, Mgr Stepinac fut jugé dans le cadre d’un vaste procès contre les responsables de l’État indépendant de Croatie. Reconnu coupable de haute trahison et crimes de guerre, il fut condamné à 16 ans de travaux forcés : pour les Croates, c’est surtout son refus de créer une « Église nationale serbo-croate » indépendante de Rome qui lui aurait valu ces persécutions.

    Libéré au bout de cinq ans et assigné à résidence, Mgr Stepinac a été créé cardinal en 1952 et il est mort en 1961 à Zagreb. Jean-Paul II l’a béatifié comme martyr en 1998, son procès en canonisation est en cours, un miracle à son intercession étant même en passe d’être reconnu par la Congrégation des causes des saints.

    À LIRE : La canonisation du cardinal croate Alojzije Stepinac en bonne voie d’après le cardinal Amato

    Dans le cadre du travail de la commission, le pape François avait autorisé les historiens serbes à accéder aux parties fermées des Archives secrètes du Vatican et de la Secrétairerie d’État.

    « Nous n’avons rien trouvé qui remette en cause le gros travail réalisé avant la béatification en 1998 », note un participant selon qui « cette cause est instrumentalisée dans un contexte qui n’a rien à voir avec le cardinal Stepinac ».

    Selon lui, « les événements sont l’objet d’interprétations contradictoires ». Ainsi, explique-t-il, l’intervention du cardinal Stepinac pour empêcher la déportation de 300 prêtres slovènes constitue, pour les catholiques, une preuve du sauvetage de prisonniers mais, est la démonstration, aux yeux des orthodoxes de son « rôle politique et son influence » sur les Allemands et le régime oustachi.

    La mémoire prend le pas sur l’histoire

    « Les façons de concevoir les choses sont trop différentes », regrette un historien pour qui la mémoire prend ici le pas sur l’histoire. « Les recherches ont même permis de mettre en évidence un certain nombre de faux documents utilisés lors du procès de 1946 », souligne-t-il, reconnaissant toutefois qu’il est difficile pour les orthodoxes d’aller au-delà de certaines positions.

    « Ils se défendent d’être liés au pouvoir mais, en réalité, ils doivent faire avec le poids de l’héritage communiste qui a créé un certain nombre de mythes qu’il leur est difficile de surmonter, explique-t-il. Le procès de 1946 contre Stepinac en fait partie car il s’agissait alors d’une revanche contre l’État oustachi. »

    L’ensemble du travail réalisé par la commission a été remis au pape qui décidera de l’opportunité de canoniser le cardinal Stepinac. « Le processus de canonisation du cardinal Stepinac est de la compétence exclusive du pape »,reconnaissent d’ailleurs les membres catholiques et orthodoxes de la commission. Ils rappellent que « chaque Église à ses propres critères pour procéder à une canonisation ».

    De bons rapports entre les évêques de chaque Église

    « Ce sera là une décision politique qui ne relève plus des historiens mais d’éléments que seul le pape a en main, en fonction des rapports avec l’Église catholique croate et avec l’Église orthodoxe serbe », note un historien.

    Il relève néanmoins plusieurs points positifs dans le travail de la commission et, notamment, « les très bons rapports entre évêques catholiques croates et serbes orthodoxes ».

    Ceux-ci ont d’ailleurs convenu, malgré les difficultés et les incompréhensions, de continuer à se rencontrer pour « partager la mémoire des martyrs et confesseurs des deux Églises » qui ont, toutes deux, « cruellement souffert de diverses persécutions ».

  • Pour Benoît XVI, l'urgence est de trouver des bergers convaincus qui ne succombent pas à l'esprit du temps et professent leur foi avec détermination

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    Du blog de Jeanne Smits :

    Le message de Benoît XVI pour les funérailles du cardinal Meisner, signataire des Dubia

    Le cardinal Meisner et Benoît XVI, en une époque révolue

    Lors des funérailles du cardinal Joachim Meisner le samedi 15 juillet à Cologne, un message de la main du pape François a été lu au cours de la cérémonie par le nonce apostolique en Allemagne, Mgr Nikola Eterović. Mais à la surprise générale, un deuxième message, émanant celui-là du pape émérite Benoît XVI, a été lu par le préfet de la maison pontificale et secrétaire particulier de Benoît XVI, Mgr Georg Gänswein. Cela a d'autant plus de poids que le cardinal Meisner  est l'un des quatre cardinaux qui ont présenté des Dubia au pape François à propos d'Amoris laetitia.

    Je vous propose ci-dessous ma traduction de ce message à la fois beau et émouvant, mais également riche  d'enseignement par les temps qui courent. Je vous laisse savourer ce texte – quelle joie et quel plaisir intellectuel de traduire Benoît XVI ! – non sans vous signaler que le pape émérite évoque la foi profonde, la piété eucharistique, la vie de prière de ce cardinal qui a su comprendre « que le Seigneur n'abandonne pas son Eglise, même lorsque parfois le navire a tant pris l'eau qu'il est sur le point de chavirer ». Double leçon : notre pauvre Eglise semble au plus mal, mais Notre Seigneur Jésus-Christ ne l'abandonne point. Et un rappel : « L'Eglise se trouve dans la nécessité urgente de disposer de bergers convaincants qui puissent résister à la dictature de l'esprit du temps et qui vivent et pensent la foi avec détermination. » Il semble vraiment très, très difficile de ne pas faire le lien entre ces déclarations et la confusion doctrinale du pontificat actuel. — J.S.

    « En cette heure où l'Eglise de Cologne et les fidèles venus d'au-delà de ses frontières sont rassemblés pour dire à Dieu au cardinal Joachim Meisner, je suis avec vous par le cœur et la pensée, et, accomplissant avec joie le souhait du cardinal Woelki, je désire vous adresser un mot de souvenir. 

    « Lorsque j'ai appris la mort du cardinal Meisner mercredi dernier, je n'ai pas voulu y croire. La veille nous avions parlé au téléphone. Sa gratitude à propos du fait qu'il avait pu prendre quelques vacances après avoir participé à la béatification de Mgr Teofilius Matulionis à Vilnius le dimanche précédent (le 25 juin) était évidente au son de sa voix.  L'amour de l'Eglise des pays voisins à l'Est, qui avaient souffert sous la persécution communiste, ainsi que la gratitude que lui inspirait la résistance aux souffrances à cette époque-là, avaient marqué toute sa vie. De telle sorte qu'il n'y a pas pas de coïncidence dans le fait qu'il aura rendu la dernière visite de sa vie à un Confesseur de la foi dans ces pays-là. 

    « Ce qui m'a particulièrement impressionné au cours de cette dernière conversation avec le cardinal à la retraite, c'est la joie déliée, la joie intérieure, la confiance qu'il avait trouvées. Nous savons que ce berger, ce pasteur passionné a trouvé difficile de quitter son poste, spécialement à un moment où l'Eglise se trouve dans la nécessité urgente de disposer de bergers convaincants qui puissent résister à la dictature de l'esprit du temps et qui vivent et pensent la foi avec détermination. Cependant, cela m'a d'autant plus ému qu'au cours de cette dernière période de sa vie, il a appris à lâcher prise et à vivre toujours plus dans la certitude profonde que le Seigneur n'abandonne pas son Eglise, même lorsque parfois le navire a tant pris l'eau qu'il est sur le point de chavirer. 

    « Deux choses, dernièrement, lui ont donné toujours plus de joie et de confiance.

    « 1.  D'abord, il m'a toujours redit la joie profonde qui le remplit à travers l'expérience du sacrement de pénitence lorsque des jeunes, surtout de jeunes hommes, vivent la grâce du pardon – ce don d'avoir véritablement trouvé la vie que seul Dieu peut leur donner. 

    « 2. La deuxième chose qui l'a toujours touché et qui l'a toujours rempli de joie, ce sont les progrès discrets de l'adoration eucharistique. Lors des JMJ de Cologne cela avait constitué pour lui un point central – qu'il y eût une adoration, un silence où le Seigneur seul puisse parler au cœur. Certains experts en pastorale et en liturgie avaient pensé qu'un tel silence dans la contemplation du Seigneur ne peut s'obtenir avec une telle masse de gens. Certains étaient également d'avis que l'adoration eucharistique est en tant que telle dépassée, puisque le Seigneur veut être reçu dans le Pain eucharistique, et qu'Il ne veut pas être simplement regardé. Mais ce Pain ne peut être mangé comme un aliment quelconque ; « recevoir » le Seigneur dans le sacrement eucharistique requiert toutes les dimensions de notre existence – la réception doit être adoration : tout cela est désormais tout de même devenu très clair. Ainsi le temps d'adoration eucharistique lors des JMJ de Cologne est devenu un événement très intérieur qui n'est pas devenu inoubliable pour le seul cardinal. Ce moment lui est toujours resté présent intérieurement et a été pour lui une grande lumière. 

    « Lorsque le cardinal Meisner, au dernier matin de sa vie, n'a pas paru à l'heure de célébrer la messe, on l'a trouvé mort dans sa chambre. Son bréviaire avait glissé de ses mains :  il est mort en priant, son regard tourné vers le Seigneur, en conversation avec le Seigneur. La nature de la mort qu'il lui a été donné de vivre redit encore une fois comment il a vécu : le regard tourné vers le Seigneur, et en conversation avec lui. Ainsi nous osons sans crainte confier son âme au bon Dieu. Seigneur, nous vous remercions pour le témoignage de votre serviteur Joachim. Permettez-lui d'être désormais un intercesseur pour l'Eglise de Cologne et pour l'ensemble de la terre ! Requiescat in pace ! »

  • Eloge de la soutane

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    Lu sur le site « aleteia » :


    communautc3a9-de-saint-martin.jpg« Il y a 55 ans, les prêtres enlevaient la soutane au profit du col romain. Aujourd'hui, de plus en plus de jeunes prêtres, non affiliés à des groupes traditionalistes, n'hésitent plus à la porter. À l'occasion de son ordination récente, un prêtre a reçu une lettre d'un de ses aînés lui prodiguant de précieux conseils sur ce vêtement qui, à bien des égards, est à l'image de celui qui la porte. Voici le contenu de la lettre:

    « Cette soutane, en ce jour si spécial, doit te paraître encore plus belle qu’une robe de mariée. Tu as raison de te sentir inondé de joie à la simple idée de la porter : après tout, tu as attendu ce moment depuis tes premiers pas au séminaire.

    Mais je ne peux que te souhaiter d’être tout aussi heureux lorsque viendra l’heure d’assumer pleinement toute la signification que revêtent les couleurs de ce simple vêtement, y compris lorsque sonnera l’heure de ta mort et que ce modeste habit deviendra ton linceul. Aujourd’hui, il t’apparaît comme une robe de mariée et suscite l’enthousiasme de tes amis, de ta famille et de toi-même. Mais puisses-tu ressentir le même enthousiasme lorsqu’il sera devenu ton compagnon de solitude, la cage dans laquelle Dieu fusionnera avec toi et te purifiera, l’inconfortable ermitage de tes vieux jours.

    Rassure-toi : cette robe de mariée saura aussi être ton armure, lorsque les circonstances l’imposeront, pourvu que tu te souviennes alors de t’en servir de cette manière, comme d’une protection. En effet, porter une soutane devrait à soi seul être une forme de prière. Mais il ne faut pas croire que, sitôt le vêtement boutonné, tel soit immédiatement le cas. Cela demande un effort constant.

    Les poches. Elles sont amples et profondes : aussi, elles doivent te servir à ranger tout ce que tu partageras avec les autres. Aie toujours quelque chose à donner à ceux qui sont dans la nécessité et aux enfants. Rappelle-toi que certains apprécieront toujours un peu de l’argent dont il manque si cruellement. Tous auront besoin de ton sourire et d’un mot de consolation – au moins tout autant que de ta voix chantant les hymnes pendant la messe. Tout cela tient à une raison très simple : les gens ont avant tout besoin de savoir qu’ils sont aimés et, plus encore, de sentir que cet amour est bien réel.

    Ta soutane, si tu regardes dans sa doublure, comporte aussi une poche intérieure, sur la poitrine. Contrairement à ce que semblent croire les experts autoproclamés de la mode cléricale, elle n’a pas vocation à servir d’écrin à un stylo de grande valeur. Ranges-y plutôt précieusement les lettres auquel tu ne sais pas encore comment répondre, des notes portant le nom de ceux pour qui tu as promis de prier, les factures que tu t’es engagé à payer pour de plus miséreux que toi, les adresses des personnes à qui tu réserves une visite prochaine, conscient qu’elles ne viendront pas d’elles-mêmes te trouver, les photographies des chats, des chiens, des petits-enfants et des êtres aimés de tes paroissiens, ainsi que deux ou trois dessins que des enfants t’auront offerts. Garde cette poche bien remplie à tout moment.

    Que ta soutane soit également un roc sur lequel ton égo se brisera sitôt que tu adopteras des postures orgueilleuses, que de vaines ambitions te séduiront ou que la fierté t’envahira sans prévenir et sans que tu puisses y résister. Que cette soutane soit un roc sur lequel tu puisses prendre appui lorsque tu sentiras le courant de la vie te porter à la dérive. Ne t’inquiète pas – cette soutane sera toujours ton plus fidèle soutien. N’aie jamais peur de l’enfiler à la hâte si tu dois porter secours à ton prochain, même si tu dois pour cela paraître ridicule dans la rue et provoquer les sourires amusés de ceux qui te verront ainsi.

    Les manches se retroussent bien mieux que celles d’une simple chemise. Elles te rappelleront que la soutane n’est pas tant un uniforme qu’une tenue de travail. Néanmoins, ne retrousse ces manches que pour accomplir un travail au service des autres : ne poursuis jamais tes propres plans.

    J’espère aussi sincèrement que ta soutane portera des traces blanches. Celles dans ton dos seraient le témoignage de la sueur du travail, celles sur ton torse la marque des larmes que tu auras versé et que d’autres auront fait couler en te confiant, le visage enfoui sur ton épaule, leurs petits soucis du quotidien comme les grandes peines de leur existence. Certains tracas seront vains, d’autres blessures seront de véritables drames. Je te souhaite de voir ces traces blanches apparaître sur le tissu de ta soutane plus vite que les premiers cheveux blancs sur ton crâne.

    Ne crains pas non plus de froisser ou de salir ta soutane lorsque tu porteras secours aux nécessiteux ou aux blessés. N’hésite pas à en déchirer quelques pans pour en faire des bandages ou pour en vêtir les blessures de l’âme. Souviens-toi toujours que, dans certains cas extrêmes, elle pourra servir à d’autres de manteau pour se réchauffer ou de tente pour passer la nuit.

    Puisse le tissu de ta soutane s’user bientôt et porter les traces de l’usure aux genoux et aux épaules. Ces marques seront le signe de tes nuits de prières passées dans l’ombre à porter la croix des autres. Puisse également le tissu s’user de t’être souvent assis pour tendre l’oreille et d’avoir joué des coudes pour te frayer un chemin dans la foule. Tu devras aimer ta soutane et non la personne qui la porte. Et surtout, avant toute autre chose, aime l’Église qui te l’a donnée. Plus encore, aime le Christ, aime-le infiniment, car c’est lui qui t’a offert, toi, à l’Église. Cela suffit déjà à me rendre infiniment reconnaissant à son égard.

    PS : Tu remarqueras bien vite que presque tous les passagers dans le bus ou dans le métro sont absolument convaincus d’avoir davantage droit à garder leur place assise qu’un prêtre en soutane. Pour être tout à fait honnête, peu importe de savoir s’ils ont raison ou pas – il s’agit d’une question immatérielle et secondaire. Ce qui compte avant tout, c’est que lorsque certains te haïront, ils ne haïssent pas Dieu à travers toi. Le nombre de personnes qui te regarderont, parfois de travers, ne cessera de croître : ta soutane te donnera d’ailleurs une visibilité toute particulière. Mais elle pourra aussi en intimider d’autres, et le nombre de personne qui trouveront le courage de venir vers toi et de te parler ne cessera de diminuer.

    Peu nombreux seront ceux qui oseront te critiquer. Cela ne signifiera aucunement qu’il n’y a pas de raison de te critiquer. Ta soutane, souviens-t-en toujours, n’est pas l’emballage d’un produit fini. Le Seigneur t’a vêtu de ce tissu dans sa plus grande miséricorde pour dissimuler tes imperfections et tes faiblesses. »

    Ref. La soutane : plus qu’un uniforme, une tenue de travail

    JPSC

  • Malte : un paradoxe vraiment surprenant ?

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    De Guillaume Lecaplain sur le site de Libération :

    «Malte fait la révolution du mariage pour tous alors que l'avortement n'est toujours pas légal»

    Les Maltais fêtent le vote historique du Parlement, le 12 juillet à La Valette. Photo Darrin Zammit Lupi. REUTERS

    Grâce à un militantisme actif, le plus petit pays de l'Union européenne, pourtant très catholique, est aujourd'hui à la pointe des combats pour les droits LGBTI. Décryptage avec la directrice de l'association ILGA-Europe.

    «Malte fait la révolution du mariage pour tous alors que l'avortement n'est toujours pas légal»

    Le Parlement de Malte a voté mercredi à la quasi-unanimité une loi ouvrant le mariage aux couples de même sexe, trois ans après la création d’une union civile. Plus petit Etat de l’Union européenne, Malte devient ainsi le 25e pays du monde à ouvrir le mariage aux couples homosexuels et le 15e en Europe. Comment Malte, dont le catholicisme est religion d’Etat et où l’avortement reste illégal, a pu se retrouver à la pointe sur ces questions de mœurs ? Nous avons posé la question à Evelyne Paradis, directrice de l’association ILGA-Europe, qui milite pour les droits LGBTI.

    Malte a été le premier pays à interdire les thérapies qui prétendent «guérir» l’homosexualité, et vient de voter le mariage pour tous. Comment expliquer la possibilité de telles avancées ?

    D’abord, des activistes à Malte œuvrent depuis plus d’une décennie de manière incroyable, ils ont fait un gros travail de pédagogie. Ces associations, comme le Malta Gay Rights Movement, ont préparé le terrain pour le gouvernement actuel. Et justement, le leadership politique actuel est très favorable. Le gouvernement Muscat, qui vient d’être reconduit, compte Helena Dalli. Cette ministre du dialogue social est devenue une championne des droits LGBTI. Il y a très peu de gens comme elle en Europe et même dans le monde. Elle a pris à cœur ces sujets et les a fait avancer sur le plan législatif, tout en ouvrant un dialogue avec les autres partis et avec l’Eglise. Ceci explique que le mariage ait été adopté avec seulement une voix contre.

    Est-ce vraiment en phase avec la société ? Y avait-il une opposition au mariage pour tous ?

    Des voix se sont fait entendre : des évêques, des archevêques. Le député qui a voté contre avait une pression religieuse sur lui pour que la loi ne passe pas à l’unanimité. Il y a une grande influence de l’Eglise à Malte, mais le débat et le dialogue se sont faits à tellement de niveaux au cours des dernières années qu’il y a une réelle acceptation. Le pays est aujourd’hui à l’avant-garde des combats. Il existe une loi pour permettre aux personnes trans de changer d’état civil, qui est reconnue comme un modèle à l’échelle internationale. C’est aussi l’un des très rares pays à avoir interdit l’intervention médicale sans consentement sur les personnes intersexes.

    Pourtant, Malte est en retard sur les questions de droit des femmes. Comment expliquer ce paradoxe ?

    C’est vrai que c’est une chose extraordinaire. Malte fait la révolution du mariage pour tous seulement six ans après avoir légalisé le divorce et alors que l’avortement n’est toujours pas légal. Nous discutons beaucoup avec les associations maltaises de droits des femmes. Je pense que le rôle de l’Eglise est en train de changer à Malte. La laïcité prend un peu le dessus sur ces questions. Pour moi, avancer sur ces sujets est la prochaine étape.

    Est-ce si étonnant à l'heure où le catholicisme se fait tellement déliquescent et où l'épiscopat maltais s'est distingué par son interprétation très libérale d'Amoris Laetitia ?

  • A Notre-Dame de Paris : Mélania Trump et Brigitte Macron vénèrent la couronne d’épines

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    Un peu de tourisme religieux, sans plus ? De Samuel Pruvot sur le site de « Famille chrétienne » : 

    melania-trump-brigitte-macron-et-mgr-chauvet_article.jpg« En parallèle de l’entretien de Donald Trump et d’Emmanuel Macron à l’Élysée, le 13 juillet, les deux premières dames ont visité ensemble Notre-Dame de Paris. Récit des coulisses de cette visite hors-normes par Mgr Patrick Chauvet, qui était leur guide dans la cathédrale. 

    Quel est le sens de cette visite des deux « premières dames » à Notre-Dame de Paris ?

    Elles allaient toutes les deux à la source de notre Histoire. À la source de la chrétienté. Par leur intérêt soutenu, et par toutes les questions posées, j’ai senti un réel désir chez elles de découvrir cette histoire « magique » de Notre-Dame. Nous avons commencé par la célèbre statue de la Vierge. Je leur ai dit : « Ici, il y a une “première dame” à visiter ! C’est Notre-Dame de Paris qui vous accueille, la maitresse de maison et surtout la plus belle femme du monde ! » Cela les a fait rire.

    Quel était le sens que vous avez voulu donner à cette visite ?

    J’ai voulu faire passer le message que la cathédrale était d’abord un témoignage de foi. En leur montrant la rosace, j’en ai profité pour leur expliquer que cette dernière nous invitait à toujours regarder vers le ciel… J’ai expliqué simplement que nous étions créés pour cela, pour regarder vers le Seigneur ! Que cela donnait du sens à nos vies. Elles ont écouté avec beaucoup d’attention.

    Par leur intérêt soutenu, et par toutes les questions posées, j’ai senti un réel désir chez elles de découvrir cette histoire « magique » de Notre-Dame. 

    Ont-elles eu aussi un moment de recueillement ?

    À la fin de la visite, Madame Trump a voulu déposer deux bougies. Je ne connais évidemment pas le contenu de sa prière. Mais elle a voulu confier tout ça à Notre-Dame de Paris. Il faut dire qu’elle a reçu une éducation catholique. La visite était culturelle mais elle avait une dimension spirituelle évidente. La preuve ? Elles ont vénéré toutes les deux la couronne d’épines. Elles l’ont embrassée. Elles ont gardé ensemble le silence. Il y avait un intérêt soutenu. C’était la première fois qu’elles voyaient cette relique insigne. »

    Ref. « Melania Trump et Brigitte Macron ont vénéré la couronne d’épines »

     JPSC

  • L’offrande de la vie : un nouveau cas d’espèce de la procédure de béatification et de canonisation

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    De Constance Roques sur zenit.org :

    Motu proprio sur l’offrande de la vie (Traduction intégrale)

    Une nouvelle voie vers la béatification

    Le pape François a ouvert la possibilité d’une nouvelle voie pour les procès de béatification et de canonisation : « l’offrande de la vie », qui s’ajoute aux voies du martyre et de l’héroïcité des vertus. Voici notre traduction intégrale de la Lettre apostolique sous forme de Motu Proprio “maiorem hac dilectionem” publiée à ce propos ce 11 juillet 2017.

    Motu Proprio “maiorem hac dilectionem”

    « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime » (Jn 15,13)

    Ils sont dignes d’une considération et d’un honneur particuliers, ces chrétiens qui, suivant de plus près les pas et les enseignements du Seigneur Jésus, ont offert volontairement et librement leur vie pour les autres et ont persévéré dans cette intention jusqu’à la mort.

    Il est certain que l’offrande héroïque de sa vie, suggérée et soutenue par la charité, exprime une imitation véritable, pleine et exemplaire du Christ et c’est pourquoi elle mérite cette admiration que la communauté des fidèles a l’habitude de réserver à ceux qui ont volontairement accepté le martyre du sang ou ont exercé les vertus chrétiennes à un niveau héroïque.

    Avec l’appui de l’avis favorable exprimé par la Congrégation pour les causes des saints qui, lors de la session plénière du 27 septembre 2016, a attentivement étudié si ces chrétiens méritent la béatification, j’établis que soient observées les normes suivantes :

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  • Le 13 juillet 1917 à Fatima

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    De Tom Hoopes sur aleteia.org :

    Fatima : comment le 13 juillet 1917 a changé l’Église

    Le message, délivré par Notre Dame de Fatima ce jour-là, a suscité de nombreuses conversions mais a aussi conduit certains à rejeter la foi.

    Cette semaine est marquée par le 100e anniversaire de la plus complexe des sept apparitions de Marie à Fatima survenue en 1917, au Portugal. Le message qu’elle a délivré ce jour-là a inspiré à certains un parcours de conversion mais a provoqué chez d’autres une forte répulsion face à la foi. Certains ont pu y perdre la raison, d’autres s’y sont ralliés contre leur même raison.

    Ce jour-là, en effet, la Sainte Vierge fit un récit effrayant aux trois pastoureaux de Fatima, en les ouvrant à cette occasion à une vision de l’enfer, et en les mettant sévèrement en garde contre le risque d’une nouvelle guerre mondiale et d’une nouvelle ère des martyrs. Mais surtout, le message du 13 juillet 1917, la Vierge Marie a changé le regard de l’Église sur le monde contemporain.

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  • Le synode sur les jeunes rencontre peu d'écho

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    De Gauthier Vaillant sur le site du journal La Croix :

    En France, le synode sur les jeunes mobilise peu

    Diocèses et mouvements ont jusqu’à vendredi 14 juillet pour remettre à la Conférence des évêques de France la synthèse des consultations qu’ils ont menées auprès des jeunes en vue du synode d’octobre 2018.

    Le bilan est en demi-teinte en termes de participation, et le pari du pape François de mobiliser les jeunes éloignés de l’Église ne semble pas gagné.

    Un après-midi de juin, dans une salle paroissiale non loin de la basilique de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), les débats vont bon train au sujet de la place des jeunes dans l’Église. « Attention, l’Église n’a pas vocation à être uniquement une Église de jeunes », lance une laïque de la Mission de France« Mais ce sont les jeunes qui donnent l’impulsion pour le changement », lui répond une jeune femme du Forum français de la jeunesse, de loin sa cadette. « Non, c’est l’ensemble du peuple de Dieu ! » rétorque la première.

    RETROUVEZ notre dossier Synode sur les jeunes

    À l’invitation du Mouvement rural de jeunesse chrétienne (MRJC), une trentaine de membres d’une dizaine de mouvements catholiques étaient venus plancher ce jour-là sur une participation commune en vue du synode sur les jeunes et les vocations.

    « Peu de réponses »

    À leur image, ces derniers mois, l’Église de France a sollicité les jeunes en vue de ce synode qui se réunira à Rome en octobre 2018, pour tenter de connaître leurs aspirations et leurs envies de changement. Cette phase de consultation touche désormais à son terme : mouvements et diocèses ont jusqu’à vendredi 14 juillet pour envoyer à la Conférence des évêques de France (CEF) la synthèse de leurs travaux.

    Dans le diocèse d’Angers (Maine-et-Loire), « nous avons eu peu de réponses », reconnaît Florence Varaigne, déléguée épiscopale pour les jeunes. Ceux-ci ont pourtant été pleinement associés à la démarche : cinq personnes de 16 à 29 ans, un lycéen, un étudiant, un jeune professionnel, un jeune en service civique et un séminariste, ont participé à l’élaboration d’un questionnaire.

    Les répondants, eux, sont surtout de jeunes catholiques engagés. « Ils apprécient les grands rassemblements comme les JMJ, mais ils ont aussi besoin de propositions le reste du temps dans les paroisses, résume Florence Varaigne. Beaucoup insistent sur l’importance d’avoir des prêtres et des laïcs qui “donnent envie”. » Quant aux non pratiquants, elle confirme une inquiétude que beaucoup avaient exprimée : « Le pape François veut que tous les jeunes aient la parole, mais il est très difficile d’atteindre ceux qui sont loin de l’Église. »

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  • Les chrétiens sont-ils capables de transmettre leurs convictions sur l’importance de l’existence, la relativité de l’économique, la valeur de l’engagement, de la solidarité ?

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    Lu sur le site de l'Eglise catholique à Paris :

    Entretien du cardinal André Vingt-Trois à l’AFP (12 juillet 2017)

    Politique française, crise des migrants, jihadisme... À quelques mois de son départ du siège d’archevêque de Paris, le cardinal André Vingt-Trois, 74 ans, dessine son “idéal” de société contre une “société de fric”, dans un entretien à l’AFP après des mois de silence médiatique - Réalisé par Benoît Fauchet.

    Vous traversez une épreuve de santé, un syndrome neurologique de Guillain-Barré, maladie auto-immune du système nerveux. Comment le vit-on quand on assume vos responsabilités ?

    Je suis un long chemin de convalescence. J’ai partagé modestement la condition des malades, expérimenté la dépendance. J’ai vérifié que mon identité ne se réduisait pas aux activités que je pouvais mener. C’est une leçon de vie, parce que beaucoup de gens ont tendance à juger la valeur des autres par ce qu’ils font, l’image qu’ils donnent d’eux-mêmes, pas par leur existence propre.

    Quel regard avez-vous porté sur la présidentielle, lorsque les évêques ont été invités à prendre position entre les deux finalistes ?

    Beaucoup de temps médiatique est consacré à des oppositions entre personnages publics, très peu au contenu des événements. Ce n’est pas sain pour la démocratie. Si on essaye de réfléchir sur les enjeux, ce que le conseil permanent des évêques a fait à deux reprises, on dit +l’Eglise n’a rien à dire+. Mais je ne me souviens pas d’un débat électoral où l’Eglise a dit +il faut voter pour untel+. Au fond certains veulent une parole utilisable pour servir de combustible à la polémique. C’est pour ça que je me tais dans ce genre de débat !

    Quelles attentes avez-vous à l’égard du nouveau pouvoir : le rassemblement, l’apaisement des fractures, y compris sur des sujets sociétaux sensibles comme la PMA (procréation médicalement assistée) et la GPA (gestation pour autrui) ?

    La responsabilité de nos gouvernants est d’incarner un projet collectif. C’est irréductible à une vision purement économique et financière de la société, c’est le principe d’une société animée par un idéal. Qu’est-ce qui fait que les Français vivent ensemble, qu’ils sont une nation, une société organisée autour d’un corpus commun ? Chaque fois qu’on prend des décisions qui effritent ce corpus, on appauvrit les possibilités de permettre aux jeunes d’identifier ce qui est commun. Donner l’impression qu’on peut fabriquer des enfants au gré de ses désirs et les regarder pousser de loin, ce n’est quand même pas donner une image très forte de la transmission intergénérationnelle... Si nous n’avons pas un minimum d’idées et de consensus sur ce qui est bon pour l’Homme, aucun vote ne peut le définir.

    On pourrait penser que l’Église est plus discrète sur les questions de solidarité, l’accueil des migrants : ce n’est pas le cas ?

    Ce qui définit clairement l’identité chrétienne, ça n’est pas l’adhésion à des valeurs, c’est la mise en pratique de convictions. Il n’est pas difficile de tenir des discours enflammés ; ce qui est plus compliqué, c’est de retrousser ses manches et de réaliser quelque chose, qui n’est pas forcément spectaculaire. Ainsi des paroisses et associations dans les quartiers nord de Paris, qui n’ont pas des ressources illimitées, s’engagent sur l’accompagnement et l’intégration des migrants.

    Mais - question plus radicale - veut-on ou non accueillir ces malheureux ? Cette question semble appeler une réponse évidente, qui n’est pas portée par la société. Il faut un objectif suffisamment structurant pour convaincre que l’accueil des pauvres va coûter quelque chose à chacun.

    Comment voyez-vous les tensions que le terrorisme islamiste fait peser sur le monde, notamment sur la France ?

    Nous pouvons espérer que les armées vont arriver à venir à bout du groupe Etat islamique. Mais quand ce sera fini, ce ne sera pas fini ! Ce serait céder à l’illusion de certains courants politiques selon laquelle le terrorisme nous vient d’ailleurs et par des migrants. La majeure partie des terroristes ont surgi dans nos sociétés, trop souvent vides de sens. Il faut développer les mesures coercitives, mais quand on traite les symptômes, on n’a pas soigné la maladie. Notre société ne peut-elle susciter que le rejet ou le fanatisme terroriste, ou bien susciter une compétition positive par les espérances qu’elle porte ?

    Dans quelques mois, atteint par la limite d’âge (75 ans en novembre), vous allez quitter votre siège d’archevêque de Paris. Quels seront les défis à relever par votre successeur ?

    L’Église qui est à Paris est vivante, elle a la capacité de se développer. Comme d’autres, elle est dans une période de cassure entre l’héritage d’une société post-chrétienne et l’avènement d’une société des idoles - une société de fric. Le défi des chrétiens est de savoir s’ils vont être capables de transmettre à la génération qui vient leurs convictions sur l’importance de l’existence, la relativité de l’économique par rapport au spirituel ou au culturel, la valeur de l’engagement, de la solidarité.

  • Quand le cardinal Robert Sarah, préfet de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, énumère les chantiers qu’il souhaiterait engager

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    De Marie Malzac sur le site du journal La Croix :

    Les priorités liturgiques du cardinal Sarah

    À l’occasion des dix ans du Motu proprio Summorum pontificum, libéralisant la forme extraordinaire du rite romain, le cardinal Robert Sarah, préfet de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, énumère les chantiers qu’il souhaiterait engager dans un long texte publié par le mensuel catholique traditionaliste La Nef.

    Depuis sa nomination comme préfet de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, en 2014, le cardinal Robert Sarah a évoqué à plusieurs reprises la nécessité d’une « réforme de la réforme », expression déjà utilisée en son temps par Benoît XVI.

    L’année dernière, le pape François avait mis en garde contre l’utilisation d’une telle expression – la qualifiant d’« erreur » – au vu des récupérations dont elle fait régulièrement l’objet par « des personnes rigides ».

    Dans une longue analyse publiée dans le numéro de juillet du mensuel traditionaliste La Nef, qui consacre un important dossier aux dix ans du Motu proprio Summorum pontificum, libéralisant le rite en cours avant les années 1960, le gardien de la liturgie catholique se rallie à cette position. Il reconnaît qu’il convient d’abandonner cette expression, « devenue synonyme de domination d’un clan sur l’autre ». L’heure est désormais, dit-il, à la « réconciliation liturgique ».

    > À LIRE : Le cardinal Sarah et le silence dans la liturgie

    « Ceux qui prétendent que l’usage de la forme extraordinaire du rite romain remettrait en cause l’autorité du concile Vatican II se trompent gravement », estime-t-il ainsi. Au contraire, à ses yeux, il faut désormais réfléchir à la façon dont, selon le souhait formulé en son temps par Benoît XVI, l’ancienne et la nouvelle forme pourraient s’enrichir « mutuellement ».

    Vers un « rite commun réformé » ?

    Le cardinal Sarah va même plus loin. « Il est prioritaire que nous examinions comment retourner à un rite commun réformé, toujours avec cette finalité d’une réconciliation à l’intérieur de l’Église parce que, pour le moment, il y a encore des violences, du mépris et des oppositions douloureuses ».

    Il adresse pour cela certaines recommandations. À ceux qui « pratiquent la forme extraordinaire du rite romain », il conseille de ne pas adopter de « posture esthétique, bourgeoise, une forme d’archéologisme culturel ». « L’usage de la forme extraordinaire fait partie intégrante du patrimoine vivant de l’Église catholique, elle n’est pas un objet de musée », rappelle le cardinal, invitant à intégrer dans la forme extraordinaire une « juste conception » de la participation des fidèles à la liturgie.

    Mais il demande également que la possibilité de célébrer selon l’ancien missel soit facilitée.

    À ses yeux, la forme ordinaire doit réapprendre du rite antérieur à Vatican II « la primauté de Dieu », en évitant l’écueil d’une présence « massive et centrale du prêtre », qui risque de devenir un « écran opaque ».

    Plusieurs pistes

    Il énumère en ce sens plusieurs suggestions. « Quand nous célébrons la messe, propose le cardinal, mettons toujours sur l’autel une grande croix, une croix bien en vue, comme point de référence pour tous, pour le prêtre et pour les fidèles ».

    Autres recommandations : « garder les doigts joints après la consécration, faire la génuflexion avant l’élévation, communier à genoux, recevoir la communion sur les lèvres ». « L’usage du latin dans certaines parties de la messe, peut aussi aider à retrouver l’essence profonde de la liturgie », ajoute-t-il.

    > À LIRE : Le cardinal Sarah suggère aux prêtres de célébrer « vers l’Orient » à partir de l’Avent 2016

    « J’exhorte les jeunes prêtres à abandonner avec hardiesse les idéologies des fabricants de liturgies horizontales et à revenir aux directives de Sacrosanctum Concilium », souligne encore le cardinal, qui propose aussi la célébration « vers l’Orient » et l’ouverture « d’espaces de silence » dans la liturgie.

    Le cardinal Sarah affirme enfin qu’il souhaiterait, « dans une prochaine édition du missel romain réformé, insérer en annexe les prières au bas de l’autel de la forme extraordinaire, peut-être dans une version simplifiée et adaptée, et les prières de l’offertoire » pour compléter le canon romain.

    > À LIRE : Le cardinal Sarah encourage la messe « tournés vers Dieu »