Sur le site de l’AED (Eglise en Détresse) :
Né à Toulouse en 1964, le père Laurent Balas s’est engagé dans l’aventure missionnaire au sein des Pères Blancs. Dix-sept années riches d’expériences fortes, depuis les forêts du Congo jusqu’au désert du Sahel. Après son ordination en 1995, le père Laurent est nommé à Goma en RDC, à la frontière avec le Rwanda. Il est ensuite envoyé au Mali. Témoin des bouleversements qui secouent son pays depuis l’arrivée des islamistes au nord, il dit ses craintes pour l’avenir. Entretien.
Où exercez-vous votre mission actuellement et quel est le contexte ?
Père Laurent Balas : Quand j’ai été nommé au Mali, c’était un des pays les plus paisibles d’Afrique. J’ai passé 6 ans à Gao (nord), j’ai enchainé sur trois ans d’études bibliques à Madrid puis en 2006, j’ai été nommé curé de la paroisse des saint Martyrs de l’Ouganda, à Bamako (sud du Mali). C’est une des quatre paroisses de la ville. Mais j’ai tout de même 12 000 catholiques ! Je suis curé, assisté de deux vicaires. Nous sommes en charge de l’animation de tous les quartiers, de toutes les communautés chrétiennes de base, de l’organisation de la pastorale, de toute l’aide d’urgence aux populations démunies. Nous avons un grand dispensaire, une bibliothèque avec un centre culturel, un centre de promotion féminine, des activités de développement dans les quartiers (adduction d’eau, puits).
Quelle est aujourd’hui la situation des communautés chrétiennes ?
Père Laurent Balas : Il y a quelques mois, tous les chrétiens du nord du pays ont été contraints de fuir. Il n’y a plus aucun prêtre ni chrétien. Les curés de Gao qui m’ont succédé ont fui eux aussi. Ils ont appris par la suite que 20 mn après leur départ, des troupes armées étaient dans leur cour pour les égorger. Ils ont été prévenus par quelques chrétiens qui venaient d’apprendre qu’un des camps militaire de la zone était tombé aux mains des assaillants. On sent une grande inquiétude dans la communauté chrétienne. Les chrétiens savent qu’ils seront les premiers menacés si la guerre arrive jusqu’à Bamako. Ils sont très minoritaires. Ils se demandent si un jour ils n’auront pas à fuir aussi du sud. Ce qui est inquiétant, c’est que l’on sent de grandes tensions dans Bamako. Des coups de feu émanent régulièrement des forces de police. Le grand banditisme est là. On sent une pression de l’islamisme radical. Même si ce n’est pas encore un islamisme armé.
« ROME, dimanche 21 octobre 2012 (
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