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Islam - Page 101

  • Benoît XVI, l’homme qui creuse son sillon

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    280px-Bruegel,_Pieter_de_Oude_-_De_val_van_icarus_-_hi_res.jpgAu Liban, la seule présence du pape a eu un puissant impact psychologique. Décryptage d'un courage physique, intellectuel et spirituel, par Jean Mercier sur le site de “La Vie” (extraits):

    Le retentissement psychologique de ce voyage est immense, dans un contexte aussi tendu. Le fait que le pape soit venu en chair et en os est une source d'espoir difficile à imaginer en France. Là-bas, ce fut un événement national, une vraie fête dans ce pays où les gens vivent habituellement en apnée, redoutant la résurgence des conflits intercommunautaires. Mais le bien-être psychologique s'étendait à ces pauvres qui sont les premiers à se déplacer. Je pense à Editha, une catholique philippine de Mindanao rencontrée à la messe. « Je suis femme de ménage pour les libanais. Je suis ici pour faire vivre ma famille. Je n'ai pas revu mes quatre enfants depuis six ans. Ma petite dernière avait un an quand je suis partie. Aller à la messe du pape me donne du baume au coeur ».

    Joseph Ratzinger n'est pas homme à reculer. A la fin des années 50, alors que son travail de thèse est retoqué par un professeur fâcheux et que sa carrière intellectuelle est en péril, il contourne l'obstacle en reprenant son travail sous un angle différent, ce qui le rend inattaquable. A partir de 1982, comme Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, il devient dans les médias une figure négative de l'Institution. D'autres que lui auraient craqué... Mais lui, modeste, fait son boulot, sans se soucier de son image.

    A partir de l'an 2000, Ratzinger sait bien que son travail en tant que « recadreur » des théologiens rebelles est derrière lui puisque s'amoncellent sur son bureau les dossiers de crimes pédophiles d'un certain nombre de prêtres. Si, à l'époque, l'heure est à l'omerta (l'entourage de Jean Paul II ne veut pas exposer certaines figures, dont Marcial Maciel, fondateur des légionnaires du Christ), le cardinal préfet est conscient de la bombe à retardement. Il profite d'une fenêtre de tir à la toute fin de la vie de Jean Paul II pour lancer l'alarme, en public, sur les souillures des prêtres, lors du chemin de Croix du Vendredi saint. Jamais un cardinal de curie n'avait à ce point brisé le tabou, mis à ce point l'Institution devant son point aveugle. Il ne reculera pas davantage lorsque ses pairs l'élisent pape à 78 ans. Le message global est clair : « Joseph, tu es apparemment le seul à connaître l'étendue des dégâts. Fais donc le ménage à notre place, s'il te plaît ». Pas fous, les cardinaux...Et Joseph va s'y coller.

    Il ne reculera pas non plus sur la question orientale. Lancer un synode sur le Moyen-Orient n'était pas franchement une sinécure, vu la complexité des Eglises catholiques elles-mêmes, très divisées, et du contexte sur le terrain. L'Orient n'est pas vraiment le domaine de compétence du théologien Ratzinger. Mais qu'importe, le pape lancera la dynamique du Synode de 2010, qui a culminé à Beyrouth la semaine dernière.

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  • Chaque religion a sa place en Terre Sainte

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    "Pourquoi le Pape tend la main aux musulmans" un "décryptage" proposé par lefigaro.fr/international

    Dans son discours prononcé au Liban, Benoît XVI a souhaité démontrer que chacun avait sa place en Terre sainte.

    Une des surprises du voyage de Benoît XVI au Liban aura été sa volonté marquée d'opérer un rapprochement avec le monde musulman. On pourrait l'attribuer à l'actualité brûlante de la semaine dernière, ponctuée par la diffusion d'un film injurieux pour l'islam - «fermement condamnée» par l'Église -, qui a provoqué une chaîne de violences contre des représentations américaines. Des réactions qui, elles aussi, ont été qualifiées d'inacceptables par le Vatican. Il n'en est pourtant rien.

    La préparation des discours du Pape pour un voyage international demande de longs mois. Il est donc rare qu'ils traitent d'une actualité aussi chaude. L'idée de ces visites pastorales est plutôt de soutenir les chrétiens dans leurs difficultés personnelles, sociales, politiques et religieuses. Au Moyen-Orient, les communautés catholiques se déchirent en querelles internes et souffrent de la diaspora de leurs élites. Mais ce sont là des problèmes mineurs face à la question cruciale de leur avenir, qui ne peut s'écrire sans l'islam.

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  • Un Patriarche fustige l'attitude de l'Occident à l'égard de la Syrie

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    2012-09-15 Radio Vatican

    1_0_621578.jpgDepuis le début de son voyage, Benoît XVI presse les chrétiens de ne pas fuir la région, berceau du christianisme, en dépit de toutes les difficultés. La présence chrétienne "n'est ni nouvelle, ni accidentelle mais historique" écrit le Pape dans son exhortation post-synodale signée vendredi. « Un Moyen-Orient sans ou avec peu de chrétiens n'est plus le Moyen-Orient » souligne-t-il. Il invite les dirigeants politiques et religieux à éviter une politique ou une stratégie communautariste qui tendrait vers un Moyen-Orient monochrome. Même si le Pape leur dit de ne pas avoir peur, les chrétiens sont inquiets de la poussée islamiste au Moyen-Orient. En Irak, ils étaient un million à l'époque de Saddam Hussein. Aujourd’hui, ils ne sont plus que 450 000, en raison des violences qui ont ensanglanté leur pays et les ont visés directement. C’est le scénario que tous les chrétiens redoutent.

    Interrogé par Olivier Bonnel, Mgr Ignace Youssef Younan, patriarche syrien catholique d’Antioche, salue les encouragements du Pape mais il est pessimiste et accuse, en passant, les Occidentaux de ne pas comprendre la situation dans le monde arabe. Pour lui, ils sont soit naïfs, soit hypocrites :

    Ici: Un Patriarche fustige l'attitude de l'Occident à l'égard de la Syrie

  • Le Liban, phare pour les chrétiens de la région

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    Visite du Pape au Liban: "Ce pays reste un phare pour les chrétiens de la région"

    Source : levif.be

    Melhem Khala est le coordinateur de l'association Offre-joie qui se donne pour mission de réconcilier les nombreuses confessions représentées au Liban. Il revient sur la situation des chrétiens libanais, alors que le Pape entame aujourd'hui une visite de trois jours au pays du Cèdre.

    Melhem Khalaf est coordinateur d'Offre-Joie -ONG libanaise ayant des ramifications en France, en Irak, en Europe et aux Etats-Unis-, membre du collectif islamo-chrétien autour de Marie.

    Vous avez organisé une marche symbolique islamo-chrétienne à l'occasion de la visite du pape. Quel message voulez-vous ainsi délivrer ?

    Nous avons besoin d'accueillir le Pape non seulement en tant que chef de l'Eglise catholique, mais aussi en tant qu'homme de paix. Ici et dans l'ensemble de la région, les chrétiens attendent sa venue, car elle suscite de l'espérance, surtout avec les bouleversements actuels et les dangers qui pèsent sur la présence chrétienne dans la région. Nous pensons que la visite du Pape au Liban est un symbole de l'attachement à la diversité religieuse dans la région. Pour nous, si les chrétiens devaient quitter cette région, celle-ci perdrait une présence vieille de 2000 ans.

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  • Un film anti-islam qui soulève doutes et questions

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    Lu sur "La Vie" du 13 septembre :

    Le monde arabe ne décolère pas après la diffusion du film L'innocence des musulmans le 11 septembre dernier sur YouTube, qui a eu des repercussions dramatiques avec l'assassinat, en Libye, de quatre Américains dont l'ambassadeur Christopher Stevens. La Vie fait le point, alors que le flou subsiste sur l'origine du film.

    Des acteurs médiocres, un scénario stupide où Mahomet est dépeint en obsédé sexuel sanguinaire... Le film L'innocence des musulmans n'aurait pu être qu'une série B vite oubliée. Sa diffusion sur Youtube avec des sous-titres en arabe égyptien, le 11 septembre dernier, a des répercussions dramatiques dans le monde arabe. Mardi, l'ambassadeur Christopher Stevens, et trois autres Américains ont trouvé la mort dans l'attaque du consulat américain de Benghazi, en Libye. En Egypte, les manifestations contre le film se poursuivent à l'heure où nous écrivons. Au Yémen, plusieurs milliers de manifestants en colère ont pris d'assaut ce matin l'ambassade des Etats-Unis à Sanaa.

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  • Quand une "bible" aurait annoncé la venue de Mahomet...

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    Nous lisons sur eecho.fr :

    Pseudo-évangile de Barnabé: quand la pensée unique relaie une supercherie…

    Une bible découverte en Turquie annoncerait la venue du prophète Mohammed

    ——–Tel est le titre de l’article du très sérieux magazine « Le Monde des religions », ou le mini-reportage de la chaîne EuroNews, qui cherchait l’effet d’annonce début mars. Il s’agit d’un écrit, pas très volumineux (donc PAS une Bible) qui serait antérieur à l’Islam. Le Web musulman fut mis en émoi (comme ce site-ci), se gargarisant d’un air triomphateur de montrer au monde la preuve irréfutable, puisque venant d’une source chrétienne elle-même, que la bible est falsifiée, que l’islam EST la vérité, etc.

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    et un article à ce sujet, de haute tenue : http://biblio.domuni.eu/articlesbible/barnabe/index.htm

  • Des provocations inutiles et meurtrières

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    A quel jeu joue-t-on lorsqu'on réalise des films qui outragent la foi religieuse? Dans un climat marqué par des dérives identitaires allant jusqu'à l'extrême, est-il sensé de s'en prendre aux convictions de populations en ébullition? Les résultats sont là : attentats en Lybie, manifestations en Egypte, avec le danger qu'on s'en prenne à des minorités religieuses qui seront accusées de complicité avec les occidentaux responsables de ces provocations. Quand on sait que ce film "l'innocence des musulmans" a été largement financé par des intérêts sionistes, on peut se poser la question de savoir à qui tout cela profite. Les propos du Vicaire apostolique à Tripoli, après l'attentat meurtrier contre une représentation américaine en Libye, sont tout à fait sensés :

    « Ce qui s'est passé est terrible mais il faut éviter de heurter la sensibilité religieuse des personnes » déclare à l'Agence Fides S.Exc. Mgr Giovanni Innocenzo Martinelli, Vicaire apostolique de Tripoli, après avoir appris la mort de l'Ambassadeur américain Chris Stevens et de trois fonctionnaires dans le cadre de l'assaut donné au Consulat des Etats-Unis de Benghazi par un groupe d'hommes armés au cours de la soirée d'hier, semble-t-il pour protester contre la projection aux Etats-Unis d'un film qui porterait atteinte au prophète Mahomet.
    « Il faut respecter la sensibilité de la population islamique. Déjà les pays arabes sont en proie à des bouleversements historiques. Jeter de l'huile sur le feu en se livrant à un outrage religieux est vraiment dangereux. Tout n'est pas bon ou saint mais il faut chercher à comprendre la réalité précise de ces pays avec leur sensibilité » ajoute Mgr Martinelli.
    En Egypte également, des manifestants ont attaqué l'Ambassade américaine locale alors que les coptes égyptiens ont annoncé une manifestation de protestation contre le film qui « insulte l'islam ». (L.M.) (Agence Fides 12/09/2012)

  • Le Liban, une vraie mosaïque religieuse

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    (Agence Fides) - Le Liban représente la société religieusement la plus composite et diversifiée du Proche-Orient, avec ses 18 groupes confessionnels reconnus officiellement. Parmi les chrétiens, l'Eglise catholique maronite - dont les origines remontent à la congrégation monastique autochtone fondée par l'ascète syriaque Saint Maron au début du V° siècle - représente la communauté principale. Outre les maronites, la Catholicité libanaise comprend également des melkites, des syro catholiques, des chaldéens, des catholiques latins et des arméno catholiques. Les autres dénominations chrétiennes comprennent les grecs orthodoxes, des protestants et les membres des Eglises orientales orthodoxes préchalcédoniennes (qui avaient refusé en leur temps un certain nombre de définitions posées par le Concile de Chalcédoine), à savoir l'Eglise apostolique arménienne, l'Eglise syro orthodoxe, l'Eglise assyrienne et l'Eglise copte.

    Au Liban, l'islam connaît par ailleurs la division entre shiites et sunnites auxquels viennent s'ajouter les groupes - d'origine shiites mais hétérodoxes - que sont les alaouites et les ismaélites ainsi que les disciples de la religion druze, secte de dérivation musulmane qui a absorbé des éléments gnostiques et ésotériques. Existe également une petite communauté juive comprenant quelques milliers de membres concentrés dans la zone de Beyrouth.

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  • L’analyse du « réveil arabe » par le Saint-Siège

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    C’est dans « La Croix », sous la signature d’Isabelle de Gaulmyn :

    À quelques jours du déplacement de Benoît XVI au Liban, le nouveau secrétaire du conseil pontifical pour le dialogue interreligieux, le P. Miguel Ayuso, est intervenu à Istanbul, le 8 septembre, sur la vision qu’a le Vatican du « réveil du monde arabe » (…)

    Spécialiste de l’islam, le P. Ayuso, nommé par Benoît XVI en juillet dernier secrétaire du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux reconnaît que, si au début, le « printemps arabe » avait été regardé avec beaucoup d’espoir au Vatican, aujourd’hui, en revanche, le pape observe avec tristesse les violences et les craintes qui se manifestent, ainsi que « les atteintes à la dignité inaliénable de chaque personne humaine et de ses droits fondamentaux  ».

    Dans un certain nombre de pays, la tenue d’élections démocratiques est un pas vers l’établissement d’une nouvelle légitimité, reconnaît encore le P. Ayuso dans un important discours prononcé lors d’une rencontre interreligieuse en Turquie, mais il ne faut pas sous-estimer le danger que « le pouvoir démocratique soit utilisé pour légitimer des idéologies fondamentalistes et extrémistes  ». Ces dernières représentent un danger, non seulement pour les minorités, et notamment les minorités chrétiennes du monde arabe, mais pour l’ensemble de la population musulmane qui se dit modérée. Cette dernière est tout aussi inquiète, note-t-il, « de l’extrémisme religieux, et de l’imposition de la charia comme unique source du droit dans ces pays  ».

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  • Pakistan : pas de remise en cause de la loi sur le blasphème

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    Comme annoncé, Rimsha Masih, une fillette chrétienne pakistanaise handicapée mentale qui avait été arrêtée le 16 août 2012 pour profanation du Coran (cf. Zenit du 21 août 2012) a été libérée sous caution par le juge Muhammad Azam Khan, dans un tribunal de Rawalpindi. Cette libération était attendue, depuis que, le 1er septembre 2012, un imam avait été inculpé pour avoir fabriqué de fausses pièces à conviction contre Rimsha (Cf. Zenit du 3 septembre 2012).

    "Zenit" rapporte ce commentaire de l'agence EDA:  la libération de la fillette « ne présage cependant pas d’une éventuelle refonte des très controversées lois sur le blasphème ».(...)

    Si le juge a accédé à la demande des avocats de Rimsha, il a précisé que « l’affaire n’était pas jugée sur le fond », fait observer l’agence. En outre, la caution pour la remise en liberté de Rimsha a été fixée à un million de roupies, soit 8.300 euro (…) .

    Des observateurs font valoir que la mobilisation du Conseil des oulémas du Pakistan en faveur de la fillette est « loin d’être désintéressée » : il s’agit en effet d’empêcher toute remise en cause des lois anti-blasphèmes. Si le système judiciaire est capable d’innocenter les personnes faussement mises en cause pour blasphème, c’est donc que l’Etat de droit fonctionne et qu’il n’est nullement nécessaire de réviser ces lois.

    Source : ZENIT.org

    Les lois, plus ou moins sévères, sur le blasphème ou le sacrilège sont monnaie relativement courante de par le monde. Avec ses lois « anti-révisionnistes », l’Occident sécularisé a aussi les siennes…

  • L'Al Andalous, royaume musulman ouvert et tolérant; mythe ou réalité ?

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    Polemia a mis en ligne un entretien avec Serafin Fanjul, une sommité dans l'étude de l'Espagne arabe. Nous désespérions de trouver une traduction française de ses écrits concernant l'Al Andalus. A défaut, cet entretien permet enfin d'approcher cet arabisant qui a vraiment des choses à nous dire.

    Le politiquement correct s’impose à coup de mensonges historiques répétés. Parmi ceux-ci on trouve le mythe d’Al Andalous : celui d’un royaume musulman pacifique, ouvert et tolérant. Une jolie construction idéologique sans grand rapport avec la réalité. L’hispanisant Arnaud Imatz fait le point ci-dessous avec le grand arabiste espagnol Serafín Fanjul. Selon ce dernier, les textes du Moyen Age démentent totalement l’interprétation contemporaine.
    Polémia

    Né en Galice, en 1945, Serafín Fanjul est un des plus prestigieux arabistes espagnols. Ancien directeur du Centre culturel hispanique du Caire, professeur de littérature arabe à l’Université autonome de Madrid, membre de l’Académie Royale d’Histoire depuis 2011 (*) il a consacré sa vie à l’étude de l’Islam comme phénomène religieux, sociologique, économique et politique. Auteur d’études littéraires érudites telles Las canciones populares árabes ou La literatura popular árabe et de traductions d’œuvres d’Ibn Battuta et d’Al-Hamadani, il est surtout connu pour avoir publié chez Siglo XXI, -qui fut l’éditeur espagnol emblématique de la pensée socialiste et marxiste dans un passé récent-, deux ouvrages essentiels : Al-Andalus contra España. La forja de un mito (Al-Andalus contre l’Espagne. La création d’un mythe) et La químera de al-Andalus (La chimère d’al-Andalus). Ces deux livres, dont on regrettera qu’ils n’aient pas encore été traduits en français, mettent en pièces l’image mythique d’al-Andalus, société raffinée, pacifique et cultivée soumise par des barbares chrétiens, et celle, non moins chimérique, d’une société musulmane espagnole dont l’influence se ferait toujours sentir dans l’Espagne du tournant du XXIe siècle. Pour compléter ses travaux, Serafín Fanjul a publié récemment une étude montrant le rôle fondamental joué par les européens dans la création de l’image mythique et stéréotypée d’une Espagne primitive, exotique et mystérieuse, qui a pour titre Buscando a Carmen (À la recherche de Carmen, Siglo XXI, 2012), une allusion insolite à la célèbre héroïne néoromantique de Mérimée et de Bizet.

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  • L’Islam européen est-il soluble dans la laïcité et le sécularisme ambiants ?

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    Dans le numéro de septembre 2012 du mensuel « La Nef », Christophe Geffroy publie l’interview qu’il a réalisée de Christopher Caldwell, auteur d’un essai remarqué : « Une révolution sous nos yeux. Comment l’islam va transformer la France et l’Europe, préface de Michèle Tribalat (Éditions du Toucan, 2011, 546 pages, 23 €). Christopher Caldwell est un journaliste américain, diplômé de Harvard, éditorialiste au Financial Times.

    Extraits :

    (…) L’islamisation de l’Europe s’opère via l’immigration : quelle est la raison de cette immigration, serait-il possible de la limiter et de la maîtriser ?

    Les origines de l’immigration résident dans le manque de main-d’œuvre dans les années de reconstruction qui ont immédiatement suivi la Seconde Guerre mondiale. Les Européens, dans leur inconséquence, considéraient l’immigration comme temporaire. Pendant la baisse économique consécutive au choc pétrolier de 1973, les programmes pour financer le rapatriement des immigrants furent établis par la plupart des gouvernements d’Europe de l’Ouest (dont celui de Giscard en France). Ces efforts ont échoué. En fait, l’immigration va en augmentant, en raison des politiques qui autorisent le regroupement familial. En 1971, il y avait 3 millions d’immigrés en Allemagne, parmi lesquels 2 millions avaient un travail. En 2000, il y avait 7,5 millions d’immigrés, dont seulement 2 millions avaient un emploi. Aujourd’hui, avec les populations natives d’Europe qui reculent si vite, limiter l’immigration impliquerait une reconfiguration majeure de l’économie : parce que la main-d’œuvre deviendrait rare, les salaires augmenteraient. À long terme, cela réduirait les inégalités de revenus, ce qui serait une bonne chose. Mais à court et à moyen terme, certaines industries qui reposent sur le travail bon marché disparaîtraient complètement. Cela produirait probablement des dettes publiques et des protections sociales impossibles à financer.

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