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Hostilité au christianisme et à l'Eglise - Page 84

  • La France n’a plus d’ambassadeur au Vatican depuis un an…

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    Le site du journal « La Croix » nous le rappelle opportunément :

    4353912_3_979f_francois-hollande-et-le-pape-francois-lors-de-l_97d4217cb7392b1fea0b55773389091b.jpg« Le poste d’ambassadeur de France près le Saint-Siège demeure vacant depuis le départ de Bruno Joubert, le 28 février 2015, sans perspective claire de solution.

    Les visites se succèdent Villa Bonaparte, siège de l’ambassade de France près le Saint-Siège. Les télégrammes partent. L’institut culturel, le Centre Saint-Louis, tourne à plein régime. Le numéro deux du poste n’a plus de congés. Un nouveau conseiller ecclésiastique a pris ses fonctions à l’été 2015. Mais il manque toujours le numéro un. Depuis le 28 février 2015, jour du départ du dernier ambassadeur près le Saint-Siège, Bruno Joubert, aucun successeur n’a été nommé.

    Les candidats n’ont jamais manqué – ni les rivalités – pour ce poste convoité. Mais après la proposition de l’Élysée, validée en conseil des ministres le 5 janvier 2015, de nommer Laurent Stefanini, actuel chef du protocole connu pour sa fine connaissance de l’Église, l’agrément du Saint-Siège n’est jamais arrivé.

    L’homosexualité du candidat apparaissant dans la presse comme un enjeu de sa nomination, cet agrément s’est trouvé de fait politiquement instrumentalisé. Paris a alors répété, en public, qu’il s’agissait du « choix de la France » et si le Vatican le rejetait, il lui revenait de « l’assumer ». Un ton qui n’était pas de nature à dédramatiser la décision.

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  • Inscrire la laïcité dans la constitution belge : pour quoi faire ?

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    Lu dans « La Libre » de ce jour :

    blog -laicite-deesse.jpg« Ce jeudi, au micro de Bel RTL, Elio Di Rupo est enfin sorti du silence qu’il s’était imposé depuis trois mois au sujet de la laïcité - un débat qui divise fortement les rangs du Parti socialiste. En cinquante secondes chrono, le Montois a dessiné une position de synthèse. Il a suggéré d’inscrire la neutralité de l’Etat dans la Constitution. Il a proposé d’interdire le port de signes religieux pour les fonctionnaires en contact avec le public. Enfin, il a appelé à renforcer la lutte contre "les discriminations terribles que subissent des personnes parce qu’elles ont la peau noire ou parce qu’elles viennent du Maghreb".

    Les propos d’Elio Di Rupo laissent des zones d’ombre, des points à clarifier. Jamais, toutefois, le leader des socialistes francophones ne s’était exprimé de façon aussi explicite. Jamais, non plus, il n’avait jusqu’ici porté le débat sur le terrain constitutionnel. Là réside sans doute la principale innovation du compromis interne qui s’est dégagé au PS.

    Joint par "La Libre", Elio Di Rupo précise que son parti entend, dès cette législature, porter le débat à la Chambre, avec l’espoir de rassembler une majorité alternative pour modifier la Constitution. "On a des contacts avec les uns et les autres pour voir si une majorité laïque peut se dégager", assure le président du PS. La tâche ne sera pas aisée : une réforme constitutionnelle impose un vote aux deux tiers. "La N-VA n’en veut pas, le CD&V non plus, et la probabilité que le CDH soit pour le reste assez faible" , anticipe Elio Di Rupo. Lequel entend néanmoins tenter sa chance. "Nous, au PS, on est prêts à avancer."

    Neutralité ou laïcité : pas d’exclusive

    En radio, Di Rupo a parlé de neutralité, et non de laïcité. Mais rien n’est encore figé, explique-t-il. "Pour l’instant, le mot laïcité se trouve dans nos textes de travail. On n’exclut pas du tout d’inscrire ce mot-là dans la Constitution ou son préambule."

    S’agissant des signes religieux dans la fonction publique, la position du PS reste à peaufiner. "Ce que j’ai expliqué à la radio, c’est un minimum, indique Elio Di Rupo. Il n’est pas impossible que la position finale soit un peu plus restrictive." L’accord en passe d’aboutir au sein du PS s’articulerait autour de deux notions : "imperium" et "front office". En français, les signes convictionnels seraient prohibés pour deux catégories d’agents : ceux exerçant une fonction d’autorité (policiers, magistrats…) et ceux en contact direct avec la population (au guichet, notamment).

    Laurette Onkelinx désavouée ?

    Le PS serait par ailleurs sur le point de se prononcer en faveur de l’interdiction, dans les écoles, du port du voile pour les filles de moins de 16 ans. Mais la clarification soulèverait aussitôt une question : cela implique-t-il d’autoriser, partout, le voile pour les écolières de plus de 16 ans ? Certains socialistes l’affirment. Ils y voient l’un des points d’équilibre du compromis. Ce serait une fameuse évolution : dans plus de 90 % des écoles, le voile est actuellement interdit par des règlements d’ordre intérieur. Une situation qu’Elio Di Rupo n’entend pas bouleverser. "Notre intention est de laisser l’autonomie à chacun des établissements scolaires", précise-t-il à "La Libre".

    Laurette Onkelinx, cheffe du groupe PS à la Chambre, sort-elle affaiblie ou renforcée de cette nouvelle donne ? Les avis divergent. Ces dernières semaines, lors des tractations entre dirigeants du parti, la Bruxelloise militait pour une position nettement plus dure - l’interdiction totale des signes religieux dans la fonction publique. Elle n’a pas obtenu gain de cause. En revanche, c’est elle qui a plaidé, la première, en décembre 2015, pour inscrire la notion de laïcité dans la Constitution. Sur cet aspect, le PS l’a suivie.

    Ref. Le PS veut une majorité alternative pour inscrire la laïcité dans la constitution

    La notion même de laïcité (le mot dérive de laïc, non clerc, qui est d’origine ecclésiale) n’est pas univoque, ni en termes de sociologie, ni en termes de droit positif. La question se pose alors de savoir si une notion aussi imprécise, voire confuse, présente une vraie utilité opérationnelle pour les sciences humaines.

    JPSC

  • Umberto Eco, "l’un des pires produits de la culture turinoise et italienne du XXème siècle"

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    De Roberto de Mattei sur le site de "Correspondance Européenne" :

    Italie : Umberto Eco, la triste parabole d’un nominaliste

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    Le 23 février 2016 ont eu lieu à Milan les « funérailles laïques » de l’écrivain Umberto Eco, décédé le 19 février à l’âge de 84 ans. Eco fut l’un des pires produits de la culture turinoise et italienne du XXème siècle. Il nous faut souligner son ascendance turinoise car le Piémont a été un foyer de grands saints au XIXème siècle, mais également d’intellectuels laïcistes et anti-catholiques au vingtième. L’ « école de Turin », bien décrite par Augusto del Noce, est passée, sous l’influence d’Antonio Gramsci (1891-1937) et de Piero Gobetti (1901-1925), de l’idéalisme au marx-illuminisme, en conservant toujours son âme immanentiste et anti-catholique.

    Après la deuxième guerre mondiale, cette ligne culturelle exerça une hégémonie si forte qu’elle attira un bon nombre de catholiques. Umberto Eco, né à Alessandria en 1932, à 16 ans directeur diocésain de l’Action Catholique, était, comme il le rappelle lui-même, non seulement un militant, mais un « croyant à la communion quotidienne ». Il participa à la campagne électorale de 1948, placardant des affiches et distribuant des tracts anti-communistes. Il collabora ensuite avec la présidence de l’Action Catholique à Rome, alors qu’il poursuivait ses études à l’Université de Turin, où il se diplôma en 1954, par une thèse sur l’esthétique de Saint Thomas d’Aquin, publiée par la suite dans le seul de ses livres qu’il vaille la peine de lire (Le problème esthétique chez saint Thomas, 1956). C’est en cette même année 1954 qu’il abandonna la foi catholique.

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  • L'effigie de l'évêque de Bayonne brûlée en place publique lors d'un carnaval

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    la-sentence-est-irrevocable-san-pantzar-a-droit-au-bucher_3610090_1000x500-770x375.jpgMonseigneur Aillet, connu pour son combat contre l'avortement, a été pris pour cible lors de la tradition du jugement de San Pantzar à Saint Jean de Luz. Pour certains une blague potache, pour d'autres un acte offensant les chrétiens sous couvert d'humour. Lu dans le « Figaro » :

    « Le jugement de Zanpantzar est une vieille tradition du carnaval basque. Chaque année, on brûle en place publique un géant de paille censé exorciser le mal et annoncer l'arrivée des beaux jours. Cette année, le mannequin, vêtu d'une soutane, était à l'effigie de Monseigneur Aillet, évêque de Bayonne connu pour son combat contre la banalisation de l‘avortement. Le discours précédant le bûcher, habituellement politiquement orienté, ne laissait guère de place au doute: «San Pantzar! C'est toi qui veut empêcher les femmes de disposer de leur corps? Cela t'amuse de comparer l'avortement à Daech?», ont crié les organisateurs, l'association culturelle locale Donibane Ziburuko Ihauteriak. Mehdi Ouraoui, membre du conseil national du parti socialiste, qui était présent à cette cérémonie populaire a pour sa part tweeté: «A St Jean, au procès de Zanpantzar, internationalistes on juge aussi le FN et féministes on juge @MgrMAillet! #Fier»

    Chaque année, une cible est brûlée. Parfois San Pantzar prend le costume d'un politicien. Mais il est vrai qu'il est rare qu'il soit aussi identifiable. La soutane en papier, qui a été allumée pour mettre le feu à l'ensemble du pantin de paille est un symbole reconnaissable du catholicisme.

    Blague potache ou acte «christianophobe»? Les avis sont partagés. Le chargé de communication du diocèse Thibault Luret a interpellé la mairie de la Ville, qui a autorisé la tenue du carnaval.

    Il rappelle le sort des chrétiens d'Orient pour dénoncer un acte «qui dans un contexte difficile pour les chrétiens cautionne sous couvert d'humour les persécutions». D'autres, comme l'abbé Pierre Amar du diocèse de Versailles, dénoncent un deux-poids, deux mesures. «Brûler la figure d'1 évêque c'est de «l'humour» Essayez avec 1 imam ou 1 rabbin, on verra si c'est «drôle»», a-t'il tweeté.

    L'évêque est actuellement en pèlerinage à Rome avec des séminaristes, et ne souhaite pas pour le moment répondre à la polémique. «Il visite les arènes, là où on brûlait pour de vrai les chrétiens», glisse-t-on dans son entourage. 

    Un évêque contesté pour ses propos sur l'IVG

    Monseigneur Aillet est dans le collimateur des militants de gauche et féministes depuis un tweet datant du 12 janvier, où il comparait Daech et l'avortement.

    La ministre de la Santé Marisol Touraine en personne avait réagi à l'occasion des questions au gouvernement en dénonçant la «vigueur du mouvement conservateur qui ne faiblit pas». Sept évêques lui avaient répondu dans une tribune publiée dans Le Figaro le 30 janvier dernier, réclamant un «droit à l'avis» sur la question douloureuse de l'IVG.

    Leur position ne fait pas l'unanimité chez les chrétiens. La revue chrétienne Golias a ainsi lancé une pétition appelant à la démission du prélat. «Alors que quantité de nos compatriotes portent un regard plus que méfiant sur les croyants, il nous semble - en tant que catholiques, chrétiens, croyants et athées responsables - dangereux, en cette période plus que troublée et à cause de ses sorties scandaleuses, de laisser plus longtemps Mgr Marc Aillet à la tête du diocèse de Bayonne-Lescar et Oloron», écrivaient les pétitionnaires.

    Ref. L'effigie de l'évêque de Bayonne brûlée en place publique lors d'un carnaval

    Mgr Aillet est en excellente compagnie : Benoît XVI, brûlé en effigie après son célèbre discours de Ratisbonne ou Mgr Léonard, entarté à  diverses reprises (à Saint-Michel et Gudule, à l’UCL, à l’ULB...) durant son quinquennat à la tête de l’archevêché de Malines Bruxelles. Un risque que n'encourent pas de nombreuses têtes mitrées. Commentaire de l’abbé Pierre Amar (Padreblog) : « Brûler la figure d'’un évêque c'est de ‘l'humour’. Essayez avec 1 imam ou 1 rabbin, on verra si c'est ‘drôle’ »

    JPSC  

  • Quand l'AFP, la BBC, TELERAMA, ARTE et consorts s'attaquent insidieusement à la réputation de Jean-Paul II

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    De François Miclo sur tak.fr :

    Trente-deux ans durant, Karol Wojtyla et Anna-Teresa Tymieniecka ont vécu une « amitié intense ». Un sentiment forcément suspect pour l’AFP.

    Lundi soir, la BBC consacrait son émission « Panorama » à un sacré sujet : « Les lettres secrètes de Jean Paul II ». Le lendemain, Arte diffusait à son tour le documentaire. Entre temps, la presse faisait ses gorges chaudes – à défaut d’être profondes – de ce que l’on nous présentait comme une incroyable révélation.

    Pensez donc : trente-deux ans durant, le pape Jean-Paul II et la philosophe Anna-Teresa Tymieniecka ont vécu une amitié qu’on nous dit « intense ». Il sont allés – tenez vous bien ! – jusqu’à entretenir une correspondance : ainsi l’ancien pape aura-t-il écrit à son amie « plus de 350 lettres ».

    Les petites touches allusives de l’AFP

    L’AFP fait son travail et publie une dépêche aussitôt reprise par l’ensemble de la presse. Comme il n’y a rien de salace, de graveleux ou de franchement dégueulasse – grosse déception –, on procède par petites touches allusives. On écrit :« Les lettres semblent suggérer que l’universitaire avait des sentiments amoureux pour Karol Wojtyla. » On fait parler Edward Stourton, l’auteur du documentaire : « “Ils étaient plus que des amis, mais moins que des amants », qui ajoute : « Il n’y avait dans ces lettres aucune preuve de rupture du vœu de chasteté de Jean Paul II. »

    Comme on n’a « aucune preuve » sur la nature charnelle de cette « amitié intense », on va quand même interroger le père Boniecki sur la vie sexuelle des curés : « Des femmes tombent assez souvent amoureuses de prêtres, cela cause toujours pas mal d’ennuis… » Puis, on conclut la dépêche par un rappel : en 1979, le Vatican démentait officiellement la rumeur selon laquelle Karol Wojtyla avait eu, dans sa jeunesse cracovienne, une « fiancée ». Mû par ce qui lui restait de déontologie ou par une soudaine envie de pisser, le journaliste de l’AFP s’est arrêté juste à temps : encore un peu, il nous faisait passer, ni vu ni connu, notre bon Wojtyla pour un nouveau Borgia.

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  • 21 martyrs coptes, un an après : une foi fortifiée

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    Mgr Bafnotios, 66 ans, a l’habitude de faire face au péril islamiste. Il est, depuis trente-huit ans,mgr-bafnotios-eveque-copte-orthodoxe-de-samalout-en-moyenne-egypte_article.jpg l’évêque copte orthodoxe de Samalout, en Moyenne-Égypte. C’est de son diocèse que sont originaires les martyrs exécutés le 16 février 2015. Comment le diocèse de Samalout a-t-il fêté ce premier anniversaire le 16 février? Interview lue sur le site  du magazine « famille chrétienne » :

    Nos diocésains, et spécialement les habitants d’El Our, sont très fiers de leurs enfants qui ont montré une foi digne de celle des premiers chrétiens, et des Coptes depuis mille quatre cents ans. Mais, au-delà du diocèse, c’est toute l’Église copte qui les célèbre. Le saint synode [assemblée des évêques ] d’Égypte sera invité tous les ans pour célébrer cet anniversaire ; la fête de l’entrée du Seigneur au Temple sera désormais aussi la célébration des vingt et un martyrs.

    Où en est le chantier de la basilique qui leur est dédiée?

    Dans une semaine, le rez-de-chaussée sera achevé et le premier étage commencera. Elle fera 4 200 m2.

    Le président El Sissi a autorisé la construction de cette basilique. N’est-ce pas radicalement nouveau dans un pays où, depuis quatorze siècles, les chrétiens sont considérés comme des citoyens de seconde zone?

    C’est exact. Il a déclaré que les otages sacrifiés n’étaient pas seulement des martyrs chrétiens, mais ceux de toute la nation égyptienne. L’Église a actuellement une excellente relation avec le président El Sissi, et avec le gouvernement.

    Qu’est-ce que cet événement tragique a changé au village d’El Our?

    Il a fortifié la foi et ouvert une fenêtre vers le Ciel. Le quotidien est devenu plus chrétien, avec une pratique religieuse plus profonde, je vois la différence.

    À El Our, cet évènement tragique a fortifié la foi et ouvert une fenêtre vers le Ciel.

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  • La rencontre entre François et Cyrille à Cuba : un même regard critique sur le sécularisme européen

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    Sous le titre « François et Cyrille : une rencontre très politique » l’abbé Guillaume de Tanoüarn commente l’événement en ces termes sur son « metablog » 

    4864755_6_dc8a_le-pape-francois-et-le-patriarche-cyrille-a_3ee6ab123806a617abddaf193e6a750a.jpg« Le pape de Rome et le Patriarche de Moscou se sont rencontrés pour  la première fois dans l'histoire. Cet événement a eu lieu en terrain neutre, ni à Moscou ni à Rome mais à Cuba, où le pape François et sa diplomatie avaient  déjà engrangé de magnifiques résultats, pour ce qui concerne les relations de la grande Ile avec les Etats unis d'Amérique. Cette fois le sujet était différent et Cyrille venait de Moscou dans un pays traditionnellement soviétophile, pour rencontrer François, qui en est à sa deuxième visite en ces lieux. Le document issu de cette rencontre est long. Il met l'accent non sur le rapprochement  proprement religieux et ses modalités (trop tôt), mais sur les positions communes en matière de défense de la civilisation. 

    Ce qui est surprenant ? François - est-ce parce qu'il se sent issu du Nouveau monde ? - et Cyrille se sont entendus pour dire tout le mal qu'ils pensaient de l'Union européenne :

    "Nous sommes préoccupés par la situation de tant de pays où les chrétiens se heurtent de plus en plus souvent à une restriction de la liberté religieuse, du droit de témoigner de leurs convictions et de vivre conformément à elles. En particulier, nous voyons que la transformation de certains pays en sociétés sécularisées, étrangère à toute référence à Dieu et à sa vérité, constitue un sérieux danger pour la liberté religieuse. Nous sommes préoccupés par la limitation actuelle des droits des chrétiens, voire de leur discrimination, lorsque certaines forces politiques, guidées par l’idéologie d’un sécularisme si souvent agressif, s’efforcent de les pousser aux marges de la vie publique".

    La liberté religieuse mise en cause par les tenants du sécularisme (ainsi dans les Pays anglo-saxons appellent-ils la sacro-sainte laïcité), c'est une excellente formule, dont on espère qu'on la reverra souvent dans les textes du magistère authentique.

    Depuis son passage devant le Conseil de l'Europe, François insiste sur la défense des peuples, de leur identité (il emploie le terme de temps à autre) et de leurs "racines chrétiennes", bref - le mot y est cette fois-ci : de leur civilisation.  

    François insiste ici à nouveau avec le Patriarche Cyrille sur l'importance de l'identité des peuples de l'Union européenne : "Le processus d’intégration européenne, initié après des siècles de conflits sanglants, a été accueilli par beaucoup avec espérance, comme un gage de paix et de sécurité. Cependant, nous mettons en garde contre une intégration qui ne serait pas respectueuse des identités religieuses. Tout en demeurant ouverts à la contribution des autres religions à notre civilisation, nous sommes convaincus que l’Europe doit rester fidèle à ses racines chrétiennes. Nous appelons les chrétiens européens d’Orient et d’Occident à s’unir pour témoigner ensemble du Christ et de l’Evangile, pour que l’Europe conserve son âme formée par deux mille ans de tradition chrétienne".

    Jean-Paul II parlait déjà de l'âme de l'Europe. Mais la nouveauté du discours pontifical par rapport à Jean-Paul II est dans cette notion d'"intégration européenne". On l'avait déjà constaté (je l'avais montré dans Monde et Vie à l'époque) : le pape parle des peuples chrétiens de l'Union européenne, il défend les peuples - à la bonne heure - comme il a toujours défendu le peuple argentin, en bon péroniste qu'il est... Il défend aussi (cela va de pair) les "identités", en particulier "religieuses", on peut le constater dans le petit livre de ses sermons aux Argentins, publié chez Parole et silence sous le beau titre : La patrie est un don et la nation un devoir. Mais, cette fois, il a oublié les nations au profit de ce qu'il nomme "l'intégration" dans l'UE., c'est-à-dire l'abandon consenti de souveraineté qui est actuellement en cours au profit de la Superstructure bruxelloise. 

    Que sont les peuples sans les nations ? Une formule de Jean-Paul II dans son Discours à l'ONU en 1980 le dit très clairement : "Les nations sont les grandes institutrices des peuples". Un peuple sans institutrice est un sauvageon... Gare aux sauvageons par intégration forcée dans un magma sans souveraineté où - au nom du multiculturalisme - on parviendrait encore à reconnaître des peuples (avec éventuellement leurs droits propres) mais plus des nations. L'Union Européenne est en train de faire disparaître ce trésor millénaire de la politique chrétienne, né en France, poursuivi en Angleterre, que l'on appelle la nation. La nation est la seule structure politique qui, dans sa définition même, ne puisse pas prétendre être le tout (contrairement à l'Empire, dont on sait combien les papes ont souffert jusqu'à, inclusivement la prise de Rome en 1527).

    L'Empire représente une mystique et l'empire de la mondialisation ne fera pas exception. A cette grande Idée, comme naguère au Moloch, certains sont prêts à tout sacrifier. La nation se veut un service politique du peuple (voir le sacre des rois de France). La politique nationale reste toujours dans l'ordre des moyens, à dimension humaine. 

    François Mitterrand, jamais vraiment remis de son rêve collaborationniste et toujours fasciné par "l'Europe nouvelle", disait "Les nations c'est la guerre". On s'aperçoit au contraire aujourd'hui que les nations c'est la paix et que là où la nation est ébranlée (Irak, Syrie, Libye, Kosovo, Tunisie and so on), la guerre n'est jamais loin. 

    Je vais trop loin peut-être dans la défense des nations. Il y a en France traditionnellement un Pouvoir militaire, comme disait mon vieil ami Pierre Ordioni. Mais la France est une nation paisible. La seule nation guerrière, mais cela demanderait un post pour le prouver, c'est la plus récente des grandes nations européennes, bien évidemment la nation allemande, qui, au XXème siècle, l'a montré, rentrant en guerre 20 ans - seulement vingt ans - après le Traité de Versailles et la Boucherie immonde qui l'a précédé. Vingt ans : juste le temps de refaire une génération... Là on est effectivement dans un nationalisme aussi absurde que... mystique. 

    Il me semble urgent pour l'Eglise de retrouver dans le magistère de saint Jean Paul II et dans son livre Mémoire et identité une pensée claire et paisible de la nation : en tant que ressortissant polonais, venant d'un peuple resté pendant des siècles sans nation, il savait de quoi il parlait. »

    Ref. François et Cyrille: une rencontre très politique

    JPSC

  • Chinoiseries entre Rome et Pékin

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    Un éditorial du très officiel quotidien Global Times réaffirme l’impérative indépendance de l’Église de Chine sur laquelle Pékin ne fera aucune concession. Lu sur le site du journal « La Croix » :

    « À la main tendue du pape François la Chine a répondu par un message dans le plus pur style « langue de bambou ». Un éditorial non signé publié le jeudi 4 février dans le très officiel quotidien Global Times, une version anglophone du Quotidien du Peuple, lui-même lié au Parti communiste chinois, est titré : « Les propos du pape sur la Chine sonnent bien ».

    Mais derrière ce titre plutôt encourageant se déroule un article d’abord très en finesse pour se terminer par la position officielle du Parti sur le statut indépendant de la religion et des Églises en Chine sur lequel Pékin ne fera aucun compromis.

    « Que le pape ait envoyé ses vœux à la Chine pour le Nouvel an est un événement heureux pour les catholiques de Chine et les Chinois en général (…) et la presse mondiale a remarqué que le pape avait envoyé plus de messages de bienveillance à la Chine ces derniers temps. » Ainsi démarre cet éditorial qui immédiatement pose la question du « futur chemin que prendront les relations entre la Chine et le Vatican ». Et enchaîne sur les « relations « diplomatiques » qu’entretient encore le Vatican avec Taïwan mais en soulignant que leur relation « n’est pas un obstacle à la normalisation » entre Rome et Pékin.

    Quelle autorité sur les évêques de Chine?

    Un long développement de l’article précise une nouvelle fois que « le plus grand désaccord est l’autorité de nommer des évêques dans les églises en Chine (…) ce que fait la Chine mais que le Vatican revendique comme son droit ».

    > À lire: Vatican-Chine: Quel accord sur la nomination des évêques de Chine?

    Le texte souligne la bonne volonté du pape François et son « attitude positive » quant à l’amélioration des relations, « mais il ne sera pas facile d’arriver à un succès sur le sujet central (…) la Chine attache une grande importance à son indépendance véritable des institutions religieuses « (…) et la Chine ne fera aucun compromis sur le sujet ».

    Le chaud et le froid

    Le message est très clair et devrait apporter de l’eau au moulin de ceux qui reprochent au Vatican de vouloir sacrifier leurs intérêts sur l’autel de la réconciliation.

    Pour autant, cet éditorial qui souffle le chaud et le froid, reconnaît que « Pékin et le Vatican trouveront des solutions » mais conclut sur un ton plus martial : « Les commentaires du pape François sur la Chine ont une tonalité positive. Le peuple chinois les accueille avec bienveillance. Mais objectivement, pour que les liens se rapprochent, il faudrait que le Vatican accepte les principes d’indépendance des catholiques chinois. »

    Pour autant, la véritable réponse de Pékin à la main tendue du pape François en direction de la Chine ne sera pas révélée publiquement dans le Global Times mais dans les coulisses d’une négociation très discrète menée entre les deux plus subtiles diplomaties du monde.

    Dorian Malovic"

    Ref. Pékin répond froidement aux vœux du pape François

    JPSC

  • Les négociations entre Rome et Pékin piétinent-elles ?

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    Enjeu : un accord avec les autorités communistes sur le processus de nomination des évêques chinois et le transfert de l’ambassade de Chine de Taïpeh (île de Taïwan)  à Pekin . Le pape François  et son secrétaire d’Etat , le cardinal Parolin, s’y emploient sans qu’on sache s’ils pourront conclure prochainement leur négociation par une visite  pontificale au pays du dragon rouge. Lu sur Eglises d’Asie,  le site des missions étrangères de Paris :  

    « Le nouvel ambassadeur de la République de Chine (Taiwan) près le Saint-Siège l’affirme : les négociations entre Rome et Pékin piétinent. En poste depuis décembre dernier, Matthew S. Lee a remis ses lettres de créances au pape François ce 23 janvier et il a confié peu après à Ucanews, agence catholique d’information, que les responsables qu’il avait vus à cette occasion au Vatican lui avait confié qu’il « n’y avait pas d’avancée particulière » entre Rome et Pékin.

    L’ambassadeur taiwanais n’a pas été beaucoup plus explicite. Il s’est contenté de préciser que la mise en place de bonnes relations entre la Chine populaire et le Saint-Siège « serait une bonne nouvelle pour l’Eglise universelle » pour autant que cela « ne vienne pas enfreindre la doctrine et l’orthodoxie catholiques » et que cela « puisse contribuer à promouvoir la liberté religieuse et la défense des droits de l’homme ».

    L’affirmation de l’ambassadeur Lee ne manque pas d’intriguer. En effet, même si Pékin et le Saint-Siège se gardent de toute déclaration officielle, les deux parties négocient. Quelque temps après l’élection du cardinal Bergoglio sur le trône de Pierre en mars 2013, les contacts entre la Chine et Rome avaient repris et, en juin 2014, une délégation de responsables chinois se rendait dans la Ville éternelle pour rencontrer de hauts responsables de l’Eglise catholique. En octobre 2015, c’était au tour d’une délégation vaticane de faire le voyage de Pékin et le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d’Etat du Saint-Siège, déclarait peu après que cette rencontre avait été « très positive » et faisait partie d’« un processus devant aboutir à un accord, comme espéré ». Enfin, selon nos informations, une délégation de Pékin est actuellement présente à Rome, sa présence constituant donc une troisième étape des négociations en cours entre les deux parties.

    Comment expliquer alors les déclarations de l’ambassadeur Lee quant à la non-progression des négociations et le fait qu’à l’évidence, Rome et Pékin continuent de se voir ? Il semblerait qu’il n’y ait pas d’opposition entre les deux parties de cette question.

    En effet, si Taiwan entretient des relations diplomatiques avec le Saint-Siège, c’est parce qu’au nom de la théorie de l’unité de la Chine, tant Taipei que Pékin refusent qu’un Etat tiers entretienne des relations diplomatiques avec l’une et l’autre Chine (la République de Chine et la République populaire de Chine). Aujourd’hui très isolées sur la scène internationale (Taipei entretient des relations diplomatiques avec seulement 21 Etats + le Saint-Siège, et son ambassade près le Saint-Siège est son unique représentation diplomatique en Europe), les autorités taiwanaises savent pertinemment que le jour où Pékin et le Saint-Siège parviendront à un accord sur leurs relations diplomatiques, la nonciature qui est aujourd’hui à Taipei sera transférée à Pékin et leur ambassade près le Saint-Siège devra fermer.

    On peut donc penser que l’ambassadeur Lee, à l’occasion de la présentation de ses lettres de créances, a reçu de la part des responsables du Saint-Siège une forme d’assurance sur le fait que l’établissement de relations diplomatiques entre le Vatican et la Chine populaire n’était pas pour demain.

    Pour autant, si les négociations entre Rome et Pékin se poursuivent, c’est qu’elles ne s’attachent pas tant à la question des relations diplomatiques, qui restent une perspective lointaine, qu’au problème de la nomination des évêques et de l’organisation de l’Eglise de Chine. Le 4 août dernier, une ordination épiscopale a eu lieu pour le diocèse d’Anyang, dans la province du Henan, en Chine populaire, mais le fait que le nouvel évêque a été ordonné avec l’accord du pape et l’approbation de Pékin ne signifie pas qu’un accord global sur ce point très sensible de la vie de l’Eglise a été trouvé. Les négociations se poursuivent donc.

    A l’ambassade de Taiwan près le Saint-Siège, Matthew Lee succède à Larry Wang Yu-yuan, qui occupait le poste depuis septembre 2008. Matthew Lee était précédemment ambassadeur en Jordanie, et avant cela, entre 2011 et 2014, en Argentine, pays où il a connu celui qui était alors archevêque de Buenos Aires, le cardinal Bergoglio. »

    Ref. Les négociations entre Rome et Pékin piétinent-elles ?

    Pour un autre son de cloche, voir le journal « La Croix », ici :Le pape pourrait nommer des évêques en Chine? et aussi : Chine, premieres nominations d'évêques par le pape depuis 65 ans

    JPSC

  • Spotlight ou comment installer un climat de paranoïa christianophobe

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    De Pierre Marcellesi sur Boulevard Voltaire :

    Spotlight, ou la chasse aux prêtres pédophiles

    L’effet escompté est atteint : le spectateur sort de la projection avec l’envie irrépressible de casser du curé.

    Le battage médiatique était déjà suspect.

    AlloCiné l’avait même sponsorisé sur sa page d’accueil !

    Thriller journalistique dans la veine des Hommes du président et de Jeux de pouvoir,Spotlight, de Tom McCarthy, s’était doté de moyens considérables pour porter à l’écran cette sordide affaire de pédophilie au sein de l’Église, sur laquelle enquêtèrent, en 2001, les journalistes du Boston Globe.

    Avec un casting cinq étoiles composé de Michael Keaton, Rachel McAdams, Mark Ruffalo ou encore Liev Schreiber, il ne serait dorénavant plus permis d’ignorer les agissements couverts par l’une des plus vieilles institutions religieuses. La vérité allait enfin éclater grâce à Hollywood !

    Tel un couperet tombé à mi-parcours du récit, celle-ci peut être finalement résumée à un chiffre : 6 % de prêtres pédophiles en activité à Boston, ville à forte population d’origine irlandaise, et de surcroît en majorité catholique. Et l’enquête n’a de cesse, d’un bout à l’autre du film, d’accabler une Église de plus en plus matoise et dissimulatrice…

    Même sans céder aux tentations les plus racoleuses, McCarthy parvient insidieusement à installer un climat de paranoïa christianophobe que des plans d’enfants vulnérables, parsemant le métrage ici ou là, ne font que renforcer. C’est que le sujet – et le réalisateur le sait très bien – se prête naturellement à toutes les réactions les plus émotionnelles, comme en témoignent, sans grande surprise, les commentaires intempérants, mi-goguenards, mi-outrés, des spectateurs dans la salle.

    Le film, qui se voulait jusque-là d’une neutralité journalistique (comprendre « scientifique »), tombe enfin le masque durant le générique de fin lorsque après deux heures d’enquête sur la seule affaire de Boston, des intertitres apparaissent à l’écran pour nous expliquer, avec listes à l’appui, que toutes les grandes villes du monde ont connu de tels scandales et que, quelque part, il est peut-être possible de tirer une vérité générale à partir de ce cas particulier… Générique de fin qui révèle ainsi au spectateur les intentions de Tom McCarthy : se faire l’Église catholique… Dénoncer le cas particulier de Boston, de toute évidence, ne suffisait pas, il fallait « démolir le système » (l’institution), pour reprendre les mots du personnage incarné par Michael Keaton.

    L’effet escompté est atteint : le spectateur sort de la projection avec l’envie irrépressible de casser du curé, avant bien sûr de retirer son gamin du catéchisme !

    Puis l’on reprend ses esprits et l’on se souvient de Thomas Plante, professeur influent de l’université de Santa Clara et de Stanford, qui dans ses travaux estimait entre 2 et 5 % le nombre de prêtres ayant déjà eu des rapports sexuels avec un mineur, contre 8 % de la population masculine en règle générale ! On se souvient aussi de William Oddie selon qui le taux de pédophiles parmi les prêtres serait 4 fois inférieur à celui des hommes en général. Sans oublier que 10 % des élèves aux États-Unis rapportent des cas de relations sexuelles non sollicitées avec leurs professeurs. On est loin des « scores » attribués à l’Eglise…

    Enfin, cette ardeur à dénoncer les abus d’une institution comateuse à une époque où, privé de foi, l’Occident est déjà spirituellement désarmé pour lutter contre le salafisme, semble bien curieuse…

    Reste que Spotlight demeure en soi un thriller passionnant, en dépit d’intentions pour le moins douteuses et d’une mise en scène un peu faiblarde.

    2,5 étoiles sur 5

  • Syrie: vivre avec les derniers chrétiens d'Alep (janvier 2016)

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    JPSC

  • Année de la Miséricorde : lever les sanctions canoniques frappant les (in)fidèles adhérant à la franc-maçonnerie ?

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    C’est le nouveau « ballon d’essai » lancé dans le journal « La Croix » sous la signature de « Jean Rigal, théologien » :

    "Les catholiques ne sont pas toujours bien informés d’une querelle séculaire qui existe entre leur Église et les francs-maçons.

    Selon les époques, la rivalité a été plus ou moins dure, l’Église romaine critiquant la maçonnerie et réciproquement. L’ancienne excommunication a disparu, en 1983, dans l’édition actuelle du droit canon ; mais une autre condamnation a été formulée, la même année, par le cardinal Ratzinger, alors préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi. Elle affirme que les fidèles qui s’inscrivent à la franc-maçonnerie « sont en état de péché grave et ne peuvent accéder à la sainte communion ». On remarquera que cette désignation touche exclusivement les maçons et atteint seulement et douloureusement ceux qui, parmi eux, affirment avoir une foi catholique.

    Cette condamnation était compréhensible lorsque les maçons, dans les allées du pouvoir, poursuivaient des attitudes d’hostilité, voie de persécution, dans les États latins. Qu’on songe à la France de la IIIe République ou aux Italiens, quand Rome, jusque-là ville du pape, fut annexée au nouveau royaume d’Italie. Mais n’oublions pas qu’à la même époque l’Église catholique n’était pas sans reproche, s’employant à promouvoir une restauration monarchique du pouvoir.

    Depuis lors, la franc-maçonnerie a évolué. Elle s’est divisée, dans chaque État, en de nombreuses obédiences, plus diverses qu’on ne croit. Leur spiritualité spécifique se situe généralement de manière apaisée, à l’égard des différentes religions.

    Quant à l’Église catholique, depuis Vatican II et le pape François, elle s’est ouverte au dialogue avec les autres familles de pensée, y compris avec des groupes d’incroyants.

    En 2016, la famille de pensée maçonnique, en dépit de ses divisions, est bien représentée en France avec 150 000 adultes des deux sexes, en toutes régions. Ce sont des personnes qui vivent souvent des valeurs morales et citoyennes affirmées. Pourquoi ne pas multiplier les occasions de dialogue ?

    On sait que beaucoup de maçons se veulent a-dogmatiques (opposés aux dogmes). Peut-être est-il utile de rappeler que la foi chrétienne ne porte pas d’abord sur des formules mais sur la découverte de « Quelqu’un ». Qu’en pensent les catholiques maçons ?

    Dans le contexte actuel, le débat ne serait-il pas plus bénéfique qu’une condamnation ? Comment ne pas situer cet appel dans l’interpellation lancée par l’Année jubilaire sur la miséricorde ? « Qu’à tous, croyants ou loin de la foi, écrit le pape François, puisse parvenir le baume de la miséricorde comme signe du Règne de Dieu déjà présent au milieu de nous. “La miséricorde est le propre de Dieu dont la toute-puissance consiste justement à faire miséricorde.” Ces paroles de saint Thomas d’Aquin montrent que la miséricorde n’est pas un signe de faiblesse, mais bien l’expression de la toute puissance de Dieu » 

    À l’occasion de l’Année de la miséricorde, pourquoi ne pas écarter définitivement cette accusation de « péché grave », imputée uniquement, du moins de cette façon, aux « initiés » des obédiences maçonniques ?"

    Ref. Les relations entre les francs-maçons et l’Église évoluent

    Dans l’état actuel des choses, l’Eglise juge qu’il n’y a pas de compatibilité entre l’adhésion à la Maçonnerie et le fait d’être catholique fidèle au pape et à Dieu. La question fut encore étudiée entre 1974 et 1980, surtout en Allemagne où le théologien Joseph Ratzinger s’y intéressa avant de devenir préfet (1981-2005) de la Congrégation de la doctrine de la Foi, puis pape (2005). L’appartenance à la franc-maçonnerie ne figure plus parmi les cas d’excommunication « latae sententiae » (ipso facto) édictés par le nouveau code de droit canon, en 1983. Mais le jugement négatif demeure : l’année même de la publication du nouveau code, une déclaration de la Congrégation de la doctrine de la Foi signée par son préfet avec l’approbation du pape alors régnant a précisé que :

    -les principes des associations maçonniques demeurent inconciliables avec la doctrine de l’Église ;

    -il est interdit aux catholiques de s’inscrire dans ces associations sous peine de péché grave les privant de l’accès à la sainte communion. 

    Parmi les motifs de ce jugement qu’explicite une autre note disponible sur le site web du Saint-Siège figurent notamment le danger de relativisme et le secret.

    C’est le principal problème: les loges maçonniques cultivent des secrets « inaccessibles » dans le cadre d’une structure pyramidale initiatique et cloisonnée par niveaux, de l’inférieur au supérieur.

    Il ne s’agit pas ici de secrets professionnels (comme celui du médecin ou du confesseur) mais d’un vrai secret doctrinal, une sorte d’immunité magistérielle, que même l’Église n’a pas. Celle-ci peut être critiquée car son enseignement est ouvert ; elle n’est d’ailleurs que la servante d’un message qui n’est pas le sien propre mais celui du Christ : Lui seul, parce qu’il est Dieu, peut affirmer « je suis la Vérité » et dire à ses disciples : allez pour toutes les nations, baptisez-les et enseignez-leur ce que je vous ai enseigné. 

    C’est pourquoi l’Église se sent responsable de la sainteté et de la fidélité des siens au Christ et revendique un contrôle à cet égard. Le contrôle n’a rien d’offusquant, il n’est pas l’apanage des dictatures. Des contrôles démocratiques existent : ceux des associations de consommateurs sur la qualité des produits alimentaires par exemple. Ou, pour prendre un autre exemple, celui du respect de la liberté des consciences par les écoles coraniques.

    Semblablement, l’Église a le droit de contrôler la qualité des produits présentés à ses fils dans le cadre de certaines démarches spirituelles : un contrôle pas (ou plus) coercitif mais une mise en garde. En l’occurrence, elle considère qu’il est inadéquat pour un catholique de s’inscrire dans un système ésotérique comme la maçonnerie, pour y suivre des cours incontrôlables sur l’évangile de saint Jean, sur l’exégèse biblique, sur l’interprétation du

    message symbolique de la Bible et sans pouvoir être justement averti de la compatibilité du contenu initiatique de cet enseignement avec le dépôt de la Foi.

    Tel est le sens de la Déclaration précitée de la Congrégation pour la doctrine de la Foi.

    L'impossibilité de conciliation est actuelle, mais n'empêche pas de faire évoluer les discussions. Simplement, l'ésotérisme et l'initiation est difficilement compatible avec l'enseignement de l'Église, qui a entre autre choses, lutté contre la Gnose chrétienne à cet effet. De plus, Jésus Christ, dans un élan opposé au secret et à l'ésotérisme, s'est aussi réjouit en ces termes : » Je te bénis, Père, Seigneur du ciel et de la terre, d'avoir caché cela aux sages et aux intelligents et de l'avoir révélé aux tout-petits.  Oui, Père, car tel a été ton bon plaisir. Tout m'a été remis par mon Père, et nul ne connaît le Fils si ce n'est le Père, et nul ne connaît le Père si ce n'est le Fils, et celui à qui le Fils veut bien le révéler. (Mt 11, 25-27)

    D'après Ph. Dalleur, ref. ici Compte-rendu et débat  sur le site web http://www.ethiquesociale.org/ 

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