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  • Avec Bertrand Vergely, cultiver une sagesse contre le pessimisme ambiant

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    De  sur le site du Figaro Vox :

    Bertrand Vergely, à la recherche du sens perdu

    Bertrand Vergely, à la recherche du sens perdu

    FIGAROVOX/GRAND ENTRETIEN - Et si l’on allait plus loin que la seule quête du bien-être individuel, celui que promettent des ouvrages à succès en tête de rayon des librairies, pour se poser à nouveau la question du sens de la vie? C’est ce à quoi s’attelle le philosophe Bertrand Vergely dans «Notre vie à un sens!» (Albin Michel).


    Bertrand Vergely est normalien, agrégé de philosophie, professeur en khâgne, à Sciences Po et à l’institut théologique orthodoxe Saint Serge. Il a publié une trentaine de livres dont le dernier, Notre vie a un sens!, vient de paraître chez Albin Michel.


    FIGAROVOX.- Des livres de plus en plus nombreux explorent la question du sens en promouvant des méthodes de développement personnel. En quoi votre livre est-il différent?

    Bertrand VERGELY.- Mon livre tente de répondre à toutes les objections habituellement adressées au sens de la vie en posant la question: êtes-vous sûr que la vie n’a aucun sens? Jamais, dans un livre de développement personnel, vous ne trouverez une réflexion soutenue sur le non-sens de la vie, tous ces livres partant d’emblée de l’idée que le sens c’est le «moi» et le bien-être du moi. En fait, dans ces livres qui prétendent parler du sens, il n’y a aucune réflexion sur celui-ci. Ils ressemblent à une maison bâtie sans fondements.

    Se poser la question du sens de la vie, est-ce reconnaître une part de spirituel en l’homme?

    Notre monde qui n’a en vue que l’individu et son confort ne s’intéresse pas aux réponses qui inspirent l’existence.

    Penser que la vie a un sens suppose que l’on adhère à l’idée qu’il existe une source de sens supérieure à la vie et à l’homme donnant du sens, explique fort bien André Comte-Sponville, qui rejette l’idée d’une telle source. C’est pourtant ce que je pense. Il existe une source de sens supérieure à la vie et à l’homme. Cette source renvoie au fait inouï de l’existence. Relions-nous au fait que la vie et les hommes existent. Rentrant dans la présence, la vie se met à parler, en faisant résonner dans notre vie intime l’inouï de la présence du monde comme de notre présence au monde.

    Vous écrivez que «le monde produit quantité de solutions mais aucune réponse». Vos solutions, quelles sont-elles?

    Une solution est un moyen technique qui dissout un obstacle empêchant la réalisation d’un objectif personnel. Une réponse est une parole qui, parlant à notre existence tout entière, l’inspire. Notre monde qui n’a en vue que l’individu et son confort ne s’intéresse pas aux réponses qui inspirent l’existence. Mes solutions? C’est d’arrêter de vouloir des solutions pour tout afin de commencer à s’intéresser aux paroles qui, en inspirant, apportent une réponse à l’existence. Dans l’expérience de l’art, de la morale, de la philosophie et de la religion, ce sont des réponses que l’on entend. Elles répondent à notre soif d’exister pleinement. D’où leur valeur fondamentale.

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  • Cette foi qu'Asia Bibi n'a jamais perdue

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    Du site de "France Catholique" :

    « Asia Bibi n’a jamais perdu la foi »

    jeudi 9 mai 2019

    Accusée de blasphème, condamnée et mort et innocentée, Asia Bibi a trouvé asile au Canada au terme d’éprouvants rebondissements. Secrétaire générale du Comité International Asia Bibi et rédactrice en chef à CNews, la journaliste Anne-Isabelle Tollet revient sur l’événement et sur les perspectives qui s’offrent à la Pakistanaise.

    L’annonce de l’arrivée d’Asia Bibi sur le sol canadien a-t-elle été une surprise pour vous ?
    À vrai dire, j’étais pleine d’espoir depuis que le Premier ministre pakistanais Imran Khan avait annoncé dans une interview récente accordée à la BBC que plus rien ne s’opposait à son transfert et que celui-ci interviendrait bientôt. Je savais qu’il tiendrait parole à une réserve près : au Pakistan, l’adverbe « bientôt » peut signifier aussi bien quelques jours que quelques années !

    Imran Khan ne s’était pourtant pas opposé aux fondamentalistes lorsqu’ils avaient déposé en novembre dernier un recours après la reconnaissance de l’innocence d’Asia Bibi par les juges pakistanais…
    Je suis convaincue qu’Imran Kahn cherche très sincèrement à promouvoir la justice, la démocratie et l’ouverture au Pakistan, mais il devait faire en sorte que son pays ne sombre pas dans le chaos, ce dont menaçaient les islamistes. Je crois donc qu’il a fait preuve d’une grande habileté. Mais en définitive, il n’a pas cédé. Ce dernier épisode, au-delà du cas d’Asia Bibi, va créer une forme de jurisprudence. La justice a montré qu’elle pouvait aller à l’encontre de la foule, ce qui va atténuer la terreur que suscite la loi anti-blasphème au sein de la population, musulmane ou non.

    L’annonce de l’arrivée d’Asia Bibi au Canada n’a pas suscité les émeutes que l’on pouvait redouter. Pourquoi ?
    Le fait, précisément, qu’Imran Khan ait accepté le recours des islamistes, leur a montré qu’il était disposé à demeurer à leur écoute. Il ne faut pas oublier qu’il a été en partie élu grâce à leurs suffrages. Cette attitude a sans doute permis de calmer la situation. Par ailleurs, de manière plus circonstancielle, l’attention de l’opinion a été mobilisée par l’attentat-suicide commis à Lahore le 8 mai, au deuxième jour du ramadan, et qui a fait au moins de dix morts. On peut d’ailleurs s’interroger sur l’existence ou non d’un lien entre le départ d’Asia Bibi et cet attentat qui peut sonner comme un avertissement adressé au pouvoir.

    Il convient donc de demeurer prudent ?
    Les islamistes pakistanais n’oublient jamais rien. Ils ne lâchent rien. Et les plus radicaux d’entre eux ne renonceront jamais à la vengeance. Au cours des mois à venir, il n’est donc pas exclu de voir les chrétiens du pays subir des attaques ciblées. Quant à Asia Bibi, certes, elle est désormais protégée au Pakistan mais elle ne pourra sans doute jamais être totalement sereine : les fatwas se moquent des frontières…

    Que peut-on dire de ses nouvelles conditions de vie et des mesures de protection dont elle bénéficie ?
    On ne saura jamais où elle habite. Ce que je peux simplement dire, c’est qu’elle a rejoint ses enfants et sa famille élargie dans un appartement confortable au Canada. Désormais, elle devra faire attention à sa parole et se montrer loyale à l’égard du Pakistan. D’ailleurs, elle en est convaincue : ce n’est pas le Pakistan en tant que tel qui voulait sa mort, mais une faction fondamentaliste alliée aux Talibans. Il ne faut surtout pas qu’en se montrant imprudente, Asia Bibi n’importe le terrorisme sur le sol canadien : c’est un point dont elle est parfaitement consciente. Une fois l’effervescence retombée, je pense qu’Asia Bibi va rechercher de petits jobs – je rappelle qu’elle est analphabète – et que sa famille deviendra une famille pakistanaise parmi tant d’autres au Canada.

    Le 20 septembre, Asia Bibi va publier avec vous un livre témoignage déjà annoncé en six langues. Comment avez-vous travaillé avec elle ?
    Depuis l’automne dernier et sa mise au secret au Pakistan, nous avons pu nous parler au téléphone par l’intermédiaire d’un traducteur, à raison d’un entretien de dix minutes tous les deux jours environ. Elle se portait bien, se sentait en sécurité, et si elle était heureuse de se savoir innocentée, elle craignait encore de ne pas pouvoir rejoindre les siens. Ensemble, nous avons reparcouru tout son périple judiciaire depuis ses dix dernières années, avec le recul de sa libération.

    Vous a-t-elle parlé de ses dispositions religieuses au cours de sa captivité : son sort a-t-il bousculé sa foi ? 
    Asia Bibi n’a jamais perdu la foi. C’est même la foi qui l’a maintenue tout au long de ces années et qui lui a permis de garder espoir. Elle a beaucoup prié. Comme elle est catholique, elle s’est aussi beaucoup confiée à la Vierge Marie. Sa confiance en Jésus était totale : elle ne pouvait pas concevoir qu’Il l’abandonne un jour.
    Propos recueillis par Guillaume Bonnet

  • Faiblesse et fausseté de l'accusation d'hérésie contre le pape

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    D'Anne Lizotte sur le site Smart Reading Press :

    NON, LE PAPE N’EST PAS HÉRÉTIQUE !

    |  10 Mai 2019

    Le pape est-il hérétique ?

    Une vingtaine d’universitaires et de théologiens ont récemment publié un texte portant accusation d’hérésie contre le pape François. Ils prétendent tirer matière à ces accusations des documents magistériels du Saint-Père et, en complément, de ses décisions vis-à-vis de certains ecclésiastiques dont il aurait favorisé les comportements délictueux. Une accusation d’hérésie est particulièrement grave lorsqu’elle touche l’exercice du pouvoir de juridiction suprême et plénier du Pontife romain. Les réflexions d’Aline Lizotte tentent de montrer la gravité de l’accusation et l’incompétence de ses auteurs.

    Le blog de Jeanne Smits1 du 30 avril dernier nous informait de la parution d’une lettre ouverte de vingt théologiens et universitaires catholiques américains «accusant sans détours le pape François d’adhérer à diverses hérésies». Elle précisait que cette lettre ouverte «allait faire du bruit».

    En fait, dans notre monde habitué à se voir bombardé de diverses nouvelles, dont chacune amplifie l’autre de sa méchanceté, l’annonce d’un pape hérétique n’a ému personne. À vrai dire, on se fiche un peu de la possibilité d’hérésie chez François. La réalité, c’est qu’il plaît à certains catholiques et qu’il déplaît à d’autres. Tout ce que l’on peut dire, c’est que le style personnel est un peu déconcertant et qu’il inquiète. Mais de là à donner – fût-ce de façon tacite – son assentiment à cette déclaration, il y a un pas – et même des pas – que l’on ne peut faire. D’autant plus qu’à y regarder de près, l’accusation est très faible, sinon fausse.

    ACCUSER LE PAPE D’ADHÉSION À CERTAINES HÉRÉSIES EST OBJECTIVEMENT UNE FAUTE TRÈS GRAVE

    Disons d’abord qu’accuser le pape d’adhésion à certaines hérésies est objectivement une faute très grave. Pourquoi ? La réponse est simple, mais dirimante : le canon 1404 du Code de 1983 nous dit : «Le Premier Siège n’est jugé par personne». La note explicative2 précise : «Le Pontife auquel se rapportent les mots Prima Sedes ne peut être jugé ici-bas par aucun pouvoir humain. Le pape est le juge suprême dans l’Église, et Dieu seul peut le juger. Cette prérogative relève du droit divin, de sorte que le pape lui-même ne peut y renoncer. Et quand on dit que le Premier Siège ne peut être soumis au jugement d’aucun pouvoir humain, il faut l’entendre aussi bien des décisions que le pape prononce que de celles qu’il fait siennes en les approuvant ou en les acceptant expressément et formellement».

    Ne pas être jugé ne signifie pas que tout ce que le pape dit ou fait doit être reçu comme une parole infaillible engageant la foi ou même l’assentiment religieux, lesquels ne doivent être donnés qu’en relation avec le degré d’autorité avec lequel le pape enseigne ou gouverne. Juger signifie ici accuser au for externe d’une faute qui relève de son pouvoir suprême et non d’une faute morale personnelle. Il est arrivé dans l’histoire de l’Église que le pape ait des relations avec une femme, et même qu’il ait d’elle un enfant3. C’est une faute morale personnelle.

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  • Des diaconesses ? On en débat encore et encore...

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    De Claire Lesegretain sur le sur le site du journal La Croix :

    Sur le diaconat féminin, la commission du pape est divisée

    Interrogé sur la commission d’études qu’il a instituée en 2016 sur le rôle des femmes diacres dans l’Église primitive, le pape François a regretté, mardi 7 mai, que ses membres ne se soient pas mis d’accord.

    Dans l’avion qui le ramenait de Skopje (Macédoine) mardi 7 mai, le pape François a répondu, entre autres, à une question concernant la commission d’études qu’il a instituée en août 2016 pour examiner le rôle des femmes diacres au début du christianisme.

    En Bulgarie, le pape a rendu visite à une communauté orthodoxe qui poursuit la tradition d’ordination de femmes diacres et dans les prochains jours, il doit rencontrer l’Union internationale des supérieures générales (UISG) devant laquelle, en mai 2016, il avait annoncé la création d’une commission d’étude sur le sujet.

    Cette commission d’études avait été instituée trois mois après l’annonce devant l’UISG, ce qui avait été interprété, à l’époque, comme un signe de la volonté du pape François de réfléchir à une place plus grande des femmes dans l’Église.

    Composée de six hommes et de six femmes – deux religieuses et quatre laïques – et présidée par Mgr Luis Francisco Ladaria, jésuite espagnol et numéro deux de la Congrégation pour la doctrine de la foi (CDF), cette commission a été chargée d’examiner le rôle des femmes diakonos mentionnées dans le Nouveau Testament et dans l’Église primitive.

    « Chacun sa propre vision »

    « La commission a fonctionné pendant quelques années », a répondu le pape. Les membres, selon lui « tous très différents », ont travaillé ensemble mais avaient « chacun sa propre vision ». Au bout d’un moment, « ils se sont arrêtés », tout en réfléchissant à la manière de « savoir comment progresser ».

    Toujours selon le pape, les membres de cette commission sont d’accord pour reconnaître qu’« il y avait des diaconesses au début » de l’Église, mais ne savent pas si celles-ci recevaient « une ordination sacramentelle ou pas ».

    Ces diaconesses « aidaient à la liturgie, aux baptêmes, aux onctions, et étaient appelées par l’évêque lorsqu’il y avait un différend matrimonial ou une séparation, ou lorsqu’une femme accusait son mari de l’avoir battue. Mais il n’y a aucune certitude qu’il s’agisse d’une ordination ayant la même forme et le même but que l’ordination masculine », a encore expliqué le pape dans l’avion.

    Le pape François a affirmé que les membres de la commission allaient continuer à étudier « pour donner une réponse définitive, un oui ou un non ». Il a précisé également que les diaconesses de l’Église primitive se trouvaient « presque toujours dans une même zone géographique, surtout en Syrie ». Ce qui avait fait dire à certains théologiens, il y a une trentaine d’années, qu' « il n’y avait pas de diaconesses là où il y avait encore beaucoup de cultes païens et de prêtresses païennes ».

    Ce débat sur le diaconat féminin, récurrent dans l’Église, remonte au concile Vatican II qui, en restaurant le diaconat permanent pour les hommes, a relancé la réflexion théologique pour les femmes.

  • La longue marche des catholiques de Chine

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    Yves Chiron : La longue marche des Catholiques de Chine

    Accord Chine-Vatican

    Une histoire tourmentée et héroïque, jusqu'au très controversé "accord provisoire" conclu entre le Saint-Siège et la Chine communiste en septembre 2018.

     [...] L'histoire du catholicisme en Chine et du christianisme en général sera ainsi celle d'une alternance de moments de liberté et de moments de répression. Chiron cite le père Charbonnier qui traitant de la politique religieuse de l'empire chinois au début du XIX° siècle, l'éclairait par le concept confucéen de "shou-fang" littéralement "retenir-relâcher".

       C'est une histoire passionnante, émouvante que celle du catholicisme en Chine, celle des missionnaires comme celle des des missionnaires comme celle des fidèles, Eglise tantôt en expansion magnifique tantôt aux élans atrocement brisés par la persécution. 

    Au sommaire :

    • Introduction
    • Les débuts de l'évangélisation en Chine
    • Les envoyés du pape au XVIII° siècle
    • Les Jésuites et l'Empereur
    • La Querelle des Termes et la Querelle des Rites
    • Des évêques pour la Chine
    • Laïcs, catéchistes et Vierges chrétiennes
    • Occidentaux ou missionnaires ?Des Boxers à Mao
    • Sous un régime athée
    • Naissance de l'Eglise patriotique
    • La Révolution culturelle ou le grand silence
    • Deux "Eglises"parallèles ?
    • Le dialogue pour rétablir l'unité
    • Un accord historique ou provisoire ?
    • Conclusion - Remerciements - Source et bibliographie

    L'auteur : Yves Chiron
    Yves Chiron, spécialiste de l'histoire de la papauté, est l'auteur d'ouvrages de référence sur les apparitions mariales, les miracles, les béatifications et les canonisations, traduits en plusieurs langues.

    4ème DE COUVERTURE

       La Chine compte aujourd'hui dix millions de catholiques. Cette minorité a une histoire plus que millénaire dans le pays. Le christianisme est arrivé dans l'empire chinois par des vagues successives de missionnaires dès le VII° siècle ; "nestoriens" d'abord, puis franciscains, jésuites, lazaristes, prêtres MEP... et ce, jusqu'au XIX° siècle. Ce christianisme n'est pas pour autant un produit d'importation : le premier évêque chinois est sacré dès 1685 et on compte plus d'un millier de prêtre chinois au début du XX° siècle.

       La longue histoire du catholicisme de Chine est aussi celle des persécutions récurrentes et l'héritage de nombreux martyrs de la foi. En 1949, l'instauration d'un régime communiste a ainsi chassé tous les missionnaires occidentaux et la tentative de création d'une Eglise nationale séparée de Rome s'en suivit.

       Yves Chiron raconte cette histoire tourmentée et héroïque, jusqu'au très conversé "Accord provisoire" conclu entre le Saint-Siège et la Chine communiste en septembre 2018. Il a rencontré, lors d'un de ses séjours en Chine, le cardinal Zen et l'Eglise clandestine pour mieux comprendre le passé et nous raconter l'actualité brûlante de l'Eglise catholique.

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  • Chine : les agents de l’État s’engagent à réprimer les religions

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    Du site "Bitter Winter" :

    Les agents de l’État s’engagent à réprimer les religions

    Tang Wanming

    Les autorités des comtés, communes et villages de la Chine sont forcées de signer ce que l’on a appelé les « Déclarations de responsabilité religieuse », dans lesquelles elles s’engagent à être personnellement coupables de toute défaillance dans la répression des croyants. D’après les informations récemment obtenues, cette initiative, qui vise à intensifier le contrôle des religions au niveau local, est en cours de mise en place dans les provinces du Fujian, du Jiangxi et du Hebei, ainsi que dans d’autres localités du pays.

    Le contenu de ces déclarations de responsabilité ne présente qu’une légère différence d’une région à l’autre, mais celles-ci ont en commun deux engagements majeurs : éradiquer tous les lieux de culte qui n’entrent pas dans la liste des lieux de culte approuvés par l’État, et recueillir des informations à caractère religieux.

    Éradiquer tous les lieux de culte non officiels

    Chaque responsable, qu’il soit secrétaire du Parti dans un village ou dans une commune, responsable local du PCC en charge des affaires religieuses ou autre, est tenu de s’assurer qu’au sein de sa juridiction, aucun nouveau lieu de culte privé ne soit créé, et qu’aucun nouveau rassemblement ne se tienne dans les lieux qui ont été fermés. D’après cette déclaration, le nombre de croyants doit être contrôlé et aucun rituel religieux ni cérémonie religieuse ne doit être observé pendant les funérailles ou les cérémonies de mariage.

    Les groupes désignés comme des xie jiao et toute activité organisée par les groupes religieux étrangers sont strictement interdits et doivent être éradiqués. Certaines déclarations de responsabilité exigent d’empêcher les populations venues d’autres régions de Chine d’organiser leurs activités religieuses au sein de ces localités.

    Enregistrement immédiat et détaillé des informations à caractère religieux

    Les déclarations de responsabilité exigent, dès lors qu’un résident religieux est identifié, ’que lui soit ouvert sans délai un dossier en « enregistrant les informations sur les croyants et en intégrant celles-ci dans des dossiers de gestion des informations ». Les autorités sont invitées à mettre à jour régulièrement les données de chaque croyant enregistré.

    En outre, le statut des lieux de culte approuvés par l’État, y compris du clergé, toutes leurs activités et la gestion financière, doivent être enregistrés de manière continue. Le responsable est également tenu de rendre fréquemment visite à chaque croyant, de suivre son statut idéologique pour s’assurer que des groupes religieux non officiels ne s’y sont pas infiltrés.

    Une déclaration de responsabilité d’un village de la province du Jiangxi, au sud-est de la Chine, stipule que « chaque lieu de culte doit nommer un instructeur, et chaque commune doit désigner trois à cinq agents de renseignement jouissant d’un haut niveau de conscience politique ». Toutes les informations à caractère religieux qu’ils recueillent doivent être immédiatement communiquées à leurs supérieurs hiérarchiques.

    Les déclarations de responsabilité prévoient des sanctions pour les autorités qui ne s’acquittent pas de leurs obligations professionnelles. En cas de détection d’un nouveau lieu de culte en construction, de modification et de reconstruction d’un lieu existant sans autorisation, ou de reprise des rassemblements d’une église de maisonfermée, le responsable sera dénoncé aux hautes autorités, fera l’objet d’une réprimande et pourrait être frappé d’une amende. Dans certains cas signalés, les peines varient de 500 RMB (environ 65 €) d’amende pour n’avoir pas arraché des couplets religieux de la maison d’un croyant jusqu’au licenciement d’un secrétaire du Parti du village pour avoir refusé de retirer des statues bouddhistes. Des sanctions plus sévères sont envisagées si un lieu de culte s’avère être « infiltré par des forces étrangères ».

  • "Vous êtes la lumière du monde" : une lettre apostolique du pape pour lutter contre les abus sexuels

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    LETTRE APOSTOLIQUE EN FORME DE « MOTU PROPRIO »

    DU SOUVERAIN PONTIFE FRANÇOIS

    VOS ESTIS LUX MUNDI

    source

    « Vous êtes la lumière du monde. Une ville située sur une montagne ne peut être cachée » (Mt 5, 14). Notre Seigneur Jésus Christ appelle chaque fidèle à être un exemple lumineux de vertu, d’intégrité et de sainteté. Nous sommes tous, en effet, appelés à donner un témoignage concret de la foi au Christ dans notre vie et, en particulier, dans notre relation avec le prochain.

    Les crimes d’abus sexuel offensent Notre Seigneur, causent des dommages physiques, psychologiques et spirituels aux victimes et portent atteinte à la communauté des fidèles. Pour que ces phénomènes, sous toutes leurs formes, ne se reproduisent plus, il faut une conversion continue et profonde des cœurs, attestée par des actions concrètes et efficaces qui impliquent chacun dans l’Eglise, si bien que la sainteté personnelle et l’engagement moral puissent contribuer à promouvoir la pleine crédibilité de l’annonce évangélique et l’efficacité de la mission de l’Eglise. Cela ne devient possible qu'avec la grâce de l’Esprit Saint répandu dans les cœurs, car nous devons toujours nous rappeler des paroles de Jésus : « En dehors de moi vous ne pouvez rien faire » (Jn 15, 5). Même si beaucoup a déjà été fait, nous devons continuer à apprendre des amères leçons du passé, pour regarder avec espérance vers l’avenir.

    Cette responsabilité retombe, avant tout, sur les successeurs des Apôtres, préposés par Dieu à la conduite pastorale de son Peuple, et exige leur engagement à suivre de près les traces du Divin Maître. En raison de leur ministère, en effet, ils dirigent « les Églises particulières qui leur sont confiées, comme vicaires et légats du Christ, par leurs conseils, leurs encouragements, leurs exemples, mais aussi par leur autorité et par l’exercice du pouvoir sacré, dont l’usage cependant ne leur appartient qu’en vue de l’édification en vérité et en sainteté de leur troupeau, se souvenant que celui qui est le plus grand doit se faire le plus petit, et celui qui commande, le serviteur » (Conc. Œcum. Vat. II, Const. Lumen gentium n. 27). Tout ce qui, de manière plus impérieuse, regarde les successeurs des Apôtres concerne aussi tous ceux qui de diverses manières assument des ministères dans l’Eglise, professent les conseils évangéliques ou sont appelés à servir le Peuple chrétien. Par conséquent, il est bien que soient adoptées au niveau universel des procédures visant à prévenir et à contrer ces crimes qui trahissent la confiance des fidèles.

    Je désire que cet engagement soit mis en œuvre de façon pleinement ecclésiale, et soit donc une expression de la communion qui nous tient unis, dans une écoute réciproque et ouverte aux contributions de ceux qui ont à cœur ce processus de conversion.

    Par conséquent, je dispose :

    TITRE I

    DISPOSITIONS GÉNÉRALES

    Art. 1 – Domaine d’application

    §1. Les présentes normes s’appliquent en cas de signalements relatifs à des clercs ou à des membres d’Instituts de vie consacrée ou de Sociétés de vie apostolique, et concernant :

    a) les délits contre le sixième commandement du Décalogue consistant à :

    i. contraindre quelqu’un, avec violence ou menace ou par abus d’autorité, à accomplir ou subir des actes sexuels ;

    ii. accomplir des actes sexuels avec un mineur ou avec une personne vulnérable ;

    iii. produire, exhiber, détenir ou distribuer, même par voie informatique, du matériel pédopornographique, ainsi que recruter ou inciter un mineur ou une personne vulnérable à participer à des exhibitions pornographiques ;

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