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  • La pornographie : la grande oubliée de la lutte contre la traite des êtres humains

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    «La pornographie, grande oubliée de la lutte contre la traite des êtres humains»

    Prostitution et pornographie ont plusieurs points communs. Dans les deux cas, les corps sont loués, en échange d'argent, pour le plaisir d'autrui.

    Nicolas Bauer

    Au-delà de ces plaintes d'actrices, des associations féministes comme le Mouvement du Nid dénoncent l'existence d'un problème systémique de traite d'êtres humains dans l'«industrie du sexe». Pour lutter contre la traite, un cadre juridique complet s'est développé ces deux dernières décennies, au niveau international, puis européen. Néanmoins, son potentiel contre les excès de la pornographie est largement sous-exploité, car il se heurte à un tabou. Il n'est pas exagéré d'affirmer que la pornographie est la grande oubliée de la réflexion juridique et politique sur la traite des êtres humains.

    Les premiers efforts internationaux contre la traite visaient à protéger les femmes de la prostitution. Ainsi, en 1910, une convention internationale réprimant la «traite des blanches» était signée à Paris. D'autres ont suivi durant les décennies suivantes, élargissant peu à peu la question à toutes les formes de trafic sexuel, puis à partir de 2000 à toutes les situations de traite d'êtres humains. Pour autant, le cas de traite le plus répandu dans le monde occidental reste le trafic sexuel et c'est toujours sur la prostitution que se focalise la lutte contre la traite. Il faut dire que le droit international interdit explicitement «l'exploitation de la prostitution d'autrui» (proxénétisme).

    Il existe une profusion de rapports des instances des Nations unies et du Conseil de l'Europe sur la traite des êtres humains, en particulier la prostitution, mais aucun ne s'intéresse de près à la pornographie. Pourtant, prostitution et pornographie ont plusieurs points communs. Dans les deux cas, les corps sont loués, en échange d'argent, pour le plaisir d'autrui. Pornographie vient du grec πόρνη [pórnê], qui veut dire « prostituée » ; il n'est d'ailleurs pas rare que les actrices pornographiques se prostituent ou aient été prostituées par le passé. Certaines activités, comme celle des «camgirls», correspondent à la fois à de la prostitution et à de la pornographie. Le sociologue Sonny Perseil va jusqu'à qualifier la pornographie en général de «prostitution filmée».

    Quoi qu'il en soit, au moins pour une part, l'industrie de la pornographie pratique la traite d'êtres humains, au sens du droit international. En effet, la définition de la traite est large et inclut de nombreuses situations. Recruter une personne, en abusant de sa position de vulnérabilité ou en lui offrant des paiements, dans le but de l'exploiter sexuellement, cela correspond à de la traite. C'est courant dans le commerce du sexe et, en ce sens, le producteur pornographique ne se distingue pas du proxénète. Le premier est pourtant mieux perçu que le second, car la pornographie a gagné la bataille de l'image : ce serait un genre cinématographique, avec des acteurs.

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  • Le député britannique assassiné était un député catholique exceptionnel et un fervent défenseur de la vie

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    De Jonah McKeown sur Catholic News Agency :

    Le député britannique assassiné était catholique et pro-vie.
     
    David Amess
    Le regretté David Amess, député de Southend West/ davidamess.co.uk

    15 oct. 2021

    Un député britannique est mort vendredi après avoir subi de multiples coups de couteau dans une église méthodiste du sud-est de l'Angleterre. 

    Sir David Amess, 69 ans, était membre du Parlement depuis 1983 et membre du parti conservateur. Il était catholique, pro-vie, et aurait été un fervent défenseur de l'éducation catholique et du bien-être des animaux. Amess tenait une réunion avec ses électeurs à l'église méthodiste de Belfairs lorsque l'attaque a eu lieu. 

    Un homme de 25 ans a été arrêté en relation avec le meurtre, et un couteau a été retrouvé. 

    Le cardinal Vincent Nichols de Westminster a publié une déclaration rendant hommage à M. Amess et appelant à prier pour lui et sa famille. 

    "Je prie pour lui afin qu'il soit accueilli dans la présence miséricordieuse de notre Père céleste. Je prie pour sa famille et ses amis, qui sont sous le choc en ce moment. Je prie pour ses électeurs [et] tous ceux qui ont travaillé avec lui au cours de sa carrière politique", a déclaré le cardinal Nichols. 

    "David a accompli sa vocation de catholique dans la vie publique avec générosité et intégrité. Il a servi au Parlement pendant quatre décennies et était respecté par tous les partis politiques de la Chambre. Son décès prématuré est une grande perte".

    Le Premier ministre Boris Johnson a déclaré qu'Amess avait un "bilan exceptionnel en matière d'adoption de lois visant à aider les plus vulnérables."

    Right to Life UK a décrit Amess comme un "champion pro-vie". 

    "La mort de Sir David est une tragédie insensée et il va vraiment nous manquer. Nos pensées et nos prières vont à sa femme Julia et à leurs cinq enfants", a déclaré Catherine Robinson, porte-parole de Right To Life UK. 

    "Depuis son élection en 1983, il a toujours, dans la mesure du possible, utilisé sa position de député pour défendre les personnes vulnérables, notamment en se faisant le champion d'initiatives visant à introduire davantage de protections pour les bébés à naître et davantage de soutien aux femmes confrontées à des grossesses difficiles. Tous ceux qui ont travaillé avec Sir David savaient qu'il était un homme gentil, attentionné et jovial, qui se souciait réellement des plus vulnérables de notre société". 

    Le dossier de vote récent d'Amess montre qu'il a voté contre la légalisation du suicide assisté, en faveur de limites de gestation plus strictes pour les avortements, et contre l'imposition de l'avortement en Irlande du Nord, entre autres mesures pro-vie. 

    Le cardinal Nichols a noté que M. Amess a joué un rôle déterminant dans la visite historique du pape Benoît XVI au Parlement en septembre 2010, lors de la visite du pape au Royaume-Uni. M. Amess avait créé en 2006 un groupe parlementaire multipartite pour les relations avec le Saint-Siège, un groupe comprenant des personnes de différentes confessions et croyances, a indiqué M. Nichols. 

    "Il a encouragé cette relation mutuellement respectueuse en rencontrant le cardinal Parolin, secrétaire d'État du pape, et d'autres dirigeants catholiques. Cette contribution est à la fois estimée et manquera cruellement", a déclaré le cardinal. 

    L'agence pour l'éducation des évêques catholiques d'Angleterre et du Pays de Galles a déclaré sur Twitter : "La mort de Sir David Amess est une horrible tragédie. Il était un député catholique exceptionnel et un fervent défenseur de l'éducation catholique."

    "Accorde-lui le repos éternel, ô Seigneur, et que la lumière perpétuelle brille sur lui. Qu'il repose en paix."

    Benedict Rogers, directeur général et cofondateur du groupe britannique de défense des droits de l'homme Hong Kong Watch, a déclaré que lui et Amess avaient "travaillé ensemble régulièrement sur les droits de l'homme internationaux au fil des ans."

    "Il était très chaleureux, gentil et amusant. Il m'encourageait toujours à me présenter au Parlement et essayait de m'aider dans cette démarche. Il avait un énorme sourire, beaucoup d'humour et un très bon cœur. C'était un grand personnage et il nous manquera énormément", a tweeté M. Rogers. 

    Amess a fortement soutenu le Brexit lors du référendum de 2016. 

    La dernière députée britannique à avoir été tuée est Jo Cox en 2016, qui a été abattue à l'extérieur d'une réunion avec ses électeurs dans le West Yorkshire. La sœur de Cox, Kim Leadbeater, députée travailliste de Batley et Spen, a déclaré qu'elle était "Totalement choquée par ce qui s'est passé pour penser que quelque chose d'aussi horrible pourrait se reproduire pour un autre député, une autre famille", rapporte PA. "Et effrayée et effrayante - une véritable montagne russe d'émotions", a déclaré Leadbeater.

    Selon PA, 80 personnes ont assisté à un service commémoratif pour Amess vendredi.

    "Il a emporté avec lui ce grand esprit de l'est de Londres qui consiste à ne pas avoir peur et à être capable de parler aux gens et à leur niveau. Je dirais que tous les politiciens ne sont pas doués pour cela", a déclaré le père Jeffrey Woolnough à propos d'Amess, rapporte PA. "Nous n'avons pas les mots ce soir. Cher Sir David, reposez-vous bien".

  • La foi : une forme de dissidence

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    Des propos recueillis par Constantin de Vergennes sur le site de France Catholique :

    Rod Dreher, essayiste américain

    «  La foi est une forme de dissidence  »

    13 octobre 2021

    Face aux dérives idéologiques inquiétantes de notre société, aux États-Unis et ailleurs, cet intellectuel atypique qu’est Rod Dreher suggère de s’inspirer de l’exemple des dissidents de la période soviétique pour trouver les moyens de résister au rouleau compresseur postmoderne. Entretien.

    Son précédent livre, Le Pari bénédictin, publié en 2017, avait fait grand bruit. Également connu, dans sa version française, sous le titre de Comment être chrétien dans un monde qui ne l’est plus (Artège), l’ouvrage du journaliste et écrivain américain Rod Dreher proposait la formation de communautés chrétiennes locales : familles, écoles, paroisses… Ceci afin d’élaborer une contre-culture et de réévangéliser, par la suite, un monde ayant tourné le dos à la foi. Proposition stimulante, mais discutée au sein des milieux chrétiens. Quatre ans plus tard, le journaliste de l’American Conservative récidive avec un nouvel essai, Résister au mensonge, vendu à 100 000 exemplaires outre-Atlantique. Là-bas, le débat fait rage avec le mouvement «  woke  » – « éveillé » – de contestation de la culture occidentale et chrétienne, qui gagne en puissance dans l’opinion au plan mondial (voir France Catholique n°3717). L’intellectuel s’oppose ainsi à ce qu’il définit comme un totalitarisme «  doux  », et suggère de s’inspirer de l’exemple des dissidents chrétiens sous la dictature soviétique. À lire pour être prévenu…

    Comment définiriez-vous le «  totalitarisme soft  » qui nous menace et pourquoi employer ce terme ?

    Rod Dreher : Un système totalitaire est un système où le pouvoir politique est monopolisé par une idéologie unique et où tout est politique. Nous pensons toujours au nazisme ou au communisme, mais le totalitarisme peut aussi exister dans une démocratie libérale. L’idée que nous nous faisons du totalitarisme, inspirée notamment par le roman 1984 de George Orwell ou par l’expérience du stalinisme, est celle d’un totalitarisme «  dur  ». Nous ne voyons pas qu’un totalitarisme d’une autre nature est en train d’émerger.

    Il y a vingt ans, René Girard nous a prévenus que l’attention excessive pour les victimes allait se transformer en totalitarisme. Aujourd’hui, cela se déroule sous nos yeux de façon évidente. C’est l’autre raison pour laquelle il s’agit d’un totalitarisme soft, «  doux  » : parce qu’il s’agit d’un totalitarisme exercé au nom de la compassion, de la tendresse à l’égard des victimes. Ainsi, nous voyons par exemple des livres interdits car les transgenres, ou les minorités ethniques, les trouvent blessants.

    L’État n’interdit pas de lui-même – aux États-Unis, il serait illégal d’interdire un livre –, mais des acteurs privés comme Amazon refusent de vendre certains livres pour cette raison, et les écoles et universités refusent de les enseigner. Nous voyons des symboles bien-aimés de notre histoire – des statues, des chansons… – jetés à la poubelle [en français dans le texte, NDLR] car certaines minorités privilégiées les trouvent offensantes.

    Il faut souligner que cela se produit, tout du moins aux États-Unis, non parce que l’État adopte des lois, mais parce que des institutions libres dans une société libre ont décidé de s’autocensurer. Le vieux modèle du totalitarisme – avec une police secrète et des goulags – ne s’applique pas ici. Mais il s’agit toujours d’un totalitarisme, parce qu’une seule idéologie est autorisée, et que ceux qui ne l’acceptent pas risquent leur emploi et leur statut social s’ils s’en éloignent publiquement. Le peuple américain vit dans la peur – une peur qui devrait être totalement étrangère à une société libre.

    La surveillance, propre aux sociétés totalitaires, est désormais exercée selon vous par le capitalisme…

    Oui, c’est aussi quelque chose de nouveau. Le «  capitalisme de surveillance  » est une nouvelle façon de faire de l’argent, inventée par Google. Les données que nous générons tous par notre activité en ligne, et avec nos smartphones, sont constamment collectées par ces entreprises. Elles agissent légalement, avec notre consentement. Toutes ces données, même celles qui nous paraissent insignifiantes, sont stockées et exploitées afin de dresser un portrait toujours plus précis de qui nous sommes, dans le but de mieux nous vendre des choses.

    Comme me l’a dit un ancien dissident tchèque, il faudrait être idiot pour penser qu’il existe une façon innocente de collecter ces informations. «  À terme, m’a-t-il dit, ces informations seront utilisées contre vous.  »

    Par exemple, des dizaines de millions de foyers américains possèdent les soi-disant «  enceintes connectées  » [enceintes reliées à Internet et qui peuvent être commandées par le son de la voix, NDLR], pour rendre l’existence plus facile. Il suffit de dire par exemple «  Diffuse du Mozart  », pour que du Mozart soit diffusé à travers l’enceinte. Nous pensons que c’est amusant et innocent, mais cela ne l’est pas. Ces appareils nous entraînent à accepter la surveillance perpétuelle comme un aspect normal de notre vie.

    Si des agents du gouvernement venaient se présenter à votre porte pour vous dire : «  Nous voudrions installer une enceinte connectée qui va vous écouter et qui nous fera parvenir ce qu’elle a entendu  », vous leur claqueriez la porte à la figure. Mais quand cela provient d’une entreprise comme Amazon, non seulement les gens acceptent d’installer un tel appareil chez eux, mais ils déboursent également de l’argent pour pouvoir le faire !

    Retrouvez l’intégralité de l’entretien dans le magazine.

  • L'Eglise est-elle condamnée à disparaître ?

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    De Philippe Maxence sur le site de l'Homme Nouveau :

    L’Église va-t-elle disparaître ?

    L’Église va-t-elle disparaître ? La question est sur toutes les lèvres, et campe a minima dans tous les esprits. Les révélations du rapport de la commission Sauvé sur les crimes de nature sexuelle dans l’Église de France ont profondément choqué les catholiques et, plus largement, l’opinion publique. La presse s’en est emparée et les réseaux sociaux n’ont cessé de commenter le sujet, se révélant plus que jamais ces tribunaux d’une « justice » immédiate couronnée du blanc-seing de l’opinion publique.

    Une seule réforme : embrasser la Croix

    Faut-il pour autant détourner les yeux ? La vérité est souvent crucifiante et, d’ailleurs, le Christ, qui est la vérité même, s’est laissé clouer sur une croix pour nous sauver du péché. Même endormi par le conformisme et les habitudes, le disciple se doit de suivre le Maître jusqu’au bout. À nous d’avoir aussi le courage de Péguy et de « voir ce que l’on voit » (Notre Jeunesse). C’est assurément le plus court chemin pour parvenir à une véritable et profonde réforme de l’Église. Laquelle implique un réel souffle spirituel, la reconnaissance et la contrition des péchés, le lucide constat des erreurs commises et une réinsertion dans le chemin tracé par la Tradition qui prend sa source dans les Évangiles, les Pères et le magistère constant de Pierre.

    La réponse de l’histoire

    L’Église va-t-elle disparaître ? La réponse est clairement non. La foi nous l’enseigne et l’histoire nous le confirme. À ce sujet, il faut lire le dernier livre de Didier Rance. Le titre même de l’ouvrage – L’Église peut-elle disparaître ? – indique que l’auteur s’est emparé d’une problématique très actuelle (Mame, 248 p., 17 €). Il y répond par l’histoire et par un véritable esprit de foi qui baigne en permanence dans les eaux pures de l’espérance. Le sous-titre du livre – Petite Histoire de l’Église à la lumière de la Résurrection?– le confirme amplement. L’auteur affronte neuf grandes périodes au cours desquelles l’Église aurait dû disparaître si elle n’avait été qu’une institution humaine. Il vaut la peine de citer ces neuf étapes : la fondation de l’Église où il était humainement difficile de parier sur sa survie pendant… vingt et un siècles ; les persécutions des premiers temps chrétiens ; la victoire apparente de l’arianisme ; l’éclosion des mouvements de laïcs en réponse aux scandales des clercs, confondus par l’amour de saint François d’Assise pour l’Église ; la menace de l’islam ; la « réforme » protestante ; la Révolution française ; la théorie de la mort de Dieu ; le nazisme et le communisme athée.

    Au terme de ce périple historique, Didier Rance écrit : « Dieu est le Seigneur de l’histoire et conduit infailliblement celle-ci vers l’éternité de la façon qu’il veut. » Et c’est donc très logiquement que l’auteur conclut par le recours à la sainteté. Celle de ceux qui nous ont précédés et qui ont été élevés sur les autels. Mais celle aussi à laquelle nous devons parvenir par l’exercice humble et constant, avec la grâce de Dieu, de la foi, de l’espérance et de la charité.

    Prêtres qui souffrez…

    L’Église va-t-elle disparaître ? La formule de Bossuet, si souvent citée – « L’Église, c’est Jésus répandu et communiqué » –, n’a rien perdu de sa réalité. À côté de tous ces prêtres qui ont failli scandaleusement, il y a la masse, anonyme pour le plus grand nombre, mais derrière laquelle se révèlent un nom et un visage pour leurs paroissiens ou leurs proches, de ces prêtres qui ne cessent de tendre à la sainteté dans l’humilité d’une condition en profond décalage avec la société. Prêtres présents au confessionnal et prêts à mourir si besoin pour garder le secret des péchés avoués ; prêtres célébrant la messe avec recueillement et expliquant, avec ou sans talent, la riche parole de Dieu ; prêtres absorbant des kilomètres pour rendre service comme aumôniers scouts ou pour visiter les malades ; prêtres seuls au fond d’une grande bâtisse sans même parfois une parole de soutien de leur évêque ; prêtres, jeunes, dont on veut rogner les ailes parce qu’ils célèbrent une liturgie qui a fait des saints et auxquels on trouve un air trop décalé avec l’époque ; prêtres exténués à force de réunions, de discussions avec les différentes équipes censées les aider ; prêtres rivés sur leur bréviaire comme une preuve de fidélité amoureuse malgré la fatigue, le doute, la lassitude, le désespoir, la crainte.

    Prêtres qui souffrez et dont nous avons tant besoin pour que Jésus soit donné, continué, communiqué. Oui, prêtres qui souffrez, merci de ce que vous êtes ; merci pour votre sacerdoce, vos dons et même vos limites. Merci de rayonner Jésus jusques et y compris dans l’abaissement du Vendredi saint. Bientôt, la Résurrection !

  • Le film "Fatima" sort en force sur les écrans français; le verrons-nous sur les écrans belges ?

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    De Michel Janva sur Le Salon Beige :

    Fatima, 4e des films en démarrage

    Fatima, 4e des films en démarrage

    Le film FATIMA a rassemblé 13147 spectateurs en salle depuis mercredi dernier. Il se classe 4e des films en démarrage de la semaine dernière. Avec ces résultats, 139 salles ont accepté de le diffuser encore une semaine de plus malgré la forte concurrence.

    Les nouvelles salles de cinéma sont répertoriées sur la page Allociné ou icidans la rubrique “Voir toutes les séances”

    Et pour revoir l’émission spéciale consacrée au film par CNews dimanche dernier, c’est ici.

  • Sainte Marguerite-Marie, grand témoin de l'Amour divin (16 octobre)

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    marguerite.jpgSur le site du Secrétariat des oeuvres du Sacré Coeur :

    En la fête de Saint-Jean, le 27 décembre 1673, à Paray le Monial, une religieuse du monastère de la Visitation, Marguerite-Marie Alacoque (que l'on fête aujourdhui ndblg) fit la rencontre du Christ et s’est approchée du Cœur de Dieu. "Il me fit reposer fort longtemps sur sa divine poitrine où il me découvrit les merveilles de son amour et les secrets inexplicables de son cœur qu’il m’avait toujours tenus cachés jusqu’alors". (Autobiographie n° 53).

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  • L’Église catholique : un observatoire privilégié de la domination masculine et patriarcale d'après le Rapport Sauvé

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    D'Anne Lizotte sur Smart Reading Press :

    POUVONS-NOUS ENCORE CROIRE EN L’ÉGLISE CATHOLIQUE ?

    15 Oct 2021

    Pourquoi le «Rapport de la CIASE sur les abus sexuels dans l’Église» étonne ? La révélation du nombre effarant d’enfants abusés a frappé de plein fouet les pasteurs et les fidèles ! Est-ce tout ? Pour ceux qui ne se sont arrêtés qu’à ce chiffre, cela semble suffisant. À lire attentivement ce document, on trouve d’autres causes. Aline Lizotte les analyse.

    La dernière page du Rapport de l’INSERM demandé par la CIASE sur les agressions sexuelles dans l’Église se termine par ces lignes :

    «L’Église catholique apparaît ainsi comme un observatoire privilégié de la domination masculine, et plus précisément du fonctionnement d’un système patriarcal, puisque celle-ci s’exerce au nom d’une certaine paternité. Ses effets y apparaissent exacerbés, d’autant plus que l’interdit de la sexualité des prêtres fait écho à une forme de diabolisation de celle des femmes.

    L’institution ecclésiale revendique encore ouvertement la domination masculine et l’inscrit dans sa culture et dans ses structures. Tant qu’elle refusera de renoncer au monopole masculin du pouvoir et à sa métaphorisation paternelle qui, toute symbolique qu’elle soit, n’en a pas moins des effets réels, le risque de violence sexuelle au sein de l’Église catholique restera d’actualité1

    Il faut bien comprendre ce que cela signifie2. Étudier l’Église comme un système patriarcal, c’est créer un «idéal-type» à la manière de Max Weber. Il faut donc «construire un concept théorique» comme principe d’analyse des «faits» et les interpréter, c’est-à-dire leur donner un sens à partir de cette construction pour qu’ils apparaissent plus «scientifiques». C’est ce que fait toute théorie.

    Einstein3 nous avertit que «toute théorie est une pure construction de l’esprit». Elle n’est ni vraie ni fausse, elle est simplement bonne ou mauvaise. Elle est bonne si elle nous permet de donner une certaine cohérence logique aux faits observés. Ainsi en est-il de la mécanique newtonienne, qui permet de calculer la force de la gravitation en prenant comme seuls vecteurs le produit des masses et le carré de la distance. Cela permet d’avoir une juste mesure de tous les corps mobiles dans l’univers et de décrire leurs mutuelles interactions. Cela a très bien fonctionné jusqu’au temps où le scientifique, découvrant les particules de l’atome, a tenté de décrire mathématiquement selon les lois de la mécanique universelle le mouvement de l’électron. Il s’aperçut qu’il était impossible de mesurer son déplacement en rapport «absolu» entre sa masse et sa distance. Il fallait formuler une autre théorie, celle des quanta, qui repose sur «une quantification ou une probabilité d’énergie».

    Très bien pour la physique des quanta, qui ne prend dans son champ d’observation que la masse et la distance, c’est-à-dire les constituants «naturels» du mouvement : le lieu et le temps. Mais appliquer cette méthode dite «scientifique» à tout être dans la nature ne va pas sans difficulté. Ramener tous les corps vivants au seul déterminisme de l’ADN promet des descriptions ambitieuses, mais n’explique pas la vie, car l’ADN ne fonctionne que dans un milieu vital. Le fonctionnement d’une cellule suppose la synthèse de ses protéines, mais qui peut justifier «biologiquement» l’ordre des acides aminés qui la composent ? C’est le dilemme auquel s’est heurté Jacques Monod4, montrant que l’on ne peut justifier chimiquement, c’est-à-dire par antériorité, cet ordre qu’il l’attribue au «hasard». C’est une démission philosophique, et encore d’une mauvaise philosophie !

    S’il en est ainsi, qu’en est-il des Sciences morales ou politiques, des Sciences de l’Homme ? Peut-on rendre compte des faits sociaux en partant d’une théorie, c’est-à-dire d’une pure construction de l’esprit ? Émile Durkheim le pensa et considéra le fait social comme une manière de faire qui s’impose à l’homme5. Si l’on ne peut nier que le contexte social influence l’homme et a souvent une très grande importance dans ses choix et ses comportements, peut-on pour autant prétendre que la construction d’une théorie puisse fournir la clé d’interprétation des comportements de l’homme, lui enlevant la responsabilité personnelle de ses actes ?

    La question est délicate, et cet article ne peut la régler. Je ne l’évoque ici que pour faire comprendre que cette méthode est celle que privilégia la Commission Sauvé, sous l’influence du travail d’enquête demandé à l’INSERM. Quelle est donc cette théorie ? Elle est exprimée par ces quelques mots qui concluent l’enquête : «L’Église catholique apparaît ainsi comme un observatoire privilégié de la domination masculine, et plus précisément du fonctionnement d’un système patriarcal, puisque celle-ci s’exerce au nom d’une certaine paternité». Est-elle le fait de Nathalie Bajos6, l’une des responsables de l’INSERM qui a effectué le travail ? Si elle ne l’a pas écrite elle-même, elle est écrite sous sa responsabilité.

    Si l’on part de cette théorie que l’Église catholique est sociologiquement une société patriarcale, le fil de l’enquête, et surtout l’analyse des faits déterminés par les analyses statistiques, ne peuvent s’interpréter que sous le principe de la domination, c’est-à-dire dans l’interaction du dominant et du dominé. Le clerc est sociologiquement un dominant, un abuseur de droit et, s’il est un agresseur sexuel, ce n’est qu’un facteur combinant de la construction asexuée qu’est l’Église catholique. Tout au long de cette deuxième partie, on sentira l’a priori principal de ce constructivisme, donné comme principe de compréhension ou de logique sociale.

    On peut, à ce stade, essayer de comprendre ce que l’Église catholique de France a donné comme mandat à la Commission Sauvé. Était-ce simplement d’établir les faits, non seulement quant au nombre d’enfants maltraités et, s’il était possible, quant au nombre de clercs ou de religieux impliqués dans ces actes de violences sexuelles, ou était-ce d’en faire une analyse sociologique selon les méthodes sociologiques développées par le fondateur de la sociologie en France, Émile Durkheim ? Il semble que, quoi qu’elle ait voulu, elle a été trompée, sans aucune mauvaise volonté bien sûr. La question reviendra quand on parlera, brièvement, des membres de cette commission.