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Motu proprio sur la liturgie : « Pourquoi chercher à éradiquer une mouvance qui est une source précieuse de conversions ? »

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16-novembre-2013-messe-action-grace-latin-selon-missel-romain-1962les-25-Fraternite-Sacerdotale-Saint-Pierre-presidee-Abbe-Vincent-Ribeton-leglise-Saint-Sulpice-Paris_0.jpgA propos d’un motu proprio qui ne passe décidément pas la rampe :  tribune du journaliste et écrivain Laurent Dandrieu dans le journal « La Croix » du 25 janvier 2021 :

« TRIBUNE. Le débat continue autour du motu proprio Traditionis Custodes du pape François dans les colonnes de La Croix. Pour le journaliste et écrivain Laurent Dandrieu, le rite ancien ne sent pas le renfermé mais est au contraire « éminemment missionnaire » et à la source de « nombre de vocations » dont l’Église a tant besoin.

Dans une tribune publiée le 27 décembre dans La Croix, Mgr François Blondel s’en prend aux catholiques traditionalistes. Sa thèse est résumée dès le titre : la « violence réactionnaire » de leurs réactions au motu proprio Traditionis Custodes du pape François montre tout le bien-fondé de celui-ci. Notons que Mgr Blondel ne donne aucun exemple de cette « violence réactionnaire » : pour notre part, nous avons entendu des réactions blessées, un fort sentiment d’injustice, beaucoup d’incompréhension, de la colère même, mais rien qui puisse justifier cette expression.

Une sorte de réserve d’Indiens ecclésiale

Blessure, sentiment d’injustice, incompréhension, colère : ces réactions des traditionalistes devant le motu proprio Traditionis Custodes (partagées par beaucoup de fidèles qui ne fréquentent aucunement la liturgie traditionnelle) sont-elles illégitimes ? Mgr Blondel les accuse de ne pas supporter qu’on leur « fasse des remarques » : l’expression paraît faible pour qualifier les mesures extrêmement dures prises à leur encontre par le pape François.

→ ANALYSE. Dans les milieux traditionalistes, « l’incompréhension » domine après le motu proprio du pape François

En demandant aux évêques de ne pas autoriser de nouvelles célébrations traditionnelles, en exigeant que celles existantes soient chassées des églises paroissiales, en soumettant leur autorisation à un contrôle de la « conformité ecclésiale » de ces communautés (ce qui introduit à leur égard un soupçon de non-communion), en soumettant les nouveaux prêtres désireux de célébrer selon ce rite à une autorisation préalable de Rome (curieuse conception de la synodalité…), le pape dresse un véritable cordon sanitaire autour des traditionalistes, relégués dans une sorte de réserve d’Indiens ecclésiale. Jusqu’à extinction, puisque le pape précise dans une lettre aux évêques que le rite ancien ne sera autorisé que le temps dont ces fidèles auront besoin « pour revenir au rite romain ».

Une dureté sans trace de « sollicitude paternelle »

La raison de cette dureté ? Le rite traditionnel, écrit le pape, aurait été instrumentalisé pour rejeter le concile Vatican II et entretenir le « rejet de l’Église et de ses institutions » par des fidèles et des prêtres qui se considéreraient comme « la vraie Église ». Le ton est sec, disciplinaire, sans aucune trace de cette « sollicitude paternelle » affirmée par le Saint-Père au début de son motu proprio. Il justifie le sentiment de blessure et la colère, naturelle quand cette sollicitude à laquelle on vous reconnaît le droit vous est pratiquement déniée.

→ TRIBUNE. Motu proprio : « La nostalgie pour le passé ne peut plus servir de modèle pastoral »

Quant à l’injustice, elle naît de cette description biaisée dans laquelle les traditionalistes ne reconnaissent rien de ce qu’ils vivent au jour le jour. L’expérience montre au contraire que, grâce à la libéralité du motu proprio Summorum pontificum promulgué en 2007 par Benoît XVI (et abrogé par celui de François), les catholiques « des deux rites » avaient cessé de se regarder en chiens de faïence, pour voir leurs ressemblances plutôt que ce qui les séparait. Contrairement à ce qui est dit, l’immense majorité des traditionalistes ne rechigne aucunement à fréquenter également le rite selon le missel de Paul VI. Dans les paroisses où les deux rites sont célébrés, on a appris à se connaître et à travailler ensemble.

Le rite traditionnel attire les jeunes

Le pape François parle de faire revenir au rite nouveau « ceux qui sont enracinés dans la forme de célébration précédente » : c’est oublier que le rite traditionnel attire un nombre impressionnant de jeunes, qui souvent reviennent à la foi catholique ou la découvrent par ce rite. C’est lui qui les a attirés au Christ, qui nourrit leur pratique, leur foi et leur spiritualité, c’est dans ce rite qu’ils trouvent la force d’accomplir les œuvres de charité et d’évangélisation auxquelles ils s’adonnent. Loin d’être un rite de repli sur soi, le rite traditionnel est éminemment missionnaire, source de beaucoup de retours à Dieu et de nombre de vocations.

« Traditionis custodes » invite à la communion, plutôt qu’à la coexistence

Quant à l’accusation faite aux traditionalistes de se croire la « vraie Église », de rejeter l’Église et ses institutions, elle apparaît totalement fantasmatique à qui fréquente les paroisses diocésaines où est célébré ce rite, ou bien les communautés Ecclesia Dei, qui sont nées précisément du désir de vivre la liturgie traditionnelle en pleine communion avec l’Église universelle. La blessure n’est-elle pas ressentie si durement justement parce qu’elle vient du Saint-Père, qui est pour les traditionalistes comme pour tous les catholiques le pasteur suprême ?

Combat d’arrière-garde

« Dans la situation actuelle grave, lourde, l’incroyance, la mission nécessaire, la question des vocations, l’accueil des cultures, que veut dire ce combat d’arrière-garde ? » La question que pose Mgr Blondel pour « ringardiser » les traditionalistes, passibles de s’attacher à des débats d’avant-hier, on pourrait facilement la lui retourner : devant la gravité de la situation actuelle, où l’incroyance progresse à grands pas, où les vocations se réduisent drastiquement, où les ouvriers pour mettre en œuvre la mission à laquelle le Christ nous appelle sont bien trop rares, que veut dire ce combat d’arrière-garde consistant à rallumer une guerre de sensibilités et de liturgies entre les différentes chapelles de la Maison du Père ?

Comment le pape François voit les « tradis »

N’y a-t-il pas mieux à faire, vraiment, que de chercher noise à des catholiques qui ne demandent qu’à nourrir leur foi par un rite dont la sainteté a été éprouvée par les siècles, sans rien retirer à personne ? N’y a-t-il pas mieux à faire que de chercher à éradiquer une mouvance qui est une source précieuse et trop rare de conversions et de vocations ? N’y a-t-il pas plus urgent, à l’heure où l’image de l’Église est si altérée, que d’offrir le spectacle d’une division inutile en traitant en pestiférés des catholiques fidèles à Rome qui ne demandent qu’à vivre en paix de la spiritualité qui les élève vers Dieu ? « À ceci tous vous reconnaîtront pour mes disciples, à cet amour que vous aurez les uns pour les autres » (Jn 13, 35).

Laurent Dandrieu

AUTOUR DE CET ARTICLE

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Ref. Motu proprio sur la liturgie : « Pourquoi chercher à éradiquer une mouvance qui est une source précieuse de conversions ? »

 

Commentaires

  • Cet article ainsi que tous les autres repris en référence viennent du journal La Croix, dont le progressisme sur ces questions est bien connus et donnent du monde tradi une image sectaire. Ces auteurs nous expliquent dans leurs textes que le progressisme est la marque même du Concile, que l’Eglise toute entière doit être progressiste et que tout peut être relu et réinterprété en fonction de la mode du moment. Pour eux la réaction des milieux concernés montrent à quel point ils ne sont pas en communion avec le Pape, alors que la communion est avant tout spirituelle. Ils nous font remarquer, ces bons apôtres que l’unité de rite est indispensable à l’unité de l’Eglise alors que les faits montrent clairement que d’un eglise a l’autre, d’un diocèse à l’autre et d’un pays à l’autre on ne dit pas les mêmes mots à la messe. La présence dans l’Eglise d’une communauté célébrant selon le rite traditionnel dérange ces gens car ils entendent incarner l’Eglise a eux tout seul et a ceux qui pensent de la même façon qu’eux et accusent les autres de ce qu’en réalité ils sont eux même. Puisque la FSSPX n’est actuellement pas en pleine communion, ils se servent de cette histoire pour nous expliquer que les traditionnalistes sont des schismatiques et que par conséquent tout doute sur le Concile et la liturgie, et même, tout acte de fidélité au magistère, entraine d’office un soupçon en ce sens, On peut être catholique mais pas trop. Voici la nuance. Et le reste importe peu. La véritable attitude vraiment catholique serait de voir en eux d’abord et avant tout des croyants fidèles et de dialoguer avec eux dans un esprit de foi mais pour eux les convictions l’emportent sur la foi. Ou la jalousie peut-être? Cette jalousie de ceux qui répandent des choses fausses (comme ces articles en sont truffés!), vis à vis de ceux qui réussissent dans leurs œuvres parce qu’ils disent et font le vrai. Il apparaît que les communautés tradi, non seulement se maintiennent mais résistent mieux à des coup durs tels que les confinements de l’an passé. La vérité a des droits que le mensonge n’a pas. Je termine en remerciant l’auteur de ce blog de bien vouloir donner une image aussi neutre que possible du monde tradi dans le monde francophone en donnant des sources de plusieurs canaux différents.

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