Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

  • La déglingue continue : les Engagés sont prêts à inscrire le droit à l’IVG dans la Constitution

    IMPRIMER

    Jusqu'où ira l'ignominie des ex sociaux chrétiens ?

    Du site du Soir :

    « C’est une petite révolution et une victoire » : Les Engagés prêts à inscrire le droit à l’IVG dans la Constitution

    Un changement significatif pour les descendants du Parti social chrétien, mais qui ne pourra toutefois se concrétiser que durant la prochaine législature.

    Les Engagés ont déposé à la Chambre une proposition de déclaration de révision de la Constitution afin d’inscrire le droit à l’avortement dans la Constitution. Un changement significatif pour les descendants du Parti social chrétien, mais qui ne pourra toutefois se concrétiser que durant la prochaine législature.

    Plusieurs groupes politiques ont déposé des propositions visant à inscrire ce droit dans la Constitution, suivant en cela ce qui s’est fait en France en 2024. Dans la majorité, le MR souhaite ainsi consacrer le droit à disposer de son corps. Les Engagés veulent quant à eux insérer un article 22/1 selon lequel « le droit de recourir à l’interruption volontaire de grossesse est garanti par la loi qui en détermine les conditions d’exercice. »

    « C’est une petite révolution et une victoire », a affirmé mercredi la députée Carmen Ramlot, initiatrice de la proposition cosignée par huit de ses collègues centristes.

    « Essentiel »

    Comme d’autres, la députée fait le constat que les droits fondamentaux reculent dans le monde, notamment le droit à l’avortement inscrit dans la loi en Belgique depuis 1990. « Dans ce contexte, même si l’IVG est aujourd’hui déjà protégée par la loi, il apparaît essentiel d’inscrire explicitement ce droit dans la Constitution belge dans le but de renforcer cette protection, afin de protéger le droit à l’IVG contre le risque de voir une loi ordinaire le remettre en cause ultérieurement », dit la proposition.

    Le débat sur une telle initiative a lieu actuellement en commission de la Constitution de la Chambre. Jusqu’à présent, il n’a pas abouti. A la fin de l’année passée, la majorité a rejeté une proposition des écologistes. L’Arizona est non seulement divisée sur la question (le CD&V juge une telle révision inutile), mais aussi confrontée à un problème juridique. L’actuelle déclaration de révision de la Constitution ne prévoit pas explicitement l’inscription du droit à l’avortement sous cette législature.

    « Nous voulons respecter les procédures de révision de la Constitution, c’est le socle de notre démocratie. Si on commence à tordre les règles, même pour la bonne cause, on ouvre la boîte de Pandore », souligne la députée.

    Un débat pour 2029

    Le débat reprendrait donc sous la prochaine législature, en principe après 2029, le vote d’une déclaration de révision de la Constitution entraînant la dissolution des Chambres et la convocation d’élections.

    Le sujet de l’avortement est revenu dans le débat politique il y a presque dix ans avec des propositions de moderniser la loi de 1990. Sous le gouvernement Michel, certaines dispositions ont été revues, mais les avancées les plus significatives sont restées lettre morte. Elles se sont systématiquement heurtées à une minorité de blocage constituée du CD&V, de la N-VA et du Vlaams Belang. En se muant de CDH en Engagés, les centristes francophones ont décidé de laisser la liberté de vote à leurs députés sur les sujets éthiques, à l’instar des libéraux.

  • Les foules sont de retour aux audiences papales, mais la question de fond demeure

    IMPRIMER

    De Niwa Limbu sur le Catholic Herald :

    8 janvier 2026

    Les foules sont de retour aux audiences papales, mais la question de fond demeure.

     
    La fréquentation des audiences papales et des célébrations liturgiques a fortement augmenté en 2025, atteignant 3,17 millions de participants, selon les chiffres publiés par la Préfecture de la Maison papale, ce qui représente une augmentation de 88 % par rapport à l'année précédente après plus d'une décennie de déclin constant.

    Les données, qui couvrent les audiences générales, les célébrations liturgiques et la prière de l'Angélus, montrent une année divisée entre les derniers mois du pontificat du pape François et les huit premiers mois de celui du pape Léon XIV. Prises ensemble, elles indiquent une nette reprise numérique, bien qu'elle fasse suite à une longue période de contraction de la participation du public aux événements du Vatican.

    Au début du pontificat du pape François en 2013, la fréquentation annuelle des messes dépassait 7,3 millions de fidèles, un record absolu. Dès lors, la participation a chuté de façon quasi ininterrompue. En 2024, elle était tombée à 1 682 100, soit moins du quart du niveau observé au début de son pontificat, et aucune année n'a permis d'inverser durablement cette tendance.

    Au cours des premiers mois de 2025, la fréquentation est restée historiquement faible. Les chiffres de janvier à avril, durant la dernière phase du pontificat de François, font état d'un total de 262 820 participants. En janvier, on a dénombré 35 000 participants aux audiences générales et jubilaires, 8 500 aux audiences spéciales, 26 000 aux célébrations liturgiques et 60 000 à l'Angélus.

    En février, la fréquentation a encore diminué : 25 500 personnes ont assisté aux audiences générales, 1 750 aux audiences spéciales, 36 000 aux liturgies et 30 000 à l’Angélus. Mars et avril ont été marqués par une faible participation du public : seulement 70 personnes ont assisté aux audiences spéciales en avril, contre 40 000 à l’Angélus ce même mois.

    La dernière audience générale du pape François a eu lieu le 12 février, peu avant son hospitalisation et son décès. À ce moment-là, la participation avait atteint son niveau le plus bas du pontificat.

    L'élection du pape Léon XIV en mai a entraîné une augmentation immédiate de la fréquentation. De mai à décembre, 2,9 millions de personnes ont assisté aux événements pontificaux. Rien qu'en mai, on a dénombré 55 000 participants aux audiences générales, 11 000 aux audiences spéciales, 106 000 aux célébrations liturgiques et 200 000 à l'Angélus. En juin, on a enregistré 151 000 participants aux audiences générales, 18 000 aux audiences spéciales, 218 000 aux liturgies et 100 000 à l'Angélus.

    La fréquentation a baissé pendant les mois d'été, avec 35 000 personnes présentes aux audiences générales en juillet et 76 000 en août, avant de remonter à l'automne. En septembre, 180 000 personnes ont assisté aux audiences générales, 24 500 aux audiences spéciales, 136 000 aux liturgies et 60 000 à l'Angélus. Octobre a été le mois le plus fréquenté, avec 295 000 participants aux audiences générales, 54 000 aux audiences spéciales, 200 000 aux célébrations liturgiques et 50 000 à l'Angélus. Novembre et décembre sont restés forts, clôturant l'année avec respectivement 200 000 et 77 000 participants aux audiences générales.

    Si l'augmentation sous Léon XIV est significative, les chiffres restent bien inférieurs à ceux enregistrés au début du pontificat de François, lorsque la fréquentation annuelle dépassait régulièrement les sept millions.

    Si la visibilité publique a connu une augmentation positive, peu de gens ont remarqué que la reprise numérique ou tout regain d'intérêt à Rome ne saurait se substituer à la clarté doctrinale et à la confiance ecclésiale. L'Église n'est pas une démocratie. Elle ne se nourrit pas uniquement de popularité, mais de la cohérence entre ce qu'elle proclame, la manière dont elle gouverne et la manière dont elle comprend la personne humaine devant Dieu. Le soi-disant « effet Léon » risque d'être mal compris s'il est considéré comme une preuve de renouveau plutôt que comme un test permettant de déterminer si l'Église a tiré les leçons du long déclin qui l'a précédé.

    Après des années de baisse de fréquentation pendant la dernière partie du pontificat du pape François, l'afflux soudain de pèlerins et de visiteurs a été présenté comme une justification de la continuité. La logique semble évidente si la visibilité est interprétée comme une confirmation. Pourtant, l'histoire même de l'Église met en garde contre de telles hypothèses. Souvent attribuée à tort au pape Saint Jean-Paul II, mais pertinente ici, est la phrase selon laquelle « nous devons défendre la vérité à tout prix, même si nous ne sommes plus que douze ». Les périodes de vitalité visible ont souvent coïncidé avec une ambiguïté doctrinale, tandis que les périodes de faiblesse numérique ont parfois été celles de la plus grande clarté théologique.

    Léon XIV a été explicite quant à ses intentions. S'adressant au Collège des cardinaux le 10 mai, il les a exhortés à « reprendre ce précieux héritage [du pape François] et à poursuivre le chemin », une formulation qui ne laisse guère de doute sur le fait qu'il se considère comme un héritier plutôt que comme un correcteur. Depuis le début du pontificat, les questions d'orientation pastorale et de ton ont jusqu'à présent conservé la même posture fondamentale que celle qui définissait le précédent.

    Le déclin prolongé de l'engagement au cours de la dernière décennie ne s'est pas produit du jour au lendemain. Il s'est déroulé parallèlement à des années de disputes controversées avec Rome, notamment sur la théologie morale et les préférences liturgiques, exacerbées par un style de communication papale qui privilégiait souvent les remarques improvisées et impréparées plutôt que la précision. Pour de nombreux catholiques, le résultat n'a pas été la libération, mais l'incertitude. La participation a diminué non pas parce que l'Église était trop exigeante, mais parce qu'elle semblait de plus en plus incertaine de ce qu'elle souhaitait exiger.

    Léon XIV hérite de ce paysage et, à bien des égards, a choisi de ne pas le redessiner. Sur le plan doctrinal, son approche des questions pastorales controversées a jusqu'à présent reflété celle de son prédécesseur, en maintenant une posture d'ouverture. Dans le même temps, des signes plus subtils d'ajustement ont été observés. Les réformes au sein de la gouvernance du Vatican, notamment la surveillance financière et la restructuration administrative, ainsi que les nominations épiscopales dans plusieurs régions suggèrent un rééquilibrage, favorisant les candidats locaux et compétents sur le plan administratif. On note notamment un retour visible à des vêtements liturgiques et à une tenue papale plus traditionnels. Ces changements, bien que modestes, ont été remarqués par ceux qui craignaient une poursuite ininterrompue des tendances les plus déstabilisantes de l'ère François.

    La tension reste toutefois irrésolue. La popularité, même lorsqu'elle est réelle, ne répond pas à la question sous-jacente de la crédibilité. Les foules peuvent se rassembler par curiosité, par goût de la nouveauté ou par soulagement, mais elles ne témoignent pas en elles-mêmes d'un renouveau de la foi. La mission de l'Église n'a jamais été de rivaliser sur le marché de l'approbation.

    C'est pourquoi l'attitude publique de Léon XIV est aussi importante que ses politiques. L'habitude des remarques spontanées qui caractérisait une grande partie du pontificat précédent a diminué mais n'a pas disparu, refaisant surface à certains moments, notamment dans des commentaires aux médias à l'extérieur de Castel Gandolfo.

    Dans le même temps, Léon XIV bénéficie d'un taux d'approbation exceptionnellement élevé dans les sondages internationaux, en particulier aux États-Unis et dans certaines régions d'Europe. Cela lui confère un certain pouvoir d'influence et façonne le discours médiatique autour de son pontificat. Cependant, l'approbation est une base fragile pour le renouveau ecclésial.

    La caractéristique la plus révélatrice du moment présent n'est donc pas l'augmentation de la fréquentation, mais la combinaison de gestes visant à rassurer sur la doctrine, de modestes réajustements dans la gouvernance et d'un style moins conflictuel, qui ont contribué à stabiliser une Église qui, sous le pape François, semblait souvent en guerre contre elle-même. Cette maîtrise des conflits internes peut expliquer pourquoi la participation a rebondi sans pour autant revenir à ses niveaux historiques. Le véritable test de ce pontificat ne sera pas le nombre de personnes qui se rassemblent sur la place Saint-Pierre, mais la capacité de l'Église à affirmer avec plus de certitude ses convictions.

  • C'est l'incroyant moderne qui est finalement dépourvu de joie, et la société incrédule moderne qui est sans espoir

    IMPRIMER

    D'

    Le défi que Pierre Manent lance à l'Occident est complexe, affranchi de toute simple nostalgie.

    Dans son ouvrage « Challenging Modern Atheism and Indifference: Pascal's Defense of the Christian Proposition », Manent affirme que c'est l'incroyant moderne qui est finalement dépourvu de joie, et la société incrédule moderne qui est sans espoir.

    Au milieu du XVIIe siècle, Blaise Pascal n'était pas le seul à s'inquiéter du fait que sa nation et son continent n'étaient plus suffisamment chrétiens. Aujourd'hui, l'idée d'une société chrétienne est bien plus éloignée de la réalité qu'à l'époque de Pascal, et pourtant, comme l'écrivait T.S. Eliot dans son introduction à l'édition de poche de 1958 des  Pensées de Pascal chez Dutton, le monde moderne compte encore un nombre non négligeable de personnes pour qui « le christianisme, et le christianisme catholique, expliquent le mieux le monde et surtout le monde moral intérieur ».

    L’œuvre de Pascal nous offre une sagesse précieuse pour réfléchir non seulement à la manière d’être des chrétiens authentiques à chaque génération, mais aussi à la façon de reconstruire aujourd’hui la société occidentale sur la base de la foi qui l’a longtemps définie. Pierre Manent, figure emblématique de la philosophie politique française, réinterprète Pascal pour notre temps, ravivant l’espoir d’un avenir fidèle à la foi.

    Dans son nouvel ouvrage publié aux Presses de l'Université de Notre Dame,  *Challenging Modern Atheism and Indifference: Pascal's Defense of the Christian Proposition*  ( traduit par Paul Seaton ), Manent commence par un constat sans détour de l'état spirituel actuel de son continent : « L'Europe n'aborde pas la question de Dieu, si ce n'est pour la tenir à distance. Elle ne fait que l'effleurer afin de ne pas en être affectée. » En Europe aujourd'hui, et sans doute aussi aux États-Unis, on ne sait guère par où commencer pour examiner ce qu'est le christianisme, ce qu'il devrait être, ou ce qu'il devrait apporter à l'individu. Plus important encore, rares sont ceux qui osent même s'interroger sur la possibilité d'être un  peuple chrétien . Comme le souligne Manent dans un ouvrage précédent, *  Beyond Radical Secularism* ( 2015 ), la société chrétienne est devenue presque du jour au lendemain « un monde aussi éloigné de nous que les Grecs et les Romains ».

    C'était une anomalie dans le système séculier ; aussi, lorsque des foules de jeunes adultes, chapelets à la main, ont encerclé la cathédrale Notre-Dame de Paris, menacée par les flammes, le 15 avril 2019, implorant qu'on l'épargne, ce jour-là, tandis que le père Jean-Marc Fournier se précipitait à l'intérieur pour sauver la relique de la couronne d'épines du Christ, c'était comme si les plus hautes valeurs d'une époque révolue avaient fait irruption dans le relativisme établi de l'ère post-chrétienne. Une église, et par extension l'  Église, semblait de nouveau primordiale aux yeux du monde. Ou peut-être un géant endormi s'était-il brièvement réveillé.

    Dans ces moments-là, l'indifférence envers le christianisme, ancrée dans ce qu'Eliot décrit comme le « point de vue incrédule » de Voltaire, paraît absurde. Nous comprenons que tout n'est pas perdu. Il reste encore un territoire religieux intact, et un travail de restauration passionnant nous attend, nous qui croyons. Comme l'écrit Daniel J. Mahoney dans sa préface minutieuse à  *Challenging Modern Atheism and Indifference* , « l'Europe ne peut échapper à l'influence du christianisme ».

    Lire la suite

  • Alors que les barbares se tenaient autrefois aux portes, aujourd'hui, ils s'installent à l'intérieur...

    IMPRIMER

    Du sur le CWR :

    Retrouver le fil d'or de la civilisation occidentale

    Alors que les barbares se tenaient habituellement à l'extérieur des portes, constituant une menace visible, aujourd'hui ils se tiennent fermement à l'intérieur.

    À quoi ressemblerait l'effondrement de la civilisation ?

    On pourrait immédiatement penser aux coupures d'électricité, aux perturbations des chaînes d'approvisionnement, à la violence urbaine et au dysfonctionnement de l'État. Certes, ces éléments peuvent témoigner du fonctionnement d'une société moderne, mais ils ne constituent pas l'essence même de la civilisation. Une personne civilisée ne se contente pas de vivre en ville (la « civitas » , qui donne son nom à la civilisation), mais se conforme à un idéal culturel. Un barbare vit au gré de ses besoins et désirs immédiats, tandis qu'une personne civilisée pense et agit selon des principes plus élevés de décence et de noblesse, reconnaissant des valeurs supérieures au sein de l'âme et de la société.

    Les grandes civilisations se sont fixé des objectifs qui transcendent les préoccupations quotidiennes, tels que le perfectionnement de l'esprit, la culture des arts et la promotion d'une vie vertueuse. Le barbare ne peut saisir l'essence ni la finalité de ces fins, les jugeant impraticables ou vaines, ce qui explique pourquoi il était souvent connu pour détruire les acquis de la civilisation. Ceux qui œuvraient à bâtir un héritage culturel en comprenaient généralement la fragilité et la nécessité constante de le transmettre et de le défendre.

    Alors que les barbares se tenaient autrefois aux portes, menaçants et invisibles, aujourd'hui, ils s'y installent. Nous sommes les barbares. Nous avons peu à peu sapé les acquis des deux mille cinq cents dernières années, les rejetant sans les transmettre à nos enfants. Notre façon de parler, de nous habiller, de penser, d'agir et, surtout peut-être, de nous divertir, témoigne d'un manque d'âme civilisée. Et cette corruption intérieure s'est déjà manifestée extérieurement : nous méprisons la vie humaine, corrompons les enfants par l'idéologie à l'école et laissons les foules semer le chaos.

    La civilisation occidentale a été menacée d'extinction à maintes reprises. Lors de l'effondrement de l'Empire romain d'Occident, envahi par une succession de tribus germaniques, l'œuvre de Boèce et de Cassiodore a assuré la survie du savoir classique grâce à leurs manuels et traductions, copiés par des générations de scribes monastiques. Lorsque ces populations barbares se convertirent enfin au catholicisme et commencèrent à rétablir l'ordre sous Charlemagne, une nouvelle vague d'invasions détruisit une grande partie de ce qui avait été accompli. Alfred le Grand, combattant la Grande Armée païenne, entreprit personnellement de traduire des ouvrages importants du latin en vieil anglais afin de préserver la culture de son royaume assiégé.

    À l'époque moderne, Dom Prosper Guéranger a rétabli la vie bénédictine en France après la fermeture des monastères par Napoléon, faisant de son monastère de Solesmes un symbole de la renaissance chrétienne en tant que centre de collecte de manuscrits qui a stimulé l'étude des Pères de l'Église et un renouveau du chant grégorien.

    « L’Occident a échoué », déclara Denethor, désespéré, dans Le Seigneur des Anneaux de Tolkien . Même si l’Occident a sombré dans la barbarie à bien des égards, nous ne sommes nullement condamnés à y demeurer. Il sera toutefois difficile de recouvrer l’héritage de notre civilisation si nous restons dans l’ignorance. Nous avons besoin d’une meilleure connaissance des actes, des œuvres et des idéaux de la civilisation occidentale pour former nos esprits et inspirer la renaissance d’une société civilisée. Pour ceux qui débutent, il est utile de se procurer un guide de voyage, conçu pour nous orienter et nous permettre de découvrir par nous-mêmes le riche héritage de l’Occident.

    Un nouvel ouvrage en deux volumes vise précisément cet objectif : *Le Fil d’or : Histoire de la tradition occidentale* , écrit par les éminents chercheurs Allen Guelzo et James Hankins (Golden Thread Academics est une collection d’Encounter Books). Ce travail colossal, qui retrace l’histoire de l’Occident de la Grèce antique au XXe siècle, compte plus de deux mille pages au total (de quoi me donner des crampes à la main pendant ma lecture !).

    L'ouvrage est magnifiquement réalisé, richement illustré d'œuvres d'art, de portraits, de frises chronologiques et de nombreuses cartes. Il comprend également de courts extraits de sources primaires et des « fils narratifs » qui offrent un contexte et une perspective supplémentaires sur les œuvres culturelles. J'apprécie son approche interdisciplinaire qui, bien qu'à dominante historique, accorde une attention particulière à la philosophie, à l'art, à la religion, au droit, à la littérature et aux sciences.

    Et, contrairement à beaucoup d'autres ouvrages, il ne survole pas la chrétienté médiévale ; au contraire, il consacre une large place à l'essor de la Rome chrétienne et au développement d'une culture spécifiquement chrétienne en Occident.

    Nous nous sommes peut-être égarés, mais nous n'avons pas encore échoué. Nous pouvons retrouver notre chemin, en renouant avec le fil d'or de notre tradition. L'image du fil d'or remonte à Thésée, qui s'en servit pour se repérer dans le labyrinthe lors de sa quête pour terrasser le Minotaure. Si cette bête mythique représentait une obscurité destructrice tapie sous la surface de la civilisation, elle a refait surface sous une nouvelle forme technologique. Notre propre création menace de nous submerger, et il est hors de question de s'enliser dans le doute existentiel.

    Pour relever ce défi, nous devons réfléchir davantage, et non moins, redécouvrir la beauté de l'amour sacrificiel et devenir des créateurs culturels plutôt que de sombrer dans la passivité.

    Il est temps de renouer avec le fil d'or de l'Occident afin de perpétuer cette grande et noble tradition, en puisant dans ses profondeurs pour surmonter notre superficialité et réparer sa partie brisée en la transmettant à la génération suivante.

  • Le prochain consistoire aura lieu en juin

    IMPRIMER

    D'Edward Pentin sur le NCR :

    Le pape Léon XIV tiendra son prochain consistoire en juin et espère des rencontres annuelles avec les cardinaux.

    Le Vatican a fait cette annonce jeudi soir, à l'issue du premier consistoire extraordinaire des cardinaux du Saint-Père, qui a duré deux jours.

    Conférence de presse post-consistoire prévue le 8 janvier 2026.
    Conférence de presse post-consistoire en cours le 8 janvier 2026. (Photo : Edward Pentin / National Catholic Register)

    Le pape Léon XIV accueillera un deuxième consistoire de cardinaux à la fin du mois de juin et souhaite tenir de telles réunions chaque année.

    Le Vatican a fait cette annonce jeudi soir, à l'issue du premier consistoire extraordinaire des cardinaux du Saint-Père, qui a duré deux jours. La prochaine réunion de ce type devrait se tenir les 27 et 28 juin, veille de la fête de saint Pierre et saint Paul. 

    Le porte-parole du Vatican, Matteo Bruni, a déclaré que le pape souhaitait organiser des réunions annuelles d'une durée de trois à quatre jours, ce qui permettrait de consacrer plus de temps aux discussions sur divers sujets importants et aux interventions libres des membres du Sacré Collège.

    Le cardinal Stephen Brislin de Johannesburg, en Afrique du Sud, a déclaré aux journalistes lors d'un point de presse de clôture au Vatican que lui et les autres cardinaux avaient trouvé ce consistoire « une expérience très enrichissante et très profonde ». Il a ajouté qu'ils avaient également apprécié qu'il leur ait permis de « mieux se connaître et de s'écouter ». Le fait que le pape souhaite organiser d'autres réunions, a-t-il précisé, montre que le pape, lui aussi, « l'a trouvé très important » et utile.

    Le cardinal a indiqué que certains doutes avaient été exprimés lorsqu'on leur avait annoncé leur répartition en petits groupes, et que « l'une des préoccupations majeures » était le manque d'occasions « de s'exprimer et d'écouter les autres ». Il a toutefois ajouté que la composition des groupes, divisés en deux blocs, lui semblait « très utile » et « permettait à chaque cardinal de prendre la parole », même si l'assemblée entière ne l'entendait pas.

    La liturgie a été brièvement évoquée, a déclaré au Register le cardinal Wilfrid Napier, archevêque émérite de Durban, en Afrique du Sud. Mais il a précisé que la messe traditionnelle en latin et « des détails de ce genre » n’ont pas été abordés. « Je crois que l’essentiel était : comment amener toute l’Église à un niveau d’engagement égal en matière d’évangélisation ? C’était là, je crois, le point central », a-t-il affirmé. Plusieurs cardinaux ont exprimé l’espoir que d’autres sujets non abordés ici seraient traités lors des prochains consistoires.

    Peu d'informations ont filtré pendant et après le consistoire, les cardinaux ayant indiqué aux journalistes que le pape Léon XIV leur avait demandé de garder les débats confidentiels. Néanmoins, le cardinal Brislin, accompagné du cardinal philippin Pablo David et du cardinal colombien Luis José Rueda Aparicio lors du point de presse de jeudi, s'est exprimé avec une relative liberté.

  • La liturgie a-t-elle été éludée lors du premier consistoire du pape Léon XIV ?

    IMPRIMER

    D'Edward Pentin sur le NCR :

    La liturgie a-t-elle été éludée lors du premier consistoire du pape Léon XIV ?

    Les cardinaux choisissent l'évangélisation et la synodalité comme sujets clés, décevant ceux qui s'attendaient à ce que la liturgie soit un thème central après les récentes restrictions imposées à la forme traditionnelle du rite romain, mais le Saint-Père insiste plus tard sur le fait que la liturgie reste une question « très concrète » qui doit encore être abordée.

    Le pape Léon XIV s'adresse aux cardinaux lors du consistoire extraordinaire le 7 janvier 2026 au Vatican.
    Le pape Léon XIV s'adresse aux cardinaux lors du consistoire extraordinaire du 7 janvier 2026 au Vatican. (Photo : Vatican Media)

    ROME — Certains cardinaux et fidèles attachés au rite romain traditionnel ont exprimé leur inquiétude quant au fait que la liturgie semble être reléguée au second plan lors du consistoire extraordinaire qui se tient actuellement au Vatican, après que les cardinaux ont voté pour donner la priorité à d'autres questions à l'ordre du jour.

    Dans son discours d'ouverture au consistoire hier, le pape Léon XIV a réaffirmé aux cardinaux participants qu'ils auraient l'occasion de « s'engager dans une réflexion commune » sur quatre thèmes déjà annoncés à l'avance comme étant à l'ordre du jour de la réunion.

    Ces sujets, a-t-il précisé, étaient l’exhortation apostolique Evangelii Gaudium du pape François de 2013 , « c’est-à-dire la mission de l’Église dans le monde d’aujourd’hui », Praedicate Evangelium , la constitution apostolique du défunt pape réformant la Curie romaine ; le Synode et la synodalité, « à la fois comme instrument et comme style de coopération », et la liturgie, « la source et le sommet de la vie chrétienne ». 

    Mais Leo a ajouté que « par manque de temps, et afin d’encourager une analyse véritablement approfondie, seuls deux d’entre eux seront abordés en détail ». 

    Il a ensuite été demandé aux cardinaux de préciser lesquels des quatre thèmes ils souhaitaient voir débattus en détail et, selon le porte-parole du Vatican, Matteo Bruni, une large majorité a décidé que les sujets seraient « l’évangélisation et l’activité missionnaire de l’Église, d’après une relecture d’Evangelii Gaudium », et « le Synode et la synodalité ». Le pape a remercié les cardinaux pour ce choix, ajoutant : « Les autres thèmes ne sont pas oubliés. Il y a des questions très concrètes et spécifiques que nous devons encore aborder. »

    Lors d'un point de presse mercredi soir, Bruni a indiqué aux journalistes que les 170 cardinaux participants étaient répartis en 20 groupes, eux-mêmes divisés en deux blocs. Onze groupes étaient composés de cardinaux en poste à Rome, notamment des cardinaux de la Curie et ceux ayant achevé leur mandat et n'étant plus électeurs. Les neuf autres groupes comprenaient des cardinaux électeurs des Églises locales (archevêques et évêques de diocèses), des cardinaux électeurs nonces et des cardinaux électeurs ayant achevé leur mandat mais conservant leur droit de vote en raison de leur âge (moins de 80 ans). 

    Bruni a indiqué que, « par manque de temps », les secrétaires cardinaux du deuxième groupe étaient chargés de rendre compte de la décision des cardinaux. « Ils disposaient de trois minutes pour expliquer le travail effectué au sein des groupes et les raisons qui avaient conduit au choix des deux thèmes. » 

    Le Saint-Père avait clairement indiqué dans son discours d'ouverture qu'il préférait recevoir l'avis du second groupe de cardinaux, car il ne s'adresse généralement pas à eux. « Il m'est naturellement plus facile de solliciter l'avis de ceux qui travaillent à la Curie et vivent à Rome », a-t-il déclaré. 

    Mais la décision de ne pas faire de la liturgie un thème central a déçu certains cardinaux et fidèles traditionnels. 

    La liturgie est depuis longtemps un sujet particulièrement sensible, notamment pour les catholiques attachés à la tradition, suite aux restrictions importantes imposées récemment à la forme ancienne du rite latin sous le pontificat du pape François. Ces fidèles ont perçu ces restrictions non comme un simple changement disciplinaire, mais comme un jugement porté sur leur fidélité, leur spiritualité et leur appartenance à l'Église, ce que beaucoup ont décrit comme profondément blessant et source de division. 

    Le site web italien traditionnel populaire Messa in Latino a écrit le 7 janvier avoir contacté des cardinaux anonymes mais importants qui se sont tous déclarés « découragés et déçus » par la relégation de la liturgie au rang de sujet de discussion. 

    Dans un commentaire au Register le 8 janvier, le rédacteur en chef du site web, Luigi Casalini, a demandé : « À qui le pape a-t-il délégué ce choix, et selon quels critères ces cardinaux des neuf églises locales ont-ils été sélectionnés pour écarter – de fait – deux sujets ? » Il s'est également demandé « pourquoi les cardinaux sensibles à la question » ne semblent « avoir fait aucune tentative pour faire pression » afin que la liturgie soit incluse comme sujet central de discussion, « même avant le consistoire ». 

    Le consistoire, a-t-il ajouté, « semble être en parfaite continuité avec les synodes et la pensée de François » — une allusion au silence des synodes récents sur la liturgie traditionnelle.

    S'adressant aux journalistes mercredi, Bruni a tenté de les rassurer. « Les deux autres thèmes seront abordés d'une manière ou d'une autre, car la mission n'exclut pas la liturgie », a-t-il déclaré. « Au contraire, cela ne signifie pas une exclusion. Cela signifie qu'ils seront traités parmi les autres ou d'une autre façon. »

    Il a ajouté : « Comme l’a dit le Pape et comme il l’a souligné dans ses discours d’ouverture et de clôture [mercredi], ces thèmes ne peuvent être dissociés, car la mission et l’évangélisation sont indissociables de la liturgie. » 

    Casalini a déclaré qu'il attendait avec intérêt les deux discussions libres prévues aujourd'hui pour voir « si le sujet de la liturgie sera de nouveau abordé ».

    Cet article a été mis à jour afin d'inclure les remarques finales du Pape lors de la séance d'ouverture d'hier.