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  • Des dizaines de morts lors d'attentats le dimanche des Rameaux au Nigéria

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    Du site Persecution.org :

    Des dizaines de morts lors d'attentats le dimanche des Rameaux au Nigéria

    30 mars 2026

    30 mars 2026

    Des hommes armés ont tué au moins 30 personnes lors d'une attaque perpétrée le dimanche des Rameaux à Ungwan Rukuba, une communauté située dans la zone de gouvernement local de Jos Nord, dans l'État du Plateau, au Nigeria.

    L'incident s'est produit en soirée, lorsque des hommes armés auraient pénétré dans le quartier et ouvert le feu sur les habitants. Des témoins oculaires ont décrit l'attaque comme coordonnée ; plusieurs victimes ont été recensées et plusieurs maisons ont été touchées.

    Suite à l'incident, le gouvernement de l'État du Plateau a imposé un couvre-feu de 48 heures dans certaines parties du nord de Jos afin de contenir la situation. Malgré cette restriction, des habitants, notamment des jeunes, ont manifesté dans les rues pour protester contre les meurtres et bloquer des routes dans certains quartiers.

    Des informations distinctes provenant d'Angwa Rukuba Junction, d'Eto Baba et de résidences étudiantes voisines indiquent qu'au moins dix personnes ont été tuées par balles plus tôt dans la journée de dimanche. Un travailleur humanitaire, Alex Barbir, a déclaré dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux que les victimes étaient des chrétiens attaqués le dimanche des Rameaux.

    Les témoignages des habitants divergent quant à l'identité des assaillants. Un témoin les a décrits comme des membres de Boko Haram, tandis qu'un autre a affirmé qu'il s'agissait de miliciens peuls armés arrivés à moto, ayant tiré sporadiquement avant de se replier vers les zones montagneuses avoisinantes. Au moment de la rédaction de cet article, les services de sécurité n'avaient publié aucune déclaration officielle confirmant l'identité des assaillants.

    Des sources locales ont conseillé aux étudiants vivant à proximité des zones touchées de rester chez eux, les tensions persistant.

    Attaque de Kaduna

    Dans un incident distinct survenu dans l'État de Kaduna, des hommes armés ont tué au moins 13 personnes lors d'une attaque menée tôt dimanche matin contre le village de Kahir, dans la zone de gouvernement local de Kagarko.

    Selon des sources locales, les victimes assistaient à un enterrement de vie de garçon lorsque des hommes armés ont ouvert le feu. Un habitant, Habila Markus, a indiqué que plusieurs membres de sa famille figuraient parmi les personnes tuées. D'autres ont été blessés et ont reçu des soins médicaux.

    Les autorités ont identifié les victimes dans les communautés de Kahir, Kadda et Kukyer ; les personnes tuées étaient âgées de 21 à 31 ans, selon les registres communautaires.

    Profil des attaques pendant la Semaine sainte

    Les données compilées à partir de rapports antérieurs indiquent que des attaques ont eu lieu dans l'État de Plateau pendant la période de Pâques ces dernières années.

    En 2025, un rapport de l'International Christian Concern (ICC) a documenté le meurtre d'au moins 54 chrétiens dans le village de Zikke, près de Jos, à la suite des célébrations du dimanche des Rameaux, ainsi que la destruction de plus de 100 foyers.

    En 2024, quatre personnes ont trouvé la mort à Njukkudel et Tangur, dans la zone de gouvernement local de Bokkos, le lundi de Pâques. Des incidents antérieurs, survenus en 2021 et 2022, comprenaient des attaques perpétrées durant le week-end pascal, qui avaient entraîné la destruction de maisons et le déplacement de populations.

    En 2020, neuf personnes, dont des enfants et une femme enceinte, auraient été tuées à Hura-Maiyanga, dans la zone de gouvernement local de Bassa, pendant la Semaine sainte.

    Les incidents de 2026 à Jos et Kagarko se sont produits pendant la même période du dimanche des Rameaux, s'ajoutant à une série d'attaques signalées dans l'État du Plateau et les zones environnantes pendant la période de Pâques ces dernières années.

    On peut lire aussi : Dimanche des Rameaux sanglant au Nigéria : des djihadistes massacrent plus de 40 chrétiens à Jos

  • USA : 1 126 000 avortements en 2025

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    Une synthèse de presse de genethique.org :

    Etats-Unis : 1 126 000 avortements en 2025

    30 mars 2026

    D’après les chiffres publiés par le Guttmacher Institute[1] le 24 mars, 1 126 000 avortements ont été pratiqués aux Etats-Unis en 2025, soit une hausse de moins de 0,2 % par rapport à 2024 (cf. Etats-Unis : les avortements en légère hausse en 2024). Ce chiffre inclut les avortements médicamenteux pratiqués par télémédecine[2].

    L’influence des législations sur le taux d’avortement des Etats

    Les restrictions entrées en vigueur dans certains Etats ont eu une incidence sur le taux d’avortement. Ainsi, la Floride qui a adopté en 2024 un projet de loi, « Heartbeat Protection Act », visant à interdire l’avortement à partir du moment où le rythme cardiaque du fœtus est détecté, a vu les avortements diminuer de plus de 25 % entre 2023 et 2025 (cf. Floride : l’avortement interdit au-delà de six semaines de grossesse). De même, dans l’Iowa, une baisse de plus de 24 % a eu lieu entre 2023 et 2025 (cf. Iowa : la Cour Suprême confirme l’interdiction de l’avortement après 6 semaines de grossesse).

    A l’inverse, le Missouri, qui a voté en faveur de l’inscription de l’IVG dans la Constitution de l’Etat en novembre 2024, a connu une augmentation des avortements de 48 % (cf. Avortement : les électeurs américains se sont prononcés ). Le Dakota du nord a lui aussi connu une hausse de plus de 32 % des avortements en 2025 suite à l’invalidation de l’interdiction d’avorter par un juge (cf. Dakota du Nord : une interdiction quasi-totale de l’avortement).

    Moins de déplacements dans d’autres Etats pour avorter

    Selon les données du Guttmacher Institute, en 2025, 142 000 femmes ont eu recours à l’IVG dans un autre Etat que celui où elles résident, ce qui représente une diminution de 8 % par rapport à 2024. Parmi elles, 62 000 femmes venaient des Etats interdisant totalement l’avortement.

    Concernant les Etats où l’on a pratiqué des avortements chez des femmes résidant dans un autre Etat, l’Illinois vient en tête. 32 000 avortements y ont été ainsi effectués, soit près d’un quart des IVG réalisées sur des femmes ayant changé d’Etat pour avorter. Viennent ensuite la Caroline du nord (environ 18 000 avortements sur des résidentes d’autres Etats), le Nouveau-Mexique et le Kansas (2/3 des avortements concernaient des femmes venant d’autres Etats), ainsi que la Virginie (9 000 avortements sur des non résidentes).

    Une forte hausse des avortements pratiqués par télémédecine

    Cette baisse a toutefois été « compensée » par la hausse de plus de 26 % des avortements par télémédecine pratiqués en 2025 sur des femmes résidant dans des Etats interdisant l’IVG. 91 000 femmes y ont eu recours, contre 72 000 en 2024. « Il est logique que l’on observe une baisse des déplacements, car les personnes qui accèdent à l’avortement par télémédecine n’ont plus besoin de se déplacer » indique Isaac Maddow-Zimet, data scientist à l’Institut Guttmacher. Huit Etats (Californie, Colorado, Massachusetts, Maine, New York, Rhode Island, Vermont et Washington) autorisent les professionnels de santé à proposer des avortements par télémédecine à des patientes résidant dans d’autres Etats, y compris ceux où l’IVG est totalement interdite.

    Depuis 2023, la Food and Drug Administration (FDA) a autorisé la prescription de mifépristone par téléconsultation (cf. Pilule abortive : vers la confirmation des autorisations de la FDA ? ). Plusieurs recours judiciaires ont toutefois été initiés afin de contester cette autorisation (cf. Pilule abortive : la Cour suprême américaine lève les restrictions ). Actuellement, une procédure intentée par le procureur général de Louisiane, Liz Murrill, est en cours, le juge fédéral devrait bientôt rendre sa décision (cf. Pilule abortive : trois Etats américains poursuivent la FDA).

    Moins de cliniques pratiquant l’avortement

    Désormais, les cliniques en ligne proposant des avortements à distance sont en forte progression dans les Etats n’interdisant pas l’avortement (cf. Pilule abortive : des complications dans plus de 10% des cas selon une étude américaine). 24 % des avortements pratiqués par des professionnels de santé aux Etats-Unis y sont réalisés.

    A l’inverse, le rapport constate une baisse de 2 % du nombre de cliniques pratiquant des IVG. En 2025, 753 cliniques « physiques » pratiquant l’avortement sont en exercice aux Etats-Unis, soit 12 de moins qu’en mars 2024 et 54 de moins qu’en 2020. Cinq Etats ont en particulier connu une diminution du nombre de cliniques : la Californie, la Floride, l’Illinois, le Michigan et New-York.

    Fin 2025, 13 Etats américains avaient instauré des législations interdisant totalement de l’avortement (cf. Dakota du Nord : une interdiction quasi-totale de l’avortement), et 6 Etats l’interdisent au-delà de 6 ou 12 semaines de grossesse (cf. Wyoming : l’avortement interdit au-delà de six semaines de grossesse).

    [1] Le Guttmacher Institute est une organisation favorable à l’avortement. Ses études mensuelles sur l’accès à l’avortement estiment le nombre d’avortements pratiqués par des professionnels de santé chaque mois dans chaque Etat américain et à l’échelle nationale. Les études recueillent des données sur les avortements, médicamenteux ou non, réalisés dans des établissements de santé « physiques » (cliniques ou cabinets médicaux), ainsi que sur les avortements médicamenteux pratiqués par télémédecine.

    [2] Pour la première fois, les données tiennent compte des avortements par télémédecine des femmes résidant dans des Etats ayant instauré une interdiction totale de l’IVG

    Sources de la synthèse de presse : National Review, Michael J. New (24/03/2026) ; NPR, Selena Simmons-Duffin (24/03/2026) ; The Economic Times (27/03/2026)

  • Israël fait volte-face, le Saint-Sépulcre est rouvert mais la plaie demeure

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    De Nicola Scopelliti sur la NBQ :

    Israël fait volte-face, le Saint-Sépulcre est rouvert, la plaie demeure

    Après avoir bloqué l'accès au patriarche Pizzaballa, les autorités israéliennes ont cédé à la pression internationale, autorisant à nouveau la célébration des rites pascaux sur le site de la Résurrection. Un recul tardif et insuffisant.

    31 mars 2026

    La Presse (Ammar Awad/Pool Photo via AP)

    Un accord a été conclu entre le Patriarcat latin, la Custodie de Terre Sainte et la police israélienne pour autoriser les célébrations de Pâques dans la basilique du Saint-Sépulcre, sous certaines conditions. Les autorités israéliennes garantiront l'accès aux représentants des Églises chrétiennes, qui pourront y célébrer les liturgies pascales. Cet accord a été annoncé conjointement par le Patriarcat et la Custodie, dans le respect de l'état de guerre et des restrictions en vigueur concernant les rassemblements publics. Les Églises assureront la retransmission en direct des liturgies et des prières aux fidèles de Terre Sainte et du monde entier. Il ne s'agit donc pas d'un simple revirement, mais d'un net recul. Inévitable et politiquement incorrect.

    La pression institutionnelle a également contribué à ce changement de cap. Selon le Patriarcat et la Custodie de Terre Sainte, la contribution du président Isaac Herzog a été cruciale, saluant sa « promptitude » et son « intervention précieuse », tout en rappelant que « la sauvegarde de la liberté de culte demeure un devoir fondamental et partagé ». Cette action fut suivie de celles de nombreux chefs d'État et représentants internationaux, qui intervinrent promptement, exprimant des positions claires et, dans plusieurs cas, un soutien direct. Un front uni qui accéléra le dénouement, mais souligna du même coup la gravité de l'incident.

    Après de longues heures de fortes tensions, Benjamin Netanyahu sortit de l'impasse qui avait dégénéré en quelques heures. Un ordre péremptoire, publié sur X, rouvrit l'accès du cardinal Pierbattista Pizzaballa à la basilique. Mais il était trop tard pour effacer l'incident. Car dans les crises symboliques – et Jérusalem se nourrit de symboles avant même de rechercher l'équilibre – le facteur temps pèse autant, sinon plus, que les décisions elles-mêmes.

    Car l'important n'est pas le revirement, mais l'erreur initiale. Une patrouille de police bloquant le passage du patriarche latin de Jérusalem et du Custode de Terre Sainte, les empêchant d'entrer au Saint-Sépulcre, est un acte inhabituel. Il ne s'agit pas de simples fidèles ou de visiteurs anonymes. Les plus hautes autorités de l'Église catholique ont été arrêtées et refoulées, ayant été dirigées vers un lieu qui n'est pas seulement un espace religieux, mais un carrefour historique, juridique et politique extrêmement sensible. Cet événement est sans précédent, du moins par sa clarté, sa manifestation publique et sa portée symbolique.

    La justification officielle – la sécurité – se tient jusqu'à un certain point. Car la sécurité, lorsqu'elle devient discrétionnaire, cesse d'être une protection et devient un instrument. Et lorsque cet instrument affecte l'un des piliers les plus fragiles de la coexistence à Jérusalem – le statu quo –Concernant les lieux saints, le problème n'est plus opérationnel. Il est politique. Il touche l'ensemble du système. La référence au statu quo n'est pas rhétorique. Elle est au cœur du problème. C'est cet équilibre, construit au fil des siècles et formalisé à l'époque ottomane, qui régit l'accès, les responsabilités et les prérogatives des différentes confessions chrétiennes aux lieux saints. Un système rigide, souvent lourd, mais précisément pour cette raison essentiel : car il empêche que chaque geste ne dégénère en dispute, que chaque décision ne devienne un conflit ouvert.

    Intervenir dans ce mécanisme, c'est toucher un point sensible. C'est remettre en question non seulement une pratique, mais un principe. Ce n'est pas un hasard si la réaction de l'Église a été extrêmement dure. Ni diplomatique, ni nuancée : sans équivoque. Une violation sans précédent à l'époque moderne. Les mots étaient pesés, mesurés, mais sans équivoque. Car l'enjeu n'était pas seulement une célébration refusée, mais quelque chose de plus profond : la perception d'une compression progressive des espaces d'autonomie religieuse, d'une « normalisation » des restrictions, justifiée par l'urgence.

    Dans cette perspective, l'histoire n'est plus une simple succession d'événements, mais acquiert une valeur symbolique. Car elle ne se limite pas à ce qui s'est passé, mais englobe aussi ce qui pourrait se reproduire. Si le principe est adopté – si l'idée que la sécurité peut suspendre, même temporairement, des droits établis est acceptée – alors le précédent aura forcément du poids. Pas aujourd'hui. Mais demain. Et après-demain. Et pourtant, précisément au moment où la tension est à son comble, une seconde interprétation émerge. Plus subtile. Plus politique. En un sens, plus semblable à celle de Jérusalem.

    D'un côté, le document officiel du Patriarcat : ferme, presque accusateur. De l'autre, les propos du cardinal Pierbattista Pizzaballa lui-même – tenus lors de deux interviews télévisées, la première dimanche soir, la seconde hier matin – qui, quelques heures seulement après les événements, a adouci le ton et qualifié l'épisode de « grave malentendu ». Ces mots rétablissent l'ordre et évitent un affrontement direct. Il ne s'agit pas d'ambiguïté, mais de lucidité. La lucidité qu'à Jérusalem, chaque crise laisse des traces et que chaque fracture, si elle n'est pas gérée, risque de devenir permanente. C'est une diplomatie de proximité, celle qui se pratique non pas dans les palais, mais aux portes de la ville, là où différentes autorités – religieuses, civiles, militaires – se rencontrent et parfois s'affrontent. Le choix du cardinal Pizzaballa apparaît donc pour ce qu'il est : une tentative de limiter les dégâts sans renoncer aux principes, de dénoncer sans attiser les tensions, de concilier deux impératifs qui, dans d'autres contextes, seraient inconciliables : la fermeté et la coexistence.

    Mais la blessure, elle, demeure. Elle demeure dans l'image puissante d'une autorité militaire qui, pour la première fois, défie ouvertement l'autorité religieuse aux portes du lieu le plus sacré de la chrétienté. Elle demeure surtout dans la question que cet épisode laisse en suspens : le statu quo est-il encore solide ? D'autant plus que les réactions internationales ne se sont pas fait attendre. Les États-Unis, par la voix de leur ambassadeur à Jérusalem, Mike Huckabee, ont qualifié la décision de « difficile à comprendre » et ont dénoncé une « ingérence excessive ».

    Lorsque Jérusalem touche aux lieux saints, le périmètre de la crise s'étend immédiatement, devenant mondial. Car ces lieux n'appartiennent pas seulement à ceux qui détiennent le pouvoir administratif. Ils appartiennent, symboliquement, à des centaines de millions de fidèles à travers le monde. Et c'est précisément cette dimension mondiale qui rend l'épisode encore plus délicat. Chaque injustice locale a des répercussions internationales. Chaque restriction perçue comme arbitraire devient, en quelques heures, un enjeu politique, religieux et médiatique mondial.

    Dans ce contexte, refuser au patriarche et au gardien l'accès au Saint-Sépulcre apparaît à la fois disproportionné et irréfléchi. Non seulement parce que cela touche des figures symboliques, mais aussi parce que cela perturbe un équilibre établi précisément pour éviter ce type d'incident. Ainsi, le revirement de Netanyahou, aussi nécessaire soit-il, est insuffisant. Il est insuffisant car il intervient après coup. Il est insuffisant car il s'attaque à l'effet et non à la cause. Il est insuffisant car, entre-temps, le précédent est déjà créé. Car certaines erreurs sont corrigées, tandis que d'autres s'enracinent. Cela relève clairement de la seconde catégorie.

  • Le catholicisme comme religion d'État, l'exception positive de Monaco

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    De Stefano Fontana sur la NBQ :

    Le catholicisme comme religion d'État, l'exception positive de Monaco

    Lors de son voyage apostolique en Principauté de Monaco, le pape Léon XIV a salué le catholicisme comme religion d'État. Un événement aujourd'hui rare, qui porte un coup dur au dogme moderne de la laïcité d'État, à condition toutefois que le catholicisme soit véritablement vécu comme religion publique. 

    31 mars 2026

    Léon XIV et la famille d'Albert II de Monaco

    Le voyage de Léon XIV en Principauté de Monaco, samedi 28 mars, présentait un double intérêt, comme l'a immédiatement souligné la presse : la Principauté est l'un des rares États catholiques où le catholicisme est religion d'État, et le Prince a récemment refusé de signer une loi, approuvée en mai dernier par le Conseil national, autorisant l'avortement jusqu'à la douzième semaine de grossesse, invoquant la religion catholique du souverain. Ces deux raisons sont liées, mais la première a manifestement suscité le plus d'intérêt. Aujourd'hui, en effet, l'idée même d'un État catholique est considérée comme un blasphème par le laïcisme dominant. De ce fait, cette visite a également pu être perçue comme une provocation envers l'un des dogmes les plus largement acceptés de la politique occidentale. Dans son message de bienvenue à la population lors de cette visite de courtoisie au Prince de Monaco, Léon XIV a fait directement référence à la question de l'État catholique dans un passage particulièrement révélateur : « La foi catholique, dont vous êtes parmi les rares pays au monde à avoir la religion d'État, nous place devant la souveraineté de Jésus. »

    Par ces mots, l'idée d'une religion d'État est acceptée positivement, ce qui constitue en soi une bonne nouvelle. Le Pape ne mentionne pas l'« autonomie légitime » de l'État, une expression qui masque souvent l'acceptation du sécularisme moderne. Il ne parle pas d'un sécularisme « ouvert » aux religions, une expression qui conduit généralement à l'indifférence religieuse et à l'égalité politique des différentes religions. En reconnaissant la religion d'État, il confirme que le catholicisme, en Principauté de Monaco, occupe une place primordiale et unique et, implicitement, affirme que cela est juste, conformément aux préceptes de l'Église catholique elle-même. Léon XIV reconnaissait implicitement une relation privilégiée entre l'État, et non seulement la personne du Prince ou sa famille, et une religion unique. La référence à la souveraineté du Christ comme fondement de la religion d'État revêt donc une importance considérable, avec tout ce que ce concept de royauté a signifié et signifie encore, malgré les récents réexamens théologiques. La souveraineté du Christ exige la religion d'État. Cela tend à faire de la situation de la Principauté non pas une exception isolée, mais la règle. D'où peut-être l'insistance du Pape sur des détails – comme la petitesse de la Principauté de Monaco – qui peuvent jouer un rôle majeur dans le plan providentiel de Dieu.

    Cette souveraineté du Christ, a poursuivi le Pape, « engage les chrétiens à devenir un royaume de frères et sœurs dans le monde, une présence qui n’écrase pas mais élève, qui ne sépare pas mais unit, prête à toujours protéger par amour toute vie humaine, à chaque instant et en toute circonstance, afin que nul ne soit jamais exclu de la table de la fraternité ». Ce développement du discours peut être compris comme la lumière que la vraie religion émane pour animer toute la société, dans une fraternité qui, si elle n’est pas fondée sur la religion, risque toujours de se perdre. Nous sommes tous frères au niveau naturel, mais sans la souveraineté du Christ, cette fraternité purement naturelle se perd.

    Le prince Albert II a également évoqué cette fonction sociale directe de la religion : « Le cadre actuel respecte qui nous sommes à la lumière du rôle qu'occupe la religion catholique dans notre pays, tout en assurant un soutien sûr et plus humain. »

    Il serait regrettable de ne pas prendre en compte les développements survenus lors de la visite papale en Principauté de Monaco. La reconnaissance du rôle public et politique (voire institutionnel) de la religion catholique constitue une contre-révolution face à l'irréligion qui domine la vie politique des pays occidentaux, notamment européens, et appelle à une profonde remise en question du concept obsolète de laïcité. Toutefois, il serait naïf de croire que les discours du Pape à Monaco constituaient un appel au retour à un régime chrétien. La Principauté, comme Léon XIV l'a lui-même reconnu, est un microcosme, une société profondément sécularisée, laïque dans son mode de vie et très prospère. Face à cette société, la religion d'État risque de devenir une simple convention, et non plus un élément de la vie quotidienne. Certes, le Prince s'est opposé à la loi sur l'avortement, mais il est tout aussi vrai que le Conseil national l'a approuvée.

    C’est là qu’intervient l’invitation du Pape à la communauté catholique, l’invitant à intégrer dans sa vie les enseignements tirés de son statut de religion d’État. Ce statut exige que la relation privilégiée avec le catholicisme se manifeste et s’accomplisse dans la vie de la communauté, dans le respect des autres religions et des différentes cultures, mais aussi en s’affirmant d’abord comme religion publique et comme culture sociale et politique. Si le catholicisme demeure cantonné à la dévotion privée, sa reconnaissance comme religion d’État risque de rester superficielle, et quelques déclarations marquantes du Prince ne suffiront pas à la garantir.

    Lire aussi : Le pape Léon à Monaco : un succès malgré la controverse

  • "L’amitié structure les âmes" (Père François Potez)

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    Du site de RCF - Radio Notre-Dame :

    Père François Potez : "l’amitié structure les âmes"

    Un article rédigé par Mélanie Niemiec - RCF, le 9 mars 2026

    Le Grand Témoin

    Père François Potez, prêtre et éducateur, au soir d’une vie de mission

    Après avoir été engagé dans la Marine, le père François Potez entre dans la communauté des Frères de Saint-Jean et est ordonné prêtre pour le diocèse de Paris en 1989. Durant ses 37 ans de sacerdoce, il s’est longuement consacré à l’éducation des jeunes et à la préparation au mariage de nombreux couples. Il aborde l’importance de cultiver des amitiés solides. 

    Père François Potez @ Paroisse Notre-Dame du TravailPère François Potez @ Paroisse Notre-Dame du Travail

    "Vous voulez ce que vaut votre cœur". Cette phrase de Jean-Paul II s'inscrit parfaitement dans sa pensée : la dignité humaine ne repose pas sur les performances extérieures, mais sur la capacité du cœur à aimer comme le Christ. Le père François Potez l’a fait sienne.

    "Homme et femme il les créa"

    Dans les différentes paroisses dont il a été le curé, le père François Potez à préparer des centaines de couples au mariage. En 2024, il a publié un livre intitulé Puisque vous avez décidé de vous aimer, dans lequel il partage ses conseils aux jeunes mariés. Parmi ces couples, il y a Camille et Séverin. Mariés par le père François à Paray-le-Monial il y a 27 ans, tous deux s’accordent pour affirmer que son accompagnement a été "fondateur" pour leur mariage. Il a grandement insisté auprès d’eux pour qu’ils ne prennent aucun engagement bénévole durant la première année de leur mariage, afin de se concentrer pleinement sur leur relation. "Nous avons suivi son conseil", racontent-ils, puis "le désir de nous engager ensemble dans notre paroisse est venu naturellement". A leur égard, il a toujours fait preuve d’une "exigence encourageante", en conservant un "regard bon et doux". Tous les deux membres de la communauté de l’Emmanuel, ils gardent le souvenir d’un prêtre "doux" et qui inspirait une "force tranquille", devenant ainsi une "vraie figure paternelle".  

    La clé de la vie, c’est de ne plus se regarder soi-même. 

    Cela vaut aussi pour le mariage. Jean-Paul II, dans sa Théologie du Corps, enseigne que la complémentarité homme-femme est un don originel de Dieu, inscrit dans la création même de l'humanité à son image (Gn 1,27). L'homme et la femme ne sont pas deux moitiés incomplètes, mais deux personnes achevées dont la différence sexuelle révèle une vocation mutuelle au don réciproque. S’inspirant des catéchèses du pape, le père François affirme que chacun est, dans le sacrement du mariage, une "icône de la communion divine". L’homme et la femme sont, ensemble, un reflet de la Trinité.

    L’art d’éduquer 

    La bonté du père François, Marie en témoigne également. Aujourd’hui médecin, elle l’a eu pour accompagnateur spirituel pendant 5 ans, durant ses études. "Il m’a beaucoup encouragée et répondait régulièrement à mes questions sur la bioéthique", se souvient-elle. Ils se sont rencontrés lorsque le prêtre était curé de Notre-Dame du Travail, dans le 14e arrondissement de Paris. A la suite d’une nuit de prière qu’il avait organisée dans sa paroisse et à laquelle Marie a participé, elle lui a demandé un entretien personnel. Chaque discussion était pour Marie l’occasion d’échanger avec un prêtre qui "lui témoignait tout son soutien". Tout comme Marie, d’autres jeunes ont eu la joie d’être accompagnés par le père François. C’est en effet pour lui un aspect très important de son ministère. Lorsqu’il secondait le père de Monteynard à l’Eau Vive, il veillait à ce que les jeunes qui fréquentaient les camps sachent vivre en communauté.

    L’amitié est une vertu qui structure l’âme. 

    Ce lieu d’éducation chrétienne place le développement des amitiés au centre de son projet pédagogique. En se connaissant profondément : son identité, son affectivité ou la sexualité masculine et féminine, chacun cultive une image positive de soi en découvrant ses talents et ses qualités. Cela permet ensuite de se mettre généreusement au service du bien commun et d’autrui. A l’Eau Vive, vivre la mixité, l’ouverture aux autres, la maîtrise de soi dans le respect et la confiance tisse des amitiés solides. Le père François estime qu’avoir des amitiés solides est "un moyen essentiel pour mieux se préparer au mariage"

  • Quand Léon XIV se fait chantre de la vie monastique bénédictine

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    DISCOURS DU PAPE LÉON XIV
    À LA COMMUNAUTÉ MONASTIQUE
    DE L'ABBAYE DE SANTA SCOLASTICA À SUBIACO,
    À LA COMMUNAUTÉ MONASTIQUE
    DE L'ABBAYE DE SANTA MARIA DEL MONTE À CESENA
    ET AUX BÉNÉDICTINES
    DE L'ABBAYE DE SANTA SCOLASTICA À BARI

    Salle du Consistoire, lundi 30 mars 2026

    ______________________________

    Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit.

    Que la paix soit avec vous !

    Chers frères et sœurs, bonjour et bienvenue !

    Je me réjouis de cette rencontre, qui nous donne aussi l'occasion de réfléchir ensemble à la valeur du charisme bénédictin dans vos vies, dans la vie de l'Église et dans le monde.

    En identifiant « les instruments des bonnes œuvres », saint Benoît, au chapitre IV de la  Règle , nous exhorte à « veiller sur chacun de nos actes » (48). Vous, moniales bénédictines contemplatives, moines bénédictins, vous savez combien la prière et la lecture priante de la Parole de Dieu, en particulier la  Lectio divina , contribuent à cette vigilance, permettant à ceux qui les pratiquent de comprendre la vérité sur eux-mêmes, de reconnaître leurs faiblesses et leurs péchés et de célébrer les grâces et les bénédictions du Seigneur. C’est ainsi que se renouvelle en nous le désir de lui appartenir et que se confirme notre vœu de consécration. L’Écriture doit donc toujours être « la nourriture de notre vie, de notre contemplation et de notre vie quotidienne, afin que vous puissiez alors partager cette expérience transformatrice » (François, Constitution apostolique  Vultum Dei quaerere , 19).

    Le chemin de sanctification d'une personne consacrée, d'une religieuse, aussi riche soit-il de ferveur et d'inspiration, ne saurait se réduire à un simple parcours personnel. Il comporte une dimension communautaire essentielle, où la proclamation de la libération pascale prend une forme tangible dans le service fraternel, reflet de l'amour universel du Christ pour l'Église et pour l'humanité.

    À cet égard, la synodalité, promue par le pape François comme fondamentale pour la vie de l’Église, se traduit au monastère par la pratique quotidienne du cheminement commun, de l’écoute réciproque, du discernement communautaire sous la conduite de l’Esprit Saint et de la communion avec l’Église locale et la famille bénédictine. Cela se manifeste dans l’assemblée fraternelle, dans la prière commune et dans les décisions partagées, où autorité et obéissance dialoguent pour chercher ensemble la volonté de Dieu. La vie monastique ne saurait se réduire à un simple retrait du monde extérieur. Elle est un moyen par lequel un amour semblable à celui du Maître peut grandir dans le cœur des disciples, prêts à partager et à s’entraider, même entre monastères. Ainsi, dans un monde souvent marqué par le repli sur soi et l’individualisme, la vie monastique deviendra de plus en plus un modèle pour tout le peuple de Dieu, nous rappelant qu’être missionnaire, avant d’agir, exige une manière d’être et de vivre les relations.

    Il convient ici d’évoquer un aspect particulier propre à la vie missionnaire cloîtrée : l’intercession. Par la Parole faite prière, elle nous unit au Christ Médiateur, qui intercède pour nous (cf.  He  7, 25). L’intercession est le privilège des cœurs qui battent à l’unisson avec la miséricorde de Dieu (cf.  Catéchisme de l’Église catholique , 2635), prêts à recueillir et à présenter au Seigneur les joies et les peines, les espoirs et les angoisses des hommes d’aujourd’hui et de tous les temps (cf. Concile œcuménique Vatican II, Constitution pastorale  Gaudium et spes , 1). C’est là un aspect primordial et fondamental de l’œuvre qui vous est confiée.

    Anne, la prophétesse, en est un exemple. « Elle ne quittait point le temple, y servant Dieu nuit et jour, par le jeûne et la prière » ( Lc  2, 37). Veuve et d’un âge avancé, elle avait fait du temple sa demeure. La prière et l’ascèse l’ont conduite à reconnaître le Messie dans l’enfant pauvre et anonyme présenté par Marie et Joseph : elles lui ont permis de discerner, au cœur de l’histoire, l’intervention divine et d’en faire une proclamation prophétique de joie et d’espérance pour tout le peuple d’Israël.

    La prophétie et le discernement nous conduisent à un dernier thème que je souhaite aborder avec vous : la formation continue, particulièrement nécessaire à notre époque. Elle consiste avant tout à « connaître l’amour du Christ qui surpasse toute connaissance » (Congrégation pour les Instituts de Vie Consacrée et les Sociétés de Vie Apostolique, Instruction  Cor Orans , 223) et est fondamentale pour que la vie consacrée « puisse accomplir son service au monastère, à l’Église et au monde d’une manière toujours plus appropriée » ( ibid ., 236). Toute la communauté est actrice de cette formation, par la prière, la Parole, les temps de célébration et de prise de décision, le dialogue et le renouveau, vécus et partagés dans la primauté de la charité. Cela implique un engagement, pour vous tous, avec sagesse et prudence, d’encourager toute bonne intention et de diriger tout effort vers une croissance commune dans la capacité de donner, afin que chaque monastère devienne, comme le souhaitait saint Benoît, toujours plus une « école du service du Seigneur » (cf.  Prologue à la Règle , 45).

    Chers frères et sœurs, merci pour l’immense bien, souvent invisible, que vous faites à l’Église par vos offrandes, vos prières incessantes, votre service et le témoignage de votre vie. Poursuivez cette œuvre, qui est « l’œuvre de Dieu » (cf. saint Benoît, Règle 43, 3). Je vous confie à Marie Très Sainte, Mère du Silence, Femme d’Écoute, à saint Benoît, à sainte Scholastique et aux nombreux saints bénédictins, et je vous bénis de tout cœur.

  • 689 adultes seront baptisés en Belgique pour Pâques de cette année

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    En Belgique, pour Pâques 2026 (vigile pascale du 4 avril), l’Église catholique recense 689 adultes candidats au baptême (appelés catéchumènes). Ces personnes recevront le sacrement lors de la nuit de Pâques dans les différents diocèses du pays.

    Contexte et évolution

    • Ce chiffre représente une hausse d’environ 30 % par rapport à 2025 (534 catéchumènes).
    • Il s’agit d’un triplement par rapport à 2016 (229 catéchumènes), confirmant une tendance de forte croissance continue observée ces dernières années.
    • Les diocèses les plus concernés sont notamment Malines-Bruxelles (environ 248, dont 200 à Bruxelles pour l’appel décisif) et Tournai (177). D’autres diocèses comme Liège (79) ou Namur (56) contribuent également.

    Ce phénomène intervient dans un contexte de sécularisation avancée en Belgique, où l’Église catholique note une augmentation inattendue des demandes de baptême d’adultes (souvent des jeunes ou des personnes ayant vécu des épreuves personnelles). Les chiffres restent modestes en valeur absolue par rapport à la population belge, mais ils marquent un record récent.

    Note : Ces données proviennent principalement des communiqués de la Conférence épiscopale de Belgique publiés en février 2026 et sont reprises par plusieurs médias catholiques et généralistes. Elles concernent spécifiquement les baptêmes d’adultes (et parfois adolescents) célébrés à Pâques ; aucun chiffre national actualisé post-Pâques n’est encore disponible au moment de cette réponse.

    L’Église catholique en Belgique n’a pas publié d’enquête détaillée et chiffrée sur les motivations exactes des catéchumènes (comme en France), mais les communiqués officiels, les témoignages de responsables diocésains et les analyses de médias catholiques ou généralistes convergent sur plusieurs facteurs explicatifs de cette hausse continue.

    Quête de sens et recherche spirituelle dans un monde perçu comme instable

    De nombreux adultes (souvent jeunes, 18-25 ou 26-40 ans) expriment un besoin d’ancrage spirituel et d’intériorité face à l’accélération du quotidien, à la société de consommation et à un sentiment d’insatisfaction ou de « vide ». Le baptême devient un choix personnel et mûri, plutôt qu’un rite social hérité.

    Épreuves de vie comme déclencheur

    Une part importante des parcours commence après une épreuve personnelle : maladie, deuil, difficultés familiales, « vie cabossée » ou accumulation de crises (post-Covid notamment). Ces événements poussent à une recherche existentielle et à une forme de spiritualité. Des analyses soulignent que cela crée un « sentiment de manque » que la foi vient combler.

    Influence des réseaux sociaux et des médias

    Environ 70 % des nouveaux baptisés déclarent avoir nourri leur foi via les réseaux sociaux (influenceurs catholiques, témoignages en ligne). La parole religieuse y est plus « décomplexée ». On note aussi une hausse des ventes de Bibles et des recherches d’horaires de messes en ligne (via des sites comme egliseinfo.be).

    Moins de baptêmes d’enfants → plus de choix différé

    Les parents baptisent de moins en moins leurs bébés pour laisser la liberté de choix à leurs enfants plus tard. Cela explique mécaniquement une partie de l’augmentation des demandes adultes : une génération qui n’a pas reçu le sacrement enfantin le demande ensuite par conviction personnelle.

    Visibilité accrue du religieux et émulation

    • La présence d’un islam fervent rendrait la parole religieuse plus acceptable et « décomplexée », surtout chez les jeunes (effet d’émulation ou de réaction).
    • L’immigration chrétienne (notamment d’Afrique ou d’Europe de l’Est) redynamise certaines paroisses et rend le catholicisme plus visible.
    • Des stars ou personnalités affichant leur foi, ainsi qu’un regain de pratiquants dans les villes, contribuent à normaliser la démarche.

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  • Méditation pour le Mardi Saint

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    Méditation du Mardi Saint

    MARDI SAINT – Jn 13, 21-33, 36-38

    Face à la mort, Jésus semblait serein. Lors de sa montée à Jérusalem, il avait déjà annoncé sa passion. Et soudain, l’évangéliste nous informe qu’“ Il fut bouleversé au plus profond de lui-même”.

    Jésus est blessé dans ses sentiments les plus intimes. Un coup l’atteint douloureusement.

    Et pour cause ! Judas va le trahir. L’un des siens va le vendre pour quelques deniers.

    Pour seule réponse, Jésus lui tend la bouchée de nourriture, signe de l’amitié. Ma vie, nul ne la prend, mais c’est moi qui la donne.

    Voici mon Corps livré pour vous.

    Ce coup n’est pas le dernier. Jésus le sait. Pierre aussi va le trahir. Celui en qui, pour l’avenir, il a mis tout son espoir, va le renier.

    Jésus doit boire le calice jusqu’à la lie.

    L’heure des ténèbres vient de sonner.

    “ Dehors il fait nuit ” nous dit saint Jean.

    C’est la solitude totale qui se dessine.

    Entre Jésus et les ténèbres, il ne reste plus qu’une mince paroi : celle du pain et du vin.

    Il lui faut maintenant aller jusqu’au bout de la nuit, seul, sans nul autre appui que son amour pour le Père.

    C’est généralement ici que, sournoisement, la peur, sèche et grinçante, la peur aux ongles cassés, ouvrant trop grands ses yeux de morts….

    Oui, c’est généralement ici que la peur se met à l’œuvre.

    Et ce n’est qu’un début….

    Jésus s’attendait-il à vivre une pareille angoisse ?

    Il n’avait peut-être pas tout prévu.

    Peut être ne savait-il pas tout par avance.

    Toujours est-il que le Christ ne joue pas un spectacle.

    Il ne joue pas un rôle de composition.

    Mais tout simplement, il joue sa vie.

    Et c’est l’enjeu véritable de la Semaine Sainte.

    Comme quoi, il n’y a pas de contrat signé par avance entre la mort et Dieu.

    Bien au contraire !

    Dieu frémit quand l’homme meurt.

    Soyons clairs !

    Ce n’est pas Dieu qui veut la mort, mais le Mal.

    Pour le Christ, comme pour chacun de nous, la mort approche.

    Et avec elle cet instant où il n’est plus que le mot “ Père ” auquel nous puissions nous accrocher.