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  • L'évêque de Lourdes : la visite du pape en septembre fera du sanctuaire un cœur battant pour la défense de la vie

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    De Solène Tadié sur le NCR :

    L'évêque de Lourdes : La visite du pape en septembre fera du sanctuaire un cœur battant pour la défense de la vie

    L’évêque Jean-Marc Micas revient sur la portée spirituelle de la visite papale en France, à un moment marqué par la légalisation de l’euthanasie et un renouveau de la foi catholique chez les jeunes.

    Suite à la visite très attendue du pape Léon XIV en France plus tard cette année, le sanctuaire marial de Lourdes pourrait occuper une place centrale dans les efforts continus de l'Église pour défendre le caractère sacré de la vie et la dignité des plus vulnérables.

    La visite à Lourdes constituera la deuxième étape du voyage du pape en France, du 25 au 28 septembre, deux mois seulement après l'adoption par le pays de sa loi controversée légalisant l'euthanasie et le suicide assisté. C'est dans ce sanctuaire que le pape devrait aborder cette question sensible, qui a fortement mobilisé l'épiscopat français ces deux dernières années.

    Mgr Jean-Marc Micas de Tarbes et Lourdes
    Mgr Jean-Marc Micas de Tarbes et Lourdes (Photo : Courtney Mares/EWTN News)

    « Comme beaucoup d’autres, j’ai hâte d’entendre ce que le Saint-Père dira à la classe politique », a déclaré Mgr Jean-Marc Micas, évêque de Tarbes et Lourdes, au Register. « Je suis convaincu que le Pape transmettra et même renforcera le message que l’Église de France n’a cessé de marteler sur ce sujet. »

    Le voyage de quatre jours du pape Léon XIV marquera sa première visite en France en tant que pontife et la première visite papale dans le pays depuis près de vingt ans. Au programme : les vêpres à la cathédrale Notre-Dame récemment restaurée et une messe en plein air place de la Concorde, sur les Champs-Élysées à Paris, avant une dernière étape à Metz, où repose Robert Schuman, l'un des pères fondateurs de l'Union européenne. Le 27 septembre sera entièrement consacré à Lourdes et comprendra une procession aux flambeaux devant la grotte de Massabielle, une matinée de prière avec les évêques français et une messe en plein air sur la grande esplanade du sanctuaire.

    Le monde à l'endroit

    Quelques jours avant la légalisation de l'euthanasie en France, Mgr Micas s'était distingué par une lettre percutante, largement relayée, intitulée « Mon cœur pleure ». Il y dénonçait l'idée que l'aide médicale à mourir puisse défendre la dignité de la vie, la qualifiant d'« absurdité anthropologique » et de l'un des « grands mensonges de l'histoire de l'humanité qui ont coûté la vie à des millions de personnes "pour les sauver" ! ». L'adoption de cette loi, selon lui, ne fait que renforcer le devoir pastoral de la hiérarchie catholique dans le pays. « Notre mission d'évêques est aussi de rappeler aux fidèles que l'existence même de cette loi ne signifie pas que tout est permis », affirmait-il, paraphrasant la Première Lettre de saint Paul aux Corinthiens.

    Réaffirmant son espoir que les paroles du pape Léon s'adressent à la conscience du plus grand nombre, il a insisté sur le fait que Lourdes sera l'étape la plus purement spirituelle et pastorale du voyage papal, une étape qui transcende tout agenda politique.

    Le sanctuaire Notre-Dame de Lourdes marque le lieu des apparitions mariales de 1858 à la jeune paysanne sainte Bernadette Soubirous. Au fil des ans, de nombreuses guérisons ont été attribuées à l'eau de source qui jaillit de la grotte de Massabielle, où eurent lieu les apparitions, faisant de ce lieu un important site de pèlerinage pour les fidèles catholiques, notamment les malades et les personnes handicapées.

    « Lourdes, c’est le monde à l’endroit, comme on aime à le dire », a déclaré Mgr Micas, « ce qui signifie que la pauvreté, la misère, la maladie et le handicap ont le droit d’exister et ne sont pas occultés ; ils font partie intégrante de la réalité de la vie, de la famille humaine. » C’est, a-t-il ajouté, « un magnifique laboratoire d’une humanité épanouie », qui offre déjà « un avant-goût de ce que pourrait être le paradis ». C’est cette même vision – la souffrance et la vulnérabilité comme porteuses de dignité, et non comme des problèmes à résoudre – que Mgr Micas voit s’opposer à la logique de la nouvelle loi.

    L’évêque Micas parle du pape Léon XIII avec une admiration manifeste, évoquant son audience privée avec lui lors d’un pèlerinage diocésain à Rome en juin 2025. « Il est extrêmement attentif. Il avait préparé notre rencontre et m’avait posé des questions précises sur Lourdes, sur le sanctuaire et sur sa mission », se souvient le prélat. Depuis, ajoute-t-il, « le voyage en Afrique puis en Espagne l’ont véritablement révélé au monde entier – et je m’en réjouis sincèrement. »

    En tant que gardien de la grotte de Massabielle, il estime que le pape visitera le sanctuaire comme un simple pèlerin, à l'instar de millions d'autres personnes chaque année, ajoutant que par ses paroles et sa manière d'aller à la rencontre des gens, « il nous encouragera tous, tant dans la foi que dans le témoignage de la foi ».

    Grandir grâce à l'humilité

    Réfléchissant à ce que beaucoup considèrent comme un moment de grâce pour l'Église de France, manifesté par l'essor du nombre de catéchumènes adultes ces dernières années et, plus récemment, par la saturation des séminaires propédeutiques, première étape de la formation des nouvelles vocations, Mgr Micas a confirmé que cette dynamique est clairement visible sur le terrain.

    À Lourdes même, l'évêque a souligné une nette augmentation du nombre de jeunes pèlerins, tout en précisant que l'affluence record de l'année dernière avait peut-être été amplifiée par l'Année jubilaire et en notant qu'il faudrait un peu plus de temps pour confirmer une tendance durable.

    Il perçoit également quelque chose de presque providentiel dans le fait que ce renouveau se déroule en France, pays qui compte plus d'apparitions mariales que tout autre, mais aussi l'un des plus déchristianisés d'Europe – une combinaison qui n'est pas passée inaperçue à Rome, où, selon lui, les autorités considèrent désormais l'Église française « avec beaucoup plus d'intérêt qu'au cours des dernières décennies ».

    Cet intérêt ne semble pas se limiter aux cercles ecclésiastiques. Mi-juillet, la Conférence des évêques de France et les trois diocèses hôtes ont lancé une campagne nationale de levée de fonds pour couvrir les quelque 15 millions d'euros que devrait coûter la visite, suscitant un vif intérêt auprès de donateurs bien au-delà du cercle habituel, une tendance attribuée à la récente encyclique du pape sur l'intelligence artificielle .

    L’évêque Micas a toutefois pris soin de ne pas laisser cet espoir se muer en triomphalisme, surtout après les années douloureuses marquées par une série de scandales au sein de l’Église. « La lutte contre les violences sexuelles et les scandales est un combat de longue haleine », a-t-il déclaré. « Nous n’avons pas encore réglé nos comptes avec le passé. Il nous faut donc rester extrêmement humbles. » Malgré tout, a-t-il ajouté, ce renouveau peut être perçu « comme un encouragement à persévérer sur le chemin de la vérité, le chemin de l’humilité, le chemin de la foi ».

  • Le sanctuaire marial de Medjugorje a été vandalisé

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    Dans la nuit du lundi 27 au mardi 28 juillet 2026, le sanctuaire marial de Medjugorje (Bosnie-Herzégovine) a été vandalisé et partiellement incendié, quelques jours avant le Mladifest (festival international de la jeunesse, 1er-6 août), qui rassemble habituellement plus de 50 000 jeunes.

    Ce que l’on sait des faits

    • La statue principale de la Vierge Marie sur la Colline des Apparitions (Podbrdo) a été maculée de peinture noire (visage, mains, buste). Sur le socle, l’inscription en anglais « Devil in a skirt » (« Diable en jupe ») a été peinte. Des banderoles et graffitis anti-mariaux ont aussi été placés.
    • Les statues de la Vierge à la Croix Bleue ont subi le même traitement (peinture noire + inscriptions comme « Evil » / « ZLO »).
    • Des traces de vandalisme ont aussi été signalées près de Križevac.
    • Une banderole en polonais nommait les six « voyants » et les qualifiait d’« imposteurs » (« To oszusci, mam dowody » – « Ce sont des imposteurs, j’ai des preuves »).
    • Vers 5 h, un incendie a été allumé sur l’autel extérieur (récemment rénové) de l’église Saint-Jacques. Des caméras de surveillance montrent un homme versant un liquide inflammable (probablement de l’essence) avant d’y mettre le feu. L’incendie a été rapidement maîtrisé et n’a pas gagné l’église.

    La police a sécurisé les lieux. Le bureau paroissial de Medjugorje a exprimé sa grande tristesse, remercié ceux qui ont nettoyé et réparé, et invité les fidèles à répondre par la prière, le jeûne et le pardon. Le sanctuaire est resté ouvert ; le programme de prière a repris normalement après nettoyage.

    L’auteur présumé

    Un homme de 31 ans, ressortissant étranger (identifié par de nombreux médias comme le Polonais Bartłomiej Włodzimierz Krakowiak, dit Bartek, né à Varsovie), a été arrêté le 28 juillet dans la zone de Ljubuški / Cerno. La police bosniaque a confirmé l’arrestation d’un ressortissant étranger de 31 ans soupçonné des faits (vandalisme et incendie criminel) ; son identité officielle n’avait pas encore été pleinement confirmée dans les premières communications, mais les médias locaux, polonais, croates et internationaux le nomment largement. Le parquet a demandé sa détention provisoire.

    Éléments biographiques connus (issus de ses propres témoignages publics antérieurs et de reportages) :

    • En 2017 (alors âgé d’environ 22 ans), après un diagnostic de dépression et un passé difficile (famille problématique, alcool, drogues, problèmes judiciaires, séjour en centre éducatif, etc.), il a marché à pied environ 1 300 km de Varsovie à Medjugorje en 57 jours. Il a documenté le pèlerinage sur une page Facebook (« Z buta do Maryi » – « À pied jusqu’à Marie »), suivi par des milliers de personnes, et en a tiré un livre du même titre (2018).
    • Il a donné des témoignages de conversion dans des paroisses et écoles en Pologne et est apparu dans le film documentaire-fiction polonais Powołany 2 (2024).
    • Il est décrit comme marié et père de famille.

    Le motif exact n’est pas encore établi. Les messages laissés (attaques contre la dévotion mariale, contre les voyants et affirmation d’un « Only Jesus ») ont conduit certains observateurs à évoquer une possible radicalisation de type fondamentaliste évangélique ou un rejet de Medjugorje, mais rien n’est confirmé officiellement. Des problèmes de santé mentale passés (dépression) sont mentionnés dans les reportages, sans précision sur son état actuel.

    L’enquête se poursuit sous la supervision du parquet. Les informations sont basées sur les communiqués de police, le bureau paroissial, Vatican News, Aleteia, La Croix, LifeSiteNews et de nombreux médias locaux et internationaux (situation au 28-29 juillet 2026).

  • "L'Espagne a cessé d'être chrétienne !"

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    D'Anne Bernet sur 1000 raisons de croire :

    1936-1939

    Ils prouvent que l’Espagne est toujours chrétienne

    En 1933, le président du conseil espagnol déclare aux Cortès : « L’Espagne a cessé d’être chrétienne ! » Cette phrase se traduit aussitôt par des actes et des décisions politiques : imposition d’une laïcité absolue, interdiction faite aux ordres religieux d’enseigner, se livrer à des activités commerciales ou industrielles alors qu’elles les font vivre, interdiction du crucifix dans les lieux publics, obligation du mariage civil, introduction du divorce, etc. Dès lors, deux conceptions de l’avenir de l’Espagne se font face, prêtes à en découdre. Pendant deux ans, jusqu’à la victoire des nationalistes, les catholiques espagnols entament un épouvantable chemin de croix qui fera au bas mot 7 500 martyrs, et probablement beaucoup plus.


    Les raisons d'y croire

    • Même si, quatre-vingt-dix ans après les événements, les événements de cette période déchaînent toujours des passions politiques violentes et opposées, nous sommes parfaitement documentés sur ce qui s’est passé, tant par la presse internationale que par les témoins des deux bords. À cela s’ajoutent les récits circonstanciés de quelques rescapés, ainsi que par l’importante documentation rassemblée afin d’instruire les causes de béatification des martyres. Nous savons parfaitement ce qui est advenu ; les épisodes de massacres et d’atrocités sont avérés. Nous ne sommes pas dans l’imaginaire.
    • Consciente d’être accusée de s’ingérer dans les conflits politiques espagnols et leurs retombées actuelle, l’Église a pris toutes les précautions, comme elle le fait d’ailleurs toujours, pour que les dossiers retenus n’impliquent pas des personnes connues pour leurs engagements politiques mais seulement des catholiques assassinés exclusivement en haine de la foi.
    • En effet, la volonté d’éradiquer tous les prêtres était patente. Quelques survivants qui ont réussi à s’enfuir ou ont été laissés pour morts dans les fosses communes raconteront qu’on leur a dit qu’ils devaient mourir simplement en raison de leur état clérical. De nombreux témoignages font état de chasses aux prêtres impitoyables, souvent avec des chiens, et des exécutons sans jugement qui suivaient aussitôt les arrestations.
    • D’éducation chrétienne, les bourreaux, comme en Vendée pendant la Terreur, vont souvent s’amuser en mettre en scène dans des versions modernisées les supplices endurés par les martyrs de l’Antiquité. Ainsi verra-t-on des catholiques jetés aux bêtes dans les cages du zoo de Madrid, ou livrés dans l’arène à des taureaux de combat, certains ont été châtrés, énucléés, coupés en morceaux à coups de hache, attachés à l’arrière du tramway, torturés de mille façons plus atroces les unes que les autres. À Santander, on les jette dans le port un bloc de béton aux pieds. Aucun d’entre eux n’a apostasié.
    • Si mourir pour une conviction n'est pas exceptionnel dans l'histoire, ce qui l’est est de pardonner à ses bourreaux avant d'être exécuté. C’est le cas des martyrs d’Espagne qui sont morts sans haine, en renonçant à toute vengeance et en manifestant de la compassion pour ceux qui les tuaient. Ces hommes et ces femmes ordinaires, confrontés à la torture et à une mort imminente, ont trouvé la force non seulement de demeurer fidèles à leur foi, mais encore d’aimer ceux qui les tuent. C’est qu’ils ne puisent pas cette capacité en eux-mêmes, mais dans une grâce reçue du Christ vivant.
    • On peut donner en exemple ce prêtre qui, épargné par les balles du peloton d’exécution, voyant que l’un des soldats adverses a été blessé par erreur, se relève pour lui donner l’absolution.
    • L’on estime la création de nombreuses œuvres catholiques par la suite tel les Cursillos le fruit des persécutions, en vertu de l‘adage indémodable de Tertullien : « Le sang des martyrs est semence de chrétiens. »

    En savoir plus

    L’encyclique Dilectissima nobis de Pie XI du 3 juin provoque un sursaut au sein du peuple espagnol qui n’entend pas se laisser dépouiller de sa foi mais aussi la réaction violente des partis de gauche qui entendent en finir avec le christianisme. Des massacres de prêtres et de religieuses dans les Asturies en juillet 1934 par des groupes anarchistes donnent le ton mais c’est l’assassinat du député monarchiste Calvo Sotelo le 14 juillet 1936 qui met le feu aux poudres.

    La guerre civile espagnole a été impitoyable, d’un côté comme de l’autre. Des exactions ont été commises par les nationalistes. Ces réactions sont inadmissibles d’un point de vue chrétien, comme le dénonçait déjà Bernanos dans Les grands cimetières sous la lune, elles sont cependant compréhensibles.

    Du côté de l’Église espagnole, le nombre de victimes est hallucinant puisque l’on comptabilise 13 évêques, 4 184, prêtres, 2 965 religieux, 283 religieuses, auxquels il faut ajouter un nombre encore indéterminé de laïcs. 7 500 martyrs est une estimation certaine, mais basse. 2 127 ont été aujourd’hui béatifiés, 11 canonisés et 2 000 dossiers sont encore en d’étude.

    Dans leur volonté d’écarter toute influence cléricale sur le peuple, les prêtres les plus engagés dans l’action sociale et caritative ont été particulièrement ciblés : les enseignants, les aumôniers de prisons, d’hôpitaux, de léproseries, d’hospices de vieillards. L’on estime que 40 % du clergé espagnol a été tué en quelques mois, certains diocèses, tel celui de Malaga, approchent 80 ou 90 % de prêtres massacrés.

    Il est manifeste qu’une haine anti-chrétienne quasiment satanique s’est déchaînée contre l’Église espagnole qui, à travers ses membres voulait atteindre le Christ lui-même. La destruction sur la Colline des Anges du monument au Sacré Cœur dont la statue a été fusillée avant d’être dynamitée l’illustre tristement. Le pardon a pourtant été le maître mot des victimes.

    Spécialiste de l’histoire de l’Église, postulateur d’une cause de béatification, journaliste pour de nombreux médias catholiques, Anne Bernet est l’auteur de plus d’une quarantaine d’ouvrages, pour la plupart consacrés à la sainteté.


    Aller plus loin

    Antonio Montero Moreno, Historia de la persecución religiosa en España, 1936-1939, Madrid, Biblioteca de Autores Cristianos (BAC), 1961 (nombreuses rééd.).


    En complément

    • The 498 Spanish Martyrs, Rome Reports : Court documentaire réalisé à l'occasion de la béatification des 498 martyrs en 2007.
    • Un Dios prohibido, 2013 : film historique consacré aux cinquante-et-un martyrs clarétains de Barbastro.
    • Dicastère pour les Causes des Saints, « Causes des martyrs espagnols », Cité du Vatican, https ://www.causesanti.va .

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    Auteur :

    Spécialiste de l’histoire de l’Église, postulateur d’une cause de béatification, journaliste pour de nombreux médias catholiques, Anne Bernet est l’auteur de plus d’une quarantaine d’ouvrages, pour la plupart consacrés à la sainteté.

  • Sainte Marthe

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    Sainte Marthe (source)

    sermon de saint Augustin (CIII sur l'évangile selon saint Luc)

    Marthe et Marie étaient deux soeurs, proches non seulement par la chair mais aussi par la foi ; toutes deux s'étaient attachées au Seigneur, toutes deux servaient d'un même coeur le Seigneur présent dans la chair. Marthe l'accueillit comme on a coutume d'accueillir les voyageurs. Mais elle était la servante qui accueille son Seigneur, la malade son Sauveur, la créature son Créateur. Elle accueillit celui dont elle allait nourrir le corps afin d'être elle-même nourrie par l'Esprit. En effet, le Sei­gneur a voulu prendre la nature de l'esclave et, dans cette nature d'esclave, recevoir des esclaves sa nourriture, non par nécessité, mais par bonté. Car ce fut de la bonté, que de se laisser nourrir. Oui il avait un corps, qui le faisait avoir faim et soif.

    Ainsi donc, le Seigneur fut accueilli comme un hôte, lui qui « est venu chez les siens, et les siens ne l'ont pas reçu, mais tous ceux qui l'ont reçu, il leur a donné de pouvoir devenir enfants de Dieu. » Il adopte des esclaves pour en faire des frères, il rachète des captifs pour en faire ses cohéritiers. Mais que personne par­mi vous n'aille dire : « Heureux, ceux qui ont eu le bonheur d'ac­­cueil­lir le Christ dans leur propre maison ! » Ne vous plai­gnez pas, ne protestez pas parce que vous êtes nés à une épo­que où vous ne voyez pas le Seigneur dans sa condition char­nelle : il ne vous a pas privés de cet honneur. « Chaque fois que vous l'avez fait à l'un de ces petits, dit-il, c'est à moi que vous l'avez fait. »

    D'ailleurs, Marthe, toi qui es bénie pour ton service bien­fai­sant, permets-moi de te le dire : la récompense que tu cher­ches pour ton travail, c'est le repos. Maintenant tu es prise par toutes les activités de ton service, tu cherches à nourrir des corps mor­tels, aussi saints qu'ils soient. Lorsque tu seras venue à la patrie, trou­veras-tu un voyageur a qui offrir l'hospitalité ? un affamé à qui rompre le pain ? un assoiffé a qui donner à boire ? un mala­de à visiter ? un plaideur à réconcilier ? un mort à ensevelir ?

    Dans la patrie, il n'y aura plus tout cela. Alors, qu'y aura-t-il ? Ce que Marie a choisi. Là nous serons nourris, nous n'aurons plus à nourrir les autres. Aussi ce que Marie a choisi trouvera là sa plénitude et sa perfection : de cette table abondante de la parole du Seigneur, elle ne recueillait alors que les miettes. Voulez-vous savoir ce qu'il y aura là-bas ? Le Seigneur le dit lui-même, en parlant de ses serviteurs : « Vraiment, je vous le dis, il les fera mettre à table, et circulera pour les servir. »

    Saint Augustin

  • Sainte Marthe (29 juillet) : une belle homélie de Mgr Léonard

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    C'est ici, dans ce podcast d'une messe célébrée à Beauraing (au début de son épiscopat) que nous transmet aimablement un ami. L'homélie commence un peu avant la 18ème minute (17,50') :

  • Homélie pour la fête de sainte Marthe (29 juillet)

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    ParSA08.JPGDu Père Joseph-Marie Verlinde fsJ sur homelies.fr :

    Marie ne manque pas d’audace : elle reproche ouvertement à Jésus de ne pas être venu plus tôt au chevet de son frère : « Seigneur, si tu avais été là, mon frère ne serait pas mort ». Ne formule-t-elle pas à haute voix, ce que tous nous avons pensé un jour ou l’autre devant les événements déconcertants de nos vies ou du monde ? « Si Dieu existait, il n’y aurait pas d’enfants qui meurent de faim ; s’il y avait un Dieu, il n’y aurait pas de raz de marée tuant des milliers de personnes en quelques instants ». Comment concilier la souffrance et la mort avec l’idée d’un Dieu bienveillant ? Serait-il donc impuissant ? Mais alors il n’est pas Dieu. Pire encore : s’il est Tout-Puissant et qu’il n’intervient pas, serait-ce donc qu’il se désintéresse de nous ? A quoi bon dès lors nous tourner vers lui ?

    Depuis que l’homme s’est délibérément coupé de Dieu par le péché, ces reproches ne font que ressurgir à chaque époque. Mais ce faisant, nous oublions un peu vite notre part de responsabilité dans la diffusion du mal dans l’univers : que resterait-il de notre liberté si Dieu se contentait d’annuler les conséquences de nos actions négatives ? Mais notre propos n’est pas de tenter de « justifier » Dieu face au mal, puisque son propre Fils ne s’engage pas dans cette voie.

    La conversation aurait pu en rester là, Marthe tournant les talons après avoir mis Jésus devant sa responsabilité devant la mort de son frère. Elle complète tout au contraire son intervention par une affirmation pleine d’espérance : « Je sais que maintenant encore, Dieu t’accordera tout ce que tu lui demanderas ». Telle est l’attitude que le Seigneur attend de nous : nous ne parviendrons pas à comprendre le mystère du mal à la lumière naturelle de notre raison enténébrée par le péché ; ce n’est qu’à la lumière de la foi que nous pouvons pressentir le projet de Dieu sur notre pauvre humanité égarée. Or la foi consiste précisément à reconnaître en Jésus l’Envoyé de Dieu en qui nous est offert le salut, celui qui ouvre devant nous le chemin qui nous donne à nouveau accès à la vérité et à la vie dont nous nous sommes délibérément éloignés par le péché.

    Se mettant au niveau de son interlocutrice, Jésus commence par l’aider à formuler son espérance conformément au « catéchisme de la synagogue » : « Ton frère ressuscitera ». Marthe approuve et renchérit : « Je sais qu’il ressuscitera au dernier jour, à la résurrection ». Elle renvoie à un lointain avenir la victoire définitive de la vie sur la mort pour le moment encore triomphante.

    Reprenant l’initiative, Jésus lui annonce solennellement qu’il est en personne, ici et maintenant, l’accomplissement de cette espérance : « Moi je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra ; et tout homme qui vit et qui croit en moi ne mourra jamais. Crois-tu cela ? »

    Cette dernière question est bien sûr posée à chacun de nous : croyons-nous que par la foi en Jésus, nous participons dès à présent à sa vie de Ressuscité, et que dès lors la mort n’a sur nous plus aucune emprise ? Certes, un jour prochain nous fermerons définitivement les yeux de ce côté-ci du voile ; mais pour les ouvrir instantanément sur l’autre monde, où nous vivrons de la vie même de Dieu. Telle est notre espérance, qui s’enracine dans cette belle confession de foi :

    « Oui, Seigneur, tu es le Messie, je le crois ; tu es le Fils de Dieu, celui qui vient dans le monde ».

    Père Joseph-Marie

  • Marthe : de Béthanie à Tarascon (29 juillet)

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    Marthe de Béthanie (d'Anne Bernet sur le site de l'Homme Nouveau)

    Il est des inconnus célèbres ; Marthe de Béthanie, que l’Église fête le 29 juillet, en fait partie. D’elle, curieusement, l’on se souvient d’abord parce qu’elle s’est attirée le doux reproche de Jésus, alors qu’elle s’activait à préparer le souper pour les disciples et Lui et se plaignait que Marie, sa sœur, assise aux pieds du Maître, la laissât vaquer seule aux préparatifs : « Marthe, Marthe, tu t’inquiètes pour beaucoup de choses … Une seule suffit. Marie a choisi la meilleure place ; elle ne lui sera pas enlevée. » Dès lors, l’hôtesse attentive et zélée, patronne des maîtresses de maison, s’est muée, dans les mémoires, en une activiste trop facile à opposer à sa sœur la contemplative.

    Et pourtant, y prend-on garde ? C’est cette même Marthe qui, peu après, devant le tombeau de Lazare, s’écrie  :

    Seigneur, si Tu avais été là, mon frère ne serait pas mort, mais, même maintenant, je sais que, quoi que Tu demandes à Dieu, Il Te l’accordera. »

    et s’entendant répondre :

    - Je suis la Résurrection et la Vie. Celui qui croit en Moi, même s’il meurt, vivra, et quiconque vit et croit en Moi ne mourra jamais. Crois-tu cela ?»,

    a ce cri d’une foi inébranlable, stupéfiant dans la bouche d’une Juive pieuse :

    « Oui, Seigneur, je crois que Tu es le Christ, le Fils de Dieu qui devait venir en ce monde ! »,

    affirmation qui arrache à Jésus Son plus écrasant miracle avant Sa propre résurrection.

    La foi de Marthe

    Pourquoi n’est-ce pas de la foi de Marthe que l’on se souvient ? Au point que certains exégètes, dans leur admiration pour Marie et leur mépris pour elle, n’hésitent pas à écrire que la confiance de la pécheresse repentie était plus grande puisqu’elle n’avait pas jugé utile de se rendre au tombeau réclamer un secours dont, d’avance, elle était assurée ? Et d’ailleurs, pourquoi vouloir toujours et à tout prix opposer les deux sœurs, en vérité si profondément complémentaires ? De Marthe, l’évangile ne dira plus rien ; la Tradition prendra le relais.

    En 41, Hérode Agrippa déclenche contre la jeune Église de Jérusalem une persécution sanglante dans laquelle périra l’apôtre Jacques le Majeur, frère de Jean. Pierre lui-même échappera par miracle à la mort, un ange l’ayant fait évader de prison. Dès lors, et suivant le conseil évangélique de « fuir dans une autre ville quand on vous persécute », la communauté chrétienne hiérosalémite se disperse.

    C’est en Provence que l’on retrouve Marie, Marthe, Lazare, Rufus, l’un des fils de Simon de Cyrène, Marie Jacobée et Marie Salomé, débarqués en Camargue, dans le grand port romain qu’étaient alors les Saintes Maries de la Mer.

    Voilà quelques années, il était de bon ton de ricaner en évoquant ce que les beaux esprits qualifiaient de légende pieuse. Or, il y a peu, Mgr Dufour, archevêque d’Aix, me disait, dans l’entretien qu’il m’accordait pour Radio Fidélité Mayenne, qu’il prêtait crédit à cette tradition, certes impossible à appuyer sur des preuves documentaires mais parfaitement en accord avec ce que l’Histoire sait de la première implantation du christianisme en Gaule, par la Provence puis la vallée du Rhône.

    Reste à savoir comment les saintes femmes et les disciples y abordèrent.

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  • Sainte Marthe (29 juillet)

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    Sainte Marthe (source)

    sermon CIII sur l'évangile selon saint Luc

    Marthe et Marie étaient deux soeurs, proches non seulement par la chair mais aussi par la foi ; toutes deux s'étaient attachées au Seigneur, toutes deux servaient d'un même coeur le Seigneur présent dans la chair. Marthe l'accueillit comme on a coutume d'accueillir les voyageurs. Mais elle était la servante qui accueille son Seigneur, la malade son Sauveur, la créature son Créateur. Elle accueillit celui dont elle allait nourrir le corps afin d'être elle-même nourrie par l'Esprit. En effet, le Sei­gneur a voulu prendre la nature de l'esclave et, dans cette nature d'esclave, recevoir des esclaves sa nourriture, non par nécessité, mais par bonté. Car ce fut de la bonté, que de se laisser nourrir. Oui il avait un corps, qui le faisait avoir faim et soif.

    Ainsi donc, le Seigneur fut accueilli comme un hôte, lui qui « est venu chez les siens, et les siens ne l'ont pas reçu, mais tous ceux qui l'ont reçu, il leur a donné de pouvoir devenir enfants de Dieu. » Il adopte des esclaves pour en faire des frères, il rachète des captifs pour en faire ses cohéritiers. Mais que personne par­mi vous n'aille dire : « Heureux, ceux qui ont eu le bonheur d'ac­­cueil­lir le Christ dans leur propre maison ! » Ne vous plai­gnez pas, ne protestez pas parce que vous êtes nés à une épo­que où vous ne voyez pas le Seigneur dans sa condition char­nelle : il ne vous a pas privés de cet honneur. « Chaque fois que vous l'avez fait à l'un de ces petits, dit-il, c'est à moi que vous l'avez fait. »

    D'ailleurs, Marthe, toi qui es bénie pour ton service bien­fai­sant, permets-moi de te le dire : la récompense que tu cher­ches pour ton travail, c'est le repos. Maintenant tu es prise par toutes les activités de ton service, tu cherches à nourrir des corps mor­tels, aussi saints qu'ils soient. Lorsque tu seras venue à la patrie, trou­veras-tu un voyageur a qui offrir l'hospitalité ? un affamé à qui rompre le pain ? un assoiffé a qui donner à boire ? un mala­de à visiter ? un plaideur à réconcilier ? un mort à ensevelir ?

    Dans la patrie, il n'y aura plus tout cela. Alors, qu'y aura-t-il ? Ce que Marie a choisi. Là nous serons nourris, nous n'aurons plus à nourrir les autres. Aussi ce que Marie a choisi trouvera là sa plénitude et sa perfection : de cette table abondante de la parole du Seigneur, elle ne recueillait alors que les miettes. Voulez-vous savoir ce qu'il y aura là-bas ? Le Seigneur le dit lui-même, en parlant de ses serviteurs : « Vraiment, je vous le dis, il les fera mettre à table, et circulera pour les servir. »

    Saint Augustin