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Europe - Page 38

  • L'évêque italien Mariano Crociata est le nouveau Président de la COMECE

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    Communiqué de Presse

    ASSEMBLEE | L'évêque italien Crociata est le nouveau Président de la COMECE

    Son Excellence Mgr Mariano Crociata (Italie) est le nouveau Président de la COMECE. Il a été élu le mercredi 22 mars 2023 par les évêques délégués des épiscopats de l'Union européenne, réunis à Rome pour l'Assemblée plénière de printemps de la COMECE. À cette occasion, quatre vice-présidents ont également été élus : Mgr Hérouard, Mgr Brás da Silva Martins, Mgr Norvila, Mgr Kozon.

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    Mgr. Mariano Crociata, évêque de Latina, est le nouveau Président de la Commission des Épiscopats de l'Union européenne (COMECE). Il a été élu par les évêques délégués des Conférences épiscopales de l'Union européenne, réunis à Rome pour leur Assemblée de printemps 2023.

    Mgr. Crociata, 70 ans, (1) succède au Cardinal Jean-Claude Hollerich SJ pour la période 2023-2028. Lors de son élection, l'évêque de Latina a exprimé sa gratitude aux membres de l'Assemblée pour leur confiance. "Nous vivons une période cruciale pour l'Europe et pour l'Église. L'unité et la solidarité sont plus que jamais nécessaires. Elles doivent nous guider dans les nombreuses transitions auxquelles nos sociétés sont confrontées", a déclaré Mgr Crociata.

    "Je pense en particulier à la nécessité d'une reprise juste et durable après les conséquences de la pandémie de COVID-19, en veillant à ne laisser personne de côté, ainsi qu'au renouvellement de la vocation de l'Union européenne à être une source de développement et une promesse de paix pour notre continent bien-aimé et pour le monde", a-t-il poursuivi.

    Le nouveau président est le délégué de la Conférence épiscopale italienne auprès de la COMECE depuis 2017. Au cours des cinq dernières années, il a occupé le poste de premier vice-président de la COMECE.

    L'Assemblée a également élu quatre vice-présidents, reflétant la diversité géographique et culturelle de l'Église dans l'Union européenne. Les vice-présidents sont Mgr Antoine Hérouard (France), Mgr Nuno Brás da Silva Martins (Portugal), Mgr Rimantas Norvila (Lituanie), Mgr Czeslaw Kozon (Conférence épiscopale nordique).

    Après l'élection de la nouvelle Présidence, l'Assemblée a accueilli le Cardinal Secrétaire d'Etat, Son Eminence Pietro Parolin. Ensemble, ils ont échangé sur les implications humanitaires, géopolitiques et sociales de la guerre en Ukraine, et sur les moyens pour l'Église catholique d'encourager et de contribuer au rôle de l'UE en tant qu'acteur mondial de la paix.

    Le jeudi 23 mars, la nouvelle présidence, ainsi que tous les évêques délégués de l'UE et les membres du Secrétariat de la COMECE et leurs familles, seront reçus par le Pape François.
    L'audience sera l'occasion de discuter avec le Saint-Père de certains des sujets les plus cruciaux pour l'Europe, avec un accent particulier sur la promotion de la paix, sur les politiques de migration et d'asile de l'UE et sur les élections du Parlement européen de 2024.

    Le même jour, les évêques de l'UE auront également une réunion de dialogue avec S.E. Alexandra Valkenburg, Ambassadeur de l'UE auprès du Saint-Siège. Dans l'après-midi, S.E. Mgr Paul Gallagher, Secrétaire pour les relations avec les États, s'adressera aux évêques de la COMECE. Dans la soirée, ils visiteront la Conférence épiscopale italienne (CEI) et célébreront la Sainte Messe avec S.Em. Matteo Zuppi.

    Enfin, l'Assemblée de la COMECE aura une réunion de dialogue avec Antonio Tajani, Ministre italien des Affaires étrangères, Vice-président du Parti Populaire Européen (PPE) et ancien Président du Parlement européen.

    (1) Né à Castelvetrano, dans la province de Trapani, en Sicile, Mariano Crociata a été ordonné prêtre en 1979. Il a étudié la philosophie et la théologie à l'Université pontificale grégorienne de Rome, où il a obtenu un doctorat en théologie en 1984.

    Il a dirigé le département de théologie des religions à l'école théologique de Palerme. Depuis 2003, il est vicaire général du diocèse de Mazara del Vallo. Le 16 juillet 2007, le pape Benoît XVI l'a nommé évêque de Noto. Il a été consacré le 6 octobre 2007. Entre 2008 et 2013, il a été secrétaire général de la Conférence épiscopale italienne (CEI).

    Il est évêque du diocèse de Latina-Terracina-Sezze-Priverno depuis le 19 novembre 2013. Il est délégué de la Conférence épiscopale italienne auprès de la COMECE depuis 2017. Il a été premier vice-président de la COMECE pour la période 2018-2023.

  • La voie synodale allemande : une "dictature de la médiocrité"

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    D'ACI Stampa

    Le cardinal Müller qualifie la voie synodale allemande de "dictature de la médiocrité".

    20 mars 2023

    Pour le cardinal Gerhard Ludwig Müller, le processus qui a conduit à l'approbation de résolutions qui ont enlevé aux fidèles catholiques "la vérité de l'Évangile" (Gal. 2:5) et l'ont remplacée par le produit d'une "idéologie homosexualisée, véritable centre de gravité du synodalisme allemand", est "controversé".

    Dans une interview accordée au groupe ACI, le cardinal Müller a déclaré au journaliste allemand Lothar Rilinger qu'il s'agissait d'une "idéologie répréhensible qui, dans son matérialisme grossier, se moque de Dieu qui a créé l'homme à son image et à sa ressemblance en tant qu'homme et femme".

    Le cardinal, âgé de 75 ans, a déclaré que le processus du Chemin Synodal de l'Église catholique en Allemagne "n'était en aucun cas une discussion ouverte orientée vers la Parole de Dieu" et n'avait "aucun fondement dans la constitution sacramentelle de l'Église".

    Compte tenu du fait que la majorité des évêques allemands ont voté en faveur d'un certain nombre de résolutions controversées, y compris la bénédiction des unions homosexuelles, l'idéologie transgenre et l'ordination des femmes, Mgr Müller a déclaré : "On ne peut pas invoquer l'ignorance ou la peur de la persécution par des dictatures anticléricales ou la séduction par une propagande de lavage de cerveau comme excuse.

    En effet, les évêques connaissaient certainement "les enseignements anthropologiques de Vatican II sur le mariage, la famille et la sexualité, en particulier sur l'unité du corps et de l'âme de l'être humain dans sa personne", a-t-il ajouté.

    De plus, a ajouté Mgr Müller, même les évêques allemands "ont vu leurs graves erreurs publiquement signalées par le pape lui-même et par les deux préfets compétents de la Congrégation pour la doctrine de la foi et de la Congrégation pour les évêques".

    Pour de nombreux catholiques, Mgr Müller est une autorité et un expert en matière de questions doctrinales : le prélat allemand a été préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi de 2012 à 2017, et a été professeur de théologie dogmatique à l'université de Munich de 1986 à 2002. Mgr Müller est également diplômé en philosophie et en théologie. Avant d'être nommé préfet du Vatican, le cardinal a été évêque du diocèse bavarois de Ratisbonne de 2002 à 2012.

    Dans l'interview publiée le 16 mars, le cardinal a déclaré que la "soi-disant bénédiction des couples de même sexe" n'est pas possible : "L'aspect de la bénédiction ne correspond à aucune réalité de la grâce d'aide communiquée par Dieu".

    Citant l'Évangile, Mgr Müller a déclaré : "L'amour de Dieu consiste à ce que nous gardions ses commandements. Ses commandements ne sont pas difficiles. Car tout ce qui vient de Dieu vainc le monde. Et voici la victoire qui l'emporte sur le monde : notre foi". (1 Jean 5:3f.)

    La "voie synodale" - Synodaler Weg en allemand, parfois traduit par "voie synodale" - n'est pas un synode. Le processus initié par le cardinal Reinhard Marx a été organisé par la Conférence épiscopale allemande en collaboration avec le Comité central des catholiques allemands (ZdK).

    L'objectif déclaré était de discuter de quatre sujets principaux : la manière dont le pouvoir est exercé dans l'Église, le sacerdoce, le rôle des femmes et la morale sexuelle.

    Dans sa lettre aux catholiques allemands en 2019, le pape François a mis en garde contre la désunion en parlant de la "voie synodale".

    La dernière intervention du Vatican contre le processus a été publiée par la Secrétairerie d'État et avertissait : "Il ne serait pas licite d'introduire de nouvelles structures ou doctrines officielles dans les diocèses avant qu'un accord n'ait été conclu au niveau de l'Église universelle, ce qui constituerait une violation de la communion ecclésiale et une menace pour l'unité de l'Église".

    Dans l'avion qui le ramenait du Canada, le Pape a commenté : "Sur la 'Voie synodale', j'ai écrit une lettre et je l'ai écrite moi-même. Après un mois de prière, de réflexion et de consultation. J'ai dit tout ce que j'avais à dire sur la 'Voie synodale'. Je ne veux pas en dire plus".

    Le pape François a mis en garde contre la division dans sa lettre et a également averti les catholiques allemands d'éviter le "péché de la sécularisation et d'une mentalité séculière contre l'Évangile".

  • La COMECE et la FAFCE signent un protocole d'accord pour renforcer leur coopération dans le domaine des politiques familiales

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    COMMUNIQUÉ DE PRESSE

    Familles et évêques ensemble en Europe

    La COMECE et la FAFCE signent un protocole d'accord pour renforcer leur coopération dans le domaine des politiques familiales

    Bruxelles, le 20 mars 2023

    La COMECE et la FAFCE ont signé le lundi 20 mars 2023 un protocole d'accord pour renforcer leur coopération dans le domaine des politiques familiales au niveau de l'Union européenne. Pour le Cardinal Hollerich, « il est essentiel de soutenir les familles et de se pencher sur les problèmes auxquels elles sont confrontées »

    L'accord a été signé par S. Em. Le Cardinal Jean-Claude Hollerich SJ, Président de la Commission des Épiscopats de l'Union européenne (COMECE), et Vincenzo Bassi, Président de la Fédération des Associations Familiales Catholiques en Europe (FAFCE).

    Avec cet accord, les deux organisations bénéficieront ainsi d'une expertise mutuelle. La FAFCE renforcera ses relations avec les représentants de l'Église catholique au sein de l'Union européenne (UE) par sa participation comme membre observateur aux réunions de la Commission des affaires sociales de la COMECE. Les évêques de l’UE auront eux accès à l'expérience de terrain dans le domaine des politiques familiales des nombreuses organisations nationales qui font partie de la FAFCE. 

    « Nous sommes reconnaissants du service que la FAFCE rend à l'Eglise en Europe - a déclaré le Cardinal Hollerich. Ce n'est pas un hasard si cet accord a été conclu durant du chemin synodal. Ensemble, dans le contexte d'une société plus fragmentée et individualiste, nous voulons offrir notre contribution au bien commun. Il est essentiel de soutenir les familles et de se pencher sur les problèmes auxquels elles sont confrontées », a poursuivi le Président de la COMECE.

    « Ce mémorandum est un exemple de la façon dont les pasteurs, les familles chrétiennes et les associations familiales peuvent cheminer ensemble et unir leurs forces pour trouver de nouvelles manières de communiquer la beauté de la famille et d’appeler les institutions européennes à considérer la fonction fondamentale de la famille comme la pierre angulaire de l'avenir », a déclaré le Président de la FAFCE, Vincenzo Bassi.

    Le mémorandum institutionnalise une collaboration active qui remonte déjà à plusieurs années, ayant donné lieu à la production de documents et l’organisation d’événements communs. Les derniers exemples en date sont le document de réflexion sur le rôle des personnes âgées en période de changement démographique et une conférence sur la Stratégie européenne en matière de soins.

    Lire le protocole d'accord sur notre site Web

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  • Allemagne : la déchristianisation touche aussi l'Eglise protestante

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    Du site du journal La Croix (Delphine Nerbollier, correspondante à Berlin (Allemagne):

    Allemagne : pourquoi l’Église protestante perd aussi des fidèles 

    Alors que l’Église catholique allemande vient d’achever le Chemin synodal engagé pour tenter de répondre à la crise des abus sexuels et enrayer son déclin, les « sorties d’Église » touchent aussi depuis longtemps l’Église protestante outre-Rhin, et s’accélèrent ces dernières années. Aux raisons internes s’ajoute la vague de fond de la sécularisation du pays.

    16/03/2023

    L’Église protestante en Allemagne n’échappe pas à la crise qui touche l’Église catholique et qui l’a poussée à lancer son Chemin synodal. Les 20 Églises régionales luthériennes, réformées et unies du pays, regroupées sous le toit de l’EKD (Evangelische Kirche in Deutschland), n’en finissent pas de perdre des membres.

    Les derniers chiffres de 2022 en marquent une nouvelle fois l’ampleur. Avec 19,1 millions de membres, l’EKD ne représente plus que 22,7 % de la population : un niveau historiquement bas. Elle a perdu un demi-million de fidèles en 2022, entre les 365 000 décès et les 380 000 sorties volontaires – un chiffre en hausse de 35,7 % par rapport à l’année précédente. Et les 165 000 baptêmes ne compensent pas la chute.

    Qualifiée de « déprimante » par Annette Kurschus, la présidente de l’EKD, la situation n’a toutefois rien de nouveau. « Pendant des décennies, les sorties d’Église ont été plus élevées dans l’Église protestante que chez les catholiques, avec deux exceptions, en 2010, lors des révélations de scandales sexuels dans l’Église catholique, et en 2021 lors des scandales dans le diocèse de Cologne », rappelle Detlef Pollack, sociologue des religions à l’université de Münster.

    Des scandales sexuels aussi dans l’Église protestante

    « Nous nous trouvons toutefois désormais dans une situation différente. Le rythme des départs de l’Église catholique rejoint celui des protestants », ajoute-t-il. Durant les vingt dernières années, l’EKD a perdu 4 millions de membres, contre 3,5 millions pour l’Église catholique.

    L’une des raisons principales de cette régulière vague de départs chez les protestants est « leur relation plus distante que les catholiques avec leur communauté religieuse, constate Petra-Angela Ahrens, de l’Institut de sciences sociales de l’EKD. Cela s’explique par une socialisation religieuse primaire moins forte. Chez les protestants, on parle depuis longtemps d’un phénomène d’éloignement vis-à-vis de l’Église ».

    À cela s’ajoutent des problèmes internes, avec notamment la révélation de scandales sexuels dans la foulée de ceux frappant l’Église catholique. Si leur ampleur est nettement moindre – 842 cas connus depuis 1949 –, ces affaires ont fragilisé les instances dirigeantes, critiquées pour leur manque de réaction. En 2018, 41 % des personnes ayant quitté l’Église protestante disaient avoir été motivées, entre autres, par ces scandales (69 % pour les catholiques).

    Quant à l’impôt religieux, que doit verser tout membre de l’Église, il joue lui aussi un rôle dans ces décisions, bien qu’il reste secondaire et intervient généralement à la fin d’un long processus d’éloignement. « Lorsque l’indifférence par rapport à l’Église et l’absence de lien avec la vie communautaire s’imposent, la participation financière n’a souvent plus de sens », constate Petra-Angela Ahrens.

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  • Sur la désacralisation de nos sociétés

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    Sur VA Plus (youtube) :

    Sonia Mabrouk publie "Reconquérir le sacré", un livre qui vient pointer l'exception occidentale du reniement du sacré. Qu'il soit religieux, mémoriel ou même républicain, la désacralisation de nos sociétés a participé à leur perte de repères. Le livre de la journaliste d'Europe 1 et de CNews a déjà fait vivement réagir, notamment dans l'émission "Quelle époque" animée par Léa Salamé. La présentatrice s'est vue reprocher son goût pour la sacralité de la messe traditionnelle en latin. Nous avons donc invité Sonia Mabrouk à répondre aux questions de Laurent Dandrieu et ce, en compagnie du Père Danziec, chroniqueur et prêtre "tradi", disant cette fameuse messe en latin.

  • Quel est l’avenir des chrétiens d’Occident ?

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    De Christophe Geffroy sur le site de La Nef :

    Pourquoi si peu de chrétiens en Occident ?

    Le christianisme est devenu en Europe, lieu de son rayonnement, une religion minoritaire : comment en est-on arrivé là et quel est l’avenir des chrétiens d’Occident ?

    «Je vous l’ai souvent dit, et maintenant je le redis en pleurant : beaucoup de gens se conduisent en ennemis de la croix du Christ. Ils vont à leur perte. Leur dieu, c’est leur ventre, et ils mettent leur gloire dans ce qui fait leur honte ; ils ne pensent qu’aux choses de la terre » (Ph 3, 18-19). Ces lignes de saint Paul, écrites il y a deux mille ans, ne s’appliquent-elles pas à notre monde actuel ? Ajoutons cette question posée par le Christ : « Cependant, le Fils de l’homme, quand il viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ? » (Lc 18, 8). Ces propos nous interpellent, quand la question de Dieu semble peu intéresser les Occidentaux, quand ils sont si minoritaires à croire en Dieu et encore moins à pratiquer ce que la religion de leurs pères leur prescrit, alors même que personne ne peut ici ignorer l’existence du christianisme, bien que beaucoup méconnaissent en réalité ce qu’il est et ce qu’il enseigne.

    Lire la suite sur le site de La Nef

    Lire aussi : Déclin numérique du catholicisme : état des lieux et urgence d’une nouvelle évangélisation

  • "Oui à la Vie" : des dizaines de milliers de manifestants ont défilé à Madrid

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    Marcha por la vida

    De Catholic News Agency (Nicolás de Cárdenas) :

    Des milliers de personnes participent à une marche en faveur de la vie en Espagne pour s'opposer aux lois qui menacent la vie humaine.
     
    Manifestation "Oui à la vie" organisée à Madrid le 12 mars 2023

    13 mars 2023

    Des milliers de personnes ont participé à la marche "Oui à la vie" à Madrid, en Espagne, dimanche, où les organisations parrainantes ont exprimé leur opposition à "toutes les lois et pratiques qui menacent la vie et la nature humaine à tout moment de son existence, ainsi que les entreprises et les idéologies qui les soutiennent".

    L'événement a eu lieu cette année un peu avant la date habituelle du 25 mars, la Journée internationale pour la vie, et a été soutenu par plus de 500 organisations qui font partie de la plateforme "Oui à la vie".

    Plusieurs participants portaient des banderoles avec des messages tels que "Vous ne pouvez pas être catholique et soutenir l'avortement", "Toute vie est une bénédiction de Dieu", "Vivez votre grossesse, donnez la vie", "Les droits de l'homme commencent dans le ventre de la mère", "Aucune mère ne regrette de l'avoir été", et "L'avortement laisse les femmes sans options".

    La marche s'est achevée par un rassemblement sur le Paseo de la Castellana, une grande artère nord-sud de Madrid, dirigé par les influenceurs José Martín Aguado et Carla Restoy.

    L'événement comprenait les témoignages de deux femmes qui ont trouvé de l'aide auprès de pro-vie alors qu'elles étaient sur le point d'avorter.

    Marita est montée sur la scène mobile installée pour l'occasion avec son fils Santiago pour raconter comment le père l'a quittée lorsqu'il a découvert la grossesse. L'assistante sociale lui a recommandé d'avorter, mais Marita a eu la chance de rencontrer des bénévoles de 40 jours pour la vie.

    "Ils m'ont aidée à prendre ma décision. Je suis allée les voir moi-même et leur ai demandé de l'aide. Je voulais sentir que je n'étais pas seule ou abandonnée et ils m'ont fait sentir cela, que j'étais en sécurité. Et j'ai décidé de ne pas aller [à la clinique d'avortement]", a-t-elle raconté.

    "Aujourd'hui, je suis ici avec mon fils, et c'est la meilleure chose qui ait pu m'arriver", a-t-elle déclaré sous les applaudissements enthousiastes des personnes présentes.

    Melisa, une jeune femme enceinte de son quatrième enfant, a également témoigné. "L'assistante sociale m'a demandé ce que j'allais faire avec autant d'enfants, où j'allais aller ; elle m'a dit que l'avortement était la meilleure chose à faire", a-t-elle raconté.

    Cependant, Melisa a quitté la clinique d'avortement et s'est entretenue avec les bénévoles des Sauveteurs Jean-Paul II et de la Fondation More Future, qui lui ont apporté le soutien dont elle avait besoin pour poursuivre sa grossesse.

    Le manifeste de la marche, lu par différents représentants des organisations qui la parrainaient, proclamait que "les êtres humains ont le droit à la vie et d'être traités comme leur dignité le mérite, depuis leur conception jusqu'à leur mort naturelle, à tout moment et en toutes circonstances".

    La déclaration souligne également "la grandeur de la culture de la vie et de ses fruits. Une culture généreuse, accueillante, constructive, joyeuse, qui guérit les blessures et n'abandonne pas".

    Le manifeste rejette "toutes les lois et pratiques qui menacent la vie et la nature humaine à tout moment de son existence, ainsi que les entreprises et les idéologies qui les soutiennent".

    Les représentants ont également demandé "que la vérité biologique de la vie humaine ne soit pas dissimulée" et que "l'on ne mente pas sur ce que sont l'avortement, l'euthanasie, les attaques contre l'embryon, [et] l'idéologie du genre, et que l'on ne nie pas la cruauté, l'injustice et la douleur infligées par la culture de la mort".

    Le manifeste exige "que les soins de santé soient fournis à tous sans exception", des enfants à naître aux malades de toutes sortes, et exprime sa reconnaissance pour le travail des différents groupes pro-vie.

    "Nous soutenons et remercions toutes les personnes et associations qui, dans différents domaines d'action, œuvrent en faveur de toute vie humaine, malgré les nombreuses difficultés et même les persécutions", indique la proclamation.

    Les organisateurs ont promis d'œuvrer pour qu'"aucune loi illégitime et perverse ne soit en vigueur dans notre système juridique" et de plaider pour que "l'Espagne soit une nation avancée, progressiste en termes de droits véritables et conservatrice de valeurs objectives et pérennes".

    La marche s'est terminée par un lâcher de ballons après une minute de silence pendant laquelle on n'a entendu que le battement de cœur d'un bébé obtenu par échographie en direct.

  • L’Union européenne doit accepter de voir en face la montée des actes antichrétiens !

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    Du site du Figaro (via :

    Tribune collective. “L’Union européenne doit accepter de voir en face la montée des actes antichrétiens!”

    6 mars 2023

    TRIBUNE COLLECTIVE – Deux religieuses du quartier Bouffay, à Nantes, vont quitter la ville, épuisées par l’insécurité. Si la montée inquiétante de la violence contre les religions touche l’ensemble des croyants, le christianisme demeure la première cible des actes antireligieux en France comme en Europe. Dans une tribune collective, une vingtaine de personnalités appellent l’Union européenne à réagir et rappellent que tous les actes antireligieux doivent être combattus avec la même force.

    L’actualité récente avec les religieuses contraintes de quitter leur quartier à Nantes en raison del’insécurité tout comme la lecture du dernier rapport parlementaire des députés Isabelle Florennes etLudovic Mendes sur les actes antireligieux et antichrétiens dans notre pays nous rappellent que la haine ne connaît pas de trêve.

    Si la montée inquiétante de la violence contre les religions touche l’ensemble des croyants, lechristianisme demeure la première cible des actes antireligieux en France comme en Europe,selon le ministère de l’Intérieur et l’OSCE.

    L’évaluation précise de ces derniers, tant quantitative que qualitative, est certes complexe, mais il esten revanche une certitude: ce phénomène gagne en amplitude, en gravité et en visibilité.

    Ainsi, ce début d’année assombri par la fusillade dans une église londonienne, les dégradations descalvaires, les actes de vandalisme et les tentatives d’incendie des églises à Champagne- au-Mont-d’Or et à Paris n’est, hélas, que le reflet d’une violence persistante.

    Protéger la liberté de conscience

    Face à cette résurgence de la haine, qui demeure toutefois sans commune mesure avec les crimes et les persécutions commis ailleurs dans le monde, l’heure n’est plus aux demi-mesures et aux effets d’annonce convenus et répétitifs. Tous les actes antireligieux doivent être combattus avec la même force, car ils menacent non seulement l’ensemble des croyants, mais également lesprincipes fondateurs de notre civilisation, au premier rang desquels la liberté de conscience.

    Endiguer ce fléau des violences antireligieuses qui ont quitté le terrain du droit légitime à la critique pour rejoindre celui des délits et des crimes implique une action coordonnée à l’échelle européenne. Dans la mise en œuvre de sa stratégie contre le racisme et les actes de haine, l’Union européenne a adopté la décision-cadre du Conseil du 28 novembre 2008 et, dans le prolongement, a créé des fonctions de coordinateurs en charge de la lutte contre l’antisémitisme et la haine antimusulmane.

    Si un tel combat s’avère indispensable, ce que nul ne conteste, ne serait-il pas juste de l’étendre à la lutte contre ce qu’il faut bien appeler l’antichristianisme

    Un “deux poids, deux mesures” injustifié

    Pourquoi, dans un courrier du 11 novembre 2022 en réponse à une demande formulée à ce propospar l’association La France en partage, la Commission européenne a-t- elle explicitement confirmé son refus de désigner un coordinateur en charge de la lutte contre les actes antichrétiens?

    Pourquoi refuse-t-elle ainsi d’ouvrir les yeux sur une réalité certes déplaisante, mais dont attestent les statistiques et l’expérience quotidienne de nombreux Français?

    Que justifie ce “deux poids, deux mesures” dont on doit bien reconnaître qu’il constitue une discrimination à l’égard de la communauté chrétienne? L’Union européenne ne doit pas oublier que les valeurs communes qui la fondent sont l’égale protection des individus.

    L’Europe serait-elle à ce point mal à l’aise avec la protection de l’identité héritée de son histoire qu’elle refuserait de voir en face la montée des actes antichrétiens?

    Ce qui se joue ici, c’est l’égale garantie des libertés fondamentales de pensée et de croyance en Europe. Mais c’est aussi, dans l’indifférence coupable des pouvoirs publics, le maintien du lien avec ce qui a fondé la culture européenne elle-même, du monachisme des origines aux douze étoiles de son drapeau. Et, avec elle, la pérennité d’un élément essentiel de notre civilisation.

    Si nous voulons vivre en harmonie, il faut lutter de façon égale contre toutes les idéologies de destruction. C’est pourquoi nous prions avec insistance la Commission européenne de reconsidérer sa réponse et de nommer un coordinateur en charge de la lutte contre les actes antichrétiens, visant les personnes et les biens.

    La Commission doit faire ce pas pour confirmer son attachement à l’égale liberté de conscience pour tous. Nous ne pouvons plus nous payer de mots et nous contenter de répéter sans y croire que l’ensemble des croyants bénéficie de la même protection européenne.

    Pour qu’une telle protection existe, elle doit être instituée. Si les instances européennes devaient persister dans leur refus de prendre en compte cette demande, il sera alors impératif de mobiliser l’ensemble des voies politiques et juridiques pour la faire aboutir.

    Signataires:

    Carine Chaix, avocate à la cour, présidente de l’association La France en partage

    Alban du Rostu, directeur général du Fonds du bien commun

    Jérôme Bascher, sénateur, vice-président du groupe France Saint-Siège au Sénat

    Henri de Beauregard, avocat à la cour

    Jérôme Besnard, juriste et essayiste

    Olivier Bonassies, auteur, directeur de l’association Marie de Nazareth

    Loris Chavanette, historien

    Typhanie Degois, ancienne députée LREM

    Denis Duverne, président de l’association Saint-Jean de Passy

    Maxime Bonassies, responsable de l’association M de Marie

    Michel Degoffe, professeur de droit public

    Thomas Delenda, directeur de l’association Hozana

    Jean- Michel Fauvergue, romancier, ancien député LREM

    Julien Le Page, président de SOSCalvaires

    Charles Prats, vice-président de l’Association professionnelle des magistrats

    Gregor Puppinck, juriste, directeur du think-tank ECLJ

    Jean-Bernard Prim, délégué général de l’Alliance Siméon

    Thierry Rambaud, professeur de droit public, avocat à la cour

    Frédéric Rouvillois, professeur de droit public, délégué général de la Fondation du Pont-Neuf

    Joseph Macé-scaron, écrivain

    Nicola Speranza, secrétaire général de la FAFCE

  • L'Eglise protestante évangélique d'Allemagne a perdu un demi-million de membres en 2022

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    Lu sur kath.net/news :

    Nouveau record : l'Eglise protestante évangélique d'Allemagne a perdu un demi-million de membres en 2022

    8 mars 2023

    L'EKD, que beaucoup perçoivent dans l'opinion publique comme l'antichambre des "Verts", enregistrera également pour la première fois en 2022 plus de départs que de décès.

    En 2022, le nombre de membres de l'Église protestante évangélique en Allemagne a diminué de plus d'un demi-million de personnes. En chiffres absolus, cela représente une baisse de près de 3 % et un nouveau record. Ainsi, seuls 22,7 % de la population sont encore membres d'une église qui n'est presque plus perçue par le public que comme une organisation en amont des "Verts". L'année dernière, le nombre de sorties d'Eglise a pour la première fois dépassé le nombre de décès au sein de l'EKD. Pour Annette Kurschus, la présidente, ce chiffre est "déprimant".

  • Pas de dépénalisation de l'avortement en Suisse

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    Une synthèse de presse de gènéthique.org :

    Suisse : pas de dépénalisation de l’avortement

    8 mars 2023

    En Suisse, le Conseil national a rejeté ce mardi, par 99 voix contre 91 et 6 abstentions, une initiative parlementaire visant à retirer l’avortement du code pénal.

    Une « initiative purement symbolique, absurde », estime Yves Nidegger, un de ses membres. En effet, aucune poursuite pénale liée à un avortement n’a été menée depuis 20 ans. Le « régime des délais » « rend de facto licite l’avortement, s’il est effectué dans le délai de 12 semaines », rappelle-t-il.

    « Il y aura toujours une tension entre le droit à la vie du fœtus et le droit individuel d’une femme à avorter », juge Yves Nidegger. « Le régime des délais est un compromis entre ces deux tensions ».

    La Suisse a l’un des taux d’avortement les plus bas d’Europe.

    Source : SwissInfo (07/03/2023)

  • Le pape François se rendra en Hongrie en avril

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    D'Hannah Brockhaus sur Catholic News Agency :

    Le pape François se rendra en Hongrie en avril

    27 février 2023

    Le Vatican a annoncé samedi que le pape François se rendra en Hongrie pour la deuxième fois, du 28 au 30 avril.

    Selon l'annonce du 27 février, le voyage papal de trois jours à Budapest comprendra des rencontres avec la présidente hongroise Katalin Novák, le Premier ministre Viktor Orbán, une visite privée avec des enfants à l'Institut Bienheureux László Batthyány-Strattmann, et des rencontres avec des pauvres et des migrants, des jeunes, des membres du clergé, des universitaires et des membres de la Compagnie de Jésus.

    Le pape François revient dans ce pays d'Europe centrale après une courte visite en 2021 pour le 52e Congrès eucharistique international. Le pape avait passé un peu moins de sept heures à Budapest pour célébrer la messe de clôture du congrès le 12 septembre avant d'entreprendre un voyage de trois jours dans le pays voisin, la Slovaquie.

    Le pape François a rencontré M. Orbán lors de sa visite en Hongrie en 2021 et au Vatican en 2022. Mme Novák, qui a été élu présidente de la Hongrie en mars 2022, a rencontré le pape François au Vatican en août dernier. Épouse et mère chrétienne, Mme Novák était auparavant ministre de la famille de Hongrie.

    Katolikus.ma rapporte également que le voyage de François portera sur le thème des jeunes, en prévision des Journées mondiales de la jeunesse qui se tiendront du 1er au 6 août à Lisbonne, au Portugal, et auxquelles le pape devrait également participer.

    Hannah Brockhaus est la correspondante principale de la Catholic News Agency à Rome. Elle a grandi à Omaha, dans le Nebraska, et est diplômée en anglais de la Truman State University, dans le Missouri.

  • Y a-t-il un « véritable islam » ?

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    Editorial lu dans la revue mensuelle « La Nef », sous la signature de Christophe Geffroy :

    Dans son livre Sur l’islam (1), Rémi Brague se moque gentiment du propos tenu en 2013 par le pape François : « le véritable islam et une adéquate interprétation du Coran s’opposent à toute violence. » Le « véritable islam » ? Dans cet ouvrage passionnant teinté d’un humour caustique, saisissant par son érudition et sa clarté, Rémi Brague remet les choses à leur juste place : en cherchant à appréhender l’islam sous ses différentes facettes, sans a priori positif ou négatif, il montre qu’il n’y a pas de « véritable islam » et qu’il n’en peut exister puisqu’il ne reconnaît pas de magistère faisant autorité, comme c’est le cas dans l’Église catholique. Le terroriste islamiste qui tue des « mécréants » peut autant se revendiquer de « l’islam véritable » que le soufi plongé dans ses méditations.

    Pour comprendre ce qu’est l’islam donc, quelle est la vision islamique de Dieu et du monde, R. Brague explore ses « fondamentaux », et notamment le Coran, figé, depuis la crise mu‘tazilite du IXe siècle, comme parole incréée de Dieu dictée à Mahomet. Cet aspect essentiel explique une part importante de la réalité musulmane. Le Coran contient nombre de dispositions légales, souvent extrêmement précises et s’attachant à la vie quotidienne dans certains de ses plus petits détails, faisant de l’islam plus qu’une simple religion, « une législation », écrit R. Brague – une « religion de la Loi ». « De la sorte, poursuit-il, lorsque l’islam, comme religion, entre en Europe, il ne le fait pas seulement comme une religion […]. Il y pénètre au titre d’une civilisation qui forme une totalité organique et qui propose des règles de vie bien déterminées. »

    En islam, la raison ne peut en aucune façon être source de l’obligation du droit, la loi vient directement de Dieu, via le Coran lui-même, parole incréée de Dieu. Et lorsque surgissent des contradictions, elles se résolvent par la théorie de l’« abrogation » qui donne la primauté au verset coranique le plus récent, toujours plus sévère que le verset antérieur – relativisant par là même les passages les plus tolérants envers les juifs et les chrétiens que l’on met habituellement en avant. Ainsi, puisqu’il n’y a que la loi de Dieu, le concept de loi naturelle n’a aucun sens et il ne peut exister, en théorie, de règles communes valables pour les musulmans et les « infidèles ». Les conséquences de cette approche du droit, discipline qui domine toutes les autres en islam, sont importantes, notamment par ses répercussions sur la morale et la relativisation de principes que nous considérons comme universels : est bien ce que Dieu veut, donc ce qu’exige le Coran ne peut être que bien, y compris ce qu’a fait Mahomet qui est le « bel exemple » que Dieu recommande de suivre (Coran XXXIII, 21). Ainsi assassiner, torturer, conquérir par l’épée, mentir (taqiyya), multiplier les épouses (y compris fort jeune, Mahomet ayant consommé son mariage avec Aïcha alors qu’elle n’avait que 9 ans)… aucune de ces actions ne saurait avoir été mauvaise dès lors qu’elle a été le fait du « Prophète ». Certes, aucun musulman n’est obligé de faire de même, mais du moins le peut-il sans trahir sa religion.

    L’islam et l’Europe

    Autre thème sur lequel R. Brague remet les pendules à l’heure : l’apport de la civilisation islamique (où chrétiens, juifs, sabéens, zoroastriens ont joué un rôle non négligeable) à l’Europe au Moyen Âge. Certes, les sciences arabes, en ce temps, étaient plus développées dans la sphère islamique que chrétienne, mais, tempère R. Brague, « l’islam en tant que religion n’a pas apporté grand-chose à l’Europe, et ne l’a fait que tard », la chrétienté occidentale n’ayant jamais totalement cessé le commerce intellectuel avec Byzance, ce qui a permis le maintien du contact avec la culture grecque que l’islam n’a aucunement cherché à assimiler.

    Depuis environ cinq siècles, l’islam a comme interrompu son développement culturel et s’est progressivement laissé dépasser et dominer par l’Europe, provoquant une intense humiliation chez nombre de musulmans : c’est ce que R. Brague nomme « l’ankylose » de l’islam. Aujourd’hui, s’il n’y avait pas eu la manne pétrolière, les pays musulmans, faibles scientifiquement et militairement, ne pèseraient rien au plan international. Leur atout est néanmoins leur forte démographie, couplée à une immigration massive vers l’Europe, qui a permis l’installation de vastes communautés musulmanes financées par l’argent de l’or noir. C’est une autre façon, plus patiente mais sans doute plus efficace, de l’emporter et de prendre ainsi une revanche sur le passé. Quand le réaliserons-nous ?

    Christophe Geffroy"

    (1) Rémi Brague, Sur l’islam, Gallimard, 2023, 390 pages, 24 €.

    © LA NEF n° 356 Mars 2023