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  • Enquête sur les funérailles : 53% à l’église. 56% d’inhumations et 44% d’incinérations

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    Communiqué de presse

    Enquête sur la réalité des funérailles : 53% à l’église. 56% d’inhumations et 44% d’incinérations.

    2 novembre 2022.

    Egliseinfo.be, le GPS de plus de 2.500 clochers en Belgique francophone, dévoile les résultats de son enquête sur la réalité de la pratique des funérailles en Belgique francophone. Combien choisissent une cérémonie religieuse ? Y-a-t’il plus d’inhumations que d’incinérations ? Cela varie-t’il d’une province à l’autre ?

    « Notre site est la référence des heures de messe et reçoit également beaucoup de visites liées aux funérailles, des recherches d’adresses d’églises et de cimetières. De même pour des prières pour les défunts. Avec l’équipe, nous avons voulu objectiver la réalité des funérailles en Belgique francophone. », dit Jacques Galloy, initiateur de la plateforme egliseinfo.be.

    Le 2 novembre est le jour de la commémoration des défunts. Les cimetières fleurissent et s’illuminent. Des millions de belges visitent les tombes de leurs proches. En 2021, 112.291 habitants sont décédés en Belgique (toutes causes de décès confondues) selon Statbel, l'office belge de statistique, soit environ 55.000 Belges francophones.

    La moyenne d’âge des 540 avis de décès analysés est de 78 ans. L’échantillon a été extrait du 15 au 31 octobre 2022, sur les sites enaos.be, inmemoriam.be, defunt.be et lesfunerailles.be. Il représente proportionnellement les provinces du Brabant Wallon, Hainaut, Liège, Luxembourg, Namur et la région de Bruxelles capitale.

    53% des funérailles ont lieu sous la forme d’une cérémonie religieuse dans une église. C’est même 70% dans les provinces de Luxembourg et de Namur et 44% dans le Brabant-Wallon, à Bruxelles et à Liège. Le Hainaut, la province la plus peuplée avec ses 1 351 127 habitants au 1 janvier 2022 selon statbel, affiche 59% de cérémonies religieuses à l’église. Pour être complet, il faudrait aussi tenir compte des liturgies religieuses dans les crématoriums mais cette information n’apparaît pas toujours clairement sur les avis.

    Parmi ces célébrations religieuses dans une église, 72% optent pour une inhumation, contre 28% d’incinérations. Au contraire, en absence de liturgie, 69% choisissent une incinération tandis que 31% préfèrent un enterrement dans un cercueil. En moyenne, sur l’ensemble des obsèques de l’échantillon, 56% sont des inhumations contre 44% d’incinérations, en croissance. C’est dans la province de Liège que le taux d’incinération est le plus élevé : 53%, et dans les provinces de Luxembourg et de Namur qu’il est le plus faible : 34%. A Liège-ville, le crématorium situé sur le site de l’ancien abbaye devenu cimetière de Robermont affiche de plus en plus souvent complet. Dès lors, davantage d’incinérations ont lieu au sud des Pays-Bas dans le crématorium d’Eijsden où il y aura bientôt un espace aménagé pour le recueillement des proches.

    Par ailleurs, en ces temps troublés, les cimetières militaires des malheureuses grandes guerres sont plus fréquentés que d’habitude. Les arbres se parent de leurs couleurs d’automne. Les feuilles tombent. L’hiver approche et, nous le savons, il sera suivi du printemps.

    Notice technique : Enquête sur les funérailles en Belgique francophone par egliseinfo.be, le GPS des clochers. Echantillon de 540 faire-parts de décès du 15 au 31 octobre 2022, sur les sites enaos.be, inmemoriam.be, defunt.be et lesfunerailles.be.

    Marge d’erreur 4%. Statbel : https://statbel.fgov.be/fr/themes/population/mortalite-et-esperance-de-vie/mortalite-generale#

    Contacts : Gabriel Crutzen, webmaster, +32 470 03 21 74, support@egliseinfo.be
    Jacques Galloy, initiateur, +32 (4) 374 23 74, +32 (497) 44 67 36 info@egliseinfo.be
    Gaudeto sprl - Chemin du Frise 46, 4671 Saive

    A propos d’Egliseinfo.be : Egliseinfo.be est une start-up catholique belge qui géolocalise gratuitement les clochers et les horaires des célébrations. Lancée à Pâques 2014, elle regroupe 2.500, soit 95%, des clochers et paroisses de Belgique francophone. Ce projet collaboratif est porté par des chrétiens laïcs en partenariat avec des diocèses belges francophones et CathoBel.

    www.egliseinfo.be - https://www.facebook.com/egliseinfo.be - https://www.instagram.com/egliseinfo.be

  • "Nous voyons les conséquences d'une société pleine de droits mais sans responsabilité personnelle"

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    De Maria José Atienza sur Omnes :

    Joseph Weiler : "Nous voyons les conséquences d'une société pleine de droits mais sans responsabilité personnelle".

    Joseph Weiler, Prix Ratzinger de Théologie 2022, a été l'orateur du Forum Omnes sur "La crise spirituelle de l'Europe", dans une Aula pleine à craquer, où il a partagé des clés et des réflexions sur la pensée européenne actuelle. 

    31 octobre 2022

    L'Aula Magna du siège de l'Université de Navarre à Madrid a accueilli le Forum Omnes sur "La crise spirituelle de l'Europe". Un sujet qui a suscité beaucoup d'attentes, comme en témoigne le large public qui a assisté au Forum Omnes. Alfonso Riobó, directeur d'Omnes, a ouvert le forum Omnes en remerciant les intervenants et les participants de leur présence et en soulignant le niveau intellectuel et humain du professeur Weiler, qui est devenu le troisième lauréat du prix Ratzinger à assister à un forum Omnes.

    Le professeur María José Roca était chargé de modérer la session et de présenter Joseph Weiler. M. Roca a souligné la défense de "la possibilité d'une pluralité de visions en Europe dans un contexte de respect des droits" incarnée par le professeur Weiler, qui a représenté l'Italie devant la Cour européenne des droits de l'homme dans l'affaire Lautsi contre Italie, qui a statué en faveur de la liberté de la présence de crucifix dans les écoles publiques italiennes.

    La "trinité européenne"

    M. Weiler a commencé sa thèse en soulignant que "la crise que traverse l'Europe n'est pas seulement politique, défensive ou économique. C'est une crise, avant tout, de valeurs". Dans ce domaine, M. Weiler a expliqué les valeurs qui, selon lui, sous-tendent la pensée européenne et qu'il a appelées "la trinité européenne" : "la valeur de la démocratie, la défense des droits de l'homme et l'État de droit".

    Ces trois principes constituent le fondement des États européens, et sont indispensables. Nous ne voulons pas vivre dans une société qui ne respecte pas ces valeurs, a soutenu M. Weiler, "mais ils ont un problème, ils sont vides, ils peuvent aller dans une bonne ou une mauvaise direction".

    Weiler a expliqué cette faille dans les principes : la démocratie est une technologie de l'information.
    Elle est vide, car si vous avez une société où la plupart des gens sont mauvais, vous avez une mauvaise démocratie. "De même, les droits fondamentaux indispensables nous donnent des libertés, mais que faisons-nous de cette liberté ? ". Selon ce que nous faisons, nous pouvons faire du bien ou du mal ; par exemple, nous pouvons faire beaucoup de mal protégés par la liberté d'expression".

    Enfin, a souligné M. Weiler, il en va de même pour l'État de droit si les lois dont il émane sont injustes.

    Le vide européen

    Face à cette réalité, Weiler défend son postulat : l'être humain cherche "à donner un sens à sa vie qui dépasse ses intérêts personnels".

    Avant la Seconde Guerre mondiale, poursuit le professeur, "ce désir humain était couvert par trois éléments : la famille, l'Église et la patrie. Après la guerre, ces éléments ont disparu, ce qui est compréhensible, si l'on tient compte de la connotation avec les régimes fascistes et des abus commis par ces derniers. L'Europe se laïcise, les églises se vident, la notion de patriotisme disparaît et la famille se désintègre. Tout cela donne lieu à un vide. D'où la crise spirituelle de l'Europe : "ses valeurs, la "sainte trinité européenne" sont indispensables, mais elles ne satisfont pas la quête de sens de la vie. Les valeurs du passé : famille, église et pays n'existent plus. Il y a donc un vide spirituel.

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  • François a donné un anneau cardinalice à Mgr Van Looy

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    De Vida Nueva (Mateo Gonzales Alonso): 

    François a donné un anneau de cardinal à l'évêque belge qui a renoncé à la barette cardinalice

    Pour le porte-parole du Saint-Siège, cela "ressemble plus à un geste personnel du pape qu'à un événement d'importance ecclésiastique".

    Les 8 et 9 octobre, le salésien Luc Van Looy, évêque émérite de Gand (Belgique), a participé aux différentes manifestations organisées à Rome pour la canonisation d'Artémides Zatti, salésien d'origine italienne qui a passé sa vie religieuse en Argentine à s'occuper de nombreux malades. Mgr Van Looy avait fait la une des journaux quelques mois auparavant lorsqu'il avait renoncé à son cardinalat à la suite de l'annonce du pape François, le 29 mai, pour sa gestion des cas d'abus passés à la tête du diocèse belge.

    Un geste personnel

    Cependant, une image a été portée à l'attention du journal catholique néerlandais Nederlands Dagblad, à savoir la manière dont le souverain pontife a embrassé l'anneau de l'évêque émérite. Une chose qui était visible par tous, puisqu'il s'agit de l'une des principales photos que le Vatican conserve sur son site web. Mgr Van Looy a salué François en public après l'audience avec la famille salésienne le 8 octobre et après la messe de canonisation le jour suivant sur la place Saint-Pierre. Le baiser de vénération papale a donné une notoriété à ce qui semblait jusqu'alors être un geste discret et personnel du pontife.

    Selon les médias flamands, Mgr Van Looy a reçu du pape une bague en cadeau, semblable à celle que les autres cardinaux ont reçue lors du consistoire du 27 août, bien que le prélat n'ait pas participé à la célébration ni aux journées d'étude du nouveau document sur la Curie romaine. Bien que sa renonciation ait été rendue publique le 16 juin, la presse rapporte maintenant que l'anneau a été remis par le cardinal sud-coréen Lazarus You Heung, préfet du dicastère pour le clergé, et que pendant son séjour dans la congrégation salésienne, Van Looy a été missionnaire pendant plusieurs années en Corée du Sud.

    "C'est quelque chose entre moi et le Pape. Je n'ai pas reçu cet anneau publiquement et cela ne doit donc pas être annoncé publiquement", tels sont les mots de l'évêque belge rapportés par le Nederlands Dagblad. Pour lui, ce cadeau n'est qu'"un geste du pape et rien de plus, je pense". Le Vatican n'a pas donné de "réponse officielle", mais le porte-parole du Saint-Siège, Matteo Bruni, a répondu au journal en déclarant qu'il s'agissait "plutôt d'un geste personnel du pape que d'un événement d'importance ecclésiastique".

    Mgr Van Looy, qui est à la retraite et qui donne un coup de main à un sanctuaire marial belge, a déclaré à Vida Nueva après sa démission : "Je me souviens que Don Bosco n'a jamais accepté les honneurs ou les titres, et que Jésus est passé par les gens quand ils ont voulu le faire roi. Nous sommes dans la main de Dieu".

  • Le gouvernement de l'Eglise entre les mains des jésuites ?

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    Un article de Sandro Magister, vaticaniste à L’Espresso, en traduction française sur Diakonos.be :

    L’équipe du Pape François aux manettes de l’Église. Tous jésuites

    Incroyable mais vrai. Alors même qu’elle a perdu une bonne moitié de ses effectifs en quelques décennies à peine, la Compagnie de Jésus s’est hissée aux plus hautes fonctions de l’Église catholique comme jamais auparavant.

    Il y a d’abord bien entendu le Pape François lui-même. C’est le premier pape jésuite de l’histoire : lui qui comptait pourtant plus d’adversaires que d’amis au sein de la Compagnie et qui se gardait bien de mettre les pieds à la curie généralice à chaque fois qu’il se rendait à Rome quand il était encore cardinal.

    Mais ce qui est nouveau, c’est que dans cette dernière phase de son pontificat – qui décline avec son âge, au contraire de ses ambitions – François s’est doté d’une équipe d’assaut aguerrie, toute dévouée à sa cause et entièrement composée de jésuites.

    Le numéro un de cette équipe est indiscutablement le cardinal Jean-Claude Hollerich (photo), archevêque de Luxembourg. Il est en tête de liste, dans les plans du Pape Bergoglio, aussi bien pour le présent que pour l’avenir.

    En ce qui concerne le présent, le rôle que François lui a assigné, c’est de piloter, en tant que rapporteur général, le synode mondial lancé en 2021 et qui durera au moins jusqu’en 2024, et bien au-delà dans le tête du Pape, avec pour objectif de remodeler l’Église à l’enseigne, précisément, d’une « synodalité » permanente.

    Quant à l’avenir, ce n’est un mystère pour personne que le cardinal Hollerich est également le candidat « in pectore » du Pape François à sa succession, sur laquelle le synode en cours aura un poids déterminant, obligeant dans les faits le futur Pape – qui qu’il soit – à le prendre en compte et à poursuivre le « processus », un peu comme Paul VI avait du le faire avec le Concile Vatican II qu’il avait hérité de Jean XXIII.

    La répétition générale de ce synode mondial est en cours en Allemagne, et elle est déjà en train de contaminer d’autres Églises nationales sans que François n’y oppose le moindre frein efficace, avec la sempiternelle litanie de réformes à la mode, allant des prêtres mariés aux femmes prêtres, en passant par la nouvelle morale sexuelle et homosexuelle et par la démocratisation du gouvernement de l’Église.

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  • Le métagénisme ou la supercherie du genre

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    Du site de la librairie en ligne Via Romana :

    La supercherie du Genre

    La supercherie du Genre

    Abbé Renaud de Sainte Marie

    10,00 € TTC
     
    Vient de paraître, en librairie le 10 novembre.

    Disponible dès maintenant sur ce site.

    Beaucoup d’opposants au Mariage pour tous le savaient. L’adoption de la loi Taubira était l’arbre qui cachait la forêt. Depuis lors, dans ces domaines qui touchent à la définition des sexes, à leur place dans la société, à la définition de la famille s’accumulent les bouleversements, certains diront les déconstructions.

    Pour inquiétant qu’il soit, ce spectacle n’est pas sans cohérence. Ce petit livre a pour ambition de dévoiler l’arrière-fond philosophique du chaos général soutenu institutionnellement à grand renfort de lois et de propagande par les gouvernements successifs de notre pays et par les institutions internationales.

    L’attaque que subissent les nations humaines est générale, et sa malice en quelque sorte inédite. Les premières victimes de cette offensive sont les plus jeunes générations, celles qui à l’école sont devenues les souris de laboratoire de théoriciens promouvant une égalité pas encore atteinte malgré cent cinquante ans de démocratie. On découvrira par ce livre pourquoi les luttes contre les discriminations sont devenues intersectionnelles.

    Face au mal qui progresse, nous ne pouvons pas rester inactifs. Mais avant d’agir, il faut comprendre, nommer. Sous nos yeux inquiets se dévoile un courant de pensée qui ne disait pas son nom, nous lui en avons donné un : le métagénisme.

    Prêtre, l’abbé Renaud de Sainte Marie a été ordonné en 2006. Titulaire d’un doctorat en philosophie, il a déjà publié La sensibilité dans la vie morale (Clovis 2009) et Le désir du bien (Téqui 2021).

  • Procès du cardinal Zen : les avocats de la défense demandent l’abandon des charges

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    De Camille Westphal Perrier sur Info Chrétienne :

    Hong Kong : les avocats du cardinal Zen demandent à ce que les charges retenues contre lui soient abandonnées

    Le procès du cardinal Zen, grand défenseur de la démocratie, et de ses coaccusés à repris hier, lundi 31 octobre, à Hong Kong. Les avocats de la défense demandent l’abandon des charges. 

    Le procès du cardinal Zen, arrêté avec cinq autres militants pro-démocratie en mai pour « collusion avec des forces étrangères »,  se poursuit à Hong Kong au tribunal de West Kowloon.

    Il n’a toutefois, à ce stade, pas été inculpé pour cette infraction qui lui ferait encourir la prison à vie, selon la loi de sécurité nationale imposée par Pékin en 2020.

    Avec ses coaccusés, parmi lesquels la chanteuse Denise Ho, l’avocate Margaret Ng, il n’est pour l’instant jugé que pour défaut d’enregistrement d’un fonds en tant que société. Il s’agit du fonds « 612 Humanitarian Relief Fund », dont il était l’un des administrateurs, qui était destiné à financer une partie des frais judiciaires et médicaux des personnes arrêtées lors des gigantesques manifestations pro-démocratie de 2019.

    Les accusés encourent une amende de 10.000 dollars de Hong Kong (1.300 euros). Ils ont tous plaidé non-coupable.

    La semaine dernière, l’accusation avait la parole, hier lundi 31 octobre, c’était au tour des avocats de la défense de s’exprimer.

    L’accusation a plaidé mercredi 26 octobre que le fonds était de nature politique et était donc tenu de s’enregistrer.

    Asia News rapporte que l’équipe juridique des accusés a demandé que les charges qui pèsent contre le cardinal et les autres administrateurs du fonds soient abandonnées. Les avocats de la défense estiment en effet que selon l’Ordonnance sur les Sociétés, ils n’avaient pas l’obligation d’enregistrer le fonds comme tel.

    L’arrestation du cardinal Zen a suscité l’indignation dans de nombreux pays occidentaux, qui accusent la Chine de mettre fin aux libertés autrefois promises à Hong Kong.

    Jeudi 27 octobre, le même tribunal a condamné un pasteur protestant, Garry Pang Moon-yuen, pour sédition. Il est le premier membre du clergé chrétien à avoir été condamné pour ce motif depuis la loi sur la sécurité nationale.

  • Qui se préoccupe du long terme aujourd’hui ?

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    D'Olivier Bonnassies sur La Sélection du Jour :

    LE PROBLÈME DE LA DÉMOCRATIE

    « La démocratie est basée sur la vertu » disait Montesquieu dans son analyse des régimes politiques (De l’Esprit des lois, chapitre IV). Il expliquait que ce régime politique « plus fragile » requiert un civisme particulier, une « vertu politique » qui est « un renoncement à soi-même » en ce sens que les citoyens doivent « accorder plus d’importance à l’intérêt général et à la nation qu’à (leur) propre intérêt » en ayant toujours, chevillé au corps, « l’amour des lois et de la patrie ».

    On en est loin aujourd’hui ! Depuis plusieurs décennies, dans la plupart des grandes démocraties occidentales, notre génération a cédé à la facilité. Ce penchant a été facilité par l’évolution des marchés financiers qui ont permis de vivre à crédit, en empruntant des sommes gigantesques qui plombent l’avenir de nos enfants comme jamais : qui pourra rembourser cela ?

    Les peuples réclament toujours plus d’assistance de l’État, alors que, contrairement au sentiment général, la prospérité, la santé, l'hygiène, le confort, les loisirs et la qualité de la vie n’ont jamais atteint les niveaux d’aujourd’hui. Mais l'État est atteint de paralysie évolutive. À la moindre tentative de réforme, il se heurte à une opposition multiforme dans la rue, qui gagne habituellement quand elle a le soutien complaisant des médias.

    Les hommes politiques ont pris l’habitude de flatter ces exigences ou de se coucher devant elles. La dernière campagne présidentielle en France a été l’occasion d’une surenchère surréaliste sur le thème de la hausse du pouvoir d’achat. Trois mois plus tard, Emmanuel Macron change radicalement de discours : ce serait aujourd’hui « la fin de l’abondance » et le temps de la« sobriété ». Le paysage aurait-il radicalement évolué en trois mois ? Ou nous aurait-on menti ?

    En réalité, dans le fonctionnement actuel de nos démocraties l’horizon est au mieux à 5 ans et on ne pense qu’au court terme. Les hommes politiques, leurs entourages, leurs partis, ne sont attentifs qu’aux sondages et ne prennent leurs décisions qu’en fonction de l’opinion publique ; ils ne cherchent qu’à être bien vus dans l’instant ; ils n’ont en tête que leur indice sur les baromètres de popularité en vue de leur réélection (quand ils sont élus !). Et plus on approche des élections plus la démagogie s’en donne à cœur joie : on ne pense qu’au très court terme et les réseaux sociaux, qui s’enflamment vite, aggravent les choses.

    Dans ce contexte, tous les problèmes de long terme sont négligés : la natalité, la politique familiale, l’éducation, l’écologie, la démographie, l’immigration, l’islamisme, les banlieues et les zones de non droit, la partition du pays, la technologie, l’industrie, les retraites et le montant de la dette ne semblent intéresser personne. Évidemment, avec ce type de comportement, les nuages s’accumulent : tous les clignotants passent au rouge et nous nous préparons à une crise sociale et économique inouïe.

    Où serait le remède ? Comment retrouver la « vertu », le sens du « renoncement à soi-même » et la vision longue qui nous manquent tant ?

    Dans le passé, des hommes politiques ont fait ce choix du bien commun contre la popularité. Ce fut le cas, notamment, de Gerhard Schröder, qui, sans être un exemple de moralité personnelle (vie compliquée !), a sauvé l’Allemagne, ou du moins sa prospérité économique, au début des années 2000, en mettant en place « l’agenda 2010 ». Ce paquet de réformes très impopulaires a provoqué la colère de son électorat, une chute de la popularité du chancelier et une lourde défaite électorale, qui l’a contraint à quitter la politique. Mais dix ans après, tout le monde reconnait que la prospérité allemande du début du XXIème siècle lui doit beaucoup.

    Certains peuples peuvent aussi avoir des comportements responsables. C’est le cas parfois en Suisse, où, par référendum, le peuple a été capable de dire « non » à plus de vacances et à davantage de congés payés (2012), « non » à la limitation du salaire des patrons (2013), « non » à une hausse du SMIC à 3 240 euros (2014) et « non » à l’abolition de la redevance audiovisuelle (2018). Mais qui peut imaginer cela ailleurs ?

    Dans l’Ancien Régime, même si cela n’empêchait pas les banqueroutes, les rois savaient que leurs enfants auraient à gérer l’avenir et cela conduisait naturellement à prendre en compte l’intérêt des générations futures. C’est ainsi que Jean-Baptiste Colbert (1619-1683) a fait l’effort – sans aucun gain de court terme évidemment – de faire planter des forêts de chênes qui ont assuré le bois nécessaire au développement de la marine française et qui ont contribué à la prospérité de la France dans les siècles suivants. Il l'a fait parce que c’était essentiel pour l’avenir de la nation et tout le monde le comprenait à l'époque. Mais qui se préoccupe du long terme aujourd’hui ?

    Pour aller plus loin :

    Les chênes français et le trésor de Colbert

    >>> Lire l'article sur : Le Monde

  • Dans la main de Dieu

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    Dans la main de Dieu

    2 novembre: jour de la commémoration des défunts. Pour bon nombre d'entre nous, après la mort il n'y a rien. Jamais, nous ne reverrons ceux que nous avons aimés. Très curieusement, un texte de la Bible, tiré du livre de la Sagesse, nous livre des paroles conformes à ce que beaucoup d'humains pétris d'une philosophie matérialiste pensent aujourd'hui. En voici quelques extraits... "Les incroyants se disent: "Il est court le temps de notre vie et quand vient la fin d'un homme, il n'y a point de remède. Notre nom tombera dans l'oubli. Le hasard nous a amenés à l'existence  et après cette vie, nous serons comme si nous n'avions jamais été. Notre existence est le passage d'une ombre et sa fin est sans retour. De la mort, nul ne revient". Quel athée ne se retrouvera pas dans ces mots? Cependant, ce même texte poursuit: "Telles sont leurs pensées mais il se trompent. Ignorant les desseins divins, il ne savent pas qu'ils sont créés pour l'immortalité et que les âmes des justes sont dans la main de Dieu. Aux yeux des insensés, nos défunts paraissent être morts et leur sortie de ce monde semble un malheur, mais ils sont dans la paix". Contraste!  D'un côté ceux qui croient que le Réel se réduit à ce qu'ils peuvent percevoir de lui et de l'autre, ceux qui pensent que nos sens sont insuffisants pour saisir la totalité de ce Réel. Dès lors, si pour les premiers tout s'arrête avec la fin du corps physique, pour les deuxièmes tout est transfiguré avec ce corps spirituel qui n'appartient aucunement à l'espace-temps. Certes, la nature et hélas les actions de l'homme à travers des assassinats, sont capables de tuer notre corps matériel, mais ils ne peuvent rien à l'encontre de notre âme qui, elle, demeure éternellement.  Un mot attribué à St Jérôme peut, je le crois nous aider à percevoir la différence qui existe entre ce monde et celui qui nous attend sur l'autre rive. Le voici en guise de conclusion: "La vie (terrestre) est un rêve dont la mort (l'au-delà) nous réveille".

    Jean-Pierre Snyers (Montforêt 19, 4190 Ferrières, Belgique)