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  • Première audience générale de Léon XIV : la Parole comme une graine semée dans le sol de notre vie

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    De Vatican News :

    Audience générale: la Parole comme une graine semée dans le sol de notre vie

    Le nouvel évêque de Rome a tenu sa première audience générale devant 40 000 fidèles réunis place Saint-Pierre, mercredi 21 mai. Poursuivant le cycle des catéchèses jubilaires entamé par son prédécesseur, «Jésus-Christ, notre espérance», Léon XIV a offert une réflexion sur la parabole du semeur.

    Après un bain de foule en papamobile, Léon XIV a offert une méditation sur la parabole du semeur, «une sorte d’introduction à toutes les paraboles», a-t-il lancé en préambule, car ce récit illustre «la manière de communiquer de Jésus», «chaque parole de l'Évangile est comme une graine qui est semée dans le sol de notre vie.»

    “Comme il semait, des grains sont tombés au bord du chemin, et les oiseaux sont venus tout manger. D’autres sont tombés sur le sol pierreux, où ils n’avaient pas beaucoup de terre ; ils ont levé aussitôt, parce que la terre était peu profonde. Le soleil s’étant levé, ils ont brûlé et, faute de racines, ils ont séché. D’autres sont tombés dans les ronces ; les ronces ont poussé et les ont étouffés. D’autres sont tombés dans la bonne terre, et ils ont donné du fruit à raison de cent, ou soixante, ou trente pour un. Celui qui a des oreilles, qu’il entende !”

    La figure de la parabole

    La parabole, au-delà de raconter une histoire du quotidien, interroge celui qui la lit. «Devant l'histoire qui m'est racontée ou l'image qui m'est donnée, je peux me demander: où suis-je dans cette histoire? Que dit cette image à ma vie? Le terme parabole vient en effet du verbe grec paraballein, qui signifie jeter devant.», a détaillé le Souverain pontife.

    Cette parabole du semeur, lue précédemment sur le parvis de la place Saint-Pierre, permet l’introduction d’autres paraboles, comme celles du blé de et l’ivraie, de la graine de moutarde ou encore du trésor caché dans le champ. Le point commun entre ces récits, a expliqué Léon XIV, n’est autre que la terre.

    “Quelle est donc cette terre ? C'est notre cœur, mais c'est aussi le monde, la communauté, l'Église. La parole de Dieu, en effet, féconde et provoque toutes les réalités.”

    Un semeur original

    Dans cet épisode tiré du chapitre 13 de l’Évangile de Matthieu, Jésus s’adresse à tous ceux rassemblés autour de sa maison, «mais elle agit en chacun d'une manière diverse.»

    Audience générale du 21 mai 2025.
    Audience générale du 21 mai 2025.   (@Vatican Media)

    Le semeur conté par Jésus est plutôt original, a continué Léon XIV, «Il sème les graines même là où elles ont peu de chances de porter du fruit», une attitude qui peut surprendre, a-t-il estimé, «car nos gestes sont d’habitude calculés».

    La terre, métaphore de l’être humain

    Cependant, l’amour ne peut pas être un geste calculé, a démontré ensuite le Successeur de Pierre, et la manière dont le semeur jette les graines est «une image de la manière dont Dieu nous aime».

    Une terre finalement métaphore de l’être humain. Si celui-ci peut être parfois superficiel, distrait, «accablé par les soucis de la vie», il peut aussi se révéler «disponible et accueillant», «Dieu est confiant et espère que tôt ou tard la graine fleurira. Il nous aime ainsi: il n'attend pas que nous soyons la meilleure terre, il nous donne toujours généreusement sa parole.»

    En racontant comment la graine porte du fruit, Jésus parle aussi de sa vie, a également expliqué l’évêque de Rome à la foule, ainsi «cette parabole nous dit que Dieu est prêt à ‘’gaspiller’’ pour nous et que Jésus est prêt à mourir pour transformer nos vies.»

    Le semeur au soleil couchant

    En conclusion, Léon XIV a dit penser au tableau de Vincent Van Gogh, Le semeur au soleil couchant, sur lequel est représenté le paysan en train de semer, mais l’on peut voir derrière lui des grains déjà mûrs, «Il me semble que c'est une image d'espérance: d'une manière ou d'une autre, la semence a porté ses fruits. Nous ne savons pas exactement comment, mais c'est ainsi.»  

    Le semeur au soleil couchant
    Le semeur au soleil couchant
     
  • Sainte Rita de Cascia, l'avocate des pauvres et de ceux qui n'ont rien (22 mai)

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    Du pape Jean-Paul II lors de l'audience du 20 mai 2000 (pèlerinage jubilaire des fidèles de sainte Rita de Cascia et des Chevaliers du Travail) (source) :

    ... Quel est le message que cette sainte nous transmet? Il s'agit d'un message qui transparaît de sa vie:  l'humilité et l'obéissance ont été la voie sur laquelle Rita a marché vers une assimilation toujours plus parfaite au Crucifié. Les stigmates qui brillent sur son front sont la preuve de l'authenticité de sa maturité chrétienne. Sur la Croix avec Jésus elle a, d'une certaine façon, obtenu le diplôme de cet amour, qu'elle avait déjà connu et exprimé de façon héroïque entre les murs de sa maison et en participant à l'histoire de sa ville.

    Suivant la spiritualité de saint Augustin, elle devint une disciple du Crucifié et "experte pour souffrir", elle apprit à comprendre les peines du coeur humain. Rita devint ainsi l'avocate des pauvres et de ceux qui n'ont rien, obtenant pour ceux qui l'ont invoquée dans les situations les plus disparates d'innombrables grâces de consolation et de réconfort.

    Rita de Cascia fut la première femme à être canonisée lors du grand Jubilé du début du XXème siècle, le 24 mai 1900. En décrétant sa Sainteté, mon prédécesseur Léon XIII observa qu'elle plut tant au Christ qu'il voulut la marquer du sceau de sa charité et de sa passion. Un tel privilège lui fut accordé en raison de son humilité singulière, de son détachement intérieur des passions terrestres et de l'admirable esprit de pénitence qui accompagnèrent chaque moment de sa vie (cf. Lett. apos. Umbria gloriosa sanctorum parens, Acta Leonis XX, pp. 152-53).

    J'ai plaisir aujourd'hui, cent ans après sa canonisation, à la reproposer comme signe d'espérance en particulier aux familles. Chères familles chrétiennes, en imitant son exemple, sachez vous aussi trouver dans l'adhésion au Christ la force de porter à terme votre mission au service de la civilisation de l'amour!

    Si nous demandons à sainte Rita quel est le secret de cette extraordinaire oeuvre de renouveau social et spirituel, elle nous répond:  la fidélité à l'amour crucifié. Rita, avec le Christ et comme le Christ, parvient à la Croix toujours et uniquement par amour. Alors, comme elle, nous tournons notre regard et notre coeur vers Jésus mort et ressuscité pour notre salut. C'est lui, notre Rédempteur, qui rend possible, comme il le fit pour cette chère sainte, la mission d'unité et de fidélité qui est propre à la famille, même dans les moments de crise et de difficultés. C'est encore lui qui rend concret l'engagement des chrétiens dans l'édification de la paix, en les aidant à surmonter les conflits et les tensions, malheureusement si fréquents dans la vie quotidienne.

    La sainte de Cascia appartient au grand groupe des femmes chrétiennes qui "ont eu une influence significative sur  la  vie  de  l'Eglise,  ainsi que sur celle de la société" (Mulieris dignitatem, n. 27). Rita a bien interprété le "génie féminin":  elle l'a vécu intensément, tant dans sa maternité physique que spirituelle.

    J'ai rappelé, à l'occasion du sixième centenaire de sa naissance, que sa leçon "se concentre sur ces éléments typiques de spiritualité: l'offre du pardon et l'acceptation de la souffrance, non pas en raison d'une forme de résignation passive [...], mais en vertu de cet amour envers le Christ qui, précisément lors de l'épisode du couronnement, a subi, en même temps que d'autres humiliations, une atroce parodie de sa royauté" (Insegnamenti, V/1 [1982], 874).


    Très chers frères et soeurs, la dévotion à sainte Rita dans le monde est symbolisée par la rose. Il faut espérer que la vie de tous ses fidèles soit également comme la rose cueillie dans le jardin de Roccaporena au cours de l'hiver qui précéda la mort de la sainte. C'est-à-dire qu'il s'agisse d'une vie soutenue par l'amour passionné pour le Seigneur Jésus; une existence capable de répondre à la souffrance et aux épines par le pardon et le don total de soi, pour diffuser partout le bon parfum du Christ (cf. 2 Co 2, 15), à travers l'annonce cohérente et vécue de l'Evangile. Chers fidèles et pèlerins, Rita redonne sa rose à chacun de vous:  en la recevant spirituellement engagez-vous à vivre comme les témoins d'une espérance qui ne déçoit pas, et comme des missionnaires de la vie qui vainc la mort.

    En relation : Sainte Rita de Cascia, celle qui espère contre toute espérance

  • Réflexion sur Nicée 2025 (cardinal Pizzaballa)

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    Du Cardinal Pizzaballa, Patriarche latin de Jérusalem (source) :

    Réflexion sur Nicée 2025

    Jérusalem, Patriarcat latin, 20 mai 2025

    Chers frères et sœurs

    que le Seigneur vous donne la paix !

    (salutations d'ouverture)

    Aujourd'hui, dans le monde entier, les Églises commémorent et célèbrent l'anniversaire de l'événement peut-être le plus important de l'histoire de l'Église depuis sa naissance. Nicée, en effet, le Concile qui a réuni les évêques de l'Église de l'époque, expression des différentes âmes et visions du monde de l'époque, a façonné la foi chrétienne pour toutes les générations qui ont suivi. Depuis lors, sans interruption, dans toutes les églises, chaque chrétien, chaque croyant en Christ, prononce ces mêmes paroles et nourrit sa foi de ces mêmes expressions.

    La personne de Jésus n'a jamais cessé de fasciner le monde. Sa venue dans le monde a changé l'histoire, suscité des interrogations, voire des rejets et des oppositions. À tout moment, en somme, Jésus nous a en quelque sorte obligés à prendre position à son égard.

    Accepter Jésus comme le Fils de Dieu, et Dieu lui-même, était en effet une nouveauté dérangeante pour le monde culturel de l'époque. Comment un homme de chair et de sang, comme nous, peut-il appartenir à la divinité ? Comment pouvait-il être à la fois Fils de Dieu et Dieu lui-même, de la même substance ? Comment un homme peut-il mourir et ressusciter, être homme et Dieu ? C'était quelque chose de totalement inconcevable, mais en même temps quelque chose qui continuait à fasciner les croyants du monde entier. Dès le début, les hypothèses et les propositions sur l'identité du Fils de Dieu se sont succédées et multipliées, toutes nées de la tentative de concilier la figure bouleversante de Jésus, Fils de Dieu et Dieu, avec notre petit entendement humain. Les mots n'existaient même pas pour exprimer un tel mystère. C'est pourquoi, déjà à l'époque, les divisions, parfois vives, entre les différents courants de l'Église ne manquaient pas.

    Il y a 1700 ans, à Nicée précisément, l'Église réunie dans la figure de ses évêques, dans un contexte religieux, culturel et politique non moins problématique qu'aujourd'hui, a eu le courage et l'audace de donner enfin une forme à la foi, commune à tous, mais en même temps claire, inventant également une nouvelle terminologie, capable d'enfermer, autant que possible, dans ces mots, le mystère de l'Incarnation.

    Depuis lors, comme je l'ai évoqué, Nicée reste pour chacun d'entre nous une référence indispensable pour la vie de nos Eglises respectives : de la compréhension et de la définition de la foi à la date de Pâques, et bien d'autres choses encore. Nicée, en somme, a été le moment où l'Église a pu interpréter la nécessité de dire la foi, de l'exprimer selon les catégories culturelles de l'époque. Dans la mesure où le langage humain le permettait, l'Église a pu exprimer le mystère du Verbe fait chair qui a habité parmi nous et de sa présence continue dans l'Église.

    Certes, l'histoire a marqué la vie de nos Églises respectives depuis lors. Nous avons connu des divisions, même douloureuses. Nous avons tous dû faire face à nos petites et grandes infidélités, qui ont blessé l'unique Corps du Christ, l'Église. Il n'est pas rare que nous nous abandonnions à notre logique de pouvoir plutôt qu'au service du Corps mystique du Christ.

    Mais malgré notre petitesse, Nicée est resté pour tous un point de référence indispensable jusqu'à aujourd'hui. Églises orthodoxes, catholiques, anglicanes, protestantes... tout chrétien, à quelque Église qu'il appartienne, ne peut éviter de se confronter à ce que les évêques de l'Église d'il y a 1700 ans ont pu élaborer, certainement sous l'action de l'Esprit Saint.

    Nous vivons aujourd'hui à une époque qui n'est pas très différente de celle d'il y a 1700 ans. D'une part, les complexités politiques et les logiques du pouvoir terrestre, assujettissant des peuples entiers, remettent fortement en question la vie des Églises. D'autre part, le monde culturel et les différentes manifestations de ce que nous appelons aujourd'hui la « modernité » interpellent la vie de toutes nos Églises respectives : l'idée de l'homme, la famille, le besoin de communauté, le rôle de la technologie dans la vie personnelle et sociale, les modèles économiques et sociaux qui se dessinent, la migration de peuples entiers, les sociétés qui sont de plus en plus plurielles sur le plan religieux et culturel... la liste des manifestations que le monde moderne suscite est longue et fait date.

    Dans ce contexte, nous sommes tous appelés, en tant qu'unique Église du Christ, à donner une réponse aux questions que l'humanité se pose aujourd'hui.

    Notre réponse est toujours la même et ne changera jamais. Le Christ est la réponse. Mais tout comme il y a 1700 ans, nous sommes appelés aujourd'hui à être capables de dire notre foi dans le Christ d'une manière audacieuse et courageuse, compréhensible et claire.

    Il n'est pas question de réécrire le Credo de Nicée. Ce texte restera encore et toujours la référence pour la vie de tous les croyants en Christ. Il s'agit plutôt de rendre ces mots et expressions crédibles et compréhensibles pour le monde culturel d'aujourd'hui. Nous devons certainement continuer à dire que le Christ est le Fils unique de Dieu, engendré et non créé, de la même substance que le Père, que l'Esprit nous a donné. Et que dans l'Église, Corps du Christ, une, sainte, universelle et apostolique, nous pouvons encore le rencontrer aujourd'hui.

    A ces expressions apparemment éloignées de la vie de l'homme d'aujourd'hui, il n'y a qu'une seule façon de donner un sens concret, de la vitalité, de la compréhension et de la crédibilité : le témoignage.

    L'Église d'aujourd'hui est appelée non seulement à dire le Credo, mais à le rendre vivant et crédible par le témoignage de ses membres. Lorsque l'homme moderne rencontre des communautés qui ne sont pas parfaites, mais dans lesquelles la vie circule et dans lesquelles il peut se retrouver, lorsqu'il voit des chrétiens heureux malgré les difficultés de la vie, lorsqu'il rencontre des bergers prêts à donner leur vie pour leur troupeau, lorsqu'en somme, l'Église sait encore faire la différence par rapport à la vie et aux critères du monde, alors les questions se posent : pourquoi êtes-vous ainsi ? Où puisez-vous cette force ?

    Notre réponse sera celle de l'Église d'il y a 1700 ans. Alors ces mots et ces expressions, d'abord si obscurs, deviendront lumineux et continueront à éclairer la vie du monde à venir.

    C'est ce que je souhaite à chacun d'entre nous.

    Bon anniversaire !

    * Traduit par le Bureau média du LPJ

  • Prière pour le pape Léon XIV, Vicaire du Christ sur terre et pasteur de l'Eglise universelle (cardinal Burke)

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    Priere-pour-le-pape-Leon-XIV-FRENCH_page-0001 (1).jpgcliquer sur l'image pour l'agrandir

  • Homélie du Saint Père Léon XIV lors de sa visite à la Basilique de Saint Paul hors les Murs

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    Visite du Saint Père Léon XIV à la Basilique de Saint Paul hors les Murs, 20.05.2025 (source)

    Le passage biblique que nous avons entendu est le début d’une très belle lettre adressée par saint Paul aux chrétiens de Rome, dont le message s'articule autour de trois grands thèmes : la grâce, la foi et la justice. Alors que nous confions à l'intercession de l'Apôtre des nations le début de ce nouveau pontificat, réfléchissons ensemble à son message.

    Saint Paul dit tout d'abord qu'il a reçu de Dieu la grâce de l'appel (cf. Rm 1, 5). Il reconnaît, en effet, que sa rencontre avec le Christ et son ministère sont liés à l'amour par lequel Dieu l'a précédé, l'appelant à une nouvelle existence alors qu'il était encore loin de l'Évangile et qu'il persécutait l'Église. Saint Augustin, lui aussi converti, parle de la même expérience en disant : « Que pouvons-nous choisir, si nous n'avons pas d'abord été choisis ? En effet, si nous n'avons pas d'abord été aimés, nous ne pouvons même pas aimer » (Discours 34, 2). À la racine de toute vocation, il y a Dieu : sa miséricorde, sa bonté généreuse comme celle d'une mère (cf. Is 66, 12-14) qui, naturellement, nourrit son enfant à travers son propre corps lorsqu'il est encore incapable de se nourrir seul (cf. S. Augustin, Commentaire du Ps 130, 9).

    Paul, cependant, dans le même passage, parle aussi d'« obéissance de la foi » (Rm 1, 5), et là aussi, il partage ce qu'il a vécu. En effet, le Seigneur, en lui apparaissant sur le chemin de Damas (cf. Ac 9, 1-30), ne l'a pas privé de sa liberté, mais lui a laissé la possibilité d'un choix, d'une obéissance fruit d'efforts, de luttes intérieures et extérieures, qu'il a accepté d'affronter. Le salut ne vient pas par enchantement, mais par un mystère de grâce et de foi, d'amour prévenant de Dieu et d'adhésion confiante et libre de la part de l'homme (cf. 2 Tm 1, 12).

    Alors que nous rendons grâce au Seigneur pour l'appel qui a transformé la vie de Saul, nous lui demandons de nous rendre capables de répondre de la même manière à ses invitations, en devenant témoins de l'amour « répandu dans nos cœurs par le Saint-Esprit qui nous a été donné » (Rm 5, 5). Nous lui demandons de savoir cultiver et diffuser sa charité, en nous rendant proches les uns des autres (cf. François, Homélie des 2nd Vêpres de la solennité de la Conversion de saint Paul, 25 janvier 2024), dans la même course à l'amour qui, depuis sa rencontre avec le Christ, a poussé l'ancien persécuteur à se faire « tout à tous » (cf. 1 Co 9, 19-23) jusqu'au martyre. Ainsi, pour nous comme pour lui, dans la faiblesse de la chair se révélera la puissance de la foi en Dieu qui justifie (cf. Rm 5, 1-5).

    Depuis des siècles, cette basilique est confiée aux soins d'une communauté bénédictine. Comment ne pas rappeler, alors, en parlant de l'amour comme source et moteur de l'annonce de l'Évangile, les appels insistants de saint Benoît, dans sa Règle, à la charité fraternelle dans le monastère et à l'hospitalité envers tous (Règle, chap. LIII ; LXIII)?

    Mais je voudrais conclure en rappelant les paroles que, plus de mille ans après, un autre Benoît, le pape Benoît XVI, adressait aux jeunes : « Chers amis, disait-il, Dieu nous aime. C'est la grande vérité de notre vie et celle qui donne tout son sens au reste [...]. À l'origine de notre existence, il y a un projet d'amour de Dieu », et la foi nous conduit à «ouvrir notre cœur à ce mystère d'amour et à vivre comme des personnes qui se reconnaissent aimées de Dieu » (Homélie lors de la veillée de prière avec les jeunes, Madrid, 20 août 2011).

    C'est là que réside la racine, simple et unique, de toute mission, y compris la mienne, en tant que successeur de Pierre et héritier du zèle apostolique de Paul. Que le Seigneur me donne la grâce de répondre fidèlement à son appel.

  • Un rapport (qui n'est plus) secret révèle une France favorable à la charia

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    De Lorenza Formicola sur la NBQ :

    Un rapport (qui n'est plus) secret révèle une France favorable à la charia

    La capitulation de la France face à l'islamisation : ce n'était pas exactement le résultat attendu par le gouvernement Attal qui a commandé l'enquête sur l'infiltration du croissant dans le pays. Un réseau tentaculaire lié à la « Confrérie » qui menace toute l’Europe.

    21_05_2025

    Le rapport désarmant du gouvernement Attal, Les Frères musulmans et l'islamisme politique en France, a été qualifié de « secret ». Le Figaro a réussi à l'obtenir en avant-première, ainsi qu'en exclusivité. Réseaux tentaculaires, organisation secrète, quartiers islamisés : le tableau dressé est le schéma détaillé de la  tentative de recrutement  visant à établir un État islamique sous le joug de la charia. 
    La version déclassifiée mais allégée sera présentée aujourd'hui, 21 mai, par Macron au Conseil de défense. La question de l'infiltration islamiste et des Frères musulmans agite le 55 rue du Faubourg-Saint-Honoré. 

    Le document de défense hautement sensible, dont l'intégralité du contenu ne sera probablement jamais rendu public , et sur lequel un préfet et un ambassadeur ont travaillé avec l'aide d'un riche réseau diplomatique, n'était pas exactement ce que Macron espérait ajouter à la liste de ses déjà nombreuses contrariétés. Ce n'est que le 12 mai que l'Assemblée nationale, à l'initiative de la coalition de centre-droit, a présenté la  proposition de résolution  visant à créer une commission d'enquête sur les liens existant entre les représentants de mouvements, organisations et réseaux politiques qui soutiennent l'action terroriste ou propagent l'idéologie islamiste.

    Puis vint le rapport qui n'était plus « secret ». Il s'agissait d'une mission de plus d'un an , menée en France et dans plusieurs autres régions d'Europe, au cours de laquelle des dirigeants musulmans ont été rencontrés au niveau national et local, considérés comme une expression des Frères musulmans à Paris.
    Annoncée  il y a environ un an, l'enquête a révélé un contexte dans lequel la présence de l'islam lié aux Frères musulmans est enracinée dans au moins vingt départements. Le rapport confirme également que la toile de fond d’un phénomène qui semble s’amplifier est aussi l’impact de la guerre qui a éclaté après l’attentat terroriste perpétré par le Hamas le 7 octobre 2023. Le mécanisme d’influence des Frères musulmans apparaît avec force : à travers des stratégies de séparatisme et de subversion, les Frères ont pu mener un processus d’islamisation du territoire français, contribuant à la déstabilisation de la République .

    Le rapport gouvernemental parle d'un cercle interne du mouvement des Frères musulmans, c'est-à-dire du noyau dur, qui compterait entre 400 et 1000 personnes, avec un budget d'environ 500 000 euros, et qui, en raison des tentatives du gouvernement pour contenir le phénomène, a diminué d'au moins la moitié au cours des cinq dernières années. Jusqu’en 2019, les Frères musulmans ont pu bénéficier de  financements étrangers, notamment du Qatar, entre autres.

    Ce qui en ressort, c’est une France qui est une porte d’entrée, plus qu’ouverte, grande ouverte à l’islamisme. Les 73 pages reçues en exclusivité par Le Figaro montrent qu'il existe environ 139 lieux de culte dépendant directement de la Confrérie et représentant la principale émanation du mouvement. Ils ont désormais redéfini le bien et le mal, selon un critère qui mélange réalisme politique et utilitarisme économique.

    Au fil des années, ils ont réussi à occuper le  secteur de l’éducation , devenu une priorité pour la branche française des Frères musulmans. Selon le rapport, il existe 21 instituts liés à la Confrérie et ils accueillent plus de  4 200 étudiants. On compte, en revanche, 815 écoles coraniques à travers le pays qui accueillent au total 66 050 élèves mineurs. Alors que le voile reste l'étendard de la préservation de l'islam dans la France de Macron.

    Les services secrets, encore, ont recensé dans la région lyonnaise pas moins d'"une cinquantaine d'associations musulmanes (...) qui manifestent plus généralement une inclinaison vers les Frères musulmans" et ce sont deux grandes mosquées, dont probablement celle de Villeurbanne, qui font office de piliers du système. Les figures religieuses, omniprésentes, exercent une influence tous azimuts « dans les domaines de la charité et de l’engagement humanitaire, de l’éducation religieuse, de la famille, du mariage, de l’insertion professionnelle, de l’entrepreneuriat musulman, de la protection des consommateurs, des services à la personne, de l’éducation des adultes » et, bien sûr, dans la « lutte contre l’islamophobie ». Ce contrôle total se traduit par une « pratique religieuse rigoureuse avec un nombre très élevé de filles portant l’ abaya et une augmentation massive et visible du nombre de filles portant le voile ». Même à l'âge de cinq ans. 

    Le rapport retrace l'histoire du mouvement en Europe, qui a débuté il y a au moins 70 ans, « en suivant les mouvements migratoires et la répression dont ils font l'objet dans le monde musulman depuis les années 1950 ». 
    Il y a quelques semaines, Bruno Retailleau, le ministre de l'Intérieur,  déplorait  la possibilité, selon lui, que les Frères musulmans puissent se présenter à l'élection présidentielle de 2027 avec leur propre parti ou avec un réseau capable de soutenir un candidat choisi parmi les forces déjà existantes dans le pays : « si vous nous emmenez avec vous, nous vous apporterons beaucoup de voix. » "Le but ultime est de mettre  toute la société française à genoux devant la charia  " , affirme le ministre Retailleau. 
    Et, pendant ce temps, au moment même où nous écrivons, Fondapol, le groupe de réflexion dirigé par  Dominique Reynié, a publié le  rapport Combattre l'islamisme sur le terrain  rédigé par le préfet des Hauts-de-Seine, Alexandre Brugère, et avec une contribution du ministre de l'Intérieur Retailleau. Presque comme une confirmation du rapport choquant des services de renseignement sur les Frères musulmans.

    Concernant l'accélération de l'entrée de l'islam dans la société , selon le préfet Brugère, les islamistes progressent et ont infiltré « tous les domaines de notre vie collective ». Les prédicateurs sur les réseaux sociaux ; écoles islamiques privées n’ayant pas signé de contrat avec l’État ; des clubs sportifs qui mélangent effrontément sport et prière, séparent les femmes des hommes et promeuvent le voile dans les compétitions ; activités commerciales halal qui favorisent l’appartenance au groupe  – c’est-à-dire qu’elles sont nées pour renforcer le sentiment d’appartenance communautaire parmi les musulmans, pour transmettre des valeurs religieuses et alimenter une logique de séparation et d’isolement. 
    Quant aux lieux de culte, le préfet souligne la difficulté d'identifier les prêches liés au terrorisme car la stratégie de la dissimulation (la fameuse  taqîya ) est en place pour éviter d'être dénoncé.

    Pour contester tout ce qui est  occidental  en France, « les Frères musulmans misent sur le nombre, avec un puissant carburant : la victimisation face à la prétendue menace de  l'islamophobie. Chacun peut constater à quel point ce néologisme, utilisé à toutes les sauces, est devenu un argument marketing imparable pour inciter des millions de Français à se retirer de la communauté nationale », écrit le préfet  Brugère  dans son dossier.
    Les Frères musulmans partagent des éléments de certaines sectes, des méthodes d’entrée et d’infiltration comparables à une organisation mafieuse. Les Frères musulmans mènent une guerre de basse intensité que, malheureusement, nous percevons à travers le prisme déformant du  radicalisme.

    L’objectif est de réunir la oumma , la nation musulmane, la seule légitime à leurs yeux . Ils veulent établir une société islamique mondialisée conformément à une exigence divine. Dans les sociétés sans tradition musulmane, on veut rendre la société « conforme à la charia » jusqu’à ce qu’elle « se soumette » naturellement à l’islam. À l’heure où la France est rongée par un malaise existentiel, l’exécutif devra porter la réponse à un tout autre niveau. Ce n’est pas seulement la France qui est en danger, mais toute l’Europe. (et la Belgique en particulier, ndB)

  • Il y a 1700 ans : le premier concile œcuménique universel était convoqué à Nicée

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    Du site de l'Eglise catholique en France :

    Le concile de Nicée

    image du Concile de Nicée

    Du 20 mai au 25 juillet 325, le premier concile œcuménique universel a été convoqué à Nicée, ville de Bithynie par l’empereur Constantin (280-337), converti au christianisme. C’est un moment important dans l’histoire de la chrétienté. Ce concile a rassemblé environ 300 évêques venus de toutes les provinces de l’Empire romain. En 2025, l’Église catholique célébre le 1700ᵉ anniversaire du Concile de Nicée.

    Le premier Concile de Nicée est un concile général des évêques qui s’est tenu à Nicée (aujourd’hui Iznik, en Turquie), en Bythinie, du 20 mai au 20 juillet 325, dans l’Empire romain, sous l’égide de l’empereur Constantin le Grand. Il est considéré par les historiens comme le premier empereur chrétien. Quelques années après avoir été proclamé empereur (306), il se convertit au christianisme, et se fait baptiser la veille de sa mort en 337. Durant son règne, il favorise l’essor de la religion via l’édit de Milan en 313 qui permet aux chrétiens de pratiquer leur culte au grand jour.

    Le Concile de Nicée est le premier concile œcuménique de l’histoire qui rassemble environ 300 évêques venus de toutes les provinces de l’Empire.

    L’empereur Constantin qui souhaite unifier l’empire romain condamne l’arianisme, une doctrine professée par Arius, prêtre d’Alexandrie (250-336) et ses disciples, dans laquelle ils professaient que, dans la Trinité, le Fils n’est pas égal au Père.

    Lors de ce concile, les fondements du christianisme sont définis. Les pères de l’Église établissent le dogme de la consubstantialité du Christ au Père et fixent la date de la célébration de Pâques.

    Sous le règne de l’Empereur Théodose 1er (379-395), par l’édit de Thessalonique (380), le christianisme devient religion d’État (conformément aux doctrines du concile de Nicée de 325). Cet édit marque un tournant dans l’histoire religieuse de l’Empire romain.

    Importance et héritage

    Le Concile de Nicée a joué un rôle central dans la formation de l’orthodoxie chrétienne et a marqué le début des conciles œcuméniques. Il a établi des bases doctrinales toujours reconnues par de nombreuses confessions chrétiennes, notamment le catholicisme, l’orthodoxie et une grande partie du protestantisme.

    Cependant, bien que l’arianisme ait été condamné, il est resté influent pendant plusieurs décennies, notamment parmi certains peuples barbares comme les Goths.

    Le Concile de Nicée reste un jalon essentiel dans l’histoire du christianisme, tant pour ses implications théologiques que pour son rôle dans la structuration institutionnelle de l’Église.

    Les autres conciles

    Le concile de Nicée en 325 a été le premier concile œcuménique de l’histoire chrétienne. Plusieurs autres conciles importants ont suivi, s’appuyant sur les fondements établis à Nicée :

    1. Le concile de Constantinople (381) : Deuxième concile œcuménique qui a complété le symbole de Nicée, donnant naissance au Symbole de Nicée-Constantinople.
    2. Le concile d’Éphèse (431) : Troisième concile œcuménique qui a traité de la nature du Christ et de la Vierge Marie.
    3. Le concile de Chalcédoine (451) : Quatrième concile œcuménique qui a défini la doctrine des deux natures du Christ.
     
    du Concile de Nicée, on retient aussi le Symbole de Nicée

    Le Concile de Nicée, convoqué en 325 par l’empereur Constantin, a joué un rôle crucial dans la formulation du Credo, également connu sous le nom de Symbole de Nicée. Il a été promulgué lors du Concile de Nicée en 325, puis complété lors du Concile de Constantinople en 381, d’où l’appellation « Symbole de Nicée-Constantinople ».

     

    Credo : symbole de Nicée-Constantinople

    Le Symbole de Nicée est une profession de foi commune aux trois grandes confessions chrétiennes, le catholicisme, l'orthodoxie et le protestantisme. C'est une des formes usuelles du Credo.

  • Vingt-cinq martyrs de la furie anticatholique au Mexique

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    Fêtés aujourd'hui : le P. Christophe Magallanes (1869-1927) et ses 24 compagnons, prêtres et laïcs, martyrs du Mexique; le P. Christophe a été béatifié en 1992.

    Au Mexique, dès 1913, un décret ordonne la fermeture des églises et l'arrestation des prêtres. On interdit de dire "adios" ou "Si Dieu le veut" ("si Dios quiere"), de sonner les cloches, d'apprendre à prier aux enfants; on détruit les églises, expulse les congrégations religieuses, on met hors-la-loi les organisations professionnelles non gouvernementales, l'enregistrement des prêtres est rendu obligatoire. En 1924-1928, le général Plutarco Elias Calles, qui a juré de détruire la foi chrétienne, mène une politique anticléricale et provoque le soulèvement des "Cristeros" qui résistent (1926-1929). Ils affrontent les régiments du pouvoir, qui entrent à cheval dans les églises, profanent le Saint-Sacrement, et se déchaînent. Vingt-deux des martyrs dont on fait mémoire aujourd'hui étaient des prêtres diocésains, comme Christophe Magallanes, et trois d'entre eux étaient des jeunes de l'action catholique. L'un d'eux, Manuel Morales, âgé de 28 ans, était marié et père de trois petits enfants. Avant d'être fusillé, il s'exclama: "Je meurs, mais Dieu ne meurt pas, il aura soin de ma femme et de mes enfants". (source)

    Sur abbaye-saint-benoit.ch/hagiographie/, on approfondit le contexte historique :

    Après le régime autoritaire du général Porfirio Diaz (1876-1911) le Mexique entre dans une période d’instabilité politique, et même de guerre civile (1914-1917), marquée par un caractère anticlérical prononcé jusqu’à la veille de la 2e guerre mondiale. Ainsi dès 1913, un décret ordonne la fermeture des églises et l'arrestation des prêtres. On interdit de dire "adios" ou "Si Dieu le veut" ("si Dios quiere"), de sonner les cloches, d'apprendre à prier aux enfants; on détruit les églises, expulse les congrégations religieuses, on met hors-la-loi les organisations professionnelles non gouvernementales, l'enregistrement des prêtres est rendu obligatoire. En visite au Vatican en 1915, l’archevêque de Guadalajara dit à Benoît XV : « Nous payons les fautes de nos pères – Les cruautés des conquistadores ? demande le pape. Et l’évêque de répondre : Moins ces cruautés que l’erreur d’avoir écarté les indigènes du sacerdoce ». On sait que les ‘Indios’ étaient déconsidérés. Quant au clergé alors en place, il n’est pas toujours à la hauteur. On lui reproche souvent d’être intéressé et dissolu. (Graham Green, dans son roman “La Puissance et la gloire”, dresse le portrait saisissant d’un prêtre à la fois trop humain et plein de foi.) En 1917, une Constitution anticléricale est votée. Elle est d’abord appliquée avec un certain pragmatisme par le général ‘indios’ Obregon, un anticlérical qui agit cependant avec prudence dans les régions où la foi est plus vive.

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  • Curie romaine : qui partira bientôt à la retraite ?

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    De Luke Coppen sur The Pillar :

    Qui approche de la retraite dans la curie romaine ?

    Léon XIV a provisoirement reconfirmé les nominations importantes du Vatican après son élection, mais certaines nominations devront être faites prochainement

    Le pape Léon XIV a nommé lundi le cardinal Baldassare Reina grand chancelier de l'Institut théologique pontifical Jean-Paul II pour les sciences du mariage et de la famille, succédant ainsi à l'archevêque Vincenzo Paglia.

    L'archevêque italien controversé demeure président de l'Académie pontificale pour la vie. Mais il est peu probable qu'il reste longtemps à ce poste, étant donné son âge de 80 ans, généralement considéré comme la limite d'âge supérieure pour occuper un poste à la curie romaine.

    Selon la constitution apostolique Praedicate Evangelium de 2022 , les deux plus hauts fonctionnaires des dicastères du Vatican (préfets et secrétaires) doivent présenter leur démission au pape lorsqu'ils atteignent 75 ans, « l'âge prévu par le Règlement général de la Curie romaine ».

    Après avoir « examiné tous les facteurs », le pape devrait « prendre une décision » sur leur avenir.

    Le Praedicate Evangelium précise également que les préfets, les secrétaires, les sous-secrétaires et autres hauts fonctionnaires sont nommés pour un mandat de cinq ans, qui peut être prolongé par le pape.

    Alors que la plupart des fonctions de la Curie ont automatiquement cessé après la mort du pape François le 21 avril, Léon XIV a provisoirement reconfirmé les responsables du Vatican dans leurs fonctions le 9 mai, dans l'une de ses premières démarches après son élection.

    Cela donne au pape Léon XIV le temps de réfléchir aux changements qu'il souhaite apporter dans les mois à venir. L'un des facteurs à prendre en compte est probablement le facteur temps : les hauts fonctionnaires de plus de 75 ans doivent être remplacés rapidement. Et plus ils approchent de 80 ans, plus la nécessité de nommer leurs successeurs semble urgente.

    Alors, quels fonctionnaires de la Curie sont entrés dans la zone de retraite ?

    Les dirigeants de la Curie

    L'élection du cardinal Robert-François Prévost, préfet du Dicastère des évêques, sous le nom de Léon XIV a évidemment laissé une vacance majeure à la Curie. La nomination d'un successeur à ce poste figurera probablement en bonne place dans l'agenda du pape Léon XIV.

    Mais il y a plusieurs autres postes qui pourraient également être sur son radar.

    Le cardinal Seán O'Malley a eu 80 ans le 29 juin 2024 et fêtera son 81e anniversaire le mois prochain. Le pape François a accepté sa démission de son poste d'archevêque de Boston en août dernier. Mais O'Malley est resté président de la Commission pontificale pour la protection des mineurs, l'organisme du Vatican chargé d'élaborer les politiques de lutte contre les abus du clergé dans le monde.

    À 80 ans, O'Malley ne peut espérer rester longtemps dans ce rôle sensible. Le 14 mai, il a été l'une des premières personnes à être reçue en audience privée par le pape Léon XIV. Il est probable que les deux hommes aient discuté du successeur d'O'Malley lors de la commission pontificale, bien que le cardinal n'ait pas évoqué publiquement cette audience.

    Le choix du pape Léon XIV pour succéder à O'Malley sera scruté de près, notamment compte tenu des questions soulevées quant à sa propre gestion des cas d'abus en tant qu'évêque diocésain. Si le prochain président de la commission pontificale n'est pas un cardinal, cela pourrait être interprété comme une diminution de la position de l'organisme au sein de la curie romaine. Or, peu de cardinaux sont considérés comme des spécialistes en matière de protection, ce qui risque de réduire ce vivier de recrutement.

    Le pape pourrait également être invité à nommer une femme à ce poste, soulignant ainsi son engagement à élargir le leadership féminin au Vatican dans l’esprit du pape François.

    Le cardinal Arthur Roche a fêté son 75e anniversaire le 6 mars. L'Anglais est préfet du Dicastère pour le culte divin depuis 2021.

    Le mandat de cinq ans de Roche doit être renouvelé vers mai 2026. Les observateurs du Vatican observeront attentivement la décision que prendra le pape Léon XIV sur l'avenir de Roche, étant donné l'étroite association du cardinal avec la répression du pape François contre la messe traditionnelle en latin, un sujet qui divise vivement les cercles de l'Église.

    Le choix d'un successeur par Léon XIV, le moment venu, sera considéré comme une déclaration majeure, alignant le nouveau pape sur une vision liturgique particulière au sein de l'Église.

    Le cardinal Marcello Semeraro , préfet du Dicastère pour les causes des saints, a 77 ans, ce qui fait de lui l'un des hauts fonctionnaires du Vatican susceptibles d'être remplacés dans un avenir proche.

    Le cardinal italien a été nommé à ce poste en octobre 2020 (succédant au cardinal Angelo Becciu), ce qui signifie qu'il aura occupé ce poste pendant cinq ans cet automne. Contrairement à son prédécesseur, il a gardé un profil relativement discret, présidant consciencieusement des béatifications du Liban au Mexique .

    Le cardinal Kevin Farrell , préfet du Dicastère pour les laïcs, la famille et la vie, a également 77 ans. L'Irlando-Américain, qui a guidé l'Église pendant l'interrègne papal en sa qualité de camerlingue de la Sainte Église romaine, dirige le dicastère depuis 2016, ce qui signifie que son premier mandat de cinq ans a été renouvelé.

    Il fêtera ses 10 ans à ce poste en août 2026, ce qui pourrait offrir au pape Léon l'occasion de nommer un successeur, s'il le souhaite.

    Sous le pape François, Farrell s'est vu confier un large portefeuille curial, dont la présidence du Comité pontifical pour les investissements et de la Commission pontificale pour les questions confidentielles. Le pape Léon XIV devrait donc probablement également réfléchir à ces rôles avant de prendre une décision concernant l'avenir de Farrell.

    Le cardinal Kurt Koch, président du Dicastère pour la promotion de l'unité des chrétiens, a célébré son 75e anniversaire le 15 mars. Le cardinal suisse a été nommé par le pape Benoît XVI en 2010, ce qui fait de lui l'un des plus anciens chefs de dicastère du Vatican.

    Koch a présenté sa démission au pape François après avoir fêté ses 75 ans, mais il lui a été demandé de rester en poste pour le moment. Le 1er juillet, il aura 15 ans de service comme préfet.

    Le cardinal Michael Czerny, SJ , préfet du Dicastère pour le service du développement humain intégral, aura 79 ans le 18 juillet.

    Le Canadien d'origine tchèque a été nommé préfet en 2022 alors qu'il avait déjà 75 ans. Son mandat de cinq ans n'expirera qu'en avril 2027, lorsqu'il aura 80 ans.

    Les secrétaires des dicastères du Vatican ont tendance à être plus jeunes que les préfets, étant donné leur position subalterne.

    Par exemple, l'archevêque Ilson de Jesus Montanari, secrétaire du Dicastère pour les évêques, est un homme vif de 65 ans. Le pape Léon ne semble donc pas avoir de soucis immédiats liés à l'âge à ce niveau de la curie.

    Mais il pourrait garder un œil sur l'évêque Juan Ignacio Arrieta Ochoa de Chinchetru , secrétaire du Dicastère pour les textes législatifs, qui aura 75 ans en avril 2026.

    Au-delà de la curie

    L’ âge moyen des membres du Collège des cardinaux est de 78 ans. Il n’est pas surprenant que ceux qui occupent ses postes les plus élevés soient d’un âge vénérable.

    Le cardinal Giovanni Battista Re, doyen du Collège des cardinaux, est un énergique nonantenaire, tandis que le sous-doyen, le cardinal Leonardo Sandri, est âgé de 81. Le Vatican a annoncé en février que le pape François avait prolongé les mandats de cinq ans des deux hommes le mois précédent.

    La durée et la nécessité juridique de ces prolongations n'étaient pas claires, de sorte que le pape Léon XIV pourrait devoir considérer ces postes à un moment donné - ou il pourrait décider de revenir à la coutume antérieure selon laquelle le doyen du collège servait à vie.

    Bien qu'ils ne soient pas des fonctionnaires de la Curie, les ambassadeurs du pape dans le monde travaillent en étroite collaboration avec la Secrétairerie d'État du Vatican.

    Deux d'entre eux approchent de leur 80e anniversaire : le cardinal Christoph Pierre , nonce apostolique aux États-Unis, et le cardinal Mario Zenari , nonce apostolique en Syrie.

    Compte tenu de leur âge, le pape Léon XIV commencera probablement bientôt à réfléchir à leurs successeurs. Le premier pape né aux États-Unis aura besoin de quelqu'un capable de servir de pont fiable avec le gouvernement le plus puissant du monde dans les années à venir.

    Il devra également identifier quelqu'un qui pourra poursuivre la mission de Zenari, qui est de montrer la solidarité du Vatican avec la population de l'une des nations les plus durement touchées par la guerre au monde, alors qu'elle traverse une transition difficile après la chute du président Bachar al-Assad.

  • Journée de commémoration de l’Holocauste au Cambodge; comment Pol Pot a aboli la famille, tirant les leçons de la Révolution française

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    De Valter Lazzari sur la NBQ :

    Comment Pol Pot a aboli la famille, tirant les leçons de la Révolution française

    Le 20 mai est la Journée de commémoration de l’Holocauste chaque année au Cambodge. Car ce jour-là, l’Angkar a imposé l’obligation de la vie collective et a détruit la famille. D’où vient cette idéologie mortelle ? De France, à partir de la Révolution française.
     
    20_05_2025

    Génocide des Khmers rouges, ossuaire de Siem Reap (La Presse)

    Cela fait cinquante ans. Le 20 mai est la Journée de commémoration de l’Holocauste chaque année au Cambodge. Car ce jour-là, l’Angkar a imposé l’obligation de la vie collective et a détruit la famille.

    Les « libérateurs » avaient des idées claires : une société pure, une véritable égalité , non pas le socialisme mais le communisme. La République démocratique du Kampuchea est née . Il y avait avant tout l' Angkar , qui n'était pas une personne, il n'y avait pas de leader charismatique, pas de césarisme, pas de culte de la personnalité. L’Angkar était une entité collective, une Commission, on peut la traduire par « l’Organisation ». Oui, il y avait Kieu Sampam mais il n'était pas au sommet, c'était Pol Pot, qui n'apparaissait même pas en public. La dévotion était due à l'Angkar .

    Une palingénésie, repartant de l'An Zéro, pour une Société nouvelle. Dans lequel il n'y avait de la place que pour deux grandes classes : Les paysans (collectivisés) sont le Peuple ancien ou simple Peuple des campagnes ou plutôt des territoires "libérés" dans les années et les mois précédant le 17 avril 1975. Ils devaient haïr tous les habitants des villes. Et ils l’ont bien enseigné aux enfants qui composaient leur armée (les enfants soldats n’ont pas été inventés en Afrique).

    Il y avait ensuite le Nouveau Peuple ou Peuple du 17 avril, car ils avaient été « libérés » après le 17 avril. Et tous étaient des ennemis potentiels, car corrompus par les modes de vie occidentaux. Ils représentaient une menace : les personnes instruites, les professionnels, les enseignants, les médecins, les avocats, les locuteurs de langues étrangères, les personnes portant des lunettes, les personnes faibles et handicapées, les moines, les nonnes et, en bref, tous les habitants de la ville. « Les nouveaux venus sont une plante parasite : ils ont perdu la guerre et sont prisonniers de guerre . » « Il n'y a aucun avantage à vous garder ici, il n'y a aucun inconvénient à vous perdre . »

    Il fallait les rééduquer : c'est pour cela qu'ils furent tous expulsés des villes. À la campagne, dans les fermes collectives, tout vêtement coloré était interdit, il fallait donc les teindre en noir, tout le monde s'habillait en noir. La religion est interdite, les origines et les croyances religieuses sont répudiées. Commerce interdit, éducation interdite, argent et propriété privée abolis. Les familles ont été divisées et les gens ont été déportés dans différentes parties du pays : hommes avec hommes, femmes avec femmes ; avec des mères seules ayant des enfants de moins de 6 ans. Résultat? Plus de 3 millions de Cambodgiens tués par les Cambodgiens eux-mêmes, soit un quart de la population : comme si 15 millions d'Italiens avaient été tués par d'autres Italiens.

    Demandons-nous comment il a pu se faire que ce pays ait connu la terreur (même ceux qui cueillaient simplement des fruits sauvages étaient punis de mort) et soit tombé dans la famine, allant même jusqu’au cannibalisme ? Comment la tragédie de la soi-disant République démocratique du Kampuchea, 1975-79, a-t-elle pu se produire ?

    Suong Sikoeun était un cadre de ce régime : il publia ses puissants mémoires en France ( Itinéraire d'un intellectuel khmer rouge éd. Cerf). Son apprentissage, comme celui de tous les autres, s'est déroulé à Paris, sanctuaire des étudiants cambodgiens, où une série de professeurs d'université les ont initiés aux concepts de la Révolution de 1789 combinés à l'expérience communiste. Suong confesse : « Mon processus a été lent et remonte aux années 1950, lorsque j’étais au lycée : je suis devenu passionné par la Révolution française. J'ai fait miens les idéaux de liberté, d'égalité et de fraternité. Et encore plus quand je suis venu en France pour l'université. Au fil des années, je me suis lancé à corps perdu dans des activités et des débats politiques, en arrivant peu à peu à la conclusion que seule une révolution violente, menée par une poignée de militants dévoués et résolus, intimement liés aux masses, sous la direction du Parti marxiste-léniniste, pourrait mettre fin aux maux dont souffraient mon pays et mon peuple : la domination étrangère, l’oppression féodale et l’injustice sociale. (…) Je lisais avidement tout ce qui concernait la Révolution française, avec une préférence pour les Jacobins et leur chef, Robespierre, qui était mon héros, mon idole. Et je me suis décidé à l'idée d'une transformation de la société par la méthode révolutionnaire et à la nécessité d'une dictature prolétarienne."

    En bref, c'est ce que soutenait (bien que moqué) le cardinal archevêque de Paris Jean-Marie Lustiger, qui dans son livre-entretien (La Scelta di Dio, Longanesi) indiquait dans le mélange entre la Révolution de 1789 et le marxisme , dont était imprégnée une certaine culture française du XXe siècle, la responsabilité d'avoir « armé le canon » du génocide cambodgien.

    C'est une histoire qui commence il y a longtemps, la rédemption par Dieu est remplacée par l'idée d'auto-rédemption par l'homme. L'histoire antique et médiévale est marquée par la présence de sectes professant des hérésies manichéennes et gnostiques : les Cathares (XIe-XIIIe siècles), les Frères du Libre Esprit (XIIe-XIVe siècles) (Adamites, Béghards, Hussites, Taborites, ...), les Frères Apostoliques (XIIIe-XIVe siècles), Fra Dolcino : l'avènement d'un renouveau radical du genre humain et l'instauration d'un état définitif de perfection. Puis, au sein de la révolte protestante, des chefs se sont investis en prophètes : T. Műnzer : « que tous étaient égaux, que toutes choses étaient communes à tous les hommes, que chacun recevait selon ses besoins, mais... un impie n'a pas le droit de vivre s'il entrave les pieux... l'épée est nécessaire pour les exterminer ». La « Nouvelle Jérusalem » est Münster : là, pour la première fois, la terreur systématique est appliquée comme moyen de réaliser le rêve messianique de « refaire la création ». L’enthousiasme de F. Engels et de l’historiographie marxiste pour ce « prophète du communisme » est bien connu, car son esprit égalitaire se combinait avec l’action révolutionnaire. Les constantes de ces phénomènes révolutionnaires sont : la création d’un monde nouveau et parfait n’est possible qu’en faisant table rase de l’ancien monde ; toujours la pratique de la Terreur ; la subordination coercitive de tout et de tous au plan politique aujourd'hui pour parvenir demain à la liberté absolue .

    Démocratie totalitaire : son théoricien le plus éminent est Jean Jacques Rousseau . Il nie le péché originel, l'homme est intrinsèquement bon et a vécu heureux dans "l'état de nature" (le bon sauvage) mais l'évolution des rapports sociaux, la naissance de la propriété privée le corrompent. Il faut alors un contrat social : « Chacun de nous met en commun sa propre personne et toute sa propre puissance sous la direction suprême de la volonté générale . » Dans la douce contrainte de Rousseau, la guillotine et le Goulag apparaissent en filigrane . Car « Comment peut-on espérer qu'une multitude aveugle, souvent ignorante de ses propres désirs, exprime une volonté commune ? La sollicitude active d'un leader qui incarne la volonté générale jusqu'à ce que le peuple soit éduqué à la vouloir. »

    D'où vient l'homo ideologicus ? Dans les sociétés de pensée (salons philosophiques, groupements politiques, loges maçonniques et, plus tard, partis idéologiques). Ils parlent de tout, ils se basent sur des mots, pas sur la réalité ; c'est le domaine de l'opinion : il faut briser les obstacles à la liberté, qui sont l'expérience, la tradition, la foi. « Dans les révolutions, l’abstraction tente de s’élever contre le concret. C'est pour cela que l'échec est inhérent aux révolutions" (J. Ortega y Gasset, Masse e aristocrazia , Volpe). Selon A. Cochin ( Mechanics of Revolution , Rusconi) nous avons trois phases.

    Une première étape d'incubation idéologique (1750-1789) : où la Terreur domine déjà les lettres, une Terreur exsangue, dont l'Encyclopédie fut le Comité de Salut public et D'Alembert le Robespierre : avec l'instrument de la diffamation (infamie ) . Le réseau d'entreprises réparties sur toute la France adopte cette méthode.

    Ensuite, deuxième étape, la philosophie devient action politique pour la réalisation de la volonté générale. Cochin fournit la preuve des manipulations par lesquelles les « sociétés » parvenaient à faire adopter des résolutions avant le vote dans les assemblées et, par le biais du réseau corporatif, à les faire converger rapidement vers Paris. Les institutions représentant le peuple de Paris, la Commune et les Sections, finirent par être dominées par une petite minorité de révolutionnaires professionnels , eux-mêmes dirigés par des tireurs de ficelles, les chefs jacobins. Il fallait créer un produit maniable, le citoyen , c’est-à-dire un individu sans protections sociales. Et ainsi affaiblir les liens familiaux « Les enfants appartiennent à la République, avant leurs parents » (GJ Danton).

    Troisième phase (1793-94) : l'État révolutionnaire . Celui qui incarne la volonté générale a le devoir d'élargir le champ des ennemis du peuple et de « punir non seulement les traîtres mais aussi les indifférents » (Saint-Just, Terreur et liberté , Editori riuniti). Ennemis du peuple : le terme (sinistrement abondant dans le vocabulaire communiste) est né avec la Terreur jacobine. Elle est globale : par exemple, dans la loi du 22 prairial an II, la définition des « ennemis du peuple » est si vague que tout le monde peut y être inclus : puisqu'il suffit d'« inspirer le découragement », de chercher à « corrompre les mœurs » ou à « altérer la pureté et la puissance des principes révolutionnaires », rien n'étant défini sur ce que signifient ces termes très généraux. Le droit-devoir d’exercer la terreur : « La terreur n’est rien d’autre qu’une justice prompte, sévère, inflexible ; c'est donc une émanation de la vertu. » Et la machine de la Terreur se nourrit de dénonciation et se couvre de silence. Il faut alors trouver les « coupables » des échecs révolutionnaires (famine, effondrement de la production, défaites militaires, ...). Finalement, la Révolution dévore ses enfants.

    Voici les étapes de la démocratie totalitaire et voici le Kampuchea démocratique : contrairement à l'Occident, où ce trouble-fête de l'Église vous empêche de faire les choses exactement comme elles devraient être faites, à l'Est les étudiants étaient assidus et savaient appliquer les théories avec le plus grand zèle.

  • Paglia remplacé à l'Institut Jean-Paul II

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    Du Pillar :

    Paglia remplacé à l'institut JPII

    L'archevêque controversé reste à la tête de l'Académie pontificale pour la vie

    Archevêque Vincenzo Paglia. Photo d'archives du Pillar.

    Cette annonce marque l'un des changements de personnel les plus importants des premières semaines du pontificat du pape Léon XIV.

    Avant que le pape François ne désigne Paglia à ce poste en 2016, le grand chancelier de l'Institut était le cardinal vicaire de Rome, car le vicaire est également le grand chancelier de l'Université du Latran, où l'Institut a été fondé à l'origine.

    Bien que le pape Léon n'ait pas annulé la réforme juridique de 2019 qui donnait au pape l'autorité directe de nommer le grand chancelier de l'institut, son choix de Reina rétablit effectivement la structure antérieure.

    Le grand chancelier ne supervise pas le fonctionnement quotidien de l'institut, mais son rôle n'est pas purement cérémoniel. Il propose le président, le vice-président et les professeurs de l'institut au Dicastère pour l'Éducation catholique et accorde et révoque la mission canonique des professeurs, à savoir leur autorisation d'enseigner dans une faculté catholique.

    Paglia, 80 ans, reste à la tête de l'Académie pontificale pour la vie.


    Le mandat de Paglia à l’Institut JPII et à l’Académie pontificale pour la vie a été entaché de controverses.

    L'arrivée de l'archevêque à l'institut a conduit à sa restructuration, avec de nouveaux statuts promulgués en 2019, et de nombreux professeurs et administrateurs licenciés tandis que le programme était réorienté autour de ce que Paglia et ses alliés décrivaient comme une « nouvelle théologie pastorale » - un cadre qui, selon les critiques, s'appuyait davantage sur la sociologie et l'anthropologie laïque que sur la théologie morale.

    L’un des principaux changements apportés aux statuts a concentré l’embauche des professeurs au sein du bureau du chancelier, écartant ainsi les professeurs titulaires du processus.

    Ces changements ont profondément réorienté l'institution. Autrefois institution théologique catholique phare étudiant la théologie du corps de Jean-Paul II, elle s'est vue conférer une identité moins claire, hormis son orientation apparente vers la sociologie. Selon plusieurs sources, les inscriptions ont stagné après sa restructuration.

    Paglia a embauché des professeurs controversés à l'institut, dont le père Maurizio Chiodi, qui a déclaré en 2018 que le recours à la contraception artificielle pourrait, dans certains cas, « être reconnu comme un acte de responsabilité qui est accompli, non pas pour rejeter radicalement le don d'un enfant, mais parce que dans ces situations, la responsabilité appelle le couple et la famille à d'autres formes d'accueil et d'hospitalité ».

    En avril 2023, Paglia s'est adressé au Festival international du journalisme de Pérouse, prononçant un bref discours dans le cadre d'un débat sur le thème « Le dernier voyage — Vers la fin de la vie ».

    Paglia a expliqué que « personnellement, [il] ne pratiquerait pas le suicide assisté, mais [il pourrait] comprendre que la médiation juridique peut constituer le plus grand bien commun concrètement possible dans les conditions dans lesquelles nous nous trouvons. »

    En août 2022, Paglia a provoqué une tempête médiatique similaire lorsqu'il a déclaré à un journaliste italien qu'une loi de 1978 dépénalisant l'avortement est un « pilier » de la « vie sociale » italienne et n'est « absolument pas » sujette à discussion dans le pays.

    Paglia a fait l'objet d'une enquête en 2022 à la suite d'informations selon lesquelles il aurait détourné des centaines de milliers d'euros de dons reçus par le Conseil pontifical pour la famille sous sa direction .

    Des responsables du Vatican ont déclaré à The Pillar que, dans une note de mai 2015, Paglia affirmait avoir remplacé l'argent détourné de ses œuvres caritatives. Mais des sources ont indiqué que si 600 000 euros avaient été transférés sur le compte concerné, ils provenaient de nouveaux dons collectés par le Conseil pontifical, et non de Paglia.

    Après avoir initialement refusé de commenter, Paglia a ensuite nié avoir utilisé des fonds caritatifs pour des dépenses personnelles.

    Son assistant personnel a finalement déclaré à The Pillar par courriel que l'archevêque « a chargé un avocat basé aux États-Unis d'engager des poursuites contre votre journal pour la grave diffamation représentée par une partie de vos écrits ». Aucune plainte n'a été déposée.


    Alors que la controverse semble suivre Paglia — et ses déclarations sur des sujets brûlants pendant son mandat à l’Institut et à l’Académie pontificale pour la vie — le cardinal Reina est resté discret tout au long de son ascension rapide à Rome.

    Reina est passé du poste de recteur du séminaire de l'archidiocèse sicilien d'Agrigente à celui de cardinal vicaire de Rome en un peu moins de trois ans.

    Il a rejoint le personnel du Dicastère pour le clergé début 2022, pour être nommé évêque auxiliaire de Rome en mai 2022.

    Sa promotion suivante eut lieu en janvier 2023, lorsqu'il fut nommé vice-régent du diocèse de Rome. Après l'éviction du cardinal Angelo De Donatis en avril 2024, Reina assuma temporairement cette fonction ; il fut ensuite nommé vicaire général en octobre 2024 et créé cardinal en décembre 2024.

    Reina a rarement donné des interviews et s'est tenu à l'écart des projecteurs, à l'instar du pape Léon XIV à la curie et au Pérou, mais Reina est largement considéré comme un choix moins controversé sur le plan théologique que Paglia.

    Dans une interview accordée à The Pillar lors du consistoire de 2024, Reina a déclaré que l'antidote à la sécularisation était « une nouvelle évangélisation, comme Jean-Paul II l'avait déjà appelé il y a plus de deux décennies maintenant ».

    Interrogé sur la nécessité pour l'Église d'adapter son enseignement à son époque, Reina a répondu : « L'Église est toujours à l'écoute de la vie humaine. Pourtant, les enseignements moraux reposent sur un fondement solide : les enseignements de l'Écriture Sainte et ce que Dieu a toujours révélé. »

    « L’Église n’a donc pas besoin de s’adapter aux temps, mais doit agir de telle manière que les temps s’adaptent à la logique de l’Évangile », a-t-il ajouté.

  • Apprenons à chanter avec le pape !

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    De Clément LALOYAUX sur Cathobel :

    Une chouette initiative du Vatican : chantez avec Léon XIV lors des messes papales !

    Une chouette initiative du Vatican : chantez avec Léon XIV lors des messes papales !
    Léon XIV entonne le Regina Caeli face à 100 000 fidèles, le 11 mai 2025. © Vatican Media

    Vous l'aurez sûrement remarqué : le nouveau pape entonne lui-même les prières en latin. Une série de vidéos veut permettre aux fidèles de comprendre les bases de grégorien, afin d’accompagner Léon XIV lors de ses prochaines messes.

    Le pape Léon XIV est un chanteur. Dès son élection, une archive vidéo de celui qui était alors évêque au Pérou avait ressurgi sur les réseaux sociaux. On le voyait interpréter Feliz Nevidad ("Joyeux Noël") aux côtés d'un groupe péruvien. Un buzz qui avait ensuite suscité son lot de rumeurs et fake news.

    Le service de fact-checking de l'AFP a d'ailleurs consacré un article entier pour certifier, témoignage de son frère à l'appui, que, non, Robert Prevost n'a jamais été un musicien de jazz appelé "Bobby Prev". Une image générée par IA, montrant l'américain soufflant dans un trombone, étant à la source de cette intox.

     

    Apprenez le grégorien !

    Cet engouement musical n’a pas échappé au Vatican. L'Institut pontifical de musique sacrée lance une nouvelle initiative : « Chantons avec le pape ». Le concept ? Une série de vidéos de vulgarisation diffusée sur les réseaux sociaux afin de rendre le chant grégorien accessible au grand public. De cette façon, les fidèles pourront accompagner le pape Léon XIV lorsqu'il entonnera les prières en latin lors des prochaines célébrations liturgiques.

    Sur leur page Instagram, l'institut de musique, fondé par saint Pie X en 1910, explique que leur objectif est de rendre le riche héritage du chant grégorien - "ce langage musical et spirituel universel" - accessible à tous et de " promouvoir une participation active et consciente à la liturgie".

    Dans la première vidéo de la série, le père Robert Mehlhart o.p., recteur de l'institut pontifical, décortique le premier chant qu'on peut entendre lors d'une messe papale : le Signe de Croix. Le succès est au rendez-vous. Rien que sur Instagram, cette vidéo a déjà récolté pas moins de… 27.000 likes !