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Débats - Page 434

  • Promouvoir une médecine qui soigne plutôt qu'une technique qui déshumanise

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    « CONTRE UNE TECHNIQUE QUI DÉSHUMANISE, IL EST ENCORE TEMPS DE PROMOUVOIR UNE MÉDECINE QUI SOIGNE »

     de genethique.org

    Quelques jours après le lancement des états généraux de la bioéthique, Marianne Durano, agrégée de philosophie et auteur de Mon corps ne vous appartient pas, publie une tribune dans le Figaro dans laquelle elle dénonce le « simulacre de débat (…) censé déboucher sur un consensus non seulement sur la PMA, mais à court terme, sur la GPA elle-même ». L’issue est « connue d’avance »constate-t-elle : « le business plan est prêt, avec ses éléments de langage, son calendrier, ses porte-parole médiatiques et ses représentants de commerce ». Elle use de ces termes car « quoiqu’on en pense, « la PMA est un service bien plus qu’un soin » : les différentes techniques d’assistance médicale à la procréation « n’ont pas pour but de soigner des corps malades mais de se substituer techniquement à la procréation ».

    « Service public » ou « service clients » ? Dans les deux cas, « le problème n’est pas individuel, mais politique ». Un service public relève de la solidarité nationale, qui « n’a pas à fournir des prestations techniques, mais à prendre soin des plus fragiles ». Or ouvrir la PMA aux femmes seules ou homosexuelles, redéfinit le rôle de cette solidarité nationale « désormais chargée de prendre en charge non plus seulement les maladies, mais les frustrations. (…) Financer leur PMA à des femmes qui sont biologiquement fertiles, alors même qu’un français sur trois renonce à se soigner faute d’argent, et que le nombre de maternités a été divisé par trois en quarante ans, c’est détourner de l’argent public à des fins privées » observe la philosophe. En outre, « subventionner des procréations artificielles pour des femmes qui sont en bonne santé », c’est consacrer un « droit à l’enfant, potentiellement inconditionnel et illimité », et ainsi transformer l’enfant en objet. Alors, « si la biologie n’est plus un critère, au nom de quoi priver une célibataire sexagénaire de la joie d’être mère ?»

    Mais  « il est encore temps de refuser qu’on fabrique des enfants sur commande. Contre une technique qui déshumanise, il est encore temps de promouvoir une médecine qui soigne » conclut Marianne Durano.

    Sources: Le Figaro, Marianne Durano (23/01/2018)

  • Si la vague migratoire coûte à la sécurité sociale, elle devrait rapporter ensuite

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    De Jean-Paul Bombaerts sur le site de l'Echo :

    La vague migratoire coûte d'abord à la sécurité sociale et rapporte ensuite 

    Selon le président de la N-VA Bart de Wever, "il faut choisir: ouvrir les frontières ou préserver notre système social". Une opposition qui est fausse et qui n'a pas lieu d'être selon l'opposition. Vérifions à l'aide de chiffres.

    ♦ Les faits

    Les migrants coûtent-ils à la sécurité sociale, au point de mettre la viabilité de celle-ci en danger? La question est posée par le président de la N-VA Bart De Wever dans une carte blanche publiée ce mercredi matin dans le quotidien flamand De Morgen. "Ouvrir les frontières aux migrants comme le préconise la gauche, mettra inévitablement le fonctionnement actuel de la sécurité sociale en péril. Il y a 37 millions de Soudanais qui aspirent sans doute à une vie meilleure. Avons-nous le devoir moral d’accueillir 37 millions de Soudanais? Et quid des autres Africains?", a-t-il lancé.

    À ses yeux, ces "bien pensants de gauche" doivent choisir: accueillir tout le monde et ouvrir les frontières, ou préserver notre système social à son niveau actuel. "Car si l’on décide de mettre notre sécurité sociale à disposition de chacun, alors elle s’écroulera", prédit-il.

    Pour l’opposition socialiste, ce ne sont pas les migrants qui menacent d’éroder la sécurité sociale, mais la N-VA. Le député PS Ahmed Laaouej a ainsi pointé du doigt les réductions de cotisations sociales décidées par le gouvernement, qui se traduisent par un manque à gagner pour la sécurité sociale de plusieurs milliards d’euros, le saut d’index ou encore les mesures en matière de pension.

    ♦ Le décodage

    Au-delà des postures idéologiques qui polluent souvent le débat migratoire, nous avons fait parler certains chiffres.

    • Sommes-nous face à une invasion migratoire? L’actuelle crise de l’asile a culminé en 2015 avec 35.500 demandes d’asile. Il faut remonter à 1999 (42.700 demandes d’asile) et 2000 (35.800) pour rencontrer de tels chiffres. C’était lors de la crise des Balkans. En 2016 et 2017, on est retombé aux alentours de 17.000 demandes. Toutefois, le taux de reconnaissance du statut de réfugié est aujourd’hui beaucoup plus élevé (de l’ordre de 70%).
    • Un coût maîtrisé. Accueillir des réfugiés, qui arrivent dans un dénuement total, a inévitablement un coût. En 2016, la Banque nationale a publié une étude sur la question. Les dépenses supplémentaires pour l’accueil des réfugiés s’élèvent à 134 millions d’euros en 2015, puis 308 millions en 2016 (au plus fort de la crise migratoire) et 154 millions en 2017. 

    À cela, il faut ajouter 1,3 milliard d’euros en allocations sociales (chômage et revenu d’intégration) sur la période 2015-2020. Ce montant est à charge de la sécurité sociale. Au début, cela grève le déficit public de 0,04% du PIB. Mais en 2020, ce déficit se transformera en excédent de 0,03% du PIB grâce aux impôts et cotisations de ces nouveaux venus. 

    Au final, en 2020, l’économie belge engrangera une croissance supplémentaire de 0,1% du PIB, d’après les projections de la BNB. Au départ, le surcroît de croissance est surtout dû aux dépenses publiques; après quoi, la consommation privée des ménages immigrés prend le relais.

    • Les migrants s’intègrent-ils? L’intégration passe avant tout par la participation au marché du travail. Or sur ce plan, la Belgique est le plus mauvais élève européen après la Suède. En 2014, l’écart de taux d’emploi des immigrés non européens par rapport aux Belges de souche était de 28%. 

    Un écart qui s’explique en partie par le niveau d’éducation. Frédéric Docquier, professeur d’économie à l’UCL, observe dans une étude publiée par l’IRES que les ressortissants syriens et irakiens sont en général moins bien scolarisés que les réfugiés d’ex-Yougoslavie, mais mieux scolarisés que les réfugiés d’Afghanistan, RDC ou Tchétchénie.

    Si l’immigration peut combler les pénuries sur le marché de l’emploi, elle aura aussi pour effet d’exercer une pression à la baisse sur les salaires des autochtones. Pour la Belgique, Frédéric Docquier estime l’effet de 0% à 1% sur le salaire moyen et de 0,6% à 1,2% sur le salaire des travailleurs peu qualifiés.

     © Mediafin© Mediafin
  • Etats-Unis : les médecins qui refusent de pratiquer l'avortement seront protégés

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    Du site RT France :

    Clause de conscience : Trump va protéger les médecins qui refusent de pratiquer l'avortement

    Aux Etats-Unis, les personnels de santé qui ne souhaitent pas être associés à l'avortement ou encore s'occuper de personnes transgenres seront désormais soutenus par une division ministérielle consacrée aux libertés de conscience et religieuse.

    Le gouvernement américain a annoncé le 18 janvier la création d'une nouvelle division ministérielle consacrée aux libertés de conscience et religieuse, qui soutiendra les médecins et infirmiers refusant d'accomplir certains soins qu'ils estiment contraires à leurs convictions.

    Cette division devrait notamment offrir un appui aux professionnels de santé qui ne veulent pas être associés aux avortements ni s'occuper de personnes transgenres. La nouvelle entité administrative a été fondée au sein du département de la Santé et des services sociaux, dont les responsables et des élus républicains ont pris la parole lors d'une cérémonie.

    «Le président [Donald] Trump a promis aux Américains que son gouvernement défendrait énergiquement les droits relevant de la conscience et de la liberté religieuse. Cette promesse est tenue aujourd'hui», s'est félicité Eric Hargan, secrétaire par intérim.

    Cette initiative inquiète des associations, qui redoutent une discrimination dans l'accès aux traitements médicaux dont pourraient souffrir certaines catégories de la population. «Personne ne devrait se voir refuser des soins, y compris un avortement sûr et légal», a réagi l'organisation de planning familial Planned Parenthood.

    La création de la nouvelle division du département a été annoncée à la veille de la «Marche pour la vie» à Washington, grand rendez-vous annuel des militants opposés à l'avortement. Le président américain s'exprimera, par lien vidéo, lors de ce rassemblement.

    Depuis son arrivée à la Maison Blanche, Donald Trump a pris différentes mesures visant le droit à l'avortement et à la contraception, ainsi que les droits des personnes transgenres. 

  • Grand-Duché : mobilisation contre la suppression des fabriques d'églises

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    Du site RTL 5' :

    Le Syfel ne renonce pas et annonce des recours juridiques

    Les discussions autour des fabriques d'église ont souvent été animées et elles risquent de se poursuivre devant les tribunaux.

    La semaine dernière, le projet de loi qui finalise la séparation de l'Eglise et de l'Etat et qui prévoit notamment la fin des fabriques d'église, a été adopté par les députés. Les fabriques d'église sont donc appelées à disparaître dès avril. Mais le Syfel ne renonce pas : le syndicat des fabriques d'église vient encore de publier un communiqué. 

    Selon le Syfel, les débats à la Chambre ont montré à quel point les différents partis politiques du pays se distanciaient en ce qui concerne l'interprétation du projet de loi. Le syndicat s'étonne aussi de ce que signifient les portes ouvertes dans les paroisses telles qu'annoncées par l'Evêché, car "tels que se présentent maintenant le statut provisoire et le règlement interne du fonds, les portes seraient plutôt fermées en matière de démocratie de base et de droit de regard". 

    Il ne serait pas légitime que la loi entre en vigueur dès avril, en vertu de la manière dont l'affaire a été menée car, jusqu'au dernier jour, la majorité politique au Parlement, s'est refusée obstinément à rechercher une solution correcte, selon le Syfel. Il revient à présent aux juges de trancher, précise le syndicat qui veut entamer toutes les démarches juridiques nécessaires.

    De son côté, l'archevêché s'exprime publiquement sur le sujet (source) :

    Fabriques d’église : l’archevêché brise le silence

    Le vicaire général, Leo Wagener, a analysé les tenants et les aboutissants de la transition découlant de l'abolition des fabriques d'église.

    L’abolition des fabriques d’église, votée mercredi à la Chambre, marque la fin d’une ère. Le vicaire général, Leo Wagener, a fait le point, vendredi, sur les conséquences en découlant.

    Révolution de velours ou révolution tout court ? La deuxième option apparaît comme la plus plausible, vu le visage fermé et le ton grave employé par le vicaire général, Leo Wagener. L’abolition des fabriques d’église, entérinée deux jours auparavant au Parlement, a inévitablement laissé des séquelles pour l’éternité.

    Cela étant, bien qu’on assiste à un changement de paradigme, le vicaire général semble avoir pardonné aux instigateurs du processus de séparation entre État et Église. « Les portes du Fonds de gestion des édifices religieux et autres biens relevant du culte catholique restent grandes ouvertes », a en effet déclaré Leo Wagener en préambule de son point presse.

    Appel aux bénévoles

    Soit une manière de témoigner – en façade du moins – du fait que la transition est relativement bien «digérée». Car oui, la vie (catholique) continue.

    Dans ce contexte, l’archevêché de Luxembourg a mis en lumière l’importance du volontariat et appelé les bénévoles à se manifester, car « ils seront plus que jamais indispensables à l’avenir », dixit Leo Wagener, qui estime également que leurs responsabilités respectives n’en seront que plus grandes au cours de la phase transitoire qui aboutira à l’entrée en service effective du fonds précité, en 2019. Concrètement, le vicaire général a rappelé que les 33 paroisses du pays seront à l’avenir chacune gérées par un conseil de gestion, dans lesquels siégeront au minimum sept personnes.

    Ligne identique au Vatican

    Ces instances seront chargées de voter un budget, mais seront également amenées à conclure des transactions immobilières et à organiser des collectes de fonds. Cela étant, Leo Wagener a tenu à souligner qu’il était « exclu que le moindre euro du fonds nouvellement créé soit reversé dans les caisses de l’archevêché ». Une distinction radicale avec la nouvelle structure administrative sera donc de rigueur dans le cadre de cette décentralisation.

    Par ailleurs, au sujet du litige avec le Syndicat des fabriques d’église (Syfel), le vicaire général a joué la carte de la sagesse diplomatique en indiquant simplement que la majorité des fabriques d’église (167 sur 285) n’ont pas intenté d’action en justice. « Cela ne rend pas le contentieux moins pénible, mais il faut le souligner. De même qu’il faut préciser que la nonciature apostolique pour la Belgique et le Luxembourg et le Saint-Siège ont été informés des moindres détails du dossier et se sont positionnés en faveur de l’archevêché de Luxembourg », a tenu à faire savoir Leo Wagener.

    Concernant le traitement des salariés des fabriques d’église abolies, le vicaire général a rappelé qu’ils seront intégralement pris en charge par le Fonds de gestion des édifices religieux et autres biens relevant du culte catholique. Au niveau de la gestion de ce même fonds, il a été indiqué que son conseil d’administration se mettrait progressivement en place.

    Claude Damiani

  • La popularité du pape écornée pour la première fois...

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    De Jean-Marie Guénois sur le site du Figaro :

    Au Chili, la popularité du Pape a été écornée pour la première fois

    La plupart des espaces de messes en plein air, où l'on attendait une déferlante des compatriotes du Pape ont été au mieux remplis aux deux tiers, parfois moins.

    Vus du Vatican, les voyages du Pape sont des entreprises missionnaires mais aussi des baromètres. Et, jusque-là, le pape François avait fait une sorte de carton plein. Il engrangeait à chaque descente d'avion - 22 voyages internationaux, 33 pays visités - des louanges et une popularité sans faille.

    Cette ferveur clouait sur place ses opposants - qui lui reprochent d'être trop progressiste - car, depuis les meilleures années de Jean-Paul II, c'est-à-dire depuis vingt ans, jamais l'image de l'Église catholique ne s'était aussi bien portée. ...

    La suite peut être lue ICI

  • Des milliers de participants ont marché pour la Vie, hier, à Paris

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    De Corinne Laurent sur le site du quotidien La Croix; la journaliste évoque 2000 participants alors que la Préfecture les évalue à 8500 et les organisateurs à 40.000 ! La presse "politiquement et culturellement correcte" parle d'un millier (vous avez dit "désinformation"?).

    Une Marche pour la vie sur fond de débats bioéthiques

    La 12e édition de la Marche pour la vie s’est déroulée hier à Paris, pour réclamer l’interdiction de l’euthanasie et une révision de la législation sur la procréation médicalement assistée.

    Malgré la pluie et le froid, les manifestants arrivent par petites grappes, en famille le plus souvent. Ils se serrent sous des parapluies, arborant les affiches colorées, bleu, rose, orange, du collectif En marche pour la vie, qui réunit la Fondation Jérôme-Lejeune, Renaissance catholique, Choisir la vie, les Éveilleurs d’espérance et les Survivants. De la porte Dauphine au Trocadéro, à Paris, hier, environ 2 000 personnes ont ainsi défilé contre l’avortement, l’euthanasie et l’élargissement de la procréation médicalement assistée (PMA).

    Les organisateurs ont demandé à quelques témoins d’évoquer leur expérience pour tenter de sensibiliser l’opinion à leur combat. Ainsi, Madeleine, 35 ans, infirmière, n’a pas procédé elle-même à une interruption volontaire de grossesse (IVG) mais elle se veut la porte-parole de ses collègues. « Il faut libérer la parole, estime-t-elle, il faut dire que cela ne fait pas souffrir que les mamans mais aussi le personnel médical. Ce ne sont que des histoires tristes, on en fait des cauchemars. »

    Après avoir défilé l’an dernier pour demander, en vain, le retrait de la proposition de loi sur l’extension du délit d’entrave à l’IVG, la Marche pour la vie veut profiter cette année du lancement des états généraux de la bioéthique pour faire entendre ses inquiétudes s’agissant d’une éventuelle extension de la PMA aux couples de femmes et aux célibataires.

    « La PMA va être au cœur de 2018 », relève Victoire de Gubernatis, porte-parole de la Marche pour la vie, soulignant qu’elle pose plusieurs « problèmes éthiques », comme « la production des embryons surnuméraires » ou « la question de la sélection embryonnaire ». Le collectif réclame une révision de la législation actuelle. Parmi les manifestants, Henri et Isabelle, un couple venu de Mayenne, s’inquiètent des projets du président de la République Emmanuel Macron. « Il semble favorable à l’extension de la PMA, et la PMA conduira forcément à la gestation pour autrui et à toutes les dérives »,affirment-ils ensemble. « Sur l’euthanasie, avec la loi Leonetti, on est sur la tangente, cela suffit », ajoute Henri, alors que, sur les affiches du cortège, il est écrit « sédation définitive = euthanasie active ».

    Venue de Belgique où l’euthanasie est légale depuis une quinzaine d’années, Lisa acquiesce : « Dans mon pays, on voit le résultat : le système est en place, ça commence à déraper et maintenant c’est trop tard. » « On ne peut pas être chrétien et ne pas être là », approuve Marie-Noëlle, venue d’Angers avec deux de ses jeunes garçons.

    Les responsables de la Marche pour la vie espèrent changer leur image. « Il faut arrêter les caricatures. On nous présente comme des obscurantistes, des intégristes, des militants extrémistes et violents, alors que nous sommes des témoins pacifiques », assure Nicolas Sevillia, délégué général de la Marche. Hier, le député européen et ancien président de la Diète polonaise, Marek Jurek, est venu leur apporter son soutien. Alors que les ultraconservateurs souhaitent limiter encore les possibilités de recourir à l’IVG en Pologne, il a souhaité que « les peuples d’Europe résistent partout à la contre-culture de la mort ».

  • Quand l'archevêque de Boston critique ouvertement des propos du pape

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    De Jean-Marie Guénois sur le site du quotidien Le Figaro :

    Pédophilie : le cardinal de Boston critique publiquement des propos du pape François

    Une déclaration du pape François sur les victimes de prêtres pédophiles au Chili a fait scandale dans ce pays. Le cardinal O'Malley tente d'éteindre l'incendie.

    De notre envoyé spécial à Trujillo (Pérou)

    Une déclaration officielle du cardinal O'Malley, archevêque de Boston (États-Unis), sème une confusion sur la fin du voyage du pape François au Pérou. Ce prélat -très proche du pape puisqu'il appartient au C9, le conseil le plus rapproché du pape François- vient de prendre publiquement le parti des victimes de prêtres pédophiles au Chili contre… le pape François. Ces victimes ont été scandalisées en effet par les propos du pape François à leur égard quand il a visité ce pays en début de semainecar il a clairement laissé entendre que ces victimes mentaient car elles ne pouvaient présenter aucunes «preuves».

    » LIRE AUSSI - Au Chili, le Pape brise le tabou de la pédophilie

    «Il est compréhensible, a écrit le cardinal O'Malley, que les propos du pape François à Santiago du Chili ont été une source de grande peine pour les victimes d'abus sexuels par le clergé. Les mots utilisés dans sa phrase ‘Si vous ne pouvez pas prouver vos plaintes, alors vous ne serez pas crus' reviennent à abandonner ceux qui ont souffert de crimes répréhensibles, de violations de leur dignité personnelle. Ces mots ont relégué ces victimes à l'exil du discrédit.»

    Ce haut prélat américain qui est considéré comme La référence dans le domaine de la lutte contre la pédophilie -Jean-Paul II le nomma à ce poste pour succéder au tristement fameux cardinal Bernard Law- ajoute: «N'ayant pas été personnellement impliqué dans les situations qui ont été l'objet de l'interview du pape, je ne peux expliquer pourquoi le Saint-Père a choisi les mots qu'il a employés dans sa réponse. Mais ce que je sais vraiment c'est que le pape François reconnaît pleinement les énormes échecs de l'Église et de son clergé qui a abusé des enfants, et l'impact dévastateur que ces crimes ont eu sur les victimes qu'il aime particulièrement».

    «Je ne peux m'empêcher de manifester la douleur et la honte que je ressens face au mal irréparable fait à des enfants par des ministres de l'Église»

    Le pape François en voyage au Chili

    Décrivant, enfin, la compassion du pape pour les victimes, le cardinal O'Malley, conclut notamment son communiqué par cette phrase: «Mes prières et mon souci seront toujours avec les victimes et leurs proches. Nous ne pouvons jamais sous-estimer la souffrance de ce qu'ils ont subi ou pour guérir complètement leur peine».

    Cette déclaration officielle du cardinal de Boston calmera-t-elle la crise qu'a ouverte le pape François lors de son voyage du Chili, un pays où la pratique religieuse a chuté drastiquement depuis dix ans en raison de ces scandales? C'est une affaire à suivre, mais si le cardinal O'Malley a pris le risque de publier ce communiqué qui critique ouvertement le pape, c'est qu'il a cherché à éteindre un incendie dont il a perçu la gravité et son risque d'extension au détriment du pape.

    À Santiago du Chili, le pape avait toutefois rencontré à titre privé des victimes de prêtres pédophiles, mais il n'avait vu aucunes victimes du Père Fernando Karadima, membres d'une association qu'ils ont constitués. Interrogé à la volée par une télévision chilienne à ce propos, François avait lancé: «Si vous ne pouvez pas prouver vos plaintes, alors vous ne serez pas crus». Laissant clairement entendre que ces victimes exagéraient leurs plaintes contre ce prêtre. Et contre Mgr Juan Barros, un évêque chilien toujours en fonction, que ces victimes accusent d'avoir tout su sur le comportement de ce prêtre mais de n'avoir jamais rien dit, et dont ils demandent la démission.

    Cette déclaration du pape au Chili a semé une grande confusion, car dès son arrivée, mardi, dans ce pays, François avait dit sa «honte» et sa «douleur» devant les plus hautes autorités politiques du pays à propos des prêtres pédophiles: «Je ne peux m'empêcher de manifester la douleur et la honte que je ressens face au mal irréparable fait à des enfants par des ministres de l'Église. Je voudrais m'unir à mes frères dans l'épiscopat, car s'il est juste de demander pardon et de soutenir avec force les victimes, il nous faut, en même temps, nous engager pour que cela ne se reproduise pas.»

    Un peu plus tard, le même jour, devant le clergé, le pape avait ajouté: «Je connais la douleur qu'ont signifiée les cas d'abus commis sur des mineurs et je suis de près ce que l'on fait pour surmonter ce grave et douloureux mal. Douleur pour le mal et la souffrance des victimes et de leurs familles, qui ont vu trahie la confiance qu'elles avaient placée dans les ministres de l'Église».

  • A propos du transhumanisme et de l'intelligence artificielle

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    De France Culture, dans l'émission Répliques par Alain Finkielkraut

    L'exploration du futur : transhumanisme et intelligence artificielle

      
  • Bénir les unions homosexuelles ?

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    Du site "Présence - Information religieuse" (Canada) :

    Église catholique d'Allemagne

    Un évêque allemand propose d'envisager la bénédiction d'unions homosexuelles

    Agence Catholic News Service

    Le vice-président de la conférence des évêques allemands a demandé que le clergé catholique réfléchisse à la possibilité de bénir les unions homosexuelles.

    «Je m'intéresse aux questions fondamentales sur la façon dont nous traitons les uns avec les autres, bien que le mariage pour tous diffère clairement du concept de mariage de l'Église, c'est maintenant une réalité politique», a déclaré Mgr Franz-Josef Bode d'Osnabruck.

    «Nous devons nous demander comment nous rencontrons ceux qui forment de telles relations et qui sont aussi impliqués dans l'Église, comment nous les accompagnons pastoralement et liturgiquement.»

    Cet automne, les premiers mariages gais ont eu lieu en Allemagne. Le 30 juin, le parlement avait approuvé le mariage homosexuel.

    «Les relations entre personnes de même sexe sont généralement classées comme un péché grave dans l'Église, mais nous devons réfléchir à la façon dont nous pouvons nous différencier», a déclaré Mgr Bode dans un entretien accordé le 10 janvier au quotidien Neue Osnabrucker Zeitung.

    «Ne devrions-nous pas être plus justes, étant donné qu'il y a beaucoup de choses positives, bonnes et justes, ne devrions-nous pas, par exemple, considérer une bénédiction – quelque chose à ne pas confondre avec une cérémonie de mariage?»

    Il a dit que l'église devrait discuter plus en détail des unions homosexuelles et reconnaître «le silence et le tabou» qui perdure sur cette question.

    Les canons 1055-1057 du Code de droit canonique de l'église définissent le mariage comme une union indissoluble entre un homme et une femme.

    Le vote de juin pour permettre le mariage homosexuel a été condamné par les dirigeants de l'Église allemande, dont Mgr Heiner Koch de Berlin, président de la Commission du mariage et de la famille, qui a déclaré que la cohabitation homosexuelle pouvait être «valorisée par d'autres arrangements institutionnels».

    Cependant, le vote a été approuvé par l'Église protestante du pays. Certains groupes catholiques laïcs, y compris l'organisation We Are Church, ont demandé que les couples homosexuels reçoivent des bénédictions de l'Église.

    En mai 2015, l'Église allemande a modifié ses règles d’embauche pour permettre aux non-professionnels de conserver leur emploi après leur divorce et leur remariage sans nullité ou s'ils forment un couple avec une personne du même sexe.

    Dans son interview, Mgr Bode a également dit qu'il pensait qu'il faudrait faire un plus grand usage des «coordonnateurs pastoraux» laïcs pour compenser la pénurie de prêtres ordonnés.

    Il a ajouté que les femmes devraient assumer des «rôles de leadership dans les Églises», et a appelé à une commission du Vatican envisageant actuellement des femmes diacres pour étendre son travail.

    «Cette commission explore beaucoup la tradition, mais je pense que nous ne devrions pas commencer par-là», a déclaré le vice-président de la conférence épiscopale.

    «Nous devons faire face au fait que les femmes font beaucoup de travail responsable dans l'Église aujourd'hui. Je voudrais voir une conversation entre les experts et les évêques compétents – et autant de contacts que possible avec le groupe traitant de ces questions à Rome. Cette question devra ultimement être décidée par un concile ou un synode.»

    Vingt-six pays ont légalisé le mariage homosexuel dans le monde jusqu’ici.

  • Un nouveau livre de Rémi Brague sur la religion

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    9782081416864_1_75.jpgIl y a trente ans, quand on voulait être pris au sérieux, on parlait politique ; évoquer la religion, en revanche, était le meilleur moyen de faire rire. Aujourd'hui, la situation s'est inversée ; la religion fascine, inquiète, et la peur s'installe à l'égard de certaines de ses formes, voire de la violence que, suppose-t-on, elles fomentent. Il importe d'essayer d'y voir un peu clair. Poursuivant le travail d'élucidation qu'il a entrepris depuis une dizaine d'années, Rémi Brague s'interroge sur la légitimité même du terme « religion », puis sur le contenu propre des religions - avant tout sur celui des « trois monothéismes ». Qu'est-ce que la religion nous dit de Dieu, et de l'homme en tant qu'il est doué de raison ? Qu'est-ce qu'elle nous dit d'autres domaines de l'humain comme le droit, la politique ? En quoi garantit-elle - ou menace-t-elle - la liberté morale, sinon l'intégrité physique, des individus ? Un essai salutaire pour délaisser nos a priori et prendre de la hauteur.

    Pour le philosophe Rémi Brague, membre de l'Institut et auteur de " Sur la religion" ( Flammarion), dire que les religions sont violentes représente un échappatoire commode qui évite de s'interroger de trop près sur une religion déterminée.

  • La génération "moi, j'ai le droit"

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    Du site "Pour une école libre au Québec"

    La génération « moi, j'ai le droit »

    Barbara Lefebvre est enseignante et auteur de Génération : J’ai le droit. Dans son livre, elle témoigne de son expérience et parle d’une génération individualiste, de crise de l’autorité... Elle a auparavant collaboré à la rédaction du livre marquant Les Territoires perdus de la République, né du constat alarmé de professeurs de l’enseignement secondaire de la région parisienne, a paru pour la première fois en 2002. Les auteurs des attaques terroristes de 2015 étaient collégiens dans des établissements peu ou prou semblables à ceux évoqués dans le livre, au sein desquels il se produisait des « incidents » à caractère antisémite, raciste et sexiste.

    L’intérêt général, connais plus ! Une prof jette un pavé dans la mare en fustigeant la génération « j’ai le droit ». Des jeunes, mais aussi des adultes pour qui le « je » prime sur tout.

    C’est une phrase courte, qui se passe rarement d’un point d’exclamation. Comme une petite explosion sémantique qu’on entend partout et qu’on prononce soi-même souvent : « J’ai le droit ! » Le droit de parler en classe, le droit de bloquer son lycée, le droit au wi-fi et à la déconnexion, le droit de maltraiter l’orthographe, le droit de payer moins cher, celui de revendiquer sa singularité, religieuse ou identitaire, et même, désormais, le droit à l’erreur administrative…

    « Après tout, nous sommes dans un État de droit, comme le répètent très souvent les politiques », sourit la sociologue et directrice de recherches au CNRS Monique Dagnaud.

    La fin des piédestaux ?

    Mais cet état de fait serait-il aussi devenu le trait le plus saillant de la société d’aujourd’hui ? « Nous sommes dans la glorification des identités particulières, dans un individualisme forcené », assène Barbara Lefebvre, enseignante et polémiste, auteur d’un pavé dans cette mare du « je » : « Génération : J’ai le droit » [1]. Cette prof d’histoire-géographie dénonce chez ses élèves, mais aussi chez leurs parents « une suspicion » à l’égard de l’autorité et des savoirs, comme si le règne du moi revendiqué sur les réseaux sociaux rendait tout le reste relatif. Au feu, les estrades et piédestaux sur lesquels trônaient autrefois le maître, le juge, le politique, les parents ?

    « L’individualisme est un trait fort de nos sociétés contemporaines, et c’est vrai qu’il dilue le sentiment d’appartenance collective, abonde Monique Dagnaud [2]. Nous avons pour de bon quitté la société patriarcale : un cadre existe toujours dans la famille, mais il est négocié et la parole de l’enfant est prise en compte. Pas étonnant, dans ce contexte, que des jeunes s’élèvent avec l’argument j’ai le droit. »

    S’il constate aussi « une montée générale des revendications identitaires et des attitudes protestataires », le sociologue de la jeunesse Olivier Galland [3] nuance : « Le rejet de l’autorité n’est pas généralisé chez les jeunes, il est en fait très différent selon le milieu social ou le niveau de diplôme. Mais il est vrai aussi que la reconnaissance de l’individu dans ce qu’il a de particulier est un thème très fort dans la jeunesse. » Une jeunesse pour laquelle les notions de respect et d’humiliation sont, relève le spécialiste, parmi les plus importantes qui soient. Il aurait été intéressant qu’Olivier Galland précise sa pensée : quels sont les milieux sociaux qui rejettent l’autorité ? Est-ce une question de revenus ou de provenance culturelle ? Et de quelle autorité s’agit-il ? Les pompiers et les policiers sont caillassés dans les « banlieues populaires », mais une autre autorité y est respectée.

    Entretien avec Barbara Lefebvre

    — La génération « J’ai le droit », qu’est-ce ?

    Barbara Lefebvre. — C’est à la fois une génération d’élèves et une génération de parents qui considèrent que leurs droits individuels prévalent sur l’intérêt général. On glorifie les identités particulières au détriment du bien commun. Cet individualisme fait le jeu de deux courants : d’une part, le modèle ultralibéral, avec le culte de l’argent ; d’autre part, le communautarisme [comprendre ethnico-religieux], selon lequel on serait déterminé par une identité de naissance à préserver absolument.

    — En tant que prof depuis vingt ans, avez-vous observé les comportements de cette génération « J’ai le droit » ?

    Barbara Lefebvre. — Oui. Dès la 6e [11-12 ans], les élèves se lèvent en plein cours, tutoient et interrompent l’enseignant… C’est la preuve que quelque chose n’est pas cadré. Je vois dans cette génération deux rejets, deux crises : une crise de l’autorité et une crise de la culture. Or, la culture est fondamentale car elle est génératrice d’intégration. Et je ne parle pas là que des enfants d’immigrés, car un enfant est un nouveau venu dans la société, et le rôle de l’école est de lui apprendre la vie en collectivité. Mais elle est aujourd’hui délégitimée. Il ne faut pas s’étonner, par conséquent, que l’élève conteste, n’obéisse pas, voire dise qu’il est son propre maître.

    — Pour vous, l’école serait donc responsable ?

    Barbara Lefebvre. — Cette génération est le résultat d’un très long phénomène, mais l’école en particulier a perdu le sens de sa mission. Avec ce principe prétendument progressiste selon lequel il faut se mettre à la portée des enfants, on a maintenu un grand nombre d’élèves derrière un fossé devenu quasiment infranchissable. Privés d’un accès exigeant à la langue, ils [ne parviennent plus à] avoir une conversation avec quelqu’un qui vient d’un autre milieu. L’école a perdu sa capacité intégratrice.

    — C’est nouveau ?

    Barbara Lefebvre. — L’explosion des réseaux sociaux a accentué la domination du « je » tout-puissant, qui pense primer sur le « nous ». Dans les années 2000 déjà, on sentait chez les élèves un certain non-consentement de l’autorité. Cela s’est exacerbé depuis cinq ou six ans.

    — Cet individualisme ne peut-il pas avoir de bons côtés ?

    Barbara Lefebvre. — Quand vous mettez votre « je » en avant, quand la seule chose qui compte est la satisfaction de vos désirs et de vos envies, cela crée un rapport avec les autres extrêmement violent. L’autre devient un objet. D’où le harcèlement, le sexisme, et ces petits caïds qui font leur loi…

    — Vous incluez les parents…

    Barbara Lefebvre. — Beaucoup ont intégré que l’école serait ce lieu de la violence institutionnelle, qui nierait l’identité et l’épanouissement de leurs enfants. Mais c’est normal ! L’école n’est pas le lieu d’épanouissement de l’enfant, c’est le lieu d’instruction de l’élève et futur citoyen. Aujourd’hui, beaucoup de parents ne prennent plus l’école au sérieux parce qu’elle-même a accepté que son idéal soit galvaudé.



    [1]  Génération : J’ai le droit, de Barbara Lefebvre, Ed. Albin Michel, 240 p, 18 €.

    [2] Le Modèle californien. Comment l’esprit collaboratif change le monde, de Monique Dagnaud, Ed. Odile Jacob, 2016.

    [3] Sociologie de la jeunesse, d’Olivier Galland, Ed. Armand Collin, 2017.

  • Aux yeux de l'Eglise, le recours à des moyens contraceptifs artificiels serait-il devenu légitime ?

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    Du site de la Fraternité Saint-Pie X (district de France) "La Porte Latine" :

    ...lors d’une conférence publique organisée à l’Université pontificale grégorienne de Rome, le 14 décembre dernier, le Père Maurizio Chiodi, théologien moral récemment nommé à l’Académie pontificale pour la vie par le pape François a présenté sa théorie selon laquelle la « paternité responsable » peut obliger un couple marié à avoir recours à des moyens contraceptifs artificiels. Et vu les circonstances, vu son invocation d’Amoris laetitia pour étayer son point de vue, il ne s’est pas agi d’une simple contestation d’Humanae vitae comme on en a tant vu depuis la parution de cette encyclique il y a exactement 50 ans. Volens nolens, c’est la logique de l’exhortation post-synodale qui est en cause, et donc l’enseignement du pape François.

    Il est vrai que la séance était présidée par l’un des principaux organisateurs de la série de conférences données à la Grégorienne où s’inscrivait cette présentation évidemment hétérodoxe, le père jésuite Humberto Miguel Yanez. Celui-ci n’est pas seulement le directeur du département de théologie morale de cette université, c’est aussi un proche du pape François, qui fut son supérieur en Argentine en tant que Jorge Bergoglio.

    Les deux hommes, Chiodi et Yanez, avaient d’ailleurs participé plusieurs mois auparavant, dans la même université, à la présentation d’un nouveau livre sur Amoris laetitia dans lequel Stephan Goertz et Caroline Witting affirment clairement que l’exhortation apostolique constitue un « changement de paradigme » pour l’ensemble de la théologie morale, et spécialement pour ce qui est de l’interdiction pure et dure de la contraception formulée dans Humanae vitae.

    Dans sa conférence, intitulée : « Relire Humanae vitae (1968) à la lumière d’Amoris laetitia », le Père Chiodi a déclaré que lorsque les « méthodes naturelles sont impossibles ou irréalisables, il faut trouver d’autres moyens de responsabilité ». Alors, « Une méthode artificielle de régulation des naissances pourrait être reconnue comme un acte de responsabilité qui serait mise en œuvre non pas pour rejeter radicalement le don de l’enfant, mais parce que dans ces situations c’est la responsabilité qui appelle le couple et la famille à d’autres formes d’accueil et d’hospitalité ». Lesquels ? Le prêtre n’en a pas parlé. Restons-en aux conjectures…

    Mais ceci est certain : s’exprimant ainsi, le prêtre dit bien qu’un acte intrinsèquement mauvais peut devenir humainement nécessaire et donc bon moralement. Et d’expliquer qu’il s’agit de réfléchir à la question centrale de la théologie morale aujourd’hui : « la relation entre l’objectif et le subjectif ». « Normalement, l’objectif s’identifie à la norme morale connue de la raison et le subjectif s’identifie à la conscience éclairée par la loi », a-t-il posé. Pour le contester aussitôt : « La relation entre l’objectif et le subjectif n’est pas une relation entre la norme connue par la raison et la conscience » mais « entre l’acte… et la conscience ».

    Autrement dit, dans cette nouvelle logique, l’acte reçoit sa valeur de la conscience de celui qui le pose.

    Selon Chiodi, il appartient aujourd’hui aux philosophes et aux théologiens de « repenser une théorie de la conscience » qui retrouve « le lien originel entre la conscience et l’acte moral ». Ce n’est pas dit de manière explicite, mais l’idée est bien de relativiser de manière générale la notion de l’acte intrinsèquement mauvais qu’aucune intention ne peut racheter (parce que la fin ne justifie pas les moyens). Ce qui, soit dit en passant, n’a rien à voir avec les circonstances atténuantes qui relèvent de la responsabilité personnelle sans rien changer à la nature d’un acte.

    Le P. Chiodi s’est d’ailleurs attaché à mettre en cause l’importance d’Humanae vitae, qui a selon lui toute sa place dans le développement historique du magistère de l’Eglise à propos du mariage, mais dont on comprend que c’est maintenant une affaire du passé. Il a expliqué que cette encyclique est devenue davantage une « affaire symbolique, critiquée ou rejetée par ceux qui ont été déçus par ses conclusions, ou bien considéré comme un vrai pilier de la doctrine morale catholique de la sexualité par d’autres ».

    Cette dernière position s’explique selon lui par la référence qui y est faite dans les paragraphes 29 à 34 de Familiaris consortio et plus encore par le classement de la contraception dans Veritatis splendor parmi les actes intrinsèquement mauvais. Manière de dire que Paul VI ne voulait pas aller aussi loin.

    Le cours de Chiodi était le troisième d’une série de conférences organisée pour l’année académique par les facultés de théologie morale et de sciences sociales de l’Université Grégorienne. Le but de ces conférences est d’avoir un nouveau et ample regard sur l’encyclique ‘dans le contexte d’un temps de changement’ et de situations ‘plus complexes’.

    Ces nouvelles "avancées" surviennent après les révélations confirmant que le Vatican a créé discrètement une commission de quatre membres avec l’approbation du pape, dans le but de ‘promouvoir une étude compréhensive et autorisée’ d’Humanae Vitae qui coïncidera avec son anniversaire. Cette initiative est intervenue après que le pape François a purgé l’Académie pontificale pour la Vie, la nantissant de nouveaux membres (dont le père Chiodi), dont certains ont des positions dissidentes sur Humanae Vitae. Et cela a coïncidé avec l’action pontificale du 8 septembre qui par décret papal a remplacé l’Institut Jean-Paul II avec un nouvel institut destiné à faire avancer l’enseignement d’Amoris Laetitia. » (...)

    Sources : Life Site News / RITV / abbatah.com / La Porte Latine du 18 janvier 2018

    Lire aussi : http://www.diakonos.be/settimo-cielo/adieu-humanae-vitae-francois-liberalise-la-pilule/