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Débats - Page 438

  • Le cardinal Zen continue à dénoncer le rapprochement entre la Chine communiste et le Vatican

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    Lu sur le site de RTL.Info :

    Rapprochement Pékin-Vatican: à 86 ans, le cardinal Zen ne désarme pas

    Les catholiques chinois fidèles au Vatican, victimes depuis des années de la répression des autorités chinoises, seraient les perdants d'un éventuel rapprochement entre Pékin et le Saint-Siège, s'alarme l'évêque émérite de Hong Kong, Joseph Zen, dans un entretien à l'AFP.

    "Pendant des décennies, le gouvernement leur a rendu la vie dure mais ils sont restés loyaux vis-à-vis de Rome et du pape. Et maintenant on leur demande de se rendre?", déplore le cardinal de 86 ans. "Certains en Chine pourraient bien se révolter", ajoute le prélat, dont la voix a toujours compté dans l'ex-colonie britannique pour défendre les libertés politiques et les réformes démocratiques.

    Les 12 millions de catholiques chinois (selon des estimations indépendantes) sont déchirés entre une Eglise officielle, dont le clergé est soumis aux autorités, et une Eglise "souterraine" (clandestine) tirant sa légitimité de l'obéissance au Saint-Siège et objet récurrent de persécutions et d'arrestations.

    Le Vatican s'est cependant rapproché ces dernières semaines d'un accord avec Pékin sur la question délicate de la consécration des évêques, avec la décision de reconnaître bientôt sept prélats nommés par le régime, un geste d'ouverture d'une ampleur inédite qui risque selon Mgr Zen de se retourner contre les catholiques qui ont toujours été fidèles au pape.

    Deux évêques chinois reconnus par le pape ont été priés récemment par un haut diplomate du Saint-Siège de céder leur place à des prélats choisis directement par Pékin, dont l'un avait été excommunié par le Vatican en 2011.

    - "Vendre l'Eglise" -

    En janvier, le cardinal avait ouvertement attaqué le Vatican en l'accusant de "vendre l'Eglise catholique en Chine", et insinué que le pape François n'aurait pas été tenu au courant de cette décision, et qu'il ne l'approuverait pas. Ce qu'avait vivement démenti le porte-parole du Vatican Greg Burke.

    Au Vatican, deux lignes s'opposent depuis des années : la première, autour du cardinal secrétaire d'Etat Pietro Parolin, estime qu'il faut faire montre de souplesse avec la Chine pour qu'elle accorde plus de libertés aux catholiques. La seconde critique vivement cette approche, estimant que le régime chinois n'a pas vraiment évolué par rapport au passé.

    Le Vatican et la Chine n'entretiennent plus de relations diplomatiques depuis 1951.

    Mgr Zen, qui a eu une audience avec le pape en janvier, accuse de hauts responsables du Vatican de poursuivre leurs propres objectifs politiques.

    "Le pape ne connaît pas le Parti communiste chinois, mais ces responsables, si. Ils ne sont pas ignorants", a-t-il dit.

    Le cardinal est plus que sceptique quant aux gestes de bonne volonté de la Chine, en citant le décès en détention de membres du clergé non officiel.

    Il invoque aussi sa propre expérience, de 1989 à 1996, en tant qu'enseignant dans des séminaires "officiels" en Chine continentale.

    - "Menés par le bout du nez" -

    Les évêques étaient sous étroite surveillance et "menés par le bout du nez", explique-t-il. "C'était déchirant."

    Hong Kong a longtemps joué un rôle très important en soutien de l'Eglise "souterraine" chinoise et beaucoup de catholiques hongkongais se sont élevés contre le rapprochement entre Pékin et le Vatican.

    Mgr Zen dit avoir ressenti de plus en plus le besoin de s'exprimer sur les violations des droits de l'Homme en Chine après la rétrocession de Hong Kong en 1997.

    Nommé évêque de Hong Kong par Jean Paul II en 2002, il est alors un farouche opposant de la loi anti-subversion de l'exécutif hongkongais pro-Pékin, loi qui a jeté des centaines de milliers de manifestants dans les rues en 2003.

    "Je parle parce que je sens que c'est nécessaire, pas parce que j'aime ça", déclare le cardinal, tapant parfois du poing sur la table.

    Elevé cardinal par Benoît XVI en 2006, il prend sa retraite trois ans plus tard mais ne cède rien à son engagement.

    Si un accord est conclu entre le Vatican et la Chine, Joseph Zen reconnaît qu'il l'acceptera, par respect par le pape.

    Mais pour l'heure, le combat continue.

    "Ils savent qu'on ne peut éradiquer une religion", avance le cardinal au sujet des dirigeants chinois. "Alors s'ils ne peuvent l'éradiquer, ils doivent la contrôler."

  • L'embryon humain : une personne ou un amas de cellules ?

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    L’EMBRYON HUMAIN : PERSONNE OU AMAS DE CELLULES ?

    Gènéthique vous informe 

    L’embryon humain : personne ou amas de cellules ? To be or not to be, that is vraiment the questionquand des dizaines de protocoles de recherche sur l’embryon humain sont autorisés par l’Agence de la biomédecine. Parce que mener à bien de telles recherches, impose la destruction dudit embryon. Aussi, quand le site des Etats généraux de la bioéthique demande comment les favoriser et les encadrer, on s’interroge : les recherches sur l’embryon humain sont-elles si évidentes ? Est-ce qu’il faut juste poser un cadre et quelques limites ?

    En effet, si le biologiste peut manifester une réelle fascination en contemplant sur un écran d’ordinateur le développement des premières cellules organisées issues de la fécondation, cherchant à percer le mystère impétueux de la vie qui conduira à la naissance de l’homme, la réalité engage bien davantage.

    Qu’est-ce qu’un embryon humain ? La question mérite une attention toute particulière. Alors, prenez vos scaphandres, je vous immerge dans un monde fabuleux. Mais gare à ce que nous allons y trouver ! En effet, pour ébaucher une réponse, il faut revenir au statut de l’embryon.

    Et si on commence par fouiller dans la loi française, on frôle la schizophrénie ! Que dit la loi ? Premier constat, elle n’accorde pas à l’embryon le statut de personne. Par exemple, le délit d’homicide involontaire n’est reconnu à l’enfant à naître que s’il est jugé viable au moment des faits. Ce qui exclut l’embryon. Mais d’un autre côté, des droits de successions lui sont acquis, ce qui est incohérent notamment avec le fait qu’il puisse subir un avortement. Force est de constater qu’on joue les équilibristes…

    Le Comité Consultatif National d’Ethique utilise, quant à lui, l’expression de « personne potentielle » qui n’a aucune signification juridique et n’apparait dans aucun texte de loi, mais qui suppose qu’il y aurait un seuil à franchir pour appartenir à l’espèce humaine.

    Regardons de plus près. Le professeur Lejeune, médecin co-découvreur de la trisomie 21, expliquait que « la constitution génétique de l’homme est achevée dès la fécondation ». Ce qui signifie que d’un point de vue scientifique, tout le patrimoine génétique de la personne, tout ce qu’elle est déjà et sera, est contenu dans cette première cellule fruit de la rencontre d’un spermatozoïde et d’un ovocyte. L’histoire a déjà commencé. En se développant, l’embryon humain deviendra un fœtus humain, un bébé humain, un adolescent, un homme, un vieillard, sans que rien de l’intérieur ne vienne entraver ce processus. Il disait : « Au commencement il y a un message, ce message est dans la vie, ce message est la vie. Et si ce message est un message humain, alors cette vie est une vie humaine ». Dans ces conditions, alors que des alternatives éthique de recherche à partir de l’animal et de cellules iPS[1], ne faudrait-il pas considérer d’une manière particulière celui qui est déjà l’un de nous ?

    ----------------

    [1] Cellules pluripotentes induites : il s’agit de reprogrammer génétiquement pratiquement n’importe quelle cellule prélevée chez un adulte pour la rendre pluripotente, c’est à dire capable de se multiplier à l’infini et de se différencier en types de cellules qui composent un organisme adulte, exactement comme une cellule souche embryonnaire.

  • Quand Benoît XVI est censé réaffirmer sa continuité théologique avec le Pape François

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    De Sandro Magister sur Espressorepubblica.it :

    Le double "préjugé stupide". Le texte complet de la lettre de Benoît XVI à Monseigneur Viganò

    Le bureau de presse du Saint-Siège n'a pas divulgué le texte intégral de la lettre envoyée par Benoît XVI le 9 février dernier au préfet du Secrétariat à la Communication, Monseigneur Dario Edoardo Viganò.

    Viganò, cependant, l'a lu lors de la présentation à la presse de la série « La théologie du Pape François », publié par la maison d'édition du Vatican; en fait onze brochures de différents auteurs sur divers aspects de l'enseignement écrit et parlé du pontife actuel.

    La lettre est datée du 9 février et est en réponse à une lettre précédente de Mgr Viganò datée du 12 janvier. Mais depuis qu'elle a été annoncée au grand public, le soir du 12 Mars, la veille du cinquième anniversaire de l'élection de Jorge Mario Bergoglio pape, elle est apparue comme si elle était une sorte de « bulletin », plus que satisfaisant, accordé par Benoît XVI à son successeur au terme de ses cinq premières années.

    Le communiqué de presse publié pour l'occasion par Viganò lui-même, mentionnant seulement les deuxième et troisième paragraphes de la lettre vient renforcer cette version des faits.

    Pourtant, Benoît XVI ne rejette pas un, mais deux « préjugés stupides », le premier selon lequel François serait « seulement un homme pratique sans aucune formation théologique ou philosophique particulière », l'autre selon lequel lui, Joseph Ratzinger, ne serait " seulement qu'un théoricien de la théologie qui n'aurait compris que peu de choses de la vie concrète d'un chrétien d'aujourd'hui ".

    En ce qui concerne François, Benoît reconnaît, ce qui est indéniable, qu'il a eu une «formation» approfondie en théologie et en philosophie. En plus de reconnaître une « continuité intérieure » entre les deux pontificats, où l'adjectif « intérieur » vaut autant que le substantif « continuité », compte tenu de « toutes les différences de style et de tempérament. »

    Et ensuite, il y a ce dernier paragraphe, omis dans le communiqué de presse, dans lequel Ratzinger, avec une sincérité candide, fait preuve de sa belle veine d'ironie. Lisez-le. Et comprenne qui veut comprendre.

    Voici le texte complet de la lettre, de l'en-tête à la signature finale.

    *

    Benoît XVI
    Pape émérite

    A son Excellence Révérendissime Monseigneur Dario Edoardo Viganò
    Préfet du Secrétariat à la Communication

    Cité du Vatican, 9 février 2018

    Excellence révérendissime,

    Je vous remercie pour votre aimable lettre du 12 janvier et pour le don qui y est joint des onze petits volumes édités par Roberto Repole.

    J'applaudis cette initiative qui veut s'opposer et réagir au préjugé stupide selon lequel le pape François ne serait qu'un homme pratique sans aucune formation théologique ou philosophique particulière, tandis que j'aurais été seulement un théoricien de la théologie qui n'aurait compris que peu de choses de la vie concrète d'un chrétien d'aujourd'hui.

    Ces petits volumes montrent, à juste titre, que le pape François est un homme de formation philosophique et théologique profonde, et contribuent donc à voir la continuité intérieure entre les deux pontificats, malgré toutes les différences de style et de tempérament.

    Cependant, je ne me sens pas en mesure d'écrire une page théologique courte et dense à leur propos parce que, durant toute ma vie, il a toujours été clair que je n'aurais écrit et ne me serais exprimé que sur des livres que j'aurais aussi vraiment lus. Malheureusement, y compris pour des raisons physiques, je ne suis pas capable de lire les onze volumes dans un délai rapproché, d'autant plus que m'attendent d'autres engagements que j'ai déjà acceptés.

    Je suis sûr que vous comprendrez et je vous salue cordialement.

    Bien à vous,

    Benoît XVI

  • Benoît XVI réaffirme sa continuité théologique avec le Pape François

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    De Vaticannews.va :

    Benoît XVI réaffirme sa continuité théologique avec le Pape François

    Le Pape émérite a écrit une lettre au préfet du Secrétariat pour la Communication, Mgr Dario Edoardo Viganò, à l’occasion de la présentation du recueil “La Théologie du Pape François”, édité par la LEV, la Librairie Éditrice Vaticane.

    Une lettre personnelle de Benoît XVI sur la continuité avec le pontificat du Pape François : le préfet du Secrétariat pour la Communication, Mgr Dario Edoardo Viganò, l’a rendue publique à l’occasion de la présentation ce lundi de l’ouvrage collectif La Théologie du Pape François édité par la Librairie Éditrice Vaticane.

    «J’applaudis cette initiative qui veut s’opposer et réagir au préjugé insensé selon lequel le Pape François serait un homme purement pratique, privé d’une formation théologique ou philosophique particulière, alors que moi j’aurais été uniquement un théoricien de la théologie qui n’aurait pas compris grand-chose de la vie concrète d’un chrétien aujourd’hui», affirme Benoît XVI dans cette lettre.

    Le Pape émérite remercie pour avoir reçu en cadeau les 11 livres écrits par les théologiens de réputation internationale qui composent le recueil supervisé par don Roberto Repole, président de l’Association théologique italienne. «Les petits volumes, ajoute Benoît XVI, montrent à raison que le Pape François est un homme d’une profonde formation philosophique ou théologique, et aident donc à voir la continuité intérieure entre les deux pontificats, même avec toutes les différences de style et de tempérament».

    Durant la conférence de présentation, le nouveau responsable de la Librairie Éditrice Vaticane, le frère Giulio Cesareo, OFM Cap, a précisé que des négociations sont en cours avec des éditeurs pour la diffusion de ce recueil. Pour le moment des  accords ont été signés pour sa distribution en anglais, en espagnol, en français, en portugais, en polonais et en roumain.

  • Le pape François et l'immigration : un discours très équilibré

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    De Philippe Saint-Germain sur Causeur.fr :

    «Le discours du Pape François sur l’immigration est très équilibré»

    Entretien avec François Huguenin, l'auteur du "Pari chrétien" 

    Dans Le Pari chrétien (Editions Tallandier, 2018), l’historien des idées François Huguenin s’interroge sur les conditions nouvelles dans lesquelles les chrétiens affrontent leurs responsabilités politiques. Comment être une minorité créatrice, influente, dans un monde qui a cessé d’être chrétien ? La réponse tient dans ce paradoxe : c’est dans leur distance à l’égard du pouvoir que se trouve leur véritable puissance politique. Entretien.

    Philippe de Saint-Germain. Dès l’origine, le christianisme s’est pensé comme une religion « dans le monde mais non pas du monde ». Comment ce monde en France a-t-il cessé d’être chrétien ?

    François Huguenin. C’est une longue histoire, à l’évolution complexe, et qui remonte au moins au XVIIe siècle. Ce qui est entièrement nouveau, c’est que la déchristianisation va de pair aujourd’hui avec la perte des valeurs communes. Non seulement la société n’est plus chrétienne, mais la morale — qui n’est pas religieuse en elle-même — n’est plus universelle au sens où elle constitue plus un point de rencontre entre chrétiens et non-chrétiens. Pendant des générations, la pratique religieuse a diminué, mais la conscience collective restait de « marque » chrétienne, pour reprendre l’expression de Pierre Manent. De nos jours, les chrétiens pratiquants ne représentent guère plus de 4 à 5% de la population, et la majorité des Français qui persistent à se dire catholiques ne vit plus comme dans une société moralement ou culturellement chrétienne.

    En quoi cette situation modifie le rapport que les chrétiens peuvent avoir avec la politique ?

    Je pense que cela rend obsolète les postures de domination qui ont longtemps formaté les chrétiens, et plus profondément leur relation au pouvoir. Pourtant, les réflexes demeurent : à droite, la tendance est de confondre christianisme et chrétienté, autrement dit d’attribuer à l’autorité le pouvoir de « faire la norme » ; à gauche, la tentation est de rejoindre le monde en diluant son message au prétexte de rejoindre ses préoccupations. Dans les deux cas, nous restons dans une logique de pouvoir. Or même si le christianisme s’est développé dans le cadre d’une société chrétienne, son existence n’est pas liée à cet état des mœurs ni conditionnée par une forme de pouvoir politique où il tiendrait plus ou moins le manche. Les chrétiens ont d’abord besoin d’une société qui garantisse la liberté religieuse : Vatican II l’a dit clairement, mais les premiers chrétiens le disaient aussi entre le IIe et le IVe siècle !

    A lire aussi: Migrants: pourquoi il faut défendre le pape

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  • Dix vidéos pour scruter la crise de l'Eglise depuis 50 ans : une approche proposée par Arnaud Dumouch

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    LA CRISE DE L'EGLISE depuis 50 ANS

    1918-1968 : 50 ans séparent ces deux dates. 1968-2018 : Encore 50 ans. L’Eglise en Occident est sortie laminée de ce siècle, comme « un figuier que la tempête a secoué à droite puis à gauche et qui a laissé tomber ses fruits avortés sur le sol » (Ap 6, 13).

    La commémoration des 50 ans de mai 68 et de ce qu'ils symbolisent, approche. Les médias préparent sans doute la célébration de ce qu'ils vont considérer comme "le plus grand événement spirituel de l'histoire", autour de "progrès" libérateurs comme la pilule, l'avortement, et bientôt l'euthanasie de la génération vieillissante qui a porté ce courant. 

    Qu'en a-t-il été dans l'Eglise catholique en Occident qui a vu l'écroulement de la pratique religieuse, de l'Europe au Canada ? Les analyses sont diverses : certains accusent le Concile Vatican II, d'autres la révolution mentale des années d'après guerre. 

    Voici une série en 10 vidéos (dont trois sont déjà publiées, les autres suivront chaque vendredi) qui s'efforce, avec Arnaud Dumouch (philosophe et théologien), de porter un regard contemplatif sur cette crise, sur sa préparation lointaine, sur ses acteurs y compris à l'intérieur de l'Eglise d'Occident, sur son avenir. 

    Ce sujet travaille et bouleverse les croyants. Des questions aussi difficiles que celles-ci seront abordées frontalement : 

    • Y a-t-il eu complot ?
    • Quel est le rôle de la Franc-maçonnerie ? 
    • Quelle place donner à l'ange révolté dans ces événements ?
    • Qu'est ce que le signe de Judas qui a été donné en Europe à travers une partie du clergé dit "libéral" ?
    • Qu'est-ce que le signe de Pierre, donné par la réaction intégriste ?
    • Quelle est la ligne donnée par nos papes, fidèlement ?
    • Un renouveau de la foi est-il à prévoir ? 
    • Pourquoi Dieu a-t-il laissé faire un tel ébranlement et comment va-t-il le faire tourner au salut du plus grand nombre ? 

    Voici le plan détaillé et le lien vers chacune des vidéos :

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  • L'intelligence artificielle : Terminator au travail ?

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    Du Père Eric Salobir o.p. sur la newsletter "Europeinfos" de la COMECE et du Jesuit European Office :

     

     

     

     

     

     

     

    Intelligence artificielle : Terminator au travail ?

    Jusqu’où l’intelligence artificielle va-t-elle remplacer l’homme ? Va-t-elle l’aider ou en faire un assisté ? Quels modèles de société dessine-t-elle ?

    Pour beaucoup de nos contemporains, l’Intelligence artificielle (en abrégé, I.A.) fait penser à Terminator et cette image dystopique révèle une peur sourde : celle d’être dominés, remplacés, voire anéantis. C’est l’ancestrale peur du loup, mais aussi celle de l’autre, différent et puissant. Cela traduit aussi la conscience que la machine travaille pour l’homme sans relâche ni gratification et qu’un jour, le robot pourrait se libérer de sa servitude.

    Ces cauchemars peuvent détourner notre attention d’enjeux concrets, auxquels ils font pourtant écho : l’utilisation généralisée de l’I.A. va probablement « terminer » un modèle socio-économique et contribuer à l’avènement d’un nouveau. Reste à savoir qui sera éliminé ou remplacé, victime de cette autre forme de Terminator.

    L’intelligence artificielle, Terminator du plein emploi ?

    L’un des lieux de fracture majeurs concerne l’emploi. Certes, E. Brynjolfsson and A. McAfee affirment avec raison que l’homme ne connaîtra pas la même obsolescence que le cheval. Pourtant, les métiers répétitifs sont en cours d’automatisation et la machine se révèle déjà plus habile que l’homme dans de nombreux domaines d’expertise allant de l’interprétation de données à l’organisation. Outre les chauffeurs et manutentionnaires, l’I.A. remplacera donc aussi des radiologues, des analystes et de nombreux managers. Vu la vitesse du phénomène, il est difficile d’imaginer que de nouveaux métiers naîtront assez vite pour les occuper. Il nous faut donc abandonner le rêve d’un plein emploi numérique pour penser, dans les pays les plus développés, une société de la rareté du travail.

    Les domaines où l’homme sera le moins susceptible d’être remplacé par une intelligence artificielle sont ceux impliquant la créativité et une aptitude à la relation humaine. Avec de tels critères d’employabilité, nos économies risquent de devenir plus inégalitaires. Comment, dès lors, préserver le lien social ? Certes, il existera des fonctions simples pour lesquelles l’emploi d’un humain restera plus rentable. C’est actuellement le cas de la manutention dans certains entrepôts de vente par correspondance. Mais c’est un ordinateur qui définit alors en détails les tâches à accomplir. Certaines machines travaillent pour des hommes ; certains hommes travaillent déjà pour des machines.

    En outre, si la perspective de voir disparaître des tâches pénibles est réjouissante, le travail joue un rôle aux différents niveaux de la pyramide de Maslow : il constitue un lieu de socialisation et une source de dignité autant que de revenus. Si le recours généralisé à l’I.A. apporte le développement économique attendu, faut-il que cette manne soit simplement partagée pour permettre à chaque citoyen de rester un consommateur solvable ?

    Une réflexion pourrait être entamée sur la façon de rétribuer des actions socialement utiles pour lesquelles il n’existe pas de modèle économique : sera-t-on un jour payé pour s’occuper de ses enfants, avoir une activité artistique ou visiter ses voisins âgés ? Il faudrait pour cela abandonner la notion de travail, au sens économique du terme, pour celle d’activité. La machine viendrait alors en complément de l’humain, à l’échelle de la société.

    Remplacer ou compléter l’humain ?

    Il serait cependant dommageable que cela se fasse au prix d’une perte de qualification dans des domaines professionnels ou personnels, comme la conduite automobile, les relations sociales ou les choix de vie. Dans un futur proche, nous serons de plus en plus assistés. L’intelligence artificielle va-t-elle rendre l’homme plus ou moins intelligent ? Certains, comme Joi Ito (https://joi.ito.com ) font le pari d’une interaction humain-machine : en développant le concept de society in the loop, le directeur du MIT Média Lab tente de créer un cercle vertueux d’apprentissage réciproque et une collaboration de deux formes d’intelligence. Encore faut-il que cette approche puisse s’imposer dans un contexte souvent régi par une philosophie utilitariste pour laquelle seuls importent les résultats chiffrés.

    Finalement, ces décisions seront entre les mains des propriétaires de l’intelligence artificielle. Or, les ressources nécessaires à son développement sont possédées par un petit nombre d’acteurs privés, essentiellement Nord-Américains. Certains pays d’Asie ont choisi de compenser ce fait par un investissement public massif. Quelles seront les décisions de l’Europe ?

    Eric Salobir o.p.

    Président d’OPTIC

  • Pour que cesse la laideur de l'art contemporain

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    De Jonas Legge sur le site de la Libre (16-12-2017) :

    "La laideur de l'art contemporain doit cesser"

    De son propre aveu, Jean-Pierre De Rycke ne supporte pas le conformisme. Le conservateur du musée des beaux-arts de Tournai pointe dès lors un regard très critique sur les grands noms de l'art contemporain puisqu'ils "ne font que réutiliser les mêmes recettes ringardes, fatiguées depuis des années". Ce Carolo appelle aujourd'hui au "réenchantement de la création".

    Jean-Pierre De Rycke est l'Invité du samedi de LaLibre.be.

    Que reprochez-vous à l'art contemporain ?

    Je ne le rejette pas en bloc mais je suis critique vis-à-vis de ce que je considère comme les dérives de l'art contemporain. Je déplore un recul général de la notion d’esthétique, du beau. On présente par exemple comme une "prouesse esthétique" un tas de vêtements usagés rassemblés par Christian Boltanski pour figurer la Shoah. On achète à prix d'or des parties de cochons tatoués par Wim Delvoye. On s'extasie à Versailles devant une provocation débile faite de gravats de pierre et d'une longue corne métallique, intitulée "Vagin de la Reine" par Anish Kapoor. Depuis quelques décennies, le terme "plasticien" s'est même substitué à celui d'"artiste" pour évacuer cette notion du beau dans la création actuelle.

    Cette notion de beau est subjective, elle n'appartient qu'à celui qui l'exprime. Cet argument est-il valable ?

    Je suis d'accord, cette notion est relative. Etymologiquement, en grec, "esthétique" vient de "perception". L'art n'est pas nécessairement directement lié à la notion de beau mais il doit avant tout susciter de l'émotion, du ressenti. Je ne suis pas tombé au bon endroit au bon moment puisque je suis un idéaliste romantique. Je pense donc que l'art doit sublimer la vie par le fond (en lui donnant du sens) et par la forme (qui doit être soit belle soit expressive). Le savoir-faire, la technique, la prouesse artisanale sont essentiels. Cela peut se traduire par une maîtrise exceptionnelle du dessin ou de la lumière, par l'utilisation savante de la coloration ou par une maîtrise de la matière sculptée.

    L'art sert aussi à exprimer des sentiments torturés, de la contestation. Cela ne peut-il pas passer par la laideur, afin de procurer une certaine sensation ?

    J'admire des artistes comme Otto Dix, George Grosz, Francis Bacon ou Lucian Freud sur un plan purement plastique. Leur traitement de la forme expressionniste est impressionnant, remarquable. Et même si le résultat visible produit de la laideur, il suscite aussi une émotion. La création contemporaine, par contre, est enlaidie par la vulgarité, par son mauvais goût. 

    Les oeuvres esthétiquement plus simples, destinées à susciter la réflexion ne vous touchent pas non plus ?

    Exactement. L'art conceptuel investit un terrain qui appartient plutôt à d'autres domaines de l'expression : la philosophie, la sociologie ou la littérature. On s'approche du domaine des idées et on s'écarte du champ artistique proprement dit.

    Qu'est-ce que ces créations disent de notre société occidentale actuelle ?

    Elles illustrent le relativisme ambiant, elles correspondent à une perte de hiérarchisation, à un étalement des valeurs, à un nivellement où tout se vaut. Dans l'art contemporain, il y a un phénomène d’infantilisation. Jeff Koons, par exemple, avec ses "Balloon Dog", détourne des jouets du quotidien pour les ériger en œuvres d'art. A travers leurs dérives contemporaines, Wim Delvoye et son "Cloaca" (NdlR : reproduction gigantesque du tube digestif qui produit des excréments) ou Jan Fabre et l'exaltation de son sperme ramènent aux états de base de la condition humaine.

    Plutôt que les artistes, ne sont-ce pas plutôt les galeristes et les très riches acheteurs qui sont à pointer du doigt ? Ce sont finalement eux qui dictent ce qu'est l'art contemporain en ne donnant de la visibité qu'à quelques artistes ?

    Effectivement, l'art contemporain est devenu une immense spéculation, une espèce de bulle financière. Certains galeristes font la cote de certains artistes. Des collectionneurs investissent là-dedans comme dans de simples objets de spéculation. Résultat : de nombreux artistes intéressants ne trouvent aucune résonance, aucune visibilité. 

    Quel est votre idéal de création ?

    Je suis un historien de l'art très attaché à la Renaissance italienne et à son humanisme - avec son culte du vrai, du beau, du bien - qui est lui-même relié à la tradition de la Grèce antique. L'humanisme est une conception philosophique qui visait à élever, à spiritualiser la condition humaine, à anoblir la matière, au lieu de l'amener à une forme de nihilisme absurde. De nombreuses manifestations de l'art contemporain reviennent à des considérations on ne peut plus primaires, basiques, voire instinctives. C'est un peu le contraire du processus idéalisant de la Renaissance.

    Si on continuait simplement à créer comme à la Renaissance, on n'innoverait plus, la création tournerait en rond…

    Absolument ! C'est pourquoi il faut inventer autre chose. Quoi ? Je ne sais pas. Comme on vit une époque très lourde, avec beaucoup de noirceur, avec une perte générale de repères, l'époque est propice au réenchantement de la création, à l'émotion positive. Les gens ont besoin de retrouver du rêve, la laideur vers laquelle ils sont renvoyés doit cesser. C'est dans ce sens que l'art pourrait redémarrer.

    Dans votre musée des beaux-arts, vous exposez des oeuvres contemporaines. Vu votre regard critique, n'est-ce pas paradoxal ?

    Non, depuis que je suis conservateur, j'ai toujours eu le souci d'intégrer toutes les formes d'art et toutes les époques, d'une manière globale, afin de faire entrer les oeuvres en résonance, en dialogue. Dans le futur, j'espère réserver une part plus importante à la création contemporaine... mais qui irait dans le sens de ce que j'apprécie davantage.

    Votre point de vue sur l'art contemporain n'est-il pas finalement celui d'un réactionnaire ?

    Je laisse à d'autres le soin de le décréter. On pourrait taxer tous les grands artistes de la Renaissance - dont Leonard De Vinci, Michel-Ange, Raphael, Piero della Francesca - de réactionnaires car ils n'ont jamais rien fait d'autre que de puiser aux sources de l'Antiquité en adaptant ce répertoire aux nouvelles expériences. Leurs oeuvres sont le fruit d'un processus de synthèse entre une tradition et une attitude d'innovation, à travers un esprit d'avant-garde.

  • Quand la devotio moderna découvre la conscience moderne : saint Ignace de Loyola

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    Ignatius_Loyola.jpgA la fin du moyen âge, l’Imitation de Jésus-Christ contribuera à former des hommes qui, un siècle plus tard, seront les chefs de la Réforme catholique, et d’abord du plus grand d’entre eux, saint Ignace de Loyola.

    C’est par lui, grâce à lui surtout, que le courant médiéval de la devotio moderna préparera le croyant des temps du lendemain, moins communautaire que celui du moyen âge, mais plus intérieur, celui qui s’affirmera avec le concile de Trente. A suivre dans ce remarquable échange entre Marc Rastoin sj et François Sureau (JPSC) :

  • Euthanasie : des pistes pour un sain discernement

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    Du site de l'abbé Christophe Cossement, des réponses à ces questions :

    - En matière d’euthanasie… Y a-t-il un texte sur lequel on peut s’appuyer pour dire : « L’euthanasie jamais ? »

    - Que répondre lorsqu’on nous dit : « Selon sa conscience…et les circonstances… »

    - Peut-on dire que l’euthanasie étant un acte intrinsèquement mauvais, les circonstances et la conscience ne sont pas convoquées ?

    - Aumôniers et visiteurs de malades ont besoin d’un peu de soutien car il y a, me semble-t-il, de plus en plus de confusion pour l’accompagnement des malades.
    Si le malade estime que l’euthanasie n’est pas un mal, moi aumônier, qu’est-ce que je fais ? Quid des sacrements qu’il demanderait éventuellement ?

    euthanasie, conscience, mal objectif et sacrements

    Quel discernement poser sur ce qui convient de faire dans l’accompagnement spirituel des personnes qui demandent l’euthanasie ? Comment interagir avec celle qui affirme qu’en conscience elle choisit l’euthanasie ? Les trois convictions fondamentales sur lesquelles on peut s’appuyer sont :

    • Personne n’a le droit de disposer de la vie d’autrui innocent, même à sa demande. C’est un grave dérèglement de la société de le faire, en l’occurrence une perversion de la médecine.
    • Avec celui qui désespère, l’attitude de compassion n’est pas de désespérer avec, mais de soutenir l’espérance même sans résultat apparent. Quel bouleversement cosmique si un chrétien en venait à dire : je comprends que tu es désespéré et je vais collaborer à ton désespoir !
    • Ajoutons un point de foi : personne ne s’est donné la vie à lui-même, mais la vie vient de Dieu et c’est lui qui en est le maître. C’est lui qui l’achemine lui-même vers la vie éternelle et lui seul qui en connaît la valeur.

    À cause de cela, le Magistère a classé l’euthanasie dans les actes intrinsèquement mauvais, c’est-à-dire que rien, aucune intention bonne, aucune circonstance favorable, ne peut en faire un acte bon.

    La référence en matière de textes, c’est Evangelium vitae, encyclique de Jean-Paul II en 1995. Notamment le paragraphe 15 et à partir du paragraphe 64. J’épingle deux extraits :

    65. « Ces distinctions étant faites, en conformité avec le Magistère de mes Prédécesseurs et en communion avec les Évêques de l’Église catholique, je confirme que l’euthanasie est une grave violation de la Loi de Dieu, en tant que meurtre délibéré moralement inacceptable d’une personne humaine. Cette doctrine est fondée sur la loi naturelle et sur la Parole de Dieu écrite ; elle est transmise par la Tradition de l’Église et enseignée par le Magistère ordinaire et universel. » (C’est une déclaration qui s’entoure de toutes les formes de l’infaillibilité pontificale)
    67. « La demande qui monte du cœur de l’homme dans sa suprême confrontation avec la souffrance et la mort, spécialement quand il est tenté de se renfermer dans le désespoir et presque de s’y anéantir, est surtout une demande d’accompagnement, de solidarité et de soutien dans l’épreuve. C’est un appel à l’aide pour continuer d’espérer, lorsque tous les espoirs humains disparaissent. Ainsi que nous l’a rappelé le Concile Vatican II, “c’est en face de la mort que l’énigme de la condition humaine atteint son sommet” pour l’homme ; et pourtant “c’est par une inspiration juste de son cœur qu’il rejette et refuse cette ruine totale et ce définitif échec de sa personne. Le germe d’éternité qu’il porte en lui, irréductible à la seule matière, s’insurge contre la mort”. (Gaudium et spes 18) »

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  • Pays-Bas : quatre enquêtes judiciaires ouvertes pour de possibles euthanasies criminelles

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    AUX PAYS-BAS, QUATRE ENQUÊTES JUDICIAIRES OUVERTES POUR DE POSSIBLES EUTHANASIES CRIMINELLES

     de genethique.org

    Dans son rapport annuel sur les euthanasies de 2017, le Comité régional de surveillance de l’euthanasie au Pays-Bas a signalé 12 cas douteux pour l’année 2017 (cf. Pays-Bas : l’euthanasie des personnes en fin de vie a augmenté de 8% en un an).

    Le parquet a annoncé dans un communiqué que le ministère public avait « décidé d’ouvrir quatre enquêtes judiciaires » pour « de possibles euthanasies criminelles effectuées par deux médecins ». En effet, sur les 12 cas cités, six ont été classés sans suite, quatre font l’objet de poursuites et deux autres sont encore en cours d’examen.

    Le premier cas concerne une femme de 67 ans qui avait rédigé des dernières volontés il y a de nombreuses années. Atteinte de la maladie d’Alzheimer, le parquet a estimé qu’elle « n'avait pas la capacité d'exprimer son consentement », et que le médecin « n'était pas en mesure de certifier qu'il s'agissait d'une demande volontaire et délibérée d'euthanasie ».

    Une autre femme, âgée de 84 ans, atteinte de diverses maladies, est morte en croyant que sa vie était « sans espoir ». Un argument qui n’a pas convaincu le comité qui s’interroge sur d'autres solutions possibles à ses souffrances.

    La troisième situation est celle d’une femme de 72 ans atteinte d'un cancer. En situation de coma, elle n'avait aucune volonté de vivre. Cependant, « selon le comité, le médecin ne pourrait pas non plus arriver à la conviction que ses souffrances étaient insupportables sur la base des faits ... immédiatement avant l'euthanasie ».

    Enfin, les procureurs enquêteront sur le décès d'une femme de 84 ans souffrant d'emphysème pulmonaire à La Haye, qui a refusé de poursuivre le traitement et a déclaré qu'elle ne voulait plus vivre. Le comité a déclaré que « le médecin a conclu trop facilement que la souffrance de son patient était sans espoir ».

    Sources: Afp (08/03/2018) ; Dutchnews (09/03/2018)

  • Pourquoi cet acharnement à vouloir que l'embryon humain soit livré à la recherche ?

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    JACQUES TESTART : « QUELLE LOGIQUE EST EN JEU DANS CET ACHARNEMENT À EXIGER QUE L'EMBRYON HUMAIN SOIT LIVRÉ À LA RECHERCHE ? »

    Le coin des experts de genethique.org

    Controverses, alternatives, perspectives, dans une conférence donnée à la Cour de cassationle 15 février dernier[1], Jacques Testart, biologiste de la procréation et directeur de recherches honoraire à l'INSERM, fait le point concernant la recherche sur l’embryon (3/3).

    Depuis 1994, la loi française autorise des « études » sur l’embryon lesquelles « doivent avoir une finalité médicale et ne peuvent porter atteinte à l'embryon » (art L 152-8). C’est dire qu’avec les études, il est seulement possible d’observer l’embryon, sans aucune manipulation, ce que tous les biologistes de FIV font quotidiennement même si une véritable étude scientifique impliquerait un protocole devant conduire à des conclusions. Rien n'explique pourquoi les « techniques complémentaires » à la FIV, pour la plupart tolérées depuis plus de 20 ans sans aucune validation scientifique, ne font pas l'objet soit d'un interdit, soit de protocoles d'étude,  sous l'égide de l'ABM.

    Quels progrès théapeuthiques issus des recherches sur l’embryon ?

    La recherche impliquant l'embryon humain a fait l'objet de nombreux débats et décisions depuis 30 ans. Alors que la loi de 1994 interdisait toute recherche, celle de 2005 prévoyait des dérogations et finalement, la loi de 2013 a autorisé la recherche sur l'embryon humain dans des conditions spécifiquement encadrées. Alors, de quoi est donc faite la « recherche sur l'embryon » qui a provoqué tant de controverses ? Plusieurs dizaines de projets de recherche ont été autorisés depuis 2005 mais ces travaux, portant essentiellement sur des cellules souches embryonnaires (ES) souvent importées, ne concernent qu'exceptionnellement les praticiens de l'AMP, acteurs de la procréation plutôt que de la science. Si 42 équipes scientifiques ont obtenu une ou plusieurs autorisations de recherche, la plupart d’entre elles (36 équipes et 83 projets) travaillent sur les cellules souches. Seulement 5 projets (de 4 équipes) ont concerné l’embryon lui-même. La plupart de ces projets sont achevés depuis plusieurs années mais on ignore s’ils ont permis les « progrès thérapeutiques majeurs » qui les avaient justifiés. Finalement, il n’existe actuellement aucune recherche sur l’embryon lui-même. Pourtant les embryons donnés « à la recherche » sont  nombreux : 21403 embryons étaient disponibles pour cela en 2015. Or, si 19 projets de recherche ont été acceptés en 2016, aucun ne concerne l'embryon humain in vitro: la moitié de ces travaux portent sur le DPN, d'autres sur le spermatozoïde et quelques-uns sont menés chez l'animal (souris ou lapin). Ces projets ne concernent pas davantage la recherche « avec l'embryon » qui porte sur des cellules embryonnaires (ES), ces travaux étant désormais menés avec des clones cellulaires créés antérieurement ou importés.

    Comment expliquer que la licence accordée aux chercheurs depuis 2013 soit finalement sans objet alors que le cadre institutionnel et l'approvisionnement en embryons ont été résolus ? Peut-on penser que des demandes de recherche ont été formulées à l'ABM qui les auraient toutes refusées ? Ou que les complications administratives aient freiné les demandes des chercheurs ? Ou encore que les chercheurs se soient repliés sur des modèles animaux lesquelles présentent l'avantage de pouvoir corréler les observations ou manipulations réalisées in vitro avec la viabilité de l'embryon puisque celui-ci peut être transféré in utero aux fins de gestation. Certes, il existe quelques différences entre humain et souris ou porcin dès le stade embryonnaire, mais il existe surtout beaucoup de similarités, et nous avons encore beaucoup à apprendre de l'embryon animal. Dire que la recherche sur l'embryon humain n'aurait pas été possible chez l'animal est une litote qui ne devrait pas exempter de mener d'abord la recherche sur un modèle non humain, pour des raisons scientifiques autant qu'éthiques. Selon le code de santé publique (art 2151-5) les recherches sur l’embryon humain doivent être « susceptibles de produire des progrès thérapeutiques majeurs et à la condition de ne pouvoir être poursuivies par une méthode alternative d’efficacité comparable en l’état des connaissances scientifiques ». Outre que la recherche chez l'animal peut constituer une alternative, ou mieux un préalable, les « progrès thérapeutiques majeurs » promis par ces recherches semblent complètement absents, malgré les travaux menés ici et surtout dans d'autres pays depuis bientôt 30 ans. Comme dans le cas du « bébé-médicament » (voir plus loin), il semble que le discours triomphaliste de quelques praticiens porteurs d'intérêts particuliers se soit montré capable d'abuser le législateur.

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