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Débats - Page 438

  • Un schisme à l'horizon ?

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    De Marie Malzac sur le site du journal La Croix :

    Le cardinal Müller affirme craindre un schisme

    L’ancien préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi demande aux autorités de l’Église d’écouter les « justes réclamations » des anti-François, selon des propos rapportés par le quotidien italien Il Corriere della Sera dimanche 26 novembre.

    « Il existe un front de groupes traditionalistes, ainsi que des progressistes, qui voudrait me voir à la tête d’un mouvement contre le pape, mais je ne le ferai jamais ». C’est ce qu’a soutenu récemment le cardinal Gerhard Ludwig Müller, ancien préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, qui avait exprimé à plusieurs reprises ses prises de distance par rapport à certaines démarches pontificales.

    Dans un entretien avec un éditorialiste du quotidien italien Il Corriere della Sera, Massimo Franco, publié dimanche 26 novembre, il se montre amer et inquiet.

    S’il affirme croire dans « l’unité de l’Église », l’ancien préfet n’en appelle pas moins les autorités à « écouter ceux qui ont des questions sérieuses et de justes réclamations : il ne faut pas les ignorer ou, pire, les humilier ». Le cardinal va même plus loin : « Sinon, sans le vouloir, le risque d’une lente séparation peut augmenter, qui pourrait déboucher sur un schisme d’une partie du monde catholique, désorienté et déçu. L’histoire du schisme protestant de Martin Luther d’il y a 500 ans devrait surtout nous montrer les erreurs à éviter ».

    Au mois de juillet, le pape François a décidé de remplacer ce cardinal à la tête de la Congrégation pour la doctrine de la foi, le plus important dicastère de la curie romaine. Il avait alors durement critiqué son renvoi. Dans le Corriere, il apporte de nouvelles précisions. À ce moment-là, le pape lui aurait ainsi dit : « Certains m’ont dit de façon anonyme que vous étiez mon ennemi ».

    Critique acerbe des « délateurs »

    « Après quarante au service de l’Église, déplore-t-il, je me suis laissé dire cette absurdité, préparée par des cancaniers qui au lieu d’instiller de l’inquiétude chez le pape feraient mieux d’aller voir un psychiatre ».

    Réaffirmant son attachement au pape, le cardinal soutient toutefois que ses « vrais amis ne sont pas ceux qui l’adulent » mais bien « ceux qui l’aident avec la vérité et une compétence théologique et humaine ».

    Le cardinal formule des paroles sévères contre les « délateurs » responsables à ses yeux de son départ de la Congrégation pour la doctrine de la foi. L’ancien préfet ne croit pas au complot contre le pape – « une exagération absolue » – mais reconnaît que d’importantes « tensions » traversent actuellement l’Église.

    « Je crois que les cardinaux qui ont exprimé leurs doutes sur Amoris Laetitia, ou les 62 signataires d’une lettre de critiques, dont certaines excessives, contre le pape, doivent être écoutés, et non pas balayés d’un revers de main comme’pharisiens’ou comme des râleurs », avance-t-il. Il faut donc, à son sens, un « dialogue franc et clair ».

    L’impression du cardinal allemand est que dans le « cercle magique » du pape, on « s’inquiète surtout d’espionner de prétendus adversaires, empêchant de la sorte une discussion ouverte et équilibrée ».

    En gage de sa bonne foi, le cardinal Müller a récemment défendu publiquement l’Exhortation apostolique du pape François sur la famille, un document qui a cristallisé les divergences.

    « Classer tous les catholiques selon les catégories ’amis’ ou ’ennemis’ du pape est le plus grand mal qu’ils causent à l’Église, insiste le cardinal Müller. Et on est perplexe lorsqu’on voit qu’un journaliste bien connu, athée, se vante d’être un ami du pape, tandis qu’un évêque catholique, cardinal comme moi, est diffamé comme opposant du pape. Je ne crois pas que ces personnes puissent me donner des leçons de théologie sur le primat du souverain pontife ».

    Une Église plus « faible »

    Comparée à l’époque de Benoît XVI, l’Église actuelle apparaît plus « faible » aux yeux du cardinal. « Les prêtres sont de plus en plus rares et nous apportons des réponses plus organisationnelles, politiques et diplomatiques que théologiques et spirituelles », regrette-t-il. « L’Église n’est pas un parti politique, avec ses luttes de pouvoir. Nous devons discuter des questions existentielles, sur la vie et la mort, sur la famille et les vocations religieuses, et pas sur la politique ecclésiastique en permanence, développe l’ancien préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi. Le pape François est populaire, et c’est une bonne chose. Mais les personnes ne prennent plus part aux sacrements. Et sa popularité parmi les catholiques qui le citent avec enthousiasme ne change malheureusement pas leurs fausses convictions ».

    Selon le cardinal Müller, il faut désormais dépasser le stade de l’Église « hôpital de campagne », une expression chère au pape François. Aujourd’hui, le monde aurait davantage besoin, à ses yeux, d’une « Sillicon Valley » de l’Église. « Nous devrions être les Steve Jobs de la foi, assure-t-il, et transmettre une vision forte en termes de valeurs morales et culturelles ».

  • Sus aux crucifix !

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    De SudInfo :

    Le crucifix banni des locaux de la Croix-Rouge: le rappel à l'ordre crée la polémique (+Vidéo)

    Le crucifix et les autres signes convictionnels religieux sont en principe désormais bannis des espaces publics des locaux de la Croix-Rouge. C’est l’objet d’un mail envoyé voici une quinzaine de jours aux maisons de la Croix-Rouge de la province de Liège.

    A lire aussi : Les principes de base de la Croix-Rouge à respecter... et une démission à la clé

    Les croix et autres symboles religieux sont devenus indésirables à la Croix-Rouge. Un coup de balai déclenché par une plainte.

    À Verviers, la décision crée la polémique, alors que la croix accrochée au mur n’avait jamais fait de vagues, dans la Vestiboutique, rue Renkin...

    > Ce qui s’est passé à Blégny, et les conséquences pour l’antenne locale

  • L'enfer est-il vide ?

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    Du Père Nicolas Buttet, dans l’hebdomadaire « Famille chrétienne » :

    77211301_o.jpg« La parole de Dieu est claire: Dieu «veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la pleine connaissance de la vérité» (1Tm 2,4; 2 P 3,9). Simultanément, la même parole présente une réalité réservée à celles et ceux qui décident de se dérober à lamour fraternel et à la miséricorde divine. Cette réalité, c’est l’enfer, qui est un thème majeur dans la prédication de Jésus: «Allez-vous-en loin de moi, vous les maudits, dans le feu éternel préparé pour le diable et ses anges» (Mt 25,41).

    Comment donc concilier la volonté du salut pour tous et la réalité de l’enfer pour certains? Jésus nous dit que « beaucoup sont appelés, mais peu sont élus» (Mt 22,14). Cette phrase a donné lieu à une vaste littérature sur le salut des personnes, leur nombre ou leur prédestination... Face à ces thèses, certains auteurs ont développé l’idée d’un enfer «hypothétique»: lenfer existe certes, mais il est possible despérer un salut universel où personne ne serait damné. Lenfer apparaît alors comme une possibilité, voire une menace, mais pas comme une réalité. C’est « l’espérance pour tous» (Hans Urs von Balthasar).

    D’autres ont parlé de l’enfer «provisoire»: à la fin des temps, tous anges déchus et hommes «damnés» seront rétablis dans la communion damour avec Dieu. Cette doctrine de la restauration universelle (apocatastase) défendue par Origène (IIIe s.) a été reconnue par l’Église comme contraire à la parole de Dieu. Cette double conception de l’enfer comme «vide» ou «à la fin vidé» semble séduisante, mais elle soppose à deux principes essentiels de notre foi: lamour infini et miséricordieux de Dieu, et la grandeur de la liberté humaine.

    Le Dieu d’amour ne peut pas nous forcer à Lui dire «oui»: lamour qui simpose sappelle un viol. Autrement dit, si Dieu est amour, l’enfer en est une exigence incontournable: au nom de lamour, il est nécessaire quil y ait un «lieu» hors de Dieu pour que ceux qui refusent de Laimer puissent ne pas se voir imposer sa «vision». LApocalypse nous révèle quun tiers des anges se dérobèrent à l’amour et suivirent Lucifer dans sa chute (Ap 12,4).

    L’amour infini de Dieu et la grandeur de la liberté humaine s’opposent à un enfer vide.

    L’enfer est donc peuplé de ces anges déchus qui apparaissent pour nous comme une révélation de la grandeur de la liberté: celle-ci peut acquiescer à lamour, mais aussi se dresser contre la miséricorde infinie de Dieu. Cest du sérieux! La parole de Dieu au sujet des fins dernières constitue alors «un appel à la responsabilité avec laquelle lhomme doit user de sa liberté en vue de son destin éternel et un appel pressant à la conversion» (Catéchisme de l’Église catholique § 1036). Le cardinal Journet affirme qu’en enfer aucune créature n’aura même l’idée d’accuser Dieu de se trouver en ce lieu, tellement elle sait avec certitude que c’est elle-même qui a choisi ne pas vivre dans l’amour de Dieu.

    L’Église, donc, affirme l’existence réelle de l’enfer et son éternité tout en priant sans cesse pour que personne ne se perde. À la question «Combien y aura-t-il d’élus?», Jésus répond en renvoyant à la responsabilité personnelle: « Efforcez-vous dentrer par la porte étroite!» (Lc 13,23-28). «Oh when the saints, go marchin’in...»: quand les saints savanceront, je veux être du nombre!  »

    Ref. L'enfer est-il vide ?

    Comme l’a si bien écrit le pape Benoît XVI dans l’encyclique  Spe salvi, « le Jugement de Dieu est espérance, aussi bien parce qu'il est justice que parce qu'il est grâce. S'il était seulement grâce qui rend insignifiant tout ce qui est terrestre, Dieu resterait pour nous un débiteur de la réponse à la question concernant la justice – question décisive pour nous face à l'histoire et face à Dieu lui-même. S'il était pure justice, il ne pourrait être à la fin pour nous tous qu’un motif de peur. L'incarnation de Dieu dans le Christ a tellement lié l'une à l'autre – justice et grâce – que la justice est établie avec fermeté: nous attendons tous notre salut « dans la crainte de Dieu et en tremblant » (Ph 2, 12). Malgré cela, la grâce nous permet à tous d'espérer et d'aller pleins de confiance à la rencontre du Juge que nous connaissons comme notre « avocat » (parakletos) (cf. 1 Jn 2, 1) »

    Et sur la mystérieuse solidarité qui unit, depuis la chute originelle,   la famille humaine dans le péché comme dans la rédemption, Benoît XVI ajoute cette note d’espérance qu’apporte la croyance des catholiques au « purgatoire » :

     «  Un motif doit encore être mentionné ici, parce qu'il est important pour la pratique de l'espérance chrétienne. Dans le judaïsme ancien, il existe aussi l'idée qu'on peut venir en aide aux défunts dans leur condition intermédiaire par la prière (cf. par exemple 2 M 12, 38-45: 1er s. av. JC). La pratique correspondante a été adoptée très spontanément par les chrétiens et elle est commune à l'Église orientale et occidentale. L'Orient ignore la souffrance purificatrice et expiatrice des âmes dans « l'au-delà », mais il connaît divers degrés de béatitude ou aussi de souffrance dans la condition intermédiaire. Cependant, grâce à l'Eucharistie, à la prière et à l'aumône, « repos et fraîcheur » peuvent être donnés aux âmes des défunts. Que l'amour puisse parvenir jusqu'à l'au-delà, que soit possible un mutuel donner et recevoir, dans lequel les uns et les autres demeurent unis par des liens d'affection au-delà des limites de la mort – cela a été une conviction fondamentale de la chrétienté à travers tous les siècles et reste aussi aujourd'hui une expérience réconfortante. Qui n'éprouverait le besoin de faire parvenir à ses proches déjà partis pour l'au-delà un signe de bonté, de gratitude ou encore de demande de pardon?

    À présent on pourrait enfin se demander: si le « purgatoire » consiste simplement à être purifié par le feu dans la rencontre avec le Seigneur, Juge et Sauveur, comment alors une tierce personne peut-elle intervenir, même si elle est particulièrement proche de l'autre? Quand nous posons une telle question, nous devrions nous rendre compte qu'aucun homme n'est une monade fermée sur elle-même. Nos existences sont en profonde communion entre elles, elles sont reliées l'une à l'autre au moyen de multiples interactions. Nul ne vit seul. Nul ne pèche seul. Nul n'est sauvé seul. Continuellement la vie des autres entre dans ma vie: en ce que je pense, je dis, je fais, je réalise. Et vice-versa, ma vie entre dans celle des autres: dans le mal comme dans le bien. Ainsi mon intercession pour quelqu'un n'est pas du tout quelque chose qui lui est étranger, extérieur, pas même après la mort.

    Dans l'inter-relation de l'être, le remerciement que je lui adresse, ma prière pour lui peuvent signifier une petite étape de sa purification. Et avec cela il n'y a pas besoin de convertir le temps terrestre en temps de Dieu: dans la communion des âmes le simple temps terrestre est dépassé. Il n'est jamais trop tard pour toucher le cœur de l'autre et ce n'est jamais inutile. Ainsi s'éclaire ultérieurement un élément important du concept chrétien d'espérance. Notre espérance est toujours essentiellement aussi espérance pour les autres; c'est seulement ainsi qu'elle est vraiment espérance pour moi. En tant que chrétiens nous ne devrions jamais nous demander seulement: comment puis-je me sauver moi-même? Nous devrions aussi nous demander: que puis-je faire pour que les autres soient sauvés et que surgisse aussi pour les autres l'étoile de l'espérance? Alors j'aurai fait le maximum pour mon salut personnel. »

    JPSC

  • Faut-il gommer traditions et coutumes au nom de l'ouverture et de la tolérance ?

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    De Christian Carpentier, éditorialiste en chef, sur le site de SudInfo.be :

    Edito: une tolérance à double sens

    La polémique sur la croix de la mitre de saint Nicolas pourrait rester anecdotique, s’il s’agissait d’un cas isolé. Ce n’est hélas pas le cas. Elle arrive après tant d’autres de même souche, qui ont successivement porté sur les crèches, les sapins et autres bûches de Noël, quand ce n’était pas sur la dénomination des congés scolaires.

    Que la Belgique, comme bien d’autres, soit issue d’une vieille domination catholique, personne ne peut le nier. Qu’elle soit également une terre historique de migration non plus. Pas plus d’ailleurs que ce dernier constat suppose des efforts – pas toujours suffisants de part et d’autre – en matière d’intégration de ces nouvelles populations.

    Ce qui est en train de changer, ce sont les frontières que certains tentent de leur faire franchir, à ces efforts nécessaires. Cela pose lourdement question, donnant la désagréable impression que notre société, au nom de cet indispensable vivre ensemble, serait obligée de renier ses traditions et ses coutumes. Donc, souvent, son histoire. Disons-le tout net : ce n’est pas acceptable.

    Les créateurs de ces polémiques disent vouloir favoriser l’intégration de ceux que le passé catholique de nos contrées indisposerait. Mais ils le font de façon tellement ridiculement excessive que c’est l’inverse qu’ils suscitent. C’est d’autant plus inouï de bêtise qu’à ce que l’on sache, leur dernière cible a, de tout temps, été le patron des enfants. De tous les enfants. Quelle que soit leur origine ou leur confession. Une belle preuve de tolérance et d’ouverture d’esprit, à laquelle certains feraient bien de réfléchir sérieusement.

  • Jean-Paul II et l'Islam

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    Jean-Paul II .jpgBelgicatho a relayé ici Quand Jean-Paul II prophétisait l'invasion de l'Europe par l'Islam une surprenante « prophétie » attribuée à saint Jean-Paul II. Quoi qu’il en soit de la véracité de cette confidence de style apocalyptique, elle ne peut contredire la parole publique que ce grand Pape a exprimée à maintes reprises sur l’attitude que nous devons avoir vis-à-vis de l’Islam. Le site « Benoît et moi » propose à ce sujet la traduction d' un commentaire bien venu d’Aldo Maria Valli, un journaliste italien, licencié en sciences politiques de l’université du Sacré-Cœur à Milan. 

     «Je vois l'Église affligée d'une plaie mortelle. Plus profonde, plus douloureuse que celles de ce millénaire, celles du communisme et du totalitarisme nazi. Elle se nomme l'islamisme. Ils envahiront l'Europe. J'ai vu les hordes venir de l'Occident vers l'Orient».

    Ces paroles de Jean-Paul II, citées par Monseigneur Mauro Longhi, ont fait grand bruit. Monseigneur Longhi, prêtre de l'Opus Dei, a dit (durant une rencontre publique à Bienno) que la vision lui fut décrite directement par Jean-Paul II en 1992.

    Longhi, qui a pu fréquenter le Pape Wojtyla pendant des années, a confirmé dans son récit que Jean-Paul II avait une vie mystique intense, incluant même des visions. L'une d'entre elles concernait l'islam: «l'Europe sera une cave, vieilles reliques, pénombre, toiles d'araignée. Souvenirs familiaux. Vous, Eglise du troisième millénaire, vous devrez contenir l'invasion. Mais pas avec des armes, les armes ne suffiront pas, avec votre foi vécue intégralement»

    On m'a demandé: mais selon toi, il est possible que Wojtyla ait parlé ainsi? Je n'ai pas de réponse. D'autre part, je n'ai aucune raison de douter de la correction de Monseigneur Longhi et de la véracité de l'histoire.

    Je crois que l'épisode narré est de toute façon utile pour une réflexion, aussi brève soit-elle, sur la manière dont Jean-Paul II s'est mis en relation avec le monde islamique.

    Comme nous le savons, au cours de son long pontificat, le pape Wojtyla a accordé une grande importance au dialogue avec l'islam, à tel point qu'il s'est rendu plusieurs fois dans des pays musulmans et est entré, premier pape de l'histoire, dans une mosquée de Damas en 2001.

    Il existe de nombreux textes dans lesquels Jean-Paul II réfléchit sur le rapport avec l'Islam.

    La base de toutes les interventions se trouve dans "Nostra aetate", le document du Concile Vatican II (28 octobre 1965) consacré au dialogue avec les religions non chrétiennes, dans lequel il est dit que «l'Église regarde avec estime les musulmans qui adorent le Dieu unique, vivant et subsistant, miséricordieux et tout-puissant, créateur du ciel et de la terre, qui a parlé aux hommes».

    Jean-Paul II a vraiment toujours fait preuve d'estime et de respect, mais nous ne pouvons pas ignorer les réflexions ultérieures qu'il a proposées. Des réflexions caractérisées par trois aspects: la loyauté dans la reconnaissance des différences, la nécessité de procéder toujours à la lumière de la vérité et la demande de garantir la réciprocité en matière de liberté religieuse

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  • Quand la croix disparaît de la mitre de saint Nicolas

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    Vu sur le site de RTL :

    Ce sont les deux filles d'Olivier qui l'ont remarqué: Solidaris a retiré la croix sur le chapeau de Saint-Nicolas 

    Ce sont les deux filles d'Olivier qui l'ont remarqué: Solidaris a retiré la croix sur le chapeau de Saint-Nicolas

    Le père de famille se dit un peu choqué, il y voit un acte symbolique qui met à mal les traditions. De son côté, la mutualité socialiste dit ne vouloir exclure aucun enfant.

    "On nous supprime nos traditions", a observé Olivier via notre bouton orange Alertez-nous. Les deux jumelles de ce père habitant dans le Hainaut étaient occupées à dessiner le Saint-Nicolas dans le cadre d'un concours de dessin organisé par Solidaris, la mutualité socialiste, lorsqu'elles ont remarqué que la croix manquait sur sa mitre. "Elles m'ont interpellé en disant 'Tiens c'est bizarre, il n'y a pas la croix sur le chapeau de Saint-Nicolas'", nous rapporte l'homme. Celui-ci "trouve ça un peu choquant". Se disant catholique non-pratiquant, "sans plus", ce père ne comprend pas ce geste symbolique qui porte atteinte, selon lui, à la tradition. "Avant on parlait de marché de Noël, maintenant c'est Plaisirs d'Hiver (NDLR: les festivités à Bruxelles dans le cadre des fêtes de fin d'année), si on commence à s'en prendre à Saint-Nicolas, ça va loin", estime le Hennuyer. "À ce rythme, il n'y aura bientôt plus de Saint-Nicolas du tout", conclut-il.

    À l'origine, Saint-Nicolas était un évêque

    Saint-Nicolas est fêté dans de nombreux pays européens, et jusqu'en Russie. Il s'agit d'un ancien évêque de Lycie (une région située sur le territoire actuelle de la Turquie) qui a vécu entre les 3e et 4e siècles. Il a été canonisé et est devenu très populaire à partir du XIe siècle devenant le protecteur de nombreuses nations et de nombreux corps de métiers. Il est surtout devenu le grand ami des enfants dans notre pays, leur offrant des jouets chaque 6 décembre. 

    La raison avancée par Solidaris: "N'exclure aucun enfant"

    Nous avons joint Solidaris afin d'obtenir la raison de l'effacement de la croix sur la mitre de Saint-Nicolas. Ce dessin "a pour objectif de n’exclure aucun enfant", a justifié le porte-parole ajoutant qu'aujourd’hui, la fête de Saint-Nicolas "n’est plus la fête religieuse d’autrefois et des enfants, laïques ou d’une autre religion, peuvent légitimement y être associés".

  • Pourquoi le cours de religion est important dans l’enseignement secondaire

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    Belgicatho a reproduit le 20 novembre dernier une carte blanche d’Arthur Ghins parue sur le site de l’Echo, sous l’intitulé « Les cours de citoyenneté, un cache-misère ». Comment en est-on arrivé là ?

    Bref rappel 

     Au commencement était la Constitution de la Belgique stipulant que l’enseignement est libre. Historiquement, les établissements publics d’enseignement ont d’abord eu un rôle de suppléance. Et aujourd’hui encore, plus de la moitié des jeunes du pays sont scolarisés dans le réseau des écoles privées catholiques reconnues et subsidiées par les pouvoirs publics.

    Mais ces derniers, sous la poussée des gauches philosophiques, ont aussi développé progressivement leurs propres réseaux scolaires non confessionnels, pour offrir une éducation se réclamant du concept de  « neutralité ». 

    Le Constituant les oblige toutefois à proposer aux élèves des cours de morale laïque ou de la  religion de leur choix parmi celles qui sont reconnues par l’Etat. Récemment toutefois, il a été jugé par la Cour constitutionnelle que les élèves pouvaient être dispensés de faire le choix auquel ils étaient invités.   

    Que faire alors des abstentionnistes durant ces heures de cours ?

    En Wallonie et à Bruxelles, la Communauté française de Belgique a échafaudé un « compromis à la belge » en instaurant, pour tous les réseaux publics ou privés reconnus, une éducation à la philosophie et à la citoyenneté modalisée comme suit :

    Dans l’enseignement organisé par les pouvoirs publics, cette éducation philosophico-citoyenne fait l’objet, pour tous les élèves, d’un cours obligatoire d’une heure par semaine prélevée sur les deux heures  attribuées à l’enseignement de la religion ou de la morale et d’une deuxième heure obligatoire pour les élèves ne souhaitant pas suivre le cours de religion ou de morale.

    Cerise sur le gâteau du compromis : les professeurs de religion ou de morale des réseaux publics d’enseignement dépossédés d’une heure de cours seront prioritairement recyclés pour prendre en charge les cours philosophico-citoyens. Deuxième bémol : dans l’enseignement confessionnel reconnu, qui regroupe tout de même la majorité de la population scolaire, la nouvelle matière ne doit pas faire l’objet d’un cours spécifique : elle sera « dispersée » à travers les différents cours, y compris les cours de religion existants.

    Pourquoi le cours de religion est-il important dans les écoles secondaires ?

    Delville Christianisme médiéval creuset de l'Europe191.jpgRépondant à la question d’un jeune posée dans le cadre d’une conférence- débat organisée à l’Ulg  le 17 janvier dernier par l’Union des étudiants catholiques de Liège sur « le christianisme médiéval, creuset de l’Europe », Monseigneur Jean-Pierre Delville , évêque de Liège, déclarait ceci :

     « Oui, c'est sûr qu’une dimension comme la citoyenneté, le fait d’être membre d’une société, d’être un citoyen, d’avoir une éthique citoyenne, c'est quelque chose qui est fondamental au christianisme. Aujourd'hui, on vit cela de manière laïcisée. On a été un peu les victimes, en Belgique, d'une poussée laïcisante, demandant de supprimer une heure du cours de religion pour mettre une heure de citoyenneté à la place, il faut bien faire avec, alors que la citoyenneté est déjà éminemment présente dans les cours de religion eux-mêmes.

    Mais ce qui est important, pour nous comme chrétiens et en tout cas pour moi comme évêque, comme pour mes collègues, c'est qu’il y ait au moins une heure de religion sauvegardée parce que la Constitution le demande. Qu'une des deux heures soit devenue un cours de citoyennetéc’était constitutionnel, on n'a pas le droit de s'y opposer. Par contre si on supprimait l'heure de religion, cela deviendrait anticonstitutionnel. Cela demanderait une mobilisation générale contre une telle mesure.

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  • Euthanasie : les Frères de la Charité face au danger de la "culture de mort"

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    De Radio Vatican :

    Euthanasie en Belgique: les Frères de la Charité face au danger de la "culture de mort" 

    (RV) Entretien – La congrégation des Frères de la Charité est en conflit depuis deux ans avec l’organisation qui gère ses hôpitaux psychiatriques en Belgique et qui y pratique l’euthanasie. Le frère René Stockman, supérieur des Frères de la Charité, revient sur les derniers développements.

    C’est un long dialogue qui s’est instauré entre la direction de la congrégation des Frères de la Charité et l’organisation qui gère ses 15 structures de soin en Belgique. Un long dialogue pour tenter de convaincre le conseil d’administration belge de renoncer à la pratique de l’euthanasie sur les malades mentaux qui sont confiés aux soins de ses hôpitaux. Le frère René Stockman, le supérieur de la Congrégation, est très clair sur ce point : pas d’euthanasie dans les centres qui portent le nom des Frères de la Charité. C’est contraire à la doctrine de l’Église.

    L’affaire est bien évidemment embarrassante pour l’Église d’autant qu’elle est régulièrement évoquée par la presse. Le Saint-Siège s’est logiquement intéressé à ce problème qui ne concerne pour l’heure que les structures belges de la congrégation. Une réunion devrait se tenir dans les prochaines semaines au Vatican entre les différentes parties pour tenter de trouver une issue.

    Les dernières déclarations du Pape sur la fin de vie, contenues dans une lettre lue lors d’une réunion de l’Association mondiale des médecins, l’AMM, au Vatican, la semaine dernière, et à laquelle participait le frère René Stockman, pourraient peut-être permettre une entente jusqu’alors longue à trouver. L’organisation a rédigé un texte qui devait aplanir le différend mais il met sur un pied d’égalité l’autonomie du malade et le respect de la vie, ce qui est inacceptable pour la direction des Frères de la Charité.

    Le frère René Stockman explique cette dérive par le contexte propre à la Belgique où l’euthanasie est légale et où, en conséquence, «la culture de mort» est largement répandue parmi la société, allant jusqu’à influencer les quelques religieux de la congrégation qui font partie du conseil d’administration.

    Interrogé par Xavier Sartre, le frère René Stockman revient sur les derniers développements de cette affaire, vécue comme une véritable blessure par l’ensemble de la congrégation des Frères de la Charité

     

    (CV-XS)

  • Traduction du "Notre Père" : quand Koz remet magistralement Raphaël Enthoven à sa place

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    D'Erwan le Morhedec sur son blog "Koz toujours" :

    Le Notre Père vaut mieux qu’une chronique grossière

    « C’est au sacré que l’on touche ici », vous êtes-vous écrié ce matin, M. Enthoven, sur Europe 1, et vous avez eu cent fois raison. C’est au sacré que vous avez touché. A la prière qu’un chrétien adresse à Son Père quand il est dans le désespoir, quand il le remercie, quand il le loue, quand il le chante. Ce sont ces mots qui nous viennent, les mains ouvertes vers le Ciel, en chœur ou en silence.

    C’est au sacré que vous avez touché et nous aurions aimé que vous ne le fassiez que d’une main tremblante. Nous aurions apprécié que, conscient de toucher à ce qui nous est intime, vous ne le fassiez qu’avec conscience, avec rigueur.

    Vous affirmez, et vous l’avez confirmé dans notre échange sur Twitter, que la nouvelle traduction du Notre Père aurait été adoptée par « marketing politique », par une « islamophobie » qui « crèverait l’oreille » – et peut-être êtes-vous sourd d’ailleurs. Les fidèles « ânonneront quotidiennement à mots couverts : chez nous, Dieu ne soumet pas, nous ne sommes pas du tout des musulmans, c’est librement qu’on croit ». Il n’y a pas d’islamophobie dans ce changement, M. Enthoven. En revanche, nous avons bien perçu votre mépris envers ces fidèles qui « ânonnent ». Ces ânes. Et vous concluez, satisfait, pensant peut-être nous apprendre la valeur de notre prière : « une prière vaut mieux qu’un message subliminal ».

    M. Enthoven, les chrétiens ne sont plus surpris depuis longtemps du mépris qu’on leur témoigne sur les ondes et canaux divers, ni de l’ignorance satisfaite et suffisante des commentateurs. Mais vous êtes allé au-delà, et votre chronique suscite en moi plus encore que de la colère et de l’indignation : de l’effroi, aussi. Cest au sacré que vous avez touché, c’est à la vérité que vous avez attenté, et c’est aussi au pays et à sa paix que vous préjudiciez.

    J’aimerais que vous compreniez, et avec vous ceux qui me liraient et ne sont pas croyants, pas chrétiens, que votre propos est grave en ce qu’il est tout à la fois faux, odieux et dangereux.

    Votre propos est faux : la discussion sur la traduction du Notre Père est antérieure à l’Islam.

    Nous ne sommes pas, M. Enthoven, dans un temps où l’on peut se permettre de mépriser la vérité, pour quelque souci de positionnement ou d’audiences de matinale. Chacun, dans sa profession, doit chercher la grandeur de sa vocation. C’est vrai en tout temps mais aujourd’hui plus encore, alors que les sables sont mouvants. Journalistes, chroniqueurs, vous avez un grand privilège et vous savez ce que l’on dit, à raison : les grands privilèges impliquent de grandes responsabilités.

    Vous auriez pu éviter l’indignité de votre chronique. Ce seul article, sur le site du diocèse de Paris, 3ème résultat de Google pour « traduction notre père », vous rappelait que la traduction actuelle n’a qu’une cinquantaine d’années, vous rappelait les termes de la controverse autour de cette traduction, vous rappelait les enjeux d’unité des chrétiens et de fidélité à Dieu. Non, nous ne voyons pas en Lui un Dieu qui soumettrait les Hommes à la tentation, par quelque caprice.

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  • Le sénat de l'Ohio interdit d'avorter si le foetus est porteur de trisomie 21

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    EN OHIO, LE SÉNAT VOTE L'INTERDICTION D'AVORTER SI LE FOETUS EST PORTEUR DE TRISOMIE 21

    de genethique.org

    Le Sénat de l’Ohio a adopté mercredi une loi qui criminalise l’avortement si le fœtus est porteur de trisomie 21. Avec 20 voix pour et 12 voix contre, cette loi, qui qualifie cet avortement de crime au quatrième degré, peut conduire à des sanctions pénales et le retrait du permis d’exercer la médecine en Ohio pour le praticien reconnu coupable. Les femmes enceintes seraient exemptées de toute responsabilité pénale.

    La chambre des représentants de l’Ohio avait introduit cette proposition de loi le 1er novembre (cf. Interdiction des avortements basés sur le diagnostic prénatal de trisomie 21 en Ohio : un projet de loi adopté par la Chambre basse)

    Le projet de loi doit être transmis par l’Assemblée générale de l’Ohio au bureau du gouverneur, John Kasich, qui doit promulguer la loi. L’Ohio est le troisième Etat du pays à prendre une telle mesure.

    Pour aller plus loin :

  • Société : un eugénisme de fait

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    Un "grand entretien" entre Eugénie Bastié et Jean-François Mattei sur le site du Figaro (Figaro Vox) :

    Jean-François Mattei: «Nous sommes de fait dans une société eugénique»

    FIGAROVOX/GRAND ENTRETIEN.- L'ancien ministre de la Santé publie Questions de conscience, un essai où il met en garde sur les périls que font courir certaines avancées de la science, de la médecine et des technologies sur l'humanité. Il évoque notamment l'obsession des transhumanistes pour la génétique.

    Jean-François Mattei est ancien président de la Croix Rouge française (2004-2013), professeur de pédiatrie et de génétique médicale et membre de l'Académie nationale de médecine. Ancien ministre de la santé, il a été membre du comité consultatif national d'éthique. Il a publié de nombreux ouvrages parmi lesquels Où va l'humanité? aux éditions LLL avec le Pr Nisand. Il publie Questions de conscience, une réflexion sur les enjeux éthiques contemporains.

    FIGAROVOX.- Dans votre livre «Questions de conscience», vous défendez la nécessité de l'éthique dans notre société, et revendiquez une certaine «tension morale». Comment définir l'éthique? En quoi diffère-t-elle justement de la morale?

    Jean-François MATTEI.- L'éthique, qu'on trouve déjà dans l'antiquité chez Aristote, a ressurgi après la seconde guerre mondiale. Après Auschwitz, Hiroshima, le goulag, l'homme s'est interrogé sur son humanité sans trouver de réponses évidentes. Or, l'éthique est précisément un questionnement sur un sujet où il n'y a pas de réponse tranchée. C'est ce qui diffère l'éthique de la morale: la morale est intangible et inconditionnelle. Ses principes tels que «tu ne tueras point» apportent la réponse avant que la question se pose. À l'inverse l'éthique s'applique à des situations où il n'y a pas de réponses mais un dilemme, un «cas de conscience». C'est en somme la formule par laquelle Camus définit l'essence de la tragédie «Antigone a raison et Créon n'a pas tort». Que faire?

    «Toute pratique eugénique tendant à l'organisation de la sélection des personnes est interdite». Est-il inscrit dans notre Code civil depuis 1994. Cela n'empêche pas par exemple que 95% des trisomiques soient éliminés après diagnostic préimplantatoire. Existe-t-il un eugénisme de fait dans notre société

    Dans mon esprit, il n'est pas question de juger une femme ou un couple qui après avoir appris qu'ils attendaient un enfant porteur de la trisomie 21, décident d'interrompre la grossesse. On a toujours assez de forces pour supporter les maux d'autrui. Il faut respecter cette liberté, qui est individuelle. En revanche, un eugénisme d'État, par essence politique, n'est pas acceptable, sauf à organiser une société fondée sur la discrimination des êtres humains pour ne garder que les meilleurs. Mais, quand 95 personnes sur 100 font le choix individuel d'interrompre la grossesse d'un trisomique 21, la somme des choix individuels dessine une société eugénique. Nous sommes donc de fait dans une société eugénique nourrissant le projet de l'enfant sain et parfait. C'est cela qu'il faut combattre. J'insiste sur ce point pour montrer que cela justifie tous les efforts de la recherche médicale. L'idéal à atteindre est bien de soigner plutôt que d'éliminer. Dès lors qu'on pourra proposer à une femme ou un couple de corriger l'anomalie génétique de leur enfant, on peut espérer que le problème sera réglé.

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  • La messe de Paul VI ou l'hémorragie du sacré

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    Du site "Paix liturgique" :

    LA MESSE DE PAUL VI : UNE HÉMORRAGIE DU SACRÉ

    Après notre analyse du missel nouveau sous son aspect cérémonial (lire ici), nous allons consacrer la présente lettre et une lettre suivante au contenu même de ce missel promulgué le 3 avril 1969 et à ses déficiences du point de vue doctrinal et spirituel. Des déficiences qui ont conduit, depuis 50 ans, à une véritable hémorragie du sacré. 

    Communion à Manille en janvier 2015 lors d'une visite du Pape François : perte du sens du sacré, perte du sens eucharistique, le triste fruit d'une réforme liturgique qui prétendait rendre plus "compréhensible" les saints mystères.

    I – Un arrière-fond œcuménique, mais en direction du seul protestantisme

    L'œcuménisme, qui fut le mot-clé de Vatican II, n'a visé, en matière de liturgie, que le protestantisme. LeConsilium pour l'application de la réforme liturgique, dont Mgr Annibale Bugnini était le Secrétaire, a écarté immédiatement la velléité qu'il avait exprimée d'inviter des observateurs orthodoxes. En revanche, dès la session d'octobre 1966, cinq observateurs protestants assistèrent à ses assemblées : deux désignés par la Communion anglicane ; un par le Conseil œcuménique des Églises ; un par la Fédération luthérienne mondiale ; et un par la Communauté de Taizé (Max Thurian), qui assistèrent à toutes les réunions. Placer la révision totale de la liturgie romaine sous l'observation de représentants des communautés les plus critiques vis-à-vis du culte « papiste », était une révolution.

    Ils furent officiellement consultés en diverses occasions. Par exemple, ce qui dans l'instruction Eucharisticum mysterium, du 25 mai 1967, concerne l'eucharistie dans une perspective œcuménique, fut rédigé « en tenant compte des remarques de frères non catholiques » (Jean-Marie Roger Tillard, La Maison-Dieu, 3ème trimestre 1967, p. 55). Plus généralement, leur influence, par souci d'« aller dans leur sens », s'est manifestée comme dans la rédaction des nouvelles collectes du sanctoral, pour lesquelles on a veillé « à supprimer autant que possible toute allusion à l'intercession des saints » (Pierre Jounel, La Maison-Dieu, 1er trimestre 1971, p. 182).

    Mais le principal point de collaboration œcuménique fut la composition d'un nouveau lectionnaire dominical. Les observateurs protestants expliquèrent, par exemple, qu'ils étaient choqués que la liturgie traditionnelle utilisât des passages des Livres de la Sagesse pour les fêtes mariales (Pierre Jounel, "Le Culte de la Vierge Marie dans l'année liturgique", Paroisse et Liturgie 87, pp. 13-14), et on leur donna satisfaction. La question était : fallait-il enrichir le lectionnaire traditionnel ou en créer un complètement nouveau ? Un enrichissement dans la ligne de la tradition, par des systèmes de lectures complémentaires anciennement en usage dans certains lieux fut envisagé, mais le P. Cipriano Vagaggini parvint à convaincre ses confrères qu'une refonte totale était nécessaire. 

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