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Débats - Page 437

  • Le nouvel archevêque de Paris n'a pas la faveur de l'intelligentsia progressiste

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    De Bernadette Sauvaget sur le site de "Libé", cet article très critique à l'égard du nouvel archevêque de Paris et qui nous le rend d'autant plus sympathique :

    Michel Aupetit, un archevêque de combat conservateur à Paris

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    Ce spécialiste des questions bioéthiques est notamment un farouche opposant à une libéralisation de la PMA. Sa nomination par le pape est un vrai cadeau à la frange la plus radicale du catholicisme français.

    Il se rêvait en curé de campagne. C’est raté ! Michel Aupetit, 66 ans, a été nommé jeudi, par le pape François, archevêque de Paris, poste éminemment stratégique pour le catholicisme français. Outre ses fonctions religieuses, le patron du plus gros diocèse de France joue, en effet, un grand rôle politique. «Il est régulièrement reçu par les plus hautes autorités de la République, explique l’historien et sociologue Philippe Portier. C’est une sorte d’interface entre l’Etat et l’Eglise.»  Même si son nom circulait avec insistance depuis une quinzaine de jours, Michel Aupetit, ancien médecin et évêque de Nanterre depuis trois ans, ne figurait pas au départ parmi les favoris.

    En fait, sa nomination surprend et déçoit. Pur produit du clergé parisien, il n’apporte pas le courant d’air frais que beaucoup attendaient, même parmi les évêques. Dans les rangs catholiques (et pas seulement parmi ceux qui ont une sensibilité à gauche), on pariait sur un autre choix du pape François, grand pourfendeur de la nomenklatura cléricale, défenseur d’une Eglise des périphéries et de l’engagement social. Aupetit, lui, correspond davantage à un profil se situant dans la lignée et la continuité d’un Jean Paul II et d’un Benoît XVI.

    «Mis en orbite» par André Vingt-Trois

    Cette nomination a été voulue par le cardinal André-Vingt Trois auquel il succède. «Aupetit est programmé depuis plusieurs années pour devenir archevêque de Paris, explique un théologien catholique parisien. C’est lui qu’André Vingt-Trois a mis en orbite.» En vieux chat rusé, ce dernier a gentiment berné tout son monde. Ces derniers mois, il a laissé volontiers croire qu’il ne se préoccupait guère de sa succession. Il était impossible de connaître le nom de celui qui avait ses faveurs. A l’inverse de ce qui s’était passé en 2005, lors de sa propre nomination à la tête du diocèse de Paris. Le cardinal Jean-Marie Lustiger s’était alors battu (presque publiquement) bec et ongles pour imposer André Vingt-Trois comme son successeur.

    Très classique, Aupetit a la réputation d’avoir une forte personnalité, d’être impulsif, voire colérique. «Il a une très haute opinion de lui-même», tacle un religieux de la capitale. Toutefois, il offre un profil assez atypique dans l’Eglise, ce qui a probablement séduit le pape François. Il est ce qu’on appelle dans le jargon catholique une «vocation tardive». Médecin généraliste à Colombes (Hauts-de-Seine) pendant une dizaine d’années, il est entré au séminaire alors qu’il approchait la quarantaine. Ordonné prêtre par le cardinal Lustiger en 1995, il a ensuite grimpé très rapidement dans la hiérarchie ecclésiastique. Une carrière éclair jusqu’à sa nomination comme évêque de Nanterre en 2014 qui a été son marchepied pour Paris.

    «Pourquoi pas la polygamie ? L'inceste ?»

    Le choix d’Aupetit est un vrai cadeau à la frange la plus radicale du catholicisme français. Spécialiste des questions bioéthiques, le nouvel archevêque de Paris est, dans ce domaine, un ultraconservateur. «Doctrinalement, c’est quelqu’un de très sûr», relève Philippe Portier. Ses anciennes déclarations ne laissent aucun doute sur son engagement à venir. Comme le cardinal Philippe Barbarin, il a été un farouche opposant au mariage pour tous. Il avait donné le ton, en juillet 2012, dans une interview à Paris Notre-Dame, l’hebdomadaire du diocèse de Paris. «ll ne convient pas, qu’au nom d’un individualisme exacerbé, on crée une loi pour chaque catégorie de personnes, déclarait-il. Sinon, pourquoi pas la polygamie ? L’inceste ? L’adoption d’un enfant par un frère et une sœur ? Pourquoi pas, en effet, "puisqu’ils s’aiment", pour reprendre l’argumentation des partisans du "mariage homosexuel" ? » Le nouvel archevêque de Paris est tout autant opposé à une ouverture de la PMA aux couples de femmes et aux célibataires, là aussi sur la même longueur d’onde que la Manif pour tous. Pourfendeur de ce qu’il appelle régulièrement «la boboterie parisienne», Aupetit ne fait jamais dans la dentelle. «La véritable question, c’est effectivement la disparition du père, répondait-il en juin 2017 dans une interview à Famille chrétienne, à propos de la PMA. […] L’enfant devient un simple produit manufacturé : sous prétexte qu’il est objet de désir, il est mis à la disposition des adultes, comme l’on ferait pour une voiture ou un smartphone à la mode !»

    Dans les débats à venir en 2018, Aupetit se profile clairement comme un archevêque de combat. Et risque d’être clivant au sein même des catholiques. Beaucoup de responsables ne souhaitaient en effet pas rejouer l’opposition frontale comme lors des grandes manifestations contre la loi ouvrant le mariage à tous. Visiblement, ils n’ont pas été entendus au Vatican.

    Bernadette Sauvaget
  • « C’est officiel : les divorcés remariés peuvent communier »

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    Lu, sous cet intitulé, l'information sans ambages de kathnet publiée par notre confrère du site web  « diakonos.be » :

    Le Vatican a publié dans les “Acta Apostolicae Sedis” (AAS), l’organe officiel du Saint Siège, le document explicatif qui avait été adressé aux évêques de la région pastorale de Buenos Aires suite à l’exhortation post synodale “Amoris Laetitia”, ainsi qu’une lettre du pape François, dans laquelle il donne son approbation au dit document.

    La parution dans les AAS de cette lettre privée du pape aux évêques de la région pastorale de Buenos Aires élève cet écrit au rang de “Lettre Apostolique”.

    Elle contient en outre une contribution du cardinal Pietro Parolin dans laquelle il précise que la parution des deux documents a été faite sur la demande expresse du pape François qui désire que, aussi bien le document explicatif aux évêques de Buenos Aires que sa propre lettre soient désormais considérés comme des éléments de son “magistère authentique”.

    Le document explicatif à l’adresse des évêques de Buenos Aires, datant de septembre 2016, prévoit au n°6, d’autoriser, au cas par cas, que des personnes “divorcées et remariées civilement” puissent recevoir la communion eucharistique, même si celles-ci ne se déclarent pas prêtes à vivre dans l’abstinence. La réception de la communion pourrait être le résultat d’un processus de discernement accompagné de façon personnelle et pastorale par un prêtre. A l’issue d’un tel processus, il n’y aurait pas obligatoirement une admission aux sacrements : les personnes pourraient aussi librement choisir une autre façon de participer à la vie de l’Eglise.

    Dans sa lettre aux évêques, le pape a expressément approuvé la valeur de ce processus. Le document explicatif se veut exhaustif en ce qui concerne le huitième chapitre d’ “Amoris Laetitia”. Le pape l’affirme sans ambiguïté : « Il n’y a pas d’autre interprétation ».

    Source : Kathnet (Trad. MH/APL)

    Ref. C'EST OFFICIEL: LES DIVORCÉS REMARIÉS PEUVENT COMMUNIER

    Il convient assurément de rappeler les divers degrés d’engagement de l’enseignement suprême du pape seul ou du pape et des évêques unis à lui. Il importe spécialement de préciser que le magistère le plus élevé peut se placer à deux degrés d’autorité :

    1°/ Celui des doctrines irréformables du pape seul ou bien du collège des évêques (Lumen gentium n. 25 § 2 et 3). Ce magistère infaillible, auquel il faut « adhérer dans l’obéissance de la foi », peut lui-même être proposé sous deux formes :

    a) les jugements solennels du pape seul ou du pape et des évêques réunis en concile ;

    b) le magistère ordinaire et universel (Dz 3011).

    2°/ Et d’autre part, celui des enseignements du pape ou du collège des évêques avec le pape, sans intention de les proposer de manière définitive, auxquels est dû « un assentiment religieux de la volonté et de l’esprit » (Lumen gentium n. 25 § 1). On parle généralement de « magistère authentique », bien que le vocabulaire ne soit pas absolument fixé.

    C’est donc au dernier degré d’autorité de ce magistère qu’il faut situer celle des deux documents publiés au « Moniteur » du Saint-Siège : le même que celui de l’exhortation post-synodale « amoris laetitia ».

    JPSC

  • Le Vatican aurait conféré à l’interprétation argentine d’Amoris Laetitia le caractère de « magistère authentique »

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    De Koz sur le site "le Samaritain" :

    Le Vatican clarifie sa position sur Amoris Laetitia

    Pardonnez la formulation en titre, qui manque peut-être (certainement ?) de justesse théologique.

    C’est néanmoins, en format synthétique, ce qui apparaît à un observateur pas totalement profane.

    Alors que certains mettent en avant une prétendue confusion dans l’Eglise, qu’ils ne rechignent pas nécessairement à alimenter, La Croix révèle que le Vatican avait conféré à l’interprétation argentine d’Amoris Laetitia le caractère de « magistère authentique ».Et cette interprétation est bien loin d’une vision laxiste de l’accès aux sacrements, bien loin encore d’un accès automatique.

    Voici les directives données par l’épiscopat argentin (source La Croix également) :

    1. En premier lieu, nous devons nous souvenir qu’il ne convient pas de parler de « permissions » d’accès aux sacrements, mais d’un processus de discernement accompagné par un prêtre. Il s’agit d’un discernement « personnel et pastoral » (n. 300).

    2. Au cours de ce cheminement, le pasteur devrait mettre l’accent sur l’annonce fondamentale, le kérygme, qui stimule ou renouvelle la rencontre personnelle avec Jésus-Christ vivant (cf. n. 58).

    3. L’accompagnement pastoral est un exercice de « via caritatis ». Il s’agit d’une invitation à suivre la route « de Jésus : celle de la miséricorde et de l’intégration » (n. 296). Cet itinéraire requiert la charité pastorale du prêtre qui accueille le pénitent, l’écoute avec attention et lui montre le visage maternel de l’Église, tout en acceptant sa juste intention et sa bonne résolution d’exposer sa vie entière à la lumière de l’Évangile et de pratiquer la charité (cf. n. 306).

    4. Ce chemin n’aboutit pas nécessairement aux sacrements. Il peut s’orienter vers d’autres manières de s’intégrer davantage dans la vie de l’Église : une plus grande présence dans la communauté, la participation à des groupes de prière ou de réflexion, l’engagement auprès de divers services ecclésiaux, etc. (cf. n. 299).

    5. Quand les circonstances concrètes de la vie d’un couple le permettent, en particulier quand les deux personnes sont chrétiennes et témoignent d’un parcours de foi, il est possible de leur proposer de s’engager à vivre dans l’abstinence. Amoris laetitia n’ignore pas les difficultés de cette option (cf. note 329) et laisse ouverte la possibilité d’accéder au sacrement de la Réconciliation en cas de défaillance (cf. note 364, Lettre de Jean-Paul II au cardinal W. Baum du 22 mars 1996).

    6. En d’autres circonstances plus complexes, et lorsqu’il n’a pas été possible d’obtenir une déclaration de nullité, l’option mentionnée peut ne pas être, de fait, réalisable. Toutefois, un parcours de discernement est également possible. Si l’on parvient à reconnaître que, dans un cas concret, il existe des limitations qui atténuent la responsabilité et la culpabilité (cf. n. 301-302), en particulier quand une personne estime qu’elle commettrait une nouvelle faute qui pourrait nuire aux enfants de la nouvelle union, Amoris laetitia ouvre la possibilité de l’accès aux sacrements de la Réconciliation et de l’Eucharistie (cf. notes 336 et 351). Ceux-ci, à leur tour, disposent la personne à continuer de mûrir et de croître avec la force de la grâce.

    7. Cependant, il faut éviter de comprendre cette possibilité comme un accès sans restriction aux sacrements, ou comme si n’importe quelle situation pouvait le justifier. Ce qui est proposé est un discernement qui fasse dûment la distinction au cas par cas. Par exemple, une « nouvelle union provenant d’un divorce récent » ou « la situation d’une personne qui a régulièrement manqué à ses engagements familiaux » (n. 298) requiert une attention toute particulière. De même lorsqu’il y a une sorte d’apologie ou une volonté d’ostentation de la situation même, comme si elle « faisait partie de l’idéal chrétien » (n. 297). Dans ces cas plus compliqués, nous, pasteurs, devons accompagner avec patience, en veillant à proposer un chemin d’intégration (cf. 297, 299).

    8. Il est toujours important d’orienter les personnes à la prise de conscience de leur situation devant Dieu et c’est pourquoi « l’examen de conscience » proposé par Amoris laetitia (n. 300) est utile, surtout en ce qui concerne la manière dont elles « se sont comportées envers leurs enfants » ou envers le conjoint abandonné. Quand certaines injustices n’ont pas été résolues, l’accès aux sacrements est particulièrement scandaleux.

    9. Il peut s’avérer opportun qu’un éventuel accès aux sacrements s’effectue de manière discrète, surtout quand des situations conflictuelles sont prévisibles. Mais en même temps, il ne faut pas cesser d’accompagner la communauté afin qu’elle continue de croître dans un esprit de compréhension et d’accueil, sans que cela crée de confusion quant à l’enseignement de l’Église concernant l’indissolubilité du mariage. La communauté est l’instrument de la miséricorde « imméritée, inconditionnelle et gratuite » (n. 297).

    10. Le discernement ne se referme pas parce qu’il « est dynamique et doit demeurer toujours ouvert à de nouvelles étapes de croissance et à de nouvelles décisions qui permettront de réaliser l’idéal plus pleinement » (n. 303), selon la « loi de gradualité » (n. 295), et en ayant confiance en l’aide de la grâce.

  • Le cardinal Burke évoque la confusion et la division dans l’Eglise dans un nouvel entretien

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    De Jeanne Smits sur reinformation.tv :

    Le cardinal Burke parle de la confusion et de la division dans l’Eglise dans un nouvel entretien

    Dans un entretien accordé au Catholic Herald, le cardinal Raymond Burke, l’un des deux survivants parmi les quatre cardinaux qui ont présenté leurs Dubia au pape François à propos de l’Exhortation Amoris laetitia, s’est expliqué sur ce qu’il avait voulu dire en parlant récemment de notre temps comme « réalistement apocalyptique », affirmant que la « confusion, la division et l’erreur au sein de l’Eglise » pouvaient être un signe de la fin des temps. La gravité du ton est saisissante, et les propos – si on veut bien réfléchir à leur sens – sont explosifs. S’exprimant de manière particulièrement directe – de fait, lors de ses entretiens au cours de ces derniers mois, le cardinal Burke paraît de plus en plus disposé à dire clairement le fond de sa pensée – il a souligné dans cet entretien paru jeudi que la confusion et l’erreur touchent « aux enseignements les plus fondamentaux de l’Eglise, par exemple en ce qui concerne le mariage et la famille ».

    « Par exemple, l’idée que des personnes vivant au sein d’une union irrégulière puissent recevoir les sacrements constitue une violation de la vérité à la fois à l’égard de l’indissolubilité du mariage et de la sainteté de l’Eucharistie », a expliqué le cardinal, rappelant l’enseignement de saint Paul sur l’examen de conscience avant de recevoir le Corps du Christ.

    Un nouvel entretien explosif du cardinal Burke

    « Aujourd’hui la confusion dans l’Eglise va encore plus loin, car elle porte sur le fait de savoir s’il y a des actes intrinsèquement mauvais ce qui, évidemment, constitue le fondement même de la loi morale. Lorsque ce fondement commence à être remis en question au sein de l’Eglise, alors, l’ordre de la vie humaine dans son ensemble et l’ordre de l’Eglise elle-même sont en danger », a-t-il déclaré.

    Et d’expliquer : « Il y a donc le sentiment que, dans le monde d’aujourd’hui, fondé sur le sécularisme avec une approche complètement anthropocentrique qui nous fait penser que nous pouvons créer notre propre sens de la vie, de la famille, etc., l’Eglise elle-même semble être dans la confusion. En ce sens-là, on peut avoir le sentiment que l’Eglise donne l’apparence de ne pas vouloir obéir aux commandements de Notre Seigneur. Alors, peut-être, sommes-nous arrivés à la Fin des temps. »

    Après avoir souligné qu’un an après la soumission des Dubia, aucune réponse ni même d’accusé de réception n’était venu du Saint-Père malgré le sérieux des questions posées, le cardinal Burke a refusé d’en dire davantage sur une éventuelle « correction »… « pour le moment ». Quant à sa récente nomination à un poste subalterne à la Signature apostolique, dont il avait naguère la charge, il a souligné que celle-ci est « d’une certaine manière logique » vu ses compétences en droit canonique et spécialement en jurisprudence : « Au-delà, je ne voudrais pas spéculer sur ce que cela peut vouloir dire », a-t-il répondu à une question du journaliste Paolo Gambi.

    La confusion et la division sur le mariage, l’Euchariste, le protestantisme…

    Interrogé sur l’attitude du Vatican à l’égard du protestantisme, et notamment la phrase de Mgr Nunzio Galantino affirmant que la réforme avait été « un événement du Saint Esprit », et des rumeurs à propos d’une commission qui travaille sur une interprétation sacramentelle commune de l’Eucharistie – « Mourrons-nous tous protestants ? », a demandé Gambi –, le cardinal Burke a répondu :

    « Eh bien, je ne vois pas comment on peut dire que la division de l’Eglise a été un acte du Saint Esprit. Cela ne veut tout simplement rien dire. Et je ne sais pas quelle est la nature de cette commission, mais il n’est pas possible d’avoir une célébration eucharistique en commun avec les luthériens, parce qu’ils ne croient pas en l’Eucharistie comme l’Eglise catholique l’enseigne, et de manière très significative, ils ne croient pas en la doctrine de la transsubstantiation, le fait que la substance du pain et du vin, au moment de la consécration de la messe, est changée en la substance du Corps et du Sang du Christ. Que des catholiques s’engagent dans une sorte d’Eucharistie œcuménique reviendrait à abandonner la foi catholique. Il s’agit là d’un œcuménisme profondément faux qui causerait un grave tort à la foi et aux âmes. »

    On notera que le cardinal ne nie pas l’existence d’une commission…

    A propos des célébrations liturgiques plus ou moins expérimentales, interrogé sur le fait de savoir si cette « nouvelle façon de célébrer la messe est une conséquence nécessaire de Vatican II », le cardinal Burke a répondu :

    « La forme précise du rite révisé de la messe n’est pas une conséquence nécessaire du concile Vatican II. En fait, la réforme du rite de la messe telle qu’elle a été mise en œuvre n’a pas suivi de manière aussi fidèle qu’elle l’aurait dû ce que le concile Vatican II nous a enseigné et ce qu’il voulait. C’est pourquoi nous parlons aujourd’hui d’une “réforme de la réforme” : en d’autres termes, nous devons réexaminer de quelle manière le rite de la messe peut-être réformé de manière plus fidèle selon le Concile.

    « Certainement, le Concile a ordonné quelques réformes du rite de la messe. Cependant, certains ont condamné la réforme parce qu’elle a été mise en œuvre de manière trop violente, d’une certaine manière, de telle sorte que tant d’aspects en ont été enlevés qu’il était difficile de voir la continuité entre les rites d’avant et après le Concile. Evidemment, cette continuité est essentielle, parce que le rite de la messe nous est parvenu depuis les premiers siècles chrétiens comme une réalité organique vivante ; on ne peut pas avoir une “nouvelle” messe au sens d’un rite totalement nouveau de la messe. Il nous faut d’une certaine manière exprimer la tradition apostolique telle qu’elle nous est parvenue. »

    Le cardinal Burke rappelle que la célébration du rite selon la forme extraordinaire est « normale »

    Paolo Gambi pose alors la question : « Est-il possible aujourd’hui de demander la liturgie traditionnelle et de ne pas être considéré, pour cette raison, comme un “ennemi” du pape François, voire de l’Eglise tout entière ? »

    Le cardinal Burke répond : « Oui ; en réalité, la célébration des deux formes du rite romain – la forme la plus ancienne traditionnelle, et la forme ordinaire – doit être considérée comme normale dans l’Eglise. Depuis le Motu proprio Summorum Pontificum de Benoît XVI en 2007, les prêtres sont libres de célébrer la forme extraordinaire. Il ne doit donc y avoir aucune raison de croire que la célébration de la forme extraordinaire du rite romain est le signe de ce qu’une personne soit d’une façon ou d’une autre quelqu’un qui proteste contre le pape ou qui serait son ennemi. »

    Evoquant le cas de Mgr Fonlupt de Rodez qui avait intégré des éléments hindous dans une messe d’ordination sacerdotale – et ce à deux reprises, en juin dernier comme nous le rapportions en juin dernier, et déjà en décembre 2012 – Paolo Gambi demande ce qui peut encore nous garder dans l’unité.

    Mgr Fonlupt a-t-il rompu la communion avec l’Eglise ?

    Réponse du cardinal : « Mieux que “ce” qui peut nous garder dans l’unité il faut parler de “qui”. Celui qui nous maintient dans l’unité est Jésus-Christ, qui vient à nous par la tradition ininterrompue de l’Eglise, dans son enseignement, son culte sacré, sa discipline et son gouvernement. Je n’ai pas entendu parler de l’épisode auquel vous faites allusion, mais un évêque qui prétend ordonner un prêtre selon un rite étranger a rompu la communion avec l’Eglise. »

    A propos de la situation de l’Ordre de Malte le cardinal Burke a rappelé qu’il en a été de fait écarté : « Le pape a annoncé que son seul représentant auprès de l’Ordre est l’archevêque Mgr Becciu. Il m’a laissé le titre de “cardinal patron” mais je n’ai actuellement aucune fonction. Par conséquent je ne reçois aucune communication que ce soit de la part de l’Ordre de Malte ou du Pape. »

    Pour finir, Paolo Gambi s’est autorisé une frivolité : « Pardonnez-moi de poser une dernière question bête : quelle serait votre première action si vous étiez élu pape ? » La réponse a fusé : « Je ne crois pas qu’il existe une quelconque menace de cela. Je crois, sans me référer à moi-même, que la première chose que n’importe quel pape doit faire est simplement de faire une profession de foi avec l’Eglise tout entière, en tant que vicaire du Christ sur terre. La plupart des papes l’ont fait, la plupart du temps à travers une première lettre encyclique, comme celle de saint Pie X, l’encyclique E Supremi. De même, Redemptor hominis de saint Jean-Paul II est une sorte de profession de foi, qui rappelle une nouvelle fois que l’Eglise est le Corps du Christ, que l’Eglise appartient au Christ et que nous sommes tous obéissants à son service. »

    Traduction par Jeanne Smits

  • Le Serment d'Hippocrate revu et corrigé ne protège plus la vie à naître

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    LE NOUVEAU SERMENT D'HIPPOCRATE MET LA VALEUR DE LA VIE HUMAINE EN BALANCE

     de genethique.org

    A l’occasion de son Assemblée générale en octobre 2017 à Chicago (USA), l’Association Médicale Mondiale (AMM) a adopté une version amendée du serment d’Hippocrate.  Initialement promu en 1948 suite à l’implication d’éminents médecins allemands dans des expérimentations sur des prisonniers non consentants, des euthanasies, etc., le serment, aussi connu comme la déclaration de Genève, est utilisé par les médecins du monde entier. Dans un certain nombre de pays, il fait même partie intégrante de la législation régissant l’exercice de la médecine.

    La version moderne adoptée cet automne reflète les changements du contexte dans lequel s’exerce l’éthique médicale. Ils manifestent une vision plus bureaucratique et plus légaliste de la médecine.

    La première modification consiste à transformer le "serment" en "engagement". Dans un monde toujours plus sécularisé, le terme de serment indiquerait une référence trop significative à une « divinité » qui « donnerait des lois ».

    La loi naturelle elle-même semble ne plus avoir cours et, dans la phrase : « même en cas de menace, je n’utiliserai pas mes connaissances médicales contredisant les lois de l’humanité », « les lois de l’humanité » ont été remplacées par « les droits humains et les libertés civiles ». Le bien et le mal sont placés sous l’égide de la loi positive, qui apparait désormais comme principale référence. Dans certaines circonstances, le bien et le mal pourraient même être définis par le gouvernement.

    Le changement le plus significatif concerne l’autorisation implicite de l’avortement : « Je maintiendrai le plus grand respect pour la vie humaine dès le moment de la conception » est remplacé par « je maintiendrai le plus grand respect envers la vie humaine ». L’interdiction universelle à l’avortement disparait. Ce passage soulève aussi la question de la fin de vie[1], même si la position de l’AMM reste à ce jour résolument hostile aux pratiques de suicide assisté ou d’euthanasie.

    Enfin, la question de l’autonomie du patient s’impose également dans la version 2017 du serment qui introduit une nouvelle clause : « Je respecterai l’autonomie et la dignité du patient ». Si le concept contient une certaine noblesse, « cela signifie-t-il que le médecin devra répondre à toutes les demandes du patient, quelles qu’elles soient ? ». 

    La version votée du nouvel "engagement d’Hippocrate" est disponible ici

    [1] Sujet récemment débattue par l’AMM réunie à Rome sur ce sujet (cf. Pape François : « L’euthanasie est toujours mauvaise »).

    Sources: Mercator, Michael Cook (30/11/2017)

  • Belgique : eugénisme et progrès de la médecine reproductive

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    Bulletin de l'IEB - 5 décembre 2017

    Sommaire


    Belgique : eugénisme et progrès de la médecine reproductive

    La Belgique est connue pour son expérience dans le domaine de la génétique reproductive, et en particulier dans le diagnostic pré-implantatoire (DPI) et le diagnostic génétique prénatal. Unissant leurs compétences, le pôle « Hôpital Erasme - UZ Brussel » dit vouloir se positionner comme le plus expérimenté au monde en la matière.

    On y compte 2.600 naissances de bébés qui, après avoir été sélectionnés par les généticien grâce au DPI, n’ont pas hérité de la maladie génétique portée par leur(s) parent(s). Il n’est pas fait mention du nombre d’embryons qui ont été « disqualifiés » et détruits suite à cette sélection.

    Pour ce seul pôle Bruxellois, durant ces vingt dernières années, ce sont près de 70.000 fœtus qui ont fait l’objet d’analyses et de tests chromosomiques en laboratoire avant la naissance dans leurs laboratoires. L’article publié dans le Journal du Médecin mentionne que cela a « permis de garantir que les fœtus concernés seraient exempts de l'affection recherchée. »

    Anne Delbaere, Chef de la Clinique de Fertilité à l'Hôpital Erasme, explique qu’il est aujourd’hui possible de « réaliser un diagnostic génétique des plus complet, permettant d'optimiser les chances de parents porteurs d'une maladie génétique de donner naissance à un enfant en bonne santé ».

    Le développement de nouvelles techniques de DPI, notamment de la génétique moléculaire et des techniques d'assistance à la procréation, comme la cryo-préservation embryonnaire, permet de tester toutes les maladies génétiques pour lesquelles la mutation des gènes est connue. « De nouvelles plates-formes génétiques ont pu être développées, afin de rendre possible le séquençage à haut débit avant, pendant et après la grossesse », explique Delbaere.

    La question éthique surgit : choisir quels embryons implanter en fonction d’une certaine caractéristique, ici l’absence de maladie, ne serait-ce pas une manière de sélectionner son enfant ? En d’autres termes, une forme d’eugénisme ? Faut-il bénéficier d’un passeport génétique particulier pour être autorisé à vivre ?

     Sources : Mediplanet

  • Belgique : contrôler aussi les sédations en fin de vie ?

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    Du Bulletin d'information de l'Institut Européen de Bioéthique :

    Belgique : contrôler aussi les sédations en fin de vie ?

     

    Sommaire

    Belgique : contrôler aussi les sédations en fin de vie ?

    Plonger un patient dans un coma artificiel, lorsqu’il est en toute fin de vie et que malgré la prise en charge de la douleur, certains symptômes s’avèrent réfractaires, est un acte médical qui demande une grande compétence et des soignants bien formés. Cette sédation palliative ne peut en aucun cas viser à abréger la vie du patient. Car si l’intention du médecin est d'induire le coma pour provoquer la mort du patient, - l’intention est claire -, ce geste doit être qualifié de meurtre.

    Or, en 2015, un sondage dans une centaine de maisons de repos et de soins en Flandre, a révélé que nombre de sédations palliatives pratiquées visaient la mort des patients et auraient donc été des sédations terminales répréhensibles. Les décès après sédation ne sont pas enregistrés sous ce qualificatif, ce qui empêche tout contrôle tant sur leur nombre que sur l’intention ayant animé le médecin.
    C’est pourquoi, le Prof. Distelmans (VUB), défenseur de la loi sur l'euthanasie et président de la Commission de contrôle de l’euthanasie, plaide pour l’enregistrement des sédations palliatives  dans son ouvrage « Palliatieve sedatie, trage euthanasie of sociale dood? ». Selon lui, 70 % des patients mis sous sédation n’auraient pas donné leur consentement au préalable à ce geste. Il sous-entend aussi que certains hôpitaux abuseraient de la sédation « terminale » pour éviter de pratiquer l’euthanasie, qualifiant ce geste sédatif d’euthanasie masquée.

    De son côté, et pour éviter ces euthanasies masquées et parfois non-demandées par le patient, la Ministre de la Santé Maggie de Block, estime qu’un mécanisme d’enregistrement et de contrôle tout comme celui de l’euthanasie, permettrait de sortir la pratique des sédation d’une « zone grise ». Soutenue par la parlementaire socialiste flamande Karin Jiroflée, la Ministre voudrait ainsi demander au Parlement de lancer le débat sur le contrôle légal de la sédation palliative.  Une résolution sera soumise à la Chambre, demandant la mise en place, au sein des hôpitaux, de projets phares d’enregistrement afin d'avoir une vue d’ensemble de la pratique de sédation en Belgique.

    Cette façon d'envisager la sédation ne fait pas l'unanimité. De son côté, Gert Huysmans, président de la Fédération flamande des soins palliatifs, estime  qu’il s’agit là de manœuvres politiques visant à distraire de la véritable question qui est le dysfonctionnement de la loi euthanasie en Belgique. « Aux Pays-Bas, la loi euthanasie a déjà été réévaluée 3 fois; en Belgique, jamais. La demande se fait de plus en plus pressante. Exprimer à nouveau ses suspicions face à la sédation palliative ne sert qu’à détourner l’attention. »

    La parlementaire Els Van Hoof (CD&V) rejoint cet avis, suggérant que « le problème d’enregistrement sédation palliative est à l’agenda pour cacher des négligences dans l’application de la loi sur l’euthanasie (…) La pratique de la sédation palliative ne s'améliorera pas du seul fait de plus de formalités administratives. La preuve en est que l’enregistrement des euthanasies n’a pas permis d’ améliorer leur contrôle ni l’application de la loi ».

    D’autant plus préoccupant est le fait que certains soignants ne semblent pas reconnaître qu’une sédation peut être contrôlée et ne pas forcément être synonyme de mort provoquée, oubliant que l’intention du médecin qualifie l’acte.

    Voir Fiche didactique de l'IEB « Fin de vie : s'entendre sur les mots »

    Sources : De Standaard, RTL, Knack

  • L’Épiscopat espagnol prend position sur la Catalogne et les questions de genre

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    De Radio Vatican :

    L’Épiscopat espagnol s'exprime sur la Catalogne et les questions de genre

    (RV) Réunie pour son Assemblée plénière du 20 au 24 novembre 2017, la Conférence épiscopale espagnole (CEE), a rendu les conclusions de sa session, lors d’une conférence de presse le 27 novembre à Madrid. Au programme: crise catalane, éducation, Synode des jeunes et les questions de genre.

    Priorité à l’ordre constitutionnel en Catalogne

    Sur la crise catalane, la position de l'épiscopat espagnol reste celle exprimée par le président de la conférence épiscopale, le cardinal Ricardo Blázquez Pérez, à l'ouverture de l'assemblée, à savoir une distanciation de la «rupture» consommée ces dernières semaines par le gouvernement régional, et le soutien à la «restauration de l'ordre constitutionnel».

    Le débat en plénière à ce sujet s'est déroulé dans un climat de «confiance et de sérénité», a déclaré le père José María Gil Tamayo, secrétaire général et porte-parole de l’Épiscopat.

    «Le respect des minorités, a expliqué Tamayo, doit trouver un moyen de s'exprimer en ‘respectant la Constitution qui réglemente la coexistence’». L'Église, pour sa part, «veut poursuivre sa mission de réconciliation et de paix».

    Pendant la session, une large place a aussi été consacrée à la contribution de l'Église catholique espagnole à l'éducation religieuse dans les écoles et à l'université. Le père Tamayo a ainsi rappelé combien celle-ci était bénéfique au pluralisme religieux, en vertu de l’accord de coopération conclu en 1992 entre l'État espagnol et les confessions religieuses minoritaires.

    Mise en garde autour des droits LGBT

    Le projet de loi déposé par le groupe parlementaire de Podemos en mai dernier au Parlement espagnol contre la discrimination fondée sur l'orientation sexuelle et la protection des droits LGBT, a également fait l’objet de discussions parmi les évêques.

    À cette occasion, le père Tamayo a ainsi rappelé que l'Église «respectait la dignité de toutes les personnes, indépendamment de toute caractéristique ou condition», mais que ce projet de loi en discussion «excluait les autres visions de l'être humain et réduisait les libertés fondamentales», comme la liberté religieuse ou idéologique, la liberté d'expression ou de la presse, en mettant en place «une véritable censure».

  • Une enquête consacrée à la "GPA, avec les meilleures intentions"

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    L’ENQUÊTE : « GPA, AVEC LES MEILLEURES INTENTIONS »

    Gènéthique vous informe

    Les scandales des usines à bébés thaïlandaises, des femmes vietnamiennes séquestrées, de Gammy, ce petit garçon commandé par GPA et refusé à la naissance par ses commanditaires parce qu’il était porteur de trisomie 21, n’ont pas fini de faire couler beaucoup d’encre. Le 25 novembre 2017, en prévision de la journée contre les violences faites aux femmes, la Manif Pour Tous présente un documentaire sur la gestation pour autrui : « GPA, avec les meilleures intentions ».

    Enquête sur les pratiques de la GPA en Asie du Sud-Est focalisée sur la Thaïlande, le documentaire associe images captées en caméra cachée et interviews officielles. Alors que le pays s’est doté en 2015 d’un cadre légal pour en réduire le nombre et la clandestinité, où en sont les pratiques de GPA en Thaïlande aujourd’hui ? La législation suffit-elle à mettre fin à une pratique qui met à mal la dignité des femmes et le respect des enfants ?

    L’avocat, maître Koompraphant, ancien directeur du Centre de protection du droit des enfants, affirme ne plus avoir connaissance de l’existence de GPA illégales depuis l’entrée en vigueur de la loi, tandis que le docteur Pruksananonda, gynécologue obstétricien, directeur du service de médecine reproductive de l’hôpital de Chulalongkorn, pense que les agences privées qui s’entremettaient entre les clients et les mères porteuses ont cessé toute activité et qu’il est désormais impossible de rentrer en contact avec l’une d’elles. La volonté du gouvernement de s’opposer à ce que « la Thaïlande et l’utérus des femmes thaïlandaises soient la plaque tournante mondiale » (propos d’un député thaïlandais), est louable et aurait permis le passage d’environ 4000 à 200 GPA par an. Mais qu’en est-il vraiment ?

    La Manif Pour Tous a infiltré avec succès l’une de ces agences illégales, New Genetic Global, en utilisant le profil fictif de Valérie. D’entretiens en rendez-vous, Valérie nous permet d’apprendre « qu’il n’y a aucun problème avec la législation », que l’embryon conçu sera expertisé par le prélèvement et l’envoi de cellules aux Etats-Unis, puis cultivé au Laos où la mère porteuse sera envoyée pour l’implantation. Valérie se voit proposer une promotion « Bring your own eggs », et une sélection de trois profils de gestatrices entre lesquels choisir. Mais leur identité compte peu, explique l’intermédiaire, elles sont indifférentes. Catalogue en ligne, réduction, acomptes… les agences prennent leurs dispositions pour s’adapter à la nouvelle législation et poursuivre leur commerce de bébés sans trop d’encombres. Les négociations du contrat sont sans état d’âme pour les personnes : la mère porteuse n’est que le maillon d’une chaîne, l’enfant, simple marchandise, objet d’échange, n’est jamais évoqué.

    La loi ne suffit pas à endiguer la réduction en esclavage de femmes contraintes par leur pauvreté, la recherche de gains rapides, d’agents peu scrupuleux, et le désir d’enfant souvent aveugle de couples aisés qui disposent de leurs semblables comme d’un bien avec droit de propriété. Si elle pèche par son inefficacité, la loi trompe surtout sur le principe même de la GPA qui reste, quelle qu’en soit l’intention et la modalité, un asservissement du corps de la femme et un abandon d’enfant.

    « Après avoir vu les cliniques où des femmes sont cantonnées pendant 9 mois, après avoir rencontré les agences qui organisent le business de la GPA, après avoir recueilli le témoignage poignant des ONG et associations humanitaires mobilisées sur le terrain pour lutter contre ce trafic humain, il apparaît que l’abolition universelle est bien la seule solution pour mettre un terme à ce scandale. Nous allons relancer Emmanuel Macron qui, à la suite de François Hollande s’était engagé à lancer une initiative internationale contre la GPA. L’heure est à l’action car la dignité des femmes et des enfants n’a pas de frontières », déclare Ludovine de La Rochère, Présidente de la Manif Pour Tous.

    A la suite de ce documentaire, Anne Schaub-Thomas, psychothérapeute et auteur du livre Un cri secret d’enfant (cf. GPA : « On ne peut pas remplacer une souffrance d’adulte par une souffrance d’enfant »), a rappelé que, violente ou douce, la GPA « éthique » est un mensonge et une perversion de la pensée. Car le cœur de cette pratique est la vie de ce petit homme qu’est l’enfant, fracturée dès sa naissance par l’arrachement à sa mère. « Les fondations procréatiques sont les racines de l’édifice humain. C’est une terre féconde où l’enfant à venir se déploie comme une graine en terre. » Si la semence est arrachée trop tôt de sa terre nourricière, qui sait quel en sera le fruit.   

     
     
  • L’Église catholique ne veut pas tirer les conclusions de 50 ans d’échec du dialogue avec l'islam

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    D'Yves Casgrain sur presence-info.ca :

    Entrevue avec le jésuite Henri Boulad

    Dialogue islamo-chrétien: «50 ans d'échec»

    Selon le père Henri Boulad, le pape François fait fausse route en encourageant l'immigration.
    Selon le père Henri Boulad, le pape François fait fausse route en encourageant l'immigration.   (Présence/Yves Casgrain)

    Son nom est synonyme de controverse. Le père jésuite Henri Boulad a la critique dure et n’a pas peur de froisser, qu’il s’agisse de l’Église catholique, de judaïsme ou de l’islam. À 86 ans, l’homme qui se dit désormais persona non grata au sein de sa propre communauté s’en prend désormais à la politique d’ouverture du pape François envers les réfugiés musulmans.

    Lors de son passage à Montréal il y a quelques jours afin de sensibiliser les catholiques au sort des chrétiens d’Orient, il a rappelé son opposition à cette «l’idéologie des portes ouvertes». Il en veut particulièrement au pape d’avoir adopté cette vision.

    «J’ai fait part au pape François de mon opposition quant à sa position sur l’immigration massive en Europe qu’il encourage de façon systématique. Il ne comprend pas. Il adopte une idéologie libérale sud-américaine pour qui l’islam c’est très bien. Ceux qui ont vécu sous l’islam savent de quoi il s’agit.»

    Selon le polémiste, l’avenir des chrétiens d’Orient passe en partie par un changement d’attitude de l’Occident et de l’Église catholique envers l’islam. Il est temps, croit-il, que l’Église se questionne sur son dialogue avec l’islam.

    «Je suis tout à fait pour [ce dialogue]. Cependant, lorsque le dialogue occulte les vrais problèmes, nous ne sommes plus dans la vérité. Un homme comme Benoît XVI a voulu mettre au cœur du dialogue la vérité et la raison. Il s’est fait virer, d’une certaine manière. Il a démissionné, car il a été soumis à toutes sortes de pression», a-t-il fait valoir en entrevue.

    Le jésuite cite la taqîya pour développer son point de vue. Il s’agit d’un concept coranique qui évoque la dissimulation de sa foi, principalement pour éviter une persécution. Mais depuis deux décennies, elle est souvent invoquée pour critiquer l’islam et est brandie dans des discours islamophobes qui laissent entendre que des fidèles musulmans mentent pour faire avancer la cause de l’islam. C’est à cette seconde lecture que fait référence le père Boulad.

    «L’Église catholique ne veut pas comprendre cela. Elle ne veut pas tirer les conclusions de 50 ans d’échec du dialogue.»

    «L’Église catholique ne veut pas comprendre cela. Elle ne veut pas tirer les conclusions de 50 ans d’échec du dialogue», a-t-il insisté. Mais l’homme originaire d’Alexandrie se défend bien d’être atteint du «virus de l’islamophobie». Pour lui, il s’agit d’une étiquette apposée par le courant islamo-gauchiste sur ceux qui osent critiquer l’islam. «Ce courant est issu d’une alliance entre l’islam et la gauche. Derrière l’islam et la gauche, il y a les mondialistes qui manipulent la planète entière pour des intérêts économiques. Les islamo-gauchistes instrumentalisent la gauche.»

    Henri Boulad reconnaît volontiers qu’il dérange et qu’il est aujourd’hui «classé, étiqueté, ostracisé» pour ses propos. Sa défense des chrétiens d’Orient continue cependant d’être considérée attentivement.

    «L’Orient, qui a été le berceau du christianisme, risque d’être vidé de sa présence chrétienne. Au début du siècle dernier, les chrétiens représentaient 20 % de la population, maintenant ils représentent 2 % de la population. C’est une chute vertigineuse.»

    Devant ces sombres statistiques, le père Boulad reste optimiste, car il croit que «malgré les apparences, l’islam est en train d’imploser».

    «Les musulmans radicaux ont le verbe haut et beaucoup d’argent. Toutefois, l’islam est en lutte contre lui-même. Les chiites sont en guerre contre les sunnites, les libéraux contre les traditionnels. Ce sont des plaques tectoniques qui s’entrechoquent. Dans ce contexte, nul ne peut prédire l’avenir des chrétiens dans cette région.»

  • Téléthon : les réserves d'un diocèse de France

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    LOZÈRE : L’ENSEIGNEMENT CATHOLIQUE NE SOUTIENDRA PAS LE TÉLÉTHON

     

    A quelques semaines de la nouvelle édition du Téléthon, les chefs d’établissement de l’enseignement catholique de Lozère ont reçu un courrier de la direction de l’enseignement diocésain. Celle-ci souhaite rappeler « la réflexion menée en novembre dernier, mettant en lumière les graves problèmes éthique qui empêchent l’Enseignement catholique de s’engager dans cette action ». De fait, « l’aventure du Téléthon est liée aux cellules souches qui sont un grand espoir pour la médecine régénérative », mais parmi ces cellules, les cellules souches embryonnaires et fœtales humaines « supposent des embryons ou des fœtus provenant des techniques de procréation médicalement assistée ou d’avortements ».

    La direction diocésaine « exhorte les directeurs à être particulièrement attentifs à engager [leurs] établissements dans des actions solidaires cohérentes avec la conception chrétienne de l’homme et respectueuse de celle-ci »[1]

    [1] Parmi les causes à soutenir, le document indique nommément : le Secours catholique, l’Œuvre d’Orient, les fondations Abbé Pierre ou Jérôme Lejeune, ATD Quart-monde, l’Aide à l’église en détresse.

    Sources: Midi Libre (25/11/2017)

    Il en va de même dans le diocèse d'Avignon :

    Pas de Téléthon dans le diocèse d’Avignon (source)

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  • Parce qu'il faut éviter de se fourvoyer...

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    Faire fausse route

    Voici la traduction d’un article du blog de Mark Mallett qui nous a été communiquée par un ami :

    https://www.markmallett.com/blog/2017/11/28/barquing-up-the-wrong-tree

    IL me regarda intensément et dit, “Mark, vous avez beaucoup de lecteurs. Si le Pape François enseigne l’erreur, vous devez vous en détacher et conduire votre troupeau vers la vérité.”

    J’étais stupéfait par les propos de ce prêtre. D’une part, “mon troupeau” de lecteurs ne m’appartient pas. Ils sont (vous êtes) la possession du Christ. Et de vous, Jésus dit :

    Moi-même, je m’occuperai de mes brebis, et je veillerai sur elles. Comme un berger veille sur les brebis de son troupeau quand elles sont dispersées, ainsi je veillerai sur mes brebis, et j’irai les délivrer dans tous les endroits où elles ont été dispersées un jour de nuages et de sombres nuées. (Ezekiel 34:11-12)

    Le Seigneur parle ici, à la fois de la diaspora des Juifs au-delà d’Israël, mais aussi, dans le plus grand contexte, d’un temps où les brebis de l’Eglise du Christ seraient abandonnées par leurs bergers. Un temps où le clergé serait en grande partie silencieux, lâche ou carriériste ne défendant ni le troupeau ni la vérité, mais garderait et défendrait plutôt le status quo. Ce sera un temps d’apostasie. Et selon les derniers papes, nous vivons actuellement ce temps prophétisé :

    Peut-on ignorer la maladie si profonde et si grave qui travaille, en ce moment bien plus que par le passé, la société humaine, et qui, s'aggravant de jour en jour et la rongeant jusqu'aux moelles, l'entraîne à sa ruine ? Cette maladie, Vénérables Frères, vous la connaissez, c'est, à l'égard de Dieu, l'abandon et l'apostasie … — PAPE ST PIE X, E Supremi, Encyclique sur la Restauration de toutes choses dans le Christ, n° 3, 5; 4 octobre 1903

    L’apostasie, la perte de la foi, s’étend à travers le monde et jusqu’aux plus hauts sommets de l’Eglise. — PAPE PAUL VI, Exhortation lors du Soixantième Anniversaire des Apparitions de Fatima, 13 octobre 1977

    Lire la suite en pièce jointe.