Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Débats - Page 431

  • Une once de vérité dans l'opposition au pape ?

    IMPRIMER

    Du site aleteia.org :

    Le pape François dit prier pour ceux qui le traitent d’hérétique

    Lors de son dernier voyage au Chili et au Pérou, le pape François s’est entretenu longuement avec des jésuites. Des échanges d’une grande richesse dont le journal italien Corriere Della Sera a publié quelques extraits. On y découvre notamment que le souverain pontife prie pour ceux qui l’accusent d’être un hérétique.

    Du 15 au 21 janvier, le pape François s’est rendu au Chili et au Pérou. Un voyage au cours duquel il a pu dialoguer avec les jésuites des deux pays sur différents sujets tels que les joies et les peines de son pontificat, la solitude des personnes âgées, les abus sexuels et… les résistances qu’il rencontre, au quotidien. Le quotidien italien Corriere Della Sera en a publié quelques extraits ce mercredi.

    Au sujet des oppositions auxquelles il doit faire face quotidiennement, le souverain pontife explique ainsi qu’il essaye de faire preuve de discernement et de prendre du recul car « il est facile de dire qu’il y a de la résistance sans se rendre compte que dans cette opposition, il peut aussi y avoir une once de vérité ».

    Quand une solide résistance apparaît, le pape François avoue avec humilité être « désolé ». « Certaines personnes me disent qu’il est normal qu’il y ait de la résistance quand quelqu’un veut changer les choses. Le fameux “ça a toujours été comme ça” règne partout, c’est une grande tentation que nous avons tous vécue », explique-t-il encore.

    « Quand je n’arrive pas à faire preuve de bonté spirituelle envers eux, je prie simplement pour eux »

    « Les résistances après Vatican II, encore présentes, tendent à relativiser, à diluer le Concile. Je suis encore plus désolé quand quelqu’un s’engage dans une campagne de résistance. Et c’est avec tristesse que je le constate. […] Il y a une résistance doctrinale », souligne le pape François qui fait ici référence à une opposition qu’il rencontre… chez des chrétiens.

    « Quand je perçois des résistances, j’essaie de dialoguer quand le dialogue est possible ; mais certaines résistances viennent de gens qui croient détenir la vraie doctrine et vous accusent d’être un hérétique. Quand je n’arrive pas à faire preuve de bonté spirituelle envers eux, je prie simplement pour eux, explique le pape François. Je suis désolé, mais je ne peux pas m’attarder pas sur ce sentiment ».

  • Eclipse de Dieu, éclipse de l'homme

    IMPRIMER

    Dans le cadre des conférences qu’ils organisent à l’Université de Liège, l’Union des étudiants catholiques liégeois et le groupe de réflexion sur l’éthique sociale avaient invité, voici quelque temps, le philosophe Rémi Brague, professeur ordinaire à l’Université de Paris I Panthéon-Sorbonne et à la Ludwig-Maximilian Universität de Munich. Membre de l’Institut, celui-ci a reçu le Prix 2012 de la Fondation Ratzinger-Benoît XVI. Voici une synthèse de son exposé, dont la transcription intégrale est disponible sur simple demande en s’adressant à notre rédaction.

    Mantegna.jpeg

    Mort de Dieu, mort de l’homme

    Le titre de cette conférence est une métaphore empruntée à l’œuvre du philosophe juif Martin Buber (Vienne 1878-Jérusalem 1965) illustrant  le thème de la « mort » de Dieu que l’on rencontre aussi chez Max Weber (Le désenchantement du monde, 1917) et, bien sûr, Friedrich Nietzche (le Gai Savoir, 1882) : plus que de triomphe, c’est un cri d’inquiétude auquel répond celui de la mort de l’homme que l’on trouve chez Léon Bloy, Nicolas Berdiaev ou André Malraux: avec la disparition du prototype, la copie doit aussi s'effacer. L'argument a été repris et rendu célèbre par Michel Foucauld (Les mots et les choses, 1966) ramenant toutefois cette idée à une simple "mort de papier", une incohérence rationnelle plutôt  que la mort de l'homme concret. La thèse de Rémi Brague est moins innocente: selon lui, la disparition de Dieu à l’horizon de l’humanité pourrait entraîner celle de l’humanité elle-même, sinon physique en tout cas ontologique: la disparition de ce qui fait l’humanité de l’homme.

    Echec de l’athéisme ?

    Pour Rémi Brague, l’athéisme est un échec. Sa faveur croissante dans l’opinion publique n’est pas une objection relevante. Pour un philosophe, la quantité de gens qui défendent une opinion déterminée n’est pas un argument en soi : ni pour, ni contre. Mais d'autres succès spectaculaires sont à mettre à son crédit:

    Au niveau théorique d’abord, la science moderne de la nature n’a plus besoin d’une religion « bouche-trou » lorsqu’on cherche une explication du monde. Mais, on peut ici se demander si une religion a vraiment jamais prétendu expliquer comment le monde fonctionne. Quoi qu’il en soit, le Dieu horloger de Voltaire a vécu. Cette victoire théorique se complète d’une victoire dans la pratique politique, laquelle montre que les sociétés d’aujourd’hui peuvent s’organiser sans avoir besoin d’un principe supra humain de légitimité. Reste que toutes les religions ne cherchent pas à réglementer la société : on oublie trop à cet égard que le christianisme n’édicte pas de règles de conduite fondamentalement distinctes de celles que la raison naturelle a ou pourrait trouver par ses propres forces.  De fait, le Décalogue qui est ce qu’il a retenu de la Torah des juifs n’est jamais que le « kit » de survie de l’humanité : un minimum.

    Quoi qu’il en soit, les deux « victoires » de l’athéisme sont énormes dans l’histoire de l’humanité. Mais elles appellent tout de même deux observations :

    D’une part, l’athéisme n’est pas nécessairement l’affirmation militante de convictions agressives. Ce peut être d’abord un principe de méthode : une mise entre parenthèses du divin. C’est pourquoi on a inventé des termes comme « agnosticisme », « sécularisme » ou « humanisme » (un parti politique belge d’origine chrétienne a même adopté ce qualificatif). D’autre part, cet agnosticisme lui-même ne concerne pas que les questions religieuses : le positivisme philosophique se contente de connaissances « positives » sur le monde, sans chercher les causes dernières des phénomènes qu’il appréhende.

    Est-il légitime que l’homme existe ?

    Malgré tout cela, l’athéisme contient un défaut mortel, même sous sa forme atténuée de l’ agnosticisme. Il y a, en effet, une question sur laquelle l’athéisme n’a rien à dire dès lors que la racine de l’homme serait l’homme lui-même : s’il n’existe aucune instance supérieure à l’homme, comment celui-ci pourrait-il affirmer sa propre valeur?  Si c’est l’homme lui-même qui se juge, comme dirait Chesterton, c’est le signe du fou, dont l’histoire politique nous montre maints exemples.

    Au tournant des XVIIIe-XIXe siècles, Fichte, radicalisant la philosophie de Kant, croit avoir trouvé la solution : le divin est donné dans la loi morale qui est présente en nous et dont nous aurions tous conscience. Donc, il n’y a pas besoin de foi en Dieu mais, en revanche, il y a quelqu’un en qui nous avons besoin de croire : c’est l’homme.

    Croire en l’homme, malgré ce théâtre de grand guignol que représente l’histoire ? Nous avons eu, au XXe siècle, deux régimes explicitement athées : l’un anti-chrétien parce qu’anti-juif, l’autre anti-juif parce qu’anti-chrétien. « J’ai honte d’être un être humain » disait alors la philosophe allemande d’origine juive Hanna Arendt. Et aujourd’hui la question de la légitimité de l’être humain se fait encore plus concrète parce que nous avons, à grande échelle, les possibilités techniques d’en finir avec l’humanité. Or, comme disait Leibniz, les possibles ont une tendance à exister.  

    Mais, à supposer même que l’athéisme ne tue personne, est-il capable de donner des raisons de vivre ? L’homme n’est peut-être pas le gentil du film hollywoodien, c’est peut-être le méchant ou, comme disait le philosophe angliciste allemand Hartsman, la « sale bête » universellement prédatrice, universellement envahissante ne se contentant pas de sa niche écologique mais faisant irruption partout : si l’homme disparaissait, alors tout de même la nature serait libre.

    Que faire avec ce genre d’argument ?  Une réponse serait de dire qu’il y a un instinct de survie et que l’homme peut bien continuer à exister sans s’occuper de sa propre légitimité. Mais alors, le seul animal qui se pose la question des raisons de ce qu’il fait renoncerait à la raison à propos d’un problème qui met en jeu son existence.

    Cette impasse rationnelle n’appelle qu’une issue raisonnable : c’est de trouver un point de référence extérieur qui puisse dire qu’il est bon qu’il existe des hommes, un levier d’Archimède qui soit en droit de dire, justement parce qu’il n’est pas homme, que celui-ci, malgré tout, doit être sauvegardé et, conclut Rémi Brague, pour nommer ce point de référence extérieur, si vous trouvez un meilleur terme que Dieu, vous me faites signe.

    Dans son célèbre « Drame de l’humanisme athée » publié à la fin de la seconde guerre mondiale, le Père Henri de Lubac estimait que si l’on peut construire une société sans Dieu, elle serait inhumaine. Moins optimiste, Rémi Brague ajoute qu’une telle société serait séculaire au sens propre du terme, c’est-à-dire que raisonnablement, elle ne pourrait donner que la vie d’un individu humain en sa longévité maximale.

    JPSC

  • L'art moderne a-t-il perdu la tête ? Deux entretiens avec Jean Clair

    IMPRIMER

    Du site CanalAcadémie.com :

    La fabrique des monstres : l’art moderne a-t-il perdu la tête ?
    Entretien avec Jean Clair, de l’Académie française, sur son livre « Hubris". (1/2)

    De livres en livres, Jean Clair, de l’Académie française depuis 2008, s’en prend à l’actuelle décomposition de la culture visuelle – les anciens « beaux-arts ». Depuis Marcel Duchamp, et ceux qui lui emboitèrent le pas, une certaine conception classique a explosé. Nous avons quitté, dit Jean Clair, l’œuvre pour l’objet brut, le symbolique pour un réel écrasé sur lui-même, la re-présentation pour la platitude, le goût du monde pour la jouissance de l’im-monde, la peinture accrochée au mur pour les « installations » à même le sol. D’où vient ce processus barbare ? De l’extérieur ? Ce serait trop simple ! Il vient de l’intérieur, mis en œuvre par ceux-là même qui sont censés être les dépositaires d’un héritage artistique. En devenant contemporain, l’art n’a pas explosé, il a implosé sous l’effet de ces « barbares de la civilisation » - selon l’expression de Chateaubriand.

    Ecouter l'émission

     

    Les œuvres d’art peuvent-elles exister quand s’est perdu le sens du sacré et de la transcendance ?
    Entretien avec Jean Clair, de l’Académie française (2/2)

    Dans un premier entretien, Jean Clair, autour de son livre Hubris a dit l’importance du re-gard porté sur ce qui nous environne etles images formées par les artistes pour mieux comprendre la terre sur laquelle nous sommes. Garder, prendre avec. Les images sont là pour faire des hommes les gardiens du monde – pour éviter qu’il ne devienne im-monde, hostile à la présence des hommes. Dans ce second entretien, Jean Clair revient sur la dégradation de la Culture. La Culture est une « qualité qui unit et élève » alors que le culturel « disperse, éparpille, dégrade, disqualifie ». La culture en train de disparaître au profit du culturel – et des agents qui en font la promotion – suppose une con-templation des œuvres d’art – au sens d’un culte rendu au beau et d’un temple pour ceux qui s’introduisent dans ce culte.

     

    Ecouter l'émission

  • France : pourquoi un « concordat » avec l'islam est impossible

    IMPRIMER

    Pour réformer l’islam de France, Emmanuel Macron veut s’inspirer du régime napoléonien qui prévaut en Alsace-Moselle. Baroque. Un article de Henrik Lindel et Pascale Tournier sur le site de « La Vie » :

    concordat Pie VII.jpg

    « Chirac, Sarkozy, Hollande… Tous les présidents ont voulu réorganiser l’islam de France. Et tous ont échoué. Créé en 2003 par Nicolas Sarkozy, le Conseil français du culte musulman (CFCM), dont les membres du bureau doivent être réélus en 2019, est un échec cuisant. Miné par les divisions internes, affaibli par son absence de représentativité, placé sous l'influence politique et économique des pays étrangers, le CFCM fait figure de repoussoir… Emmanuel Macron peut-il déjouer la malédiction ? 

    Dans le Journal du Dimanche du 11 février, le chef de l'État a une nouvelle fois assuré qu'il réfléchissait à ce dossier brûlant. Voulant « poser les jalons de toute l'organisation de l'islam de France » durant ce premier semestre 2018, il considère qu'il faut « s'inspirer fortement de notre histoire, de l'histoire des catholiques et de celle des protestants ». Le but étant d'améliorer la relation entre l’État et l’islam pour mieux combattre l’islam radical. Encore faut-il inventer une structure représentative qui tienne la route.

    Un « nouveau concordat »...

    Pour sortir de l’impasse, Emmanuel Macron envisage un « nouveau concordat ». Une idée qui a largement de quoi surprendre. D'abord parce qu'au sens strict, le terme renvoie à un régime spécifique, uniquement en vigueur en Alsace et en Moselle. Il y reconnaît et y organise actuellement les cultes catholique, luthérien, réforme et israélite. Les évêques de Metz et Strasbourg sont nommés par décret du président de la République après accord du Saint-Siège, les grands rabbins et les pasteurs sont nommés par le Premier ministre et ils ont un statut de fonctionnaires. Ce régime permet de salarier les ministres des cultes. L’État a ainsi une possibilité d'exiger une sorte de contrepartie des cultes ainsi reconnus. L'islam, lui, a seulement un statut d'association de droit local alsacien-mosellan, qui lui permet quand même de bénéficier de fonds publics, par exemple pour construire des mosquées, ce qui est impossible dans le reste de la France.

    On pourrait sans doute étendre ce statut privilégié à l'islam en Alsace et Moselle (si on trouve une organisation musulmane représentative), mais on voit mal comment imposer un concordat à nouveau à l'échelle de la France. Et le faire seulement pour l'islam. Il semble en effet difficile d'imaginer que les imams de France soient salariés par une république qui, selon la loi de 1905… ne reconnaît aucun culte.

    Lire la suite

  • L’Eglise catholique bénit-elle aujourd’hui tout et n’importe quoi ?

    IMPRIMER

    Lu sur le site « Pro Liturgia »:

    « On ne peut pas bénir une union homosexuelle ! » Une réflexion claire de Mgr Andreas Laun, évêque auxiliaire de Salzbourg (AU) en réponse au Cardinal Marx, archevêque de Munich(D) et à Mgr Bode, évêque d’Osnabrück (D) respectivement président et vice-président de la Conférence des évêques d’Allemagne :

    « Le cardinal Marx et Mgr Bode ont pensé qu’ils pouvaient proposer aux couples homosexuels de bénir leur union. Pourquoi pas, diront certains : il semble bien qu’aujourd’hui l’Eglise soit prête à bénir tout, ou presque…

    Regardons-y de plus près.

    L’Eglise bénit avant tout des personnes, mais aussi des actions et des objets. A propos des bénédictions catholiques, le Père jésuite Eckhard Bieger écrit ceci sur internet : « Pour les fidèles catholiques, tout peut être béni, pas seulement les lieux liturgiques, les calices, et les fidèles à la fin de chaque messe ou de chaque office. La bénédiction ne se limite pas aux chapelets ou aux médailles religieuses : on peut bénir aussi les voitures, les ateliers de fabrication, les animaux, les herbes aromatiques ou médicinales et bien d’autres choses encore. Certaines bénédictions sont réservées aux prêtres ou aux diacres, surtout lorsqu’il s’agit d’objets du culte comme les calices ou les ornements liturgiques. Mais les parents peuvent bénir leurs enfants. Les fidèles peuvent emporter de l’eau bénite chez eux et en asperger les membres de leur famille, et aussi leurs étables et leur bétail pour les bénir. La procession de la Fête-Dieu est en quelque sorte une bénédiction des maisons et des parvis. Il existe même un livre liturgique dédié aux formules de bénédictions, le “Livre des Bénédictions,” contenant des rituels pour 99 occasions différentes ».
    Mais qu’attendons-nous d’une bénédiction ? Quelles espérances sont liées à un tel geste ? Pour les voitures par exemple, il s’agit d’attirer la protection du ciel sur ceux qui les conduisent ; on y ajoute souvent une médaille de St Christophe, saint patron des automobilistes. La prière pour demander la protection contre la grêle, la foudre et la sècheresse peut s’accompagner d’une bénédiction du temps, que le prêtre donne à la fin de la messe à l’aide de sa croix personnelle. Bénir, signifie toujours prier pour que quelque chose grandisse, s’épanouisse, pour que d’une action ou d’un projet surgisse quelque chose de bon. La bénédiction vient de Dieu, elle s’exprime sous la forme d’une demande, et elle se réalise en imposant aux personnes, aux objets, aux bâtiments, le signe de la croix, de l’eau bénite et de l’encens.
    Insistons encore sur la variété des situations appelant une bénédiction : un nouvel atelier, un nouvel appartement, une ambulance ou une voiture de pompiers, un instrument de musique ou un équipement d’alpiniste… Et sur le fait que non seulement le prêtre peut bénir, mais aussi que toute personne peut le faire, en particulier les parents qui désirent intercéder pour la protection divine de leurs enfants. J’ajoute ici une petite histoire personnelle qui m’a beaucoup marqué : après avoir écouté une belle méditation donnée par un ami rabbin sur le sens du Sabbat, j’ai demandé à cet ami qu’il me bénisse. Il le fit volontiers, et je rentrai chez moi. Peu de temps après, le rabbin m’appela au téléphone : il avait oublié de demander à son tour une bénédiction ! La prière n’est pas soumise à des impératifs d’espace : prier pour quelqu’un et le bénir peut tout aussi bien se faire par téléphone. C’est ainsi que je pus faire parvenir ma bénédiction à mon ami juif à distance, et la réitérer plus tard lors d’une visite à Jérusalem. Cet échange de bénédictions me comble encore aujourd’hui.

    Lire la suite

  • Chine : le cardinal Zen dénonce et réfute en six points la nouvelle Ostpolitik du cardinal Secrétaire d'Etat

    IMPRIMER

    Zen : « Je n’arrive toujours pas à comprendre pourquoi ils dialoguent avec la Chine » (source)

    Le cardinal Joseph Zen Zekiun, l’archevêque émérite de Hong Kong, a publié ce matin sur son blog, en chinois et en italien – une langue qu’il maîtrise très bien – l’article suivant.  Les soulignements sont de lui.

    Une traduction anglaise est disponible sur Asia News, l’agence en ligne de l’Institut pontifical des missions étrangères.

    > Zen: « I still don’t understand why they are in dialogue with China »

    Je n’arrive toujours pas à comprendre pourquoi ils dialoguent avec la Chine

    Réponse à « Voici pourquoi nous dialoguons avec la Chine », l’entretien que Son Éminence le Cardinal Parolin a accordé à Gianni Valente (c’est-à-dire l’entretien qu’ils ont concocté ensemble).

    J’ai relu cet plusieurs fois cet entretien et je suis en train de le lire à nouveau (même si sa lecture me répugne) afin de pouvoir faire mes commentaires honnêtement.

    Je sais gré à Son Éminence de reconnaître qu’il est « légitime d’avoir des opinions différentes ».

    (1)

    Avant tout, on ne manquera pas de remarquer l’insistance avec laquelle Son Éminence affirme que son point de vue et l’objectif de ses activités sont de nature pastorale, spirituelle, évangélique et de foi tandis que notre façon de penser et d’agir ne serait que purement politique.

    Ce que nous constatons en revanche, c’est qu’il adore la diplomatie de l’Ostpolitik de son maître Casaroli et qu’il méprise la foi authentique de ceux qui défendent avec fermeté l’Église que Jésus a fondée sur les Apôtres de toute ingérence avec le pouvoir séculier.

    Je ne peux pas oublier ma stupéfaction quand j’ai lu il y a quelques années l’un de ses discours publié dans l’Osservatore Romano dans lequel il qualifiait les héros de la foi des pays d’Europe centrale sous régime communiste (le Card. Wyszynsky, le Card. Mindszenty et le Card. Beran pour ne pas les nommer) de « gladiateurs », de « personnes systématiquement contraires au gouvernement et avides d’apparaître sur l’avant-plan politique ».

    (2)

    On remarquera également qu’il fait plusieurs fois mention de sa compassion pour les souffrances de nos frères en Chine.  Des larmes de crocodiles !  De quelle souffrance parle-t-il ?  Il sait pertinemment bien qu’ils ne craignent ni la pauvreté, ni la limitation ou la privation de liberté ni même de perdre la vie.  Mais il n’a aucune estime pour tout cela (ce sont des « gladiateurs »).

    Il parle également des blessures encore ouvertes et pour les refermer, il compte applique « le baume de la miséricorde ».  Mais de quelles blessures parle-t-il ?

    Vers la fin de l’entretien, à un certain point il dit : « Franchement, … je dirai : je suis également convaincu qu’une partie des souffrances vécues par l’Église en Chine ne soit pas tant due à la volonté de certains individus qu’à la complexité objective de la situation ».

    Il sait donc très bien que dans l’Église en Chine il ne s’agit pas (sauf dans de rares cas) d’offenses ou de ressentiment personnels mais que tous sont victimes de la persécution de la part d’un régime totalitaire athée. Utiliser le baume de la miséricorde ?  Mais il n’y a aucune offense personnelle à pardonner.  C’est un esclavage dont il faut se libérer.

    Miséricorde pour les persécuteurs ? Pour leurs complices ?  Récompenser les traîtres ?  Châtier les fidèles ?  Forcer un évêque légitime à céder sa place à un évêque excommunié ?  N’est-ce pas plutôt mettre du sel sur les blessures ?

    Lire la suite

  • Le "pari bénédictin" : Rod Dreher se défend de l'accusation de donatisme

    IMPRIMER

    De Sandro Magister, traduit sur le site diakonos.be :

    Saint Benoît au XXIe siècle. Mais « La Civiltà Cattolica » le condamne au bûcher

    « The Benedict Option » a désormais traversé l’Atlantique et est devenu une question de portée internationale. Une question qui n’est pas sans importance puisqu’elle concerne le futur du christianisme dans une époque toujours davantage postchrétienne.

    C’est l’américain Rod Dreher qui est l’auteur de cette proposition et du livre et il est en ce moment en train de parcourir la France pour un cycle de conférence, il a également accordé un entretien-fleuve au mensuel catholique « La Nef ». Son livre a été traduit en Français et le sera bientôt également dans d’autres langues.

    (Voir aussi : http://magister.blogautore.espresso.repubblica.it/2018/02/14/pari-benedictin-ou-politique-antipolitique/)

    Mais c’est l’attaque frontale que « La Civiltà Cattolica » a lancé depuis Rome contre « The Benedict Option » qui a contribué à élever encore davantage le niveau de la polémique.

    Dreher n’est pas catholique. Il l’a été par le passé, aujourd’hui il est orthodoxe russe.  Mais c’est surtout dans la sphère catholique, à commencer par le catholicisme des Etats-Unis, que sa proposition a fait mouche et a lancé un débat enflammé.

    En fait, sa proposition remet radicalement en cause aussi bien le pontificat actuel de François que celui de son prédécesseur Benoît XVI, bien que très différents l’un de l’autre.

    Le Benoît de l’option en question n’est pas le Pape Joseph Ratzinger mais Benoît de Nursie, le grand saint du Ve et VIe siècle qui a su générer une formidable renaissance de la foi et de la culture chrétienne dans le chaos de l’effondrement de l’empire romain, cette renaissance que l’autre Benoît, le pape, a magistralement évoquée dans son mémorable discours du 12 septembre 2008 à Paris, au Collège des Bernardins, en proposant en substance aux catholiques d’aujourd’hui d’en retenir la leçon et de s’en servir dans l’actuel changement de civilisation.

    Il n’est donc pas surprenant que ce soit depuis Rome et de la part d’un pape tel que François qui défend une vision opposée que surgisse une mise à l’index de « The Benedict Option » à travers de l’organe de communication de Jorge Mario Bergoglio qu’est « La Civiltà Cattolica », dirigée par le jésuite Antonio Spadaro.

    Lire la suite

  • Andy Warhol au Vatican

    IMPRIMER

    De Christine Sourgins, sur son blog :

    Saint Warhol, priez pour nous !

    Koons est-il en difficulté à Paris ? Pas de problème, l’Art contemporain américain va redorer son blason avec une expo Warhol… au Vatican ! Oui, le sulfureux Andy avec ses barils Brillo, ses Marilyn sexy, ses Mao glamour… au Paradis. Le  musée Andy Warhol de Pittsburgh en Pennsylvanie prépare pour 2019 une grande exposition sur « le versant spirituel de son œuvre » qui voyagera à Rome, occupant les 1 000 m2 de l’aile Charlemagne, place Saint-Pierre.

    On savait Andy prophète de l’Art financier avec des aphorismes dont  les prédictions se sont réalisées : « tous les musées vont devenir de grands magasins et tous les grands magasins vont devenir des musées ». C’est sûr Andy avait compris que le cœur de la foi catholique est la transsubstantiation, autrement dit une transformation substantielle. Et que seul le Pape du Pop pouvait révéler le côté pop du Pape : Andy n’avait-il pas rencontré le pape Jean Paul II en 1980 ? Cette exposition devrait comprendre des œuvres inspirées de La Cène de Léonard de Vinci, des sérigraphies de Crânes, des films et des archives…. Y verra-t-on les « Guns, Knives and Crosses » (Armes à feux, couteaux et croix)  exposées en 1982 à Madrid ? Mystère.

    La canonisation du brave Andy est donc en route, on nous explique qu’il est né dans une famille pieuse d’immigrés slovaques uniates, qu’il a toujours conservé le livre de prière de sa mère, que ses iconiques Marylin ou Jacky témoignent d’un culte des images issu de sa tradition catholique orientale, qu’il allait à la messe en cachette et même s’occupait de nécessiteux. Cette ferveur ne fut révélée qu’en 1987, un mois après sa mort, lors d’une messe d’hommage à New York. Le journal de l’artiste confirma ce catholicisme caché qui, visiblement, impressionne Barbara Jatta, la directrice des musées du Vatican : "Explorer le côté spirituel de l'artiste nous intéresse beaucoup. Il est très, très important pour nous d'avoir un dialogue avec l'art contemporain. Nous vivons dans un monde d'images, et l'Église doit faire partie de cette conversation." 

    C’était prévisible. Depuis longtemps Warhol fait des miracles : ainsi ses simples « 200 billets de 1 dollar » œuvre 1962, se sont, en 2009, transsubstantiés chez Sotheby’s, en 43,7 million de dollars ! C’est sûr Warhol sanctifie les espèces…

    Fin stratège, l’AC a compris que Koons est en difficulté (en partie) pour avoir dit aux parisiens « payez pour nous » mais qu’il suffirait de dire  « Andy, priez pour nous » pour que Warhol devienne intouchable et avec lui tout le système d’Art financier qu’il en est venu à incarner.

    A Paris, la Fondation EDF accroche un Rembrandt plus vrai que vrai (1). On nous explique que cette gloire de l’art européen n’est pas inimitable puisque, à l’image des sérigraphies d’Andy, on peut maintenant dupliquer le maître hollandais à loisirs en imitant sa facture à s’y tromper. Rembrandt s’est transsubstantié en algorithmes et, par la grâce des imprimantes high-tech, fut inventé le Rembrandt qu’aurait dû peindre le maître, si la mort ne l’avait pas fauché. D’où son titre « The Next Rembrandt ». Continuer l’œuvre de Rembrandt sans Rembrandt, n’est-ce pas adorer le veau d’or de la technique ? Tiens, un sujet pour le Vatican …

    Dans quelques années imaginez, Next Rembrandt N°3000 : un tableau sombre qui montre, luisant faiblement dans la pénombre, quelques boîtes remisées, en s’approchant le spectateur incrédule déchiffrera sur celles-ci « Soup Campbell’s ». Le cartel expliquera que si Rembrandt avait pu vivre jusqu’au XXème siècle… il eut été Warhol !

    Christine Sourgins

    (1) « La belle vie numérique » jusqu’au 18 mars, 6 rue Récamier Paris 7ème.

  • Un curieux prédicateur pour la retraite de carême du pape et de la curie

    IMPRIMER

    De Matthew Cullinan Hoffman sur lifesitenews.com :

    Pour guider la retraite de Carême, le Pape François choisit un prêtre pro-LGBT qui soutient que Jésus "n'a pas établi de règles"

    ROME, le 5 février 2018 (LifeSiteNews.com) - Le pape François a choisi un "prêtre-poète" portugais pour prêcher lors de sa retraite du Carême 2018, un promoteur ouvert de la "théologie critique" d'une religieuse espagnole qui défend la légalisation de l'avortement et la reconnaissance par le gouvernement du «mariage» homosexuel et des adoptions par des couples de même sexe.

    Le père José Tolentino Calaça de Mendonça, vice-recteur de l'Université catholique de Lisbonne, a écrit l'introduction à la traduction portugaise de «théologie féministe dans l'histoire» par Teresa Forcades, que la BBC désigne comme «la religieuse la plus radicale d'Europe».

    Dans l'introduction au travail de Forcades, Tolentino de Mendonça annonce au lecteur que Jésus n'a laissé aucune règle ou loi à l'humanité, une idée qu'il applique avec approbation à la «théologie critique» de Forcades.

    "Teresa Forcades i Vila rappelle ce qui est essentiel: que Jésus de Nazareth n'a pas codifié, ni établi de règles", écrit Tolentino de Mendonça. "Jésus a vécu. C'est-à-dire qu'il a construit un éthos de relation, a somatisé la poésie de son message dans la visibilité de sa chair, a exprimé son propre corps comme prémisse. "

    Lorsque la traduction portugaise du livre a été publiée en 2013 avec l'introduction de Tolentino de Mendonça, Forcades s'était bien positionnée comme défenseur de l'avortement légalisé et de la création du «mariage» homosexuel. La même année, elle publiait un hommage vidéo au dictateur vénézuélien Hugo Chavez, qui était alors en train de mourir d'un cancer.

    Tolentino de Mendonça compare Forcades à Hildegarde de Bingen, et affirme que sa théologie s'exprime «sous une forme symbolique, ouverte et sensible à l'égard du réel» par opposition à la façon traditionnelle de parler de l'Église en termes clairs et non métaphoriques, qu'il appelle "les grammaires triomphales univoques que nous connaissons".

    "Il faut que le récit doctrinal se conçoive comme une lecture plutôt qu'une écriture, plus comme un voyage que comme un lieu, car la mémoire qui transporte n'est pas réductible à un code légal, à une vision, à quelque chose d'automatique", écrit ce prêtre.

    Tolentino de Mendonça écrit : " C'est précisément ici que l'œuvre provocatrice de Teresa Forcades i Vila, "La théologie féministe dans l'histoire", que le lecteur a entre les mains, vient à notre aide. "

    Dans une interview à la radio Renascença de Lisbonne en 2016, Tolentino de Mendonça a fustigé des catholiques et en particulier des cardinaux qui ont critiqué le pape François, rejetant leur vision du «traditionalisme», qu'il opposait à une authentique «tradition».

    "Aujourd'hui, nous voyons le pape François contredit par une aile plus conservatrice de l'Eglise et par certains noms importants, même cardinaux, qui d'une certaine manière sont disposés à placer le traditionalisme au-dessus de la tradition", a-t-il dit.

    En ce qui concerne l'attitude "accueillante" du pape François envers ceux qui vivent obstinément dans des situations gravement pécheresses d'homosexualité et d'adultère, Tolentino de Mendonça a déclaré à l'interviewer: "Personne ne peut être exclu de l'amour et de la miséricorde du Christ. Et cette expérience de miséricorde doit être offerte à tous, qu'il s'agisse de chrétiens remariés, blessés par des expériences matrimoniales désastreuses, que ce soit la réalité de nouvelles familles, que ce soit des homosexuels, qui doivent dans l'Église trouver un espace pour être entendus, un lieu d'accueil et de miséricorde. "

    Tolentino de Mendonca prêchera et prodiguera des conseils spirituels au Pape François et aux hauts responsables de la Curie pendant leur retraite du 18 février au 23 février de cette année.

  • François : un miracle pour l'Eglise de France ?

    IMPRIMER

    D'Isabelle de Gaulmyn sur le site du journal La Croix :

    Et s’il y avait un miracle du pape François sur le catholicisme français ?

    La question mérite d’être posée, à lire divers ouvrages qui viennent de sortir autour du catholicisme en France. Prenons François Huguenin. Voilà un auteur qui a beaucoup écrit sur le catholicisme de droite, spécialiste de l’Action française, et qui, de son propre aveu, serait plus « tendance Benoît XVI » que naturellement pape François.

    Or son nouveau livre « Le pari chrétien », chez Tallandier, est un plaidoyer, argumenté, réfléchi, et aussi lumineux, en faveur du pape actuel. Et aussi un appel à une nouvelle manière d’être catholique en France. Sur l’immigration, et l’impératif d’accueil de l’étranger, l’auteur affirme que « le non de principe aux immigrés est absolument en contradiction avec le texte biblique, sa lettre et son esprit ». Et de renvoyer tous les contempteurs du pape François, les tenants d’une identité chrétienne à préserver et les nostalgiques d’une chrétienté d’antan, à leurs classiques évangéliques.

    De même, on connaissait l’engagement de Patrice de Plunkett pour l’écologie. Mais la trajectoire de ce catholique, passé un temps du côté des traditionalistes, ex-directeur du Figaro magazine, est significative. Le titre de son livre est déjà tout un programme : « Cathos, ne devenons pas une secte », chez Salvator. Ce que François Huguenin dit aussi, d’une autre manière : « il est important de ne pas absolutiser une sorte de non possumus qui condamnerait les chrétiens à n’être plus acteurs de leur monde, à s’enfermer dans la critique stérile, à se couper de leurs frères en humanité ».

    Mariage pour tous et Sens commun

    En réalité, la séquence douloureuse que vient de vivre le catholicisme français oblige à reconsidérer la question de sa présence dans la société. Ce à quoi l’un et l’autre s’attachent. L’opposition au mariage pour tous, qui a montré aux catholiques que leur anthropologie n’était plus acceptée par une majorité de Français, l‘impasse d’une incarnation politique du catholicisme avec Sens commun, le soutien, malheureux, à François Fillon, puis l’hostilité irrationnelle à Emmanuel Macron, sont passés par là. Au final, il ne reste que le goût de cendre amère d’un combat perdu, et de la violence qui a marqué les échanges à l’intérieur de l’Église. François Huguenin s’inquiète de cette dérive d’une partie d’entre eux vers une extrême droite intransigeante, se mettant volontairement hors d’un système honni. « La droite les ayant encore déçus, pourquoi ne pas glisser (une fois de plus) vers l’ultra droite qui ose arborer les drapeaux de l’identité ? » s’interroge aussi Patrice de Plunkett. Évolution d’ailleurs fort bien retracée par Jérôme Fourquet dans son ouvrage, « à la droite de Dieu » (au Cerf).

    Héritage de l’Action Française

    Il existe de fait une sorte de « tradition » française, héritage de l’Action française, qui veut qu’une partie du catholicisme ait toujours entretenu avec la République un rapport fait d’intransigeance et de refus. « Les chrétiens ont pris l’habitude de confondre l’affirmation de leur foi avec l’exercice du pouvoir » écrit encore François Huguenin.

    Un courant qui a désigné le pape François comme tête de turc, déversant sur les réseaux sociaux, comme le montre Patrice de Plunkett, un torrent de haine contre l’actuel évêque de Rome. Or c’est justement à partir du pape François, de sa prédication, que nos deux auteurs ont choisi de revisiter le rapport du catholicisme au politique. Ils ont pris au sérieux, quitte à choquer leur propre camp, les propos du pape actuel : sa critique de l’économie, des marchés, ses injonctions à donner la priorité aux pauvres, aux migrants, aux plus faibles, bousculent, provoquent mais aussi réveillent. Pour peu qu’on le prenne au sérieux, le pape François trace une perspective pour les chrétiens et leur action dans la société, montrent-ils, avec cette phrase clé du pontificat : « tout est lié ». On ne peut pas être exigeant sur le plan de l’éthique morale, adversaire de l’IVG, et refuser le droit au logement et aux biens les plus primaires aux migrants, et aux nécessiteux, et approuver le libéralisme sans merci qui creuse chaque jour un peu plus d’inégalités. Tout est lié. Nos auteurs ne sont pas devenus de dangereux gauchistes, mais simplement tirent les conclusions, pour les catholiques français, d’une forme de prophétisme venu de Rome et qui s’appuie sur l’Évangile. Ils refusent de voir ainsi le même Évangile instrumentalisé par la politique, dans une impossible quête d’un royaume chrétien.

    Ces auteurs s’effraient des dérives d’une certaine droite catholique, mais leurs ouvrages, et le succès qu’ils rencontrent, démontre en eux-mêmes que cette dérive reste le fait d’une minorité, qui a pris le pouvoir sur les réseaux sociaux, mais non sur les bancs de l’Église. De ce point de vue, ces deux réflexions sont une invitation à sortir de cette interminable guerre idéologique des deux catholicismes – celui de gauche et celui de droite –, qui déchirent l’Église de France depuis trop longtemps. L’un comme l’autre appellent en effet à un dialogue apaisé au sein de l’Église, dans la diversité de ses composantes, autour des vrais enjeux de notre XXIe siècle. Peut-être un miracle François pour l’Église de France…

  • Liturgie : plus qu’« une légitime diversité »

    IMPRIMER

    Dans l’Eglise dite latine, quarante ans de préventions réciproques ont éloigné les uns des autres les fidèles (clercs et laïcs) acquis à l’une ou l’autre des deux formes légitimes de célébration de la messe romaine. Au mieux, ils se tolèrent, tout en s’ignorant : les uns sont imperméables à la sacralité propre à la forme extraordinaire (tout en s’extasiant parfois lorsqu’ils assistent à une liturgie orthodoxe grecque ou slavonne) et à la richesse de ses symboles, les autres se raidissent face à l’effacement excessif de la verticalité du culte et de son aspect sacrificiel dans la forme ordinaire, telle qu’elle est couramment célébrée.

    Dans son motu proprio « Summorum Pontificum » du 7 juillet 2007 et la lettre qui accompagne celui-ci,  le pape Benoît XVI, après avoir reconnu l’égale légitimité des deux formes du rite romain, plaidait pour qu’elles s’enrichissent mutuellement. C’est à ce titre que le cardinal Robert Sarah, actuel préfet de la congrégation romaine du culte divin et des sacrements,  espérait initier une réforme de la réforme de Paul VI. Il s’est malheureusement heurté à une opposition frontale du pape actuel qui souhaite, au contraire, diversifier encore davantage les célébrations dites ordinaires et barrer ainsi la route à toute convergence centripète.

    La décentralisation préconisée a néanmoins ceci de positif qu’elle n’empêche pas les évêques diocésains de suivre l’intuition de Benoît XVI et du Cardinal Sarah. Mgr Dominique Rey, évêque de Fréjus-Toulon a généreusement appliqué dans son diocèse la lettre et l’esprit du motu proprio « Summorum Pontificum ». Dans le n° 294 du mensuel « La Nef » , il évoque cette expérience avec Christophe Geffroy  (JPSC):  

    Mgr-Rey-bis.jpg

    La Nef – Comment avez-vous reçu en 2007 le Motu proprio Summorum Pontificum ?

    Mgr Dominique Rey – J’ai reçu Summorum Pontificum filialement. Cet acte juridique visait à mettre un terme aux souffrances de ceux qui, dans l’Église, désiraient prier avec les anciens rites liturgiques et qui en avaient été privés jusque-là. Il s’agissait aussi de faire un acte de réconciliation pour apaiser les divisions du passé. Comme évêque, il était clair pour moi que le Motu proprio établissait de nouvelles dispositions juridiques pour le rite ancien, valables pour toute l’Église de rite latin, et par conséquent pour mon propre diocèse.

    Quel bilan tirez-vous, dix ans après, de son application ?

    Dans le diocèse de Fréjus-Toulon et dans beaucoup d’endroits il a été appliqué largement et sans susciter de controverse. Les fruits sont réels. La liturgie ancienne nourrit des communautés ou des paroisses en croissance numérique, et attire des jeunes. Cela participe d’une légitime diversité parmi toutes les communautés chrétiennes en communion avec leur évêque. Bien sûr, Summorum Pontificum n’a peut-être pas été parfaitement appliqué partout en France. Ma propre expérience m’a montré que la confiance et la générosité ne vont pas sans reconnaissance, et ont créé une fraternité et une communion plus profondes dans le diocèse. Je m’efforce d’accompagner personnellement les groupes qui vivent de la forme extraordinaire. Ces communautés rencontrent des défis. Mais ma conviction est claire : elles font partie de la solution dans l’Église d’aujourd’hui, pas du problème.

    Lire la suite

  • L'évêque de Liège aborde la question de l'accueil des immigrés sur la 1ère (RTBF)

    IMPRIMER
    LogooLogo
     
    Broadcasting - EGLISE CATHOLIQUE
    RTBF La Première - Matin Première 06h00

    Durée de l'extrait : 12 min 9 s

     
    Réfugiés : Comment mieux les accueillir ?

    Une brochure qui aide à comprendre, à travailler, et à vivre la réalité de ce grand défi.

    Depuis 2015, de nombreuses personnes migrent vers l'Europe à la suite de différentes guerres civiles, des situations politiques et économiques et de l'aggravation de conflits internationaux. Ne sachant obtenir directement un statut (réfugié, protection subsidiaire, et...) à travers les ambassades, les migrants sont obligés de rémunérer des passeurs pour se rendre sur le territoire de l'Union européenne, en prenant de grands risques.

    La Foi chrétienne et l'accueil de l'étranger sont des réalités indissociables. Le pape François l'a montré dès son élection par un voyage sur l'île de Lampedusa, et l'a souvent répété devant les plus hautes autorités en Europe et dans le monde. « Tout immigré qui frappe à notre porte est une occasion de rencontre avec Jésus-Christ, qui s'identifie à l'étranger de toute époque accueilli ou rejeté (Mt, 25, 35.43) ».

    Les évêques de Belgique lui ont emboité le pas par différentes initiatives.

    Question & réponse

    Pour aider les communautés chrétiennes qui, à Bruxelles, se sentent concernées, la brochure clarifie les nombreuses questions. « Qui est qui ? » - « Qui fait quoi ? »  Elle explique la procédure d'asile et propose des pistes pour « Comment aider et avec quel partenaire ? ».

    On y trouve une liste de propositions pour aider à la constitution d'un groupe d'accueil en unité pastorale et les différentes manières d'entrer dans un bénévolat.

    Une liste des associations d'aide de proximité est mentionnée ainsi que les manières de réaliser des dons en nature ou de proposer un logement à des conditions solidaires.

    Infos pratiques

    Cette brochure de 12 pages est gratuite et est disponible au Centre Pastoral, 14 rue de la Linière, 1060 Bruxelles, soldiarite@vicariat-bruxelles.be<mailto:soldiarite@vicariat-bruxelles.be>, 02 533 29 60.

    Plus d'infos concernant l'engagement de l'Église catholique à Bruxelles en faveur des migrants et réfugiés sur : http://www.catho-bruxelles.be/solidarite