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Débats - Page 433

  • Fusionner l'ULB avec l'UCL ?

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    Pour l'UCL, l'aboutissement d'un processus de sécularisation où elle aurait définitivement perdu son âme ? En tout cas, l'ULB crie victoire en constatant la laïcisation de fait de toutes les universités. Lu sur L’Echo du 3 février, p. 16 :

    Fusionner l'ULB et l'UCL : On manque de moyens, pas de taille critique... 

    L'idée: fusionner l'ULB avec l'UCL et créer l'European University of Brussels à rayonnement international, et créer l'University of Wallonia où chaque membre se focalise sur ses spécialités. Parole à Monsieur l'ambassadeur. Christian Homsy, patron de Ceylad, est convaincu que le monde universitaire doit dépasser les "professions de foi laïque ou catholique" pour se positionner comme "fer de lance de la réflexion d'avant-garde".  …

    Qu'en disent les principaux acteurs du monde universitaire? "C'est une excellente chose de pouvoir penser hors des cadres habituels, la proposition est intéressante, un peu décapante mais stimulante", confie Vincent Blondel, recteur de l'UCL. Avec son homologue de l'ULB, Yvon Englert, ils se réjouissent de constater que l'enjeu universitaire se retrouve au coeur de discussions relatives au développement de la Wallonie et de Bruxelles. … Mais ici s'arrête la diplomatie. "En matière d'enseignement et de recherche, la masse n'est une garantie ni de qualité ni de rayonnement international, précise Vincent Blondel. Les universités européennes les plus recherchées, Oxford ou Cambridge par exemple, présentent des tailles inférieures ou égales à celles de l'UCL et de l'ULB".  …

    La question des réseaux philosophiques n'est toutefois jamais évoquée spontanément par les recteurs que L'Echo a contactés. "Toutes les universités sont laïcisées, estime Yvon Englert. Ce combat-là, l'ULB peut estimer qu'elle l'a gagné. La concurrence entre les universités est le résultat d'une politique de marché plus qu'autre chose. Aujourd'hui, plus personne ne se retranche derrière le dogme pour affronter une question scientifique." Vincent Blondel ne perçoit pas non plus de "dynamique de pilier". "Nous n'avons pas attendu votre dossier pour organiser des collaborations avec l'ULB, précise le recteur de l'UCL. Les deux universités recrutent abondamment l'une chez l'autre et les chercheurs travaillent ensemble dans le cadre de copublications qui sont très nombreuses..." Le recteur estime que les "affinités de projets" ont largement pris le pas sur les considérations philosophiques même si chaque université conserve et son histoire et sa culture.

  • Les cathos minorisés risquent-ils de dériver en secte ?

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    Cathos minoritaires : le risque de la ghettoïsation?

    Débat entre Patrice de Plunkett et Antoine-Marie Izoard.

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    09H10 - 10H00 - Religions du monde - Parties 1 et 2

    La déchristianisation de la France provoque chez certains catholiques un réflexe de raidissement identitaire amplifié par l’angoisse du déclassement, la peur de l’islam et l’arrivée des migrants. C’est ce phénomène de repli sur soi que pointe du doigt Patrice de Plunkett, dansson dernier livre «Cathos ne devenons pas une secte» (Salvator). Patrice de Plunkett qui invite les cathos à se mettre dans les pas du pape François pour vivre le message évangélique. Le déclin du christianisme est le sujet de plusieurs titres en librairie : «A la droite de Dieu» (Cerf), de Jérôme Fourquet (IFOP), «Comment notre monde a cessé d’être chrétien : anatomie d’un effondrement» (Seuil), de Guillaume Cuchet, et «Le pari chrétien», de François Huguenin (Tallandier). L’hebdomadaire Famille chrétienne, qui inaugure une nouvelle formule, se fait l’écho de cette nouvelle donne dans son dossier «l’Actu de la semaine». Dans le débat avec Patrice de Plunkett, le directeur de la rédaction de l’hebdomadaire Antoine-Marie Izoard récuse l’idée d’un monde catholique qui vivrait assiégé.

  • La violence de l'islamisme doit-elle conduire à jeter l'opprobre sur toutes les religions ?

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    Michel De Jaeghere : Quand Rémi Brague pulvérise les dogmes relativistes

    FIGAROVOX/CHRONIQUE - Rémi Brague explore le sophisme qui tend à confondre toutes les religions dans une même réprobation en projetant sur elles la violence de l'islamisme.

    Michel De Jaeghere est directeur du Figaro Histoire et du Figaro Hors-Série. Dans le Figaro Histoire de février-mars 2018, il signe sa chronique «À livre ouvert» sur le dernier essai de Rémi Brague, Sur la religion. À commander en ligne sur la boutique du Figaro.

    Rémi Brague n'a pas de chance, et il doit lui arriver de ressentir comme une fatalité sa situation. Philosophe, servi par une érudition immense, une acuité dans l'analyse que colore un regard d'une humanité profonde, il s'efforce depuis quarante ans d'affiner de manière toujours plus juste et plus subtile nos connaissances sur l'interaction de la métaphysique et de la culture, la place des traditions religieuses dans l'essor des civilisations, l'actualité de la pensée antique et médiévale, les dangers que représentent les ruptures de la modernité. Venu trop tard dans un monde trop vieux, il doit confronter sa pensée avec les slogans, les idées toutes faites que répandent à foison des leaders d'opinion peu curieux de ces subtilités.

    La nocivité générale du «fait religieux», sa propension à susciter intolérance, guerre et persécutions, à maintenir dans l'obscurantisme des peuples qui ne demanderaient, sans lui, qu'à s'épanouir au soleil de la raison pure et au paradis de la consommation de masse, fait partie de ces évidences indéfiniment ressassées. C'est à elle qu'il s'attaque dans Sur la religion , son dernier essai, en montrant qu'elle relève de la paresse intellectuelle ou de l'ignorance, quand elle ne sert pas de paravent à notre lâcheté: «Pour fuir la peur que [l'islam] suscite, remarque-t-il, une tactique commode, mais magique, consiste à ne pas le nommer, et à parler, au pluriel, des religions. C'est de la même façon que, il y a quelques dizaines d'années, on préférait, y compris dans le milieu clérical, évoquer les dangers que représentaient “les idéologies” pour ne pas avoir à nommer le marxisme-léninisme.»

    Que d'autres religions que l'islam aient été parfois associées à la violence, Rémi Brague se garde certes de le nier. Que le meurtre et la guerre soient les inévitables conséquences de la croyance en un Dieu créateur auquel on rende un culte et qu'on s'efforce de prier dans l'espérance d'un salut qui dépasse notre condition mortelle, voilà qui demande des distinctions plus exigeantes. Explorant les relations de ceux que l'on désigne, non sans ambiguïtés, comme les trois grands monothéismes - le judaïsme, le christianisme et l'islam - avec la raison, la violence et la liberté, scrutant les textes saints et les fondements du droit, évaluant les pratiques (le crime d'un adepte n'engage pas nécessairement sa croyance, s'il l'a commis pour d'autres motifs, ou des motifs mêlés, ou en violation manifeste de la morale qu'induit la religion injustement incriminée), il montre au prix de quels amalgames on est parvenu à jeter le discrédit sur une aspiration qui est au fond de l'âme humaine et dont on a le témoignage depuis quelque trois cent mille ans.

    Dans la multiplicité des pistes de réflexion ouvertes par ce livre provocateur - au meilleur sens du terme -, l'une des plus fécondes se trouve sans doute dans la comparaison qu'il risque, après Benoît XVI, des relations entre foi et raison dans le christianisme et l'islam. Le premier, souligne-t-il, admet avec Pascal que si la raison permet de pressentir l'existence d'un Dieu créateur, elle est, seule, incapable d'accéder à des vérités qui la dépassent. Il lui faut le secours de la grâce: ce qu'on appelle la foi. Mais le chrétien peut et doit ensuite faire usage de sa raison pour ce qui relève de son ordre: la connaissance des choses et le choix des actions conformes à la justice, à l'accomplissement de sa nature, sous le regard de sa conscience. Pour le musulman, nous dit-il, c'est l'inverse. L'existence de Dieu a le caractère d'une évidence, que la raison devrait suffire à attester: cela rend inexcusable l'incrédulité. La raison est en revanche impuissante à découvrir par elle-même les comportements que ce Dieu transcendant, muet, inatteignable attend de sa créature. Elle devra dès lors s'en remettre aveuglément à la loi qu'Il a lui-même dictée à son prophète dans le Livre où a été recueillie une parole incréée, irréformable, indiscutable. La première conception fonde le droit naturel, clé de voûte de notre liberté face à l'arbitraire, dans la mesure où il déduit, de notre condition de fils de Dieu, les droits et les devoirs qui s'attachent à la créature. La seconde justifie l'application - toujours et partout - de règles de comportement conçues pour des Bédouins illettrés dans l'Arabie du VIIe siècle: la charia.

    La facilité qui conduit trop souvent, sous couvert de neutralité, intellectuels et responsables à traiter des différentes religions comme d'un phénomène interchangeable et, après en avoir utilisé les dérives pour disqualifier le christianisme, à se les représenter avec ses catégories pour plaquer sur l'islam des caractères qui lui sont profondément étrangers ne se révèle plus seulement, à la lecture de ce livre, comme une manifestation de pusillanimité: bien plutôt comme une utopie mortifère.

     

    Sur la religion , de Rémi Brague, Flammarion, 256 pages, 19 €.

  • Humanae Vitae : saint Jean-Paul II au rancart ?

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    Cinquante ans après sa publication, l’encyclique de Paul VI « Humanae vitae » contre la contraception artificielle est désormais en plein chantier de refonte, comme l’a expliqué Settimo Cielo dans un article précédent.

    De toute évidence, l’intention du Pape François est de faire volte-face – c’est-à-dire en pratique de légitimer les contraceptifs – de la manière la plus tranquillisante qui soit, comme s’il s’agissait d’une évolution naturelle et nécessaire, sans rupture, en parfaite continuité avec le magistère précédent de l’Eglise et avec la même « véritable » dynamique profonde de l’encyclique.

    Mais dès qu’on regarde un peu en arrière, cet artifice ne semble nullement facile à réaliser. Certaines déclarations des prédécesseurs de François s’érigent en montagne contre un changement de la doctrine de « Humanae vitae ».

    Ces déclarations, les promoteurs du changement se gardent bien de les citer. Mais elles sont pourtant là, immuables.

    Il y a en particulier ce discours de Jean-Paul II du 12 novembre 1988 qui suffirait à lui seul à barrer cette route.

    A l’occasion des vingt ans de la publication de « Humanae vitae », le Pape Karol Wojtyla avait saisi l’occasion pour la défendre comme jamais en gravant les paroles suivants dans le roc :

    « Il ne s’agit pas d’une doctrine inventée par l’homme : elle a été inscrite par la main créatrice de Dieu dans la nature même de la personne humaine et a été confirmée par lui dans la révélation. La remettre en question revient donc à refuser à Dieu lui-même l’obéissance de notre intelligence.  Cela revient à préférer les lumières de notre raison à l’éclat de la sagesse divine et à tomber dans l’obscurité de l’erreur pour finir par porter atteinte à d’autres piliers fondamentaux de la doctrine chrétienne ».

    Devant lui se trouvaient des évêques et des théologiens du monde entier, rassemblés à Rome pour un grand congrès qui portait justement sur « Humanae vitae ».

    Et Jean-Paul II avait précisément voulu pointer du doigt et réfuter les raisons qui avaient mené tant de théologiens et de pasteurs à refuser ce qui avait été enseigné par Paul VI dans cette encyclique.

    *

    La première de ces raisons – disait-il – repose sur une compréhension erronée du rôle de la conscience :

    « Pendant ces années, à la suite de la contestation de ‘Humanae vitae’, on a remis en question la doctrine chrétienne de la conscience morale elle-même, en acceptant l’idée d’une conscience créatrice de la norme morale. De cette façon, on a radicalement rompu ce lien d’obéissance à la sainte volonté du Créateur qui est constitutif de la dignité même de l’homme.  La conscience, en fait, est le ‘lieu’ dans lequel l’homme est illuminé par une lumière qui n’est pas issue de sa raison créée et toujours faillible, mais de la sagesse même du Verbe, dans lequel tout a été créé.  ‘La conscience – écrit merveilleusement Vatican II – est le centre le plus secret de l’homme, le sanctuaire où il est seul avec Dieu et où sa voix se fait entendre’ (Gaudium et Spes, 16) ».

    Et à partir de là – poursuit-il – se développe une mauvaise compréhension du magistère de l’Église :

    « Etant donné que le Magistère de l’Église a été institué par le Christ Seigneur pour illuminer la conscience, […] on ne peut donc pas affirmer qu’un fidèle a entrepris une recherche diligente de la vérité s’il ne tient pas compte de ce que le Magistère enseigne ; si, en le comparant à n’importe quelle autre source de connaissance, il s’en fait lui-même le juge ; si, dans le doute, il poursuit plutôt sa propre opinion ou celle des théologiens et qu’il la préfère à l’enseignement certain du Magistère ».

    Tout comme cela porte atteinte à la force contraignante de la norme morale :

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  • L'Eglise dédaignerait-elle le sacrifice des martyrs chinois ?

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    Alors que le Vatican serait sur le point de reconnaître sept évêques nommés par Pékin, Mgr Negri, archevêque émérite de Ferrare-Comacchio a publié cet éditorial sur le site de la Nuova Bussola Quotidiana (notre traduction) :

    Ne touchez pas aux martyrs chinois. Ils sont le trésor de l'Église

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    Chine, une campagne est organisée où les croix sont enlevées

    Dans la situation confuse de la structure ecclésiastique italienne (et au-delà), nous luttons pour nous sortir d'une série d'événements et de prises de positions qui sont inquiétantes :  il y a eu le moment où nous avons été instruits sur l'incertitude concernant les paroles réelles de Jésus-Christ dans les Evangiles, parce qu'alors il n'y avait pas d'enregistreurs; puis l’on assiste à une série d'interventions qui relativisent le mal, en particulier en reléguant la figure du diable et, par conséquent, en rendant la différence entre le bien et le mal complètement formelle et du même coup celle  entre l'enfer et le paradis. En même temps, la propagande insensée et idéologique sur le réformateur Luther s’est poursuivie. Et ainsi de suite et ainsi de suite ...

    Nous avons assisté à la profanation des églises transformées en restaurants, sans même que cela réponde un besoin objectif, mais plutôt à une idéologie sous-jacente selon laquelle les églises ne sont pas (comme l'Église le pensait depuis 2000 ans) le lieu de la présence de Dieu et du culte, mais essentiellement le lieu où l'assemblée de la communauté s'exprime en fraternité selon ses divers besoins, donc également celui de se sustenter. Il est donc tout à fait légitime et innovant que les églises soient utilisées comme restaurants, à bas prix bien sûr, au prix de la valeur que l'on donne au culte et à la présence réelle.

    Il y a une série de circonstances, de paroles, d’attitudes au sujet desquelles je pense pouvoir dire - non seulement en mon nom personnel, mais en incorporant également les réactions de tant de prêtres, de frères et de tant de gens de bonne volonté – qu'elles sont ambiguës voire déconcertantes. Il est difficile de voir où cela va se terminer : il est certain que cela va se terminer mais, dans cette situation, on ne sait pas où ... et chaque jour apporte sa peine.

    Nous avons été bouleversés par ces nouvelles lues ces jours-ci : «En décembre dernier, Mgr. Pierre Zhuang Jianjian de Shantou (Guangdong) a été forcé de se rendre à Pékin où « un prélat étranger » du Vatican lui a demandé d’abandonner son siège épiscopal à Mgr Joseph Huang Bingzhang, un évêque illicite. La même demande lui a été faite en octobre dernier ». Tout cela est aggravé par les déclarations interpelantes  du cardinal Joseph Zen Ze-Kiun. De là a commencé une tornade médiatique de fuites ou de nouvelles présumées. Pour tenter de faire la lumière sont venues alors les clarifications du Bureau de Presse du Vatican et l'intervention dans la presse du Cardinal Secrétaire d'Etat.

    Dans ces circonstances, on ne peut que se remémorer  l'histoire des évêques chinois qui ont annoncé l'Evangile, défendu la foi et instruit le peuple de Dieu, dans les situations les plus difficiles, généralement dans la persécution ouverte, supportant fréquemment  la souffrance, l'emprisonnement, la torture ou le martyre. Si toutes les nouvelles qui, dans ces heures, sont transmises par des personnes dignes d'estime et, depuis toujours, en première ligne dans la défense de la liberté de l'Église, même au prix de leur sang, étaient vraies, la situation serait vraiment délicate et sérieuse.

    L'Église chinoise vit - et existe encore aujourd'hui - parce qu'elle a été construite sur le sang offert par ceux qui défendaient sa liberté contre toute ingérence extérieure; en sachant offrir leur propre sang en l'unissant à celui offert par le Christ sur la Croix. C’est ce qui s’est passé pour l'écrasante majorité des communautés ecclésiales de fondation ancienne ou plus récente. C'est aussi ce qui s’est produit pour la communauté ecclésiale de Rome, baignée dans le sang très précieux des Saints Apôtres Pierre et Paul.

    Les martyrs sont le trésor de l'Église! Pour cette raison, depuis les premiers jours de son histoire, l'Eglise a toujours gardé les reliques de ceux qui avaient professé la foi jusqu’à répandre leur sang, dans les situations les plus diverses, dans les circonstances les plus difficiles : des enfants, des adolescents ou un peu plus que des adolescents, comme quelques-uns des grands martyrs de l'Église catholique des premiers siècles, jusqu'à la longue théorie des martyrs qui, de génération en génération, assurent par leur présence et leur témoignage la conformité de l'Église d'aujourd'hui avec l'Église du Seigneur.

    Si tout ce que nous entendons est vrai, c’est que les martyrs ont été escamotés! L'Église depuis toujours a élevé ses martyrs sur les autels et leur a consacré ses plus belles églises! Ceux qui les renieraient se rendraient coresponsables d'une page terrible de l'histoire de l'Église.

    Lorsque l'Église oublie ses martyrs ou même les défie ou les combat, alors nous pourrions raisonnablement considérer toujours plus proche  l'heure de l’épreuve et des ténèbres. Selon la saine tradition de l'Église, il est plus nécessaire que jamais que le peuple chrétien redécouvre son identité qui découle de la présence du Christ et retrouve son chemin quotidien de mission et de témoignage. Il n'y a pas de circonstances, de difficultés, de divergences d'opinions à l'extérieur ou à l'intérieur de l'Église qui peuvent diminuer le désir qu'un vrai chrétien doit toujours avoir de servir la mission du Christ, de l'annoncer et de le rendre présent à tous les hommes, aux extrémités du monde, jusqu’au sacrifice de son propre sang.

  • Eglise : la réforme en cours peut-elle aboutir ?

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    Du site de la revue "catholica" :

    La « réforme de l’Église » peut-elle réussir ?

    L’Église, en tant qu’institution humaine hiérarchique d’extension mondiale, est naturellement l’objet de pressions extérieures et d’autres tentatives visant à obtenir de sa part reconnaissance et appui. D’une manière générale, l’Église des temps modernes a conservé son indépendance, s’attirant pour cela des censures cinglantes, et des persécutions ouvertes. En revanche en son intérieur même s’est développé […]

    L’Église, en tant qu’institution humaine hiérarchique d’extension mondiale, est naturellement l’objet de pressions extérieures et d’autres tentatives visant à obtenir de sa part reconnaissance et appui. D’une manière générale, l’Église des temps modernes a conservé son indépendance, s’attirant pour cela des censures cinglantes, et des persécutions ouvertes. En revanche en son intérieur même s’est développé à partir du XIXe siècle un courant dit « libéral » désireux de faire alliance avec le monde issu des Lumières, courant pénétrant certains secteurs du clergé et des milieux intellectuels. Ce parti – au sens très large du terme –, longtemps contenu et rejeté par les papes, a pesé de manière forte au cours du XXe siècle, même s’il a longtemps continué d’être rejeté dans son principe, bien que parfois avec certains manques de cohérence en matière politique, comme l’ont illustré les diverses consignes de « ralliement » (France, Belgique, Espagne…) ou autres pactes de conciliation. Pie XII continua de brider le catholicisme libéral dans ses aspects les plus théologiques (Humani generis, 1950), suffisamment pour que la réunion du concile Vatican II apparaisse à ses adeptes comme une occasion exceptionnelle pour conquérir une pleine liberté d’action. Ce qui fut le cas dès la fin de la première semaine de la première session de l’assemblée conciliaire, sous la forme d’une inversion de l’initiative dans la direction des travaux. Les réprimés de la veille sont devenus les maîtres de l’ordre du jour, à même d’orienter sur les points cruciaux débats et rédaction des textes ayant valeur de cadres pour l’avenir. Toute une machinerie s’est mise en place pour ancrer dans la doctrine, la pratique et les signes visibles ce retournement de situation. Et pourtant, au fil des années qui ont suivi, lentement mais sûrement, ce qui avait pu apparaître comme la spectaculaire revanche d’un parti libéral toujours insatisfait ne fut, du point de vue de ses composantes, qu’une demi-victoire, et cela de manière toujours plus évidente – ce qui n’enlève rien au fait qu’une profonde empreinte libérale ait été laissée tant sur les textes conciliaires que sur la théorie et la pratique du demi-siècle qui a suivi. La promulgation de l’encyclique Humanae vitae par Paul VI, en 1968, l’action stabilisatrice de Jean-Paul II et sa dénonciation insistante de la « culture de mort », la destitution du caractère superdogmatique des textes et orientations pastorales conciliaires par Benoît XVI, ainsi que la réhabilitation par ce dernier de la liturgie d’avant 1970 ont été ressenties comme autant de blessures par les tenants de l’activisme libéral.

    L’arrivée de Jorge Mario Bergoglio, dans les conditions d’une démission de Benoît XVI non encore limpidement expliquée, a donc constitué l’occasion exceptionnelle d’en revenir aux fondamentaux de la « réconciliation avec le monde », et une nouvelle tentative de revanche.

    ***

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  • Le cardinal Sarah sera à Stockel le 7 février et cela ne semble pas réjouir tout le monde

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    Nous avons annoncé la venue du cardinal Sarah à Stockel le 7 février (Conférence et messe concélébrée avec le cardinal De Kesel). Cela suscite des réserves de la part de l'abbé Mawet, responsable de l'Unité Pastorale, complaisamment relayées par Christian Laporte dans la Libre

  • La rétrospective 2017 de l'Institut Européen de Bioéthique

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    RETROSPECTIVE 2017

    Institut Européen de Bioéthique

    Institut Européen de Bioéthique

    Bulletin de l'Institut Européen de Bioéthique - Bruxelles - Le 30 janvier 2018

    GPA

    DOSSIERS publiés en 2017 

    Pour les lecteurs qui  aiment avoir une vue d'ensemble des documents publiés au cours de l'année 2017.

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    FICHES DIDACTIQUES

    DOSSIERS in ENGLISH

  • L'Eglise et la Chine : capitulation et trahison ?

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    De Riccardo Cascioli sur le site de la Nuova Bussola quotidiana (traduction à venir):

    La longue marche du Vatican vers la capitulation en Chine

    La longue marche du Vatican vers la capitulation en Chine
     
    La nouvelle est vraie: la délégation du Vatican a demandé à deux évêques légitimes de démissionner pour faire place à deux évêques de l'Association patriotique. Et le pape François connaît et partage toutes les démarches de ses diplomates en Chine. C'est ce qui ressort de la réaction immédiate du Saint-Siège en réponse à l'évêque émérite de Hong Kong, le cardinal Joseph Zen, d'abord avec la déclaration de la salle de presse Janvier 30, ensuite avec la longue interview accordée au Vatican Insider par le cardinal Secrétaire d'Etat Pietro Parolin.

    La nouvelle sensationnelle du retrait exigé des deux évêques légitimes donnée par l'agence  Asia News et confirmée plus tard par le cardinal Zen (d'abord à la  Nuova Bussola Quotidiana puis sur son blog), avait justifié son voyage à Rome pour remettre au pape François la lettre affligée de l'un des deux évêques, Mgr Zhuang Jianjian de Shantou (Guangdong). De sa rencontre avec le pape, le cardinal Zen avait obtenu la conviction qu'il n'avait aucune intention de procéder à une reddition totale au régime communiste chinois, comme le laissait supposer au contraire le rapport de la délégation du Vatican.

    C'est à ce moment que le communiqué de la Salle de Presse est venu préciser que "le pape est en contact constant avec ses collaborateurs, en particulier de la Secrétairerie d’Etat, sur les questions chinoises, et est informé par eux de façon fidèle et détaillée sur la situation de l’Eglise catholique en Chine et sur les étapes du dialogue en cours entre le Saint-Siège et la République populaire de Chine, qu’il accompagne avec une sollicitude spéciale." Ce communiqué ne cache pas son agacement à l'égard du cardinal Zen qui est visé par l'aigre conclusion : "Il est surprenant et regrettable que des personnes d’Eglise affirment le contraire, et que soient alimentées tant de confusions et de polémiques."

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  • Chine : le pape ne souhaite pas créer un autre cas Mindszenty

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    Risque de Schisme en Chine. Le cardinal Zen : « Le pape m’a dit… » (source)

    La lettre ouverte que nous reproduisons intégralement ci-dessous a été publiée aujourd’hui, lundi 29 janvier, par le cardinal Joseph Zen Ze-Kiun, évêque émérite de Hong Kong sur son blog avant d’être relayée par l’agence Asia News de l’Institut pontifical pour les missions étrangères.

    Dans cette lettre, le cardinal révèle l’essentiel du contenu de l’un de ses colloques avec le Pape François auquel il a fait part de ses graves inquiétudes concernant les actions récemment entreprises en Chine par les représentants du Vatican.

    Ces démarches ont consisté à demander à deux évêques « souterrains » et reconnus par le Saint-Siège, ceux de Shantou et de Mindong, de laisser leur place à deux évêques nommés par le gouvernement, tous deux illégitimes, le premier étant même publiquement excommunié.

    Pour plus de détails sur ces événements :

    > Il Vaticano domanda ai vescovi legittimi di farsi da parte per lasciare spazio a quelli illegittimi

    Le cardinal Zen révèle à présent que le Pape François lui a répondu avoir donné l’ordre de “ne pas créer un autre cas Mindszenty”, faisant allusion à l’héroïque cardinal primat de Hongrie qui en 1971, fut obligé par les autorités vaticanes de quitter son pays, fut démis de sa charge en 1973 et remplacé en 1975 par un nouveau primat agréé par le régime communiste.

    Mais laissons la parole au cardinal.

    *

    Cher amis des médias,

    Depuis qu’Asia News a révélé certains événements récents de l’Eglise en Chine concernant des évêques légitimes auxquels le « Saint-Siège » aurait demandé de démissionner pour laisser leur place à des « évêques » illégitimes et même excommuniés de façon explicite, différentes versions et interprétations des faits créent la confusion entre les gens. Nombre d’entre eux, au courant de mon récent voyage à Rome, m’ont demandé certains éclaircissements.

    En octobre dernier, quand Mgr Zhuang a reçu sa première communication du Saint-Siège et a demandé mon aide, j’ai envoyé quelqu’un porter sa lettre au Préfet de la Congrégation pour l’évangélisation des peuples, avec une copie pour le Saint-Père. Je ne sais pas si cette copie incluse est un jour arrivée sur le bureau du Saint-Père.  Heureusement, Mgr Savio Hon Taifai était encore à Rome et a pu rencontrer le Pape pour une visite d’au-revoir.  A cette occasion, il a porté à l a connaissance du Saint-Père les deux cas de Shantou et de Mindong.  Le Saint-Père était surpris et a promis qu’il étudierait la question.

    À cause de ce que le Saint-Père avait dit à Mgr Savio Hon, les nouveaux événements qui se sont déroulés en décembres ont été encore plus choquants et surprenants pour moi. Lorsque Mgr Zhuang, âgé et affligé, m’a demandé de transmettre au Saint-Père la réponse au message qu’il avait reçu de la « délégation vaticane » à Pékin, je n’ai pas pu lui dire non.  Mais que pouvais-je faire pour être certain que sa lettre parvienne au Saint-Père alors je n’étais même pas certain que mes propres lettres lui parvenaient ?

    Pour m’assurer que notre voix parvienne au Saint-Père, j’ai immédiatement pris la décision de me rendre à Rome. J’ai quitté Hong Kong la nuit du 9 janvier, arrivant à Rome tôt dans la matinée du 10 janvier, juste à temps – enfin à vrai dire un peu en retard – pour participer à l’audience générale du mercredi.  À la fin de l’audience, nous cardinaux et évêques sommes reçus pour le « baise-main » et j’ai eu la possibilité de mettre dans les mains du Saint-Père l’enveloppe, lui disant que j’étais venu à Rome dans le seul but de lui apporter la lettre de Mgr Zhuang, en espérant qu’il trouve le temps de la lire (dans l’enveloppe, se trouvait la lettre originale de l’évêque en chinois, ma traduction en italien et une lettre de ma part).

    Pour des raisons évidentes, j’espérais que ma présence à l’audience ne soit pas remarquée mais mon arrivée tardive dans la salle avait été remarquée. Dans tous les cas, maintenant tout le monde peut voir cette scène sur le chaîne de télévision vaticane (à propos, l’audience se tenait dans la salle Paul VI et non place Saint-Pierre et j’étais en retard pour entrer dans la salle mais je n’ai pas « attendu dans la file, dans le froid » comme l’ont prétendu certains articles de façon erronée).

    À Rome, j’ai rencontré le P. Bernardo Cervellera d’Asia News. Nous nous sommes échangé des informations mais je lui ai dit de ne rien écrire.  Et il était d’accord.  Maintenant que quelqu’un d’autre a diffusé l’information, je peux donner mon accord et je la confirme.  Oui, pour autant que je sache, les choses se sont bien passées comme Asia News les rapporte (l’article d’Asia News « croit » que l’évêque qui dirigeait la délégation vaticane en Chine était Mgr Celli.  Je ne sais pas quel était son rôle officiel mais il est presque certain que c’était bien lui qui était à Pékin).

    En ce moment crucial et à cause de la confusion qui règne dans les médias, connaissant directement la situation de Shantou et indirectement celle de Mindong, je me sens le devoir de partager ma connaissance des faits, afin que les personnes sincèrement préoccupées pour le bien de l’Eglise puissent connaître la vérité à laquelle ils ont droit. Je suis parfaitement conscient qu’en agissant de la sorte, j’évoque des choses qui sont techniquement qualifiées de « confidentielles ».  Mais ma conscience me dicte que, dans ce cas, le « droit à la vérité » doit prendre le pas sur tout « devoir de confidentialité ».

    Fort de cette conviction, je m’apprête à partager ce qui suit avec vous.

    L’après-midi de cette journée, le 10 janvier, j’ai reçu un appel de Sainte-Marthe, dans lequel on me disait que le Saint-Père me recevrait en audience privée le soir du vendredi 12 janvier (même si le bulletin du Vatican mentionne le 14 janvier). C’était le dernier jour de mes 85 années de vie, un grand don du ciel !  (Remarquez également que c’était la veille du départ du Saint-Père pour le Chili et le Pérou et que donc le Saint-Père devait être très occupé).

     

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  • Contraception artificielle : la position de l'Eglise se serait-elle adaptée ?

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    De Sandro Magister traduit sur diakonos.be :

    Adieu « Humanae vitae »

    Adieu « Humanae vitae ». A plus d’un demi-siècle de distance, l’encyclique contre les méthodes artificielles de régulation des naissances qui a constitué le moment le plus dramatique du pontificat de Paul VI, rejetée par des épiscopats entiers, contestée par d’innombrables théologiens, ignorée par des myriades de fidèles, cède désormais le pas à une réinterprétation radicale, à un « changement de paradigme » sans aucun doute souhaité et encouragé par le Pape François en personne.

    Paradoxalement, Paul VI est le pape que Jorge Mario Bergoglio admire et loue le plus. Et précisément à cause – et ce sont ses propres mots – de la « génialité prophétique » avec laquelle il a écrit cette encyclique et aussi pour son « courage de se dresser contre la majorité, de défendre la discipline morale, de faire jouer un frein culturel, de s’opposer au néo-malthusianisme présent et futur. »

    Mais précisément, « tout dépend de la manière dont on interprète ‘Humanae vitae’ », ne manque pas de préciser systématiquement le Pape François, parce que « la question n’est pas celle d’un changement de doctrine mais d’un travail en profondeur qui fasse en sorte que la pastorale tienne compte des situations et de ce que les gens sont en mesure de faire. »

    Aussitôt dit, aussitôt fait. Et celui qui vint de donner explicitement le feu vert à l’utilisation de contraceptifs artificiels, c’est l’un des théologiens qui a le plus de crédit auprès du pape actuel, Maurizio Chiodi, professeur de théologie morale à la Faculté théologique d’Italie septentrionale et membre tout juste nommé à l’Académie pontificale pour la vie et auteur en 2006 d’un livre intitulé « Ethique de la vie » qui soutient la licéité de la procréation artificielle.

    L’autorité de sa prise de position est renforcée par l’enchaînement de deux facteurs.

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  • Le cardinal Wim Eijk appelle le pape à clarifier les doutes semés par Amoris laetitia

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    Lu sur le blog « Salon beige »

    « De Jeanne Smits sur RITV :

    "Dans un entretien avec le quotidien néerlandais Trouw, l’archevêque d’Utrecht, le cardinal Wim Eijk vient d’appeler le pape François à apporter de la « clarté » face aux « doutes » semés par l’exhortation post-synodale Amoris laetitia à propos de l’accès à la communion pour les divorcés « remariés ». S’il s’efforce d’affirmer, dans cet entretien paru vendredi dernier, que le pape n’a « jamais, nulle part » déclaré que ces couples pouvaient recevoir le sacrement de pénitence et de l’Eucharistie, il emploie tout de même des mots qui ont été ceux de nombreux évêques, universitaires et théologiens, mais aussi ceux des quatre cardinaux des « Dubia » demandant au pape François de faire la lumière sur cette question, sans jamais recevoir de réponse.

    Le cardinal Wim Eijk, connu pour ses positions fidèles à la tradition de l’Eglise en matière de morale familiale et conjugale, avait déclaré à l’issue des deux synodes sur la famille que l’Eglise catholique ne saurait modifier son enseignement traditionnel sur le refus de la communion aux couples divorcés « remariés », assurant alors que le pape ne changerait pas la doctrine à cet égard.

    « A la suite des deux synodes sur la famille un document a été écrit par le pape, Amoris laetitia. De ce fait des doutes ont été semés. Les divorcés “remariés” peuvent-ils désormais communier ou non ? Ce que l’on voit, un peu, c’est que telle conférence épiscopale gère l’affaire d’une façon, tandis que tel autre la gère d’une manière exactement inverse. Mais bon, ce qui est vrai à l’endroit A ne peut subitement être faux à l’endroit B. A un moment donné on serait content de voir que la clarté soit faite. » 

    [...] Interrogé sur la question de savoir ce qu’il attend du pape François, le cardinal a répondu : « Je dirais : éclairez-nous. A propos de ce point précis. Otez ce doute-là. Sous forme d’un document, par exemple. » [...]"

    Ref. Le cardinal Wim Eijk appelle le pape à clarifier les doutes semés par Amoris laetitia

    Il se fait, malheureusement pour le Cardinal-Archevêque des Pays-Bas, que, dans l'esprit du pape, l’affaire est désormais close, comme l’explique clairement l’Agence Kathnet :

    « Le Vatican a publié dans les “Acta Apostolicae Sedis” (AAS), l’organe officiel du Saint Siège, le document explicatif qui avait été adressé aux évêques de la région pastorale de Buenos Aires suite à l’exhortation post synodale “Amoris Laetitia”, ainsi qu’une lettre du pape François, dans laquelle il donne son approbation au dit document.

    La parution dans les AAS de cette lettre privée du pape aux évêques de la région pastorale de Buenos Aires élève cet écrit au rang de “Lettre Apostolique”.

    Elle contient en outre une contribution du cardinal Pietro Parolin dans laquelle celui-ci précise que la parution des deux documents a été faite sur la demande expresse du pape François qui désire que, aussi bien le document explicatif aux évêques de Buenos Aires que sa propre lettre soient désormais considérés comme des éléments de son “magistère authentique”.

    Le document explicatif à l’adresse des évêques de Buenos Aires, datant de septembre 2016, prévoit au n°6, d’autoriser, au cas par cas, que des personnes “divorcées et remariées civilement” puissent recevoir la communion eucharistique, même si celles-ci ne se déclarent pas prêtes à vivre dans l’abstinence. La réception de la communion pourrait être le résultat d’un processus de discernement accompagné de façon personnelle et pastorale par un prêtre. A l’issue d’un tel processus, il n’y aurait pas obligatoirement une admission aux sacrements : les personnes pourraient aussi librement choisir une autre façon de participer à la vie de l’Eglise.

    Dans sa lettre aux évêques, le pape a expressément approuvé la valeur de ce processus. Le document explicatif se veut exhaustif en ce qui concerne le huitième chapitre d’ “Amoris Laetitia”. Le pape l’affirme sans ambiguïté : ‘Il n’y a pas d’autre interprétation’. »

    Ce point final péremptoire n’empêche évidemment pas de rappeler ici quels sont les divers degrés d’engagement de l’enseignement suprême du pape seul ou du pape et des évêques unis à lui et, spécialement, de préciser que le magistère le plus élevé peut se placer à deux degrés d’autorité :

    1°/ Celui des doctrines irréformables du pape seul ou bien du collège des évêques (Lumen gentium n. 25 § 2 et 3). Ce magistère infaillible, auquel il faut « adhérer dans l’obéissance de la foi », peut lui-même être proposé sous deux formes :

    1. a) les jugements solennels du pape seul ou du pape et des évêques réunis en concile ;
    2. b) le magistère ordinaire et universel (Dz 3011).

    2°/ Et, d’autre part, celui des enseignements du pape ou du collège des évêques avec le pape, sans intention de les proposer de manière définitive, auxquels est dû « un assentiment religieux de la volonté et de l’esprit » (Lumen gentium n. 25 § 1). On parle généralement de « magistère authentique », bien que le vocabulaire ne soit pas absolument fixé.

    C’est  à ce second degré d’autorité du magistère qu’il faut situer celle des deux documents que le pape vient de faire publier au « Moniteur » du Saint-Siège : le même que celui de l’exhortation post-synodale « amoris laetitia » : leur enseignement ne peut plus être remis en cause « nisi gravibus causis » (à moins de graves raisons). Cette clausule signifie, a contrario, qu’il peut l’être dans cette occurrence.

    JPSC