De François-Xavier Bellamy sur le site du Journal du Dimanche :
TRIBUNE. François-Xavier Bellamy : "Le plan de relance ne prépare pas l'avenir de l'Europe"
Le professeur de philosophie et député LR au Parlement européen, François-Xavier Bellamy, juge que la décision des 27 de l'UE de "créer le premier emprunt commun" pour faire face à la crise économique revient à "se tromper de problème".

François-Xavier Bellamy, ex-tête de liste LR aux européennes, critique le plan de relance conclu entre les 27. (Sipa)
"Au terme d'une longue négociation sur le plan de relance européen, les Vingt-Sept ont accepté de créer le premier emprunt commun en réponse à la crise. Un problème, une dette : la France aura donc réussi à exporter à Bruxelles ses pires réflexes ; et l'Europe est sans doute aujourd'hui le seul endroit où l'on considère comme une victoire politique le fait d'encombrer l'avenir d'un emprunt supplémentaire. Bien sûr, toute crise suppose de dépenser, et toute relance d'investir, mais les États européens ont déjà, grâce à la politique de la BCE, un accès facile aux marchés avec des taux historiquement bas.
Conduire la Commission européenne à emprunter à leur place, malgré une base légale très faible et des perspectives incertaines (comme l'a récemment montré le Brexit), c'est se tromper de problème. En réalité, cet emprunt commun n'est pas tant une réponse à la crise économique qui vient qu'une manière d'utiliser cette crise pour faire avancer un agenda politique : cette nouvelle solidarité budgétaire signe le retour à la vieille illusion d'une "Europe toujours plus intégrée". Elle offre une résurrection inattendue aux tenants du fédéralisme européen, auxquels les citoyens ont dit non depuis longtemps, mais qui s'offrent l'éphémère ivresse du "moment hamiltonien".






