De Liberté politique :
L'Eglise va-t-elle se perdre dans la jungle ?
Au mois d’octobre prochain, se tiendra une réunion mondiale des évêques qui aura pour sujet : « Amazonie : de nouveaux chemins pour l’Église et pour une écologie intégrale ». La formulation a de quoi surprendre. Ce synode a tout l’air d’être l’occasion rêvée pour un mélange des genres dangereux : réforme liturgique, pastorale, et écologique ; enjeux locaux, et lois de l’Eglise universelle.
On peut légitimement s’alarmer, d’autant que le document de travail, l’Instrumentum laboris préparatoire, qui vient de paraître, présente quelques directions plus qu’inquiétantes.
Bien qu’il s’attache à un territoire spécifique, l’espace amazonien, le document prétend avoir vocation à élargir les conclusions à l’ensemble de l’Eglise, dans des directions totalement à rebours de la Tradition, au motif « qu’il faut dépasser les positions rigides qui ne tiennent pas suffisamment compte de la vie concrète des gens et de la réalité pastorale pour répondre aux besoins réels des peuples et des cultures autochtones. » [sic] Comment les missionnaires de Chine et d’Afrique auraient-ils semé la graine de la foi catholique s’ils avaient cherché par-dessus tout à « répondre aux besoins des cultures autochtones » ? Est-ce à la foi du Christ de s’adapter localement ? Et si le texte a portée universelle, jusqu’où va-t-on pousser « l’adaptation », dans nos sociétés occidentales ? C’est introduire le ferment du relativisme le plus absolu au sein de la transmission de la foi.
Par ailleurs, l’Instrumentum laboris pousse jusqu’au bout l’idée, présente de manière diffuse dans les textes du Concile, qu’une partie de la Révélation peut se trouver, d’une manière ou d’une autre, dans des cultes non-chrétiens. Mais il va jusqu’à inverser l’ordre des valeurs, en recommandant tout simplement l'enseignement de la théologie indienne « dans toutes les institutions éducatives » en vue d’« une meilleure et plus grande compréhension de la spiritualité indigène », et afin de « prendre en considération les mythes, traditions, symboles, rites et célébrations originels ».
L’Amérique latine fut tirée du paganisme et convertie par la foi des missionnaires jésuites… cette même ardeur qui fait qu’un certain Bergoglio, en Argentine, put hériter d’une foi catholique transmise au fil des siècles jusqu’à faire de lui un pape. Cette histoire terrible et belle, tumultueuse et émouvante, incarnée dans le chef-d’œuvre qu’est le film Mission, chantée dans les œuvres musicales sacrées si intenses du baroque mulâtre, est aujourd’hui foulée au pied au profit d’un néo-paganisme aux relents d’écologisme frelaté. Il est demandé au catholicisme, sans le moindre discernement, de se prêter au jeu du panthéisme, à travers « la foi en Dieu Père-Mère créatrice », « les relations avec les ancêtres », « la communion et l'harmonie avec la terre » ou encore la connexion avec « les différentes forces spirituelles ».
Mais le séisme en germe dans le texte préparatoire ne s’arrête pas à ces considérations. Il va plus loin en remettant en cause le célibat des prêtres, là encore, dans un souci affiché de s’adapter aux réalités locales. En Amazonie, l’espace est immense, et les pasteurs peu nombreux : il faut donc envisager l’union des prêtres, et un « ministère officiel pour les femmes ». Et que dire de l’Europe déchristianisée, aujourd’hui immensément vide de prêtres ? Le débouché d’une telle expérimentation est malheureusement limpide.
A travers ce texte, l’Eglise tend à emprunter le chemin qu’avaient tracé pour elle il y a quelques décennies les tenants de la théorie de la libération, contre laquelle le pape Jean-Paul II s’était vigoureusement battu. Aujourd’hui, il est maintenant à espérer que l’Eglise catholique, apostolique et romaine ne perde pas définitivement son âme dans la jungle…
Constance Prazel
Déléguée générale de Liberté politique








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Dans le cadre des manifestations organisées à Liège pour la Fête-Dieu 2019, l’église du Saint-Sacrement (Bd d’Avroy, 132) présente une exposition « Du visible à l’invisible : un autre regard » illustrant les figures eucharistiques dans la liturgie liégeoise dédiée à cette Fête. Cette exposition est ouverte à l’église du Saint-Sacrement jusqu’au 23 juin, tous les jours (sauf le jeudi) de 14h00 à 17h00 (entrée libre). Outre les pièces exposées, elle donne à voir un DVD projeté « en boucle » sur grand écran : celui-ci retrace en images commentées la vie de saint Julienne (1193-1258) ) initiatrice de la Fête-Dieu et celle de l’expansion universelle de cette Fête. En fond sonore on peut aussi entendre l’interprétation des chants de l’office primitif de la Fête-Dieu composé par saint Julienne au XIIIe siècle.

Le 1er janvier 1962, à Kongolo, Congo-Kinshasa, 20 missionnaires spiritains, dont 19 prêtres belges et 1 frère hollandais, ont été massacrés par des soldats du gouvernement congolais. La Province du Katanga était devenue sécessionniste peu après l'indépendance du pays, en 1960. Les Spiritains et le Diocèse de Kongolo ont célébré, voici quelque temps déjà, le cinquantenaire de cet événement triste, mais plein d'espérance. "Si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul; mais s'il meurt, il donne beaucoup de fruit."