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International - Page 315

  • Retour sur le procès en appel d'Asia Bibi

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    Du site de Portes Ouvertes :

    Pakistan : le curieux procès d’Asia Bibi

    Retour sur le procès en appel d’Asia Bibi qui a duré quatre longues heures et qui en dit long sur les conséquences désastreuses de la loi anti-blasphème au Pakistan.

     

    141022FR300x200.jpgDepuis 2009, Asia Bibi croupit en prison, dépassée par une histoire aux proportions aussi absurdes que vertigineuses. La première femme condamnée à mort du Pakistan (en 2010) a vu la semaine dernière sa peine confirmée au nom de la loi sur le blasphème. Pendant son procès en appel, le 16 octobre dernier, durant quatre heures, Naeem Shakir, l’avocat d’Asia Bibi, n’a cessé de démontrer les failles de l’accusation.

     

    Asia Bibi : victime de la discrimination

    Conscient des risques qu’il prenait face à l’accusation représentée par des spécialistes de la loi coranique, Naeem Shakir s’est courageusement lancé dans la défense d’Asia Bibi, dénonçant la discrimination des chrétiens, considérés comme « intouchables » dans le système de castes (hérité de l’époque où le Pakistan faisait partie, avec l’Inde, de l'Empire colonial britannique).

     

    Asia Bibi : victime de la crainte des juges

    L’avocat a même osé interpeller la Cour sur le danger de considérer l’affaire d’un point de vue religieux, sachant que la crainte de représailles des extrémistes pèse sur la décision des juges. Personne n’a oublié l’assassinat du gouverneur Salmaan Taseer et de Shahbaz Bhatti qui avaient soutenu Asia Bibi en 2010.

    Cette crainte des représailles explique que même devant la pertinence des arguments avancés pour la défense d’Asia Bibi, les juges ont confirmé la peine capitale. Pourtant, même le superintendant de la police, qui a instruit le dossierd’Asia Bibi, a attesté qu’à l’origine, la dispute concernait l’eau à boire et non le prophète de l’islam ou le Coran.

     

    Asia Bibi : victime de la peur de blasphémer

    Pendant le procès, personne n’a osé répéter les paroles prononcées le jour de l’altercation entre Asia Bibi et ses deux accusatrices… par crainte d’être accusé de blasphème ! L’avocat Naeem Shakir a donc posé la question : « Quelle est la vraie nature de ces mots, lorsque des musulmanes ont refusé l’eau que leur offrait Asia Bibi, chrétienne et par conséquent impure ? »

    Naeem n’a pas obtenu de réponse : les deux accusatrices d’Asia Bibi, (Mafia Bibi et Asma Bibi) étaient absentes et Naeem Shakir a déploré que la discussion ait porté sur le blasphème au détriment de leur témoignage direct.

     

    Asia Bibi : bientôt devant la Cour Suprême ?

    Les avocats d’Asia Bibi se lancent maintenant dans un ultime recours auprès de la Cour Suprême du Pakistan. L’espoir demeure pour Asia, dont la sécurité a été renforcée dans sa prison (sa tête est mise à prix depuis 2010), comme pour son mari Ashiq Masih et leurs trois enfants qui vivent cachés dans une autre ville.

    Signer la pétition de l'ACAT : 

    http://www.acatfrance.fr/action/condamnation-a_mort_confirmee_pour_asia_bibi

  • Nigeria : nouveaux attentats et nouveaux enlèvements

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    Abuja (Agence Fides) – Les espoirs de paix s’amenuisent après que cinq personnes aient trouvé la mort dans un attentat à la bombe ce matin à la gare routière d’Azari, dans l’Etat de Bauchi, dans le nord du Nigeria et que 60 jeunes filles aient été enlevées dans deux localités de l’Etat d’Adamawe. Selon la presse locale, 40 jeunes filles ont ainsi été enlevées à Waga Mangoro et 20 autres à Garta, dans le cadre de deux attaques, au cours desquelles plusieurs habitations ont été incendiées.

    Ces jours derniers, des rumeurs avaient couru sur un possible accord de trêve entre le gouvernement d’Abuja et le groupe islamiste Boko Haram, accord qui aurait prévu la libération des 200 jeunes filles enlevées à Chibock en avril dernier.

    L’annonce des nouveaux enlèvements est parvenue alors que le Parlement d’Abuja approuvait la requête du Président Goodluck Jonathan d’un milliard de dollars de fonds d’urgence pour acquérir des armements destinés à la lutte contre Boko Haram. (L.M.) (Agence Fides 23/10/2014)

  • Cent mille chrétiens tués chaque année en raison de leur foi

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    Madrid (Agence Fides) – Le Centre pour les Etudes du Christianisme global des Etats-Unis estime qu’environ 100.000 chrétiens meurent chaque année à cause de leur credo religieux soit une moyenne d’un toutes les cinq minutes. En outre, dans différents pays, de nombreuses minorités religieuses subissent violence et persécution. Pour n’en citer que quelques-uns, en Irak, en Syrie, au Nigeria, au Cameroun, au Soudan, au Pakistan, en Somalie et en Egypte, des personnes âgées, des femmes, des hommes et leurs enfants chrétiens vivent dans des conditions de totale insécurité. Ils sont chassés de leurs maisons, incarcérés pour blasphème et tués brutalement. Des églises sont incendiées lors des célébrations liturgiques. Des fillettes sont enlevées et contraintes à se marier. Parmi les différentes initiatives en faveur de la liberté de religion et de culte, la fondation espagnole CitizenGo, constituée pour promouvoir le respect de la dignité humaine et des droits qui en découlent dans tous les contextes, et la Fondation internationale Novae Terrae ont promu une pétition en vue de la protection des chrétiens et des autres minorités religieuses au Proche Orient et dans d’autres parties du monde, où le phénomène de la persécution religieuse est constant. Jusqu’ici, la pétition a recueilli plus de 200.000 signatures. Les deux fondations sollicitent les responsables européens et des autres continents afin qu’ils s’engagent en faveur de la liberté de religion et de culte contre tout type de persécution. (AP) (Agence Fides 23/10/2014)

  • Soutenir Asia Bibi ? Oui, mais pas n'importe comment...

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    De LibertéPolitique.com :

    Comment soutenir Asia Bibi ?

    Que penser de la manifestation de soutien à Asia Bibi, organisée ce jeudi 23 octobre à 19h devant l'Ambassade du Pakistan ? La journaliste Anne-Isabelle Tollet, co-auteur avec Asia Bibi du livre témoignage Blasphème (Oh ! éditions, 2011 [1]), y est opposée : l’opposition frontale des chrétiens, c’est de l’huile sur le feu.

    Anne-Isabelle Tollet est spécialisée depuis 2007 dans les zones sensibles comme l’Afghanistan et le Pakistan où elle a vécu trois ans. Invitée le 22 octobre par Élodie Dambricourt dans son émission « Ecclesia Magazine » sur Radio Notre-Dame, elle s’inquiète des initiatives commises par ceux qui défendent maladroitement Asia Bibi, la pakistanaise catholique accusée de blasphème, emprisonnée depuis juin 2009 et condamnée à mort le 8 novembre 2010. « Il faut crier habilement » assène le grand reporter.

    Règlement de compte

    Rappelons qu'Asia Bibi, la pakistanaise catholique accusée de blasphème et emprisonnée depuis juin 2009 a été condamnée à mort le 8 novembre 2010. Son recours en appel vient d'être rejeté le 16 octobre dernier par la Haute Cour de Lahore. 

    L'émission éclaircit l'affaire : Asia Bibi n'est pas d'abord condamnée parce qu’elle est chrétienne. Les musulmans vivent en effet de manière plus aiguë encore cette loi du blasphème, loi utilisée la plupart du temps pour régler des comptes. On en aurait donc trop fait d'un point de vue catholique pour Asia Bibi.

    Dès lors que les catholiques ont pris sa défense, les choses se sont braquées, crispées, parce que ressenties comme « ingérence religieuse au sein de cette république islamique ». La manifestation annoncée de ce jeudi 23 octobre s'apparente de ce fait à une « récupération » contre-productive. Elle « renforce l'antagonisme chrétiens/musulmans ». Le couperet tombe, fait mal à entendre : « Si l'on veut qu'Asia Bibi soit pendue dès ce soir, il faut continuer comme cela ! »

    Demander dans les formes la grâce présidentielle

    La solution envisagée, propose Anne-Isabelle Tollet, c’est que la communauté internationale demande la clémence, la grâce présidentielle avec l'argumentaire suivant : Asia Bibi a été maladroite, mais cela ne mérite pas la condamnation à mort. Elle a déjà purgé une peine de prison de cinq ans dans des conditions épouvantables. La voie, c'est donc de demander la clémence pour elle. Dire au gouvernement pakistanais : Lui éviter la pendaison, ce serait faire honneur à votre pays.

    >Anne-Isabelle Tollet qui a par ailleurs écrit à Angélina Jolie et au récent Prix Nobel de la Paix Malala Yousafzai, annonce un rassemblement avec des ONG laïques au parvis des Droits de l'Homme le 26 octobre prochain. H.B.

     Réécouter l'émission : cliquer sur ce lien.

     ________________________

    [1]. Les droits d'auteurs du livre sont reversés pour l'organisation de la défense d'Asia Bibi.

  • Ils sont entre 150 et 200 millions de chrétiens à être persécutés dans le monde

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    De Jean-Marie Guénois sur lefigaro.fr :

    150 à 200 millions de chrétiens persécutés dans le monde

    Un «livre noir» recense la dégradation de leur situation dans le monde à l'heure où le Vatican et le pape François s'inquiètent publiquement de leur sort au Proche-Orient.

    Irak, Syrie… l'actualité est sombre pour les chrétiens. Et la publication cette semaine du Livre noir de la condition des chrétiens dans le monde, ouvrage collectif sous la direction du Français Mgr di Falco, de l'Anglais Timothy Radcliffe, ancien supérieur mondial des Dominicains, et de l'Italien Andréa Riccardi, et coordonné par notre confrère de La Croix Samuel Lieven, est très utile parce qu'il livre un panorama jusque-là seulement réalisé par des associations caritatives - les rapports annuels de l'Aide à l'Église en détresse, catholique, et de la Porte ouverte, protestante - ou par l'institut Pew Forum aux États-Unis.

    De l'Irak à l'Arabie saoudite, du Nigeria au Soudan, de la Corée du Nord à la Chine, ce livre noir donne donc à voir où et comment «150 à 200 millions de chrétiens» subissent chaque année «une persécution», même si le mot ne figure pas en couverture, pour le seul fait de croire au Christ. L'ouvrage aborde ainsi ce que l'un des contributeurs américains, John Allen, dénonce comme «la guerre mondiale faite aux chrétiens». Ce tour du monde est magistral. Même s'il manque toutefois à cette œuvre, qui se veut constructive et bâtie dans l'esprit du dialogue entre les religions, une analyse sérieuse des racines de l'intolérance et de la violence contre les chrétiens nourries par une partie des musulmans.

    Cette persécution fait sentir ses effets à tous les niveaux. Le Vatican a ainsi confirmé, mardi, le voyage de François en Turquie du 28 au 30 novembre prochain. Deux villes au programme, Ankara, la capitale, puis Istanbul. Un voyage qui a tardé à être confirmé en raison de la guerre et de la terreur semées par l'État islamique en Syrie et dans la zone kurde du nord de l'Irak, aux frontières sud-est de la Turquie.

    Rien, donc, dans le programme officiel sur un projet d'incursion du Pape dans cette zone un moment envisagé. Il souhaitait se rendre dans cette région pour y affirmer symboliquement le soutien de l'Église catholique aux populations chassées et persécutées par les islamistes. On sait, depuis cet été, que le pape François attend la première occasion pour faire un tel geste.

    À son retour de Corée, le 18 août dernier, son avion aurait d'ailleurs dû s'arrêter quelques heures à Erbil, dans le nord de l'Irak, où il aurait alors salué des réfugiés. Cette étape jusqu'au dernier moment envisagée fut jugée trop dangereuse. De ce point de vue, il est d'ores et déjà certain que ce sixième voyage de François, risqué, hors d'Italie s'accomplira sous très haute surveillance. Il a même failli être reporté à des jours meilleurs.

    Des jours meilleurs… Beaucoup de chrétiens en Irak, en Syrie mais aussi dans tous les pays à dominante musulmane ne croient plus à ce retour-là. Ou n'osent plus y croire, comme au Liban, par exemple, stable mais très fragilisé. Avant le début du désormais étrange «printemps arabe», les chrétiens de Terre sainte avaient tiré la sonnette d'alarme à Rome devant la montée croissante du fondamentalisme musulman.

    Depuis tout a empiré pour les chrétiens. Et partout. Pas seulement pour les catholiques. S'ils ne devaient pas être si discrets, les évangéliques protestants, très présents dans le Maghreb mais aussi jusqu'en Iran, parleraient. Pour un musulman, une conversion au christianisme est passible de mort. Et le climat s'est tendu.

    La confiance, elle aussi, s'est perdue. Combien de familles chrétiennes, qui ont dû quitter Mossoul, en Irak, cet été, ont raconté les actes héroïques de voisins musulmans qui ont cherché à les protéger mais aussi les trahisons subites après des décennies d'apparente bonne entente?

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  • Irak : l’Aide à l’Église en Détresse annonce 12 programmes urgents d’aide humanitaire

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    ACN-20141012-14427 (1).jpgMission de miséricorde : l’Aide à l’Église en Détresse annonce 12 urgents programmes d’aide humanitaire pour l’Iraq

    Des milliers de chrétiens irakiens déplacés doivent recevoir de la nourriture, un abri, du matériel d’enseignement et des cadeaux pour les enfants, dans le cadre d’un programme de secours d’urgence, organisé de façon concertée et avec empressement par un organisme de bienfaisance catholique avant le début de l’hiver. Le projet de 4 millions d’Euros, annoncé par l’Aide à l’Église en Détresse – l’un des plus importants de l’histoire de cette Œuvre de bienfaisance vieille de 67 ans – inclut également la prise en charge pastorale des prêtres et des religieuses déplacés par la crise qui a balayé le pays. Ces projets, dont un certain nombre ont été approuvés hier (mardi 14 octobre), font suite à de récentes nouvelles en provenance d’Irak, selon lesquelles la crise à laquelle près de 120.000 déplacés chrétiens font face est en train de s’aggraver considérablement.

    Il est très urgent de déplacer de leurs tentes les milliers de familles qui y vivent, avant que l’hiver n’arrive. En effet, le temps devrait fortement se détériorer au cours des prochaines semaines. D’autres familles n’ont que quelques jours pour quitter les bâtiments publics tels que les écoles qui ont été transformées en centres pour personnes déplacées, où elles ont dormi jusqu’à 20 personnes par chambre. Les communautés chrétiennes dépendent entièrement de l’aide extérieure et ont été soutenues par l’Église depuis leur arrivée dans le Kurdistan irakien. Beaucoup d’entre elles ont trouvé refuge à Ankawa, près de la capitale régionale, Erbil, et plus au nord dans la région de Dohouk, près de la frontière turque. Cela fait maintenant près de quatre mois qu’elles ont quitté leurs maisons avec à peine plus que les vêtements qu’elles portaient quand les combattants islamistes ont avancé sur la ville de Mossoul et sur les villes et villages des plaines de Ninive voisines.

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  • Pakistan : la cour d'appel de Lahore confirme la condamnation à mort d'Asia Bibi

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    ASIE/PAKISTAN - Confirmation de la part de la Haute Cour de Lahore de

    la condamnation à mort d’Asia Bibi

     

    Lahore (agence Fides) – La Haute Cour de Lahore, tribunal d’appel, a confirmé ce matin la condamnation à la peine capitale d’Asia Bibi, la chrétienne pakistanaise accusée de blasphème et condamnée en premier degré à cette même peine en 2010. C’est ce que confirme à l’Agence Fides l’un de ses défenseurs, l’avocat chrétien Naeem Shakir, informant que le recours présenté par la défense a été rejeté. Au cours de l’audience de ce matin, tenue de 09.30 à 13.30 locales, devant le collège présidé par le juge Anwar ul Haq, la défense a présenté ses arguments sous forme écrite, arguments qui visaient à faire tomber ceux du plaignant, démasquant des témoins peu crédibles et l’évidente construction de fausses accusations. « Le juge a retenu valides et crédibles les accusations des deux musulmanes – deux sœurs – qui ont témoigné à propos du présumé blasphème commis par Asia Bibi. Ce sont celles avec lesquelles elle s’était disputée et qui avaient provoqué toute l’affaire » a expliqué Maître Shakir, trahissant sa grande amertume et sa déception. « La justice est toujours plus entre les mains des extrémistes » – a-t-il ajouté précisant qu’en accord avec le mari d’Asia Bibi, un recours sera présenté devant la Cour Suprême, dernier degré de jugement au Pakistan.

  • Synode sur la famille : la parole aussi africaine

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    De Marie-Lucile Kubacki sur le site de « La Vie » (extraits) :

     (…) A quelques jours de l'ouverture du synode sur la famille, un théologien africain a tenu à faire une piqûre de rappel, déclarant que la théologie ne devait pas être uniquement occidentale : « On ne peut ignorer les autres cultures, qui devraient aussi avoir leur place dans le christianisme », a ainsi déclaré le professeur congolais Bénézet Bujo, spécialiste des théologies africaines et professeur au département de théologie morale et d'éthique à l'université de Fribourg en Suisse (…).

     Il existe en Afrique trois étapes : le mariage coutumier, qui implique les familles, le mariage civil, au niveau de la municipalité, et le mariage religieux, à l'Eglise.

    En Afrique, explique Bénézet Bujo, le mariage n'est pas uniquement l'affaire du couple mais aussi celui de la communauté : ainsi la notion d'alliance entre personnes est indissociable de celle de l'alliance entre familles. « Dans la tradition africaine, ce ne sont pas les deux époux qui décident seuls. Lorsque les jeunes se marient tout de même quand la communauté – qui connaît l'arrière-fond culturel et les antécédents des familles – ne le souhaite pas, alors souvent l'échec est au bout du chemin! Les anciens savent ce qui est bon pour fonder une bonne famille… »

    Or, dans la théologie catholique, ce sont les époux qui se donnent le sacrement de mariage. En Afrique, explique Bénézet Bujo, l'acte implique aussi les familles, ce qui n'est pas reconnu par l'Eglise . Par ailleurs, en Afrique, l'autre question sensible pour les pasteurs concerne la polygamie. Et pour bon nombre d'entre eux, mettre fin à la polygamie suppose d'inciter l'Eglise à durcir le propos sur l'indissolubilité du mariage comme lien entre un homme et une femme pour la vie et donc, à freiner sur une possible évolution concernant l'accès à certains sacrements pour les divorcés-remariés. Ainsi, selon le vaticaniste américain John Allen (en anglais), « la voix de l'Afrique dans le débat semble renforcer l'aile conservatrice ». Selon les prélats qui ont participé aux sessions préparatoires, « les cardinaux des pays en développement ont émis des conseils de prudence quant à un éventuel ramollissement de la position de l'Eglise ».

    Sur les 191 pères synodaux présents du 5 au 19 octobre, 42 viennent d'Afrique (…).

    Ref. Synode sur la famille : la parole aussi africaine

    JPSC

  • Liberia : la fièvre Ebola décime les congrégations religieuses

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    De l'Aide à l'Eglise en Détresse :

    LIBERIA : Ebola décime les congrégations religieuses (3 octobre 2014)

    « Nous ne pouvons plus nous occuper de tous les malades. Parmi les 160 personnels de santé, 80 sont déjà décédés à cause de la fièvre Ebola », explique Mgr Miroslaw Adamczyk, nonce apostolique pour le Liberia, le Sierra Leone et la Gambie, dans un message écrit à L’Aide à l’Église en détresse le 2 octobre 2014. « De nombreux membres de congrégations religieuses masculines et féminines comptent parmi les défunts. »

    Dans les paroisses catholiques du Liberia, l’accent est mis sur la prévention : « Depuis début août, il y a des récipients pleins d’eau chlorée à l’entrée de chaque église, pour que les gens s’y lavent les mains. Aux messes dominicales, nous rappelons inlassablement les gestes de prévention. »

    L’archevêque redoute les conséquences économiques du virus au Liberia. Entreprises et magasins restent fermés, privant toute une frange de la population de revenus réguliers. Les prix montent en flèche. Il n’existe aucune protection sociale nationale. « Il n’y a plus d’hôpitaux ni d’établissements scolaires. » Le nonce craint que n’éclatent des « troubles sociaux ».

  • Est du Congo : les violeurs s'en donnent à coeur joie dans l'indifférence générale

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    Lu sur LeSoir.be (Philippe De Boeck) :

    A l’est du Congo, des viols massifs dans l’indifférence

    A l’est du Congo, la guerre est en cours depuis près de 20 ans, loin des caméras et des réseaux sociaux. Un phénomène qui s’explique par différents facteurs.

    Le 16 octobre prochain, l'hôpital Saint Pierre, associé à l'ONG Médecins du Monde, décernera pour la première fois le Prix Solidarité. Il sera attribué au Dr Denis Mukwege, chirurgien congolais qui pratique des opérations à l'hôpital de Panzi, au Sud-Kivu, afin de réparer les femmes qui ont été mutilées par des viols. Chaque mardi, pendant cinq semaines, « Le Soir » consacre une série de reportages à l'action du Dr Mukwege.

    Si les projecteurs sont braqués sur l’Etat islamique et les réfugiés qui affluent à la frontière turque, les exactions de groupes armés contre les populations dans les deux Kivu se déroulent loin des caméras. Pourquoi une telle indifférence alors que le nombre de victimes est nettement plus important dans un cas que dans l’autre ?

    «  On en parle peu dans la grande presse, mais on en a beaucoup parlé à une certaine époque, explique Jean-Paul Marthoz, directeur du bureau européen du Comité pour la protection des journalistes (CPJ). Il faut tenir compte du fait que les infos sur les violences sexuelles circulent beaucoup sur les réseaux sociaux et dans la sphère médiatique spécialisée en droits de l’homme, de développement et de résolution des conflits. La question est de savoir ce qui peut être le plus efficace pour changer les choses dans la région.  »

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  • Indonésie : la charia bientôt imposée à toute la population de la province d'Aceh ?

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    Inquiétude des minorités religieuses à Aceh au sujet de l’application de la charia

    (source : Eglises d'Asie) 02/10/2014

    Dans la province d’Aceh, où 98 % des quelque cinq millions d’habitants sont musulmans, la perspective de voir étendue l’application de la charia à toute la population inquiète les minorités religieuses.

    Jouissant d’un statut d’autonomie particulière depuis le vote de deux lois, en 1999 et en 2001, Aceh n’a cessé, tout au long de ces treize dernières années, de voir le Parlement local renforcer le Code pénal islamique, ou Qanun Hukum Jinayat. Le 27 septembre dernier, les parlementaires ont de nouveau amendé ce code pénal, en réponse à un précédent amendement voté en 2009, et abrogé entretemps, qui prévoyait, entre autres, la lapidation en cas d’adultère. Cette fois-ci, l’amendement voté ne comprend plus cette sentence de lapidation, mais réitère les peines de flagellation pour différentes infractions telles l’adultère, la consommation d’alcool, la « promiscuité » entre hommes et femmes en-dehors du mariage, ou bien encore les relations homosexuelles.

    Fait supplémentaire, l’amendement voté stipule que les non-musulmans surpris en état d’infraction aux dispositions édictées par le Qanun Hukum Jinayat se verront proposés le choix d’être jugé par un tribunal de la charia ou par une juridiction civile appliquant le Code pénal national. Il est aussi précisé que si l’infraction en question n’est pas sanctionnée par le Code pénal national – ce qui est le cas, par exemple, pour les relations homosexuelles –, alors les personnes incriminées, fussent-elles non musulmanes, pourront être jugées selon les dispositions de la charia.

    Les minorités religieuses présentes dans la province ont vivement réagi à cette nouvelle. On compte quelque 50 000 protestants et 3 000 catholiques à Aceh, ainsi que quelques centaines d’hindous et de bouddhistes. Pour le P. Hermanus Sahar, curé de l’unique paroisse catholique de Banda Aceh, capitale de la province, « les catholiques ne peuvent accepter d’être jugés selon la charia ». Comment envisager que des catholiques puissent être flagellés parce qu’ils ont enfreint la charia ?, interroge-t-il, alors que, le 18 septembre, huit musulmans ont eu à subir plusieurs dizaines de coups de canne après avoir été surpris à jouer de l’argent, la séance de bastonnade étant organisée devant une foule d’environ un millier de personnes.

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  • Et si l'élimination de l'Etat Islamique n'était pas l'objectif de la nouvelle guerre d'Irak ?

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    Lu sur le site de l'Aide à l'Eglise en Détresse (France) :

    MARC FROMAGER : la troisième guerre d’Irak

    Devant les exactions de l’Etat islamique, une coalition menée par les Etats-Unis a été activée, mais son objectif est-il vraiment de contrer cette terrible menace ? Nous publions ci-dessous une analyse de Marc Fromager, directeur d’AED France, rédigée pour le mensuel d’octobre de La Nef.

    Officiellement, cette troisième guerre d’Irak a évidemment comme visée de contrer l’Etat islamique (EI) en l’affaiblissant avant de le réduire à néant. Néanmoins, un bref rappel des deux premières guerres d’Irak devrait suffire à nous inspirer, à tout le moins, une certaine circonspection.

    Bien entendu, nous n’évoquons ici que les interventions occidentales car sinon, il faudrait également rappeler l’effroyable carnage de la guerre Irak – Iran pendant les années 80, avec un million de morts à la clé dans chaque camp. Cela étant, il y avait également une intervention occidentale puisque nous réussissions à vendre des armes aux deux parties en veillant à un certain équilibre des forces afin de permettre au conflit de durer.

    La première guerre du Golfe (1991) avait pour objectif la libération du Koweït, envahi par l’Irak. On avait encore à cette époque le souci de défendre l’intégrité territoriale des pays de la région, ce qui a visiblement disparu. Mais cette première guerre reposait déjà sur un mensonge : les américains auraient laissé croire aux irakiens qu’ils pouvaient prendre le Koweït, alors que ce n’était qu’un piège pour leur permettre d’intervenir en Irak.

    Passons sur les douze années d’embargo anglo-américain qui auront fait plus de 500.000 morts, notamment des enfants, faute d’accès à de la nourriture et des médicaments suffisants. La deuxième guerre du Golfe (2003) a entièrement reposé sur un mensonge massif, celui des armes de destruction massive (on se rappelle de Colin Powell avec son petit tube de lait en poudre).

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