Kessab : campagne dans les réseaux sociaux pour une attention immédiate
Kessab, une ville peuplée d’Arméniens dans le nord-ouest de la Syrie, à la frontière avec la Turquie, avec ses neuf villages voisins, reste au centre de l’attention des Arméniens à travers le monde. Les événements tragiques du 22 au 25 mars quand la population pacifique est devenue une cible d’attaques brutales des rebelles syriens armés, ont soulevé des préoccupations internationales, cependant, aucune réponse juridique adéquate n’a été donnée à ce jour.
Alors que les réseaux sociaux sont submergés par des pétitions à différentes instances avec des impulsions et les moyens de « sauver Kessab », le Bureau de défense des droits de l’Arménie a adressé un appel urgent au Haut Commissariat des Nations Unies pour les droits de l’homme, au Commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe, à l’Institut international de l’Ombudsman , à l’Institut européen de l’Ombudsman, au Comité de la Croix-Rouge internationale, Human Rights Watch, et Freedom House. :
« ... En tenant compte du fait que les événements de Kessab ont les éléments constitutifs du crime de génocide, tel qu’établi dans la convention de 1948 et que la prévention du génocide est considéré comme une norme erga omnes reconnue par la Cour internationale de Justice des Nations Unies, aujourd’hui plus que jamais, nous demandons à la société internationale et aux organisations internationales d’entreprendre des études approfondies visant à établir si les pays voisins comme la Turquie, ou d’autres États avaient le contrôle effectif des opérations et si des violations flagrantes des droits de l’homme ont été commises à Kessab et de préserver la population d’origine arménienne de Syrie ou autre ... »
Persécutions antichrétiennes - Page 122
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Le sort tragique des chrétiens arméniens de Kessab
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Sawan Masih, un jeune chrétien pakistanais condamné à mort pour blasphème
Sur Radio Vatican :
Un chrétien pakistanais fait appel de sa condamnation à mort
Un recours en appel va être déposé devant la Haute Cour de Lahore contre le verdict de condamnation à mort prononcé le jeudi 27 mars à l'encontre de Salwan Masih, 26 ans, chrétien accusé de blasphème. Selon l'agence Fides, ses avocats disposent d'une semaine à partir de l'énoncé du verdict pour faire appel. Sawan Masih avait été condamné sur la fausse accusation d'avoir insulté le prophète Mahomet lors d'une conversation avec un ami musulman, le 18 mars 2013.
Mobilisation nationale et internationale
Cette affaire suscite de vives réactions de la société civile. La Commission des droits de l'homme du Pakistan, une ONG présente dans tout le pays, dénonce un « nouveau courant d'intolérance »
faisant remarquer qu'« alors que Sawan a été condamné un an après l'incident présumé, les auteurs de l'attaque de masse contre la Joseph Colony, le faubourg chrétien de Lahore frappé après l'épisode du blasphème présumé, sont tous impunis ». La Commission insiste : « pour éliminer l'intolérance, il faut refuser toute forme d'impunité pour les responsables. »
Certains courants de la société civile affirment que « les institutions de l'État et le pouvoir judiciaire ne doivent pas céder au fanatisme et à la bigoterie » et qu'il faut « élaborer une législation pour mettre un terme aux abus de la loi sur le blasphème ». Le Parti populaire du Pakistan, qui était au gouvernement dans la législature précédente, dénonce lui aussi une instrumentalisation par la justice du cas de Sawan Masih pour « marginaliser les minorités ».
Une mobilisation commence à se faire jour pour sauver Salwan Masih, notamment avec l'association des Pakistanais chrétiens en Italie qui a sensibilisé les parlementaires italiens. Une pétition a été lancée sur le thème "Sauvons Salwan Masih". (Avec agences)Lien permanent Catégories : Actualité, Eglise, Foi, Justice, Persécutions antichrétiennes, Politique -
Le très beau témoignage de foi d'un dissident vietnamien enfin libéré après 38 ans de détention
Lu ICI :
Après 39 ans dans des camps au Vietnam, Nguyen Huu Cau, enfin libre, parle de la foi qui l’a sauvé
J. B. Nguyen Huu Cau, 68 ans, vient de sortir de prison après avoir passé près de 39 ans dans les camps de prisonniers de Hanoï au Vietnam.
Il est l’un des prisonniers politiques ayant passé le plus de temps en prison sous le régime communiste vietnamien. Au fil des ans d’emprisonnement, il a découvert la foi catholique et a été baptisé. Il avait converti les 50 anneaux de sa chaîne de prisonnier en un chapelet qu’il récitait 5 fois par jour. Seule la foi lui a permis d’ affronter et surmonter près de 40 ans dans les prisons vietnamiennes où son déclin physique – surdité, cécité et souffrance diverses – a été important… Mais sa foi lui a permis de pardonner à ses geôliers.
J. B. Nguyen Huu Cau, né en 1945, est poète, musicien, compositeur. Il a été capitaine de l’armée de la République du Sud-Vietnam avant la réunification de 1975. Arrêté à la fin de la guerre, il a d’abord passé 6 ans dans un camp de rééducation et de travail. En 1982, il a été ré-emprisonné à cause de son activité de poète et compositeur, ses œuvres étant considérées comme des critiques du régime communiste. En 1983, il a été condamné à mort pour avoir dénoncé la corruption répandue parmi les cadres supérieurs de l’armée de Hanoï et pour avoir parlé des crimes commis par les troupes communistes contre le peuple. Il avait été accusé de sabotage pour avoir endommagé « l’image du régime ». Il a plaidé « non coupable ». Finalement, les autorités ont modifié la peine de mort en emprisonnement à vie.
J. B. Nguyen Huu Cau a vécu des années complètes en isolement, dans un camp de prisonniers situé dans la jungle à la frontière vietnamienne. Les années de prison l’ont profondément marqué, le laissant presque sourd, aveugle de l’œil gauche avec une grave altération de la vision à l’œil droit.
Le 22 Mars 2014, après près de 39 ans de prison, le président Truong Tan Sang l’a amnistié et autorisé à sortir de prison. C’était présenté comme un acte de compassion en raison de sa santé et non comme une réhabilitation politique. Ces derniers jours, il a raconté son expérience de la prison à des médias catholiques. Il a parlé avec passion, particulièrement de la question de la foi et de sa conversion au christianisme. « Le baptême, alors que j’étais détenu en prison, s’est fait à Pâques 1986, il y a 28 ans, par le Père Joseph Nguyen, jésuite.» explique t-il .
Le prêtre lui a enseigné les rudiments du christianisme, les prières et le catéchisme. Chaque jour, il récitait cinq fois le chemin de Croix. Sa chaîne de détenus lui servait de chapelet. Lorsqu’il avait l’occasion de parler à quelqu’un ; il répétait qu’il était attaché par une longue chaîne de 50 liens qu’il appelait « mon premier Rosaire »… En outre, un compagnon de détention, Frère Paul , lui avait donné une petite croix faite de noix de coco. Donc, « j’ai aussi composé une chanson dédiée à la Sainte Croix. Sainte-Croix vient à moi du plus profond du monde [ ... ] qui m’a maintenu dans cette prison terrestre. »
Libéré des fers et des chaînes des prisons communistes, le poète dissident vietnamien raconte : « l’amour de Dieu et de la Vierge m’ont changé . Je n’ai aucune rancune contre mes « frères et soeurs » ( le régime ). Plus d’une fois, la Trinité et la Vierge Marie m’ont aidé à surmonter les ruses du destin et m’ont empêché de mettre fin à mes jours au fil des ans d’emprisonnement ».
Un très beau témoignage de foi. (source)
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2 avril : un évêque hongrois défenseur des Juifs
Le bienheureux Guillaume Apor défenseur des juifs (source : zenit.org)
Le martyrologe romain fait mémoire, le 2 avril, du bienheureux Guillaume (Vilmos) Apor, évêque et martyr, défenseur des juifs (1892-1945).
Vilmos Apor, hongrois, fut d’abord le “curé des pauvres”. Il avait étudié la théologie en Autriche, à Innsbruck, avant d’être ordonné prêtre en 1915. Le pape Pie XII le nomma évêque de Gyor en 1941, en pleine Seconde guerre mondiale.
Sa devise était: “La Croix fortifie le faible et rend doux le fort”. Pendant les bombardements il n’hésitait pas à aller lui-même secourir les victimes. Il s’opposa aussi aux lois raciales et aux persécutions inhumaines, élevant la voix et prenant la plume y compris contre les personnalités politiques en place, “pour stigmatiser, au nom des principes évangéliques, les injustices et les abus contre les minorités, spécialement contre la communauté juive”. Enfin, il mit le palais épiscopal à la disposition des réfugiés que l’approche du front faisait refluer.
Or, le Vendredi Saint 1945, des soldats russes ivres se présentèrent au palais épiscopal dans le but d’emmener à leur caserne une centaine de femmes et de jeunes filles. L’évêque s’y opposa vigoureusement. Après une longue discussion, un officier russe menaça l’évêque de son revolver puis tira, l’atteignant au front, à la main et à l’estomac. Epouvantés, les soldats russes s'enfuirent. Emmené à l’hôpital puis opéré, il rendit grâces à Dieu qu’aucune femme n’ait été enlevée, et que Dieu ait accepté son sacrifice. Il s’éteignit le lundi de Pâques, 2 avril.
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Chrétiens persécutés : une situation qui questionne « notre coma » spirituel
Du 24 au 28 mars l’association « Aide à l’Eglise en Détresse » (AED) a organisé la sixième édition de « La Nuit des Témoins » : des veillées de prières et des témoignages dans quatre grandes villes de France (Strasbourg, Bordeaux, Marseille, Paris) pour partager ce que vivent les chrétiens dans leurs pays. Venant d’Egypte, de Centrafrique, d’Irak, de Syrie, ils sont présentés par Marc Fromager (photo), directeur d’AED France, dans une interview menée par Audrey Radondy pour Radio Vatican. Qui a vu hier soir sur la chaîne KTO la soirée de clôture à Notre-Dame de Paris a pu se convaincre de l’ampleur et de l’efficacité de cette initiative interpellante pour la foi étiolée de nos pays occidentaux sécularisés :Qui sont les grands Témoins pour cette 6ème édition ?
Cette année, nous avons Sa Béatitude Mgr Sidrak, Patriarche de l’Église catholique copte, le chef des catholiques d’Égypte. Ça sera assez intéressant parce que l’Égypte aujourd’hui, on le sait, vit un moment un petit peu historique, un changement de régime. Donc, c’est intéressant d’avoir un témoignage de l’intérieur sur l’évolution de ce pays et l’espérance. Une espérance que j’ai moi-même constatée lorsque j’étais en Égypte la semaine dernière. L’espérance non seulement des chrétiens mais également d’une grande partie de la population égyptienne face à ce nouvel environnement qui s’ouvre à eux. Nous aurons également l’évêque de Mossoul, en Irak. Mossoul, c’est justement peut-être l’un des endroits les pires pour être évêque aujourd’hui dans le monde. Mgr Nona partagera avec nous ce qu’il vit là-bas, sa profonde détresse, la détresse de l’Église, des chrétiens dans ce pays et en particulier dans cette ville mais également les quelques raisons qui font qu’il y a tout de même de quoi espérer. Nous aurons également une religieuse syrienne qui viendra nous donner son témoignage sur la Syrie, sur ce que vivent les chrétiens là-bas, sur ce que vit toute la population syrienne. Et enfin, pour sortir un petit peu du Moyen-Orient, nous aurons Mgr Dieudonné Nzapalaïnga l’archevêque de Bangui en Centrafrique, qui viendra nous parler de la situation dans son pays et des efforts qu’il fait, que l’Église accomplit aujourd’hui pour ramener la paix dans ce pays.
Quel est l’état des lieux concernant la situation des chrétiens dans le monde ?
Globalement, il est difficile de voir d’une année à l’autre les grands bouleversements. On a toujours de grosses difficultés au Moyen-Orient et dans la plupart des pays à majorité musulmane. On a également des soucis et des tensions croissantes dans certaines régions de l’Inde avec des fondamentalistes hindous. On a des problèmes dans des régimes totalitaires, en général des dictatures, souvent communistes comme la Chine, une bonne partie de la péninsule indochinoise avec le Vietnam, le Laos, sans évoquer la Corée du Nord. Des résurgences en Amérique Latine et centrale, comme à Cuba par exemple. Donc, cette situation est assez stable. Nous évaluons à près de 200 millions le nombre de chrétiens dans le monde qui ne sont pas entièrement libres de vivre leur foi ou en tout cas, 200 millions de chrétiens pour lesquels le simple fait d’être chrétien peut à un moment donné, leur compliquer la vie. C’est-à-dire que c’est 10% des chrétiens, puisqu’on est deux milliards, donc un chrétien sur dix dans le monde qui, à un moment donné, doit être prêt à payer le simple fait d’appartenir au Christ et c’est aussi pour eux que cette Nuit des Témoins, cette veillée de prière est destinée.
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Le courage des chrétiens nigerians
De l'Aide à l'Eglise en Détresse :
NIGERIA : courage et foi au milieu des attaques
Plus de 2.000 personnes dans le nord du Nigeria ont risqué leur vie en se rassemblant dimanche dernier, 16 mars, pour la messe, alors que leur ville était en train d’être bombardée.
Décrivant la Cathédrale Saint-Patrick, à Maiduguri, comme « encerclée », le Père John Bakeni, qui célébrait la messe, a déclaré que les gens lui avaient ensuite dit que si les attaques empiraient, ils préféreraient mourir à l’église plutôt qu’ailleurs. La messe dominicale a eu lieu après que des extrémistes présumés de Boko Haram ont lancé l’une de leurs principales campagnes armées de ces derniers mois, en tirant des roquettes et en se lançant massivement à l’assaut des casernes militaires. Des centaines de personnes sont mortes et l’inquiétude ne cesse d’augmenter en ce qui concerne la capacité du gouvernement à retenir les extrémistes.
Au cours d’un entretien accordé lundi 17 mars à l’AED, le Père John Bakeni témoigne : « Hier matin, beaucoup de bombes ont explosé, mais cela ne semble pas avoir dissuadé les gens de venir à l’église. C’est une leçon d’humilité et une expérience édifiante que de voir tant de gens à la messe. L’endroit était bondé. Pendant l’homélie, je leur ai dit qu’il était inutile de prêcher. Je leur ai affirmé : Votre présence en si grand nombre est en soi une homélie. »
Le prêtre a demandé à l’AED d’inviter instamment le monde à prier pour le peuple du Nigéria : « S’il vous plaît, priez pour que cette violence cesse. »
L’Eglise parmi les ennemis de Boko Haram
Déjà dans un précédent message, le P. Bakeni avait décrit les attaques du vendredi 14 mars par ces mots : « Nous avons été accueillis au son assourdissant des explosions de bombes, des roquettes et des tirs. Il y avait de la confusion et un vacarme infernal partout. » Des centaines d’insurgés, vêtus de treillis militaires, ont attaqué les casernes militaires de Giwa, à Maiduguri, et ont réussi à libérer leurs compagnons de lutte qui étaient retenus dans des cellules. D’autres attaques ont eu lieu contre des zones résidentielles et même un campus universitaire ; une attaque typique de Boko Haram, pour qui « l’éducation occidentale est interdite ».
Boko Haram l’a affirmé : ses ennemis sont le gouvernement nigérian, les établissements éducatifs et l’Église, ainsi que les musulmans modérés.
Lors des affrontements militaires qui se sont poursuivis pendant plus de quatre heures, on a dénombré plus de 200 morts parmi les insurgés. Le Père Bakeni et d’autres personnes ont prévenu ces jours-ci que les forces ennemies s’étaient « regroupées » et étaient en train d’organiser de nouvelles attaques, faisant de plus en plus craindre que Maiduguri ne soit sur le point de tomber aux mains des extrémistes.
De la « connivence » a été signalée entre les extrémistes et certains éléments de l’armée nigériane, ce qui expliquerait son récent échec à déjouer l’ennemi.
Les attaques sur Maiduguri ont coïncidé avec les violences qui auraient été commises par des éleveurs musulmans fulanis contre des villages chrétiens non loin de Kaduna, dans la ceinture centrale du Nord du Nigeria.
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Persécutions : les chrétiens ne lâchent rien
Persécutions : Les chrétiens ne lâchent rien ! (sur le site de l'Homme Nouveau)
Rédigé par Marc Fromager, directeur de l'AED-France
À travers le monde ils sont plus de 200 millions à être persécutés parce qu’ils sont chrétiens. À temps plein, sans répit, ni repos. Leur fidélité au Christ nous encourage à ne rien lâcher dans notre combat pour des valeurs civilisationnelles non négociables comme dans notre combat spirituel. Témoins et modèles pour aujourd'hui, les chrétiens qui ont ainsi résisté sont nombreux, comme en témoigne notre dernier hors-série. Un article de Marc Fromager, directeur de l'AED-France, paru dans le dernier numéro de L'Homme Nouveau.
Demeurer chrétien
Nous avons tous, depuis l’année dernière, occupé l’un ou l’autre de nos dimanches, voire plusieurs, à arpenter les rues de Paris, tantôt dans la grisaille hivernale de janvier, tantôt sous le soleil printanier de fin mai, et tout cela pour résister contre ce qui nous paraissait un délitement certain de quelques valeurs civilisationnelles primordiales. Nous – et nos enfants – avons été gazés mais au pire, on ne risquait pas grand-chose.
Pour les chrétiens persécutés aujourd’hui, il en va tout autrement. Pour eux, il s’agit de défendre la simple possibilité de demeurer des chrétiens. Cette fidélité au Christ leur vaut une discrimination rampante quand ce n’est pas une persécution violente. Pour certains d’entre eux, c’est même leur vie qui est en jeu. Pour tous, il serait tellement plus simple et, à court terme, tellement plus pertinent, d’abandonner le Christ et de devenir ou redevenir musulman, hindou, communiste… Certains craquent – qui sommes-nous pour les juger ? – mais la plupart ne lâchent rien ! Ce sont les résistants par excellence, « l’élite de l’Église » selon le père Werenfried, fondateur de l’Aide à l’Église en Détresse (AED).
lire la suite sur le site de l'Homme Nouveau
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Elle instruisait les petites filles. La Révolution française l'a exécutée.
Françoise, pionnière dans l'instruction des petites filles
Et martyre de la Révolution française
sur zenit.org (A. Bourdin)
La Révolution française, admirée comme la révolution des droits des opprimés, a aussi opprimé et assassiné des innocents: leur histoire permet de lever le voile et de faire la vérité sur les points chauds de l'histoire de la jeune et trop souvent sanglante République.
Ce qui est arrivé aux martyrs révèle cette face souvent cachée et honteuse de la Révolution, comme en témoigne le destin de la bienheureuse Françoise Tréhet (1756-1794), tuée parce qu'elle aimait le Christ plus que sa vie et qu'elle instruisait les petites filles - aujourd'hui encore, sous d'autres latitudes, cela peut coûter la vie - et qu'elle soignait les malades. Le martyrologe romain fait mémoire d'elle le 13 mars.
Née le 8 avril 1756 dans une famille de propriétaires aisés, à Saint-Mars-sur-la-Futaie, en Vendée, Françoise Tréhet voulut suivre le Christ de plus près dans la pauvreté, la chasteté et l'obéissance évangéliques. Elle entra dans la communauté des Sœurs de la Charité, qui portera ensuite le nom de Notre-Dame d'Evron.
En 1783, elle partit à Saint-Pierre-des-Landes pour ouvrir une école paroissiale, avec une jeune consœur, Jeanne Véron. Elle dépensait ses forces entre les murs d'une école, dévouée à l'éducation des petites filles, ou au chevet des malades. Françoise avait un caractère trempé - elle allait le montrer devant ses soi-disant juges -, mais lorsque survint la Terreur, il fallut bien se cacher. Or, fin février 1794, les deux religieuses furent dénoncées et arrêtées.
Le 13 mars, Françoise fut interrogée par la cruelle "Commission Clément": on l’accusa d’avoir caché des prêtres réfractaires - au serment imposé par les révolutionnaires - et d’avoir aidé des Vendéens. Ce qu'elle répondit ne laisse aucun doute sur les raisons de son engagement et sur son innocence: elle répondit que tout malade était "un frère en Jésus-Christ" et qu'il avait droit à être soigné. Comme son combat n'était pas politique, elle refusa de crier "longue vie à la République", et ce sursaut de liberté cella sa condamnation à mort par la guillotine. Elle avait 37 ans. Portée par uen force intérieure, elle monta à l’échafaud en chantant à la Vierge Marie le "Salve Regina". Jeanne Véron sera exécutée après une condamnation tout aussi sommaire, une semaine plus tard.
Elles ont été béatifiées ensemble par le pape Pie XII le 19 juin 1955, parmi les martyrs de Laval. Plus de 350 martyrs de la Révolution française ont été béatifiés. Jean-Paul II s'en est expliqué un jour en disant: "On les a, dans les attendus des sentences, accusés de compromission avec les "forces contre-révolutionnaires", il en est d'ailleurs ainsi dans presque toutes les persécutions d'hier et d'aujourd'hui. Mais pour les hommes et les femmes dont les noms ont été retenus - parmi beaucoup d'autres sans doute également méritants -, ce qu'ils ont réellement vécu, ce qu'ils ont répondu aux interrogations des tribunaux ne laisse aucun doute sur leur détermination à rester fidèles, au péril de leur vie, à ce que leur foi exigeait, ni sur le motif profond de leur condamnation: la haine de cette foi que leurs juges méprisaient comme "dévotion insoutenable" et "fanatisme"."
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Le pape évoque les persécutions
Une salade assaisonnée avec l'huile de la persécution...
C'est cela la vie chrétienne, homélie du 4 mars - (Zenit.org)
Salvatore Cernuzio (trad. H. Ginabat)
« Une salade assaisonnée avec l’huile de la persécution » : voilà la vie chrétienne, a expliqué le pape François dans son homélie du 4 mars, lors de la messe à Sainte-Marthe.
Le pape a prié pour les nombreux martyrs d’aujourd’hui, punis et persécutés pour le seul fait qu’ils possèdent une Bible ou qu’il font le signe de la Croix.
C’est une certitude pour le pape François : « Aujourd’hui, il y a plus de martyrs que dans les premiers temps de l’Église ». À diverses reprises, dans ses homélies ou ses discours, le pape a dénoncé cette situation et ce mardi encore, dans son homélie à Sainte-Marthe, il a regretté cette constante dans la vie des chrétiens. De la prison de Pierre au martyre d’Étienne et à tous les frères enfermés dans les prisons nazies et communistes, jusqu’au martyrs des temps modernes, « punis » pour le seul fait qu’ils possèdent une Bible ou qu’ils célèbrent une messe, comme cela arrive chaque jour en Afrique et au Moyen-Orient, il n’y a jamais eu un moment dans l’histoire où les disciples du Christ n’ont pas subi de persécutions. Et le pape a expliqué que si tout cela arrive, c’est parce que « la Croix est toujours la voie chrétienne » : elle est le signe distinctif que le Christ a laissé à ses disciples, et la conséquence de l’annonce et du témoignage rendu à l’Évangile.
C’est ce qu’explique Jésus à Pierre qui, comme le raconte l’évangile du jour, lui demande ce que recevront en échange ceux qui auront tout lâché pour le suivre. « Amen, je vous le dis : personne n'aura quitté, à cause de moi et de l'Évangile, une maison, des frères, des sœurs, une mère, un père, des enfants ou une terre, sans qu'il reçoive, en ce temps déjà, le centuple », répond le maître. Une réponse qui montre son être « généreux », a commenté le pape, mais qui, aux oreilles de Pierre, résonne comme une constatation ambiguë : en fin de compte, « aller derrière Jésus » serait « une belle activité commerciale » qui permet de gagner le centuple.
C’est pourquoi le Christ ajoute aussitôt que, à côté de ce ‘dédommagement’, il y aura les persécutions. « Comme s’il disait : ‘Oui, vous avez tout lâché et vous recevrez ici, sur terre, beaucoup de choses, mais avec la persécution !’ Comme une salade avec l’huile de la persécution : toujours ! » a précisé le pape. En ajoutant : « C’est le gain du chrétien et c’est la route de celui qui veut marcher derrière Jésus, parce que c’est la route qu’il a empruntée lui-même : lui-même a été persécuté ! C’est la route de l’abaissement. Ce que Paul dit aux Philippiens : ‘Il s’est abaissé. Il s’est fait homme et s’est abaissé jusqu’à la mort, et la mort sur la croix’. C’est précisément cela, la tonalité de la vie chrétienne. »
D’ailleurs, dans son Discours sur la montagne, a souligné le pape, Jésus définit les persécutions comme une béatitude, en affirmant : « Heureux êtes-vous quand on vous insulte et qu’on vous persécute à cause de mon nom ». Les apôtres, a-t-il rappelé « aussitôt après la venue de l’Esprit-Saint, ont commencé à prêcher et les persécutions ont commencé », et elles se poursuivent encore aujourd’hui, en 2014.
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La Croix est toujours sur le chemin chrétien
Sur Radio Vatican :
"Les persécutions sont le chemin de ceux qui veulent suivre Jésus"
(RV) “La Croix est toujours sur le chemin chrétien”. Telle est l’une des phrases fortes de l’homélie du Pape François ce mardi matin à la Maison Sainte Marthe. Une homélie centrée sur les persécutions des chrétiens dans le monde, à la lumière de l'Evangile de ce mardi, tiré de Saint Marc. Le Pape a rappelé que les martyrs au nom de leur foi sont plus nombreux qu’aux premiers temps de l’Eglise.
L’Évangile du jour revient sur la réponse de Jésus à Pierre, quand celui-ci lui affirme : « Voilà que nous avons tout quitté pour te suivre.» Jésus répond : « Amen, je vous le dis : personne n'aura quitté, à cause de moi et de l'Évangile, une maison, des frères, des sœurs, une mère, un père, des enfants ou une terre, sans qu'il reçoive le centuple ».
La persécution est le chemin emprunté par le Christ
Pierre pense peut-être que suivre le Christ est une « belle activité commerciale » a souligné le Pape, quand il parle de « centuple », mais Jésus ajoute que ceux qui ont tout laissé ont reçu beaucoup, y compris les persécutions. « Cette persécution est le gain du chrétien, le chemin de celui qui veut marcher à la suite de Jésus. Ce chemin, c’est Lui qui l’a parcouru, c’est lui qui a été persécuté ! C’est le chemin de l’abaissement.»
Le Saint-Père a poursuivi en citant les Béatitudes : « Heureux êtes-vous si l'on vous insulte, si l'on vous persécute et si l'on vous calomnie de toutes manières à cause de moi. » Ces persécutions sont au cœur de la vie des disciples, elles ont commencé très vite après leur prédication, une fois l’Esprit Saint reçu a t-il rappelé. Et nous même dans nos vies de chrétiens nous aurons la persécution.
Les martyrs d'aujourd'hui
Cette persécution, le Pape en a ensuite rappelé la réalité: les diffamations, les arrestations, la mise en prison, la mort. « Nous oublions facilement, mais pensons à tous les chrétiens il y a 60 ans, dans les camps nazis et communistes : ils étaient si nombreux ! Enfermés car ils étaient chrétiens ! » Et le souverain pontife de mettre en garde contre l’oubli : « Cela existe encore et je peux vous dire qu’ il y a plus de martyrs aujourd’hui que dans les premiers temps de l’Eglise ! »
Le Pape a ainsi fait référence à tous ces chrétiens qui sont condamnés pour le simple fait de posséder une bible, ou qui ne peuvent pas faire un signe de croix. Ce chemin de persécution est ce qui arrive quand nous suivons Jésus a t-il répété. « Pensons à tant de frères et sœurs qui ne peuvent pas prier ensemble, parce qu’ils sont persécutés, parce qu’ils ne peuvent avoir le livre de l’Evangile ou bien une bible a conclu François, pensons aussi à ceux pour qui il est interdit d’aller à la messe. Demandons-nous enfin si nous sommes disposés à porter la Croix comme Jésus, à porter les persécutions pour témoigner de Jésus, comme le font tous ces frères et sœurs humiliés. Penser à cela nous fera du bien à tous ».
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Les chrétiens du nord de la Syrie réduits à la dhimmitude
De Matthieu Bruynseels sur info.catho.be :
Les chrétiens du nord de la Syrie devront vivre sous la charia
« L’Etat Islamique en Irak et au Levant » a imposé le statut de Dhimmi aux chrétiens de la ville de Raqqa, au nord de la Syrie. Ils devront désormais payer un impôt spécial et ne pourront pas manifester leur religion.
Le mouvement islamiste impose aux chrétiens le statut de « dhimmi » . Issu de la charia, le statut de « dhimmi » confine les non-musulmans dans un ensemble de droits et d’obligations ; celles-ci furent diversement appliquées selon les pays et les époques. Parmi ces règles, on retrouve généralement un impôt spécial touchant uniquement les non-musulmans, l’interdiction d’avoir une arme ou de servir dans l’administration, l’imposition de vêtements réservés aux non-musulmans, etc. Conformément au droit coranique, les hommes musulmans peuvent épouser une chrétienne, mais l’inverse n’est pas possible. Le communiqué de « l’Etat islamique » – le nom de cette branche extrémiste se situant dans la mouvance d’Al Quaïda – reprend ces différents points, en précisant que les églises détruites ne pourront pas être reconstruites ou rénovées.
Les islamistes syriens ont déja prévenu que les chrétiens ne respectant pas ces règles seront traités en ennemis.
Une inégalité imposée par les islamistes
Cette situation enferme les chrétiens dans un statut de sous-citoyen par rapport aux habitants musulmans de Raqqa. A présent, les derniers chrétiens vivant sous la coupe de l’opposition syrienne n’auront plus beaucoup de choix : soit accepter leur statut de sous-citoyen devant payer et se cacher pour rester en vie, soit partir pour un long et dangereux voyage d’exil en espérant un avenir moins sombre. Il y a une autre possibilité : que les chrétiens se convertissent à l’Islam pour gagner un peu de dignité. Et c’est probablement le but des islamistes.
Les évêques appellent à la prière
Réunis en assemblée, les évêques catholiques irakiens ont demandé aux fidèles de prier durant le Carême pour implorer le don de la paix et de la sécurité pour tout le pays. Aux forces politiques et sociales est demandé de dialoguer et de trouver des solutions politiques urgentes à la crise de la nation, pour freiner la recrudescence de la violence. Les évêques s’adressent aussi à tous ceux qui ont fui le pays depuis des années à cause de l’instabilité et des conflits, en demandant aux émigrés de revenir au pays.
Une espérance qui restera un vœux pieux tant que des islamistes extrêmes menacent le vivre-ensemble des toutes les communautés.
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Des chrétiens coptes massacrés par des djihadistes en Libye
Du blog copte :
La petite communauté copte de Benghazi vit dans la peur
Sept jeunes coptes égyptiens exécutés par des fondamentalistes islamiques
La peur s’est installée au sein de la petite communauté chrétienne de Benghazi, à l’est de la Libye, après l’exécution de sept travailleurs coptes égyptiens. Les jeunes Egyptiens enlevés dimanche soir 23 février à leur domicile par des hommes armés ont été assassinés sur une plage, dans la banlieue de Garhoutha. La région de Benghazi est le repaire de nombreuses bandes islamistes armées.
L’Eglise copte orthodoxe au Caire a vivement condamné ces assassinats de jeunes travailleurs âgés de 17 à 25 ans, attribués à des terroristes islamistes. «Nous prions pour que Dieu protège le peuple égyptien contre ce terrorisme brutal», écrit l’Eglise copte orthodoxe dans un communiqué publié par le journal Watani (»Ma Patrie»), la voix de la communauté copte d’Egypte.
L’Eglise copte d’Egypte dénonce un «crime odieux»
L’Eglise copte exige l’arrestation des terroristes qui se cachent derrière «ce crime odieux». Des hommes armés sont entrés dimanche soir dans l’immeuble où habitaient les travailleurs égyptiens et ont demandé dans tous les appartements si les gens étaient chrétiens ou musulmans. Ils se sont ensuite emparés des coptes et les ont emmenés vers une destination inconnue. Les cadavres aux mains entravées et portant des traces de balles à la tête ont été découverts sur une plage de Garhoutha lundi 24 février.
La Libye connaît, depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011, une dangereuse montée en puissance des fondamentalistes islamistes. Le 17 mai dernier, un attentat avait pris pour cible l’église catholique de l’Immaculée de Benghazi, une région où il est devenu très dangereux d’être repérés comme chrétiens. Ces derniers se font très discrets, car les actes de violence et d’intimidation à leur encontre se multiplient.
Les chrétiens dans le collimateur des jihadistes
L’Eglise copte en Libye a été particulièrement visée l’an dernier. Le 14 mars dernier, l’église copte orthodoxe de Benghazi a été incendiée par des hommes armés qui avaient auparavant fait sortir les fidèles qui s’y trouvaient.
A la même période, un certain nombre d’attaques contre des églises et des prêtres ont été perpétrées ailleurs en Libye. Des dizaines de coptes ont été arrêtés et torturés sur accusation de ‘prosélytisme’. Des congrégations catholiques ont dû fuir le pays devant les menaces. En Cyrénaïque, l’an dernier, divers instituts religieux catholiques féminins ont été contraints à fermer leurs portes à Tobrouk, Derna, Beida, Barce, ainsi qu’à Benghazi. Le Département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou rappelait l’an dernier que près de 100’000 chrétiens vivaient en Libye avant le début de l’insurrection contre le régime de Kadhafi en 2011. Aujourd’hui, ils ne seraient plus que quelques milliers. (via kipa-apic)
