Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Spiritualité - Page 6

  • "Je ne vivrai pas un instant que je ne le passe en aimant" (Bernadette Soubirous)

    IMPRIMER

    Bernadette3.jpgC'est aujourd'hui la fête de sainte Bernadette Soubirous (1844-1879), elle qui déclarait : "C'est parce que j'étais la plus pauvre et la plus ignorante que la Sainte Vierge m'a choisie ".

    "Cette date à été choisie car c’est un 18 février que la Vierge Marie lui dit : « Je ne vous promets de vous rendre heureuse en ce monde, mais dans l’autre. » Bernadette avait 14 ans lorsqu’elle vit pour la première fois la Vierge. Fille aînée d’une famille de meunier que l’arrivée des moulins à vapeur jettera dans une extrême pauvreté, Bernadette SOUBIROUS est accueillie en janvier 1858 à l’Hospice de Lourdes dirigé par les Sœurs de la Charité de Nevers, pour y apprendre à lire et à écrire afin de préparer sa première communion. En février 1858, alors qu’elle ramassait du bois avec deux autres petites filles, la Vierge Marie lui apparaît au creux du rocher de Massabielle, près de Lourdes. Dix huit Apparitions auront ainsi lieu entre février et juillet 1858. Chargée de transmettre le message de la Vierge Marie, et non de le faire croire, Bernadette résistera aux accusations multiples de ses contemporains. En juillet 1866, voulant réaliser son désir de vie religieuse, elle entre chez les Sœurs de la Charité de Nevers à Saint-Gildard, Maison-Mère de la Congrégation. Elle y mène une vie humble et cachée. Bien que de plus en plus malade, elle remplit avec amour les tâches qui lui sont confiées. Elle meurt le 16 avril 1879 à 35 ans.

    Elle est béatifiée le 14 juin 1925 puis canonisée le 8 décembre 1933. Son corps retrouvé intact, repose depuis 1925, dans une châsse en verre dans la Chapelle. Chaque année, venant du monde entier, des milliers de pèlerins et de visiteurs, se rendent à Nevers pour accueillir le message de Bernadette." catholique.org

  • Sainte Bernadette Soubirous (18.2); "Je ne vous promets pas de vous rendre heureuse en ce monde mais dans l'autre."

    IMPRIMER

    bernadette.jpg

    Sainte Bernadette Soubirous[1]
    Décret de la S. Congrégation des Rites[2] sur l'héroïcité de ses vertus

    source : missel.free

    Le 18 novembre 1923 eut lieu dans la salle ducale au Palais du Vatican la cérémonie de lecture solennelle du Décret sur l'héroïcité des verus de la Vénérable Bernadette Soubirous. Cette Cause « intéresse l'univers catholique tout entier » à cause des rapports qui la rattachent au grand fait de Lourdes, et dans une lettre à ses diocésains Mgr. Chatelus, évêque de Nevers, déclare qu'elle est « particulièrement chère au Pape [ancien pélerin de Lourdes], qui en possède tous les détails et en désire le succès ».

    Sur cette question : « Est-il bien établi, dans le cas et pour l'effet dont il s'agit, que les vertus théologales de Foi, d'Espérance et de Charité envers Dieu et le prochain, ainsi que les vertus cardinales de Prudence, de Justice, de Force et de Tempérance et leurs annexes, ont été pratiquées à un degré héroïque ? »

    Lire la suite

  • Fra Angelico : quand la sainteté habite l'art

    IMPRIMER

    unnamed.jpg

    Fra Angelico est fêté le 18 février.

    De Vincent-Marie Thomas est prêtre et docteur en philosophie sur le site de "1000 raisons de croire" :

    Fra Angelico : un art habité par la sainteté

    Fait unique, c’est essentiellement pour ses œuvres que celui que l’histoire a retenu sous le nom de Fra Angelico a été déclaré bienheureux. Né Guido di Pietro, devenu en religion frère Jean de Fiesole (Giovanni da Fiesole), il reçoit de Vasari, dans sa célèbre biographie, ce surnom d’« Angelico » qui finira par éclipser ses autres noms. Aucun peintre n’a sans doute rendu aussi perceptibles, dans la matière même de ses œuvres, les vertus surnaturelles de foi, d’espérance et de charité que tout chrétien reçoit au baptême et est appelé à faire croître par des actes répétés et approfondis.


    Les raisons d'y croire

    • La famille du futur Fra Angelico est prospère ; ce dernier pourrait ne vivre que de son talent, car il se révèle habile peintre dès sa jeunesse. Il choisit pourtant d’entrer dans l’ordre dominicain, c’est-à-dire de faire vœu de pauvreté. Il renonce aussi, par le vœu religieux de chasteté, à l’affection d’une épouse et à fonder une famille, et à son indépendance en se mettant sous l’obéissance de son prieur. Ainsi, après ses vœux, n’accepte-t-il jamais aucune commande sans avoir obtenu d’abord l’accord de son prieur.
    • Le dominicain se distingue aussi par son humilité. Constatant sa vertu et sa réputation de sainteté, le pape Nicolas V envisage de le nommer archevêque de Florence. Fra Angelico supplie alors le souverain pontife d’y renoncer et lui propose un autre frère, Antonin, qu’il estime plus apte à cette charge. L’avenir confirmera ce discernement : frère Antonin gouvernera le diocèse avec sagesse et charité, et sera plus tard canonisé. En s’effaçant ainsi pour mettre en avant celui qu’il juge plus digne que lui, Fra Angelico manifeste un désintéressement et une droiture de cœur qui éclairent toute sa vie.
    • Fra Angelico est d’abord miniaturiste, c’est-à-dire qu’il illustre les grands livres liturgiques utilisés en commun à l’office divin. Il laisse ainsi pour la postérité aux couvents San Marco de Florence et San Domenico de Fiesole « plusieurs livres d’église, ornés de miniatures d’une beauté merveilleuse, exécutées avec un soin incroyable » (Vasari). Plus tard, Fra Angelico ornera à la demande de Nicolas V des livres du palais apostolique. Cette habileté se retrouve dans ses grandes compositions. Commentant les visages du tableau du maître-autel du couvent Saint-Marc, Vasari note : « On ne saurait rien imaginer de plus soigné, de plus fin et de mieux entendu que ces ravissantes figurines. »
    • Au travail du miniaturiste succèdent les commandes de fresques. C’est là que le génie de Fra Angelico se révèle vraiment. Il parvient à exprimer visiblement la vie spirituelle intense, toute tournée vers Dieu, de ses sujets. Touchant le même tableau, on lit dans Le Vite de’ più eccellenti Pittori (de Vasari) : « On ne peut se défendre d’un sentiment profond de dévotion en voyant cette Vierge et ces saints qui respirent la candeur et la bonté. »
    • Ainsi, à propos du tabernacle peint de l’église San Domenico de Fiesole : « La multitude de figurines que l’on y voit au milieu d’une gloire céleste sont si belles qu’elles paraissent tombées du paradis. On ne peut se rassasier de les contempler. » Et concernant l’Annonciation d’une chapelle de la même église : « Les attitudes et les physionomies de tous ces personnages sont si habilement variées que l’on éprouve un plaisir incroyable à les regarder. Il semble que ces bienheureux esprits ne pourraient être autrement dans le Ciel, s’ils avaient un corps. »
    • L’Annonciation, du Prado, introduit pour la première fois l’utilisation d’une lumière diaphane, qui, en enveloppant la composition et en rehaussant ainsi les couleurs et les volumes des figures, l’unifie. Une loggia ouverte enchâsse la scène. Du jardin fleuri, sur lequel donne la loggia, un ange chasse Adam et Ève. Cette dernière regarde vers Marie, qui, par son oui, efface par avance la faute originelle. À Ève (Eva en latin) répond la salutation angélique (Ave) qui apporte le salut aux hommes. Un long faisceau de rayons dorés s’échappe d’un soleil d’or où l’on voit les mains du Père. Parvenue au terme de ce rayon, une colombe blanche figure le Saint-Esprit qui vient accomplir son œuvre en Marie.
    • Le Jugement dernier (entre 1431 et 1433), destiné à orner le chœur du couvent camaldule de Santa Maria degli Angeli, à Florence, représente les morts sortis de leur tombeau, au son de la trompette des anges : les réprouvés sont emmenés par les démons en enfer, où l’on voit d’autres personnes souffrir de leurs propres vices, tandis que les bons sont conduits en liesse vers le paradis, vers lequel ils dansent en décrivant une ronde. Au sommet du panneau se trouve le Christ, au centre d’un nimbe en amande où volent des chérubins aux ailes rouges dans une lumière dorée. La Vierge Marie à sa droite, saint Jean-Baptiste à sa gauche et de nombreux saints l’entourent.
    • La Déposition (exécutée entre 1432 et 1434 pour la sacristie de la basilique florentine Santa Trinita) présente la scène sacrée dans des couleurs claires, lumineuses et brillantes, agencées dans une délicate harmonie tonale : la lumière terrestre est le reflet de l’ordre divin, qui n’est que lumière. La mort du Christ sur la croix rétablit en l’effet l’ordre originel, brisé par le péché d’Adam.
    • « Les saints qu’il peignit, écrit Vasari, se distinguent par un aspect divin que l’on ne rencontre chez aucun autre artiste. » Ce don semble bien provenir de sa vie de prière intense : « Il ne représenta jamais le Sauveur sur la Croix sans que ses joues fussent baignées de larmes ; aussi les visages et les attitudes de ses personnages laissent-ils deviner toute la sincérité de sa foi. »
    • Il ne retouche jamais ses peintures (excepté les fresques, qui sont peintes sur un support humide). Il croit en effet que Dieu veut les premiers traits esquissés, qui sont donc seuls justes. N’est-ce pas là insinuer une inspiration divine ?
    • Vasari conclut, en publiant le surnom du frère Jean de Fiesole, qui éclipsera son nom : « On croit voir l’œuvre, non d’un homme, mais d’un ange : aussi notre bon religieux fut-il toujours bien justement appelé Fra Giovanni " Angelico ". »
    • Fra Angelico a su mettre en œuvre, avec un réel talent, les recherches nouvelles de son temps, la composition en perspective et une attention plus soutenue à la figure humaine, sans rien abandonner des valeurs reçues de l’art médiéval : la fonction d’enseignement propre à l’art sacré et le sens mystique de la lumière. Lorsque Côme de Médicis lui confie la décoration du couvent Saint-Marc, qu’il vient d’offrir aux dominicains, Fra Angelico peint dans la salle du chapitre une Crucifixion entourée de saints ; au-dessous, autour de saint Dominique, il fait figurer les papes, cardinaux, évêques, saints et maîtres en théologie de son ordre. Vasari remarque que « grâce à l’aide que Fra Giovanni trouva chez les moines de son couvent qui firent des recherches en divers lieux, il introduisit dans cet ouvrage des portraits d’une authenticité incontestable ». Ainsi l’exigence historique se joint à la dévotion, et la nouveauté formelle ne rompt en rien avec la fidélité à la tradition.
    • Fra Angelico sait donc combiner en son art la dévotion à Dieu et aux saints (c’est ce qu’on appelle la vertu de religion) et les principes nouveaux de la Renaissance italienne en peinture. Son œuvre peinte prouve qu’opposer modernité et religion est un faux problème. Dieu n’est-il pas l’auteur de tout ce qui existe ? Comment Dieu pourrait-il mésestimer l’art, entendu comme la capacité à rendre sensible à l’œil la beauté qui est partout présente dans la nature – l’homme faisant partie de la nature ? Seul un art visant à abîmer la nature et à la salir (et donc aussi à blesser l’homme) peut lutter contre Dieu.
    • C’est pourquoi Vasari porte ce jugement : « Un talent comme celui de Fra Angelico ne pouvait et ne devait appartenir qu’à un homme de sainte vie. Les peintres qui traitent de sujets pieux doivent être pieux eux-mêmes. »

    En savoir plus

    Vers 1395, au hameau de Rupecanina, dans la vallée du Mugello (dans la périphérie nord de Florence) naît Guido di Pietro. On ne sait pas grand-chose de sa famille, si ce n’est que son père s’appelait Pietro. Le cadet de Guido, Benedetto, deviendra aussi dominicain. Guido suit d’abord un apprentissage dans le Mugello, puis dans les ateliers de Lorenzo Monaco, auprès duquel il apprend l’art de l’enluminure, et du peintre Gherardo Starnina, à Florence.

    Les novices n’étaient pas autorisés à peindre durant la première année qui suivait leurs vœux ; or Guido exécute pourtant, dès 1418, sous la direction d’un maître florentin, un retable aujourd’hui disparu pour une chapelle de l’église Santo Stefano al Ponte. D’autre part, une croix peinte pour l’hospice Santa Maria Nuova par « le frère Giovanni » du couvent San Domenico de Fiesole est attestée quelques années plus tard. On en déduit que ses vœux religieux ont probablement été prononcés au début des années 1420, dans ce couvent de stricte observance.

    Fra Giovanni peint ensuite un saint Jérôme dans la manière de Masaccio, puis le retable dit de Fiesole (la Vierge assise, tenant l’Enfant debout sur ses genoux, entourée d’anges en adoration), ainsi qu’une Annonciation aujourd’hui conservée au musée du Prado. Deux autres Annonciations suivront, visibles à San Giovanni Valdarno et à Cortone. Il réalise aussi plusieurs grandes compositions mariales, dont deux Couronnements de la Vierge conservés respectivement à Florence et à Paris, ainsi qu’un triptyque de saint Pierre martyr commandé par les dominicaines observantes du monastère San Pietro Martire, rattaché aux dominicains de Fiesole.

    L’art de Fra Giovanni hérite du gothique tardif (ornementation soignée, détails précieux, figures élancées), mais il donne à ses personnages un volume plus solide, en les inscrivant dans un espace réaliste régi par les lois de la perspective. Plusieurs Vierges à l’Enfant, conservées notamment à San Marco et à Francfort, témoignent de cette synthèse et comptent parmi les œuvres majeures de sa maturité.

    En 1438, une partie des dominicains de Fiesole s’installe au couvent Saint-Marc de Florence, que Côme de Médicis vient de leur offrir. Fra Angelico participe au transfert, tout en conservant sans doute encore quelque temps son atelier à Fiesole, avant de s’établir définitivement à Saint-Marc. La décoration du couvent devient alors un vaste chantier : retable peint a tempera, cloître, réfectoire, salle capitulaire, couloirs et cellules ornées d’épisodes de la vie du Christ. Aujourd’hui encore, ces fresques conduisent à l’admiration et à la contemplation.

    Quelques années plus tard, Fra Angelico séjourne à Rome, au couvent de la Minerve, pour répondre aux commandes pontificales. Les travaux confiés par Eugène IV ont disparu, mais son successeur lui demande de décorer la chapelle dite Niccoline, consacrée aux saints Étienne et Laurent ; il intervient également à la cathédrale d’Orvieto.

    Revenu en Toscane, il est nommé prieur de San Domenico. De cette période datent notamment le Retable de Bosco ai Frati (Retable du bosquet des frères) et les panneaux de l’Armadio degli Argenti (Armoire aux argents), conservés à Saint-Marc, ainsi qu’un tondo de l’Adoration des Mages, où la foule se presse sous une arche de pierre pour venir, au premier plan, s’agenouiller devant l’Enfant.

    Il retourne ensuite à Rome pour achever un retable dont ne subsistent que des fragments. Il y meurt en 1455 et est enseveli à la Minerve. Jean-Paul II le béatifie en 1982.

    Vasari a écrit, à propos de ses œuvres : « On ne peut se rassasier de les contempler. » Ce jugement vaut sans doute pour toutes. Fra Angelico ne se contente pas de peindre des scènes sacrées : il ouvre une fenêtre sur le Ciel. Ses images réveillent, au cœur de l’homme d’aujourd’hui, le désir de la Patrie perdue, trop souvent étouffé par le « divertissement » dont parle Pascal ou par cette « région de la dissemblance » évoquée par saint Augustin. En montrant la lumière du Christ, elles rappellent silencieusement le but véritable de la vie humaine.

    Docteur en philosophie, Vincent-Marie Thomas est prêtre.


    Aller plus loin

    Giorgio Vasari, Le Vite de’ più eccellenti Pittori, Scultori, e Architettori, Scritte, e di nuovo Ampliate da M. Giorgio Vasari Pit. e Archit. Aretino, Firenze, Giunti, 1568. Il s’agit de la deuxième édition, augmentée. La notice sur Fra Angelico se trouve au volume II, p. 358-365. Disponible en ligne (en italien). Une traduction française est disponible.


    En complément

    • Michel Feuillet, Fra Angelico : l’invisible dans le visible, Paris, Mame, 2017, 220 pages ; L’Enfance de Jésus selon Fra Angelico, Paris, Desclée de Brouwer, 2017, 148 pages.
    • Stephan Beissel, Fra Angelico : Painter of Heavenly Grace, Parkstone International, 2019, 256 pages.
    • Giorgio Bonsanti, Beato Angelico. Catalogo completo, Firenze, Octavo-Franco Cantini, « Biblioteca d’Arte », 1998, 173 pages.
    • John W. Pope-Hennessy, Angelico, New-York, Harper and Row, 1981, 79 pages.
    • Nathaniel Silver (ed.), Fra Angelico : Heaven on earth, Boston, Musée Isabella Stewart Gardner, 2018, 250 pages.
  • Mardi gras et Mercredi des Cendres

    IMPRIMER

    Du Père Roch Valentin sur le site du diocèse de Belley-Ars :

    Mardi gras et mercredi des cendres

    Après le carnaval et ses festivités, nous entrons dans le temps du carême. Pour tout savoir sur le sens du mardi gras et du mercredi des cendres, début du temps liturgique du carême.

    Le Carnaval et mardi gras

    La semaine précédant le mercredi des Cendres, c'est le carnaval, temps de fantaisie avant l'austérité. Et le dernier jour du carnaval, c'est le mardi gras. Ce sont les dernières réjouissances avant de se lancer résolument dans le temps de la pénitence. C'est le dernier moment pour consommer les provisions d'aliments « gras » dont on se passera en carême. Il est de tradition de faire des crêpes ou des bugnes (appelées merveilles ou oreilles suivant les régions). Cela nous rappelle le temps où, pour écouler les oeufs avant de n'en plus manger pendant le carême, on les consommait dans la pâte à crêpe, à beignet... Mais les oeufs sans réfrigérateurs ne se conservent pas six semaine, et les poules ne cessent pas de pondre parce qu'on ne mange pas leurs oeufs, alors, à la mi-Carême (4e dimanche dit de Laetare), on recommencera, avant de se replonger avec sérieux dans nos efforts. Et enfin, à Pâques, on les décorera avant de les cacher dans le jardin.

    Le mercredi des Cendres

    La Bible

    Dans la Bible, les cendres sont la manière de confesser publiquement sa faute et d'exprimer sa volonté de changer de vie. Pensons à la grande ville de Ninive dont le roi, en entendant la prédication de Jonas annonçant la destruction dans quarante jours, ordonne à tous les habitants, hommes et animaux, de jeûner et de faire pénitence avec un sac comme habit et dans la cendre. Se couvrir la tête de cendre, c'est aussi dans l'Ancien Testament, la manière de se préparer à prier le Seigneur de façon à être entendu. Nous voyons cela par exemple avec la reine Esther qui quitte tous ses atours et se couvre de cendre pour prier avant de se parer à nouveau pour se présenter devant le roi et intercéder en faveur du peuple juif. Les livres de Sagesse, eux, montre par cette réalité poussiéreuse la fugacité de la vie, la pauvreté de l'existence, invitant à ce confier davantage au Seigneur.

    L'origine

    Dans l'Antiquité chrétienne, le carême était la période de préparation à la réintégration des pénitents. Les pénitents étaient des chrétiens ayant commis des fautes graves et désirant retrouver la communion avec Dieu dans l'Eglise. Pour cela, ils confessaient en secret à l'évêque leurs péchés et étaient admis ensuite publiquement dans l'ordre des pénitents en recevant les cendres sur la tête. A la fin de la période de pénitence faite de renoncements, de charité et de prière intense, ils recevaient l'absolution de l'évêque le Jeudi Saint et retrouvaient leur place parmi les fidèles pour célébrer Pâques. Jusqu'au VIe siècle, cette cérémonie avait lieu le 6e dimanche avant Pâques, mais avec Grégoire le Grand, elle a été avancée au mercredi précédant pour totaliser 40 jours de pénitence, car les dimanches n'en sont pas. Mais dès cette époque, le Pape lui-même se faisait imposer les cendres en signe de pénitence et de préparation à Pâques. Cela se faisait à la basilique Sainte-Anastasie au Palatin, avant de monter pieds nus à Sainte-Sabine sur l'Aventin pour la première prédication de carême. Elle lui rappelait que, tout pape qu'il était, il était poussière et y retournerai. Ce signe de la pénitence est désormais reçu par tous les fidèles catholiques. Mais se souvenir de son origine doit nous inciter à bien nous confesser avant la grande fête, même si nous ne faisons plus publiquement notre pénitence, à entrer véritablement dans une logique de conversion et d'intensification de la vie chrétienne.

    Aujourd'hui

    La liturgie du mercredi des cendres, de nos jours, peut être célébrée soit au cours d'une célébration de la Parole, soit au cours de la messe. On entend toujours l'évangile selon saint Matthieu (chapitre 6) dans lequel le Christ nous apprend à faire l'aumône, à prier et à jeûner dans le secret, sous le seul regard de notre Père. Ça sera notre feuille de route pour le carême. Après l'homélie, le prêtre bénit les cendres, produites en principe par l'incinération des rameaux de l'année précédente. Puis il s'impose à lui-même la cendre, s'il n'y a pas d'autre prêtre pouvant le lui faire, et ensuite il l'impose à chaque fidèle, soit en en répandant un peu sur la tête, soit en marquant le front en signe de croix. Il joint à ce geste ces mots : « Convertissez-vous et croyez à l'Evangile. » C'est l'exhortation à entrer en vérité dans le carême. Ou encore : « Souviens-toi que tu es poussière et que tu retourneras en poussière. » C'est l'invitation à accepter notre condition mortelle du fait du péché, dans la confiance que Dieu peut nous pardonner et nous ressusciter.

    Jour de jeûne et d'abstinence

    Ce jour est l'un des deux seuls jours de jeûne et d'abstinence de l'année (avec le Vendredi Saint), ne passons pas à coté. Pour mémoire, tous les vendredis de l'année, c'est abstinence. C'est-à-dire qu'on s'abstient de viande, d'alcool, de tabac... et on prend plus de temps pour la prière et le partage. Les vendredis de carême, en France, c'est spécifiquement de viande que l'on s'abstient. Les jours de jeûne, on s'abstient de viande et se prive substantiellement de nourriture selon son âge et ses forces.

  • Le Mardi Gras est aussi le jour où l'on célèbre la fête de la Sainte Face

    IMPRIMER

    Au XIX° siècle, Marie de Saint-Pierre et de la Sainte Famille est connue pour avoir initié la dévotion à la Sainte Face de Jésus et Maria Pierina De Micheli réputée pour avoir été une « apôtre de la Sainte Face ». Ce siècle ouvre en effet la voie à l'ensemble de la dévotion romaine des reliques, des corps saints et images miraculeuses, dans un processus de « recharge sacrale » ou de relance dévotionnelle des sanctuaires de pèlerinage, ébranlées par la contestation interne du XVIII° siècle, appelé le « siècle des Lumières. »

    La dévotion à la Sainte-Face de Jésus a été approuvée par le Pape Léon XIII en 1885

    La première médaille de la Sainte-Face a été offerte au Pape Pie XII qui a approuvé la dévotion et la médaille. En 1958, le pape a officiellement déclaré que la fête de la Sainte-Face de Jésus, serait le mardi précédant le mercredi des Cendres (mardi gras) pour tous les catholiques romains. La Sainte Face, manifestée dans le voile de Manoppello en Italie, miraculeusement apparu, attire de nombreux pèlerins qui viennent adorer la Sainte Face de Jésus. (source)

    D'Ermes Dovico sur le site de la Nuova Bussola Quotidiana :

    Le visage de Jésus, la lumière pour notre millénaire

    21-02-2023

    Ce mardi, c'est la fête de la Sainte Face, souhaitée par Jésus et encore peu répandue, mais qui a une base solide dans les Écritures et dans les enseignements des saints. Parmi eux, le pape Jean-Paul II, qui, dans Novo millennio ineunte, a indiqué la "contemplation du visage du Christ" comme la voie à suivre pour l'Église et le monde.

    "Ta face, Seigneur, je la cherche" [Ps 27 (26), 8]. Les paroles du psalmiste résonnent avec une intensité particulière en ce mardi précédant le mercredi des Cendres et coïncident donc avec le jour indiqué par Jésus, dans ses révélations à la bienheureuse Maria Pierina de Micheli, pour célébrer la fête de sa Sainte Face. Cette fête n'est pas encore très répandue dans l'Église (comme l'a rapporté à plusieurs reprises la Nuova Bussola) et se limite surtout à l'initiative de prêtres dévots et de quelques instituts religieux ayant le charisme spécifique de l'adoration de la Sainte Face.

    Lire la suite

  • Le pape Léon XIV marquera le début du Carême par une procession historique sur une ancienne colline romaine.

    IMPRIMER

    De Kristina Millare pour EWTN News (CWR) :

    Le pape Léon XIV marquera le début du Carême par une procession historique sur une ancienne colline romaine.

    Le pape Léon XIV présidera la procession et la messe traditionnelles du mercredi des Cendres, le 18 février, sur la colline de l'Aventin à Rome, un important lieu de pèlerinage chrétien depuis plus de 1 500 ans.

     

    Le pape Léon XIV présidera la procession et la messe traditionnelles du mercredi des Cendres sur la colline de l'Aventin à Rome, un lieu important de vénération et de pèlerinage chrétien depuis plus de 1 500 ans.

    Pour les ordres religieux dominicains et bénédictins, dont les communautés ont une présence historique importante sur l'Aventin, la visite du Saint-Père le 18 février sera une occasion spéciale pour commencer le temps liturgique de l'Église consacré à la prière et au jeûne avant Pâques.

    Le premier jour du pèlerinage de 40 jours du Carême — institué officiellement au VIe siècle par le pape Grégoire le Grand et rétabli par le pape Jean XXIII en 1959 —, le pape conduit une procession pénitentielle de l'église bénédictine Sant'Anselmo jusqu'à la basilique dominicaine Santa Sabina, située à proximité.

    « Marcher avec le pape Léon XIV lors de ce pèlerinage depuis l’église Sant’Anselmo toute proche sera pour nous tous un signe, un symbole du travail spirituel qui s’accomplit dans nos cœurs pendant le Carême », a déclaré à EWTN News le père Patrick Briscoe, OP, habitant de Santa Sabina. « Nous serons tous ensemble en pèlerinage. »

    Cette année, le pape Léon présidera une courte prière l'après-midi au monastère bénédictin, puis célébrera la messe du mercredi des Cendres à Santa Sabina, une basilique du IVe siècle offerte à saint Dominique et à l'Ordre des Prêcheurs en 1219 par le pape Honorius III.

    « Le pape lui-même impose les cendres aux cardinaux pendant la messe », a ajouté Briscoe. « Les cardinaux représentent toute l’Église et symbolisent notre union et notre respect de l’exemple du pape. »

    Dans le cadre de la tradition du Carême, le pape conduit la procession à travers les portes principales de Santa Sabina, qui abrite la plus ancienne représentation artistique connue de Jésus-Christ crucifié.

    « Sur la porte, nous avons un symbole chrétien très important… Il nous permet de réfléchir au sens du Carême et d’embrasser les souffrances du Christ », a déclaré Briscoe.

    « Si l’on considère la situation d’un point de vue historique et l’évolution de la compréhension chrétienne, on ne savait pas vraiment comment aborder la question de la croix », a-t-il expliqué. « Il nous a fallu un siècle pour la représenter. »

    « Cela nous invite tous, à l’aube du Carême, à redécouvrir le sens de nos souffrances et comment les faire transformer par le sacrifice même du Christ », a-t-il déclaré.

    Le père Eusebius Martis, OSB, professeur de théologie sacramentelle à l'Athénée pontifical de Sant'Anselmo, a déclaré à EWTN News que l'Aventin est un lieu idéal pour la prière et le pèlerinage.

    « C'est vraiment un endroit idéal car c'est calme et un peu à l'écart, mais pas trop loin [du centre-ville] », a-t-il déclaré.

    Selon Martis, la nature de l'Aventin a inspiré, à travers les siècles, artistes et pèlerins, les incitant à contempler la mort et la résurrection de Jésus-Christ.

    « La feuille d’acanthe pousse partout sur notre propriété ici à Sant’Anselmo », a déclaré Martis. « Elle meurt et reste couchée au sol… complètement morte jusqu’au printemps, où elle reprend vie. »

    « Dans quelques semaines, elle commencera à fleurir, ce qui représente une floraison aux alentours de Pâques », a-t-il déclaré.

    Montrant du doigt les reliefs de feuilles d'acanthe ornant les colonnes corinthiennes à l'intérieur de la basilique Sant'Anselmo, Martis a expliqué que plusieurs églises de Rome représentaient délibérément cette feuille pour symboliser la croyance de l'Église en la victoire de Jésus sur le péché et la mort.

    « Les architectes voulaient que nous nous souvenions que, chaque fois que nous sommes à l’autel, nous sommes à Pâques », a déclaré le père bénédictin.

  • Saint Claude de la Colombière, apôtre de la confiance (15 février)

    IMPRIMER

    Saint Claude La Colombière, apôtre de la confiance

    « Si tu crois, tu verras la puissance de mon Coeur »

    En ce 15 février, nous fêtons saint Claude La Colombière, mort en 1682 à Paray-le-Monial, canonisé par le pape Jean-Paul II le 31 mai 1992.

    Il fut celui qui rassura Marguerite-Marie et sa supérieure sur l’authenticité de ce qu’elle vivait et le premier apôtre de la dévotion au Sacré-Cœur. Mais il y a plus que cela ; doué de qualités humaines et spirituelles exceptionnelles, ayant saisi et expérimenté la valeur éminente du message reçu par la religieuse visitandine et associé à sa divulgation, il en est aujourd’hui encore un témoin exceptionnel, qui nous offre de découvrir, par sa vie et ses écrits, une expérience vécue, accessible et lumineuse, bouleversante et actuelle, de l’amour passionné de Dieu pour chacun de nous, qui, lorsqu’il est accueilli avec une confiance à sa (dé)mesure, saisit et oriente radicalement notre être vers sa fin bienheureuse: «Si tu crois, tu verras la puissance de mon Cœur».

    Etre à Dieu sans réserve

    Claude La Colombière est né le 2 février 1641 à Saint Symphorien d'Ozon dans le Dauphiné, au sein d’une famille profondément chrétienne : sur les cinq enfants qui survécurent, trois des quatre garçons devinrent prêtres et l’unique fille religieuse visitandine. Après avoir fait ses études à Lyon chez les Jésuites, Claude entra à 17 ans au noviciat de la Compagnie de Jésus à Avignon, pour répondre à l’appel de Dieu et lui appartenir « sans réserve », selon la devise de sa famille. Au terme de ses deux années de noviciat, son père maître fait état des qualités exceptionnelles du jeune profès : « Claude La Colombière a de très grands dons, un rare bon sens, une prudence remarquable, une expérience déjà assez développée ; il a pris un bon départ pour les études. Son tempérament est plein de douceur. Ses forces physiques sont délicates. Il est fait pour assumer toute tâche (Ad omnia factus) ». Témoignage du soin que l’on prit de sa formation, il fut envoyé par le Père Général à Paris pour faire ses études de théologie, et fut ainsi témoin des débuts de la controverse anti-janséniste. C’est là qu’il est ordonné prêtre le 6 avril 1669.

    Le « fidèle serviteur et parfait ami » de Jésus-Christ

    « Il me dit qu’il m’enverrait son fidèle serviteur et parfait ami qui m’apprendrait à le connaître et à m’abandonner à lui sans plus de résistance ». Telle est la promesse que le Christ fità Marguerite-Marie, religieuse au couvent de la Visitation de Paray-le-Monial, alors qu’elle était en proie aux critiques et au doute concernant les visions et apparitions dont le Christ la gratifiait. Quelques temps plus tard, elle rencontrait notre jeune jésuite qui, avec un jugement sûr, reconnut immédiatement l’origine divine de ces manifestations.

    Lire la suite

  • "Je m'en souviens encore" (Jean-Pierre Snyers)

    IMPRIMER

    Je m'en souviens encore,
    malgré tous mes oublis,
    de ce monde où j'étais
    avant d'avoir trahi.
    Tu ne me demandais rien,
    sinon d'accepter d'être
    et de boire à la source 
    qui me donnait la vie.
    Au feu de ton amour,
    j'étais libre et heureux,
    vaillant et immortel,
    jusqu'à cette rupture
    qui me coupa de Toi.
    Comment au-je pu, Seigneur,
    trahir ma liberté,
    marchander le néant
    contre l'éternité?
    Le jour où je le fis
    je le sais Tu pleuras 
    et seul dans Tes pensées,
    tu me regardais vivre
    dans l'envers du décor,
    dans ce décor de mort
    que le temps façonna.
    Alors, pris de chagrin,
    Toi le Dieu créateur, 
    en cet homme que je suis,
    Tu Te fis créature.
    Au risque de Te perdre,
    mon néant Tu le pris,
    pour qu'un jour à nouveau,
    je sois ce que je fus.
     
    Jean-Pierre Snyers
     

  • Quand Jésus vient accomplir la Loi et les Prophètes (6e dimanche du temps ordinaire)

    IMPRIMER

    les lectures (EAQ)

    Homélie du Père Joseph-Marie Verlinde (fsJ) (Homelies.fr - Archive 2011)

    « La vie et la mort sont proposées aux hommes, l’une ou l’autre leur est donnée selon leur choix » (1ère lect.). Ce verset tiré de la première lecture de la liturgie de ce dimanche, pourrait être une illustration des deux Arbres du livre de la Genèse : l’Arbre de la vie et l’Arbre de la connaissance du bien et du mal (Gn 2, 9). Nous ne sommes pas « déterminés » au mal ; le péché n’est pas une fatalité ; mais nous sommes invités à discerner le bien à la lumière de l’Esprit, et à l’accomplir dans la force qu’il nous donne : « Si tu le veux, tu peux observer les commandements, il dépend de ton choix de rester fidèle ». Telle est la Bonne Nouvelle annoncée par le Sage, et réalisée en Jésus, mort au péché, et ressuscité dans la puissance de l’Esprit de liberté et de vie. Car la vraie liberté consiste à pouvoir discerner et choisir ce qui promeut la vie que le Père nous donne et dont il veut nous combler.

    La Révélation nous enseigne qu’après la rupture du péché, qui avait conduit au triomphe de la mort, cette liberté nous est à nouveau donnée dans la participation à la vie filiale de Jésus (cf. 2 P 1, 4). Tel est le projet de Dieu sur nous, « sagesse tenue cachée, prévue par lui dès avant les siècles, pour nous donner la gloire. Et c’est à nous que Dieu, par l’Esprit, a révélé cette sagesse » (2ème lect.). 

    Dès lors, si la vérité de notre condition humaine consiste à vivre uni au Christ, l’union à Jésus par la foi est l’unique chemin qui nous conduit à l’Arbre de vie, nous restaure dans une relation filiale avec Dieu, et nous ouvre à la fraternité universelle. 

    On comprend dès lors que loin de vouloir « abolir » les commandements qui balisent notre marche sur le chemin de la liberté et de la vie, Notre-Seigneur est tout au contraire venu « accomplir la Loi et les Prophètes », afin de mettre en pleine lumière la voie qui conduit à Dieu son Père et notre Père, en passant par l’obéissance à sa Parole.

    Lire la suite

  • Esto mihi in Deum protectórem (Introit du 6e dimanche du TO)

    IMPRIMER

    Introitus Introït
    Ps. 30, 3-4  
    ESTO mihi in Deum protectórem, et in locum refúgii, ut salvum me fácias: quóniam firmaméntum meum, et refúgium meum es tu: et propter nomen tuum dux mihi eris, et enútries me. Ps. ibid., 2 In te, Dómine, sperávi, non confúndar in ætérnum: in iustítia tua líbera me, et éripe me. ℣. Glória Patri. Sois-moi un Dieu protecteur et une maison de refuge, afin que Tu me sauves. Car Tu es ma force et mon refuge, et à cause de Ton nom, Tu seras mon guide et Tu me nourriras. Ps. 30,2 J’ai espéré en Toi, Seigneur : que je ne sois jamais confondu, dans Ta justice, délivre-moi et sauve-moi.
  • Dieu ne nous sauve pas sans nous (homélie pour le 6ème dimanche du T.O.)

    IMPRIMER

    Dieu ne nous sauve pas sans nous

    homélie de l'abbé Christophe Cossement pour le 6e dimanche de l’année A, 15 février 2026

    Avez-vous déjà ressenti le vertige de votre liberté ? Cette possibilité de faire basculer notre vie vers la lumière ou vers les ténèbres ? L’Écriture aujourd’hui nous fait mesurer l’enjeu de ce don immense que Dieu nous a fait : notre liberté. Nous lisons en effet : « La vie et la mort sont proposées aux hommes, l’une ou l’autre leur est donnée selon leur choix. » (Sir 15,17)

    Bien sûr il y a des choix anodins, comme de mettre du ketchup ou de la mayonnaise sur ses frites, ou de manger ceci plutôt que cela. Mais d’autres choix sont des choix qui nous impliquent profondément. Ils concernent tellement notre identité de fils, de fille de Dieu, qu’ils deviennent des choix de vie ou de mort.

    Bien sûr, en régime chrétien, si nous parvenons au salut, à la vie éternelle, c’est en raison de l’œuvre du Christ, c’est le don de sa vie qui peut nous rendre vivants pour toujours. Nous ne faisons pas la conquête du Ciel par nous-mêmes. Mais Dieu ne nous sauve pas sans nous. La façon dont il a formé son peuple pendant toute l’histoire du peuple hébreu depuis la sortie d’Égypte doit nous instruire. C’est en donnant une Loi aux hommes que Dieu leur témoigne son amour. Bien souvent il dit que c’est en écoutant sa parole qu’on trouvera la paix et la vie. Cette Loi, Jésus affirme qu’il ne vient pas pour l’abolir, en messie cool qu’il serait. Il dit qu’il vient « l’accomplir » (Mt 5,17), et il enseigne comment.

    Il enseigne que ce n’est pas anodin, la façon dont nous traitons les autres, dont nous les respectons ou pas. Il en va de notre salut. Bien sûr, il n’est pas question de tuer ; mais on ne peut pas non plus penser être sauvé en insultant son frère, en le méprisant — et, cela va sans le dire, en le frappant. Si on veut donner à Dieu l’occasion de nous saisir pour nous donner la vie, il est temps de faire notre partie du chemin et prendre notre part de la réconciliation. Bien sûr, l’autre pourra refuser, ou demeurer une telle menace que nous devrons rester loin de lui. Mais notre cœur au moins voudra la paix et le pardon.

    Jésus parle aussi de la manière dont on traite les personnes qui nous attirent. Même la façon de regarder une femme dit quelque chose de ce qui se joue en nous, salut ou perdition. L’exemple que Jésus donne de se couper une main ou s’arracher un œil pour demeurer dans la pureté nous montre l’intensité du combat que beaucoup d’entre nous ont à mener. Il ne s’agit pas de se rassurer en pensant : tout le monde vit comme cela. Et bien que ce combat soit parfois décourageant, il faut le mener sans cesse, et demander souvent à Dieu la grâce. Il en est de même pour la fidélité dans le mariage. Elle n’est pas donnée une fois pour toutes, vous le savez bien. Mais dans l’évangile Jésus vient de disqualifier le remariage. Il est bon d’en tenir compte, d’accueillir son interpellation et, le cas échéant, voir comment avancer vers mieux.

    Enfin, nos choix de vie ou de mort se jouent aussi au niveau de notre parole. Dans un monde où le mensonge revient en force, où les personnes les plus haut placées étalent leur mauvaise conduite, ne nous laissons pas non plus décourager. La société, la famille, ont besoin d’hommes et de femmes de parole, pour qui « oui » est « oui » et « non » est « non », même quand cela leur coûte. Qu’il est bon de pouvoir avancer dans la lumière de la vérité et de s’abriter à l’ombre d’un cœur droit !

    Enfin, si dans tous ces domaines nous avons l’impression de perdre quelque chose en écoutant le Christ, sachons que nous gagnons tout et que le Maître de la vie saura nous récompenser. Que l’Esprit Saint nous montre comment coopérer à notre salut, comment traduire dans nos choix l’œuvre de vie que Dieu veut faire en chacun de nous !

  • "Ecouter et jeûner; le carême comme temps de conversion" (message du pape pour le carême 2026)

    IMPRIMER

    MESSAGE DU SAINT-PÈRE LÉON XIV
    POUR LE CARÊME 2026

    Écouter et jeûner.

    Le Carême comme temps de conversion

    Chers frères et sœurs !

    Le Carême est le temps où l’Église, avec une sollicitude maternelle, nous invite à remettre le mystère de Dieu au centre de notre vie, afin que notre foi retrouve son élan et que notre cœur ne se disperse pas entre les inquiétudes et les distractions quotidiennes.

    Tout cheminement de conversion commence lorsque nous nous laissons rejoindre par la Parole et que nous l’accueillons avec docilité d’esprit. Il existe donc un lien entre le don de la Parole de Dieu, l’espace d’hospitalité que nous lui offrons et la transformation qu’elle opère. C’est pourquoi le cheminement du Carême devient une occasion propice pour prêter l’oreille à la voix du Seigneur et renouveler la décision de suivre le Christ, en parcourant avec Lui le chemin qui monte à Jérusalem où s’accomplit le mystère de sa passion, de sa mort et de sa résurrection.

    Écouter

    Cette année, je voudrais attirer l’attention, en premier lieu, sur l’importance de laisser place à la Parole à travers l’écoute, car la disposition à écouter est le premier signe par lequel se manifeste le désir d’entrer en relation avec l’autre.

    Dieu Lui-même, se révélant à Moïse depuis le buisson ardent, montre que l’écoute est un trait distinctif de son être : « J’ai vu la misère de mon peuple qui est en Égypte, et j’ai entendu ses cris » (Ex 3, 7). L’écoute du cri de l’opprimé est le début d’une histoire de libération dans laquelle le Seigneur implique également Moïse, en l’envoyant ouvrir une voie de salut à ses enfants réduits en esclavage.

    Un Dieu engageant nous rejoint aujourd’hui aussi avec des pensées qui font vibrer son cœur. Pour cela, l’écoute de la Parole dans la liturgie nous éduque à une écoute plus authentique de la réalité : parmi les nombreuses voix qui traversent notre vie personnelle et sociale, les Saintes Écritures nous rendent capables de reconnaître celle qui s’élève de la souffrance et de l’injustice, afin qu’elle ne reste pas sans réponse. Entrer dans cette disposition intérieure de réceptivité c’est se laisser instruire aujourd’hui par Dieu à écouter comme Lui, jusqu’à reconnaître que « la condition des pauvres est un cri qui, dans l’histoire de l’humanité, interpelle constamment notre vie, nos sociétés, nos systèmes politiques et économiques et, enfin et surtout, l’Église ». [1]

    Jeûner

    Si le Carême est un temps d’écoute, le jeûne constitue une pratique concrète qui dispose à l’accueil de la Parole de Dieu. L’abstinence de nourriture est, en effet, un exercice ascétique très ancien et irremplaçable dans le chemin de conversion. Précisément parce qu’il implique le corps, il rend plus évident ce dont nous avons “faim” et ce que nous considérons comme essentiel à notre subsistance. Il sert donc à discerner et à ordonner les “appétits”, à maintenir vigilant la faim et la soif de justice en les soustrayant à la résignation, en les éduquant pour qu’ils deviennent prière et responsabilité envers le prochain.

    Saint Augustin, avec finesse spirituelle, laisse entrevoir la tension entre le temps présent et l’accomplissement futur qui traverse cette garde du cœur, lorsqu’il observe que : « Au cours de la vie terrestre, il appartient aux hommes d’avoir faim et soif de justice, mais en être rassasiés appartient à l’autre vie. Les anges se rassasient de ce pain, de cette nourriture. Les hommes, en revanche, en ont faim, ils sont tous tendus vers le désir de celui-ci. Cette tension dans le désir dilate l’âme, augmente sa capacité ». [2] Le jeûne, compris dans ce sens, nous permet non seulement de discipliner le désir, de le purifier et de le rendre plus libre, mais aussi de l’élargir de manière à ce qu’il se tourne vers Dieu et s’oriente à accomplir le bien.

    Cependant, pour que le jeûne conserve sa vérité évangélique et échappe à la tentation d’enorgueillir le cœur, il doit toujours être vécu dans la foi et l’humilité. Cela exige de rester enraciné dans la communion avec le Seigneur parce que « personne ne jeûne vraiment s’il ne sait pas se nourrir de la Parole de Dieu ». [3] En tant que signe visible de notre engagement intérieur à nous soustraire, avec le soutien de la grâce, au péché et au mal, le jeûne doit également inclure d’autres formes de privation visant à nous faire acquérir un mode de vie plus sobre, car « c’est l’austérité seule qui rend authentique et forte notre vie chrétienne ». [4]

    Je voudrais donc vous inviter à une forme d’abstention très concrète et souvent peu appréciée, celle des paroles qui heurtent et blessent le prochain. Commençons par désarmer le langage en renonçant aux mots tranchants, aux jugements hâtifs, à médire de qui est absent et ne peut se défendre, aux calomnies. Efforçons-nous plutôt d’apprendre à mesurer nos paroles et à cultiver la gentillesse : au sein de la famille, entre amis, dans les lieux de travail, sur les réseaux sociaux, dans les débats politiques, dans les moyens de communication, dans les communautés chrétiennes. Alors, nombre de paroles de haine laisseront place à des paroles d’espoir et de paix.

    Ensemble

    Enfin, le Carême met en évidence la dimension communautaire de l’écoute de la Parole et de la pratique du jeûne. L’Écriture souligne également cet aspect de nombreuses façons. Par exemple, lorsqu’elle raconte, dans le livre de Néhémie, que le peuple se rassembla pour écouter la lecture publique du livre de la Loi et, pratiquant le jeûne, se disposa à la confession de foi et à l’adoration afin de renouveler l’alliance avec Dieu (cf. Ne 9, 1-3).

    De même, nos paroisses, les familles, les groupes ecclésiaux et les communautés religieuses sont appelés à accomplir pendant le Carême un cheminement commun dans lequel l’écoute de la Parole de Dieu, tout comme celle du cri des pauvres et de la terre, devienne une forme de vie commune et dans lequel le jeûne soutienne une authentique repentance. Dans cette perspective, la conversion concerne, outre la conscience de chacun, le style des relations, la qualité du dialogue, la capacité à se laisser interroger par la réalité et à reconnaître ce qui oriente véritablement le désir, tant dans nos communautés ecclésiales que dans l’humanité assoiffée de justice et de réconciliation.

    Biens aimés, demandons la grâce d’un Carême qui rende notre oreille plus attentive à Dieu et aux plus démunis. Demandons la force d’un jeûne qui passe aussi par la langue, afin que diminuent les paroles qui blessent et que grandisse l’espace pour la voix de l’autre. Et faisons en sorte que nos communautés deviennent des lieux où le cri de ceux qui souffrent soit accueilli et où l’écoute engendre des chemins de libération, nous rendant plus prompts et plus diligents à contribuer à l’édification de la civilisation de l’amour.

    Je vous bénis de tout cœur ainsi que votre cheminement de Carême.

    Du Vatican, le 5 février 2026, mémoire de sainte Agathe, vierge et martyre.

    LÉON PP. XIV

    ______________________________________________

    [1] Exhort. ap. Dilexi te (4 octobre 2025), 9.

    [2] Saint Augustin, L’utilité du jeûne, 1, 1.

    [3] Benoît XVI, Catéchèse (9 mars 2011).

    [4] Saint Paul VI, Catéchèse (8 février 1978).