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Spiritualité - Page 7

  • Au sanctuaire de Banneux, premier Festival marial missionnaire : Marie, visage du dialogue et de la mission en Asie

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    Une dépêche de l'Agence Fides (Marie-Lucile Kubacki) :

    Au sanctuaire de Banneux, premier Festival marial missionnaire : Marie, visage du dialogue et de la mission en Asie

    24 juillet 2026
     

    Banneux (Fides) - Mettre en évidence le lien qui unit la dévotion à la Mère de Dieu à la vocation missionnaire et à la joie d'annoncer l'Évangile, joie que l'on peut ressentir par chaque baptisé : c'est le cœur de la première édition du Festival Marial Missionnaire, qui se tiendra au sanctuaire de Notre-Dame de Banneux, en Belgique, le dimanche 26 juillet 2026.

    Organisé par l’Union Pontificale Missionnaire (UPM) en collaboration avec la communauté européenne de pèlerinage vietnamien, cet événement inédit rassemble fidèles et missionnaires autour de la figure mariale, dont la dévotion est largement répandue sur le continent asiatique. Comme l'explique le Père Dinh Anh Nhue Nguyen (OFMConv), Secrétaire Général de l'Union Pontificale Missionnaire : « Il s'agit de la première édition d'un festival qui réunit la matrice mariale et la matrice missionnaire. La dévotion mariale, très ressentie dans les pays asiatiques, s'unit à l'engagement missionnaire de tous les baptisés. Ils sont appelés à être des disciples missionnaires comme Marie. »

    À l’occasion de cette première édition, une messe d’action de grâce sera célébrée pour la béatification du prêtre martyr Francis Xavier Trương Bửu Diệp le 2 juillet 2026, événement de portée majeur puisqu’il s’agissait de la toute première cérémonie de béatification jamais célébrée sur le sol vietnamien. La célébration eucharistique (en vietnamien) sera présidée par Mgr Frédéric Rossignol, évêque de Tournai. En amont de la messe, deux conférences — dispensées en anglais et en vietnamien — seront animées par le père Anthony Chantry (MHM), directeur national de Missio pour l'Angleterre et le Pays de Galles, et le père Dinh Anh Nhue Nguyen.

    Le Père Anh Nhue indique que ces enseignements :« seront concentrés sur les aspects du vécu et du témoignage de la foi dans toutes les circonstances de la vie, que ce soit à la paroisse, au travail, à l’école, et dans la famille, et donc aussi sur le martyre, autour de la promesse du Christ venu "donner sa vie” afin que ses brebis “aient la vie en abondance." Il souligne également que cette perspective rejoint le message du Pape pour la prochaine Journée Missionnaire Mondiale, dans lequel le Souverain Pontife met l'accent sur la "Mission de l'Amour."

    En plaçant la Mère du Christ au centre de ce festival, les organisateurs mettent également l’accent sur une réalité importante de la vie spirituelle en Asie, celle de la dévotion mariale comme lieu privilégié d'inculturation et de rencontre interculturelle sur le continent. Mais comment? Et quelles conclusions les missionnaires peuvent-ils tirer de ce constat?

    Marie, pont entre les croyants et les cultures

    En 2023, le centre de recherche américain Pew Research Center a publié une enquête sur le bouddhisme, l'islam et le pluralisme religieux en Asie du Sud et du Sud-Est, en interrogeant plus de 12 000 personnes en Thaïlande, au Cambodge, en Malaisie, à Singapour et en Indonésie. Cette enquête a établi que de nombreux non-chrétiens vénéraient Marie. Afin de comprendre en profondeur la manière dont les Chrétiens et non-Chrétiens d'Asie abordent la Mère du Christ, l'Initiative for the Study of Asian Catholics (ISAC), un réseau académique international hébergé par l'Institut de recherche sur l'Asie de l'Université nationale de Singapour, en partenariat avec le Center for Marian Studies de Londres, ont organisé une conférence de recherche. Au cours de cette journée, 18 travaux de recherche explorant les dévotions mariales dans 11 pays et à travers cinq traditions religieuses ont été présentés.

    Le théologien et anthropologue Michel Chambon, fondateur d’ISAC, a présenté les résultats dans le World Mission Magazine, où il relève que la Vierge Marie transcende les frontières religieuses et donne plusieurs exemples. À l'église de la Novéna à Singapour, comme sur les sites de pèlerinage de Velankanni en Inde ou de Mariamabad au Pakistan, des milliers de fidèles musulmans et hindous viennent régulièrement confier leurs intentions et faire des vœux à Marie. À Singapour, le mouvement taoïste « Origin of the Self » (Origine du Soi), fondé par le professeur Zhang Bu Sheng, intègre Marie dans son panthéon aux côtés de Jésus et de saint Joseph. Ces fidèles ne s’intéressent pas à la maternité physique ; pour eux, la figure de Marie, considérée à la lumière de leurs croyances, incarne plutôt le modèle accompli de la personne qui, par la méditation et la vertu, génère un être divin de l'intérieur et transcende la mort. En Asie de l'Est, Marie coexiste avec des divinités féminines comme le Bodhisattva Guanyin ou la déesse Mazu à Taïwan. Des statues japonaises de l'ère Edo (Maria Kannon) aux peintures dissimulées de la dynastie Qing, jusqu'aux statues contemporaines coréennes en granit sculptées par Choi Jong-Tae selon le style bouddhique du VIe siècle, la figure mariale dialogue en profondeur avec le patrimoine artistique et spirituel asiatique.

    Michel Chambon rappelle également que l'attrait pour Marie s'enracine dans l’intimité des maisons, où ses images côtoient parfois d'autres figures spirituelles. La sphère domestique devient ainsi un lieu d'expression d'une « religion vécue ».

    De plus, la réappropriation culturelle de figures comme Notre-Dame de La Vang au Viêt Nam,représentée depuis la fin des années 1990 en tenue traditionnelle (áo dài), montre comment le catholicisme se redéfinit continuellement comme une foi authentiquement asiatique. « Les dévotions asiatiques soulignent la centralité de Marie dans le dialogue que les populations asiatiques entretiennent avec les traditions chrétiennes et non chrétiennes, affirme Michel Chambon. Marie en Asie reste une question intrigante qui nous fait sortir de notre zone de confort. Avec ses dévots haut en couleur, elle est une figure stimulante qui nous invite à reconsidérer notre position religieuse et nos manières de conceptualiser la religion, le catholicisme et le dialogue interreligieux. »

    En rassemblant la communauté à Banneux, ce premier Festival Marial Missionnaire illustre ainsi que la mission est avant tout une affaire de rencontre : celle qu'incarne le témoignage des martyrs et que Marie continue de favoriser entre les cultures et les croyants du monde entier.
    (Agence Fides 24/7/2026)

  • Saint Jacques "le Majeur" (25 juillet)

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    Lire la catéchèse du pape Benoît XVI

    Ci-contre : Le Greco, saint Jacques le Majeur (el-greco-a-tolede.html)

    De Missel.free : Jacques est un nom théophore, assez commun au temps du Christ, qui signifie « que (Dieu) protège », comme Jacob, dont il est la forme grécisée. Deux apôtres de Jésus portent le nom de Jacques : Jacques, dit le majeur, fils de Zébédée, dont on célèbre aujourd'hui la fête ; l'apôtre Jacques, dit le mineur, fils d'Alphée, premier évêque de Jérusalem et auteur de l'épître.

    Frère aîné de Jean l'évangéliste, Jacques était fils de Zébédée et de Salomé ; il habitait Bethsaïde ou Capharnaüm et pratiquait la pêche sur le lac de Génésareth, en compagnie de son père et de mercenaires embauchés. Sans doute était-il par sa mère cousin de Jésus et appartenait-il au groupe des disciples de Jean-Baptiste, qui sur les bords du Jourdain furent conquis par Jésus. Sa famille jouissait d'une certaine aisance, puisque son père avait des mercenaires et que sa mère aura la possibilité d'accompagner le Seigneur dans ses randonnées apostoliques, de lui venir en aide et d'acheter des aromates d'embaumement.

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  • 25 juillet : saint Jacques "le majeur"

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    Le mercredi 21 juin 2006, le pape Benoît XVI, au cours de l’audience générale du mercredi, a consacré sa catéchèse à la figure de l'apôtre :

    Chers frères et sœurs,

    En poursuivant la série de portraits des Apôtres choisis directement par Jésus au cours de sa vie terrestre, nous avons parlé de saint Pierre, de son frère André. Aujourd'hui, nous rencontrons la figure de Jacques. Les listes bibliques des Douze mentionnent deux personnes portant ce nom: Jacques fils de Zébédée et Jacques fils d'Alphée (cf. Mc 3, 17.18; Mt 10, 2-3), que l'on distingue communément par les appellations de Jacques le Majeur et Jacques le Mineur. Ces désignations n'entendent bien sûr pas mesurer leur sainteté, mais seulement prendre acte de l'importance différente qu'ils reçoivent dans les écrits du Nouveau Testament et, en particulier, dans le cadre de la vie terrestre de Jésus. Aujourd'hui, nous consacrons notre attention au premier de ces deux personnages homonymes.

    Le nom de Jacques est la traduction de Iákobos, forme grécisée du nom du célèbre Patriarche Jacob. L'apôtre ainsi appelé est le frère de Jean et, dans les listes susmentionnées, il occupe la deuxième place immédiatement après Pierre, comme dans Marc (3, 17), ou la troisième place après Pierre et André dans les Evangiles de Matthieu (10, 2) et de Luc (6, 14), alors que dans les Actes, il vient après Pierre et Jean (1, 13). Ce Jacques appartient, avec Pierre et Jean, au groupe des trois disciples préférés qui ont été admis par Jésus à des moments importants de sa vie.

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  • « Tirez-leur dessus, ce sont des religieuses ! » Les trois carmélites de Guadalajara (24 juillet 1936)

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    De Mgr. Alberto José González Chaves sur InfoVaticana :

    « Tirez-leur dessus, ce sont des religieuses ! » Les trois carmélites de Guadalajara

    « Tirez-leur dessus, ce sont des religieuses ! » Les trois carmélites de Guadalajara

    Le 24 juillet 1936, dans les rues de Guadalajara, trois carmélites déchaussées furent prises en chasse et abattues. L’aînée avait cinquante-huit ans ; les deux autres à peine trente. « Tirez-leur dessus, ce sont des religieuses ! » Il n’en fallut pas plus pour connaître le crime, la sentence et la cause du décès. On ne leur demanda pas leurs noms, on ne fouilla pas leurs poches, on ne vérifia pas si elles cachaient des armes, des documents ou des instructions ; il suffit de reconnaître chez ces trois femmes, maladroitement déguisées en femmes, quelque chose qu’elles n’avaient pu dissimuler : elles étaient religieuses. Elles ne moururent pas pour ce qu’elles avaient fait, mais pour ce qu’elles étaient ; elles n’appartenaient pas à un commando, elles ne portaient pas de fusils, elles ne défendaient pas une position militaire ; elles défendaient en silence le droit de Jésus-Christ à posséder pleinement un cœur humain. Les trois femmes moururent à quelques minutes d'intervalle et à quelques centaines de mètres de distance, mais ensemble, elles avaient parcouru un chemin bien plus long : celui d'une fidélité humble, quotidienne et cachée. Car leur martyre ne commença pas avec les coups de feu : il avait débuté bien des années auparavant, dans la cellule, dans la chorale, au réfectoire, dans l'obéissance acceptée, dans les moments de partage fraternel, dans les petits renoncements du quotidien. Les dernières minutes sont saisissantes : les fusils, les cris, les corps gisant dans la rue ; mais ces femmes, pour leur heure suprême, s'étaient préparées dans les petits instants. Car on n'apprend pas à dire oui devant un peloton d'exécution si l'on a passé sa vie à dire non à Dieu ; on n'offre pas soudainement son sang si l'on a marchandé chaque jour les infimes gouttes de sacrifice, et celui qui a toujours eu honte de Jésus ne peut pas défendre son nom sous le feu des balles. Ces trois-là savaient que le martyre s'atteint en balayant proprement, en gardant le silence, en arrivant ponctuellement au chœur, en obéissant sans faire de vagues, en acceptant la monotonie, en souriant pendant les loisirs et en recommençant après chaque faiblesse.

    María Pilar, pardon ; Ángeles, silence ; Teresa : Vive le Christ Roi !

    Le monastère de San José à Guadalajara trouve ses racines dans l'expansion initiale de la réforme de sainte Thérèse. La communauté fut fondée à Arenas de San Pedro en 1594 et s'installa à Guadalajara en 1619, sous le patronage de la duchesse d'Infantado. Aspirant à une vie entièrement cachée avec le Christ en Dieu, des générations de femmes franchirent ses portes pendant des siècles pour se retirer du monde avec le désir de le sauver. Car la clôture n'est pas un oubli indifférent ; celles qui entrent au Carmel n'abandonnent pas l'humanité : elles l'attirent dans leur prière ; elles se retirent de la surface pour descendre là où se livrent les véritables combats. En juillet 1936, la communauté comptait dix-huit religieuses vivant dans une Espagne tendue, meurtrie par la haine idéologique, la violence politique et l'hostilité croissante envers l'Église. Aux premiers jours de la guerre civile, la persécution religieuse se manifesta avec une brutalité qui ne faisait aucune distinction entre combattants et religieuses, entre hommes armés et femmes emprisonnées. Le 22 juillet, Guadalajara tomba aux mains des forces révolutionnaires, et les carmélites durent abandonner précipitamment leur couvent, craignant qu'il ne soit pris d'assaut et incendié. Vêtues en civil, elles partirent deux par deux pour se réfugier chez des connaissances. Pour une carmélite, l'habit est un rappel d'alliance, un signe visible d'appartenance, l'humble livrée de la Vierge ; ces femmes durent l'échanger contre d'autres vêtements, mais sous leurs habits profanes, leur consécration demeurait intacte. Quand on parle des « trois carmélites », on a l'impression que leur sainteté était uniforme, comme si elles étaient trois silhouettes identiques se détachant sur un même fond. Mais la grâce ne produit pas de copies : Dieu conduit chaque âme sur un chemin unique. Elles étaient trois femmes, différentes par l'âge, le caractère, l'éducation et la sensibilité, unies par le sang car liées auparavant par la même vocation.

    María Pilar de San Francisco de Borja, connue dans le monde sous le nom de Jacoba Martínez García, née à Tarazona en 1877, aînée de trois enfants, était la benjamine d'une fratrie de onze, dont huit moururent en bas âge. Parmi les survivants figuraient un prêtre et deux carmélites du même couvent. Au moment de son martyre, elle avait déjà consacré de nombreuses années à la vie religieuse, vécu des journées qui se ressemblaient étrangement et accompli d'innombrables actes de fidélité restés dans l'ombre. Car la sainteté exige souvent de la persévérance ; tout ne se résout pas dans un élan d'enthousiasme initial. Certaines vertus ne s'acquièrent qu'après des décennies de répétition des mêmes actes d'amour : après avoir assisté aux matines malgré la fatigue ; après avoir accepté la correction ou persévéré dans la prière quand l'âme est insensible ; après avoir soutenu sa vocation même lorsqu'elle a perdu toute nouveauté. Le sang de María Pilar n'était pas le fruit d'un acte héroïque improvisé, mais le dernier trait d'une vie écrite lentement. Dans ses conversations avec sa communauté, elle avait exprimé sa vision du martyre : si cette heure arrivait, disait-elle, ils chanteraient « Cœur Saint, tu régneras ». Le règne du Christ n'était pas pour elle un slogan politique ni une formule de circonstance, mais la certitude que son Cœur transpercé triompherait précisément là où tout semblerait l'anéantir. Elle ne put chanter cet hymne lorsqu'elle fut blessée par balle ; elle cria plus fort encore : « Vive le Christ Roi ! Mon Dieu, pardonne-leur ! » Grièvement blessée, elle s'effondra dans la rue. Lorsqu'ils s'aperçurent qu'elle était encore en vie, ils lui tirèrent une seconde fois dessus et la poignardèrent. Un garde parvint à la conduire d'abord à une pharmacie, puis à la Croix-Rouge, et enfin à l'hôpital provincial. Là, elle mourut en tenant un crucifix et en répétant son pardon pour ceux qui l'avaient brisée. Une interprétation politique de ce martyre est-elle possible ? Admettons-le : on pourrait crier « Vive le Christ Roi ! » avec une certaine exaltation, mais seule la grâce permet d'ajouter : « Pardonne-leur. » Le Royaume proclamé par María Pilar était unique au monde : son Roi portait une couronne d'épines, son trône était une croix, sa victoire résidait dans l'amour, là où la haine semblait détenir toutes les armes. María Pilar ne mourut pas en maudissant, mais en intercédant pour l'Espagne ; non pas en réclamant le châtiment, mais la miséricorde. Bien qu'ils aient brisé son corps, ils ne purent insuffler la haine dans son cœur. Là réside le véritable triomphe du martyr : non seulement endurer la violence, mais empêcher qu'elle ne s'empare de lui de l'intérieur.

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  • Les contemplatifs sont précisément le levain dont l'Église et le monde ont désespérément besoin en ce moment

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    De   sur The Catholic Thing :

    En route pour les collines

    De nos jours, il est courant de se retirer dans les montagnes pour vivre selon la règle de saint Benoît. Les communautés bénédictines, notamment en montagne, sont florissantes, tout comme les communautés carmélites. On observe le même phénomène au sein d'ordres tels que les Dominicains, les Franciscains et d'autres qui allient retrait du monde et action dans la société. Tous constituent un puissant ferment spirituel.

    L'auteur voulait peut-être lancer une pique à l'encontre de l'« Option bénédictine », avec ses mérites et ses lacunes tant vantés. Mais il semblait sous-entendre que la vie contemplative est dépassée. Pourtant, le Catéchisme la recommande encore, même pour les ermites, dont la retraite est peut-être la plus austère.

    L'auteur a paraphrasé le pape Benoît XVI pour appuyer l'engagement politique des chrétiens. Le pape Benoît XVI était également un fervent défenseur de la vie contemplative. Sa bague funéraire portait l'effigie de saint Benoît, « fondateur du monachisme occidental et patron de mon pontificat ».

    S'adressant aux chartreux plongés dans leur profonde solitude et leur silence, il décrivit le « lien profond […] entre le service pastoral à l'unité de l'Église et la vocation contemplative au sein de l'Église ». Il poursuivit :

    Chers frères, vous avez trouvé le trésor caché, la perle de grand prix (cf. Matthieu 13, 44-46) ; vous avez répondu radicalement à l’appel de Jésus : « Si vous voulez être parfaits, allez, vendez ce que vous possédez, donnez-le aux pauvres, et vous aurez un trésor dans le ciel ; puis venez, suivez-moi » (Matthieu 19, 21). Chaque monastère – masculin ou féminin – est une oasis où la source profonde, d’où puiser « l’eau vive » pour étancher notre soif la plus profonde, est sans cesse creusée par la prière et la méditation.

    Le prédécesseur de Benoît XVI, le pape Jean-Paul II, qui n'était pas étranger à l'engagement politique, a offert des réflexions similaires sur la vie contemplative orientale et occidentale dans son exhortation apostolique Vita Consecrata de 1996 :

    Les ermites, hommes et femmes, appartenant à d’anciens ordres ou à de nouveaux instituts, ou relevant directement de l’évêque, témoignent de la nature éphémère du temps présent par leur séparation intérieure et extérieure du monde. Par le jeûne et la pénitence, ils manifestent que l’homme ne vit pas seulement de pain, mais aussi de la parole de Dieu (cf. Matthieu 4, 4). Une telle vie « au désert » invite leurs contemporains et la communauté ecclésiale elle-même à ne jamais perdre de vue la vocation suprême : être toujours avec le Seigneur. Les instituts entièrement consacrés à la contemplation, composés d’hommes ou de femmes, sont pour l’Église un motif de fierté et une source de grâces célestes. Par leur vie et leur mission, les membres de ces instituts imitent le Christ en prière sur la montagne, témoignent de la seigneurie de Dieu sur l’histoire et anticipent la gloire à venir.

    Ce rejet instinctif de la vie contemplative dont j'ai parlé plus haut émane parfois de ceux qui, au terme d'une carrière passée au cœur ou à proximité du tumulte politique, se demandent quel en était le sens. Quels vides laisse une vie profondément préoccupée par la « nature éphémère du temps présent », surtout pour ceux dont les espoirs de progrès dans la cité terrestre étaient peut-être plus vastes que ce que saint Augustin nous invitait à espérer ?

    On ne peut ignorer l'affirmation « Mon royaume n'est pas de ce monde » en regardant les derniers sondages.

    Mais l'auteur que j'ai cité soulève un problème bien réel. Comment est-il possible de mener une vie plus contemplative si la retraite spirituelle n'est pas une option réaliste compte tenu de sa situation ? Cette question peut se révéler particulièrement urgente pour ceux qui se sentent à la fois rebutés – négativement – ​​par ce qui passe aujourd'hui pour de la politique et de la raison dans notre culture, notre système politique et notre Église, et appelés – positivement – ​​à une union plus étroite avec Dieu.

    L'œuvre du père Donald Haggerty de New York constitue une source précieuse pour aborder cette question. Dans son livre, *La Faim contemplative *, il s'interroge sur l'existence possible d'une « révolution contemplative » au sein de l'Église, une révolution qui « ne se limite pas aux contemplatifs priant dans les cloîtres et les monastères ». Nous vivons peut-être à une époque où beaucoup aspirent à un plus grand silence et à la solitude, et le père Haggerty offre de nombreux outils pour accompagner ceux qui ressentent cet appel.

    Dans un ouvrage connexe, L'Heure de l'Épreuve : Profondeur et perspicacité spirituelles en temps d'incertitude ecclésiale , le père Haggerty se demande si la confusion propagée par certaines autorités catholiques qui trahissent des vérités immuables du Magistère pourrait amener à prendre conscience que l'Église traverse une Passion de l'intérieur, peut-être même une représentation finale des souffrances du Christ.

    Certains catholiques trouveront en cette époque un appel à la contemplation et à un ascétisme plus poussé, dans les montagnes ou dans leurs villes :

    Face à une culture séculière obscurcie par une hostilité envers la vérité, et à une Église dont la direction fait parfois preuve de peu de courage moral, les âmes de Dieu n'ont peut-être que deux options. Dans de rares cas, elles peuvent choisir une forme de retrait de la société et une vie de solitude et de silence priant. L'autre possibilité est de rester dans le monde, mais en embrassant, au sein même de celui-ci, un engagement dans la prière qui semblerait déplacé et excessif en des temps plus ordinaires… Les âmes contemplatives, à la fin de l'Église, seront les artisans d'une sainte préservation de la foi, à l'instar des scribes monastiques des monastères du Moyen Âge.

    Ces contemplatifs doivent s'attendre à être qualifiés d'étranges, d'asociaux, de lâches, d'irresponsables, de paresseux, voire pire, et à ce que leur abandon à Dieu les rende « inaptes à la simple vie mondaine ». Pourtant, ils seront précisément le levain dont l'Église et le monde ont désespérément besoin en ce moment.

  • Saint Charbel : le miracle de la lampe à huile (24 juillet)

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    Sur le site du Père Patrice Sabater Pardo; avec une pensée pour les chrétiens d'Orient, particulièrement éprouvés en ces temps troublés.

    Fête de Saint Charbel... Le miracle de la lampe à huile

    (Nous sommes au Monastère d’Annaya – région de Jbeil – Byblos; c’est dans ce monastère que repose Saint Charbel.)

      "Le Père Elisah, l’ermite, est rappelé, à Dieu le 13 février 1875. L’ermitage est vacant. Charbel renouvelle humblement la demande de s’y retirer. Le Supérieur hésite. Il prend sur son bureau un dossier important, le remet au Père Charbel en disant : « Voudriez-vous me faire un rapport sur ce travail. C’est assez urgent. Je vous autorise à veiller, si cela vous est nécessaire ». Charbel s’incline, prend les documents et se retire. Le Supérieur reste songeur en regardant  partir le Père.

    A la dépense, deux domestiques, dont Saba Bou Moussa, sont en train de faire la vaisselle. Le Père Charbel apporte sa  lampe et dit : «  Elle est vide.  Voudriez-vous me la garnir d’huile, s’il vous plaît ? » - Volontiers, répond le domestique. Posez-la sur cette planche. Je vous l’apporterai tout à l’heure ».

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  • Charbel Makhlouf, une vie émaillée de miracles

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    D'Antonio Tarallo sur le site de la Nuova Bussola Quotidiana :

    Charbel Makhlouf, une vie de miracles

    23-07-2022

    Ce 24 juillet, c'est la commémoration de Saint Charbel Makhlouf, dont la biographie est émaillée de nombreux miracles attribués à son intercession, en plus des trois reconnus officiellement par l'Eglise pour sa béatification et sa canonisation. Plusieurs de ces faits prodigieux sont consignés dans le registre du monastère d'Annaya (au Liban), où repose son corps.

    Il est dit que sa tombe a été immédiatement entourée d'une "extraordinaire luminosité" qui a duré 45 jours. C'était une lumière forte, claire et aveuglante. C'était la lumière de l'Amour qui répandait ses rayons sur les serviteurs bien-aimés du Seigneur. Saint Charbel - dont la commémoration aura lieu demain - était l'un de ces "serviteurs du Seigneur", appelé à être un témoin de l'Évangile. Un serviteur qui aimait le Seigneur d'une manière qui est difficile à décrire. Saint Charbel et sa puissante intercession, Saint Charbel et ses miracles, Saint Charbel et le visage qui apparaît sur une photo, Saint Charbel et l'huile miraculeuse. On pourrait continuer ad libitum avec ces associations. Sa biographie elle-même reste si infinie qu'elle ne voit jamais le mot "fin". Ce mot, en effet, est habituellement inséré à la dernière page du livre d'une vie, mais pour lui, il semble que cela ne puisse être le cas. Le mot "fin" ne s'associe pas bien avec le mot "sainteté". Et la métaphore - ou plutôt le symbole - du passage entre le monde terrestre (fini) et l'au-delà (infini, justement) est la tombe.

    Dès ses origines, le christianisme nous parle de cette "transition" : c'est ainsi que la mémoire court vers le tombeau vide du troisième jour, signe de la résurrection du Christ, de la victoire de la vie sur la mort. Pour le tombeau de Saint Charbel, d'une autre manière, nous pouvons également trouver un symbole fort et tangible de cette vision d'un autre monde. Comme certains pèlerins voulaient même tenter de voler une partie de sa dépouille, les autorités ont décidé de rouvrir la tombe, et c'est ainsi qu'elles ont trouvé le corps flottant dans la boue, mais complètement dépourvu de marque, comme s'il avait été enterré le jour même. On a alors remarqué qu'un liquide semblable à du sang suintait de son corps. Le linge utilisé pour sécher son corps est encore conservé ; ce linge a d'ailleurs été la cause de guérisons dans de nombreux cas au cours des années ; de plus, au cours du siècle dernier, sa tombe a été ouverte quatre fois (la dernière fois en 1955), et à chaque occasion, on a constaté que son corps, saignant, possédait encore de la souplesse, comme s'il était encore vivant.

    Des événements prodigieux ponctuent donc la biographie du saint libanais. Voir l'huile de Saint Charbel. L'huile rappelle deux événements de la vie du saint. La première : Saint Charbel, la nuit, pour pouvoir continuer à lire les Saintes Écritures, demanda un jour au cuisinier du monastère de l'huile pour alimenter sa lampe. Comme c'était une période de famine, le cuisinier a reçu l'ordre de ne pas fournir cette huile, mais simplement de remplir la lampe avec de l'eau. Saint Charbel n'était pas au courant du nouvel ordre de ne pas utiliser d'huile car il vivait à l'écart des autres moines. Et c'est là que se produisit l'événement prodigieux : le soir, la lampe, bien que remplie d'eau, resta allumée toute la nuit. Le deuxième épisode fait référence à l'étrange liquide - décrit ci-dessus - du corps du saint.

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  • Saint Charbel Makhlouf (24 juillet)

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    HOMÉLIE DU PAPE PAUL VI lors de la CANONISATION DE CHARBEL MAKHLOUF, le dimanche, 9 octobre 1977 :

    Vénérables Frères et chers Fils,

    L’Eglise entière, de l’Orient à l’Occident, est invitée aujourd’hui à une grande joie. Notre cœur se tourne vers le Ciel, où nous savons désormais avec certitude que saint Charbel Makhlouf est associé au bonheur incommensurable des Saints, dans la lumière du Christ, louant et intercédant pour nous. Nos regards se tournent aussi là où il a vécu, vers le cher pays du Liban, dont Nous sommes heureux de saluer les représentants: Sa Béatitude le Patriarche Antoine Pierre Khoraiche, avec nombre de ses Frères et de ses Fils maronites, les représentants des autres rites catholiques, des orthodoxes, et, au plan civil, la Délégation du Gouvernement et du Parlement libanais que Nous remercions chaleureusement.

    Votre pays, chers Amis, avait déjà été salué avec admiration par les poètes bibliques, impressionnés par la vigueur des cèdres devenus symboles de la vie des justes. Jésus lui-même y est venu récompenser la foi d’une femme syro-phénicienne: prémices du salut destiné à toutes les nations. Et ce Liban, lieu de rencontre entre l’orient et l’Occident est devenu de fait la patrie de diverses populations, qui se sont accrochées avec courage à leur terre et à leurs fécondes traditions religieuses. La tourmente des récents événements a creusé des rides profondes sur son visage, et jeté une ombre sérieuse sur les chemins de la paix. Mais vous savez notre sympathie et notre affection constantes: avec vous, Nous gardons la ferme espérance d’une coopération renouvelée, entre tous les fils du Liban.

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  • 24 juillet : saint Charbel Makhlouf, prêtre et moine maronite

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    Saint Charbel Makhlouf - Prêtre et moine maronite (1828-1898)

    source : l'Evangile au Quotidien

    Charbel, au siècle Youssef Antoun, Makhlouf est né à Beqaa-Kafra (Liban Nord) le 08 mai 1828. Sa formation chrétienne et l'exemple de ses deux oncles maternels, ermites au monastère de Saint-Antoine-Kozhaya, le vouèrent dès son jeune âge à la prière et à la vie monastique.

    En 1851, il quitta ses parents et son village pour se diriger vers le monastère Notre-Dame-de-Mayfouq pour sa première année de noviciat. Dirigé ensuite vers le monastère Saint-Maroun d'Annaya, il s'engagea dans l'Ordre Libanais Maronite, choisissant le nom de Charbel, martyr antiochien du IIe siècle. Il y prononça ses vœux solennels le 1er novembre 1853 puis poursuivit ses études théologiques au monastère Saint Cyprien de Kfifane, Batroun. Il fut ordonné prêtre à Bkérké, siège patriarcal maronite, le 23 juillet 1859.

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  • Le roi Baudouin, mystique et politique

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    De Paul Vaute sur Le Passé belge :

    Le roi Baudouin, mystique et politique

    De l’emprise des partis aux questions éthiques, de la décolonisation aux réformes de l’Etat, les carnets privés du cinquième Roi des Belges révèlent le regard de foi qu’il porta sur chaque événement comme sur le drame de ne pas avoir d’enfant. Le constat de son humanité, manifestée de multiples manières, fit l’unanimité (1950-1993)

       Entre les débuts du prince royal, nullement préparé, considéré par ses ministres comme un « non-interlocuteur » , et le dernier hommage rendu au Roi par quelque 500.000 Belges faisant la file devant le palais et 38 chefs d’Etat présents aux funérailles, que de chemin parcouru! Vincent Dujardin, professeur à l’Université catholique de Louvain, n’a pas ménagé ses peines pour le retracer [1].

       Spécialiste de nos temps contemporains, il a entrepris ses recherches au moment le plus opportun, quand les archives commençaient à s’ouvrir alors qu’un nombre important de témoins et d’acteurs pouvaient encore être interrogés. On soulignera particulièrement l’importance des entretiens de l’historien avec la reine Fabiola et de l’accès qu’elle lui a ouvert aux écrits privés de son mari.

       Si la qualification de « non-interlocuteur » est quelque peu exagérée, elle correspond en tout cas à la réputation faite au chef de l’Etat pendant ses difficiles premières années. Une époque où, selon un ambassadeur du Luxembourg, un ancien ministre catholique (!) affirmait qu’il vivrait assez longtemps pour assister à la prestation de serment du premier président de la république belge (p. 85). Le voyage triomphal au Congo en 1955 amorça le tournant, pleinement accompli à partir du mariage en 1960. « On nous a changé Baudouin! » , proclamait alors le Pourquoi Pas ? (16 décembre 1960, cité p. 192). L’image fâcheuse de la dyarchie disparut, les relations difficiles avec l’atrabilaire princesse Lilian ayant conduit à une prise de distance de Baudouin, ainsi que de son frère et de sa sœur, avec leur père.

       Le cinquième Roi des Belges prit de la bouteille. Même si sa marge d’intervention personnelle dans la vie politique n’était plus comparable à celle de ses prédécesseurs, sa magistrature d’influence et son poids moral allèrent grandissant. S’il déplora, notamment en 1981 dans une lettre à Léopold III, en pleine valse des ministères, la « dégradation dans le gouvernement du pays par l’emprise des partis » (cité p. 521), il se garda de provoquer ceux-ci publiquement. Les couacs, au total, ont été rares. Comme l’observa Jean Stengers, dont les travaux sur le « métier » royal font autorité, innombrables furent les chausse-trapes communautaires dans lesquelles il aurait pu tomber (cité p. 840).

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  • Quand sainte Brigitte défendait le célibat des prêtres

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    Du Père Simon Noël sur son blog :

    Sainte Brigitte et le célibat des prêtres

    Les controverses sur le célibat des prêtres ne datent pas d'aujourd'hui. Elles avaient déjà cours au Moyen-Âge. Devant la triste réalité de la dépravation de certains clercs, concubinaires ou sodomites, certaines personnes de bonne volonté émettaient l'idée qu'il eût été préférable que les prêtres puissent être mariés. J'ai donc trouvé intéressant de vous offrir ce qu'écrit sur le sujet sainte Brigitte de Suède, co-patronne de l'Europe, dans le livre des Révélations, livre qui rapporte les extases et les locutions de cette grande mystique, livre approuvé par le concile de Bâle et par trois papes. Il s'agit du chapitre 10, du livre 7, dans la traduction de la comtesse de Flavigny :

    Défense que les prêtres soient mariés.

    Réjouissez-vous éternellement, ô précieux corps de Dieu, en un honneur perpétuel, en continuelle victoire, en éternelle puissance, avec votre Père et le Saint-Esprit, avec la Vierge Marie, votre très-digne Mère, et avec toute la cour céleste! Louange vous soit, ô Dieu éternel, et actions de grâces infinies, parce qu’il vous a plu de vous faire homme, et avez voulu que le pain fût transubstantié en votre corps, par vos saintes paroles, et l’avez donné en viande comme par un excès d’amour pour le salut de nos âmes!

    Il arriva une fois à une personne qui était profondément plongée en l’oraison, qu’elle ouït une voix qui lui disait : O vous à qui sont faites les faveurs d’ouïr et de voir les choses spirituelles, écoutez maintenant ce que je vous veux manifester de cet archevêque qui a dit que, s’il était pape, il donnerait licence à tous les prêtres de se marier, croyant et pensant que cela serait plus agréable à Dieu que de voir les prêtres vivre avec tant de dissolution; il disait encore que, par ce mariage, s’éviteraient tant de péchés charnels; et bien qu’en cela il n’entendît pas la volonté de Dieu, néanmoins il était ami de Dieu. Or, maintenant, je vous déclarerai la volonté de Dieu sur cela, car j’ai engendré le Dieu même, et vous signifierez cela à cet archevêque, lui parlant en ces termes : A Abraham fut donnée la circoncision longtemps avant que la loi fût donnée à Moïse, et au temps d’Abraham, les hommes étaient gouvernés selon qu’ils entendaient et selon qu’ils voulaient, et néanmoins plusieurs étaient lors amis de Dieu.

    Mais après que la loi fut donnée à Moïse, lors il plut plus à Dieu que les hommes vécussent selon la loi que selon leur volonté. Il en fut de même du précieux corps de mon Fils, car quand il eut institué le saint Sacrement de l’autel, qu’il fut monté au ciel, lors cette loi ancienne était encore gardée, savoir, les prêtres de Jésus-Christ vivaient en un mariage charnel, et néanmoins plusieurs d’iceux étaient amis de Dieu, d'autant qu’ils croyaient en simplicité que cela était agréable à Dieu, comme il lui fut agréable au temps des Juifs, et cela fut observé plusieurs années par les apôtres chrétiens. Mais cette coutume et observance était abominable et odieuse à toute la cour céleste, et à moi, qui ai engendré le corps de mon Fils, de voir que des mariés touchassent de leurs mains le corps précieux de mon Fils au saint Sacrement, car les Juifs, en leur ancienne loi, n’avaient que l’ombre et la figure de ce sacrement; mais les chrétiens ont maintenant la vérité même, savoir, Jésus-Christ, vrai Dieu et vrai homme en ce sacrement sacro-saint.

    Mais après quelque temps que les prêtres anciens observaient cela, Dieu, par l’infusion de son Esprit, le versa au cœur du pape, pour qu’il ordonnât que désormais les prêtres qui consacreraient le corps précieux de Jésus-Christ ne seraient point mariés ni ne jouiraient des délices infâmes de la chair. Et partant, par l’ordonnance divine et par son juste jugement, il a été justement ordonné que les prêtres vivraient en la chasteté et continence de la chair, autrement qu’ils seraient maudits et excommuniés devant Dieu, et dignes d’être privés de l’office de prêtres, néanmoins que ceux qui s’amenderaient véritablement avec résolution de ne plus pécher, obtiendraient miséricorde de Dieu.

    Sachez aussi que si quelque pape donne aux prêtres licence de se marier charnellement, lui-même sera damné de Dieu par la même sentence, comme celui qui aurait grandement péché, à qui on devrait, selon le droit, arracher les yeux couper les lèvres, le nez et les oreilles, les pieds et les mains, et le corps duquel devrait être tout ensanglanté et congelé de froid; et d’ailleurs qu’on devrait donner ce corps mort aux oiseaux et aux bêtes sauvages : il en arriverait de même à ce pape qui voudrait donner licence aux prêtres de se marier, contre la susdite ordonnance divine, car ce pape serait soudain privé de la vue et ouïe spirituelle, de la parole, des œuvres spirituelles, et toute sa sapience spirituelle défaudrait spirituellement; et d’ailleurs, son âme descendrait en enfer pour y être éternellement tourmentée et être la proie des démons. Voire si saint Grégoire le pape eût établi cette loi, il n’eût jamais obtenu miséricorde de Dieu, s’il n’eût révoqué une telle sentence.

    Les papes ont toujours défendu le célibat sacerdotal. Le pape François a lui aussi récemment manifesté sa haute estime pour ce trésor de l’Église latine, en citant Paul VI : « Je voudrais donner ma vie pour le célibat des prêtres ! ». S'il y a des exceptions, il s'agit toujours d'hommes déjà mariés au moment de leur ordination, comme les prêtres catholiques-orientaux ou les prêtres anglicans devenus catholiques. Tout au plus, le pape envisagerait d'autres exceptions de ce type pour des régions manquant cruellement de prêtres, par exemple en appelant au sacerdoce des diacres mariés. Mais rien n'est encore décidé. Prions pour le Saint-Père afin que Dieu l'éclaire et qu'il discerne ce que Dieu veut, dans la ligne de la Tradition multiséculaire de l’Église romaine. Gageons cependant que l’Église, si elle adopte ces exceptions, prendra aussi toutes les mesures pour que le niveau spirituel du clergé ne soit pas menacé. Enfin, j'aimerais citer le cas d'un grand saint russe orthodoxe, Jean de Kronstadt, un prêtre marié, qui dans son évolution spirituelle vers la sainteté, en vint à la fois à célébrer quotidiennement la divine liturgie et à choisir une stricte continence dans sa vie conjugale. Cet exemple est à méditer dans le contexte actuel.

  • Sainte Brigitte de Suède, co-patronne de l'Europe (23 juillet)

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    ste_br10.jpgLors de l'audience générale du mercredi 27 octobre 2010, place Saint-Pierre, Benoît XVI a consacré sa catéchèse à sainte Brigitte de Suède :

    Chers frères et sœurs,

    En la veille fervente du grand Jubilé de l’An 2000, le vénérable serviteur de Dieu Jean-Paul II proclama sainte Brigitte de Suède co-patronne de toute l’Europe. Ce matin, je voudrais présenter sa figure, son message, et les raisons pour lesquelles cette sainte femme a beaucoup à enseigner — aujourd’hui encore — à l’Eglise et au monde.

    Nous connaissons bien les événements de la vie de sainte Brigitte, car ses pères spirituels rédigèrent sa biographie pour promouvoir son procès de canonisation immédiatement après sa mort, en 1373. Brigitte était née 70 ans auparavant, en 1303, à Finster, en Suède, une nation du nord de l’Europe qui, depuis trois siècles, avait accueilli la foi chrétienne avec le même enthousiasme que celui avec lequel la sainte l’avait reçue de ses parents, des personnes très pieuses, appartenant à de nobles familles proches de la maison régnante.

    Nous pouvons distinguer deux périodes dans la vie de cette sainte.

    La première est caractérisée par son mariage heureux. Son mari s’appelait Ulf et était gouverneur d’un important territoire du royaume de Suède. Le mariage dura vingt-huit ans, jusqu’à la mort d’Ulf. Huit enfants furent issus de ce mariage, dont la deuxième, Karin (Catherine) est vénérée comme sainte. Cela est un signe éloquent de l’engagement éducatif de Brigitte à l’égard de ses enfants. D’ailleurs, sa sagesse pédagogique fut appréciée au point que le roi de Suède, Magnus, l’appela à la cour pour une certaine période, dans le but d’introduire sa jeune épouse, Blanche de Namur, à la culture suédoise.

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