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Spiritualité - Page 7

  • La bienheureuse Anne Catherine Emmerick, mystique du Land de Münster (9 février)

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    Bse Anna Katharina Emmerick

    « Mystique du Land de Münster » (source : EAQ)

     

    Anna Katharina Emmerick naît le 8 septembre 1774, dans la communauté d'agriculteurs de lamschen près de Coesfeld (Allemagne).

     

    Elle grandit au sein d'une famille de neuf frères et sœurs. Dès sa plus tendre enfance elle dut aider aux travaux domestiques et agricoles. Elle ne fréquenta que quelques temps l'école, mais elle possédait une bonne instruction dans le domaine religieux. Très rapidement ses parents s'aperçurent de sa vocation à la prière et à la vie religieuse.

     

    Elle travailla trois ans dans une grande ferme des environs, puis apprit la couture et retourna vivre chez ses parents. Elle demanda ensuite à être admise dans divers monastères, mais elle fut refusée car elle ne possédait pas de don particulier. Toutefois, les clarisses de Münster l'acceptèrent à la condition qu'elle apprenne à jouer de l'orgue. Ses parents l'autorisèrent alors à aller vivre dans la famille de l'organiste Söntgen de Coesfeld pour faire son apprentissage ; mais elle n'eut jamais la possibilité d'apprendre l'orgue, car la pauvreté de la famille la poussa à travailler afin de les aider à vivre.

     

    En 1802, elle réussit finalement à entrer au monastère d'Agnetenberg, près de Dülmen, avec son amie Klara Söntgen. Elle prononça ses vœux l'année suivante, participant à la vie monastique avec ferveur, toujours prête à accomplir les travaux les plus durs que personne ne voulait faire. Mais, de 1802 à 1811, elle tomba fréquemment malade et dut supporter de grandes douleurs.

     

    En 1811, le monastère d'Agnetenberg fut fermé, elle devint alors domestique chez l'abbé Lambert, un prêtre qui avait fui la Révolution française et qui vivait à Dülmen. Mais elle tomba à nouveau malade et ne quitta plus son lit. Elle fit alors venir sa plus jeune sœur qui, sous sa direction, s'occupait de la maison.

     

    C'est au cours de cette période qu'elle reçut les stigmates. Ce fait ne pouvait pas rester caché ; le docteur Franz Wesener l'examina et en resta profondément impressionné, devenant son ami fidèle au cours des années qui suivirent.

    Une caractéristique de sa personnalité était l'amour qu'elle éprouvait pour son prochain. Elle cherchait toujours à aider les autres, même sans pouvoir se lever de son lit, où elle cousait des vêtements pour les enfants pauvres. De nombreuses personnalités, qui participaient au mouvement de renouveau de l'Église au début du XIX siècle, cherchèrent à la rencontrer.

     

    La rencontre avec Clemens Brentano (poète et écrivain allemand) fut particulièrement significative. A partir de 1818, il lui rendit visite chaque jour pendant cinq ans, dessinant ses visions qu'il publia ensuite. Au cours de l'été 1823, la santé d'Anna Katharina déclina et, la mort approchant, elle décida d'unir sa souffrance à celle de Jésus, en l'offrant pour la rédemption des hommes.

    Elle meurt le 9 février 1824.

     

    La vie d'Anna Katharina fut caractérisée par une profonde union avec le Christ; les stigmates qu'elle portait en furent la preuve. Elle éprouva également une profonde dévotion à l'égard de Marie. A travers la foi et l'amour elle servit l'œuvre de la rédemption, disant à ce propos: « J'ai toujours considéré le service au prochain comme la plus haute vertu. Dans ma jeunesse, j'ai prié Dieu afin qu'il veuille bien me donner la force de servir mon prochain et d'être utile. A présent je sais qu'il a exaucé ma prière. »

     

    Anna Katharina Emmerick a été béatifiée le 3 octobre 2004, par Saint Jean-Paul II (Karol Józef Wojtyła, 1978-2005).

     

    Pour un approfondissement :

     Télécharger gratuitement les 9 livres d'Anne-Catherine Emmerich

    Source principale : vatican.va (« Rév. x gpm »).

  • Cinq bonnes raisons pour lesquelles aller à la messe tous les dimanches est absolument nécessaire

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    Du site de l'archidiocèse de Saint-Paul et Minneapolis :

    Donnez-moi cinq bonnes raisons pour lesquelles aller à la messe tous les dimanches est absolument nécessaire.

    La messe du dimanche accomplit la loi de Dieu. Le troisième commandement est : « Souviens-toi du jour du sabbat, pour le sanctifier » (Ex 20,8 ; voir aussi Dt 5,12). Le sabbat chrétien est le dimanche, et les catholiques le sanctifient en accomplissant l’obligation d’assister à la messe (Canons 1246-1248 ; Catéchisme de l’Église catholique, n° 2174-2178). Ce commandement n’est ni une suggestion ni une demande ; c’est un ordre. La loi rend obligatoire ce que nous devrions vouloir faire spontanément.

    Le culte hebdomadaire suit l'exemple de Jésus. Jésus avait l'habitude d'aller à la synagogue le jour du sabbat (Lc 4,16b). Sa mère Marie était « pleine de grâce » (Lc 1,28) et son beau-père Joseph était « un homme juste » (Mt 1,19). Tous deux observaient scrupuleusement « toutes les prescriptions de la loi » (Lc 2,39), c'est-à-dire qu'ils se rendaient à la synagogue chaque sabbat. Non seulement ils observaient eux-mêmes cette loi, mais ils emmenaient leur fils avec eux, et lorsque Jésus fut en âge de le faire, il s'y rendit seul. Si Jésus allait à la synagogue pour observer le sabbat chaque semaine, nous devrions aller à la messe chaque semaine.

    Le dimanche est un jour d'action de grâce. L'Eucharistie est un acte de reconnaissance. Il est juste et bon de rendre grâce au Seigneur notre Dieu, et la messe est la plus belle prière pour exprimer notre gratitude. Dieu nous comble de grâces et nous offre tout ce que nous possédons : la vie et la santé, la nourriture et le logement, la famille et les amis, l'intelligence et les talents, les opportunités et les ressources – et la foi. Ces dons sont si précieux que nous devrions être débordants de gratitude et désireux de lui exprimer notre reconnaissance et nos louanges. L'idéal est de rendre grâce chaque jour. Une action de grâce hebdomadaire est un minimum. Si nous ne rendons grâce que de temps en temps ou rarement, nous manquons à notre devoir d'honorer celui qui nous a donné tous ces dons.

    La prière communautaire est essentielle. Dès les origines de l'Église, la communauté « persévérait dans la fraction du pain et dans les prières » (Actes 2, 42). Les chrétiens prient ensemble par nature, et la messe est la forme privilégiée de prière communautaire. Certains affirment malheureusement : « Je peux prier seul et je n'ai pas besoin d'aller à l'église. » Or, généralement, plus une personne néglige sa fréquentation de la messe, plus elle néglige sa prière personnelle. Une vie de prière équilibrée repose sur deux piliers : la prière communautaire et la prière personnelle. Se consacrer exclusivement à l'un ou à l'autre est source de déséquilibre. Plus une personne prie personnellement, plus elle devrait avoir envie de participer à la prière communautaire, et plus elle participe à la prière communautaire, plus elle devrait avoir envie de prier personnellement.

    L'Eucharistie hebdomadaire est une nourriture spirituelle essentielle. La plupart des gens sont soucieux de leur santé. Il est important de bien manger chaque jour pour éviter la faim, la faiblesse, la malnutrition et la maladie. Il en va de même pour notre vie spirituelle. Nous devons être attentifs à notre nourriture spirituelle si nous voulons éviter le vide, la faiblesse spirituelle, la vulnérabilité à la tentation et la maladie due au péché. La messe commence par la liturgie de la Parole. Dieu a dit au prophète Ézéchiel : « Mange ce qui est devant toi ; mange ce livre » (Éz 3, 1). Dieu voulait qu'il se nourrisse de sa Parole, et Dieu veut que nous fassions de même. Pierre a justement observé : « Maître, tu as les paroles de la vie éternelle » (Jn 6, 68). La seconde partie de la messe est la liturgie eucharistique. Jésus a déclaré : « Ma chair est la vraie nourriture, et mon sang le vrai breuvage » (Jn 6, 55). La malnutrition spirituelle commence lorsque nous nous privons de la Parole et des Sacrements pendant plus d'une semaine.

    © 2011, Rév. Michael A. Van Sloun.

  • Venez, adorons Dieu et prosternons-nous (Introit du 5e dimanche du temps ordinaire)

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    Introitus

    Venite, adoremus Deum
    et procidamus ante Dominum:
    ploremus ante eum, qui fecit nos:
    quia ipse est Dominus Deus noster.

    Venez, adorons Dieu,

    et prosternons-nous devant le Seigneur:
    pleurons devant lui, qui nous a créés:
    car c’est lui le Seigneur notre Dieu.
    Ps.  1

    Venite, exsultemus Domino:
    iubilemus Deo salutari nostro.

    Venez, tressaillons d’allégresse pour le Seigneur:
    jubilons pour Dieu notre sauveur.

  • Sel de la terre et lumière du monde (5e dimanche du temps ordinaire)

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    Evangile : Matthieu, 5, 13-16
    Comme les disciples s'étaient rassemblés autour de Jésus, sur la montagne, il leur disait : « Vous êtes le sel de la terre. Si le sel se dénature, comment redeviendra-t-il du sel ? Il n'est plus bon à rien : on le jette dehors et les gens le piétinent.
    « Vous êtes la lumière du monde. Une ville située sur une montagne ne peut être cachée. Et l'on n'allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau ; on la met sur le lampadaire, et elle brille pour tous ceux qui sont dans la maison. De même, que votre lumière brille devant les hommes : alors en voyant ce que vous faites de bien, ils rendront gloire à votre Père qui est aux cieux. »

    Homélie du frère Elie (fsJ) - homelies.fr (archive 2014)

    C'est un appel pressant qui résonne dans l’évangile de ce jour. Appel pressant adressé par Jésus à ses disciples, mais qui nous rejoint, par-delà les siècles, dans l’aujourd’hui de notre existence. Ces paroles du Christ font suite à l’évangile des béatitudes. Ce sont donc des paroles de vie qui nous ouvrent au bonheur de la possession de la vie éternelle. D’une certaine manière, elles sont une invitation à choisir la vie, à dire « oui » à la vie de Dieu. Comment ? En accueillant la vérité de ce que nous sommes.

    Car, en effet, dans ces paroles de Jésus, c’est bien de notre identité de chrétiens dont il est question : « Vous êtes le sel de la terre… Vous êtes la lumière du monde ». Remarquons que Jésus précise que nous ne sommes pas simplement « sel » et « lumière » mais « le » sel de « la terre » et « la » lumière « du monde ». 

    « Du monde » : Ces paroles sont aussi celles d’un envoi en mission. Etre et agir chrétien se retrouvent ainsi liés, le second ne se révélant tel que dans la mesure où il découle du premier.

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  • Comment être sel, lumière ? Homélie pour le 5ème dimanche du temps ordinaire

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    L'homélie de l'abbé Christophe Cossement pour le 5ème dimanche du temps ordinaire (A) :

    Libérés d’une fausse sagesse

    (archive 5 février 2023)

    Vous êtes le sel de la terre et la lumière du monde », nous dit le Seigneur. Et veillez à ne pas devenir fades ni invisibles ! (Mt 5,13) Comment être sel, lumière ? Nous pensons d’abord aux bonnes actions que fait l’homme de bien, l’« homme de bonne volonté », comme on entend parfois. Ce à quoi nous invite Jésus doit conduire à rendre gloire au Père. Dans notre monde, tout ce qui soulage les maux dont souffrent nos contemporains rend gloire à Dieu qui a créé l’homme et qui défend sa dignité. La première lecture (Is 58) nous a montré comment cela ouvrait un chemin de bonheur non seulement pour celui qui est secouru, mais aussi pour celui qui fait le bien. Mais, puisqu’il s’agit de rendre gloire à Dieu, cela ne serait pas suffisant si notre action n’ouvrait pas une fenêtre vers le ciel, si elle ne permettait pas à la lumière de Dieu de pénétrer les cœurs si chers de ses enfants.

    Être sel de la Terre et lumière du monde comporte aussi le volet de montrer Dieu, de le rendre accessible, de permettre de vivre avec lui.

    C’est le Christ qui a réalisé cela ; en lui Dieu s’est approché de nous. Reste à faire découvrir à nos contemporains comment s’approcher du Christ. Pour cela, il faut que nous-mêmes nous approchions de lui d’une manière renouvelée. Saint Paul nous montre le chemin : « Mon langage, ma proclamation de l’Évangile, n’avaient rien d’un langage de sagesse qui veut convaincre ; mais c’est l’Esprit et sa puissance qui se manifestaient, pour que votre foi repose, non pas sur la sagesse des hommes, mais sur la puissance de Dieu. » (1 Co 2,5)

    Nous serons sel de la terre et lumière du monde si notre façon de vivre et de parler ne se base pas sur la sagesse humaine, mais sur la puissance de Dieu. Trop souvent, l’Église d’aujourd’hui essaie de s’adapter à la « sagesse » courante que l’on entend déversée sans arrêt dans les médias officiels. Ce n’est pas ce qu’ont fait nos pères dans la foi, les premiers chrétiens qui ont fécondé la culture par l’Évangile. Pourtant ils étudiaient la sagesse humaine, et ils appliquaient le conseil de saint Pierre : « soyez toujours prêts à rendre compte de l’espérance qui est en vous » (1 P 3,15). Ils ont accueilli le meilleur de la philosophie de leur temps, au point même d’y exprimer le plus précieux de la foi, comme par exemple lorsqu’on a utilisé le mot « consubstantiel » pour faire comprendre que le Fils n’était pas un autre dieu que le Père. Mais ils n’ont pas adapté ce qu’on pouvait dire de la foi ou de la morale à ce que le monde était prêt à comprendre, ils n’ont pas réduit l’Évangile aux catégories d’une sagesse humaine. C’est le contraire qu’ils ont fait : agrandir les conceptions de leurs contemporains pour y faire entrer la Bonne Nouvelle sur l’homme et sur l’appel que Dieu lui adresse, même si cela blessait les oreilles des honnêtes citoyens, même si cela leur a coûté d’être la risée du peuple.

    Maintenant nous avons de nouveau à parler de tout cela et à témoigner de la façon dont Dieu voudrait changer notre vie. Comptons sur la puissance de Dieu. Adoptons un langage et un style de vie où le Saint-Esprit a toute sa place. Un langage qui ose parler de péché et de conversion parce que nous savons que Dieu peut changer une vie qui se confie à lui avec persévérance. Un style de vie qui ose renoncer à certaines occasions offertes par la mentalité contemporaine, parce que Dieu ne l’approuve pas et qu’il nous invite à la pureté, à la justice, à la miséricorde.

    Seuls, nous ne pourrons pas faire cela, mais comptons sur Dieu, comptons exagérément sur lui, comptons démesurément sur lui, et nous verrons sa gloire dans nos vies, et beaucoup autour de nous chercherons ce sel et cette lumière qui nous viennent d’en haut. En avant, petit troupeau, car il a plu à votre Père de vous donner le Royaume ! (Lc 12,32)

  • Le bienheureux Pie IX, pape et docteur de l'Immaculée Conception

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    Le bienheureux Pie IX, pape et docteur de l’Immaculée

    source

    SE trouvant un jour en butte à de fortes pressions de la part de gouvernements francs-maçons, le pape Pie IX déclara à l’un de ses proches : « J’ai la Sainte Vierge avec moi, j’irai de l’avant. » Cette confidence en dit long sur la mystérieuse alliance avec l’Immaculée qui fit de son pontificat l’un des plus grands.

    Jean-Marie Mastaï est né le 13 mai 1792, à Senigallia, près de Lorette en Italie. Chaque année, toute sa famille participait, le10 décembre, à la veillée de prières  pour commémorer la translation de la Santa Casa.

    Le Bienheureux Pie IX : 1846-1878.

    L’âme de l’enfant fut profondément marquée par la piété de sa mère qui se rendait tôt matin à l’église des Pères servites pour assister à la Messe et prier devant un tableau de Maria Santissima Addolorata. Elle lui enseigna, parmi d’autres sacrifices, à toujours refuser, au cours des repas, les premiers fruits qu’on lui proposait, pour les offrir à la Vierge Marie. Devenu Pape, il confiera : « Voilà une pratique que j’ai apprise sur les genoux de ma mère. J’y suis encore fidèle. » Il conserva précieusement l’image de la Sainte Espérance, reçue lors de sa Première Communion, car elle lui rappelait « la félicité de ce jour béni ».

    Au collège Saint-Michel de Volterra, sa dévotion pour l’Immaculée s’affermit. « Dès Nos plus tendres années, écrira-t-il, Nous n’avons rien eu de plus cher, rien de plus précieux que d’honorer la bienheureuse Vierge Marie d’une piété particulière, d’une vénération spéciale et du dévouement le plus intime de notre cœur, et de faire tout ce qui nous paraîtrait pouvoir contribuer à sa plus grande gloire et louange, et à l’extension de son culte. » (Ubi primum)

    En 1815, Jean-Marie Mastaï ambitionna d’entrer dans la garde noble reconstituée. Mais il souffrait depuis plusieurs années d’une grave infirmité. Un soir de novembre, le carrosse du cardinal Gregorio Fontana s’arrêta brusquement devant un corps étendu sur le pavé : le prélat s’aperçut avec stupeur qu’il s’agissait du jeune Mastaï, frappé d’une crise d’épilepsie. Quelques semaines plus tard, Jean-Marie, accablé, se rendit en pèlerinage « au sanctuaire de Lorette pour épancher son âme dans le Cœur de Celle qui sera toujours sa force. De ce pèlerinage, date la guérison effective et définitive de sa terrible maladie. » (Pierre Fernessole, Pie IX, Lethielleux, 1960, t. 1, p. 26)

    Après ce miracle qui l’avait délivré de son infirmité, il considéra ces longues années d’épreuve comme la marque d’une bienveillante attention de la Divine Providence. Car « cette maladie, en l’écartant de “ la société ” jusqu’à l’âge de vingt-six ans, avait préservé sa jeunesse des périls du monde » (ibid., p. 30).

    SAINT PHILIPPE RESSUSCITÉ

    Pendant sa préparation au sacerdoce, il prend en charge les orphelins, apprentis ou petits ouvriers, de l’hospice Tata Giovanni. De tout son cœur, qu’il avait si bon, il se penche sur la misère de ces enfants avec une totale abnégation. 

    Ordonné prêtre le 10 avril 1819, il manifeste un tel zèle en toutes sortes d’œuvres de piété et de charité, qu’on l’appellera bientôt saint Philippe [Néri] ressuscité. Aussi est-ce un déchirement d’avoir à quitter ses chers pauvres pour accomplir une mission pontificale au Chili !

    Sacré évêque de Spolète, en avril 1827, il touche les cœurs par sa prédication, intarissable pour exalter les privilèges et la puissance de l’Immaculée Médiatrice. « En fait, tout est glorieux en Marie. Sa conception, sa naissance, sa vie, sa mort, et enfin son tombeau. Dans ce tombeau, elle gît sans corruption, et bientôt elle en sortira triomphante... Fils très aimés, voulons-nous mourir comme la Vierge, sans crainte ? Vivons donc comme la Vierge, ayant le péché en haine et abomination... Souvenez-vous que Marie est, dans le Ciel, la Médiatrice puissante, la miséricordieuse avocate, votre Mère. »

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  • Léon XIV rencontre Courage International, une organisation pour les personnes attirées par le même sexe

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    Substack de Diane Montagna :

    Le pape Léon XIV reçoit l'organisation « Courage International » en audience privée au Vatican.

    L’apostolat catholique est au service des hommes et des femmes qui éprouvent une attirance pour les personnes du même sexe et qui cherchent à mener une vie sainte en fidélité au Christ.

    6 février


    (À gauche : l'évêque Frank J. Caggiano avec le pape Léon XIV ; à droite : des représentants de Courage)

    ROME, le 6 février 2026 — Le pape Léon XIV a rencontré aujourd'hui en audience privée des représentants de Courage International, un apostolat catholique qui soutient les hommes et les femmes qui éprouvent une attirance pour les personnes du même sexe et qui cherchent à vivre une vie chaste et sainte en fidélité aux enseignements de l'Église.

    « Nous sommes profondément reconnaissants au Saint-Père pour le temps qu’il nous a consacré, ses encouragements, et pour la paix et la joie que cette rencontre a apportées à notre personnel et à nos membres », ont déclaré les représentants du groupe sur X après la réunion, dans une courte vidéo .

     
    Étaient présents à l'audience : l'évêque Frank J. Caggiano de Bridgeport (Connecticut), président du conseil épiscopal de Courage ; le père Kyle Schnippel, prêtre de l'archidiocèse de Cincinnati et président du conseil d'administration de Courage International ; le père Brian Gannon, directeur exécutif de Courage International ; et Angelo Sabella, membre de Courage depuis 31 ans.

    Dans un communiqué officiel, Courage a décrit la rencontre comme un moment important dans la vie de son apostolat. « L’occasion de partager avec le Saint-Père les œuvres de l’apostolat, d’offrir un accompagnement pastoral aux personnes attirées par le même sexe et qui aspirent à une vie chaste, et d’accompagner les familles de proches qui s’identifient comme LGBTQ+, a été un moment marquant », indique le communiqué.

    Fondé en 1980 à New York par le regretté Père John F. Harvey, Courage n'a cessé de croître au cours des 45 dernières années. Reconnu par le Conseil pontifical pour la famille en 1994, cet apostolat est aujourd'hui présent dans le monde entier. Courage compte aujourd'hui plus de 160 sections réparties dans 15 pays.

    « Cet événement historique témoigne de la joie paisible du personnel et des membres de Courage qui cherchent à progresser en sainteté en vivant la vérité dans l’amour », a déclaré l’organisation.

    Les cinq objectifs fondamentaux de Courage sont la chasteté, la prière et le dévouement, la fraternité, le soutien et le bon exemple. Le 28 novembre 2016, Courage et son apostolat affilié, EnCourage, ont reçu le statut canonique d'association cléricale diocésaine des fidèles chrétiens au sein de l'Église catholique romaine.

    EnCourage, fondée en 1987 et officiellement nommée en 1992, offre un accompagnement pastoral aux familles et aux amis de personnes LGBT. Sa mission est de les aider à soutenir leurs proches avec compassion et compréhension, tout en restant fidèles à l'enseignement catholique. EnCourage compte actuellement plus de 100 sections dans huit pays.

    « Au cœur du courage se trouve la fidélité au Christ », a déclaré le père Gannon au National Catholic Register en 2024. « Vivre selon les enseignements fondamentaux de l’Église est le chemin du bonheur et de l’épanouissement. La sainteté et l’obéissance au Christ sont la clé de tout. »

    Le courage a pour saints patrons saint Charles Lwanga et ses compagnons, saint Augustin et sainte Monique, et sainte Marie-Madeleine.

    L'audience privée avec Courage International intervient quelques jours seulement après l'apparition du père jésuite James Martin, qui affirme l'identité et le mode de vie LGBTQ+, dans l'émission The Late Show with Stephen Colbert , où il a décrit l'approche du pape Léon XIV comme s'inscrivant dans la continuité de la mission d'« accueil et d'inclusion » du pape François. Bien que le père Martin ait souligné cette continuité, le pape François lui-même n'a jamais rencontré Courage International.

    À l’inverse, le public d’aujourd’hui confirme la mission de Courage, qui consiste à accompagner avec patience, compassion et encouragement les hommes et les femmes qui éprouvent une attirance pour les personnes du même sexe, à les soutenir dans une vie chaste ancrée dans la fidélité aux enseignements de l’Église et à les aider à grandir en sainteté, en espérance et en joie.

  • Une dévotion oubliée : le premier vendredi du mois

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    a96d8a5b252b480dcbe03cbd524aa188_w600.jpgParmi les dévotions tombées en désuétude depuis la réforme conciliaire, il y a celle qui consiste à consacrer le premier vendredi du mois au Coeur sacré de Jésus.

    En 1688, au cours d'une apparition à Sainte Marguerite-Marie, Notre-Seigneur Jésus-Christ daigna lui adresser ces paroles : « Je te promets, dans l'excessive miséricorde de mon Cœur, que son amour tout-puissant accordera à tous ceux qui communieront les premiers vendredis du mois, neuf mois de suite, la grâce de la pénitence finale, qu'ils ne mourront point dans ma disgrâce ni sans recevoir leurs sacrements, et que mon divin Cœur se rendra leur asile assuré aux derniers moments ».

    Georges Rouault, le Sacré Coeur

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  • "Ave Maria" : une exposition temporaire du Musée diocésain de Namur

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    Du site du CIPAR :

    Ave Maria : nouvelle exposition temporaire du Musée diocésain de Namur

    05/02/2026

    Le Musée diocésain de Namur propose une nouvelle exposition hors-les-murs, à découvrir à l’église Saint-Loup de Namur jusqu’au au 29 mars 2026. Dans ce prestigieux écrin baroque, l’exposition invite le visiteur à regarder autrement les images et les objets qui entourent la dévotion mariale depuis le 17e siècle.  

    Dans nos églises, des traces matérielles témoignent de la vénération de la « Mère de Dieu ». En particulier, des images sculptées de la Vierge qui attirent les prières des croyants. Mises en valeur sur des autels et richement ornées, elles suscitent des dons et font l’objet de représentations. Cette exposition s’intéresse à certaines de ces « images de la Vierge » et aux pratiques dévotionnelles et rituelles qui les entourent. 

    Oratoire miniature avec statuette de Vierge à l’Enfant. 18e siècle. Provient du couvent des Sœurs Ursulines de Namur. Namur, Musée diocésain.

    Ave Maria  

    Ex-voto, statuettes, images de piété, médailles, drapelets de pèlerinage, robes et parures… les collections du Musée diocésain regorgent de témoins matériels de la dévotion à la Vierge Marie, cette figure sacrée fondamentale pour le christianisme. Objets anonymes où se mêlent techniques et genres artistiques, ils apparaissent rarement comme des « chefs-d’œuvre ». Ils sont cependant au centre de pratiques et de gestes qui ont, à travers les siècles, contribué à tisser des liens particulièrement forts, tantôt collectifs, tantôt très personnels, entre les fidèles, la figure vénérée…et ses images ! 

    L’exposition met en effet le focus, non pas sur la figure de la Vierge elle-même, mais bien sur ses représentations, et sur les significations dont celles-ci ont été investies. Elle s’attache plus particulièrement aux images qui sont au centre d’un culte, qui font l’objet de pratiques dévotionnelles et rituelles particulières. À travers l’habillage des statues, le phénomène du don ou encore les processions, l’exposition met en lumière les contextes d’usage de ces images depuis le 17e siècle, période charnière marquée par la Contre-Réforme, jusqu’à l’époque contemporaine.  

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  • Le pape Léon XIV nomme Mgr Varden pour diriger la retraite de Carême de la Curie romaine

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    Du substack de Diane Montagna :

    Le pape Léon XIV nomme un évêque trappiste pour diriger la retraite de Carême de la Curie romaine

    Les sources décrivent l'évêque Erik Varden comme un prédicateur « dynamique », attaché à la liturgie traditionnelle et très intéressé par les questions contemporaines.

    4 février 2026


    (L'évêque Erik Varden)

    ROME, 4 février 2026 — Le pape Léon XIV s'est tourné vers la tradition monastique pour la première retraite de Carême de son pontificat, nommant l'évêque Erik Varden, moine trappiste et prélat de Trondheim, en Norvège, pour diriger la Curie romaine pendant une semaine de méditations.

    La retraite aura lieu du 22 au 27 février, dans la chapelle Pauline du palais apostolique, marquant le retour de la traditionnelle retraite de Carême à la résidence centrale du Vatican après plusieurs années passées dans d'autres lieux ou hors des chapelles.

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    Intitulées « Illuminées par une gloire cachée : un itinéraire de Carême », ces méditations exploreront des thèmes essentiels à la contemplation chrétienne, tels que le silence, l’espérance, la liberté, la vérité et l’harmonie entre le désir et la vie spirituelle. Plusieurs séances s’inspirent de saint Bernard de Clairvaux, réformateur cistercien du XIIe siècle dont les écrits et l’exemple spirituel ont façonné l’ordre qui a donné naissance aux trappistes.

    L'évêque Erik Varden est l'une des figures les plus importantes de la spiritualité monastique contemporaine. Né à Sarpsborg, en Norvège, le 13 mai 1974, il s'est converti au catholicisme dans sa jeunesse et a obtenu des diplômes de théologie supérieurs à l'université de Cambridge, puis a poursuivi ses études à l'Institut pontifical oriental de Rome.

    L'intérêt de Varden pour le chant grégorien a joué un rôle déterminant dans sa formation spirituelle et académique. Il a étudié le chant auprès de Mary Berry, la célèbre chanoinesse et musicologue britannique, dont les travaux mettaient l'accent à la fois sur la maîtrise technique et la résonance spirituelle du plain-chant dans la prière monastique. Varden a cité ces études, ainsi que sa participation ultérieure à la fondation du Chant Forum avec la spécialiste britannique du chant, Margaret Truran, comme ayant approfondi sa compréhension du chant comme expression contemplative de la prière de l'Église et comme élément central de la vie liturgique monastique.

    Varden est entré chez les Cisterciens de la Stricte Observance (Trappistes) à l'abbaye du Mont Saint-Bernard en Angleterre en 2002 et a été ordonné prêtre en 2011. En 2015, il a été élu abbé du Mont Saint-Bernard, devenant ainsi le premier abbé non britannique de l'histoire de l'abbaye.

    En 2019, le pape François l'a nommé évêque prélat de Trondheim, un cas rare d'un moine trappiste accédant à un ministère épiscopal à l'époque moderne.

    Dans une lettre aux prêtres datée du 21 décembre 2023, soit trois jours seulement après la publication de Fiducia Supplicans , Mgr Varden a répondu aux demandes de clarification concernant cette déclaration. Il a souligné qu'elle abordait la signification pastorale des bénédictions sans introduire de nouvelle doctrine et a expliqué que ces bénédictions étaient données pastoralement pour accompagner les fidèles, précisant que « la bénédiction est un appel à la conversion ». Il a exhorté les prêtres à lire attentivement le document et à l'appliquer avec sensibilité pastorale et fidélité à l'enseignement de l'Église.

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  • La cause de canonisation d'Adèle Brise, une immigrée belge illettrée qui avait des visions de la Vierge Marie, est ouverte

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    De Kate Quiñones sur EWTN News :

    La cause de canonisation d'Adèle Brise, témoin des premières apparitions mariales reconnues aux États-Unis, est ouverte.

    L'Église catholique a officiellement ouvert la cause de canonisation d'Adèle Brise, une immigrée belge illettrée qui avait des visions de la Vierge Marie.

    2 février 2026

    Dans un décret publié vendredi par un évêque du Wisconsin, l'Église catholique a officiellement ouvert la cause de canonisation d'une immigrante belge qui avait eu des visions de la Vierge Marie.

    Adele Brise (1831-1896) était analphabète, mais elle parcourait à pied la campagne du Wisconsin pour enseigner la parole de Dieu aux enfants et aux familles. Elle est surtout connue pour les trois apparitions mariales qu'elle a vécues, les seules apparitions mariales reconnues aux États-Unis.

    L'an dernier, plus de 200 000 pèlerins ont visité le sanctuaire de Notre-Dame des Champions dans le Wisconsin, a déclaré à EWTN News le père Anthony Stephens, Père de la Miséricorde et recteur du sanctuaire.

    Dès sa première communion, alors qu'elle était enfant en Belgique, Brise ressentit un appel à la vie religieuse. Mais lorsque sa famille décida d'immigrer aux États-Unis, elle les accompagna, faisant confiance à son curé qui l'y encouragea.

    Elle ne deviendrait jamais religieuse, « mais elle est restée fidèle à cet appel fondamental », a déclaré l’évêque David Ricken de Green Bay, dans le Wisconsin, qui a promulgué le décret le 30 janvier.

    « Ce qui me touche particulièrement chez elle, c’est sa persévérance », a ajouté le père John Girotti, vicaire général et modérateur de la curie du diocèse de Green Bay. « Elle est arrivée aux États-Unis avec ses parents lorsqu’elle avait une vingtaine d’années. Ce n’était pas forcément son choix, mais elle est venue par respect pour sa mère et son père. »

    Brise était également aveugle d'un œil suite à une blessure subie dans son enfance.

    « Elle avait la foi. Elle aimait Dieu. Et elle a persévéré », a poursuivi Girotti. « Sa foi lui a permis de déplacer des montagnes, comme le dit Jésus. Et elle l'a fait. Elle a accompli de grandes choses. Elle était ouverte à la volonté de Dieu dans sa vie. »

    Dans ses visions, Marie l'appela à catéchiser les enfants, et Brise se consacra donc à l'éducation. Elle porta l'habit, mais ne fut jamais ordonnée religieuse. En tant que laïque, elle dédia sa vie à l'enseignement de la foi catholique aux enfants.

    « Dès qu'elle a senti la Vierge Marie lui parler, sa vie a été transformée. Elle est partie aussitôt et, pour le reste de sa vie, elle a enseigné aux enfants, pris soin d'eux, prêché l'Évangile sans relâche, souvent dans une grande pauvreté, face aux incendies, à la famine, mais avec une foi immense », a déclaré Girotti. « Elle a persévéré. Et je pense que c'est un puissant témoignage pour nous aujourd'hui : il faut garder la foi et la partager. »

    Après avoir construit une chapelle et une école dans la zone où la Vierge Marie était apparue, la communauté allait vivre une nuit que Stephens a décrite comme « semblable à la bataille de Jéricho ».

    En 1871, alors qu'un incendie se rapprochait de la propriété, Brise et d'autres membres de la communauté sont venus prier.

    « Ils ont prié pour que le feu reste circonscrit au périmètre de la propriété, là où une clôture avait été installée. Le feu s'est arrêté à la clôture, mais il a contourné la chapelle », a expliqué Stephens. « La chapelle et l'école ont été épargnées, et il a plu le lendemain matin. »

    Stephens a qualifié le sanctuaire de « lieu de prière ».

    Les visiteurs sont de tous horizons, des catholiques fervents aux non-catholiques en passant par des personnes qui se sont éloignées de l'Église depuis un certain temps, et Stephens affirme entendre de nombreuses « confessions très sincères ».

    Le sanctuaire a été le théâtre de « petites guérisons physiques » et de « guérisons morales », a déclaré Stephens, citant notamment le cas d'une femme guérie après 15 ans de migraines douloureuses.

    Une sainte américaine

    À l'approche du 250e anniversaire des États-Unis, Stephens a déclaré qu'il était « vraiment enthousiasmant pour un Américain de devenir un Serviteur de Dieu ».

    « Notre identité catholique devrait façonner notre manière de vivre en tant qu'Américains, et les deux sont parfaitement compatibles », a déclaré Stephens. « C'est donc un événement réjouissant de voir l'une de nos compatriotes reconnue pour son amour radical de Dieu et sa quête d'une vertu héroïque. Nous devrions nous efforcer de l'imiter afin de vivre pleinement notre identité américaine. »

    Ricken a déclaré espérer que cela s'inscrive dans une démarche visant à reconnaître davantage de saints américains. Il a rappelé que le pape Benoît XVI avait exhorté l'Église aux États-Unis à entamer un processus d'enquête sur les causes de canonisation.

    « Nous savions qu'il devait y avoir des saints ici, mais nous n'avions pas, en tant qu'Église aux États-Unis, pris l'initiative de nous lancer dans cette aventure », a déclaré Ricken.

    L'événement, empreint de recueillement, qui annonçait sa cause, a attiré de nombreuses jeunes familles, selon Ricken.

    « C’était magnifique de voir toutes ces jeunes familles ici », a déclaré Ricken lors d’une conférence de presse après le décret. « Je trouvais ça formidable, d’autant plus qu’Adele était très attachée aux enfants. »

    « La Vierge Marie lui a dit d'aller dans cette région sauvage et d'enseigner aux enfants les préceptes essentiels de la foi », a déclaré Ricken. « Et elle continue de le faire, de toute évidence, puisque c'est ce qui s'est passé ce soir, lorsque tous ces jeunes enfants et leurs familles sont venus. »

    Kate Quiñones est journaliste à l'agence de presse catholique Catholic News Agency et membre du College Fix. Ses articles ont été publiés dans le Wall Street Journal, le Denver Catholic Register et CatholicVote. Voir sa biographie complète.
  • Raban Maur, le "praeceptor Germaniae", évoqué par Benoît XVI

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    Lors de l'audience générale du mercredi 3 juin 2009, le pape Benoît XVI a consacré sa catéchèse à Raban Maure, fêté aujourd'hui :

    Chers frères et sœurs,

    Je voudrais aujourd'hui parler d'un personnage de l'occident latin vraiment extraordinaire:  le moine Raban Maure. Avec des hommes tels qu'Isidore de Séville, Bède le Vénérable, Ambroise Autpert, dont j'ai déjà parlé dans des catéchèses précédentes, il sut garder, pendant les siècles qui constituent ce qu'on appelle le Haut Moyen-âge, le contact avec la grande culture des antiques sages et des Pères chrétiens. Souvent rappelé comme "praeceptor Germaniae", Raban Maure fut d'une fécondité extraordinaire. Avec sa capacité de travail absolument exceptionnelle, il contribua peut-être plus que tout autre à garder vivante cette culture théologique, exégétique et spirituelle à laquelle les siècles suivants devaient puiser. C'est à lui que se réfèrent aussi bien des grands personnages appartenant au monde des moines comme Pier Damiani, Pierre le Vénérable et Bernard de Clairvaux, qu'également un nombre toujours plus important de "clercs" du clergé séculier, qui au cours du xii et du XIII siècles donnèrent vie à l'une des floraisons les plus belles et les plus fécondes de la pensée humaine.

    Né à Mayence vers 780, Raban entra très jeune dans un monastère:  on lui ajouta le nom de Maure précisément en référence au jeune Maure qui, selon le Livre ii des Dialogues de saint Grégoire le Grand, avait été confié encore enfant par ses parents eux-mêmes, nobles romains, à l'abbé Benoît de Nursie. Cette insertion précoce de Raban comme "puer oblatus" dans le monde monastique bénédictin, et les fruits qu'il en tira pour sa propre croissance humaine, culturelle et spirituelle, permettraient à eux seuls une ouverture très intéressante non seulement sur la vie des moines et de l'Eglise, mais également sur toute la société de son temps, habituellement qualifiée de "carolingienne". De ceux-ci, ou peut-être de lui-même, Raban Maure écrit:  "Certains ont eu la chance d'être introduits dans la connaissance des Ecritures dès leur plus tendre enfance ("a cunabulis suis") et ont été tellement bien nourris par la nourriture qui leur a été offerte par la sainte Eglise qu'ils peuvent être promus, avec l'éducation appropriée, aux ordres sacrés les plus élevés" (PL 107, col 419 BC).

    La culture extraordinaire qui caractérisait Raban Maure le fit rapidement remarquer par les grands de son temps. Il devint le conseiller de princes. Il s'engagea pour garantir l'unité de l'empire et, à un niveau culturel plus large, il ne refusa jamais à celui qui l'interrogeait une réponse modérée, qu'il tirait préférablement de la Bible et des textes des saints Pères. Tout d'abord élu abbé du célèbre monastère de Fulda, ensuite archevêque de sa ville natale, Mayence, il ne cessa pas pour autant de poursuivre ses études, démontrant par l'exemple de sa vie que l'on peut être simultanément à la disposition des autres, sans se priver pour cela d'un temps approprié pour la réflexion, l'étude et la méditation. Ainsi, Raban Maure fut exégète, philosophe, poète, pasteur et homme de Dieu. Les diocèses de Fulda, Mayence, Limbourg et Wroclaw le vénèrent comme saint et bienheureux. Ses œuvres remplissent six volumes de la Patrologie latine de Migne. C'est à lui que l'on doit, selon toute probabilité, l'un des hymnes les plus beaux et connus de l'Eglise latine, le "Veni Creator Spiritus", synthèse extraordinaire de pneumatologie chrétienne. Le premier engagement théologique de Raban s'exprima, en effet, sous forme de poésie et eut comme thème le mystère de la Sainte Croix dans une œuvre intitulée "De laudibus Sanctae Crucis", conçue de manière telle qu'elle propose non seulement des contenus conceptuels, mais également des stimulations plus purement artistiques, utilisant aussi bien la forme poétique que la forme picturale à l'intérieur du même codex manuscrit. En proposant iconographiquement, entre les lignes de son écrit, l'image du Christ crucifié, il écrit par exemple:  "Voilà l'image du Sauveur qui, par la position de ses membres, rend sainte pour nous la très salubre, très douce et très aimée forme de la Croix, afin qu'en croyant en son nom et en obéissant à ses commandements nous puissions obtenir la vie éternelle grâce à sa Passion. Chaque fois que nous élevons le regard vers la Croix, rappelons-nous donc de celui qui souffrit pour nous, afin de nous arracher au pouvoir des ténèbres, en acceptant la mort pour faire de nous les héritiers de la vie éternelle" (Lib. 1, Fig. 1, PL 107 col 151 C).

    Cette méthode d'allier tous les arts, l'esprit, le cœur et les sens, qui provenait de l'orient, devait recevoir un immense développement en occident, en parvenant à des sommets jamais atteints dans les codex enluminés de la Bible, ainsi que dans d'autres œuvres de foi et d'art qui fleurirent en Europe avant l'invention de l'imprimerie et même après. Celle-ci révèle en tous cas chez Raban Maure une conscience extraordinaire de la nécessité de faire participer dans l'expérience de la foi, non seulement l'esprit et le cœur, mais également les sens à travers les autres aspects du goût esthétique et de la sensibilité humaine qui conduisent l'homme à jouir de la vérité de toute leur personne, "esprit, âme et corps". Cela est important:  la foi n'est pas seulement pensée, mais elle touche tout notre être. Etant donné que Dieu s'est fait homme en chair et en os, qu'il est entré dans le monde sensible, nous devons, dans toutes les dimensions de notre être, chercher et rencontrer Dieu. Ainsi, la réalité de Dieu, à travers la foi, pénètre dans notre être et le transforme. Pour cela, Raban Maure a concentré son attention en particulier sur la liturgie, comme synthèse de toutes les dimensions de notre perception de la réalité. Cette intuition de Raban Maure le rend extraordinairement actuel. De lui sont restés également célèbres les "Carmina", proposés pour être utilisés en particulier dans les célébrations liturgiques. En effet, étant donné que Raban était avant tout un moine, son intérêt pour la célébration liturgique était évident. Toutefois, il ne se consacrait pas à l'art de la poésie comme une fin en soi, mais il orientait l'art et tout autre type de connaissance vers l'approfondissement de la Parole de Dieu. Il s'efforça donc, avec une assiduité et une rigueur extrêmes, d'introduire ses contemporains, mais surtout les ministres (évêques, prêtres et diacres), à la compréhension de la signification profondément théologique et spirituelle de tous les éléments de la célébration liturgique.

    Il tenta ainsi de comprendre et de proposer aux autres les significations théologiques cachées dans les rites, en puisant à la Bible et à la tradition des Pères. Il n'hésitait pas à citer, par souci d'honnêteté mais également pour donner une importance plus grande à ses explications, les sources patristiques auxquelles il devait son savoir. Mais il se servait d'elles avec liberté et un discernement attentif, en approfondissant le développement de la pensée patristique. Par exemple, au terme de l'"Epistola prima", adressée à un "chorévêque" du diocèse de Mayence, après avoir répondu aux demandes d'éclaircissement sur le comportement à adopter dans l'exercice de la responsabilité pastorale, il poursuit:  "Nous t'avons écrit tout ceci de la façon dont nous l'avons déduit des Ecritures Saintes et des canons des Pères. Mais toi, très saint homme, prend tes décisions comme bon te semble, au cas par cas, en cherchant à modérer ton jugement de façon à garantir en tout la discrétion, car elle est la mère de toutes les vertus" (Epistulae, i, PL 112, col 1510 C). On voit ainsi la continuité de la foi chrétienne, qui trouve son origine dans la Parole de Dieu; mais celle-ci est toujours vivante, elle se développe et elle s'exprime de façons nouvelles, toujours en cohérence avec toute la construction, avec tout l'édifice de la foi.

    Etant donné qu'une partie intégrante de la célébration liturgique est la Parole de Dieu, Raban Maure se consacra à cette dernière avec le plus grand zèle au cours de toute sa vie. Il publia des explications exégétiques appropriées pour presque tous les livres bibliques de l'Ancien et du Nouveau Testament dans une claire intention pastorale, qu'il justifiait par des paroles comme celles-ci:  "J'ai écrit ces choses... en résumant les explications et les propositions de beaucoup d'autres pour offrir un service au lecteur dépourvu qui n'a pas à sa disposition de nombreux livres, mais également pour faciliter ceux qui, dans de nombreuses choses, n'arrivent pas à pénétrer en profondeur la compréhension des significations découvertes par les Pères" (Commentariorum in Matthaeum praefatioPL 107, col 72D). En effet, en commentant les textes bibliques, il puisait à pleines mains aux Pères antiques, avec une prédilection particulière pour Jérôme, Ambroise, Augustin et Grégoire le Grand.

    Sa sensibilité pastorale aiguë le conduisit ensuite à s'occuper avant tout de l'un des problèmes vécus de la manière la plus vive par les fidèles et les ministres sacrés de son temps:  celui de la pénitence. Il compila en effet les "Pénitenciers" - c'est ainsi qu'on les appelait - dans lesquels, selon la sensibilité de l'époque, étaient énumérés les péchés et les peines correspondantes, en utilisant dans la mesure du possible des motivations puisées dans la Bible, dans les décisions des Conciles et les décrets des Papes. Ces mêmes textes furent utilisés par les "carolingiens" dans leur tentative de réforme de l'Eglise et de la société. C'est à la même intention pastorale que répondaient des œuvres comme "De disciplina ecclesiastica" et "De institutione clericorum" dans lesquelles, en puisant avant tout à saint Augustin, Raban expliquait aux personnes simples et au clergé de son diocèse les éléments fondamentaux de la foi chrétienne:  il s'agissait de sortes de petits catéchismes.

    Je voudrais conclure la présentation de ce grand "homme d'Eglise" en citant certaines de ses paroles dans lesquelles se reflète bien sa conviction fondamentale:  "Celui qui est négligent dans la contemplation ("qui vacare Deo negligit") se prive lui-même de la vision de la lumière de Dieu; celui qui se laisse prendre de façon indiscrète par les préoccupations et permet à ses pensées d'être emportées par le tourbillon des choses terrestres se condamne lui-même à l'impossibilité absolue de pénétrer les secrets du Dieu invisible" (Lib. I, PL 112, col 1263A). Je pense que Raban Maure nous adresse ces paroles également à nous aujourd'hui:  dans les heures de travail, avec ses rythmes frénétiques, et dans les temps de loisirs, nous devons réserver des moments à Dieu. Lui ouvrir notre vie en lui adressant une pensée, une réflexion, une brève prière, et surtout, nous ne devons pas oublier le dimanche comme jour du Seigneur, le jour de la liturgie, pour percevoir dans la beauté de nos églises, de la musique sacrée et de la Parole de Dieu la beauté même de Dieu, le laissant entrer dans notre être. Ce n'est qu'ainsi que notre vie peut devenir grande, devenir une vraie vie.